Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Le sang des insoumis.

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #5

    Post n°5
    Auteur : Hivernus

    Tahlee hoche doucement de la tête à la première requête du gouverneur. Elle quitte la tente de commandement l’espace de quelques battements de coeur et donne ses directives aux Manteaux de Nuit postés en sentinelles à l’extérieur. Les trois soldats prennent leurs ordres et prennent des directions opposées, se mettant à la poursuite des deux individus recherchés par l’état-major. Une fois le capitaine de retour au sein de la tente, le briefing continue et Lysandre Sylla en vient à exposer sa stratégie. Le colosse mise beaucoup sur les frappes aériennes et les frappes chirurgicales des blindés. Cette tactique, très prisée des commandants de terrain, a plusieurs avantages certains. Elle permet de tester la réactivité et la combativité des adversaires, peut compromettre leur réseau de défense et peut éventuellement révéler de potentiels atouts dissimulés habilement par l’ennemi. C’est une méthode que les élèves-officiers apprennent à l’académie militaire dès les premières leçons. Toutefois, l’exécution elle-même de cette stratégie repose sur plusieurs facteurs. Et le dirigeant d’Ord Trasi semble le savoir, puisqu’il joue sur l’aspect psychologique produit par les différentes manoeuvres qu’il planifie pour perturber les rebelles Cathars.

    Les minutes passent, l’organisation et la structuration de l’opération semblent se dessiner. Les membres de l’état-major réuni autour du gouverneur comprennent et assimilent rapidement les différentes parties du plan proposé par Lysandre Sylla. Du fait des nombreux détails qu’il ajoute et de la précision de l’exposition de sa stratégie, il n’y a pas de doute à avoir : Le colosse aux cheveux grisonnants est un homme fait pour la guerre. Il semble en connaître les bases, exploite les moindres faiblesses et informations fournies et conçoit des plans avec une facilité presque déconcertante. Il est professionnel et compétent. C’est un constat simple. Un léger silence s’installe à la suite du monologue. Il est rapidement brisé par le capitaine Jahadel.


    - C’est clair comme de l’eau de roche Gouverneur. Indique le Cathar en esquissant l’ombre d’un sourire, satisfait par ce plan d’attaque. Aucune question Monsieur.

    L’officier se tourne vers la jeune femme et lui adresse un regard interrogateur. Tahlee non plus ne semble pas avoir d’objections ou de remarques à faire. Elle se contente de garder cet air indifférent qui la caractérise si bien. Jahadel toussote doucement, gêné par la froide attitude de la Boroskaise. Il rectifie nerveusement le col de son uniforme avant de prendre une initiative.

    - Lieutenant, vous pouvez transmettre les directives aux chefs de peloton et aux équipages des blindés. Ordonne t-il d’une voix ferme. Profitez-en pour avertir le commandement que nous aurons besoin d’un soutien aérien et communiquez le plan de bataille.

    - A vos ordres mon Capitaine. Répond simplement Spilik en faisant claquer ses talons.

    Le jeune homme quitte la tente de commandement d’un pas rapide, son bloc de données sous le bras. Tahlee fait lentement le tour de la table de projection holographique, les mains croisées dans le dos. Son regard d’acier étudie le plan d’attaque sous tous les angles possibles. Le Cathar hausse un sourcil, intrigué par ce curieux comportement, puis déglutit lorsque les yeux impitoyables de l’impériale viennent se planter sur lui. La Boroskaise termine son tour de table, s’ancre fermement dans le sol à l’aide d’une posture rigide et observe finalement le gouverneur.

    - Votre stratégie est très complète et repose sur une rapidité d’action de la part de nos troupes. Ceci va demander quelques efforts de coordination et de discipline. Je vais donc rester dans la tente de commandement pour superviser les opérations de loin. Toutefois, n’oubliez pas qu’il existe toujours des éléments externes et de ce fait, rien n’est déterminé à l’avance. Il suffirait d’un seul facteur non prévu pour changer la donne sur le champ de bataille. Commente froidement Tahlee. Pour ce qui est de la question concernant votre garde d’honneur… Les Manteaux de Nuit suivront vos directives, soyez-en assuré.

    Et lorsque l’on parle du loup… L’un des soldats d’élite de la Grande Moff écarte un pan de la tente et informe le capitaine de l’arrivée des “invités”. D’un geste sec de la main, cette dernière fait comprendre au garde de faire entrer les deux hommes convoqués par le dirigeant d’Ord Trasi. Les silhouettes des convoqués passent le pan ouvert et s’engouffrent dans l’antre de l’état-major. Bien conscients d’être au centre de l’attention, observés par deux officiers et un autre individu de forte carrure qui n’est probablement pas là par hasard, les deux hommes se mettent au garde-à-vous instinctivement.

    Le premier, le lieutenant Chadelle, est un individu à l’allure élégante, qui porte bien l’uniforme gris propre aux officiers du Bureau de la Sécurité de l’Impérium. Néanmoins, son regard est noir et son visage semble imprégné d’une fierté impérieuse. Il n’est en résumé sûrement pas de ceux que l’on aime contrarier… Son comparse, pour sa part, n’a rien de l’aspect altier de Chadelle. En effet, le caporal Garner est un simple éclaireur de la grande armée impériale. Ce type de grande stature, qui en impose dans son armure de scout trooper et du fait de son attitude bourrue, affiche sans retenue un air de mépris pour les officiers présents dans la tente… Ou tout du moins, pour l’un d’entre eux : Le Cathar. La longue balafre qui vient le défigurer et sa barbe négligée informent quelque peu sur son passé au sein de l’armée impériale. Il fait probablement parti de ces quelques vétérans en ayant gros sur la patate. Un de ceux qui se croient au dessus des autres du fait de leur expérience et des horreurs vécues sur le champ de bataille.

    Quoi qu’il en soit, les voilà tous les deux devant un comité restreint, bien droits comme des I, à attendre que quelqu’un daigne leur parler. Et c’est, sans étonnement, le capitaine Tahlee qui se décide finalement à prendre la parole. L’animosité qui anime son regard d’acier et le regard froid du lieutenant Chadelle semble en dire long sur la relation entre les officiers de la régulière et ceux des services de renseignement.


    - Lieutenant Chadelle, votre présence au sein du campement n’est clairement pas anodine. Débute la Boroskaise d’une froideur renouvelée. Si vous avez des informations à nous partager, il serait dommage de nous en priver, n’est-ce pas ? Sauf si votre présence a pour unique but de nous nuire...

    - Écoutez Capitaine, je n’ai aucune raison de vous cacher des choses. Siffle l’agent de la police politique en redressant le menton. On m’a chargé de découvrir l’origine de l’armement des rebelles Cathars. Jusque là, les différents groupes armées des Griffes Cendrées interceptés et démantelés par nos soins sont tous équipés de matériel impérial… Mais il nous est encore impossible de retracer l’itinéraire de ces armes. Nous ne savons pas comment ils arrivent à se procurer de l’équipement à notre insu.

    La réponse du lieutenant est évasive. Et le ton qu’il emploie ne plaît guère à son interlocutrice, qui sert doucement ses poings dans son dos. L’attitude hautaine et méprisante de Chadelle est relativement représentative des officiers du Bureau de la Sécurité de l’Impérium. De leur avis, les secrets qu’ils découvrent en condamnant au supplice des suspects ne concernent qu’eux. Ils ne communiquent les moindres détails que lorsque cela s’avère nécessaire ou lorsqu’on le haut-commandement leur impose de partager des informations aux autres branches militaires. La rivalité entre les différentes institutions armées n’est pas d’aujourd’hui. Le conflit d’intérêt a toujours été présent. Pour les esprits intègres, les luttes de pouvoir et d’influence propres aux diverses branches de l’armée impériale ne sont que des disputes puériles destinées à affaiblir bêtement le régime. Mais pour les officiers issus de prestigieuses familles, principaux concernés par ces conflits, les secrets qu’ils gardent jalousement leur permettent de se hisser au sein d’un système politique et militaire très complexe où les plus intelligents ont toujours le dessus sur les autres.

    - Vous n’avez donc aucune information concernant de potentielles attaques ou d’éventuelles disparitions dans des entrepôts militaires ? Demande le capitaine avec insistance.

    - Pas pour le moment Capitaine. Mais soyez assuré que je compte bien tirer cette histoire au clair. Réplique sèchement le lieutenant.

    Tahlee pourrait insister lourdement, se persuadant que l’officier subalterne dissimule quelque chose. Mais il ne serait pas réellement avisé d’exposer devant la troupe des problèmes qui peuvent se régler dans un cadre plus privé. Pour l’heure, elle se contente simplement d’enchaîner sur des choses plus importantes.

    - Lieutenant Chadelle, le Gouverneur Sylla aimerait vous solliciter pour l’opération militaire qui est sur le point de débuter. Continue avec sa froideur habituelle la jeune femme.

    - Et bien… Si Monsieur le Gouverneur a des demandes spécifiques, il peut directement s’adresser à moi. Déclare Chadelle, dont la patience a atteint ses limites.

    Et ce faisant, il en vient à se tourner vers le dirigeant d’Ord Trasi avec cette tête d’officier impérial hautain et méprisable. L’homme rectifie machinalement les plis de son uniforme impeccable et pose son regard noir sur le colosse aux cheveux grisonnants. L’arrogance et la hargne sont deux traits de caractère que notre lieutenant maîtrise avec une perfection presque maladive. La Boroskaise se tourne à son tour vers le gouverneur. Ses yeux d’un gris acier n’expriment rien, si ce n’est une interrogation. Elle se demande bien comment il compte réagir à cette situation.

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      Post n°6
      Auteur : Lysandre Sylla

      Alors qu’il se serait attendu à une ou deux questions, Lysandre eu la légère surprise de voir les officiers présents acquiescer rapidement devant son plan. A-t-il vraiment créé un plan parfait à leurs yeux au point qu’ils n’aient pas besoin d’ajouter des commentaires ? la réponse de l’officier Jahadel semblait le confirmer, lui qui se tourna vers son subalterne, distribuant déjà ses ordres.

      - C’est clair comme de l’eau de roche Gouverneur. Aucune question Monsieur. Lieutenant, vous pouvez transmettre les directives aux chefs de peloton et aux équipages des blindés. Profitez-en pour avertir le commandement que nous aurons besoin d’un soutien aérien et communiquez le plan de bataille.

      - A vos ordres mon Capitaine.


      Sylla ne savait pas s’il doit être fier ou inquiet. Il ne savait pas pourquoi, mais ces réactions le gênaient quelque peu sans qu’il puisse mettre le doigt sur le problème. Après un moment de réflexion, il en saisit la cause. Cette adhésion sans remise en cause de son plan de bataille l’interpellait sur l’esprit d’initiative de l’armée impériale. Celle-ci était-elle à ce point corsetée par le régime au point que la parole d’un supérieur ait valeur de loi divine ? Nul n’était omniscient, et le Cunctator savait parfaitement que dans le feu du combat, il fallait parfois prendre des décisions qui allaient à l’encontre du plan de départ, ou du moins les proposer. Ne restait qu’à espérer que cette apparente passivité au briefing cède le pas à un esprit plus dynamique lors des combats. Une bataille était comme une démonstration mathématique. Parfois, il faut en suivre strictement le cours. Mais dans d’autre cas, plusieurs méthodes différentes permettent d’arriver au même but. C’est pourquoi la concertation permet généralement d’obtenir les meilleurs résultats.

      Mais au coup d’œil que lança Jahadel à Tahlee, une autre partie de l’équation se révéla à Lysandre, celle qui concernait la chaîne de commandement biaisée. S’il était chargé du plan de bataille, la personne qui détenait la véritable autorité ici dans cette tente était le capitaine, qui était chargée de l’évaluer. Et tandis qu’elle faisait le tour de la table, Sylla se dit que peut-être le laisser mener son plan seul et en tirer les conséquences faisait partie de l’évaluation. La Boroskaise s’arrêta enfin et prit la parole :


      - Votre stratégie est très complète et repose sur une rapidité d’action de la part de nos troupes. Ceci va demander quelques efforts de coordination et de discipline. Je vais donc rester dans la tente de commandement pour superviser les opérations de loin. Toutefois, n’oubliez pas qu’il existe toujours des éléments externes et de ce fait, rien n’est déterminé à l’avance. Il suffirait d’un seul facteur non prévu pour changer la donne sur le champ de bataille. Commente froidement Tahlee. Pour ce qui est de la question concernant votre garde d’honneur… Les Manteaux de Nuit suivront vos directives, soyez-en assuré.


      Au moins ils étaient d’accords sur la nécessité d’émettre des hypothèses, autant que possible, sur les données inconnues qui pourraient faire évoluer l’évolution de la bataille. Et ces évolutions aléatoires impliqueraient des prises d’initiatives sur lesquels Lysandre s’inquiétait justement de la part de la troupe. Ce serait sans doute l’un des points à surveiller, pour pouvoir se saisir d’opportunités sans envoyer le plan et le régiment à vau-l’eau. Mais visiblement, Tahlee semblait vouloir et être capable de réagir à ce genre d’opportunité.

      De plus, le capitaine soulignait un point sérieux, à savoir l’importance de la coordination. Son positionnement à l’arrière pour veiller à la structure de l’ensemble était judicieux, même si Lysandre avait espéré que le véhicule mis à sa disposition fut capable de mener à bien ce rôle de PC mobile de campagne, ce qui n’était visiblement pas le cas.

      Par ailleurs, le déploiement des Manteaux de la Nuit, le nom de sa garde d’honneur donc, allait en conséquence se faire selon sa requête. D’une part, Sylla leur faisait confiance pour repérer et neutraliser les meneurs adversaires, de même que signaler les points d’intérêts et les signes suspects du champ de bataille. En placer un dans chaque pince de l’opération, plus un à ses côtés, devrait en outre garantir une bonne circulation de l’information. En effet, en toute logique, ces soldats d’élites devaient opérer sur des canaux de communication de pointe qui leur sont propres, et donc être à l’abri de brouillages ou d’écoutes si les rebelles avaient mis la main sur un tel matériel. Et justement, en parlant de ça.

      Annoncés par un garde, deux personnes furent rapidement introduites dans la tente, et se mirent au garde-à-vous. Le premier portait un uniforme dont la couleur rappelait certains des vêtements militaires les plus ternis du Cunctator. Lysandre avait cependant suffisamment travaillé son sujet, et gardé assez de souvenirs, pour savoir qu’il s’agissait de la livrée du Bureau de la Sécurité Impériale. Cette dernière était portée sans aucun faux pli, le corps de l’individu épousant du mieux possible sa tenue. Certains l’auraient qualifié d’élégance, mais Sylla y voyait seulement un attachement physique et symbolique à l’uniforme, qui s’accompagnait sans doute d’un intérêt trop fort pour ce même uniforme. En bref, un serviteur (trop ?) zélé de son organisation.

      Le seul autre détail remarquable du lieutenant Chadelle, puisqu’il s’agissait sans doute de lui si Lysandre en croyait les galons qu’il observa en remontant vers le visage du personnage, était une paire d’yeux noirs affichant une morgue froide que le gouverneur avait que trop souvent remarqué par le passé dans l’Empire Sith de la part d’officiers à la tête trop gonflée. Mais ici, cette morgue se doublait d’une pointe de vivacité, presque de colère qui tranchait avec l’indolence d’autres. On pouvait y voir à la fois une invitation au mépris le plus profond et la certitude que ce mépris serait chèrement puni. En définitive, Chadelle n’était pas sans rappeler certains singes-lézards kowakiens : un roquet hargneux et ennuyant qui vous courait dans les pattes et vous jacassait aux oreilles, semblant réclamer le bon coup de pied qu’il méritait, mais dont la morsure en retour serait très certainement redoutable, sans parler de la réaction de son maître Hutt.

      A ses côtés se tenait un soldat de l’armée impériale sans son casque, qui rivalisait avec le gouverneur dans le concours des fortes carrures. Après un regard plus approfondi de l’équipement et de l’armure qu’il arborait, Sylla en conclut qu’il s’agit d’un membre des éclaireurs impériaux, un caporal. Pourquoi était-il également présent alors que Lysandre avait demandé la présence des officiers du BSI ? il portait ou sans doute supportait une barbe mal entretenue, et ses états de services les plus visibles s’affichaient par une longue balafre sur le visage qu’un autre aurait fait effacer au Bacta. Il s’agissait vraisemblablement d’un soldat ayant un certain passif, qui le savait et s’en targuait. Un de ces terriens que le Cunctator avait toujours manié avec précaution lorsqu’ils étaient sous ses ordres, précieux pour leur expérience, mais dangereux pour leur sentiment de supériorité. Ce même sentiment animait son regard, qui se fit soudain méprisant en se posant sur Jahadel. C’était cependant un mépris différent de celui de Chadelle. Il rappelait plus ici la mine de dégout d’un Yevetha que celle d’un singe-lézard Kowakien, non que ce soit mieux.

      Le gouverneur comprit alors qu’il avait devant lui sans doute le fameux caporal Garner déjà entendu. Il s’était manifestement trompé dans son appréciation en l’associant au BSI. Sa méprise a-t-elle été ignorée par le capitaine, ou bien celle-ci a-t-elle sciemment convoqué également le caporal pour faire comprendre au gouverneur son erreur ? Et si c’est le cas, était-ce une démarche amicale ou bien une remontrance pour son erreur ? Tant de développements imprévus liés à une simple confusion. Pourvu que cela ne soit pas un signe pour la bataille.

      Tandis que Lysandre méditait son erreur, le capitaine Tahlee prit la parole, d’un ton qui ne laissait que peu de doute sur son appréciation de l’homme qui lui faisait face.


      - Lieutenant Chadelle, votre présence au sein du campement n’est clairement pas anodine. Si vous avez des informations à nous partager, il serait dommage de nous en priver, n’est-ce pas ? Sauf si votre présence a pour unique but de nous nuire...


      Visiblement, et comme la conversation précédente l’avait laissé entendre, l’armée et le BSI semblaient s’entendre aussi bien que les Wookies et les Trandoshans. Et la réponse sifflante digne d’un reptile venimeux donnait encore plus de force à la comparaison :

      - Écoutez Capitaine, je n’ai aucune raison de vous cacher des choses. On m’a chargé de découvrir l’origine de l’armement des rebelles Cathars. Jusque là, les différents groupes armées des Griffes Cendrées interceptés et démantelés par nos soins sont tous équipés de matériel impérial… Mais il nous est encore impossible de retracer l’itinéraire de ces armes. Nous ne savons pas comment ils arrivent à se procurer de l’équipement à notre insu.

      - Vous n’avez donc aucune information concernant de potentielles attaques ou d’éventuelles disparitions dans des entrepôts militaires ?

      - Pas pour le moment Capitaine. Mais soyez assuré que je compte bien tirer cette histoire au clair.


      Le Cunctator écouta la conversation tout en restant en retrait. Tahlee a beau relancer le débat, l’officier du BSI se révèle aussi glissant qu’une anguille, se dérobant devant l’interrogatoire. Le ton de Chadelle semblait refléter la fierté blessée d’un agent du renseignement incapable d’obtenir des renseignements. L’emploi du « je » à la fin témoignait particulièrement de son engagement personnel. En même temps, c’était un mauvais signe. Il semblait difficile d’envisager un partage d’information avec quelqu’un qui voulait tout régler en solo.

      Par ailleurs, l’absence d’informations sur des disparitions d’armes était étrange. Si on avait affaire à de simples rebelles, on aurait sans doute eu des attaques ou des raids recensés, l’organisation d’une guérilla ne se prêtant pas à des vols furtifs, pour des raisons évidentes de moyens et de motivations. Tout à coup, Lysandre se demanda si cette petite opération qu’il menait ne recouvrait pas des enjeux beaucoup plus importants que l’écrasement d’une cellule de rebelles. Mais avant qu’il puisse y chercher l’intérêt de la grande Moff dans l’affaire, et s’il ne se trouvait pas pris dans une rivalité de pouvoirs, le capitaine Tahlee reprit la parole.


      - Lieutenant Chadelle, le Gouverneur Sylla aimerait vous solliciter pour l’opération militaire qui est sur le point de débuter.

      - Et bien… Si Monsieur le Gouverneur a des demandes spécifiques, il peut directement s’adresser à moi.


      Le lieutenant pivota vers le Cunctator, dans une position qui semblait le défier de lui poser une question pertinente qui ne lui ferait pas perdre son temps. L’image du singe-lézard revint à l’esprit du gouverneur. Lysandre ignorait ce que Chadelle savait de lui, et Chadelle devait être dans une position réciproque. Si l’armée et le BSI devait collaborer de manière efficace pour cette opération, cela devait toutefois commencer maintenant.

      Il ne servait visiblement à rien de relancer le lieutenant sur le vol des armes, et cela n’aurait pour effet que de le rendre encore plus rétif. Mais la question des approvisionnements pourrait se régler après la bataille, surtout si le partage des informations qui devait devenir chose naturelle pouvait commencer dès le début de l’opération.


      Merci Capitaine. Lieutenant, vous êtes pressé, moi aussi, allons droit au but. Nous allons mener sous peu les opérations offensives, et je souhaitais avoir à proximité immédiate un représentant du BSI pour me faire profiter d’un regard différent du champ de bataille, notamment pour orienter nos troupes vers la capture de personnes ou de biens capables de renforcer nos informations sur la situation actuelle. Si vous-même ou un représentant accrédité peut se joindre à nous, je pense que cela faciliterait considérablement l’opération, tandis qu’un refus de collaboration ne pourrait entraîner que des obstacles à l’amélioration de la situation de l’Imperium.

      Lysandre ne le disait pas, mais il sous-entendait lourdement que si de tels obstacles se créaient, il ne manquerait pas de le rapporter aux autorités compétentes. Chadelle en rirait peut-être et se retrancherait sans doute derrière ses propres supérieurs et régulations, mais il était nécessaire de montrer que lui Lysandre, souhaitait au moins employer le BSI de manière utile et non seulement dans la chasse aux sorcières. Mais il chercha ensuite à adoucir son discours.

      Non seulement certains détails pourraient vous parler plus qu’à nous, mais en outre, je ne doute pas que le Bureau dispose d’un fichier à peu près complet de la population de Cathar. Identifier le plus de personnes parmi nos adversaires nous sera sans aucun doute utile. Je vous attends donc, vous ou votre remplaçant, à bord de Rancor 3 où nous dirigerons et coordonnerons la bataille.

      Enfin, à l’issue de la bataille, je vous propose que nous procédions de manière commune à l’analyse du matériel saisi. Je n’ai pas vos compétences particulières pour délier les langues, mais je dispose d’un passif non négligeable en matière d’ingénierie. Je pense qu’il serait donc utile à l’Imperium que tout comme vous me proposerez un regard différent sur le champ de bataille, je vous propose un regard différent sur l’analyse technologique des matériels volés.


      Après cela, Lysandre se tourna vers le caporal Garner. Puisqu’il était là, autant en profiter tout de suite. Son ton se voulait aussi neutre que possible, mais avec une légère pointe d’autorité, évoquant plus un père réprimant un enfant malpoli qu’un supérieur punissant son subordonné.

      Quant à vous caporal, je voulais tout d’abord féliciter le corps des Scouts pour le travail de reconnaissance de qualité, et j’espère que les blessés se remettront rapidement.

      Toutefois, même les meilleures récoltes d’informations peuvent se révéler inutiles si l’esprit de la troupe n’est pas concentré à cent pour cent sur l’objectif. Pour la réussite de cette opération et donc pour le succès de l’Imperium, je ne tolérerai aucun comportement parasite qui pourrait nuire selon moi à l’esprit de la troupe. J’ajouterai que si de tels comportements me parviennent à mes oreilles, puis que le travail effectué par l’auteur de ces gestes ne se révèle pas fiable à 120%, je pourrais considérer que des énergies qui auraient dû servir l’Imperium l’ont au contraire desservi, avec toutes les conséquences que cela implique.


      Lysandre reprit un instant son souffle. Il ne savait pas si son conseiller en discours serait fier de ses sous-entendus ou bien atterré de ses manières rentre-dedans. Mais une opération militaire ne se prêtait pas aux bonnes manières, et son ton se durci.

      Caporal, la seule autorité qui est apte à vous dire de vous moquer ou de tuer dans le cadre d’une opération militaire, qu’il s’agisse de vos alliés ou de vos ennemis, ce sont vos supérieurs, à qui vous avez juré fidélité. Si vous voulez en faire qu’à votre tête, abandonnez le terrain et demander une promotion, même si ce serait une perte pour le corps des éclaireurs. En attendant, si je vous demande de faire des grimaces de guerrier sanguinaire ou de faire une bise sur la joue gauche d’un Griffe cendrée, vous vous exécuterez sans discussion. Le seul domaine où j’accueillerai avec plaisir vos commentaires est celui de la reconnaissance du terrain et de votre opinion tactique sur la situation. Et vous serez libre de vous répandre en obscénités sur mon compte une fois que je ne serai plus votre officier supérieur, mais pas avant. Ce sera tout.

      Sylla se tourna alors vers les autres officiers.

      Capitaine Jahadel, si vous voulez bien m’indiquez la direction de Rancor 3. Capitaine Tahlee, je compte sur vous pour me tenir au courant de l’évolution de la situation si des faits m’échappent. Assignez s’il vous plait un manteau de la Nuit à chaque pince, et le troisième à Rancor 3, avec chacun leur caméra activé pour compléter celles de nos troupes régulières. Lieutenant, à tout de suite j’espère. Caporal, à bientôt.

      Sur ces mots, Lysandre se dirigea vers la sortie de la tente, le datapad de données toujours à la main.

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        Post n°7
        Auteur : Hivernus

        A l’intérieur de la tente, l’air se charge d’électricité. La tension grimpe d’un niveau. Les officiers présents commencent à étouffer dans leur uniforme. Les règlements de compte ne sont jamais agréables à vivre. Et le fait de se savoir observé et écouté n’arrange pas vraiment les choses. Les deux principaux concernés que sont Garner et Chadelle conservent une attitude irréprochable, presque hautaine et provocatrice. Ils ne semblent en aucun cas se sentir visés par les propos du gouverneur. Du moins… En apparence. Si le lieutenant de la police politique affiche un air imperturbable, le caporal commence, pour sa part, à montrer des signes de nervosité. Sa mâchoire se crispe. Ses poings se serrent. L’officier qui partage cette position inconfortable constate l’agacement de son comparse. L’éclaireur serait capable de se jeter sur Lysandre Sylla. Oui. Il pourrait en venir à étrangler le colosse qui lui fait face, afin qu’il cesse de jacasser. Un raclement de gorge de la part de Chadelle suffit à lui remettre les idées en place.

        - Monsieur le Gouverneur, je prends bien note de votre point de vue. Répond froidement l’agent du Bureau de la Sécurité Impériale. Sachez que j’accepte de participer à l’opération militaire.

        Le caporal Garner adresse un regard noir au lieutenant. Ce dernier lui fait comprendre, d’un coup d’oeil insistant, qu’il sait ce qu’il fait. Après tout, pour l’officier impérial, accompagner le gouverneur à bord d’un véhicule de combat sera un excellent moyen de garder un oeil sur lui et sur la bataille. De sombres pensées viennent s’ajouter aux réflexions de Chadelle. Oui, l’occasion est parfaite. Il n’aurait pas pu espérer une meilleure opportunité. L’éclaireur, pour sa part, n’offre aucune réponse au dirigeant d’Ord Trasi. Il se terre dans un silence particulièrement éloquent. Finalement, Lysandre Sylla quitte la tente après avoir donné une série d’ordres aux officiers présents. Ces derniers ne tardent pas à imiter l’exemple du gouverneur et disparaissent à leur tour. Il ne reste bientôt plus que le lieutenant et le caporal à l’intérieur de la tente réservée à l’état-major.

        - Vous pouvez disposer Caporal. Je me charge de ce problème épineux. Indique sèchement Chadelle à son camarade.

        L’autre ne répond rien. Il se contente d’abandonner son supérieur en effectuant le traditionnel salut militaire impérial. Désormais seul, l’officier du Bureau de la Sécurité de l’Impérium fait le tour de la table à projection holographique. Il étudie minutieusement le plan d’attaque du colosse qui prétend pouvoir donner des ordres à tout le monde. Cet imbécile paiera un jour le prix pour son insolence… L’agent de la terrifiante police politique quitte la tente en esquissant l’ombre d’un sourire mauvais. Oui. Le gouverneur s’en prend à la mauvaise personne.

        Au sein du campement militaire, la tension est à son comble. Les stormtroopers et les fantassins impériaux se sont rassemblés en sections, prêts à recevoir les ordres de leurs supérieurs. Quelques sous-officiers font l’appel, vérifient l’état de l’équipement des troupes une dernière fois avant l’assaut et transmettent les instructions de l’état-major. Les équipages des forteresses volantes font les derniers réglages avant l’affrontement. Dans ce lieu parfaitement ordonné, le lieutenant Spilik n’a pas de mal à conduire le dirigeant d’Ord Trasi jusqu’à la colonne de blindés.


        - Monsieur le Gouverneur, pour les besoins de l’opération, vous répondrez au nom de “Rancor Leader”. Nous suivrons vos progrès depuis la tente de commandement et nous vous informerons des moindres changements. Vient l’informer le jeune homme avant de faire claquer ses talons. Bonne chasse Monsieur.

        L’aide de camp du capitaine Jahadel repart presque aussitôt. L’opérateur des senseurs de Rancor 3 ne tarde pas à venir le remplacer pour accueillir comme il se doit Lysandre Sylla.

        - Monsieur le Gouverneur, je vous en prie… Débute simplement le soldat en faisant signe au colosse de monter à bord du véhicule. Bienvenue à bord de Rancor 3. L’équipage est paré et à vos ordres.

        Les trois autres membres de l’équipage du HAVr A9 quittent temporairement leur poste pour saluer militairement leur nouveau supérieur. Dans le même temps, le lieutenant Chadelle et le Manteau de Nuit affecté à bord de la forteresse volante finissent par rejoindre le véhicule. Visiblement, l’assaut sur les positions rebelles est sur le point de commencer… Les forces impériales s’avancent jusqu’au point convenu selon le plan. Une voix ne tarde pas à confirmer l’attaque imminente à travers la console de communication du blindé.

        « Capitaine Jahadel à toutes les unités. Préparez-vous au combat. Artilleurs, commencez les tirs de barrage. »


        Le sol se met à trembler. Les forteresses volantes sont secouées par les décharges tirées par les armes. Le son amorti de quelques explosions parvient aux oreilles de ceux qui opèrent à bord des HAVr A9. Soudain, le feulement rauque de plusieurs chasseurs TIE vient fendre les airs, comme un déchirement inquiétant qui vient rappeler qu’on en viendrait bientôt à s’entretuer dans des combats acharnés. Le cri d’âmes maudites, torturées pour l’éternité. Voilà ce qu’est le doux chant des appareils impériaux aux yeux de nombre de soldats. Cette mélodie funèbre est annonciatrice de mauvaises choses. Du moins, pour ceux qui osent défier ouvertement l’Impérium.

        « Tisiphone Leader aux troupes au sol. Bouchez-vous les oreilles et restez à distance respectable, on commence les frappes aériennes. »


        Cette communication est bientôt suivie par l’écho de nouveaux bombardements. De légers tremblements viennent secouer le véhicule à bord duquel se trouve le gouverneur. A travers le cockpit, les traits verts fusent de toute part, arrachent des arbres, remuent la terre et noircissent le sol. Le campement des Griffes Cendrées est rapidement pris d’agitation, noyé sous les salves laser. Plusieurs Cathars rebelles cherchent à tirer sur les chasseurs, mais ces derniers sont bien trop rapides et agiles. D’autres se dispersent et cherchent à éteindre les nombreux incendies qui commencent à se déclarer au sein des tentes. Mais le bal aérien de l’escadron Tisiphone prend rapidement fin. La panique qui semble animer les positions ennemies laisse place à un véritable déluge de tirs. Un appareil impérial est touché par un trait laser et s’embrase. L’engin rendu incontrôlable tournoie dans les airs en fumant et vient s’écraser dans la plaine.

        « Ici Tisiphone Leader , ils ont eu Tisiphone Onze ! Ces salopards ont deux pièces de lutte antiaérienne planquées dans le flanc de la montagne ! On ne peut pas faire un nouveau passage sans risquer de se faire descendre par leur artillerie ! »


        « Bien reçu Tisiphone Leader. Retirez-vous et transmettez les informations que vous avez pu acquérir au cours de votre passage. »


        L’escadron Tisiphone se replie promptement. Les dégâts occasionnés par les chasseurs TIE et les véhicules blindés ont permis de découvrir les positions de plusieurs pièces d’artillerie antiaérienne. Et la confusion qui règne désormais dans le campement des Griffes Cendrées semble être profitable aux forces impériales.

        « Capitaine Jahadel à Rancor Leader, nous vous transmettons les données récupérées par les pilotes et les observateurs derrière la ligne de front. »


        Les renseignements récoltés sur les premières minutes de combat sont envoyés à Rancor 3. Il est ainsi fait mention d’au moins neuf morts confirmés du côté rebelle. Les insurgés dissimulés dans les bois se sont par ailleurs repliés vers un lieu plus facile à défendre : Le camp retranché. La pièce d’artillerie E-Web du bosquet est de ce fait en train d’être remontée à l’intérieur des positions tenues par les Cathars. Les emplacements des deux pièces de lutte antiaérienne sont également marqués. La cavité repérée par le matériel de pointe de l’armée impériale abrite en fait, du moins c’est ce que l’on peut présumer, un réseau de galeries qui permet d’aller d’un bout à l’autre de la montagne. Ainsi, la pièce d’artillerie pointée dans la direction du campement impérial depuis le centre du flanc montagneux est directement reliée à la pièce d’artillerie nichée dans un renfoncement bien dissimulé et dirigée vers l’ouest. Il y a fort à parier que ces défenses contre l’aviation sont montées sur des rails, pouvant ainsi se présenter à l’ennemi ou se dérober à sa vue.

        Ces nouveaux éléments, bien que prévisibles, peuvent changer le cours des événements. Il faut donc que le gouverneur et ses acolytes ajustent leur stratégie en fonction des éléments rapportés. Installé au fond du véhicule blindé répondant à la désignation “Rancor 3”, le lieutenant Chadelle retient à peine son amusement. Lysandre Sylla n’est pas au bout de ses surprises. Les Griffes Cendrées ont toujours plus d’un tour dans leur sac. Le combat sera féroce… Pour le plus grand plaisir de l’officier de la police politique, qui n’attend que le moment fatidique où l’arrogant va payer le prix de son insolence.

        Quoi qu’il en soit, le temps est un allié précieux qu’il ne faut pas gaspiller. Réagir vite est une nécessité. Car les troupes impériales s’apprêtent à monter à l’assaut...



        Spoiler : Nouvelles données sur le datapad :




        Ouverture des données concernant l'opération militaire en cours...







        Gris foncé : Flanc de la montagne.
        Gris foncé 2 : Chevaux de frise et barricades de fortune.
        Gris clair : Tentes.
        Vert : Végétation dense, arbres.
        Noir : Emplacements des pièces d'artillerie E-Web et DCA.
        Marron : Palissades en bois.
        Rouge : Zones touchées par les barrages de tir et les bombardements.





        Fermeture du dossier...


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          Post n°8
          Auteur : Lysandre Sylla

          A la suite du lieutenant Spilik, Lysandre ne tarde pas à arriver devant l’un des HAVr-A9. Autour d’eux le camp semble être passé à la vitesse supérieure. A son arrivée, les soldats bruissaient des préparatifs du combat en attente, mais à présent, le rouleau compresseur de l’Imperium semble s’ébranler d’un pas lent mais sûr pour aplatir les divergences par rapport à la ligne directrice. Alors qu’ils s’arrêtent devant un véhicule, vraisemblablement Rancor 3, le lieutenant se tourne vers lui.

          - Monsieur le Gouverneur, pour les besoins de l’opération, vous répondrez au nom de “Rancor Leader”. Nous suivrons vos progrès depuis la tente de commandement et nous vous informerons des moindres changements. Bonne chasse Monsieur.


          « Rancor Leader » le nom lui rappelle celui d’un escadron spatial plus que d’une unité terrestre de commandement. Mais ce n’est pas une mauvaise chose, car cela contribue à relativiser le dépaysement de Sylla, loin d’être complètement à l’aise dans ce milieu de l’armée terrestre. Bien sûr il n’a jamais piloté directement un chasseur, mais les commentaires des leaders d’escadrons résonnaient souvent sur la passerelle de son ancien vaisseau.

          Spilik repart aussi sec, sans doute vers la tente de commandement, mais Sylla ne reste guère longtemps seul, puisque l’un des membres de l’équipage du véhicule se dirige vers lui. Au matériel qu’il arbore, il s’agit visiblement de l’opérateur des senseurs.

          - Monsieur le Gouverneur, je vous en prie… Bienvenue à bord de Rancor 3. L’équipage est paré et à vos ordres.


          Merci, répond simplement le Cunctator, avant de rendre le salut que lui adressent les autres membres de l’équipage et de leur faire signe de reprendre leur poste. Il se dirige d’un bon pas vers l’écran des senseurs, et s’empare au passage d’un casque d’écoute, avant de s’adosser contre la paroi derrière le siège de l’opérateur. Du coin de l’œil, il voit monter à bord l’un des soldats d’élites, ainsi que le lieutenant Chadelle. Lysandre se saisit de son datapad et le branche par un câble de dérivation au système des senseurs du véhicule, puis active la fonction holographique pour faire apparaître devant lui le champ de bataille.
          Se tournant vers le Manteau de la nuit, il prend la parole d’un ton rapide:


          Si l’un de vos camarades repère le moindre élément notable ou anormal lors de la progression des unités, n’hésitez pas à en m’en notifier ainsi que le lieutenant Chadelle.

          Puis s’adressant à l’opérateur :

          Serait-il possible de dévier un des écrans secondaires pour avoir la réception d’images en écran partagé depuis les deux pinces ? Cela permettrait au lieutenant Chadelle d’améliorer les outils à sa disposition pour analyser les informations sur les cibles adverses.

          Doucement, le véhicule se met en mouvement, mais les inhibiteurs d’inertie semblent donner une impression d’immobilité à l’intérieur de l’habitacle. Lentement mais surement, le gouverneur peut observer les différents points symbolisant les unités en train de se déplacer pour rejoindre leurs positions. Comme prévu Rancor leader se place au centre du dispositif, accompagné du groupe Thétâ. Dans les hauts parleurs résonne la voix du capitaine Jahadel.

          « Capitaine Jahadel à toutes les unités. Préparez-vous au combat. Artilleurs, commencez les tirs de barrage.»


          Alors qu’il l’entendait, Lysandre réalisa que lui-même aurait pu faire un discours avant la bataille. Non pas un discours fleuve cher aux politiciens, mais deux trois mots auraient pu accroître la cohésion et l’esprit de bataille du groupe. Il en avait eu l’habitude par le passé dans son groupe de combat, mais visiblement, ses habitudes ne lui revenaient pas encore assez vite. Il était hors de question de se lancer maintenant dans une déclaration, juste avant le lancement des opérations, mais si la bataille se déroulait selon les souhaits de l’Imperium, il le fera à la prochaine.

          « Tisiphone Leader aux troupes au sol. Bouchez-vous les oreilles et restez à distance respectable, on commence les frappes aériennes. »


          L’appui aérien était en train de se déployer, alors que le barrage des HAVR diminua un instant d’intensité. A travers la coque du véhicule, Lysandre pouvait entendre le bruit caractéristique des moteurs ioniques jumelés des chasseurs TIE. Se saisissant d’une paire de macrobinoculaires sur la paroi du véhicule, il grimpe à l’échelle et ouvre l’écoutille supérieur, de manière à pouvoir observer directement le ballet aérien. Un pincement lui sert le cœur tandis qu’il repère les silhouettes caractéristiques lancer leur attaque.
          Plusieurs points rouges viennent se poser sur son écran de vision, lui indiquant les points de chaleur liés à la concentration des lasers, et peut-être à des incendies. Visiblement, le camp est atteint, mais ses abords reçoivent également une bonne volée. Plusieurs arbres sont tronçonnés sous la chaleur des tirs, et la terre est labourée par endroit.

          Mais un symbole s’affiche depuis le camp, et bientôt des rafales de tirs partent dans les airs pour accueillir les chasseurs qui trainent encore. Des tirs d’armes légères d’abord, mais ensuite également des tirs d’armes lourdes, y compris antiaérienne vue la précision de certains lasers, qui se focalisent sur un chasseur à l’arrière du raid. Celui-ci s’embrase brutalement, et pendant une poignée de seconde qui pourrait durer une éternité, Sylla observe le bijou de technologie aller s’écraser dans la plaine. A cette hauteur, la survie du pilote était plus qu’improbable.

          Le gouverneur grimaça. L’absence de bouclier sur les chasseurs TIE les rendaient plus maniables et moins cher à produire, mais les exposait également au tir ennemi. Dans ce genre d’opération où une supériorité aérienne eut été ainsi souhaitable, leur rôle était de la sorte limité par leur fragilité. Même en insistant pour une frappe éclair aussi rapide que possible, Lysandre n’avait pas pu éviter des dommages aux forces aériennes. Ne restait qu’à souhaiter que cela soit utile. D’une part il fallait désormais que les dégâts causés et les données récoltées soient bénéfiques pour l’attaque au sol, et d’autre part cette même attaque devait réussir pour ne pas réduire à néant le rôle de l’attaque aérienne.


          « Ici Tisiphone Leader , ils ont eu Tisiphone Onze ! Ces salopards ont deux pièces de lutte antiaérienne planquées dans le flanc de la montagne ! On ne peut pas faire un nouveau passage sans risquer de se faire descendre par leur artillerie ! »

          « Bien reçu Tisiphone Leader. Retirez-vous et transmettez les informations que vous avez pu acquérir au cours de votre passage. »

          Sylla observa un instant les vaisseaux disparaître au loin, puis son regard se reporta vers le camp des rebelles, d’où montaient de nombreuses fumées, et où l’activité était bien plus conséquente que quelques minutes auparavant. Restait à savoir d’où venaient ces tirs antiaériens et s’il était possible d’identifier le type de l’arme. Le gouverneur redescendit le long de l’échelle tandis que la voix du capitaine Jahadel résonnait dans son oreille et dans le véhicule. Il prit note que son rôle s’apparentait plus à un conseiller stratégique qu’à un véritable commandant. En effet, c’était Jahadel qui menait la succession d’ordres pour conduire les opérations, même si Lysandre les planifiait.

          « Capitaine Jahadel à Rancor Leader, nous vous transmettons les données récupérées par les pilotes et les observateurs derrière la ligne de front. »


          Posant le pieds au sol tandis que le véhicule vibre légèrement à nouveaux sous les tirs de barrages, le Cunctator se tourne vers la carte du champ de bataille, où de nouveaux symboles viennent progressivement s’ajouter au sein de la position des Griffes Cendrées. Les chiffres font d’abord état d’au moins neuf victimes confirmées. En temps normal, un bombardement peut également causer des dégâts psychologiques traumatisant et allonger la liste du personnel hors combat. Mais étant donné la valeur guerrière des Cathars et le fanatisme des Griffes cendrées, Lysandre n’y comptait pas trop.

          A cela s’ajoutait de potentiels dégâts logistiques dans le campement, et des modifications dans le système défensif en conséquence. D’après les données, les Griffes Cendrées avaient décidé de replier leurs forces situées à l’extérieur de l’entrée secondaire. Avaient-ils détecté les mouvements impériaux et agit en conséquence pour évacuer leur position fragilisée ? la tourelle E-Web serait plus difficile à atteindre, et les Griffes cendrées moins aisées à prendre de flanc. Dans le même temps, ce repli peut également indiquer que les forces de réserves des Griffes cendrées ont été les plus durement touchées par l’attaque aérienne, et donc que si l’assaut sera plus brutal initialement, il y aura moins de risque d’enlisement si l’ennemi engage ses réserves.

          Le repositionnement de l’E-Web n’est pas non plus nécessairement un avantage pour les défenseurs. Bien sûr, l’arme a directement dans son champ de tir l’accès secondaire du camp, et une charge d’infanterie risquerait de se faire hachée menue. Mais les palissades de la position défensive deviennent de la sorte d’excellentes protections pour l’attaquant. En outre, une tourelle E-Web peut en théorie couvrir un champ de 360° en pivotant. Son arc de tir était excellent dans le bosquet, même si elle était exposée. Replacée de la sorte dans le camp, elle ne pourra couvrir que l’entrée, les palissades empêchant d’atteindre des cibles plus lointaines sur les côtés, et les cibles plus rapprochées pouvant se déplacer plus rapidement que l’arme n’aurait le temps de pivoter.

          Le nouveau paramètre majeur dans l’équation de la bataille restait toutefois l’apparition de deux pièces d’artillerie antiaériennes. Leur réaction avait été trop brève pour que Sylla puisse tenter d’identifier le type d’armement, mais au moins il ne semblait pas s’agir d’armes jumelées. Une pièce d’artillerie de la sorte réemployé contre des cibles terrestres était toutefois bien plus dangereuse contre les véhicules blindés impériaux que les tourelles E-Web. Leur neutralisation était donc nécessaire si le gouverneur ne voulait pas perdre un de ses atouts sur les rebelles.

          D’où l’importance de leur positionnement. La fameuse cavité observée par les éclaireurs prend tout son sens lorsque Lysandre y voit le symbole de l’une des pièces d’artillerie. Positionnée en retrait au centre, elle peut balayer une large partie du champ de bataille. En revanche, la deuxième pièce d’artillerie se situe dans une autre cavité rocheuse qui n’avait pas été repérée préalablement. Et les données des senseurs montrent que la montagne à laquelle le campement des rebelles s’adosse ressemble plus à une vaste fourmilière. Par ce qui s’apparentait à un système à rail, l’artillerie pouvait se mettre à l’abri à l’intérieur, et rien ne garantissait qu’il n’y ait pas d’autres armes lourdes dissimulées dedans et prêtes à surgir à des points inattendus.

          Lysandre s’accorde un instant de réflexion. Il pourrait enclencher un mouvement de bascule et faire glisser Thêta vers l’ouest et Epsilon au centre pour faire de l’attaque occidentale la principale, d’autant que les ouvrages défensifs y ont été endommagés par le bombardement. Mais une telle attaque serait directement exposée au feu des armes lourds depuis la cavité sur laquelle l’Imperium avait le moins de visibilité. En outre, un tel mouvement ralentirait l’opération, et l’effet de chaos du bombardement serait atténués. Enfin, les ouvrages défensifs détruits peuvent aider à la guerre de position dans laquelle Lysandre veut entraîner les griffes cendrées à l’ouest. Le plan ne sera donc pas modifié, et il frappera du fort au fort.
          Une pression rapide, et il ouvre l’intercom avec Jahadel et Tahlee:


          L’opération continue selon le plan prévu, mais les trois HAVr doivent recevoir de nouveaux objectifs de cible prioritaire.

          Si les HAVr attaquait directement les pièces d’artillerie, celles-ci se mettraient à l’abri, à moins d’un tir chanceux. Mais il y avait d’autres manières de les neutraliser. Le nombre de galeries dans la montagne indiquait une certaine friabilité de la roche. Si les Impériaux avaient eu des armes à concussion, les pluies de fragments et les éboulements aurait pu rapidement obstruer les entrées, mais avec des lasers qui faisait fondre la roche, il fallait procéder différemment.

          Je veux un tir dans les plus brefs délais au-dessus des ouvertures dans la roche de la montagne, de manière à fragiliser le plafond de ces cavités pour les fendre en leur milieu et provoquer leur effondrement partiel. Le temps qu’ils déblaient pour remettre leurs pièces en position de tir, nous devrons avoir porté un coup décisif. Déployez également le corps des éclaireurs dans le massif pour tenter de repérer des sorties de secours dans les vallées. Nous ne voulons pas qu’ils nous glissent entre les doigts.

          Enfin, Rancor 2 devra servir de bouclier pour permettre à la pince à l’est de passer l’entrée secondaire face à la tourelle E-Web. Assurez vous qu’il n’y a pas de mine anti-répulseurs sur son chemin et que ses boucliers son à pleine puissance. Attention également à des commandos suicides.


          Lysandre se tourna vers Chadelle en lui désignant la carte et les données relatives à l’intérieur du camp. S’il avait pu paraître cassant lors du briefing, Lysandre était à présent on ne peut plus factuel. Dans la bataille, les opinions personnelles n’avaient pas leur place, et chacun devait être employé au mieux de ses capacités. C’est donc d’un ton neutre, voire presque encourageant par rapport à la verve habituelle du gouverneur, qu’il s’adressa à la fierté professionnelle du représentant du BSI.

          Lieutenant, vous avez une expérience supérieure à la mienne en ce qui concerne ces rebelles. Y-a-t-il quelque chose qui vous interpelle dans leur organisation présente et qui doit être un objectif supplémentaire pour les troupes ?

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            Post n°9
            Auteur : Hivernus

            La bataille suit son cours. Le gouverneur donne une série d’ordres et pose quelques questions relatives au bon fonctionnement des opérations. Selon ses attentes, l’opérateur des senseurs retransmet les images et les informations des différents groupes d’attaque sur les écrans secondaires du véhicule. Le Manteau de Nuit, reste en contact avec ses deux camarades et s’informe de leur progression discrètement. A l’intérieur de Rancor 3, le personnel militaire ressemble fort à celui que l’on peut croiser à bord des destroyers stellaires. Les conversations sont minimalistes, se cantonnent à quelques échanges d’informations, sont au final très professionnelles. Les hommes qui opèrent au sein de la forteresse volante sont pleinement concentrés sur leur mission. Il en va de même pour les deux autres équipages des HAVr A9. Les pilotes font avancer les blindés avec précision, pour couvrir les sections de l’infanterie qui progressent à leur côté. Les artilleurs, pour leur part, se montrent impitoyables et d’une incroyable efficacité. Les tirs des véhicules lourds impériaux pleuvent sur les positions de la défense contre l’aviation de l’ennemi. Une pièce d’artillerie se retire dans la cavité de la montagne à temps. L’autre est tout simplement mise hors service par quelques traits laser bien précis. Les survivants de l’équipage se replient à l’intérieur du flanc montagneux, laissant derrière eux un matériel militaire précieux.

            « Ici Rancor 1, nous avons réussi à mettre hors d’état de nuire la pièce d’artillerie centrale. »


            « Beau tir Rancor 1, restez concentré sur votre objectif. » Intervient le capitaine Tahlee dans la communication de groupe. « A toutes les unités, continuez la progression. »


            Pour le lieutenant Chadelle, occupé à surveiller l’ensemble de l’opération, le moment est venu d’informer le dirigeant d’Ord Trasi des conséquences que cette prise d’avantage peut avoir. Lysandre Sylla veut son avis. Il souhaite que l’officier des renseignements partage son expérience. Et c’est bien ce que ce dernier compte faire… D’une façon fort désagréable.

            - Monsieur le Gouverneur, vous désirez avoir des conseils, en voilà. Lâche froidement l’agent du Bureau de la Sécurité de l’Impérium. Les Griffes Cendrées sont passés experts dans le domaine de la guérilla. Attendez-vous à ce qu’ils se retirent, qu’ils se cachent, qu’ils frappent dans l’ombre… Ils ne sont pas forcément là où on les attend. Et ils sont réellement astucieux. Les moindres progrès réalisés par l’armée impériale ne doivent pas vous aveugler, car cela pourrait bien vous être fatale.

            Une réponse quelque peu mystérieuse qui correspond bien au caractère du lieutenant. Malgré la volonté de coopérer qui l’anime, il ne peut s’empêcher de rester hostile au gouverneur, celui-là même qui se prétend supérieur à un membre de la terrible police politique. Mais d’une certaine manière, il a bien raison de parler de la sorte. Les mystères sont de mise avec cette bande de fanatiques. Nul ne sait réellement ce qu’il peut se passer. Après tout, il est impossible de prévoir à l’avance l’imprévisible, à moins d’être une sorte de dieu. Les Cathars rebelles pourraient se planquer dans leur montagne ou se jeter sur les troupes impériales avec des ceintures d’explosifs à la taille. Ou même exécuter ces deux stratégies dans le même temps.

            Lorsque les troupes impériales ne sont plus qu’à quelques dizaines de mètres du campement ennemi, la tension monte d’un cran. Les tirs se mettent à pleuvoir d’un bout à l’autre du champ de bataille. Les traits laser s’écrasent avec force sur la carlingue des forteresses volantes, qui ne doivent leur salut qu’à l’épais blindage protégeant les équipages. Les sections de choc de l’Impérium grimpent à l’assaut et progressent à l’intérieur des bois, couverts par leurs camarades et les HAVr A9, sans savoir qu’une surprise de taille les attend. Un stormtrooper trébuche, se redresse et constate qu’un trou a été habilement caché par des branchages. A l’intérieur de ce dernier, un Cathar, visiblement tué par le passage mortel des chasseurs TIE. Le soldat en armure blanche n’a pas le temps de faire part de sa découverte au reste de son escouade. Il est abattu d’un tir en pleine tête par un rebelle dissimulé dans un autre trou.

            Dans un esprit fraternel, plusieurs de ses camarades viennent le rejoindre sur les champs d’honneur. Ils sont ainsi plusieurs à tomber au sol, la poitrine fumante. Un, deux, trois, quatre. Cinq même. Presque aussitôt, les troupes impériales lancées à l’assaut se jettent face contre terre ou se mettent à l’abri derrière les arbres, pour éviter les traits laser qui fauchent du monde dans leurs rangs. Deux recrues, dont les réflexes sont trop lents, finissent neutralisées par les tireurs embusqués. Les représailles ne se font pas attendre. Plusieurs des Griffes Cendrées sont abattus dans l’instant, victimes des tirs précis de l’infanterie impériale. D’autres, voyant leur position compromise, s’enfoncent dans les trous pour ne plus en ressortir. Les stormtroopers, pris pour cible par les Cathars retranchés à l’intérieur du campement, doivent progresser avec prudence entre les arbres. Plusieurs trous sont découverts, avec à l’intérieur des rebelles morts. D’autres sont trouvés vides. Un soldat de choc curieux se glisse dans l’un d’entre eux et y fait une découverte cruciale.


            - Sergent, ces enfoirés ont creusé des tunnels ! Indique l’impérial en armure blanche à son supérieur.

            - Bien reçu ! Essayez de voir où ça mène mais restez prudent !
            Répond simplement le sous-officier en gardant la tête baissée derrière une souche. Que quelqu’un se charge de contacter le commandement pour leur partager cette nouvelle de merde !

            Le lieutenant Chadelle avait finalement raison sur un point : Ces satanés Cathars ne sont pas forcément là où on les attend. Il semble par ailleurs qu’ils n’ont pas fini de jouer la carte de la surprise… Fidèles à leur réputation d’individus imprévisibles, quelques rebelles s’élancent hors du campement ou des trous pour lancer des attaques suicidaires. Mais cette manoeuvre désespérée cache en fait un but bien précis. Couverts par les assauts de leurs congénères, plusieurs Griffes Cendrées progressent en direction des HAVr A9, explosifs en main. Si la plupart sont stoppés dans leur action, abattus par les traits laser des blasters ou par les canons des blindés, il y en a bien un qui parvient à s’approcher suffisamment de la forteresse volante répondant à la désignation “Rancor 2“. Mais le Manteau de Nuit affecté au flanc droit se jette sur le forcené et le plaque au sol. Après quelques secondes de lutte, le Cathar est mis hors d’état de nuire, un poignard planté dans la gorge. Le détonateur thermique qu’il voulait lancer sur le blindé est récupéré par le soldat d’élite, qui pourra en faire usage plus tard. L’attaque n’a donné aucun résultat probant. Les tirs se font moins précis et plus espacés. Les Griffes Cendrées semblent reculer, se replier. Une information bientôt confirmée par l’opérateur des senseurs de Rancor 3.

            - Monsieur, l’ennemi semble se retirer dans la montagne. Lâche le membre d’équipage à l’intention du gouverneur.

            « Capitaine Jahadel à Rancor Leader. Nous venons d’apprendre que les rebelles ont établi un réseau de tunnels souterrains. Il se peut qu’il soit relié au campement et même aux pièces d’artillerie installées dans la montagne. Les Griffes Cendrées sont peut-être plus nombreux que les premières estimations. La prudence est recommandée. »


            - Monsieur le Gouverneur… Se permet d’intervenir le Manteau de Nuit affecté à la protection rapprochée du héros d’Ord Trasi. Permission de débarquer pour assister les troupes au sol ?

            Pour le lieutenant Chadelle, confortablement installé dans son siège, une autre question se pose. Surveillant de près les écrans et écoutant de loin les conversations à bord de la forteresse volante, il en vient à se demander quels autres stratagèmes comptent utiliser les Cathars. Tout ceci semble bien suspect et cache probablement quelque chose. A cette simple pensée, il ne peut s'empêcher d'esquisser l'ombre d'un sourire. Ces maudits rebelles sont ingénieux. Ce ne sont clairement pas des amateurs. Et l'on peut se demander qui a bien pu former et équiper ces fanatiques...


            Spoiler : Nouvelles données sur le datapad :




            Ouverture des données concernant l'opération militaire en cours...







            Gris foncé : Flanc de la montagne.
            Gris foncé 2 : Chevaux de frise et barricades de fortune.
            Gris clair : Tentes.
            Vert : Végétation dense, arbres.
            Noir : Emplacements des pièces d'artillerie E-Web et DCA.
            Marron : Palissades en bois.
            Etoiles rouges : Trous repérés par les forces impériales.
            Flèches bleues : Offensive impériale.
            Flèches rouges : Contre-offensive des Griffes Cendrées.
            Flèches noires : Mouvement de recul des Griffes Cendrées.





            ... Statut des pelotons ...

            Peloton Alpha : Pertes légères.
            Peloton Bêta : Pertes légères.
            Peloton Gamma : Pertes légères.
            Peloton Delta : Pas de pertes.
            Peloton Epsilon : Pertes légères.
            Peloton Zêta : Pertes moyennes.
            Peloton Êta : Pas de pertes.
            Peloton Thêta : Non engagé.





            Fermeture du dossier...


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              Auteur : Lysandre Sylla

              Penché sur l’hologramme détaillant l’évolution du combat, Lysandre put voir les véhicules de l’Imperium tourner leurs canons vers les parois surplombant le fort adverse. Leur tir mit une des pièces hors d’usage tandis que l’autre fut repliée prestement vers l’intérieur. Sylla aurait bien souhaité poursuivre le pilonnage des parois pour éviter la création de nouveaux postes de tirs, mais la puissance de feu des HAVr devait se reporter sur le champ de bataille immédiat pour neutraliser les positions retranchées adverses. La bataille en effet se poursuivait au sol, et les troupes arrivaient à portée de tir. Laisser ses chasseurs seul face à des adversaires appuyés par des Lancers alors qu’on garde les Carrack en retrait pour tirer sur les armements lourds de défense était le meilleur moyen d’y perdre ses escadrons et de se retrouver en infériorité face à l’adversaire, puissance de feu supérieure ou non.

              "Un tir très précis Rancor 1 ! maintenant reproduisez la même excellence pour mettre hors d’usage la tourelle E-Web et permettre à nos troupes de fixer les combattants adverses sans se faire déchiqueter". Aurait pu ajouter le gouverneur au commentaire du capitaine. Mais multiplier les commentaires, même positifs, dans le cadre d’une chaîne de commandement bicéphale, ne pouvait entraîner que des confusions. Sylla se contenta donc de la réponse du lieutenant du BSI sur les tactiques adverses.

              - Monsieur le Gouverneur, vous désirez avoir des conseils, en voilà. Les Griffes Cendrées sont passés experts dans le domaine de la guérilla. Attendez-vous à ce qu’ils se retirent, qu’ils se cachent, qu’ils frappent dans l’ombre… Ils ne sont pas forcément là où on les attend. Et ils sont réellement astucieux. Les moindres progrès réalisés par l’armée impériale ne doivent pas vous aveugler, car cela pourrait bien vous être fatale.

              Le ton est froid, et semble exprimer une morgue qui refuse de se sentir inférieure à Lysandre. Le Cunctator soupire intérieurement. Il ne s’agit pas de rabaisser ou d’élever quelqu’un, mais que tout le monde travaille sur un pied d’égalité lorsque les services hiérarchiques sont différents. Si la hiérarchie est clairement définie, pas de problème à moins d’avoir un incapable comme supérieur. Si deux hiérarchies se retrouvent à collaborer, il devient crucial de coopérer sans sentiment de supériorité ou d’infériorité, au risque de créer des tensions qui n’ont rien à faire dans la stratégie. Mais visiblement, son interlocuteur semblait avoir du mal à saisir que Lysandre ne voulait pas d’un valet mais d’un égal.

              En revanche, le fond de la réponse était assez indicatif de ce qu’il pouvait déjà observer sur le champ de bataille. Les Griffes Cendrées étaient assez bien formées pour mener une véritable tactique de guérilla. Ce n’était pas très étonnant, connaissant la culture guerrière des Cathars. Ajoutez-y des armes venues d’on ne sait où, et on se retrouve face à des combattants capables de frapper puis de se disperser avant même de subir des représailles.

              Comme pour appuyer les propos de Chadelle, des points s’animent sur la carte holographique, tandis qu’un rapport tombe depuis la tente de commandement : les Griffes ont creusé la montagne comme des termites et ont disposé plusieurs trous dans la forêt pour pratiquer des attaques surprises. Même si le bombardement a pu en combler certains, ils ont pu creuser assez profondément pour conserver plusieurs abris.

              Au même moment, venant autant de ces trous que du campement, plusieurs guerriers se jettent à la rencontre des Impériaux. Leurs trajectoires ne fait aucun doute : ils cherchent d’abord à faire le plus de dégâts possibles et ensuite à vivre. Toutefois, malgré leur nombre et les tirs de couvertures, les soldats de l’Imperium parviennent à neutraliser les attaques. L’initiative repasse dans le camp des attaquants, confirmé bientôt par l’officier des senseurs à proximité de Lysandre.


              - Monsieur, l’ennemi semble se retirer dans la montagne.


              L’abandon des positions avancées pourrait surprendre, mais elle est logique si on suit une tactique de guérilla et non pas de combat conventionnel. En opérant de la sorte, les stratège Cathars appliquent parfaitement le plan de frapper puis se retirer, et évitent la fixation que cherchait Sylla pour les envelopper. Toutefois, il y a fort à parier que le repli n’est pas complet. Des positions fortifiées doivent encore se trouver à l’intérieur du camp, et l’existence des batteries antiaériennes semble confirmer l’hypothèse d’un complexe souterrain. Ce que témoigne le message du capitaine Jahadel :

              Capitaine Jahadel à Rancor Leader. Nous venons d’apprendre que les rebelles ont établi un réseau de tunnels souterrains. Il se peut qu’il soit relié au campement et même aux pièces d’artillerie installées dans la montagne. Les Griffes Cendrées sont peut-être plus nombreux que les premières estimations. La prudence est recommandée.

              Ainsi ce ne sont pas de simples trous, mais de véritables tunnels. Un tel dispositif prend du temps à établir, et nécessite du matériel spécifique. Combien de temps les Cathars ont consacré à préparer cet endroit ? S’ils acceptent le combat pour défendre ce campement, c’est qu’il s’agit véritablement d’un point névralgique de leur dispositif.

              Et c’est cela que ne doit pas perdre de vue Lysandre. Une tactique de guérilla est généralement dévastatrice pour une armée professionnelle, qui se fait harceler sans pouvoir riposter avec toute sa supériorité. Le commandant est alors tenté de se lancer à la poursuite des fuyards après les escarmouches, seulement pour se retrouver pris dans des embuscades et subir des pertes encore plus sévères.

              Pour l’emporter, il ne s’agit pas de remporter le prix du sang, mais celui de la logistique. On a beau chercher à éliminer autant de guérilléros que possibles, il y en aura toujours qui s’échapperont et reviendront frapper. En revanche, si l’on détruit les réserves d’armes et les campements, l’empêchant de disposer d’un lieu pour se regrouper et se réarmer après une escarmouche, on lui coupe le nerf de la guerre. Un Griffe cendré armé d’un lance-roquette et ayant récupéré dans un lit chaud avec une poche de Bacta est bien plus dangereux qu’un Griffe cendré armé de ses crocs, ayant dormi à la belle étoile et s’étant fait un garrot avec un bout de tissu.

              Le manteau de la Nuit prit la parole tandis que le rapport finissait de défiler.


              - Monsieur le Gouverneur…. Permission de débarquer pour assister les troupes au sol ?

              Sylla réfléchit un instant. L’idée était tentante, mais comme le lieutenant l’avait fait remarquer, il était impossible de savoir à quoi s’attendre avec les Griffes cendrées. Si jamais elles avaient mis la main sur les fréquences militaires ou sur un brouilleur, les canaux privés de la garde de la Grande Moff restaient le seul moyen sûr de communiquer.

              Négatif soldat, je peux avoir besoin de vous. Continuez à me tenir informé des observations de vos camarades.
              Puis se tournant vers l’appareil de communication.

              Capitaine Tahlee, déléguez quelqu’un à l’Etat-major pour se renseigner afin de savoir si les dernières attaques des Griffes cendrées dans le secteur impliquaient des attaques suicides similaires, pour voir si un mode opératoire se détache qui nous renseignerait sur leurs prochains mouvements.

              Se tournant un instant vers Chadelle, il lui adressa la parole brièvement :

              Lieutenant, pouvez-vous faire la demande auprès du BSI pour savoir si du matériel d’excavation a été dérobé récemment et quel est l’historique du lieu ? Je voudrais savoir si on attaque une grotte creusée à la hâte ou bien un bunker ayant résisté à une attaque mandalorienne et/ou séparatiste.

              Sans compter que celui qui aura fait disparaître des foreuses ne sera peut-être pas aussi prudent que quelqu’un qui vole des armes, ajout-il mentalement.

              Revenant sur le plan de bataille, il s’adressa de nouveau à Tahlee et Jahadel.

              Que les pelotons Alpha, Epsilon et Êta se chargent de nettoyer les trous de la forêt et les comblent à l’explosif si nécessaire. Défense formelle d’y pénétrer. Nous ne devons pas nous disperser. Limitez autant que possible les pertes, notamment en faisant exploser les branches supérieures pour faire tomber des éclats à la verticale dans les trous dissimulés et les nettoyer de tout gêneur sans trop s’exposer.

              Dès qu’on aura la nouvelle que Rancor 1 aura neutraliser la tourelle E-web, je veux que les pelotons Zêta et Bêta pénètrent à l’intérieur, sans s’exposer inutilement et en faisant attention aux contre-attaques. Bon nombre de retraites sont souvent juste des ruses pour faire sortir les troupes de leur position. Sécurisez le campement à l’ouest, et repérez les ouvertures dans la montagne, celles par où les rebelles se replient comme celles par où ils pourraient faire du tir à l’Iriaz. Méfiez-vous également des tentes qui peuvent recouvrir un puit d’accès ou des explosifs à retardement. Soyez alerte et efficace et faites honneur à la réputation de l’Imperium.

              Gamma, Delta et Rancor 2 progressent comme convenu pour neutraliser la deuxième tourelle E-web et sécuriseront l’est du camp. Même interdiction formelle de lancer la poursuite tête baissée. Une fois la position assurée, on mettra en œuvre le bond suivant pour nettoyer l’intérieur. Que Thêta commence à avancer avec Rancor Leader par l’ouest pour suppléer en cas de fléchissement ou d’attaque surprise de flanc. Rancor Leader, terminé.


              Le gouverneur se tourna vers l’officier en charge du véhicule.

              Dès que nous auront la confirmation, en avant. Je veux que Rancor Leader réagisse en cas de nouvelle surprise pendant que les deux autres véhicules sont engagés aux entrées contre les E-Web.

              Tout en prenant une courroie au cas où les amortisseurs ne seraient pas à jours, Sylla se tourna vers le datapad pour tenter de voir quand les Griffes Cendrées tenteraient de reprendre l’initiative, et leur couper autant que possible l’herbe sous le pied.

              Il voyait déjà la tête du conseiller Antiphon lorsque celui-ci apprendrait que le gouverneur s’élançait à bord d’un véhicule non manufacturé par Ord Trasi pour potentiellement risquer sa vie. Sacré coup de canif dans son contrat de sponsoring
              .

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                Auteur : Hivernus

                Les rebelles se sont retranchés au sein de leur place forte. Ils n’en sortiront pas à moins d’avoir une idée qui pourrait faire pencher la balance en leur faveur. De toute manière, les Griffes Cendrées ont tout intérêt à rester bien au chaud dans leur forteresse naturelle. Ils pourraient facilement tenir entre plusieurs semaines et quelques mois, en fonction des vivres et des munitions entreposés. Ils tiennent une position confortable et ils le savent… Appuyés par les véhicules blindés et par les tirs de couverture des camarades restés à l’arrière, les soldats impériaux progressent à l’intérieur du campement laissé à l’abandon par ses occupants initiaux. Mais cette petite victoire ne semble pas réellement contenter l’état-major et les chefs d’escouade présents sur le champ de bataille. Gagner du terrain est un fait négligeable. Le seul objectif valable est la destruction totale des forces ennemies.

                Les sections d’assaut sécurisent le périmètre. Les hommes en armure blanche fortifient leurs nouvelles positions avec des barricades de fortune. D’autres en profitent pour vérifier que les Cathars n’ont pas posé d’explosifs au sein du camp. A l’arrière, les forces impériales se chargent de combler les trous et les tunnels avec les troncs des arbres fauchés par les tirs et les explosions. On utilise les détonateurs thermiques en guise de dernier recours. Un sous-officier fait le tour des blessés, comptabilise les morts dans les deux camps, tandis que les infirmiers de terrain stabilisent l’état des plus gravement touchés et rafistolent les éclopés aux blessures légères. Cette accalmie est surprenante. Le temps passe, les minutes défilent et la tension monte d’un cran.

                Au sein de la forteresse volante, l’équipage ne relâche pas sa vigilance. Les artilleurs sont concentrés sur l’environnement qui les entoure, à l’affût du moindre élément suspect. Le pilote, pour sa part, garde son sang froid et fait avancer le véhicule HAVr A9 au sein du campement. Les soldats impériaux écartent les morts au passage du blindé et en profitent pour récupérer du matériel qui pourra servir par la suite. Les chefs d’escouade donnent par ailleurs l’ordre de dépouiller les cadavres de tout explosif qui pourrait nuire au bon déroulement des opérations. Les sections de stormtroopers sont en place, les véhicules aussi, et pourtant, rien ne se passe… Tout est étrangement calme. Un silence de mort semble planer sur l’endroit et enveloppe de sa chape poisseuse les combattants. Les Griffes Cendrées préparent probablement un nouveau plan d’attaque, destiné à frapper toujours plus fort les forces impériales.


                - Monsieur, nous avons un rapport sur l’état des pertes. Quatorze morts et dix-huit blessés de notre côté, contre quarante-sept morts du côté des rebelles. Indique l’opérateur des senseurs.

                Un flot d’informations ne tarde pas à se déverser au sein de la forteresse volante. L’ambiance devient peu à peu celle d’une passerelle de commandement, où les membres d’équipage se relaient pour partager aux officiers des indications qui peuvent s’avérer cruciales.

                - Les Griffes Cendrées semblent avoir laissé un matériel précieux derrière eux, dont les pièces d’artillerie E-Web. Continue sur sa lancée le soldat. Nos troupes les déploient actuellement contre l’ennemi.

                - J’ai réussi à obtenir quelques renseignements concernant votre matériel minier. Les rebelles n’ont rien volé. En fait, ils ont acheté des outils et des véhicules d’excavation du temps où ils n’étaient pas encore en rébellion ouverte contre le régime impérial… Intervient à son tour le lieutenant Chadelle. Autant dire qu’ils ont eu plusieurs années devant eux pour se préparer. Cette base n’est pas une forteresse de fortune, mais un véritable bastion qui pourrait sûrement résister à des mois de siège.

                L’on pourrait s’étonner d’une telle chose, mais les Cathars ont prouvé à plusieurs reprises que l'élément de surprise est un facteur très important dans leurs stratégies. Ils ne semblent jamais à court d’idées et savent improviser avec ce qu’ils ont sous la main… Des qualités qui font d’eux d’excellents guerriers. Il est dommage, d’un certain point de vue, que ces redoutables Griffes Cendrées aient choisi la voie du fanatisme Sith… D’un autre côté, ils font un entraînement de choix pour les soldats de choc de l’Impérium. Le pragmatisme impérial revient toujours… Et à juste titre ! Gâcher une telle opportunité n’est pas dans les habitudes des institutions militaires impériales. L’époque où l’Empire et ses officiers se vautraient dans l’incompétence semble révolue.


                « Capitaine Tahlee à Rancor Leader, selon les rapports de l’état-major, les Griffes Cendrées ne semblent pas s’être écartés de leur mode opératoire habituel. Les attaques suicides font partie des stratégies appliquées par les leaders Cathars… Attendez. Nous recevons un message de la part des rebelles. Je vous retransmets son contenu. »


                Une silhouette holographique se détache de la console dédiée aux communications. L’individu translucide est à première vue un Cathar dans la fleur de l’âge, qui présente plusieurs cicatrices, dont une longue balafre qui semble l’avoir privé d’un oeil. Le rebelle a revêtu par dessus ses habits un plastron de stormtrooper couvert de marques noires qu’il a sûrement récupéré sur le cadavre d’un impérial vaincu au combat.

                « Ici Ajaani Griffes Cendrées, le commandant de la forteresse. Vous avez peut-être remporté la première manche, mais sûrement pas la bataille et encore moins cette guerre. Vous êtes une honte pour notre nation ! Nous avons juré allégeance à l’Empereur Kovarn. Un vrai fils de l’Empire n’aurait jamais tourné le dos à son plus grand héros ! Et que fait l’Empire par ailleurs ? Rien ! Pire même ! La machine impériale renforce la volonté des séparatistes… Contre son propre peuple ! Les Griffes Cendrées se souviennent de leur serment d’allégeance, nous n’avons rien oublié… Et nous n’aurons de cesse de vous combattre, traîtres que vous êtes… Que nous soyons des milliers ou quelques centaines. Longue vie à l’Empereur Kovarn ! Longue vie à ses fidèles guerriers ! »


                La silhouette de la créature féline grésille, puis la transmission se coupe. Au moins, le message est clair. Pas de reddition pour les Griffes Cendrées. Fiers de leur héritage et de leurs traditions, ils ont décidé de combattre jusqu’au dernier. Un tel dévouement mérite assurément tout le respect et le mépris des officiers impériaux.

                « Capitaine Tahlee à Rancor Leader, nous avons quelques informations à vous partager à propos de cet Ajaani Griffes Cendrées. Selon les archives du Bureau de la Sécurité Impériale et les renseignements tirés des rapports militaires, il est le numéro deux de la rébellion. Il n’a, pour l’heure, jamais perdu un seul combat contre les forces impériales. A défaut de pouvoir le capturer, il est important qu’il ne s’échappe pas de cette forteresse. Sa mort pourrait avoir un impact significatif sur le moral des troupes et même au sein de son propre clan. »


                - Monsieur… Les pelotons Zêta et Gamma ont repéré deux entrées souterraines. Les positions sont ajoutées aux données du datapad. Ajoute l’opérateur des senseurs.

                Les troupes impériales sont en position et n’attendent qu’un ordre : Celui de repartir à l’assaut. L’issue de la bataille et le sort des stormtroopers placés sous le commandement du gouverneur d’Ord Trasi dépendent entièrement des décisions qu’il compte prendre.


                Spoiler : Nouvelles données sur le datapad :




                Ouverture des données concernant l'opération militaire en cours...







                Gris foncé : Flanc de la montagne.
                Gris foncé 2 : Chevaux de frise et barricades de fortune.
                Gris clair : Tentes.
                Vert : Végétation dense, arbres.
                Noir : Emplacements des pièces d'artillerie E-Web et DCA.
                Marron : Palissades en bois.
                Triangles noirs : Entrées souterraines repérées par les forces impériales.





                ... Statut des pelotons ...

                Peloton Alpha : 1 mort. 4 blessés.
                Peloton Bêta : 2 morts. 3 blessés.
                Peloton Gamma : 1 mort. 2 blessés.
                Peloton Delta : 1 blessé.
                Peloton Epsilon : 3 morts. 3 blessés.
                Peloton Zêta : 6 morts. 5 blessés.
                Peloton Êta : Aucune perte.
                Peloton Thêta : Aucune perte.





                Fermeture du dossier...


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                  Auteur : Lysandre Sylla

                  Avec des échanges de tirs de plus en plus sporadiques, les troupes impériales pénètrent et sécurisent le campement des Griffes Cendrées. A bord de Rancor Leader, en train de passer l’une des portes d’accès au complexe, Lysandre Sylla est pensif. La capture de la position fortifiée était une réussite, mais loin d’être l’objectif final de la mission comme le briefing initial aurait pu le laisser croire, cela ne constituait que la première marche dans le succès de l’opération. Un nouveau round se préparait, et il serait sans doute plus dur.

                  En effet, plus les troupes impériales avanceraient, moins elles disposeraient d’informations sur le terrain, augmentant le rapport de force en faveur des défenseurs. D’où la nécessité d’avancer prudemment. Dans le même temps, une approche trop prudente permettrait aux Cathars de réorganiser leur second périmètre défensif selon les informations qu’ils avaient récupérés sur la force d’attaque impériale, améliorant donc également leurs chances. Il fallait donc trouver le bon équilibre.

                  Au moins les tunnels forestiers étaient en passe d’être neutralisés, et le camp ne recelait aucune mauvaise surprise apparemment, selon les rapports qui affluaient dans l’habitacle. Les pertes impériales restaient néanmoins sensibles, mais bien inférieures à celles des rebelles. Si on s’en tenait aux estimations initiales de leur force de frappe, c’était à peu près 80 % de leurs effectifs qui étaient partis en fumée. Mais après avoir vu les pièges forestiers non répertoriés et la possibilité d’un vaste complexe souterrain, il était tout aussi bien possible que ces pertes ne soient qu’une goutte d’eau pour les Griffes cendrées.

                  La capture des tourelles E-Web était également utile, même si Lysandre était surpris que les Griffes cendrées ne les aient pas neutralisées pendant leur repli. Négligence liée à l’amateurisme ou bien volonté tactique délibérée ? il y avait là un point à creuser. Et en parlant de creusement.


                  - J’ai réussi à obtenir quelques renseignements concernant votre matériel minier. Les rebelles n’ont rien volé. En fait, ils ont acheté des outils et des véhicules d’excavation du temps où ils n’étaient pas encore en rébellion ouverte contre le régime impérial… Autant dire qu’ils ont eu plusieurs années devant eux pour se préparer. Cette base n’est pas une forteresse de fortune, mais un véritable bastion qui pourrait sûrement résister à des mois de siège.


                  Les informations du lieutenant méritaient considération. L’opération de nettoyage de la CSI datait d’à peine deux ans, ce qui limitait les potentialités d’une révolte pro-Sith antérieure. Soient ils avaient directement commencé à préparer leurs plans dès la chute des Sith, et avaient achetés en conséquent du matériel minier et créer une véritable forteresse depuis longtemps. C’était le pire scénario, mais aussi le moins probable. La révolte ne peut pas se déclencher du jour au lendemain, et il est plus probable que les rebelles ont eu des mois et non des années pour bâtir leur antre. Ce qui n’enlève rien à la difficulté d’un assaut bien sûr.

                  Par ailleurs, cela signifie probablement que les Cathars qui se sont procuré le matériel disposent de connaissances en ce qui concerne le minage et les exploitations souterraines, car Lysandre voyait mal l’Imperium accorder du matériel minier à des Cathars universitaires ou militaires, et plus probablement à des Cathars travaillant dans l’industrie minière, à la limite dans l’agriculture. Les combats souterrains seront donc vraisemblablement menés par des rebelles habitués à ces conditions. Sans parler du flair et de la vision inhérente à leur espèce qui leur permettrait de compenser l’avantage technologique des Stormtroopers.


                  Merci pour ces informations lieutenant. Serait possible de comparer les acheteurs du matériel avec les cadavres retrouvés lors des premiers engagements, de même éventuellement avec d’autres dossiers de recensement planétaire, dans le but de déterminer quels groupes spécifiques ont rejoint les Griffes cendrées ? par exemple, si on retrouve plusieurs membres d’une même compagnie minière, est-ce qu’on peut avoir le nombre total des membres de cette compagnie pour supposer un nombre maximal de potentiels rebelles ?

                  Plus vite l’Imperium pourrait savoir à quoi il faisait face, plus vite l’attaque pourrait se conduire et rapprocher l’équilibre de l’opération vers une approche rapide. Plus le nombre de surprises adverses pourraient être déjouées à l’avance, plus cela limiterait également les pertes. Sylla n’avait rien contre l’apprentissage par l’expérience, mais encore fallait-il pouvoir être vivant pour tirer les leçons de ses erreurs. Sinon, autant envoyer ses troupes à l’abattoir en considérant que seuls les survivants feront de bons soldats, et se retrouver de la sorte constamment avec des vétérans très largement en sous-effectifs par rapport à la bleusaille.

                  L’intercom grésilla :


                  « Capitaine Tahlee à Rancor Leader, selon les rapports de l’état-major, les Griffes Cendrées ne semblent pas s’être écartés de leur mode opératoire habituel. Les attaques suicides font partie des stratégies appliquées par les leaders Cathars… Attendez. Nous recevons un message de la part des rebelles. Je vous retransmets son contenu. »

                  L’émetteur holographique de la console se mit en route, et un Cathar apparut, visiblement un des meneurs. Comme une autre personne rencontrée plus tôt dans la journée, celui-ci affichait visiblement sa supériorité martiale réelle ou théorique par de longues balafres sur la figure et un plastron de stormtrooper sur le torse. Et le discours qui sortit de sa bouche confirmait son attitude.

                  « Ici Ajaani Griffes Cendrées, le commandant de la forteresse. Vous avez peut-être remporté la première manche, mais sûrement pas la bataille et encore moins cette guerre. Vous êtes une honte pour notre nation ! Nous avons juré allégeance à l’Empereur Kovarn. Un vrai fils de l’Empire n’aurait jamais tourné le dos à son plus grand héros ! Et que fait l’Empire par ailleurs ? Rien ! Pire même ! La machine impériale renforce la volonté des séparatistes… Contre son propre peuple ! Les Griffes Cendrées se souviennent de leur serment d’allégeance, nous n’avons rien oublié… Et nous n’aurons de cesse de vous combattre, traîtres que vous êtes… Que nous soyons des milliers ou quelques centaines. Longue vie à l’Empereur Kovarn ! Longue vie à ses fidèles guerriers ! »


                  Le Cunctator soupira. Et après on se demandait pourquoi il détestait les Sith comme les hiérarchies à sens unique. Voilà pourtant encore un exemple parfait d’un élément doué totalement perverti. En d’autres temps et dans un autre lieu, Sylla aurait été convaincu que cet Ajaani aurait fait un excellent meneur pour maintenir l’ordre et restaurer la concorde galactique. Son sens de l’honneur en aurait fait un remarquable incorruptible. Mais un lavage de cerveau plus tard, et le voici justement piégé par son propre code dans une logique complètement déficiente, le poussant à des actes insensés.

                  Ne serait-ce par exemple que la référence au fameux Dark Kovarn. Le « vrai fils de l’Empire » semblait oublier que loin d’avoir été abandonné, c’était justement le Sith qui avait décidé de tourner le dos à l’Empire et qu’on n’avait jamais revu. Incapable d’accepter une telle chose dans son système d’honneur, Ajaani rejetait la faute sur d’autres. Et comme il était incapable de faire la critique juste de son suzerain par l’honneur, il se retrouvait à faire la critique absurde de ceux qui justement étaient restés pour maintenir l’ordre.

                  Quant à réunir les Sith et les Cathars dans un même peuple, il y avait un pas grotesque qui tenait visiblement de la démagogie pour justifier une logique chancelante. Le « même peuple » n’avait empêcher les Sith de massacrer les Cathars de manière directe ou interposée par le passé, ni de recommencer plus récemment par leur refus de capituler pour le bien de leur « peuple ». Ajaani souffrait visiblement d’un complexe de reconnaissance, qu’il tentait de combler par un fanatisme plus que déplacé. Quant à savoir jusqu’à où cette faille psychologique l’avait mené sans qu’un autre l’exploite, il y avait également là un point intéressant. Jusqu’où allait l’honneur du leader des Griffes Cendrées lorsqu’il se procurait des armes impériales venus d’on ne sait où et lançait des attaques en embuscades bien loin du combat honorable. Une Chasse Sanglante contre les Kiltiks lui aurait fait le plus grand bien.


                  Capitaine Tahlee à Rancor Leader, nous avons quelques informations à vous partager à propos de cet Ajaani Griffes Cendrées. Selon les archives du Bureau de la Sécurité Impériale et les renseignements tirés des rapports militaires, il est le numéro deux de la rébellion. Il n’a, pour l’heure, jamais perdu un seul combat contre les forces impériales. A défaut de pouvoir le capturer, il est important qu’il ne s’échappe pas de cette forteresse. Sa mort pourrait avoir un impact significatif sur le moral des troupes et même au sein de son propre clan.


                  Le Cunctator enregistra la nouvelle tandis que dans un coin de sa tête il se demanda qui était le numéro 1 du mouvement contestataire. La supériorité mise en scène par Ajaani s’éclaircissait un peu plus. Le message avait autant valeur d’avertissement pour les Impériaux que de propagande envers ses propres troupes. Son conseiller en communication avait dû lui suggérer d’insister sur sa prétendue invincibilité pour rallier ses hommes. Mais dans le même temps, cela montrait que l’attaque impériale l’avait plus secouée que prévu, puisqu’il n’avait pas jugé bon de passer un tel message lors de la première phase de l’opération. Pour manifester ainsi sa présence, au risque de devenir une cible, il escomptait visiblement rappeler à ses troupes qu’elles ne devaient pas perdre pour préserver son mythe et sa vie, tout en cherchant à démoraliser les forces adverses par l’annonce de sa présence et la résolution d’une lutte jusqu’à la mort.

                  Mais Lysandre y tira au contraire un encouragement. Les premiers combats s’étaient moins bien déroulés que prévus pour les Cathars, et il ne fallait pas que la balance repenche en leur faveur. Il était désormais important de reprendre l’offensive, et le dernier rapport arrivait juste à point.


                  - Monsieur… Les pelotons Zêta et Gamma ont repéré deux entrées souterraines. Les positions sont ajoutées aux données du datapad


                  Le Cunctator posa son regard sur la carte holographique, où deux triangles indiquant les entrées venaient d’apparaître. Chacune pouvait être couverte par une tourelle pour empêcher des contre-attaques brutales, sans compter la présence des Havr. En revanche, pour entrer, il faudra se passer des véhicules, et donc renoncer à un autre avantage. Comment compenser …

                  Attaquer les deux entrées à la fois pouvait paraître tentant, d’autant plus si la supériorité numérique de l’Imperium était avérée. Mais dans le même temps, si cette dernière était moins importante que prévue, l’ennemi pour profiter du terrain pour multiplier les embuscades, diviser les forces selon les couloirs avant d’achever les envahisseurs. Il valait donc mieux concentrer sa force de frappe sur un seul point, pour balayer l’adversaire. Il était également important de couvrir ses arrières pour ne pas se retrouver tronçonner par des contre-attaques.

                  Lysandre ralluma le com pour se mettre en contact avec Tahlee et Jahadel.


                  Nous allons concentrer notre offensive eu point d’accès ouest. Le point d’accès à l’est était surplombé par les deux tourelles aériennes, ce qui laisse entendre qu’il pourrait être plus au centre du réseaux de galeries. Y passer nous permettrait d’atteindre plus vite le cœur des opérations, mais nous exposerait davantage à des tirs croisés venus des multiples couloirs latéraux. Si mon intuition est la bonne, le couloir ouest nous permettra d’arriver en marge du réseau et donc d’avoir moins de voies divergentes lors des engagements initiaux.

                  La progression devra se faire avec prudence, car l’ennemi maîtrise parfaitement le terrain. Il faut une vigilance pour les potentielles mines, et s’assurer avant de pénétrer dans une conduite que celle-ci n’est pas piégée pour s’effondrer, pendant ou après le passage. Arrivé à un carrefour, un peloton choisira une des voies à l’appréciation de son commandant, tandis que les autres resteront en attente au carrefour. Une fois arrivé au carrefour suivant, le peloton peut indiquer aux autres que ce n’est pas un cul de sac et les faire avancer à leur tour. Chaque branche de carrefour non explorée devra être soigneusement indiquée et piégée, et une patrouille restera au carrefour pour assurer la sécurité et prévenir les mouvements ennemis.

                  Si l’ennemi engage puis se replie, pas de poursuite imprudente. Il est possible qu’il puisse s’échapper par une autre sortie dans la montagne, et nos éclaireurs entreront alors en jeu pour une nouvelle manche, mais l’essentiel est qu’il ne pourra pas évacuer son matériel si nous progressons méthodiquement. Et sans matériel, il sera beaucoup plus exposé. Attention aux grenades aveuglantes avec les senseurs de casques réglés pour l’obscurité, mais vous pouvez les utiliser vous-même contre les Cathars, car elles seront très efficaces contre leur vision.

                  Le vent semble souffler dans le bon sens, et nous avons du bois à profusion. Servons nous-en à l’entrée est pour faire un feu afin d’enfumer l’intérieur des couloirs. Cela brouillera l’odorat des Cathars et permettra aussi selon la densité de cendre dans l’atmosphère à nos troupes à l’intérieur de savoir si elles se rapprochent de l’autre accès. Il est tout à fait possible que les Cathars aient prévus des cloisons pour mettre à l’abri certaines parties du complexe, rendant nuls les effets de la fumée, mais dans ce cas, les portes fermées les ralentiront dans leurs mouvements.

                  Les pelotons Bêta, Gamma, Delta et Êta seront chargés de l’offensive à l’intérieur, Êta arrivant un peu plus tard pour relance le rythme le temps qu’il se déplace de sa position. Thêta couvrira le camp et l’entrée est à l’aide de Rancor Leader. Epsilon et Alpha maintiennent la surveillance du périmètre extérieur avec Rancor 1, Epsilon glissant vers l’Est pour compenser le départ d’Êta. Zêta se tient en réserve pour l’offensive intérieure, notamment en cas d’attaque sur les patrouilles des carrefours.


                  Lysandre se tue un instant, puis reprit la parole.

                  Il est également important de maintenir la surveillance au camp de base. Si les Griffes cendrées ont pu creuser des trous dans les bois, ils ont pu également faire d’autre sorties dissimulées pour frapper notre centre logistique. Si c’est le cas, Epsilon et Rancor 1 devront y porter secours. Rancor 3 enfin reste pour le moment avec Rancor Leader pour prévenir tout offensive depuis les promontoires, mais si les éclaireurs repèrent du mouvement dans le massif, devra se déplacer immédiatement au point indiquer pour perturber la retraite des rebelles le temps de redéployer les troupes.

                  Capitaine, Un manteau de la nuit accompagnera l’offensive souterraine, et un autre aidera à assurer la sécurisation des patrouilles. En cas de brouillage des communications où tout autre mauvaise surprise je veux être avertis immédiatement. Qu’ils utilisent également leurs senseurs de pointes pour tenter de nous dresser une carte intérieure en temps réel si possible.
                  Enfin…

                  Lysandre retint sa respiration un instant. Il avait déjà évoqué l’idée, et lui-même n’était pas totalement enthousiaste pour la mettre en valeur, mais le message de Ajaani l’avait piqué.

                  Je souhaite que les troupes soient encouragées à faire usage des rayons paralysants plus que des tirs mortels au cours des combats à venir. Les rayons, atteignent moins facilement leurs cibles j’en conviens, mais d’une part fourniront une source de lumière plus importante que les tirs lasers simples, pouvant donc mieux endommager la rétine des Cathars. En outre, pour ces derniers, la capture semble visiblement une infamie. Voire tomber un camarade paralysé les poussera donc peut-être à s’exposer pour le récupérer, ou à commettre d’autres erreurs sous l’effet de la colère. Enfin je pense que le BSI appréciera tout prisonnier potentiel, n’est-ce pas lieutenant ?

                  Si vous avez des recommandations sur la stratégie, Capitaine, Lieutenant, je suis ouvert à vos conseils. Sinon, mettons-nous en route aussi vite que possible. Ah, et assurez vous que tout le monde soit informé de la description de Ajaani.

                  Lysandre songea un instant à répondre personnellement au message du meneur, mais l’idée, à peine dans son esprit, devint vite ridicule. Il ne s’agissait pas d’un affrontement entre deux personnes. Lysandre n’était pas là pour lui-même, il était là au nom de l’Imperium. Et il n’y avait aucun intérêt à parler au nom de l’Imperium avec quelqu’un à ce point endoctriné, du moins pour le moment.
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                    Auteur : Hivernus

                    A l’intérieur de Rancor 3, l’agacement s’empare une fois de plus du lieutenant Chadelle. Le gouverneur s’amuse à le faire crouler sous les questions. On dirait presque qu’il s’agit d’un jeu pour lui ! Bien évidemment, le principal concerné qu’est Lysandre Sylla se contentera de dire que cette marée soudaine d’interrogations est nécessaire pour sauver des vies et permettre à l’Impérium de sortir vainqueur de cet affrontement. L’officier impérial soupire. S’il n’y aurait eu que lui et le “héros” d’Ord Trasi, plus personne n’aurait entendu parler de lui… Mais les temps ont changé et les deux hommes sont bien loin des prisons ultra-secrètes du Bureau de la Sécurité Impériale. Quelle dommage…

                    - Monsieur le Gouverneur… Les Griffes Cendrées, à l’heure actuelle, sont les seuls à s’être ouvertement opposés au régime impérial. S’il y a bien quelques Cathars d’autres clans qui les ont rejoint dans leur lutte, ce sont toutefois des faits sporadiques assez rares. Nous ne pouvons pas estimer clairement les effectifs combattants, à moins de ratisser large. Indique froidement l’agent en adressant un regard noir à son interlocuteur. Pour ce qui est de votre matériel minier, il a été acheté par la haute autorité des Griffes Cendrées… Et à ma connaissance, aucun d’entre eux n’est engagé dans une quelconque compagnie minière. La seule chose que nous savons, c’est qu’ils s’en sont servi pour rebâtir leur cité-arbre après le passage de la Confédération des Systèmes Indépendants. Ce qui veut dire qu’ils ont eu le temps de faire autre chose avec… Comme bâtir plusieurs forteresses de ce genre...

                    Tant que l’Impérium n’aura pas entièrement identifié les différentes places fortes tenues par les Griffes Cendrées, toute action militaire de grande envergure n’aura pas l’effet escompté, si ce n’est celui d’une épée frappant dans le vide. On a beau réduire de quelques dizaines les effectifs combattants, l’effort sera vain s’il y en a quelques dizaines de plus pour prendre la relève. La seule façon, pour le régime impérial, de mettre un terme à cette stupide révolte se trouve dans la destruction systématique des caches d’armes et des bastions ennemis… Lorsque les Cathars rebelles n’auront plus que la défense de leur cité-arbre comme solution viable, le coup fatal pourra être donné.


                    « Capitaine Jahadel à Rancor Leader. Si je peux me permettre de donner mon opinion, je doute que l’usage des tirs paralysants soit une bonne idée. Si les Griffes Cendrées voient que l’on cherche à les capturer plutôt qu’à les tuer, ils finiront peut-être par se donner la mort eux-même afin d’éviter le déshonneur. Par ailleurs, cet ordre pourrait avoir un effet désastreux pour le moral de nos troupes. »


                    « Je suis d’accord avec le Capitaine Jahadel. Nous devons à tout prix éviter que notre seule chance de faire des prisonniers se transforme en suicide collectif pour les Griffes Cendrées et en mécontentement de la part de nos troupes. De mon point de vue, il est préférable de donner l’ordre de tirer avec les rayons paralysants uniquement sur les figures d’autorité. »


                    « J’en profite pour rajouter que nos éclaireurs n’ont découvert aucun accès de l’autre côté de la montagne. Nous avons laissé une équipe sur place en observation, au cas où, mais les autres ont été rappelées afin d’assurer la protection du campement et la surveillance des environs. »


                    Alors que les officiers discutent de la stratégie à adopter, les soldats, eux, préparent déjà la suite de l’opération militaire. Les pelotons restés à l’arrière du dispositif se chargent de fournir le combustible aux troupes sur la ligne de front. Le bois s’entasse rapidement devant l’entrée désignée et un stormtrooper finit par mettre feu au tas. Une fumée noire se dégage du dépôt improvisée et manque de faire tousser quelques recrues, dont l’armure n’est pas équipée de filtre à air. Les soldats de choc, eux, finissent par souffrir de la chaleur, malgré la climatisation interne des pièces d’armure. Il y a fort à parier, à l’intérieur de la montagne, que les Cathars vont, eux aussi, devoir éprouver les effets de ce foyer rougeoyant. De vives et grandes flammes dévorantes consomment rapidement le bois entassé et la température grimpe précipitamment.

                    Malgré les pertes endurées, les troupes impériales semblent croire à la victoire. D’ici quelques minutes, tout serait fini. Dans cette optique, les combattent profitent d’un bref instant de répit pour vérifier les attaches de leur armure et l’état des munitions. Le personnel militaire soignant inspecte les blessures des stormtroopers qui sont toujours opérationnels pour le combat. Quelques doses de bacta et quelques points de suture plus tard, les voilà presque comme neufs. Et les soins apportés par les médecins et infirmiers de terrain semblent avoir insufflé une énergie nouvelle aux soldats. Botter les fesses des Cathars… Faire la peau à quelques rebelles pour venger leurs camarades… C’est tout ce qu’ils demandent !

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                      Auteur : Lysandre Sylla

                      Lysandre écouta attentivement les réponses que lui fournissait l’agent du BSI, d’un ton qui ne laissait guère de doute : Lysandre pouvait rajouter un nom à la longue liste des personnes qu’il irritait par son comportement.

                      - Monsieur le Gouverneur… Les Griffes Cendrées, à l’heure actuelle, sont les seuls à s’être ouvertement opposés au régime impérial. S’il y a bien quelques Cathars d’autres clans qui les ont rejoint dans leur lutte, ce sont toutefois des faits sporadiques assez rares. Nous ne pouvons pas estimer clairement les effectifs combattants, à moins de ratisser large. Pour ce qui est de votre matériel minier, il a été acheté par la haute autorité des Griffes Cendrées… Et à ma connaissance, aucun d’entre eux n’est engagé dans une quelconque compagnie minière. La seule chose que nous savons, c’est qu’ils s’en sont servi pour rebâtir leur cité-arbre après le passage de la Confédération des Systèmes Indépendants. Ce qui veut dire qu’ils ont eu le temps de faire autre chose avec… Comme bâtir plusieurs forteresses de ce genre...


                      Le Cunctator était quelque peu déçu de ne pouvoir exploiter ces pistes. Mais il est vrai que s’il savait comment assembler un vaisseau de combat lourd, sa connaissance du système politique de Cathar était très laxiste. Il n’avait jusqu’à présent jamais considérer comme intéressant de se soucier de leur hiérarchie, et prit note de corriger cela à la prochaine occasion. On le lui avait déjà répété, mais la politique impliquait de s’intéresser à des domaines de connaissances bien différents de l’ingénierie, même si des similarités pouvaient se présenter parfois. Pour Sylla, cela était encore difficile, notamment parce qu’il trouvait cela souvent ennuyeux et difficilement quantifiable. Et la réponse du lieutenant ne faisait que le confirmer dans ses sentiments, alors que les haut-parleurs s’activèrent.

                      « Capitaine Jahadel à Rancor Leader. Si je peux me permettre de donner mon opinion, je doute que l’usage des tirs paralysants soit une bonne idée. Si les Griffes Cendrées voient que l’on cherche à les capturer plutôt qu’à les tuer, ils finiront peut-être par se donner la mort eux-même afin d’éviter le déshonneur. Par ailleurs, cet ordre pourrait avoir un effet désastreux pour le moral de nos troupes. »

                      « Je suis d’accord avec le Capitaine Jahadel. Nous devons à tout prix éviter que notre seule chance de faire des prisonniers se transforme en suicide collectif pour les Griffes Cendrées et en mécontentement de la part de nos troupes. De mon point de vue, il est préférable de donner l’ordre de tirer avec les rayons paralysants uniquement sur les figures d’autorité. »


                      On en revenait à la question du moral des troupes. Si les soldats étaient clairement supérieurs aux droïdes pour leurs esprits d’initiative, les deuxièmes présentaient l’avantage de pouvoir agir de manière logique en toute circonstance. L’enthousiasme des troupes à casser du Cathar, déjà visible avant la bataille, commençait à s’apparenter dangereusement au même fanatisme qui animait les rebelles. Sylla ne niait pas le pouvoir puissant des émotions comme charge d’adrénaline supplémentaire capable de faire pencher la balance d’un combat, mais il avait tendance à y voir plus un piège qu’un atout. Encore une raison qui expliquait sa préférence pour le vide spatial : il était beaucoup moins aisé de céder à ses émotions lorsqu’on ne voyait pas son ennemi dans le blanc des yeux.

                      « J’en profite pour rajouter que nos éclaireurs n’ont découvert aucun accès de l’autre côté de la montagne. Nous avons laissé une équipe sur place en observation, au cas où, mais les autres ont été rappelées afin d’assurer la protection du campement et la surveillance des environs. »


                      Si les arrières de l’opération étaient donc sécurisés, l’absence d’autres sorties laissait le gouverneur perplexe. Prévoir une voie de repli était toujours un point essentiel dans la conception d’une position défensive. Un tel oubli pouvait impliquer plusieurs choses. D’un côté cela pouvait indiquer un manque de temps pour compléter le dispositif défensif. D’un autre côté, cela pouvait être un choix volontaire, traduisant l’importance du site et l’impossibilité du repli. Enfin, il ne fallait pas écarter la possibilité qu’une telle sortie existe, mais soit bien mieux dissimulée, laissant peser un danger sur l’armée impériale. Laisser une estafette pour surveiller les lieux était donc une sage décision.


                      Je vous remercie pour vos remarques. Nous limiterons donc l’usage des tirs paralysants pour les figures d’autorités. Je m’en remets à vos connaissances pour les identifier et les neutraliser. Si les troupes sont en place, et avant que le feu perde de sa vivacité, je propose de lancer l’offensive finale pour investir la place et anéantir leur base logistique.

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                        Post n°15
                        Auteur : Hivernus

                        Au sein de la forteresse, Ajaani Griffes Cendrées assiste à la défaite de ses troupes. La moitié des guerriers Cathars gît au sol, tels de braves tombés sur les champs d’honneur. L’autre moitié attend désormais de les rejoindre. Le commandant du bastion ne peut pas promettre la victoire à ses combattants, mais ces derniers auront au moins l’inestimable privilège de mourir les armes à la main. Le rebelle éteint la table à projection holographique et entreprend de se débarrasser de son plastron de stormtrooper. Il vient ensuite glisser une main dans ses longs cheveux tressés et ornés de perles, dans un geste presque mélancolique. Ces petites boules de nacre ont une histoire propre. Au nombre de cinquante-trois, elles représentent le nombre d’ennemis vaincus en combat singulier. Il n’y en aurait pas une seule de plus.

                        Les hostilités vont reprendre de plus belles, mais Ajaani n’y participera pas. Il y a fort à parier que les troupes impériales chercheront à le capturer vivant, afin qu’il dévoile les moindres informations à propos des caches d’armes, des places fortes et des effectifs des Griffes Cendrées. Mais le Cathar ne compte pas leur donner ce plaisir. Puisqu’il ne peut pas partir la tête haute dans une dernière lutte à mort, il doit se résigner à opter pour une autre solution… Une solution qui doit lui permettre de mourir sans compromettre son honneur. Mais pour l’heure, il a encore un discours à faire. Le rebelle se dirige vers la console des communications et appuie sur une touche.


                        - Mes frères, mes soeurs… Aujourd’hui, l’aube s’est levée rouge… Rouge du sang des fils et des filles de Cathar, mais aussi rouge du sang de ces chiens qui servent la Confédération des Systèmes Indépendants. Un jour viendra où notre fière nation pourra retrouver sa gloire passée… Mais ce jour n’est pas arrivé ! Débute Ajaani en martelant du poing sur la console, comme pour appuyer ses dires. L’Empire s’est effondré, corrompu par ceux qui le composent et voilà désormais l’heure des loups ! Un jour viendra où nos fils et nos filles pourront jouir de la liberté qui leur est du, mais nous ne serons plus là pour les voir s’épanouir. Notre combat s’achève peut-être aujourd’hui, mais la guerre continue ! Offrons à ces chiens un baroud d’honneur qu’ils ne seront pas prêts d’oublier ! Offrons à notre peuple une bataille qui pourra l’inspirer ! Longue vie à Cathar ! Longue vie à ses fidèles guerriers !

                        Le Cathar coupe ensuite la communication. Tout autour de lui, le fracas des armures et des armes résonne dans les couloirs. Les pas précipités des combattants ne trompent pas. Ils sont prêts pour la lutte finale. Des ordres ricochent d’un bout à l’autre de la forteresse de pierre. Ils ont tous bien reçu le message. Dans quelques minutes, tout sera terminé. Une explosion sourde vient faire trembler le sol et les murs. L’assaut final vient de commencer.

                        - Kraatos, mon frère, l’heure est venue. Fais en sorte qu’on ne puisse pas reconnaître mon visage. Je ne veux pas servir de trophée pour cette infâme armée impériale. Indique le commandant des insurgés à son comparse.

                        L’individu en question est un Cathar imposant protégé par plusieurs plaques de cuir et de métal. Un véritable colosse, une machine à tuer.

                        - Ce fut un honneur de te servir mon frère. Répond à sa suite le dénommé Kraatos, poing serré contre la poitrine.

                        - Nous nous reverrons bientôt, de l’autre côté. Souffle Ajaani en esquissant l’ombre d’un sourire.

                        L’autre hoche de la tête puis dégaine sa vibrolame. Celui qui commande le fort ôte retire son haut, s’agenouille et tire du fourreau une dague. Il est prêt à affronter la mort, plus que jamais. Le meneur des Griffes Cendrées parcourt du regard les multiples cicatrices qui ont arraché des pans entiers de fourrure. Tant de combats gagnés, tant de batailles remportées… Aujourd’hui, il subit sa première défaite. La première et la dernière. Cette seule pensée l’attriste, mais il en vient à l’accepter. Le Cathar enfonce la dague dans sa chair, au niveau de l’abdomen, et ferme les yeux. La lame vient lacérer la peau. Son porteur tente de faire le vide mais ressent cette intense douleur qui vient déchirer son âme. Puis d’un coup, Ajaani n’éprouve plus rien. Une arme fend le vide et vient s’abattre. Un corps est délesté d’une tête.






                        Le ciel est souillé par les fumées noires qui se dégagent du campement. Au milieu des tentes éventrées, des palissades effondrées et des corps mutilés, la forteresse installée dans le flanc de la montagne pousse ses derniers soupirs. A l’intérieur, les défenseurs se sont rassemblés afin de former d’ultimes bastions de résistance. Ceux qui sont chargés de retenir les assaillants aux portes blindées ont le regard rivé sur ces dernières. Ils attendent que leur heure vienne et songent déjà au combat final qu’ils s’apprêtent à mener. Les Griffes Cendrées savent qu’ils vont mourir mais n’affichent aucune peur sur leur visage. Pour eux, mourir les armes à la main est un réel honneur, un privilège réservé aux héros. Dans quelques générations, leurs descendants chanteront leurs exploits et surtout, leur vaillante résistance face aux troupes impériales.

                        - Vous les entendez ? Ils vont bientôt entrer ! Lâche un vieux Cathar lacéré de blessures et aux poils à moitié calcinés. On dirait bien qu’ils nous font l’honneur de mourir à la lumière du jour, plutôt que terrés commes des animaux !

                        Les rebelles lèvent leurs armes, poussent des hurlements de joie et frappent du poing sur les cuirasses. Au moment où les portes sautent, propulsées par l’explosion de quelques charges bien placées, les Griffes Cendrées sont prêts à livrer leur dernier combat. Alors que les premières salves de tirs sont échangées, que les troupes de choc de l’Impérium investissent les lieux, les guerriers Cathars se lancent à l’assaut. Dans une dernière manoeuvre désespérée ou héroïque, ils se jettent sur l’ennemi en lâchant des beuglements effrayants. La forteresse des Griffes Cendrées vient de pousser son ultime cri...





                        Le bastion des rebelles est tombé. Les derniers défenseurs ont été vaincu. Le sang des insoumis coule une fois de plus. Sur le champ de bataille, le fracas étourdissant des combats a laissé place à un silence particulièrement pesant. Les soldats impériaux échangent des commentaires à voix. Ils n’osent pas exprimer la joie que leur apporte cette victoire… Et d’une certaine façon, la chose est compréhensible. Cette victoire a un goût amer. Parmi les troupes de choc impériales, nombreux sont les blessés et les morts. De ce fait, il est difficile de savourer une victoire acquise par le prix du sang. Quelques sous-officiers font le compte des hommes perdus temporairement ou définitivement durant la bataille. D’autres se chargent de réaliser un rapport sur les armes capturés à l’ennemi. Au final, telle une machine de guerre bien rodée, les stormtroopers s’acharnent déjà sur de nouvelles tâches.

                        Au sein du campement impérial, l’effervescence propre au déroulement d’une bataille est remplacée par l’animation qui suit la fin des combats. Les blessés et les morts commencent à affluer par poignées, déplacés sur des brancards de fortune. Les HAVr A9 rentrent au bercail et les équipages sortent des véhicules pour se livrer à une inspection en règle. Le Manteau de Nuit affecté à Rancor 3 conduit le gouverneur à la tente dédiée à l’état-major. Le lieutenant Chadelle, pour sa part, quitte la forteresse volante comme un voleur et part de son côté. On le reverra sûrement un jour, lorsqu’il aura ravalé sa fierté. Il y a fort à parier qu’il va se contenter, pour l’heure, de magouiller dans son coin. Après tout, c’est là l’activité préférée des agents du Bureau de la Sécurité Impériale. L’autre possibilité est plus réaliste. L’officier impérial va peut-être remettre un compte-rendu complet à sa hiérarchie… Chose qui ne l’empêchera toutefois pas de faire ses petites manigances.

                        Quoi qu’il en soit, les cachotteries d’un agent du Bureau de la Sécurité Impériale sont loin d’être le sujet de préoccupation de l’état-major. Le soldat d’élite affecté à la protection de Lysandre Sylla écarte un pan de la tente de commandement puis referme lorsque le gouverneur s’est engouffré à l’intérieur. Les capitaines Jahadel et Tahlee s’adressent à la silhouette holographique du général Veed, quand le lieutenant Spilik consulte son datapad pour mettre à jour le statut des pelotons et leurs différents rapports.


                        - Gouverneur, vous tombez bien. Nous allions commencer à faire notre rapport au Général Veed, que vous connaissez déjà. Débute la Boroskaise avec sa froideur habituelle. Mon Général, l’opération est une réussite. La forteresse tenue par les Griffes Cendrées a été capturée par les forces impériales.

                        « C’est là une excellente nouvelle Capitaine. Poursuivez. »


                        - Bien mon Général. Selon les derniers rapports, nous avons perdu dix-huit soldats et un pilote lors de l’opération, contre cent dix-sept rebelles tués. Nos troupes ont recensé vingt-trois blessés de notre côté, contre seulement cinq du côté adverse. Il faut noter que trois d’entre eux sont dans un état grave et qu’en outre, il n’est pas certain qu’ils survivent à leurs blessures. Continue la jeune femme, concentrée. Les Manteaux de Nuit se chargent déjà d’escorter les deux prisonniers en état de parler. Nous pourrons les interroger dans peu de temps.

                        « Parfait. Autre chose à rajouter ? »


                        - Oui mon Général. Les Griffes Cendrées sont équipés avec notre matériel. Ils utilisent nos armes. Il ne s’agit plus de quelques cas isolés, mais bien d’une affirmation. Reprend le capitaine Tahlee. Nous avons par ailleurs pu identifier le commandant de la forteresse, Ajaani Griffes Cendrées.

                        « Voilà un constat bien effrayant… Mais nous avons au moins réussi à mettre la main sur la cachette de notre vieil ami Ajaani. Capitaine Jahadel, vos troupes ont-elles réussi à le capturer ? »


                        - Négatif mon Général. Il y a fort à parier qu’il s’est donné la mort au moment de l’assaut final, afin d’éviter la capture et le déshonneur. Indique le Cathar sans la moindre émotion dans la voix. Mes hommes ont remarqué plusieurs corps calcinés dans la forteresse, et l’un d’entre eux a eu la tête coupée. Je pense que les rebelles ont tenté de masquer le suicide de leur commandant.

                        « Je vois. Il faudra donc faire des analyses afin de confirmer sa mort, du moins, s’il s’agit bien de son cadavre. »


                        Il est en effet important d’affirmer la disparition du numéro deux de l’insurrection des Griffes Cendrées… Ce seul événement pourrait avoir un impact significatif sur le moral des rebelles et sur le moral des troupes impériales mobilisées depuis le début de cette maudite guerre secrète. Un léger silence s’empare de l’endroit. Le colosse aux cheveux grisonnants humecte ses lèvres et observe celui que l’on surnomme héros d’Ord Trasi.

                        « Gouverneur, le rapport du Capitaine Tahlee à votre propos est élogieux. Vous avez su prouver vos compétences militaires… De ce fait, nous n’avons plus aucune raison de vous retenir sur Cathar. Félicitations Moff Sylla. »


                        L’imposant Boroskais se tourne ensuite vers sa comparse de la marine impériale, un sourire suspect aux lèvres.

                        « Capitaine Tahlee, la Grande Moff a décidé de vous affecter à la neuvième flotte sectorielle, dont vous aurez le commandement. Et à cette décision s’ajoute une promotion. Félicitations… Amirale. »


                        La principale concernée ne répond rien et se contente de redresser légèrement le menton. Il n’y a par ailleurs pas la moindre émotion sur son visage. Si elle ressent quelque chose, elle le dissimule habilement.

                        « Capitaine Jahadel, votre compagnie a fait de l’excellent travail ces derniers jours. Il serait injuste de priver vos hommes d’une récompense qu’ils méritent. La seizième compagnie d’infanterie sera temporairement renvoyée à l’arrière du front, pour une durée de six jours. »


                        - Je vous remercie, mon Général. Je suis sûr qu’ils apprécieront ces quelques journées de repos. Répond simplement l’officier Cathar en inclinant doucement la tête.

                        « Bien… Ce sera tout. J’attends votre rapport complet dans les plus brefs délais. Vous pouvez disposer. »


                        Les trois officiers présents sous la tente de commandement se mettent instinctivement au garde-à-vous et ne quittent leur posture militaire que lorsque la silhouette translucide du général disparaît.

                        - Lieutenant Spilik, je vous charge d’accompagner le Moff Sylla jusqu’à son transport. Ordonne d’une froideur renouvelée la Boroskaise.

                        - A vos ordres… Amirale. Souffle le jeune officier. Veuillez me suivre, Monsieur.

                        L’aide de camp du capitaine Jahadel quitte la tente. Le Manteau de Nuit posté en faction devant celle-ci rejoint silencieusement le groupe. Le campement semble à nouveau animé. Des colonnes entières de stormtroopers passent au pas de course. Des brancards suivent bientôt, occupés par quelques soldats peu remuants. Mais ce qui attire l’attention est l’arrivée soudaine d’une navette de classe Lambda. Le transport se pose à quelques mètres des positions retranchées impériales. La rampe d’accès s’abaisse rapidement, comme une invitation...

                        - Monsieur le Gouverneur… Ce fut un plaisir de servir sous vos ordres. Lâche alors le lieutenant, en effectuant un salut réglementaire.

                        Il s’éloigne après avoir fait claquer ses bottes. Le Manteau de Nuit s’installe à bord de la navette, toujours aussi silencieux. Ses deux camarades viennent le rejoindre, escortant les prisonniers qu’ils se chargeront de remettre aux autorités compétentes. Une fois que tout le monde est à bord, l’engin décolle et se dirige tout droit vers la capitale impériale. Lysandre Sylla pourra bientôt rejoindre les siens.


                        Spoiler : Spoiler
                        Fin d'opération ! Passage lvl1 et 2 000 crédits pour récompenser tes efforts.

                        Tu peux poster ici ou retourner directement sur Ord Trasi. Fais comme tu veux !

                        (PS : Mon ordi ayant quelques soucis, pour ce qui est des récompenses, ne t'inquiète pas si ce n'est pas fait avant demain.)

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                          Auteur : Lysandre Sylla

                          Un étrange sentiment animait Lysandre Sylla alors que Rancor Leader ronronnait doucement au-dessus de la plaine. S’agissait-il de déception à voir la bataille s’achever si vite dans un choc frontal souterrain ? ou bien de la satisfaction du devoir accompli ? En fait, dans l’esprit rigoureux du Cunctator, c’était la perplexité qui régnait devant le déroulement des opérations et la conduite de ses adversaires.

                          Après les embuscades aux abords du campement, les tourelles sur rails à flanc de montagne et les tunnels, Sylla avait commencé à voir son adversaire comme étant parfaitement préparé et déterminé à mener un combat d’escarmouches jusqu’aux tréfonds de sa forteresse, avec la possibilité d’un potentiel repli, contre la machine de guerre impériale supérieure en nombre et qualité. A la place les Griffes cendrées avaient atteint leur point de rupture, s’étaient cantonnés dans un baroud d’honneur suicidaire qui permettait de les cerner et de les détruire. Ils avaient de la sorte chercher plus la mort que la possibilité d’une victoire future.

                          Cet constat était en grande partie liée aux conceptions du gouverneur. Pour lui, ses opposants étaient toujours des égarés qui pouvaient être ramenés dans le droit chemin de l’Ordre, qu’ils soient séparatistes, pirates ou rebelles. Les fanatiques étaient des cas plus difficiles, mais après tout étaient également dans l’erreur. D’où son hésitation sur l’emploi des tirs paralysant. On change difficilement l’opinion d’un cadavre.

                          On avait d’ailleurs aucune nouvelle du meneur des Griffes Cendrées. Après avoir envoyé un message de la sorte pour provoquer l’Imperium, Lysandre s’était presque attendu à le voir en première ligne. Son absence impliquait peut-être une fuite par une ouverture secrète. C’était l’hypothèse la plus désagréable pour le Cunctator. Mais il pouvait également avoir choisi de se suicider de manière préemptive pour éviter la capture. Dans les deux cas, son refus du combat final écornait la conception d’honneur.

                          Le véhicule rentra au campement et s’immobilisa pour permettre à ses passagers de descendre. Le Manteau de la nuit se chargeait de mener le gouverneur vers la tente de commandement, mais le lieutenant du BSI fit mine de partir dans une autre direction. La bataille terminée, les hiérarchies parallèles reprenaient leur cours, avec leurs tensions et rivalités. Lysandre espérait avoir toutefois contribué à réduire le gouffre, et il n’avait rien à reprocher à Chadelle sur le déroulement des opérations.


                          « Merci pour votre aide lieutenant, peut-être à une prochaine fois. »

                          Sylla ne savait pas si le représentant du BSI avait fait mine de l’entendre. Il en aurait sans doute un aperçu dans le rapport du Bureau avec une plainte pour familiarité excessive. Mais il tenait à témoigner devant la troupe qu’il était possible de s’entendre avec les uniformes gris. A moins que les soldats ne le prennent pour un lèche-bottes…

                          L’ambiance au sein du campement n’est pas celle de la victoire. Le moral comme d’habitude est quelque chose de guère scientifique. Auparavant pressés de casser du Cathar, les troupes à présent comptent leurs pertes. Une telle opération n’aurait pas pu se terminer sans perte. De là à penser que Sylla avait adopté une tactique trop coûteuse, il y avait un pas que le Gouverneur ne franchirait pas avant d’avoir revu l’ensemble des rapports, sans doute d’ici plusieurs jours, si ce n’est semaines.

                          Toutefois, la pratique de la routine par les Stormtroopers, et la collecte des armes laissées par les rebelles, montre qu’au-delà du deuil, c’est le repos du guerrier qui domine à présent. Traversant les allées aussi effervescentes qu’à son arrivée plusieurs heures auparavant, mais moins remplies et bruyantes, le Cunctator arrive enfin à la tente principale, qu’ouvre le Manteau de la Nuit. A l’intérieur, le lieutenant Spilik semble trier les rapports sur son datapad, tandis que les Capitaines se tiennent devant une silhouette holographique massive, que Lysandre identifie après un moment comme étant celle du second de la Grande Moff.


                          - Gouverneur, vous tombez bien. Nous allions commencer à faire notre rapport au Général Veed, que vous connaissez déjà.


                          Avec une telle intonation, on aurait pu croire qu’elle lui parlait des prévisions météorologiques ou d’un pli sur son uniforme. Néanmoins, le Cunctator pouvait constater une nouvelle fois toute l’ambivalence de cette opération : A la fois une opération militaire sous ses ordres, et un test politique sous ceux de la capitaine. Dans les faits, elle aurait pu faire son rapport sans lui. Il était même possible que le rapport « politique » ait déjà été produit en son absence.

                          Mon Général, l’opération est une réussite. La forteresse tenue par les Griffes Cendrées a été capturée par les forces impériales.

                          « C’est là une excellente nouvelle Capitaine. Poursuivez. »

                          - Bien mon Général. Selon les derniers rapports, nous avons perdu dix-huit soldats et un pilote lors de l’opération, contre cent dix-sept rebelles tués. Nos troupes ont recensé vingt-trois blessés de notre côté, contre seulement cinq du côté adverse. Il faut noter que trois d’entre eux sont dans un état grave et qu’en outre, il n’est pas certain qu’ils survivent à leurs blessures. Continue la jeune femme, concentrée. Les Manteaux de Nuit se chargent déjà d’escorter les deux prisonniers en état de parler. Nous pourrons les interroger dans peu de temps.


                          Les pertes avaient été conséquentes. Si les soldats de la compagnie avaient pu s’attendre à des pertes dans le cadre de l’assaut d’une forteresse, la perte du pilote était entièrement de la responsabilité de Lysandre qui avait tenu à engager les forces aériennes. Certes, l’action avait pu contribuer à réduire les pertes terrestres par la suite, mais la vulnérabilité des chasseurs l’avait quelque peu consterné dans le cadre de cette attaque.

                          L’absence de tirs paralysants avait de manière logique entraîné une forte mortalité dans les rangs adverses, mais un tel taux indiquait nécessairement des actes de fanatisme. L’hypothèse de suicide collectif n’était pas à exclure, à moins encore une fois qu’une sortie de secours ait permis à certains de s’échapper. Les cinq prisonniers allaient avoir de longues journées devant eux.


                          « Parfait. Autre chose à rajouter ? »

                          - Oui mon Général. Les Griffes Cendrées sont équipés avec notre matériel. Ils utilisent nos armes. Il ne s’agit plus de quelques cas isolés, mais bien d’une affirmation. Nous avons par ailleurs pu identifier le commandant de la forteresse, Ajaani Griffes Cendrées.

                          Parce qu’on en était encore à des cas isolés jusqu’à présent ? Sylla aurait pensé que les rapports précédant la bataille auraient déjà confirmer de tels faits. L’origine de ces armes revenait au centre des interrogations avec d’autant plus d’importance. La saisie des piles d’équipements de la forteresse pourrait peut-être fournir des informations, même si la destruction des bases de données était plus que probable. A moins que…

                          « Voilà un constat bien effrayant… Mais nous avons au moins réussi à mettre la main sur la cachette de notre vieil ami Ajaani. Capitaine Jahadel, vos troupes ont-elles réussi à le capturer ? »


                          - Négatif mon Général. Il y a fort à parier qu’il s’est donné la mort au moment de l’assaut final, afin d’éviter la capture et le déshonneur. Indique le Cathar sans la moindre émotion dans la voix. Mes hommes ont remarqué plusieurs corps calcinés dans la forteresse, et l’un d’entre eux a eu la tête coupée. Je pense que les rebelles ont tenté de masquer le suicide de leur commandant.

                          « Je vois. Il faudra donc faire des analyses afin de confirmer sa mort, du moins, s’il s’agit bien de son cadavre. »


                          L’hypothèse du suicide semblait donc être validée, même s’il était possible qu’on ait sacrifié quelqu’un d’autre à sa place. Il serait nécessaire de s’assurer par exemple que le chef n’avait pas un frère qui pourrait fausser les tests ADN. Le suicide du chef, alors qu’il envoyait ses cohortes à la mort, montrait d’autant plus les contradictions absurdes du fanatisme des Griffes Cendrées.

                          La mort de l’un des chefs de cette insurrection cathare contribuerait assurément à une évolution du moral des troupes, des deux côtés. Sylla, étant toutefois un nouvel arrivant dans cette lutte, n’y voyait avant tout que deux choses. D’une part les fanatiques étaient tout à fait capable de substituer leur chef perdu par le leader d’une autre cellule rebelle. L’impact psychologique pourrait donc se révéler très temporaire, jusqu’au prochain raid réussi par les fanatiques. D’autre part, Ajaani n’était que le numéro deux. Qui était le numéro un et dans quelle mesure la prise de la forteresse affecterait ses plans ?

                          Mais ce ne serait visiblement pas à Lysandre de résoudre ce problème. Veed se tourna vers lui et le fixa. Son regard avait un peu évolué. Si la méfiance était toujours présente, le mépris semblait effacé en partie par le professionnalisme du général. Visiblement, il n’allait pas être question de peloton d’exécution.

                          « Gouverneur, le rapport du Capitaine Tahlee à votre propos est élogieux. Vous avez su prouver vos compétences militaires… De ce fait, nous n’avons plus aucune raison de vous retenir sur Cathar. Félicitations Moff Sylla

                          Le nouveau Moff oscille la tête en signe d’acquiescement. Il n’était pas venu à l’origine sur le monde capital pour glaner des titres, mais pour lier Ord Trasi à l’Imperium. Être Moff n’était qu’une conséquence de ce choix, qui assurerait à Lysandre les moyens de rester vigilant sur le processus d’intégration de la planète au régime. Cependant, être officiellement réintégré dans une hiérarchie partiellement militaire donnait l’impression au Cunctator de revenir au vaisseau mère.

                          Quitter le champ de bataille laissait également le gouverneur partagé. D’un côté, il n’était jamais vraiment à l’aise au milieu des terrestres, et se sentait plus à l’aise sur un pont. De l’autre il n’avait pas eu de problème majeur de coopération, et l’ensemble des manœuvres s’était déroulé sans trop de problème. Si on exceptait l’incident Gardner, et les chaînes de commandement troubles avec le BSI et le capitaine Tahlee, Sylla pouvait se déclarer satisfait. En outre quitter Cathar signifiait retourner voir le Conseil de Surveillance.

                          Ord Trasi et moi-même remercient l’Imperium de sa confiance.

                          Le Général ne semblait pas attendre un long discours, puisqu’il se tourna vers le capitaine Tahlee.

                          « Capitaine Tahlee, la Grande Moff a décidé de vous affecter à la neuvième flotte sectorielle, dont vous aurez le commandement. Et à cette décision s’ajoute une promotion. Félicitations… Amirale. »

                          Sylla se retint de lever un sourcil. La promotion semblait…étrange, sans qu’il puisse véritablement l’expliquer. Tahlee avait essentiellement assurer la supervision de l’opération, et s’il s’agissait également d’un test pour elle, il était plus vraisemblable que c’était pour la destiner à une orientation politique et non militaire. En outre, passer de capitaine et commandant en second d'un destroyer stellaire à la gestion d’une flotte de secteur à l’issu d’une opération terrestre était également bizarre. L’Imperium était-il à ce point en manque de main d’œuvre aux échelons supérieurs ? Les questions devraient toutefois attendre.

                          « Capitaine Jahadel, votre compagnie a fait de l’excellent travail ces derniers jours. Il serait injuste de priver vos hommes d’une récompense qu’ils méritent. La seizième compagnie d’infanterie sera temporairement renvoyée à l’arrière du front, pour une durée de six jours. »

                          - Je vous remercie, mon Général. Je suis sûr qu’ils apprécieront ces quelques journées de repos.

                          La Compagnie avait assurément mérité du repos en récompense de son adaptation aux circonstances du combat malgré son inexpérience partielle. Sylla nota toutefois que cette rébellion qui devait rester aussi minorée que possible par l’Impérium était déjà présentée comme un front de bataille, impliquant une véritable occupation du terrain par les fanatiques. Était-ce une expression de Veed sans conséquence, ou bien cela traduisait-il une perte de contrôle progressive de l’Imperium sur les territoires de Cathar ? Enfin, au contraire de Tahlee ou même de Lysandre, il n’y avait aucune promotion pour la compagnie.

                          « Bien… Ce sera tout. J’attends votre rapport complet dans les plus brefs délais. Vous pouvez disposer. »

                          La paperasse administrative pour une fois ne concernerait pas Sylla. La projection s’arrêta tandis que les officiers impériaux se mettaient au garde à vous. Le Cunctator, un instant hésitant, se contenta de redresser le buste. Il ne savait pas encore très bien à quel point il s’intégrait à la hiérarchie. Placé politiquement sous Ashe, dans quelle mesure se plaçait-il par rapport au Général qui la secondait. Un autre point à éclaircir dans ses lectures pour son voyage retour. Et en parlant de voyage.

                          - Lieutenant Spilik, je vous charge d’accompagner le Moff Sylla jusqu’à son transport.

                          - A vos ordres… Amirale. Veuillez me suivre, Monsieur.

                          Lysandre salua l’officier fraîchement promue et le capitaine.

                          Amirale, Capitaine, bonne continuation ;

                          Après un instant d’hésitation, il ajouta.

                          Les Renseignements connaissent sans doute leur métier, mais au cas où, lors de l’analyse des équipements récupérés, je conseille de vérifier les composants internes démontables. Effacer le traçage d’une arme a peut-être été planifié par les Griffes Cendrées, mais il est possible que leur attention n’ait pas été poussée jusqu’à vérifier par exemple les cartouches de gaz tibanna insérées. Il y a là peut-être une piste à creuser.

                          Sur ces mots, Lysandre sortit de la tente à la suite du lieutenant Spilik. L’activité montait doucement tandis que les troupes étaient relevées dans la forteresse occupée. Le trajet retour vers la capitale se ferait-il à bord de l’un des HAVr ? Mais la réponse arriva rapidement lorsqu’il repéra une forme familière se profiler dans le ciel. La navette de classe Lambda se posa à proximité du camp, et Spilik le mena droit devant elle, avant de s’immobiliser au pied de la rampe en train de se déployer.

                          - Monsieur le Gouverneur… Ce fut un plaisir de servir sous vos ordres. Lâche alors le lieutenant, en effectuant un salut réglementaire.

                          De même lieutenant, lui répondit Sylla en lui rendant son salut. La seizième compagnie fait honneur à l’uniforme impérial.

                          Le Cunctator aurait pu ajouter « quoiqu’en pensent certains », mais il s’abstint, laissant parler son regard. Plus l’Impérium saurait faire front commun, plus il serait capable de transcender ses différences en faveur du retour de l’ordre galactique.

                          Il monta à bord, bientôt suivit par les trois Manteaux de la Nuit et de deux prisonniers Cathars. Lysandre était surpris que le transport serve également à leur transfert. D’un point de vue de sécurité, cela pouvait poser question. Mais les soldats d’élites sauraient sans doute parer à toute éventualité. Les ramener le plus vite possible pour les interroger faisait sens, avant qu’ils ne puissent récupérer suffisamment du choc de leur défaite pour se murer dans le silence.

                          Le gouverneur serait bien allé les approcher pour tenter de cerner ce qui avait pu les pousser sur une telle voie, mais leur état ne leur permettait pas pour le moment de mener la conversation. En outre, les soldats ne l’auraient sans doute pas permis. Lysandre s’installa donc dans un siège et entama avec un bâillement ses lectures juridiques. Après un transfert au palais, son voyage reprendrait vers un nouveau combat, cette fois avec des mots et des gros sous.

                          Le combat serait d’autant plus intéressant, vu les nouvelles qui s’affichaient sur son datapad, annonçant que selon certaines sources, le général Valiant serait de retour dans l’Imperium. Voilà qui pouvait expliquer certaines choses, et annoncer de futures migraines.

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