Un service hors carte.
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Post n°1
Auteur : Slice[ Hrp : Évènements précédents : ici ]
Cato Neimoidia avait beau posséder des airs de petite planète bourgeoise cette nation n’en restait pas moins un monde sous domination Séparatiste. La flotte divisionnaire placée par en orbite sous la directive de l’Amirale Mai le rappelait à tous et ceci chaque jour. La politique officielle visait à assurer aucun débordement et à empêcher le retour peut probable de l’ancien Vice Roi en exil. Cette planète appartenait en effet à la Fédération Du Commerce qui était une partie inhérente de la C.S.I. Et pourtant des troubles internes au sein de l’organisation avaient jadis poussés l’ancien Vice Roi à tenter de revoir cet accord avec les Confédérés à la vue d’une négociation avec les Impériaux. Il avait malheureusement apprit au prix de la bataille de Pak Neimodiai que jamais on ne pouvait impunément tenter de sodomiser les Séparatistes sans en payer un lourd tribut. Dans la plus pure tradition Neimoidienne il avait été purement et simplement remplacé par un de ces suivants Pro-Séparastiste : Kin Gneil. Ce dernier avait été celui qui avait avertit à temps l’armée de la trahison de l’ancien Vice Roi et permit de préserver les intérêts de la C.S.I.sur ce monde. Les Neimoidiens étaient un peuple aussi lâche qu’amoureux du pouvoir et de l’argent, Kin Gneil en était l’exemple flagrant.
Mais les regards de l’opinion publique ne se portaient plus seulement vers les opposants Neimoidiens. Tous les peuples Séparatistes avaient les yeux rivés vers une menace bien plus dangereuse et directe : l’Empire. Dans cet avenir incertain quelques hommes et femmes savouraient toutefois cette conjoncture. La situation géopolitique actuelle était en effet bénéfique aux fugitifs qui passaient aisément entre les griffes des nations pour trouver refuge derrière les frontières des factions voisines. La véritable guerre froide entre les deux blocs galactique était alors une aubaine pour ces gens qui pouvaient souffler quelques temps et laisser derrière eux les persécutions dont ils étaient victimes. Slice et Raiden échappaient ainsi à la justice Impériale et à la traque des individus déviants sciemment organisé par l’Omega et le Sénat Galactique. Au final le Sith avait retrouvé son environnement habituel : un subtil mélange de solitude et de haine. C’était la vie d’un paria, une partie de son existence qu’il n’avait que trop cherché à fuir et qui pourtant finissait toujours par le rattraper. L’homme ne pouvait fuir son destin et un chien ne deviendrait jamais un loup. A défaut, l’animal bâtard vouerait alors son existence à l’éradication de la meute qui le rejetait.
L’adage qui disait que l’ennemi de son ennemi était son ami n’était pas d’actualité dans cette partie de la galaxie. Il avait beau être un adversaire des Siths il ne pouvait afficher la nature de son lien avec la force sur un territoire Confédéré sans risquer d’être prit pour l’un d’eux et d’être sommairement abattu. Ces deux peuples qui étaient anciennement amis et alliés ne partageaient à présent qu’une seule chose en commun : une haine insatiable et réciproque. Slice et son apprenti devaient à l’image d’un serpent se tapir dans l’ombre et se complaire dans l’idée de n’être désiré nulle part en cette terre. On échangeait une prison pour une autre, une dictature par un autre, une persécution par une autre. Mais au moins pour l’instant ils n’étaient pas traqués et pouvaient à juste titre jouir d’une liberté totale.
Le chasseur Sith fila à toute allure entre les cimes des édifices de la géante citée suspendue. Rapidement ils passèrent les lieux riches et pour rejoindre des zones plus nauséabondes et miséreuses. Slice fit atterrir son appareil non loin d’une décharge avant de descendre avec son disciple pour fouler le sol des quartiers craignos de la capitale. Il laissa dans le cockpit le casque métallique et garda toutefois la capuche de sa bure rabattue sur son visage. Toutes les races de la galaxie se pressaient dans ses rues sales et dangereuses. L’odeur des carburants des vaisseaux se mêlait à celle des snacks, des égouts et autres pollutions autant visuelles que physiques. Après plusieurs minutes de marches les deux hommes arrivèrent enfin à leur destination. Slice pénétra le premier à l’intérieur de l’édifice, suivit sur ses talons par son apprenti.
Le Neimo’s Inn n’avait rien à envier aux cantinas que l’on pouvait trouver sur Tatooine et dans les bas fonds de Taris. Le vice y était présent sous toutes ses formes et il s’y affichait sans la moindre crainte des autorités. Drogue, contrebande, meurtre, prostitution, tout y passait à la vue et au nez de tous. On trouvait toujours dans cette cantina ce que l’on était venu chercher et ceci à la condition simple d’y mettre le prix. C’était une véritable école du crime pour tous les gangsters qui parvenaient à rester vivant. Mais pour ça il fallait éviter de faire du grabuge car personne ne pouvait venir vous sauver une fois à l’intérieur.
Il fallait reconnaître que bien des habitués étaient mieux équipés et mieux expérimentés que les quelques hommes qui constituaient les forces de polices encore en service. Le temps moyen que passait au maximum sur place un policier en uniforme oscillait généralement entre trois et dix secondes. Cet écart de temps était dut en fonction de la taille du pot de vin qu’on lui remettait où celle du blaster qu’on lui braquait sur la tempe. C’était là un lieu malfamé à l’odeur rance où il éclatait sporadiquement des rixes entre races différentes. La municipalité fermait pourtant les yeux, elle avait longtemps cessée son rôle de gardien de la paix déjà bien entachée par des affaires de corruptions et de chantages.
La légende urbaine voulait qu’il y avait déjà eut au moins un mort pour chaque tables de la salle principale. A la vue des taches de sangs maculées au sol Slice pensa un moment qu’il était fort probable que la rumeur soit en deçà de la réalité. Dans le passé l’homme avait lui-même remplit certains contrats ici même après sa sortie de prison. Souvenirs d’une époque où il monnayait une vie en échange d’un poignet de crédits. Comme la majeure partie des édifices de ce genre ce lieu était le rendez vous d’une certaine classe sociale. Un grand poète Gamoréen avait dans le passé comparée ave la finesse légendaire de son peuple cette cantina à une fosse à purin où se rassemblait les plus gros déchets de la société. Tueurs à gage, contrebandiers, mercenaires, déserteurs, tous les parias et exclus de ce monde s’y regroupaient inconsciemment. Qu’il était bon de s’entourer des siens !
Slice chercha une table contre un des murs porteurs de l’édifice avant de dénicher une alcôve de libre. Il s’y engouffra rapidement en invitant son élève à s’y asseoir de l’autre côté. Généralement ces places plus étroites et moins exposées étaient relativement épargnées par les coups de feu accidentels ou volontaires qui survenaient lors des échauffourées. Avachit négligemment sur son siège, la capuche rabaissée sur son visage, le Sith était là une personne parmi tant d’autres. Dans cet immeuble ceux qui préféraient ne pas attirer l’attention sur eux étaient bien souvent plus dangereux que les gros bras armés jusqu’aux dents qui s’affichaient ostensiblement. Les clients étaient surveillées par de nombreux vigiles, l’un d’eux ne tarda pas à ordonner à une jeune serveuse humaine de venir dans leur direction. En fonction du type de client les gérants de l’établissement avaient donnés comme directive de privilégier l’envoie de serveuse de la même race.
Si Raiden avait encore eut l’usage de ces yeux il aurait put remarquer ce que Slice vit au premier coup d’œil quand la jeune femme se présenta devant eux. Un poinçon carré de couleur noire surmonté du dessin d’une griffe Trandoshan était tatoué sur le cou de leur hôtesse. Ceci ne laissait aucun doute possible quant à la réelle nature du contrat la liant au Neimo’s Inn : c’était en effet la marque d’un groupuscule esclavagiste qui apposait celle-ci sur ses prises comme signe d’un label de qualité. La personne devant eux était donc une esclave. Le regard triste et résigné, las de cette servitude sans pour autant être capable d’y changer quoi que ce soit elle s’inclina respectueusement devant les deux hommes avant de prendre la parole. Au son de sa voix les quelques soupçons quant à son âge disparurent pour Slice, elle devait avoir vers le même âge que Raiden. L’aveugle ne pouvait voir le tatouage et comprendre la sinistre vie de cette serveuse. Il aurait alors découvert que l’on trouvait toujours une vie qui était pire que la sienne.
« - Bonjour messieurs, je vous souhaite la bienvenue au Neimo’s Inn. Nos tarifs en salle sont : Tord-boyaux : 5 cr ; Liqueur de filx : 7 cr ; Bière : 4 cr. Pour tous autres biens où service hors carte il vous faut contacter un de nos vigiles ou le barman. Si un "service" concerne une hôtesse alors une caution de 500 Cr est à déposer auprès du barman. »
Une caution de 500 Cr … C’était là le prix d’une vie au Neimo’s Inn. Slice empoigna la manche de la jeune femme l’obligeant à le regarder dans les yeux. Bien que loin, les deux vigiles qui regardaient la scène mirent leurs mains à leur blasters. Le Sith sembla dévisager la jeune fille quelques instants avant de la relâcher. Elle ne broncha pas ni même ne parut surprise, il fallait dire que la serveuse était plus qu’habituée à ce genre d’attitudes, les clients la considérant bien souvent plus comme un objet qu’une personne. Bien que le tout avait duré quelques secondes Slice été parvenu à lire l’esprit de la jeune femme sans qu’elle ne le remarque. Les deux gorilles rangèrent leurs armes rassurés que le « bétail » ne soit pas endommagé. Une esclave de se label coûtait cher mais c’était l’assurance d’un bien de qualité. Le Sith avait toutefois dut faire face à certaines barrières mentales, la jeune femme avait malgré tout un mental d’acier qui pourtant avait cédé face aux capacités d’un Seigneur Sith.
« - Je prendrais un Whisky Corellien 7 ans d’âges et sans glaçon. »
« - C’est hors carte Monsieur. »
« - Bah ne vous en faîtes pas j’irais contacter le barman. »
« - Bien Monsieur, et pour votre compagnon ? »
« - Ce dernier est venu chercher un type de "service" très particulier qui est aussi hors charte ... Mais il ne s'est pas encore acquitté d'une caution. »
« - Bien Monsieur, je vous laisse donc contacter les vigiles et le barman. »
Dans un rictus de dégout la jeune femme s’inclina avant de retourner avec soulagement vers le centre de la pièce. L’insinuation de la part de Slice que Raiden était venu pour se taper du bon temps avec une prostituée était clair et précis. Or comme leur hôtesse l’avait bien expliquée c’était elles mêmes qui étaient prédisposés à ce genre de services. Le jeune garçon apparaissait ainsi à ces yeux comme un salopard de plus bien disposés à s’amuser en abusant d’esclaves. La voyant ne prendre aucune commande les deux vigiles qui gardaient un œil sur elles l’insultèrent avant de la faire venir jusqu’à eux. Après ce qui sembla être une engueulade ils lui donnèrent une claque qui la fit tomber à terre. Sans rien dire elle se releva, récupéra son calepin et s’en alla vers de nouveaux clients. Soigneusement dissimulé sous sa bure le Seigneur Sith ne semblait à priori ne pas s’y intéresser.
« - Chaque chapitre que nous étudions au cour de votre formation est un élément important qu’il vous faudra à jamais retenir si vous voulez progresser. Ce que nous faisons actuellement est une phase d’introduction, vous découvrez ainsi au fur et à mesure toute l’étendu et la diversité du monde qui s’offre à votre personne. Cette initiation est importante car elle fixe de nouvelles bases que vous utiliserez pour arriver à votre but. En contre partie il vous faut désapprendre et abandonner les mensonges Jedis sur les sentiments et la Force pour ne vous fier qu’à votre seul ressenti.
Dans les montagnes nous avons introduit la philosophie Sith et les capacités que nous pouvons développer en usant de la Force. A présent nous allons nous atteler à vous faire découvrir une autre parcelle encore inexplorée. Voyez vous il n’y à pas de limite aux capacités d’un sensitif et ainsi une personne exercée peut aisément contraindre un esprit à se soumettre à sa volonté. Elle peut de même utiliser la force afin de charmer, séduire et tromper une personne ou un animal. Nous jouons avec ce que peuvent ressentir et percevoir autrui, nous sommes des magiciens qui pratiquons l’illusion et la tricherie pour amener un être à penser ce que nous voulons qu’il pense. Pour se faire nous pénétrons au plus profond de leur esprit pour y débusquer leurs secrets les plus inavouables ... Vous connaissez ces capacités mais les règles déontologiques des Jedi les limitent. Maintenant que vos chaînes sont brisées vous n’avez plus à vous soucier de la morale. Seul le résultat final compte.
Mais vous devez avoir en tête qu’il existe trois éléments fondamentaux qui déterminent votre réussite ou votre échec : votre concentration et votre détermination, vos capacités propres et bien entendu les facultés mentales de votre cible. Si cette dernière possède un mental d’acier et un esprit fort alors il sera très difficile de la contraindre ... C’est le cas la jeune serveuse qui nous a abordé.
Nous allons profiter de cet endroit pour que vous vous exerciez. Votre prochaine leçon sera ardue : il va vous falloir séduire cette serveuse en usant de la force. Mais ce n’est pas tout : je veux que vous entriez dans son esprit. Vous allez devoir découvrir qui elle est, ce qu’elle est, ses sentiments, sa vie, son histoire. Je veux que vous lisiez cet esprit dans sa totalité et que vous sachiez à la fin de cet entrainement tout de cette personne. »
Une fois les directives données l’homme attrapa Raiden par les épaules avant de le jeter violemment au centre de la pièce. Soigneusement avachit dans son alcôve il gardait un œil sur son élève tout en laissant sortir Loki de sa manche pour lui attribuer une mission de repérage. Le serpent glissa lentement jusqu’au sol avant de disparaître rapidement dans l’obscurité d’un conduit de ventilation. Il pouvait à présent être n’importe où.
Avec la foule qui se trouvait à l’intérieur de la cantina il était bien difficile de retrouver de vue la serveuse en question. Pour un aveugle la tâche en était que plus ardue. Celle-ci devait sans doute déjà être entrain de prendre la commande de nouveaux clients humains. Les flashs lumineux et la musique bruyante perturbaient la majeure partie des sens et Raiden allait devoir puiser dans les précédentes leçons pour ne serait-ce que retrouver sa cible. Trouver une femme était la même chose que trouver une plume, et cette fois-ci la zone de recherche était réduite. Même s’ils elles pouvaient paraître étranges voire stupides, chacune des séances d’enseignements précédentes pouvaient servir dans la suivante.
Slice n’en restait pas moins un véritable connard. Comme d’ordinaire l’entrainement de son élève relevait autant de l’officiel que de l’officieux. Les directives qu’il avait données à Raiden l’amèneraient obligatoirement à découvrir la nature d’esclave de la jeune femme. Il était fort à parier que son disciple qui conservait relativement un bon fond n’y resterait pas étranger. Si les motivations de son maître étaient inconnus, celles du jeune garçon pouvaient peut être l’amener à vouloir essayer de la libérer. Était-ce cela qu’attendait réellement Slice ou au contraire le fait de savoir reconnaître l’impossible ? L’impossibilité de sauver une vie ? Si Raiden était amené au cours de son investigation à se poser ce genre de questions les seules réponses qu’il allait recevoir de son maître seraient un : « démerde-toi » accompagné d’un pouce levé. D’un côté en vue du mental de sa cible la tache serait difficile mais bien des éléments annexes envenimaient une situation déjà bien délicate. Encore fallait-il qu'il parvienne à contraindre l'esprit de cette femme car non content de disposer d'un mental d'acier (qui lui permettait de survivre à la vie d'esclave) elle avait depuis les paroles de Slice une aversion profonde pour Raiden qui incarnait tous ces hommes qui ne la voyaient comme un "bien" ou un "service".
De plus, le simple fait de tourner autour d’une hôtesse sans payer une caution risquait fort de poser un problème au niveau des vigiles qui ne les quittaient jamais du regard. Ces machines à tuer intervenaient de toute manière très souvent si on empêchait une serveuse de faire son travail. Or la femme prenait normalement une commande auprès de clients et Raiden risquait bien de l’empêcher de bosser. La situation à l’intérieur du Neimo’s Inn risquait de dégénérer très rapidement. Toujours à sa place, scrutant depuis la pénombre son apprenti, Slice laissa discrètement son sabre glisser le long de ses doigts. De son côté, sans que Raiden ne le sache, son maître était prêt à agir ...Spoiler : Hrpg :
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Post n°2
Auteur : RaidenLes paroles de Slice résonnaient dans ma tête et ses mots déferlaient en moi comme un raz-de-marée. Chacune de ses paroles résonnaient en moi comme une vérité. J’étais peut-être naïf de croire tout ce qu’il disait mais c’était plus fort que moi. J’avais enfin trouvé, en la personne de Slice, le mentor qui me convenait et la voie que je voulais suivre. Les Jedi n’étaient au courant en rien de mon passé mais il n’était pas difficile de prédire leurs agissement s’ils avaient su. Le Maître de Cypher m’encourageait dans le chemin de la vengeance, là où d’autres m’auraient bloqué la route. Toutefois, il était loin d’être gentil et attentionné comme Maître. Au contraire, il me rabaissait régulièrement en me rappelant mon statut d’être insignifiant. Même quand je réussissais l’exercice sans faire aucune faute, je n’avais droit à aucune félicitation. Malgré cela, j’avais le sentiment de progression de façon exponentielle. Assis sur le sol, du sang coulant de mon front, j’écoutai patiemment Slice tandis qu’il déblatérait les leçons du jour tout en marchant autour de moi. D’ailleurs, son petit manège commençait à me taper sur le système. Soudainement, mes sens m’avertirent d’un danger imminent. J’eus alors tout juste le temps de voir le coup de Slice venir. Je déviai la trajectoire de sa main et fis un bond en arrière. Chacun de ses actes avait pour objectif de me tester. Il m’évaluait sans cesse et je doutais que cela ne s’arrête un jour.
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La pluie avait commencé à tomber en fin de journée et ne s’était pas arrêtée depuis bientôt quatre heures. En plus de l’eau, le vent et le tonnerre s’étaient joints à la fête ce qui rendant toute activité extérieure impossible. Quant à décoller, il ne fallait même pas y songer. Nous avions donc été contraints de trouver refuge dans un vieux taudis du village. Une fois les corps dégagés et le feu allumé, la température devint rapidement agréable malgré l’insalubrité et l’odeur de corps en décomposition qui flottait dans le coin. C’était certes loin d’être la première classe mais ça valait tout l’or du monde par ce temps. Un silence de plomb s’était installé tandis que je mangeais le maigre repas. En face de moi, Slice semblait plongé dans ses pensées et seul le bruit des couverts tintait dans la pièce. La sonnerie pour la moins ridicule du comblik vint brutalement perturbée l’atmosphère. Slice s’éloigna de la table et écouta le message deux fois. A la voix, je devinai que l’interlocutrice était une femme assez jeune. Elle parlait d’une visite sur Coruscant et d’un individu qui devait surement intéresser le Maître de l’Ordre de Cypher. Elle mentionna également ce qui devait être notre prochaine destination : la cantina de Neimo’s Inn. Peut-être cette destination allait-elle m’offrir l’occasion de prendre une bonne douche. Cette pensée me laissa rêveur pendant quelques secondes jusqu’à ce que j’entende la porte claquée tandis que Slice s’éloignait sous la pluie. A force, ses rituels souvent étranges ne m’étonnaient même plus. Je m’approchai du feu et m’assis dans un coin de la pièce, enveloppé dans une couverture. Bercé par la danse hypnotisante des flammes, je m’endormis rapidement et sombrai dans un sommeil dénué de rêves.
Ce n’est que plusieurs heures plus tard que le Maître Sith se décida à rentrer. Plongé dans le sommeil, une partie de mon esprit continuait de scruter les environs et m’avertie lors du retour de Slice. Je me réveillai et me saisis de mon sabre. Je ne relâchai mon attention que lorsque je le vis rentrer dans la pièce. J’attrapai un autre morceau de bois et le déposai avec la Force dans le feu qui avait perdu en intensité. Quant au Seigneur Sith, il ne semblait toujours pas disposé à parler et préférait rester dans ses pensées, qui ne devaient pas être très prudes au passage. Il se contenta de me jeter un paquet de cigarettes avant de se vautrer dans le canapé pour s’endormir aussitôt. Quant à moi, je me contentai de rester assis dans le coin de la pièce plutôt que de squatter le fauteuil restant. Malheureusement, Slice était quelqu’un presque aussi insupportable éveillé qu’endormi. Tandis que j’avais assez bien dormi pour l’instant, le reste de la nuit fut accompagnée par d’horribles ronflements.
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Le lendemain, l’orage avait cessé et nous étions en route pour la capitale de la planète. Le voyage d’ordinaire rapide avait cependant été d’une extraordinaire lenteur. Coincés à deux dans un chasseur monoplace, j’avais passé tout le vol dans une position qui m’avait permis d’admirer le machiavélique postérieur de mon cher Maître. Rien de mieux qu’on voyage en chasseur pour resserrer les liens Maître – Elève. Je n’avais cependant pas prononcé un seul mot, bien conscient que c’était aussi désagréable pour Slice que pour moi. J’avais cependant eu l’occasion de réfléchir à cette personne qui pouvait bien intéresser mon Maître. Peut-être détenait-elle le secret de la chute de l’Oméga ? Penser à l’Empereur provoqua immanquablement une montée de rage en moi que je m’empressai de réprimer. Ce n’était le lieu ni le moment de dégainer un sabre laser.
Lorsqu’enfin le vaisseau se posa, je bondis hors de l’appareil à peine le cockpit ouverte et pris une longue inspiration. Inspiration qui se transforma immédiatement en haut-le-cœur. L’endroit sentait non pas la mort comme dans le village mais la crasse, la pourriture et les ordures. Je voulus faire un pas en avant mais mes pieds restèrent collés sur le sol à cause de la boue et des détritus répandus un peu partout. La forêt où j’avais passé les jours précédents semblait tout à coup bien loin. En plus de l’odeur, mon champ auditif était empoisonné par tout un concert de bruits aussi irritables les uns que les autres. Déjà que je ne voyais rien, je ne pouvais même plus compter sur mes oreilles pour me guider et m’orienter. Heureusement que j’avais encore la Force. Je suivis alors mon Maître dans l’une des ruelles malfamée jusqu’à un bar qui devait être le Neimo’s Inn.
Une fois à l’intérieur, la salle principale était à l’image du quartier où nous avions atterri. Je scannai rapidement les lieux et repérai de nombreux client qui étaient, sans exception, tous armés. L’air empestait l’alcool, la sueur et la fumée. Nous nous assîmes à une table un peu retiré et relativement à l’abri du reste de la clientèle. Attentif, je m’appliquai à capter quelques pensées véhiculées par les personnes présentes et en déduisis que cet endroit était certainement le pire qu’il m’ait été donné de voir. Une voix féminine attira soudainement mon attention. Je n’avais pas remarqué d’une jeune femme s’était approchée de notre table. Elle énuméra les produits proposés par la maison ainsi que les prix. Ce fut cependant l’intonation de sa voix qui me toucha. Elle devait avoir la vingtaine et semblait résignée et dégoûtée. J’étais tellement absorbé par sa voix que l’histoire de la caution et des services proposées par les hôtesses ne m’interpella même pas. Ce n’est que lorsque Slice énonça ce que j’étais apparemment venu chercher que je me rendis compte l’ampleur de la situation. Bien qu’aveugle, je me tournai vers lui et allait sortir une insanité. Il me coupa net dans mon élan en attaquant une nouvelle phase de mon apprentissage. Mis à part son habituel discours sur les mensonges des Jedi, il entreprit de m’enseigner les subtilités de la domination mentale avant de m’assigner une tâche pour passer de la théorie à la pratique. Je n’étais pas contre m’entrainer à cet art mais pourquoi sur cette serveuse ? Elle ne semblait pas vraiment l’aimer. Une fois de plus, je m’apprêtais à parler mais il me poussa au milieu de la salle. Pris par surprise, je me vautrai sur le sol crasseux sous le rire de plusieurs clients. Je me relevais maladroitement et adressai une grimace de mépris à Slice.
Perdu au milieu d’un environnement bruyant et complètement saturés d’odeurs différentes, je devais tout d’abord rechercher la serveuse en question. Même si les exercices qu’il m’imposait paraissaient stupides et complètement incohérents, j’avais appris à accorder un minimum de foi à l’entrainement qu’il me faisait vivre. La seule chose que je connaissais de cette fille était le son de sa voix aussi devais-je me concentrer sur ce point. Je me focalisai sur les sons et affinait mon audition au point de pouvoir distinguer et analyser chaque bruit. Au bout de quelques minutes, la voix de la serveuse parvint à mes oreilles et j’usai une fois de plus de la Force pour la localiser. Elle était en train de prendre la commande d’une table à l’opposé de la pièce. Je me dirigeai alors vers elle en slalomant entre les tables et les clients, marmonnant une série d’excuses. Je finis quand même par la rattraper et, une fois derrière elle, je me sentis complètement désemparé. Pour pouvoir lire ses souvenirs, je devais capter son attention suffisamment longtemps sans éveiller l’attention des vigiles et surtout, sans passer pour un gland. Bloqué derrière elle à chercher une solution, elle se retourna et je dus reculer pour ne pas qu’elle me rentre dedans.
-Que puis-je faire pour vous ?
Le ton de sa voix me fit l’effet d’une patate en plein dans la mâchoire. Visiblement, elle me détestait déjà et rien que de me parler la dégoutait.
-Je… En fait…
Voyant que j’étais complètement paralysé, la jeune femme vit signe à un videur de venir s’occuper de moi. Une poigne se resserra sur mon poignet et je levai le visage vers le vigile. A ce moment, il me fallu lutter pour ne pas le dégager d’une vague de force.
-Hey gamin, si tu veux profiter d’elle tu ferais mieux d’allonger les crédits avant.
Profiter d’elle ? Cette fille était donc une prostituée chargée de distraire les clients. Pas étonnant qu’elle ne ressente que du dégout pour moi avec le discours qu’avait tenu Slice. Je ressentis aussitôt non pas de la pitié mais de la compassion pour elle. Sa situation expliquait très bien le ton qu’elle avait pris à notre table. Bref, le videur posait un réel problème et je devais rapidement trouver une échappatoire. Une idée pris alors forme dans mon esprit. Une idée qui me permettrait de me venger des paroles du Maître de Cypher.
-Bien sûr. Pour l’argent, adressez vous à mon associé assis là-bas.
Je désignai la table où était assis mon Maître tout en lui dédiant un sourire diabolique orné d’un sentiment de victoire. Après tout, n’était pas à la charge du professeur de tout mettre en œuvre pour que son disciple puisse apprendre dans les meilleures conditions ? Finalement, la poigne du malabar se relâcha et il se dirigea vers le Seigneur Sith. Me tournant à nouveau vers la jeune femme, je pus sentir tout la haine qu’elle ressentait pour moi et pour le genre masculin en particulier. Elle garda toutefois le même comportement que précédemment et m’indiqua la chambre dans laquelle elle allait me rejoindre.
Une fois dans la chambre, la première chose qui me frappa était l’odeur de renfermé, de sueur et de sexe qui y planait et pour cause, il n’y avait aucune ouverture pour aérer. A ce moment, je remerciai le ciel d’être aveugle pour ne pas voir l’état des draps. Un rapide sondage de la pièce m’apprit qu’il y avait au moins un coin douche. L’hygiène n’était surement pas au top loin de là mais dans l’était où j’étais, je ne pouvais pas faire la fine bouche. Je quittais rapidement mes vêtements et mis ma veste à tremper dans l’eau. Puis je me glissai dans la douche et y restait un bon quart d’heure. Des souvenirs me revinrent brutalement en mémoire lorsque ma main effleura la peau brûlée au niveau de mon torse. J’avais radicalement changé depuis ce fameux et même si j’avais réussi à me pardonner, cette scène était gravée pour toujours dans mon esprit.
Avec un timing parfait, la jeune femme toqua à la porte au moment même où je revêtais mon pantalon. Sans attendre de réponse, elle entra dans la chambre et se posta face à moi. Rapidement, l’atmosphère devint lourde, suffocante et chargée de haine. Sans dire un mot, j’arrachai un morceau du drap et m’attachai les cheveux avec. Je ne savais pas du tout comment engager la conversation et préférai rester silencieux. Seulement la serveuse savait très bien ce pourquoi elle était la. Du moins, elle croyait savoir. Devant mon mutisme, elle prit les devants et commença à se déshabiller avec lassitude.
-Finissons-en.
-Gardez vos vêtements. S’il vous plait.
-Tu préfères peut-être me les arracher toi-même ?
Ses paroles reflétaient toute la colère qu’elle emmagasinait en elle depuis plusieurs années surement. Tout en essorant ma veste et en l’étendant sur le bord du lavabo, je répondis :
-Je n’ai aucune intention de vous toucher. Enfin c’est pas que je trouve moche mais… J’y vois rien et je suis pas là pour ça.
Face à une femme de cette trempe, j’avais immanquablement commencé à paniquer et cela ne risquait pas d’arranger les choses. Je pris une grande inspiration et me concentrai pour garder la tête froide. A en juger par sa voix, elle devait être très belle. Je m’assis sur le bord du lit et l’invitai à en faire autant, ce qu’elle fit en soupirant. La tâche que m’avait confié Slice allait être plus ardue que prévu. Je me tournai vers elle et la fixai de mes yeux brûlés. Je m’ouvris à la Force et effleurai rapidement son esprit. Je me heurtai alors à un mur d’une incroyable solidité. Une barrière mentale érigée sur des années et forgée dans les pleurs et la haine. Etrangement, ce bouclier me rappelait celui que j’avais bâti dans mon propre esprit, à la différence que celui-ci était destiné à empêcher d’entrer tandis que le mien avait servi à confiner mon propre esprit. Je n’avais aucune chance de passer outre sans lui faire de mal aussi devais-je la distraire et l’affaiblir.
-Qu’est-ce que vous voulez si c’est pas pour baiser ?
-Je me nomme Raiden et je veux juste parler un peu. Puis-je savoir votre nom ?
-Adarah.
Je ne devais pas ressembler à ses clients habituels et je la sentais déstabilisée. Elle craignait un coup foireux mais semblait déjà plus détendue. Je me rapprochai un peu plus et tendis timidement mes mains vers son visage.
-Je peux ?
-C’est vous qui avez payé.
J’ignorai sa réponse et caressai doucement son visage avec mes doigts. Je parcouru chaque centimètre carré de peau, du contour des yeux à la commissure des lèvres. Mentalement, je dessinai un portrait de la jeune femme pour au final découvrir un visage fin, d’une douceur inimaginable dans ce monde mais arborant le masque éternel de la tristesse. Au passage, je concentrai la Force dans mes mains et utilisai ce contact physique pour déverser un peu de chaleur à travers sa peau. Son esprit était toujours aussi fermé mis à part une brèche qui venait de s’ouvrir. J’y concentrai une partie de mon esprit et entrepris d’affaiblir cette partie de la barrière mentale. Je devais y aller avec une extrême douceur pour ne pas alerter la serveuse qui se refermerait aussitôt. Me promenant dans son esprit, je focalisai mon attention sur ses souvenirs et ce que j’y vis me glaça le sang.
Adarah avait vu le jour sur le monde de Naboo. Descendante d’une famille aisée, ses parents avaient l’habitude de faire des croisières galactiques au moins une fois par an. Les souvenirs qu’elle gardait de cette époque étaient ceux d’une enfance heureuse et à l’abri du besoin. Je zappai rapidement ce passage pour en arriver au moment où tout avait basculé. Ce jour-là, elle devait avoir 17 ans tout au plus. Lors d’une de ces fameuses croisières, le vaisseau avait été arraisonné par des pirates de l’espace qui avait alors pris plusieurs otages. Parmi eux se trouvaient Adarah qui avait été revendue comme beaucoup de personnes. C’était le seigneur du crime local qui avait payé à prix d’or pour la jeune fille avant de la refourguer comme du bétail au propriétaire actuel du Neimo’s Inn. Depuis ce jour, elle avait vécu des choses qu’aucun être vivant n’était sensé vivre. Traité comme la pire merd* du monde, sa vie était quasi exclusivement rythmée par des viols successifs en échange de quelques crédits dont elle ne verrait jamais la couleur. Cette marque qu’on lui avait apposé sur le bras lui avait alors enlevé toute humanité. Désemparé par tant de tristesse et d’horreur, je relâchai mon emprise sur elle et me retirai de son esprit. Cependant, j’avais quand même découvert quelque chose de très intéressant.
A ce moment, elle me repoussa violemment et alla se réfugier dans un coin de la pièce. Je restai sans bouger en repensant à tout ce qu’elle avait vécu et je n’arrivai pas à comprendre comment elle pouvait avoir la force de vivre après tant d’atrocités. Je me relevai tranquillement et alla m’agenouiller devant elle à une distance assez grande pour ne pas l’effrayer d’avantage. Je ressentais énormément de compassion mais aussi de respect pour elle. J’aurai vraiment aimé pouvoir la sortir de là mais à l’heure d’aujourd’hui, c’était impossible.
-Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
Sa voix tremblait et elle avait perdu toute assurance. Je n’avais pas eu l’occasion de refermer la brèche ce qui avait énormément fragilisé son mental d’acier. Sans rien tenter d’autre, je m’éloignai d’elle et revêtit ma veste qui n’avait pas vraiment eu le temps de sécher. Avant de partir, je me tournai une dernière fois vers elle.
-Mon associé doit avoir payé la chambre pour encore un petit peu de temps. Profitez-en pour vous occuper de vous. Et même si la vie parait cruelle et sans pitié, gardez quand même espoir. On ne sait jamais quand ça va changer.
Sur ces mots, je sortis de la pièce et retournai dans le bar sans me faire voir des vigiles. Je ne tenais pas à ce qu’ils la remettent au travail tout de suite. Il faudrait un peu de temps pour reconstruire ses défenses. Je me dirigeai vers la table de Slice et m’assis à côté de lui sans faire attention à comment il avait pris ma vengeance.
-C’est fait, Maître. J’ai infiltré son esprit et appris tout ce que je pouvais d’elle. C’est une sensitive elle aussi. -
Post n°3
Auteur : SliceLa simple idée de se lever jusqu’au bar pour commander son Whisky eut rapidement raison de la motivation de Slice. Avachit au creux de sa petite alcôve, le seigneur Sith attendait patiemment le retour de son élève. La personne qu’ils étaient venu rencontrer dans ce taudis n’était pas encore arrivée et il passa ainsi son temps à reluquer les quelques danseuses et serveuses qui passaient non loin de sa table. Toutefois, cette activité fort enrichissante fût rapidement interrompue par la venue fortuite d’un vigile de l’établissement. C’était le grand gaillard que Raiden avait envoyé intentionnellement vers son maître. Se tenant face au Sith, le sinistre agent de sécurité à la mâchoire carrée se présenta en frappant violemment la table de son poing. Surpris, Slice releva la tête dans un air ahuri. S’appuyant sur la table avec toute sa musculature, l’homme se pencha en avant de manière à écraser le client avec sa masse. L’objectif était de le l’impressionner. D’une voix aussi grave que celle d’un Gamoréen fumant 20 paquets par jours depuis sa plus grande enfance, l’individu prit enfin parole, brisant ainsi le silence de glace.
« - Ecoute mon gars, je viens de voir avec ton associer au sujet de la serveuse. Il va falloir que tu payes pour les services et la caution ou je vais devoir en référer aux patrons. »
Pour accompagner ses paroles à la fois engageantes et pleines d’amour, le vigile fit craquer bruyamment ses doigts. Le Neimo’s Inn était un établissement dirigé par deux frères Neimoidiens connus dans le milieu pour une avidité sans pareille mais aussi pour découper en morceau les mauvais payeurs. Les yeux brillants, Slice regarda son interlocuteur dans les yeux, son habillement et sa manière d’être étaient misérables. Confus et bafouillant il semblait à la limite de pleurer. Il ne ressemblait plus à un homme mais plutôt à une loque vivante craignant pour sa vie.
« - Par pitié ! J’aimerais vous payer mon bon monsieur mais je n’en ai nullement les moyens. L’homme que vous présentez comme mon associé est en réalité mon propriétaire. Je ne suis qu’un humble esclave appartenant à ce monsieur. C’est lui qui conserve l’argent et toutes les possessions de valeurs. Il est bien trop méfiant envers son serviteur ... Pour accompagner ses paroles, Slice présenta en tremblotant un pan de sa bure à son interlocuteur, cette dernière était grandement déchirée et salle. Il ressemblait à s’y méprendre à un clochard mis à part pour ses gants et ses bottes métalliques qu’il recouvrait du tissus de ses manches pour ne pas attirer l’attention. Mon propriétaire aime s’offrir ce qu’il ne peut pas payer … Mais je vous en conjure, ne me faites pas de mal ! Je ne suis qu’un simple esclave … »
Les yeux humides, se confondant en suppliques et excuses, Bloodrush se saisit de la manche du vigile. Ce dernier lui ordonna de le lâcher avant de fixer se prétendu esclave avec attention. Le grand bonhomme n’était pas une personne très intelligente et c’était durant de genre de situation que sa déficience mentale s’avouait être un handicap. Vu que réfléchir lui était impossible, l’agent de sécurité en conclu que le mieux à faire était d’avertir les patrons de cette situation. Après avoir dit à Slice de ne pas bouger, l’homme s’en alla vers les bureaux de la direction, certain qu’il reviendrait très vite récupérer Raiden et son esclave. Content de sa prestation qui avait fait mouche, Slice attendit que l’homme soit loin pour se re-avachir sur son siège et continuer son activité précédente.
* Ducon …
Quelques minutes plus tard il fut pourtant dérangé une nouvelle fois dans son analyse des postérieurs de la gente féminine. C’était cette fois-ci Raiden qui revenait de son entrainement. A en juger par le temps qu’il avait mit pour remplir cette leçon, Slice en conclu que son apprenti s’était contenté de ce qu’il lui avait été demandé et ne s’était pas tenté à d’audacieuses cabrioles avec la jeune demoiselle. Satisfait du sens des priorités de son apprenti, le maître se demandait toutefois si ce dernier n’avait pas un certain penchant pour les hommes pour délaisser une si belle compagnie. Bien qu’il ne fût en aucun cas haineux envers les homosexuels dont la sexualité ne regardait que eux, l’idée que son élève lui dévore les fesses du regard dans le vaisseau le dérangeait toutefois.
Les propos de l’apprenti choquèrent le Seigneur Noir car il n’avait en aucun moment remarqué l’affinité de cette personne avec la force. S’il n’était pas omniscient, au moins tenterait-il de le faire croire. C’est ainsi que Slice se contenta de simplement hocher la tête à cette remarque. Si le jeune aveugle avait été en mesure de découvrir cela c’est qu’il avait donc réussit son entrainement et lu dans l’esprit de la jeune serveuse. La nature esclave de cette dernière ne semblait pourtant pas l’émouvoir plus que ça bien que Bloodrush pouvait sentir peine et frustration dans le cœur du garçon. Dans une attitude paternaliste et compréhensive, Slice apposa sa main sur l’épaule de Raiden avant de parler sur le ton de la confidence.
« - Je vais aux chiottes, je reviens. »
C’était dit ! Ne laissant pas le temps à Raiden pour emmagasiner cette fantastique nouvelle, Slice se releva en s’appuyant sur l’épaule de son élève. Le Sith venait d’utiliser son apprenti comme un vulgaire appui pour se relever, la chose désacralisait alors la scène précédente où le maître avait semblé compatir à ce que ressentait son élève. Une fois debout, Bloodrush se dirigera en sifflotant vers les toilettes au fond de la pièce. Mais alors que le Seigneur Noir posait son royal postérieur sur un trône bien différent de celui de l’empereur, un malheur se préparait au cœur de la salle principale de la cantina.
Après avoir vu avec ses patrons, le vigile revint à la table des deux hommes. Mais cette fois-ci il avait avec lui plusieurs autres agents de sécurité. Armes aux poings, ils ne laissèrent aucune chance à Raiden et lui envoyèrent comme seule salutation un violent coup de crosse en plein visage. Le jeune homme s’effondra inconscient sur la table à l’image de l’étron qu’évacuait au même moment Slice de la cuvette des WC. Le vigile frappa avec rage une nouvelle fois du poing sur la table.
« - Bordel ! Son esclave c’est enfuis ! Je lui avais dit de m’attendre … Les patrons vont pas être contents … Bon les gars emmenez ce connard en salle d’interrogation, ils l’attendent. »
Le groupe s’exécuta et ramassa négligemment Raiden. Se faisant, ils firent tomber son sabre qui glissa sous la table sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Le jeune homme fût rapidement évacué de la salle principale sous les yeux incrédules des clients. Quand Slice revint des toilettes il trouva la table vide. Surpris il chercha par tout hasard sous la table si ce dernier ne s’était pas caché dessous dans un moment de couardise … C’est ainsi qu’il tomba nez à nez avec l’épée de son élève … L’homme la récupéra et la rangea dans sa bure avant de ce rasseoir. Il était pensif ... quelque chose n’allait pas.
* Putain qu’est ce qu’il fou encore … [...]
Quand Raiden reprit connaissance, ce fût pour quitter le royaume des rêves et atterrir en plein cauchemar. Poings et pieds liés, solidement attaché à une chaise, il se trouvait dans une salle lugubre à la gaité toute relative. Plongé dans l’obscurité, il pouvait toutefois discerner autour de lui maints objets rudimentaires couverts de sang qui s’entassaient les uns sur les autres dans des éviers crasseux. Il était aisé de comprendre ce qui se déroulait dans ce lieu en temps normal ... En vue de ce qui s’y tramait d’ordinaire, la salle d’interrogation aurait dut s’appeler en toute logique salle de torture. Le jeune homme s’était fourré dans une belle merd et son maître ignorait où il se trouvait. Soudain, on alluma la lumière dans la pièce. Il y avait en tout et pour tout quatre personnes autour de Raiden. En face de lui se tenait deux Neimoidiens de grande taille. C'étaient les deux frères qui géraient la cantina d'une main de fer. Ils le regardaient avec attention de leurs grands yeux calculateurs. En plus de ces deux hommes, il y avait le vigile de tout à l’heure, qui, jonglant avec un bâton électrique semblait attendre avec impatience le feu vert de ses patrons pour passer à l’action. La dernière personne se tenait immobile dans un coin, silencieuse, aussi loin des autres qu’il l’était possible, elle restait cachée dans le peu d’obscurité que lui assurait cette place. Un des deux Neimoidiens prit enfin la parole.
« - Je ne sais pas qui tu es mon gamin mais ce que je sais c’est que tu vas regretter d’avoir fourré ton nez dans nos affaires. Vois-tu les chambres sont dotées de caméras de surveillance. C’est une manière de surveiller notre clientèle et de … faire chanter ceux qui nous posent un problème … En plus de ne pas payer ta chambre et de nous renvoyer vers ton esclave pour gagner du temps, tu n’as pas profité de notre hôtesse. Tu t’es contenté de lui parler … ?! »
Le deuxième homme prit la parole.
« - Les gens qui parlent au lieu d’agir sont généralement des policiers … Et … Je hais les policiers … Mais de l’autre tu as un esclave … bien qu’il t’a honteusement abandonné en s’enfuyant on dirait … Ton cas me dérange et nous allons bien finir par savoir qui tu es et ce que tu veux. Les jeunes fils de riche dans ton genre qui se croient tout permis m’offusquent au plus haut point. D’un ton autoritaire le Neimoidien cria à l’adresse de la quatrième personne qui restait cachée dans l’ombre. Adhara vient ici ! Malgré l’ordre la jeune femme ne bougea pas. Hors de lui, le Neimoidien sortit de sa poche un petit boitier avant de réitérer son ordre. Adhara vient ici immédiatement, tu as beau être productive je n’hésiterais pas une seconde à faire sauter l’explosif dans ton crâne. »
La jeune femme quitta alors à contre cœur le recoin de la pièce pour se présenter devant son propriétaire. L’appareil qu’il tenait dans sa main était une simple télécommande mais elle lui permettait de posséder le droit de vie ou de mort sur ses esclaves.
Une pression sur le boitier permettait à tout moment de faire exploser la tête des esclaves qui tentaient de s’enfuir ou qui leur manquaient de respect. Fière et droite, Adhara se tenait devant le natif de Neimoidia avec dégoût. Elle avait à présent un coquart sur la joue. Les affreuses mains de la répugnante créature effleurèrent les formes de la jeune femme avec avidité avant que le patron ne reprenne la parole. Fière et droite, l’esclave ne bougeait pas. Ses yeux brillaient d’une haine sans pareille envers ses propriétaires, ses tortionnaires mais aussi envers Raiden. Adhara semblait haïr ce monde et ceux qui le peuplaient.
« - Pourquoi diable t’intéresses-tu as cette trainée ? De ce qu’elle nous à dit tu lui à seulement demandé son nom ? Sur les vidéos on t’as vu … Qu’est ce que tu lui à fait ?! Au même moment, le vigile activa le bâton électrique et frappa Raiden en plein poitrine. Elle n’est pas directement retournée au travail quand tu es partit. Elle est restée là, hébétée durant plusieurs minutes. Il à fallut envoyer un vigile pour l'envoyer bosser ! Qu’as-tu fais à notre employée ?! Le bourreau frappa cette fois-ci la tête de Raiden. Le corps du jeune jedi renégat était prit par moment de quelques spasmes en raison de l’électricité. Le Neimoidien montra à Raiden le coquart sur la joue d’Adhara. Tu es responsable de ses sévisses mon garçon, elle n’est pas retournée travailler, elle l’a mérité … Mais à côté de ça, toi tu vas prendre très cher ! »
Dans un sourire sadique le bourreau déposa le bâton électrique à terre et fît craquer ses doigts. Avec une lenteur amobinable il sortait tour à tour des objets de torture plus sadique les uns que les autres. Il ne faisait aucun doute qu'il allait utiliser ce matériel sur son prisonnier ... Raiden allait prendre très cher … Le Neimoidien qui avait prit la parole en dernier et qui avait pelotée Adhara décida de rester pour interroger le jeune aveugle. Le second frère attrapa Adhara par le bras et ils quittèrent ensemble la pièce ne laissant plus que Raiden et ses deux tortionnaires. Ce fut la dernière fois que le disciple de Cypher vit la jeune esclave et le deuxième patron Neimoidien durant sa première venue sur Cato Neimoidia. Au cœur du système de ventilation, les deux yeux ronds de Loki scrutaient la scène avec silence …[…]
Assit tout seul à sa table, Slice avait reprit son activité consistant à admirer la partie inférieure des corps féminin qui se prélassaient dans la salle principale de la cantina. Mais bien qu’il fût difficile de se lasser d’un tel passe temps, l’absence prolongée de son disciple commençait sérieusement à le tracasser. Où était-il bien allé ? Raiden s’était-il finalement enfuis par lâcheté ? Le fait d’abandonner son sabre était quelque chose de bien surprenant … Ces questions sans réponse poussaient le Seigneur Sith à vouloir mener son enquête mais la crainte de manquer la personne qu’il était venu rencontrer dans ce lieu l’empêchait de quitter sa table. Au bout de plusieurs longues minutes il remarqua de loin la forme significative de celui qu’il cherchait. Un homme venait de pénétrer dans l’établissement, petit, trapu, une casquette militaire sur la tête, c’était un officier séparatiste. Mais ce n’était pas n’importe qui, c’était la personne mentionnée par Jaera. L’homme s’affala contre le bar et commanda un verre. Slice en profita pour quitter sa table et aller à sa rencontrer.
« - J’ignorais qu’ils engageaient des alcooliques notoires dans la confédération … Depuis que je te connais Basker je t’ai toujours vu avec un verre à la main … »
Cet homme s’appelait Basker, c’était un officier U.C.E.H de la C.S.I avec qui Slice s’était lié d’amitié à la fin de la guerre. Jaera avait réussit à retrouver la trace de cette personne et lui avait expliqué que son vieux pote Sith avait besoin d’aide. Les deux hommes se connaissaient bien. Comme la majeure partie des connaissances de Bloodrush, personne ne connaissait le véritable visage du Sith car dans le passé ce dernier le cachait toujours derrière un masque de verre.
« - Et moi j’ignorais que tu étais de retour Bloody. Les rumeurs faisaient vent de ta mort tu sais … Quand j’ai reçu l’appel de ta « secrétaire » j’ai d’abord pensé à un canular. Pas un coup de fil en plus de 5 ans et tu réapparais ... ? Tu as enfin décidé d’aller taper ton copain l’empereur ? »
« - Depuis quand tu écoutes les rumeurs Basker ? Je prenais des vacances voila tout ! Allé dit moi ! J’ai du raté quelques anniversaires, ton mariage et la naissance de tes gosses … ? Tu ne vas pas m’en vouloir pour si peu non ? Pour mon copain, il n’est pas digne du titre … Il n’existe qu’un seul Empereur et un seul Empire, Omega paiera je peux te l’assurer … Ma « secrétaire » ta briefé sur ce dont j’ai besoin ? »
« - Ouai elle m’a expliqué. Tu vois chez moi rendre un service c'est prêter de la thune ce genre de truc ... Là tu as demandé l’impossible Bloody ... L'homme laissa apparaître un large sourire. Mais tu me connais, avec moi rien n'est impossible. Je persiste à dire que ce que tu veux faire c’est du suicide … Basker sortit de sa poche deux cylindres codés qu’il déposa sur la table. C’était des appareils de codages et d’identification officiels. J’ai enregistré deux fausses identités dans les registres de l’U.C.E.H. et voici les cylindres de code qui corroborent ces identités. Toi et ton compère êtes officiellement des membres Siths de l’U.C.E.H. Je t’ai gradé en tant qu’officier de liaison, ça devrait te permettre d’avoir une certaine liberté d’action. Ils sont actuellement entrain de rapatrier l’intégralité des forces Siths U.C.E.H vers Géonosis pour les envoyer vers le territoire Impérial. »
« - C’est au-delà de mes espérances. Avec notre inscription dans les registres et ces cylindres de code nous allons pouvoir nous mêler à ces connards sans grande difficulté. Si nous nous melons aux membres de l’U.C.E.H rapatriés depuis Géonosis nous pénétrerons chez les impériaux par la grande porte. Nous serons parmi eux sans qu’ils le sachent, et tel le serpent dans le poulaier nous attendrons le moment opportun pour frapper par derrière … »
Slice connaissait l’Omega et était persuadé que la forge stellaire servirait à un moment où un autre pour piéger les rebelles. Comme il l'avait enseigné à Raiden, le Sith pensait qu'attaquer de manière sournoise par derrière l’adversaire en s'incrustant dans ses rangs était la meilleure manière d'arriver à ses fins. S'ils réussissaient ce coup, alors ils seraient rapatriés à un moment où un autre vers la Forge Stellaire.
« - Franchement Bloody tes métaphore sont à chier … Je sais que tu tentes de te donner un style mais c’est raté … Mais bon … A te jeter délibérément dans la gueule du loup tu vas finir par y passer mon gars … Au moins nous sommes quittes … Par contre tu as demandé deux identités et tu es seul ? »
* merd j'ai oublié le gamin ! *
Les paroles de Basker ramenèrent Slice à la réalité. Il récupéra les cylindres de code dans sa bure et après avoir remercié son vieux collègue, il s’en alla à son ancienne place. Loki se trouvait sous la table et semblait pour le moins nerveux. Le Sith caressa le serpent pour le calmer avant d’ouvrir son esprit à celui de l'animal. Il découvrit alors les péripéties de son élève. L'homme fit rentrer l'animal dans la manche de sa bure et se saisit de son sabre. Une fois que la chose fût faite il prit d'une allure décidée la direction de la salle interrogatoire. Grâce à Loki Slice avait à peut prêt idée de l'endroit où elle se trouvait. Le sabre à la main, Slice courrait à présent dans les couloirs de services ...[...]
Cela faisait maintenant plus d’une heure que Raiden se faisait torturer gaiement par le sadique vigile sous les yeux calculateurs de l’ignoble Neimoidien. Bien que la douleur et la colère furent des moyens d'accroitre son affinité avec le côté obscur de la force il était peut probable que le jeune disciple prenne le temps de philosopher sur le sujet pendant qu'il était passé à tabac. Même si le bourreau s'amusait comme un petit fou, pour le patron du Neimo's Inn la chose commençait à être lassante. Entre deux bâillement il décida qu'il était temps d'en finir. S'occuper plus longtemps de Raiden était une perte de temps ...
« - Bon tue le et débarrasse moi de son cadavre on a beaucoup de boulot la récréation est terminé ... ! »
Le vigile esquissa avant de sortir son blaster de son étuis. Raiden allait être exécuter sans le moindre remord. Au moins trouverait-il dans la mort une fin à ses souffrances. Pendant ce temps, son maître était arrivé depuis quelques secondes de l'autre côté de la porte. Essoufflé il peinait à reprendre son souffle. Lorsqu'il entendit les propos du Neimoidien Bloodrush se rua sur la porte. Malheureusement il fallait un code pour l'ouvrir. Dans la panique il fracassa le boitier de commande de cette dernière avec le manche de son sabre avant de remarquer que ça ne servait à rien. Le temps jouait contre lui, ou du moins contre son élève ! Le Sith se résigna à activer son sabre de la main droite et envoya une vague de force de la main gauche en plein sur le portique. La porte de piètre qualité quitta ses gonds et fût projeté à l'intérieur de la pièce.
Le bourreau qui s’apprêtait à tuer Raiden brandit alors son arme sur Slice dont la lame blanche éclairait la pièce dans son ensemble.
L'entrée était réussit et fier de lui Bloodrush ne put s'empêcher de sortir la phrase qu'il avait répété durant toute sa course dans les couloirs.
« - Si tu as un problème avec ce gamin tu as un problèmes avec moi … »
L'agent de sécurité tira sur ce nouvel arrivant qui para sans difficulté à l'aide de son sabre laser. En colère, Slice utilisa la force pour envoyer le pistolet blaster de l'autre côté de la pièce. Son adversaire désarmé, il pénétra dans la pièce et découpa les liens de Raiden à l'aide de son sabre. Lorsque son apprenti eut les membres déliés il lui jeta en pleine tête l'épée qu'il avait trouvé sous la table. Slice avait beau s'être un tant soit peut inquiêté et être venu libérer son compère il tentait tant bien que mal d'assurer son rôle de connard bien que les dernières actions risquaient de décrédibiliser l'image qu'il tentait de se donner. Le Sith regarda son disciple et les deux hommes désarmés qui suppliaient de les laisser en vie. Dans une moue il fit signe à Raiden d'expédier sa vengeance sommaire sur ses bourreaux et de prendre rapidement la poudre d'escampette avant que les autres vigilent n'arrivent. Il était certain que l'alarme avait été donnée et traverser la cantina dans l'autre sens serait difficile, surtout le passage dans la salle principale où tout le monde, clients compris, était armé. Si Raiden ne pouvait pas marcher une chose était sure, Slice préférerait lui donner des coups de pieds que de l'aider à se mouvoir.
« - Bouge ton cul gamin on à une croisière à prendre sur Géonosis … »
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Post n°4
Auteur : RaidenMême s’il tenta de se donner un air de grand Maître qui sait tout, le comportement de Slice ne m’échappa pas. Ainsi donc même le Chef suprême de l’Ordre de Cypher n’avait pas remarqué les étonnantes dispositions de l’esclave. Pourtant, lorsque de ma visite mentale dans le crâne d’Adarah, ce fut son lien avec la Force qui m’apparut en premier. Même sans en avoir conscience, elle l’utilisait en permanence pour maintenir ses protections mentales. Il était évident que sans cette aptitude, la jeune femme aurait depuis longtemps sombré dans le désespoir et mis fin à ses jours. Et même si beaucoup de choses avaient changé en moi, mon cœur m’ordonnait de sortir mon sabre et de voler à son secours. Personne ne méritait de vivre ainsi et par son potentiel, elle encore moins. Je serrai les poings pour me retenir mais gardai un visage froid et impénétrable. Toutefois, lorsque Slice posa sa main gantée sur mon épaule, j’eus un léger mouvement de recul. Je me souvins que j’avais envoyé le vigil vers mon Maître pour régler les comptes et me préparai à un très probable retour de flammes. Mais il n’en fit rien et cet instant se révéla être un moment de compassion et de complicité entre le Maître et son élève. Du moins jusqu’à ce qu’il m’informe de ses projets à court terme. A la seconde où le Seigneur Sith prononça ces mots, toute la magie de ce geste s’effondra et disparut dans le néant. Je me tenais donc là, complètement désorienté et choqué par le comportement de mon Maître jusqu’à ce que la vois d’un vigil me ramène sur terre. J’eus à peine le temps de me retourner qu’un coup de crosse en pleine tempe m’envoya au tapis.
Un mal de crâne indescriptible et du sang coulant le long de mon visage, je repris mes esprits progressivement. J’essayai de me libérer mais mes pieds et mes mains étaient solidement liés à la chaise. L’endroit sentait le sang et lorsque je sondai la pièce, ce ne fut que pour voir des visions de souffrance et de mort. Je ne savais pas om j’étais mais une chose de sûre, ça sentait très très mauvais pour moi. Soudain la porte s’ouvrait brutalement et j’entendis des gens descendre un petit escalier avant de s’approcher de moi. Il y avait en tout quatre personnes dont une plutôt baraquée et une autre plus frêle. L’un d’eux pris la parole pour me dire que le fait d’avoir seulement parlé à la jeune femme justifiait ma position. Enfin ça et le fait que Slice s’était apparemment fait passer pour mon esclave et n’avait donc pas payé.
-Je te jure s’il je le retrouve lui…
Ce fut quand le deuxième protagoniste pris la parole que j’en su en peu plus sur leur excuse pour me garder ici. Un policier moi ? Ils devaient être franchement abrutis pour croire qu’un aveugle en haillons possédant un esclave pouvait être policier. Par contre, je pus déterminer, à leur accent, qu’ils devaient être natifs de cette planète. Surement les patrons…
-Sans déconner, vous pensez vraiment que je suis assez con pour venir chercher les embrouilles dans un coin pareil ?
Alors qu’il prononça le nom de la personne restée à l’écart, mon sang se glaça et mon esprit se figea. Adarah !? Elle semblait rechigner à s’approcher puisqu’il la menaça de lui faire sauter le caisson. La colère monta rapidement en moi et je me débattis pour me libérer. La corde qui reliait mes poignets m’entaillait la peau. Le Neimoidien commença à la peloter sans qu’elle puisse se défendre. Un goût de sang se répandit dans ma bouche et le vigil dû me coller une patate monumentale pour me calmer. Je n’écoutais même plus ce que disait mon tortionnaire.
-Toi, je te jure qu’avant la fin de la journée, tu me supplieras de t’achever en baignant dans ton sang.
Le premier Neimoidien sortit de la pièce en trainant la jeune femme par le bras. En fouillant son esprit, j’avais involontairement créé un lien entre nous deux et je pouvais clairement ressentir toute la haine qu’elle contenait. Lorsque j’entendis la porte se refermer, je su que ces prochaines minutes allaient être douloureuses. Aussitôt, un coup d’une incroyable force me décrocha la mâchoire puis ce fut un véritable ballet. Le vigil me frappait de toutes ses forces et ce partout sur mon corps tandis que le patron scrutait la scène, lâchant de temps en temps un rire de sadisme. Lorsque les coups manquaient de m’assommer, mon tortionnaire me collait un coup de bâton électrique. Le sang recouvrant ma peau amplifiait alors la décharge. A chaque fois, je manquais de m’étrangler avec ma langue. Jamais, à aucun moment de ma vie, je n’avais ressentis une telle douleur physique. Cette série dura pendant… En fait, je n’en savais rien. Enfermé dans cette pièce, à la merci de mes bourreaux, j’avais perdu toute notion du temps.
Lorsqu’il commença à se lasser de me frapper, le vigil sortit la grosse artillerie. Il posa une panoplie impressionnante de couteaux et de diverses pinces. Je déglutis en l’entendant effiler les lames. J’inspirais un grand coup tandis qu’il entreprit de me charcuter. Alors, pour leur plus grand plaisir, je me mis à hurler comme jamais auparavant. Je criai si fort que même les Jedi sur Hoth auraient pu m’entendre.
Quand enfin l’interrogateur commença à se lasser du spectacle, il ordonna à son sous-fifre d’arrêter le divertissement et de m’achever. Quant à moi, je n’étais plus qu’une loque attachée à une chaise. Une flaque de sang s’était formée à mes pieds. La douleur était telle que mon cerveau s’était déconnecté. Mais tout au fond de moi, le démon s’agitait de plus en plus et n’attendait qu’une chose, que je revienne à moi. Ma respiration était à peine perceptible et tout poussait à croire que j’étais aux portes de la mort. En vérité, ma colère m’avait permis de m’enfermer dans mon propre esprit et de maintenir mon corps en vie avec le minimum de force. J’avais ainsi préservé mon psyché d’une bonne partie de la douleur.
*Tiens le coup.*
Enfin, après pas mal de temps, Slice se décida à faire son entrée. La porte fut éjectée de l’encadrement et alla s’écraser à l’autre bout de la pièce. Malgré mon état, la phrase qu’il prononça me fit très légèrement rire. Combien de temps avait-il passé à planifier son débarquement pendant que j’en prenais plein la gueule ? Il désarma mon bourreau et vint ensuite me libérer. A peine j’eus le temps de relever la tête qu’il m’envoya mon sabre en pleine tronche. La scène de sauvetage avait un moment ressemblé à ces passages héroïques que l’on voit à la télé jusqu’à ce qu’il foute tout en l’air, comme d’habitude. Je ramassai mon sabre en titubant et profitai de ce moment pour m’ouvrir à la Force et me laisser pénétrer par l’aura de Slice. Cela déverrouilla mon esprit qui reprit le contrôle du corps. Retrouvant mes moyens malgré mes nombreuses blessures, je relâchai toute emprise sur mon démon et lui donnai les commandes.
Allumant mon sabre, je tranchai la main droite du vigil qui tentant de me poignarder avec un scalpel avant de me jeter sur le Neimoidien. Je le plaquai au mur avec la Force et lui ouvris la gorge du bout de ma lame. Toujours debout, il tenta de boucher la plaie mortelle avec ses mains.
-Je t’avais dit que je te tuerai avant la fin.
Devant son visage horrifié, j’éteignis mon sabre et enfonçai ma main dans sa gorge pour lui arracher la langue. Je tirai un coup sec et, une fois en possession du muscle, je le laissai se noyer dans son propre sang. J’embrochai ensuite la langue avec un couteau que je plantai dans la poitrine du vigil essayant de s’enfuir. Seulement ma vengeance n’était pas encore complète et resterait inachevée quelques temps encore.
-Je reviendrai… je le promets.
Rassasié, le démon retourna dormir dans un coin de mon esprit et je repris le contrôle. Seulement la Force c’est une bien belle chose mais ça n’empêche que j’avais mal. Je m’adossai contre le mur tandis que Slice m’indiquait notre prochaine destination. J’avais besoin de repos mais en même temps, sortir de cet endroit était ma priorité numéro une. Le Maître de Cypher ouvrit la marche tandis que je tentais de le suivre. En débarquant dans la salle principale, les vigils et de nombreux clients nous attendaient déjà mais Bloodrush parvint à ouvrir un passage dans la foule tel Moïse. Une fois dehors, nous rejoignîmes le vaisseau. Avant de décoller, Slice me donna quand même de quoi soigner mes blessures les plus graves. -
Post n°5
Auteur : Slice
L'homme au chapeau.
[...]
Une semaine après les incidents du Neimo's Inn.
Bloodrush … Ainsi c’était le nom d’un des deux assassins de son frère … Avachit dans une mécano-chaise, celui qui était à présent l’unique patron du Neimo’s Inn, n’avait de cesse que de ruminer et de maudire ce patronyme. Tiraillé entre la tristesse et son désir de vengeance, l’immonde personnage contemplait en boucle les enregistrements des caméras de surveillance de l’établissement. En étudiant avec attentions les images qui défilaient sur les moniteurs, il avait été en mesure de remarquer la discussion de Slice avec Basker quelques minutes seulement avant le meurtre de son frangin. L’officier U.C.E.H étant un habitué de la cantina, il avait été facile de le retrouver. Les hommes de mains du criminel l’avaient ainsi ramené dans les locaux de la pègre pour « l’interroger ». Malgré ce qui s’y était passé, on avait finalement décidé de rouvrir la salle d’interrogatoire pour des raisons de places. Les sinistres activités telles que la torture et les exécutions avaient ainsi reprises avec plus de hargne que jamais.
Le petit homme ne résista pas bien longtemps aux interrogatoires musclés et lâcha finalement sous la torture l’identité de l’homme encapuchonné. Ce n’était donc pas un esclave mais bel et bien un Sith du nom de Slice Bloodrush … Le patron de la cantina, qui s’appelait Greym Nugreid, ne se satisfit pas pour autant de ses informations. Certain que Basker connaissait le nom du deuxième homme, il demanda à ses bourreaux de le faire parler par tous les moyens. Mais l’officier séparatiste ne pouvait dire ce qu’il ignorait et il finit malheureusement par mourir de ses blessures après avoir subits pendant 2 jours ces actions barbares. Dans un dernier râle il mentionna toutefois Géonosis. Adarah, qui avait été en contact direct avec les fugitifs, fût elle aussi victime d’un interrogatoire dans les règles. Mais Nugreid avait donné des ordres et ne pouvant abimer une si belle marchandise, ses tortionnaires usèrent d’autres sévices et d’humiliations pour essayer de la faire parler. Ce qui, au final, ne servit à rien.
Ayant perdu son seul lien avec ces assassins, Greym avait entamé des recherches sur la capitale Séparatiste, mais la crainte de l’armée lui posait de graves problèmes pour l’évolution de son enquête. Bien que voulant la mort de ces gens, le Neimoidien n’en restait pas moins extrêmement lâche et ne voulait pas attirer l’attention des militaires sur son entreprise. Pour se faire, il fît alors appel à des professionnels. Dans un premier temps, craignant que l’on en veuille à son sang, il avait engagé des gardes du corps mandaloriens qui restaient à ses côtés jours et nuit pour le prémunir de tout assassinat.
Toujours avachit dans son fauteuil mécanique, le malveillant financier lâcha enfin les écrans de surveillance pour se retourner vers son interlocuteur. Il venait de lui montrer les vidéos sur lesquelles figuraient les deux personnages qu’il se jurait à présent de faire tuer. Assit de l’autre côté du secrétaire, la personne avec qui il conversait était un humain. Propre sur lui, le visage masqué par un long chapeau de paille, l’homme était vêtu d’un habit traditionnel de sa planète natale. Il portait une toge marron foncée qui recouvrait ce qui était semblable à un long Kimono beige et affichait de manière ostensoir une virolâmes et un blaster à la ceinture. Cette personne s’était présentée d’elle-même pour ce travail et semblait, selon toute logique, savoir certaines choses sur les fugitifs qu’ignorait le Neimoidien. Il s’adressa finalement à l’originaire de Cato Neimoidia avec calme et courtoisie.
« - Monsieur Nugreid, si je m’en fis aux enregistrements vidéos qui vous venez de me montrer et le rapport de l’interrogatoire de l’officier séparatiste et de votre esclave, je suis à même de vous affirmer que l’homme responsable de toute cette agitation est bien ce Slice Bloodrush. »
« - Vous me semblez très sur de vous mon cher … Pourquoi une-t-elle affirmation ? »
Dans la pénombre de son chapeau le bien étrange personnage laissa apparaître un sourire sadique avant de mettre la main dans son Kimono. Immédiatement les gardes du corps lui braquèrent leurs armes dans sa direction. D’un sourire gêné il sortit doucement de sa veste une fine enveloppe qu’il déposa sur la table. Les mandaloriens rangèrent avec tristesse leur jouets, déçut de n’ayant pas put les utiliser. Le Neimoidien se saisit de l’enveloppe et l’ouvrit. Elle contenait là des photos de Slice durant sa jeunesse passée auprès de la famille du docteur Ishida, de quand il était adolescent à quand il devint adulte ... C’était la période où il vécu avec le Docteur et son frère d’adoption : Shigeru. Elle s’était brutalement terminée avec une crise particulièrement violente du jeune homme schizophrène qui l’avait envoyé directement en prison. L’homme au chapeau, qui ignorait que Slice possédait à présent le corps d’un autre, reprit enfin la parole, mettant fin à cette interminable attente.
« - Je connais cet homme depuis que nous sommes enfants et c’est pour cela que je suis le mieux à même de le retrouver ... Mes motivations personnelles quant à cet individu sont différentes aux vôtres mais je suppose qu’en mettant nos capacités en commun nous parviendrons à l’attrapper, lui et … ce gamin … Car bien que ça ne lui ressemble pas, le jeune garçon semble être son apprenti. Ce dernier semble bien frêle et naïf et je reste persuadé que cet enfant est guidé par des vertus chevaleresques … Il reviendra pour libérer l’esclave qu’il à rencontré. Nous n’avons qu’à lui tendre un piège, si nous attrapons le disciple, nous aurons de quoi arriver jusqu’au maître.»
Des photos de l’assassin, un homme qui le connaissait depuis longtemps, un plan qui semblait tenir la route, c’était des choses qui plaisaient au Neimoidien. A son tour il se força a sourire avant de rendre les photographies au personnage au chapeau. Il lui restait à voir le point le plus problématique, celui des honoraires.
« - Concernant vos honoraires ?»
« - Donnez-moi la fille, ça me suffira amplement. Elle me servira d’appât mais aussi de paiement. Nous y sommes au final tous gagnant je présume ? »
L’esclave valait cher mais son coût était relativement faible en comparaison aux tarifs habituelement en vigueur par des chasseurs de primes ou des mercenaires. C’était pour cette raison que c’était une affaire que Nugreid n’allait pas laisser filler. Il demanda immédiatement à ce que l’on détache Ardhara (qui était jusque là encore « questionnée » par les gardes du corps) pour que l’on l’amène à son nouveau propriétaire. L’inconnu au chapeau se chargerait à présent du reste ... Traiter avec des inconnus n’était toutefois pas le genre de la maison, aussi le Neimoidien finit-il par demander le nom de son interlocuteur.
« - Vous commencez à m’être sympathique … Monsieur ? … Monsieur ? … »
« - Appelez-moi Shigeru … »