Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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Une mission dans le secret

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    #43

    Post n°43
    Auteur : Blad Demeci

    Cette fois-ci, l'avenir du soldat infirme était clair dans l'esprit de Blad : cet homme allait mourir ici. Le Commandant Unforgiven avait failli empêcher Azel de refiler sa seringue de secours au pauvre homme, cependant il s'était retenu pour ne pas paraître totalement inhumain aux yeux de sa comparse. Après tout, s'il souhaitait vraiment devenir Mand'alor un jour, il devait commencer à soigner son image, influer sur ce que les autres pensaient de lui. Le lieu était peut-être moyennement bien choisi, sauf qu'on ne planifie pas toujours les déclics psychologiques de ce genre.

    Le Mandalorien suivit des yeux le doigt tremblotant du Major, qui perdait la tête au fil des secondes apparemment. Il constata avec quelque dégoût le cadavre difforme d'un prédateur inconnu, gisant à quelques mètres de là. Le monstre était tombé sur plus fort que lui, surprenant vu sa taille et sa potentielle force. On aurait dit une sorte de rancor, mais le chef Demeci n'en était pas sûr, loin de là. Soudain, une vibration impromptue vint harceler les esprits des trois séparatistes. Blad ferma son œil valide en fronçant les sourcils face à cette agression mentale. La surprise et la fatigue accumulée ne lui permettaient pas de résister contre cette attaque fourbe à la source mystérieuse.

    La plaine saccagée montrée par la créature de la Force emplit le champs de vision du vétéran. Un narglatch terrifiant, comme amélioré par les ténèbres, fit son apparition. Plus loin se dressaient des monts entiers de cadavres amassés, tantôt décomposés, d'autres fois déchiquetés. Ces colonnes morbides sanguinaires n’écœurèrent point le guerrier averti qu'était Blad, leur présence était seulement inquiétante, anormale, dérangeante à ses yeux. Bien que tout ça semblait réel, le Mandalorien se doutait bien que son esprit lui jouait un tour. Les douleurs intérieures qu'il avait ressenti précédemment en attestaient.

    L'obscurité du laboratoire reprit place aussi brutalement qu'elle avait disparu. Blad se tourna aussitôt vers Steinberg, malheureusement celui-ci faisait des bulles à présent, et n'était plus du tout en état d'apporter son aide au duo Mandalorien. Le Commandant jura en Mando'a avant de se redresser sur ses deux jambes, l'arme au poing. Il porta alors son regard sur Azel et comprit qu'elle aussi avait vu la même chose que lui. Le présage de mort était certainement lié à une bête du laboratoire, il y avait de fortes chances qu'il s'agisse même d'une capacité des rakgoules, vu leur affinité avec la Force. Blad soupira et déclara à sa coéquipière :

    "Notre ami est cuit, son extraction n'est plus nécessaire. J'imagine que cette nouvelle vous convient... Par contre, il va falloir..."

    L'officier se tut alors que son datapad portatif et celui d'Azel se mirent à clignoter dans le noir omniprésent. Seul un des deux autres soldats de l'escouade pouvait utiliser ce canal court restreint, donc l'information contenue devait être capitale. Blad jeta un œil au message d'Iroey et resta dans ses songes deux secondes avant de reprendre :

    "Iroey a l'air de gérer là-bas, on ferait mieux de verrouiller l'endroit puis de filer en vitesse. On va inverser les rôles ici, je vais vous couvrir et vous allez sécuriser les consoles. Si votre datapad seul ne suffit pas, faites appel à Billy, il doit avoir gardé sa console programmable sur lui. Go soldat."

    Les mains sur son blaster de poing, l'empathie de l'homme semblait avoir disparue, laissant place à la concentration et au sérieux. Blad se montrait exigeant avec tout le monde, autant avec lui-même. Si l'espoir de sortir vivant de ce labo infernal se réduisait minute après minute, il valait mieux optimiser le peu de chances qu'il restait. Azel était la cible massive parfaite pour un ennemi éventuel, facile à repérer et à cibler. Heureusement, Blad était assez éveillé et proche pour éviter qu'un danger quelconque ne l'atteigne, que ce soit à l'aide de ses techniques au corps-à-corps ou grâce à son arme laser. De plus, la situation incombait vraiment que le plus expérimenté des deux gère le périmètre de sécurité. Les risques de tomber sur quelque chose d'aliéné augmentaient considérablement après le message d'Iroey.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #44

      Post n°44
      Auteur : Azel Kyone'e

      « Générateurs...Hors service…C-commandant...Vous devez...Récupérer l...Recherches...Sceller...Il y a une console pour tout...Sceller... »

      Gné ? J’ai-rien-compris. C’est fichu, à voir la manière dont sa mâchoire pendouille, y a peu de chance qu’il puisse faire autre chose qu’imiter un escargot en rut. C’était bien la peine de se montrer secourable… Bah, au moins j’aurais rien à me reprocher de ce côté : on pourra pas dire que je suis resté les bras ballants. Mais quoi, c’est pas franchement agréable de regarder notre seule chance de réussir la mission se décomposer à vue d’œil ! Je lâche un discret soupir de dépit. Eh voilà, adieu mes chances de faire péter correctement la baraque ! Fichue vie.

      Le type balbutie encore quelques trucs inaudibles, puis se met à pointer quelque chose dans notre dos, de l’autre côté de la pièce. Je me retourne lentement pour suivre la direction que pointe son doigt : à quelques mètres, sous un fatras non identifié, une forme énorme git face contre terre, sa mâchoire énorme déboitée sur le côté. Qu’est-ce que c’est que ça, encore ?! Mes genoux se déplient, et je m’approche avec une bonne grosse dose de méfiance – et une hache parée à corriger une éventuelle erreur de la Faucheuse qui se serait cassée un peu trop vite.

      J’ai jamais rien vu de pareil. Ça ressemble à l’une de ces horreurs exotiques qu’on rencontre parfois sur des mondes sauvages, mais en même temps, c’est encore trop humain pour pas mettre mal à l’aise. Est-ce que ce serait ça, la Rakgoule ? Dans mon dos, Steinberg se met à répéter comme un droïde mal programmé :

      « Sceller...Sceller... »

      Bon, je retire ce que j’ai dit : si quelqu’un pouvait pousser le bouton off pour arrêter la séquence qui tourne en boucle, ce serait pas de refus. Il continue son manège tandis que je regarde de plus près : c’est moche. Très moche. Et très abîmé, aussi.J’en fais le tour du regard, sans trop savoir ce que je cherche. Un indice ? Fais pas l’idiote, ‘tsel, les indices c’est pour Billy. Pas pour toi.

      J’entends Blad déclarer de sa voix monotone :

      « Notre ami est cuit, son extraction n'est plus nécessaire. J'imagine que cette nouvelle vous convient...»

      Si ça me convient ? Ouais, j’sais pas. Pas vraiment, sinon, j’aurais gardé mon médoc pour moi. Voir ce mec baver contre un mur me rappelle trop de mauvais souvenirs pour qu’un brin d’humain en moi ait pas encore envie de faire quelque chose pour rendre sa mort moins dégueulasse… Mais, même si ça me coûte, je dois admettre qu’il n’a pas tort : on peut pas prendre de risque pour un condamné. On a beau faire la promesse d’aider ceux qui en ont besoin, on est pas tenu de faire des miracles… Et là, le miracle, faudrait déjà qu’il soit pour nous.

      « Par contre, il va falloir... »

      La phrase s’arrête d’un coup. Dans ma tête, ça fait tilt : si un Mando’a se prive de parler dans un moment pareil, y a que deux raisons valables : soit il est plus en état, soit un truc cloche. Blad est toujours entier : je prends la seconde option. Mais c’est pas Blad, le problème : c’est plutôt un sentiment inhabituel et omniprésent… d’angoisse ? Comme si la pièce s’était remplie d’un gaz irrespirable. On toque à la porte de mon esprit.

      Eh. Genre, il y a des portes dans ma tête, maintenant ?


      La sensation s’accentue encore, et le toc-toc vire bientôt à je-te-défonce-la-lourde-à-coup-de-savate. Réflexe, je porte mes mains à mon casque : pas très efficace pour se masser les tempes. Ça continue de cogner, comme si la chose invisible essayait de me rentrer dans le crâne à coup de matraque. D’instinct, j’ai résolu de ne pas me laisser faire, même incapable de comprendre de quoi il est question ! Tout ce que je sais, c’est que quelque chose de très louche se passe, et que ça se passe précisément dans mon crâne. J’essaie de me concentrer pour repousser l’assaut invisible, titubant comme une ivrogne au passage.

      « Nargh, mais c’est pas fini, oui ?! »

      Ok, gueuler ne sert strictement à rien, mais ça fait du bien ! Instantanément, les coups cessent. Je respire. Une nouvelle sensation naît, étrange, pas naturelle pour deux dataries.

      Faim.

      Mais une faim ! Mais genre, pas une grosse envie de steack grillé, nan nan. Une faim… de quoi ? Je…

      Je regarde Blad sans le voir.

      Faim.

      Faim ! Des étoiles ! Bouffer des étoiles tiens, en voilà une idée ! Des âmes… Celle de Blad ? Huhu, c’est excellent ça !

      Nan mais ça va pas la tête ?! C’est quoi ce cirque ? Je me secoue le crâne jusqu’à en avoir le tournis. Respire, ‘tsel, ça va aller. Non, pas d’étoiles au petit déj’, seulement des labos et des bestioles cheloues ! On reste dans le classique, s'il te plaît... Allez ! Arrête les questions, tu vois ? C’est très très mauvais pour la santé ! Comme pour me sauver de la folie pure, un bip familier résonne dans ma poche : tiens, le pad ! Je l’avais oublié, celui-là ! Faut dire que j’étais sur tout autre chose. Qui peut s’amuser à nous envoyer des messages dans un endroit pareil ? Les deux autres ? Ils ont réussi ? Ils sont morts ? - Non, là c’est pas logique.

      "Iroey a l'air de gérer là-bas, on ferait mieux de verrouiller l'endroit puis de filer en vitesse. On va inverser les rôles ici, je vais vous couvrir et vous allez sécuriser les consoles. Si votre datapad seul ne suffit pas, faites appel à Billy, il doit avoir gardé sa console programmable sur lui. Go soldat."

      Go ? Attends, des consoles ? Programmer ? Oh non. Encore ? J’aurais préféré arracher les fils et démonter des carters. Des consoles de verrouillage… Pff, et elles sont où ? Si on doit prendre les câbles en filature, autant dire qu’on en a pour la nuit.

      « Euh… Ok. On sait où elles sont, ces consoles ? Parce que vu la taille du bâtiment, on peut les chercher longtemps. »

      Et franchement, coco, chercher c’est pas non plus mon activité préférée, je pense que t’as capté. Des bruits résonnent à nouveau, loin. Loin, comme il pourrait bien être plus prêt que je le pense. Juste de quoi me rappeler que deux autres gugus sont toujours en train de valser avec nous pour les mêmes raisons !

      Je me mets à rêver d’une bonne grosse tourelle sol-sol, avec l’un de ces canons automatique qui te crache la mort au kilomètre, avec leurs dix heures d’autonomie. Avec ça, j’aurais rasé cet endroit sans l’ombre d’un regret. Et pis tout ce qui restait d’dans pendant qu’on y est, hein. En attendant, j’ai seulement le flingue de Beskar’boy et mes deux haches. Va falloir être bons.

      Je vire à droite, à gauche : rien. Tout est en bazar, mais vide, vide de vie et de matos. On se croirait dans un vieux jeu mal fait. Les mecs se sont pas foulés pour les décors. En l’occurrence, quelque chose a plutôt refait la déco. Je continue à essayer de faire réagir mon soi-disant super compagnon de galère au travers de son pad, mais rien. Je murmure dans le micro du pad, à tout hasard :

      « …Hey, crevette, tu m’reçois ? … »

      Billy reste muet, et le signal du pad n’évolue pas : soit Billy bouge plus, soit c’est le pad qui bouge pas.

      « Billy ? Bill, punaise, allez, magne-toi ! Bordel, elles sont où ces consoles ? »

      Dans ma cervelle de chauve-faucon, ça s’agite quand même, et je comprends :

      « Il a plus son pad, le type. Ils ont dû tomber sur le truc qui rôde là-bas à tous les coups...»

      Si Billy a paumé ses affaires, ça sent vraiment – vraiment – pas bon. Je crois que même mes aisselles sentent la rose, à côté. Je peste entre mes dents. Ça fait déjà plusieurs minutes qu’on essaye d’arpenter l’étage sans faire de bruit – autant dire qu’on y arrive pas des masses. Pas l’ombre d’une console en vue. La seule chose que j’ai croisé dans le halo de mon pad mis en lampe-torche, c’est un ordinateur réduit à sa plus simple expression.

      Devant, un couloir : pas trop d’alternatives, il faut avancer – et j’ai toujours aucune idée d’où ils ont pu planquer leur fichue console… Je sens la présence de Blad et sa pétoire braquée dans ma direction. C’est bizarre. Ça fait tellement d’année que je me suis plus retrouvée à travailler comme ça, avec un zouave sur les talons. Je fais un pas, il en fait un, et on recommence. Ces couloirs sont interminables, et les bureaux toujours aussi vides, aussi semblables les uns aux autres. J’enjambe la carcasse de ce qui ressemble à un droïde médical. Pas de chance, mon vieux ! T’aurais mieux fait de te désactiver dans un coin. Après avoir bifurqué deux fois sur la droite, je m’engage dans ce qui ressemble à un couloir à sens unique. Cette sensation de me jeter dans un piège m’exaspère : sans blague, quand est-ce qu’on va arrêter de jouer à cache-cache, hein ?!

      Une ombre se profile plus loin. Une ombre dans la pénombre, quelque chose qui détonne, peut-être, sur le gris des murs. Cul de sac ? Non, c'est un objet... un être vivant ? Azel passe en mode vigilance max. Je plisse les yeux. J’ai vraiment besoin d’un système de vision nocturne, ça devient urgent, là… Je lève ma hache par précaution, avant de déclamer lentement sans lâcher l’ombre des yeux :

      « Chef, y a quelque chose devant. »

      Note : je sais absolument pas quoi, mais y a quequ’chose !

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        #45

        Post n°45
        Auteur : Iroey

        Iroey regarde l'appareil de communication alors que le message prend étrangement du temps à vouloir s'envoyer... Puis la réalité frappa et la console afficha une erreur en confirmant que Géonosis est hors de portée. Le cyborg jura mentalement et regarde de nouveau les informations de la boite noire d’on il a téléchargé le contenu plus tôt... Aurait-il un lien entre celle-ci et le manque de porté de l’appareil de communication ? Impossible donc de contacté le quartier général ! Rapidement effaça son message et annula aussi la transmission, les autorités neimoidienne ne devant en aucun cas être alerté de la situation ! Cet appareil est en d'autres mots inutiles vu que le prototype ne peu même pas contacter la flotte de vaisseau confédéré en orbite de la planète, chaque planète ayant sa flotte pour la défendre depuis les attentats survenus il y a a peine quelques mois avec ces satanés Siths! Se fut alors qu'il était de songé a une alternative que la porte derrière lui sortit de ses gonds et s'effondra lourdement sur le sol, le prédateur entrant lentement dans la salle, celle-ci semblant étrangement timide pour lui. Le robot la dévisagea alors un bon moment et se rendit compte que la créature ne semble pas vraiment le regarder, mais plutôt regarder au-dessus de son épaule, semblant fixer quelque chose que lui de voix pas... Soudainement, son visage prit une teinte bleutée, l’œil unique de la chimère se dilatant extrêmement et fit un autre cri terrifiant, le monstre regardant vers le plafond, Iro se prenant la tête entre ses mains et arrêta de regarder autour de lui un moment.

        Quand il se redressa, l'archétype vit autour de lui un monde en ruine, un sol étrange, des créatures dénaturées de leurs matériels génétiques originels. Au-delà des pleines boueuse et couverte d'organes, des grandes tours étranges qui révélèrent encore plus d'horreur que de réponse. De super ordinateur fait des cadavres empilé des gens qui peuple ce monde ? Au-delà du ciel orageux s'ouvrit alors un trou dans les nuages ont peu voir les nuages, une sensation d'envie le gagnant. Réalisant sa situation et celle d’on lui fait partager le monstre, le sergent secoua ça tête pour se sortir de ce cauchemar et quand il regarda de nouveau devant lui, il était enfin de retour dans le monde réel, la créature ayant disparut avec son arme de dernier recours : le sabre de Darth Crave rafistolé...

        Le géant de fer fit quelques pas devant lui. Sa vision se troublant étrangement. Son HUD n'affiche pourtant aucune anomalie ! En parlant de celui-ci, il n'est plus là... Une fois les yeux remonter, il se rendit de nouveau compte qu'il n'est plus dans le laboratoire, mais dans une sorte de pièce sombre avec devant lui une silhouette avec une toge brune, celui-ci manipulant une lame scintillante d'une lumière bleue, son propre corps bougeant seul, ses mains tenant un étrange javelot laser à la lame grise, leurs lames se frappant rapidement dans une sorte d’harmonie, celle-ci augmentant encore et encore jusque,à temps que son corps qu'il ne contrôle pas face une feinte pour frapper les doigts qui tiennes de l'arme de son adversaire avec son pied et le désâmé, mettant la pointe de sa lance sous le coup du guerrier en face de lui, celui-ci disant un nom embrouillé dans sa tête.


        -Kal... Ehb...

        Se nom sembla résonner jusqu'à plus profond de son âme, la réalité le laissant de nouveau seul dans les entrailles de la Terre. La séparatiste resta silencieuse un moment et se calma, se rappelant cette étrange vision encore un peu égarée. Son esprit finit par retrouver sa lucidité rapidement et il se rappela la situation actuelle, utilisant son communicateur interne pour envoyer rapidement un message très clair à tout le monde possédant encore son datapad.

        -Ici Iroey, la créature m’a échappé, resté sur vos gardes.

        Enfin débarrasser du monstre, il regarda sur la carte et chercha un lieu en particulier, une remise de rangement pour matériel aléatoire. Il en trouva une seul, celui-ci prenant la direction indiquée sur son plan en courant dans les entrailles de ce labyrinthe, ne prenant même plus la peine d'être discret. Son chemin le mena quelques minutes plus tard dans un petit entrepôt avec du matériel divers. La machine fouilla et y trouva une dizaine de caissons de transport de disque de données, son but étant de les utiliser pour vider les archives de toutes les données y étant conservé. Maintenant, suffit de trouver le moyen de transporter toutes les boites vers les archives... Son regard tomba par hasard sur quelque chose en particulier, s'il avait pu sourire, ses lèvres auraient fait une légère esquisse, une civière flottante, des cordes et une grande bâche. Il avait bien fait d'aller dans cette aire de rangement classifié comme divers.

        Un peu plus tard, le confédéré se retrouva de nouveau dans les archives avec où il avait été plus tôt avec le matériel d'extraction, le militaire se dépêchant de sortir tous les disques de données de toutes les consoles le plus rapidement possible tout en étant délicat avec les banques de données. Les boites se remplirent les unes après les autres et au final, ce fut cent disques qui furent récupérés. Iro déposa le tout sur une civière rigide qu'il activa, celle-ci se relevant du sol pour flotter dans les airs à une bonne hauteur. Suite à cela, Zigg déposa la bâche et l'attacha autour des boites avec les cordes, celle-ci étant fermement retenue contre la planche flottante. Toujours seul, le mastodonte d'acier transporta la précieuse marchandise, l'officier suivant le chemin emprunter plus tôt, mais à l'envers, se dirigeant vers la cage d'ascenseur avant de regarder vers le haut, attrapant l'un des gros câbles du dit appareil, tirant dessus pour vérifier sa solidité. Il regarda attentivement la réaction du câble, celle-ci étant satisfaisante. Le blindé retourna alors vers la civière rétropropulsée et changea la disposition du matériel sur celle-ci, arrangeant la bâche pour qu'elle tienne les caissons à la verticale contre la planche, Iroey attachant celle-ci dans son dos, les cordes étant solidement attachées contre son torse, autour de ses bras et autour de son ventre. Il fit quelques mouvements pour tester la solidité de son chargement et les ajusta par la suite, envoyant un message à ses coéquipiers.


        -Ici Iroey. Je remonte avec les archives. Je vais redescendre pour vous aider le plus rapidement possible.

        Suite à se bref message, il attrapa le gros câble et se tenu les main fermement dessus, se tirant vers le haut, ses jambes le soutenant contre le mur, l'aidant à grimper alors que les à crampons sous ses pieds grincent contre le métal de la cage de l'ascenseur... La montée ne va pas être aussi rapide que prévu.
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          #46

          Post n°46
          Auteur : Tericarax

          La salle où Ansikt venait d'entrer était spacieuse, quoi que sans lumière. Elle avait aussi été frappée par la perte de courant semblait-il. Juste à côté de l'entrée qu'il s'était ménagé par les conduits, un bloc de fer sans charme et sans finesse servait de bureau. Plus haut qu'un modèle classique, il avait probablement appartenu à une de ces espèces géantes arpentant la galaxie ; un humain l'aurait trouvé trop grand à son goût. Son manque de décorations ou d'ornements renforçait son aspect d'utilitaire simple, dépourvu de la moindre esthétique. Sur celui-ci reposait en silence un unique datapad. Plus épais que les modèles confiés à la garde du quatuor militaire, l'appareil était doublé de matériaux protecteurs divers, notamment au niveau de l'écran : c'était la précaution nécessaire, quand on pouvait l'emporter dans des manipulations expérimentales où les projections pouvaient ronger la peau comme les os avec la même aisance. Le datapad d'un chercheur en sciences appliquées, physique peut-être, chimie certainement.
          Au centre de la pièce dormait un projecteur holographique. Il s'agissait de plaques de fer agencées en cône montant. Sur les côtés étaient gravés des symboles qui n'étaient ni du basic, ni du binaire. Il s'agissait d'une autre langue, dont la grammaire comme les symboles étaient indéchiffrables. Quoi qu'il fut éteint, le projecteur n'avait aucune sécurité ni précaution empêchant son allumage ; nul mot de passe pour en garder l'accès, nulle clef pour en protéger le contenu. Un simple interrupteur, à même les plaques, permettait de le lancer. En outre, juste à côté de l'interrupteur était une grande épine ; élancée comme une aiguille à coudre, quoi que plus large, elle semblait être un doigt, figé dans la pierre et poli. C'était probablement un stylet, également destiné à un individu qui était plus grand qu'un humain. Sur les murs, des croquis d'espèces multiples étaient accrochés. On trouvait ici le schéma d'un crâne prédateur difforme et cruel, aux yeux minuscules et au front bosselé et épais ; c'était une tête de Rancor. Les zones cérébrales étaient révélées par une coupe précise ; elles étaient identifiées dans des symboles à nouveau incompréhensibles, étonnamment similaires à ceux présents sur le projecteur. Là, encore, se trouvait le schéma de ce qui semblait être l'hybride d'un crustacé et d'un poisson ; le crâne était celui d'une baudroie, mais derrière les nageoires pectorales, le corps était segmenté, couvert d'un exosquelette. Sur la fin du corps se trouvaient en outre six pattes de crabe, et à la base de la tête pendaient deux longues antennes. C'était un prédateur de mer Opee. Là encore, la coupe dévoilait les organes, si ce n'était qu'elle montrait cette fois les organes digestifs, les viscères et les gonades. Plusieurs indications venaient encore avec le dessin méticuleux et d'une extrême précision, mais elles étaient toujours dans l'inconnu dialecte.

          Les conduits qui avaient accouché Ansikt dans la pièce étaient devenus silencieux. Le ronronnement des - rares - ventilateurs encore fonctionnels s'était fait lointain, un complot inaudible et distant qui posait un tapis sonore continu d'angoisse. Plus que le silence les sons à peine audibles et lointains étaient plus inquiétants ; ils ne donnaient que le soupçon d'une présence, mais ni sa proximité ni sa direction. L'abomination du laboratoire était-elle apte à se déplacer dans le silence le plus parfait, sans quiconque pour l'entendre et nul pour la voir ?

          Privé d'alimentation, le projecteur ne livra hélas pas son contenu. Le datapad, lui, était toujours utilisable ; il n'était guère complexe de l'allumer. Il projeta immédiatement une image en de vives nuances de violet, aveuglantes après avoir passé tant de temps dans le noir. La couleur était certes brûlante, mais elle révélait également la pièce sous un jour nouveau ; les ombres s'étendaient, les croquis devenaient comme plus menaçants. Il n'était guère étonnant qu'on préfère le bleu ou le vert dans les hologrammes : l'améthyste sombre était un linceul sinistre et stressant, aussi bien pour les iris que pour les nerfs. Du reste, l'écran s'allumait sur plusieurs sections. Certaines, plus sombres, étaient bloquées : dès qu'on tentait d'y accéder, une fenêtre se mettait à réclamer un mot de passe et l'insertion d'une « datacarte » pour déverrouiller l'accès. C'était le cas de plusieurs dossiers. Ils portaient les noms de « WarpStone », « Nekrosis » et « Sgimund ». Sur le côté, un message clignotait périodiquement : « Rétablir alimentation ». Il n'y avait qu'une section accessible sans protection. À l'intérieur se trouvait un dossier unique, nommé « Frost » ; un fil de discussion se déroula, sitôt le dossier ouvert.

          « 
          Sujet : Toxine
          De : Dr. Frost Miller
          À: Prof. TRSR
          Type : Message
          Date : 11/7/9 ABM

          Cher collègue,

          J'ai lu dans votre récente publication dans la Chronique Galactique que vous aviez synthétisé un sérum contre le venin des Vornskr. Le centre hospitalier de Duro est très intéressé par votre découverte, qui pourrait mener à de nouvelles débouchées en matière de santé et de recherches pharmacologiques. Pourriez-vous nous fournir plus de détails au sujet de celle-ci ? Je comprendrais naturellement si vous souhaitiez déposer un brevet avant cela. Il est également possible que cette recherche soit partagée avec les centres sur Corellia et même les mondes républicains. Je comprendrais également si vous souhaitiez conserver ces connaissances en terres séparatistes...

          Cordialement,

          Dr. Frost Miller.


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          Sujet : Re: Toxine
          De : Prof. TRSR
          À: Dr. Frost Miller
          Type : Message
          Date : 11/7/9 ABM

          Bonjour docteur Frost.
          Je ne compte pas déposer de brevet sur cette découverte, qui est plutôt le respect des protocoles standards qu'une véritable percée ; le mécanisme exact de la toxine, voilà où se trouve la découverte, non pas dans le sérum, qui a été synthétisé dans le respect le plus strict de la méthode scientifique habituellement employée en la matière. Les détails de son mécanisme exact figurent déjà dans la publication que vous évoquez et n'est pas plus soumis à un quelconque brevet (percer à jour un fonctionnement et le breveter n'a aucun sens. Une aberration de système qui ne représente rien de la portée intellectuelle scientifique). N'avez-vous pas eu le temps de la consulter ? Je ne vois pas d'inconvénient à éclaircir quoi que ce soit à son sujet. En outre l'affiliation des malades est absolument sans importance. Républicains ou séparatistes, un venin est un venin. Nous avancerons bien plus en le testant et en l'administrant à une échelle galactique, quoi qu'il advienne. Les sciences et la politique ne sont pas des domaines qu'il est pertinent de mélanger, à moins de vouloir ralentir terriblement les premières au futile profit des secondes.

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          Sujet : Re : Re : Toxine
          De : Dr Frost Miller
          À: Prof. TRSR
          Type : Message
          Date : 11/7/9 ABM


          Cher collègue,

          C'est avec plaisir que je lis vos mots. Vraiment, si tous les chercheurs et les gouvernements pouvaient vous entendre...Enfin, nous ne sommes pas ici pour parler philosophie. Donc, au sujet de votre publication, je l'ai lue, oui, mais je n'ai malheureusement pas pu la parcourir en profondeur : nous sommes en ce moment assez pris dans nos centres. Nous travaillons sur un vaccin pour le Bacille Bleu, qui a refait surface sur certains mondes de la bordure médiane, mais j'ai pensé toutefois que votre découverte méritait d'être apportée à l'attention du monde pharmaceutique.

          Cordialement,

          Dr. Frost Miller.

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          Sujet : Re: Re : Re : Toxine
          De : Prof. TRSR
          À: Dr. Frost Miller
          Type : Message
          Date : 11/7/9 ABM

          Rebonjour docteur.

          En étudiant la toxine, j'ai découvert qu'elle n'avait jamais été nommée formellement jusque là. Par égard pour son origine, je l'ai appelée lupotoxine. Il s'agit comme vous le savez déjà d'une neurotoxine virulente, produite dans la queue de l'animal, qui possède un dard. Elle n'est pas d'origine bactérienne je pense, ceci pour une raison simple : la lupotoxine est hypervariable. Des Vornskr vivants et morts que j'ai pu étudier, j'ai déterminé qu'il en existait plusieurs types. Chaque type a des zones d'action différentes, donc des effets sensiblement différents. En particulier, c'est la virulence des symptômes qui est en jeu. L'α-lupotoxine inhibe les récepteurs cholinergiques nicotiniques. Comme vous le savez, ces récepteurs sont utilisés dans le système nerveux central pour le contrôle des mouvements volontaires, mais également la mémoire, le sommeil, l'anxiété et plus notablement la douleur. Ainsi, l'α-lupotoxine agit sur les nerfs et les muscles. S'agissant de la forme la plus puissante du venin, il convient de se concentrer en priorité sur elle ; les autres formes sont finalement des dégradés de l'α.
          Les symptômes, vous le savez, sont la paralysie du sujet. Il demeure conscient, mais c'est une lente agonie. Il a été observé sur Myrkr que chez un homme adulte, une injection suffisait à paralyser pendant 48h. Le plus fascinant est l'action de la lupotoxine après son injection. En allant se fixer sur les récepteurs, elle inhibe la production de protéines clefs aux mécanismes du mouvement et de la douleur, il est vrai. Cependant, il est incorrect de parler d'inhibition totale ; les récepteurs ne sont pas inutilisés. Les sujets présentent une montée croissante de l'angoisse, avec tous les signes cliniques, tant sur les bilans cardiaques que sanguins, qui l'accompagnent. La lupotoxine stimule les récepteurs nicotiniques pour entraîner une montée de l'angoisse, tout en paralysant la victime. L'agonie s'achève en général deux jours plus tard lorsque la peur atteint un stade critique : arrêt cardiaque. Cependant, j'ai noté que dans les formes plus faibles, comme l'ω-lupotoxine, les signes de peur n'étaient pas présents ; certains peptides manquent sur les dérivés, si bien que le pouvoir d'action est moindre. Mon hypothèse est que l'angoisse du sujet lui donne une odeur bien plus aisée à repérer dans les denses forêts de Myrkr. C'est un trait né de l'hypervariabilité de la lupotoxine, mais qui a été conservé, car désirable pour la chasse. La paralysie, de même, est demeurée car elle confère un avantage certain au prédateur.
          Mon autre hypothèse est que cette hypervariabilité est un mécanisme pour empêcher la proie de développer une véritable protection. Cette barrière peut cependant être aisément contournée ; dans notre cas, vous savez fort bien qu'il suffit de mélanger le sérum à de l'ambori pur, puis de les exposer à un rayonnement ultraviolet pour dégrader les peptides.
          C'est sur cette base que j'ai pu traiter les victimes sur Myrkr. Une fois le sérum composé – ainsi que dans les procédures habituelles, je n'ai rien à vous apprendre là-dessus, vous connaissez même ce domaine mieux que moi à n'en pas douter, j'ai simplement constitué plusieurs dégradés de celui-ci, afin de créer un antivenin qui puisse toucher le plus de formes de lupotoxines simultanément.
          Le contrecoup de l'antivenin est une anesthésie manifeste : le sujet est détendu à la perfection et plongé dans un sommeil pouvant varier d'une heure à huit selon la quantité injectée et son métabolisme. De même, l'angoisse disparaît complètement.



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          Sujet : Re : Re : Re : Re : Toxine
          De : Dr Frost Miller
          À: Prof. TRSR
          Type : Message
          Date : 12/7/9 ABM


          Cher collègue,

          Merci de vos précieux éclaircissements ! Cette toxine pourrait donc servir pour les anesthésies lors d'interventions chirurgicales. Avec vous noté une dépendance ? Seriez-vous prêt à vous déplacer dans les mondes du centre pour exposer vous-même son fonctionnement lors d'une conférence ?

          Cordialement,

          Dr. Frost Miller.


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          Sujet : Re : Re : Re : Re : Re : Toxine
          De : Prof. TRSR
          À: Dr Frost Miller
          Type : Message
          Date : 12/7/9 ABM


          Bonjour docteur.

          Aucune dépendance n'a été notée. Les sujets malades ont été hospitalisés à Géonosis, suite au choc de la paralysie, mais leur organisme est, de ce que le personnel médical a accepté de me transmettre, tout à fait stable au regard de la lupotoxine.

          Je ne vois aucune objection à exposer les mécanismes et les subtilités de ce venin à un public averti.Vous devez cependant savoir que je ne suis pas toujours très disponible, car souvent sollicité pour des affaires de la Confédération.

           »

          Sur ces mots s'achevait la discussion.






          Dans les couloirs muets et peints de rouge s'agitait bel et bien une forme ; la lumière et la distance ne permettaient point d'en discerner les contours, seulement une agitation, un mouvement répétitif. La forme bougeait, oui, battant des bras. Le mouvement était saccadé, car elle se tenait haut, perchée au plafond. De loin, on eût dit des bras, qui s'extirpaient d'un conduit ; ils cherchaient, avide, à saisir quelque chose qui n'était pas – plus là, battant frénétiquement l'air. On distinguait avec le son de pistons, le crissement d'articulations mécaniques. Ou peut-être la forme tentait-elle de s'extirper des conduits ? L'éclairage de piètre qualité jetait plus de confusion qu'il n'apportait de certitudes. Soudain au loin, une porte claquant ! Le son venait des étages supérieurs...Ou inférieurs ? Il était si difficile de juger, dans ce labyrinthe de fer sans sens...

          Sous la pulsation cardiaque des gyrophares silencieux au plafond, le duo parvint vers la forme s'agitant dans le noir. Ce n'était pas une créature immense tentant de s'extirper des conduits ; ce n'étaient pas des bras avides à la recherche d'une proie longtemps disparue. C'étaient les restes d'un corps droïde ; la moitié supérieure et tout son torse avaient été arrachés, laissant seulement le bassin et les jambes ; et par les fils pareils à des intestins qui avaient autrefois lié les hanches au reste, il était pendu au plafond, en une blague cruelle et sadique. Il agissait futilement ses jambes, comme un pendu se débattant pour tenter d'échapper à son destin ; mais il était déjà mort. Ce n'était que par un miracle de l'électronique que ses deux membres s'agitaient encore. Il s'éteindrait à jamais quand l'énergie aurait déserté ses dernières batteries. Un autre oublié dans son purgatoire silencieux.

          Le sol au-delà était toujours jonché d'un terrible désordre ; des boîtes, outils, meubles encombraient le passage, comme figés dans le dérangement d'une ultime émeute de la vie contre le néant qui l'attendait avidement. Les fournitures comptaient l'histoire d'une panique subite et d'une fuite, d'une retraite désespérée et ultimement futile ; au détour d'un couloir, ils parvinrent face à des sacs de sable, répartis tout le long du sol. C'était le matériel habituellement utilisé pour construire des couverts, duquel on pouvait mitrailler l'ennemi en écartant un minimum les risques de représailles. L'état des barricades livrait la suite de l'histoire. Plus important, plus capital : au bout de l'allée se trouvait une porte. Elle était composée de deux battants épais, qui se fermaient horizontalement. Surtout, ceux-ci étaient entre-ouverts ; avec un effort suffisant (quoi que colossal), le duo pourrait libérer l'accès sans difficulté.

          Or de l'autre côté y découvrirent-ils, à la lumière de leurs torches, un grand dispositif. Il s'agissait d'un cylindre, dans lequel flottait une sphère luisante. Autour de celle-ci, de multiples anneaux concentriques servaient sans doute à récolter l'énergie, fût-ce par analogie à des turbines ou par une induction spécifique et étonnante. Cependant, ils étaient immobiles. Autour de la grande cage en plastoverre, des tuyaux sortaient du sol, se répartissant probablement pour alimenter l'installation, mais deux d'entre eux étaient déchiquetés, arrachés par une fureur telle que les adaptateurs sur leur cylindre mère avaient eux-aussi été détruits. Le duo de mandaloriens avait localisé le noyau énergétique. Sur le côté se trouvaient plusieurs consoles et écrans. Certains étaient brisés, lâchant des gerbes d'étincelle qui venaient iriser les grosses touches des claviers mécaniques. Cependant, un écran encore était valide. Il ne réclamait qu'une main un peu experte pour être exploité. Sur celui-ci, on pouvait lire « Alimentation portes. »

          Les calvaires de l'équipe touchaient peut-être à leur fin ?



          Spoiler : HRP

          • La fin approche. Soyez courageux.

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            #47

            Post n°47
            Auteur : Ansikt

            J’avance avec une infinie précaution dans les conduits, suivant avec assiduité le plan que je me suis imposé. Mes pattes ne laissent qu’un bruit très léger derrière elle dans les conduits, à peine perceptible malgré le silence régnant autour de moi. Les oreilles à l'affût, je progresse lentement. Aucun son depuis tout à l’heure. Me suis-je trop enfoncé dans le laboratoire, ou une autre attaque mentale m’a fait perdre mon ouïe sans que je m’en rende compte ? Non, ça serait impossible. Je m’en serais rendu compte… Et pourtant… Mais si je fais trop de bruit, je pourrais me faire repérer. Après tout, l’Abomination pourrait être capable de se faufiler dans les conduits comme je le fais actuellement. Ca serait incroyablement stupide de gâcher mon avantage ainsi. Et pourtant…

            Un grincement dans les conduits me fait sursauter, manquant de me faire me cogner avec la paroi supérieure du conduit. Mais ma peur se mêle à une espèce de soulagement. Non, je ne suis pas sourd. Cependant, la menace n’est pas encore écartée. Je me résigne à continuer, à pas plus pressant, me focalisant sur mon trottinement un peu plus bruyant. Je vais devenir fou si je fais de vieux os ici…

            Finalement, le conduit s’arrête. Pas d’embranchement, pas d’autre possibilité. Je suis arrivé ? J’ai pris tant de temps que ça ? Je risque ma tête hors de l’ouverture. Une grande pièce se découvre à mes yeux. Il n’y a aucune lumière, mais cela ne me pose pas de problèmes sous cette forme. L’endroit est très sobrement décoré, si l’on peut encore parler de décoration. Chaque objet semble plus être présent pour son utilité pure que pour son esthétisme. Mais cela ressemble effectivement à un bureau, je suis peut-être au bon endroit. Pas de mouvement, pas d’odeur étrange… Je profite d’une armoire pour descendre sans soucis.

            Une fois au sol, je me rends compte de la taille de chaque meuble. Rien n’ici n’est aux standards humains. Ni le bureau, ni le projecteur qui trône au centre de la pièce. Ce dénommé Tericarax, le propriétaire de ce laboratoire, était donc plus grand qu’un humain. Quelques souvenirs diffus de la conférence de presse me reviennent. Malgré la piètre qualité de l’enregistrement du droïde, on pouvait reconnaître une forme bipède, mais pas humaine. Peut-être une autre espèce qui ne me vient pas à l’esprit ? Ou un cyborg ? Iroey pourrait avoir l’air humain, de loin. De très loin. Quoique…

            Je remarque des dessins accrochés aux murs, et y reporte mon attention. Non, pas des dessins… On dirait plutôt… des croquis ? Ou des schémas. Seul soucis : les annotations sont écrites dans des symboles qui me sont inconnus. Un langage secret, codé, ou une langue que je connais pas ? Dans tous les cas, je n’ai pas le temps ni l’envie d’essayer de le décoder. Les informations présentées ne vont pas être vitales de toute manière. Je crois reconnaître un Rancor, mais c’est bien tout. Et, si jamais il y avait une quelconque donnée sur l’Abomination, je serai incapable de la lire. Tant pis.

            J’inspecte le projecteur au centre de la pièce. Pas de câbles apparents, pas de piège non plus. Quelque chose y est accroché, mais ne ressemble guère à un levier. Dans le doute, j’appuie légèrement dessus. Sans effort, l’objet tombe de son réceptacle, et roule un peu une fois au sol. Ainsi présenté, il ressemble plus à un pointeur, ou un stylet. Rien de trop intéressant, donc. J’appuie sur le bouton d’allumage du projecteur, mais rien ne se passe. Le dispositif n’a pas été épargné par la coupure de courant. Dommage, j’aurais peut-être pu trouver quelque chose.

            Je fais un petit tour de la pièce. D’autres schémas, d’espèces que je ne reconnais pas, malgré le niveau de détail de ces derniers. La porte est scellée, également touchée par l’absence d’électricité. Je ne crois même pas que je veuille sortir par là. Qui sait quels dangers guettent ? Après tout, il pourrait bien y avoir d’autres bestioles en captivité, ravies de profiter de leur liberté nouvelle, errant sans but dans les couloirs de ce dédale. Mon ouïe ne m’avertit de rien, autant que mon odorat, mais ces deux sens ont déjà été trompés par le passés. Mieux vaut rester vigilant.

            Il ne me reste qu’une chose à vérifier. Je bondis avec grâce mais sans gêne sur ce qui semble être le bureau de la pièce, sur lequel siège un objet plat. Le voyant de plus près, je me rends compte que c’est un datapad, avec une coque particulièrement renforcée. Même l’équipement militaire que nous avons reçu n’est pas aussi protégé. Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle protection ? Tericarax était-il particulièrement précautionneux et méfiant, ou alors les expériences autrefois menées ici justifient un tel degré de prévention ?

            Malgré cela, l’objet reste utilisable. Mes pattes de félin sont suffisamment pratiques pour ne pas justifier un changement de ces dernières, et le datapad s’allume, inondant la pièce d’une lumière violette qui me fait avoir un mouvement de recul pour protéger mes yeux. Je reste quelques instants ici, une légère sensations de brûlure sur mes pupilles. Rien de dangereux en soi, mais l’environnement dans lequel il se trouve n’est pas des plus favorables. Un instant d’inattention pourrait me coûter cher. Ainsi illuminée, les détails de la pièce s’affirment, pour au final accentuer le côté froid et sans vie du mobilier.

            Après un léger temps d’adaptation, je reviens sur le datapad, mais cette couleur violette me perturbe. Je ne savais même pas qu’il en existait de tels. Ce n’est pas la couleur la plus agréable à regarder non plus, surtout dans ces conditions… Mais bon, passons outre. Plusieurs sections s’affichent. Certains illuminées, certaines grisées. Des soucis d’accès, certainement. Je choisis également de baisser la luminosité de l’appareil, constatant qu’il n’est pas complètement chargé. Mieux vaut essayer de le faire tenir le plus longtemps possible : je ne sais pas ce que je peux y trouver.

            Des dossiers s’affichent, tous bloqués. Même si les noms ne me disent rien, c’est frustrant : et si une information capitale s’y cachait, sans que je puisse y accéder ? Frustrant, mais je n’y peux rien. J’ouvre le dernier dossier, et me mets à lire. Un coup d’oeil sur la date me révèle que la conversation suivante date d’environ deux mois. Ca concorde avec ce que je pense savoir sur Tericarax. Je me mets à lire le contenu de « Frost ».

            C’est une conversation entre deux scientifiques, à propos d’une toxique d’un Vornskr. Mh mh… Différentes toxines… Différents remèdes… Les effets me rappellent la vision que j’ai eu, mais je n’ai pas eu contact direct avec une autre bête que l’Abomination. Et encore, elle ne m’a même pas touché. Ca me semble improbable, mais c’est toujours possible. Tester le sérum dans différents hôpitaux…Et… c’est tout ? Mais…
            Je suis… déçu. Mais, en y réfléchissant… Je ne sais pas pourquoi. Pourquoi suis-je déçu de ne rien trouver ? Tiens, même : pourquoi je suis venu dans les quartiers du propriétaire du laboratoire, alors qu’une monstruosité rode et qu’il faudrait mieux que je me tire le plus vite possible ?

            Je reste quelques instants le regard vide, à sonder la vacuité de ma raison ici, cherchant pourquoi j’ai pris cette décision à ce moment là. N’y arrivant pas dans l’immédiat, un sentiment de frustration m’envahit. Rien ! Il n’y avait rien ! Rien d’utilisable. Même pas quelque chose !

            Mais oui, c’est ça. C’est ça que je cherchais. Quelque chose .

            Je n’avais aucune idée en tête. J’ai vu le nom de Tericarax, et j’ai imaginé que tout serait dans ses quartiers. Des informations secrètes, des réponses à mes questionnements, l’origine de l’Abomination, une manière de la tuer… Une raison pour laquelle nous nous retrouvons ici et pour laquelle Alduin est morte. Mais, non. Rien. Il n’y a rien. Et c’est normal.

            Je reste sans rien faire quelques instants, mais laisse finalement échapper un léger soufflement de narines, qui s’enchaîne ensuite sur un petit rire, de plus en plus grave et fort, jusqu’à arriver à un ricanement sinistre et hystérique raisonnant à travers les conduits, faisant fi pendant un moment de toute notion de survie. Rien ! Il n’y avait rien ! Rien de tout ceci n’a de sens ! Cette créature n’a aucune raison d’être là ! Il est mort pour rien .

            Le ricanement se mue en un hurlement de rage, et je me mets à frapper autour de moi sans réfléchir. J’arrache un schéma par ici, envoie voler la stylet du projecteur, mais ma colère passagère ne fait pas plus de dégâts que cela. La pièce est trop vide pour faire de réels dégâts. Toujours aussi frustré, j’essaie de me calmer, et remonte sur le bureau pour m’y asseoir, essayant de reprendre mes esprits. La respiration forte, je lorgne sur le datapad à mes côtés. Je ne l’ai pas touché, et, de toute manière, vu sa coque, il n’aurait pas été très endommagé. Je le fixe quelques instants, et une idée me vient. Non, pas pour rien.

            Je m’approche de l’appareil, et y retire la fine pellicule poussiéreuse qui s’y était déposé depuis l’abandon du laboratoire. Avec une infinie précaution, je mets le datapad dans ma gueule, et remonte dans les conduits. Ma venue si bas n’aura pas été vaine, je le refuse. Et je refuse également qu’il ait disparu pour rien. Disparu… Sérieusement, comment est-ce possible ? Un Derriphan ! Un @£*!&% de Derriphan ! Un créature faite de Force et de côté Obscur ! A peine blessé par des blasters, avalé comme un moins que rien par une erreur de la nature ! Il aurait fallu quelque chose pour annuler l’intangible, c’est imposs…

            Je m’arrête dans le conduit, comme si une lumière venait de s’allumer dans ma tête. Annuler la Force ? J’ai déjà vu cela quelque part… mais où ? Fouillant mes souvenirs, je me remets à avancer dans les conduits, sans plus me concentrer sur ma route. Où ? C’était récent, j’en suis sur… Mais pas sur ce datapad… Allez, cherche… Ah ! Celui qu’on avait lu, là où l’air était difficilement respirable… Isalamari ? Ysalri ? Bah, tant pis ! Mais les scientifiques des messages disaient qu’ils avaient le potentiel d’effacer la Force ? Ou alors ce n’était que supposition ? Mais je n’ai pas d’autre meilleure explication…

            Je m’arrête un instant. Attends. Non. Ca n’a pas de sens. Comment une Abomination comme celle qu’on a vu pourrait avoir ce genre de capacité. Ca ressemblait à une Twi’Lek. Horriblement mutée, certes, mais une Twi’Lek tout de même. La créature dont ils parlaient n’était pas une Twi’Lek, ni une forme de parasite, de mémoire. Ou alors…

            Je lâche le datapad, qui émet un petit bruit métallique en touchant le sol du conduit. Et si ces scientifiques fous avaient fait s’hybrider différentes espèces, et que ça avait loupé ? Ou pire, réussi, et que ça s’était retourné contre eux ? Mon poil se hérisse à cette idée. J’avais développé une once de respect pour ce Tericarax en lisant sa conversation avec ce « Frost », mais s’il a commandité et coordonné la création d’une pareille abomination… Erk. Est-ce que ses recherches valent le coup d’être remises en surface ? Ne valent-elles pas mieux à pourrir ici, parmi tant d’autres ?

            Ou alors les scientifiques l’ont fait sans son accord ? Après tout, certains messages semblaient indiquer que les scientifiques avaient une certaine part d’autonomie. Auraient-ils pu le faire en cachette ? Non, c’est stupide. Comment auraient-ils pu cacher quelque chose de ce genre ? Tericarax était forcément au courant. Ou un de ses larbins haut placé. Et des scientifiques étaient d’accord pour perpétrer ce genre d’actes, sans remettre en cause l’autorité. Dans tous les cas, quelque chose de mal s’est produit ici. Et si les recherches dans ce datapad sont du même acabit, ne vaut-il mieux pas les laisser ici, dans un conduit miteux ? J’ai bien senti les ambitions de la créature : elle en voudra plus. Toujours plus.

            De plus, ce raisonnement ne me semble pas tout à fait incohérent. D’après la description d’Azel, les Rakgoules sont de sacrées saloperies. Et pourtant, Iroey en a bien offerte une à Tericarax, qu’il a accepté. Une bête pourtant si dangereuse, apparemment, certainement pour faire des expériences, ou au moins en apprendre plus dessus. Après… si je reprends l’histoire du remède, il a bien choisi d’étudier les Vornskr pour en faire un remède, et n’a pas refusé à le distribuer au plus grand nombre… peut-être aurait-il voulu étudier les Rakgoules pour essayer de trouver une cure à leur agent pathogène ? Mais comment puis-je en être sur ? Et comment être sûr que tous les scientifiques qui pourraient tomber sur ses recherches auraient les mêmes repères éthiques ?

            A y repenser, il faut que je me méfie d’Iroey… Il semble complètement obnubilé par le scientifique… Et il n’a pas fui devant l’Abomination… Courage, stupidité ? Ou alors il la connaissait déjà, savait qu’il ne risquait rien ? Voire pire, qu’elle serait sous ses ordres ? Après tout, je n’ai revu ni l’un ni l’autre. Quoique. Non. C’est normal. Je me suis caché, je suis sans mon datapad, je ne peux pas savoir. Mais tout de même, il est louche… Et il n’a pas hésité à se précipiter sur les archives quand il l’a pu… Si je n’avais pas été attiré par ce bruit de lutte, sa négligence m’aurait coûté ma peau…

            Je réfléchis… je réfléchis… et au final, je n’avance pas. Qu’est-ce que je peux faire de ce datapad ? Remarque, le seul dossier « ouvrable » était une conversation. Et s’ils étaient tous pareils ? Que des conversations ? Importantes, certes, car peut-être ses dernières paroles avant sa mort déclarée, mais pas de quoi créer un destructeur de mondes ? Quoique, l’échange de messages avait tout de même un sujet très scientifique… Mh…

            Je reprends le datapad dans ma gueule, faisant usage d’une infinie précaution pour ne pas le recouvrir de bave en même temps. Il faut que j’avance, peu importe ma décision. J’ai encore un bout de chemin à faire, je pense. De toute façon, presque tout est protégé par une datacarte : je doute que quelqu’un puisse passer outre si facilement. Et, si jamais je me décidais à le prendre, je peux toujours le garder pour moi…

            Quelques minutes plus tard, une odeur me fait m’interrompre. Métal… Mais aussi chair. Méfiant, je renifle doucement. Chair… Chair humaine. Et cette odeur spécifique ...

            Les mandaloriens. Les deux rentrés avec moi dans ce laboratoire, en tout cas. Ils semblent proches… Sur ma...gauche ? Oui, gauche. Si j’avance encore un peu, peut-être…

            Distrait par l’utilisation inhabituelle de mon odorat, et sans avoir eu trop le temps de réfléchir à propos de si je voulais les revoir, je sens le sol du conduit se dérober sous mes pattes. Un défaut, ou une faiblesse de construction, accentuée par l’état actuel du laboratoire. Dans tous les cas, me voilà à chuter de deux ou trois mètres. Par réflexe, j’arrive à me retourner, et atterrit plus ou moins silencieusement sur mes pattes, le datapad et le reste de mon corps sans autres dégâts. Enfin, presque. L'atterrissage était moins agile que prévu - il faut croire que je n’avais pas pris cette forme depuis trop longtemps - et ma patte me fait mal quelques instants. Rien de grave, normalement, je suis plus solide que ça. Mais je ne vais pas pouvoir courir pendant quelques minutes, en plus d’être un peu sonné par la chute.

            Le véritable problème, en revanche, est que les mandaloriens vont dans ma direction. Je retourne vers eux mes prunelles luisant dans l’obscurité. Oui, ils arrivent. Ils peuvent peut-être même déjà me voir. Moi, un félin sombre avec une grosse crinière, deux iris ambre les fixant depuis la pénombre, quelque chose dans la gueule et un semblant de manteau déchiré de leur ex-compagnon sur le dos. Cela n’augure rien de bon pour moi.

            Trop tard, ils sont déjà là. Azel m’a déjà remarqué, et lève sa hache. Si je fuis, elle me poursuit, et l’autre m’abat. Réfléchis, réfléchis, réfléchis… Un moyen de temporiser… Et si je parlais… non… Ils pourraient reconnaître ma voix… Quoique, je pourrais la modifier… Déjà ainsi, ma voix est totalement différente de celle de Billy… Mais je ne peux pas prendre de risques ! Et si je parle, ils pourraient se méfier de moi, penser que je leur mens (ils n’auraient pas totalement tort, remarque), et vouloir m’abattre à la première occasion. Ou alors poser des questions, demander mon espèce… Je ne suis pas du tout dans une position avantageuse… Dans le pire des cas, ils essaient de m’abattre immédiatement.... Dans le meilleur des cas, je sors avec eux, mais je suis obligé de garder cette forme pour toujours avec eux… non, trop dangereux. Et peut-être qu’ils pourraient se dire que je suis un changeforme… Ou croire que je suis une bête intelligente qui a tué leur ex-compagnon pour piller son manteau. Rah ! Comment est-ce possible que je n’ai AUCUNE bonne situation ? Me suis-je attiré les foudres d’un dieu malveillant, ou suis-je le jouet d’une entité supérieure qui s’ennuie un peu trop ? Je ne crois pas vraiment aux divinités, au destin… A la Force, mais c’est bien tout. Et pourtant parfois, je pourrais me questionner.

            Allez… Réagis… Tu n’as pas une éternité…

            Je choisis finalement l’option “bête idiote avec un objet trop important”, aussi par manque de temps pour réfléchir. Je lâche délicatement le datapad par terre, accompagné par quelques gouttes de bave. Avec lenteur et précaution, je fais un mouvement volontairement gauche et allume le datapad. Avec la luminosité au minimum, il n’est plus aussi aveuglant, mais révèle tout de même mon visage félin. Je regarde un instant les mandaloriens, puis pousse délicatement le datapad avec mon museau, comme une invitation, puis recule de quelques pas, en lisière de la lumière, attendant qu’ils en lisent le contenu. Pas de mouvement brusque, rien pour les affoler ou les faire paniquer. Il sont certainement à cran. Il me faut du temps, une diversion, quelque chose. Et, dans le pire des cas, mieux vaut que le nouveau propriétaire de ce datapad soit l’un d’eux qu’Iroey. Avec un peu de chance, ils vont me prendre pour une bête intelligente, et me laisser partir, voire me laisser l’opportunité de redevenir « Billy ». Au moins ne pas attaquer sur le champ. Eh. Je peux toujours espérer. Je n’ai plus que ça, de toute manière.

            Spoiler : HRP

            Pour la forme de Gurlanin d'Ansikt, la description de mon dernier post est normalement suffisante, même s'il ne s'est pas embêté à enlever le manteau (maintenant déchiré) qu'il avait en tant que "Billy". Si vous voulez une image, on est à mi-chemin entre mon image de profil (pour le collier) et ça http://pre03.deviantart.net/80e1/th/pre/i/2014/059/c/b/star_wars_republic_c…

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              #48

              Post n°48
              Auteur : Blad Demeci

              " Euh… Ok. On sait où elles sont, ces consoles ? Parce que vu la taille du bâtiment, on peut les chercher longtemps."

              La question d'Azel n'était pas si bête que ça, mais Blad ne prit pas la peine d'y répondre pour autant. Le Major estropié avait désigné une direction, c'était la seule piste à suivre, inutile d'en discuter davantage. D'autant plus que l'officier avait donné ses ordres : go. Le soldat au bras bionique couvrait donc le fantassin armé de sa puissante hache. Le duo était solide, sur le qui-vive. Même après toutes ce chemin parcouru, les Mandaloriens semblaient bien éveillés. En réalité, les bras commençaient à s'engourdir et des courbatures tiraillaient les mollets du Commandant. Il n'y avait que le mental à présent, qui était capable de maintenir les unités présentes en alerte.

              Lors d'une courte pause, Azel tente de joindre Billy, en vain. Presque synchro, Iroey fait parvenir un message au duo Mando'ade : la créature qu'il combattait venait de lui échapper. Blad fronça les sourcils et soupira, les nerfs de plus en plus à vifs. La mission était déjà un fiasco, et voila que les choses acquises venaient à disparaître. Au moins l'équipe avait récupéré des données importantes, il fallait maintenant s'évertuer à bloquer tous les accès de cet endroit maléfique.

              Le tandem de Mandalore poursuivit son avancée dans les dédales sans lumière. La torche de Blad éclairait les pas d'Azel, quand celui-ci s'attarda sur un détail en hauteur. De loin, il aurait cru voir un individu humanoïde faire des signes avec ses bras, perché au plafond. En réalité, il s'agissait d'un misérable droïde décarcassé en deux, dont les jambes bougeaient encore. Décidément, les monstres locaux devaient aimer la ferraille... Le borgne eut un sourire en coin suite à cette petite confusion. C'est vrai : qu'est-ce que ferait franchement un rescapé dans cette position? A part moisir et mourir de faim, pas grand-chose.

              Le décor semblait être la même continuité de matériel divers et varié, devenu obsolète dans ce cimetière technologique. Pourtant, au bout d'un énième passage parmi les décombres, Blad vit enfin quelque chose d'intéressant : un amas de cylindres se rejoignant en un point, le tout ressemblant fortement à un générateur ou quelque chose du genre. Pas de doute : l'équipe était arrivée à son objectif.

              "Ok, c'est ici que tout se joue."

              Ponctua le vétéran de guerre, s'approchant à pas de loup de la dite alimentation. Soudain, il fit volte-face, Azel venait de lui signaler quelque chose, littéralement. Face à l'imprécision de la demoiselle, il se devait d'agir vite pour être prêt au pire. La lampe du guerrier vint se focaliser sur une créature très étrange, à la foie féline et autre chose de mystique. La fourrure noire de la bête absorbait la lumière, mais pas suffisamment pour cacher le manteau déchiré qu'elle portait tant bien que mal. Plus étrange encore ; l'habit souillé serrait le corps de l'animal, comme s'il avait grandit dedans et qu'il ne pouvait plus s'en défaire. D'ailleurs, à bien l'analyser, Blad avait l'impression d'avoir déjà vu ce vêtement quelque part.

              Le félin sorti de nulle part déposa un datapad cossu sur le sol, avant le pousser de son museau et de fixer les Mandaloriens à travers ses yeux jaunes. Parallèlement, un message d'Iroey parvint aux oreilles de Blad, signalant que l'armoire d'acier était en route. L'officier pointa alors son arme doucement sur le félin, qui reculait mystérieusement sans bruit, puis il lança à son équipière du moment :

              "Je tiens celui-là en joug, au cas où. Jetez donc un œil à ce qu'il vient de nous livrer..."

              Le suspens était à son comble. Quelle autre surprise réservait ce complexe au groupe à bout de force? L'héritier de Mandalore espérait qu'il n'y en ai plus aucune, il n'était pas du genre à apprécier les imprévus.

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                #49

                Post n°49
                Auteur : Azel Kyone'e

                Je sais pas si c’est à force de devoir tâtonner dans la semi-obscurité, mais j’ai comme l’impression de me reporter sur mes autres sens. Bon, l’odorat est peut-être pas encore au point, mais les bruits prennent une dimension peu habituelle. J’hésite. D’un côté, j’me sens fière d’être de nouveau aussi affûtée. C’est vrai, à force d’écluser les arrière-boutiques des cantinas galactiques, je valais guère mieux qu’un Houk aviné. Là, j’ai de nouveau cette sensation d’être prédateur plus que proie. Dommage que la sensation arrive alors que mes batteries sont à plat. Je ne pourrais bientôt plus tenir correctement mes haches, à moins de laisser mes bras sur place avec. De bonnes vieilles crampes me gagnent les jambes, et quelques hématomes pour faire bien sous l'armure.

                L’ombre n’approche pas. Le truc me semble remuer dans son coin, pourtant ! Je me tiens campée, prête à lui fondre sur le coin de la figure s’il fait mine de se mettre en route. Mais non. Rien ne se passe… Étrange. Mh. Compte pas sur moi pour relâcher ma garde : même face à un mur j’ai l’impression qu’il pourrait me mordre. Cet endroit vous rend vraiment dingo. Est-ce que c’est cette espèce de gaz qui s’est échappé dans les sous-sols ? Ou peut-être la faim ? Je sais pas ce que je donnerai pour un bon steak de Bantha braisé avec un petit Uj’jayl de derrière les fagots… C’est que je commence à avoir une belle crampe au niveau du carburateur, moi. Se battre contre des monstres le ventre vide, c’est comme piloter un vaisseau avec six bouteilles de rhum corellien dans le cornet : faut pas s’attendre à ce que ça finisse bien !

                J’entends la voix d’Iroey qui crachote quelque chose au travers de nos pads, mais je prends pas le temps d’essayer de comprendre : j’ai les yeux braqués sur le truc dans l’ombre. Pas après pas, je m’approche, avec la vague impression d’être un fauve en chasse. La voix du cyborg s’est tue, et d’un coup, le faisceau de la torche de Blad accroche quelque chose au plafond. Mon regard suit.

                Un reste de droïde ! Alors c'était ça, ce mouvement dans l'ombre ? Ah, j’ai le rire qui me chatouille la gorge, tout d'un coup. Le truc a quelque chose de vraiment comique, pendu comme ça au plafond ! Bon, ça a au moins la vertu de me dérider un peu : j'allais finir par me prendre au sérieux, moi ! Maintenant, je me demande bien ce qui a pu l'envoyer là-haut, le drôle. M'est d'avis qu'il ne s'y est pas mis tout seul...

                Dans le silence alentour, des craquements, des cliquetis. Dans mon dos, les gesticulations grotesques de la machine s’ajoutent aux pas plus discrets de Blad. Ça me rappelle ces ambiances d’holofilms que Dason projetait parfois lors de nos soirées à bord de l’Épine. Il espérait me faire peur avec ces trucs, mais en général, les acteurs étaient tellement mauvais qu’on en riait. Je me demande bien ce qu'il penserait de ma situation actuelle, tiens. Je sais pas si je joue mieux que tout ces acteurs à la petite semaine. La seule différence, c'est que moi j'ai rien demandé.

                Je serre les dents. J’avance, encore, toujours. Chaque mètre peut nous rapprocher de notre but, comme nous enfermer dans un cercueil. Perso, j’aurais préféré un feu d’artifice bien classe. On est pas trop du genre à laisser le jambon faisander à la cave, de par chez nous. On préfère les barbecues, c’est plus hygiénique. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je me trouve dans ce dédale de couloirs et de bureaux, et je doute que le petit chef sur mes talons soit bien plus avancé. Avec notre chance, notre but se trouve à l'opposé de là où on va... Sans compter qu'avec les joyeusetés qui se baladent en liberté, on ouvre une pochette surprise à chaque angle de mur ! Et en parlant d'angle, voilà qu'on arrive à la fin d'un nouveau couloir. Tiens. Mes oreilles m'indiquent que quelque chose fonctionne dans le coin : un ronronnement régulier. Allez 'tsel, on y va, c'est parti Mon Calamari ! - ouais elle est bien nulle celle-là. Je lève le nez, et je les vois : des conducteurs très haute tension. Large comme ma paume les trucs ! S'il y a une chance que ce qui contrôle la totalité des systèmes se trouve quelque part, les probabilités sont plutôt en faveur du "droit devant" ! Blad a l'air d'accord.

                « Ok, c'est ici que tout se joue. » Que je l'entend s'exclamer : le zouave me paraît d'un coup bien plus joyeux. Faut dire que question réjouissance, on est pas trop mal loti. Je renifle discrètement, regarde de droite et de gauche, avant de le suivre. Le rayon de sa torche passe dans la salle sur laquelle débouche le couloir, et je les aperçois.

                Les consoles !

                J'en crois pas mes mirettes : non, j'ai rien fumé. C'est bel et bien un noyau d'énergie avec un tableau de bord ! Je fais trois pas dans la pièce, avant qu'un truc douche un peu mon enthousiasme.

                Attends. C’est trop facile. Je sais pas trop d'où me vient cette idée, mais c'est vraiment, vraiment trop facile.

                On a passé une plombe à galoper dans tous les sens, et pile poil quand on cherche une console, on en trouve une ? Hey, je suis peut-être pas une lumière, mais y a des limites aux coïncidences ! Ma main passe sur le tableau de commande. Bizarre, rien ne semble avoir été endommagé : on dirait juste que la source s’est tarie. Les commandes fonctionnent en revanche. Le ronronnement provient de là : avec un peu de chance, on va pouvoir les actionner, ces portes.

                « Il faut une source d’énergie externe pour le relancer. »

                Le genre de truc pas nécessairement super facile à dégoter. Allez zézel, c'est partie pour une chasse aux piles ! Qu'est-ce qui pourrait être assez puissant dans le coin pour faire repartir une installation pareille ? Je commence à fouiller les environs du regard, tout en passant rapidement en revue ce que j'ai sur moi. C'est à dire : pas grand chose. La batterie de mon pad fera pas autre chose que quelques étincelles, c'est mort. Autour, aucun des ordinateurs ne m'a l'air d'avoir beaucoup de Watt à céder. Blad s'aventure un peu plus loin. Quand tout à coup...

                Cling-clang-clong

                Dans mon dos, un barouf de tous les Dévarionniens. Ah, cette fois, je suis pas complètement folle ! Y a bien quelque chose de vivant de ce côté ! Sauf si on s’aperçoit que le toit est en train de nous tomber sur la tête. Quelque chose est tombé au sol : on dirait une grille d'aération. Je contourne l’angle, prête à sauter à la gorge de ce qui se trouve de l’autre côté. Un éclat dans le noir : des yeux ! ALORS CETTE FOIS, J'VAIS M'LE FAIRE !

                « On bouge plus, là ! Chef, c'est pas un droïde cette fois ! »

                Un museau noir, des poils : d’ici, on dirait vaguement un canidé… ou un fauve, j’sais pas trop : Bref, un truc qui mord et qui griffe. Autrement dit, go le mettre dans la case des trucs à trucider ! Tu me diras, on se demande ce qui n’est pas à trucider/démonter/éviter, dans ce trou ! Dingue le nombre d’horreurs que des excités de la seringue peuvent vous mettre entre les pattes sans même le vouloir…

                « Encore une bestiole cheloue ! T’ain, ils ont fait un élevage ici ou quoi ?! »

                Mon épaule me lance quand je déploie le manche de la hache : j’avais peut-être un peu surestimé l’effet de nos quelques semaines d’entraînement… Moralité, ‘tsel, avant de t’aventurer dans un labo désaffecté, fais donc quelques échauffements tranquilles !

                A la faveur d’une raie de lumière sanglante projetée au sol, je devine que la bête à quatre pattes porte un vêtement. Je cligne des yeux. Non, j’ai pas rêvé. Ce machin porte une veste ! Là, il est vraiment temps d’aller se biturer la trogne. Je dois manquer de sommeil, c’est pas possible. La bestiole fait un truc complètement improbable : elle lâche son butin, et d’un coup de nez, le fait glisser vers moi. Mes yeux filent de l’animal vers l’objet, puis de l’objet vers l’animal. Ses yeux luisent dans l’ombre, presque fluorescents. Ils ont cette étincelle d’intelligence qu’on ne trouve que chez les aliens. Gentil, le toutou ? Mouais. J’ai suffisamment bourlingué pour savoir qu’il existe des races tordues, bizarres. En revanche, j’ai jamais croisé une chose comme celle-là, et j’ai pas envie de lui laisser l’occasion d’être plus qu’un simple chat-chien avec une veste sur le poil.

                "Je tiens celui-là en joug, au cas où. Jetez donc un œil à ce qu'il vient de nous livrer..."

                J’acquiesce lentement d’un coup de menton, sans quitter le visiteur du coin de l’œil. Je l’examine un peu, histoire d’être sûre de pouvoir approcher sans me faire attraper un bras. Je cale le pad sous ma botte, puis le fait glisser, avant de me baisser et de me relever instantanément. Le machin m'a l'air rudement costaud : c'est pas un modèle pour les chiourmes, ça ! Blindage et compagnie. J'admire le travail, quand je me souviens que c'est le contenu dudit machin qu'on m'a demandé d'examiner, et pas les coutures. Le contenu affiché à l'écran ressemble pas mal à ce que l'autre ordi nous avait craché une heure plutôt. Des conversations de mordus des expériences pas nettes. Des messages portant tous sur des trucs ultra techniques que je ne cherche même pas à retenir : un verbiage fumeux dont seul Billy aurait pu se dépêtrer, peut-être.

                « On dirait que ça contient d'autres messages, de la même trempe que ceux qu'on a trouvé en haut... C'est quoi cette couleur débile...?! On se fusille les yeux avec ça.»

                Sans lâcher l'intrus des yeux, j'essaye d'y regarder d'un peu plus près. Exercice plus difficile qu'on le croit.

                Ok. Autant me parler en Haut Galactique. Je me tourne vers la bestiole : s'il y en a un ici qui pourrait nous éclairer, c'est bien lui ! Je doute que l'autre droïde puisse grand chose pour nous. Je le fixe au travers de ma visière, et d'un mouvement du menton, lui précise que c'est bien à lui que je m'adresse.

                « Tu sais parler ? »

                Parce que ce serait sympa de nous indiquer la sortie. C’est vraiment ce que j’ai envie de lui dire, mais j’ai la présence d’esprit de me souvenir qu’on doit d’abord sceller ce labo. Histoire qu’on retrouve pas des petits monstres partout dans la nature d’ici quelques jours.

                « On me la fait pas à moi : je sais reconnaître un type louche quand j’en vois un ! Nous fais pas le numéro du petit animal bêta ! »

                Je remarque alors l’écusson sur l’épaule : c’est celui de la CSI. J’ai déjà vu cette veste. Oui, c’est certain : je la connais ! Oh mince.

                « Mais... Attends un peu, sac à puces : c’est la veste de Billy, ça !! »

                Ah, je crois que je peux crier au génie ! Mais la seule chose qui m’anime, c’est une sourde colère. Pourquoi ? J’sais pas exactement, peut-être le fait de me retrouver coincée ici face à un animal portant une veste ? Ou peut-être que cette veste, c'est celle de mon coéquipier disparu ? Disparu ? Toi... Tu vas pas retourner te coucher tranquille, ce soir : parole d'une Kyone'e.

                « Où t’as trouvé ça, punaise ?! Qu’est-ce que t’as fait à la crevette ?! T’as intérêt à me répondre si tu veux pas finir en décoration murale ! ALLEZ !! »

                Le tranchant de mon arme se positionne à la verticale de sa tête. Je sais pas duquel du tir de Blad ou de mon coup de hachoir sera le plus rapide si jamais cette chose a bouffé la crevette...

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                  Post n°50
                  Auteur : Iroey

                  Une lente avancée. Voici le déroulement des choses actuel, Iroey remontant les archives du laboratoire sur son dos dans une cage d'ascenseur non opérationnel. Le cyborg tire sur les câbles, ses pieds se cramponnant fermement sur les murs en acier, celui-ci se plaignent à chacun de ses pas, sa lourde charge dans son dos ralentissant considérablement l'ascension du sergent, celui-ci regardant vers le haut, son puissant corps lui permettant de faire cet exploit qui serrait simplement impossible pour les autres dans l'équipe de répliquer.

                  Toutefois, l'être cybernétique s'arrêta soudainement tout près du bord de la porte d'accès ouverte, ses orbites fixant le vide. Ses pensées l'échappent et le monde semble tourner autour de lui. Dans sa tête, la machine à l’impression de sombrer dans le vide, tombant encore et encore. Il regarda son bras droit et y vite un bras humanoïde avec une masse musculaire légère, celui-ci portant une sorte de gants ? Il la regarda alors de plus près, celui-ci ayant un réflexe d'organique de cligner des yeux avec ses orbites, mais après que ses yeux se s'ouvrèrent de nouveau, il vit son bras en alliage tel qu'il le connaît. Cette mission semble être en train de rendre dysfonctionnel ses processeurs ou pire encore. La créature est en train de prendre contrôle de lui ?

                  Cette simple pensé le poussa avec vigueur à sortir de la cage de l'élévateur, se penchant pour passer avec la civière dans son dos, ayant atteins le niveau où devrais se trouver Azel et Blad. Iro regarda alors la carte dans son HUD et tenta de localiser les datapads de ses alliés, deux étant tout près et un beaucoup plus loin dans les installations. Sûrement Billy si ont se fit à la logique que les mandalorien son en équipe et que son acolyte à lui à prit le large en voyant la bête plus tôt. L'officier se mit alors à réfléchir tout en reprenant sa marche à une manière efficace de le retrouver et le sortir de se pétrin sain et sauf ou dans le pire des cas, ramené son corps à ça famille s'il en a. Zigg ne connais pas vraiment la recrue vue l'étendu vague de son fichier, mais une chose est sur. Les organiques ont pour tradition de faire des cérémonies pour honorer leurs morts et se rappeler. Étrangement malgré sa frustration que le jeune homme l'ait laissé seul face à l'adversité, le géant de fer n’éprouve aucune animosité à son égare. Plus surprenant encore, celui-ci espère pouvoir le sortir de ce merdier sain et sauf comme chaque survivant trouvé s'il en a.

                  Accélérant le pas, le confédéré entendit des échos dans les profondeurs des corridors. Une agitation qui se déroule dans l'ombre ? Son blaster étant totalement inefficace contre le Minotaure qui hante ses lieux, l’officier supérieur décida de se faire plus discret malgré sa lourde charge dans son dos, écoutant et analysant la carte. Il se rapproche du commandant Unforgiven et sa congénère. Ce fut après quelques pas de plus qu'un bruit assez lourd se fit entendre comme si quelque chose venait de tomber lourdement au loin. Iro continua sa marche en faisant plus attention à ses pas avec sa lourde charge, s'approchant discrètement pour passer sa tête dans le coin d'un corridor une fois assez près après quelque minutes de marche. Dans les ténèbres il vit les deux mandalorien prenant en cible une créature aux poils noir quadrupède qui est dos à lui. Pour ne pas recevoir de tire sur lui vu la tension dans l'aire, le prototype attendis. Sur le coup, Iro fut prêt à bondir, mais se ravisa, regardant la pénombre devant lui et réfléchie. Avec la distance et l’écho il ne peu vraiment distinguer se que raconte ceux-ci donc il décida de sortir de sa cachette.

                  L'archétype sortit finalement du noir absolut, celui-ci marchant lourdement pour se faire bien entendre et dit :


                  -Intéressent... Laissez-moi voir...

                  Il se fit éclairer par le commandant Demeci, le révélant avec son colis à son dos. Iroey se pencha alors et s’approcha le plus près possible de la bête qui semble très méfiante. Étonnamment, ce spécimen ne lui est pas inconnu, mais pourquoi ? C'est bien la première fois qu'il en voit un de ses yeux vivant non ? Bref, le séparatiste endurci le regarda en détail, reconnaissant une veste d'origine confédérée. Son cerveau se mit alors à réfléchir rapidement. Il regarda encore plus en détail la bête avec sa vision nocturne, remarquant que la veste a déchiré comme si quelque chose à l’intérieur de celle-ci avait changé. Étrange... Vraiment étrange... Ses calculs mentaux n'arrivèrent alors qu'à une conclusion possible.

                  -Cela va sembler étrange... Mais je crois que ce fauve est Billy...

                  Sentant la consternation dans le regard de ses partenaires, il s'expliqua alors davantage.

                  -Je m'explique... Quand la bête nous est apparue, il s'est sauvé dans le noir avec aucun équipement pour le guider... Ma théorie, improbable soit-elle est que notre ami soi tombé dans le noir sur quelque chose qui l'est transformé... Car vous voyer... La veste de est déchiré de l'intérieur... Comme si lors de sa transformation, la veste s’est déchirée autour de lui, devenant trop petite... ... C'est étrange, mais il y a 15% de chance que cela soi possible vu les tonnes de projets effectués ici dans ses laboratoires... Surtout après se que j'ai rencontrer ici... Cette théorie improbable ne me surprendrait pas le moins du monde... … Vous permettez...?

                  Dit-il alors en prenant doucement le datapad étrange des mains de la femelle, celui-ci le regardant sans être accommodé par la lumière de l'écran. Il le feuilleta brièvement, regardant le seul message accessible avant de fermer l’appareil pour économiser ses batteries. Pour le mettre en sécurité, Iroey le rangea dans un socle à sa taille regardant les consoles rapidement. Apparemment le noyau a besoin d'une source d'énergie externe pour pouvoir redémarrer. Le robot se mit à faire le tour de la pièce alors que la créature est tenue au garde-à-vous par les deux guerriers, celui-ci voyant alors un petit écran encore allumé avec écris dessus se qui semblent être l’alimentation des portes anti-propagation... Voilà la solution ! Toutefois son explication concernant la créature ne semblent pas vraiment plaire aux autres...
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                    #51

                    Post n°51
                    Auteur : Ansikt

                    J’observe de mes iris luminescents le comportement des deux mandaloriens en face de moi. Ils sont les menaces les plus directes qui peuvent se dresser devant moi, mais également, ironiquement, mes meilleurs alliés. Il faut que j’arrive à tourner la situation à mon avantage, d’une manière ou d’une autre. Ne pas éveiller les suspicions est un bon début, déjà.

                    Azel, sur commande de Blad, s’approche de l’offrande sur le sol. Elle approche, méfiante, et rapproche le datapad en “sûreté”, hors de ma portée. Ca me convient. Au moins, elle n’a pas tenté de faire des moulinets de ses haches pour transformer mon museau en hachis avant. C’est bon signe. Elle ne me fait pas confiance. Ils ne me font pas confiance. C’est normal. Pourquoi feraient-ils confiance à une créature dans un laboratoire où on été conduit des expériences certainement douteuses ? Mais ils semblent un peu moins nerveux qu’il y a quelques instants, après ma chute d’une grâce discutable.

                    J’adopte une posture un plus confortable, presque assis. Une posture avec un peu plus de “prestance” également, si ce critère a encore son importance dans un lieu pareil. Je retiens un sourire en voyant sa réaction quand la lumière améthyste inonde en même temps son viseur et le couloir. Elle semble intriguée, mais garde un oeil sur moi. Mon oreille s’agite un peu, comme pour lui indiquer que la bête que je fais semblant d’être comprend que son attention se porte sur moi. Exercice plus facile à faire qu’à décrire.

                    Quelques instants plus tard, elle abaisse l’engin et se tourne vers moi. Elle me demande si je sais parler. Je penche la tête sur le côté, avec des yeux presques innocents, puis fait un mouvement “non” de la tête très approximatif. Elle suspecte que je sois plus qu’une créature idiote. Et bien, elle n’a pas tord. Mais elle ne sait pas tout. Et c’est certainement mieux pour tout le monde ici. Surtout moi, je crois. Quoique…

                    Cependant, elle ne détourne pas pour autant. Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle me regarde ? Pourquoi ? Qu’aurait-elle à en retirer ? Elle n’apprendra rien en me regardant. De ce que j’en sais, les Gurlanin sont suffisamment rares et malins pour ne pas faire connaître au grand public cette forme féline. Quoique… Elle semble insister… Et si elle savait ce qu’était un Gurlanin ? Ca serait improbable… Très improbable… Mais si c’est le cas, je suis peut-être dans une situation encore plus terrible que je ne le pensais, que je me considère comme Ansikt ou Billy.

                    Elle s’exclame. La veste de Billy ? Attends… Quoi ? Je ne peux m’empêcher de regarder mon dos. L’habit est en lambeaux, comment...
                    Mes pupilles se posent sur l’écusson, et les connexions se font dans mon cerveau fatigué. Merde.
                    Elle s’énerve, s’excite, fait porter sa voix rageuse. Si je n’étais pas pris par une panique soudaine, j’aurais pu me sentir flatté ou touché par l’attention qu’elle me porte. Mais, dans l’immédiat, mes pensées se tournent vers ma survie.

                    Elle s’approche et sa hache s’arrête à une vingtaine de centimètres au dessus de ma tête. J’adopte une posture défensive, déplace mon centre de gravité vers l’arrière, mais ne fuit pas. Vu la distance à laquelle elle est, elle n’aura aucun mal à m’atteindre au moindre de mes mouvements. Si je me retourne un peu trop brusquement, j’aurais un morceau de métal dans les hanches avant d’avoir fait cinq mètres. Surtout que Blad est derrière et n’aura aucun problème à m’aligner. Mauvaise idée.
                    Réfléchis… réfléchis ! Qu’est-ce que tu peux faire ? Mon coeur s’emballe, le sang frappe dans mes tempes dans une cacophonie qui rend mes pensées confuses. Si je ne peux me servir de mon corps, je peux me servir de mon esprit. Un mensonge. Il me faut un mensonge. Mais quoi ? Quelle est la situation ?

                    Je dois trouver un moyen de convaincre ou persuader deux mandaloriens de me laisser en vie. Ils ne savent pas que je possède de communication verbale, mais je peux m’en servir, tant pis pour l’idée de la bête innocente. Une des cibles ne connait pas le “disparu”, donc elle serait embobinable, mais a apparemment une expérience de militaire, donc certainement une bonne connaissance des espèces galactiques, entre autres. L’autre a passé plusieurs mois avec le “disparu” et a partagé des moments avec lui. Je peux jouer là dessus, mais ça ne serait que la moitié du travail… Quoique, si je convaincs Azel, je peux peut-être m’assurer un moment pour respirer et réfléchir à quelque chose de meilleur. C’est une idée.

                    Comment se débrouiller ? Que dire ? Il est hors de question de révéler que Billy est mort. Que ce soit de “ma main” ou d’une autre raison, je finirai avec une hache dans l’occipitale avant d’avoir terminé ma phrase. Dire que je suis un sujet d’expérience qui a trouvé Billy, qui l’a aidé, et qu’il m’a prêté sa veste au cas où nous soyons séparés pour éviter de mourir de la main de ses alliés ? Ca pourrait passer, si Billy existait vraiment. Enfin, il existe, mais il ne peut pas coexister avec Ansikt. Sans preuve, je m’achète un sursis, mais je m’assure la peine capitale après. Non, donc.

                    Révéler qu’un parasite ou autre a pris place dans Billy, et que ça l’a transformé ? Non, non. Oui, il pourrait y avoir un parasite de ce genre ici - honnêtement, ça ne serait pas la pire chose ici -, mais je n’ai pas les spécialités en biologie pour parfaire un mensonge de ce genre. De plus, si j’ajoute une nouvelle entité, deux problèmes se posent : déjà, je ne sais pas à quel degré les implants optiques de Blad ou d’Iroey sont efficaces. S’ils pouvaient détecter ce genre de choses, et qu’ils ne voyaient rien… Bref. Et surtout, ils pourraient se méfier de l’entité, et être tentés de l’enlever, voire de se débarrasser de l’hôte si jamais il devenait une menace. Et s’ils m’ouvraient pour voir le parasite, et qu’ils ne trouvaient rien, je ne donnerai pas cher de ma peau…

                    Rah ! Comment ça peut être si difficile de trouver quelque chose pour se sortir de cette situation ? Je fais fi au mieux de mon environnement, et, même si je réfléchis aussi vite que possible, le temps ne s’est pas arrêté, et la patience d’Azel n’est pas infinie. Trouve quelque chose. Quelque chose ! Une idée revient sans cesse, mais elle ne me plaît pas : révéler que je suis un métamorphe. Là, plus d'ambiguïté sur le sort de Billy. J’ai même les moments que j’ai passé avec Azel pour me rendre plus crédible. Plus d'ambiguïtés, plus de soucis, plus de mensonges. Je pourrais utiliser mes capacités à leur maximum, et pourrai faire ce que je veux vraiment faire. Le soucis, c’est tout le reste.

                    Si Billy était un métamorphe depuis le départ, quelles sont les implications pour la CSI ? Serai-je considéré comme un espion, une cible à abattre ou torturer ? Est-ce que je ne risque pas de perdre toute la confiance que j’avais réussi à bâtir, et de me faire abattre sans plus de cérémonies par la suite ? Je pourrais théoriquement me débrouiller dans une cellule classique, mais est-ce que je ne risque pas de finir sur la table d’opération d’un fou du scalpel, pour finir en schémas dans un datapad pour étudiants ? Les métamorphes ne courent pas les rues, et encore moins les Gurlanins : je serais une manne. Ils pourraient également me refourguer à un collectionneur, ou à un vendeur d’esclaves. Je finirais marchandise, objet d’apparat, esclave. Sans droits, sans liberté, sans pouvoir. Non, plus jamais ça. Mieux vaut arpenter le sentier chimérique des mensonges que la route corrosive de la vérité.

                    Un bruit. Fugace, mais je l’ai entendu. Derrière moi. Je renifle discrètement. Métal… Iroey ? Merde. C’est bon, je suis foutu. J’ai épuisé mes idées, et je n’ai même pas eu le temps de tenter un bluff pour sauver ma peau. Je ne peux plus qu’attendre mon jugement, maintenant, piètre individu que je suis. J’espère qu’elle en aura fini en un coup, j’ai horreur de la douleur, quand je ne l’inflige pas.
                    Le cyborg avance, mais son allure est étrange… mais qu’est-ce qu’il est en train de porter ? Les archives ? C’était si gros que ça ? Ou ma mémoire me joue des tours ? Mh…
                    Il s’approche, et j’ai un mouvement de recul, pour le former. Jouer la bête ne fait que creuser ma tombe, mais je ne pense plus être à ça près. C’est déjà étonnant qu’Azel n’en ait pas déjà fini avec mes cervicales.

                    Le nouvel arrivant me juge, muet, comme plongé dans ses pensées ou ses algorithmes, pour au final déclarer que…. Quoi ?! Moi, Billy ? Mais… comment ? Enfin, surtout, quoi ? Il a compris que Billy était un métamorphe… ? Mais… comment ?! J’ai pris toutes les précautions possibles, et un… Borg qui me connait depuis moins d’une semaine a compris ? Non, non. Je refuse d’y croire. C’est une horrible farce. Je savais que j’aurais du essayer de me débarrasser de lui le plus tôt possible, ou me tirer des engrenages de la CSI une fois arrivé à l’hôtel. Mais je ne l’ai pas fait. Pourquoi ? Je ne sais pas. La loyauté ? L’honneur ? L’amitié ? L’amour ? Je n’ai connu ces émotions qu’avec trois individus, et ils sont désormais disparus. Je n’ai jamais ressenti ces émotions avec d’autres. Ou alors ils m’empêchaient de les ressentir ? Ou je m’en empêchais, par peur ?

                    Sans conviction, j’écoute le début du discours d’Iroey, mais son développement attire toute mon attention. Est-ce qu’il est vraiment en train de dire que… ? Non, c’est trop beau. Il n’a rien compris, et est en train de me fournir une porte de sortie ? Ou alors il a compris et me sauve la peau car il a une idée derrière la tête ? Tant pis : un deus ex machina se présente à moi, autant en profiter. Je verrai à quel point je peux abuser du cyborg plus tard.
                    Mon esprit brode une histoire autour d’un scénario pareil. Oui… oui ! Il y a possibilité. C’est risqué, mais c’est cohérent. La pièce repose maintenant sur le talent d’acteur du protagoniste. J’espère que les critiques seront bonnes…

                    Alors qu’Iroey s’approche des deux mandaloriens, et attire leur attention, je recule discrètement pour éviter un réflexe un peu trop brutal d’Azel, et émet un grand bruit. Comme une grande toux, mêlée à un râle infâme. Espérant que j’ai l’attention de mon auditoire, je mime des convulsions, imitant ma réaction après mon réveil sous cet forme, plus tôt. Je titube, et entrouvre la gueule, fébrile. De faibles suffocations se font entendre en provenance de ma gueule, couplés à une gêne qui se fait voir sur mes traits félins. Mais je ne mime pas, ici. C’est une expérience bien désagréable que je suis en train de réaliser. Habituellement nécessaire, même si d’habitude plus tardivement. Je couine comme un étouffé, et vomis finalement une bouillie sombre qui fait vite sentir une odeur âcre. Je viens de me purger devant eux, mais ils ne sont pas censé le savoir. Ce qu’ils sont censés comprendre, c’est qu’un truc de cette taille pourrait obstruer ma gorge, et donc empêcher certaines… fonctions. Petit imprévu, je tousse. J’y suis allé un peu fort, alors que ce n’était pas nécessaire. Il y a un peu de sang dans le petit tas devant moi. Bah, ça ajoute du réalisme à la performance.

                    Comme me remettant d’un effort intense - quoique, ce n’est pas complètement faux - je souffle bruyamment un instant, et les regarde avec des yeux innocents. Puis, un son se fait entendre, comme une vibration grave provenant de mon gosier. J’ai l’air surpris, touche ma gorge d’une patte, et réitère l’expérience pour différentes hauteurs de son. Mimant un bonheur soudain, je regarde mes interlocuteurs, et essaye d’articuler, lentement, avec peine :

                    — Je… Bi...Lly...

                    De fortes respirations ponctuent chacun de mes syllabes. En réalité, tout va bien, à part quelques quintes de toux ici et là qui sont sincères, mais je devrais être assez convaincant.

                    Je pointe Iroey de mon museau, et continue.


                    — Il… Peut-être… Raison...

                    Une grande respiration. On reprend.

                    — Je… vu… A...bo...mi...na...tion… tuer. Je… peur… sur… ins...tant… je… fui...

                    Je me replie un peu sur moi même, indiquant la honte, la queue basse. En temps normal, ça serait signe d’une humiliation certaine, mais là, c’est pour le bien du récit. J’y mets du coeur, donc.

                    — Je… fui… Mais...après...

                    Je m'arrête un instant, regarde derrière moi, comme si j’avais entendu quelque chose, et reprends, tremblotant :

                    — Je… mal...tête… je… vision… cau...che...mar.. Je… perds… co...nai...ssan...ce… Je… ré...veille… comme… ça...

                    Je me regarde, puis les regarde. Avec une mine d’animal triste, je conclus.

                    — Dé...so...lé...

                    Je reste ainsi, en l’attente d’une réaction. C’est tout ou rien maintenant. Je conserve mon attitude abattue. Je jubilerai quand je serai hors de danger

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                      Post n°52
                      Auteur : Blad Demeci

                      La fatigue commençait à peser sur le corps et l'esprit de Blad Demeci. Il espérait mettre fin très bientôt à cette opération difficile. D'autant plus que son propre destin l'attendait, bien loin de cette planète... Le Mandalorien tâcha de se recentrer sur son objectif actuel, réajustant le canon de son arme vers la bête noire devant lui. Azel ne tarda pas à activer le datapad anormalement imposant entre ses mains, révélant la teinte violacée de son écran. Effectivement, cette couleur n'était franchement pas habituelle, et l’unique œil organique de Blad cligna plusieurs fois d'affilée à sa vue, juste par réflexe. Il ne faisait plus aucun doute sur le fait que le propriétaire de cet appareil n'était pas humain.

                      Soudain, la guerrière à la hache montra des signes de nervosité. Elle venait de remarquer le manteau que la créature portait : c'était celui de Billy. Blad fronça son sourcil et s'approcha pour mieux voir. En effet, ce vêtement ressemblait fortement à celui du petit futé de l'escouade. Ceci dit ; comment un animal de ce genre pouvait parvenir à enfiler un manteau, clairement trop petit pour lui qui plus est? Quelque chose ne collait pas. Et si... Le vétéran de guerre avait déjà croisé des "changeants" au cours de ses nombreux voyages. Il en existait plusieurs types, d'après ce qu'on lui avait raconté. Peut-être que l'ami Billy cachait certaines de ses compétences à ses équipiers. Blad se remémora alors le dossier officiel de cette recrue, qu'il avait consulté avant de quitter Géonosis. Le profil du garçon n'avait rien de vraiment extraordinaire, si ce n'est une agilité et une intelligence prometteuses. La CSI avait-elle caché des informations sur lui?

                      Le silence englobe les trois personnages, la Mandalorienne menace d'abattre sa hache, tandis que le gros chat demeure stoïc. Blad, lui, continue de réfléchir, approchant de la vérité au fil des secondes. La tension est palpable, mais le Commandant n'en a que faire, il veut trouver la solution à ce problème. La pression n'avait jamais vraiment atteint l'aîné Demeci, même lors de sa première grande bataille. Il savait que beaucoup de choses dépendaient de lui, néanmoins il préférait contrôler ses faits plutôt que de se laisser aller à la nervosité.

                      Sorti de l'ombre, Iroey refit surface sans crier gare. Blad fût étonné de l'inhabituelle discrétion du Sergent. Chargé comme il était, le grand cyborg s'était certainement déplacé avec une grande lenteur jusqu'ici, d'où le peu de bruit à son approche. Le Commandant regarda et écouta son acolyte attentivement, ses systèmes analytiques pourraient sans doute démêler cette situation plus rapidement. La théorie d'Iroey était intéressante, mais Blad ne parvenait pas à être totalement convaincu. Quelque chose de louche traînait au-dessus du nom de Billy, à voir s'il s'agissait de quelque chose de plus profond que ce que le Sergent supposait.

                      Soit, Blad décida, pour l'instant, d'arrêter de se torturer l'esprit sur ce sujet, admettant temporairement que l'armoire de fer avait raison. Alors que le Mandalorien s'apprêtait à donner de nouveaux ordres, l'animal se mit à faire des bruits étranges dans son coin. Il cracha tout bonnement une boule irrégulière répugnante et ensanglantée de sa gueule. Blad baissa son arme tout en avançant vers le cadeau fraîchement pondu. La créature lâcha quelques mots, expliquant sa situation et ses circonstances. Billy était donc bien caché sous cette fourrure ténébreuse. Les mots hachés de la recrue sont suffisamment explicites : elle est et restera transformée ainsi jusqu'à nouvel ordre. Ce problème ne relevant pas de ses compétences, Blad acquiesça et annonça simplement :

                      "Ok Billy, tu fais toujours parti de l'équipe, peu importe ton apparence. Nous devons sortir d'ici avec les données récupérées, on réglera ton problème plus tard, si on le peut... Iroey, tu te charges d'en finir avec cet endroit, utilises les consoles et on se tire de cet enfer. Azel et moi on va se répartir la charge que tu as sur le dos pour permettre au groupe d'avancer plus vite. Billy, tu ouvriras la course vers la sortie, j'imagine que ton nouveau corps te donne la meilleure vitesse de l'équipe."


                      Blad vida le sac qui contenait son barda de survie et commença à décharger celui d'Iroey afin d'en répartir plus équitablement le poids. Les disques durs étaient de conception ancienne, plutôt imposants et lourds, ce n'était pas étonnant si le cyborg avait mit autant de temps à les remonter jusque là. Une fois que le Sergent aura lancé la procédure de verrouillage, toute l'escouade devra se ruer vers l'extérieur. Les chances de perdre du monde étaient importantes, évidemment, Blad se préparait donc à donner ses dernières ressources pour ce sprint final.

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                        Auteur : Azel Kyone'e

                        Est-ce qu'il m'est déjà arrivé de faire un rêve aussi tordu ? Attends, je réfléchis. J'm'en souviens pas. Mais en même temps, je suis pas bien vieille : il fallait bien que la vie me réserve encore quelques petites surprises sympas ! Le léger souci c'est que quand je rêve, j'ai toujours la possibilité de tirer la chasse d'eau pour me retrouver bien allongée dans un plumard ! Là, si je me retrouve allongée ce sera sur du permabéton, et de façon définitive.

                        La bête reste muette : j'ai peut-être été un peu optimiste. Mais s'il espère qu'en me regardant comme ça jusqu'à la fin des temps, il va échapper à un bon règlement de compte, il se plante une poutre dans l’œil ! D'ailleurs, je commence à céder aux appels de détresse de mon estomac. Je doute qu'un steak de machinchouette soit le truc le plus goûtu qui existe, mais je ferais pas la fine bouche après un voyage pareil ! Sauf qu'une fois n'est pas coutume, un bruit résonne dans le coin. Incroyable comme c'est fréquenté, par ici ! Un vrai hall de gare ! Je tends l'oreille, puis le nez : ça vient vers nous. C'est le cyborg : le sol se met à trembler quand il s'avance hors du noir pour me dissuader de décapiter la chose. A noter qu'il semble moins intéressé par ma tentative que par l’intrus. Tu me diras, ça commence à me connaître, le coup de hache :

                        " Intéressent... Laissez-moi voir... "

                        A première vue, il est entier et pas endommagé : faut croire que la créature ne l'a pas trouvé assez appétissant. Ou bien qu'il sait y faire avec les Rackgoules ? Qui sait ! Je sais pas si je dois m'en réjouir ou y trouver une raison de plus de penser que la CSI n'est vraiment qu'un ramassis de menteurs cachotiers et pas fiables pour deux dataries. Iroey s'approche de l'animal, qui ne bouge toujours pas.

                        " Cela va sembler étrange... Mais je crois que ce fauve est Billy... "

                        Je cligne des yeux derrière ma visière. J'hésite. Soit il se fiche de nous, soit il a fumé quelque chose de bien fort. Quinze pourcent de chances, ça fait combien en terme de payage de tronche ? Mouais, à voir le type, pas grand-chose. On doit se situer dans le pouième. Donc, 'tsel, comprends bien que ce que tu avais l'intention de dépecer pour en faire des brochettes, c'est pas le produit d'une expérience pas nette, mais juste l'énergumène que tu as trainé ici depuis Géonosis. Comment ? Pourquoi ? Nan mais si en plus tu te mets à poser des questions, on va plus être copine, hein. Quelle idée !

                        " Hein ?!"

                        Bon, j'ai déjà réussi à dire quelque chose ! Faut pas non plus espérer que ce soit quelque chose d'intelligent ! Y a des limites. Attendez, faudrait déjà que j'arrive à comprendre ce qui se passe. Pour ajouter à la confusion qui règne déjà sous mon pauvre crâne de soldat pas futé, l'autre se met à rendre ses tripes en déblatérant des choses incompréhensibles.

                        " Il… Peut-être… Raison... "

                        Ah. AH ! Je savais bien que ce truc savait causer ! Il a pas l'air bien en forme, par contre. Bon, on va peut-être avancer. Enfin...

                        " Je… vu… A...bo...mi...na...tion… tuer. Je… peur… sur… ins...tant… je… fui... "

                        Je me tourne légèrement vers Iroey. On demande une traduction, s'vous plaît ! J'ai pas capté grand chose, là. Sinon que la réalité semble encore plus impossible que le plus tordu de mes drôles de songes - et je peux en faire des drôles, ouais. Si je me sors de ce trou, punaise, j'pense que j'aurais de quoi faire quelques nuits blanches. Je sens le poids de ma vibrohache faire fléchir mon poignet. Lentement, je retire mon arme d'au-dessus de la tête au museau pointu.

                        Donc, ce truc, c'est Billy. Okay. Tout-va-bien. Je reste une seconde immobile, comme pour essayer de faire redémarrer mon cerveau. Minute papillon, on récapitule pour être bien sûr de pas avoir raté un épisode : Iroey et Billy se trouve face à la mocheté en chef du labo, Billy détalle, atterrit on ne sait pas où et se retrouve transformé en machinchouette à fourrure. Il tente de se sortir de là et nous tombe dessus. On va passer sur le côté complètement abracadabrantesque pour se concentrer sur la chute de l'histoire : j'ai paumé la crevette et je me retrouve avec un toutou à sa mémère. Adieu logique, t'étais pas ma meilleure pote, mais je t'aimais bien...

                        " Alors, celle-là, c'est la meilleure du siècle. "

                        Du millénaire, j'ai envie de dire. Mais je suis pas assez calée en Histoire pour m'assurer qu'il n'y a pas eu pire. Hm...

                        " Et je suppose qu'on a pas la moindre idée de ce qui a pu se passer ? Nan parce que c'est quand même énorme, quoi ! Comment on fait pour récupérer le vrai Billy ?! "

                        Comment c'est possible ? Des trucs louches, y en a à la pelle dans le coin. Mais ça, c'est quand même d'un tout autre niveau. Qu'est-ce qu'ils ont fait à la crevette, exactement ? Je doute qu'il ait accepté de finir à quatre pattes de son plein gré. C'est pas parce qu'il m'est arrivé de lui reprocher d'être en manque de pilosité pour un mâle qu'il lui fallait verser dans l'excès inverse ! Là, c'est une tondeuse laser qu'il va lui falloir ! Ouais, allez, pour le coup il me fait presque rire - presque. J'imagine juste qu'il existe un endroit ici où on peut finir transformé en bestiole bizarre ! Bonjour le traumatisme. Je me demande bien comment la crevette pourra se remettre d'une expérience pareille. Attends, en fait, je sais même pas s'il pourra seulement avoir l'occasion de s'en remettre, d’ailleurs. Mille milliards de mille Bantha, c'te galère... ! Remarque. Plutôt pratique pour se gratter des endroits habituellement inaccessibles... Blad coupe court à ma fabuleuse réflexion. Dommage, j'aurais pu partir bien loin, avec de telles perspectives !

                        " Ok Billy, tu fais toujours parti de l'équipe, peu importe ton apparence. Nous devons sortir d'ici avec les données récupérées, on réglera ton problème plus tard, si on le peut... Iroey, tu te charges d'en finir avec cet endroit, utilises les consoles et on se tire de cet enfer. Azel et moi on va se répartir la charge que tu as sur le dos pour permettre au groupe d'avancer plus vite. Billy, tu ouvriras la course vers la sortie, j'imagine que ton nouveau corps te donne la meilleure vitesse de l'équipe. "

                        Inutile de dire que "Azel" a pas son mot à dire. Nan mais quelle bande de navets ! S'ils s'imaginent que "Azel" va encore se taper ce genre de missions-délire juste pour les beaux yeux d'un pépé croulant qui aime dézinguer les Acklay à coup de pétoire. Bon, 'tsel, c'pas le moment de ruminer comme une vieille Cool, allez ! La petite famille est réunie... La question restante est : est-ce qu'on est vraiment plus avancé maintenant ? J'ai envie de dire "oui", et mes yeux me disent "naan". Le générateur est toujours hors service, la créature toujours en cavale, sauf que maintenant, on a un Billy à poils longs en guise de coéquipier.

                        De toutes mes forces, je soulève le bardas et me le balance sur le dos. SBLONK ! Voilà, quelques kilos de plus en supplément. J'ai plus l'air d'un Dewback de bas que d'un Mando'ade, comme ça. Mais c'est pas comme si ça avait encore une quelconque importance, hein ! Je pourrais bien ressembler à une descente de lit que ma seule idée fixe aurait été de retrouver cette foutue porte d'entrée. Les alarmes n'en finissent pas de beugler, les gyrophares de remplir la pénombre d'une lumière qui déchire les rétines, et les mécanismes endommagés de se mettre à cracher en tentant de remplir leur fonction désuète. Si on voulait la preuve que ce labo est condamné, pas besoin de plus. On sera sans doute les derniers touristes à trainer dans le coin !

                        " Ok. Génial. Sinon, on fait quoi ? On pédale pendant trois heures pour relancer les générateurs et on se casse en courant ? Y a quand même plus de sept étages à remonter avant de pouvoir laisser ce foutoir derrière nous... "

                        J'nous vois bien en train de détaler comme des lapins correlliens avec le monstre aux trousses. Un beau tableau ! Sans blague, si je m'en tire, j'en ferais une blague. J'irais la raconter dans toutes les cantinas de ce coin de la galaxie, juste pour oublier que c'est pas une blague, à la base : "Un cyborg, un caniche qui parle et deux Mando' sont dans un labo". Un truc du genre. Pendant que je tergiverse pour me demander comment on va faire, Iroey a fait le tour de l'engin central. J'ai comme l'impression que son regard bionique est autrement plus efficace que le mien dans tout ce noir. Je me souviens de mon envie de bricoler un système de vision nocturne, et je me flagelle d'avoir eu la flemme de chercher d'avantage. Je suis certaine que la quincaillerie du camp de Géo' devait renfermer pas mal de pièces intéressantes ! Bah, il est plus temps de pleurnicher sur les "et si", c'est trop tard. Et puis, c'est pas comme si on s'était pas débrouillé avec nos torches depuis des heures. Le cyborg m'a l'air d'avoir trouvé quelque chose d'intéressant : on dirait une sorte de système annexe, avec une unité détachée et une interface encore active, en hauteur, presque hors d'atteinte. Je suis pas petite, mais même moi j'aurais eu du mal à lire ce qu'il y a d'affiché sur l'écran planté là-haut. Il y a peut-être un circuit parallèle ? Ah, espoir ! Notre chef cybernétique sait apparemment ce qu'il fait : il entreprend de trouver le système de déclenchement de l'appareil.

                        J'interroge du menton. Ok, donc si on appuie là-dessus, on devrait s'en sortir - enfin, si l'autre démembré nous a pas raconté des bêtises ! Trop tard pour se poser d'autres questions de toutes façons, j'ai déjà dix kilos de plus sur le dos et la CSI a pris sa décision. La main de l'officier artificiel met le point final à l'aventure : en quelques secondes, c'est une alimentation de secours qui prend le relais, et le lieu mort reprend vie d'une drôle de manière.

                        A peine le top départ donné, le bâtiment tout entier semble sortir de sa torpeur. De silencieux et sinistre, il devient frémissant et agité. Le bourdonnement de l'énorme générateur ne suffit pas à couvrir le beuglement de la voix artificielle qui nous sermonne depuis les haut-parleurs :

                        " ACTIVATION DU PROTOCOLE D'URGENCE N°12344-55-6785 - FERMETURE DES PORTES DE SÉCURITÉ DANS 3 MINUTES - APPEL A TOUTES LES UNITÉS ORGANIQUES - ÉVACUATION DE LA ZONE "

                        On y est. D’un regard entendu, on prend la tangente. Pas une seconde à perdre, faut sortir de ce piège à rats avant de se retrouver en tête à tête avec ce qui rampe ici ! Go ! Le déclenchement du système de sécurité fait office de coup de feu, et toute la troupe s'élance dans le couloir. Je me souviens du chemin qu'on a pris jusqu'ici, mais est-ce qu'on est capable de pas se planter en remontant ? J'ai un doute. Billy en tête, avec sa truffe d'animal, semble pouvoir nous mener droit sur nos traces. Finalement, c'est peut-être grâce à cette transformation qu'on va pouvoir déguerpir d'ici. Pas sûre que Billy goûte à l'ironie.

                        Mes pas me font l'effet de défoncer le sol en-dessous. Je n'ai pas l'habitude d'avoir la foulée légère, mais là, je commence à comprendre ce que ça donne d'être un droïde ! Ce bardas de je-sais-pas-quoi n'en fini pas de faire un boucan pas possible à chaque fois que mon squelette a la bonne idée de faire se propager une onde jusqu'à lui. Cling-Clang-Clong

                        Avec Blad et Iroey et leur petit quintal de métal respectif, c'est la fête ! On fait une armée à nous seuls ! Pas la peine d'essayer d'être discret. On en a pas le temps, en fait. Je fais mon possible pour tenter de suivre Billy et ses foulées de félin. Et dire que je pensais que nos footing avec Monsieur Coincé dans le désert était un bon exercice ! Si je pouvais remonter le temps, je me mettrais volontiers quelques bloc de duracier supplémentaires sur le dos. Je pensais pas me taper un sprint sur trois kilomètres après une journée à jouer les éclaireurs ! Je comprends le problème un peu tard : mes jambes suivent plus. Je ralentis ! Je me mets à souffler comme une forge, je propulse ma carcasse alourdie avec toutes mes dernières réserves. J'enrage de pas pouvoir galoper comme cette bestiole à fourrure ! Si seulement on avait pas perdu autant de temps à arpenter ces étages, j'aurais sans doute pu sprinter jusqu'aux cages d'ascenseurs. Là, je me sens juste dégouliner sous la charge, mes bottes claquant trop fort contre le sol. Quand je parviens au pied du premier trou donnant sur l'étage supérieur, je réalise qu'en fait, on a pas fait un dizième du trajet.

                        " Euh, grappin ? "

                        C'est le moment de griller les quelques gadgets qu'il nous reste... Punaise, dire qu'il nous en reste encore trois à traverser ! Je vais finir par laisser mes bras sur place. Me plaindre ? Eh ! Plutôt me faire arracher la langue ! Je manque d'ailleurs de le faire moi-même à force de me la mordre, tellement mes mains me hurlent de lâcher sous la pression. Je me hisse de mon mieux, et on recommence.

                        Je cours - où ? sais pas ! Droit devant en tout cas. Je ne sais pas si dans le tintamarre, il y a quelque chose qui ressemble à autre chose qu'à notre charge d'infanterie. Ce que je vois, c'est la croupe poilue de Billy qui détale quelques mètres devant. Tandis que les derniers rescapés qu'on est cavalent au travers des bureaux des étages supérieurs, toutes les issues se verrouillent en automatique. Si vous avez oublié votre passeport en bas, c'est trop tard les gars. Quelque part derrière nous, l'un des sas s'est définitivement refermé. La CSI ne lésine pas sur la sécurité : il doit bien y avoir une dizaine de rempart blindé les uns à la suite des autres, et il nous en reste autant à franchir avant de se faire emmurer vivants !

                        Dans le couloir qui mène à la sortie, les portes se ferment déjà : elles sont suffisamment lourdes pour nous transformer en écran plat en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Inutile d'envisager de faire demi-tour - sauf en cas de petite envie de suicide en bonne et due forme.

                        Plus j'essaye de gagner en vitesse, mais rien à faire : je suis trop lourde, et trop fatiguée pour compenser. Je vois Billy disparaître dans le blanc aveuglant du jour dehors. On dirait la fin du voyage : cette espèce de tunnel sans fin, avec une grande lumière au bout. C'est comme ça que les gens la décrivent, la mort. Pourtant, j'me sens plutôt vivante, même si l'énorme bouche d'acier qui se referme sur moi m'indique que ça risque de pas durer. Les secondes sont trop longues, et je n'avance pas. Les battants blindés ne sont plus qu'à deux mètres les uns des autres. Qu'est-ce que je fais ?! Je peux pas m'arrêter, surtout pas, surtout pas ! Allez, 'tsel ! Sors une idée, une seule ! Si tu dois en avoir qu'une seule dans ta vie, c'est celle là !

                        J'agrippe les sangles du sac avec tout mon bordel dedans, et d'un coup de hanche je glisse en tournoyant avec. Au deuxième tour, il a acquis suffisamment de vitesse pour que je le lâche. Le sac part, effectue une belle parabole et disparaît. J'ai gagné ! Ouais, euh, nan. L'espace restant pour la dernière porte craint sévère. Je dois la bloquer. Dernière chance, pas le choix : je dégaine ma hache et le tranchant se coince brusquement entre les mâchoires de la porte.

                        " Olaror bat, olaror bat...! "

                        Ma tête passe, mes épaules... J'entends une détonation suivie d'un grincement, et l'arme est éjectée avec une force démente. Un vrai tir laser ! Manquerait plus que je décapite quelqu'un sans le vouloir ! Je me rue en avant : je suis pas écrasée ! Eh nan, pas aujourd'hui. Je crois, non... Je suis sortie ? Vraiment ? Trop de lumière ! Rah, j'y vois rien ! Je titube comme après cinq bouteilles de rhum. Je sens la texture du sol qui change, je devine qu'il doit s'agir de l'herbe de la clairière. Je souffle, je crache... et je tombe. Je m'écroule, littéralement, le nez dans l'herbe. Est-ce que je vais m'en relever ? J'espère bien : eh, après une course pareille, la prime a intérêt à être substantielle !

                        Non, en fait, je me dis juste qu'Eyan aurait été fier de moi. Ok, il se serait bien foutu de ma tronche d'abord, mais quand même. C'est pas tous les jours qu'on parvient à se tirer d'un piège pareil, hein ! Mais je devine que la journée est loin d'être terminée. Il faut que je ramasse toutes ces mémoires informatiques et qu'on quitte cette planète. Ah ouais, nan, parce que le Palais Gourmand, je crois que c'est mort.

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                          Auteur : Iroey

                          Le long silence se brisa enfin, Azel montrant son étonnement alors que les révélations se firent entendre. La créature crachat de sa bouche quelque chose d'origine organique pour enfin se mettre à parler et conformer de se fait la théorie du cyborg qui détachât son regard des consoles pour regarder la bête. Celle-ci raconta de son mieux le récit de ses allez et venu en ses lieux, le confédéré se rapprochant lentement du groupe pour mieux comprendre. Malgré sa voix brisée, le cyborg compris généralement se qu'il raconta et quand Azel le regarda en demandent une traduction, le sergent lui traduisant.

                          -Billy dit avoir fui quand il a vu la créature que nous avons rencontrée... Lors de sa fuite, il a eu une vision cauchemardesque et a perdu connaissance... Quand il est revenu à lui, son corps avait déjà pris cette forme...

                          L'officier laissa au groupe digéré l'information, le géant de fer écoutant au loin, un grincement au loin ayant attiré son attention. Regardant dans la direction du bruit, sa vision nocturne révéla un autre corridor menant, on ne sait, où. Très vite, une autre exclamation se fit entendre de la mandalorienne, le savant de l'équipe répondant avec le plus de tact possible malgré le triste sort de la crevette :

                          -Une fois de retour sur Géonosis ont va lui trouver un moyen de le soigner... Le décryptage des données devrait trouver ce qui a transformé Billy et ainsi le C.R.D.A pourra concevoir un antidote...

                          Iroey regarda par la suite Billy silencieusement, ses pensées se tournant vers son mentor Tericarax, le plus grand expert de la C.S.I en tout ce qui touche la biologie. Le cas spécial actuel aurait sans doute intéressé le feu lieutenant au grand découragement de l'officier supérieur. Ayant déjà en haute estime celui qu'ont dit être un traître, Iro avais toutefois déjà vu le kaleesh faire preuve de bonne action en sauvant des gens sur Taris en opérant lui même une personne. Le robot avait même vu plus tôt dans le laboratoire comme quoi il avait conçu un remède pour une maladie !

                          Le prototype se fit alors sortir de nouveau de ses pensées quand Blad prit enfin la parole, donnant des instructions claires à tout le monde. L'archétype regarda alors la charge sur son dos et hésita comme s'il était sur le point de donner son propre trésor à des inconnus, mais les ordres sont des ordres. Il défit de son dos son sac improvisé et les charges furent réparti entre tout le monde, même Billy 2.0 qui avait une charge plus petite sur le dos. Une fois cette tache faite, Panpan girl fit mine de léger pessimisme concernant le moyen de sceller le laboratoire. Le technicien en chef retourna donc à la console située en hauteur, déposant ses mains sur des poignées de chaque côté de l'écran pour le lire. Il regarda tout le monde et appuya sans hésitation sur le bouton d'activation, un circuit auxiliaire envoyant une décharge d'énergie dans le noyau qui fit trembler la pièce, toutes les lumières s'allumant sur le coup, l’installation tout entière semblant revenir en vie après un long moment de convalescence. Le bruit du réacteur en réactivation n'arriva toutefois pas à camoufler une alerte vocale dans les haut-parleurs situés un peu partout dans le laboratoire. Le message de celui-ci fut assez bref et clair, le groupe prenant leurs jambes à leurs coups pour fuir les entrailles de ce labyrinthe.

                          Le bruit des pieds de métal du cyborg résonne partout dans les corridors accompagnés de ceux de ses coéquipiers, l'escadron filant tel le vent dans les corridors sous-terrain avec des charges à leurs dos. Malgré la difficulté apparente, le quatuor continua son avancé encore et encore, relevant tous les défis lancés contre eux de leur mieux. Lors de cette course infernale, l'être d'acier vit Azazel se faire distancer, la fatigue la gagnant sûrement contrairement à lui dont le corps ne connaît pas cette contrainte. Cette course hasardeuse vira presque au cauchemar, les portes autour d'eux se scellant, leur démontrant que les mesures de quarantaine sont en train de les rattraper ! Toutefois, le confédéré n'accéléra pas et garda la même vitesse, réfléchissant lors de ce moment critique. Il ne pouvait pas laisser Azel se faire enfermer ici non ? Cette étrange forme de sympathie pour elle le surpris, mais il fut ramené à la réalité quand la porte de sortit en face d'eux se misent à fermer, le fauve suivit du commandant Unforgiven ayant déjà mis pied dehors. Pris d'une étrange sensation, Iro prit une avance considérable sur sa collègue de travail et une fois arrivée à la porte, la machine utilisa ses mains pour retenir les lourdes portes de mesure de quarantaine, celle-ci ralentissant considérablement. Malheureusement malgré la grande force du cyborg, la force hydraulique de la porte est supérieure à la sienne et après quelques secondes, il fut forcé de lâcher au risque de se faire broyer, quelques chose d'encore assez traumatisant pour le sergent.

                          Ce fut à ce moment précis alors que tout espoir était perdu qu'il vit le sac de leur amie filé entre les portes suivies d'un bruit métallique. Le miracle se produit quand le séparatiste vit la mandalorienne sortir juste à temps telle une fusé, les portes se fermants avant même que celle-ci ne tombe sur la verdure de la forêt. Le temps s'arrêta alors pour le sergent, celui-ci prenant le temps d'apprécier le fait d'être sortit en vie de ce merdier des plus catastrophique. Non seulement un bon nombre d’informations qui leur avaient été fournies s'était avéré erroné, mais en plus cette mission aurait dû être de plus grande ampleur ! Une véritable force militaire aurait dû avoir été déployée ici et non deux officiers et deux recrues !

                          Sur cette réflexion, le militaire regarda Blad et hésita à lui parler de son opinion sur la situation actuelle. Il se contenta plutôt de se diriger vers la demoiselle couchée au sol, vérifiant si elle va bien. La regardant en détail en se pliant, il remarqua ici et là quelques écorchures et une forte respiration, mais sinon rien de plus. Il la laissa se reposer sur le sol et lui dit :


                          -Bien joué soldat... Un vrai baptême du feu...

                          L'archétype se redressa alors et allât ramasser les caissons transporter par la jeune femme, les prenant sous ses bras et réfléchis maintenant à un moyen de retourner à la planète capitale de la confédération des systèmes indépendants. Quelques idées se bousculèrent dans la tête de l'élève de Tericarax, celui-ci tournant de nouveau la tête vers Blad avant de lui demander :

                          -Bien... Maintenant il nous faut un plan pour repartir d'ici... Vu se que nous transportons et l'état de Billy ont ne peu plus utiliser nos fausses couvertures... Je crois qu'il va falloir se tourner vers des contrebandiers pour nous ramener à la maison... Cette idée ne me plaît pas vraiment, mais c'est l'un des plus simples pour partir d'ici incognito...

                          Sur ce, le sergent se tût et attendit une directive du commandant, celui-ci ayant le dernier mot à dire sur cette fâcheuse situation.
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                            Auteur : Tericarax

                            L’air glacé. Le parfum lointain de la forêt et de la pluie, à présent une bruine légère, de la terre fraîche et boueuse. Le sifflement aigu du vent, le bruissement des feuilles. On pouvait parfois percevoir au loin un tonnerre distant, qui grondait dans le plafond nuageux ; ses échos se propageaient dans les gouffres environnants, descendaient comme des rapaces intangibles faire frémir les arbres et les nerfs. La nature n’avait pas abandonné ses façons par pitié pour le groupe. Le monde se riait bien de ce que quatre petits êtres pouvaient accomplir. Ils s’étaient extirpés, essoufflés et suants, des entrailles de l’infernal laboratoire mais la pluie n’en avait pas été plus douce, le vent n’en était pas moins mordant. Le sort des équipes de recherches et de logistique était élucidé ; leurs corps, eux, étaient à présent scellés dans les profondeurs du monde. Le complexe scientifique d’horreurs serait leur tombe, une tombe d’acier et d’obscurité. Et dans le silence sépulcral des ténèbres ils emporteraient avec eux leurs secrets et leurs savoirs, avalés par l’abîme sans fond de l’affreux laboratoire.

                            Le quatuor était soumis à la pâle ombre d’une nuit orageuse ; les étoiles comme les lunes étaient absentes. De vifs éclairs scindaient l’horizon vivement, toute la forêt autour de la cour principale s’éclairait alors : on devinait sous un jour livide les formes nettes des arbres, pareils à une assemblée de spectres griffus. Au-delà de leurs silhouettes élancées et squelettiques - mues par les inflexions d’une bise noire – s’étirait l’opaque de la nuit. Combien de temps avaient-ils pu passer dans l’abominable lieu ? Quelques heures ? Une journée entière ? Ils étaient entrés sans le jour pour les guider, à présent qu’ils venaient nulle aube pour les féliciter ; un crépuscule morbide et uniforme, qui s’étirait d’un horizon à l’autre, voilà la récompense des vainqueurs, le lot des survivants. La fatigue, la faim, la soif viendraient bientôt rappeler au groupe son humanité : le froid, l’humidité, la pluie trempant les jambes et collant aux vêtements étaient les témoins silencieux, mais l’épuisement et la famine étaient les bourreaux des champions. Lauréats comme fuyards s’effondraient sur leurs genoux, conquis par le verdict sans appel des plus basiques lois de la nature – et il semblait que seules les lois les plus cruelles étaient respectées dans cette terre impie.

                            Le laboratoire était plongé dans un mutisme complet. Ni sons ni lumières ne filtraient des portes ; l’ultime action du groupuscule avait scellé à jamais ses mâchoires de fer. Plus jamais ne parlerait-il de ses secrets indicibles. Ses occupants avaient emporté leurs rêves de découvertes dans la mort, plus guère de monstruosité n’accoucheraient-ils. Et les monstres, dans leur prison de fer, se dévoreraient, jusqu’à ce qu’ils ne trouvent plus de chair à consumer. Sans nul pour entendre leurs ultimes râles de rage affamée, ils s’éteindraient, rachitiques et frêles, dans l’obscurité qui les avait vu naître.

                            Soudain, perçant la nuit, là ! Des faisceaux lumineux. Ils étaient trois, de grands disques blancs ; ils découpèrent l’obscurité entre les arbres, révélant une brume laiteuse qui s’attardait plus d’un mètre au-dessus du sol partout dans la cour – que la noirceur initiale n’avait pas permis de distinguer. Les rayons se focalisèrent sur l’équipée. Ils parlaient dans une langue étrangère et indiscernable, lointaine, étouffée par le vent – violent par intermittence. Par le jeu de lumière, les propriétaires des faisceaux n’étaient pas visibles : de simples formes noires, aveuglantes par leurs lampes pointées droit sur nos héros. Arrivés à deux bons mètres, ils baissèrent leurs lampes. C’étaient des êtres à la peau d’un vert sombre. Leurs deux yeux étaient pareils à ceux de poissons de vase, ronds et laiteux, mais aux pupilles difficilement discernables ; et leur peau était en outre plissée. Ils portaient des habits de miliciens et des casques de soldat. Ils étaient des neimoidiens, les habitants de ce monde. Trois étaient-ils, et chacun était armé d’un lourd fusil E-5, porté en bandoulière. Leurs tenues, trempées, étaient épuisées par le temps, quoi qu’encore fonctionnelles : les équipements qu’ils portaient devaient dater d’au moins une dizaine d’années au bas mot. Le plus grand d’entre eux s’approcha de l’équipe, sans savoir réellement à qui s’adresser. Il régla dans son col un dispositif, avant de commencer à parler : un micro-transpondeur traduisit sa langue locale vers le basic, plus compréhensible. Il était vraisemblablement nerveux, de même que son équipe ; ils ouvrirent de grands yeux à la vue du complexe, mais leur préoccupation primaire fut sur les étrangers.

                            « - Sergent Iroey ? Sergent Iroey ? »

                            Lorsqu’il parvint à identifier de qui il était question, il s’adressa au cyborg, ainsi qu’au reste du groupe. Il sembla s’apaiser très légèrement en arrivant à mettre un visage sur ce nom. Plus déterminant pour lui fut le symbole séparatiste sur le corps du cyborg de fer ; alors certain qu’il ne discutait pas avec des ennemis, il reprit. Sa voix était râpeuse, l’on devinait ses yeux fatigués. L’heure devait être très avancée dans la nuit ; par ailleurs, l’endroit semblait lui peser particulièrement sur les nerfs.

                            « - Nous avons bien reçu votre appel. Nous sommes venus dès que possible. »

                            Il sortit alors un petit datapad de piètre qualité. Il pressa sur plusieurs boutons. Avec labeur, l’appareil crachota alors une voix grave, emplie de parasites :

                            « - Brrrzz...Ici le sergent Iroey matricuBrzzzzzz...La situaBrzzzzz...L’équipe envoyée avant nousBrzzzzzz[/i]...introuvableBrzzz morte…Les expériencesBrzzzzz...Moi et mon équipe allonsBrzzzzzdébarrasser de la menace définitivement….Renfort immédiatBrzzzzz... »

                            Sur une dernière interférence saturée et désagréable, l’enregistrement s’interrompit. Le neimoidien détailla le groupe face à lui, silencieux.


                            Après avoir donné des informations judicieusement choisies – par la fatigue ou par la conscience – le groupe put reprendre la route, escorté par les neimoidiens. Ils étaient une des gardes stationnées de la planète. Compte tenu de la nature de la demande du sergent et de l’affaire, le service de sécurité auquel ils étaient affiliés avait jugé préférable d’envoyer des êtres de chair et de sang plutôt que des droïdes : la situation réclamait un tact et un discernement qui faisaient défaut aux simples B1. A présent, ils escorteraient le quatuor en lieu sûr : vers le palais royal, car pareille affaire passerait assurément devant le vice-roi en l’absence de la préfette Shane. La garde neimoidienne affirma, troublée, qu’aucun laboratoire n’aurait dû se situer ici. C’était une forêt sauvage, laissée inexplorée depuis longtemps. Les neimoidiens de la région semblaient plus superstitieux que leurs homologues citadins ; ils évoquèrent en pestant les bois.


                            « - Cette forêt est mauvaise. Des Dnafak nous observent. »

                            Les autres frissonnèrent à l’évocation de ce mot, comme s’il conjurait à lui des démons ineffables. Ils portèrent leur poing droit sur leur cœur, comme s’ils effectuaient une prière, mais aucun d’eux n’expliqua ce qu’étaient les mystérieux Dnafak. Les locaux n’étaient pas réputés, dans la galaxie, pour leur courage. Nul n’ignorait la couardise des neimoidiens. Malgré ces rumeurs, le trio d’autochtones armés de lampes ne guidait-il pas le groupe éreinté à travers la forêt ? Le courage, sans doute, était-il avant tout une vertu personnelle et non un trait propre à un peuple. Ou faisait-il défaut aux grands qui s’en allaient diriger des empires économiques car seuls les petits, isolés dans un monde sauvage et vierge en avaient plus besoins qu’eux ?

                            Sur les sentiers tortueux de végétation épaisse et glissante, entre les branches macabres, chaque ombre était une forme jetée qui s’animait vivement dans l’imagination épuisée. La peur traçait seule le film silencieux de l’esprit, animant un démon tout personnel à chacun, qui venait dans un coin du regard pour disparaître sitôt qu’on y prêtait attention. Le vent hurlait entre les cimes, les éclairs craquaient dans le ciel, déchirant la nuit de leur éclat cadavérique. Aussitôt après le tonnerre, un mutisme complet saisissait un instant la forêt, où l’on pouvait entendre jusqu’au battement de son propre cœur.

                            La marche s’étala sur une durée que l’émotion n’aurait pu quantifier : elle semblait longue, car chaque arbre ressemblait à l’autre, mais parfois on reconnaissait dans la pénombre un endroit familier. Le groupe retrouva le tuyau qui les avait guidé, si longtemps auparavant, vers le sinistre laboratoire. Ils trouvèrent également ce qui avait des allures de sentier. Et bientôt ils s’extirpèrent de la forêt ; les lumières dévoilèrent une végétation battue par les vents, alors qu’ils quittaient le couvert des arbres. L’herbe, après environ cinq mètres d’une terre bosselée, disparaissait, happée par une coulée de boue récente, droit dans un précipice. L’on entendait en outre un mouvement lourd et sourd, le grondement d’une rivière gigantesque, plus bas. Sous l’éclairage des torches, une figure rassurante : un pont - pareil au premier qu'ils avaient emprunté à l'aller. Ils étaient sur la bonne voie. Ils étaient sur la route du retour, vers Géonosis, loin de ce monde, loin du laboratoire et de ses horreurs. L’autre berge était dissimulée par l’obscurité, mais les cordages étaient bien là : les lattes pourries, ces fichues lattes qui avaient failli coûter la vie à l’équipe, qu’ils auraient presque bénies à présent, car marquant leur porte de sortie et leur premier pas hors de leur cauchemar collectif. La pluie s’était calmée : le vent créa un instant une percée dans le ciel. Un disque de nuit s’extirpa du couvercle brumeux, un rond d’un bleu profond, où luisaient les étoiles lointaines. Les deux lunes brillaient, pleines et intenses. Leur éclat couvrit la vallée d’un linceul de lait, qui découpait avec netteté les formes. Tout le monde devint d’argent et d’ébène. A cet instant de beauté inattendu vint s’adjoindre une nouvelle bonne nouvelle :


                            « - Nous avons stationné notre vaisseau quatre-cent mètres avant le pont. Nos instruments commençaient à être perturbés. Avec le vent et la pluie il était impensable de naviguer sans instruments. C’est une simple navette, mais elle aura tout le confort nécessaire pour que vous puissiez vous reposer le temps du trajet... » dit le plus grand des neimoidiens, qui semblait être le capitaine de l’équipe. Il se nommait Daltay de ce qu’ils avaient pu apprendre. Les autres étaient bien plus avares en parole : le stress les rendait vraisemblablement muets comme des tombes.

                            Il invita le quatuor à s’engager avant eux sur le pont : avec leurs armures, ils étaient plus lourds, ils devaient donc passer d’abord, pour que les autres s’engagent à leur suite. Par soucis pratique, ils confièrent au membre de tête doté de mains (car ils observaient avec une curiosité constante le grand félin qu’était devenu Billy) une torche, afin qu’ils ne soient pas victimes d’une mauvaise chute dans l’obscurité. La lueur lunaire était certes suffisante à présent pour voir où l’on mettait les pieds, mais la brume rendait la traversée périlleuse quoi qu’il en soit. Cependant, après toutes les épreuves, après ce baptême du feu dans les ténèbres du monde qui aurait érodé l’équilibre psychologique des plus téméraires, ce pont semblait un menu fretin ; encore fallait-il avoir la discipline de ne point céder à l’impatience, car l’impatience menait à leurs pertes les soldats d’expérience comme les novices. Le quatuor traversait vers sa victoire finale, vers le sacre de sa liberté, sous le regard de Daltay et ses hommes. Le vent lui-même se tut un instant.


                            Et ce fut le silence.

                            Un silence qui était bien différent de ce qu’ils avaient vécu dans le complexe secret. Il ne renfermait pas une hostilité sauvage et prédatrice. Ce n’était pas la respiration retenue d’une abomination guettant sa proie, jaugeant de l’angle parfait pour l’achever d’un coup vif, pour épandre son sang et ses boyaux sur les murs et se repaître de ses entrailles, non. Il s’agissait du monde qui semblait observer une pause tranquille – comme une brève inspiration. Un véritable instant de quiétude, qui allégeait l’esprit, à défaut de soulager le corps. Le groupe était arrivé à plus de mi-parcours. Ils pouvaient à présent apercevoir les deux berges.


                            Et ce fut un cri.

                            Les yeux les plus performants et les jumelles pour les autres auraient vu la scène dans toute sa clarté. Daltay était en train d’être soulevé au-dessus du sol. Une forme noire, penchée depuis l’arbre au-dessus, le tirait à elle par la gorge. Le neimoidien, les jambes futilement battantes dans l’air, tentait de se libérer. Le cri venait de ses deux camarades, qui pointaient sur la forme leurs torches. Il s’agissait d’une monstruosité sans nom. Sous les lunes pâles, son œil cyclopéen luisait d’éclats rouges de malice. Son iris était une croix noire, ses paupières veinées s’étendaient sur un visage strié de chair cartilagineuse, en couches musculeuses et luisantes qui frétillaient et s’étendaient jusqu’à deux tentacules, à l’arrière du crâne et humanoïde était-elle d’apparence.

                            Plusieurs coups fusèrent dans la nuit ; les lasers heurtèrent les arbres environnants – trop trempés pour prendre feu fort heureusement. La bête, alors, se tint sur la branche. Une première fois sa Voix était venue. Une seconde fois allait-elle revenir. L’air trembla. La pupille de la monstruosité se dilata, devenant un astre noir, sans bord et sans fond. Le grondement du fleuve, les souffles lointains du vent et du tonnerre, tout disparut. Un déchirement aigu qui fractura l’air lui-même remplaça le son. Des résonances foudroyantes, si graves qu’elles auraient réduit à la poussière des murs, plus profondes que l’Abysse dont le monstre était né, douces comme la mort, vinrent s’y mêler, en un concert de voix discordantes qui hurlaient, hurlaient oui à la fureur, hurlaient à la faim, hurlaient à la perte de tout ce qui vivait. Le monde chavira : le ciel, les planches, tout fut éclipsé. Les lunes furent englouties par un trou noir brûlant, un flash, une vision éternelle mais fugace : un immense œil à la pupille croisée, nimbé d’une chaleur plus terrible que toutes les étoiles de la galaxie. La sensation de brûlure était si vivace, pour peu on aurait cru sa propre chaire exposée aux flammes d’un jugement divin ! Divin ? Non, démoniaque. Car il n’était nul dieu qui aurait osé relâcher pareille abomination dans le monde des vivants.

                            Le songe blasphématoire cessa ; ses terribles conséquences mentales, hélas, furent de trop pour Billy. Le grand fauve s’effondra sur le pont. Après une série de convulsions, il cessa de se mouvoir. L’hérésie faite vivace, l’insulte suprême à tout ce qui était dans l’ordre naturel des choses, se moquait bien du devenir de ses proies. Les trois neimoidiens gisaient face à elle, inertes, mais son attention était toujours sur Daltay. Elle s’approcha de l’infortuné, qui était tombé sur le dos. Alors, le saisissait par le col, elle approcha son œil immonde de lui ; le visage de l’alien se déforma dans une expression de douleur la plus terrible, alors qu’il hurlait. Sa peau céda, et le sang et les os et les muscles et tout ce qu’avait abrité son visage austère mais honnête disparurent en une tornade rouge et macabre, au sein de l’Iris prédateur. Siphonné de sa vie et de ses sensations, il demeura à convulser, alors que l’Abomination se redressait, pleine et entière sous la lumière blafarde d’un monde insensible. Son regard était fixé sur le quatuor, au milieu du pont.




                            Spoiler : HRP

                            -> Vous avez pleine latitude sur les indications données aux neimoidiens, comme vous vous en doutez
                            -> Ansikt est mis inconscient, conformément à un accord avec celui-ci suite à son absence annoncée
                            -> Veillez bien à ne pas le laisser en arrière et à le ramener sur Géonosis
                            -> Combattre ou fuir, à vous de choisir. Choisissez bien, car je serai absolument impitoyable.

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                            • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                              Le ChroniqueurL Hors-ligne
                              Le Chroniqueur
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                              #56

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                              Auteur : Azel Kyone'e

                              Ce que j’ai pris pour une lumière solaire s’avère être un éclair gigantesque : l’orage se déchaîne sur la forêt alentours. Il faut croire que les beaux jours n’existent que sur une plage horaire définie, sur Cato Neimoidia. La foudre s’est abattue pas très loin d’ici, et continue de zébrer le ciel si fort qu’on se croirait en plein jour ! Sauf que derrière la barrière des nuages, il fait nuit. Le vent siffle d’ailleurs tellement que je n'entends plus rien autour. Il me faudrait gueuler avec une voix d'Itorien pour que les autres puissent m'entendre. Inutile d'espérer me reposer ici : dans quelques secondes, je vais ressembler à un flan qu'on aurait oublié de servir... Si j'ai faim ? ...C'est une vraie question, ça ?

                              Un pied après l’autre, je me mets debout : devant moi, sur ce qui a un jour dû ressembler à une pelouse, s’étale de-ci de-là le contenu du sac que j’ai balancé par la porte pour m’alléger. Avec un soupir, je me lance dans une séance de ramassage. C’est fou comme tout est cent fois plus dur quand on a des courbatures et des bleus plein le corps… J’avais oublié cette impression d’être devenu un droïde. Faut dire, c’est pas avec mon ancienne vie de petite mercenaire que j’allais me préparer à vivre une journée comme celle-là. Je pense que même nos super profs de l’académie de Géonosis ne l’avait pas prévue. Oh, ils avaient sans doute imaginé nous voir galoper comme des fourmis affolées sur un champ de bataille à feu et à sang, ou en train de nager dans des égouts d’une forteresse à infiltrer. Mais monter et descendre des cages d’ascenseurs vides pour échapper à des Rackgoules transgéniques ? J’suis prête à parier ma prochaine tournée qu’aucun d’eux n’avait pensé à ce genre d’exo supplémentaire… Même Dason aurait pas eu une idée aussi tordue – et pourtant, il est passé pro dans le genre !

                              Je fonctionne au ralenti : chaque geste devient mécanique, et me baisser pour récolter ces engins me fait réaliser que mes vertèbres sont peut-être pas en si bon état. Pourvu qu’on ait droit à un contrôle technique gratuit… Je parle même pas de la vidange. Une fois mon cher bagage remis en ordre – apparemment ces trucs sont ultra importants – et la pause légale écoulée, on décide de quitter les lieux pour rebrousser chemin.

                              Je jette un dernier coup d’œil en arrière, comme pour m’assurer que cette porte est bel et bien fermée – du style : définitivement. Le carré de permabéton, immobile au centre de la clairière, me fait un drôle d’effet. Comme quand on te plante une aiguille pour un rappel de vaccin, un peu. J’ai du mal à réaliser ce qu’on vient de vivre. C’était réel ? Je sais plus. Je suis trop fatiguée. J’ai les idées dans le désordre. Mais c’est avec une joie non dissimulée que j’emboite le pas aux gradés pour quitter cet endroit maudit. Il pleut. Je ne m’en étais pas rendu compte. Je marche avec lourdeur et lenteur – un deuxième Zigg quoi. A côté du nouveau Billy, je fais plus office de bulldozer sans répulseur. Avec ses quatre pattounes à coussinets, il fait presque pas de bruit, alors que moi, je te joue tout l'orchestre en même temps. Heureusement, cette clairière est pas bien large, et le couvert - relatif - des arbres arrive à point nommé. Ici, au moins, on devrait pas être trop noyé par les seaux de flotte qui se décident comme par hasard à tomber quand on sort. Comme par hasard.

                              Et là, tu penses que c’est fini, que c’est ENFIN terminé, que tu vas pouvoir prendre un billet aller simple pour le traditionnel bourrage de trogne final… Mais non ! Non, même pas : là, à ce moment-là, il faut qu’une bande de tronche de crapaud débarque en piaillant ! S’y a bien un truc dont j’avais vraiment pas besoin, c’était une paire de Neimoidiens ! J’aurais franchement préféré une bonne partie de tape-moi dessus avec quelques unes des bestioles du coin ! Des Neimoidiens... Tiens, mais au fait : qu'est-ce qu'ils font là ? C'est à croire qu'ils nous attendaient, bien tranquilles, pendant qu'on trifouillait dans ce labo de mes deux. Je comprends vaguement l'histoire quand l'un d'eux - sans doute le patron de la compagnie - s'avance sur nous et s'adresse à Iroey. Le cyborg avait envoyé un message de détresse ? Ah ouais, bien pensé. Mais j'pense qu'il avait pas tout à fait prévu que le destinataire soit un sous-fifre de la milice locale. C'est pas que je les pense pas capable, hein, naaaan (pas mon genre), mais le gradé espérait peut-être un truc plus axé sur l'artillerie lourde. Vu ce qu'il y a en bas. Mais bon. On a fermé les écoutilles, capitaine, alors si ceux-là peuvent nous éviter de nous re-tarté toute la forêt à pattes, je dis pas non ! Et puisqu'ils ont eu la bonne idée de se munir de traducteurs automatiques, on se passera d'un cours de pak-pak avec un accent catodique. Catoien ? Catonéen ? Bah, j'en sais rien... Avec un accent à pleurer de la sauce basilic, quoi.

                              « Nous avons stationné notre vaisseau quatre-cent mètres avant le pont. Nos instruments commençaient à être perturbés. Avec le vent et la pluie il était impensable de naviguer sans instruments. C’est une simple navette, mais elle aura tout le confort nécessaire pour que vous puissiez vous reposer le temps du trajet… »

                              Quatre cent mètres ? Pff… Pourquoi j’ai l’impression que c’est à l’autre bout de la planète ? Mes jambes refusent de bouger : encore un peu et elles vont déclarer l’indépendance. Je manque de trébucher en me mettant en route… Tu parles d’une mission… Nan mais vraiment ! Punaise, si on revoit un jour ces fichus têtes à claques de Géonosis, ils vont entendre quelques chansons de mon pays, cette bande de…

                              Bon, c’est pas comme si des bordées de jurons allaient faire s’accélérer le temps. Et si les instruments sont perturbés ici, le décollage s'annonce folklorique. J'ai déjà connu bon nombre de décollage en mode panique, voire un poil apocalyptique. Mais entre ça et la tempête qu'on va se prendre sur le museau, je crois que j'ai intérêt à réviser les protocoles d'urgence. Cette fois, j'ai pas de jet pack pour m'empêcher de subir la dure loi de la gravité en cas de désintégration d'habitacle imprévue. Je profite de n'avoir rien d'autre à faire que d'avancer avec mon paquet sur le dos, pour essayer d'envisager la suite du voyage. Jusque-là, le futur s'arrêtait aux portes de ce piège en forme de cube. Mais maintenant, c'est un peu différent : on a échoué, on est quand même sorti, et on s'est fait repérer par une paire de policiers qui à mon avis doivent se demander ce qu'on était vraiment venu faire dans un endroit pareil - j'pense que le coup du pique-nique entre amis passera mal. Je suis curieuse de voir ce que nos responsables vont essayer d'inventer pour masquer le fait qu'on est pas venu faire du tourisme, et qu'on ressort d'un labo qui n'existe pas avec des informations qui n'existent pas et qu'on va devoir ne plus exister très rapidement. C'est ce qu'on m'a appris à comprendre, ces derniers temps.

                              « Cette forêt est mauvaise. Des Dnafak nous observent.

                              -Les quoi ? C'est quoi encore, ces Banthaneries ?
                              »

                              Devant, je vois le pont : c'est bien celui qu'on a traversé. Pas de doute : le lieu est reconnaissable entre mille, et peu de chance qu'il y ait soixante-six ponts dans cette forêt ! J'ai envie de me mettre à courir, à sauter de planche en planche, pour pouvoir me soustraire à cette pluie agaçante. Le trio de Neimoidien nous enjoint à passer devant, soit-disant parce qu'on pèse lourd. Mouais. Aussi parce que t'as pas envie de tomber à l'eau le premier, le vert-de-gris ? Bref. Comme à l'allée, c'est le cyborg et son petit quintal qui prend les devant, je lui emboîte le pas, accompagnée de Beskar-boy et de notre fidèle compagnon à poils. On est pas embringué dans le truc depuis deux minutes que la nervosité monte brusquement. J'aurais bien pensé que ça venait du vent qui nous fait osciller dangereusement au-dessus du gouffre, mais les regards en arrière m'indiquent que c'est autre chose. Un truc pas prévu au programme. Malgré les sifflements, l'averse, le tonnerre, le monde se fait silencieux. Je retrouve cette espèce de sensation détestable que j'ai déjà ressentie dans les entrailles du laboratoire de la CSI. C'est le genre de chose que j'arrive pas à décrire. C'est tout sauf habituel, et ça n'annonce rien de bon. Je déteste définitivement le silence. Les explosions et la mitraille, c'est autrement réconfortant !

                              Je m'attends à voir surgir quelque chose sous mes pieds, depuis les remous de cette eau boueuse dont on ne voit pas le fond. Et c'est de derrière que le pire arrive ! Un hurlement parvient jusqu'à mes tympans. Je sais pas comment je me débrouille pour faire volte-face sur une si petite surface, mais je parviens à me retrouver derrière Blad, à fixer une scène absolument improbable. L'un des Neimoidien a quitté le sol, agrippé par quelque chose dans l'un des arbres. Je plisse les yeux pour tenter de discerner quelque chose, mais la seule chose que je vois, c'est l'ombre projetée de l'alien qui se débat, au travers des torches des deux autres encore debout. Après un temps de réaction q ils leurs apprennent à tirer, sur Cato ? J'ai comme un affreux doute. Je me demande ce qu'en pense le gradé juste devant moi. Je suis peut-être influencée par un certain chauvinisme, mais franchement, je pense que même ivre, il ferait mieux ! Ouais, j'espère pour lui qu'il ferait mieux, eh.

                              « Tsk… Di'kutla. »

                              Même pas le temps de partager une bière qu’ils sont déjà crevés… J’pensais pas que les Neimoidiens pouvaient se faire mettre hors service si vite par leur propre faune ! Ils ont pas une réputation extraordinaire à l’étranger, mais à ce point, ça fait peur. J’essaye de voir ce qui l’a attrapé, attrapant par réflexe le manche à mon côté. Je me souviens vaguement que c'est pas la crosse d'un flingue, mais c'est mieux que rien : le lancé de vibrohache devrait rapidement devenir ma discipline de prédilection, avec un peu d'entrainement ! Même à cette distance, ce qui nous fait face est plutôt impressionnant. Pendant un instant, j’avais cru que c’était un Twi’lek : la forme de ses deux lekkus qui pendent de part et d’autre de son crâne me l’avait fait penser. Sauf que cette théorie n’a résisté que trois secondes, le temps pour moi de voir le détail de cette face qui nous regarde depuis le surplomb. Elle ne ressemble à rien. Je sais pas comment décrire ça : sa figure est juste un non-sens stric. Personne oserait sortir avec une tronche pareille ! Je vais finir par me trouver splendide, à force de la regarder ! La seule chose qu'on puisse deviner, c'est que c'est - c'était ? - une nana. Le reste... Même la Fièvre Jaune de Dxunn ferait pas autant de ravage sur le corps d'un sujet sain ! J'ai pas la moindre idée de ce qui l'a parasité, mais c'est un moment de l'art raté.

                              Je sens le pont tanguer sous mes pieds. Mais j’ai plus envie de bouger : les autres non plus n’ont pas fait un geste. Il ne reste rien du Daltay, rien d’autre qu’une paire de bottes restées plantées dans la boue au pied de l’arbre. La chose qui l'a réduit en purée d'atomes reste là où elle est, et j'ai presque l'impression de la sentir attentive au choix du prochain à passer à la casserole.

                              « De tkirada be Mand'alor !! Meg cuyir ibic osi'kyr ?! »

                              J’en perds mon Basic. Ce truc est proprement hideux ! Jamais ma route n’a croisé celle d’une chose pareille ! L’animal – j’ai même pas envie de penser que ce truc a une intelligence quelconque – se met à hurler plus fort que le ciel déchaîné. Quelque chose se met à cogner dans un coin de ma caboche : j’ai déjà eu cette sensation – et c’était il n’y a pas si longtemps. J'ai soudain une furieuse envie de me gratter l'intérieur du crâne... Ma vue se brouille, j'ai le tournis... Qu'est-ce que c'est que ce délire ?! Je vois Billy tomber raide quelques pas à côté de moi. Ses pattes glissent sur le bois mouillé, son pelage hirsute et détrempé lui donnant un air misérable. Il me rappelle vaguement ces créatures rachitiques qui rôdaient dans les ruelles pour glaner de la nourriture, et à qui mon coloc lançait ses bouteilles vides pour ne pas avoir à subir leurs gémissements.

                              Je suis coupée en deux, un peu comme si un morceau avait déjà traversé ce pont, et l'autre avait rebroussé chemin. Azel, c’pas le moment d’avoir des états d’âme, oh ! Billy ou la bête ? La bête ou la crevette ? Arg ! Le seul truc que je sache faire dans ces moments-là : me demander ce qu’aurait fait Eyan. Allez pa’, c’est quoi la meilleure solution ?! Tu l’aurais su, toi. Tu savais toujours comment te sortir de ce genre de situation d’une pirouette. Ce qu’Eyan aurait fait… Jamais abandonner ses frères. Laisser la crevette servir de repas aux poissons de la rivière en contrebas : c’est pas digne d’un Mando’a. Même un fils de Hutt aurait des scrupules à faire une chose pareille. Alors je décide de tourner le dos à la chose, sachant que je mets dans la mouise par la même occasion. J’espère juste pouvoir faire confiance aux deux autres pour la tenir en respect. Je rattrape le corps du corniaud par les pattes avant et le tire au milieu du pont, en équilibre sur deux planches. Je parviens à le charger sur mon épaule, par dessus le sac de datas. C'est chaud coco ! je sens mes pieds riper sur le bois pourri. Si on arrive à sortir de là, je pense que personne pourra espérer traverser sans le payer cher ! C'est à peine si ces vieilles cordes d'un autre âge tiennent encore ! M'étonnerait que le gouvernement planétaire ait envisagé des travaux de rénovation, cela dit. L'autre côté me paraît beaucoup trop loin. Impossible d'y transporter Billy sans devoir tourner le dos à l'affamée de service. Et je doute que sergent Iroey ait envie de jouer les nounous pendant qu'on occupe la Twi'lek remastérisée ! J'avise le vaisseau posé en face, à une paire de foulées de notre position.

                              Si seulement ces crapauds en uniforme nous avaient rapporté un appareil militaire ! On aurait pu balancer quelques tirs bien sentis à cette horreur. Mais la seule chose que cette navette va pouvoir faire, c’est déployer deux pauvres boucliers déflecteurs – et même pas sûr que ça suffise pour laisser la chose par terre si elle décide de faire un petit tour dans les airs avec nous. Je doute qu'une paire de hache suffise à détruire quelque chose comme ça. A moins que je puisse en approcher sans finir comme le Neimoidien. Ah, c'te gageure ! Il doit y avoir au moins cinquante bons mètres entre l'arbre qui lui sert de perchoir et mes deux bottes. Tu parles d'un guet-apens ! T'avances ou tu recules, tu crèves quand même. Billy m'écrase, et pourtant il est pas lourd. Avec quelques vérins hydrauliques, peut-être, j'arriverai à le rapporter dans ce vaisseau. Mais en l’occurrence, le seul qui peut se vanter d'en avoir, c'est celui qui était chargé d'ouvrir la marche, et qui tient présentement mes arrières...

                              L’œil de la créature se met à grossir, ce qui ressemble à une pupille s'écarte dangereusement. C'est presque fascinant de mocheté... Je m'arrache à la contemplation de cette chose en avisant l'un des flingues tombé avant le pont. Flingue, œil. Œil, flingue. Mon cerveau additionne enfin deux plus deux :

                              « Faut tirer dans ce qui lui sert de gueule. Tirer dans les ouvertures : la vielle technique qui sert toujours en cas. Mais pour ça, faudrait pouvoir viser dans ce brouillard. » que je me dis à moi-même. Toujours : faute d'avoir une bouche ou un trou d'balle, c'est un œil que j'ai envie de prendre pour cible !

                              J'aimerai bien que cette voix dans ma tête l'entende, cette phrase, et me dise "ouais, tout à fait, c'est ça !" Mais non. Elle préfère me raconter un truc du style "t'as plus de cinquante kilos sur le dos, tartiflette : tu vas faire comment pour tirer ?!" Avec la pluie, une fine couche de buée s'est formée sur ma visière. Je me retourne d'un coup et décharge Billy aux pieds du sergent Iroey. J'en profite pour donner un coup de vis aux sangles du sac que j'ai sur le dos. Il pèse incroyablement lourd, maintenant. Je le salue à la CSI, avec ma petite note ironique perso :

                              « J'peux compter sur vous pour le ramener en un seul morceau, chef ? Faut bien que les recrues justifient leurs salaires... Essayez de pas finir toutes les bouteilles sans moi ! »

                              Je sens que le coup du "j'te refile le bébé" lui plaît pas des masses, mais je lui laisse pas vraiment le temps de me demander ce-que-bordel-je-compte-faire.

                              Ouais, je sais : c'est à ce moment qu'Eyan me gueule "'tsel, tu rentres au vaisseau, TOUT DE SUITE !" Et c'est à ce moment là où 'tsel lui file entre les jambes - en lui piquant son DE-10 pour me mettre à canarder ceux d'en face avec une tronche à faire fuir un Gundark. Sauf qu'aujourd'hui, personne ne me retient quand je manque de m'étaler en galopant sur les planches glissantes du pont qui tangue. Personne non plus pour me donner un DE-10 : il va falloir se débrouiller. Je profite de la brume nocturne pour dépasser Blad en une glissade improvisée jusque sur la terre ferme. La boue ripe sur mon armure, et je parviens à attraper l'un des E5 tombés à terre. Il est aussi trempé que moi, mais il peut encore tirer quelques coups. Génial. Bon, j'aurais préféré un truc qui fasse moins dans la dentelle, histoire d'être sûre de lui en mettre plein la face. Mais je devrais pouvoir viser dans le mille - enfin, si j'en ai l'occasion. Je roule sur le côté avec ma toute nouvelle arme et braque le canon sur le sommet de l'arbre.

                              Pas de Twi'lek.

                              Purée de courges ! Où elle est passée, cette fichue morue mal retouchée ? De toute façon, j'ai jamais aimé les Twi'lek. Surtout les femelles : elles sont insupportables !


                              --

                              Idiot.
                              ** Par le futal du Mandalor ! C'est quoi cette m#*$@ ?!

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                                Auteur : Blad Demeci

                                Depuis le début de cette mission, Blad avait laissé un peu de liberté à ses équipiers, surtout à Iroey à vrai dire. Lorsque ce dernier avait prit des initiatives, le Commandant n'avait pas bronché et supposait, intérieurement, que les connaissances du cyborg allaient sauver la mission entière. En y réfléchissant, tout en progressant dans le laboratoire jusqu'à atteindre laborieusement sa sortie (tant espérée), la mission aurait probablement été un échec total sans le Sergent. En pesant le pour et le contre, Blad tira la conclusion qu'il avait bien fait de rester humble. Alors que l'équipe livrait une ultime bataille contre la montre, et les portes automatiques qui verrouillaient les lieux définitivement, les pensées du vétéran de guerre se tournèrent vers l'avenir qui approchait. Rien que de penser à être dehors illuminait le visage rude de l'officier.

                                Lorsque tout le monde fût en "sécurité" à l'extérieur. Le groupe prit le temps de souffler, de profiter de cet instant malgré la nuit et le mauvais temps persistant. En fait, Blad n'avait jamais été aussi heureux de sentir la pluie sur sa peau, d'entendre l'orage et les feuilles qui dansent sur la cime des arbres. Après le calvaire fraîchement traversé, et les doutes, rien ne pouvait être plus rassurant que de se retrouver à l'air libre. Le chef Demeci se surprit à frissonner. Lui, qui ne tremblait jamais et n'avait peur de rien, il se sentait rassuré.

                                Le moral du groupe était enfin remonté, à l'image de l'escalade haletante vécue quelques secondes plus tôt. Les soldats voyaient le bout de cette opération. Restait à savoir comment partir d'ici sans attirer l'attention. Le barda que les séparatistes portaient sur les épaules n'était pas des plus discrets, d'autant plus que l'aspect sale et éreintée de chacun risquait d'éveiller tout autant les soupçons. Sans parler de la créature parlante à la fourrure noire, nommée Billy, ou encore de la masse d'acier que représentait Iroey...

                                Le fidèle Sergent semi-organique avait d'ailleurs proposé de chercher des contrebandiers, histoire de filer en douce. Pourquoi pas, même si cela était très risqué compte tenu des vêtements de certains, identifiables à cause de quelques logos confédérés, discrets mais bien présents. Et l'idée de se présenter nus à des trafiquants n'était pas franchement plausible non plus. Blad commençait à se dire qu'il valait mieux se concentrer sur le retour à la civilisation avant toute chose, que le commando pouvait même cacher les données quelque part, le temps que d'autres alliés viennent les récupérer. Soudain, trois silhouettes se dessinèrent dans l'horizon brumeux, armées de torches lumineuses.

                                Des Neimoidiens étaient venus à la rescousse du quatuor. Blad leva son œil organique vers son acolyte cyborg, la mine bien moins joyeuse que précédemment. Comment avait-il pu lancer un appel de détresse de la sorte? Sans cryptage, sans destinataire précis... Alors que, justement, la discrétion de l'équipe, vis-à-vis du gouvernement local, avait été la seule franche réussite de la mission jusqu'à présent. D'un message, Iroey avait balayé cette ligne des objectifs fixés par l'Etat-Major. Blad ne pouvait approuver, néanmoins il était trop tard pour faire machine arrière. Les trois miliciens étaient là, prêts à les aider pour commencer. Blad décida de jouer la carte de la discrétion malgré tout, restant muet face aux échanges entre les hommes verts et le Sergent. De cette façon, les Neimoidiens ne pourraient déjà pas se douter du véritable chef de l'équipe, soit l'aîné Demeci. Une information qu'il était bon de préserver face à des inconnus.

                                Le groupe nouvellement formé de sept personnes, désormais, progressait sans grande hâte jusqu'au point d'extraction. Blad soupira à la simple vue du pont, cet obstacle maudit avait été si compliqué à passer plus tôt dans la journée... Il prêta attention aux regards de ses coéquipiers, remarquant qu'ils n'étaient pas enchantés, non plus, par l'idée de le traverser encore une fois. Mais il le fallait bien, et ce n'était rien comparé à l'enfer du laboratoire scientifique, concrètement. La fatigue était là, de plus en plus pesante, mais le mental tenait, il le fallait. Pour la mission, tout comme pour Mandalore. La grande quête du descendant Demeci allait pouvoir commencer après cette opération foireuse, et il était prêt à tout pour y parvenir, soit au moins à survivre jusque là.

                                La navette n'était plus très loin, le pont étant traversé de moitié quasiment par l'escouade, quand un cri alerta les agents séparatistes. Derrière eux, les Neimoidiens se faisaient dépecer par une créature, une vieille amie que Blad avait commencé à oublier. La rakgoule expérimentale était là, traquant les destructeurs de son antre en véritable furie. Au moins, l'équipe confédérée n'aurait plus à se débarrasser des miliciens pour pouvoir respecter le caractère à discrétion totale de la mission. Car oui, c'était bien ce que Blad comptait faire : liquider les autochtones avant de s'emparer de la navette. Certes, de façon moins sanglante et terrifiante que ce qui venait de se produire... Avec la rakgoule, il y avait donc un problème en moins, mais un gros soucis en plus. Le commando ne pouvait pas se permettre de laisser une créature abominable en liberté sur cette planète, et risquer une épidémie par la même.

                                La réflexion rapide du Commandant Unforgiven fût prise de court par le soldat Kyone'e. La Mandalorienne avait d'abord rattrapé Billy d'une mort fort probable, avant de s'élancer au duel face au monstre. Son sac de données laissé à Iroey, elle était bien plus libre de ses mouvements et disposait peut-être d'une petite chance de liquider la bête. Blad regarda alors Iroey et lui lança :

                                "Prends les données, mets Billy dans la navette et décolles. Ensuite, approches-toi doucement de la falaise avec le vaisseau, on essaiera de sauter à bord après avoir tué ce truc. Si on échoue, termines la mission Iroey, c'est ton seul devoir."

                                Ainsi c'était clair, les Mandaloriens étaient prêts à se sacrifier s'il le fallait. Leur honneur n'avait nulle pareille, et il était déjà l'heure de le prouver. Le borgne arracha le bandeau qui dissimulait son œil bionique et commença à rebrousser chemin sur le pont en piteux état. Il était temps de tester ce bijou technologique en situation désastreuse. Son œil lui permit d'analyser plus efficacement la situation, le Mandalorien avança alors plus promptement que précédemment. Une fois le pied posé sur le sol humide mais solide de la falaise, il dégaina la lame courte qu'il gardait précieusement cachée dans sa botte, prêt à en découdre. A ce stade, plus rien ne pouvait l'arrêter, Blad savait que ce monstre était entre lui et son destin, et il ne comptait pas laisser une abomination de ce genre détruire tout ce qu'il avait construit jusqu'ici.

                                Alors qu'Azel essayait de viser la gueule de la créature, Blad avait retenu le fait que les rakgoules encaissaient potentiellement les tirs de blaster sans broncher. Ignorant s'il existait un talon d'Achille sur le corps hideux de cette créature, le prétendant au rang de Mandalore préférait s'assurer fermement de sa mort, par une lame bien affûtée plantée dans la cervelle. Arrivé à hauteur de sa congénère, Blad fit signe à Azel de dégainer ses haches plutôt que de tenter sa chance avec le fusil qu'elle portait à hauteur de sa visière embuée. Face à un duo remonté à bloc, représentant d'une des espèces la plus redoutable au combat de la galaxie, la rakgoule risquait bien de voir ses jours s'écourter.

                                Le bras en beskar en avant pour former sa garde de prédilection de close combat, Blad était bien en place sur ses appuis malgré les quelques courbatures qui parcouraient son corps. Vu les compétences particulières de la bête, il valait mieux frapper en premier. Blad s'élança à une vitesse impressionnante (pour son corps assez imposant et sa fatigue cumulée jusqu'ici) en une trajectoire discontinue, imprévisible et irrégulière, jusqu'à la rakgoule enragée. Arrivé à portée, il marqua sa distance de frappe grâce à son poing en métal Mandalorien (histoire, aussi, d'éviter une morsure synonyme de contagion rapide présumée). Un petit jab sec et franc suffit pour ce faire. Cependant, Blad ne chercha pas à savoir si la rakgoule avait esquivé ou non, envoyant un second coup circulaire, net et puissant avec sa lame. Il espérait avoir au moins touché la tête de l'abomination. L'adrénaline qui le maintenait à un haut niveau d'intensité physique permit au Commandant de faire quelques pas en arrière, dans l'espoir d'éviter une contre-attaque, s'il y en avait une.

                                De tous les combats traversés par le leader Demeci, celui-ci était un des plus importants. Réussir ici, dans cette jungle inhospitalière, c'était un premier pas vers le trône de Mandalore. Mieux encore, c'était le test parfait pour jauger la qualité de cet homme, à la prétention d'une autre dimension. Blad avait tué beaucoup de personnes, même des êtres supposés plus puissants que lui, à la guerre comme dans la Force. Jamais il n'avait baissé les bras. Même sa dernière convalescence, qui lui valu cet œil et ce bras à la pointe de la technologie, lui avait octroyé la force de revenir... Plus vaillant qu'autrefois, si ce n'est plus fort, plus expérimenté et plus incontrôlable encore. Blad Demeci écrivait son histoire, aux côtés d'êtres prometteurs, dont les destins se lieraient peut-être après une telle épreuve commune.

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