Au milieu de nulle part
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Post n°7
Auteur : KryannLa navette avait atteint sa vitesse de croisière. Dans le cockpit, tout était silencieux, comme si plus rien d’autre ne comptait que ce croiseur Sith qui semblait dériver, sans vie ni but. Freemen était tendu, nul besoin d’être un sensitif pour le voir. Malgré toute son expérience, la pression accumulée se ressentait dans ses mouvements légèrement saccadés, et sa manière de tenir les commandes, à s’en faire blanchir les articulations. Il énonçait, minute après minute, la distance restante les séparant du vaisseau obscur.
-Pour l’instant, on passe sous les radars…
Kryann était tout aussi tendue. Sa fourrure frémissait par moment, et elle s’était exilée à l’arrière du cockpit. Par instant, sa main venait toucher son arme, artefact dérisoire qu’elle haïssait autant qu’elle remerciait à cet instant précis. Les Républicains avaient été clairs : eux ne monteraient pas à bord. Trop dangereux, trop irréfléchi, trop seuls, peu importe à quoi ils devraient faire face. Les Jedi seraient seules. Inspiration. Sarina avait ressenti le trouble de sa padawan. Expiration. Elle se rapprocha, posant sa main sur son épaule et la serrant gentiment. Ensemble. C’était ce qu’elle devait se dire. Elle n’était pas seule, jamais. La Force l’accompagnait, et son Maître également. Sur un signe de tête de sa part, elle la suivit, s’engageant vers la rampe d’accès. Celle-ci ne tarderait plus à s’ouvrir.
-Garde ton arme à la ceinture. Rappelle toi : nous ne cherchons pas le conflit, ni l’escalade. Nous sommes garants de la paix avant toute chose.
-Maître, et si… on nous attaque ?
-Alors évertue toi à préserver les vivants, en toute chose. Ne t’inquiète pas, je reste près de toi.
L’apprentie hocha de la tête. Dans l’intercom, la voix nasillarde de Freemen :
-Une minute. Préparez-vous.
Tout comme Sarina, Kryann se débarrassa de sa bure noire. A l’intérieur du vaisseau, elles n’en auraient pas besoin. Si le Chevalier avait essayé d’être rassurant, il était évident qu’elle n’en menait pas vraiment large non plus, et que ses paroles avaient autant pour but de réconforter la Cathar que se donner du courage à elle-même. Jamais elle n’avait vécu une telle situation, en dépit d’une vie aventureuse à braver les dangers. Cette fois, c’était un réel saut dans l’inconnu, et il y avait fort à parier que des forces hostiles les attendaient.
-Ouverture du sas.
Une dernière inspiration. D’un bond, les deux Jedi quittèrent la navette. Un saut de quelques mètres qui les coupaient définitivement du reste du monde, de la Galaxie. Sans communications, sans soutiens, elles étaient désormais livrées à elles-même. A peine réceptionnées dans ce hangar sombre, elles purent observer, au dessus de leur tête, la navette qui faisait un demi-tour rapide et quittait les lieux. Hors de question pour le pilote de reste une seconde de plus que nécessaire. A terre, Sarina et Kryann se plaquèrent contre un mur, la première inspectant les lieux, la seconde se bouchant les oreilles. Ce n’était pas uniquement le Côté Obscur qui l’assaillait ici, c’était tout l’environnement. Comme si une chape de plomb venait de se poser brutalement sur ses épaules, la pression se révélait presque insoutenable et tout le corps de la Cathar lui hurlait, la suppliait de s’enfuir de cet endroit maudit qui la comprimait.
Elle sentit qu’on lui attrapait les poignets, et une voix douce, calme, mais assurée résonna dans son esprit.
< Tout va bien, ma padawan. Je suis là pour t’aider. Laisse toi aller, écoute moi. Le Côté Obscur est puissant, mais tu es bien plus forte que ça. >
Les yeux de la Cathar se fermèrent, et sa tête heurta violemment le mur derrière elle, comme pour se réveiller d’un mauvais rêve.
< Je sais que c’est difficile, mais tu ne dois pas renoncer, c’est trop important. Résiste. >
Tant de chants déformés, de bruits sourds, de musiques asymphoniques venaient heurter son cerveau, ses tympans, que c’en était insupportable. Même la voix de Sarina parvenait difficilement à se frayer un chemin. Dans ce tumulte, la Force était si présente, si puissante, que Kryann s’en cachait autant qu’elle s’en enivrait. Elle ressentait dans toutes ses fibres l’appel de la puissance, du pouvoir, si aguicheur, si attrayant, si libérateur ! Elle voulait maîtriser ce pouvoir, et en même temps le rejetait.
< Concentre toi uniquement sur ma voix, et elle seule. Je te guiderai dans ce dédale, mais tu devras vivre avec ces émotions. Sois forte. >
La présence de Sarina s’estompa. Ses paroles avaient fait mouche. Être forte. Oui, c’était ça qu’elle désirait, plus que tout, mais pas à n’importe quel prix. Elle ne tomberait pas, elle ne basculerait pas. Elle avait vu l’influence du Côté Obscur sur Endor, sur Coruscant, sur Dxun. C’était impensable de participer à cela. Elle deviendrait forte, oui, mais pas en cédant aux sirènes du côté sombre de la Force. Jamais. Elle rouvrit ses yeux jaunes, animée d’une détermination féroce. Oui, elle était prête à faire face. -
Post n°8
Auteur : HivernusA l’arrière de la passerelle, au sein du centre de commandement, le contre-amiral Festus lit avec intérêt les divers rapports qu’on vient lui remettre. Pour l’heure, la situation semble sous contrôle. L’armada impériale domine le système par sa simple présence et le mystérieux vaisseau qu’on voyait sur les senseurs a l’air d’avoir disparu. Peut-être que le message d’avertissement l’a réellement convaincu de rebrousser chemin. Selon les instructions du commandant de la première flotte d’intervention rapide, quelques chasseurs TIE ont cependant été dépêchés sur place afin de s’assurer de son départ. Après tout, certains vaisseaux sont équipés de champs de dissimulation parfaitement opérationnels… Et nul passage en hyperespace n’a été confirmé sur les consoles. Il se peut donc que les mystérieux invités aient décidé de se dérober à la vue des impériaux. L’officier cherche donc à éviter toute complication éventuelle qui pourrait être liée de près ou de loin à l’usage d’un vaisseau furtif.
- Amiral, l’équipe des senseurs a repéré plusieurs formes de vie organiques à bord du vaisseau fantôme. Indique un membre d’équipage.
Visiblement, ses inquiétudes semblent fondées… Ces individus, probablement armés, sont très certainement des pilleurs d’épave ou des récupérateurs de vaisseaux. Selon les rapports collectés ici et là par les services de renseignements impériaux, nul être vivant n’est supposé se trouver à bord de ce maudit destroyer. Une autre hypothèse se dessine cependant dans l’esprit du contre-amiral. Se peut-il que les informations regroupées par le terrifiant Bureau de la Sécurité Impériale soient erronées ? Se peut-il, en fait, que le vaisseau soit occupé depuis le début ? Non… Une telle erreur ne peut pas avoir lieu. Du moins… Pas au sein de la police politique impériale. Dans tous les cas, ces individus, peu importe leur affiliation, devront collaborer avec les forces impériales ou subir le courroux de l’Impérium.
- Communication, passez sur la fréquence deux-point-cinq, à destination du vaisseau fantôme. Ordonne Festus, qui souhaite s’entretenir avec le potentiel équipage du navire sans passer par une fréquence ouverte, que n’importe qui peut intercepter.
- Communication établie Amiral.
- Ici le Contre-Amiral Festus, à la tête de la première flotte d’intervention rapide impériale. Dans le cadre d’une opération militaire actuellement en cours, ce vaisseau est dorénavant placé sous autorité impériale. Veuillez éteindre sur-le-champ les moteurs et désactiver tous les systèmes d’armement. Il est également demandé à l’équipage de se préparer à un abordage et de se constituer prisonnier. Tout refus d'obtempérer se soldera par la destruction pure et simple du vaisseau.
D’un simple geste de la main, l’officier demande à ce qu’on ferme le canal. Tout ce qu’il s’apprête à dire ne doit pas être entendu de l’hypothétique équipage du présumé navire fantôme.
- Contactez le Colonel Swedberg. Qu’il prépare ses troupes à l’abordage. Donnez-lui les instructions suivantes : Armes réglées sur tirs incapacitants. Usage de la force létale autorisée pour les sujets représentants un danger direct pour les sections d’abordage.
- Bien Amiral.
Alors que le matelot s’exécute et transmet les ordres de son supérieur au commandant des commandos de l’ACTU, un officier chargé des communications reçoit un message particulièrement déroutant. C’est avec une expression de surprise au visage qu’il se tourne vers le contre-amiral.
- Amiral… Nous venons de recevoir un message de la part d’un vaisseau s’identifiant comme le “Kiltik Volant”, des forces armées Cathars. Il prétend recevoir ses ordres du Moff Valiant lui-même et s’apprête à aborder le navire fantôme. Indique celui qui arbore une plaque de lieutenant sur son uniforme. Le transpondeur du vaisseau est bel et bien impérial. Aucun doute là-dessus.
Sur la carte à projection holographique, un nouveau point apparaît. Le vaisseau des forces armées Cathars se dirige tout droit vers ce fichu destroyer. Se peut-il que le clone soit à bord du “Kiltik Volant” ? Celui qui occupe désormais le poste de Moff de Cathar a toujours été un homme de terrain. Il n’est donc pas impossible qu’il ait décidé de superviser lui-même la capture du vaisseau. Après tout, le commandant de la première flotte d’intervention rapide avait été informé que Valiant recherchait le navire fantôme, avec l’intention probable de s’en emparer. S’il se trouvait vraiment à bord, le contre-amiral pourrait se contenter d’ordonner à l’armada de faire feu afin de débarrasser la galaxie du clone, une bonne fois pour toute. Le général a fait son temps après tout. Il est désormais temps qu’il laisse sa place à la nouvelle génération. Avec sa disparition, l’Impérium se porterait bien mieux ! Et la Grande Moff serait probablement heureuse d’avoir un poids en moins sur les épaules.
Cependant, tuer le Moff, s’il se trouve effectivement à bord de ce vaisseau, risque d’amener certaines complications. Au sein de l’Impérium, il serait facile de faire passer son assassinat pour une disparition mystérieuse. Après tout, ce coin-là de la galaxie regorge d’horreurs et de dangers. Une mauvaise rencontre aurait très bien pu avoir raison du clone et de son équipage. Néanmoins, quelques témoins gênants, notamment à bord des différents destroyers de l’armada impériale, pourraient confirmer qu’on a cherché à se débarrasser d’un opposant politique. Le colonel Swedberg et ses hommes, dont l’allégeance n’est pas déterminée, pourraient très bien se retourner contre lui et demander des explications. Peut-être même que les commandos de l’ACTU vont se joindre à Valiant et s’emparer du vaisseau fantôme en son nom s’il est vraiment sur place.
Pour l’heure, une coopération semble donc nécessaire… Toutefois, le contre-amiral n’est pas dupe. Faire débarquer des troupes loyales à la Grande Moff peut permettre de faire pencher la balance en sa faveur. Et si jamais la situation lui échappe, il pourra toujours faire usage de la force en cas de dernier recours. Dans tous les cas, la venue d’une tierce partie complique les choses, à n’en pas douter.
- Valiant… Maudit soit-il… Murmure Festus en serrant doucement les poings.
L’impérial rumine en silence le temps de quelques secondes, puis décide de donner ses ordres à l’officier chargé des communications.
- Faites escorter le “Kiltik Volant” par quatre de nos chasseurs TIE. Et transmettez un message au Capitaine Himron. Je veux qu’il débarque sur ce foutu destroyer avec plusieurs de ses sections d’abordage et qu’il coordonne ses actions avec le Colonel Swedberg.
- Oui Amiral.
C’est avec la gorge nouée que le commandant de la première flotte d’intervention rapide suit les nombreuses transmissions de directives qui circulent d’un côté à l’autre de la salle. Quelque chose, au plus profond de lui, semble le remuer. Il a l’impression que cette opération, en apparence si simple, va rapidement tourner au désastre.
Dans les coursives de l'Équinoxe de Printemps, l'effervescence est totale. Des colonnes entières de soldats se déplacent d’un bout à l’autre du vaisseau, au pas de course. Les hommes rejoignent le hangar principal pour se préparer à l’abordage, surveillés distraitement par trois officiers qui sont occupés à discuter entre eux. Ceux qui parviennent à surprendre un bout de conversation peuvent constater qu’il ne s’agit pas d’un échange cordial.
- L’Amiral devrait laisser les professionnels se charger de ça. On peut très bien se passer de votre aide pour prendre le contrôle de ce fichu destroyer.
Le colonel Swedberg, qui en impose dans son armure de phrik, toise son interlocuteur. Visiblement, les derniers ordres du contre-amiral ne semblent pas être à son goût.
- Sauf votre respect, Colonel, c’est l’Amiral Festus qui dirige cette opération. Vous devez vous plier à ses ordres. Réplique alors le stormtrooper qui lui fait face, sèchement.
L’officier à la tête des commandos de l’ACTU ravale son mépris. Le capitaine Himron a raison. C’est Festus qui donne les ordres. Refuser de se plier à ses instructions, c’est faire preuve d'insubordination. Même s’il n’approuve pas la décision du contre-amiral, le colonel refuse de montrer le mauvais exemple à ses hommes. L’élite de l’Impérium se doit d’être exemplaire. Il en a toujours été ainsi. Il se résigne donc à accepter.
- Hmm… Vous avez raison. J’ai quelques conditions à poser cependant.
Le stormtrooper pousse un soupir à travers son casque. Cette situation pénible ne l’enchante pas plus que l’homme qu’il a en face de lui. La rivalité entre les différents corps d’armée et les diverses branches militaires de l’Impérium n’est plus à prouver. Chacun cherche à tirer la couverture vers lui, dans l’espoir de s’attribuer tous les mérites. Les discours grandioses prônant une unité inconditionnelle sous la bannière impériale et les exploits glorieux de soldats de différents régiments combattant main dans la main ne pourront en rien changer cela. En de rares occasions, les impériaux sont capables de mettre de côté leurs différends pour lutter contre un ennemi commun. Mais bien souvent, toute tentative de collaboration est perçue comme une forme d’ingérence...
- Dites toujours... Marmonne l’officier.
- On ne sait pas sur quoi on va tomber au sein de ce vaisseau. Nous aurons peut-être affaire à trois péquenauds morts de trouille... Ou des petites frappes qui se la jouent durs à cuire. Mais on peut aussi très bien tomber sur des individus plus dangereux. Swedberg insiste particulièrement sur ce dernier mot. L’ACTU a été mobilisée sur cette opération uniquement parce qu’on soupçonne les Sith d’avoir leur rôle à jouer dans cette histoire de navire fantôme. J’ai vu de quoi sont capables ces pourritures sur Mygeeto. Et croyez-moi, ils n’ont pas besoin d’être nombreux pour causer des dégâts.
Le colonel n’est pas prêt d’oublier le traumatisme qu’est Mygeeto. Des dizaines d’impériaux ont été tués ou gravement blessés lors des attentats perpétrés par les Sith sur le sol séparatiste. Le commandant de l’ACTU a lui-même failli y rester. Sa peau est encore couverte de marques de brûlure et il lui est parfois difficile d’ignorer les limites que lui imposent ses nouvelles cicatrices. Le temps a beau passer, Swedberg ne rêve que du jour où il pourra prendre sa revanche sur ces maudits Sith. Il y a une certaine rage, dans sa voix, qui ne trompe pas son interlocuteur. Le colonel a envie d’en découdre.
- Vos hommes risquent de gêner les miens dans leur boulot. Mieux vaut éviter de se tirer dans les pattes. Je propose donc que mes gars s’occupent de nettoyer le vaisseau. Les votres se chargeront de sécuriser les zones nettoyées. C’est le mieux que je puisse vous proposer Capitaine.
La proposition est humiliante. Swedberg veut reléguer les troupes de choc impériales a un rôle secondaire. Les commandos de l’ACTU vont donc se taper tout le boulot et la gloire qui va avec. A l’inverse, les stormtroopers vont s’amuser à faire le planton dans les coursives du vaisseau, sans aucune perspective d’action en vue. L’officier semble persuadé que les “simples troufions” qu’ils sont n’ont aucune chance de vaincre face à un Sith. Il se trompe lourdement, à n’en pas douter. Seuls les meilleurs sont retenus au sein des troupes de choc impériales. Les batteries de tests intenses que subissent ceux qui aspirent à devenir stormtroopers sont probablement parmi les plus difficiles de la galaxie. Et les entraînements qui suivent le sont tout autant. Himron ne doute donc pas un seul instant de la capacité de ses hommes à maîtriser un Sith. Cependant, le capitaine sait aussi que s’il perd du temps à débattre, il laisse du temps aux occupants du vaisseau de s’organiser.
- Très bien. Faisons comme ça. On sera derrière vous pour assurer vos arrières, au besoin. Répond le stormtrooper avec toute la courtoisie dont il peut faire preuve, bien qu’agacé.
- J’apprécie le geste. Voici comment on va procéder...
Le commandant de l’ACTU présente son bloc de données aux deux officiers qui l’entourent et entoure à l’aide de son index divers points sur une représentation en 3D du destroyer fantôme.
- Le mieux, c’est de disperser nos forces et d’entrer dans le vaisseau à quelques endroits bien précis. Deux unités se chargeront d’investir le hangar. Il faut éviter toute intrusion à ce niveau là, qu’elle soit de l’intérieur ou de l’extérieur. Quatre autres unités auront pour priorité la sécurisation des compartiments bâbord et tribord. Elles devront converger en un point bien précis pour progresser ensemble vers le pont principal. Indique Swedberg en s’appuyant sur son datapad pour illustrer ses propos. Je garde le reste de mes unités en réserve. On pourra les déployer là où le besoin se fera sentir.
- Entendu. Je vais faire déployer deux sections sur tribord et deux sections sur bâbord pour appuyer vos unités. Ajoute le capitaine à sa suite.
- C’est noté. Le colonel tourne son casque vers la silhouette en armure qui n’a rien dit depuis le début de la conversation. Capitaine Owt, préparez les hommes et transmettez les ordres.
- Oui mon Colonel.
L’officier à la tête de la Task Force 222 fait claquer ses bottes puis tourne les talons pour aller rejoindre les troupes. Le commandant de l’ACTU l’observe s’éloigner en silence. Des souvenirs lui montent à la tête. Cette scène lui en rappelle une autre… Il se remémore une fois de plus le désastre de Mygeeto. Aujourd’hui, la planète de glace est remplacée par un destroyer aux parois froides. Swedberg voit en cette opération l’opportunité de redorer le blason de l’ACTU. Il refuse toute notion d’échec. S’il le faut, il est prêt à donner sa vie pour faire honneur à son uniforme.
- Capitaine Himron, on se revoit de l’autre côté.
- Bien sûr Colonel.
Les deux officiers se séparent pour rejoindre leurs unités respectives. S’ils ont réussi à s’entendre, la rivalité demeure. Dans le hangar, les quelques sections de stormtroopers rassemblées pour l’abordage n’attendent que de recevoir leurs instructions.
- Nous avons reçu nos ordres. Les unités de l’ACTU vont se charger d’ouvrir la voie et de nettoyer le vaisseau. Notre rôle à nous, c’est de les appuyer. On surveille leurs arrières et on sécurise les points stratégiques. Lance le capitaine à ses hommes. Les forces d’abordage vont être déployées sur trois zones. Section Méduse, section Chimère, vous serez déployées sur les compartiments tribord avec les deuxième et quatrième unités de l’ACTU. Section Manticore, section Centaure, vous appuierez la troisième et cinquième unités de l’ACTU dans les compartiments bâbord. Une dernière chose avant de partir… Faites honneur au Corps des Stormtroopers. Faites honneur à votre serment. Et faites honneur à l’Impérium. Ne jouez pas aux héros. Contentez-vous de faire votre boulot !
D’un geste sec, Himron désigne les transports DX-9.
- Sections, à mon commandement, veuillez rejoindre vos transports. Ordonne l’officier. En avant… Marche ! Exécution !
Les commandos de la Task Force 222 sont déjà en train d’embarquer à bord des véhicules d’assaut qu’on leur a assignés. Trois transports DX-9 se remplissent peu à peu de soldats équipés d’armures en phrik. Deux autres sont attribués aux quatre sections de stormtroopers. Les sections Méduse et Chimère prennent place dans le premier, laissant le second aux sections Manticore et Centaure. Lorsque tout le monde est à bord, les appareils décollent, quittent le hangar de l'Équinoxe de Printemps puis se dirigent vers le vaisseau fantôme… L’heure est à l’action !Spoiler : Spoiler
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Post n°9
Auteur : Kath AplazmRP précédent.
Spoiler : Ambiance musicale
- Aïe !
Se frottant la tête, Kath regarda avec confusion le linteau d'acier contre lequel il venait de se cogner. La soute du Delt-Aplazm, malgré ses cinq cellules aménagées en chambres au confort tout relatif, n'était décidément pas suffisamment grande pour qu'Adi et son apprenti s'adonnent au perfectionnement des arts Jedi. Une moue dubitative sur le visage de la Correlienne indiqua que son constat était similaire ; la lame bleutée de son sabre laser retrouva son manche, suivie l'instant d'après par l'émeraude de Kath. Pendant les longues heures qui les avaient portés d'Iziz jusque au milieu de l'espace, ils avaient travaillé les mouvements gauche de Kath au Soresu, en passant par une révision complète des bases, pour terminer vers l'apprentissage d'une nouvelle forme de combat dont l'Alderaani avait peine à se souvenir du nom : Shien ? Quelque chose comme ça. Pas très complexe ni physique, elle nécessitait principalement la concentration sans faille de son utilisateur. "Un bon moyen de te préparer à affronter le danger des adeptes du Côté Obscur", avait dit maître Jolian. Sans doute avait-elle raison : Kath avait bien constaté que sa technique au sabre était défaillante lorsqu'il avait fallu combattre la Cathar enragée dans la jungle d'Ondéron. Mais lui demander une attention complète relevait presque de l'impossible et il finissait toujours par perdre ses duels avec sa professeure.
- Bon, on va s'arrêter là pour le moment. Répète les mouvements dans ton esprit lorsque tu méditeras. Ce n'est que par la pratique assidue que tu pourras espérer maîtriser cette forme de combat.
- ...Vous pensez que ce sera suffisant pour ce qui nous attend ? demanda Kath, innocemment.
- Il faut généralement entre deux et trois ans à un Jedi qui maîtrise les bases du combat pour maîtriser la neuvième forme, répondit abruptement Adi. Ses yeux et ceux de son padawan se croisèrent : tous deux savaient qu'il n'était pas préparé à se battre. Un long silence gêné s'installa entre eux.
- Maître... Kath s'exprima en premier, jetant un œil distrait vers le cockpit et le panneau de commandes du vaisseau, défini sur pilote automatique jusqu'à leur sortie de l'hyperespace, dans quelques heures. ...On peut discuter ? Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ?
Adi Jolian soupira. Pas d'agacement ou de frustration, mais de dépit, probablement. Elle avait sans doute redouté l'instant où elle aurait à justifier sa décision d'aller au devant du danger, ne prévenant ses camarades du Conseil que par l'intermédiaire de maître Qos. Le moment où elle devrait expliquer que son chemin avait plus été guidé par ses intuitions et le sentiment inconscient de devoir chasser d'anciens démons, plutôt que par une stratégie mûrement réfléchie.
- Où est-ce qu'on va, exactement ? Vous aviez l'air de savoir... et de ...
Et de le craindre. Adi Jolian avait en effet reconnu ces coordonnées qu'elle n'avait jamais oubliées. Celles de la Bataille de la Forge Stellaire, l'endroit où elle avait vu mourir tant de ses compagnons. L'endroit où son ami Rylen Korr avait été aperçu pour la dernière fois, avant de disparaître pour laisser l'Ordre et le Conseil Jedi dans la plus profonde des apathies. La conseillère s'assit lentement sur une caisse, l'esprit perdu dans le vague vers les cellules. Les chasseurs de primes épiaient-ils cette conversation ? Peu importe, cela ne changeait rien.
- ...Il y a un peu plus de quatre ou cinq ans, l'Ordre a découvert que l'Empereur Sith détenait une arme puissante au-dessus d'un monde isolé et oublié. Une station de combat antique, capable de produire des armes et des vaisseaux à l'infini et alimentée par le Côté Obscur de la Force. Bien sûr, quand nous l'avons appris, nous avons tout fait pour la trouver et la détruire... Et nous y sommes parvenus, c'est ce qui compte. Adi Jolian ferma les yeux avant de prendre une pose de méditation. Kath l'observait sans comprendre. Qu'est-ce qui pouvait déranger son maître au point qu'elle ait besoin de méditer pour maintenir la balance de ses émotions ?
- Et ce Temple ambulant à un rapport avec tout ça ?
- Je ne sais pas, répondit simplement Jolian, les yeux toujours clos, les mains calmement posées sur ses genoux. Nous devons le découvrir. Mais la langue que tu as entendue dans le palais de la Reine est l'ancien parler des Sith, et lieu où nous rendons ... est le lieu de la Bataille. Les vraies coïncidences sont très rares dans cet univers. Si la Force nous mène ici, il y a de grandes chances que nous y rencontrions le Côté Obscur et ses serviteurs.
La voix de la Correlienne n'avait pas tremblé. Son aura toujours rassurante rappelait à Kath celle d'Elyna Faràn. Seulement, elle était moins rayonnante, moins assurée, témoignage que la Conseillère était encore jeune. Un rapide calcul approximatif rappela à Kath que sa professeure devait avoir environ son âge lorsqu'elle avait affronté la Bataille de la Forge Stellaire, voici plusieurs années. Peut-être était-elle surdouée et bien meilleure Jedi que lui, elle n'en restait pas moins un jeune esprit, en formation. C'est ce qui la rendait accessible, humaine, véritable. L'Alderaani sourit mais rougit quand les yeux bleus de sa professeure s'ouvrirent grand pour le sonder.
- Quand nous serons sur place, nous évaluerons la situation. Il faut éviter les hostilités autant que possible, car nous ne sommes pas en mesure de répliquer. Il était assez clair que la Reine n'entendait pas réellement nous aider. Je pense qu'elle désirait surtout écarter l'Ordre et la Guilde de sa planète, par peur de nouveaux conflits. Qu'elle soit sincère ou pas, l'aide apportée par ces chasseurs de primes ne sera pas suffisante pour nous permettre de nous exposer.
- Est-ce qu'on va devoir se battre ... ?
- Dans ce cas-là, reste avec moi. Il nous faudra absolument contacter tous ceux qui pourront nous servir d'alliés, s'il en existe là-bas.
Le visage de Kath s'éclaira, croyant reconnaître dans ces paroles une bonne nouvelle. Avait-ce un rapport avec le conciliabule tenu avec cet étrange ambassadeur, sur Iziz ? Adi Jolian, anticipant le sourire plein d'espoir de son padawan, coupa court à ces pronostics:
- L'homme que j'ai rencontré au Palais était un émissaire de Coruscant - de la République. Je pense que ce qu'il m'a dit concerne essentiellement le Conseil. En ce qui concerne notre mission, ils ne nous porteront pas assistance. La politique actuelle de la République semble être de ne pas s'impliquer dans toute opération qui puisse laisser penser à ses rivaux qu'elle entend déclencher une guerre. Jolian soupira encore, pensive. Au Sanctuaire, loin des tumultes de la galaxie, il est compliqué de ressentir à quel point le conflit galactique est imminent.
- ...Donc, si je comprends bien, on va se pointer dans les ruines de la Forge-machin, sans savoir qui nous y trouverons, avec potentiellement une autre station obscure à faire péter ? Kath déglutit lourdement la gorgée d'eau qu'il venait d'avaler depuis sa gourde métallique. Il jeta un oeil vers la cellule qu'ils avaient laissées libre pour leurs camarades de la Guilde. ...J'espère que ces chasseurs de primes sont plus préparés que moi.
- La Force est avec nous.
Le visage calme et paisible de la conseillère tranchait avec la gravité de la situation. Elle regardait son padawan d'un air aimable, presque fraternel, mais le jeune homme ne se laissait pas tromper : elle voulait le rassurer, mais au fond d'elle, Adi Jolian savait très bien que leur mission avait tout d'une expédition suicide. La meilleure option aurait sans doute été de retourner sur Endor et de revenir avec une force plus conséquente. Kath le croyait si fort que ses pensées le trahirent.<- Nous ne serons pas seuls, Kath. La Force guide les pas d'autres aventuriers vers ce Temple, je le sens. Des ombres se pressent déjà. Il reste à savoir si elles seront amicales.>
L'Alderaani frissonna. Dans son esprit encore en étroite connexion avec celui d'Adi, les images de ses combats contre les Sanyassans se bousculaient. Sans aucun barrage, il les laissait voguer et répandre avec elles les sentiments qui l'avaient dominé alors : la peur, l'angoisse, la colère, la tristesse. Trois instants se figèrent : la tête tranchée de Saecha, plantée sur une pique ; le campement sanyassan en feu ; le moignon sanglant du chef Thra qui hurlait, la main sectionnée par la lame de Kath. Le jeune homme sentit que son maître tentait de le rassurer en fermant les vannes de son esprit. Mais il la combattait. Il ne voulait pas passer tout cela sous silence.
- Vous savez ce qui s'est passé la dernière fois que j'ai pris part à une expédition dans l'inconnu pour le compte de l'Ordre. Mais je dois vous le dire : c'était pire que ce que j'ai dit au Conseil. Ils...ils n'ont pas uniquement tué Bareman, ils l'ont torturé à mort. Je n'en ai réchappé que parce que la rage a guidé mon bras et m'a donné la force de frapper. Je sais, je sais ce qui s'est passé. C'est le Côté Obscur, l'esprit de la Montagne, l'Ombre à l'Anneau qui m'a influencé. Mais sans ça, je serais mort, avec Saecha, avec Nass, avec Bareman, avec le chef Chitupa.
Adi voulut l'interrompre, sans doute pour l'apaiser ou le rassurer, mais Kath continua à parler, détachant les mots avec une assurance assez rare dans son chef :
- Est-ce que le Côté Obscur est plus fort ?
En disant cela, il tenait dans sa main le petit bloc de données dans lequel il avait gravé le contenu du message des archives royales. Le code des Sith, sans son expression la plus ancienne répertoriée. Adi le dévisagea, ayant peur de comprendre ce que son jeune apprenti sous-entendait.
- ... Le Côté Obscur est plus rapide, plus agressif. Lorsque qu'un utilisateur de la Force fait usage de ses émotions les plus fortes, il n'en résulte que violence et souffrance. Ces souffrances mènent à d'autres violences, et ainsi de suite jusqu'à ce que ceux qui sont tombés dans ce cercle vicieux décèdent ou se soient changées en bêtes rongées par leurs propres actions. Un Jedi utilise ses pouvoirs pour la connaissance et pour la défense. Jamais pour l'attaque.
- Et comment je fais pour ne pas ressentir quoi que ce soit au beau milieu d'un combat ? Comment réagiriez-vous, vous, si vous voyiez un de vos amis mourir devant vos yeux ?! Vous ne seriez pas en colère ? Kath commençait doucement à s'emporter, même s'il connaissait d'avance la réaction qu'aurait Jolian. Les maîtres réagissaient tous de la même manière. Il choisit néanmoins d'oublier ce que Qos lui avait dit concernant le passé d'Adi, espérant la piquer au vif et percer la coquille qui enveloppait le coeur parfois trop froid des maîtres Jedi. La paix intérieure n'est-elle pas un mensonge ? N'a-t-on pas besoin de chercher en nous toutes les ressources pour vaincre ?
- Qu'obtiendras-tu quand, dans ta rage, tu auras décimé l'ennemi, brûlé ses villages et abattus ses idoles ? Rien de plus qu'un champ de mort absurde. Tu nous l'as dit toi-même en revenant de la Montagne : le conflit n'est qu'un long cheminement dans l'absurde et la violence. La chose la plus sage à faire est de garder la tête froide dans les épreuves, de se concentrer sur la tâche à remplir et de se laisser guider par la Force.
Kath esquissa un sourire de façade, résigné, silencieux. Il comprenait la justesse des paroles de son maître, mais ne pouvait s'empêcher de les questionner. Il ne se sentait pas suffisamment fort pour résister à la tristesse de la voir se faire abattre par on-ne-sait-quelle créature. Et il ne la sentait pas suffisamment sereine pour le gonfler de courage. Le padawan se releva, tête basse et salua son maître avant de prendre congé pour prendre quelques minutes d'un repos troublé dans sa cellule. Adi Jolian tendit le bras pour le retenir, mais il avait déjà disparu.* * *
Le Delt'Aplazm sortit de l'hyperespace quelques heures plus tard. Il fallut une manœuvre de pilotage désespérée d'Adi Jolian pour éviter un morceau d'acier calciné qui flottait à la sortie de la route spatiale ; devant les yeux des occupants du vaisseau s'étendait un champ de ruines semblable à un lit d'astéroïdes. Les vestiges témoignaient de la rudesse des combats. Kath, assis dans le cockpit aux côtés de son mentor, tendait l'oreille à ses soupirs et murmures : "Le Poing de Hell", chuchota-t-elle pour elle-même en contemplant les restes carbonisés de ce qui avait dû être un croiseur de grande taille.
Soudain, les débris s'écartèrent pour dégager l'horizon plus lointain. A environ une dizaine de minutes de vol semblait se regrouper ce qui ressemblait à une flotte entière, massée autour d'une forme plus difficile à discerner.
- C'est bien ce qu'il me semblait, soupira Adi, envoyant un message crypté en direction de l'autre 'Poursuivant' que pilotait le droïde assassin à leurs côtés. Nous ne sommes pas seuls. On dirait des vaisseaux de la Marine Impériale... Ils sont massés autour des coordonnées qu'indiquait la balise. Et au centre on dirait... un destroyer endommagé. Il en émane une présence inquiétante...
- L'Ombre de la Montagne ! s'exclama Kath, les yeux rivés sur la vitre du cockpit, la main tremblant sur son blaster.
- Sam Skawalker..., Adi Jolian fronça les sourcils. La Force pouvait savoir ce que ce nom signifiait pour elle, pour l'Ordre ou pour cette mission. Kath la regarda sans comprendre ; le constatant, elle enchaîna : je sens aussi l'une ou l'autre présence non identifiée dans le secteur. Nous devrions nous approcher, sous les radars.
Ça ne sentait pas bon. Les destroyers impériaux étaient disposés en ordre de bataille, et on pouvait discerner sur les scanners quelques transports de troupes sur la position de ce qui semblait être une carcasse de vaisseau à la dérive.
Kath jeta un œil en retrait, espérant apercevoir l'un des chasseurs de primes qui les avait accompagné. Honnêtement, il doutait réellement que les deux cargos mandaloriens puissent approcher de la flotte sans se faire repérer. Ne valait-il pas mieux montrer patte blanche ?
- C'est le bon moment pour nous suggérer une de tes bonnes idées, le droïde ! postillonna Kath sur le canal de discussion, en direction de l'assassin HK-66. Il nous reste encore un peu de temps avant d'être assez près pour se faire pulvériser par ces canons. Ce serait bien de penser à ne pas se faire "désinfecter", non ?
Le droïde avait jusqu'ici fait preuve de beaucoup de suffisance et devrait justifier les investissements consentis par la couronne d'Ondéron en s'illustrant par ses talents de stratège ou d'imitateur. En attendant sa réponse, Kath imaginait déjà les mensonges à servir à la flotte impériale pour couvrir leur arrivée, quand Adi Jolian reprit, sur un ton neutre mais ferme :
- Souviens-toi, Kath, nous privilégions l'approche pacifique et diplomatique. Hors de question d'entamer les hostilités.
- Et s'ils nous tirent dessus ?
- Faisons tout notre possible pour que ça n'arrive pas.
- Compris, donc on improvisera.
- N'as-tu pas foi en la Force ?
Kath se fendit d'un ricanement jaune, répondant au sourire espiègle d'Adi, visiblement déterminée.
- Si la Force pouvait être plus sympa avec nous, j'aurais plus tendance à lui faire confiance. -
Post n°10
Auteur : HK-66Le trajet à travers l’hyperespace vers la destination fournie par les coordonnées fut l’occasion pour HK-66 de procéder à la défragmentation de ses banques de données et au nettoyage de ses composants internes. Le faire seul n’était aussi efficace que de laisser un autre droïde ou un nuisible très compétent s’en charger, mais c’était un processus nécessaire pour ses systèmes après être allé gambader dans la jungle d’Ondéron. Le temps restant du voyage fut consacré à la conduite de simulations de combats et à l’analyse des données fournies par la balise, sans qu’il soit possible d’en tirer quelque chose de nouveau.
Un bip interne coïncida avec celui de l’ordinateur de bord pour annoncer la sortie imminente de l’hyperespace du vaisseau, qui suivait à la trace celui des Jedi. Et le droïde fut obligé de surcharger ses processeurs pour faire dévier son vaisseau de sa trajectoire calculée auparavant lorsque le transport des Jedi se jeta sur sa route pour éviter une épave.
[grognement] fichus nuisibles, même pas capables d’anticiper une arrivée dans un champ de débris.
Mais au-delà des nombreux obstacles qui parsemaient l’espace et entre lesquelles le droïde établit rapidement une trajectoire sûre, les senseurs longues portée du vaisseau ne manquèrent pas de repérer une agitation qui n’avait rien de celle d’épaves à la dérive. Plusieurs signaux indiquaient la présence de bâtiments de guerre, d’un tonnage supérieur à celui qu’il était prévu de rencontrer.
Les identifiants qui apparaissaient étaient ceux de navires impériaux. Une brève comparaison avec les banques de données indiqua la présence de trois destroyers visiblement de type impérial, trois croiseurs et une demi-douzaine de vaisseaux légers. Et au-delà, un autre signal, qui cette-fois-ci correspondait aux données fournies par la balise Sith. Visiblement, le fameux temple était bel et bien un vaisseau, et les Impériaux étaient en train de l’aborder.
L’intercom crachota, et HK activa prestement son décodeur :- C'est bien ce qu'il me semblait,. Nous ne sommes pas seuls. On dirait des vaisseaux de ma Marine Impériale... Ils sont massés autour des coordonnées qu'indiquait la balise. Et au centre on dirait... un destroyer endommagé. Il en émane une présence inquiétante...
Les données qui parvenaient au droïde n’étaient pas pour l’instant celle d’une présence inquiétante, mais plutôt celle d’une chasse en train d’être gâchée par des gêneurs imprévus, de vrais nuisibles, et cela pour la deuxième fois d’affilée. Il était nécessaire d’agir, et vite. Si les débris continuaient à les protéger des senseurs pour le moment, rien ne garantissait que les fluctuations de l’hyperespace ne soient pas source d’attention pour les nuisibles impériaux.- C'est le bon moment pour nous suggérer une de tes bonnes idées, le droïde. Il nous reste encore un peu de temps avant d'être assez près pour se faire pulvériser par ces canons. Ce serait bien de penser à ne pas se faire "désinfecter", non ?
Le ton employé par le dénommé Kath semblait un tantinet défiant, comme s’il remettait en cause les capacités supérieures d’un droïde HK-66. A moins que ce soit de l’inquiétude. Pour le moment le droïde se lança dans différentes simulations, en tenant compte des différents paramètres à sa disposition.
[Réponse pas peu fière] Pour l’instant, cette unité dispose de six propositions différentes.
[Explication professionnelle] Si le contrat de cette unité n’incluait pas la protection des interlocuteurs de cette unité, cette dernière aurait déjà choisi. Mais dans les conditions actuelles, le passage par l’étape discussion pour arriver à un consensus est nécessaire, pour ne pas entamer la crédibilité du tout.
[Suggestion peu enthousiaste] la première approche consiste à se présenter en tant que mandatés par la République et ayant des Jedi à bord, et de proposer une collaboration pour explorer le vaisseau, avec l’éventualité d’une renégociation postérieure du contrat. Les nuisibles impériaux manquent en général d’experts en ce qui concerne les mystères du phénomène appelé Force, et pourraient être favorable à une telle proposition dans le but de faciliter leurs propres objectifs. Bien sûr, cela conditionne une telle entreprise à l’adéquation des buts des nuisibles impériaux avec ceux de notre contrat.
[Suggestion légèrement plus enthousiaste] la deuxième approche consiste à se faire passer pour des vaisseaux humanitaires, dépendant ou non de la République. L’aide humanitaire n’est pas tenu de respecter les limites imposées par les militaires lorsqu’il s’agit de prêter assistance à des nuisibles en danger au nom du devoir moral d’assistance. Si nous repérons des formes de vies à bord sur ce vaisseau à la dérive, nous pouvons arguer qu’elles ont vraisemblablement besoin d’assistance, que nous sommes qualifiés pour le faire, et que toute obstruction serait une entorse aux conventions galactiques. En outre, cette unité dispose des codes d’identification de l’organisation dantooinienne Secours Sans Frontière. Tout acte répressif de la part de l’Imperium pourrait être perçu comme un incident diplomatique.
[Suggestion neutre] Il est également possible de se présenter comme archéologues d’Obroa-Skai. Il peut sembler douteux que l’Imperium ait inclus dans ses effectifs une division chargé de la préservation du patrimoine en temps de guerre. Or la préservation pour étude du patrimoine Sith a fait l’objet de plusieurs lois, et cela depuis la guerre dite « Grand Guerre de l’Hyperespace ». Au motif que les actions militaires des Impériaux mettent en danger le patrimoine commun et qu’ils seront alors en entorse avec la loi galactique, nous pouvons demander à être présents comme observateurs à bord du vaisseau.
[Suggestion risquée] Une autre approche consisterait à jouer sur les oppositions qui existent au sein de l’Imperium, du moins tel que l’ont communiqué plusieurs médias. La faction actuellement au pouvoir est celle de la Moff Ashe, issue de Borosk, et il est probable que la flotte ici présente, au vu du nombre important de vaisseaux, dépende de ses ordres. Mais le retour aux affaires de Cathar de l’ancien chef de l’Imperium, le dénommé Valiant, a également été rapporté. Même si ce vaisseau ne dispose pas d’un identifiant impérial, cette unité a à sa disposition suffisamment d’enregistrements vocaux pour parler et prétendre que Valiant est à bord de ce vaisseau. Son profil médiatique suggère qu’il pourrait prendre l’initiative de payer de sa personne dans de telles circonstances, et refuser de se soumettre aux directives venues de la faction pro Ashe. Il est douteux d’ailleurs que cette dernière puisse prendre le risque de froisser ouvertement Valiant.
[Suggestion originale] un autre choix est de manipuler les liens qui relient l’Imperium et la Confédération des Systèmes Indépendants. Cette unité a accès à travers la banque de donnée de la Guilde et l’ordinateur central du vaisseau la Gloire d’Haden à laquelle elle a été connectée à des identifiants qui certifient un passage et des transactions sur Géonosis et Korriban, deux mondes séparatistes. En se présentant en mission au nom de la Confédération, avec l’appui de la prime proposée par le préfet de Géonosis, il est possible de défendre que les ordres de Géonosis rendent caduques ceux émis par l’Imperium à notre égard.
[Suggestion enthousiaste] Enfin, il est possible de calculer un parcours précis à partir des trajectoires potentielles des différents débris pour s’approcher aussi près que possible sans être repéré, puis de foncer à toute vitesse pour atteindre le vaisseau avant que la marine impériale réagisse. Leur degré d’attention doit cependant être conséquent, et il existe une fenêtre où nous serons particulièrement exposés à une fin anticipée de nos fonctions. Mais avec les pouvoirs légendaires dont disposeraient les Jedi, il doit être possible d’embrouiller leurs senseurs ou leurs artilleurs pendant ce laps de temps.
HK-66 termina son exposé et attendit les réactions, tout en calculant sa trajectoire pour bien rester invisible aux senseurs impériaux, pour le moment. -
Post n°11
Auteur : Atreïs HelcarIl va sans dire que Delia ne répondit pas au message de l’aspirant. Il était même probable qu’elle ne l’ait pas lu, voire carrément pas reçu. Son ressentiment naturel à l’encontre du DSP prenait le pas sur le reste, ordre de la Générale ou pas. De fait, la seule instruction qu’on donnât à Arnon fut de se rendre sur un ponton militaire, dès lors qu’il mit le pied sur la plateforme du spatioport, par l’intermédiaire d’un B1.
-Identification. Arnon Veral. Directeur d’AgroChrome. Votre navette vous attend. Instruction supplémentaire : uniforme non conforme. Le votre vous attend.
La navette, un simple Poursuivant qui tenait plus du transport de prisonnier que du vaisseau diplomatique, était contrôlée par un droïde pilote qui attendait sagement son passager. Sans surprise, Arnon serait seul. Lorsqu’il s’approcha du dit pilote, il le salua.
-Identification. Arnon Veral. Aspirant du DSP. Vous êtes attendu par la Commandante Delia. Départ imminent.
C’était sans doute le gros point noir de la CSI : les droïdes composant la majeure partie des troupes régulières et de service, il était difficile de soutirer la moindre information à un tas de boulons et d’huile, tout comme d’avoir la moindre discussion intéressante avec eux. Ils étaient programmés pour une tâche, la faisaient, et bien, mais ne prenaient aucune initiative. Pour ce genre de choses, on faisait confiance à des organiques, triés sur le volet, choisis. Sans doute Arnon, dans toute sa morgue bien légitime vis à vis du DSP, l’oubliait, mais il avait bel et bien été choisi.
Une fois en vol, le droïde indiqua à l’homme où trouver ses nouveaux effets. Un uniforme brun, taillé à sa mesure, accompagné de bottes de cuir noires. Rien de luxueux, mais les matériaux étaient de qualité. Une nouvelle preuve de l’importance que la CSI accordait à ses organiques, cherchant à les mettre dans les meilleures dispositions. Surtout, Arnon put également trouver un second colis contenant une arme, avec un mot, manuscrit cette fois, qui disait simplement :
« A défaut d’avoir pu vous former et vous briefer correctement, Arnon, ou plutôt Aspirant 9035. J’aurais préféré vous saluer correctement, mais mes vœux vous accompagnent. Cela vous sera utile, je pense.
Lt. Vasburg. »
La Commandante Tahiri Delia n’attendait aucunement l’arrivée d’Arnon. Ses vaisseaux allaient bientôt sortir d’hyperespace aux coordonnées indiquées par l’Imperium. La navette devait les rejoindre dans les minutes suivantes, et son second allait prendre en charge l’homme pour lui expliquer la mission et ce qui était attendu de lui, à savoir, surtout, ne pas se mettre dans le chemin de la Légion Amber.
Lorsque les bâtiments de guerre sortirent de leur saut, les opérateurs signalèrent immédiatement la présence de nombreux vaisseaux Impériaux, et surtout, de ce croiseur Sith. La structure, abimée, semblait surtout abandonnée, sans vie, ni présence comme attendu et signifié par l’Imperium. Pourtant, tous les senseurs étaient en alerte, sur ordre des capitaines de la flotte. Chacun savait que qui disait Sith, disait invariablement coups fourrés et manipulations douteuses. En tout cas, c’était ce qu’on leur apprenait. De plus, tous avaient pu voir la redoutable Légion Amber à bord, et chacun savait que cela signifiait que les méthodes seraient brutales.
La Commandante prit la parole rapidement sur l’holocom.
-Messieurs, nous savons ce qui nous amène ici et ce qui nous attend. Il n’est pas question de reculer, ni de céder quoi que ce soit à nos ennemis. Que les vaisseaux se déploient et que les forces d’intervention se préparent. Commandante Delia, terminé.
Chaque vaisseau avait rendu son rapport d’état, chaque homme s’était porté à son poste. La mécanique huilée de la CSI se mettait en marche sous l’impulsion de son chef, dans un ballet mille fois répété. Il était plus que temps pour la Confédération de montrer sa véritable place au sein du concert galactique.
-Contactez la flotte impériale. Rapport complet des forces en présence. Je veux que nous mettions nos forces en relation, pas que nous nous marchions sur les pattes. Exécution.
Les opérateurs se mirent immédiatement au travail, envoyant le message de leur capitaine aux vaisseaux impériaux. Sans se douter des factions en présence.
Arnon, de son côté, avait été amené au plus vite devant l’un des seconds de la Commandante, le Lieutenant Dimitri Stevic. Grand blond puissant et adepte du corps-à-corps, il avait, comme ses compères, toute la confiance de sa supérieure pour traiter toute affaire relative à la Légion. Et celle-ci était d’importance. Lorsque le DSP venait avec eux en opérations, c’était pour s’assurer qu’ils respectaient les ordres. C’était un accord tacite entre les services de renseignements et les opérationnels, et c’en était presque devenu un jeu politique, les seconds cherchant leur liberté vis-à-vis des premiers, quitte à les tuer de leurs mains. Mais ça, on se gardait bien d’en parler. Lorsqu’il le reçut, ce fut en toute rigueur militaire à bord du vaisseau amiral.
-Bienvenue sur la treizième flotte, Aspirant. J’imagine qu’on vous a fait grâce des détails concernant cette mission, comme souvent, pour se concentrer sur le reste, à savoir rendre un rapport sur ce que nous faisons ici, et quelles actions nous entreprenons. Pour information, je vous rappelle que la Legion Amber a été créée spécifiquement pour répondre à la menace Sith. Efficacité, rapidité, létalité, bref, des services d’élite comme chaque régime en a. Et en l’occurrence, cette menace est bien représentée ici, au milieu de nulle part. Nos alliés de l’Imperium nous ont demandé de l’aide pour arraisonner un ancien vaisseau Sith, un croiseur qui sert a priori de relais. Vous accompagnerez donc nos équipes sur le vaisseau. Ne vous inquiétez pas pour votre sécurité, on se charge de tout. Pour vous, ce sera d’abord de noter chaque détail, chaque fragment d’information d’importance ? C’est clair ?Spoiler : Spoiler
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Post n°12
Auteur : Arnon VeralLe droïde m’indiqua immédiatement que ma tenue n’était pas appropriée pour ce que nous allions faire. C’était donc une mission militaire et officielle. Venait maintenant la question fatidique de l’uniforme. L’uniforme, ce qui me rebutait le plus dans mes anciennes fonctions. En effet, cela était synonyme de bien des réminiscences. Tout cela remontait en moi alors que notre engin décollait. J’avais bien conscience que je ne pourrais pas discuter outre mesure avec ces droïdes si polis. L’uniforme était soigneusement plié dans une boîte. Le simple contact du tissu brun indiquait que c’était fait sur mesure, la CSI faisait les choses correctement, c’était de la bonne qualité pour l’Aspirant que j’étais. Je me mis donc à l’écart et me séparais de mes affaires, pliant soigneusement mon pantalon, ma chemise et mon pull-over. Je réalisais que lentement, ma couverture était en train de mourir. Cette façade, construite des années durant, s’évaporait lentement. Contrairement à tout ce que j’avais prédit -à savoir finir ma carrière tranquillement ou être pris- je reprenais du service. J’enfilais le pantalon, boutonnant la chemise, pour finalement boutonner et agrafer la veste. Je terminais par ajuster la casquette sur mon crâne. La taille des bottes était elle-aussi parfaitement ajustée, soulignant toutes les informations qu’avait le DSP sur moi : combien de temps avaient-ils enquêté avant de prendre une décision ?
Je ne remarquais que tardivement qu’un second paquet était là. En l’ouvrant je découvrais son contenu : il y avait là une arme et un holster de cuir. Je fixais tout cela au ceinturon et au baudrier de mon uniforme avant de rejoindre les B1 qui pilotaient à l’avance. J’avais eu un petit sourire à la lecture des quelques mots manuscrits laissés par Vasburg. L’écriture était étrangement délicate, soigneuse, ce qui dépareillait avec la personnalité rugueuse qu’elle avait affiché face à moi. Etait-elle différente ? Sans doute, l’attitude durant le service était toujours différente de celle en-dehors, surtout dans les renseignements. Chaque agent avait ses petits secrets inavouables et j’étais mal place pour lui en faire le procès. Après tout, devais-je me priver d’être en bon terme avec celle qui était dans l’immédiat ma supérieure pour la simple et bonne raison qu’elle m’avait fait mauvaise impression lors de notre première rencontre ? La réponse était clairement non, mon passif au sein de la DSI jouait aussi énormément dans mon attitude réfractaire à tous les services de renseignements. C’était une chose de vouloir changer, c’en était une autre d’y arriver.
Pour m’occuper pendant le voyage, j’avais terminé de taper mon rapport sur ma rencontre avec Leiel Osso. Le style était épuré, synthétique. Je reprenais mes anciennes habitudes, une routine particulièrement rassurante : celle des rapports, des formalités, de l’ordre. A la différence près que mon rapport sur Osso était très positif. Je n’avais objectivement rien à lui reprocher, elle avait une véritable vision politique pour Raxus Secundus et même si elle était particulièrement attentive aux arguments réformistes, elle conservait une allégeance qu’on pourrait volontiers qualifier d’orthodoxe envers la CSI. J’agrémentais mon rapport de plusieurs exemples : son entêtement à vouloir conserver les contributions aux efforts de guerre et les taxes diverses qui concernaient la CSI. J’omettais volontairement les détails trop personnels de nos discussions, pour me concentrer sur quelques points très particuliers. Cela atterrirait sans doute dans un dossier sur la nouvelle sous-préfète de Raxus Secundus, mais je n’étais pas inquiet. Au fond, cela était rassurant puisque je n’avais à trahir personne, ce rapport objectif ne lui serait pas défavorable, voire il serait plutôt positif. Je terminais mon rapport en posant mon sceau numérique afin de pouvoir l’authentifier une fois qu’il serait rapporté au Lieutenant Vasburg. Je pris également la liberté de répondre au mot manuscrit de l’officier, réservant moi-même l’écriture soignée de celui qui avait recours à l’écriture manuscrite régulièrement.
« Je vous remercie pour cette délicate attention. Ci-joint mon rapport concernant la Sous-Préfète L. Osso. Nous nous reverrons à mon retour.
Cordialement,
A. Veral »
Je signais le mot et transmettais cela au droïde B1 afin qu’il fasse parvenir directement à la fois le rapport consigné sur une unité de mémoire et le mot. Je terminais le voyage allongé, attendant la mission. Si l’angoisse m’avait d’abord attrapé la gorge, il était clair que maintenant je retrouvais les sensations agréables du voyage stellaire. Cet engouement pour la galaxie et les espaces immensément vides m’avait été transmis par mes parents, des voyageurs. Plus tard, c’était un des rares points positifs de ma carrière au BSI : la possibilité de voyager. Cette excitation avant chaque mission, l’adrénaline qui montait à chaque fois que je découvrais mes ordres pour une nouvelle mission. Cela avec son lot de conséquences tragiques et de déconvenues…L’escalade de la violence et de cette folie furieuse qui m’avait finalement menée à la bataille de la Forge Stellaire. L’abîme avait finalement happé les Siths et leur Empire démoniaque et c’était heureux.
Nous sortîmes finalement de l’hyperespace au milieu de nulle part. Si je n’avais aucune information, je compris rapidement que la situation était peu banale et que nous étions au milieu de nulle part. Un rapide coup d’œil par le hublot me permit d’identifier plusieurs gros vaisseaux, certains étaient indubitablement impériaux, mais il y avait également des vaisseaux Confédérés. Tous à proximité d’un croiseur qui semblait complètement délabré. Je reconnus immédiatement la conception de ce genre de bâtiments, il s’agissait d’un vaisseau Sith. Un frisson parcourut mon échine lorsque je vis ce tas de ferraille…Même ainsi diminué, il semblait toujours aussi dangereux. Tous les signaux en mois indiquaient que cette mission n’allait pas être simple, ce qui corroborait mes premières instructions. Le droïde qui pilotait manœuvra habilement la navette qui se posa lentement dans un des hangars du vaisseau-amiral. De nombreux droïdes se trouvaient sur le tarmac, beaucoup portaient leurs armes et semblaient être prêts à combattre. Nous étions au front, c’était une zone de combat, cela était sûr. Lentement, je sortais de la navette, face à deux droïdes qui me saluèrent et m’intimèrent de les suivre.
J’avançais sans un mot, suivant mes deux compagnons de route synthétiques. Les talons de mes bottes claquaient dans les couloirs quasi vides du vaisseau. Nous finîmes par arriver à notre destination où je fus introduit à un officier. Il fut introduit comme un certain Lieutenant Dimitri Stevic, un des second de Delia qui, comme je pouvais m’y attendre, ne m’avait pas reçu en personne. Stevic avait tous les attributs du combattant de la première ligne, de ces officiers d’élite pour qui la forme et les procédures pouvaient parfois attendre pour une action directe. Corps musculeux, grand, coupe de ses cheveux blonds qui respectait l’ordre et uniforme de combat de première ligne. Cet homme ne faisait pas dans la fioriture, c’était indubitable. Cela devait sans doute contraster avec ma propre attitude. J’écoutais Stevic avec attention, hochant la tête et souriant légèrement à l’évocation de ma mission de surveillance : cet homme n’était pas tombé de la dernière pluie. J’étais habitué dans mon ancienne fonction à ce genre d’attitude face à des militaires qui en général voyaient l’implication des renseignements comme un signe funeste. J’avais également une certaine expérience pour désamorcer ce genre de conflits. Une fois que Stevic eut fini de parler, j’acquiesçait.
-Tout est limpide, Lieutenant.
Pas de fioriture non plus dans ma réponse. J’étais là pour prendre des informations et donc probablement pour servir une enquête. Je ne savais pourtant pas pourquoi le DSP était impliqué sur une telle affaire. Les affaires extérieures ne le concernait que très rarement. Au stade où j’en étais, je n’avais d’autre choix que de suivre le mouvement. Pour que tout se passe bien, j’avais bien conscience que je devais également désamorcer tout conflit avec Stevic, que ce dernier ne crois pas que j’étais là spécifiquement pour lui, cela n’avait rien de personnel et qu’il restait un homme de forces d’élite. Il m’avait fièrement présenté la Légion Amber.
-Pour éviter tout malentendu entre nous, je crois en effet que la présence du DSP a plutôt à voir avec la présence de ce vaisseau Sith. Je ne compte pas être un fardeau pour vous, j’ai une expérience au front et je ne suis pas un bureaucrate, je ne ferai pas entrave à votre mission, Lieutenant. Je mènerai mon enquête de mon côté et vous, vous pourrez faire ce que vous avez à faire. Les informations que j’ai datent de mon départ au Spatioport…A-t-on du nouveau concernant ce qui pourrait se trouver là-dedans ?
Clair, net, efficace. J’avais évité toute comparaison entre les services et querelle de chapelle. Ma cicatrice et mon apparence austère aidaient à me rendre crédible lorsque je parlais du front. C’était pour cela que je jouais sur une connexion entre vétérans, jouant sur l’ambiguïté tout en sous-entendant que j’avais moi-aussi été soldat. Cela toucherait Stevic, ça touchait forcément les hommes qui se trouvaient en première ligne, pour eux les administratifs ou les agents du renseignements étaient des ronds de cuir. Je pouvais le comprendre et c’était pour cela que j’avais immédiatement joué la carte d’une saine empathie avec cet officier. Combien de débutants auraient immédiatement tenté de rafler la mise et de se lancer dans une lutte de pouvoir ou une rétention d’information. Je me montrais opérationnel et transparent, tout en misant sur le fait que Stevic comprendrait qu’il était dans notre intérêt de travailler de concert. Cela avait toujours marché lorsque j’étais au sein du BSI, pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait plus maintenant ? -
Post n°13
Auteur : Blokkus
En provenance de Yavin IV , le vaisseau de l'ex général Barrek et Demeter la jeune fille trouvée à proximité d temple du Feu apparu au milieu des étoiles.
Heureusement pour lui, les coordonnées retrouvées dans le temple n'étaient pas précise et le 'trou noir' était sorti de l'hyperespace a proximité d'un gros débris de la Forge Stellaire.
Un scann rapide de l'espace alentour l'avait obligé à se coller à ce débris métallique , il avait détecté toute une flotte inconnue à proximité.La jeune adepte comprit immédiatement la manœuvre, elle demanda:-Qui sont ils?
L'amnésique essaya d'affiner le scann mais il risquait d’être détecté à son tour.-J'en sais rien, mais dans le doute restons dissimulés à leur yeux.
Cold Seavers, le droid chasseur de fugitif qui poursuivait l'ex général sur instruction du ministre Mustafarien, en était arrivé à la même conclusion, il restait également sous les radars attendant son heure.
Il avait observé des vaisseaux arriver au fur et à mesure pour se masser autour de cet énigmatique destroyer, maintenant deux flottes se faisaient face, l’apôtre noir reconnu la dernière arrivée, des vaisseaux droids de facture séparatiste... que venait bien faire la Confédération des Systèmes Indépendants dans ce coin paumé? a qui appartenaient tous les autres vaisseaux?
Quel rapport entre son passé et la Forge Stellaire? Et ce message obscur dans le temple de Mustafar?
Que de mystères quand on se trouvait au milieu de nulle part...
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Post n°14
Auteur : Wyrim OshindaraLes voyages spatiaux, cela n'avait jamais réellement dérangé Wyrim de faire de longs voyages, et le chasseur de primes se réjouissait de participer à ce voyage à bord de ce classe poursuivant Mandalorien. Il avait beaucoup entendu parlé de ce type fabriqué par MandalMotors.
Mais rien de bien extraordinaire à ce vaisseau, les cellules avaient été réaménagées à la hâte pour en faire des logements de fortune, afin de rendre supportable le trajet au groupe. Seul le carré du capitaine avait un confort plus appréciable que les durs lit prévus à la base pour les prisonniers.
Le jeune Duro pris le temps du voyage pour se pencher sur sa dernière acquisition.
Le Droïde sonde DKR-1 apportait son lot de technologie et permettrait d'apporter son avantage pour la suite des opérations.
Doté de nombreux accessoires, la sonde avait une liste impressionnante de ce qu'il était possible de faire avec. Scanner magnétique, photorécepteur, caméra technique était les atouts pour tout ce qui est observation, tandis que le blindage furtif et son intelligence artificielle et son moteur à répulsion lui permettait d'échapper à la détection. Antenne et intercepteur de transmissions complète la panoplie d'espionnage de la sonde dans son rôle d'espionnage et transfert d'informations.
Ajouter à cela les laser légers et le mode défensif de la sonde et cela en fait une arme secondaire de choix.
Il fut tiré de ses observation par l'apprenti Jedi qui venait l'informer qu'ils arrivaient à destination, et c'est en sa compagnie qu'il rejoignait le cockpit.
A peine sorti d'hyper-espace, et c'est un spectacle particulier qui s'offre à eux. Le chevalier Jedi du faire preuve de ses reflexe pour effectuer une manœuvre d'évitement et ainsi ne par percuter ce morceau d'épave. Un immense champ de ruine leur faisaient face, avec en son centre le vaisseau fantôme, et autour une flotte, qui semble être Impérial.
Le Duro ressent la crainte des deux utilisateurs de la force, ce qui n'engendre rien de bon, la prudence va être de mise.
La rancœur du second utilisateur de la Force envers les droïde ressort dans ses propos lorsqu'il lui demande des idées pour la suite des opérations. Il ne semble pas beaucoup l'apprécier, et j'espère que cela ne portera pas de préjudice lorsque la mission demandera une confiance entre tous.
Mais ce n'est pas le souci immédiat, il faut prendre vite une décision concernant la suite des opérations, et les choix proposés par le droïde ne sont pas tous du gout du Duro.
L'option des secours sans frontière est celle qui plais le plus à Wyrim, les autres lui paraissant trop kamikaze ou repose sur des pouvoir que le chasseur de primes pense au-delà des capacités des utilisateurs de la Force.
Le chasseur de primes fait tout de suite part de son choix à la chevalière, qui pilote le classe poursuivant, en prenant le soin d'expliquer que c'est ce lui semble le plus facile à réaliser sans avoir besoin de se perdre en explication longue et fastidieuse, et de perdre en crédibilité avec de long discours qui finiront par porter préjudice à l'ensemble du groupe.
Alors que là, l'idée est de donner les codes d'identification de SSF et de se poser directement dans le destroyer. Mais le Duro n'est pas le seul à prendre cette décision et attends de voir la réaction de chacun après avoir donné son opinion sur la question. -
Post n°15
Auteur : Super PNJDimitri Stevic leva l’index un instant en portant la main à son oreillette. Un appel urgent venait l’interrompre en plein briefing, ce qui le dérangeait souverainement. Tout militaire qu’il était, il n’en avait pas moins appris les bonnes manières, et laisser en plan un subordonné, de surcroît quand il venait de poser une question avait un petit quelque chose d’agaçant. Mais la communication venant de sa supérieure, la commandante Delia, il n’eut pas vraiment le choix. Les méthodes cavalières de sa responsable avaient parfois des conséquences inattendues sur le volet diplomatique. D’accord la Légion Amber n’avait pas vocation à être une force ambassadrice, mais elle se devait de montrer l’exemple a minima. Finalement, il revint à Arnon.
-Désolé pour ça. Pour vous répondre, non, rien de nouveau, nous savons simplement que nous ne sommes ni les premiers, ni les seuls sur le coup, et que nos alliés impériaux ont très certainement déjà abordé cette structure, et nous allons devoir faire de même rapidement. D’ailleurs, je viens de recevoir des ordres. Je vais devoir assurer le briefing de nos hommes et m’équiper avec eux. De votre côté, vous serez avec la navette 3, celle de soutien. Elle partira un peu après et devra établir la tête de pont une fois l’endroit sécurisé. De votre côté, votre atterrissage sera tranquille,e t vous aurez le temps d’analyser l’endroit, avant de rejoindre les commandos.
Il se leva, mettant d’office un terme à l’entretien. Il avait fort à faire, s’équiper, équiper ses hommes, leur donner leurs instructions… Et surtout s’occuper d’Arnon. L’élément du DSP changeait beaucoup de choses dans l’organisation de la Légion Amber.
Arnon, de son côté, fut guidé par des droïdes B1 jusqu’à la navette. Celle-ci était des plus simples, équipées d’éléments médicaux et logistiques, principalement, qui préparaient l’abordage et la tête de pont qu’il ne faudrait pas tarder à aménager. Les mécaniques saluèrent Arnon lorsqu’il arriva mais revinrent vite à leurs tâches. Imperturbables, les automates avançaient avec précision et méthode, affranchis de contraintes de la chair. C’était bien là la force de la CSI. Depuis qu’ils avaient permis aux intelligences artificielles de ne plus vraiment être dépendantes d’un contrôle central, leur force de travail s’en était retrouvée accrue, infatigables forçats.
Bientôt, on invita Arnon à monter dans la navette. On ne l’appelait plus par son nom, mais par son matricule. Dans la mécanique bien huilée de la Confédération, on était au service des autres avant d’être au sien, et on savait que l’autre était là pour assurer ses arrières. On lui donna ses dernières instructions pour le vol, puis la navette décolla.
C’est là que les choses basculèrent.
Sans qu’Arnon puisse faire quoi que ce soit, il put ressentir la poussée de l’hyperespace. Ce qui était absolument anormal au vu de la situation. Le voyage aurait du durer quelques minutes tout au plus. Mais l’aspirant était sanglé à son siège et ne pouvait rien faire. Au moment où ils basculaient en vitesse supraluminique, l’alerte résonna dans l’habitacle, et une voix mécanique se fit entendre :
-Attention. Attention. A tous les passagers dans l’habitacle. Rejoignez immédiatement les capsules de suavetage. Ceci n’est pas un exercice.
La Commandante Tahiri Delia regarda d’un œil distrait la navette sauter en hyperespace, un sourire fugace et ironique sur les lèvres. Parfait. Puis elle se tourna vers son second :
-Reprenons. Où en étions-nous ?Atréis -
Post n°16
Auteur : Kath AplazmLa voix monocorde d'HK-66 porta différentes propositions sur le canal de discussion privé installé entre les deux cargos de classe Poursuivant. Le droïde suggérait diverses approches qui, tout aussi bien formulées qu'elles étaient, n'évoquaient que peu de chose aux oreilles du padawan Kath Aplazm. Obroa-Skai ? Borosk ? Valiant ? La quantité de noms propres qui lui étaient inconnus rendrait l'élaboration d'un bobard crédible bien difficile. L'Alderaani grimaça, scrutant le visage fermé d'Adi Jolian comme s'il espérait qu'elle lui fournisse une réponse magique à ses questionnements. Surprise s'il en était, ce fut le chasseur de primes Wyrim Oshindara, qui jusque là avait passé son temps loin du cockpit et évité toute discussion avec les deux Jedi, qui prit la parole pour soutenir la proposition visant à se faire passer pour des représentants d'une organisation humanitaire en mission.
Cette fois, ce fut à Adi Jolian de faire la moue. Les sourcils froncés, elle observait les astéroïdes défiler devant eux sans bouger, les mains cramponnées à l'écran de navigation.
- Hors de question de nous faire passer pour des agents républicains, finit-elle par concéder tout haut. Nous ne pouvons nous permettre de risquer une guerre galactique sur une telle proposition. Il vaut mieux, par ailleurs, ne pas trop dévoiler nos intentions - nous ne savons pas pourquoi une flotte impériale s'est déplacée ici, mais nous ne pouvons pas partir du principe que leurs objectifs et les nôtres sont identiques. S'ils espèrent s'emparer du vaisseau sith et non le détruire...
Adi Jolian ne termina pas sa phrase, mais tous auraient compris qu'avancer le visage découvert était selon elle exclu. Il en allait de même dès lors pour la proposition suggérant de se faire passer pour des experts en archéologie sith.
- Je ne sais pas c'que vous en pensez, mais j'éviterais de les provoquer. Kath avait repris les paroles de sa professeure, son regard médusé lui aussi fixé sur cette flotte impériale dont le Delt'Aplazm commençait à trop se rapprocher. ...Pas que ces canons m'impressionnent, hein, mais on n'est jamais trop prudents...
- Oui. Vous avez raison, M. Oshindara... Les SSF sont notre meilleure chance. HK-66, émettez ces identifiants, je vous prie, et approchons-nous de la carcasse du vaisseau. Si la marine impériale veut nous intercepter, il ne restera plus qu'à nous en remettre à votre dernière proposition...
Adi Jolian paraissait désabusée. La fixant des yeux depuis quelques secondes, Kath se demanda comment elle arrivait à si mal cacher cette rancœur qui transparaissait dans sa voix. La Forge Stellaire, l'Empire sith,... tout cela l'avait marquée, certainement. Compte tenu des allégeances des différentes parties à l'époque de la précédente bataille, il paraissait logique que des représentants de l'Ordre Jedi ne se fient qu'à eux-mêmes. Même la loyauté des chasseurs de primes pouvait être remise en doute : iraient-ils jusqu'au bout de leur mission pour quelques crédits, si les canons laser des destroyers impériaux se braquaient sur eux ?
Au moment où la Conseillère Jedi s'apprêtait à ouvrir le canal de communication général pour émettre en direction des croiseurs de l'Impérium, un bâtiment militaire surgit subitement et inopinément de l'hyperespace.
- Oh-oh...
- C'est notre chance.
- Quoi ? Mais enfin...?!
- "Message à la flotte impériale : ici le capitaine Adan Joli du HMS Poursuivant "Le Delt'Aplazm" récemment affrété par l'organisation Secours Sans Frontière. Nous avons capté un signal de détresse en provenance de cette structure spatiale et nous y rendons pour porter secours aux formes de vies organiques en difficulté. Adan Joli, terminé."
La maître Jedi empoigna le manche de changement de vitesses et enclencha tous les réacteurs du Delt'Aplazm. qui partit en trombe en direction du vaisseau en ruines. S'agrippant à Wyrim et à son droïde pour ne pas finir face contre sol, Kath couina piteusement tout en serrant les dents. Mais enfin, quelle mouche l'avait piquée, celle-là ? L'Alderaani avait maintenant la certitude qu'il déteignait sur ses proches... ou que la Force avait bien fait les choses en le groupant avec Adi Jolian. Mais sous ses couverts de brûlot, cette manœuvre n'avait-elle pas été mûrement réfléchie ? Distraite par l'arrivée d'une nouvelle flotte, la marine impériale ferait sans doute mois attention aux deux navettes mandaloriennes. Par ailleurs, s'annoncer permettrait peut-être d'éviter une salve de tirs (du moins pendant un temps), et continuer à progresser était un bon moyen de se soustraire à une séance d'explications hasardeuses sur leur présence ici. C'était du moins ce que Kath espérait.
- Maître... j'ai un mauvais pressentiment, tout d'un coup. Et s'ils nous demandent des explications...?
- Eh bien, nous leur dirons ce qu'ils veulent savoir, sourit malicieusement Adi. Vous nous suivez, HK ?
La baie d'accostage du destroyer à la dérive n'était déjà plus très loin. Kath afficha une grimace disgracieuse, un oeil fixé vers le hublot donnant sur les bâtiments de guerre de l'Impérium, l'autre sur leur destination. Il déglutit lourdement.
- Bah, mon vieux, quelque chose me dit que vous allez les mériter, vos crédits... glissa-t-il à Wyrim Oshindara, d'un air faussement enjoué. -
Post n°17
Auteur : Arnon VeralMon interlocuteur n’était pas l’homme le plus bavard que j’avais côtoyé. Un militaire droit dans ses bottes…Comme j’en avais vu plusieurs au cours de ma carrière. Les renseignements n’étaient pas toujours bien vu et cela était un euphémisme. Je patientais sans rien laisser transparaître pendant que l’officier de la Légion Amber répondait au téléphone. Il revint vers moi me répondit presque laconiquement. Comme je pouvais m’en douter, il ne savait rien…Ou ne voulait rien me dire de plus. Je hochais lentement la tête alors que ce dernier me demandait d’aller avec la navette 3. Notre mission serait d’établir une tête de pont, je me demandais pourquoi j’avais été choisi pour cette mission. Peut-être par rapport à ma prétendue expérience au front, ou alors d’autres choses que j’ignorais. Si je n’affichais rien sur mon visage, la situation m’exaspérait quelque peu. Je me sentais balloté d’un point à un autre sans savoir réellement ce qu’on allait faire de moi. Alors que l’officier se levait, je rejoignais les droïdes B1 qui qui me sommèrent de les suivre avec leur voix synthétique cordiale mais toujours ferme.
Une fois de plus, je parcourais les couloirs froids et métalliques. Les droïdes m’encadraient comme pour s’assurer que je ne leur échappe pas. Toutes les armées étaient décidément les mêmes, cette obsession du contrôle et surtout cette méfiance envers les autorités du renseignement, censées les contrôler. Un équilibre de la terreur et des forces. Alors que j’arrivais dans le petit hangar, je détaillais la navette, très simple. Je pouvais également voir les droïdes qui préparaient l’astronef, principalement des unités non-combattantes : du soutien logistique et des unités médicales. Les droïdes se mirent au garde-à-vous, me saluèrent en s’adressant à moi toujours aussi respectueusement par mon grade et mon matricule. J’observais le curieux manège de ces automates, infatigables, qui chargeaient sans émotion les caisses et le matériel dans la navette. Chacun connaissait sa place, chaque mouvement était optimisé et millimétré, pareil à des fourmis, chaque droïde avait sa place et sa fonction. Alors que je les observais, je me surpris à fouiller machinalement les poches de ma tunique, j’avais envie de fumer. Pourtant, je n’avais plus touché une cigarette depuis des années, depuis ma désertion du BSI. Rien que de me remémorer cette période suffit à faire jaillir en moi un infini sentiment de dégoût. Je ne sus dire sur le coup si c’était les souvenirs et moi-même qui me dégoûtait le plus. L’espace d’un instant, je chassais ces pensées néfastes pour reprendre mes esprits. L’un des droïdes B1 vint à moi, se mettant lui-aussi au garde-à-vous.
-La navette est prête, Monsieur. Nous vous prions de bien vouloir embarquer, le décollage est imminent.
Je remerciais le robot avec une politesse banale, réalisant que cela ne servait à rien. La machine se mit raidit cependant, mimant à nouveau un garde-à-vous, sans doute manifestation d’une intelligence artificielle perfectionnée et autonome capable de se fondre dans la société. J’avançais, suivi des droïdes qui m’escortais toujours et on me désigna une place dans la navette. J’étais seul, mais pourtant je pouvais entendre les pas métalliques des B1 qui s’affairaient ça et là, préparant le décollage et conversant entre eux avec des phrases saccadées et laconiques. Je me surpris à me demander à quoi servaient ces conversations…Ces choses devaient bien être pilotées par une unité centrale. La vérité était que je n’en savais rien, je ne savais pas si ces B1 étaient à ce point autonome, je savais simplement que les soldats Impériaux les craignaient, car c’étaient des combattants deshumanisés qui n’avaient aucune crainte ni aucune âme. Je me rappellais soudain une conversation avec un Sergent des Stormtroopers à bord de la Forge Stellaire qui me disait que les armées de la C.S.I. étaient les plus difficiles à combattres car les droïdes ne réagissaient pas toujours comme des humains et que l’aspect opérationnel sur le terrain, qui reposait souvent sur une interprêtation et une anticipation de ce qu’allait faire l’ennemi, était très difficile avec ce type d’unité combattante.
Je réalisais que le souvenir de ce Sergent était resté intact dans mon esprit. Je n’avais en effet pas perdu un détail, son visage taillé à la serpe, ses cheveux poivre et sel en dépit de son âge encore jeune et le désespoir qu’on pouvait lire dans son regard alors qu’il me parlait. Arics, c’était son nom qui me revenait, je me surpris à me demander ce qui lui était arrivé : avait-il anticipé la débâcle de notre armée et la défaite ? Possible, si tel avait été le cas, il ne me l’aurait certainement pas dit, à moi, officier du BSI, car le défaitisme dans les rangs Impériaux était très mal vu et vivement sanctionné. Peut-être que cet homme avait trouvé la mort, comme beaucoup de ses camarades…Comme beaucoup de mes camarades. Le fait d’avoir enfilé cet uniforme faisait revenir à moi un goût amer.
La navette finit par décoller, mettant fin à mes pensées. Je ressentis la brève sensation vertigineuse au départ et à l’accélération du vaisseau. Quelques minutes pour s’éloigner du vaisseau et là, les choses s’accélérèrent. L’engin accéléra de plus belle, une poussée qui ne souffrait aucune ambiguïté : nous entrions en hyperespace. Je ne comprenais pas ce qui se passait, nous n’aurions pas dû entrer en hyperespace. Je me rappelais du B1 qui m’avait dit de monter dans la navette et activais le communicateur pour contacter le cockpit.
-Caporal, veuillez me rejoindre immédiatement à l’arrière s’il-vous-plaît. Pourquoi sommes-nous entrés en hyperespace ? Je vous sommes de venir, immédiatement, pourquoi sommes-nous entrés en hyper… ? MERDE !
Je réalisais que le Caporal ne répondrait pas. Cette foutue machine avait ses ordres, et moi j’avais les miens. Pourtant, ils ne correspondaient pas à ce qui se passait. Pourquoi étions-nous entrés en hyperespace ? Ma ceinture de sécurité était verrouillée, je ne pouvais pas me rendre à l’avant pour l’instant et j’avais un mauvais pressentiment. La navette était toujours en hyperespace et je ne savais où nous étions. Je n’en savais rien et sans les données de navigation, cette information n’avait aucune importance. Ni le Caporal, ni les autres droïdes n’avaient pris la peine de m’informer, après tout, je n’étais qu’un Aspirant, autant dire un cadre subalterne, je n’étais plus Capitaine comme au BSI, où les soldats me devaient un certain respect. Là, j’avais l’impression d’avoir été court-circuité. Ce bon Stevic était-il au courant ? Je ne le saurais probablement jamais. Pourtant, je n’étais pas au bout de mes surprises, bien au contraire, une alerte retentit, cette fois pour nous demander d’évacuer le vaisseau.
Cette fois le Caporal et deux autres droïdes apparurent dans l’encadrement de la porte, m’invitant à les suivre pendant que l’un d’eux me détachait.
-Aspirant 9035, vous devez évacuer. Pour votre sécurité, veuillez nous suivre, nous vous conduisons à la capsule de sauvetage.
-Caporal, que se passe-t-il ? Je vous ordonne de me donner des explications. J’exige des explications !
-Vous serez informé en temps voulu, Monsieur, nous n’avons pas le temps pour ça. Veuillez nous suivre, pour votre sécurité, ceci n’est pas un exercice.
La voix était froide, désincarnée. Déjà, deux droïdes B1 m’attrapaient respectueusement les bras pour m’aider à me relever et m’intimer de les suivre. Je me sentais comme un prisonnier, les diodes d’alerte clignotaient partout. On me conduisit à la capsule et en quelques secondes, j’étais sanglé, la capsule fut scellée, les instructions de vol données. Ma capsule fut éjectée tout aussi vite dans l’espace. Je n’avais même pas eu l’occasion de me plaindre. Je n’avais pas non plus la main sur la capsule ni sa destination. Lentement, je tentais d’allumer l’holocommunicateur, mais ce dernier ne répondit pas, il était verrouillé. Un frisson me parcourut l’échine alors que je réalisais que j’étais seul…Dans l’espace… -
Post n°18
Auteur : HK-66Oui. Vous avez raison, M. Oshindara... Les SSF sont notre meilleure chance. HK-66, émettez ces identifiants, je vous prie, et approchons-nous de la carcasse du vaisseau. Si la marine impériale veut nous intercepter, il ne restera plus qu'à nous en remettre à votre dernière proposition...
[Réponse assurée] Bien reçu, transmission des identifiants en cours.
Le droïde maquilla la signature avec les codes issus du spatioport de la Guilde, rebaptisant le Poursuivant, devenu le Pains à volonté, vaisseau auxiliaire de l’organisation humanitaire de Dantooine Secours Sans Frontière, avec une liste d’interventions à travers la galaxie. Il transmit également les identifiant au vaisseau des Jedi, mais n’en modifia pas le nom. Ce dernier était suffisamment improbable selon les standards nuisibles pour ne pas éveiller la méfiance.
Simultanément, le droïde lança une sous-routine pour calculer la trajectoire la plus rapide et la plus aléatoire pour déjouer un tir de barrage, si le passage en force s’aérait nécessaire. Ils n’étaient pas encore rentrés dans le champ des senseurs de la flotte de l’Impérium, et il n’était pas encore trop tard pour que les nuisibles bouleversent à nouveau tous les calculs établis comme ils aimaient le faire.
Ce qui se traduisit de manière presque mathématique lorsque des perturbations dans l’hyperespace annoncèrent la venue imminente de nouveaux partenaires de jeu, vraisemblablement d’autres nuisibles. Quand on pouvait constater à quel point la mauvaise herbe était attirée par tout ce qui était affilié au soi-disant Côté Obscur, il était plus que logique que la réduction de la présence nuisible à l’échelle galactique passe par la réduction de la présence Sith.
En attendant, les capteurs de HK détectèrent un mouvement brusque lorsque le vaisseau voisin s’élança sans préavis.- "Message à la flotte impériale : ici le capitaine Adan Joli du HMS Poursuivant "Le Delt'Aplazm" récemment affrété par l'organisation Secours Sans Frontière. Nous avons capté un signal de détresse en provenance de cette structure spatiale et nous y rendons pour porter secours aux formes de vies organiques en difficulté. Adan Joli, terminé."
Le show était lancé, d’autant plus que les identifiant des nouveaux navires étaient militaires et séparatistes. Tout en calquant sa trajectoire sur celle du Delt’Aplazm, HK termina sa collecte de données sur l’Holonet et commença à bombarder les banques de données galactiques d’articles antidatés sur les performances des équipes de secours à bord des deux vaisseaux, notamment lors des opérations de Bastion et d’Ondéron, et créant littéralement un équipage fictif pour le Pain à volonté, incluant notamment un fils cadet de sénateur républicain en année sabbatique, histoire de faire réfléchir les nuisibles impériaux avant de se lancer dans une désintégration préventive.
Il fallait cependant éviter une analyse trop précise des senseurs pour détecter les formes de vie à bord. Déverrouiller temporairement les sécurités du réacteur du vaisseau pour créer une surchauffe partielle et déclencher un court-circuit dans le canon ionique pour créer un écho électromagnétique devraient suffire à bloquer une analyse rapide de l’intérieur du vaisseau, et pourraient néanmoins être attribué à la vétusté supposée du vaisseau. HK-66 s’empressa d’ajouter un article sur l’origine du dysfonctionnement du canon à ion, conséquence d’une attaque de Drexl alors que le vaisseau évacuait des civils lors de la crise d’Ondéron.
Les processeurs incluaient également le nom de Adan Joli dans certains des articles, mais renonça à mettre ceux de ses autres partenaires. Le choix de s’élancer dès à présent vers l’épave ne leur laissait plus l’opportunité de se concerter, et étant donné la tendance des nuisibles à ne pas suivre à la lettre leurs fonctions, autrement dit à gaffer, les probabilités de créer un arrière-plan auquel le padawan ou les autres chasseurs de prime pourraient se conformer étaient trop mauvaises.
Serrant les commandes, le droïde se mit à la suite du vaisseau des Jedi, prêt cependant à enclencher ses protocoles d’esquives.Vous nous suivez, HK ?
[Réponse affirmative] Cette unité a entamé les protocoles d’approche à votre suite, et signale que votre vaisseau a un léger déséquilibre dans la répartition de la poussée moteur. Cette unité est prête à engager les protocoles de fuite en avant comme ceux d’embrouille vocale. -
Post n°19
Auteur : HivernusA bord de l'Équinoxe de Printemps, le contre-amiral Festus suit avec un certain intérêt les différentes transmissions entre unités. Selon les sections d’abordage, rien ne permet pour l’heure d’affirmer qu’il y a bel et bien une quelconque présence à bord du vaisseau. Quelques bruits suspects, ici et là, mettent cependant la puce à l’oreille et forcent les hommes à rester sur leurs gardes. S’il y a bien des formes de vie au sein de ce navire fantôme, les soldats les trouveront.
- Amiral, le major Jefferies souhaiterait s’entretenir avec vous. Indique le lieutenant en charge du poste des communications.
- Qu’il patiente. Nous n’avons pas encore déterminés si le vaisseau présentait un risque pour son équipe ou non. Indique sèchement le commandant de la première flotte d’intervention.
- Amiral… L’Aventurier se dirige vers l'Équinoxe de Printemps. Poursuit l’officier subalterne. Le major est clair… Il insiste pour vous parler immédiatement.
L’arrogance des agents des services de renseignements a toujours été un important facteur de mépris pour les officiers issus de la marine ou de l’armée. Certains s’en accommodent volontiers, ne souhaitant pas s’attirer plus d’ennuis que nécessaire. D’autres, plus fiers, s’offusquent du comportement déplorable des représentants de la terrifiante police politique. Les plus fourbes, pour leur part, y trouvent leur compte et jouent volontiers le jeu des services de renseignements si cela peut leur permettre d’avoir un quelconque bénéfice. Quoi qu’il en soit, le contre-amiral n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Jefferies a beau être l’instigateur de cette expédition et le toutou de la Grande Moff Ashe, il n’en reste pas moins qu’il a des obligations à respecter… Pour l’heure, il se contentera d’obéir aux ordres qu’on lui donne, que ça lui chante ou non.
- Amiral… Nous venons de recevoir de nouveaux rapports. Nos sections d’abordage sont mises en difficulté par des systèmes de défense sophistiqués. Annonce d’une voix grave un jeune homme installé au poste des communications. Et…
Le matelot déglutit péniblement.
- Nous avons perdu le contact avec la section Manticore. Le capitaine Himron indique qu’il se charge actuellement de porter assistance à la section Centaure avec le peu d’hommes valides qu’il lui reste. Poursuit-il, un brin de nervosité dans la voix. Les blessés de son unité se dirigent actuellement vers la salle des communications afin de s’y retrancher, selon ses ordres.
- Dès qu’ils seront arrivés à destination, établissez un contact avec eux. Je veux savoir ce qu’il se passe sur ce foutu destroyer ! Exige Festus.
- A vos ordres, amiral.
L’annonce de complications au sein du vaisseau fantôme plonge l’équipage du destroyer de classe Impériale dans une transe de combat. Ceux qui n’étaient pas encore convaincus de la nécessité de s’emparer ou de détruire un bâtiment de guerre prétendument abandonné sont désormais pleinement conscients des enjeux. Il ne s’agit plus seulement, maintenant, de neutraliser une potentielle menace. Des vies impériales sont en danger. Des hommes et des femmes, frères ou sœurs d’armes, sont assaillis de toute part par un ennemi sournois. Les faits sont là. Et l’Impérium ne reculera devant rien pour soumettre ceux ou celles qui sont à l’origine de cet acte de guerre à la justice impériale, aussi vindicative soit-elle. Autour du contre-amiral, les membres d’équipage s’activent. Le brouhaha général qui s’empare de la salle de commandement est une mélodie familière à l’oreille de l’officier.
- Amiral ! Une flotte vient de sortir de l’hyperespace. Les transpondeurs sont séparatistes. Indique un enseigne depuis sa console.
- Attendez qu’ils transmettent leurs codes d’authentification avant de communiquer avec eux. Ordonne le commandant de la première flotte d’intervention rapide, aussi surpris que sceptique.
Les séparatistes n’ont pas lésiné sur les moyens visiblement. Ils se sont pointés avec une flotte comptant autant de vaisseaux que l’armada impériale. Et si l’on se fie aux premières informations transmises par les senseurs du destroyer, cette flotte dispose d’une puissance de feu particulièrement intimidante. La Confédération des Systèmes Indépendants se sent-elle à ce point menacée par les Sith ? Ou cherche-t-elle simplement à remettre à sa place l’Impérium en faisant étalage de sa puissance militaire ? Est-ce un savant mélange des deux ? Avant même qu’il ne puisse répondre à ses nombreuses interrogations, Festus est de nouveau interrompu.
- Amiral, nous venons de recevoir un message de la part d’un vaisseau humanitaire. Annonce un autre marin.
- Faites moi écouter ça. Grogne le contre-amiral en approchant le poste du matelot.
La première écoute n’enchante guère l’officier. Une fois de plus, son esprit est submergé de questions. Son intuition lui recommande cependant la plus grande prudence. Les identifiants ont beau être authentiques, il n’en reste pas moins qu’un vaisseau humanitaire républicain n’aurait, à première vue, aucune raison de se balader dans un coin aussi sinistre. Pour avoir passé les derniers mois de sa vie à errer dans les Régions Inconnues à la recherche d’un navire fantôme, le commandant de la première flotte d’intervention rapide sait à quel point il est imprudent d’arpenter ces étendues sauvages et relativement peu cartographiées de la galaxie. Se peut-il, sous couvert d’une fausse identité, que ces individus cherchent à nuire aux intérêts de l’Impérium ? Après tout, l’équipage de ce vaisseau pourrait tout aussi bien être constitué d’agents à la solde de la République, de pirates ou pire, de Sith. Qui sait réellement ce qu’il en est ? Plus étrange encore, le timing semble être un peu trop parfait. Il reste des zones d’ombres à éclaircir.
- Faites savoir à l’équipage du Delt’Aplazm qu’il doit rebrousser chemin ou se constituer prisonnier afin de procéder à un contrôle.
- A vos ordres Amiral. Le matelot règle son dispositif de communication sur une certaine fréquence avant d’annoncer les instructions du contre-amiral. Ici l'Équinoxe de Printemps, vaisseau-amiral de la première flotte d’intervention rapide. Cette zone est actuellement sous contrôle militaire impérial. Il est donc demandé au Delt’Aplazm de quitter les lieux au cours des prochaines minutes ou de se mettre à disposition des forces impériales afin de procéder à un contrôle des passagers. Tout refus d’obtempérer entraînera un recours à la force. Vous avez deux minutes pour vous décider. Terminé.
- Brouillez leurs communications. Et contactez la patrouille TIE la plus proche. Si nos nouveaux venus refusent de se plier à nos exigences, détruisez ce foutu vaisseau. Commande le commandant en chef de l’armada impériale.
- Oui amiral.
- Amiral… Le major Jefferies...
- Qu’il aille au diable ! Passez-le moi. Maintenant ! Rugit Festus.
Autour du contre-amiral, quelques têtes étonnées lèvent les yeux. Les accès de colère de leur supérieur sont peu nombreux. L’officier tourne en rond, tel un fauve en cage, jusqu’à ce qu’une silhouette translucide se matérialise au dessus d’un holoprojecteur.
- Enfin ! Vous avez pris votre temps... Lance d’une voix mécontente l’agent du Service Stratégique Boroskais.
- Ne me poussez pas à bout Jefferies. Ma patience a des limites. Siffle le commandant de la première flotte d’intervention rapide.
- Je n’en doute pas un instant, amiral. Il est vrai que cette situation est pour le moins singulière. Toute cette agitation autour du vaisseau fantôme me donne déjà un effroyable mal de tête. Et j’imagine, à cause de cela, que vous avez probablement fort à faire... Je serai donc bref. Explique d’un ton ennuyé le petit homme au crâne dégarni. Je sais que vos hommes ont été mis en difficulté par le système de défense du destroyer. Deux options se présentent alors… Ou bien la conscience du vaisseau a décidé de s’en prendre à ce qu’elle considère comme une menace probable, ou bien nos curieux invités ont décidé de jouer selon leurs propres règles… Quoi qu’il en soit, seule une intervention du Service Stratégique Boroskais pourrait bien faire pencher la balance en notre faveur.
- Que… Comment… Qui vous a tenu informé ? L’interroge alors le contre-amiral, surpris.
- Voyons amiral… C’est presque blessant. Les agents des services de renseignements de la Grande Moff Ashe sont capables de tout. Nous n’avons pas besoin d’une taupe pour nous tenir informés de l’avancement de l’opération d’abordage. Il nous suffit juste d’avoir accès à certaines fréquences...
Festus enrage en silence. Ce sale petit avorton ose l’humilier sous les yeux de son équipage et se vante de pouvoir détourner les protocoles de sécurité pour son propre usage. Un tel affront ne restera pas impuni. S’il le fallait, l’officier ferait jouer ses relations pour obtenir sa vengeance. Oui. Il s’en fait la promesse. Ce maudit Jefferies ne s’en sortira pas comme ça.
- Amiral… Les séparatistes attendent votre rapport. Vient souffler un officier subalterne à l’oreille de son supérieur.
Bien évidemment… Ces foutus séparatistes n’exigent rien d’autres des impériaux. Des rapports, des rapports… Toujours des rapports. A les entendre, tout leur est dû. Le contre-amiral ne serait pas étonné d’apprendre que l’Impérium a des comptes à rendre sur chaque pet que la Grande Moff lâche discrètement dans son bain… Peu importe. Pour l’heure, le commandant de l’armada impériale se contentera de lécher les bottes de ces abrutis de séparatistes, comme bon nombre de ses camarades savent si bien le faire.
- Etablissez une liaison avec le vaisseau-amiral séparatiste.
- Communication établie amiral. Indique un membre d’équipage.
Une seconde silhouette holographique se matérialise à côté de celle du major Jefferies. Alors que les contours se dessinent, que la forme prend celle d’une femme, le contre-amiral Festus fronce les sourcils. S’il connaissait plus ou moins le nom et le visage de quelques officiers séparatistes, celle-ci ne lui disait rien. L’homme redresse machinalement la tête, exécute son plus beau salut militaire, puis se présente.
- Ici le contre-amiral Festus, commandant en chef de la première flotte d’intervention rapide impériale. Nous avons procédé à l’abordage du vaisseau fantôme. Plusieurs unités d’élite et sections d’abordage sont déjà à bord du navire et sont actuellement confrontées à un ennemi indéterminé. Selon les rapports, plusieurs formes de vie se trouveraient déjà à bord. Une supposition considère que ces formes de vie sont à l’origine de l’activation des systèmes de défense qui ralentissent la progression de nos forces. Une autre théorie voudrait que le vaisseau se charge lui-même de sa défense. Pour l’heure, l’opposition rencontrée par les sections d’abordage impériales n’a pas trouvé d’explication. Annonce-t-il d’une voix qu’il tente de maîtriser au mieux. Le major Jefferies, ici présent, est notre expert en matière de technologies anciennes. Il prétend pouvoir nous aider à prendre le contrôle du vaisseau fantôme.
- C’est plus ou moins exact. Il se trouve que j’ai sous mes ordres une escouade d’agents de terrain aux talents multiples. L’un d’entre eux pourrait facilement s’introduire dans le réseau du vaisseau et nous fournir les accès dont nous avons besoin pour remplir notre mission à bien. Affirme le sous-officier de manière condescendante. Comme je tentais de l’expliquer à l’amiral, il nous suffirait simplement de nous introduire à bord pour accéder aux bases de données du vaisseau. Le soutien de la Confédération des Systèmes Indépendants pourrait être bénéfique sur le destroyer. De ce que j’ai cru comprendre, nos hommes à bord ont été assaillis de toute part par des jets d’acide et des cohortes de droïdes… Rien d’insurmontable pour d’autres droïdes en soi.
L’enfoiré… Il ose couvrir de honte ses propres camarades en faisant les louanges de l’armée séparatiste. Pire ! Il les traite d’incapables et semble visiblement leur préférer des foutus tas de boulons… Le contre-amiral demeure interdit. Un tel comportement n'est pas digne d'un soldat impérial. Il se retient de couvrir cet abruti de surnoms grossiers. Les membres d’équipage, autour de lui, semblent aussi abasourdis que lui, même s’ils ne le montrent pas directement. Lorsque tout ceci sera fini, l’officier aura quelques comptes à régler… Mais pour l’heure, il doit s’assurer de ne montrer aucun signe de faiblesse. Si les séparatistes venaient à apprendre que les impériaux se tirent dans les pattes sans aide extérieure, quelle opinion pourraient-ils avoir de leurs alliés inféodés ?
- Nous allons vous envoyer tout ce que nous savons actuellement sur les dangers que courent nos hommes à bord du vaisseau. Intervient Festus afin de reprendre le contrôle de la situation. Je me dois également de notifier qu’un vaisseau appartenant à l’organisation Secours Sans Frontière vient de faire son apparition dans la zone. Son équipage aurait intercepté un signal de détresse et souhaiterait accéder au destroyer afin de porter secours à ses occupants. Nous essayons actuellement de déterminer le niveau de menace qu’ils représentent. Il leur a été demandé de quitter le secteur ou de se soumettre à un contrôle. S’ils refusent de se plier à nos exigences, nous aurons recours à la force.
Le regard furieux du commandant de la première flotte d’intervention rapide se pose à nouveau sur le major. Le temps d’un instant, il essaie de faire comprendre à cet agent insolent qu’il vaut mieux qu’il se taise avant de dire de nouvelles bêtises. Il racle le fond de sa gorge, probablement pour faire évacuer le stress qui l’étrangle peu à peu, puis pose son regard sur celle qui commande visiblement l’armada séparatiste. Un officier peu expérimenté aurait probablement déjà jeté l’éponge face à tant d'événements imprévus. Pour Festus, ce genre de situation est chose courante, même s’il semble s’en lasser...Spoiler : Spoiler
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Post n°20
Auteur : Super PNJTahiri Delia, la Commandante de la Légion Amber, prit place dans son environnement de communication, qui projetait à la fois son image sur le pont opposé, et permettait de recevoir celle de son interlocuteur. L'uniforme brun parfaitement droit, les traits graves, bras le long du corps, elle savait qu'elle devrait, au moins au début, faire bonne figure. L'Imperium avait appelé la CSI à l'aide dans sa recherche des menaces Sith. Se sentaient-ils trop faibles pour faire face ? Ou bien pas assez confiants ? Ou étaient-ils juste prudents ? Elle finirait bien par le découvrir, même si cela relevait de politique. Arrivée en grande pompe avec une flotte conséquente, il fallait bien reconnaître que la Générale Valkoinen avait eu le nez creux : les impériaux eux-même s'étaient déplacés en force pour un seul croiseur, et il aurait été insupportable aux yeux de la militaire de se présenter en position de faiblesse devant des alliés, certes, mais surtout des vassaux.
A l'instar de ses homologues impériaux, elle les salua militairement, droite comme la justice. A la manière d'une supérieure hiérarchique, elle commença par écouter le rapport du contre-amiral, qui ne lui disait déjà rien de bon : une opposition encore mal cernée qui ralentissait les troupes de choc impériales, un vaisseau fantôme, une discorde apparente derrière l'unité affichée. Celle-ci la fit sourire ironiquement lorsque le sous-officier Jeffries suggéra qu'il vaudrait mieux laisser à la CSI le loisir d'explorer ce vaisseau pour tout le monde. C'était déjà plus ou moins l'idée de l'officière, mais qu'ils l'exposent eux-même ? C'était encore mieux. La Légion Amber s’enorgueillit d'être la troupe d'élite la plus efficace, et entendait bien le prouver à nouveau.
Cependant, il fallait qu'elle reste concentrée. Le contre-amiral Festus évoquait désormais un vaisseau du Secours Sans Frontières ? Que venait faire un vaisseau de ce genre dans un coin de la Galaxie aussi reculé ? Là-dessus, elle donnait raison à l'officier : il y avait probablement anguille sous roche avec ce vaisseau, qui n'avait vraiment rien à faire sur un terrain d'action, qui regroupait autant de croiseurs. Ne manquait que la République Fédérale et les trois puissances galactiques seraient face à face.
-Je vous remercie d'avance pour ce que vous m'enverrez, contre-amirale. Je me présente, je suis la Commandante Tahiri Delia, responsable de la Légion Amber, et de cette mission, envoyée par la Générale Suprême Valkoinen. Notre objectif est le vôtre : déterminer le degré de menace qui pèse sur nous avec ce croiseur, et réagir en conséquence, par la force si il le faut. Je vous propose de rester en contact quasi-permanent afin de guider nos troupes sur site. Comme l'a souligné votre expert...
Elle avait appuyé sur le mot expert. Si Delia n'était pas une réelle politicienne, elle n'était quand même pas si mauvaise pour déceler les faiblesses d'autrui. Surtout lorsqu'elles étaient évidentes et à son avantage.
-Comme l'a souligné votre expert, nos EG ne devraient pas avoir de problèmes à se montrer efficace en fer de lance de cet assaut coordonné. De ce que je comprends, vous avez déjà subi quelques pertes, contre-amiral, si je peux me permettre de vous suggérer de permettre à vos troupes d'établir une tête de pont sûre et resserrée, le temps que nos forces abordent à leur tour vaisseau. Nous pourrons dès lors ouvrir le chemin avec nos EG et sécuriser les positions prises avec le CIRS, pour faciliter les transmissions et les prises d'informations. Bien entendu, celles-ci seront partagées entre vous et nous.
A nouveau, Tahiri sourit. Elle voyait bien que la situation déplaisait souverainement au contre-amirale, alors qu'elle même s'en amusait. Nombre d'officiers étaient souverainement agacés par cette situation inconfortable, en même temps.
-Autre chose, contre-amiral. Cet autre destroyer, escorté par des chasseurs TIE, cela ne me semble pas être vos méthodes habituelles. Si quelque chose d'inhabituel devait se produire, je souhaiterais être mise au courant, pour ne pas compromettre la bonne marche des opérations.
Un nouveau sourire. Restait désormais à attendre la position décrétée par Faustus.***
Le CIRS, dans les cales et les soutes, était à pied d’œuvre. Les escouades se mettaient en place, révisant leurs armures et leurs armes, presque plus par acquis de conscience que par réelle nécessité : en tant qu'unité d'élite, ils étaient choyés et demandaient à l'être, afin de donner le meilleur d'eux-même sur le terrain. Les ordres avaient été clairs, les concernant : ils devraient en priorité réaliser le soutien tactique et logistique, en relais de la commandante Delia, et se tenir en retrait tant que les EG n'avaient pas nettoyé les premières strates de la résistance qui se présenterait à bord du vaisseau. Les droïdes, eux, avaient également reçu leur programmation : avancer en tête, sans faiblir, pour nettoyer méthodiquement les poches de résistance. On avait pu fournir et remplir leurs bases de données avec les modèles de droïdes que les impériaux avaient pu rencontrer, mais cette précaution était presque inutile : leurs micro-processeurs de pointe leur permettaient de s'adapter à toutes les circonstances en quelques fractions de seconde, ce qui était absolument essentiel pour leur mode d'exécution : rapide, mortel, efficace, sans concession.
Equipés de sabre-laser, revêtus d'alliage de phrik, spécialement conçus pour la Légion et uniquement la Légion, ces machines à tuer apprenaient d'autant plus vite que leur apprentissage se faisait en stéréo : ce qu'un droïde du groupe comprenait, tous le comprenait. C'était sans doute à cette force-là que faisait allusion Jeffries lorsqu'il évoquait la supériorité séparatiste. Mais l'heure n'était plus aux belles paroles : les barges d'abordage commençaient à se remplir des hommes et des droïdes, qui n'attendaient plus que le feu vert de leur commandante.d'Altreis -
Post n°21
Auteur : HivernusLe contre-amiral Festus enrage en silence. Ce petit avorton qu’est Jefferies a donné aux séparatistes l’occasion parfaite pour se débarrasser de leurs alliés impériaux. Il suffit de savoir lire entre les lignes pour comprendre que cette Tahiri Delia va se servir du prétexte gracieusement offert par cet abruti pour faire débarquer en grande pompe ses propres forces au sein du vaisseau fantôme. Pour l’heure, les unités d’intervention impériales sont au cœur de l’action. Mais lorsque ces foutus droïdes seront à bord, il est évident que ses hommes seront relégués à un rôle secondaire, voire insignifiant. Toute opportunité de briller sur le terrain risque donc de s’envoler, à la grande déception de l’officier.
Pire encore ! Pour le commandant de la première flotte d’intervention rapide, il n’y a aucun doute à avoir sur l’opinion de la Confédération des Systèmes Indépendants à l’égard de l’Impérium. Il se persuade en effet que les séparatistes voient leurs “alliés” impériaux d’un mauvais œil. Le discours humiliant du major leur donnera raison, à tous les coups. A cette simple pensée, son cœur s’emballe. Non ! Il refuse de laisser ces enfoirés moquer le régime impérial. S’il n’y avait que lui, Jefferies serait déjà mis aux arrêts et exécuté pour collusion et trahison. Et cette commandante, qui cherche à le rabaisser en proposant que ses troupes remplacent les siennes sur ce maudit destroyer, peut aller se faire voir !
Festus étouffe. Il réajuste le col de son uniforme, sort un mouchoir de sa poche dont il se sert pour éponger son front puis prend une profonde inspiration qui se veut salvatrice. La pimbêche qui se tient en face de lui affiche un grand sourire sur son visage ô combien parfait. Il lui ferait volontiers du mal pour qu’elle cesse de railler les siens. Il imagine dix manières différentes de la mutiler, de lui ôter toute envie de sourire… Puis se ravise. L’homme, qui a laissé ses émotions s’exprimer à sa place, supprime toute pensée négative. Il reprend ses esprits, prend une posture plus rigide, refuse de laisser paraître toute expression qui pourrait le trahir. Pour l’heure, il a une opération à mener à bout. Peu importe les obstacles. Peu importe les moqueries. Rien ne peut l’atteindre désormais.
- Les sections d’abordage impériales ont débarqué à plusieurs endroits clefs du vaisseau. Plusieurs unités se chargent en ce moment même de sécuriser les compartiments bâbord et tribord des niveaux supérieurs, avec pour objectif principal la prise de la passerelle principale et de la passerelle auxiliaire. Un autre détachement doit d’ici peu investir les hangars. Je vous demanderai donc d’attendre que mes hommes aient défini les meilleurs points d’insertion avant d’entreprendre la moindre action. Répond finalement le contre-amiral à la commandante. Après tout, il serait dommage d’envoyer vos troupes dans une zone non sécurisée au préalable. Une embuscade est si vite arrivée...
L’officier tente de temporiser, de retarder l’entrée en jeu des séparatistes. Après tout, cette opération est la sienne. Il a reçu l’ordre de la Grande Moff elle-même de s’emparer de ce vaisseau, ou à défaut de pouvoir s’en emparer, de le détruire. Et il ne compte pas laisser la Confédération des Systèmes Indépendants s’attribuer tout le mérite. En affirmant sa volonté de poursuivre le déroulement des opérations d’abordage qu’il a initié, Festus espère pouvoir offrir à ses hommes suffisamment de temps.
Mais la commandante Delia n’est probablement pas du genre à rester sur le banc de touche. Bien évidemment, elle tient à avoir un contrôle total. Elle ne s’en vante pas directement mais tout, dans son attitude et ses propositions, le suggère. Pour notre homme, il y a fort à parier qu’elle tentera par tous les moyens d’avoir le dernier mot. Après tout, les séparatistes ont toujours eu une haute opinion d’eux-mêmes… Par ailleurs, le simple fait que la femme cherche à se renseigner sur tout ce que les impériaux ont pu entreprendre jusque là est la preuve même qu’aucune confiance ne peut réellement s’acquérir. C’est du moins le point de vue de celui qui commande la première flotte d’intervention rapide impériale...
- A propos de ce destroyer escorté par quatre de mes chasseurs TIE, je crois que vos senseurs débloquent à plein régime commandante. Il s’agit en fait d’une canonnière. Un modèle de la classe Vanguard. Poursuit l’impérial, un brin d’ironie dans la voix. Nous lui avons offert une escorte car le Moff Valiant se trouve à son bord.
En révélant cette information, le contre-amiral sait qu’il jette un pavé dans la mare. Pour certains, le clone est un héros. Pour d’autres, le général est affublé de nombreux adjectifs fort peu sympathiques. Traître, lâche, opportuniste sont autant de mots utilisés pour désigner le même individu. Quoi qu’il en soit, nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur ses motivations. Au sein de la Confédération des Systèmes Indépendants, on doit probablement se poser les mêmes questions… Il reste donc à savoir quelle est l’opinion de la commandante à ce sujet, si du moins elle en a une. Il se peut en effet qu’elle se désintéresse complètement du cas Valiant. Ou peut-être n'a-t-elle aucune idée de qui il s’agit… Peu importe.
- Amiral, le sergent Riggs vient de nous remettre un rapport déroutant. Selon lui, sa section a été secourue par deux individus s’identifiant en tant que Jedi. Ces derniers souhaiteraient apparemment entrer en collaboration avec nos forces. Vient discrètement l’informer l'officier chargé des communications. Le capitaine Himron se charge actuellement de les interroger. Il attend vos instructions.
Des Jedi… Il ne manquait plus que ça ! Festus n’est pas réellement étonné. Tout ce qui touche de près ou de loin aux Sith concerne aussi les Jedi. L’éternelle guerre que les deux ordres se livrent depuis l’aube des temps se poursuit donc… Le commandant de la première flotte d’intervention rapide ne peut cependant pas s’empêcher de se poser de nombreuses questions. La présence de quelques représentants de l’Ordre Jedi à bord du vaisseau fantôme pose un énième problème de sécurité. Pire. Cette révélation amène un nouveau flot de complications. Peut-on se fier aux protecteurs déchus de la République ? Ne risque-t-on pas de se confronter à eux, tôt ou tard ? Le contre-amiral soupire. Faire sauter ce foutu destroyer avec toute la puissance de feu dont il dispose semble être à la fois la solution la plus radicale et la méthode la plus efficace pour venir à bout du problème.
Néanmoins, en agissant de la sorte, l’officier sait qu’il priverait l’Impérium d’une importante source d’informations. Qui sait en effet quels secrets ce vaisseau fantôme dissimule en son sein ? Quels avantages pourrait-il fournir à l’Impérium ? Le mystère reste, pour l’heure, entier. Festus ne peut pas se résoudre à donner un ordre qu’il pourrait regretter par la suite. Du moins… Pas pour l’instant. Notre homme reste persuadé qu’il dispose de suffisamment de ressources pour poursuivre cette opération. Dans le pire des cas, il pourrait toujours laisser les séparatistes gaspiller leurs droïdes…
- Veuillez m’excuser un instant commandante.
Le commandant de la première flotte d’intervention rapide s’écarte le temps de quelques battements de cœur de la table à projection holographique afin de donner ses instructions.
- Contactez le colonel Swedberg. Informez-le qu’une présence Jedi a été confirmée par nos sections d’abordage. Je veux qu’une de ses unités se dirige vers la dernière position connue du capitaine Himron afin qu’elle puisse intervenir sur ses ordres en cas de besoin. On ne sait pas encore à quoi s’attendre avec ces foutus sensitifs. Demandez au capitaine de nous fournir toutes les informations qu’il pourra récolter à leur sujet. Ordonne le contre-amiral. Lorsque ce sera fait, envoyez un message à l’Azalée. Qu’il mobilise plusieurs de ses sections de choc afin de les préparer à l’abordage.
- A vos ordres, amiral.
Envoyer plus de troupes au sein du vaisseau fantôme risque d’en irriter quelques-uns… Il le sait déjà. Pour Festus, il s’agit avant tout de soulager ses hommes et de s’assurer de garder le contrôle de la situation. Il refuse de voir ce maudit destroyer tomber entre de mauvaises mains, qu’elles soient Jedi, pirates, Sith… Cependant, l’officier impérial sait que ses nouvelles directives ne seront pas du goût de Tahiri Delia. Cette mégère voudra à coup sûr qu’il lui rende des comptes quand elle constatera qu’il a décidé de mobiliser plus de soldats.
- Veuillez m’excuser pour ce léger contretemps, commandante. Nous venons d’apprendre que des Jedi se trouveraient à bord du vaisseau fantôme. Ils souhaitent, selon le rapport reçu, collaborer avec nos forces mais il est encore trop tôt pour déterminer leurs réelles intentions. J’ai dû donc prendre certaines décisions afin de nous assurer qu’ils ne représentent pas une menace immédiate pour la suite de notre opération. Indique le contre-amiral.
En révélant la présence de Jedi au sein même du destroyer, l’homme sait très bien qu’il prend le risque de voir les forces séparatistes débarquer en grand nombre avant même qu’il ait pu reprendre l’avantage. Néanmoins, il pense avoir fait le bon choix. S’il avait refusé de communiquer cette information, qui sait ce qu’il aurait pu se passer par la suite… La Confédération des Systèmes Indépendants n’apprécierait probablement pas ce genre de cachotteries… Et les conséquences auraient alors pu être très dramatiques. Au moins, en acceptant de partager le moindre renseignement avec les séparatistes, l’officier a la certitude de rester dans leurs “bonnes grâces”. Il s’assure juste que la force d’intervention impériale ait un coup d’avance, afin de rester fidèle à ses ordres… Sa fierté l’empêche de toute manière de courber l’échine devant une puissance étrangère.
- Major Jefferies, préparez vos hommes pour le combat. Lorsque le colonel Swedberg aura sécurisé le hangar principal, vous aurez le feu vert pour débarquer.
- Je vous remercie, amiral. Nous serons prêts. Lance pour toute réponse le major, un sourire en coin.
La silhouette holographique de l’agent du Service Stratégique Boroskais disparaît brusquement. Bon débarras ! Qu’il aille donc fanfaronner ailleurs ce fauteur de troubles ! Le contre-amiral espère sincèrement qu’il se tuera tout seul dans sa vaine tentative de briller sur le terrain en léchant les bottes des séparatistes. L’Impérium ne pleurerait certainement pas la perte d’un type de son genre.
- Commandante, si vous n’y voyez aucun inconvénient, nous pourrions nous mettre d’accord sur les manœuvres à suivre lorsque mes hommes auront sécurisé les différents points de débarquement. Poursuit Festus. Pour garder le vaisseau sous notre contrôle, nous devons impérativement prendre position aux bons endroits. Mes hommes renforceront leur présence au niveau des hangars, afin d’établir une tête de pont sûre à travers laquelle on pourra faire transiter troupes et matériels en fonction des besoins. Quelques-uns de mes éléments se chargeront de poursuivre leur progression au sein du navire afin de nous fournir un visuel et des renseignements que l’on pourra exploiter. Je suggère qu’une de vos unités se charge d’escorter l’équipe du major Jefferies lorsqu’elle sera à bord. Il sera cependant nécessaire de prendre possession de la salle des réacteurs, de la passerelle principale et de la passerelle auxiliaire si nous voulons nous assurer d’avoir un contrôle total du destroyer. Après tout, nous ne sommes pas assurés de la réussite de l’opération proposée par le major...
Le contre-amiral prend une profonde inspiration, prêt à défendre son morceau de steak contre la furie séparatiste qui le dévisage du regard. S’il est prêt à coopérer avec la Confédération des Systèmes Indépendants, l’homme n’en demeure pas moins réticent à lui laisser le contrôle de l’opération. Tant qu’il sera aux commandes de la première flotte d’intervention rapide, les forces impériales ne seront pas mises de côté. Il en va de la fierté de l’Impérium... Et de la sienne.
