Un petit background pas fini pour un autre univers
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Post n°1
Auteur : SynarL'air à l'extérieur était froid. Gelé. Glacé même. En cette région reculée, le monde avait presque cessé de vivre, de peur qu'il ne passe pas l'hiver. La rude période de la glaciation. Durant laquelle seuls les plus forts peuvent survivre à cette température. Les plus forts, ou les plus malins. A l'ouest comme à l'est, des kilomètres d'épais manteau blanc, crissant sous les pieds du voyageur égaré, perdu dans cet environnement hostile où voir est impossible. Impossible à cause de ces permanentes tempêtes de neige, de ces incroyablement long blizzards. Le vent vous y entaille la peau, vous y pénètre jusqu'au plus profond de votre être, gelant jusqu'à votre volonté. Votre volonté d'avancer, de ressentir… Votre volonté de vivre. Ce froid brise en vous toutes les barrières que vous vous étiez imposé, allant jusqu'à vous faire ressentir des choses irréels.
C'était bel et bien mon cas. Je ne me rappelai guère d'où je venais, ni pourquoi j'en étais partie. Voilà à présent des heures que je marchais dans ce blizzard, cette tempête de mort et d'oubli. J'ignorai vers où j'avançais, vers quoi je me dirigeai. Mais je continuais de marcher. Mon corps n'aurait pas supporter l'attente, et n'aurait même pas obéis à mon ordre de s'arrêter. Non, je ne pouvais me permettre d'attendre que le froid transisse plus mes membres. Mon bâton de marche, du moins ce faible et fragile morceau de bois que j'avais trouvé et que j'utilisais comme, m'aidait à avancer au beau milieu de cette épaisseur incroyable de neige m'arrivant jusqu'aux genoux, je commençais à laisser mes sens divaguer, ignorant jusqu'à ma réalité, dans ce monde clos où un homme sain d'esprit n'aurait jamais pénétré. J'avais entendu cette voix, je l'avais laissé me murmurer des choses dont je suis incapable de me remémorer, dans mon sommeil. Je me rappelle de manière rapide quelques événements. Une gangue de glace, de givre, au milieu d'un cercle de torches aux flammes bleues… presque blanches. Je ne me souviens de rien d'autre, seulement de ce moment, qui reste gravé dans ma mémoire, et qui m'aide à avancer, comme si …
Je n'avançai presque plus, parvenant à peine à mettre un pied devant l'autre, chaque pas devenant une souffrance indicible, je sentais mon corps s’alourdir face à cette masse incessante. La volonté me quittait… je ne sentais plus rien de moi… à peine mon cœur. Juste une toute petite pause. Je devais juste reprendre mes forces, boire un peu d'eau. Je me suis arrêté… j'ai creusé de mes mains déjà trop rouge la neige, afin de m'y rouler en boule. Je soufflais sur mes membres engourdis, je cherchais à réchauffer mon être entier. Mon âme elle-même. Je souffrais devant tant de violence de la part d'un seul élément. Devant tant de cruauté. La morsure de l'Hiver dans sa forme la plus violente, la plus perverse, la plus cinglante. Je sentis mon esprit partir, s'éloigner de moi, comme happé par quelque chose de plus grand, de plus puissant… ma tête tourna, accompagné du monde autours de moi. J'ai fermé les yeux, puis le noir, le néant… plus rien.
Soudain, le monde autours de moi se blanchit de nouveau, mais je n'avais plus froid. Au contraire, une chaleur presque bienveillante montait en moi. Je me frottai les yeux, tournant le regard vers partout, ne voyant rien qui pouvait me servir de point de repère. J'étais dans un monde infini, infiniment blanc. Rapidement, ma vision se précisa, et je vis, devant moi, un corps, me tendant la main. Une main gracieuse, fine, longue, blanche. De longs ongles bleus étaient doucement tendus vers moi, alors que, remontant le bras nu du regard, je ne pu m'empêcher de constater la blancheur de cette créature, qui venait à moi comme pour me guider. Elle était uniquement vêtue d'une longue robe bleu glace, aux doux reflets blancs, tandis que sa chevelure, cascadant sur ses épaules dans une douceur chaleureuse, était d'un immaculé des plus purs. Je vis son visage, beau, radieux, dont la peau était de la même pâleur que le reste de son corps. De grands yeux curieux, bleus comme les eaux des lacs en hiver, affichaient à eux seuls la sagesse d'ères entières, perdue dans la simple motivation humaine qu'est la guerre. Elle souriait, d'un sourire gracile, fin, amical. La main toujours tendue vers moi, elle regarda mon corps, et c'est alors, qu'elle me dit une chose. Je n'entendais pas clairement, mais pourtant, mon âme ressentait la chaleur de ces mots. Elle tendit encore plus la main vers moi, et, tendant la mienne en réponse, je saisis cet être dont j'ignorai tout. Sa main était douce, raffinée, froide. Elle referma calmement ses doigts autours de la mienne, et me tira vers le haut.
Le monde s'éclaircit trop pour que ma vue puisse le supporter, et c'est alors que je me suis relevé ici, au beau milieu de ce glacier, de cet endroit qui voulait ma mort. Le vent cinglait toujours, murmurant au lointain la peine du monde, son envie de meurtre afin d'assouvir son désir de calme et de sérénité. Il me soufflait des syllabes, des mots, des phrases, comme pour m'inviter à rejoindre son étreinte éternelle. Pourtant, je me sentis doué d'une nouvelle vie, d'une nouvelle chaleur. Je saisis fermement mon bâton, afin de continuer de creuser, d'avancer dans ce péril de glace, dans cette prison de gel, dans ce monde infini, infiniment blanc. Le ciel se confondait avec la terre, alors que rien ne semblait m'indiquer où je me trouvais. Je ne comprenais plus pourquoi j'étais venu ici, et c'est alors, qu'étrangement, un mot se détacha dans toute cette cacophonie de son qu'émettait le blizzard. Une voix douce, une voix de femme… Je… Était-ce elle, cette dame aux cheveux blancs et à la peau froide, qui me demandait de suivre sa voix, de la rejoindre ? Où était-elle ? D'où venait-elle ? Je tournai, tournai et encore tournai autours de moi, ne voyant rien à quoi me rattacher, rien d'où pouvait provenir ce doux son. Soudainement, quelque chose m'arrêta, et je perçu presque ma destination. Là, au loin, ce pic de glace, ce mont. Lequel était-ce ? Je ne me souvenais même plus du monde dans lequel j'errai. Un pays… je me souviens, mais où ? Pourquoi ? J'étais perdu, jusqu'à sous mes pieds. Alors je suivrais cette voix quoi qu'il m'en coûtera.
Le soleil commençait à se coucher, je le voyais sur la teinte grisâtre par endroit, rougeâtre par d'autre, que prenait ce manteau de neige dans lequel j'avançais avec difficulté. Je regardai mes mains, à présent presque bleues, durant tout ce temps passé dehors, ici, à geler presque, et pourtant, je ne ressentais plus les morsures du froid sur mon corps, seulement cette douce chaleur, comme m'englobant. Elle me poussait à avancer, les yeux baissés pour les protéger de ce vent tranchant comme une lame de rasoir, vers ma destination. Je continuai d'avancer dans les steppes gelées, ignorant le temps que cela me prendrait.~~ Plusieurs heures plus tard ~~
Trop… je ne pouvais plus avancer… mon propre poids était devenu un fardeau que j'étais incapable de supporter. Je m'affalai sur le parterre carrelé de ma destination. Le vent sifflait, hurlait à l'extérieur, jurant de n'avoir pu accomplir sa funeste besogne de ma vie. Je me retournai, ne sentant plus rien de moi, ma gorge brûlante de l'air que j'inspirai et expirai. Ma circulation sanguine elle même s'étant, je l'aurai parié, arrêtée. Néanmoins, il régnait ici une chaleur ambiante légère, contrastant avec la froideur extrême du dehors. Je levai mes yeux vers les torches, illuminées de flammes bleutées, presque blanches… Comme dans mon rêve. Une force indescriptible me força à ma lever, et mon corps obéit sans aucune réaction, sans aucune tentative d'aller à l'encontre de celle-ci. J'étais levé, alors que devant moi s'étendait un long couloir, duquel venait un léger souffle d'air frais, et cette voix. Sa voix. Elle m'appelait, encore, toujours. Mes jambes bougèrent seules, et mes pas faibles raisonnaient dans ce couloir, qui semblait comme s'enfoncer sous terre. Les torches, d'abord plantées dans un mur rugueux, comme creusé à même la roche, finirent par être comme partie intégrante d'un empilement magnifique de briques translucides. Comme une sorte de bâtiments, construites d'une main humaine. Néanmoins, tout était trop parfait. Je regardai à mes pieds, et c'est alors que je vis le vide. Ce vide qui me donna l'impression de m'aspirer, comme pour que j'y tombe, alors que je sentais mes pieds glisser contre le sol.
Je ne fus retenu de la chute que par cette main que je connaissais. Cette douce et agréable main. Elle me sera, et me remonta sans aucune difficulté visible. La jeune femme s'avança dans les escaliers, en riant, me murmurant de la suivre. Et mes pas s'exécutèrent…
Après des instants qui me parurent être des journées entières, je finis par arriver dans une salle circulaire, taillée, de la manière la plus lisse qu'il m'avait jamais été donné de voir, dans la glace. Au milieu, une raie lumineuse fouettait une gangue de gel, illuminant d'une lumière spectrale l'ensemble de l'endroit, dépourvu d'un quelconque moyen d'éclairage. La jeune femme était toujours là, elle sautilla vers l'autel, s'agenouilla devant lui, et commença à psalmodier des paroles que je ne comprenais pas. Elle tendit alors ses mains vers une sphère lumineuse, et arracha littéralement celle-ci de la glace. Elle se tourna vers moi, le regard plein de sourire, puis murmura, de mots que je compris pour la première fois :
« Approches toi… N'ai crainte, je ne te ferais pas de mal. »
Je le savais. Je la croyais. Alors que je m'avançai, à petits pas vers elle, elle reprit ce qu'elle psalmodiait, en souriant. Lorsque j’eus parcouru la moitié de la distance, elle leva ses yeux, ses grands yeux bleus, vers moi, puis me dit :
« Tu as été choisi pour perpétuer à la protection de cet équilibre… Libre à toi de renoncer, mais je doute que tu sois un jour capable de retrouver la civilisation sans mon aide… »
Mon mouvement se stoppa, pour reprendre aussi rapidement qu'il s'était arrêté. Elle avait raison… j'avais été sauvé de la mort grâce à son intervention, quoi que je doute du fait qu'un jour je sois sortie de chez moi sans son apparition… Mais tout ceci était derrière moi maintenant. J'approchai vers ses mains tendues, la luminosité de la sphère décruant à chaque pas. Lorsque j'arrivai juste devant, je le vis au creux de ses mains, un fin cristal taillé dans ce qui semblait être de la glace, pendu au bout d'une chaînette en argent. La sensation de chaleur semblait venir d'ici, de cet objet très précisément. J'ignorai pourquoi, mais j'avais comme l'impression que la jeune femme n'était autre que cet objet magnifiquement ciselé, d'une fortune inestimable. J'approchai une main tremblante de ce collier, doucement, le monde autours de nous s'étant comme arrêté… figé, pour être exacte. J'ai levé les yeux vers elle.
Elle me souriait toujours, et incita d'un geste que je saisisse ce qu'il y avait au creux de ses mains. Je ne parvint pas à retenir l'envie de comprendre pourquoi elle m'avait amené jusqu'ici, jusqu'à ce pendentif, cette pierre. Qu'était-ce donc ? Une apparition ne pouvait pas être si précise. Était-ce en rapport avec les événements actuels qui se déroulaient ? Je l'ignorais également. Mais ce dont j'étais certain, persuadé à dire vrai, c'est qu'il fallait que je m'empare de ce pouvoir qu'on me tendait, au risque d'y laisser ma vie, et c'est ce que je fis. J'ai pris le pendentif dans ma main, et une flamme blanche aux contours bleus s'en échappa. Soudainement, la jeune femme disparut, se dissipant comme une volute de brume, me laissant ici, seul, perdu avec ce cristal…
Mais tout n'était qu'un rêve. Mon esprit s'arracha de mon corps, alors qu'un kaléidoscope de lumière s'empara de mon champ de vision. Je me sentais transporter à travers les dimensions, à travers le temps lui-même. Des images semblèrent vouloir s'incruster dans ma mémoire, et je perdis connaissance…Spoiler
La vision s'arrêta. J'hurlai de douleur, haletant par l'expérience que je venais de vivre. Qui était cet homme ? Pourquoi me semblait-il si familier ? Je ne comprenais pas. Je me tenais les tempes, alors que le cristal était encore dans ma main gauche. Il me glaçait comme jusqu'au plus profond de mon corps, et je regrettais presque le blizzard qui faisait rage à l'extérieur. Je ne parvenais plus à ouvrir ma main, je ne sentais plus rien. L'air que j'expirais était glacial, formant une douce volute de condensation au sortir de ma bouche.
« N'ai crainte… n'ai crainte... »
Ces mots continuaient de me tourner dans la tête, je ne comprenais pas pourquoi j'étais là, je ne me souvenais de rien. Comme étais-je arrivé ici ? Pourquoi moi… j'avais l'impression qu'on me forçait à vivre la vie d'un autre… De quand était-il ? Pourquoi lui, comme pourquoi moi ?
La douleur reprit, le froid du cristal s'étendant alors jusqu'à mon corps… et le monde se noirci alors que mes yeux se fermaient...Spoiler
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Post n°1
Auteur : Synarle cristal et la femme, qui tourna des yeux doux vers lui. Il pris peur, mais ne put bouger, son corps comme totalement glacé. Celle-ci retourna alors son regard vers son ami, et plaça doucement son cristal sur le front du jeune homme. Il vit ses lèvres bouger, mais aucun mot n'en sortait. Il tourna à nouveau la tête, s'envolant vers un autre fanal, le bruit de ses battements d'ailes brisant le silence nocturne. Il se posa à nouveau, sans un bruit, et regarda à nouveau la scène.
Une flamme naquit au niveau du cristal, alors éloigné du front du jeune homme. La femme semblait sourire, et il essaya… mais son bec ne bougea pas d'un pouce. Il ressentait le calme de son ami, et cela l'apaisa. Ce dernier se mis à nouveau à genoux, et se tourna vers l'assemblé. Il était serein, dans son corps et dans son âme. Il avait d'étranges vêtements, mais il n'y prit pas garde, et regarda calmement toutes les silhouettes présentes, alors qu'un nouveau bruit troubla le calme :
« Raeven, te voilà rebaptisé selon les préceptes de notre Ordre. Puissent tes pas te conduire vers l’Équilibre, et ta sagesse illuminer toutes les torches éteintes. Lève-toi, et profite de ta renaissance ! »
L'homme dont provenait le son avait les bras écartés, et il regarda calmement toutes les personnes s'éloigner du lieu de la cérémonie. Des minutes passèrent, et il prit son envole pour rejoindre son ami, en piaillant de bonheur. Le nouveau nommé Raeven se tourna, et tendit sa main vers le volatile, qui se posa sur le doigt, en le saisissant de ses pattes.
« Je savais que tu étais ici. Je t'ai sentit et entendu tout à l'heure, excuse-moi de ne pas t'avoir répondu... »
Il lui répondit en ouvrant le bec, un léger son strident sortant de celui-ci. Raeven rit, avant de reprendre :
« Tu es en très bonne santé, à ce que je vois. Cela me fait plaisir de te revoir, ta curiosité m'a beaucoup manqué » lâcha t-il, amenant l'oiseau jusqu'à lui, afin de le caresser de l'autre main.
Le volatile se laissa faire, cherchant de lui même le contact. Raeven leva son regard au ciel, et sourit à l'astre lunaire, l'oiseau suivant son regard. Son ami lui dit :
« Tu vois… un jour, les humains comprendront ce qu'ils loupent, ce qu'ils gâchent, à vouloir ainsi s'entre-tuer… Un jour, peut-être parviendront-ils à l'illumination qui nous a tous touchés ici… »
Il soupira calmement, avant de se diriger vers l'escalier qui lui permettrait de regagner les locaux de son Ordre...Spoiler