<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0"><channel><title><![CDATA[Un petit background pas fini pour un autre univers]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°1<br />
Auteur : Synar</p>
<p dir="auto">L'air à l'extérieur était froid. Gelé. Glacé même. En cette région reculée, le monde avait presque cessé de vivre, de peur qu'il ne passe pas l'hiver. La rude période de la glaciation. Durant laquelle seuls les plus forts peuvent survivre à cette température. Les plus forts, ou les plus malins. A l'ouest comme à l'est, des kilomètres d'épais manteau blanc, crissant sous les pieds du voyageur égaré, perdu dans cet environnement hostile où voir est impossible. Impossible à cause de ces permanentes tempêtes de neige, de ces incroyablement long blizzards. Le vent vous y entaille la peau, vous y pénètre jusqu'au plus profond de votre être, gelant jusqu'à votre volonté. Votre volonté d'avancer, de ressentir… Votre volonté de vivre. Ce froid brise en vous toutes les barrières que vous vous étiez imposé, allant jusqu'à vous faire ressentir des choses irréels.<br /><br />C'était bel et bien mon cas. Je ne me rappelai guère d'où je venais, ni pourquoi j'en étais partie. Voilà à présent des heures que je marchais dans ce blizzard, cette tempête de mort et d'oubli. J'ignorai vers où j'avançais, vers quoi je me dirigeai. Mais je continuais de marcher. Mon corps n'aurait pas supporter l'attente, et n'aurait même pas obéis à mon ordre de s'arrêter. Non, je ne pouvais me permettre d'attendre que le froid transisse plus mes membres. Mon bâton de marche, du moins ce faible et fragile morceau de bois que j'avais trouvé et que j'utilisais comme, m'aidait à avancer au beau milieu de cette épaisseur incroyable de neige m'arrivant jusqu'aux genoux, je commençais à laisser mes sens divaguer, ignorant jusqu'à ma réalité, dans ce monde clos où un homme sain d'esprit n'aurait jamais pénétré. J'avais entendu cette voix, je l'avais laissé me murmurer des choses dont je suis incapable de me remémorer, dans mon sommeil. Je me rappelle de manière rapide quelques événements. Une gangue de glace, de givre, au milieu d'un cercle de torches aux flammes bleues… presque blanches. Je ne me souviens de rien d'autre, seulement de ce moment, qui reste gravé dans ma mémoire, et qui m'aide à avancer, comme si …<br /><br />Je n'avançai presque plus, parvenant à peine à mettre un pied devant l'autre, chaque pas devenant une souffrance indicible, je sentais mon corps s’alourdir face à cette masse incessante. La volonté me quittait… je ne sentais plus rien de moi… à peine mon cœur. Juste une toute petite pause. Je devais juste reprendre mes forces, boire un peu d'eau. Je me suis arrêté… j'ai creusé de mes mains déjà trop rouge la neige, afin de m'y rouler en boule. Je soufflais sur mes membres engourdis, je cherchais à réchauffer mon être entier. Mon âme elle-même. Je souffrais devant tant de violence de la part d'un seul élément. Devant tant de cruauté. La morsure de l'Hiver dans sa forme la plus violente, la plus perverse, la plus cinglante. Je sentis mon esprit partir, s'éloigner de moi, comme happé par quelque chose de plus grand, de plus puissant… ma tête tourna, accompagné du monde autours de moi. J'ai fermé les yeux, puis le noir, le néant… plus rien.<br /><br />Soudain, le monde autours de moi se blanchit de nouveau, mais je n'avais plus froid. Au contraire, une chaleur presque bienveillante montait en moi. Je me frottai les yeux, tournant le regard vers partout, ne voyant rien qui pouvait me servir de point de repère. J'étais dans un monde infini, infiniment blanc. Rapidement, ma vision se précisa, et je vis, devant moi, un corps, me tendant la main. Une main gracieuse, fine, longue, blanche. De longs ongles bleus étaient doucement tendus vers moi, alors que, remontant le bras nu du regard, je ne pu m'empêcher de constater la blancheur de cette créature, qui venait à moi comme pour me guider. Elle était uniquement vêtue d'une longue robe bleu glace, aux doux reflets blancs, tandis que sa chevelure, cascadant sur ses épaules dans une douceur chaleureuse, était d'un immaculé des plus purs. Je vis son visage, beau, radieux, dont la peau était de la même pâleur que le reste de son corps. De grands yeux curieux, bleus comme les eaux des lacs en hiver, affichaient à eux seuls la sagesse d'ères entières, perdue dans la simple motivation humaine qu'est la guerre. Elle souriait, d'un sourire gracile, fin, amical. La main toujours tendue vers moi, elle regarda mon corps, et c'est alors, qu'elle me dit une chose. Je n'entendais pas clairement, mais pourtant, mon âme ressentait la chaleur de ces mots. Elle tendit encore plus la main vers moi, et, tendant la mienne en réponse, je saisis cet être dont j'ignorai tout. Sa main était douce, raffinée, froide. Elle referma calmement ses doigts autours de la mienne, et me tira vers le haut. <br /><br />Le monde s'éclaircit trop pour que ma vue puisse le supporter, et c'est alors que je me suis relevé ici, au beau milieu de ce glacier, de cet endroit qui voulait ma mort. Le vent cinglait toujours, murmurant au lointain la peine du monde, son envie de meurtre afin d'assouvir son désir de calme et de sérénité. Il me soufflait des syllabes, des mots, des phrases, comme pour m'inviter à rejoindre son étreinte éternelle. Pourtant, je me sentis doué d'une nouvelle vie, d'une nouvelle chaleur. Je saisis fermement mon bâton, afin de continuer de creuser, d'avancer dans ce péril de glace, dans cette prison de gel, dans ce monde infini, infiniment blanc. Le ciel se confondait avec la terre, alors que rien ne semblait m'indiquer où je me trouvais. Je ne comprenais plus pourquoi j'étais venu ici, et c'est alors, qu'étrangement, un mot se détacha dans toute cette cacophonie de son qu'émettait le blizzard. Une voix douce, une voix de femme… Je… Était-ce elle, cette dame aux cheveux blancs et à la peau froide, qui me demandait de suivre sa voix, de la rejoindre ? Où était-elle ? D'où venait-elle ? Je tournai, tournai et encore tournai autours de moi, ne voyant rien à quoi me rattacher, rien d'où pouvait provenir ce doux son. Soudainement, quelque chose m'arrêta, et je perçu presque ma destination. Là, au loin, ce pic de glace, ce mont. Lequel était-ce ? Je ne me souvenais même plus du monde dans lequel j'errai. Un pays… je me souviens, mais où ? Pourquoi ? J'étais perdu, jusqu'à sous mes pieds. Alors je suivrais cette voix quoi qu'il m'en coûtera.<br /><br />Le soleil commençait à se coucher, je le voyais sur la teinte grisâtre par endroit, rougeâtre par d'autre, que prenait ce manteau de neige dans lequel j'avançais avec difficulté. Je regardai mes mains, à présent presque bleues, durant tout ce temps passé dehors, ici, à geler presque, et pourtant, je ne ressentais plus les morsures du froid sur mon corps, seulement cette douce chaleur, comme m'englobant. Elle me poussait à avancer, les yeux baissés pour les protéger de ce vent tranchant comme une lame de rasoir, vers ma destination. Je continuai d'avancer dans les steppes gelées, ignorant le temps que cela me prendrait.<br /><br /></p><div style="text-align:center">~~  Plusieurs heures plus tard ~~</div><br /><br />Trop… je ne pouvais plus avancer… mon propre poids était devenu un fardeau que j'étais incapable de supporter. Je m'affalai sur le parterre carrelé de ma destination. Le vent sifflait, hurlait à l'extérieur, jurant de n'avoir pu accomplir sa funeste besogne de ma vie. Je me retournai, ne sentant plus rien de moi, ma gorge brûlante de l'air que j'inspirai et expirai. Ma circulation sanguine elle même s'étant, je l'aurai parié, arrêtée. Néanmoins, il régnait ici une chaleur ambiante légère, contrastant avec la froideur extrême du dehors. Je levai mes yeux vers les torches, illuminées de flammes bleutées, presque blanches… Comme dans mon rêve. Une force indescriptible me força à ma lever, et mon corps obéit sans aucune réaction, sans aucune tentative d'aller à l'encontre de celle-ci. J'étais levé, alors que devant moi s'étendait un long couloir, duquel venait un léger souffle d'air frais, et cette voix. Sa voix. Elle m'appelait, encore, toujours. Mes jambes bougèrent seules, et mes pas faibles raisonnaient dans ce couloir, qui semblait comme s'enfoncer sous terre. Les torches, d'abord plantées dans un mur rugueux, comme creusé à même la roche, finirent par être comme partie intégrante d'un empilement magnifique de briques translucides. Comme une sorte de bâtiments, construites d'une main humaine. Néanmoins, tout était trop parfait. Je regardai à mes pieds, et c'est alors que je vis le vide. Ce vide qui me donna l'impression de m'aspirer, comme pour que j'y tombe, alors que je sentais mes pieds glisser contre le sol.<br /><br />Je ne fus retenu de la chute que par cette main que je connaissais. Cette douce et agréable main. Elle me sera, et me remonta sans aucune difficulté visible. La jeune femme s'avança dans les escaliers, en riant, me murmurant de la suivre. Et mes pas s'exécutèrent…<br /><br />Après des instants qui me parurent être des journées entières, je finis par arriver dans une salle circulaire, taillée, de la manière la plus lisse qu'il m'avait jamais été donné de voir, dans la glace. Au milieu, une raie lumineuse fouettait une gangue de gel, illuminant d'une lumière spectrale l'ensemble de l'endroit, dépourvu d'un quelconque moyen d'éclairage. La jeune femme était toujours là, elle sautilla vers l'autel, s'agenouilla devant lui, et commença à psalmodier des paroles que je ne comprenais pas. Elle tendit alors ses mains vers une sphère lumineuse, et arracha littéralement celle-ci de la glace. Elle se tourna vers moi, le regard plein de sourire, puis murmura, de mots que je compris pour la première fois :<br /><br />« Approches toi… N'ai crainte, je ne te ferais pas de mal. »<br /><br />Je le savais. Je la croyais. Alors que je m'avançai, à petits pas vers elle, elle reprit ce qu'elle psalmodiait, en souriant. Lorsque j’eus parcouru la moitié de la distance, elle leva ses yeux, ses grands yeux bleus, vers moi, puis me dit :<br /><br />« Tu as été choisi pour perpétuer à la protection de cet équilibre… Libre à toi de renoncer, mais je doute que tu sois un jour capable de retrouver la civilisation sans mon aide…  »<br /><br />Mon mouvement se stoppa, pour reprendre aussi rapidement qu'il s'était arrêté. Elle avait raison… j'avais été sauvé de la mort grâce à son intervention, quoi que je doute du fait qu'un jour je sois sortie de chez moi sans son apparition… Mais tout ceci était derrière moi maintenant. J'approchai vers ses mains tendues, la luminosité de la sphère décruant à chaque pas. Lorsque j'arrivai juste devant, je le vis au creux de ses mains, un fin cristal taillé dans ce qui semblait être de la glace, pendu au bout d'une chaînette en argent. La sensation de chaleur semblait venir d'ici, de cet objet très précisément. J'ignorai pourquoi, mais j'avais comme l'impression que la jeune femme n'était autre que cet objet magnifiquement ciselé, d'une fortune inestimable. J'approchai une main tremblante de ce collier, doucement, le monde autours de nous s'étant comme arrêté… figé, pour être exacte. J'ai levé les yeux vers elle.<br /><br />Elle me souriait toujours, et incita d'un geste que je saisisse ce qu'il y avait au creux de ses mains. Je  ne parvint pas à retenir l'envie de comprendre pourquoi elle m'avait amené jusqu'ici, jusqu'à ce pendentif, cette pierre. Qu'était-ce donc ? Une apparition ne pouvait pas être si précise. Était-ce en rapport avec les événements actuels qui se déroulaient ? Je l'ignorais également. Mais ce dont j'étais certain, persuadé à dire vrai, c'est qu'il fallait que je m'empare de ce pouvoir qu'on me tendait, au risque d'y laisser ma vie, et c'est ce que je fis. J'ai pris le pendentif dans ma main, et une flamme blanche aux contours bleus s'en échappa. Soudainement, la jeune femme disparut, se dissipant comme une volute de brume, me laissant ici, seul, perdu avec ce cristal…<br /><br />Mais tout n'était qu'un rêve. Mon esprit s'arracha de mon corps, alors qu'un kaléidoscope de lumière s'empara de mon champ de vision. Je me sentais transporter à travers les dimensions, à travers le temps lui-même. Des images semblèrent vouloir s'incruster dans ma mémoire, et je perdis connaissance…<br /><br /><blockquote class="spoiler"><cite style="cursor:pointer">Spoiler</cite><div style="display:none"><br />Chapitre premier : Le Commencement<br /><br />L'endroit était blanc. Propre. Immaculé. Qu'était-ce donc, pourquoi ici, avec qui ? Tant de mots qui fusèrent à son esprit. Il ne voyait rien, pas plus que d'étranges points lumineux, dans son champ de vision troublé par Dieu seul savait quoi. Il ferma à nouveau les yeux, et s'écroula, de fatigue ou de peur. Elle l'avait emmené ici, comme attiré, et il avait suivit, trahit par sa beauté. Il ne savait même pas qui elle était, et pourtant, il lui avait fait confiance dès le premier instant. Une charmante jeune femme aux cheveux blancs comme la neige, aux yeux bleus comme de la glace. Il aurait du se douter qu'elle était une sorcière, mais pourtant, il l'avait suivit. Malgré les conseils de son père de ne pas suivre les inconnus. <br /><br />Des bruits. Des clapotis.. des claquements, en fait. Les bruits de pas marchant la cadence, obséquieusement. Puis d'autres, comme des bruits de mots. Oui, c'était ça, le son caractéristique d'un mot prononcé par l'homme. Il voulu ouvrir les yeux, mais il n'y parvenait pas. La curiosité dont il faisait toujours preuve aurait du, pourtant, lui donner la force de le faire. Mais il n'y parvenait pas. Il était surpris, d'ailleurs. Éveillé, conscient de ce qui l'entourait, mais il flottait toujours dans ce fin tissu de mensonge, jusqu'à ce que ses yeux daignes s'ouvrir. Il se surprit à se demander pourquoi il était là, pourquoi lui. D'ailleurs, qui était-il réellement ? Avait-il oublié ? L'insomnie passagère d'un réveil trop lent, sans doute. Il se sentit sourire. Et ressentit un souffle près de lui. Il bougea la tête, sans forcer. On l'entourait. Les bruits de pas s'étaient rapprochés pour finalement s'arrêter, proche de lui, il en était <a href="http://certain.Il" rel="nofollow ugc">certain.Il</a> sentit une main glisser vers lui, frottant ses cheveux, sa tête. Des murmures, à côté de lui, également. Il sourit à nouveau. Il se sentait apaisé, rassuré. Il ignorait où il était, mais il semblait ne pas en tenir compte, le moment présent lui était satisfaisant.<br /><br />Soudainement, la main se retira, les murmures se turent. Une vague de peur s'empara de lui. Il attendit... <br /><br />« Tu peux ouvrir les yeux, élu. » entendit-il.<br /><br />Et il s’exécuta. La lumière lui brûla presque les yeux, mais il ne referma pas ses yeux. Au bout d'un instant, fut-ce t-il long ou court, il vit clairement le monde qui l'entourait. Il était posé, allongé, sur une pierre de marbre blanc, recouvert d'un fin velours bleu. A gauche, comme à droite, les murs étaient lisses, nus, avec, ici et là, ponctuellement, une torche sur laquelle régnait une étrange flamme bleutée. Autours de lui, de la table, de l'autel, étaient postés quatre personnes, de blanc et bleu vêtus. Parmi elles, il en reconnu une, cette jeune femme qu'il avait suivi. Il prit peur, recula, pointant une main fébrile vers cette silhouette connue, mais pour autant intrigante. Elle posa un doigt sur sa bouche, lâchant un faible "chhhh", l'invitant à se taire, à se calmer, à ne rien dire. Les hommes, du moins c'est ce qu'il pensait être, étaient lourdement vêtus, d'épaisses capuches tombant sur leur visage, cachant la presque totalité de celui-ci. Seules leurs bouches étaient encore visibles. Des bouches plissées, à l'air neutre. L'une d'elle s'ouvrit, calmement, lâchant un ordre sec :<br /><br />« Vêtis toi et lèves toi. »<br /><br />Il n'avait pas fait attention. En effet, il était nu, comme un ver. Il leva des yeux honteux vers la jeune femme, rougissant de plus belle lorsqu'il croisa ses yeux du regard. Il se recroquevilla, cachant son intimité du mieux qu'il pu, alors qu'un des hommes posa des vêtements pliés à la perfection, à côté de lui. Il s'en saisit promptement, et hésita un instant, ne sachant que faire. Il regardait toujours cette jeune femme, alors qu'à côté de lui, une autre voix se fit entendre :<br /><br />« Mais quel prude personnage. Vous nous l'aviez vendu comme un fin galopin, alors qu'il vous suivait, Madame.<br /><br />-C'est vrai, et je reste sur mes mots. L'atmosphère n'est plus la même pour lui. » elle tourna un regard apaisant vers moi « tu peux bouger, et t'habiller. Je ne prends aucun plaisir à contempler ton corps. Alors ne prend aucune honte à t'exposer ainsi devant moi. Habille toi, simplement. »<br /><br />Ses mots furent comme un calmant. Ils l'apaisèrent, et il déplia l'épaisse robe qu'on lui avait donné. Entreprenant de mettre la culotte qui l'accompagnait, avant, il se tourna malgré tout afin de ne pas voir des yeux le parcourir. Il passa ensuite une manche, puis l'autre, et se leva, afin de laisser le tissu couler le long de ses jambes. L'un des hommes passa alors un gros galon autours de sa taille, et sera la robe. Il se retourna, constatant que la femme n'avait rien loupé de ce qui venait de se passer, et il rougit à nouveau. Elle claqua des doigts, et les trois autres silhouettes sortirent, lentement, calmement, au son de leurs pas résonnant sur le carrelage de la pièce. Puis, elle s'avança vers le fond de la pièce, où trônait un autel en bois, pourvus de plusieurs tiroirs. Elle ouvrit l'un d'entre-eux, et se saisit d'un magnifique coffret en ébène, ciselé d'or fin. Il observa le moindre de ses faits et gestes, mon esprit prêt à prendre la fuite à la moindre action néfaste. Mais son corps semblait ne déjà plus lui obéir. Et elle, elle se tourna vers lui, lui présentant son visage angélique, calme, rassurant. Elle ouvrit le coffret, et il du se protéger les yeux devant la lueur vive qui s'en échappait. Lorsque ses yeux se furent enfin adapté à la luminosité, il vit, religieusement posé sur un cousin de tissu bleu, comme une relique soigneusement conservée, un magnifique cristal, taillé à la perfection. Elle s'approcha alors de lui, et alla s'asseoir sur l'autel de marbre où il s'était réveillé. Elle posa le coffret à sa droite, et tapota la place à gauche, comme pour l’inciter à venir à côté d'elle, accompagnant le geste d'un faible :<br /><br />« Viens. »<br /><br />Il s’exécuta, s'approchant sans peur de cette inconnue complète, obéissant à un ordre qui n'en était pas réellement un. Il posa son postérieur sur le tissu recouvrant le marbre froid, et posa ses yeux dans ceux de la dame. Celle-ci sourit, d'un sourire qui lui fut rapidement rendu. Elle ferma les yeux, soupira calmement, et des mots sortirent de ses lèvres :<br /><br />« Tu ignores pourquoi tu es ici, n'est-ce pas ?<br /><br />-Oui. Je me souviens vous avoir suivit, mais ma mémoire semble me faire défaut, madame.<br /><br />-Ne t'inquiète pas pour ça. Je vais t'expliquer… Je t'ai choisi car j'ai sentit cette chose en toi. Cette chose que les non-initiés nommes magie. Je vois ta peur sur ton visage, mais n'ai crainte. La magie comme tu la connais n'existe pas. Je n'invoque pas de démons, je n'ai pas pactisé avec le Diable. Je suis, tout comme les autres ici, la protectrice de l'Ordre naturel des choses. »<br /><br />Elle s'arrêta, respirant lentement, calmement, comme pour laisser les mots qu'elle venait de dire s'imprégner en lui. Il se surprit à ne pas avoir peur. Étrangement. Il ne posait pas question, ses yeux étaient là pour eux-mêmes poser celles-ci, attendant difficilement la suite. Elle posa une main légère sur sa jambe, et continua :<br /><br />« Je t'ai choisi pour être le gardien de l'équilibre du monde. L'humanité s'entre-déchire pour une différence de langues, de croyances. Mais elle s'entend sur une seule chose, la guerre. Nous ne pouvons y prendre part, tout ceux ici ayant fait vœux de détachement. Nous avons tous un nouveau nom, depuis notre éveil. Et nous n'intervenons qu'en cas d'extrême nécessité. »<br /><br />Elle prit le coffret sur ses genoux. J'ai à nouveau posé mes yeux sur ce cristal, transparent comme un morceau de glace pure. Elle s'en saisit délicatement d'une main, et sortit de sous sa robe un pendentif, composé d'un cristal équivalent. Elle sourit :<br /><br />« Je vais te montrer ce que pense les gens être la magie. » lâcha t-elle calmement.<br /><br />Saisissant son pendentif du bout des doigts, posant le cristal nu dans le coffret, elle ferma les yeux. Au bout d'un léger instant, un faible flash lumineux s'ensuivit d'une petite flammèche bleue embrasant le pendentif. Il eut un mouvement de recul, qu'elle calma en ouvrant les yeux.<br /><br />« Cette énergie ne vient pas du démon. Elle vient de la nature, de toi, de moi, et de tout les êtres qui nous entourent. La religion nous y rend aveugle, par crainte qu'un tel pouvoir prenne des proportions trop importantes. La sorcellerie, voilà ce qu'elle est réellement. »<br /><br />Elle fit un rapide mouvement du poignet, alors qu'une gerbe de glace sortit littéralement de ses doigts. Il sourit, intrigué par ce ''pouvoir''. Intrigué par comment, par Dieu, cela était-il possible. La flamme s'éteignit brusquement, et ses yeux perdirent légèrement de leurs lueurs. Elle referma le coffret, le prit délicatement dans ses mains, et se leva, son pas l'amenant calmement vers le tiroir d'où il venait. Et à peine eut-elle posé celui-ci dans le tiroir qu'elle se tourna vers moi, murmurant presque :<br /><br />« Suis-moi… Nous devons t'entraîner à utiliser cette énergie... »</div></blockquote><br /><br />La vision s'arrêta. J'hurlai de douleur, haletant par l'expérience que je venais de vivre. Qui était cet homme ? Pourquoi me semblait-il si familier ? Je ne comprenais pas. Je me tenais les tempes, alors que le cristal était encore dans ma main gauche. Il me glaçait comme jusqu'au plus profond de mon corps, et je regrettais presque le blizzard qui faisait rage à l'extérieur. Je ne parvenais plus à ouvrir ma main, je ne sentais plus rien. L'air que j'expirais était glacial, formant une douce volute de condensation au sortir de ma bouche.<br /><br />« N'ai crainte… n'ai crainte... »<br /><br />Ces mots continuaient de me tourner dans la tête, je ne comprenais pas pourquoi j'étais là, je ne me souvenais de rien. Comme étais-je arrivé ici ? Pourquoi moi… j'avais l'impression qu'on me forçait à vivre la vie d'un autre… De quand était-il ? Pourquoi lui, comme pourquoi moi ?<br /><br />La douleur reprit, le froid du cristal s'étendant alors jusqu'à mon corps… et le monde se noirci alors que mes yeux se fermaient...<br /><br /><blockquote class="spoiler"><cite style="cursor:pointer">Spoiler</cite><div style="display:none"><br />Chapitre deuxième : L'Éveil<br /><br />Il virevoltait à travers les lourds nuages, ses ailes déployées au plus qu'il le pouvait le faisant planer sur les courants d'airs chauds et froids, lui permettant d'ajuster sa descente. Il allait rendre visite à son ami, qu'il avait rencontré par hasard il y a de cela quelques temps, bien qu'il ne savait pas combien. Il battit légèrement de son envergure afin de remonter, attrapant par la même occasion le courant chaud ascendant, et gagna légèrement en altitude. Il tournoyait depuis plusieurs minutes autours de la prairie à l'herbe grasse, emplie de toute sorte de bonne nourriture pour lui : des graines qui n'ont pas écloses, des vers de terre, des limaces, des chenilles, et il oubliait quoi encore. Il cherchait un endroit où se poser afin de ne pas déranger son ami, et ses yeux perçants virent cette branche, ni trop loin, ni trop près de l'humain. Il amorça sa descente, descendant en pliant ses ailes légèrement. Il écarta vivement celles-ci au dernier instant, tendit ses griffes vers le bois tendre, et se posa sur la branche, qui remua doucement.<br /><br />Il tourna la tête, contemplant de son grand œil noir sans fond la forme si familière qu'il était venu épier aujourd'hui. Celle-ci était calmement posée, en tailleur, au milieu de la prairie. Il frotta son bec sur la branche, d'un côté, puis de l'autre, et attrapa l'araignée qui passait par là, malheureusement pour elle. Avalant ce qui restait de son repas, il reprit attentivement l'étude de son ami. Il se rappelle, maintenant, quelle fut leur première rencontre. Il était mal en point, ce jour là. Maigre, les plumes abîmées, le regard triste, l'envie de mourir au cœur. C'était un jour qui mouillait, il s'en souvenait. Il se souvenait aussi avec effroi les affreux flash lumineux qui faisaient beaucoup de bruit. Son cœur loupa un battement à la mémoire de cet événement. Il était en train de mourir, à demi-noyé dans une flaque d'eau de laquelle il ne pouvait sortir, et son aile lui faisait atrocement mal. Il s'était battu avec un chat, ce jour-là. Et il avait presque gagné, crevant l’œil du félin... c'était dans un dernier spasme de combativité. Et pendant des heures, quelques fois, des gens s'étaient arrêtés pour le regarder. Il respirait difficilement, mais se forçait pour émettre un léger piaillement, afin d'appeler à l'aide, mais personne ne restait... Son agonie dura, mais à un moment, une silhouette noire se détacha du lot, et tendit vers lui une sorte de serre... il commençait à trembler encore plus, et cru que sa fin, sa délivrance, était arrivé lorsqu'il se sentit soulever du sol.<br /><br />Puis il entrouvrit à nouveau légèrement l’œil... il ne sentait plus l'eau qui tombe du ciel, il ne voyait plus la lumière blanche qui fait peur. Et il sentit qu'il avait plus chaud... Il se calma vite, mais sombra à cause de la douleur à son aile. Il avait perdu beaucoup de sang, c'est ce qu'il entendit en se réveillant, enroulé dans une bande d'une étrange feuille d'arbre rose. Elle était rose, et longue, très longue. Il se rappela que ce n'était pas une feuille d'arbre, mais cette chose que les humains portent parfois. Son aile ne lui faisait plus mal, mais il n'arrivait pas non plus à la bouger... à cause de ce tissu, autours de lui. Il entreprit de le déchirer, tirant dessus de toutes ses forces à l'aide de son bec. Quand soudain, un bruit. Il avait levé la tête vers la direction d'où il provenait, et sautilla sur la surface de bois pour s'enfuir. Il fut rattrapé par une main, et entendit :<br /><br />« Eh là… Doucement, n'ai pas peur. Tu te portes à peine mieux, alors ne t'épuise pas... »<br /><br />Sa voix avait été douce. Et il s'était calmé, rassuré que la présence ne l'ait pas aussitôt mangé. Il se tourna, et plongea son grand regard noir dans celui, couleur de glace, du jeune homme. Il n'y vit rien de négatif, aucune once de méchanceté, et il se sentit soudainement apaisé, en sécurité. Il piailla légèrement, pinçant doucement les doigts qui le tenait afin qu'on le lâcha, et sa demande fut exaucée.  Il avait faim, et avant même qu'il ne cherche des vers, des insectes ou des araignées, l'homme posa une coupelle remplie de graines sur la surface de bois où il était.<br /><br />« Tiens, mange doucement. Reprends des forces, tu te sentiras vite mieux. » lui avait-il dit.<br /><br />Puis il plongea son bec dans les graines, les croquant lentement, calmement, une par une, alors qu'il oubliait presque la présence de son sauveur. Au bout d'un moment, il leva la tête, cherchant l'homme de regard, et le trouva sur son nid, avec un livre entre les serres. Son ami avait l'air très concentré, mais cela ne l'empêcha pas de sauter de la surface de bois à son nid, et de s'approcher de lui en se dandinant. Il recula instinctivement devant l'approche de la grande main, avant de se laisser câliner, et de se rapprocher, même. Il posa un œil sur les pages noircies d'encre, et ne vit que d'étranges symboles qu'il ne comprenait pas. Mais peut-être est-ce que l'homme les comprenait, lui. Il se colla au mieux qu'il put, et sentit l'énorme poids de la fatigue l'écraser… il s'endormit.<br /><br />Lorsqu'il se réveilla, il vit, sur SA surface de bois, une étrange branche blanche, toute droite, au bout de laquelle il y avait une flamme. Il ne désirait pas s'approcher du feu, ayant déjà goûter à sa morsure une fois. Il s'en souvenait avec amusement, bien que ce jour là, son frère s'était endormit pour ne jamais se réveiller. Mais tout le monde l'avait laissé là, alors c'est que ce devait être normal. Il se sentit toujours blotti contre quelque chose, et constata que l'homme était toujours là, le livre toujours là aussi, mais fermé. L'homme tenait dans ses mains un étrange caillou à travers lequel il pouvait presque voir. Ce dernier tourna la tête vers lui, et sourit.<br /><br />Il remua sur sa branche. Il était heureux d'avoir pu faire confiance à un humain. Et de s'en être fait un ami. C'est alors que, reprenant l'étude de la silhouette, il constata que d'autres ''comme lui'' étaient présents. Ils semblaient s'affairer, dans une position identique à celle de son ami pour certains, alors que deux d'entre eux étaient au-dessus de lui, à faire d'étranges gestes avec leurs bras. Ils semblaient émettre des sons, mais il ne les entendait pas bien. Il s'approcha alors, en virevoltant, afin de saisir plus de bribes de ces étranges sons qu'il ne comprenait pas, mais il reconnaîtrait à coup sûr celle de son ami. Passa par dessus quelques morceaux de bois plantés dans le sol, au bout desquels, bercés par le vent, trônaient fièrement des drapeaux aux couleurs froides. De nombreux humains étaient là, recouvert d'un étrange plumage grisâtre jusque sur leur tête. Il se posa au bout de l'un des poteaux, et plongea son regard dans celui de son ami, alors que celui-ci ne regardait rien d'autre que l'horizon, toujours calmement.<br /><br />« Lève-toi » entendit-il<br /><br />Son ami se leva alors sur l'entente de ces mots. Il se tourna, solennellement, vers l'autel, où une jeune femme au corps gracile, à l'air presque fragile, se tenait. Le gros point jaune qui éclairait le ciel c'était couché depuis longtemps, bien qu'il ne s'en était pas rendu compte. Il piailla, comme pour attirer l'attention de son ami, qui sembla l'ignorer. La jeune femme avait un cristal, du même style que celui de son sauveur, au bout des doigts. Il tourna sa tête sur le côté, en frottant son bec sur le bois. Il regarda alors attentivement<p></p>
</div></blockquote>]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/topic/22257/un-petit-background-pas-fini-pour-un-autre-univers</link><generator>RSS for Node</generator><lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 06:23:59 GMT</lastBuildDate><atom:link href="http://star-wars-rpg.fr/topic/22257.rss" rel="self" type="application/rss+xml"/><pubDate>Thu, 26 Feb 2026 09:04:03 GMT</pubDate><ttl>60</ttl><item><title><![CDATA[Reply to Un petit background pas fini pour un autre univers on Thu, 26 Feb 2026 09:04:03 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°1<br />
Auteur : Synar</p>
<p dir="auto">le cristal et la femme, qui tourna des yeux doux vers lui. Il pris peur, mais ne put bouger, son corps comme totalement glacé. Celle-ci retourna alors son regard vers son ami, et plaça doucement son cristal sur le front du jeune homme. Il vit ses lèvres bouger, mais aucun mot n'en sortait. Il tourna à nouveau la tête, s'envolant vers un autre fanal, le bruit de ses battements d'ailes brisant le silence nocturne. Il se posa à nouveau, sans un bruit, et regarda à nouveau la scène.<br /><br />Une flamme naquit au niveau du cristal, alors éloigné du front du jeune homme. La femme semblait sourire, et il essaya… mais son bec ne bougea pas d'un pouce. Il ressentait le calme de son ami, et cela l'apaisa. Ce dernier se mis à nouveau à genoux, et se tourna vers l'assemblé. Il était serein, dans son corps et dans son âme. Il avait d'étranges vêtements, mais il n'y prit pas garde, et regarda calmement toutes les silhouettes présentes, alors qu'un nouveau bruit troubla le calme :<br /><br />« Raeven, te voilà rebaptisé selon les préceptes de notre Ordre. Puissent tes pas te conduire vers l’Équilibre, et ta sagesse illuminer toutes les torches éteintes. Lève-toi, et profite de ta renaissance ! »<br /><br />L'homme dont provenait le son avait les bras écartés, et il regarda calmement toutes les personnes s'éloigner du lieu de la cérémonie. Des minutes passèrent, et il prit son envole pour rejoindre son ami, en piaillant de bonheur. Le nouveau nommé Raeven se tourna, et tendit sa main vers le volatile, qui se posa sur le doigt, en le saisissant de ses pattes.<br /><br />« Je savais que tu étais ici. Je t'ai sentit et entendu tout à l'heure, excuse-moi de ne pas t'avoir répondu... »<br /><br />Il lui répondit en ouvrant le bec, un léger son strident sortant de celui-ci. Raeven rit, avant de reprendre :<br /><br />« Tu es en très bonne santé, à ce que je vois. Cela me fait plaisir de te revoir, ta curiosité m'a beaucoup manqué » lâcha t-il, amenant l'oiseau jusqu'à lui, afin de le caresser de l'autre main.<br /><br />Le volatile se laissa faire, cherchant de lui même le contact. Raeven leva son regard au ciel, et sourit à l'astre lunaire, l'oiseau suivant son regard. Son ami lui dit :<br /><br />« Tu vois… un jour, les humains comprendront ce qu'ils loupent, ce qu'ils gâchent, à vouloir ainsi s'entre-tuer… Un jour, peut-être parviendront-ils à l'illumination qui nous a tous touchés ici… »<br /><br />Il soupira calmement, avant de se diriger vers l'escalier qui lui permettrait de regagner les locaux de son Ordre...<br /><br /></p><blockquote class="spoiler"><cite style="cursor:pointer">Spoiler</cite><div style="display:none"><br />Chapitre troisième : L'Exil<br /><br />Les bottes martelaient le sol de ce sentier de terre, que la pluie torrentielle de la veille avait rendu boueux. A chaque pas giclait, de chaque côté, le liquide pâteux et brun, souillant les chausses de la troupes qui s'aventuraient, à allure modérée, par ici. Ils avaient tous l'épée au côté, et le tintement métallique de leurs cottes de mailles étaient la seule chose que l'on pouvait entendre lors de cette nuit sans lune. De la quinzaine d'hommes, quelques-uns semblaient porter des torches afin d'éclairer d'une lueur presque spectrale la nuit noire, mais tous étaient armées jusqu'aux dents : Fouets, crucifix, arbalètes et lames en tout genre. Leurs manteaux longs et leurs chapeaux, d'un cuir sali, craquelé par le temps et les intempéries, et cirés, semblaient faire glisser les trombes d'eaux qui tombaient alors du ciel. L'un d'eux, au visage cicatrisé, buriné, semblait néanmoins avoir des armes, et des vêtements, bien plus neufs, alors que l'épée qui pendait à sa droite avait un aspect bien plus aiguisé et tranchant que celles de ses comparses. Il leva la main, et la totalité de la troupe se stoppa derrière lui, dans un silence mortuaire. L'un de ses hommes trottina jusqu'à lui, et sortit de sous son manteau un morceau de parchemin, qu'Il arracha d'un geste rageur, et déplia sans la moindre retenue. Il pointa un point de son doigt ganté, et leva son regard de la carte.<br /><br />Sa barbe, d'un blond cendré pigmenté de gris, était longue de quelques jours, et son nez, rougit par la fraîcheur nocturne de cette nuit d'automne, avait un aspect crochu. Son œil droit, vert comme l'émeraude, brillait d'une lueur funeste, accompagnant son sourire pervers dans la besogne qu'il allait accomplir. Finalement, son cache œil, cousu dans un tissu noir, lui bandait l’œil gauche. Dessus, on pouvait clairement voir brodée cette fameuse croix, la croix rouge, la croix des Inquisiteurs. Voilà longtemps que lui et sa bande n'avait plus de réelles missions à accomplir pour le compte de sa Grandeur le Pape, aussi s'étaient-ils installés dans les villages par lesquels ils passaient. Il se souvenait encore de ce forgeron, qui avait généreusement accepté de reforger une lame digne d'un inquisiteur. Il s'était débrouillé pour le faire juger coupable d'hérésie, et le pauvre homme fini pendu haut et court en place publique, alors que sa bourse avait conservé quelques généreuses pièces. Il esquissa un sourire macabre au souvenir de cette douce journée. Brûler quelques innocents lui permettait de ne pas perdre la main pour les véritables nécessités.<br /><br />Et le jour était venu. Alors qu'il avait reçu un édit papale, aucun doute possible là-dessus. Ses hommes et lui allaient reprendre du service dans ce qu'il savait faire le mieux, la chasse aux sorcières et aux démons. Voilà des mois que l'on surveillait cette cabale, et on en avait enfin trouvé le lieu de culte. Il fallait simplement leur apporter le pardon divin. Cette pensée lui parcourue l'échine d'un faible tremblement, alors que ses réflexes, qui ne l'avaient jamais vraiment quittés, commençaient à revenir. Il se souvenait de tout ses précédents ''contrats'', alors qu'il arrachait à des familles les personnes les plus importantes. Mais peu lui importait. Elles avaient été jugées coupables de trahison envers l’Église, et lui n'était que le berger qui ramenait le troupeau à la raison… par l'élimination de quelques têtes grises. Il jeta alors la carte qu'il tenait en main, qui alla se noyer dans une profonde flaque d'eau croupie, et reprit sa course, faisant signe à sa compagnie de le suivre, piétinant au passage le pauvre papier. Peu lui importait désormais. Il pouvait sentir l'odeur de la corruption, l'odeur du démon. Il courrait allègrement au milieu des arbres qu'il ne voyait pourtant qu'à moitié, sans aucun bruit. Il s'approcha alors d'un petit bosquet, non loin d'une étrange arche, et fit signe à sa troupe de se cacher. Il irait s'occuper des deux gardiens… seul. Et en un éclair, il sortit des fourrés, alors que les deux silhouettes encapuchonnées tendirent vers lui des lances de bois et de silex :<br /><br />« Qui va-là ? » lança l'un d'eux.<br />« Un simple voyageur égaré. Je demande le gîte et le couvert pour la nuit… Ayez bon cœur... » <br /><br />Et les deux gardiens baissèrent leur garde, le moment parfait pour agir. D'un geste rapide, il dégaina lestement, tranchant la gorge de l'un des deux hommes, étouffant au passage ses cris, qui auraient pu alerter ses pairs. L'autre regarda le bout de sa lance, littéralement tranché, d'un regard incrédule. Il voulu hurler, mais un poing vint rencontrer sa mâchoire, qui se disloqua littéralement sous la puissance de l'impact. Roulant alors au sol, incapable de parler et d'émettre le moindre son, il se sentit lever par les deux bras, et traîné jusqu'à l'homme qui avait demandé asile. Ce dernier, essuyant son épée avec un pan de la robe de son confrère, le regarda dans les yeux, et lâcha, d'un ton cruel :<br /><br />« Tu reconnais ce symbole, n'est-ce pas ? Tu sais qui nous sommes. Alors pas besoin de te dire ce que nous allons faire à tes amis… »<br /><br />Il claque des doigts, et une torche s'approcha de la robe, qui prit rapidement feu. Les yeux du pauvre homme semblait luire d'une aura qui demandait pourquoi, alors que son corps rôtissait peu à peu.  En tendant l'oreille, il était même possible d'entendre les couinements de douleurs du gardien, qui ne pouvait assister qu'impuissant à sa propre mort.<br /><br />L'Inquisiteur se leva, et s'engouffra alors dans la tanière des hérétiques, suivit de très près par ses hommes. ''C'est comme lâcher un furet dans un terrier de lapin'' pensa t-il, des flammes meurtrières dans l’œil…<br /><br /><div style="text-align:center">*** *** ***</div><br /><br />Ils descendaient calmement, le long de cet escalier qu'ils s'étaient imaginés beaucoup plus court. Depuis plusieurs minutes déjà, ils avançaient dans cette gueule béante vers l'enfer, éteignant à chaque fois les torches aux lueurs bleutées. Quelques-uns d'entre-eux étaient restés en haut, à l'entrée, afin de guetter l'arriver d'éventuelles nouvelles proies. Le Capitaine menait la marche, alors qu'il entendait de plus en plus les activités de cette société secrète, dénigrée et rejetée par Dieu. Il finit par entrevoir le bout de la descente, alors que la lumière semblait s'épaissir à chaque nouveau pas. Il arriva en bas de l'escalier, et y posa un pieds leste, dénué de tout bruit, suivi de près par sa bande. Il fit quelques signes incompréhensibles par ceux qui n'y avaient pas été habitués, et rapidement, une moitié du groupe se scinda dans l'autre couloir. La moisson allait pouvoir commencer. Il continua dans le couloir, et arriva au beau milieu de ce qui semblait être une cuisine. Les femmes ici lâchèrent leurs plats sous la stupeur, alors que le regard froid et cruel du Capitaine les glaça sur place. Puis soudain, un hurlement. Il dégaina sa lame, et la passa au travers de la jeune femme la plus proche, alors que l'autre, saisie par deux hommes, vit sa tête être écrasée par un énorme maillet. Le calme des lieux avaient alors laissés leur place à une cacophonie sans nom, alors que tout le monde à l'intérieur semblait vouloir s'affairer rapidement.<br /><br />Il défonça la porte à coup de pied, et les échardes de bois tombèrent au sol, laissant un trou béant par lequel ses hommes tirèrent quelques carreaux d'arbalètes, suivis de près par d'étranges soufflements, signe que certaines avaient atteint leur but.<br /><br />« Tenez les ici ! » hurla une voix, de l'autre côté.<br /><br />Ils entrèrent, et firent face à une groupe de sept hommes, armés de bâtons lestés, renforcés de fer. La mêlé s'engagea, les lames étaient déviées par les renforts de métal, mais aucun des sectaires n'avaient l'agilité et la fourberie au combat des inquisiteurs, alors que les uns dégainaient des lames de leur manche afin de les planter dans les yeux de leurs adversaires, tandis que d'autres lâchaient des carreaux venus d'arbalètes miniatures qu'ils tenaient dans la main. Le Capitaine tenait tête à trois adversaires à la fois, et les terrassa d'un large moulinet du bras, tranchant aisément veines et membres. La salle fut vidée en quelques instants, alors que de l'autre côté, venant de la direction de l'autre groupe, les bruits de combat faisaient encore rage.<br /><br />« Continuez ! » ordonna t-il à ses hommes. <br /><br />Et ils s'exécutèrent promptement, connaissant l'humeur mortuaire de leur chef lorsque les effluves de sang lui montaient à la tête. Lui s'en alla en trottinant rejoindre l'autre groupe, hurlant un ordre vif, sec, afin que les vigiles descendent, planta trois flèches d'une côté et deux de l'autre. Il comprendrait, mais il ne s'attarda pas à les attendre. Il continua. Le dédale de couloir était long, tortueux, mais à mesure qu'il se rapprochait, il entendait de moins en moins les bruits des armes qui s'entrechoquent. C'est alors qu'il arriva dans une longue pièce. Quatre de ses hommes étaient encore debout, le cinquième au sol, une longue estafilade sanglante coupant le cou en deux, et remontant jusqu'à l’œil gauche, qui ne saignait pourtant pas, semblant littéralement glacée. Il leva les yeux, et vit l'un des condamnés, emmitouflé dans une lourde robe noire comme la nuit. Il portait une lourde et longue faux, au manche cristallin, presque transparent, et à la lame bleue comme la glace. Un fin sourire se dessina alors sur les lèvres du l'homme, qui ne daigna même pas regarder les hommes en face de lui. Ceux-ci se retournèrent, un étrange rictus de peur, d'agonie et de stupéfaction figé sur le visage. Ils tombèrent lentement, souplement, comme foudroyés par la main Divine.<br /><br />C'est à ce moment que choisir les trois hommes que l'Inquisiteur avait appelé pour débouler dans la pièce. Sans un ordre, sans un son, le capitaine se jeta sur son nouvel adversaire, suivit de près par ses acolytes. L'homme à la faux paraît chaque attaque sans difficulté, tournoyant, lançant sa faux dans une étrange rotation, artistique mais mortelle, qui déviait les lames et les carreaux d'arbalète. Il bloqua l'une des lames à l'aide du tranchant de sa faux, et donna un coup sec du manche. L'épée explosa de mille morceau, et une rapide rotation de l'arme funeste décapita un nouvel inquisiteur. Le Capitaine continuait d'asséner des coups qui ne passaient pas, jusqu'à ce que, détournée par les deux autres inquisiteurs, l'attention de l'homme laissa sa garde ouverte. Le Capitaine plongea sur le côté, et lacéra profondément le flanc de son adversaire, qui n'émit aucun son. L'homme fit tournoyer sa faux, et la trajectoire mortelle coupa, littéralement, en deux les deux autres inquisiteurs.<br /><br />« Tu ne me vaincras pas, Hérétique » pesta l'Inquisiteur taciturne.<br /><br />Et le balais de lame reprit. Chaque coup de l'un était dévié ou esquivé par les mouvements de l'autre, et aucun ne semblait parvenir à prendre l'ascendant. Aucun, jusqu'à ce qu'au bout de plusieurs minutes, l'homme en noir se stoppa dans son mouvement, net. Il esquissa un sourire de douleur, et le Capitaine planta son épée profondément dans le ventre de son adversaire. Il se recula alors. Mais l'autre semblait ne pas vouloir mourir. Il reprit son avancé, et le Capitaine n'eut d'autre choix que de dégainer une courte dague, avec laquelle il rivalisait presque aussi efficacement. Il s'abaissa, en pliant ses genoux, et la faux trancha l'air au dessus dans un ''Wooof'' menaçant. Un coup d’œil lui permit de comprendre qu'elle s'était planté dans le mortier qui tenait les briques entres-elles. Il passa de sa position accroupie à une position debout en un éclair, et se jeta sur son adversaire, plantant sa dague dans l'épaule de celui-ci. Son poing alla rencontrer brutalement la tête de l'autre, alors qu'il disait, un ton de folie dans la voix :<br /><br />« Rencontre ton destin, Fouuuuuu ! »<br /><br />L'autre sourit, dévoilant alors une série de dents ensanglantées, brisées, et cracha une épaisse gerbe de sang au visage de l'Inquisiteur, avant de dire :<br /><br />« Nous savions que vous alliez venir… Ceux que vous cherchez sont déjà loin d'ici… Tu arrives encore trop tard, Gregor... »<br /><br />Le Capitaine recula, surpris. Comment cet homme savait qu'il se nommait Gregor ? Qui était-ce ? Pourquoi ?<br /><br />« Réponds- moi ! D'où me connais-tu, Hérétique ?! » hurla t-il en retirant son épée du corps de l'homme au sol. « Réponds-moi, Démon ! Où tu connaîtras une éternité d'agonie pour les péchés que tu as proféré ! »<br /><br />L'homme au sol ne répondit rien, retirant simplement sa capuche, devant le regard plein de haine, d'amour et de compassion de l'Inquisiteur.<br /><br />« Mannfred ? » lâcha t-il, incrédule… avant d'éclater d'un fou rire malade « Tu m'as trahis Mannfred, et n'imagine pas qu'être mon frère te protégera du jugement Divin ! » déclara t-il, avant de trancher la tête de son adversaire, de son frère… de son sang. Ses hommes survivant arrivèrent alors en trottinant, au rapport :<br /><br />« Capitaine, nous n'avons rien trouvé de ce que nous cherchions. Mais plus aucun de ses fous n'est encore en v... »<br /><br />Gregor le coupa, d'un ton fou et rageur :<br /><br />« ALORS RETROUVEZ MOI CES FUGITIFS AVANT QUE JE NE FASSE PASSER VOS CADAVRES POUR LES LEURS !!! »<br /><br />Il rengaina, rageur, et se dirigea vers la sortie...</div></blockquote><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/185114</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/185114</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Thu, 26 Feb 2026 09:04:03 GMT</pubDate></item></channel></rss>