Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #22

    Post n°21
    Auteur : Kryann

    Les réponses du captif avaient laissé Kryann aussi troublée que sa mort soudaine. Si Riggs lui-même n’y avait pas pensé, elle ne risquait pas non plus d’avoir cette réflexion. Et cette manière de se suicider alors qu’elle sentait qu’ils allaient enfin briser quelque chose en lui, une vanne, une digue, qui leur permettrait d’avoir toutes les informations qu’ils cherchaient… Elle était en colère, contre elle-même, contre le mort, contre Riggs, contre la lune des contrebandiers. Rien n’allait décidément dans leur sens, et ce n’était pourtant pas faute d’essayer.
     
    De quoi avait-il parlé, au final ? D’un serpent qui se défend, d’un supérieur nommé Varan… Et c’était à peu près tout. Riggs et Valen Tyne avaient très vite fait le tour des informations qu’ils avaient récolté. Ce qui aurait pu être une réelle ouverture se révélait être une impasse, et alors que ses deux compères d’infortune échangeaient, Kryann se passa la main sur les yeux. Dans quelle espèce de galère s’étaient-ils fourrés…
     
    Les explications de Valen sur l’étrange stylo n’étaient pas beaucoup mieux puisqu’elles ne faisaient qu’ajouter une couche sur l’épais brouillard qui semblait les entourer et presque les étouffer. C’était réellement aberrant de se sentir aussi impuissante pour Kryann, dans une situation qui relevait plus de la mauvaise farce que de la réelle mission. Des gadgets improbables, des alliés de circonstance inhabituels et maintenant, un suicide en direct. Elle avait l’impression qu’elle allait devenir folle. Mais elle se devait de mettre de côté toutes ces pensées scabreuses pour essayer de réfléchir en même temps que les autres. Et de rejoindre l’optimisme de Valen pour la suite, plutôt que de suivre son propre pessimisme. Il semblait tout à fait certain de son coup concernant les données contenues sur le stylo, ce qui était effectivement un bon point, mais qui prendrait du temps à être déchiffré. Mais au moins, il proposait également de s’occuper de cette fichue couvée de reptiles. Ils avançaient. A l’aveugle, certes, mais ils avançaient.
     
    Son regard se posait sur Riggs. A force, elle commençait à voir quand le sergent réfléchissait. Et en ce moment, c’était à plein régime. Le militaire avait passé l’interrogatoire les yeux posés sur elle, et ce n’était pas de l’admiration qu’elle y lisait. Bah, peu importe. Tant qu’il ne lui plantait pas un couteau dans le dos, il fallait avancer. Et elle avait besoin de ses ressources, tant elle en était dépourvue au-delà de ses propres forces. Les arguments qu’il avançait ne permettaient absolument pas de trancher instantanément. Les deux chemins qui s’ouvraient à eux étaient truffés de défauts et de pièges qui ne se contenteraient pas de mordiller leur cheville à la manière d’une couleuvre. On était plutôt sur la constriction d’un boa, ce qui ne plaisait pas à la padawan.

     
    -A l’heure actuelle, et à moins d’un nouveau tour de passe-passe de votre part, Tyne, nous sommes réduits à la portion congrue. Deux Jedi, deux mercenaires et quelques soldats. Ce n’est pas rien, mais si nous sommes réellement face à une organisation aussi dangereuse que nous le pensons, c’est un aller simple pour ne faire qu’un avec la Force. D’un autre côté, ne rien faire serait le meilleur moyen soit de tomber dans un guet-apens par inattention, soit de perdre la piste de ces… cette Légion.
     
    La main de la padawan passa sur sa nuque pendant qu’elle réfléchissait, massant lentement les muscles tendus de son cou. Une situation tout sauf idéale, quelle que soit la décision finale. Une approche directe ou rapide, ou prendre le temps de réunir les deux.
     
    -S’en prendre frontalement à Varan me paraît être un quitte ou double bien difficile à assumer. Il suffirait d’un rien pour mettre le feu aux poudres, et même en cas de succès, nous savons qu’ils ont des moyens de se suicider. Mais je suis aussi de l’avis du Sergent, attendre des renforts serait bien trop long. Je pense qu’il faudra se contenter de ce que nous avons déjà. A moins que…

     
    Elle s’arrêta d’un coup. A la fois son mouvement de la main et son flot de paroles qui avait plus pour objectif d’organiser ses pensées que de réellement donner une ligne directrice. Ses yeux se relevèrent vers le cyborg.
     
    -Vous avez dit qu’on commençait à poser des questions à notre sujet. Nous sommes sur Nar Shaddaa. Les gens détestent les questions, sur Nar Shaddaa. Si nous voulons des renforts, c’est à ceux qui sont dérangés par Légion que nous devons nous adresser. Vous devriez pouvoir trouver ça dans votre réseau de contacts. Ce ne sont pas les candidats qui manquent. Chasseurs de primes gands, Trandoshans, Hutts, même un Toydarien agacé pourrait faire l’affaire. Si nous voulons mettre le feu aux poudres sans risquer de nous brûler, il faut que ce ne soit pas notre main qui guide la flammèche. Tyne, pouvez vous vous renseigner à ce sujet ?

     
    Puis son regard s’orienta sur Riggs et elle lui fit un sourire. Et pour une fois, ce n’était pas mesquin. Ni arrogant. Ni carnassier. Non, c’était un vrai sourire, comme si une illumination venait de la prendre, et lui donnait un nouveau point de vue.

     
    -Vous l’avez dit vous-même, sergent. Du matériel d’espion ou de forces spéciales. Ce n’est pas ça qui manque dans la Galaxie, mais cela réduit considérablement les pistes si nous considérons que notre homme était en bas de l’échelle. Cela veut dire que, d’une manière ou d’une autre, ils ont eu accès à du matériel militaire. La Galaxie est à couteaux tirés depuis plus de quinze ans maintenant, les stocks doivent être supervisés de près.

     
    Elle désigna le stylo tenu par Tyne, et son sourire s’élargit quelque peu, rendant presque le visage de la Cathar agréable à regarder, si seulement ses yeux jaunes n’étaient pas aussi fixes.
     
    -Et notre début de piste commence par cet objet. Il y a sûrement un fabriquant, un numéro de série, n’importe quoi qui permette de l’identifier à coup sûr. Notre porte d’entrée est celle-là. Et la seconde, c’est le Lieutenant Doll. Il est du BSI, c’est ce que vous disiez, non ? Si ces gens-là n’ont pas accès à ce genre d’informations, je ne vois pas qui dans l’Imperium pourrait. Sergent, si nous remontons la piste du matériel, nous tomberons à un moment ou un autre sur un nom, un manifeste de fret, un acheteur, n’importe quoi qui nous reliera aux serpents que nous cherchons. Ca ne devrait pas prendre tant de temps, je pense. Et cela nous permettra d’expliquer aux autres dans quelle panade nous nous sommes fourrés…
     
    Le ton était nettement plus assuré et assumé. La Jedi coupait la poire en deux entre les propositions, et aménageait surtout du temps pour progresser et comprendre. Même si il était hypocrite de sa part de ne pas vouloir se jeter dans la gueule du loup, au vu de ses actions passées. Peut-être que l’on pourrait mettre cela sur une prise de conscience. C’était à souhaiter. Les bras croisés sous la poitrine, elle attendait surtout la réponse de ses deux compagnons d’infortune.

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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #23

      Post n°22
      Auteur : Hivernus

      Tyne et Riggs écoutent la padawan en silence, comme suspendus à ses lèvres. En dépit de la méfiance qu’ils peuvent avoir à son égard, les hommes commencent à apprécier sa compagnie… Ou tout du moins ses aptitudes spéciales. Il faut dire qu’avoir un Jedi capable de cramer des mecs lourdement armés en quelques secondes est un atout dont on ne veut pas se passer sur la lune des contrebandiers. Et s’il y a une part d’eux qui craint encore ses pouvoirs mystérieux, les deux acolytes savent qu’ils ont beaucoup à gagner à travailler avec la jeune Cathar. 

      En ces heures sombres et pleines d’incertitude, un allié Jedi vaut bien vingt ou trente soldats impériaux. C’est du moins ce que pense le sergent. Quant au détective privé… Il y a fort à parier qu’il préfère se trouver du côté de la padawan plus qu’en face d’elle à subir son courroux. D’autant plus qu’ils commencent à former une bonne équipe. Des sourires et des regards entendus s’affichent doucement sur le visage des deux humains. Ils hochent la tête, trouvant les suggestions de Kryann pleines de sens. Ou presque.


      - Vous avez de la suite dans les idées, j’aime ça. Admet Valen Tyne, une expression amusée aux lèvres. Vous avez raison, padawan. Je connais du beau monde parmi les pires raclures de Nar Shaddaa. Mais beaucoup d’entre eux ne feront pas l’affaire. Il nous faut des types dignes de confiance, qui ne nous trahiront pas à la moindre difficulté ou pour une poignée de crédits. Des professionnels également, qui savent faire preuve de discrétion et de discipline. Par chance, j’ai ça en réserve… Mais je ne promets rien.

      Le cyborg se tourne ensuite vers le sergent.

      - Vous pensez que votre belle au bois dormant peut nous en apprendre plus sur ce gadget ?

      - Hmm. Doll n’est pas le poisson le plus vif de l’étang, ou le couteau le plus aiguisé du tiroir, mais j’imagine qu’il a bien une utilité… Enfin j’espère. Dans le pire des cas, vous pourrez toujours solliciter l’aide d’un de vos Fixers si notre cher lieutenant n’a aucune réponse à nous apporter.

      - A la bonne heure. Espérons pour vous que votre lieutenant soit plus compétent qu’il n’y paraît… Dans tous les cas, je vais demander à Kephesh de s’occuper du stylo et de notre cadavre pendant qu’on prépare notre embuscade. L’enquêteur sourit de plus belle. D’autant plus que je connais le lieu idéal pour ça en plus…

      - Génial… 

      L’enthousiasme du sous-officier laisse à désirer. Il faut dire que depuis leur arrivée sur Nar Shaddaa, les Impériaux ont été confrontés à un sacré tas d’emmerdes et d’imprévus. Sur la lune des contrebandiers, rien ne semble vouloir se présenter sous le meilleur angle et Riggs craint sûrement une nouvelle déconvenue. D’autant plus qu’il se sent plus ou moins à poil sans son armure, son équipement et ses camarades.

      - Relax’, sergent. Je gère.

      La remarque arrache au militaire une sorte de grognement ronchon, ce qui semble d’autant plus amuser le détective privé. Il fait signe à ses compagnons de fortune de le suivre. Le trio quitte donc la réserve pour rejoindre la partie publique du commerce. Arrivant face au comptoir, Valen Tyne s’arrête un instant pour discuter avec le vieux commerçant.

      - Il se peut qu’on ait laissé un peu de bazar dans l’arrière-boutique. Mais ne t’en fais pas. Quelqu’un va venir faire du rangement d’ici peu. Le cyborg glisse sur le comptoir le stylo, que le ferrailleur vient doucement récupérer. Si tu pouvais me garder ça en attendant que mon ami vienne, ça m’arrangerait beaucoup.

      - Hmpf. Bien sûr Ricky, tout ce que tu veux.

      - Merci, Sid. Je te revaudrai ça. Et promis, je viendrai bientôt m’occuper de ta chaudière. 

      Le vieux commerçant balaie les remerciements et les promesses de l’enquêteur d’un geste de la main, fourrant le stylo dans la caisse en grognant quelque chose dans sa barbe. Il semble avoir l’habitude des frasques du vaurien et a appris à ne plus se fier au baratin qui sort de ses lèvres. D’une certaine façon, le ferrailleur a beaucoup d’un oncle ou d’un père dans l’attitude et il apparaît plus qu’évident que les deux hommes ont une longue histoire derrière eux. Mais peu importe. Là n’est pas le sujet du jour.

      Les trois compères reprennent donc leurs pérégrinations. Prochain arrêt : un vieil entrepôt désaffecté situé à quelques quartiers de là, dans un secteur industriel partiellement abandonné. L’endroit est misérable. Des filaments de brume rouge serpentent entre les bâtiments, s’échappent de bouches d’aération et de plaques d’égoût à la façon d’un mal ancien qui semble tout corrompre. Les façades des murs sont dégradées, tachées par la moisissure et l’humidité, marquées par les graffitis d'artistes de rue et frappées de symboles de gangs. Ici et là, des vitres cassées et des portes enfoncées. A quelques endroits, des poubelles renversées et des nuées de rongeurs qui se battent violemment pour les restes. Ceux qui perdent la vie au cours de ces combats finissent généralement dévorés par leurs congénères, tant la faim semble les ronger.

      Les blocs d’habitations environnants n’ont guère meilleure allure. Tout ici semble dépeuplé. Les rues sont silencieuses et les rares sources de lumières qui passent au travers de volets fermés viennent d’éclairages qui ont tendance à sauter. De temps en temps, un bruit de verre cassé ou un grincement de porte. Des éclats de rire, puis plus rien. Le sergent pose doucement sa main sur la poignée de son blaster, méfiant. Son regard passe d’une fenêtre à une autre, puis vient surveiller entrées et sorties, angles morts et coins obscurs. Il est nerveux mais conserve malgré tout cette attitude professionnelle de soldat expérimenté.

      Valen Tyne, à l’inverse, semble parfaitement dans son élément et ne craint visiblement aucune embuscade. Il mène ses camarades au travers de ruelles sinistres afin de contourner les grandes clôtures électriques qui ceinturent l’entrepôt et trouve finalement une brèche par laquelle s’infiltrer discrètement. Des dizaines de caisses et de conteneurs de grande taille errent ici et là, l’acier rongé par la rouille et marqué de symboles et d’insignes aussi divers que variés. Arrivé devant une porte blindée qui a connu des jours meilleurs, le cyborg sort de son sac un tournevis afin d’ouvrir le boîtier de la console, jouant avec les fils pour forcer l’ouverture. Après une bonne minute de galère, le mécanisme de la porte s’active enfin et les trois compères peuvent entrer au sein de l’immense entrepôt. 

      L’intérieur est sombre et humide, lugubre à souhait. D’imposantes étagères remplies d’objets poussiéreux et de caisses abîmées se dressent dans l’obscurité tels des géants prêts à les happer d’un simple geste de la main. L’air est chargé de particules et les toiles d’araignée qui traversent le mobilier emprisonnent les squelettes inanimés de quelques droïdes de sécurité détruits par de précédents intrus. Outils et babioles en tout genre traînent parfois à même le sol, abandonnés là au cours d’un pillage quelconque, gisant à proximité de caisses éventrées ou renversées. Riggs frissonne malgré lui, pris d’un tremblement désagréable alors qu’il enjambe la carcasse dézinguée d’un droïde enfermé dans une sorte de cocon de soie.


      - Vous êtes sûr que l’endroit est sûr, Tyne ? Chuchote l’Impérial, la main serrée autour du manche de son blaster. 

      - Vous êtes du genre trouillard, sergent Riggs ?

      - Trouillard ? Non. Prudent ? Oui. J’aimerai bien rester en vie… Si possible. Et entier.

      - Ah ! Vous ne craignez rien ici, sergent. Ça fait des années que cet entrepôt est à l’abandon. Une histoire d’infestation d’araignées ou un truc comme ça… 

      - Très rassurant… 

      Le sous-officier est pourtant loin d’être rassuré par les affirmations du détective privé. D’autant plus que des bruits suspects lui viennent aux oreilles. Cliquetis organiques, sifflements distants… Ces sons-là, presque étouffés, ne passent pourtant pas inaperçus pour un type aussi nerveux et attentif que le sergent. Faisant confiance à son instinct de soldat plutôt qu’aux ragots douteux du porte-flingue, Riggs dégaine doucement son blaster, prêt à s’en servir au moindre mouvement suspect.

      Après quelques minutes à errer au milieu des étagères poussiéreuses, le petit groupe passe finalement au travers d’un mur à moitié effondré. On pourrait croire qu’un objet imposant est passé au travers au vu des dégâts. Là encore, quelques toiles d’araignée avec lesquelles il faut se battre. Puis vient l’escalier qui mène directement à l’étage, vers la partie administrative de l’entrepôt avec ses nombreux bureaux.


      - Et voilà. Nous y sommes. Notre nouveau quartier général. Déclare Valen Tyne. D’ici, on a une vue imprenable sur tout l’entrepôt. Ce sera facile de surprendre nos futurs invités, d’épier leurs moindres faits et gestes.

      La façade intérieure est en effet munie d’une baie vitrée qui donne une vue d’ensemble sur les innombrables rangées d’étagères. Dans l’obscurité, il est difficile d’apercevoir quoi que ce soit mais avec un peu de lumière, il est certain que l’endroit est un poste d’observation idéal.

      - Je vais tenter de contacter nos futurs collaborateurs depuis l’office du superviseur, et en profiter pour voir si on ne peut pas rétablir les lumières ou les systèmes de sécurité. Indique le cyborg, un sourire au coin des lèvres. Je vous laisse gérer le reste. Après tout, vous commencez à former une bonne équipe tous les deux.

      Le reste. Belle façon de désigner la chose. Un léger soupir quitte les lèvres du sergent. A lui de se taper le sale boulot. Encore. Il se dirige vers la baie vitrée, remarque la présence de plusieurs passerelles passant au-dessus de la zone dédiée à l’espace de stockage et décide finalement de passer une porte afin de s’engager sur l’une des nombreuses plate-formes afin de détailler au mieux son nouvel environnement. A l’aide de sa lampe, le militaire explore depuis sa position surélevée l’ensemble de l’entrepôt, notant les faiblesses structurelles, les points d’entrée et de sortie, les différents éléments mis à leur disposition, les endroits faciles à défendre, ceux qui le sont moins… Après avoir passé en revue le bâtiment, l’homme se tourne finalement vers sa camarade Jedi.

      - Hmm. Un endroit aussi vaste va être complexe à contrôler. Si nous voulons être certains de la réussite de notre plan, il va falloir ruser sévère. 

      Il dirige le faisceau lumineux de sa lampe vers les rangées de caisses et d’étagères en contrebas.

      - On pourrait commencer par improviser une sorte de labyrinthe pour ralentir l’avancée des longs manteaux, pour les diriger vers un endroit de notre choix afin de les prendre en embuscade de la manière la plus efficace qui soit. Explique le sous-officier. Avec toutes ces caisses à notre disposition, on a de quoi faire. On peut bloquer certains accès, en ouvrir d’autres, improviser des barricades… Le choix est vaste. Peut-être même qu’on peut trouver du matos à l’intérieur pour fabriquer quelques pièges. 

      Le sergent marque un certain temps de pause, fronçant doucement les sourcils pour réfléchir.

      - Cela étant, j’aurai tendance à recommander la prudence. J’ai l’impression que cet endroit n’est pas aussi abandonné que notre ami détective voudrait nous le faire croire. Si vous voulez mon avis, ces histoires d’araignées ne concernent pas de petites bestioles et je pense que Tyne prend trop à la légère les info’ qu’on lui a refilé à propos de cet entrepôt. Il y a des toiles jusqu'au plafond et vu la taille des machins, ce ne sont pas des machins de la taille d'un insecte qui ont fait ça. Votre avis ?

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        #24

        Post n°23
        Auteur : Kryann

        Tyne avait repris un peu contenance, autant que la tête des opérations. Heureusement qu’il connaissait tant de monde, ça faisait de lui un allié utile, pour l’heure. En tout cas, tant qu’il était payé par l’Imperium, de ce que la Cathar comprenait. Et au moins avait-il une forme d’enthousiasme qui manquait cruellement au duo incongru qui l’accompagnait. Et Kryann comme Riggs pouvaient se comprendre. La situation semblait désastreuse de tout points de vue et coupé de leurs liens et de leurs renforts, ils devaient se débrouiller… Comme il le pouvait. Alors que Tyne marchande avec le commerçant, la main de Kryann se pose sur l’épaule du militaire.

        -Je sais que la situation n’est pas idéale, Sergent, mais à défaut d’avoir foi en la Force, pensez à ce en quoi vous croyez. Ca vous donnera un élan supplémentaire. Nous sommes ensemble dans cette panade.


        Les mots de la Cathar pourraient surprendre, mais ils n’attendaient pas de réponse. Elle n’était même pas sûre que ce soit les mots que l’homme attendait, et encore moins venant d’elle, la Jedi étrange aux pouvoirs maléfiques. Alors elle se contenta ensuite de se refermer et de suivre Tyne et Riggs. Evidemment, comme à chaque fois qu’ils avançaient, le décor semblait de plus en plus délabré, morne et putréfié. C’était un enchaînement de rues saugrenues et de passages désertés par la majeure partie de la population, en témoignait la faune locale qui s’en donnait à coeur joie. Elle sentait l’eau moisie sous ses bottes qui était spongieuse, l’odeur était affreuse malgré les respirateurs, et elle avait même l’impression de sentir l’acide sur sa peau, sensation fort désagréable pour n’importe qui…

        Et voir Tyne évoluer dans cette crasse n’est pas pour rassurer Kryann sur les intentions du Cyborg. Tout est pris à la légère avec lui, et c’est tout juste si il n’est pas en train de siffloter en progressant. Un instant, elle songe qu’ils seraient mieux sans lui et ses idées nauséabondes, pour ensuite repartir… Mais son Maître ne lui pardonnerait jamais cet écart. L’image de Sarina l’aidait à tenir bon, dans un sens, puisque c’était en partie pour elle qu’elle le faisait aussi. Pour la rendre fière. Mais elle n’est pas la seule à douter, à la différence que Riggs, lui, ose élever la voix, à nouveau reçu par le ton sardonique de l’informateur. Nouveau clou dans son futur cercueil. D’autant que tout ici semble vouloir les prendre et les tuer. A l’instar du militaire, elle garde la main proche de son sabre et ses sens à l’affût. Ca manque de lumière, ici aussi…

        La suite des événements n’est pas plus réjouissante puisque Tyne les abandonne à leur sort, trop occuper à contacter… Contacter qui, au final ? Il n’en a rien dit, mais ce serait mal joué de la part de Kryann de l’interrompre maintenant. Alors elle soupire et suit Riggs en traînant un peu les pieds. Comme lui, elle inspecte, mais elle n’a pas son œil expert. Elle sent bien qu’il calcule, réfléchit, pense à un plan, alors qu’elle serait bien incapable de faire quoi que ce soit de tout ça. Au contraire, elle se contente de suivre, au cas où quelque chose lui tomberait dessus de manière impromptue. Du coup, lorsqu’il s’adresse à elle et expose son idée, elle se contente de l’écouter. Et elle comprend l’idée, mais doute de la réalisation, et du temps...

        -J’en pense que tout dépendra du nombre d’hommes qu’est capable de nous fournir Tyne, déjà. En fonction de cela, nous pourrons improviser un piège de plus ou moins grande ampleur. Ce bâtiment ne m’inspire pas confiance et pourrait s’effondrer sur nous à tout moment. Une embuscade, certes, mais si nous pouvions ne pas participer aux combats, ce serait encore mieux...
         
        Elle fronce le museau et les sourcils à l’évocation des bêtes supposément à l’origine de la fermeture de l’usine. Une information de plus qu’elle préfèrerait oublier aussi vite...
         
        -Si vous avez raison, alors nous devrions pouvoir nous en servir. Je me rappelle avoir lu à propos de différentes espèces, comme les Kryknas ou les araignées-fléaux… dans tous les cas des espèces agressives autant que dangereuses. Mais nous pourrions retourner cela à notre avantage si nous trouvons le nid. Laissez-moi m’occuper de cette partie, je vous serai de toute façon inutile pour concevoir des pièges, Sergent.
         
        Doucement, elle posa sa main sur son épaule avant de se détourner pour regarder un peu partout. Ces toiles gigantesques pour de simples araignées lui faisaient froid dans le dos, son instinct primal lui criait qu’ils étaient tous en danger ici, et pas pour la vétusté du matériel. Mais ils s’étaient donné une mission, et elle n’allait pas laisser tomber les deux autres, même si elle commençait sérieusement à avoir des doutes sur Tyne. Il semblait trop léger, trop imprudent pour que cela ne cache rien. Ou bien c’était sa paranoïa habituelle qui reprenait le dessus, c’était également une possibilité qu’elle ne pouvait pas écarter. Mais elle ne parvenait pas à faire confiance au cyborg, son ton décalé n’aidant en rien…
         
        Rien n’indiquait la présence avérée de ces bêtes inconnues hormis les toiles. La poussière présente partout était retombée et s’amoncelait comme si personne n’était venu depuis des années, tout semblait « en ordre » dans le désordre qui s’accumulait, aucune trace de mouvement brutal. En repartant vers l’office du superviseur, la padawan se décida enfin à utiliser son enseignement. S’ouvrant à la Force, elle pouvait ressentir des présences, d’autant plus sensitives. Non loin d’elle, il y avait l’esprit inquiet et à l’affût de Riggs. Trop concentré sur sa tâche, il ne faisait pas attention à elle. Dans le bureau, Tyne était agité, en pleines discussions. Inutile de le déranger. Et en dehors, des millions, des milliards de vie. Nar Shaddaa dans toute sa décadence et sa décrépitude que l’on appelait splendeur.
         
        Puis son attention se resserra sur l’entrepôt. Il y avait définitivement autre chose entre ses murs, une présence qu’elle n’avait jamais sentie, mais dont la seule existence la fit frissonner à nouveau. Une présence ancienne, étrangère, dangereuse. Il y avait bel et bien une créature inconnue tapie entre ses murs. Une seule. Mais elle n’était pas la seule créature qui ne venait pas de ce monde et qui était dangereuse. Elles étaient deux désormais. Son esprit s’ouvrit un peu plus à la Force et sa conscience chercha, à travers les méandres des présences passées et futures, celle de la bête. Le contact fut agressif. La bête était brutale, violente, affamée. Prête à frapper et à tuer s’il fallait. Les toiles étaient son moyen de repérer ses futures proies. D’autres y avaient été piégés, jusqu’à la prochaine victime. La faim la taraudait, toujours, tout le temps. L’esprit de Kryann se raffermit. Elle aussi a connu la faim, la peur et la colère. L’envie de déchiqueter ce qui se trouve sur le chemin de son unique repas. 


        Les poings de la padawan se crispèrent en même temps que ses sourcils se fronçaient. Elle commençait même à grogner et à feuler pour elle-même, comme si elle était directement face au monstre inconnu, tapi dans l’ombre. Son instinct prenait le dessus sur le reste… Et elle sentait une rage bouillonner dans ses veines. Il y avait quelque chose, au fond de son esprit, qui lui murmurait de passer à l’action. Elle avait envie de faire mal, ça y est. De frapper, à nouveau. Riggs, non loin de là, ignorait tout de ce qui agitait la Force et l’âme de la Cathare. Ce serait si simple. Il suffirait de bien peu de choses. Silencieusement, furtivement, la jeune fille se dirigea vers lui. Il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait, lui, à cet instant précis. Sa main se tendit vers le dos de l’impérial, si proche… Et l’attrapa à l’épaule.

        -Riggs. Il y a une présence ici, l’infestation n’est pas due juste à « des araignées ». C’est autre chose, je ne sais pas quoi, mais elle est là, et elle a faim autant qu’elle est dangereuse. Je sais déjà que je vais pouvoir l’utiliser pour notre embuscade. Elle sera un point d’ancrage de la première vague si nous réalisons notre coup.

        Elle secoua légèrement la tête, comme pour retrouver l’intégralité de son champ de vision et chasser les idées macabres qui lui collaient à la peau.

        -Je sais que ça va vous paraître étrange, mais je peux guider ces… choses, à l’endroit de notre choix, par la Force. Elles pourraient éliminer plusieurs de nos ennemis sans dévoiler notre présence, cela ferait d’une pierre, deux coups, en espérant que nous puissions rester cachés. 

        Puis elle promena son regard à la faveur de la lampe de son compagnon d’infortune, pointant le doigt sur différents éléments.

        -Je note que les accès sont au moins au nombre de trois, ce qui complique les choses pour un labyrinthe. A moins de réussir à bloquer certains accès de manière convaincante et de croiser les doigts qu’ils ne fassent pas tout sauter. Mais cela dépendra aussi de la manière dont nous ferons venir nos ennemis ici. Venez, retournons près de Tyne. Non pas que je n’ai pas confiance, mais je préfère le garder à l’oeil. D’autant que nous devons savoir si il a pu contacter Doll, Himron et Maître Sarina…

        Elle fut la première à réintégrer le bureau du superviseur et se trouva un siège. Elle avait mal aux jambes, à force de crapahuter ainsi, et en plus, elle avait combattu. La journée commençait à être sacrément longue, et elle n’aurait pas été contre un peu de repos et de l’eau… Mais ils avaient à faire, désormais. Son regard se posa sur le cyborg une fois qu’il eut fini ses appels.

        -La zone est idéale pour un combat, pour ne pas faire de victimes collatérales… Mais difficilement défendable en l’état, j’ai l’impression, même si nous pourrons nous servir de la Force. Tout dépendra de ce que vous êtes parvenus à trouver. Alors ?

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          Post n°24
          Auteur : Hivernus

          Riggs est occupé à confectionner quelques pièges de fortune, à l’aide de bricoles ramassées ici et là, lorsque la padawan lui annonce que ces histoires d’araignées concernent probablement une grosse bestiole affamée… Une créature horrible qu’elle indique pouvoir guider, qu’elle souhaite utiliser contre les longs manteaux. Une excellente idée qui semble toutefois bien curieuse à entendre des lèvres d’une apprentie Jedi. Le sergent aurait pu émettre une remarque désobligeante à ce sujet mais se retient bien de le faire. Foutre en rogne une donzelle qui a tout d’une Sith en devenir n’est clairement pas la solution… D’autant plus que la jeune Kryann s’avère pour l’heure une alliée de choix, qui qu’elle soit réellement. De toute manière, l’impérial préfère avoir comme associée une padawan qui sait prendre des initiatives certes douteuses mais efficaces plutôt qu’un maître Jedi qui s’en remet à ses talents de négociateur pour régler toute situation tendue, quand bien même les circonstances ne s’y prêtent pas.

          La Cathar émet ensuite des doutes quant à l’utilité de Tyne et sa fiabilité. Le sous-officier se contente de hausser les épaules. Les porte-flingues sont toujours difficiles à cerner. Il y a ceux qui jouent la carte du silence et ceux qui aiment bien se la raconter. Et d’autres qui apparaissent complètement dérangés. Il faut dire que le monde du mercenariat et du renseignement attire un sacré paquet de fous furieux et les rares individus qui sont sains d’esprit apprennent à plaisanter ou à tout prendre à la légère pour garder un semblant d’équilibre. Le fait que le cyborg se montre parfois évasif ou désinvolte n’a donc rien d’anormal. Le sergent comprend toutefois la méfiance de la padawan. Avec tout ce qui leur tombe sur la tronche, il apparaît judicieux de se montrer prudent.


          - Je ne pense pas qu’on ait grand chose à craindre avec Tyne. Il est un peu bizarre m’enfin ça n’a rien d’inhabituel sur un monde aussi pourri que Nar Shaddaa. D’après mon expérience, mieux vaut bosser avec un détective un peu étrange mais débrouillard plutôt qu’un type comme Doll quand on bosse sous couverture.

          Riggs soupire doucement, venant essuyer sur son front une main couverte de saleté.

          - J’ai encore quelques branchements à faire mais je vous rejoins rapidement, dès que j’en ai fini ici.

          Le militaire laisse donc la jeune femme prendre les devants, occupé à finir ses pièges improvisés afin qu’ils soient prêts à l’usage le moment venu. C’est donc seule que la jeune Cathar se pointe dans le bureau réquisitionné par l’enquêteur, le trouvant en pleine conversation avec d’obscurs personnages. Une fois son appel fini, le cyborg se tourne vers la padawan et obtient d’elle un bref compte rendu de la situation. Selon les dires de la Jedi, l’endroit est peu propice à une embuscade mais elle semble rester optimiste. A la bonne heure !

          Le cyborg sourit doucement.


          - J’ai pu joindre quelques contacts. Les nouvelles sont bonnes. On aura bientôt le renfort de deux douzaines de gars bien équipés et prêts à en découdre.

          - J’espère qu’ils sont dignes de confiance vos loustiques… Je n'ai pas besoin d'avoir une équipe de glandus dans les pattes. Lance le sergent en pénétrant dans le bureau.

          - Je connais leur patron depuis pas mal d’années maintenant. Un type fiable qui m’a sauvé plus d’une fois la mise… Et qui me doit actuellement quelques services. Déclare Valen Tyne, serein. Skippy et ses hommes sauront vous épater, faites moi confiance.

          - C’est ce qu’on verra. Commente le sous-officier. Vous avez pu contacter nos camarades ?

          - Bien évidemment. Répond le détective privé. Kephesh a pu remettre notre mystérieux gadget à vos compagnons. Je crois savoir que le lieutenant Doll se charge actuellement d’étudier le stylo. Nous aurons probablement un retour lorsque votre agent aura des informations à nous communiquer.

          - Parfait. Et sinon, vous avez pu rétablir le courant ?

          La question amuse visiblement le porte-flingue. Un grand sourire étire le bas de son visage. Il semble moqueur, comprend qu’on le cuisine, qu’on cherche à voir s’il fait son boulot correctement. L’enquêteur n’en tient pas rigueur à en juger son attitude nonchalante et décontractée.

          - Oui sergent. Je suis multitâche vous savez. Je n’ai toutefois pas pris la peine d’allumer l’entrepôt, histoire de ne pas nous faire griller. Valen Tyne marque un léger temps de pause, diverti par sa petite blague involontaire. Quoiqu’il en soit, à quelques exceptions près, le réseau des caméras de sécurité semble opérationnel et on peut contrôler la fermeture des portes de l’entrepôt à distance.

          Le regard de Riggs se pose sur Kryann, comme pour lui communiquer un message. L’homme continue de penser que Tyne est réglo, si l’on se fie à la lueur qui brille dans ses yeux, et il espère bien que les réponses du cyborg rassurent quelque peu la Cathar quant à ses intentions.

          - Excellent boulot, Tyne. Dans combien de temps vos petits copains doivent arriver ?

          - Hmm. Le temps qu’ils s’équipent, qu’ils se rassemblent et qu'ils prennent les dispositions nécessaires pour ne pas se faire remarquer… Entre trois quarts d’heure et une heure je dirais. 

          - Chouette. Cela va nous laisser le temps de peaufiner notre embuscade. Je vais avoir besoin d’un coup de main pour déplacer des caisses, histoire de dissimuler mes pièges comme il se doit et de faire en sorte que ces mystérieux longs manteaux empruntent bien le bon chemin. 

          Nouveau sourire sur les lèvres du détective privé. Une lueur mesquine vient illuminer les photorécepteurs jaunes qui remplacent ses yeux.

          - Avec tout ce qu’on a vu jusqu’à présent, j’imagine que notre amie Jedi peut tout à fait faire voler deux ou trois caisses en un temps record non ? J’dis ça parce que ça nous ferait gagner du temps hein… Pas parce que je suis du genre flemmard.

          Riggs réprime l’ombre d’un sourire, levant les yeux au ciel comme pour annoncer qu’il est dépité. Le cyborg n’a pas tort… Mais il lui manque l’art et la manière de demander de l’aide. Fort heureusement pour lui, Kryann ne semble pas encore décidée à lui foudroyer le derrière mais cela ne saurait tarder s’il persévère dans ses blagues pourries et ses remarques de mauvais goût. Quoi qu’il en soit, les trois compères ont du temps devant eux. Alors autant le mettre à profit et s’en servir pour préparer l’entrepôt comme il se doit.








          En dépit de quelques couacs, l’équipe a bien bossé. Même s’ils n’ont pu aller au bout de leurs projets, jugés trop ambitieux de toute manière, les trois comparses ont su faire de l’endroit un véritable dédale de culs de sac et de traquenards en tout genre tout en prenant soin d’éviter les zones considérées dangereuses par l’instinct prodigieux de la padawan. Riggs achève de placer les derniers pièges lorsque les hommes de Skippy se pointent finalement devant l’entrepôt. Valen Tyne les accueille à bras ouvert, comme de vieux frères, et vient serrer avec vigueur la main du chef de la bande.

          - Alors mon p’tit Tyne, on en est toujours à mettre les pieds dans des affaires qui puent ? Ricane le gangster en venant claquer l’épaule du cyborg chaleureusement.

          - J’ai un flair pour les contrats dangereux, c’est vrai. Admet l’enquêteur en souriant bêtement. M’enfin on est sur Nar Shaddaa. Faut pas s’attendre à avoir autre chose que des ennuis par ici.

          - C’est pas faux. C’est ce qui fait son charme pas vrai ? Poursuit le criminel en offrant au porte-flingue un clin d'œil complice.

          - Pff. Parole digne d'une vieille enflure.

          - Si seulement… Bon alors, tu me présentes à tes acolytes ? Voilà deux têtes que je ne connais pas.

          - Pas étonnant, ce sont des p’tits nouveaux dans le coin. Fait remarquer sur un ton sarcastique le détective privé. Voici le sergent Riggs, de l’armée impériale, et la padawan Kryann, de l’Ordre Jedi.

          L’autre a un sourire moqueur. Il croit d’abord à une blague de la vieille canaille puis comprend qu’on ne se fout pas de lui lorsqu’il croise le regard de la Cathar et de l’Impérial. Son sourire s’étire d’autant plus.

          - Sans déconner. Une Jedi, un soldat impérial et un détective privé qui se retrouvent coincés dans une même merde. On dirait le début d’une histoire sordide, le genre de stupidités que les poivrots aiment raconter à qui veut bien l’entendre dans les cantinas miteuses de la Bordure Extérieure.

          - Ouais, ouais. Je sais. Je te raconterai tout autour d’un bon verre de whiskey Corellien. En attendant, on a du boulot devant nous.

          - Je te prends au mot. Comment est-ce qu’on doit procéder ? 

          Le cyborg se tourne vers le militaire afin qu’il explique le plan d’action à suivre. Riggs est après tout l’expert de la situation. Les embuscades, il en a connu un paquet… Dans les deux sens.

          - Il y a un groupe de dangereux individus, probablement d’anciens militaires qui se la jouent agents secrets, qu’on cherche à attirer dans un piège. Indique le sous-officier en jaugeant le matériel porté par les hommes de Skippy.

          Blasters de poing et blasters lourds, vestes tactiques, détonateurs thermiques et comlinks à la ceinture… Les types recrutés par Tyne ont du beau matos. Faut juste espérer qu’ils savent s’en servir correctement.

          - Les gars en question sont armés avec du matos de qualité et très bien équipés. Vos hommes auront donc un beau rôle à jouer face à eux.

          Quelques exclamations enthousiastes circulent dans les rangs. Les canailles ont hâte d’en découdre, c’est certain. Un bon point. En théorie du moins.

          - Puisqu’ils en ont après nous, nous allons servir d’appât et les forcer à pénétrer au sein de l’entrepôt, que nous avons arrangés à notre sauce. Votre rôle, Skippy, sera de les empêcher de sortir et de nous prêter main forte si les choses se gâtent. Vous pensez être à la hauteur de la mission ?

          - Bah ! Aucun problème. Ne jugez pas mes gars à leur apparence, sergent. Ils sont habitués aux missions délicates. Après tout, on a déjà eu notre lot d’opérations clandestines. 

          - Il y a de nombreux appartements abandonnés dans le coin, de bonnes planques en attendant le moment de passer à l’action. Intervient le cyborg. 

          - Dans ce cas, je vais poster mes hommes dans les immeubles environnants. On aura un excellent champ de vision et tout un tas de fenêtres depuis lesquelles tirer si ça vire au vinaigre. Déclare Skippy avant de donner ses ordres à la bande armée qui le suit.

          Les gangsters prennent réception des instructions et se dispersent rapidement afin de prendre position dans les bâtiments aux alentours. Ils semblent en effet faire preuve d’un certain esprit de discipline, trait assez rare chez les criminels pour être remarqué.

          - On reste en contact via comlink. Tu connais la fréquence, Tyne. Ajoute le vaurien avant de s’éloigner à son tour, laissant les trois comparses seuls.

          - Bon ben je crois qu’il est l’heure de donner à nos copains anonymes un petit coup de main. Lance le détective privé en souriant doucement.








          L’enquêteur a passé un appel à quelques contacts pour faire passer l’info’ de leur position actuelle aux longs manteaux. Les hommes de Skippy sont postés dans divers appartements, prêts à entrer en action. Professionnels, les roublards observent un silence radio afin de ne pas éveiller les soupçons dans le cas où les mystérieux assaillants qui poursuivent notre trio de choc seraient équipés de matériel d’interception des fréquences. Kryann, Riggs et Tyne sont planqués dans les bureaux de l’entrepôt, les yeux rivés sur les caméras de sécurité. Tout est en place. Il ne reste plus qu’à attendre…

          Et l’attente n’est pas des plus longues. 

          Les hommes de la “Légion” mordent à l’hameçon. Un commando est dépêché sur place. Trois véhicules. Douze types vêtus de longs manteaux, qui se déploient méthodiquement afin de scruter les environs, armes à la main. Les mystérieux soldats piétinent sur place en échangeant peu de mots, communiquant pour  se donner des informations uniquement lorsque cela semble nécessaire. Impossible de savoir ce qu’ils se disent mais il semble évident qu’ils communiquent avec quelqu’un d’autre. Un commandant peut-être ? Ou une autre équipe ? Le sergent semble impatient d’en savoir plus. Valen Tyne est, comme à son habitude, d’une légèreté déconcertante.


          - Qu’est-ce qu’ils attendent pour rentrer ? Demande Riggs, perplexe.

          - Patience… S’ils flairent le piège, ils ne viendront pas. Laissons leur le temps de se rassurer. Répond le cyborg à sa suite, les bras croisés.

          Les types restent plantés là, à attendre quelque chose, les sens en alerte mais l’esprit tranquille. Puis vient finalement la réponse…

          D’autres véhicules en approche. Deux camions blindés qui se dirigent par ici.


          Le message est succinct. Et il ne faut pas longtemps aux comparses planqués dans l’entrepôt pour confirmer sur les caméras l’arrivée des deux fameux véhicules. Les engins se positionnent stratégiquement, bloquant l’accès à la rue de chaque côté. Puis les portes s’ouvrent, laissant sortir deux dizaines de soldats énigmatiques dotés d’armures noires.

          - On dirait qu’ils ont rameuté la cavalerie… Commente le porte-flingue, un semblant d’amusement dans la voix. Heureusement qu’on a amené nos propres renforts.

          - Pas étonnant. Notre amie padawan a fait flamber cinq de leurs copains en un claquement de doigt. Ils prennent les précautions nécessaires. Déclare le sous-officier, se frottant le menton en observant le matériel utilisé par ces commandos. Ils sont lourdement armés. Au moins aussi bien que les soldats de choc de l’Impérium. Et ces armures noires… C’est pas votre indic’ qui en parlait avant de se faire descendre ?

          - Vous avez une bonne mémoire, sergent. C’est vrai que ça colle à ce que racontait ce pauvre Saabi. M’enfin il a dû entendre des conneries parce que je ne vois pas de “type monstrueux” à l’horizon.

          - C’est pas pour me déplaire… Fait remarquer le militaire. Regardez, ils se mettent en mouvement. 

          Sur l’écran, plusieurs colonnes de soldats se positionnent aux diverses entrées de l’entrepôt. Les caméras situées à l’extérieur sont neutralisées d’un unique tir de blaster.

          - Ils se préparent à entrer. Souffle Riggs, une main posée sur le manche de son arme de poing. Et ils savent ce qu’ils font.

          Les hommes de “Légion” entrent en silence, sans se presser, prenant le temps d’évaluer la situation. Ils progressent méthodiquement, tels des fantômes à l’affût du moindre bruit, du moindre mouvement. Ils communiquent à l’aide de gestes ou de signaux lumineux aussi brefs que précis.

          - Les longs manteaux sont restés dehors on dirait. Constate le détective privé avant de se tourner vers ses partenaires. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

          - On s’en tient au plan. Et on improvise si besoin. Annonce le sergent. Kryann, on attend qu’ils trébuchent sur les premiers pièges avant de leur lancer la bête aux trousses. Et si jamais ça ne marche pas, trouvez un moyen pour qu'ils aient l'attention détournée. Quand ils seront pris par surprise, on leur tombera dessus. Identifiez les chefs d’unité. On a besoin d’eux vivants. Quant aux autres… Peu importe. Si jamais l’ennemi s’avère mieux organisé que prévu, on se replie méthodiquement en usant du terrain à notre avantage. On trouvera bien un autre endroit où les coincer.

          Valen Tyne rigole dans son coin, sans expliquer pourquoi. Typique. Le sous-officier impérial se contente de préparer son blaster, s’en remettant plutôt au sérieux de la Jedi pour assurer ses arrières. Il lui adresse un regard qui veut tout dire.

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            Auteur : Kryann

            La préparation n’aurait pas du être du ressort de Kryann, mais l’indécrottable feignant que semblait être Valen Tyne n’aidait guère à la mise en place d’un piège à grande échelle. C’est donc la Force qui prit sa place, malgré les réticences de la Padawan, fort peu encline à une démonstration de ses pouvoirs. Comme toujours, elle continuait de craindre les réactions de ses alliés de circonstance, et elle redoutait que Tyne ou un autre ne finnisât par lui tirer dans le dos, motivé par la possibilité d’une juteuse récompense de la CSI, un sens du devoir mal placé, ou simplement la peur de pouvoirs incompréhensibles. L’esprit de Riggs avait beau être plutôt accessible, le respect s’y disputait avec la rancœur et les vieilles habitudes. Il fallait rester prudente. Et ne pas hésiter à disparaître au premier couac.
             
            Heureusement, à eux deux, le militaire et la Jedi purent parvenir à leurs fins en à peine une heure de temps, ce qui constituait une prouesse autant qu’un soulagement. Et à peine les travaux terminés, il fallait à nouveau être mis à contribution. A nouveau, des hommes inconnus arrivaient. A nouveau, la patience et le malaise de Kryann étaient mis à rude épreuve. Le chef de la bande semblant avoir le même humour lourd, pesant et peu amusant que Tyne, Kryann anticipait déjà les maux de tête à venir. Pour une fois, elle attendait le combat avec impatience, que tout ce monde se taise enfin. Nar Shaddaa était définitivement la poubelle des vies brisées, et manifestement des carrières d’humoriste…
             
            Au moins, tout ce petit monde semblait être efficace. Les armements plaisaient manifestement au sergent Riggs qui ne fit pas de commentaire supplémentaire, se contentant de s’en tenir aux faits. Quant à la troupe de mercenaires amenée par Tyne, elle se montrait professionnelle, en tout cas suffisamment pour ne pas faire d’esclandres lorsque l’Impérial donna les ordres. Les faire attendre à l’extérieur, c’était la certitude de leur couper la route… Ou de définitivement condamner la Cathar si ils retournaient leur veste. Dans sa paranoïa aiguë, Kryann ne pouvait pas s’empêcher de penser au pire, malgré les enseignements de son Maître, qui la poussait à voir le bon côté des choses. Le pessimisme de l’élève reprenait systématiquement le dessus dans ce type de situation, et elle se voyait déjà pieds et poings liés, torturée, livrée à un Hutt ou pire encore… Une situation qui la fit frissonner imperceptiblement.
             
            Comme les deux autres membres de son trio infernal, elle retenait presque son souffle face aux caméras. L’arrivée de leurs ennemis lui avait paru durer une éternité. Suffisamment pour la laisser cogiter, marcher, faire les 100 pas, se refaire le plan dans la tête, encore et encore. Une idée germait dans son esprit. Une folle idée qui pouvait déboucher sur un miracle, ou sur une catastrophe. Mais n’était-ce pas ce qui guidait ses pas, aux côtés de la Force ? Être toujours sur le fil du rasoir, sur une corde raie ? Toute sa vie, depuis ls grands arbres de Cathar jusqu’à maintenant, elle avait parié sur elle-même, sur sa survie. Cette fois ne ferait pas exception, finalement.
             
            Lorsque leurs invités arrivèrent, elle ne fut finalement pas surprise de la masse de soldats qui sortait. Nar Shaddaa prolifèrait d’hommes qui sont prêts à tout pour un peu d’argent, et elle ne serait pas étonnée que ces types ne fassent pas tous partie de Légion. Ou qu’ils le soient tous et que ce soit une démonstration de force. Ou, plus inquiétant, qu’ils le soient tous et que ce soit une force d’intervention classique pour eux. Rien n’étant à exclure, toujours prévoir le pire, pour la Cathar. Elle hocha vers Riggs, puis s’éloigna un peu en enlevant sa bure.

             
            -Sergent, Détective… Restez sur les hauteurs. Pour l’heure, laissons les dans le noir. Vous comprendrez vite.
             
            Elle se posta à une fenêtre et inspira à fond, s’ouvrant à la Force en fermant les yeux. Calmer sa respiration, la contrôler, jusqu’à l’oublier. Les battements de son cœur ralentirent progressivement, jusqu’à se stabiliser très bas. Habituée aux efforts, elle parvenait à se calmer rapidement désormais, à s’apaiser. Chaque battement était comme une percussion qui s’ajoutait à la symphonie de la Force dans ses oreilles. Elle pouvait percevoir chaque mouvement, chaque entité présente ici, et autour. Des centaines de vies, aussi insignifiantes que la sienne. Des milliers de destins, certains tragiques, d’autres plus joyeux. Autant de partitions qui se jouaient de concerts. Mais seules certaines l’intéressaient. Riggs. Les hommes en bas. La sienne. Et enfin…
             
            Oui, c’était ce qu’elle cherchait. La représentation la plus noire de la faim, l’araignée-fléau qui habitait ces lieux. Les rares bribes d’information qu’elle avait sur elle suffisait pour la Cathar. Un allié de choix. A nouveau, elle ressentit la faim, la peur, la colère de la bête terrée ici, qui n’avait pas d’autre lieu où aller, et n’aurait bientôt pas d’autre choix que d’obéir. Dans l’esprit étriqué de l’araignée géante, Kryann s’insinua avec toute sa rage, toute sa force, y faisant couler la Force avec violence, pareille à un torrent qui emportait tout, pour les y remplacer. Elle n’allait pas juste l’inciter à attaquer, elle allait la forcer, la commander de le faire. L’heure n’était pas à la commisération, à l’empathie. C’était le prédateur que Kryann voulait. Celui qui n’était que second, après elle, sur la chaîne alimentaire.
             
            Dans l’ombre, malgré les faisceaux de lumière qui s’orientaient partout, on n’y voyait pas à quelques mètres, au mieux. Entre l’obscurité extérieure et les lumières introuvables à l’intérieur, le moment était parfait. Kryann ressentait à la fois la faim du Krykna, et la peur qui commençait à habiter le cœur de leurs assaillants. La situation était parfaite. Il suffisait juste d’un pas mal placé, et l’enfer se déchaînerait sur leurs ennemis. Un enfer à plusieurs niveaux, comme de juste. En toute discrétion, la bête commençait à avancer, sous les ordres précis de la Cathar qui la guidait par le bout des crochets. Il fallait attendre. Attendre pour manger, pour survivre. Toujours attendre.
             
            Une attente qui parut longue à tous. Les respirations se retenaient presque. Jusqu’à ce que l’un des assaillants ne fasse une erreur. Pourtant, elle aurait pu, elle aurait dû être minime. L’homme de tête déclencha un fil tendu. Le reste fut une réaction en chaîne. L’explosion provoquée par le fil fit chuter des caisses de plusieurs centaines de kilos sur le groupe, écrasant des têtes et des membres, emplissant l’entrepôt de cris de douleur et de terreur, la plupart éteints aussi vite qu’ils furent prononcés. La panique gagna immédiatement les hommes. Tout expérimentés qu’ils furent, ils n’auraient à aucun moment pu anticiper le Krykna qui leur tomba dessus. L’immonde bête se laissa choir du plafond, atterrissant dans un bruit sourd, mordant immédiatement le premier homme qui se trouvait à proximité, arrachant un membre dans une gerbe de sang, provoquant immédiatement la panique du reste.
             
            Immédiatement, les hommes commencèrent à tirer sur la bête qui les attaquait, sans se rendre compte qu’elle était insensible aux tirs de blaster. Dans l’esprit de la créature, Kryann attisait aussi sa peur et sa faim, la poussant à en faire toujours plus. Dans les cris, dans les larmes même, le Krykna faisait un carnage, poussant les intrus à se battre sans aucune organisation. Dans le noir le plus complet, l’araignée-fléau déchirait les membres et les têtes, forçant les hommes à esquiver comme ils le pouvaient, les forçant à déclencher les pièges mis en place par Riggs, qui se montraient aussi efficaces que rudimentaires. Les rangs décimés de Légion se battaient pour leur vie et leur survie, peu importait la mission.
             
            Plus haut, à travers les vitres, Kryann observait. Elle n’était pourtant pas de ce genre-là, mais elle prenait presque plaisir à les voir ainsi, confrontés à une menace invisible. Les lasers éclairaient la scène partiellement, laissant voir l’inutilité de leurs armes. Un chaos qui ne dura pourtant pas si longtemps que ça, et laissa un goût amer dans la bouche de Kryann, qui savait qu’elle devrait se salir les mains un peu plus. Les piges ne fonctionnaient plus, l’esprit du Krykna commençait à lui échapper alors que les hommes en contrebas commençaient à s’organiser, venant au corps à corps de la bête pour parvenir à la frapper et la détruire. Les bâtons et matraques électriques enfin mis en œuvre, ils parvinrent à abattre l’immonde ennemi qui s’effondra, laissant derrière elle des cadavres.
             
            L’étincelle de vie qui s’éteignait dans l’esprit de la bête finit par réveiller Kryann. Pourtant pas la plus empathique, la Cathar percevait la douleur et la peur de l’araignée-fléau qui comprenait que c’en était fini d’elle. Ce fut à ce moment que la Jedi comprit ce qu’elle faisait. Elle n’était pas mieux que tout ce qu’elle abhorrait, en agissant ainsi. Alors que les coups pleuvaient, elle prit sur elle de répercuter les douleurs sur son propre corps, serrant les dents pour la supporter, apaisant le cœur meurtri de l’animal qui n’avait rien demandé. Sa vie s’échappa de son corps, sans douleur, avec un sentiment d’apaisement induit par la Cathar qui la soulagea enfin de son fardeau, au mépris de son propre corps. Lorsque le Krykna s’effondra, Kryann avait mal. Pour l’araignée, et pour elle-même. Comme si une vague d’empathie brutale venait de l’emporter. Elle serra les dents en se tournant vers Riggs.

             
            -A mon tour. Allumez. Puis, éteignez à mon signal. Vous verrez lequel. Libre à vous de participer ou non.
             
            Agile et rapide, sabre à la main, elle fit un saut de Force d’une grâce infinie alors que les lumières s’allumaient brutalement dans l’entrepôt. Les cris de surprise se mêlèrent aux exclamations au moment où elle atterrit et que les armes se braquèrent sur elle. Elle était le centre de l’attention, et c’était ce qu’elle désirait. Pour que l’on oublie les autres. Pour que la surprise les prenne à nouveau. Sous les projecteurs, sa main se raffermit sur son sabre. La tension était presque palpable, le stress venait de monter d’un cran, mais Kryann ne ressentait plus de peur. Uniquement la clarté. Elle savait ce qu’elle avait à faire. Ne manquait plus qu’à Riggs de comprendre le signal. La lame s’alluma alors qu’elle prononçait quelques mots.
             
            -Vous me cherchiez, messieurs ?

             
            Immédiatement, les lumières s’éteignirent, ne laissant que la lame rouge éclairer la scène, alors que commençait une danse de mort. Vive comme l’éclair, à son habitude, la padawan usait de la Force, en abusait même, pour se déplacer à toute vitesse. Elle savait, elle sentait que les armures ne tiendront pas contre son sabre-laser, et celui-ci décrivait une chorégraphie endiablée et peu commune autour d’elle. La Cathar ne cherchait pas à renvoyer tous les tirs, non, juste ceux nécessaires, qui se perdaient dans l’entrepôt, alors qu’elle avançait à toute vitesse, frappant de sa lame ceux qui ne parvenaient pas à lui échapper. Les armures avaient beau résister parfois, le sabre finissait toujours par l’emporter. Le seul qui en réchappa fut celui qu’elle avait identifié comme leur chef. Une arme plus lourde, une armure plus grande, celui-ci vit son bras tranché, comme beaucoup d’autres, mais il était suffisamment incapacité pour ne plus représenter une menace.
             
            A nouveau, sa méthode variait des méthodes de combat habituelles. Elle esquivait bien plus qu’elle ne frappait ou parait, son sabre restant très peu allumé pour ne pas qu’on puisse la suivre. A force d’allumer et d’éteindre son arme, elle fatiguait, forcée à une concentration extrême, mais elle fait tourner ses ennemis en bourrique. A elle seule, elle plongeait l’escouade dans la confusion, plus sûrement qu’elle ne plongeait son arme dans leurs poitrines. Son esprit restait parfaitement clair, analysant dix positions à la fois, les combats répétés qu’elle avait menés dictaient son style, son plan. Lucide et la tête froide, elle forçait les ennemis à tirer au hasard, slalomant entre leurs attaques, jusqu’à réduire leur nombre. A cet instant, elle savait qu’elle n’avait plus qu’une chose à faire.
             
            Dans l’obscurité, de ses mains tendues jaillirent des éclairs de Force, brutaux, inattendus. Les quelques ennemis qui restaient furent frappés sans merci, sans leur laisser la moindre chance d’y échapper. L’électricité outrepassait leurs armures, tendant tous leurs membres, brûlant leurs muscles et déchirant leurs tendons, leur arrachant des cris de douleur qui seraient sans doute entendus jusqu’à l’extérieur. La lumière des éclairs illuminait les yeux de la Cathar pendant les quelques secondes que dura l’attaque. Puis, le noir retomba, en même temps que le silence et les bras de la Padawan. Ne restait qu’un gémissement plus loin, celui du rescapé estropié. Mais c’était le travail de Riggs, pas le sien.

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              #27

              Post n°26
              Auteur : Hivernus

              Planqué dans un appartement abandonné par ses précédents occupants, Skippy observe discrètement les longs manteaux postés en contrebas de l’immeuble. S’ils se contentent au départ de surveiller les environs en communiquant par comlink, ils finissent par s’agiter. Tyne et ses curieux amis ont très certainement donné du fil à retordre aux mystérieux soldats vêtus d’armures noires et ils doivent avoir besoin de renforts si l’on se fie aux mouvements précipités des gars restés à l’extérieur. C’est donc le moment pour le vieux roublard et ses hommes d’entrer en action.

              Le vaurien glisse le canon de son fusil blaster au travers de la fente de l’épais rideau de fer qui condamne la fenêtre de l’appartement, ajuste son angle de tir, réprime le tremblement de ses mains et maintient sa respiration puis presse la détente. Un trait laser s’expulse de son arme, venant frapper le premier des longs manteaux à la gorge. Il s’écroule lourdement sur le sol, un trou béant et fumant dans le cou. Ses camarades se mettent naturellement à couvert alors que les acolytes de Skippy, dispersés ici et là, ouvrent le feu sur leurs positions. Quelques hommes identifient la provenance des tirs et commencent à répliquer. Un échange de bons procédés s’ensuit alors. Des corps tombent ici et là. Plusieurs des longs manteaux parviennent à s’infiltrer dans l’entrepôt malgré les tirs de suppression mais la plupart des leurs sont cloués sur place. Les plus malchanceux sont abattus avant de pouvoir faire quoi que ce soit, dès lors qu’ils osent s’exposer.

              L’avantage semble aller aux gangsters… Jusqu’à ce que les deux camions blindés se mettent doucement à remuer, comme doués de vie. Deux imposantes formes en sortent rapidement, protégées par des armures massives et sinistres, bardées de tubes et de gadgets technologiques. Le regard flamboyant des colosses se pose sur les immeubles où sont planqués les hommes de Skippy. Les tirs ricochent sur les éléments de protection de leur équipement et ils ne bougent pas d’un pouce, comme insensibles aux attaques. Après quelques secondes d’observation, les deux géants se mettent en mouvement, prenant des directions différentes. L’un d’entre eux se dirige tout droit vers l’entrepôt, ses pas faisant trembler le sol, tandis que son congénère se rue directement vers le bâtiment où il pense avoir identifié le plus de cibles à abattre, fracassant les portes d’entrée en passant au travers.


              - Boss, on est repéré. Commente un type, nerveux. Et il a pas l’air commode leur gros monstre.

              - Je sais. Dis aux gars de lui réserver un petit accueil de bienvenue. On va essayer de le retenir… 

              - Compris. Concernant les longs manteaux, qu’est-ce qu’on fait ? 

              - On laisse nos petits camarades s’en charger. On a plus important à faire. 

              L’autre acquiesce en silence, se ruant déjà vers les appartements voisins pour alerter le reste de la bande planquée dans l’immeuble. Skippy passe un message aux vauriens postés dans les bâtiments alentours, leur ordonnant de cibler les adversaires qui demeurent à l’extérieur, puis change de fréquence pour prévenir Tyne de l’arrivée de nouveaux joueurs…








              Kryann fait une fois de plus montre de l’exceptionnel talent des Jedi en forçant d’abord une monstrueuse et gigantesque créature à combattre les hommes de Légion puis en les affrontant personnellement. Si Valen Tyne se contente d'observer les combats comme s’il s’agissait d’un simple spectacle, Riggs pour sa part étudie et apprécie les mouvements qu’il voit. La padawan ne se contente pas simplement d’éliminer la menace avec force et brutalité comme beaucoup le font au sein de l’Impérium. Non. Elle utilise le terrain à son avantage, cherche à diviser ses adversaires, à les forcer à l’erreur. Elle les épuise mentalement et physiquement, économise ses forces afin de conserver une longueur d’avance sur les combattants d'en face. Dans un coin de sa tête, le sergent se dit qu’en d’autres circonstances la jeune Cathar aurait pu faire un excellent chevalier impérial…

              Finalement, lorsque le dernier ennemi tombe à terre, le militaire est déjà prêt. Il s’élance vers le chef de l’unité adverse, l'assomme d’un bon coup sur le casque et le tire doucement derrière les imposantes étagères afin que son geste passe inaperçu. Le détective privé couvre ses arrières, blaster au poing, lorsqu’il reçoit un message sur son comlink.


              Deux nouvelles cibles dans notre champ visuel. Des types imposants qui ne craignent pas les tirs de blaster. On engage l’un d’entre eux. L’autre se dirige vers vous…


              Riggs lève les yeux au ciel. Le cyborg a parlé trop vite, comme d'habitude. Visiblement, les monstruosités évoquées par son défunt informateur existent bien. Et l’existence de ces imposantes créatures en armure se confirme rapidement lorsqu’un soldat colossal passe au travers d’un mur après avoir dessiné le contour d’une ouverture à l’aide d’une lame incandescente. Le bougre doit bien faire trois mètres de haut.

              - Tirez-vous de là avec notre prisonnier, Tyne. Je vais filer un coup de main à notre amie Jedi.

              Voyant la masse terrifiante de muscles et d’acier du colosse s’avancer tranquillement dans l’entrepôt, l’enquêteur ne peut qu’admirer la bravoure (ou la folie furieuse) du sergent et le gratifie d’un hochement de tête, glissant son blaster dans sa combinaison d’ouvrier afin de récupérer le corps inerte du commando qu’il traîne par les pieds.

              - Evitez de vous faire flinguer, sergent. Je commence tout juste à m'attacher à vous. Lance le porte-flingue avant de disparaître dans l’obscurité, les mains encombrées d’un poids mort.

              Le sous-officier sourit à cette remarque, observant le détective s’éloigner avant de se concentrer sur sa nouvelle mission. Dissimulé derrière une rangée de caisses disposées méthodiquement sur une étagère, l’Impérial observe silencieusement l’imposant soldat se frayer un chemin dans l’entrepôt. D’un simple revers de la main, l’étrange combattant envoie valser des conteneurs qui demandent l’effort de quatre ou cinq hommes pour être déplacés. D’un puissant coup de pied, il fait ensuite tomber une étagère dont les vieux objets poussiéreux viennent s’écraser au sol dans un fracas assourdissant. Ce colosse n’est pas là pour faire dans la finesse. Il est là pour nettoyer. S’opposer frontalement à un tel monstre serait du pur suicide.

              D’autant plus quand on prend le temps d’analyser son équipement…

              Riggs, plus observateur que jamais, remarque des détails qui ne trompent pas. L’armure, épaisse et sombre, semble pouvoir résister à n’importe quoi. Les nombreux tuyaux qui sortent ici et là de la coque d’acier du géant doivent avoir leur utilité. A quoi servent-ils ? Distributeurs de drogues de combat, système de filtration d’air, conduites de distribution d’énergie ? Tout à la fois ? Le sergent ne le sait pas encore mais espère bien le découvrir. Quant aux armes… Ce commando de la mort en est truffé. Lames de poignet incandescentes, probablement conçues pour résister aux sabres laser, blaster de poing glissé dans le dos, gatling laser intégré au bras gauche, lanceurs de fléchettes intégrés dans les genouillères... Ce foutu colosse est une véritable armurerie vivante !


              - Kryann, faites attention… Ce géant a l’air d’être spécialement entraîné et équipé pour combattre des Jedi. Evitez de le confronter de face. Chuchote le militaire dans son comlink. 

              L’imposant soldat se tourne brusquement lorsqu’il entend un bruit suspect, les photorécepteurs rouges de son casque venant se braquer sur l’origine du son. Ses réflexes sont rapides et il n’a l’air particulièrement ralenti par le poids de son équipement ou de sa masse corporelle.

              - Il a du matos de pointe. Son casque est probablement bardé de capteurs et dispose probablement de différents types de vision… Soyez prudente. Ne vous approchez pas de trop près. Souffle le sergent au travers de son dispositif de communication.

              Plusieurs silhouettes armées passent à proximité du sous-officier. Il croit reconnaître les longs manteaux des hommes de Légion dans la pénombre. Peut-être trois ou quatre types qui manoeuvrent discrètement. Riggs se mord la lèvre inférieure, se retenant de jurer. Bon sang. Entre eux et ce monstre de chair et d’acier, ils vont avoir de quoi faire. Doutant de ses chances face au colosse, le sous-officier préfère se confronter à ses petits copains et se déplace furtivement pour trouver le meilleur angle d’attaque.

              Il n’est visiblement pas assez discret pour le commando qui, l’ayant probablement entendu grâce à son équipement très sophistiqué, tourne sa gatling dans sa direction. La machine de mort entre en rotation rapidement et les traits laser se mettent à pleuvoir sur la position du sergent. Il se jette au sol, rampe sur plusieurs mètres en prenant soin de rester à l’abri. Autour de lui, les tirs s’écrasent partout, laissant des impacts noirs et des cratères fumants. La gatling cesse de tournoyer, le métal chauffé à blanc et sifflant. Les longs manteaux se dirigent silencieusement vers la position de Riggs, adoptant une formation de combat, blasters prêts à l’usage.

              La voix du colosse filtre au travers du vocabulateur, sinistre, déformée, inhumaine. Sa respiration saccadée se répercute contre les murs de l’entrepôt tel un vent de mort. Il n’est pas essoufflé. Il exulte. Et le seul mot qui sort des lèvres de ce monstre en armure est difficilement articulé, fruit d’un labeur effroyable.


              - Jiiiii…daiiiii.


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              • KryannK Hors-ligne
                KryannK Hors-ligne
                Kryann
                a écrit sur dernière édition par
                #28

                Inspirer. Expirer. Essayer de reprendre son souffle, de calmer l’adrénaline qui coulait dans ses veines depuis de trop longues minutes à présent, de faire redescendre la fièvre du combat qui l’animait. Elle le sait, elle le sent, son attitude la pousse un peu plus dans les bras du Côté Obscur. Chaque fois un peu plus loin. Mais peut-on l’en blâmer, alors que sans cela, elle serait déjà morte ? Elle aurait été attrapée par un fusil de blaster, ou par le Krykna, ou peu importe quoi. L’équilibre, la clé était l’équilibre. Elle savait pourquoi elle se battait, pour elle, pour Riggs, pour son Maître, pour se sortir d’ici vivante. Et si elle devait en passer par des extrémités regrettables, alors elle le ferait.

                Mais même la Cathar devait l’admettre : elle s’épuisait rapidement. Malgré le peu de contacts, et les escarmouches toujours choisies, sa condition physique toujours aussi frêle ne lui permettait pas de garder le front trop longtemps. Aussi accueillait elle avec une joie contenue ce répit, sans perdre de vue qu’il restait au dehors des ennemis. Mais rien, absolument rien, n’aurait pu la préparer à ce qui les attendait désormais. Alors que les battements de son cœur se calment enfin, elle sent le sol vrombir sous ses pieds, plus que de raison, et dans son oreille, elle entend la voix de Riggs, toujours mesurée, certes, mais laissant transparaître une certaine inquiétude.

                • Kryann, faites attention… Ce géant a l’air d’être spécialement entraîné et équipé pour combattre des Jedi. Evitez de le confronter de face.

                La Jedi n’avait pas encore eu de visuel sur leur ennemi, c’était désormais chose faite. Quelle monstruosité était-ce là ? Impossible de le comprendre. L’adversaire était formidable, et tenait de l’horreur plus que de la réalité. Toute harnachée et recouverte de métal, elle n’était certainement pas là pour capturer quoi que ce soit. Une machine de mort, prête à faire feu. L’instinct de chasseuse de Kryann se met en marche, son sang bouillit à nouveau, après un repos de trop courte durée. La machine sait. La machine voit et entend.

                • Il a du matos de pointe. Son casque est probablement bardé de capteurs et dispose probablement de différents types de vision… Soyez prudente. Ne vous approchez pas de trop près.

                S’approcher de trop près… Malheureusement pour elle, la Jedi n’aura pas le choix. Elle n’a plus assez de forces pour simplement écraser ce colosse. Même si la Force coule dans ses veines, le simple fait de s’exposer face à lui prendrait trop de temps et d’énergie. Et même si elle y parvenait, il lui faudrait beaucoup trop de temps pour s’en remettre. Cachée pour l’heure, elle attend une occasion, une idée lumineuse. Que ferait Sarina dans ce cas présent ? Quelle fourberie, quelle ingéniosité sortirait-elle de sa manche pour mettre à terre ce monstre ? Elle n’en avait aucune idée, et Sarina n’était pas là. Un soupir quasi-imperceptible s’échappe de sa bouche, qu’elle regrette aussitôt, sentant l’attention de son ennemi se braquer sur elle d’un seul coup. Au temps pour la surprise…

                • Jiiiii…daiiiii.

                Le son de la voix modifiée était si strident et inquiétant que les tympans de Kryann furent immédiatement agressés. Ses oreilles se plaquèrent en arrière et ses mains se serrèrent sur le manche de son sabre. Une telle horreur ne pouvait pas rester debout… Restait à trouver un moyen de la faire tomber à genoux. Bien cachée derrière une pile de caisses, elle aurait pu, elle aurait du avoir le temps de trouver un plan. Mais les capteurs de la machine étaient trop fins. Une rafale de lasers provenant de la gatling vient pulvériser son abri, la laissant en miettes, sans aucune trace de la Jedi.

                Mue par ses réflexes déjà affûtés, et renforcés par la Force, la Jedi avait sauté. En deux bonds à peine elle se retrouva derrière la machine qui se retourna d’un coup. Les deux ennemis se toisèrent. La lutte était inégale, les deux protagonistes le savaient. D’un côté, un renfort plein d’innovations technologiques, entraîné à tuer, conçu contre les sensitifs. De l’autre, une combattante au corps-à-corps épuisée, dont les poils collaient à cause de la transpiration, que les jambes lançaient atrocement et quémandaient un repos. Mais ce n’était pas envisageable. Pendant les quelques secondes qui défilèrent, dans cet affreux combat de regards, Kryann prit le temps d’analyser. Cette fois, il n’y avait plus de piège, plus de feintes, plus d’allié improbable, elle était parfaitement seule. Mais pas désarmée. Pas sans idées. Il y avait des failles dans l’armure.

                Les deux ennemis se lancèrent en même temps. Dans un saut acrobatique et une courbe maîtrisée, Kryann jaillit, en même temps que sa lame rouge sang, tendue vers l’arrière. Elle visait la tête, et uniquement la tête. Mais elle avait sous-estimé la vivacité du colosse qui se décala au dernier moment pour la laisser se réceptionner et faire une roulade. Ses genoux craquèrent de douleur. Rester en mouvement. C’était la clé. Elle entendit à nouveau le déclic de la gatling qui déversa un torrent de mort sur sa position, une demi-seconde trop tard. La padawan s’enfuyait déjà, poursuivie par le feu des lasers qui s’abattaient derrière elle, vaporisant des caisses, l’obligeant parfois à la parade, avant de s’éteindre.

                Au moment même où il dut baisser la mitrailleuse pour la laisser refroidir et recharger, elle changea de position. C’était sa chance. A nouveau elle bondit. Une technique employée des dizaines de fois, primitive et brutale, mais diablement efficace. Mais une nouvelle fois, elle avait sous-estimé l’adversaire, sans doute le plus imposant qu’elle ait jamais rencontré. Et sûrement le plus rapide. Alors qu’elle allait l’atteindre, sa main gantée de métal vint la balayer avec violence, la projetant plus loin, lui faisant lâcher son arme. Sous le choc, elle sentit son arcade exploser, et une douleur indescriptible envahit son flanc qui venait d’encaisser le coup. La chute ne fut pas contrôlée cette fois, bien au contraire, et ce ne furent que les frottements sur le sol qui l’arrêtèrent après bon nombre de roulés-boulés.

                Sa vision tâchée et embrouillée par les larmes et le sang ne l’empêcha cependant pas de voir que le commando se ruait sur elle, sans doute pour l’écraser. Dans la main qui venait de la faucher, elle perçut une lame, qui lui était sans doute destinée. En à peine quelques secondes, il fut sur elle. A nouveau, elle s’extirpa avec une vitesse folle, cette fois plus due à un quelconque instinct de survie qu’à une réelle capacité de vitesse. La violence des coups était telle qu’elle n’avait plus que ça désormais. Elle ne pouvait plus se permettre de prendre de coups, d’autant plus lorsqu’elle vit le poing s’abattre et faire s’affaisser le sol d’un seul coup.

                Le cerveau de la Cathar manquait furieusement d’oxygène, l’empêchant de prendre une décision. Combattre ou fuir ? La raison lui criait de s’échapper, le coeur lui hurlait de continuer. Y’avait-il vraiment une issue positive à ce combat, elle ne la voyait pas. Mais elle s’était engagée, il fallait qu’elle continue, dorénavant. En grognant, elle se releva, la langue pendue, haletante, usant même de ses mains sur ses genoux. Elle avait des douleurs dans tout le corps, il fallait faire avec. Mais sans sabre, qu’elle avait perdu de vue. La panique commençait à s’instiller au fond de son esprit, comme une lame de fond, lancinante… Puis, elle crut que sa tête allait exploser.

                -Sombre idiote. Tu vas rester là, pour mourir ? Peu importe ton arme, tu as la Force !

                Elle porta une main à sa tempe, grinçant des dents. Ce n’était pas le moment, d’autant plus que le colosse se tournait finalement à nouveau vers elle et rechargeait sa gatling.

                -Va-t-en ! Laisse moi !

                -Réfléchis, stupide Cathar ! Tu ne vois que l’acier, tu oublies l’essentiel !

                La violence des termes et de l’intrusion lui fit presque oublier la réalité de la situation et la douleur dans ses membres. Se rebiffer face à cette présence, comme toujours, lui faire comprendre qui était le maître à bord. Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas ressentie qu’elle fut surprise, mais reprit finalement sa contenance. Elle ne pouvait pas ignorer ce qu’elle disait. Toute sorcière fut-elle, elle ne pouvait pas ne pas admettre qu’elle avait raison. Sous la chape de métal, sous l’armure, il y avait autre chose. Un coeur qui battait. Des nerfs, un cerveau, peu importe le niveau auquel il était drogué et manipulé. Elle feula.

                Regroupant ses forces, elle s’offrit un peu de répit. Quelques sauts calculés pour à nouveau échapper à la gatling. Agilement, elle passait de couvert en surplomb, grimpant dans la structure qui se retrouvait arrosée de de lasers, criblée de trous monstrueux, jusqu’à ce qu’elle atteigne enfin les poutres métalliques qui composaient la structure, au moment où le déluge s’arrêtait. Un sourire mauvais anima le visage de la padawan qui finalement commençait à n’en avoir que le nom. A nouveau, elle rassembla son énergie et laissa la Force couler au travers de ses veines, avant de tendre la main. Dans un cri, autant de rage que de souffrance, elle déploya sa colère et sa peur. Sous ses yeux, le métal commença à se disloquer au niveau de la mitrailleuse, alors que, sans en comprendre le fonctionnement ou la nature, la Jedi parvenait à la détruire.

                En quelques secondes à peine, la pièce tomba au sol, révélant un bras blanc comme la mort, piqué en plusieurs endroits de seringues qui semblaient injecter à intervalles réguliers des liquides de couleurs peu naturelles. Ce qu’elle avait face à elle était un véritable affront à la vie, à l’existence… et à elle-même. Sans jamais relâcher la pression de la Force, elle continua son entreprise de destruction. Après le bras, ce furent les jambes qui se retrouvèrent à découvert, faisant chanceler le colosse qui n’avait manifestement plus assez de technologie pour tenir debout.

                Ce fut le moment qu’elle choisit pour redescendre. En même temps qu’elle atterrissait souplement, son ennemi tombait à genoux devant elle, éructant des mots qu’elle ne pouvait ou ne voulait pas comprendre. La Force résonnait à ses oreilles, plus fort que tout, plus fort que la mort, plus fort que les bruits de combats au dehors. Rien d’autre ne comptait qu’elle, la Force et son ennemi qui ne tarderait pas à trépasser devant elle. A genoux, il était nettement moins impressionnant, et si son immobilité ne l’empêchait pas de vociférer des insanités, probablement, elle le laissait à la merci de la Jedi. Cependant, le coup de fouet octroyé par la colère envers Xaequa ne dura pas. Au contraire, elle l’abandonna même d’un coup.

                Des yeux, elle chercha son arme. Son ennemi n’avait plus de quoi se défendre, tant qu’elle restait loin. Sa respiration, lourde et sifflante, était masquée par les bruits environnants. Il fallait qu’elle se repose, enfin. Même se baisser pour ramasser son sabre était douloureux. Lentement, elle le fit tourner entre ses doigts fins. Tout dans ce sabre évoquait ce qu’elle était devenue. Une manipulatrice du côté Obscur. Elle le savait. Elle en avait pris son parti, et elle ne s’en détournerait pas. Alors, autant aller au bout des choses. Elle alluma la lame rouge et se rapprocha de son ennemi. Mais elle n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit. L’autre leva son majeur, au prix d’un effort conséquent. L’armure eut un soubresaut, que Kryann ne comprit pas. Tout à sa réflexion, elle n’eut pas le réflexe de sauter à l’abri.

                La charge explosa.

                Kryann fut projetée par le souffle de l’explosion au loin, son pelage brûlé par le feu. Dans sa main reposait son arme, alors qu’elle sombra, inconsciente.

                Niveau 3 - Chevalier Jedi accompli

                Formes de combat :
                Niveau 1 : Shien
                Niveau 3 : Jar'Kaï
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                  #29

                  Les hommes de Skippy n’ont eu que quelques minutes pour bricoler à la va-vite des pièges et se mettre en position. Le lieu de l’embuscade est prêt mais sera t-il à la hauteur des espérances ? Pas sûr. En dessous d’eux, les pas lourds du colosse font trembler les murs et le sol. Il approche. Et il a l’air furieux. Un éclaireur alerte le reste de la bande lorsque le commando se pointe dans la cage d’escalier. Il y a un bref échange de tirs puis le vaurien se replie en bon ordre, servant d’appât pour attirer le monstre dans un traquenard. Skippy retient son souffle, les os de ses phalanges blanchissant sous sa peau alors qu’il serre son blaster entre ses mains. L’imposant soldat progresse dans le couloir. Le chef des gangsters entend sa respiration bruyante au travers de la paroi. Sa démarche lente et pénible résonne dans les murs. Une détonation survient brusquement, suivie d’une deuxième et bientôt d’une troisième. Il y a un grincement de tôle froissée et le crépitement irrégulier d’une source de lumière abîmée. Puis plus rien. Silence. Calme plat.

                  Dans les appartements adjacents, on remue. On communique à voix basse. On attend quelques secondes avant de sortir. Plusieurs criminels téméraires osent s’aventurer dans le couloir pour rendre compte de la situation, armes chargées et prêtes à l’usage. Il y a un cri étouffé, des bruits de pas précipités et des appels à l’aide. Skippy comprend ce qu’il se passe mais il est déjà trop tard.

                  Le piège n’a pas fonctionné. Et le colosse a l’air plus énervé que jamais. Un corps s’écrase violemment contre un mur. Une arme lourde entre en action et les traits laser se mettent à strier l’air.

                  Il n’y a bientôt plus une seule âme vivante dans le couloir. Seuls les râles de souffrance du terrible soldat, déformés par le vocabulateur de son casque, et le bruit sourd de cadavres qui s’écroulent lourdement sont désormais audibles au travers de la paroi. Le commando recharge son blaster, laissant tomber un chargeur vide sur le sol, puis se permet de moquer ses adversaires, conscient de leur présence même s’ils ne se montrent pas.

                  - Vous… pouvez… sortir. L’endroit… est… sûûûr.

                  Une raillerie morbide qui fait froid dans le dos. Autour de Skippy, on s’échange des regards discrets. Les hommes hésitent. Mais leur vieux roublard de chef n’est pas dupe. Il sait très bien ce qui les attend et refuse de jouer le jeu. Il fait signe à ses camarades de rester en position et de maintenir le silence. Dans un autre appartement, il semblerait qu’il en soit autrement. Le grincement d’une chaise qui frotte contre le sol attire rapidement l’attention du colosse, qui enfonce la porte afin de déverser sa haine sur le bougre qui a commis une erreur fatale. Le pauvre homme lutte en vain, hurle à la mort. Sa voix s’éteint brusquement et un bruit sourd indique que son corps tombe lourdement. Le monstre fait de chair et d’acier ricane doucement, sa voix rauque et déformée se répercutant contre les parois de l’appartement.

                  Le sol tremble de nouveau lorsque les pas du géant le conduisent vers le mur. Skippy retient sa respiration, pointant son blaster vers la cloison. Ses deux camarades font de même. Les gangsters commencent à suer abondamment, tentant tant bien que mal de contrôler le rythme effréné de leur respiration. Après un moment de tension qui ne semble avoir aucune fin, les bruits de pas s’éloignent finalement. L’un des deux compagnons du vaurien se permet de souffler un bon coup afin de faire redescendre la pression. Il s’estime tiré d'affaires.

                  Mais ce n’est pas le cas.

                  L’immense soldat passe au travers du mur après avoir pris de l’élan. Les hommes, bien que surpris, réagissent presque aussitôt. Les tirs s’écrasent sur l’armure à moitié calcinée du colosse sans l’endommager. Les photorécepteurs rouges de son casque se braquent sur les trois criminels qui cherchent à s’extirper de l’appartement dans une manœuvre de repli bien exécutée. Le commando fonce sur eux sans chercher à esquiver les traits laser, broyant les os d’un premier individu d’un puissant revers de la main et l’envoyant valser contre la cuisine. Il empoigne le second par la gorge, le soulevant du sol avant de lui écraser la trachée d’un geste sec et soudain. La tête s’extirpe dans une gerbe de sang et roule dans un coin de la pièce. Le reste du cadavre retombe à terre, désarticulé.

                  Il ne reste désormais plus que Skippy. Le colosse le laisse vider sur lui un chargeur complet, les impacts de tir venant noircir l’acier de son armure sans pour autant l’abîmer. Il ricane de plus belle avant d’être pris d’une violente quinte de toux. Sa respiration est saccadée, inhumaine. Il souffre des nombreuses brûlures causées par les explosions mais semble ignorer la douleur, son attention complètement absorbée par la mission.

                  En face, le vieux roublard ne compte pas se laisser cueillir par la mort sans rien faire. Il lâche son blaster, sa main droite venant tirer hors de son fourreau un couteau de combat qui en a vu d’autres. Le gangster se met en position de combat, prêt à affronter ce monstre de chair et d’acier qui vient d’éliminer la moitié de son équipe en l’espace de quelques minutes. Est-ce qu’il a peur ? Certainement. Est-ce qu’il pourrait fuir ? Peut-être. Essayer du moins.

                  Mais Skippy a une réputation à tenir. Il ne compte pas passer pour un lâche. Et s'il doit mourir en cet instant, ce sera avec panache.










                  L’affrontement entre Kryann et l’imposant soldat est si violent, si rapide, que la seule chose que Riggs peut discerner est une succession de traits laser et de sauts incroyables. Mais le sergent n’a pas le temps d’observer plus en détail ce combat. Les longs manteaux fondent sur lui. Utilisant l’obscurité qui règne dans l’entrepôt à son avantage, le sous-officier rampe silencieusement jusqu’au cadavre d’un commando afin de s’emparer d’une grenade incapacitante qui pend à sa ceinture utilitaire. Les hommes de Légion ne sont plus qu’à quelques mètres de lui à présent. Il a tout juste le temps de se dérober à leur vue, grimpant sur une étagère en s’aidant d’une pile de caisses, afin de préparer son unique coup de bluff.

                  Les longs manteaux passent discrètement en dessous de lui, adoptant une formation d’approche typique des unités de forces spéciales. Il s’écrase contre l’acier du meuble lorsqu’une lampe tactique vient balayer les étagères, échappant de justesse au regard vigilant des mystérieux opérateurs, qui poursuivent leur progression sans se presser. Riggs glisse doucement sa main vers un outil poussiéreux, essayant de faire le moins de bruit possible et le lance loin devant lui. L’objet retombe lourdement, dans un fracas assourdissant qui attire tout de suite l’attention des longs manteaux. Alors qu’ils commencent à se redéployer, le militaire arme sa grenade avant de l’envoyer cogner la tête d’un des hommes de Légion. La frappe est précise et le coup suffisamment fort pour que l’individu soit assommé. Alors qu’il chute lourdement contre une caisse, la tête ensanglantée, ses camarades en viennent à découvrir trop tard le piège. La détonation les prend par surprise et les aveugle momentanément.

                  Le sergent profite alors de ce bref moment de faiblesse pour passer à l’action, en neutralisant deux à l’aide de son blaster avant d’être pris pour cible par le dernier survivant. Il roule sur le côté pour éviter les tirs et, se faisant, s’écrase quelques mètres plus bas dans un craquement sourd qui lui arrache un grognement de douleur. L’Impérial s’est déboîté l’épaule, à n’en pas douter. Mais il est vivant et toujours en état de combattre. Le dernier des longs manteaux se dirige vers lui, bien décidé à en terminer avec lui. Après un violent échange de tirs qui n’aboutit sur rien, les deux hommes en viennent finalement à s’affronter dans un corps-à-corps qui laisse Riggs particulièrement désavantagé. Les coups pleuvent d’un côté comme de l’autre. Le sous-officier encaisse sans broncher, répliquant avec toute la force dont il dispose. Parades et ripostes s’enchaînent. Les deux combattants commencent à fatiguer. Malgré la douleur et son épaule déboîtée, le sergent demeure un adversaire redoutable.

                  Une explosion aussi soudaine que brutale détourne l’attention des deux hommes. Riggs est le premier à reprendre ses esprits. Il fonce sur le long manteau, lui assène un coup dans l’entrejambe qui le force à se plier en deux puis lui fracasse le crâne contre une poutre en fer. Le soldat tombe comme une masse, assommé ou tué.

                  Comprenant que l’explosion a un lien avec Kryann, le sous-officier se met alors en tête de chercher parmi les débris et les morceaux de corps calcinés la jeune Cathar. Il la trouve inconsciente et blessée mais toujours entière. S’assurant dans un premier temps que son état est stable, le militaire impérial trouve en lui assez de force pour la traîner sur plusieurs mètres. Il cherche le moyen le plus court pour l’extraire du bâtiment, optant pour la brèche ouverte par le colosse. Dehors, des bruits de tir. On se bat toujours… Mais avec moins d’entrain semble t-il.

                  Un homme de Légion se présente bientôt dans l’ouverture. Son regard trouve celui du sergent. Il braque son arme sur le sous-officier, qui s’attend déjà à voir sa dernière heure arriver… Mais il n’en est rien. Un bruit de klaxon le distrait un moment. L’instant d’après, le voilà percuté de plein fouet par un camion blindé. Au volant de l’engin, un Valen Tyne pressé qui s’amuse à klaxonner de plus belle.

                  - Sergent ! Venez ! Vite !

                  Plusieurs tirs de blaster s’écrasent contre la surface du véhicule, expliquant l’empressement soudain du détective privé. Au moins, il a eu le culot de voler un blindé à ces enfoirés de Légion alors qu’il avait largement le temps de se tirer loin d’ici. On peut lui reconnaître ça. Mais s’agit-il d’une preuve de bravoure ou d’opportunisme ? Cela reste encore à voir. L’arrière du camion s’ouvre et Riggs traîne de son seul bras valide le corps inanimé de la Jedi afin de la mettre en sécurité. Une fois les deux comparses à bord, le cyborg referme la porte et fonce à toute allure loin de la zone. Le sergent donne les premiers soins à la Cathar puis se remet l’épaule en place à l’aide d’une méthode peu orthodoxe qui manque de le faire hurler. Fierté masculine oblige, l’homme reste digne dans la douleur et préfère penser à autre chose.

                  - Skippy ?

                  - Il survivra. Il en a vu d’autres. Explique Valen Tyne, plus sec qu’à l’accoutumé. Ses gars ont connu un sacré paquet d’opérations terribles et ils s’en sont toujours sortis. Croyez-moi.

                  Le sous-officier remarque que quelque chose a changé. L’enquêteur n’a plus cette nonchalance qui semble pourtant lui coller à la peau. Il a l’air… Paniqué ? Non. Anxieux. Que cache-t-il ?

                  - Tyne ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

                  Le détective privé ne répond pas, les mains serrées sur le volant. Sa conduite est agressive et il manque à plusieurs reprises de percuter quelqu’un ou quelque chose.

                  - Tyne. Bordel. Vous allez me répondre ?

                  - Kephesh… C’est Kephesh. Il a des ennuis. Déclare le cyborg, inquiet. Les longs manteaux… Ils ont pris d’assaut notre appartement. Et il semblerait que Doll soit de leur côté.

                  - Qu’est-ce que vous me racontez Tyne… Vous avez perdu la tête ?

                  - Je n’en sais pas plus que vous, sergent ! Et j’ai perdu le contact avec Kephesh.

                  - Bon sang…

                  Riggs passe une main sur son front couvert de sueur, comme pour balayer de son esprit cette terrible nouvelle. Il ne veut pas y croire. Cela étant, cela expliquerait pourquoi Doll est un sacré connard. Le militaire secoue la tête. Non. Impossible. Cela ne fait aucun sens. Il ne peut pas croire une telle chose. Tout se bouscule. Des tas de questions lui viennent à l’esprit. Le sergent espère sincèrement que Tyne se trompe, qu’il a mal compris… Et alors que le camion blindé poursuit sa course folle dans les bas-fonds de Nar Shaddaa, le sous-officier en vient une fois de plus à maudire cette foutue mission.

                  Quel merdier.

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                  • KryannK Hors-ligne
                    KryannK Hors-ligne
                    Kryann
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                    #30

                    Kryann était ailleurs. Le poil légèrement roussi sur le visage, les oreilles tombantes, la respiration difficile, son état n'était pas encore critique, mais il lui fallait du repos et de l'aide. Deux choses qu'elle ne pouvait pas obtenir à ce moment. Et malgré son inconscience, son esprit était encore parfaitement fonctionnel. Elle était ailleurs, un endroit qu'elle ne connaissait pas, à la frontière entre deux mondes. D'un côté, des armatures métalliques digne des plus gros vaisseaux qu'elle avait pu rencontrer, merveilles de technologie qu'elle ne pouvait pas comprendre dans son esprit étriqué, résultat net de la réflexion de certains des esprits les plus brillants de la Galaxie. Les bardages de duracier s'entrelaçaient dans des formes complexes qui ne faisaient qu'accroître la résistance des croiseurs républicains ou séparatistes, plongeant la jeune Padawan sous une montagne de progrès où elle se sentait parfaitement mal à l'aise, et hors de sa place. De l'autre côté, quelque chose de nettement plus simples, des arbres semblables à ceux qu'elle gardait en souvenir, les forêts luxuriantes de Cathar où elle avait grandi. Ces rares flashs de mémoire que les mauvais traitements des esclavagistes n'avaient pas réussi à effacer, malgré les très nombreux essais, lorsque son esprit était à deux doigts de sombrer dans la folie. Entre deux mondes, elle ne savait pas où se placer. Qui était-elle ?

                    Deux mondes s'affrontaient dans son esprit. D'un côté, il y avait son devoir, ses pouvoirs, sa responsabilité. Sensitive et Jedi, elle se devait d'oeuvrer pour le bien commun, de guider la Galaxie et les individus sur un chemin plus propre, plus paisible. Le chemin que Sarina s'efforçait de lui faire emprunter, au gré de leurs trop rares entraînements. La voie du Jedi, qu'elle découvrait jour après jour malgré les épaisses couches de mystères, l'appelait chaque fois un peu plus fort. La Cathar sentait bien que ce faisant, elle renierait sa nature profonde. Celle qui aurait dû rester la sienne, dans les hauts arbres de Cathar, à vivre une existence bien plus simple, éloignée des tourments de la Force, du Côté Obscur, de la diplomatie... A vivre comme une espèce nettement plus primitive, finalement. A n'utiliser sa sauvagerie animale qu'elle déchaînait contre ses ennemis uniquement dans une optique de chasse. C'aurait dû être sa vie. Et maintenant, plongée dans l'inconscience, son esprit bataillait entre les deux visions. Entre Kryann la Jedi et Kryann la Cathare. Un choix cornélien qui, dans un monde parfait, n'aurait jamais dû exister. Elle aurait dû être repérée dès son plus jeune âge, elle aurait dû être dans le Sanctuaire auprès d'un Maître, qui aurait su concilier les deux. Mais depuis tout ce temps, les deux facettes de sa personnalité n'avaient fait que s'opposer, sans jamais être en harmonie.

                    Surtout en ce moment. Dans son esprit, comme toujours depuis des mois, il sentait la présence de la sorcière Sith, de Xaequa, qui diffusait son influence en elle. La Jedi sentait sa puissance qui se mêlait à la sienne, qui venait lui offrir des forces supplémentaires tout en la perturbant encore plus qu'elle ne l'était déjà. La vision de Kryann, la séparation entre Côté Lumineux et Côté Obscur, devenait de plus en plus floue, dorénavant. La frontière entre mal et bien lui semblait difficile à percevoir, et elle le montrait au quotidien. Ses utilisations des pouvoirs les plus sombres, sa manière d'exister et de combattre, tout en elle clamait, à première vue, qu'elle se rapprochait des Sith. Mais elle faisait cela pour l'Ordre Jedi, elle faisait cela pour son Maître, qui la guidait chaque jour, et qui la comprenait. Cet équilibre précaire la définissait, dorénavant, mais... Qu'adviendrait-il d'elle si elle continuait de profiter des enseignements de la sorcière ? Que se passerait-il si elle continuait de puiser au plus profond des secrets obscurs des Sith, de s'en servir pour tracer sa route ? Ces questions, incessantes et inconscientes, tournaient encore et encore, perturbant le simili-sommeil de la jeune femme.

                    Ballotée dans tous les sens, chargée à l'arrière du blindé à la manière d'un sac de patates, la respiration difficile, elle profite des soins rudimentaires du Sergent Riggs, qui semblent l'apaiser quelque peu, sans pour autant la ramener à la conscience. Elle entendait, nécessairement et inconsciemment, les mots inquiets de Valen Tyne qui auraient dû l'inquiéter à son tour. Mais ils ne faisaient que rejoindre le magma de pensées qui envahissait son esprit. Il lui aurait fallu un instant de répit, un moment où son cerveau s'éteignait, pour lui permettre de se régénérer. Mais la situation rendait cela impossible sans aide. Une seule personne pourrait aider Kryann, son Maître... Celle-ci les attendait, dans une ruelle sombre et humide, puante et rouillée. Adossée à un mur, ses yeux perçants posés sur Himron et Kephesh, elle réfléchissait autant qu'elle essayait d'établir le contact avec son élève. Elle la sentait se rapprocher. Mais il lui fallait un contact physique. Aussi, à peine le blindé stationné comme ils le pouvaient, la Savareen se précipita à l'arrière. Dents serrées et poings fermés, elle s'interdit de pousser un soupir de soulagement ou un râle de colère. Il fallait qu'elle maîtrise ses émotions pour guider son élève, qui n'en était pas encore capable. Bien entendu qu'elle était soulagée. Mais ils avaient trop à faire pour se le permettre. Tout ce qu'elle s'autorisa fut un bref mouvement de tête vers Riggs et Tyne pour leur signifier qu'elle serait à eux après.

                    Avec la douceur d'une mère, elle s'agenouilla derrière sa Padawan, faisant de ses cuisses resserrées un support pour la tête de la Cathar. Lentement, ses mains se posèrent sur ses tempes, puisant dans la Force pour établir le contact entre elles. Les yeux clos, elle se laissa porter par la Force et par ses sensations. C'était un sentiment étrange pour les deux Jedi. Elles étaient presque intimes, avec le temps, la connexion entre eux étaient évidentes, la communication fluide. Il n'y avait qu'à laisser faire. Doucement, le Chevalier s'insinua elle aussi dans les pensées de son élève, repoussant par sa simple présence celle de Xaequa. Immédiatement, elle fut prise par la vision splendide de l'esprit de la Cathar. Ou ce qui se rapprochait d'une vision. Les oreilles de la Savareen étaient atteintes par la douce mélodie qui enveloppait continuellement l'esprit de Kryann. Pour une fois, elle était douce, et particulièrement calme. Une symphonie simple, à l'image de l'élève. Aidée par la présence de son Maître, la padawan s'apaisait enfin, et parvenait enfin à se reposer. Finalement, la voix de Sarina lui parvint.

                    -C'est donc ainsi que tu ressens les choses, Kryann...

                    Il y avait dans la simplicité de la mélodie toute la compréhension de la padawan. C'était ainsi qu'elle avait ressenti la Force, depuis le début : sous formes de variations mélodiques, allant de la douce musique de fond lorsque rien ne prêtait à l'agitation, à la cacophonie la plus brutale lorsque les Côtés Obscur et Lumineux s'affrontaient et rivalisaient d'influence. Et, au milieu, toute une panoplie de variations qu'elle avait appris à reconnaître. Pour au final ne laisser qu'une chose : la sensation d'un motif qui l'accompagnait à tout moment. Et qui, pour ceux qui voyaient plus loin que la surface, pouvait participer au comportement erratique de la jeune femme. Sans cesse agitée par cette musique, elle n'était pas réellement saine d'esprit, parfois débordée par les émotions autant que par les différents rythmes qui pouvaient s'enchaîner dans l'anarchie la plus violente.

                    -Maître... Que faites-vous dans mon esprit ?

                    -Je suis là pour t'aider, ni plus, ni moins. Mais... Je ne pensais pas trouver ce genre de choses. Tu ne m'en as jamais parlé en ces termes. Tu m'as beaucoup dit que tu ressentais la Force étrangement... Mais jamais ainsi.

                    Le silence s'installa entre Maître et élève. Elles ne se voyaient pas, hormis sous forme de courants d'énergie qui se tutoyaient et se frôlaient. Même leur discussion se faisait sous forme de ressentis, de sentiments, de sensations, jamais par la voix réellement.

                    -Je ne savais qu'en penser, Maître.

                    -Je crois que je commence à comprendre des choses qui m'étaient inatteignables, Kryann. Merci de me laisser te découvrir. Je vais te soigner. Et te laisser te reposer. Lorsque tu reviendras à toi, nous parlerons de tout cela. Repose-toi, mon élève. La suite arrivera bien vite.

                    Le contact fondit doucement. L'esprit abîmé de la Cathar était toujours bien présent, bien vivace. C'était ce qui faisait le plus peur à la Savareen, le trouver en lambeaux, encore plus dépecé que ce qu'il n'avait pu déjà être. Mais non. Elle était encore là, prudente et farouche, presque mutique. Peu importait le reste, désormais. Sarina se retira lentement de l'esprit de sa padawan, et s'ébroua en revenant à la réalité. Quelques poignées de secondes à peine s'étaient passées, mais l'échange lui avait paru durer une vie humaine entière. Rapidement, elle releva les yeux vers le groupe d'infortune, particulièrement vers Riggs qui attendait sans doute des nouvelles.

                    -Remerciez monsieur Tyne et son acolyte d'avoir été là, Sergent. Sans eux, nous serions probablement morts, et vous seriez tombés dans une embuscade, vous aussi.

                    Elle eut un lourd soupir.

                    -Lorsque vos supérieurs sont revenus à eux, nous étions en train de débattre de la suite des événements. Kephesh est revenu à ce moment-là, avec cet étrange objet qu'il a remis au Lieutenant Doll. A partir de là, tout s'est enchaîné très rapidement. Doll s'est isolé pour l'étudier et demander des informations, mais... j'aurais dû être plus prudente, j'en suis la première fautive. J'imagine que c'est à cet instant qu'il a appelé ses renforts. Quelques minutes après, un monstre de métal a purement et simplement pulvérisé le mur de l'appartement.

                    Son regard croisa celui des deux impériaux, en particulier Riggs.

                    -Je suis désolée... Vos subordonnés, Delurei et Rikaan, n'ont pas survécu. C'est à peine si j'ai eu le temps de tirer mes armes pour défendre Kephesh et Himron... Nous avons battu en retraite dès que possible, faut de solution évidente ou de capacité à combattre. J'en ai honte, mais nous avons laissé les cadavres de vos amis là-bas, et je doute que nous soyons à même de leur offrir une sépulture décente, à moins d'y retourner.

                    Elle secoua doucement la tête, venant poser une main sur la joue de son élève qui s'agitait en gémissant de douleur.

                    -La situation est des plus désespérées de notre côté, et de ce que je vois, elle n'est guère plus brillante... Que s'est-il passé ?

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                      Hivernus
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                      #31

                      L’annonce de la mort de Delurei et Rikaan a un effet terrible sur Riggs. S’il ne montre rien, le sous-officier n’en demeure pas moins très affecté par la nouvelle. Il enrage silencieusement, ferme doucement les poings pour contenir sa colère. S’il n’y avait que lui, il serait déjà parti au casse-pipe pour venger ses camarades. Il s’imagine déjà infliger les pires supplices à ces enfoirés en longs manteaux et armures noires pour soulager son chagrin, même si ça doit lui coûter une partie de son âme et de son humanité. Himron n’a pas la même approche. Il est plus sinistre, se contente d'afficher un air maussade. En l’espace de deux missions, il a vu l’ensemble des hommes de son unité périr au combat et cela semble l’anéantir. D’une certaine manière, c’est une partie de sa vie qui vient de disparaître.

                      Ce sont des membres de sa propre famille qui sont partis pour toujours.

                      Les yeux de l’Impérial brillent d’une tristesse si profonde qu’on pourrait se noyer dedans d’un simple regard. Il se sent responsable. Il culpabilise. Le capitaine sent un vide grandir en lui… Un vide que rien ne peut combler. Il s’épuise mentalement à se remettre en question, à se convaincre qu’il n’aurait pas dû accepter cette mission et n’entend qu’à moitié le rapport que le sergent consent finalement à faire.

                      - Ce qui s’est passé ? On s’est fait enfumer du début à la fin. Voilà ce qui s’est passé !

                      Le sous-officier marque un temps de pause, cherche à calmer sa hargne en prenant une inspiration profonde.

                      - Désolé… On a posé beaucoup de questions et ça a fini par payer… Mais pas de la plus belle façon qui soit. On a eu des démêlés avec des types armés qui n’aimaient visiblement pas qu’on fasse notre tambouille dans leur coin de Nar Shaddaa. Mais c’est pas le pire…

                      Riggs donne un coup de botte dans la jambe de son supérieur, cherchant à le secouer.

                      - Restez avec nous, capitaine.

                      L’homme reste un moment à errer dans ses pensées, ravagé par le doute et la culpabilité. Puis d’un coup, le voilà saisi d’une énergie nouvelle. Himron relève la tête, le regard plus vif qu’auparavant, une lueur vengeresse dans le coin de l'œil. Il gratifie le sergent d’un hochement de tête approbateur, sorte de remerciement pour les gens pudiques tels que les militaires, et se redresse complètement. Il vient empoigner la main de son camarade avec vigueur.

                      - Je suis avec vous, sergent. On va leur faire passer l’envie de se frotter aux soldats de choc de l’Impérium.

                      - Le problème, capitaine, c’est que j’ai comme l’impression qu’on est venu foutre les pieds dans une sorte d’opération clandestine impériale. On ne risque pas de se frotter à grand-chose si ce n’est des Impériaux.

                      - Expliquez-vous.

                      - Ces gars qui nous ciblent… Ce ne sont pas des petites frappes locales. Ce sont des soldats. Et du peu que j’ai vu, ils ont l’entraînement, l’équipement et les méthodes d’approche des forces spéciales impériales. Cela expliquerait pourquoi Doll s’est foutu de notre gueule, capitaine. Il sait des choses et s’est bien gardé de nous le dire... Probablement parce qu’il bosse avec eux.

                      Le capitaine demeure silencieux le temps d’un bref instant, cherchant à comprendre. Il semble perplexe… Non pas parce qu’il doute de l’intuition ou de l’analyse de son subordonné mais parce qu’il ne comprend la logique d’une telle opération. Pourquoi l'Impérium irait jusqu'à sacrifier ses propres hommes ? Pourquoi les faire s’entretuer ? Non. Cela ne fait aucun sens.

                      - Qu’avez-vous découvert exactement ?

                      - Bonne question, capitaine. Un tas de trucs, pour sûr. Mais rien de bien concret. Les types qui nous sont tombés dessus appartiennent apparemment à une organisation nébuleuse nommée “Légion”. On ne sait pas encore grand chose de leurs activités et de leurs objectifs mais de ce que j’ai pu comprendre, ils auraient des entrepôts bourrés d’armes et d’appareils spatiaux dans le coin, voire même un destroyer stellaire qui se pointe en orbite de temps à autre si on se fie aux ragots.

                      L’officier se gratte la tête, perdu dans ses réflexions. Tout ceci lui semble bien étrange...

                      - L’Impérium aurait donc une sorte d’armée de l’ombre sur Nar Shaddaa ? Dans quel but ?

                      - Ce n’est qu’une piste parmi tant d’autres, capitaine. Si ça se trouve, on vient de tomber sur un nid de traîtres et de conspirateurs. La lune des contrebandiers est un endroit idéal pour planquer ses activités loin des territoires impériaux… D’autant plus idéal d’ailleurs si le but est bel et bien de se constituer une armée dans le dos de l’Impérium.

                      - Hmm. On s’est foutu dans un sacré merdier hein… Bon sang ! On avance dans le noir. Il nous faut des preuves, Riggs.

                      - Je sais, capitaine.

                      Valen Tyne, jusque-là resté en retrait, se manifeste alors en s’approchant des deux impériaux et de leurs alliées Jedi. Il n’a plus tout à fait cette attitude nonchalante et arrogante du détective privé qui a tout vu et tout fait mais garde néanmoins un brin sarcastique dans la voix. Il reste malgré tout fidèle à son personnage…

                      - Si je peux me permettre, nous avons réussi à mettre la main sur un type qui a probablement des réponses à nous fournir… M’enfin si on arrive à lui tirer les vers du nez.

                      - Si j’étais de meilleure humeur, je pourrais tailler la bavette avec notre invité mais dans le cas présent, je doute pouvoir lui soutirer des informations sans lui péter les genoux et les dents. Et de toute manière, il y a fort à parier qu’il refusera de parler.

                      - Capitaine ? Vous voulez tenter votre chance ?

                      - Négatif. J’ai un devoir envers mes hommes. Himron a une faiblesse dans la voix qu’il tente de réprimer à l’aide d’un raclement de gorge. C’est ma responsabilité de les ramener à la maison, morts ou vivants. Et je compte bien honorer cet engagement. Avec ou sans aide.

                      - Je suis avec vous, capitaine.

                      - Et Kephesh vous accompagnera. Il connaît mieux que personne les environs et saura comment éviter les patrouilles ennemies. Indique le cyborg, un sourire aux lèvres. Bavarder avec une crapule me convient bien. Peut-être que j’arriverai à lui soutirer quelques secrets inavouables.

                      - Merci, Tyne. On récupère nos camarades et ensuite… Ensuite on botte le cul à tous ces enfoirés et on leur donne une leçon qu’ils ne seront pas prêts d’oublier.

                      - Du baume pour les oreilles… Le sergent se tourne vers les deux Jedi. Kryann, Darel, vous êtes avec nous ?

                      - Il y a déjà eu assez de morts, Riggs. Les Jedi ne sont pas obligées de se joindre à notre vendetta. C’est une mission suicide après tout…

                      La dernière remarque fait sourire le sous-officier. Une mission suicide. Oui… Il est vrai que ça en a l’air. Peu de chance de s’en sortir vivants et des objectifs lunaires. Pour autant, l’Impérial a bon espoir. Il a vu de quoi est capable Kryann. Reste à savoir si les Jedi sont motivées…

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                      • KryannK Hors-ligne
                        KryannK Hors-ligne
                        Kryann
                        a écrit sur dernière édition par
                        #32

                        Sarina ne pouvait pas s’empêcher, malgré toute son expérience, tout son vécu, tout son entraînement, de ressentir la peine immense qui venait d’envahir le coeur de ses compagnons d’infortune. Que ce soit Riggs ou Himron, ils avaient le poids de cette perte sur leur conscience, comme elle aurait pu le ressentir à l’annonce de la mort de l’un de ses frères Jedi. Elle s’empêcha de leur parler de retour à la Force, de les retrouver plus tard, c’était inutile pour des soldats qui ne partageaient pas sa conviction. L’un comme l’autre ne comprendrait pas, pire, ils pourraient mal prendre la tentative d’atténuation de leur douleur. Ils étaient des hommes de terrain, des pragmatiques, terre-à-terre comme de juste pour des forces spéciales. Ils n’avaient pas besoin d’entendre parler de mysticisme. Alors elle se contenta de baisser lentement la tête en sentant que la peine laissait peu à peu place à une colère froide dont elle ne pouvait être que coutumière. Les paroles rejoignent les états d’esprit. La suite promettait d’être décisive, autant que sanglante… Mais elle ne pouvait pas se défaire d’un sentiment difficile : elle était, au moins en partie, responsable de ce qui se déroulait ici.

                        -Non, Capitaine, votre sergent a raison. Il n’est pas question que nous jetions un voile sur le fragile équilibre que nous sommes parvenus à construire. Nous sommes ici pour collaborer, Impériaux et Jedi, et je ne me défilerai pas à la première difficulté venue. Vous pouvez compter sur notre soutien.

                        Ce fut à ces mots que Kryann sortit de sa torpeur. Son esprit avait enregistré tout ce qui se disait, malgré la situation compliquée, malgré son âme tourmentée, malgré la fatigue accumulée. Elle se redressa difficilement, gémissant de douleur en se tenant le ventre. Ses abdominaux lui faisaient souffrir le martyre, et son cerveau cognait contre sa tête en même temps que son coeur suivait un rythme erratique. Mais tout ces troubles n’étaient rien face à ceux de ses alliés de circonstance. Leur colère ne faisait qu’attiser la sienne, celle qui bouillonnait au plus profond de ses tripes. Le duel face à cet homme modifié avait réaffirmé sa volonté de frapper fort, de faire du mal… Bien loin de son entraînement. Avec un couinement de douleur ridicule, elle surenchérit sur les mots de son Maître.

                        -Nous sommes allées trop loin avec vous pour vous abandonner au dernier moment. Vous pouvez compter sur nous… Mais nous ne devons plus nous séparer, hormis urgence. Cette fois, nous affronterons la menace ensemble.

                        C’était une évidence pour les deux Jedi, et sans doute aussi pour les Impériaux. Cette recherche séparée les avaient presque menés à leur perte commune. Mais ce n’était pas le seul paramètre. Si le piège des longs manteaux n’avait eu qu’un succès mitigé, il avait mis en lumière deux éléments qu’ils ne pouvaient plus oublier, maintenant. Premièrement, leurs ennemis, des soldats entraînés, disposait de matériel haut de gamme, de qualité militaire. Ils étaient du niveau d’Himron ou de Riggs, c’était une certitude. Et en second lieu, la trahison de Doll laissait à penser que rien n’avait laissé au hasard de leur côté. Tous leurs mouvements avaient été anticipés. Sans cette taupe, désormais, ils étaient nettement plus libres. Et donc… imprévisibles.

                        -Récupérons déjà les corps de vos camarades. Quand tout sera fini, nous pourrons leur donner une sépulture décente, après les avoir vengés.

                        La Padawan était en piteux état, mais pouvait-on le lui reprocher ? Certainement pas. Le regard que posa sur elle le Chevalier Darel l’exemptait de mots. Il y avait un peu d’inquiétude, mais beaucoup de fierté. Au-delà de tous ses enseignements, elle n’oubliait pas ce qu’elle était naturellement : une Jedi fière, sans doute un peu trop, et indomptable. Elle le prouvait, une fois encore. Sarina avait toujours l’intime conviction qu’il lui suffisait de passer outre sa colère, de s’en servir à bon escient, pour devenir la Jedi qu’elle était supposée être. S’en servir comme d’un moteur face à l’injustice, sans puiser dedans, pour se rappeler ce qui était nécessaire. En faire un point d’équilibre, sans perdre de vue la dangerosité de ce sentiment. Oui, c’était marcher sur un fil tendu. Mais si elle y parvenait, elle serait parmi les plus puissantes de leur temps.

                        -Kryann a raison. Chaque chose en son temps, et l’heure est à un regroupement et à du repos. Nous aurons besoin de chacun dans les meilleures dispositions. Nous vous accompagnerons pour récupérer les corps des soldats Delurei et Rikaan. Puis, nous devrons trouver un endroit où échafauder un plan. Nous savons où ils se cachent, nous n’avons plus qu’à frapper en plein coeur.

                        -Et le temps de la récupération, monsieur Tyne aura peut-être réussi à soutirer quelques enseignements précieux à notre prisonnier. Ne perdons pas de temps.

                        Niveau 3 - Chevalier Jedi accompli

                        Formes de combat :
                        Niveau 1 : Shien
                        Niveau 3 : Jar'Kaï
                        https://star-wars-rpg.fr/topic/21298/casier-de-kryann?_=1772482643710

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