Une mission dans le secret
-
Post n°49
Auteur : Azel Kyone'eJe sais pas si c’est à force de devoir tâtonner dans la semi-obscurité, mais j’ai comme l’impression de me reporter sur mes autres sens. Bon, l’odorat est peut-être pas encore au point, mais les bruits prennent une dimension peu habituelle. J’hésite. D’un côté, j’me sens fière d’être de nouveau aussi affûtée. C’est vrai, à force d’écluser les arrière-boutiques des cantinas galactiques, je valais guère mieux qu’un Houk aviné. Là, j’ai de nouveau cette sensation d’être prédateur plus que proie. Dommage que la sensation arrive alors que mes batteries sont à plat. Je ne pourrais bientôt plus tenir correctement mes haches, à moins de laisser mes bras sur place avec. De bonnes vieilles crampes me gagnent les jambes, et quelques hématomes pour faire bien sous l'armure.
L’ombre n’approche pas. Le truc me semble remuer dans son coin, pourtant ! Je me tiens campée, prête à lui fondre sur le coin de la figure s’il fait mine de se mettre en route. Mais non. Rien ne se passe… Étrange. Mh. Compte pas sur moi pour relâcher ma garde : même face à un mur j’ai l’impression qu’il pourrait me mordre. Cet endroit vous rend vraiment dingo. Est-ce que c’est cette espèce de gaz qui s’est échappé dans les sous-sols ? Ou peut-être la faim ? Je sais pas ce que je donnerai pour un bon steak de Bantha braisé avec un petit Uj’jayl de derrière les fagots… C’est que je commence à avoir une belle crampe au niveau du carburateur, moi. Se battre contre des monstres le ventre vide, c’est comme piloter un vaisseau avec six bouteilles de rhum corellien dans le cornet : faut pas s’attendre à ce que ça finisse bien !
J’entends la voix d’Iroey qui crachote quelque chose au travers de nos pads, mais je prends pas le temps d’essayer de comprendre : j’ai les yeux braqués sur le truc dans l’ombre. Pas après pas, je m’approche, avec la vague impression d’être un fauve en chasse. La voix du cyborg s’est tue, et d’un coup, le faisceau de la torche de Blad accroche quelque chose au plafond. Mon regard suit.
Un reste de droïde ! Alors c'était ça, ce mouvement dans l'ombre ? Ah, j’ai le rire qui me chatouille la gorge, tout d'un coup. Le truc a quelque chose de vraiment comique, pendu comme ça au plafond ! Bon, ça a au moins la vertu de me dérider un peu : j'allais finir par me prendre au sérieux, moi ! Maintenant, je me demande bien ce qui a pu l'envoyer là-haut, le drôle. M'est d'avis qu'il ne s'y est pas mis tout seul...
Dans le silence alentour, des craquements, des cliquetis. Dans mon dos, les gesticulations grotesques de la machine s’ajoutent aux pas plus discrets de Blad. Ça me rappelle ces ambiances d’holofilms que Dason projetait parfois lors de nos soirées à bord de l’Épine. Il espérait me faire peur avec ces trucs, mais en général, les acteurs étaient tellement mauvais qu’on en riait. Je me demande bien ce qu'il penserait de ma situation actuelle, tiens. Je sais pas si je joue mieux que tout ces acteurs à la petite semaine. La seule différence, c'est que moi j'ai rien demandé.
Je serre les dents. J’avance, encore, toujours. Chaque mètre peut nous rapprocher de notre but, comme nous enfermer dans un cercueil. Perso, j’aurais préféré un feu d’artifice bien classe. On est pas trop du genre à laisser le jambon faisander à la cave, de par chez nous. On préfère les barbecues, c’est plus hygiénique. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je me trouve dans ce dédale de couloirs et de bureaux, et je doute que le petit chef sur mes talons soit bien plus avancé. Avec notre chance, notre but se trouve à l'opposé de là où on va... Sans compter qu'avec les joyeusetés qui se baladent en liberté, on ouvre une pochette surprise à chaque angle de mur ! Et en parlant d'angle, voilà qu'on arrive à la fin d'un nouveau couloir. Tiens. Mes oreilles m'indiquent que quelque chose fonctionne dans le coin : un ronronnement régulier. Allez 'tsel, on y va, c'est parti Mon Calamari ! - ouais elle est bien nulle celle-là. Je lève le nez, et je les vois : des conducteurs très haute tension. Large comme ma paume les trucs ! S'il y a une chance que ce qui contrôle la totalité des systèmes se trouve quelque part, les probabilités sont plutôt en faveur du "droit devant" ! Blad a l'air d'accord.
« Ok, c'est ici que tout se joue. » Que je l'entend s'exclamer : le zouave me paraît d'un coup bien plus joyeux. Faut dire que question réjouissance, on est pas trop mal loti. Je renifle discrètement, regarde de droite et de gauche, avant de le suivre. Le rayon de sa torche passe dans la salle sur laquelle débouche le couloir, et je les aperçois.
Les consoles !
J'en crois pas mes mirettes : non, j'ai rien fumé. C'est bel et bien un noyau d'énergie avec un tableau de bord ! Je fais trois pas dans la pièce, avant qu'un truc douche un peu mon enthousiasme.
Attends. C’est trop facile. Je sais pas trop d'où me vient cette idée, mais c'est vraiment, vraiment trop facile.
On a passé une plombe à galoper dans tous les sens, et pile poil quand on cherche une console, on en trouve une ? Hey, je suis peut-être pas une lumière, mais y a des limites aux coïncidences ! Ma main passe sur le tableau de commande. Bizarre, rien ne semble avoir été endommagé : on dirait juste que la source s’est tarie. Les commandes fonctionnent en revanche. Le ronronnement provient de là : avec un peu de chance, on va pouvoir les actionner, ces portes.
« Il faut une source d’énergie externe pour le relancer. »
Le genre de truc pas nécessairement super facile à dégoter. Allez zézel, c'est partie pour une chasse aux piles ! Qu'est-ce qui pourrait être assez puissant dans le coin pour faire repartir une installation pareille ? Je commence à fouiller les environs du regard, tout en passant rapidement en revue ce que j'ai sur moi. C'est à dire : pas grand chose. La batterie de mon pad fera pas autre chose que quelques étincelles, c'est mort. Autour, aucun des ordinateurs ne m'a l'air d'avoir beaucoup de Watt à céder. Blad s'aventure un peu plus loin. Quand tout à coup...
Cling-clang-clong
Dans mon dos, un barouf de tous les Dévarionniens. Ah, cette fois, je suis pas complètement folle ! Y a bien quelque chose de vivant de ce côté ! Sauf si on s’aperçoit que le toit est en train de nous tomber sur la tête. Quelque chose est tombé au sol : on dirait une grille d'aération. Je contourne l’angle, prête à sauter à la gorge de ce qui se trouve de l’autre côté. Un éclat dans le noir : des yeux ! ALORS CETTE FOIS, J'VAIS M'LE FAIRE !
« On bouge plus, là ! Chef, c'est pas un droïde cette fois ! »
Un museau noir, des poils : d’ici, on dirait vaguement un canidé… ou un fauve, j’sais pas trop : Bref, un truc qui mord et qui griffe. Autrement dit, go le mettre dans la case des trucs à trucider ! Tu me diras, on se demande ce qui n’est pas à trucider/démonter/éviter, dans ce trou ! Dingue le nombre d’horreurs que des excités de la seringue peuvent vous mettre entre les pattes sans même le vouloir…
« Encore une bestiole cheloue ! T’ain, ils ont fait un élevage ici ou quoi ?! »
Mon épaule me lance quand je déploie le manche de la hache : j’avais peut-être un peu surestimé l’effet de nos quelques semaines d’entraînement… Moralité, ‘tsel, avant de t’aventurer dans un labo désaffecté, fais donc quelques échauffements tranquilles !
A la faveur d’une raie de lumière sanglante projetée au sol, je devine que la bête à quatre pattes porte un vêtement. Je cligne des yeux. Non, j’ai pas rêvé. Ce machin porte une veste ! Là, il est vraiment temps d’aller se biturer la trogne. Je dois manquer de sommeil, c’est pas possible. La bestiole fait un truc complètement improbable : elle lâche son butin, et d’un coup de nez, le fait glisser vers moi. Mes yeux filent de l’animal vers l’objet, puis de l’objet vers l’animal. Ses yeux luisent dans l’ombre, presque fluorescents. Ils ont cette étincelle d’intelligence qu’on ne trouve que chez les aliens. Gentil, le toutou ? Mouais. J’ai suffisamment bourlingué pour savoir qu’il existe des races tordues, bizarres. En revanche, j’ai jamais croisé une chose comme celle-là, et j’ai pas envie de lui laisser l’occasion d’être plus qu’un simple chat-chien avec une veste sur le poil.
"Je tiens celui-là en joug, au cas où. Jetez donc un œil à ce qu'il vient de nous livrer..."
J’acquiesce lentement d’un coup de menton, sans quitter le visiteur du coin de l’œil. Je l’examine un peu, histoire d’être sûre de pouvoir approcher sans me faire attraper un bras. Je cale le pad sous ma botte, puis le fait glisser, avant de me baisser et de me relever instantanément. Le machin m'a l'air rudement costaud : c'est pas un modèle pour les chiourmes, ça ! Blindage et compagnie. J'admire le travail, quand je me souviens que c'est le contenu dudit machin qu'on m'a demandé d'examiner, et pas les coutures. Le contenu affiché à l'écran ressemble pas mal à ce que l'autre ordi nous avait craché une heure plutôt. Des conversations de mordus des expériences pas nettes. Des messages portant tous sur des trucs ultra techniques que je ne cherche même pas à retenir : un verbiage fumeux dont seul Billy aurait pu se dépêtrer, peut-être.
« On dirait que ça contient d'autres messages, de la même trempe que ceux qu'on a trouvé en haut... C'est quoi cette couleur débile...?! On se fusille les yeux avec ça.»
Sans lâcher l'intrus des yeux, j'essaye d'y regarder d'un peu plus près. Exercice plus difficile qu'on le croit.
Ok. Autant me parler en Haut Galactique. Je me tourne vers la bestiole : s'il y en a un ici qui pourrait nous éclairer, c'est bien lui ! Je doute que l'autre droïde puisse grand chose pour nous. Je le fixe au travers de ma visière, et d'un mouvement du menton, lui précise que c'est bien à lui que je m'adresse.
« Tu sais parler ? »
Parce que ce serait sympa de nous indiquer la sortie. C’est vraiment ce que j’ai envie de lui dire, mais j’ai la présence d’esprit de me souvenir qu’on doit d’abord sceller ce labo. Histoire qu’on retrouve pas des petits monstres partout dans la nature d’ici quelques jours.
« On me la fait pas à moi : je sais reconnaître un type louche quand j’en vois un ! Nous fais pas le numéro du petit animal bêta ! »
Je remarque alors l’écusson sur l’épaule : c’est celui de la CSI. J’ai déjà vu cette veste. Oui, c’est certain : je la connais ! Oh mince.
« Mais... Attends un peu, sac à puces : c’est la veste de Billy, ça !! »
Ah, je crois que je peux crier au génie ! Mais la seule chose qui m’anime, c’est une sourde colère. Pourquoi ? J’sais pas exactement, peut-être le fait de me retrouver coincée ici face à un animal portant une veste ? Ou peut-être que cette veste, c'est celle de mon coéquipier disparu ? Disparu ? Toi... Tu vas pas retourner te coucher tranquille, ce soir : parole d'une Kyone'e.
« Où t’as trouvé ça, punaise ?! Qu’est-ce que t’as fait à la crevette ?! T’as intérêt à me répondre si tu veux pas finir en décoration murale ! ALLEZ !! »
Le tranchant de mon arme se positionne à la verticale de sa tête. Je sais pas duquel du tir de Blad ou de mon coup de hachoir sera le plus rapide si jamais cette chose a bouffé la crevette... -
Post n°50
Auteur : IroeyUne lente avancée. Voici le déroulement des choses actuel, Iroey remontant les archives du laboratoire sur son dos dans une cage d'ascenseur non opérationnel. Le cyborg tire sur les câbles, ses pieds se cramponnant fermement sur les murs en acier, celui-ci se plaignent à chacun de ses pas, sa lourde charge dans son dos ralentissant considérablement l'ascension du sergent, celui-ci regardant vers le haut, son puissant corps lui permettant de faire cet exploit qui serrait simplement impossible pour les autres dans l'équipe de répliquer.
Toutefois, l'être cybernétique s'arrêta soudainement tout près du bord de la porte d'accès ouverte, ses orbites fixant le vide. Ses pensées l'échappent et le monde semble tourner autour de lui. Dans sa tête, la machine à l’impression de sombrer dans le vide, tombant encore et encore. Il regarda son bras droit et y vite un bras humanoïde avec une masse musculaire légère, celui-ci portant une sorte de gants ? Il la regarda alors de plus près, celui-ci ayant un réflexe d'organique de cligner des yeux avec ses orbites, mais après que ses yeux se s'ouvrèrent de nouveau, il vit son bras en alliage tel qu'il le connaît. Cette mission semble être en train de rendre dysfonctionnel ses processeurs ou pire encore. La créature est en train de prendre contrôle de lui ?
Cette simple pensé le poussa avec vigueur à sortir de la cage de l'élévateur, se penchant pour passer avec la civière dans son dos, ayant atteins le niveau où devrais se trouver Azel et Blad. Iro regarda alors la carte dans son HUD et tenta de localiser les datapads de ses alliés, deux étant tout près et un beaucoup plus loin dans les installations. Sûrement Billy si ont se fit à la logique que les mandalorien son en équipe et que son acolyte à lui à prit le large en voyant la bête plus tôt. L'officier se mit alors à réfléchir tout en reprenant sa marche à une manière efficace de le retrouver et le sortir de se pétrin sain et sauf ou dans le pire des cas, ramené son corps à ça famille s'il en a. Zigg ne connais pas vraiment la recrue vue l'étendu vague de son fichier, mais une chose est sur. Les organiques ont pour tradition de faire des cérémonies pour honorer leurs morts et se rappeler. Étrangement malgré sa frustration que le jeune homme l'ait laissé seul face à l'adversité, le géant de fer n’éprouve aucune animosité à son égare. Plus surprenant encore, celui-ci espère pouvoir le sortir de ce merdier sain et sauf comme chaque survivant trouvé s'il en a.
Accélérant le pas, le confédéré entendit des échos dans les profondeurs des corridors. Une agitation qui se déroule dans l'ombre ? Son blaster étant totalement inefficace contre le Minotaure qui hante ses lieux, l’officier supérieur décida de se faire plus discret malgré sa lourde charge dans son dos, écoutant et analysant la carte. Il se rapproche du commandant Unforgiven et sa congénère. Ce fut après quelques pas de plus qu'un bruit assez lourd se fit entendre comme si quelque chose venait de tomber lourdement au loin. Iro continua sa marche en faisant plus attention à ses pas avec sa lourde charge, s'approchant discrètement pour passer sa tête dans le coin d'un corridor une fois assez près après quelque minutes de marche. Dans les ténèbres il vit les deux mandalorien prenant en cible une créature aux poils noir quadrupède qui est dos à lui. Pour ne pas recevoir de tire sur lui vu la tension dans l'aire, le prototype attendis. Sur le coup, Iro fut prêt à bondir, mais se ravisa, regardant la pénombre devant lui et réfléchie. Avec la distance et l’écho il ne peu vraiment distinguer se que raconte ceux-ci donc il décida de sortir de sa cachette.
L'archétype sortit finalement du noir absolut, celui-ci marchant lourdement pour se faire bien entendre et dit :
-Intéressent... Laissez-moi voir...
Il se fit éclairer par le commandant Demeci, le révélant avec son colis à son dos. Iroey se pencha alors et s’approcha le plus près possible de la bête qui semble très méfiante. Étonnamment, ce spécimen ne lui est pas inconnu, mais pourquoi ? C'est bien la première fois qu'il en voit un de ses yeux vivant non ? Bref, le séparatiste endurci le regarda en détail, reconnaissant une veste d'origine confédérée. Son cerveau se mit alors à réfléchir rapidement. Il regarda encore plus en détail la bête avec sa vision nocturne, remarquant que la veste a déchiré comme si quelque chose à l’intérieur de celle-ci avait changé. Étrange... Vraiment étrange... Ses calculs mentaux n'arrivèrent alors qu'à une conclusion possible.
-Cela va sembler étrange... Mais je crois que ce fauve est Billy...
Sentant la consternation dans le regard de ses partenaires, il s'expliqua alors davantage.
-Je m'explique... Quand la bête nous est apparue, il s'est sauvé dans le noir avec aucun équipement pour le guider... Ma théorie, improbable soit-elle est que notre ami soi tombé dans le noir sur quelque chose qui l'est transformé... Car vous voyer... La veste de est déchiré de l'intérieur... Comme si lors de sa transformation, la veste s’est déchirée autour de lui, devenant trop petite... ... C'est étrange, mais il y a 15% de chance que cela soi possible vu les tonnes de projets effectués ici dans ses laboratoires... Surtout après se que j'ai rencontrer ici... Cette théorie improbable ne me surprendrait pas le moins du monde... … Vous permettez...?
Dit-il alors en prenant doucement le datapad étrange des mains de la femelle, celui-ci le regardant sans être accommodé par la lumière de l'écran. Il le feuilleta brièvement, regardant le seul message accessible avant de fermer l’appareil pour économiser ses batteries. Pour le mettre en sécurité, Iroey le rangea dans un socle à sa taille regardant les consoles rapidement. Apparemment le noyau a besoin d'une source d'énergie externe pour pouvoir redémarrer. Le robot se mit à faire le tour de la pièce alors que la créature est tenue au garde-à-vous par les deux guerriers, celui-ci voyant alors un petit écran encore allumé avec écris dessus se qui semblent être l’alimentation des portes anti-propagation... Voilà la solution ! Toutefois son explication concernant la créature ne semblent pas vraiment plaire aux autres... -
Post n°51
Auteur : AnsiktJ’observe de mes iris luminescents le comportement des deux mandaloriens en face de moi. Ils sont les menaces les plus directes qui peuvent se dresser devant moi, mais également, ironiquement, mes meilleurs alliés. Il faut que j’arrive à tourner la situation à mon avantage, d’une manière ou d’une autre. Ne pas éveiller les suspicions est un bon début, déjà.
Azel, sur commande de Blad, s’approche de l’offrande sur le sol. Elle approche, méfiante, et rapproche le datapad en “sûreté”, hors de ma portée. Ca me convient. Au moins, elle n’a pas tenté de faire des moulinets de ses haches pour transformer mon museau en hachis avant. C’est bon signe. Elle ne me fait pas confiance. Ils ne me font pas confiance. C’est normal. Pourquoi feraient-ils confiance à une créature dans un laboratoire où on été conduit des expériences certainement douteuses ? Mais ils semblent un peu moins nerveux qu’il y a quelques instants, après ma chute d’une grâce discutable.
J’adopte une posture un plus confortable, presque assis. Une posture avec un peu plus de “prestance” également, si ce critère a encore son importance dans un lieu pareil. Je retiens un sourire en voyant sa réaction quand la lumière améthyste inonde en même temps son viseur et le couloir. Elle semble intriguée, mais garde un oeil sur moi. Mon oreille s’agite un peu, comme pour lui indiquer que la bête que je fais semblant d’être comprend que son attention se porte sur moi. Exercice plus facile à faire qu’à décrire.
Quelques instants plus tard, elle abaisse l’engin et se tourne vers moi. Elle me demande si je sais parler. Je penche la tête sur le côté, avec des yeux presques innocents, puis fait un mouvement “non” de la tête très approximatif. Elle suspecte que je sois plus qu’une créature idiote. Et bien, elle n’a pas tord. Mais elle ne sait pas tout. Et c’est certainement mieux pour tout le monde ici. Surtout moi, je crois. Quoique…
Cependant, elle ne détourne pas pour autant. Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle me regarde ? Pourquoi ? Qu’aurait-elle à en retirer ? Elle n’apprendra rien en me regardant. De ce que j’en sais, les Gurlanin sont suffisamment rares et malins pour ne pas faire connaître au grand public cette forme féline. Quoique… Elle semble insister… Et si elle savait ce qu’était un Gurlanin ? Ca serait improbable… Très improbable… Mais si c’est le cas, je suis peut-être dans une situation encore plus terrible que je ne le pensais, que je me considère comme Ansikt ou Billy.
Elle s’exclame. La veste de Billy ? Attends… Quoi ? Je ne peux m’empêcher de regarder mon dos. L’habit est en lambeaux, comment...
Mes pupilles se posent sur l’écusson, et les connexions se font dans mon cerveau fatigué. Merde.
Elle s’énerve, s’excite, fait porter sa voix rageuse. Si je n’étais pas pris par une panique soudaine, j’aurais pu me sentir flatté ou touché par l’attention qu’elle me porte. Mais, dans l’immédiat, mes pensées se tournent vers ma survie.
Elle s’approche et sa hache s’arrête à une vingtaine de centimètres au dessus de ma tête. J’adopte une posture défensive, déplace mon centre de gravité vers l’arrière, mais ne fuit pas. Vu la distance à laquelle elle est, elle n’aura aucun mal à m’atteindre au moindre de mes mouvements. Si je me retourne un peu trop brusquement, j’aurais un morceau de métal dans les hanches avant d’avoir fait cinq mètres. Surtout que Blad est derrière et n’aura aucun problème à m’aligner. Mauvaise idée.
Réfléchis… réfléchis ! Qu’est-ce que tu peux faire ? Mon coeur s’emballe, le sang frappe dans mes tempes dans une cacophonie qui rend mes pensées confuses. Si je ne peux me servir de mon corps, je peux me servir de mon esprit. Un mensonge. Il me faut un mensonge. Mais quoi ? Quelle est la situation ?
Je dois trouver un moyen de convaincre ou persuader deux mandaloriens de me laisser en vie. Ils ne savent pas que je possède de communication verbale, mais je peux m’en servir, tant pis pour l’idée de la bête innocente. Une des cibles ne connait pas le “disparu”, donc elle serait embobinable, mais a apparemment une expérience de militaire, donc certainement une bonne connaissance des espèces galactiques, entre autres. L’autre a passé plusieurs mois avec le “disparu” et a partagé des moments avec lui. Je peux jouer là dessus, mais ça ne serait que la moitié du travail… Quoique, si je convaincs Azel, je peux peut-être m’assurer un moment pour respirer et réfléchir à quelque chose de meilleur. C’est une idée.
Comment se débrouiller ? Que dire ? Il est hors de question de révéler que Billy est mort. Que ce soit de “ma main” ou d’une autre raison, je finirai avec une hache dans l’occipitale avant d’avoir terminé ma phrase. Dire que je suis un sujet d’expérience qui a trouvé Billy, qui l’a aidé, et qu’il m’a prêté sa veste au cas où nous soyons séparés pour éviter de mourir de la main de ses alliés ? Ca pourrait passer, si Billy existait vraiment. Enfin, il existe, mais il ne peut pas coexister avec Ansikt. Sans preuve, je m’achète un sursis, mais je m’assure la peine capitale après. Non, donc.
Révéler qu’un parasite ou autre a pris place dans Billy, et que ça l’a transformé ? Non, non. Oui, il pourrait y avoir un parasite de ce genre ici - honnêtement, ça ne serait pas la pire chose ici -, mais je n’ai pas les spécialités en biologie pour parfaire un mensonge de ce genre. De plus, si j’ajoute une nouvelle entité, deux problèmes se posent : déjà, je ne sais pas à quel degré les implants optiques de Blad ou d’Iroey sont efficaces. S’ils pouvaient détecter ce genre de choses, et qu’ils ne voyaient rien… Bref. Et surtout, ils pourraient se méfier de l’entité, et être tentés de l’enlever, voire de se débarrasser de l’hôte si jamais il devenait une menace. Et s’ils m’ouvraient pour voir le parasite, et qu’ils ne trouvaient rien, je ne donnerai pas cher de ma peau…
Rah ! Comment ça peut être si difficile de trouver quelque chose pour se sortir de cette situation ? Je fais fi au mieux de mon environnement, et, même si je réfléchis aussi vite que possible, le temps ne s’est pas arrêté, et la patience d’Azel n’est pas infinie. Trouve quelque chose. Quelque chose ! Une idée revient sans cesse, mais elle ne me plaît pas : révéler que je suis un métamorphe. Là, plus d'ambiguïté sur le sort de Billy. J’ai même les moments que j’ai passé avec Azel pour me rendre plus crédible. Plus d'ambiguïtés, plus de soucis, plus de mensonges. Je pourrais utiliser mes capacités à leur maximum, et pourrai faire ce que je veux vraiment faire. Le soucis, c’est tout le reste.
Si Billy était un métamorphe depuis le départ, quelles sont les implications pour la CSI ? Serai-je considéré comme un espion, une cible à abattre ou torturer ? Est-ce que je ne risque pas de perdre toute la confiance que j’avais réussi à bâtir, et de me faire abattre sans plus de cérémonies par la suite ? Je pourrais théoriquement me débrouiller dans une cellule classique, mais est-ce que je ne risque pas de finir sur la table d’opération d’un fou du scalpel, pour finir en schémas dans un datapad pour étudiants ? Les métamorphes ne courent pas les rues, et encore moins les Gurlanins : je serais une manne. Ils pourraient également me refourguer à un collectionneur, ou à un vendeur d’esclaves. Je finirais marchandise, objet d’apparat, esclave. Sans droits, sans liberté, sans pouvoir. Non, plus jamais ça. Mieux vaut arpenter le sentier chimérique des mensonges que la route corrosive de la vérité.
Un bruit. Fugace, mais je l’ai entendu. Derrière moi. Je renifle discrètement. Métal… Iroey ? Merde. C’est bon, je suis foutu. J’ai épuisé mes idées, et je n’ai même pas eu le temps de tenter un bluff pour sauver ma peau. Je ne peux plus qu’attendre mon jugement, maintenant, piètre individu que je suis. J’espère qu’elle en aura fini en un coup, j’ai horreur de la douleur, quand je ne l’inflige pas.
Le cyborg avance, mais son allure est étrange… mais qu’est-ce qu’il est en train de porter ? Les archives ? C’était si gros que ça ? Ou ma mémoire me joue des tours ? Mh…
Il s’approche, et j’ai un mouvement de recul, pour le former. Jouer la bête ne fait que creuser ma tombe, mais je ne pense plus être à ça près. C’est déjà étonnant qu’Azel n’en ait pas déjà fini avec mes cervicales.
Le nouvel arrivant me juge, muet, comme plongé dans ses pensées ou ses algorithmes, pour au final déclarer que…. Quoi ?! Moi, Billy ? Mais… comment ? Enfin, surtout, quoi ? Il a compris que Billy était un métamorphe… ? Mais… comment ?! J’ai pris toutes les précautions possibles, et un… Borg qui me connait depuis moins d’une semaine a compris ? Non, non. Je refuse d’y croire. C’est une horrible farce. Je savais que j’aurais du essayer de me débarrasser de lui le plus tôt possible, ou me tirer des engrenages de la CSI une fois arrivé à l’hôtel. Mais je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? Je ne sais pas. La loyauté ? L’honneur ? L’amitié ? L’amour ? Je n’ai connu ces émotions qu’avec trois individus, et ils sont désormais disparus. Je n’ai jamais ressenti ces émotions avec d’autres. Ou alors ils m’empêchaient de les ressentir ? Ou je m’en empêchais, par peur ?
Sans conviction, j’écoute le début du discours d’Iroey, mais son développement attire toute mon attention. Est-ce qu’il est vraiment en train de dire que… ? Non, c’est trop beau. Il n’a rien compris, et est en train de me fournir une porte de sortie ? Ou alors il a compris et me sauve la peau car il a une idée derrière la tête ? Tant pis : un deus ex machina se présente à moi, autant en profiter. Je verrai à quel point je peux abuser du cyborg plus tard.
Mon esprit brode une histoire autour d’un scénario pareil. Oui… oui ! Il y a possibilité. C’est risqué, mais c’est cohérent. La pièce repose maintenant sur le talent d’acteur du protagoniste. J’espère que les critiques seront bonnes…
Alors qu’Iroey s’approche des deux mandaloriens, et attire leur attention, je recule discrètement pour éviter un réflexe un peu trop brutal d’Azel, et émet un grand bruit. Comme une grande toux, mêlée à un râle infâme. Espérant que j’ai l’attention de mon auditoire, je mime des convulsions, imitant ma réaction après mon réveil sous cet forme, plus tôt. Je titube, et entrouvre la gueule, fébrile. De faibles suffocations se font entendre en provenance de ma gueule, couplés à une gêne qui se fait voir sur mes traits félins. Mais je ne mime pas, ici. C’est une expérience bien désagréable que je suis en train de réaliser. Habituellement nécessaire, même si d’habitude plus tardivement. Je couine comme un étouffé, et vomis finalement une bouillie sombre qui fait vite sentir une odeur âcre. Je viens de me purger devant eux, mais ils ne sont pas censé le savoir. Ce qu’ils sont censés comprendre, c’est qu’un truc de cette taille pourrait obstruer ma gorge, et donc empêcher certaines… fonctions. Petit imprévu, je tousse. J’y suis allé un peu fort, alors que ce n’était pas nécessaire. Il y a un peu de sang dans le petit tas devant moi. Bah, ça ajoute du réalisme à la performance.
Comme me remettant d’un effort intense - quoique, ce n’est pas complètement faux - je souffle bruyamment un instant, et les regarde avec des yeux innocents. Puis, un son se fait entendre, comme une vibration grave provenant de mon gosier. J’ai l’air surpris, touche ma gorge d’une patte, et réitère l’expérience pour différentes hauteurs de son. Mimant un bonheur soudain, je regarde mes interlocuteurs, et essaye d’articuler, lentement, avec peine :
— Je… Bi...Lly...
De fortes respirations ponctuent chacun de mes syllabes. En réalité, tout va bien, à part quelques quintes de toux ici et là qui sont sincères, mais je devrais être assez convaincant.
Je pointe Iroey de mon museau, et continue.
— Il… Peut-être… Raison...
Une grande respiration. On reprend.
— Je… vu… A...bo...mi...na...tion… tuer. Je… peur… sur… ins...tant… je… fui...
Je me replie un peu sur moi même, indiquant la honte, la queue basse. En temps normal, ça serait signe d’une humiliation certaine, mais là, c’est pour le bien du récit. J’y mets du coeur, donc.
— Je… fui… Mais...après...
Je m'arrête un instant, regarde derrière moi, comme si j’avais entendu quelque chose, et reprends, tremblotant :
— Je… mal...tête… je… vision… cau...che...mar.. Je… perds… co...nai...ssan...ce… Je… ré...veille… comme… ça...
Je me regarde, puis les regarde. Avec une mine d’animal triste, je conclus.
— Dé...so...lé...
Je reste ainsi, en l’attente d’une réaction. C’est tout ou rien maintenant. Je conserve mon attitude abattue. Je jubilerai quand je serai hors de danger -
Post n°52
Auteur : Blad DemeciLa fatigue commençait à peser sur le corps et l'esprit de Blad Demeci. Il espérait mettre fin très bientôt à cette opération difficile. D'autant plus que son propre destin l'attendait, bien loin de cette planète... Le Mandalorien tâcha de se recentrer sur son objectif actuel, réajustant le canon de son arme vers la bête noire devant lui. Azel ne tarda pas à activer le datapad anormalement imposant entre ses mains, révélant la teinte violacée de son écran. Effectivement, cette couleur n'était franchement pas habituelle, et l’unique œil organique de Blad cligna plusieurs fois d'affilée à sa vue, juste par réflexe. Il ne faisait plus aucun doute sur le fait que le propriétaire de cet appareil n'était pas humain.
Soudain, la guerrière à la hache montra des signes de nervosité. Elle venait de remarquer le manteau que la créature portait : c'était celui de Billy. Blad fronça son sourcil et s'approcha pour mieux voir. En effet, ce vêtement ressemblait fortement à celui du petit futé de l'escouade. Ceci dit ; comment un animal de ce genre pouvait parvenir à enfiler un manteau, clairement trop petit pour lui qui plus est? Quelque chose ne collait pas. Et si... Le vétéran de guerre avait déjà croisé des "changeants" au cours de ses nombreux voyages. Il en existait plusieurs types, d'après ce qu'on lui avait raconté. Peut-être que l'ami Billy cachait certaines de ses compétences à ses équipiers. Blad se remémora alors le dossier officiel de cette recrue, qu'il avait consulté avant de quitter Géonosis. Le profil du garçon n'avait rien de vraiment extraordinaire, si ce n'est une agilité et une intelligence prometteuses. La CSI avait-elle caché des informations sur lui?
Le silence englobe les trois personnages, la Mandalorienne menace d'abattre sa hache, tandis que le gros chat demeure stoïc. Blad, lui, continue de réfléchir, approchant de la vérité au fil des secondes. La tension est palpable, mais le Commandant n'en a que faire, il veut trouver la solution à ce problème. La pression n'avait jamais vraiment atteint l'aîné Demeci, même lors de sa première grande bataille. Il savait que beaucoup de choses dépendaient de lui, néanmoins il préférait contrôler ses faits plutôt que de se laisser aller à la nervosité.
Sorti de l'ombre, Iroey refit surface sans crier gare. Blad fût étonné de l'inhabituelle discrétion du Sergent. Chargé comme il était, le grand cyborg s'était certainement déplacé avec une grande lenteur jusqu'ici, d'où le peu de bruit à son approche. Le Commandant regarda et écouta son acolyte attentivement, ses systèmes analytiques pourraient sans doute démêler cette situation plus rapidement. La théorie d'Iroey était intéressante, mais Blad ne parvenait pas à être totalement convaincu. Quelque chose de louche traînait au-dessus du nom de Billy, à voir s'il s'agissait de quelque chose de plus profond que ce que le Sergent supposait.
Soit, Blad décida, pour l'instant, d'arrêter de se torturer l'esprit sur ce sujet, admettant temporairement que l'armoire de fer avait raison. Alors que le Mandalorien s'apprêtait à donner de nouveaux ordres, l'animal se mit à faire des bruits étranges dans son coin. Il cracha tout bonnement une boule irrégulière répugnante et ensanglantée de sa gueule. Blad baissa son arme tout en avançant vers le cadeau fraîchement pondu. La créature lâcha quelques mots, expliquant sa situation et ses circonstances. Billy était donc bien caché sous cette fourrure ténébreuse. Les mots hachés de la recrue sont suffisamment explicites : elle est et restera transformée ainsi jusqu'à nouvel ordre. Ce problème ne relevant pas de ses compétences, Blad acquiesça et annonça simplement :
"Ok Billy, tu fais toujours parti de l'équipe, peu importe ton apparence. Nous devons sortir d'ici avec les données récupérées, on réglera ton problème plus tard, si on le peut... Iroey, tu te charges d'en finir avec cet endroit, utilises les consoles et on se tire de cet enfer. Azel et moi on va se répartir la charge que tu as sur le dos pour permettre au groupe d'avancer plus vite. Billy, tu ouvriras la course vers la sortie, j'imagine que ton nouveau corps te donne la meilleure vitesse de l'équipe."
Blad vida le sac qui contenait son barda de survie et commença à décharger celui d'Iroey afin d'en répartir plus équitablement le poids. Les disques durs étaient de conception ancienne, plutôt imposants et lourds, ce n'était pas étonnant si le cyborg avait mit autant de temps à les remonter jusque là. Une fois que le Sergent aura lancé la procédure de verrouillage, toute l'escouade devra se ruer vers l'extérieur. Les chances de perdre du monde étaient importantes, évidemment, Blad se préparait donc à donner ses dernières ressources pour ce sprint final. -
Post n°53
Auteur : Azel Kyone'eEst-ce qu'il m'est déjà arrivé de faire un rêve aussi tordu ? Attends, je réfléchis. J'm'en souviens pas. Mais en même temps, je suis pas bien vieille : il fallait bien que la vie me réserve encore quelques petites surprises sympas ! Le léger souci c'est que quand je rêve, j'ai toujours la possibilité de tirer la chasse d'eau pour me retrouver bien allongée dans un plumard ! Là, si je me retrouve allongée ce sera sur du permabéton, et de façon définitive.
La bête reste muette : j'ai peut-être été un peu optimiste. Mais s'il espère qu'en me regardant comme ça jusqu'à la fin des temps, il va échapper à un bon règlement de compte, il se plante une poutre dans l’œil ! D'ailleurs, je commence à céder aux appels de détresse de mon estomac. Je doute qu'un steak de machinchouette soit le truc le plus goûtu qui existe, mais je ferais pas la fine bouche après un voyage pareil ! Sauf qu'une fois n'est pas coutume, un bruit résonne dans le coin. Incroyable comme c'est fréquenté, par ici ! Un vrai hall de gare ! Je tends l'oreille, puis le nez : ça vient vers nous. C'est le cyborg : le sol se met à trembler quand il s'avance hors du noir pour me dissuader de décapiter la chose. A noter qu'il semble moins intéressé par ma tentative que par l’intrus. Tu me diras, ça commence à me connaître, le coup de hache :
" Intéressent... Laissez-moi voir... "
A première vue, il est entier et pas endommagé : faut croire que la créature ne l'a pas trouvé assez appétissant. Ou bien qu'il sait y faire avec les Rackgoules ? Qui sait ! Je sais pas si je dois m'en réjouir ou y trouver une raison de plus de penser que la CSI n'est vraiment qu'un ramassis de menteurs cachotiers et pas fiables pour deux dataries. Iroey s'approche de l'animal, qui ne bouge toujours pas.
" Cela va sembler étrange... Mais je crois que ce fauve est Billy... "
Je cligne des yeux derrière ma visière. J'hésite. Soit il se fiche de nous, soit il a fumé quelque chose de bien fort. Quinze pourcent de chances, ça fait combien en terme de payage de tronche ? Mouais, à voir le type, pas grand-chose. On doit se situer dans le pouième. Donc, 'tsel, comprends bien que ce que tu avais l'intention de dépecer pour en faire des brochettes, c'est pas le produit d'une expérience pas nette, mais juste l'énergumène que tu as trainé ici depuis Géonosis. Comment ? Pourquoi ? Nan mais si en plus tu te mets à poser des questions, on va plus être copine, hein. Quelle idée !
" Hein ?!"
Bon, j'ai déjà réussi à dire quelque chose ! Faut pas non plus espérer que ce soit quelque chose d'intelligent ! Y a des limites. Attendez, faudrait déjà que j'arrive à comprendre ce qui se passe. Pour ajouter à la confusion qui règne déjà sous mon pauvre crâne de soldat pas futé, l'autre se met à rendre ses tripes en déblatérant des choses incompréhensibles.
" Il… Peut-être… Raison... "
Ah. AH ! Je savais bien que ce truc savait causer ! Il a pas l'air bien en forme, par contre. Bon, on va peut-être avancer. Enfin...
" Je… vu… A...bo...mi...na...tion… tuer. Je… peur… sur… ins...tant… je… fui... "
Je me tourne légèrement vers Iroey. On demande une traduction, s'vous plaît ! J'ai pas capté grand chose, là. Sinon que la réalité semble encore plus impossible que le plus tordu de mes drôles de songes - et je peux en faire des drôles, ouais. Si je me sors de ce trou, punaise, j'pense que j'aurais de quoi faire quelques nuits blanches. Je sens le poids de ma vibrohache faire fléchir mon poignet. Lentement, je retire mon arme d'au-dessus de la tête au museau pointu.
Donc, ce truc, c'est Billy. Okay. Tout-va-bien. Je reste une seconde immobile, comme pour essayer de faire redémarrer mon cerveau. Minute papillon, on récapitule pour être bien sûr de pas avoir raté un épisode : Iroey et Billy se trouve face à la mocheté en chef du labo, Billy détalle, atterrit on ne sait pas où et se retrouve transformé en machinchouette à fourrure. Il tente de se sortir de là et nous tombe dessus. On va passer sur le côté complètement abracadabrantesque pour se concentrer sur la chute de l'histoire : j'ai paumé la crevette et je me retrouve avec un toutou à sa mémère. Adieu logique, t'étais pas ma meilleure pote, mais je t'aimais bien...
" Alors, celle-là, c'est la meilleure du siècle. "
Du millénaire, j'ai envie de dire. Mais je suis pas assez calée en Histoire pour m'assurer qu'il n'y a pas eu pire. Hm...
" Et je suppose qu'on a pas la moindre idée de ce qui a pu se passer ? Nan parce que c'est quand même énorme, quoi ! Comment on fait pour récupérer le vrai Billy ?! "
Comment c'est possible ? Des trucs louches, y en a à la pelle dans le coin. Mais ça, c'est quand même d'un tout autre niveau. Qu'est-ce qu'ils ont fait à la crevette, exactement ? Je doute qu'il ait accepté de finir à quatre pattes de son plein gré. C'est pas parce qu'il m'est arrivé de lui reprocher d'être en manque de pilosité pour un mâle qu'il lui fallait verser dans l'excès inverse ! Là, c'est une tondeuse laser qu'il va lui falloir ! Ouais, allez, pour le coup il me fait presque rire - presque. J'imagine juste qu'il existe un endroit ici où on peut finir transformé en bestiole bizarre ! Bonjour le traumatisme. Je me demande bien comment la crevette pourra se remettre d'une expérience pareille. Attends, en fait, je sais même pas s'il pourra seulement avoir l'occasion de s'en remettre, d’ailleurs. Mille milliards de mille Bantha, c'te galère... ! Remarque. Plutôt pratique pour se gratter des endroits habituellement inaccessibles... Blad coupe court à ma fabuleuse réflexion. Dommage, j'aurais pu partir bien loin, avec de telles perspectives !
" Ok Billy, tu fais toujours parti de l'équipe, peu importe ton apparence. Nous devons sortir d'ici avec les données récupérées, on réglera ton problème plus tard, si on le peut... Iroey, tu te charges d'en finir avec cet endroit, utilises les consoles et on se tire de cet enfer. Azel et moi on va se répartir la charge que tu as sur le dos pour permettre au groupe d'avancer plus vite. Billy, tu ouvriras la course vers la sortie, j'imagine que ton nouveau corps te donne la meilleure vitesse de l'équipe. "
Inutile de dire que "Azel" a pas son mot à dire. Nan mais quelle bande de navets ! S'ils s'imaginent que "Azel" va encore se taper ce genre de missions-délire juste pour les beaux yeux d'un pépé croulant qui aime dézinguer les Acklay à coup de pétoire. Bon, 'tsel, c'pas le moment de ruminer comme une vieille Cool, allez ! La petite famille est réunie... La question restante est : est-ce qu'on est vraiment plus avancé maintenant ? J'ai envie de dire "oui", et mes yeux me disent "naan". Le générateur est toujours hors service, la créature toujours en cavale, sauf que maintenant, on a un Billy à poils longs en guise de coéquipier.
De toutes mes forces, je soulève le bardas et me le balance sur le dos. SBLONK ! Voilà, quelques kilos de plus en supplément. J'ai plus l'air d'un Dewback de bas que d'un Mando'ade, comme ça. Mais c'est pas comme si ça avait encore une quelconque importance, hein ! Je pourrais bien ressembler à une descente de lit que ma seule idée fixe aurait été de retrouver cette foutue porte d'entrée. Les alarmes n'en finissent pas de beugler, les gyrophares de remplir la pénombre d'une lumière qui déchire les rétines, et les mécanismes endommagés de se mettre à cracher en tentant de remplir leur fonction désuète. Si on voulait la preuve que ce labo est condamné, pas besoin de plus. On sera sans doute les derniers touristes à trainer dans le coin !
" Ok. Génial. Sinon, on fait quoi ? On pédale pendant trois heures pour relancer les générateurs et on se casse en courant ? Y a quand même plus de sept étages à remonter avant de pouvoir laisser ce foutoir derrière nous... "
J'nous vois bien en train de détaler comme des lapins correlliens avec le monstre aux trousses. Un beau tableau ! Sans blague, si je m'en tire, j'en ferais une blague. J'irais la raconter dans toutes les cantinas de ce coin de la galaxie, juste pour oublier que c'est pas une blague, à la base : "Un cyborg, un caniche qui parle et deux Mando' sont dans un labo". Un truc du genre. Pendant que je tergiverse pour me demander comment on va faire, Iroey a fait le tour de l'engin central. J'ai comme l'impression que son regard bionique est autrement plus efficace que le mien dans tout ce noir. Je me souviens de mon envie de bricoler un système de vision nocturne, et je me flagelle d'avoir eu la flemme de chercher d'avantage. Je suis certaine que la quincaillerie du camp de Géo' devait renfermer pas mal de pièces intéressantes ! Bah, il est plus temps de pleurnicher sur les "et si", c'est trop tard. Et puis, c'est pas comme si on s'était pas débrouillé avec nos torches depuis des heures. Le cyborg m'a l'air d'avoir trouvé quelque chose d'intéressant : on dirait une sorte de système annexe, avec une unité détachée et une interface encore active, en hauteur, presque hors d'atteinte. Je suis pas petite, mais même moi j'aurais eu du mal à lire ce qu'il y a d'affiché sur l'écran planté là-haut. Il y a peut-être un circuit parallèle ? Ah, espoir ! Notre chef cybernétique sait apparemment ce qu'il fait : il entreprend de trouver le système de déclenchement de l'appareil.
J'interroge du menton. Ok, donc si on appuie là-dessus, on devrait s'en sortir - enfin, si l'autre démembré nous a pas raconté des bêtises ! Trop tard pour se poser d'autres questions de toutes façons, j'ai déjà dix kilos de plus sur le dos et la CSI a pris sa décision. La main de l'officier artificiel met le point final à l'aventure : en quelques secondes, c'est une alimentation de secours qui prend le relais, et le lieu mort reprend vie d'une drôle de manière.
A peine le top départ donné, le bâtiment tout entier semble sortir de sa torpeur. De silencieux et sinistre, il devient frémissant et agité. Le bourdonnement de l'énorme générateur ne suffit pas à couvrir le beuglement de la voix artificielle qui nous sermonne depuis les haut-parleurs :
" ACTIVATION DU PROTOCOLE D'URGENCE N°12344-55-6785 - FERMETURE DES PORTES DE SÉCURITÉ DANS 3 MINUTES - APPEL A TOUTES LES UNITÉS ORGANIQUES - ÉVACUATION DE LA ZONE "
On y est. D’un regard entendu, on prend la tangente. Pas une seconde à perdre, faut sortir de ce piège à rats avant de se retrouver en tête à tête avec ce qui rampe ici ! Go ! Le déclenchement du système de sécurité fait office de coup de feu, et toute la troupe s'élance dans le couloir. Je me souviens du chemin qu'on a pris jusqu'ici, mais est-ce qu'on est capable de pas se planter en remontant ? J'ai un doute. Billy en tête, avec sa truffe d'animal, semble pouvoir nous mener droit sur nos traces. Finalement, c'est peut-être grâce à cette transformation qu'on va pouvoir déguerpir d'ici. Pas sûre que Billy goûte à l'ironie.
Mes pas me font l'effet de défoncer le sol en-dessous. Je n'ai pas l'habitude d'avoir la foulée légère, mais là, je commence à comprendre ce que ça donne d'être un droïde ! Ce bardas de je-sais-pas-quoi n'en fini pas de faire un boucan pas possible à chaque fois que mon squelette a la bonne idée de faire se propager une onde jusqu'à lui. Cling-Clang-Clong
Avec Blad et Iroey et leur petit quintal de métal respectif, c'est la fête ! On fait une armée à nous seuls ! Pas la peine d'essayer d'être discret. On en a pas le temps, en fait. Je fais mon possible pour tenter de suivre Billy et ses foulées de félin. Et dire que je pensais que nos footing avec Monsieur Coincé dans le désert était un bon exercice ! Si je pouvais remonter le temps, je me mettrais volontiers quelques bloc de duracier supplémentaires sur le dos. Je pensais pas me taper un sprint sur trois kilomètres après une journée à jouer les éclaireurs ! Je comprends le problème un peu tard : mes jambes suivent plus. Je ralentis ! Je me mets à souffler comme une forge, je propulse ma carcasse alourdie avec toutes mes dernières réserves. J'enrage de pas pouvoir galoper comme cette bestiole à fourrure ! Si seulement on avait pas perdu autant de temps à arpenter ces étages, j'aurais sans doute pu sprinter jusqu'aux cages d'ascenseurs. Là, je me sens juste dégouliner sous la charge, mes bottes claquant trop fort contre le sol. Quand je parviens au pied du premier trou donnant sur l'étage supérieur, je réalise qu'en fait, on a pas fait un dizième du trajet.
" Euh, grappin ? "
C'est le moment de griller les quelques gadgets qu'il nous reste... Punaise, dire qu'il nous en reste encore trois à traverser ! Je vais finir par laisser mes bras sur place. Me plaindre ? Eh ! Plutôt me faire arracher la langue ! Je manque d'ailleurs de le faire moi-même à force de me la mordre, tellement mes mains me hurlent de lâcher sous la pression. Je me hisse de mon mieux, et on recommence.
Je cours - où ? sais pas ! Droit devant en tout cas. Je ne sais pas si dans le tintamarre, il y a quelque chose qui ressemble à autre chose qu'à notre charge d'infanterie. Ce que je vois, c'est la croupe poilue de Billy qui détale quelques mètres devant. Tandis que les derniers rescapés qu'on est cavalent au travers des bureaux des étages supérieurs, toutes les issues se verrouillent en automatique. Si vous avez oublié votre passeport en bas, c'est trop tard les gars. Quelque part derrière nous, l'un des sas s'est définitivement refermé. La CSI ne lésine pas sur la sécurité : il doit bien y avoir une dizaine de rempart blindé les uns à la suite des autres, et il nous en reste autant à franchir avant de se faire emmurer vivants !
Dans le couloir qui mène à la sortie, les portes se ferment déjà : elles sont suffisamment lourdes pour nous transformer en écran plat en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Inutile d'envisager de faire demi-tour - sauf en cas de petite envie de suicide en bonne et due forme.
Plus j'essaye de gagner en vitesse, mais rien à faire : je suis trop lourde, et trop fatiguée pour compenser. Je vois Billy disparaître dans le blanc aveuglant du jour dehors. On dirait la fin du voyage : cette espèce de tunnel sans fin, avec une grande lumière au bout. C'est comme ça que les gens la décrivent, la mort. Pourtant, j'me sens plutôt vivante, même si l'énorme bouche d'acier qui se referme sur moi m'indique que ça risque de pas durer. Les secondes sont trop longues, et je n'avance pas. Les battants blindés ne sont plus qu'à deux mètres les uns des autres. Qu'est-ce que je fais ?! Je peux pas m'arrêter, surtout pas, surtout pas ! Allez, 'tsel ! Sors une idée, une seule ! Si tu dois en avoir qu'une seule dans ta vie, c'est celle là !
J'agrippe les sangles du sac avec tout mon bordel dedans, et d'un coup de hanche je glisse en tournoyant avec. Au deuxième tour, il a acquis suffisamment de vitesse pour que je le lâche. Le sac part, effectue une belle parabole et disparaît. J'ai gagné ! Ouais, euh, nan. L'espace restant pour la dernière porte craint sévère. Je dois la bloquer. Dernière chance, pas le choix : je dégaine ma hache et le tranchant se coince brusquement entre les mâchoires de la porte.
" Olaror bat, olaror bat...! "
Ma tête passe, mes épaules... J'entends une détonation suivie d'un grincement, et l'arme est éjectée avec une force démente. Un vrai tir laser ! Manquerait plus que je décapite quelqu'un sans le vouloir ! Je me rue en avant : je suis pas écrasée ! Eh nan, pas aujourd'hui. Je crois, non... Je suis sortie ? Vraiment ? Trop de lumière ! Rah, j'y vois rien ! Je titube comme après cinq bouteilles de rhum. Je sens la texture du sol qui change, je devine qu'il doit s'agir de l'herbe de la clairière. Je souffle, je crache... et je tombe. Je m'écroule, littéralement, le nez dans l'herbe. Est-ce que je vais m'en relever ? J'espère bien : eh, après une course pareille, la prime a intérêt à être substantielle !
Non, en fait, je me dis juste qu'Eyan aurait été fier de moi. Ok, il se serait bien foutu de ma tronche d'abord, mais quand même. C'est pas tous les jours qu'on parvient à se tirer d'un piège pareil, hein ! Mais je devine que la journée est loin d'être terminée. Il faut que je ramasse toutes ces mémoires informatiques et qu'on quitte cette planète. Ah ouais, nan, parce que le Palais Gourmand, je crois que c'est mort. -
Post n°54
Auteur : IroeyLe long silence se brisa enfin, Azel montrant son étonnement alors que les révélations se firent entendre. La créature crachat de sa bouche quelque chose d'origine organique pour enfin se mettre à parler et conformer de se fait la théorie du cyborg qui détachât son regard des consoles pour regarder la bête. Celle-ci raconta de son mieux le récit de ses allez et venu en ses lieux, le confédéré se rapprochant lentement du groupe pour mieux comprendre. Malgré sa voix brisée, le cyborg compris généralement se qu'il raconta et quand Azel le regarda en demandent une traduction, le sergent lui traduisant.
-Billy dit avoir fui quand il a vu la créature que nous avons rencontrée... Lors de sa fuite, il a eu une vision cauchemardesque et a perdu connaissance... Quand il est revenu à lui, son corps avait déjà pris cette forme...
L'officier laissa au groupe digéré l'information, le géant de fer écoutant au loin, un grincement au loin ayant attiré son attention. Regardant dans la direction du bruit, sa vision nocturne révéla un autre corridor menant, on ne sait, où. Très vite, une autre exclamation se fit entendre de la mandalorienne, le savant de l'équipe répondant avec le plus de tact possible malgré le triste sort de la crevette :
-Une fois de retour sur Géonosis ont va lui trouver un moyen de le soigner... Le décryptage des données devrait trouver ce qui a transformé Billy et ainsi le C.R.D.A pourra concevoir un antidote...
Iroey regarda par la suite Billy silencieusement, ses pensées se tournant vers son mentor Tericarax, le plus grand expert de la C.S.I en tout ce qui touche la biologie. Le cas spécial actuel aurait sans doute intéressé le feu lieutenant au grand découragement de l'officier supérieur. Ayant déjà en haute estime celui qu'ont dit être un traître, Iro avais toutefois déjà vu le kaleesh faire preuve de bonne action en sauvant des gens sur Taris en opérant lui même une personne. Le robot avait même vu plus tôt dans le laboratoire comme quoi il avait conçu un remède pour une maladie !
Le prototype se fit alors sortir de nouveau de ses pensées quand Blad prit enfin la parole, donnant des instructions claires à tout le monde. L'archétype regarda alors la charge sur son dos et hésita comme s'il était sur le point de donner son propre trésor à des inconnus, mais les ordres sont des ordres. Il défit de son dos son sac improvisé et les charges furent réparti entre tout le monde, même Billy 2.0 qui avait une charge plus petite sur le dos. Une fois cette tache faite, Panpan girl fit mine de léger pessimisme concernant le moyen de sceller le laboratoire. Le technicien en chef retourna donc à la console située en hauteur, déposant ses mains sur des poignées de chaque côté de l'écran pour le lire. Il regarda tout le monde et appuya sans hésitation sur le bouton d'activation, un circuit auxiliaire envoyant une décharge d'énergie dans le noyau qui fit trembler la pièce, toutes les lumières s'allumant sur le coup, l’installation tout entière semblant revenir en vie après un long moment de convalescence. Le bruit du réacteur en réactivation n'arriva toutefois pas à camoufler une alerte vocale dans les haut-parleurs situés un peu partout dans le laboratoire. Le message de celui-ci fut assez bref et clair, le groupe prenant leurs jambes à leurs coups pour fuir les entrailles de ce labyrinthe.
Le bruit des pieds de métal du cyborg résonne partout dans les corridors accompagnés de ceux de ses coéquipiers, l'escadron filant tel le vent dans les corridors sous-terrain avec des charges à leurs dos. Malgré la difficulté apparente, le quatuor continua son avancé encore et encore, relevant tous les défis lancés contre eux de leur mieux. Lors de cette course infernale, l'être d'acier vit Azazel se faire distancer, la fatigue la gagnant sûrement contrairement à lui dont le corps ne connaît pas cette contrainte. Cette course hasardeuse vira presque au cauchemar, les portes autour d'eux se scellant, leur démontrant que les mesures de quarantaine sont en train de les rattraper ! Toutefois, le confédéré n'accéléra pas et garda la même vitesse, réfléchissant lors de ce moment critique. Il ne pouvait pas laisser Azel se faire enfermer ici non ? Cette étrange forme de sympathie pour elle le surpris, mais il fut ramené à la réalité quand la porte de sortit en face d'eux se misent à fermer, le fauve suivit du commandant Unforgiven ayant déjà mis pied dehors. Pris d'une étrange sensation, Iro prit une avance considérable sur sa collègue de travail et une fois arrivée à la porte, la machine utilisa ses mains pour retenir les lourdes portes de mesure de quarantaine, celle-ci ralentissant considérablement. Malheureusement malgré la grande force du cyborg, la force hydraulique de la porte est supérieure à la sienne et après quelques secondes, il fut forcé de lâcher au risque de se faire broyer, quelques chose d'encore assez traumatisant pour le sergent.
Ce fut à ce moment précis alors que tout espoir était perdu qu'il vit le sac de leur amie filé entre les portes suivies d'un bruit métallique. Le miracle se produit quand le séparatiste vit la mandalorienne sortir juste à temps telle une fusé, les portes se fermants avant même que celle-ci ne tombe sur la verdure de la forêt. Le temps s'arrêta alors pour le sergent, celui-ci prenant le temps d'apprécier le fait d'être sortit en vie de ce merdier des plus catastrophique. Non seulement un bon nombre d’informations qui leur avaient été fournies s'était avéré erroné, mais en plus cette mission aurait dû être de plus grande ampleur ! Une véritable force militaire aurait dû avoir été déployée ici et non deux officiers et deux recrues !
Sur cette réflexion, le militaire regarda Blad et hésita à lui parler de son opinion sur la situation actuelle. Il se contenta plutôt de se diriger vers la demoiselle couchée au sol, vérifiant si elle va bien. La regardant en détail en se pliant, il remarqua ici et là quelques écorchures et une forte respiration, mais sinon rien de plus. Il la laissa se reposer sur le sol et lui dit :
-Bien joué soldat... Un vrai baptême du feu...
L'archétype se redressa alors et allât ramasser les caissons transporter par la jeune femme, les prenant sous ses bras et réfléchis maintenant à un moyen de retourner à la planète capitale de la confédération des systèmes indépendants. Quelques idées se bousculèrent dans la tête de l'élève de Tericarax, celui-ci tournant de nouveau la tête vers Blad avant de lui demander :
-Bien... Maintenant il nous faut un plan pour repartir d'ici... Vu se que nous transportons et l'état de Billy ont ne peu plus utiliser nos fausses couvertures... Je crois qu'il va falloir se tourner vers des contrebandiers pour nous ramener à la maison... Cette idée ne me plaît pas vraiment, mais c'est l'un des plus simples pour partir d'ici incognito...
Sur ce, le sergent se tût et attendit une directive du commandant, celui-ci ayant le dernier mot à dire sur cette fâcheuse situation. -
Post n°55
Auteur : TericaraxL’air glacé. Le parfum lointain de la forêt et de la pluie, à présent une bruine légère, de la terre fraîche et boueuse. Le sifflement aigu du vent, le bruissement des feuilles. On pouvait parfois percevoir au loin un tonnerre distant, qui grondait dans le plafond nuageux ; ses échos se propageaient dans les gouffres environnants, descendaient comme des rapaces intangibles faire frémir les arbres et les nerfs. La nature n’avait pas abandonné ses façons par pitié pour le groupe. Le monde se riait bien de ce que quatre petits êtres pouvaient accomplir. Ils s’étaient extirpés, essoufflés et suants, des entrailles de l’infernal laboratoire mais la pluie n’en avait pas été plus douce, le vent n’en était pas moins mordant. Le sort des équipes de recherches et de logistique était élucidé ; leurs corps, eux, étaient à présent scellés dans les profondeurs du monde. Le complexe scientifique d’horreurs serait leur tombe, une tombe d’acier et d’obscurité. Et dans le silence sépulcral des ténèbres ils emporteraient avec eux leurs secrets et leurs savoirs, avalés par l’abîme sans fond de l’affreux laboratoire.
Le quatuor était soumis à la pâle ombre d’une nuit orageuse ; les étoiles comme les lunes étaient absentes. De vifs éclairs scindaient l’horizon vivement, toute la forêt autour de la cour principale s’éclairait alors : on devinait sous un jour livide les formes nettes des arbres, pareils à une assemblée de spectres griffus. Au-delà de leurs silhouettes élancées et squelettiques - mues par les inflexions d’une bise noire – s’étirait l’opaque de la nuit. Combien de temps avaient-ils pu passer dans l’abominable lieu ? Quelques heures ? Une journée entière ? Ils étaient entrés sans le jour pour les guider, à présent qu’ils venaient nulle aube pour les féliciter ; un crépuscule morbide et uniforme, qui s’étirait d’un horizon à l’autre, voilà la récompense des vainqueurs, le lot des survivants. La fatigue, la faim, la soif viendraient bientôt rappeler au groupe son humanité : le froid, l’humidité, la pluie trempant les jambes et collant aux vêtements étaient les témoins silencieux, mais l’épuisement et la famine étaient les bourreaux des champions. Lauréats comme fuyards s’effondraient sur leurs genoux, conquis par le verdict sans appel des plus basiques lois de la nature – et il semblait que seules les lois les plus cruelles étaient respectées dans cette terre impie.
Le laboratoire était plongé dans un mutisme complet. Ni sons ni lumières ne filtraient des portes ; l’ultime action du groupuscule avait scellé à jamais ses mâchoires de fer. Plus jamais ne parlerait-il de ses secrets indicibles. Ses occupants avaient emporté leurs rêves de découvertes dans la mort, plus guère de monstruosité n’accoucheraient-ils. Et les monstres, dans leur prison de fer, se dévoreraient, jusqu’à ce qu’ils ne trouvent plus de chair à consumer. Sans nul pour entendre leurs ultimes râles de rage affamée, ils s’éteindraient, rachitiques et frêles, dans l’obscurité qui les avait vu naître.
Soudain, perçant la nuit, là ! Des faisceaux lumineux. Ils étaient trois, de grands disques blancs ; ils découpèrent l’obscurité entre les arbres, révélant une brume laiteuse qui s’attardait plus d’un mètre au-dessus du sol partout dans la cour – que la noirceur initiale n’avait pas permis de distinguer. Les rayons se focalisèrent sur l’équipée. Ils parlaient dans une langue étrangère et indiscernable, lointaine, étouffée par le vent – violent par intermittence. Par le jeu de lumière, les propriétaires des faisceaux n’étaient pas visibles : de simples formes noires, aveuglantes par leurs lampes pointées droit sur nos héros. Arrivés à deux bons mètres, ils baissèrent leurs lampes. C’étaient des êtres à la peau d’un vert sombre. Leurs deux yeux étaient pareils à ceux de poissons de vase, ronds et laiteux, mais aux pupilles difficilement discernables ; et leur peau était en outre plissée. Ils portaient des habits de miliciens et des casques de soldat. Ils étaient des neimoidiens, les habitants de ce monde. Trois étaient-ils, et chacun était armé d’un lourd fusil E-5, porté en bandoulière. Leurs tenues, trempées, étaient épuisées par le temps, quoi qu’encore fonctionnelles : les équipements qu’ils portaient devaient dater d’au moins une dizaine d’années au bas mot. Le plus grand d’entre eux s’approcha de l’équipe, sans savoir réellement à qui s’adresser. Il régla dans son col un dispositif, avant de commencer à parler : un micro-transpondeur traduisit sa langue locale vers le basic, plus compréhensible. Il était vraisemblablement nerveux, de même que son équipe ; ils ouvrirent de grands yeux à la vue du complexe, mais leur préoccupation primaire fut sur les étrangers.
« - Sergent Iroey ? Sergent Iroey ? »
Lorsqu’il parvint à identifier de qui il était question, il s’adressa au cyborg, ainsi qu’au reste du groupe. Il sembla s’apaiser très légèrement en arrivant à mettre un visage sur ce nom. Plus déterminant pour lui fut le symbole séparatiste sur le corps du cyborg de fer ; alors certain qu’il ne discutait pas avec des ennemis, il reprit. Sa voix était râpeuse, l’on devinait ses yeux fatigués. L’heure devait être très avancée dans la nuit ; par ailleurs, l’endroit semblait lui peser particulièrement sur les nerfs.
« - Nous avons bien reçu votre appel. Nous sommes venus dès que possible. »
Il sortit alors un petit datapad de piètre qualité. Il pressa sur plusieurs boutons. Avec labeur, l’appareil crachota alors une voix grave, emplie de parasites :
« - Brrrzz...Ici le sergent Iroey matricuBrzzzzzz...La situaBrzzzzz...L’équipe envoyée avant nousBrzzzzzz[/i]...introuvableBrzzz morte…Les expériencesBrzzzzz...Moi et mon équipe allonsBrzzzzzdébarrasser de la menace définitivement….Renfort immédiatBrzzzzz... »
Sur une dernière interférence saturée et désagréable, l’enregistrement s’interrompit. Le neimoidien détailla le groupe face à lui, silencieux.
Après avoir donné des informations judicieusement choisies – par la fatigue ou par la conscience – le groupe put reprendre la route, escorté par les neimoidiens. Ils étaient une des gardes stationnées de la planète. Compte tenu de la nature de la demande du sergent et de l’affaire, le service de sécurité auquel ils étaient affiliés avait jugé préférable d’envoyer des êtres de chair et de sang plutôt que des droïdes : la situation réclamait un tact et un discernement qui faisaient défaut aux simples B1. A présent, ils escorteraient le quatuor en lieu sûr : vers le palais royal, car pareille affaire passerait assurément devant le vice-roi en l’absence de la préfette Shane. La garde neimoidienne affirma, troublée, qu’aucun laboratoire n’aurait dû se situer ici. C’était une forêt sauvage, laissée inexplorée depuis longtemps. Les neimoidiens de la région semblaient plus superstitieux que leurs homologues citadins ; ils évoquèrent en pestant les bois.
« - Cette forêt est mauvaise. Des Dnafak nous observent. »
Les autres frissonnèrent à l’évocation de ce mot, comme s’il conjurait à lui des démons ineffables. Ils portèrent leur poing droit sur leur cœur, comme s’ils effectuaient une prière, mais aucun d’eux n’expliqua ce qu’étaient les mystérieux Dnafak. Les locaux n’étaient pas réputés, dans la galaxie, pour leur courage. Nul n’ignorait la couardise des neimoidiens. Malgré ces rumeurs, le trio d’autochtones armés de lampes ne guidait-il pas le groupe éreinté à travers la forêt ? Le courage, sans doute, était-il avant tout une vertu personnelle et non un trait propre à un peuple. Ou faisait-il défaut aux grands qui s’en allaient diriger des empires économiques car seuls les petits, isolés dans un monde sauvage et vierge en avaient plus besoins qu’eux ?
Sur les sentiers tortueux de végétation épaisse et glissante, entre les branches macabres, chaque ombre était une forme jetée qui s’animait vivement dans l’imagination épuisée. La peur traçait seule le film silencieux de l’esprit, animant un démon tout personnel à chacun, qui venait dans un coin du regard pour disparaître sitôt qu’on y prêtait attention. Le vent hurlait entre les cimes, les éclairs craquaient dans le ciel, déchirant la nuit de leur éclat cadavérique. Aussitôt après le tonnerre, un mutisme complet saisissait un instant la forêt, où l’on pouvait entendre jusqu’au battement de son propre cœur.
La marche s’étala sur une durée que l’émotion n’aurait pu quantifier : elle semblait longue, car chaque arbre ressemblait à l’autre, mais parfois on reconnaissait dans la pénombre un endroit familier. Le groupe retrouva le tuyau qui les avait guidé, si longtemps auparavant, vers le sinistre laboratoire. Ils trouvèrent également ce qui avait des allures de sentier. Et bientôt ils s’extirpèrent de la forêt ; les lumières dévoilèrent une végétation battue par les vents, alors qu’ils quittaient le couvert des arbres. L’herbe, après environ cinq mètres d’une terre bosselée, disparaissait, happée par une coulée de boue récente, droit dans un précipice. L’on entendait en outre un mouvement lourd et sourd, le grondement d’une rivière gigantesque, plus bas. Sous l’éclairage des torches, une figure rassurante : un pont - pareil au premier qu'ils avaient emprunté à l'aller. Ils étaient sur la bonne voie. Ils étaient sur la route du retour, vers Géonosis, loin de ce monde, loin du laboratoire et de ses horreurs. L’autre berge était dissimulée par l’obscurité, mais les cordages étaient bien là : les lattes pourries, ces fichues lattes qui avaient failli coûter la vie à l’équipe, qu’ils auraient presque bénies à présent, car marquant leur porte de sortie et leur premier pas hors de leur cauchemar collectif. La pluie s’était calmée : le vent créa un instant une percée dans le ciel. Un disque de nuit s’extirpa du couvercle brumeux, un rond d’un bleu profond, où luisaient les étoiles lointaines. Les deux lunes brillaient, pleines et intenses. Leur éclat couvrit la vallée d’un linceul de lait, qui découpait avec netteté les formes. Tout le monde devint d’argent et d’ébène. A cet instant de beauté inattendu vint s’adjoindre une nouvelle bonne nouvelle :
« - Nous avons stationné notre vaisseau quatre-cent mètres avant le pont. Nos instruments commençaient à être perturbés. Avec le vent et la pluie il était impensable de naviguer sans instruments. C’est une simple navette, mais elle aura tout le confort nécessaire pour que vous puissiez vous reposer le temps du trajet... » dit le plus grand des neimoidiens, qui semblait être le capitaine de l’équipe. Il se nommait Daltay de ce qu’ils avaient pu apprendre. Les autres étaient bien plus avares en parole : le stress les rendait vraisemblablement muets comme des tombes.
Il invita le quatuor à s’engager avant eux sur le pont : avec leurs armures, ils étaient plus lourds, ils devaient donc passer d’abord, pour que les autres s’engagent à leur suite. Par soucis pratique, ils confièrent au membre de tête doté de mains (car ils observaient avec une curiosité constante le grand félin qu’était devenu Billy) une torche, afin qu’ils ne soient pas victimes d’une mauvaise chute dans l’obscurité. La lueur lunaire était certes suffisante à présent pour voir où l’on mettait les pieds, mais la brume rendait la traversée périlleuse quoi qu’il en soit. Cependant, après toutes les épreuves, après ce baptême du feu dans les ténèbres du monde qui aurait érodé l’équilibre psychologique des plus téméraires, ce pont semblait un menu fretin ; encore fallait-il avoir la discipline de ne point céder à l’impatience, car l’impatience menait à leurs pertes les soldats d’expérience comme les novices. Le quatuor traversait vers sa victoire finale, vers le sacre de sa liberté, sous le regard de Daltay et ses hommes. Le vent lui-même se tut un instant.
Et ce fut le silence.
Un silence qui était bien différent de ce qu’ils avaient vécu dans le complexe secret. Il ne renfermait pas une hostilité sauvage et prédatrice. Ce n’était pas la respiration retenue d’une abomination guettant sa proie, jaugeant de l’angle parfait pour l’achever d’un coup vif, pour épandre son sang et ses boyaux sur les murs et se repaître de ses entrailles, non. Il s’agissait du monde qui semblait observer une pause tranquille – comme une brève inspiration. Un véritable instant de quiétude, qui allégeait l’esprit, à défaut de soulager le corps. Le groupe était arrivé à plus de mi-parcours. Ils pouvaient à présent apercevoir les deux berges.
Et ce fut un cri.
Les yeux les plus performants et les jumelles pour les autres auraient vu la scène dans toute sa clarté. Daltay était en train d’être soulevé au-dessus du sol. Une forme noire, penchée depuis l’arbre au-dessus, le tirait à elle par la gorge. Le neimoidien, les jambes futilement battantes dans l’air, tentait de se libérer. Le cri venait de ses deux camarades, qui pointaient sur la forme leurs torches. Il s’agissait d’une monstruosité sans nom. Sous les lunes pâles, son œil cyclopéen luisait d’éclats rouges de malice. Son iris était une croix noire, ses paupières veinées s’étendaient sur un visage strié de chair cartilagineuse, en couches musculeuses et luisantes qui frétillaient et s’étendaient jusqu’à deux tentacules, à l’arrière du crâne et humanoïde était-elle d’apparence.
Plusieurs coups fusèrent dans la nuit ; les lasers heurtèrent les arbres environnants – trop trempés pour prendre feu fort heureusement. La bête, alors, se tint sur la branche. Une première fois sa Voix était venue. Une seconde fois allait-elle revenir. L’air trembla. La pupille de la monstruosité se dilata, devenant un astre noir, sans bord et sans fond. Le grondement du fleuve, les souffles lointains du vent et du tonnerre, tout disparut. Un déchirement aigu qui fractura l’air lui-même remplaça le son. Des résonances foudroyantes, si graves qu’elles auraient réduit à la poussière des murs, plus profondes que l’Abysse dont le monstre était né, douces comme la mort, vinrent s’y mêler, en un concert de voix discordantes qui hurlaient, hurlaient oui à la fureur, hurlaient à la faim, hurlaient à la perte de tout ce qui vivait. Le monde chavira : le ciel, les planches, tout fut éclipsé. Les lunes furent englouties par un trou noir brûlant, un flash, une vision éternelle mais fugace : un immense œil à la pupille croisée, nimbé d’une chaleur plus terrible que toutes les étoiles de la galaxie. La sensation de brûlure était si vivace, pour peu on aurait cru sa propre chaire exposée aux flammes d’un jugement divin ! Divin ? Non, démoniaque. Car il n’était nul dieu qui aurait osé relâcher pareille abomination dans le monde des vivants.
Le songe blasphématoire cessa ; ses terribles conséquences mentales, hélas, furent de trop pour Billy. Le grand fauve s’effondra sur le pont. Après une série de convulsions, il cessa de se mouvoir. L’hérésie faite vivace, l’insulte suprême à tout ce qui était dans l’ordre naturel des choses, se moquait bien du devenir de ses proies. Les trois neimoidiens gisaient face à elle, inertes, mais son attention était toujours sur Daltay. Elle s’approcha de l’infortuné, qui était tombé sur le dos. Alors, le saisissait par le col, elle approcha son œil immonde de lui ; le visage de l’alien se déforma dans une expression de douleur la plus terrible, alors qu’il hurlait. Sa peau céda, et le sang et les os et les muscles et tout ce qu’avait abrité son visage austère mais honnête disparurent en une tornade rouge et macabre, au sein de l’Iris prédateur. Siphonné de sa vie et de ses sensations, il demeura à convulser, alors que l’Abomination se redressait, pleine et entière sous la lumière blafarde d’un monde insensible. Son regard était fixé sur le quatuor, au milieu du pont.Spoiler : HRP
-
Post n°56
Auteur : Azel Kyone'eCe que j’ai pris pour une lumière solaire s’avère être un éclair gigantesque : l’orage se déchaîne sur la forêt alentours. Il faut croire que les beaux jours n’existent que sur une plage horaire définie, sur Cato Neimoidia. La foudre s’est abattue pas très loin d’ici, et continue de zébrer le ciel si fort qu’on se croirait en plein jour ! Sauf que derrière la barrière des nuages, il fait nuit. Le vent siffle d’ailleurs tellement que je n'entends plus rien autour. Il me faudrait gueuler avec une voix d'Itorien pour que les autres puissent m'entendre. Inutile d'espérer me reposer ici : dans quelques secondes, je vais ressembler à un flan qu'on aurait oublié de servir... Si j'ai faim ? ...C'est une vraie question, ça ?
Un pied après l’autre, je me mets debout : devant moi, sur ce qui a un jour dû ressembler à une pelouse, s’étale de-ci de-là le contenu du sac que j’ai balancé par la porte pour m’alléger. Avec un soupir, je me lance dans une séance de ramassage. C’est fou comme tout est cent fois plus dur quand on a des courbatures et des bleus plein le corps… J’avais oublié cette impression d’être devenu un droïde. Faut dire, c’est pas avec mon ancienne vie de petite mercenaire que j’allais me préparer à vivre une journée comme celle-là. Je pense que même nos super profs de l’académie de Géonosis ne l’avait pas prévue. Oh, ils avaient sans doute imaginé nous voir galoper comme des fourmis affolées sur un champ de bataille à feu et à sang, ou en train de nager dans des égouts d’une forteresse à infiltrer. Mais monter et descendre des cages d’ascenseurs vides pour échapper à des Rackgoules transgéniques ? J’suis prête à parier ma prochaine tournée qu’aucun d’eux n’avait pensé à ce genre d’exo supplémentaire… Même Dason aurait pas eu une idée aussi tordue – et pourtant, il est passé pro dans le genre !
Je fonctionne au ralenti : chaque geste devient mécanique, et me baisser pour récolter ces engins me fait réaliser que mes vertèbres sont peut-être pas en si bon état. Pourvu qu’on ait droit à un contrôle technique gratuit… Je parle même pas de la vidange. Une fois mon cher bagage remis en ordre – apparemment ces trucs sont ultra importants – et la pause légale écoulée, on décide de quitter les lieux pour rebrousser chemin.
Je jette un dernier coup d’œil en arrière, comme pour m’assurer que cette porte est bel et bien fermée – du style : définitivement. Le carré de permabéton, immobile au centre de la clairière, me fait un drôle d’effet. Comme quand on te plante une aiguille pour un rappel de vaccin, un peu. J’ai du mal à réaliser ce qu’on vient de vivre. C’était réel ? Je sais plus. Je suis trop fatiguée. J’ai les idées dans le désordre. Mais c’est avec une joie non dissimulée que j’emboite le pas aux gradés pour quitter cet endroit maudit. Il pleut. Je ne m’en étais pas rendu compte. Je marche avec lourdeur et lenteur – un deuxième Zigg quoi. A côté du nouveau Billy, je fais plus office de bulldozer sans répulseur. Avec ses quatre pattounes à coussinets, il fait presque pas de bruit, alors que moi, je te joue tout l'orchestre en même temps. Heureusement, cette clairière est pas bien large, et le couvert - relatif - des arbres arrive à point nommé. Ici, au moins, on devrait pas être trop noyé par les seaux de flotte qui se décident comme par hasard à tomber quand on sort. Comme par hasard.
Et là, tu penses que c’est fini, que c’est ENFIN terminé, que tu vas pouvoir prendre un billet aller simple pour le traditionnel bourrage de trogne final… Mais non ! Non, même pas : là, à ce moment-là, il faut qu’une bande de tronche de crapaud débarque en piaillant ! S’y a bien un truc dont j’avais vraiment pas besoin, c’était une paire de Neimoidiens ! J’aurais franchement préféré une bonne partie de tape-moi dessus avec quelques unes des bestioles du coin ! Des Neimoidiens... Tiens, mais au fait : qu'est-ce qu'ils font là ? C'est à croire qu'ils nous attendaient, bien tranquilles, pendant qu'on trifouillait dans ce labo de mes deux. Je comprends vaguement l'histoire quand l'un d'eux - sans doute le patron de la compagnie - s'avance sur nous et s'adresse à Iroey. Le cyborg avait envoyé un message de détresse ? Ah ouais, bien pensé. Mais j'pense qu'il avait pas tout à fait prévu que le destinataire soit un sous-fifre de la milice locale. C'est pas que je les pense pas capable, hein, naaaan (pas mon genre), mais le gradé espérait peut-être un truc plus axé sur l'artillerie lourde. Vu ce qu'il y a en bas. Mais bon. On a fermé les écoutilles, capitaine, alors si ceux-là peuvent nous éviter de nous re-tarté toute la forêt à pattes, je dis pas non ! Et puisqu'ils ont eu la bonne idée de se munir de traducteurs automatiques, on se passera d'un cours de pak-pak avec un accent catodique. Catoien ? Catonéen ? Bah, j'en sais rien... Avec un accent à pleurer de la sauce basilic, quoi.
« Nous avons stationné notre vaisseau quatre-cent mètres avant le pont. Nos instruments commençaient à être perturbés. Avec le vent et la pluie il était impensable de naviguer sans instruments. C’est une simple navette, mais elle aura tout le confort nécessaire pour que vous puissiez vous reposer le temps du trajet… »
Quatre cent mètres ? Pff… Pourquoi j’ai l’impression que c’est à l’autre bout de la planète ? Mes jambes refusent de bouger : encore un peu et elles vont déclarer l’indépendance. Je manque de trébucher en me mettant en route… Tu parles d’une mission… Nan mais vraiment ! Punaise, si on revoit un jour ces fichus têtes à claques de Géonosis, ils vont entendre quelques chansons de mon pays, cette bande de…
Bon, c’est pas comme si des bordées de jurons allaient faire s’accélérer le temps. Et si les instruments sont perturbés ici, le décollage s'annonce folklorique. J'ai déjà connu bon nombre de décollage en mode panique, voire un poil apocalyptique. Mais entre ça et la tempête qu'on va se prendre sur le museau, je crois que j'ai intérêt à réviser les protocoles d'urgence. Cette fois, j'ai pas de jet pack pour m'empêcher de subir la dure loi de la gravité en cas de désintégration d'habitacle imprévue. Je profite de n'avoir rien d'autre à faire que d'avancer avec mon paquet sur le dos, pour essayer d'envisager la suite du voyage. Jusque-là, le futur s'arrêtait aux portes de ce piège en forme de cube. Mais maintenant, c'est un peu différent : on a échoué, on est quand même sorti, et on s'est fait repérer par une paire de policiers qui à mon avis doivent se demander ce qu'on était vraiment venu faire dans un endroit pareil - j'pense que le coup du pique-nique entre amis passera mal. Je suis curieuse de voir ce que nos responsables vont essayer d'inventer pour masquer le fait qu'on est pas venu faire du tourisme, et qu'on ressort d'un labo qui n'existe pas avec des informations qui n'existent pas et qu'on va devoir ne plus exister très rapidement. C'est ce qu'on m'a appris à comprendre, ces derniers temps.
« Cette forêt est mauvaise. Des Dnafak nous observent.
-Les quoi ? C'est quoi encore, ces Banthaneries ? »
Devant, je vois le pont : c'est bien celui qu'on a traversé. Pas de doute : le lieu est reconnaissable entre mille, et peu de chance qu'il y ait soixante-six ponts dans cette forêt ! J'ai envie de me mettre à courir, à sauter de planche en planche, pour pouvoir me soustraire à cette pluie agaçante. Le trio de Neimoidien nous enjoint à passer devant, soit-disant parce qu'on pèse lourd. Mouais. Aussi parce que t'as pas envie de tomber à l'eau le premier, le vert-de-gris ? Bref. Comme à l'allée, c'est le cyborg et son petit quintal qui prend les devant, je lui emboîte le pas, accompagnée de Beskar-boy et de notre fidèle compagnon à poils. On est pas embringué dans le truc depuis deux minutes que la nervosité monte brusquement. J'aurais bien pensé que ça venait du vent qui nous fait osciller dangereusement au-dessus du gouffre, mais les regards en arrière m'indiquent que c'est autre chose. Un truc pas prévu au programme. Malgré les sifflements, l'averse, le tonnerre, le monde se fait silencieux. Je retrouve cette espèce de sensation détestable que j'ai déjà ressentie dans les entrailles du laboratoire de la CSI. C'est le genre de chose que j'arrive pas à décrire. C'est tout sauf habituel, et ça n'annonce rien de bon. Je déteste définitivement le silence. Les explosions et la mitraille, c'est autrement réconfortant !
Je m'attends à voir surgir quelque chose sous mes pieds, depuis les remous de cette eau boueuse dont on ne voit pas le fond. Et c'est de derrière que le pire arrive ! Un hurlement parvient jusqu'à mes tympans. Je sais pas comment je me débrouille pour faire volte-face sur une si petite surface, mais je parviens à me retrouver derrière Blad, à fixer une scène absolument improbable. L'un des Neimoidien a quitté le sol, agrippé par quelque chose dans l'un des arbres. Je plisse les yeux pour tenter de discerner quelque chose, mais la seule chose que je vois, c'est l'ombre projetée de l'alien qui se débat, au travers des torches des deux autres encore debout. Après un temps de réaction q ils leurs apprennent à tirer, sur Cato ? J'ai comme un affreux doute. Je me demande ce qu'en pense le gradé juste devant moi. Je suis peut-être influencée par un certain chauvinisme, mais franchement, je pense que même ivre, il ferait mieux ! Ouais, j'espère pour lui qu'il ferait mieux, eh.
« Tsk… Di'kutla. »
Même pas le temps de partager une bière qu’ils sont déjà crevés… J’pensais pas que les Neimoidiens pouvaient se faire mettre hors service si vite par leur propre faune ! Ils ont pas une réputation extraordinaire à l’étranger, mais à ce point, ça fait peur. J’essaye de voir ce qui l’a attrapé, attrapant par réflexe le manche à mon côté. Je me souviens vaguement que c'est pas la crosse d'un flingue, mais c'est mieux que rien : le lancé de vibrohache devrait rapidement devenir ma discipline de prédilection, avec un peu d'entrainement ! Même à cette distance, ce qui nous fait face est plutôt impressionnant. Pendant un instant, j’avais cru que c’était un Twi’lek : la forme de ses deux lekkus qui pendent de part et d’autre de son crâne me l’avait fait penser. Sauf que cette théorie n’a résisté que trois secondes, le temps pour moi de voir le détail de cette face qui nous regarde depuis le surplomb. Elle ne ressemble à rien. Je sais pas comment décrire ça : sa figure est juste un non-sens stric. Personne oserait sortir avec une tronche pareille ! Je vais finir par me trouver splendide, à force de la regarder ! La seule chose qu'on puisse deviner, c'est que c'est - c'était ? - une nana. Le reste... Même la Fièvre Jaune de Dxunn ferait pas autant de ravage sur le corps d'un sujet sain ! J'ai pas la moindre idée de ce qui l'a parasité, mais c'est un moment de l'art raté.
Je sens le pont tanguer sous mes pieds. Mais j’ai plus envie de bouger : les autres non plus n’ont pas fait un geste. Il ne reste rien du Daltay, rien d’autre qu’une paire de bottes restées plantées dans la boue au pied de l’arbre. La chose qui l'a réduit en purée d'atomes reste là où elle est, et j'ai presque l'impression de la sentir attentive au choix du prochain à passer à la casserole.
« De tkirada be Mand'alor !! Meg cuyir ibic osi'kyr ?! »
J’en perds mon Basic. Ce truc est proprement hideux ! Jamais ma route n’a croisé celle d’une chose pareille ! L’animal – j’ai même pas envie de penser que ce truc a une intelligence quelconque – se met à hurler plus fort que le ciel déchaîné. Quelque chose se met à cogner dans un coin de ma caboche : j’ai déjà eu cette sensation – et c’était il n’y a pas si longtemps. J'ai soudain une furieuse envie de me gratter l'intérieur du crâne... Ma vue se brouille, j'ai le tournis... Qu'est-ce que c'est que ce délire ?! Je vois Billy tomber raide quelques pas à côté de moi. Ses pattes glissent sur le bois mouillé, son pelage hirsute et détrempé lui donnant un air misérable. Il me rappelle vaguement ces créatures rachitiques qui rôdaient dans les ruelles pour glaner de la nourriture, et à qui mon coloc lançait ses bouteilles vides pour ne pas avoir à subir leurs gémissements.
Je suis coupée en deux, un peu comme si un morceau avait déjà traversé ce pont, et l'autre avait rebroussé chemin. Azel, c’pas le moment d’avoir des états d’âme, oh ! Billy ou la bête ? La bête ou la crevette ? Arg ! Le seul truc que je sache faire dans ces moments-là : me demander ce qu’aurait fait Eyan. Allez pa’, c’est quoi la meilleure solution ?! Tu l’aurais su, toi. Tu savais toujours comment te sortir de ce genre de situation d’une pirouette. Ce qu’Eyan aurait fait… Jamais abandonner ses frères. Laisser la crevette servir de repas aux poissons de la rivière en contrebas : c’est pas digne d’un Mando’a. Même un fils de Hutt aurait des scrupules à faire une chose pareille. Alors je décide de tourner le dos à la chose, sachant que je mets dans la mouise par la même occasion. J’espère juste pouvoir faire confiance aux deux autres pour la tenir en respect. Je rattrape le corps du corniaud par les pattes avant et le tire au milieu du pont, en équilibre sur deux planches. Je parviens à le charger sur mon épaule, par dessus le sac de datas. C'est chaud coco ! je sens mes pieds riper sur le bois pourri. Si on arrive à sortir de là, je pense que personne pourra espérer traverser sans le payer cher ! C'est à peine si ces vieilles cordes d'un autre âge tiennent encore ! M'étonnerait que le gouvernement planétaire ait envisagé des travaux de rénovation, cela dit. L'autre côté me paraît beaucoup trop loin. Impossible d'y transporter Billy sans devoir tourner le dos à l'affamée de service. Et je doute que sergent Iroey ait envie de jouer les nounous pendant qu'on occupe la Twi'lek remastérisée ! J'avise le vaisseau posé en face, à une paire de foulées de notre position.
Si seulement ces crapauds en uniforme nous avaient rapporté un appareil militaire ! On aurait pu balancer quelques tirs bien sentis à cette horreur. Mais la seule chose que cette navette va pouvoir faire, c’est déployer deux pauvres boucliers déflecteurs – et même pas sûr que ça suffise pour laisser la chose par terre si elle décide de faire un petit tour dans les airs avec nous. Je doute qu'une paire de hache suffise à détruire quelque chose comme ça. A moins que je puisse en approcher sans finir comme le Neimoidien. Ah, c'te gageure ! Il doit y avoir au moins cinquante bons mètres entre l'arbre qui lui sert de perchoir et mes deux bottes. Tu parles d'un guet-apens ! T'avances ou tu recules, tu crèves quand même. Billy m'écrase, et pourtant il est pas lourd. Avec quelques vérins hydrauliques, peut-être, j'arriverai à le rapporter dans ce vaisseau. Mais en l’occurrence, le seul qui peut se vanter d'en avoir, c'est celui qui était chargé d'ouvrir la marche, et qui tient présentement mes arrières...
L’œil de la créature se met à grossir, ce qui ressemble à une pupille s'écarte dangereusement. C'est presque fascinant de mocheté... Je m'arrache à la contemplation de cette chose en avisant l'un des flingues tombé avant le pont. Flingue, œil. Œil, flingue. Mon cerveau additionne enfin deux plus deux :
« Faut tirer dans ce qui lui sert de gueule. Tirer dans les ouvertures : la vielle technique qui sert toujours en cas. Mais pour ça, faudrait pouvoir viser dans ce brouillard. » que je me dis à moi-même. Toujours : faute d'avoir une bouche ou un trou d'balle, c'est un œil que j'ai envie de prendre pour cible !
J'aimerai bien que cette voix dans ma tête l'entende, cette phrase, et me dise "ouais, tout à fait, c'est ça !" Mais non. Elle préfère me raconter un truc du style "t'as plus de cinquante kilos sur le dos, tartiflette : tu vas faire comment pour tirer ?!" Avec la pluie, une fine couche de buée s'est formée sur ma visière. Je me retourne d'un coup et décharge Billy aux pieds du sergent Iroey. J'en profite pour donner un coup de vis aux sangles du sac que j'ai sur le dos. Il pèse incroyablement lourd, maintenant. Je le salue à la CSI, avec ma petite note ironique perso :
« J'peux compter sur vous pour le ramener en un seul morceau, chef ? Faut bien que les recrues justifient leurs salaires... Essayez de pas finir toutes les bouteilles sans moi ! »
Je sens que le coup du "j'te refile le bébé" lui plaît pas des masses, mais je lui laisse pas vraiment le temps de me demander ce-que-bordel-je-compte-faire.
Ouais, je sais : c'est à ce moment qu'Eyan me gueule "'tsel, tu rentres au vaisseau, TOUT DE SUITE !" Et c'est à ce moment là où 'tsel lui file entre les jambes - en lui piquant son DE-10 pour me mettre à canarder ceux d'en face avec une tronche à faire fuir un Gundark. Sauf qu'aujourd'hui, personne ne me retient quand je manque de m'étaler en galopant sur les planches glissantes du pont qui tangue. Personne non plus pour me donner un DE-10 : il va falloir se débrouiller. Je profite de la brume nocturne pour dépasser Blad en une glissade improvisée jusque sur la terre ferme. La boue ripe sur mon armure, et je parviens à attraper l'un des E5 tombés à terre. Il est aussi trempé que moi, mais il peut encore tirer quelques coups. Génial. Bon, j'aurais préféré un truc qui fasse moins dans la dentelle, histoire d'être sûre de lui en mettre plein la face. Mais je devrais pouvoir viser dans le mille - enfin, si j'en ai l'occasion. Je roule sur le côté avec ma toute nouvelle arme et braque le canon sur le sommet de l'arbre.
Pas de Twi'lek.
Purée de courges ! Où elle est passée, cette fichue morue mal retouchée ? De toute façon, j'ai jamais aimé les Twi'lek. Surtout les femelles : elles sont insupportables !
--
Idiot.
** Par le futal du Mandalor ! C'est quoi cette m#*$@ ?! -
Post n°57
Auteur : Blad DemeciDepuis le début de cette mission, Blad avait laissé un peu de liberté à ses équipiers, surtout à Iroey à vrai dire. Lorsque ce dernier avait prit des initiatives, le Commandant n'avait pas bronché et supposait, intérieurement, que les connaissances du cyborg allaient sauver la mission entière. En y réfléchissant, tout en progressant dans le laboratoire jusqu'à atteindre laborieusement sa sortie (tant espérée), la mission aurait probablement été un échec total sans le Sergent. En pesant le pour et le contre, Blad tira la conclusion qu'il avait bien fait de rester humble. Alors que l'équipe livrait une ultime bataille contre la montre, et les portes automatiques qui verrouillaient les lieux définitivement, les pensées du vétéran de guerre se tournèrent vers l'avenir qui approchait. Rien que de penser à être dehors illuminait le visage rude de l'officier.
Lorsque tout le monde fût en "sécurité" à l'extérieur. Le groupe prit le temps de souffler, de profiter de cet instant malgré la nuit et le mauvais temps persistant. En fait, Blad n'avait jamais été aussi heureux de sentir la pluie sur sa peau, d'entendre l'orage et les feuilles qui dansent sur la cime des arbres. Après le calvaire fraîchement traversé, et les doutes, rien ne pouvait être plus rassurant que de se retrouver à l'air libre. Le chef Demeci se surprit à frissonner. Lui, qui ne tremblait jamais et n'avait peur de rien, il se sentait rassuré.
Le moral du groupe était enfin remonté, à l'image de l'escalade haletante vécue quelques secondes plus tôt. Les soldats voyaient le bout de cette opération. Restait à savoir comment partir d'ici sans attirer l'attention. Le barda que les séparatistes portaient sur les épaules n'était pas des plus discrets, d'autant plus que l'aspect sale et éreintée de chacun risquait d'éveiller tout autant les soupçons. Sans parler de la créature parlante à la fourrure noire, nommée Billy, ou encore de la masse d'acier que représentait Iroey...
Le fidèle Sergent semi-organique avait d'ailleurs proposé de chercher des contrebandiers, histoire de filer en douce. Pourquoi pas, même si cela était très risqué compte tenu des vêtements de certains, identifiables à cause de quelques logos confédérés, discrets mais bien présents. Et l'idée de se présenter nus à des trafiquants n'était pas franchement plausible non plus. Blad commençait à se dire qu'il valait mieux se concentrer sur le retour à la civilisation avant toute chose, que le commando pouvait même cacher les données quelque part, le temps que d'autres alliés viennent les récupérer. Soudain, trois silhouettes se dessinèrent dans l'horizon brumeux, armées de torches lumineuses.
Des Neimoidiens étaient venus à la rescousse du quatuor. Blad leva son œil organique vers son acolyte cyborg, la mine bien moins joyeuse que précédemment. Comment avait-il pu lancer un appel de détresse de la sorte? Sans cryptage, sans destinataire précis... Alors que, justement, la discrétion de l'équipe, vis-à-vis du gouvernement local, avait été la seule franche réussite de la mission jusqu'à présent. D'un message, Iroey avait balayé cette ligne des objectifs fixés par l'Etat-Major. Blad ne pouvait approuver, néanmoins il était trop tard pour faire machine arrière. Les trois miliciens étaient là, prêts à les aider pour commencer. Blad décida de jouer la carte de la discrétion malgré tout, restant muet face aux échanges entre les hommes verts et le Sergent. De cette façon, les Neimoidiens ne pourraient déjà pas se douter du véritable chef de l'équipe, soit l'aîné Demeci. Une information qu'il était bon de préserver face à des inconnus.
Le groupe nouvellement formé de sept personnes, désormais, progressait sans grande hâte jusqu'au point d'extraction. Blad soupira à la simple vue du pont, cet obstacle maudit avait été si compliqué à passer plus tôt dans la journée... Il prêta attention aux regards de ses coéquipiers, remarquant qu'ils n'étaient pas enchantés, non plus, par l'idée de le traverser encore une fois. Mais il le fallait bien, et ce n'était rien comparé à l'enfer du laboratoire scientifique, concrètement. La fatigue était là, de plus en plus pesante, mais le mental tenait, il le fallait. Pour la mission, tout comme pour Mandalore. La grande quête du descendant Demeci allait pouvoir commencer après cette opération foireuse, et il était prêt à tout pour y parvenir, soit au moins à survivre jusque là.
La navette n'était plus très loin, le pont étant traversé de moitié quasiment par l'escouade, quand un cri alerta les agents séparatistes. Derrière eux, les Neimoidiens se faisaient dépecer par une créature, une vieille amie que Blad avait commencé à oublier. La rakgoule expérimentale était là, traquant les destructeurs de son antre en véritable furie. Au moins, l'équipe confédérée n'aurait plus à se débarrasser des miliciens pour pouvoir respecter le caractère à discrétion totale de la mission. Car oui, c'était bien ce que Blad comptait faire : liquider les autochtones avant de s'emparer de la navette. Certes, de façon moins sanglante et terrifiante que ce qui venait de se produire... Avec la rakgoule, il y avait donc un problème en moins, mais un gros soucis en plus. Le commando ne pouvait pas se permettre de laisser une créature abominable en liberté sur cette planète, et risquer une épidémie par la même.
La réflexion rapide du Commandant Unforgiven fût prise de court par le soldat Kyone'e. La Mandalorienne avait d'abord rattrapé Billy d'une mort fort probable, avant de s'élancer au duel face au monstre. Son sac de données laissé à Iroey, elle était bien plus libre de ses mouvements et disposait peut-être d'une petite chance de liquider la bête. Blad regarda alors Iroey et lui lança :
"Prends les données, mets Billy dans la navette et décolles. Ensuite, approches-toi doucement de la falaise avec le vaisseau, on essaiera de sauter à bord après avoir tué ce truc. Si on échoue, termines la mission Iroey, c'est ton seul devoir."
Ainsi c'était clair, les Mandaloriens étaient prêts à se sacrifier s'il le fallait. Leur honneur n'avait nulle pareille, et il était déjà l'heure de le prouver. Le borgne arracha le bandeau qui dissimulait son œil bionique et commença à rebrousser chemin sur le pont en piteux état. Il était temps de tester ce bijou technologique en situation désastreuse. Son œil lui permit d'analyser plus efficacement la situation, le Mandalorien avança alors plus promptement que précédemment. Une fois le pied posé sur le sol humide mais solide de la falaise, il dégaina la lame courte qu'il gardait précieusement cachée dans sa botte, prêt à en découdre. A ce stade, plus rien ne pouvait l'arrêter, Blad savait que ce monstre était entre lui et son destin, et il ne comptait pas laisser une abomination de ce genre détruire tout ce qu'il avait construit jusqu'ici.
Alors qu'Azel essayait de viser la gueule de la créature, Blad avait retenu le fait que les rakgoules encaissaient potentiellement les tirs de blaster sans broncher. Ignorant s'il existait un talon d'Achille sur le corps hideux de cette créature, le prétendant au rang de Mandalore préférait s'assurer fermement de sa mort, par une lame bien affûtée plantée dans la cervelle. Arrivé à hauteur de sa congénère, Blad fit signe à Azel de dégainer ses haches plutôt que de tenter sa chance avec le fusil qu'elle portait à hauteur de sa visière embuée. Face à un duo remonté à bloc, représentant d'une des espèces la plus redoutable au combat de la galaxie, la rakgoule risquait bien de voir ses jours s'écourter.
Le bras en beskar en avant pour former sa garde de prédilection de close combat, Blad était bien en place sur ses appuis malgré les quelques courbatures qui parcouraient son corps. Vu les compétences particulières de la bête, il valait mieux frapper en premier. Blad s'élança à une vitesse impressionnante (pour son corps assez imposant et sa fatigue cumulée jusqu'ici) en une trajectoire discontinue, imprévisible et irrégulière, jusqu'à la rakgoule enragée. Arrivé à portée, il marqua sa distance de frappe grâce à son poing en métal Mandalorien (histoire, aussi, d'éviter une morsure synonyme de contagion rapide présumée). Un petit jab sec et franc suffit pour ce faire. Cependant, Blad ne chercha pas à savoir si la rakgoule avait esquivé ou non, envoyant un second coup circulaire, net et puissant avec sa lame. Il espérait avoir au moins touché la tête de l'abomination. L'adrénaline qui le maintenait à un haut niveau d'intensité physique permit au Commandant de faire quelques pas en arrière, dans l'espoir d'éviter une contre-attaque, s'il y en avait une.
De tous les combats traversés par le leader Demeci, celui-ci était un des plus importants. Réussir ici, dans cette jungle inhospitalière, c'était un premier pas vers le trône de Mandalore. Mieux encore, c'était le test parfait pour jauger la qualité de cet homme, à la prétention d'une autre dimension. Blad avait tué beaucoup de personnes, même des êtres supposés plus puissants que lui, à la guerre comme dans la Force. Jamais il n'avait baissé les bras. Même sa dernière convalescence, qui lui valu cet œil et ce bras à la pointe de la technologie, lui avait octroyé la force de revenir... Plus vaillant qu'autrefois, si ce n'est plus fort, plus expérimenté et plus incontrôlable encore. Blad Demeci écrivait son histoire, aux côtés d'êtres prometteurs, dont les destins se lieraient peut-être après une telle épreuve commune. -
Post n°58
Auteur : IroeyLe son de la pluie abondante martèle la carlingue froide et métallique du cyborg, celui-ci remarquant Azel qui s'était mise à ramasser les archives. Le silence du commandant unforgiven à sa question signifia au sergent qu'il était plus question de repos que de reprendre la route, la machine ne gardant que pour lui un soupire mentale en ce qui concerne les limitations des organiques, mais sans plus. S'ils ont besoin d'une pause après avoir fait autant qu'il en soit ainsi. Seulement, Iroey regarda derrière lui, se demandant si tout était bien fini. Il n'a pas revu ni entendu la créature depuis cette fatidique rencontre. Serait-il possible pour elle se sortir de cette prison avec sa puissance démentielle ? Iro réfléchit mentalement et se dit qu'il devrait peut-être en parler au haut commandement et peut-être renvoyer une équipe plus adapter à la situation et faire le ménage.
Alors que les éléments se déchaînent dans le ciel, des faisceaux de lumière attirèrent l'attention du robot, celui-ci se dirigeant à grande enjambée pour contrer d'éventuelle menace, ayant la main sur son E-5 à sa taille. En voyant finalement qui sont les nouveaux venus, il retira la main de son arme, le confédéré regardant trois locaux de provenance militaire. L'un deux utilisa un appareil pour parler en basique et l’interpella, le cyborg répondant affirmativement en relevant son bras droit pour faire un salut militaire bien droit malgré la situation. Puis ce fut la surprise. Ils ont reçu son appel...? L'un deux sortit un datapad et joua un enregistrement, il put entendre clairement sa voix couverte de parasite qui fait un rapport de situation où il demande des renforts. La militaire resta légèrement choquée. Le géant de fer avait en effet laissé ce message de détresse en onde quelques secondes avant de le boucler en réalisant que le communicateur utilisé ne le pouvait pas entrer en contact avec la flotte de défense en orbite autour de Cato Neimoidia. Cela complique largement les choses, car les locaux ne devaient être en aucun cas mis au courant de la situation. Son erreur risquant maintenant de nuire à l'existence même de la mission.
Zigg réfléchi à de nouvelles possibilités alors que le quatuor se remet en marche, l'officier écouta vaguement les récits des neimoidiens, la brave Azel montrant son désarroi de la situation à sa manière, montrant au prototype qu'elle à repris des forces, le chemin les menant vers le long tuyau qu'ils ont suivi puis vers le fameux pont de corde. Iroey se rappela de la première fameuse traversée de celui-ci qui avait mal tourné, celui-ci regardant les autres en espérant que cela ne se reproduise pas. Celui qui semble être le chef du nouveau trio prit alors la parole, leur indiquant que la navette n'est plus très loin. Quatre-cents mètres au-delà tels qu'indiqué, l'archétype vit une navette de transport de classe Sheathipede, celui-ci prenant les devants pour traverser le pont tout en se tenant bien sur le cordage, ses crampons sous ses pieds déchiquetant légèrement les planches de bois.
Puis, un silence inquiétant suivit d'un cri se fit entendre, Iroey se retournant assez vite pour voir l'un des membres de leurs escortes se faire entraîner dans un arbre, un vif échange de feu se faisant voir, mais pas plus, les craintes du sergent se confirmant. Si la créature ne s'était pas montrée depuis et bien c'était que celle-ci s’était échappée du laboratoire avant qu'eux ne puissent en sortir ! La voici donc dans toute son horreur devant lui, celle-ci poussant un hurlement qui assaillit le cerveau et les pensées de l'ancien humain, son corps cybernétique agissant par lui même, ses mains attrapant sa propre tête, essayant de l'ouvrir frénétiquement sans en être capable. La douleur lui donna un mal de tête d'une atrocité si précédente qu'Iroey sembla perdre contact avec la réalité pendant quelques secondes, tout autour de lui étant devenu blanc et silencieux. Dans ce songe entre les deux mondes, il se sentit refroidir, comme si le froid le gagne alors qu'il ne connaît pas cette sensation. Des sensations étranges parcours son corps des frissons, des sueurs froides et puis plus rien du tout.
La lumière blanche et aveuglante disparut et il retourna dans la réalité, le bruit de la rivière en furie rugissant sous eux telle une armée en pleine manœuvre de charge. Doucement, ses pensées furent de nouveau claires et il vit se dresser devant lui la mandalorienne, celle-ci lui donnant Billy qui semble inconscient avec sa part des archives. Ce fut avec sa manière que la guerrière lui souhaita bonne chance et chargea la bête presque tête baissée, celle-ci s'armant avec l'un des fusils qui appartenaient autrefois à la patrouille neimoidienne. Peu après, ce fut le commandant Demeci qui lui donna sa part des archives pour ainsi donc lui donner un ultime ordre, ramener les archives et la crevette à la navette et revenir pour les évacuer au possible. À entendre le ton grave de son officier supérieur, l'être d'acier claqua vivement ses talons ensemble en se redressant pour se retourner et avancer le plus vite possible, quittant le pont, le laisser lui et ses alliés derrière.
Remontant une colline boueuse, l'automate s'enlisa alors avec son surpoids en la remontant, la coulée de boue rendant le terrain presque impraticable pour lui. Portant les archives dans son dos et sous son bras en plus de tenir Billy, le transporteur réussit à faire encore deux pas avant de commencer à faire une chute, son pied gauche ayant glissé dans la vase. Juste à temps, le séparatiste tomba sur son genou droit, son corps cybernétique se redressant en grinçant de protestation, son armure étant recouverte d'éclaboussure de boue et de la pluie menace de faire céder la colline sous une effrayante coulé de terre. Donnant le tout pour le tout, le droïde surchargé monta à plein régime arrivant en haut sur le promontoire où se trouve la fameuse navette, un logo confédéré s'affichant fièrement sur son flanc comme message de bienvenue. Ne perdant pas plus de temps, il avança le plus rapidement qu'il le put vers la navette et entra par cette-ci via la rampe d'accès. Une fois à l'intérieur et hors de l'assaut inlassable de la pluie, il déposa en sûreté son allié inconscient sur un siège à l'arrière et puis le sergent rangea les caissons de données dans la soute.
Se fut une fois revenu à son poids santé que le protégé de Tericarax s'assied au poste de pilotage de la navette, celui-ci imitant la procédure d'allumage effectué par des pilotes OOM, appuyant sur des interrupteurs, regarder les appareils puis appuyer sur le bouton de démarrage et... le moteur toussa alors, les lumière vacillant, suite à la perte d'énergie avec le dérapage du réacteur. Se souvenant alors d'un détail, il effectua un coup de genou sous la console, le moteur retrouvant ses esprits et le vent soufflant autour de l'appareil. Le tacticien baissa alors un levier qui fit entrer la rampe d'accès et puis décolla à la verticale suivant sa programmation de base en pilotage qui est très basique. Une fois arrivé à une bonne hauteur, le géant attrapa avec délicatesse deux leviers de chaque côté de lui qu'il fit baissé doucement, la navette de transport avançant lentement vers la crevasse, les instruments de bord étant visiblement affolés par le magnétisme des montagnes comme l'avait dit l'un des défunts locaux. Pilotant à l'aveuglette, notre brave officier de la confédération des systèmes indépendants approcha de la location des mandaloriens, espérant que tout va pour le mieux pour eux. -
Post n°59
Auteur : TericaraxIl était bien des êtres étranges dans la galaxie et parfois valait-il mieux ne pas s’aventurer dans leur domaine. La Force était un mythe connu et répandu. Beaucoup jugeaient son existence avec scepticisme. Les Jedi et les Sith étaient des légendes urbaines et dans bien des lieux de la galaxie, le souvenir des guerres passées avait laissé des cicatrices d’amertume, une crainte des clones comme des droïdes. Tous les mondes n’avaient pas connu la terreur de l’Empire Sith, peu encore avaient vu de leurs yeux les récents groupes de protecteurs ou de bourreaux, capables d’utiliser les puissances de la Force pour leur croisade contre la corruption ou pour leur propre ambition. Mais sans même ce mythe, il y avait en chaque lieu des croyances, des craintes, un passé collectif inavoué. Les sensitifs étaient une légende bien connue, mais peu osaient discuter de ce qui avait été avant la première étoile. Car avant le monde, dans le noir sans son ni chaleur, les premiers cauchemars étaient venus avec les premières vies. L’émotion la plus vieille et la plus forte avait toujours été la peur. Car la survie avait été, de tout temps et en toute ère la première priorité, de la plus infime souris au plus grand dragon des sables, pour l’esclave comme le chancelier. Mais qu’était-il arrivé aux monstres originels, premiers bourreaux de la vie dans sa forme primitive ? Les rares légendes qui osaient en discuter parlaient du noir entre les étoiles, du vide entre les planètes ; là où nul n’osait s’aventurer, aux bordures de la galaxie, dans les lieux reculés où le monde civilisé était trop loin pour être contacté demeuraient encore les cauchemars primordiaux, prêts à mettre à mort les malheureux qui entraient dans leur domaine d’horreur.
La bête s’était figée ; immobile à présent, elle avait encaissé les assauts de l’héritier Demeci sans contre-attaquer. Son œil était plongé dans le vide, contemplant le néant avec perplexité – comme surpris ; sous l’éclat lunaire, un liquide noir s’écoulait de sa gorge, descendant jusqu’à sa camisole, blanche entre les éclairs, trempant le tissus d’une tache sombre et poisseuse. Blad avait-il réussi à venir à bout de ce que l’équipe de nettoyage n’avait su vaincre ? Si elle était insensible aux armes énergétiques, peut-être la créature redoutait-elle tout simplement l’assaut physique et frontal. Au loin, le plafond nuageux creva. Des éclairs zébrèrent la nuit, une palpitation clignotante qui traça avec netteté la falaise où se tenait le duo. L’arbre sur lequel Azel avait pointé son arme, et sa cime imposante, gigantesque, élancée et détrempée vers le chaos des cieux, d’où tombait sans discontinuer une eau glacée, se dressait pareil à un colosse d’un autre temps. Derrière lui venaient ses camarades, en processions immobiles et murmurantes. À côté de Blad, deux formes allongées, livides sous les injonctions impérieuses de la foudre ; l’un était un neimoidien convulsant, l’autre était une mare de sang, os, peau, muscles, les restes – méconnaissables – de Daltay. Les cruelles victimes de la monstruosité, exécutées et dévorées comme des animaux sans dignité.
Le noir revint, plein et entier. L’œil de l’abomination avait perdu sa curiosité, égaré dans la contemplation de cette nouvelle sensation, de cette douleur mortelle. De grands filets de sang continuaient à jaillir de la gorge tranchée en un friselis délicat, le joyeux gazouillement de la mort. Il y avait quelque chose de surprenant ; peut-être était-ce l’inexpérience de la recrue Azel qui avait fait que la bête lui avait échappé. Peut-être que son supérieur et commandant, plus rodé aux arts de la bataille, avait agi immédiatement et frappé dans un instant de vulnérabilité de l’abomination ? Celle-ci vacilla sur le côté. Le tonnerre gronda dans le ciel. Un nouvel éclair posa son voile cadavérique sur le monde.
Et face à Blad, l’artère tranchée, se tenait un neimoidien. Son regard s’abîmait dans le gouffre sous le grand pont de cordages, sa tenue de milicien était imbibée de sang. Il cligna des yeux, d’un air déboussolé. Son visage se déforma, de douleur, de peine, de peur, il articula vainement, mais nul son ne franchit ses lèvres ; seule une nouvelle giclée rouge et un gargouillement s’échappèrent de son œsophage, une ultime supplication futile alors qu’il s’effondrait au sol, auprès de ses camarades. Ce n’était...Pas la bête. Ce n’était pas la bête !
Ils n’avaient pas frappé la bonne créature. Le monde chancela ; c’était comme un soudain vertige, comme si le sol s’était incliné à la verticale soudainement, jetant l’équilibre à la renverse. La vision était menteuse, les ombres fourbes, l’attaque de Blad était une tromperie ; le contact psychologique avait creusé plus profondément dans leur perception que de simples rêves éveillés. Le binôme marchait à mi-chemin entre la réalité et le mirage infâme, songe d’une conscience perverse et contre-nature. Où pouvait être la véritable monstruosité ? Autour du duo, les plantes murmuraient des condamnations silencieuses et accusatrices. Entre le frémissement de deux larges pans de végétation, là, une ombre ! Ou était-ce uniquement le vent ?
Un grondement, pareil à celui d’un fauve sur la gauche !
Le ciel éclata en un roulement d’éclairs, qui frappèrent l’horizon en des vagues aveuglantes. La nuit, chauffée à blanc, libéra une nouvelle tempête, de pluie, de vent, de grêle. Le pont se mit à tanguer dangereusement derrière le binôme, mais la véritable menace n’était toujours pas dévoilée. Elle se cachait très certainement quelque part, elle devait être quelque part. Mais quelle certitude le binôme pouvait-il avoir, quand les sens s’égaraient face à l’insidieux commandement de l’esprit damné d’un cauchemar accouché d’une science profane ?
Ou peut-être...Peut-être que tout ceci était un effet du gaz ? Un effet hallucinogène extrême, un delirium collectif. L’équipe, massacrée de sa propre main, face à une menace inexistante...Et son invincibilité face aux lasers, arme de pointe...Et les soudains flashs de visions incohérentes, et les sensations vomitives d’un appétit prononcé pour tout ce qui était vivant...N’était-ce pas là l’ultime certitude que la bête n’existait pas et n’était qu’un prolongement de leur esprit ?
Une vibration lourde secoua l’air, un tambourinement grave et régulier. Ce n’était pas le tonnerre, ce n’était pas le vent, ce n’était pas la pluie...C’était autre chose ; avec venait un fourmillement électrique, et une rémanence qui semblait être une respiration.
Le duo n’était plus dans la forêt. Ils étaient dans une large pièce, en intérieur. Des torches à l’éclat calme baignaient le lieu. Du plafond humide s’écoulaient des grosses gouttes d’eau, et sur les murs rampaient de grands champignons, par grappes massives, couverts de taches fluorescentes. C’était une grotte. Ils n’étaient pas non plus eux-mêmes ; leur corps était celui d’une Twi’lek – ils partageaient ce corps avec une autre. Du haut de la grotte vinrent des pas, lourds. Les torches projetèrent sur les murs une gigantesque ombre.
La Twi’lek – libre mais guère armée – recula instinctivement, mais elle n’avait nulle part où aller. Ses yeux guettaient avec hantise le couloir souterrain, en pente douce. Il n’était guère haut que de deux mètres de diamètre, et les parois étaient lisses, par des millénaires d’écoulement d’eau. Mais ce qui avait un jour été le lit d’une rivière souterraine n’offrait plus d’issues à présent ; la jeune fille l’avait hélas vérifié en allant de bout en bout de la grotte, sans succès.
Alors jaillit de l’obscurité un gigantesque squelette mécanique. Il se tenait courbé, avançant dans l’espace restreint avec mesure, car sa carrure l’empêchait de progresser rapidement. Frappé de blanc, vêtu de noir, sa simple vision emplit d’effroi et de rancœur la jeune fille, qui se mit à haleter. Il l’avait séparée...Il l’avait séparée et utilisée...Alors que le monstre s’approchait, il amena avec lui un son rauque et sourd : sa respiration asthmatique, fortement déformée par des accents de métal. La fille, néanmoins, ne se laissa pas impressionner.
« - Où est-elle ?! Qu’en avez vous fait ?! »
Sa voix se heurta aux murs, fluette et frêle, s’écrasa contre la respiration du titan d’acier qui se stoppa un instant.
« - Son destin n’est plus entre mes mains. Je n’étais qu’un intermédiaire pour lui extraire certaines gamètes et procéder à la création d’un embryon. »
Embryon ? Gamètes ? La Twi’lek frissonna, de dégoût et de peur.
« - Qu’avez-vous fait à ma maîtresse ! » hurla-t-elle de rage.
« - Je ne l’ai ni tuée ni abîmée. Son devenir ainsi que celui de sa progéniture à venir dépendent de son bon jugement et de celui qui désirait l’enfant, de base, le père si vous préférez. »
Père… ? Enfant ? Progéniture… ? Mais sa maîtresse était une Jedi...Les Jedi n’avaient pas d’enfant...Alors...Son visage blêmit. Des larmes roulèrent sur ses joues.
« - Vous...Vous l’avez violée... »
Le monstre toussa, mais ne répondit pas. Notre héroïne, écoeurée, recula plus encore. Sa maîtresse avait toujours été un parangon de bonté...De...De vertu. Elle ne l’avait juste pas écoutée pour aller dans la mêlée...Était-ce un crime… ? Elle avait juste été fougueuse, elle voulait juste voir d’elle-même ce qu’était cette Forge Stellaire...Pourquoi...Pourquoi avait-elle dû croiser le chemin de ce monstre… ? Si elle avait été plus forte...Si elle n’avait pas été capturée…
« - M-maîtresse….Vous...reprit-elle à l’intention de son affreux geôlier d’acier...Vous m’avez utilisé comme appât…Vous m’aviez promis que...Que vous me libéreriez...Je vous ai déjà dit tout ce que je sais...Maîtresse... »
Pour seule réponse, la grande forme, distante de plusieurs mètres, fouilla dans son large habit noir. Il en tira un petit cylindre, qu’il envoya rouler le long du sol ; celui-ci roula, rebondit sur quelques cailloux avant d’enfin arriver aux pieds de la jeune fille. Le personnage, alors, tourna les talons.
« - Votre sabre laser, As’tera. Je l’ai...Bridé, pour l’heure. Essayez de lever la contrainte sur lui. Démontez-le puis remontez le avec la Force. Et alors je vous libérerai. »
La jeune fille observa son sabre, tenta de l’allumer. Un crépitement piteux lui répondit, mais nulle lame ne s’échappa. Alors, As’tera s’effondra au sol, en pleurs. Sa désobéissance aux préceptes Jedi avait coûté sa vie, mais aussi celle de sa maîtresse.
Le duo était à nouveau en bordure de forêt. Blad, la main droite en avant, tenait dans le creux de sa main un objet qu’il n’avait jamais possédé : un sabre laser. Le ronronnement de turbines lourdes s’était ajouté au vent, ainsi qu’un vif éclairage ; en bordure de falaise, la navette – et Iroey à son bord – étaient arrivés. La plate-forme de débarquement, ouverte et prête, permettrait au binôme de grimper sans effectuer de saut périlleux trop dangereux, car leur camarade cyborg était là pour les aider, droit, fier, inflexible. Il n’y avait qu’une petite distance d’un mètre entre le rebord et la navette : la pluie n’était certes pas de leur côté, battant avec ardeur le véhicule, mais le pilotage automatique faisait son office et tenait bon. À l’intérieur, on devinait Billy, en panthère étrange et parjure, inconscient et étendu directement dans l’habitacle, et plus loin encore le cockpit de pilotage. Mais l’androïde confédéré, lui, était prêt à accueillir ses camarades, fidèle à son efficacité, salvateur du cauchemar qui avait harcelé le binôme.
Derrière Iroey, une forme humanoïde se redressa, cachée auparavant par le jeu d’ombres et de lumières complexe du temps défavorable. Au milieu de son visage dénaturé, un œil cyclopéen luisait avec avarice. Les veines en bordure de ses paupières étaient enflées, des cartilages visqueux pulsaient avec vice sur ses tempes, et les tissus musculeux à nu, à présent d’une affreuse netteté, se contractèrent tous simultanément. Elle leva ses deux mains griffues vers le cyborg, tandis que son iris s’enflammait de bleu. Alors, le fer qui composait le brave et fier Iroey commença à se désintégrer.Spoiler : HRP
-
Post n°60
Auteur : Blad DemeciL'assaut de Blad avait été puissant, vif et efficace à la fois. Le Mandalorien eut un moment de soulagement d'abord, voyant la créature succomber, puis ce fût la surprise. Un Neimoidien avait prit la place de la bête, lacéré de part et d'autre. Le Commandant venait de tuer un des miliciens de cette planète. Il se secoua la tête, pensant halluciner, mais il était bel et bien de retour dans le réel. Les manipulations mentales de l'abomination avaient finalement fonctionné sur lui, malgré son œil bionique et sa détermination à toute épreuve. L'héritier de Mandalore souffla en reculant de sa victime. Ce qu'il venait de faire réglait au moins temporairement le problème de la milice locale, sauf que la rakgoule était, elle, toujours dans le coin. Libre, elle promettait un sombre dessein aux habitants de ce monde.
Azel semblait aussi avoir raté son coup. Le tandem Mandalorien était donc pris au dépourvu sans savoir quoi faire de plus. Une vibration étrange sortit Blad de sa courte prise de conscience. Le temps sembla s'arrêter, puis la jungle disparu. Le fameux soldat Unforgiven était soudain enfermé dans le corps d'une jeune Twi'lek. Il voyait à travers elle, mais ne demeurait en réalité qu'un spectateur impuissant face à la situation. La grotte dans laquelle il se trouvait à présent avait été aménagée rustiquement, à l'aide de simples torches rudimentaires. Blad n’eut pas la temps d'analyser l'endroit qu'un être visiblement mi-organique mi-machine se présenta à son avatar du moment.
La respiration atypique de l'individu lui évoquait ce qu'il savait sur Tericarax. Cependant, impossible d'en être sûr. Les deux protagonistes échangèrent quelques mots. La Twi'lek était probablement une Jedi, ou quelque chose du genre. Elle cherchait son mentor, capturé ou tué ailleurs. D'après ce que comprit Blad, l'armoire de fer n°2 avait manipulé la génétique de la personne disparue. Celle-ci attendait même un enfant... Chose impensable chez les Jedi. Le leader Demeci ne savait pas pourquoi il voyait et entendait tout ça, il se doutait néanmoins du lien qui devait exister entre ces événements et la créature qu'il essayait d'annihiler, rebut du laboratoire secret de Cato Neimoidia.
Brusquement, le froid et la pluie revinrent à l'assaut de la peau de l'officier. La jungle inhospitalière lui refit face, et il put à nouveau percevoir la respiration d'Azel à travers son casque, non loin derrière. Le Mandalorien constata qu'il tenait non plus son couteau de combat dans sa main organique, mais bien un pommeau de sabre laser. Il avait déjà croisé ces armes au cours de ses guerres passées. Blad avait même tué des bretteurs adeptes de ces lames laser redoutables. Jamais, cependant, il n'en avait utilisé lui-même.
Un bruit mécanique de moteur sortit Blad de ses songes cette fois-ci. Iroey essayait de maîtriser la navette afin d'extraire ses équipiers, au bord de la falaise. Le sous-officier était parvenu à stabiliser l'appareil, puis s'était dirigé vers la passerelle afin d'accueillir ses partenaires. La vue de la grande masse de fer qu'était Iroey provoqua un léger soulagement dans le cœur du vétéran, qui se changea rapidement en adrénaline, lorsqu'une ombre apparu derrière le cyborg. Ce n'était pas Billy, puisqu'il demeurait inconscient au sol. Non, cela ne pouvait être qu'une seule chose : la rakgoule.
Ignorant quel sort sordide la bête réservait au Sergent, Blad s'élança ni une ni deux à l'assaut, pommeau impossible à activer placé dans sa main bionique et couteau dans l'autre, cette fois. Si la navette était détruite, Iroey avec, la mission risquait de très mal finir, la vie de ses autres participants également. Le chef Demeci sauta par-dessus le mètre de vide qui le séparait du hayon d'embarquement, puis s'écria, une fois arrivé face à son collègue en difficulté :
"As'tera!"
Le guerrier se jeta littéralement entre les jambes d'Iroey, afin de tacler violemment avec ses pieds la rakgoule qui manipulait la Force derrière lui. L'homme appuyait également vivement sur le bouton d'activation du sabre laser, espérant qu'il s'enclenche afin d’occire la créature quasiment par en-dessous. Blad avait prit la peine de placer l'arme Jedi dans sa main bionique pour bénéficier de sa protection et de sa solidité à toute épreuve, et il était prêt à frapper, au besoin, à l'aide de son autre main, armée celle-ci du couteau tranchant dont un malheureux Neimoidien avait déjà goûté à l'efficacité aujourd'hui. Et si la rakgoule tentait un contre quelconque (soit si le sabre demeurait malheureusement inefficace), elle devrait tout de même faire face à un bras tendu en beskar. Un obstacle qui devrait être assez rude à abattre, même pour un monstre lié étroitement à la Force. A voir si ces actions, un poil désespérées, allaient suffire pour, au moins, sauver Iroey d'une mort douloureuse.
Cet assaut (final?) puisait dans les ultimes ressources d'un homme au destin particulier. Mourir n'était pas une option, mais une probabilité. Blad savait maintenant qu'il y avait un risque pour qu'il ne quitte jamais cette planète. Son destin pouvait être anéanti ici, face à ce monstre improbable. Si c'était le cas, il ne méritait pas le titre auquel il aspirait. Il valait mieux tout donner aujourd'hui, quitte à perdre beaucoup, plutôt que de fuir et vivre sans honneur. Cette épreuve, il était prêt à la relever, son nom resterait tout de même écrit quelque part, quelque soit l'issue de cet affrontement. Blad ne comptait pas disparaître comme ça, et cette rakgoule allait en payer les frais, coûte que coûte. -
Post n°61
Auteur : IroeyIl fait noir, la pluie martèle la fenêtre du cockpit et s’acharne à percuter le blindage de l'appareil. Suivant sa programmation de base, Iroey ralentit sa vitesse, volant en rase-motte au-dessus de la cime des arbres pour éviter de faire une chute trop haute en cas de perte de contrôle de l'appareil. Étant malgré son manque d'organe sur les nerfs, Iro reçut alors une forte bourrasque à bâbord, celui-ci perdant légèrement le contrôle, tirant sur les leviers pour redresser le nez de l'appareil, les instruments de bord s'affolant tout autour de lui. Le hurlement répété des avertisseurs se mit à résonner dans sa tête tel le sentiment d'une lame transperçant sa tête. Le sergent réussi in extremis à stabiliser le vaisseau, le ciel nocturne se faisant déchirer par une éclaire, révélant sous lui la disparition des arbres en un grand flash de lumière incandescente.
Réalisant que son appareil a quitté la forêt, le géant de fer regarda autour de lui vivement et activa un bouton, les phares du vaisseau de transport s'activant, révélant une rivière en torrent sous lui et l'autre côté du précipice. Le vent semblant savoir calmer pour le moment, l'approche vers le rebord du précipice se faisant avec un peu moins de difficulté, la lumière encastrée dans le devant du vaisseau montrant Blad et Azel seul dans la pénombre sans la créature. Avaient-ils terrassé la bête pendant son absence ? Curieux malgré sa concentration exemplaire, le prototype fut ramené à la réalité par une bourrasque tourbillonnante sous le vendre de l’appareil. Te cyborg tenu fermement les lever pour ainsi donc stabiliser et faire tourner l'appareil sur lui même lentement. Une fois la manœuvre délicate effectuée, l'officier confédéré recula lentement, activant enfin le pilote automatique en vol stationnaire, appuyant, tirant un levier pour faire ouvrir la porte arrière et faire descendre la passerelle d'embarquement.
Le stress de cette opération enfin derrière lui, l'archétype se releva pour se diriger vers la sortit, regardant rapidement Billy étendu sur un siège sous cette forme animalière. Ce fut à ce moment précis qu'un sentiment étrange s'éveilla dans les profondeurs du cerveau de l'ancien humain. La machine passât des ceintures de sécurité autour du nouveau corps de la crevette, s'assurant qu'il soi bien attaché pour le trajet à venir. Après tout, il leur reste le voyage du retour dans cet appareil avant de retourner sur Géonosis. Une fois son allié inconscient attaché, le disciple de Tericarax se dirigea vers la sortit, ignorant un étrange mal de tête quand il passa à un certain endroit prêt de la soute. Il fit quelques pas sur la passerelle, écartant légèrement les jambes en mettant les mains dans son dos, sa cape bleu et rouge battant au vent, se retroussant sur elle même, claquant contre son blindage. Il fit un léger salut militaire au commandant unforgiven, le temps semblant s'arrêter autour de lui. Devant lui éclairé par les lumières du vaisseau, il peu voir les deux mandaloriens devant lui, le cadavre d'un membre de l'escouade neimoidienne tout prêt d'eux. Regardant en périphérie ce qu'il se trouve devant lui, l'être quasi artificiel ne trouva pas la moindre trace du cadavre du monstre. Suite à cela, il vit Teach s'élancer vers lui, celui-ci lui lançant quelque chose dans un langage qu'il ne connaît pas, se faufilant entre ses jambes avec une glissade bien effectuée. Il n’eut pas le temps de se demander se qu'il se passe qu'une lumière rouge clignota dans son HUD, un message s'affichant sous ses yeux.
-DANGER ! BLINDAGE ARRIÈRE CRITIQUE !
Il n'eut pas le temps de réagir qu'une force invisible le poussa vers l'avant, celui-ci perdant l'équilibre, tombant sur le rebord de la passerelle qui grinça sur le coup, l'équilibre fragile tenu par la pilote automatique se faisant briser. Le vent fit pencher encore plus le vaisseau qui subit le contrepoids extrême du corps du sergent, tournant lentement sur lui même, s'écrasant sur son ventre contre le sol. La passerelle dépassant du précipice, le robot glissa contre celle-ci, manquant de tomber dans les profondeurs si sa main gauche ne s'était pas accrochée au rebord au dernier moment. Silencieux, le séparatiste regarda ses pieds pendre dans le vide, la rivière en furie déferlant telle une fureur sans noms. Iroey utilisa alors la force de ses bras hydraulique pour remonter sur la passerelle, se glissant sur celle-ci pour ainsi se redresser et regarder devant lui. Tout juste devant sa personne se trouve le chef Demeci et la bête encore sonnée par le choc. Une colère grondant à l'intérieur de l’androïde qui marchât à grands pas vers celle-ci, relevant son bras pour ainsi attraper la monstruosité par la cheville, la traînant avec lui vers la passerelle. Son plan aussi soi t-il simple devrais être très efficace... Lancer cette chimère dans le vite pour qu'elle soit emportée dans les torrents meurtriers de la rivière et les roches en hauts fonds couvrant ses rapides. Malheureusement, une question demeure alors que l'être cybernétique marche vers la passerelle. La bête retrouvera-t-elle ses esprits avant qu'il n'arrive à la lancer dans le vide ? -
Post n°62
Auteur : Azel Kyone'e
Du sang. Ce goût métallique, je le connais bien ! Je m'aperçois que je viens d'me mordre la lèvre jusqu'au sang... Raté ! Je. L'ai. Ratée ! A cette distance, punaise ! J'en aurais hurlé de rage si le ciel l'avait pas fait pour moi à ce moment. Le tonnerre éclate et la lumière m'empêche de voir où cette erreur de la nature a bien pu se planquer. Le sommet de l'arbre est vide. Par précaution, je préfère rouler sur le côté et me caler contre l'un des troncs à ma portée. Blad a quitté le pont : j'en déduis qu'il n'a pas traversé. Est-ce que je m'y attendais ? Oui et non ! J'imagine que n'importe quel Mando'ade aurait fait de même... Sauf que ce mec est un officier CSI, et pour ce que j'en sais, la CSI s'embarrasse pas vraiment de chicayas quand il s'agit de réussir une mission. J'devrais être contente de m'apercevoir que Teach n'a pas renié ses racines pour un salaire d'officier. Mais dans l'ombre qui nous entoure et sans vision infrarouge, impossible d'avoir sa position exacte. Si seulement j'avais pas raté cette fichue cyclope ! Juron juron juron...
Bah... Pas la peine de prendre la mouche pour si peu, 'tsel : le chargeur est presque plein ! T'a raté ta chance, mais y a pas qu'un seul tirage ! Puisque rien ne fait surface, je décide de quitter mon abri et je me relance à découvert pour repartir en chasse. Eh, ça se voit tant que ça que ch'uis rancunière ? En vérité, je comprends pas comment j'ai pu rater une cible aussi grosse à une distance si courte. Avec un E-5 punaise ! C'est quoi ce délire ?! J'ai juste envie de rougir de honte. Ok, j'pourrais toujours raconter qu'il faisait nuit et qu'il y avait du brouillard... Mais la rage au fond de mon ventre va pas se satisfaire d'une excuse pareille. Fierté mise à part, j'ai vraiment l'impression que quelque chose ne tourne pas rond avec cette chose. Depuis quand une Twi'lek bouffée par des parasites peu sauter d'un arbre en moins d'un dixième de seconde et disparaître dans la nature ? Aucune idée !
Je propulse ma carcasse et mon petit quintal de métal sur la surface détrempée par la pluie. Je dérape comme il faut, le canon braqué vers le premier mouvement qui entre dans mon champ de vision. C'est le dos de Blad. Au travers du rideau de pluie qui nous recouvre,j'ai du mal à percevoir l'enchaînement de mouvements. On dirait bien que ça barde ! Pas question de rester en retrait : je dois rejoindre le front ! Peut-être bien que le chef a compris quelque chose ? Le corps à corps est sans doute plus sûr qu'à distance ? C'est ce que j'ai l'impression de lire dans le geste qu'il me fait. Il s'avance comme en temps de traque, avec quelque chose de félin : il doit y avoir de la créature dans le coin ! Confiante, j'enfile la dégaine mes armes tranchantes et j'active les lames. Le temps que ma course me fasse revenir jusqu'à lui, le coup est déjà parti. Le bras de Blad s'abat sur le neimoidien avec une précision admirable. Je cligne des yeux. Un neimoidien ?
Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai l'impression d'avoir loupé un épisode... Je m'approche, hésitant à ouvrir ma grande gueule pour demander une explication : poser des questions, ça a jamais été mon fort, et c'est p'tet pas le moment. Seulement, l'action n'est pas cohérente... J'me doute que ceux-là ne sont pas des potes à nos gradés, mais quand même : quitte à les liquider, autant attendre d'en avoir fini avec le danger numéro un, nan ? On vient juste de perdre des alliés, là...
Sauf qu'à voir la réaction du borgne, c'était pas prévu dans la recette. Je commence à en avoir plein le fessier de ces histoires ! On dirait un mauvais conte pour gamin, avec des truc invraisemblables dans tous les coins pour faire briller leurs yeux. La Force : en voilà un conte pourri. Eyan pensait qu'elle existait réellement, alors j'ai fait semblant d'y croire. Jusqu'à aujourd’hui : il y a des choses qui dépassent de loin les règles du jeu. Des choses qui ne devraient pas exister ! Je rugis, je rugis pour ne pas avoir à penser, pour laisser mes tripes faire ce que ma tête ne peut plus faire. Cette situation n'a pas de sens, cette mission n'a pas de sens... Mais bordel, j'men fiche, je suis Azel Kyone'e, et rien ne me fera reculer ! Certainement pas cette Force à la noix, qui nous pourrit l'existence ! J'ai eu mon quota de choses impossibles pour le reste de ma vie ! Je me contenterai bien d'un truc bien logique bien de chez nous, eh !
De la lumière jaillit par-dessus mon épaule : cette fois, c'est pas un éclair. Mais les faisceaux d'un spot de vaisseau ! Je tourne la tête. J'enregistre l'énorme silhouette du cyborg dans l'ouverture béante de la navette. Et juste derrière... Billy ! La crevette est pas en bon état, mais il est à bord. Je suis Blad, laissant le corps du neimoidien se vider comme une outre dans les fourrés : peu de chance que son cadavre fasse long feu avec tous ces prédateurs dans les parages. On a malheureusement des trucs plus urgents à faire que d'immoler un type comme lui !
Alors que je me tourne, la sensation désagréable me reprend. A nouveau, j'ai mal au crâne, cette démangeaison qui me rend folle : mes haches tombent au sol quand je suis prise d'un mal de crâne terrible. Je n'ai pas le temps d'enlever mon casque qu'un autre problème me prend de cours.
Je suis une Twi'lek. Ouais... Hein ?! Attends. Non, mais ça va pas ?! Sisi, je t'assure : regarde, je suis toute bleue, là, et j'ai de jolis lekkus ! Par contre c'est pas la joie. C'est même un calvaire ! Pauvre maîtresse ! Je secoue la tête. C'est quoi ce délire ? Arrête ça tout de suite. Je suis pas une Twi'lek, je suis Azel ! A-ZEL, PAS TWI-LEK ! Rien à voir. Je me sens mal, je crois que j'ai attrapé quelque chose. J'ai quasiment jamais été malade dans ma courte existence, mais fallait bien que ça m'arrive... Il a tué ma maîtresse... Je vais pleurer... Pleurer, et puis quoi encore ?! Tu veux pas aussi que je tombe dans les vappes ?! Ce type est un monstre ! Ouais, grave ! Euh... qui donc ? Mon sabre... Non, sans façon, merci. Je n'ai pas le choix... J'ai échoué. Échoué ! Nan mais c'est fini, oui ? On va pas gémir pendant cent ans là-dessus ! On est encore en vie, là. On se plaindra quand on sera mort ! Si seulement elle m'avait écoutée... Maîtresse...! MAIS ARRÊTE DE CHOUINER, C'EST INSUPPORTAAAABLE !!!
Je me tiens le cou à deux mains tellement j'ai la nausée. J'ai l'impression que dix autres mecs sont en train de se disputer les manettes de mon cerveau, là-dedans. Je pense qu'il va vraiment falloir faire un tour par la case infirmerie. Où est Blad ? Où sont Iroey et Bill ? Je sens les trombes d'eau qui gorgent peu à peu le tissus de ma combinaison, l'odeur nauséabonde de la boue et de la vase qui se déversent sous l'impulsion du déluge et des vents. Je baisse la tête et je vois mes armes qui gisent dans la boue. J'ai les bras le long du corps, immobile comme un piquet sous la pluie battante. Je respire trop vite pour quelqu'un qui n'a pas couru deux mètres. Dans le noir de la nuit et les flash de l'orage, le décor me paraît embrouillé, confus : on ne distingue plus rien, qu'un mélange de branches battues par le vent et de pluie drue comme la grêle.
Et soudain, dans un flash, sur ma gauche, je vois la navette qui lévite au niveau du pont, portes ouvertes, comme la seule chose sensée dans tout ce délire dégoulinant de pluie froide.
ELLE EST LA !! DERRIÈRE !! Derrière Iroey !! Mais... QUOI ?!
Mes yeux s'arrondissent de surprise et je mets une bonne seconde à réagir. Mais bordel de Hutt, j'me souviens pas avoir fumé quoi que ce soit dans ce labo ! Comment elle a pu se retrouver derrière ? Alors qu'elle était devant... enfin, derrière nous, qui étions de l'autre côté, pendant que... RaaAAAAAAAAAAAH ! C'EST PAS NORMAL ! J'suis pas futée, mais de là où je suis, même moi je suis capable de comprendre qu'un truc normalement constitué a pas pu nous la faire à l'envers en si peu de temps ! C'est à croire qu'elle est passée en vitesse lumière ! Pouf ! M'enfin eh... Si c'était le cas, je vois pas comment j'aurais fait pour rater ça ! Je secoue la tête, j'essaye de m'ôter ces images du crâne, pour éviter de devenir dingue... Quand ça devient impossible, le seul moyen c'est d'arrêter de penser : on se fait mal, sinon. La voix de Blad résonne au-dessus du vide :
" As'tera ! "
Dans la lumière projetée par l'embouchure du vaisseau, Blad bondit pour franchir la distance qui le sépare d'Iroey et de la créature. Quelques secondes après, c'est à mon tour de m'élancer au-dessus du vide. Je grimace quand mes jambes se déplient à sa suite, pour me propulser à mon tour dans l'habitacle grand ouvert. Je roule en avant pour me réceptionner, je sens toutes mes vertèbres claquer les unes contre les autres lors de l'impact. Ouais... Allez, prochaine amélioration, des airbags sous l'armure ! On pourrait peut-être éviter ce genre de désagrément ! Mon casque cogne contre la paroi de la navette et je reste une seconde à terre, incapable de me relever avec tout le poids que j'ai sur le dos. C'était peut-être le combat de trop... Bordel, j'me suis plus sentie aussi ruinée depuis... depuis au moins dix longues années. La ligne de mon regard remonte lentement vers les ombres qui dansent à quelques mètres de moi : tout est si lent... Comme dans une sorte de rêve éveillé. Je suis immonde, recouverte de flotte et d'éclats de boue collante. Ma visière est sale et mon champ de vision, réduit. Mais un détail me fait m'arrêter trois secondes.
Je réalise que la Twi'lek cyclope ne m'a même pas calculée.
Eh, l'autre ! Un trente-cinq tonnes te déboule dans l'habitacle avec le bruit d'un hyperpropulseur au décollage, et toi, tu bouges même pas ! Je rêve ! Y a vraiment des choses incompréhensibles, dans cette galaxie. M'enfin, limite, je m'en réjouis : vu la difficulté avec laquelle je respire, vaut mieux pas qu'il lui vienne à l'idée de se retourner.
" DANGER ! BLINDAGE ARRIÈRE CRITIQUE ! "
Elle se retourne pas tout simplement parce que... que... elle se nourrit ? Le blindage du sergent s'illumine, comme s'il était chauffé à blanc, et se met à disparaître molécule par molécule. Je fixe ce spectacle comme un insecte captivé par la lumière. C'est dingue ! Le métal est en train de se désintégrer, comme s'il s'était retrouvé au cœur d'un réacteur. Il est aspiré par la chose, comme ça, tandis que l'air autour d'eux se met à chauffer. C'est impressionnant ! J'ai cette même impression que jadis, devant les énormes creusets de fonderie, où le métal bouillonne comme une mer déchaînée, brillant avec la force d'un soleil. Non, Azel, t'es pas là pour rêver ! On est en plein combat ! Il faut se bouger, faut frapper ! Je dois pas me laisser bluffer, je dois me concentrer ! Je vois, en contre-jour de la lueur bleue, les lekkus nécrosés qui tremblent. L'eau qui m'alourdit, le sang qui coule de ma lèvre, l'odeur du métal qui chauffe. Je sens le froid du sol sous mes paumes, tandis que je pousse de toutes mes forces pour me relever. Je sens cette résistance de mes muscles, froissés, fatigués. Je dois bondir. Je fouille, je cherche quelque part une réserve de forces pour parvenir à mettre ma volonté à exécution. Et je ne trouve plus rien. Azel Kyone'e est à court de carburant alors qu'on commence à peine à s'amuser ! C'est pas vrai... Ferme les yeux. Respire. Allez !
Juste devant, à moitié suspendu hors du vaisseau, le cyborg tente une manoeuvre improbable pour parvenir à se débarrasser du monstre. C'est un véritable puzzle, un méli-mélo que je renonce à comprendre. La seule chose que je sais, c'est qu'il faut virer cette cochonnerie de Twi'lek, la tailler en pièces et remonter les deux gradés à bord avant de se tirer !
Mon genoux heurte à nouveau le sol avec un "bonk" sonore. Zut ! Je peste, je crache, j'enrage. Allez, punaise ! Debout ! Debout ! Je recommence, je tire sur mes bras, je repousse le sol. Un pied, deux. Je suis debout. Je serre les dents, je grogne comme un chien Kath, mais je parviens à me redresser juste derrière la chose. A ce moment, le cyborg s'écroule face contre terre, tout son poids sur l'arrière de la navette. Mes pieds, qui avaient eu tant de mal à tenir, partent soudain en glissade. le vaisseau bascule ! Tout ce poids à l'arrière, c'est pas une bonne nouvelle. Ma main droite accroche la paroi la plus proche et je me retiens juste à temps. Devant moi, Le sergent en métal et la Twi'lek tiennent par un miracle d'équilibre sur le bord du pont. Blad... attends, c'est quoi ça ? C'est pas son couteau ! Le reflet métallique de l'arme qu'il tient attire mon œil, et je comprends de quoi il s'agit quand il se met à tenir le monstre en joue avec.
Je sais ce que c'est : un Sabrolaser !
Je n'en ai vu qu'une seule fois dans ma vie. Une arme légendaire, dont les Mandaloriens ne parlent pas en termes élogieux, car elle va en général de paire avec les mots "Jedi" et "Force". Autrement dit, que des emmerdes ! Je n'ai pas la moindre idée d'où un Mando'ade comme ce cyborg a pu dégoter une arme de Jedi. Je suppose que j'aurais jamais la réponse. Mon seul réconfort dans cette histoire est de le voir s'en servir pour tenter de découper l'alien contaminée. J'avoue que je le jalouse un poil : il est pile au bon endroit, et moi je suis trop loin pour espérer lui porter un coup fatal. Mes bras faiblissent à vue d’œil. Je maudis mon manque d'endurance de petite recrue stupide. Je maudis tous les chercheurs de ce labo débile, je maudis les abrutis qui n'ont pas eu le cran de venir mettre eux-même le nez dans leur m...
Un bruit sourd, et le sergent mécanique manque de se retrouver dans les airs. Il faut que je réagisse : si on a échoué à récupérer les scientifiques, on va pas perdre les gradés en route ! Dans un vieux réflexe de survie, je tâte les poches de ma main libre pour retrouver le grappin. Je finis par le sortir, pour enrouler précipitamment le filin autour de l'une des poignées fixées aux coffres de la soute. Je fais un nœud, deux, trois, quatre...
" Sergent, attrape ! "
Et je lance la triple griffe pliante sur la carlingue endommagée d'Iroey. L'un des doigts métalliques se coince dans une brèche et le filin se tend avec un grincement affreux.
Rien à faire, le pilote automatique peine comme un diable à maintenir ce tas de ferraille en l'air... On va bientôt se retrouver à se battre à la perpendiculaire au-dessus de la flotte ! Je vois le corps inerte de Billy commencer à glisser à son tour. Le poste de pilote, vite ! Je m'accroche aux sièges, jusqu'à atteindre celui du poste de pilotage, et je m'y laisse choir comme un énorme sac à dos. J'ai l'impression que ça fait des siècles que je me suis pas assise quelque part !
C'est le moment que je déteste : celui où je me plante dans les commandes et où on se retrouve encastrés dans la falaise d'en face en vitesse lumière. Mais j'ai pas le choix : on tombe ! Bon, 'tsel, fais pas ton boulet, ne te plante pas... Le tableau de bord est similaire à ceux qu'on trouvait dans les simulateurs, sur Géonosis. Le bouton "auto" clignote, j'ai aucun mal à le faire basculer sur "manuel". Je coupe le stabilisateur. J'empoigne la manette des gaz et je tire.
Avec un grondement, l'appareil perd subitement de l'altitude... et se cabre. Je me mord les lèvres et je continue, je fais remonter le museau large et court de la navette au-dessus de la ligne des rochers. Je tire la manette jusqu'au max. L'éclat bleu des propulseurs inonde le pont ouvert, projetant des ombres irréelles dans tout l'habitacle.
Monte, allez ! Bouge, espèce de tas de rivets même pas bon pour un assaut ! Monte !
Avec un coup de pied aux fesses magistral, la navette s'élève à la verticale, laissant une onde énorme à la surface de l'eau en dessous. J'en oublierai presque qu'on a encore un gros problème à bord. Le bruit des propulseurs me cache le reste, j'ai les oreilles qui sifflent...
Je risque un regard en arrière. -
Post n°63
Auteur : TericaraxL'ignorance pour l'esprit est une bénédiction.
L'arriéré comme le sot naviguent sans prêter attention,
Sur une eau aux flots noirs et sous un ciel macabre.
Parfois à la surface des vagues
Ils aperçoivent une forme, une ombre, un songe, une idée qui se cabre ;
Joyeux alors s'en vont-ils dans l'aube morne de leur découverte, ces maigres remous.
Ignares, inconscients, aveugles à ce qui réside en dessous.
L'ignorance pour le monde est une calamité.
Un jour la technique permettra
De corréler les savoirs cachés ;
Les illuminés verront – abominables
La vérité d'entre les vagues
Ce qu'accidentellement ils auront conjuré
De la mort des étoiles et du début du monde
Entre les dimensions incompréhensibles
À l'esprit comme à la science
Les reflets gigantesques des Choses sans Âge
Qui à la folie murmurent la délivrance
Mais à la vie ne réservent qu'un ultime présage
Des choses mauvaises, des choses sombres
Des êtres cosmiques qui bien après le temps
Parcourront toujours la nuit
Quand le sot et l'érudit
Pour leurs infamies repentant
Reposeront inertes dans leur tombes.
Le pilote automatique avait décroché ; la navette tombait en chute libre, droit vers la rivière grondante et glacée. La pluie s'engouffrait dans l'habitacle à grands flots, le vent vociférait dans le vaisseau. Tous les voyants du poste de contrôle s'illuminaient, verts puis rouges, signalant la descente incontrôlée de l'appareil ; l'air frappait de plein fouet la plate-forme encore sortie. Le métal criait. Le vide hurlait à lui tout ce qui tenait encore debout dans le cockpit ; datapads, couvertures, décorations, tout volait vers l'extérieur en une tempête aussi vertigineuse que la chute du vaisseau ; et tout ce qui sortait par cette porte funeste disparaissait à tout jamais, noyé dans l'obscurité de la nuit, englouti par les flots torrentiels et la forêt murmurante. Dans le pare-brise principal, le fleuve se rapprochait à une vitesse folle ; les deux phares principaux jetaient déjà leurs reflets sur l'eau écumeuse et bruyante, prête à accueillir ses proies inconscientes et ne jamais les libérer.
La monstruosité, tirée par Iroey, avait décroché pourtant son regard du cyborg. Son œil était tout entier captivé par ce que tenait Blad entre ses mains. Le Sabre était là. Il ne s'était point allumé, nulle lame luisante pour trancher la nuit et pourfendre l'abomination. Obstinément éteint, il avait battu l'air sans occasionner le moindre dégât. Le cyclope onirique émit un son rauque. Ses lekku battaient dans tous les sens, agités par le vent en furie et les hurlements du vide affamé de sacrifices étaient assourdissants. La bête se débattit. L'assaut premier du commandant mandalorien l'avait interrompue dans son banquet d'essences, sauvant ainsi le brave Iroey de justesse, mais elle n'avait rien perdu de son énergie. Ses mouvements étaient affreux, erratiques, sauvages, incontrôlés ; elle se débattait avec force et fureur, non pas comme une Twi'lek, non pas comme une bête sauvage. Ses mouvements étaient emplis d'une énergie démoniaque ; ce n'était pas une chose à proprement parler, c'était une crainte, une peur, un délire qui n'obéissait pas aux lois du possible ou du réel. La plate-forme sur laquelle Iroey s'avançait dans l'espoir d'y jeter la créature était battue par la pluie, tourmentée par le vent. Elle vibrait dangereusement, prête à céder à tout moment, déjà son acier craquait. Il y eut un son, pareil à une aspiration. Mais ce n'était pas la plate-forme, cédant sous le poids du cyborg. Ce n'étaient pas les cris assourdissants de la tempête, ni les beuglements aigus des moteurs, ni le tremblement tout entier du cockpit. Non. C'était une contraction du monde, pareil à l'univers se courbant sous une volonté antédiluvienne et perverse : le cauchemar avait levé sa main droite vers Iroey.
Le monde se déforma autour des doigts du cyborg mais nul n'aurait pu pourtant le voir. La bête avait un désir, mais nulle bouche pour l'exprimer ; elle était en cage, mais elle désirait la liberté. Sous la puissance d'une volonté extraordinaire et surnaturelle elle brisa les barreaux de sa cage : la main qui la retenait, celle du confédéré mécanique se déforma ; les jointures, comprimées, changèrent d'angle, grincèrent, craquèrent...Lâchèrent prise...Un son sourd résonna dans l'habitacle ; Iroey se retrouva brusquement projeté, tête vers l'avant, hors de la navette. Ses pieds quittèrent la passerelle où la Twi'lek elle-même glissa, droit vers le vide, droit vers la mort. Mais elle s'agrippa de ses mains griffues sur le rebord détrempé, battu par la pluie. Son œil unique demeurait fixé sur son unique intérêt : ce sabre, Son sabre. Comme un papillon fasciné par une distante lumière, l'Abomination semblait n'avoir plus qu'une pensée en tête. Elle ne prêta pas attention au grappin lancé par Azel pour sauver son camarade. Elle ne prêta pas attention au corps sans vie de Ansikt affalé contre un des reliefs de l'habitacle, sauvé de sa chute mortelle par pure chance. Mais elle remarqua cependant qu'une main tenait ce sabre, son sabre. Une main de fer.
Une main mécanique.
L'oeil de l'absurdité, de ce qui avait un jour été As'tera avant que son identité ne soit dévorée par un cauchemar d'entre les étoiles conjuré par une science barbare se colora de noir ; comme des gouttes d'encre dans un verre d'eau, le noir filtra de la pupille en croix sur l'iris puis le scélérat rouge. Entre les mains de l'héritier des Demeci, prétendant au trône de Mandalore, il y eut un déclic. Une chaleur nouvelle emplit le cockpit : une lame luisante comme une étoile, bleue et brillante s'écoula hors du manche. Élégante, noble, calme, majestueuse. Une lame laser, une arme de Jedi. La volonté de l'Abomination s'exerça, pleine et entière. De l'autre côté de la lame, la Twi'lek tenait à présent le manche entre ses griffes elle aussi, fixant Blad de son œil prédateur. Par quel moyen avait-elle pu apparaître si rapidement devant lui et traverser le vaisseau ? Sans doute était-ce là encore l'un des arts noirs et perdus, un savoir dissimulé à la galaxie mais qu'une Conscience sans Âge manipulait avec aisance. Ses traits se découpaient nettement sous l'éclairage du laser incandescent. Sa peau était d'un brun délavé, humide et pareil à la peau d'un batracien, parcourue de taches décolorées. Couverte de cartilages et de filaments putrides, on distinguait cependant des vaisseaux sanguins plus sombres, s'agitant autour de la paupière aberrante, sauvage, énorme de l'oeil, seul organe de tout le visage cruel, putride, grossier, inconcevable. Rendus apparents par la lumière de l'arme qui tranchait chaque relief distinctement, ils palpitaient des impulsions d'un cœur robuste, autrefois de jeune fille, aujourd'hui de monstre.
Elle tenait, tout comme Blad, le sabre entre ses mains. Il aurait été plus exact à la vérité de dire qu'elle tenait la main de Blad, qui lui-même tenait le sabre. D'une force anormale, contraire à son anatomie, elle pressa alors le bras du mandalorien vers lui, le sabre avec. Son intention était claire : une coupure de l'arme au visage serait probablement fatale au vétéran. L'intelligence profane qui guidait la Twi'lek évoluait de seconde en seconde, plus vicieuse à mesure que le temps avançait. Le prétendant au trône, si mandalorien fut-il, était à présent en duel de force avec le cauchemar. Un duel mortel, dont l'issue ne serait pas quelques bleus mais la lame incandescente et crépitante d'une arme légendaire de Jedi. Et le cauchemar gagnait. Le sabre se rapprochait, lentement mais sûrement. Le Monstre du laboratoire ne lâchait rien, sa force était phénoménale ! La lame de lumière, l'extrait d'étoile était presque au contact du visage de Blad.
Soudain, le vaisseau se releva. Azel venait de sauver le groupe de sa chute. L'arme laser s'éteignit, la Twi'lek disparut. Elle n'était plus sur Blad, elle n'était plus dans le cockpit. La plate-forme, par le brusque changement de direction, rattrapa de justesse Iroey mais ne tint pas bon. La monstruosité véritable, qui y était toujours agrippée, concentrée pour projeter son cauchemar sur le mandalorien, perdit alors sa prise. Le filin d'acier retint Iroey pendu là par le dos, contre l'entrée même du vaisseau. La créature, elle, chuta avec la plate-forme arrachée par la secousse. Elle disparut dans les flots noirs, avalée par l'eau dans un ronflement, engloutie par la nuit.
L'intérieur du cockpit émit un grommellement métallique tout en se stabilisant. On remonta Iroey, alors que la porte du sas se refermait, enfermant au dehors les hurlements du vent, les malédictions de la pluie, les grondements voraces de la rivière. L'appareil neimoidien trembla encore, parfois il perdait de l'altitude avant d'en regagner ; le temps était loin d'être favorable à pareil voyage. Mais ils étaient vivants. Vivants et entiers. Un éclair zébra l'horizon, tandis que la falaise et le maudit laboratoire s'éloignaient derrière eux. L'aube déchirerait bientôt le voile de la nuit. Avec le jour, la fin d'enfin tous les cauchemars, le début d'un jour neuf. Nul sur Cato Neimoidia n'entendrait jamais parler du laboratoire secret. Nul n'entendrait jamais non plus tous ses secrets. Toutes les merveilles qu'il aurait pu livrer au monde, et l'abomination qu'il avait accouchée, tout ceci serait enterré, enfin, avec la venue du jour et le recul de la nuit.
Sous la pluie battante, le corps inerte du malheureux neimoidien aurait une tombe à ciel ouvert. Laissé en pâture aux bêtes, livré à la boue et au temps, aux charognards et aux mouches. Il n'aurait pour seule sépulture que l'estomac de carnassiers qui se moquaient bien de son origine, de sa vie, de ses espoirs. Il n'aurait nulle cérémonie, personne ne parlerait en éloges de son vécu. Il servirait la chaîne alimentaire de la forêt, à défaut de sa patrie. Affamée, une bête s'approchait déjà de lui, attirée sans doute par son corps encore chaud. Elle rampa jusqu'au cadavre, détrempée par les pluies diluviennes et fixa son œil – unique – dessus.Spoiler : HRP