La soeur perdue
-
Post n°1
Auteur : Lord Sotagar
Lorsque la porte de la navette commerciale s'ouvrit, une horde de voyageurs épuisés par le voyage en descendirent.
Au milieu de cette cohue, un cliquetis presque imperceptible tant le brouhaha occupait l'espace sonore. Caché sous des vêtements des plus communs, se trouvait un alien se distinguant des autres par sa taille, mais aussi par son apparence, difficilement perceptible sous la capuche et les vêtements qu'il portait.
Connaissant les lieux, Pagaal se rendit rapidement au Terminal pour y récupérer ses affaires constituées d'une simple valise qu'il prit à sa suite comme tout un chacun.
En quittant l'astrogare, il constata qu'une fois de plus, Pantora était livrée à la fureur d'une tempête de neige.
Sachant qu'il ne pourrait partir avant d'avoir enfilé des vêtements plus adaptés au climat, il se rendit aux toilettes où il enfila sa tenue caractéristique, étudier pour pallier à son infirmité, rendant ses plumes moins efficaces contre les températures extrêmes.
Une fois convenablement habillé, il ressortit, restant dissimulé sous l'espèce de grand manteau à capuche dans lequel il était arrivé. Peut-être attirerait-il l'attention, mais ce serait toujours mieux que de se balader au grand jour, d'abord parce que croiser un Sathari était rare ici, mais davantage encore si celui-ci était atteint de malformation le rendant unique. Sans compter que ce n'était pas la première fois qu'il venait.
Il appela un speeder et paya pour gagner la périphérie de la capitale, ou se trouvant les hôtels de seconde zone.
En y entrant, il gagna sans attendre sa chambre après y avoir retiré la clé et, tout en rangeant les quelques affaires qu'il avait emmené, il redémarra l'holo-enregistrement qu'il avait reçu, voilà deux semaines, sur Orvax IV :
Un personnage de noble stature, aux habits finement élaboré apparaissait sous une teinte bleutée qui, pour une fois, rendait justice à la teinte de l’individu qu'il représentait.
"Satark, je sais que depuis ton départ, nous n'avons pas beaucoup échangé. Je dirais même trop peu pour dire qu'il s'agisse d'échanges. Si je te contact, c'est parce que je sais que je peux compter sur toi, mais également, parce que tu es bien le seul qui attirera le moins l'attention, malgré tes... Particularités."
Il prit un temps, regarda vers le bas comme pour éviter de regarder quelqu'un dans les yeux puis repris en se redressant :
"Tu le sais, ma position rend ma famille vulnérable à certains type de personnages aux desseins que mon office pourraient servir et..." Il marqua une nouvelle pause. "C'est arrivé, ils ont pris Bhari."
Comme la première fois, Pagaal, qui tournait le dos en rangeant l'une de ses tenues dans la penderie ; s'immobilisa et se tourna lentement, fixant du regard la petite figurine transparente qui vacillait au-dessus de l'holo-transmetteur. Le noble retenait ses larmes, il tentait de rester digne. Mais à dire vrai, Pagaal ne lui en tenait pas rigueur, même si la noblesse et l'officialité demandait une certaine tenue, il était des fois où elle était superflue.
"S'il te plaît Satark, j'ai... Nous avons besoin de toi. Je suis surveillé, et Pantora est un nid d'intrigues politiques, tu es bien le seul qui puisse arriver discrètement pour agir. Depuis le temps, tu connais relativement bien la planète. Quant aux coupables de rapt... Plus encore, je présume."
Pagaal fronça les sourcils, autant par attention que par mécontentement.
"Je sais que Bhari comptait pour toi, alors, je ne te demande pas de le faire pour moi, mais pour elle, même si, tu le sais, elle ne voudrait pas admettre qu'elle a besoin de toi.
Au cas où tu accepterais, j'ai joint les coordonnées d'un fidèle de ma famille qui garde un pied dans ton monde, il pourra te donner toutes les indications nécessaires.
J'ai également laissé des fonds et des informations quant à des moyens à la banque de Rhoshan à ton intention. Soit prudent Pagaal, même si Bhari a été dure, elle tient à toi, je peux te l'assurer.
Transmission terminée"
L'hologramme prit fin et un long silence emplit la pièce tandis que Pagaal, le regard fixé sur cette pièce de métal, restait pensif. En vérité, une sourde colère montait en lui. Une colère phénoménale. Mais pour une fois, il ne la laissa pas exploser. Non, il l'accumulait, il la réservait pour le moment où il trouverait ces "Marbachs". Et là, là, il leur ferait regretter d'avoir touché à Chatan... -
Post n°2
Auteur : Lord Sotagar
Noir, tout était noir, un grand bruit de métal déchiré et de tôles froissées, puis le silence. Un silence écrasant tandis que le souffle de l'air s'échappant probablement par le trou crée fouettait ses plumes.
Soudain, comme si l'on avait remis le son, un vacarme intense, le bruit d'un appareil en plein piqué dont les grands réacteurs au grondement rauque montaient progressivement dans les aigus à mesure qu'ils se rapprochaient du sol, surchauffants en restant de façon prolongés dans cette orientation.
Enfin, l'impact. Les échos d'un désagrégèrent inéluctable et méthodique, les premiers souffles de chaleurs indiquant la position finale des réacteurs et des réservoirs, anéantis sans doute dans de magnifiques boules incandescentes en perdant au passage nombres de leurs pièces dont les plus petites se détachaient sur le reste de leur course mortuaire.
Finalement, tout se calma, sa course propre s'arrêta et il sentit bien que son attention vacillait.
Lorsqu'il parvint à ouvrir de nouveau les yeux, un vent glacé soufflait sur les débris, menant la vie dure aux petits foyers d'incendie restant tandis que les secours planétaires étaient déjà sur place.
Au loin, une femelle humanoïde en habits finement élaborés qui surplombait le champ de dévastation, le balayant du regard avec des signes évidents de préoccupations.
Soudain, une voix lança :
"Dame Chatan, LÀ ! Il y a un quelqu'un !"
Elle tourna le regard droit sur lui alors même que sa conscience s'échappait à nouveau.
Finalement, il rouvrit les yeux dans un lit. Il n'était pas fait pour lui, mais à cette époque, ses prothèses n'étaient pas en place. De plus, son état effaçait totalement cet inconfort de ses préoccupations.
"Merci Rhaban, ce sera tout." Annonça une voix féminine.
En écartant ses paupières, il vit pour la première fois ce visage, un visage doux, attentif et bienveillant. C'était une humanoïde à la peau bleue, celle qui se trouvait près des débris.
Elle lui tendis un breuvage et l'aida à redresser la tête pour le boire. Bien sûr, dans une position inadéquate et n'ayant pas encore retrouvé ses facultés, il toussa et en recracha involontairement une partie. Chatan ne réagit pourtant pas et se contenta de poser la tasse.
- N'hésitez pas à le boire quand vous le pourrez.
- Où suis-je donc ?
- Sur Pantora, le vaisseau de transport qui vous a amené a eu un incident en chemin et tenté l'atterrissage chez nous. En vain.
- Les autres ?... Mes... Partisans ?
Chatant pris un air désolé : - Il n'y avait personne d'autre. Vous êtes le seul survivant. Et encore, vous avez l'air assez amoché.
Satark rit doucement à la remarque : - Oh, ça, c'est de naissance pour une grande part.
Chatan sourit : - On va tâcher de vous remettre sur pied... Enfin, sur pattes dans votre cas. Qu'est-ce que vous en dîtes ?
- Que c'est une bonne idée pour commencer.
Elle sourit de nouveau en se levant : - Bien, je vais chercher quelques couvertures et serviettes, n'abusez pas de vos forces et... buvez ce breuvage.
Dès qu'elle disparut, le sourire de Pagaal commença à diminuer.
En face de lui, sous cette couette, il sentait ses pattes dégarnies de leurs griffes et une douleur fantôme continuait de rappeler à son cerveau endolorit cette perte.
Ses mains le faisaient également atrocement souffrir, nul doute que ses implants et barres de soutiens avaient dû être tordues pendant l'accident.
C'est là qu'il songea à l'humiliation et à la perte de ses partisans : le déshonneur des griffes arrachées et la vente de lui et ses soutiens à des marchands comme vulgaires bêtes de foires. Ces "Marbachs" en avaient tiré un bon prix, les Satharis étant rares dans la galaxie, et lui, "Le Nishaan" plus encore.
L'intérieur de la chambre était cossu, très moderne et futuriste à la fois, avec des murs aux lignes épurées et incrustées de lumières-néons en d'élégantes lignes et figures géométriques.
En face, une fenêtre donnant vue sur cette planète. Elle ressemblait à un mélange entre Naboo et Alderaan, mais, en plus petit et... en moins aboutie.
Ainsi donc il avait tout perdu, sauf sa liberté que le destin avait d'une façon ou d'une autre épargnée.
Il avait si mal. L'espace d'un instant, il envisagea de laisser tout simplement tomber. Mais alors, tel un écho, les rires du clan rival au sien retentirent. Ils en seraient trop heureux, ce serait trop aisé.
"NON !" Laissa-t-il échapper en revenant à la réalité.
Il était dans sa chambre et venait de cogner une table. Ni l'un ni l'autre ne s'étaient fait mal. Il faut dire que les implants de Pagaal étaient précisément destinés à pallier son manque de force naturelle.
Il tourna la tête pour regarder par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. La vue était différente de celle qu'il avait eue la première fois et pourtant, également similaire.
Il était temps de se mettre en route, et de partir en quête de Dame Chatan.
Les rues de Pantoran City n'avaient pas de grandes différences avec celles d'autres régions urbanisées de la planète, on aurait pu se croire dans les bas-fonds de coruscant ou de Correlia, mais en plus propre.
Toujours caché sous sa cape, il se rendit jusqu'à l'adresse indiquée par le Père Chatan et où il ne manquerait pas de trouver le soutien dont il parlait.
Il s'agissait d'un casino grand luxe. Assurément, il allait devoir se départir de sa capuche et arborer ses habits raffinés s'il voulait entrer.
Aussi le fit-il peut avant d'entrer à vue des gardiens.
Ces derniers, interloqués de voir une telle espèce se présenter à eux, n'ouvrirent toutefois pas la porte.
Bonjour monsieur, vous avez une invitation.
En quelque sorte, je viens voir quelqu'un.
C'est un club privé, sans invitation, vous ne pouvez entrer.
Le Sathari s'inclina alors doucement et insista :
Je suis attendu, interrogé donc le maître des lieux.
Les deux gardiens se regardèrent, prêt à dire non. Mais soudain, l'un d'eux nota le regard de Pagaal, et surtout, sa teinte, rouge sang.
Portant alors la main à son oreillette, il demanda si un visiteur de race aviaire était attendu.
L'échange qui s'ensuivit indiqua que le propriétaire ne l'attendait pas, toutefois, aux questions auxquelles répondait le garde, comme la finesse des habits, l'air général que dégageait ce visiteur et la demande de son nom, lui permettait de comprendre qu'il passait son test d'entrée.
"Je suis Mor Pagaal, marchant sur Orvax IV."
Le second garde confirma, ce que l'interlocuteur sembla apprécié.
Le garde lâcha alors son oreillette et signala à son collègue de laisser passer.
Les portes du casino s'ouvrirent et Pagaal entra.
Nul doute qu'il allait marquer les caméras de surveillance, mais tant pis.
Il passa quelque temps à jouer à divers jeux, s'initiant notamment au Saabak qu'il avait peu pratiqué.
Finalement, constatant l'heure, il décida de se retirer, en sortant, il remit sa cape et commença à s'éloigner.
C'est alors qu'il nota sans trop de difficultés qu'on le suivait. Tournant dans une rue, il se débrouilla pour sortir du champ de vision de son suivant.
Ce dernier, comme attendu, l'y suivit.
Ne le voyant pas, il fut inquiet pendant un moment, jusqu'à ce qu'un être atterrisse après un plané depuis un étage supérieur derrière lui, le bruit de sa cape indiquant qu'elle retombait pour recouvrir de nouveau son corps.
Le personnage était armé d'un blaster, mais Pagaal avait une demi seconde pour le mettre à terre au besoin. Il ne le fit pas.
"Messire Nickashan ?" Demanda l'interlocuteur en se retournant.
"Lui-même. Nous avons un ami en commun."
"Plutôt... Une tâche."
Le code était bon, Pagaal savait qu'il avait affaire à la bonne personne.
- Navré de ne pas vous avoir contacté au Casino, vous êtes le genre... Voyant"
- J'en ai bien conscience, toutefois, à présent, j'ai besoin de ce que notre ami a laisser à mon intention.
- Bien sûr !
Acquiesça le Pantoran en sortant la tête de la ruelle pour vérifier qu'on ne l'avait pas suivit.
- Gagnons un lieu un peu moins à découvert d'abord.
Le lieu auquel il le mena n'était autre qu'une énième Cantina. Classique, mais efficace. Sotagar ne s'interrogea pas sur les activités de cet allié de circonstance, tout ce qui l'intéressait était de constater la parfaite tenue de l'établissement et la fréquentation. Cette dernière était dans les standards acceptables, ni trop distinguée, ni trop barbare.
Le guide le mena jusqu'à son arrière-salle privée qu'il verrouilla.
Ensuite, seulement gagna-t-il un compartiment secret dont il sortit plusieurs objets.
- Alors, vous avez une carte de crédits de la banque Roshdan, une holo-carte répertoriant la plupart des points d'intérêts de la planète. Très complète, quoique bordélique !
Un transmetteur de position, un holo-transmetteur miniature et enfin, des tenues que vous avez laissées chez notre ami et qui seront plus adaptés aux tempêtes.
- Pas d'armes ?
- Vous avez de quoi embaucher quelques mercenaires, ce ne doit pas être des pantorans, évidemment. De plus, j'ajouterais que normalement, vous devez la retrouver et appeler la cavalerie, pas vous exposer.
- Quelle cavalerie ?
Le tenancier se pointa du doigt. - Vous la retrouver, je me charge de la ramener. Je connais cette planète mieux que vous, et je sais qui je peux recruter ou non.
- Pourquoi me donner de quoi embaucher des mercenaires alors ?
- Pour quelqu'un d'Orvax, vous me surprenez, vous faites vos affaires sans escorte en vous baladant dans les bas-fonds de la ville ?
Pagaal resta de marbre, bien sûr que non.
- Eh bien Pantora, c'est pareil, d'autant que ceux qui pourraient détenir les informations peuvent être du genre... Hem... Difficiles à atteindrent.
Sans surprise, son nouvel ami lui laissait la partie la plus compliquée du travail.
Bref, il n'était pas venu pour des vacances.
- Et quels sont leurs noms ? -
Post n°3
Auteur : Lord Sotagar
Pour commencer ses investigations, Pagaal avait choisi de commencer par les adversaires affichés de Chatan, sur un plan purement politique semblait-il toutefois.
Le personnage en question n'était autre que le leader d'une des ailes de l'assemblée. À l'aide de quelques contacts et connaissances qu'il s'était faits du temps de son séjour sur la planète, Pagaal pu entrer sans encombre au quartier général du parti et n'eut plus qu'à attendre que son leader paraisse.
Ce dernier resta relativement discret et entra sans grand apparat, allant directement saluer quelques proches collaborateurs.
Pagaal, pour une fois, tira parti de son aspect pour attendre patiemment que l'individu le reconnaisse, se débrouillant pour rester dans son champ de vision.
Après que le politicien eut fait son tour rituel d'hommages, il finit par porter attention à l'invité un peu spécial qui se tenait au milieu de ces pantorans. Interdit un instant, il finit par arborer ce regard de doute qui laisse entendre que l'on pense connaître la personne. Puis, il s'approcha sur un salut que Pagaal lui porta avec son verre.
- Vous me dîtes quelque chose.
- Dans un certain passé, j'ai vécu sur cette planète.
Le pantoran chercha dans sa mémoire, réfléchissant activement tandis que Pagaal finissait son verre.
- Chatan ! Vous étiez le protégé de Chatan, l'unique survivant de ce crash si spectaculaire.
Pagaal pouffa : "Ce fait divers ? "
- Il ne se passe pas tant de chose que ça sur notre planète, et ce "fait divers" sortait quelque peu de l'ordinaire. Mais... Que faîtes vous ici ?! Je vous croyais partis ! La rumeur dit que vous êtes dans le trafic d'esclaves maintenant !
- ... Commerce, ce n'est un trafic que si c'est illégal, ce qui n'est pas le cas où je suis.
- Oh, et vous êtes ici pour faire des affaires ?
- En quelque sorte, même si ce n'est pas dans le domaine que vous pensez.
- Vraiment ?
- Pourrions-nous trouver un endroit tranquille ?
- Dépend du sujet que vous souhaitez aborder.
- La fille Chatan. Dit Pagaal l'air de rien pour ne pas attirer l'attention dans le brouhaha des discussions ambiantes.
- Certes... Je me souviens que vous étiez liés. Je suis désolé toutefois, mon bureau est en désordre et mon assistant y rédige la préparation de la prochaine séance de l'assemblée. Mais venez.
Et rapidement, ils se rapprochèrent d'un coin de la pièce un peu à l'écart, de sorte à être plus tranquille, ne manquant pas d'emporter d'autres verres au passage.
- Alors comme ça, vous aussi vous la cherchez. C'est Chatan qui vous a contacté ?
- Il ne sait pas que je suis ici, et je vous serais gré de garder les choses ainsi.
Le Pantoran inclina légèrement la tête tandis que Pagaal continua : "Mais comment cela "vous aussi".
- À part la police, divers individus semblent être en quête de Dame Chatan, cela a fait les gros titres ici.
- Quels genres ?
- Chasseurs de primes, admirateurs et chevaliers servants.
- Vous laissez faire ?
- Les jeunes en manque d'aventure ne manquent pas, nous sommes plus sentimentaux qu'on pourrait le croire au premier coup d'œil. Et je ne suis pas en charge des forces de l'ordre ! Rit le politicien
- À propos de sentiment justement, qui, selon vous, pourrais être à la source de cet enlèvement.
- Très franchement, je n'en ai aucune idée.
- Ne pourrait-ce être un... Membre de l'assemblée que l'influence de Chatan menacerait ?
- Pour quoi ? Un vote ? Ce serait ridicule, nous n'avons rien de sérieux en préparation, et agir de la sorte n'empêcherais rien, au contraire même.
Pagaal tourna légèrement la tête, intrigué.
"Seigneur....
...Sotagar."
- Seigneur Sotagar, si vous voulez contraindre quelqu'un à donner son vote, vous n'enlevez pas sa fille aux yeux de tous, et surtout pour une personnalité aussi influente. D'abord, parce que cela créerait un courant de sympathie envers sa cause qui augmenterais les chances de voir la majorité basculer vers lui, ensuite parce qu'il existe une procédure pour les votes qui consistent justement à relever les individus en incapacité d'exercer leur charge précisément pour éviter les chantages.
- Certes, mais quelqu'un d'aussi influent que le représentant Chatan doit avoir plusieurs voix qui lui sont rallié et qui, peu ou prou, vote ainsi qu'il le souhaite. Et on ne peut pas mettre en retrait la totalité de ces membres n'est-ce pas ?
- Admettons, mais tout cela n'aurait de sens que si nous avions un vote en préparation, ce qui n'est pas le cas. Le prochain n'est pas avant longtemps.
- Que prépare votre assistant alors ?
- Un sujet pour l'avenir. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas de vote bientôt que nous ne faisons rien ! Quoiqu'en pense nos administrés...
- Je vois... Et Chatan aurait pu être impliqué ?
- Pour ça, aurait-il déjà fallu qu'il soit au courant !
Pagaal laissa un silence.
- Merci pour le temps que vous m'avez accordé.
Il commença alors à se retirer. Mais à peine eut-il fait un pas que le Pantoran rappela :
- J'y pense maintenant, c'est anodin comme idée bien sûre, mais après tout : cherchez du côté du fric, être influent et de bonne famille aiguise bien des appétits.
Pagaal salua doucement de la tête sans se retourner, puis quitta la réception. -
Post n°4
Auteur : Lord Sotagar
La ruelle était assez large pour accueillir un camion speeder dont le rôle, à la nuit tombée, était toujours difficile à juger. Quant aux marchandises, généralement soigneusement transportées sur des palettes adaptées, il fallait ouvrir le transport même pour mettre la main dessus.
Le camion qui opérait un échange ce soir-là était plutôt discret. Deux individus discutaient ardemment, perchés sur la plage arrière. Ce devait être des amateurs au regard de la façon dont il menait l'échange... Et des éclats de voix perceptible jusqu'au sortir de la rue.
Pourtant, quand Pagaal se présenta avec ses mercenaires récemment employés, seul un détala tel un adolescent fautif d'un tag. L'autre, plus âgé, resta en haut de la plage arrière de son camion, reposa délicatement le bâton de la mort qu'il tenait dans sa caisse et laissa approcher.
Une fois que Pagaal fut suffisamment près, il descendit.
- T'as fait fuir mon client mec.
Pagaal eut un petit mouvement de recul, surpris : "Mec ?!" Répéta-t-il lentement, on ne l'avait encore jamais appelé comme ça.
- Ouais, c'est pas cool, d'autant que je tenais un bon contrat.
De plus en plus étonné par le comportement de l'interlocuteur, Pagaal le laissa continuer.
- C'est de la bonne marchandise et le patron s'attend à des résultats, j'suis sûr qu'tu peux comprendre ça mec.
Pagaal avança alors la tête vissée au bout de son long cou pour se rapprocher du visage du petit malfrat. Ce dernier recula par réflexe, ne disant plus rien assez décontenancé du mouvement de ce perturbateur impromptus. Et c'est seulement lorsqu'il fut bloqué par la plage arrière de son camion et que Pagaal put placer sa tête juste à côté de son oreille, qu'il entendit avec une douceur glaçante :
- Permet toi encore une seule familiarité, et je te tranche la gorge.
Et tout en lui disant cela, cet espèce d'oiseau de mauvais augure frappa le sol d'une de ses griffes pour la faire tinter.
Sans grande surprise, le Pantoran répondit :
- Qu'est-ce qui est entendu par, "familiarité" ?
Pagaal leva les yeux au ciel : "Contente-toi de me vouvoyer et de dire monsieur."
Ce n'était pas le bout du monde, mais vu le niveau, il n'allait pas en demander plus.
- Ok me... Monsieur.
Pagaal sourit de satisfaction :
- Bien, reprenons.
- Qu'est-ce que vous voulez... Monsieur ?
- La fille Chatan, ça te dit quelque chose ?
- Chatan, chatan... Pas que je sache, il faut dire que j'ai la mémoire un peu... Occupée ces derniers temps, en plus vous m'avez fait perdre mon accord !
Pagaal soupira. Il n'avait pas tout à fait tort.
- Si ton information m'est utile, je te payerais.
Le trafiquant réfléchi un moment, il regarda les divers mercenaires, peut remarquables par leur stature ou leur équipement. Il ressemblait davantage à une suite, raison pour laquelle lui-même n'avait pas pris la fuite initialement. Pour tout dire, c'est en voyant les blasters cachés sous leurs par-dessus qu'il réalisa à quel genre d'interlocuteur il avait affaire.
- Vous connaissez l'histoire déjà ?
- L'histoire ?
- Ouais, comment elle a été enlevée, c'qui s'est passé quoi.
Pagaal ne dit rien et avança une de ses plumes pour inviter le trafiquant à poursuivre.
Celui-ci hocha un instant la tête, puis se lança : "Ok ok, hem...
- En gros, la fille Chatan à disparu en plein milieux de la bibliothèque de la ville, Pouf ! Comme ça. La police à enquêtée bien sur, mais n'a rien trouvé.
Ce qui à éveillé l'attention sur un enlèvement toutefois, c'est qu'on à retrouver l'un de ses serre-tête qui avait du tomber lors d'une lutte.
Un silence suivit.
"C'est tout ?" Demanda Pagaal.
- Bah ouaip.
- Ce n'est pas ce que j'appelle une information utile.
- 'tendez m'sieur, c'était juste le contexte. Pour les infos, un petit acompte m'aiderait à me tranquilliser...
Pagaal leva les yeux au ciel. C'est là qu'il fit signe à ses mercenaires qui encadrèrent le Pantoran qui se figea. Alors, l'oiseau approcha de nouveau, mais cette fois, l'attrapa à la gorge avec l'une de ses pattes terminées par de longues griffes acérées en métal et serra. L'effet fut suffisamment efficace pour le mettre à genoux alors que de petites marques apparaissaient sur le côté de son cou.
- Ok, ok ! Il y a eu des rumeurs de serments et de dettes.
Répondit-il plus affolé en portant ses mains pour tenter de dé-serrer l'étreinte.
- Une rançon ?
- Non non, pas ce genre de dette. C'est plutôt..." Il prit un temps pour recenter son attention sur cette griffe qui lui donnait l'impression d'avoir un anneau tranchant autour du cou que le moindre mouvement pouvait faire découper sa petite peau.
- PARLE !!!" Commença à s’énerver Pagaal.
- Anciens textes et rituels inhérents à nos affaires, reliés à certaines personnes un peu fêlés du ciboulot, le genre fanatiques conservateurs, tradition et tout ça. Dans la catégorie secte.
Pagaal le fixa, dubitatif, mais pas fondamentalement défiant. Après tout, il avait remarqué lors de son précédent séjour forcé, que les Pantorans n'appréciaient pas donner de détails sur leur culture, mais que celle-ci était de façon évidente bien plus complexe que ce à quoi la Galaxie avait accès.
- Quelle secte ? Et où ?" Demanda fermement Pagaal, d'une voix redevenu douce, sourcils froncés.
- Je préfère pas me mêler de ça, demandez plutôt à des religieux, ils sauront !
Pagaal fut tenté de serrer davantage, mais il savait que ce faisant, la peau de ce petit humanoïde ne résisterait pas à ses griffes. Il le fixa dans les yeux : le jeune était clairement angoissé, au point, semblait-il, d'en avoir oublié sa récompense. Alors, Pagaal sortit l'une de ses ailes de ses manches et plongea dans sa tunique. Il sentit la jugulaire du Pantoran battre plus fort encore contre sa griffe.
Toutefois, au lieu du blaster craint, ce furent des crédits espérés que le Sathari sortit pour les lâcher par terre avant de relâcher soudainement son étreinte.
Puis, sans rien dire de plus, il se retira, escorté par ses mercenaires, laissant le trafiquant là, quelque peu désemparé, mais payé. -
Post n°5
Auteur : Lord Sotagar
Cela faisait longtemps que Satark n'avait pas remis les pieds dans un lieu dédié à l'étude. La Bibliothèque, si semblable en de nombreux aspects à bien d'autres, se démarquait toutefois par son aspect très vertical, propre aux constructions Pantoranes.
À la différence d'autres bâtiments installés dans la masse et à taille semblable, la bibliothèque dépassait des quartiers résidentiels. Ainsi, cette tour élancée était-elle aisément repérable au sein de la ville, pour peu que l'on sache ce que l'on cherchait.
Le rez-de-chaussée bénéficiait d'un décor finement travaillé. Au-dessus s'empilaient les diverses colonnes de données, distinguables par leurs couleurs doucement luminescentes. En cerise sur ce gâteau se trouvait, dans les étages proches du sommet, des jardins suspendus, autre marqueur de la culture de cette lune.
Fort heureusement pour Pagaal, des ascenseurs étaient facilement accessibles. À l'intérieur, des précisions quant aux diverses salles auxquelles donnaient accès les boutons d'étages.
Lorsque les battants s'ouvrirent avec un léger bruissement, le Sathari fut à la fois encouragé et impressionné par la taille des colonnes d'informations. Malgré les indications situées de part et d'autre des rayons, il fallu un certain temps pour trouver le bon.
Le silence prononcé inhérent à ses lieux rendait Pagaal assez peu discret par le cliquetis de ses griffes, mais il ne portait pas vraiment attention aux froncements de sourcils. S'il avait su que pour une fois, la libraire ne pouvait soulager sa frustration, il y aurait en plus pris du plaisir.
De temps à autre, un droïde archiviste le survolait, envoyant un délicat courant d'air légèrement chauffé dans ses plumes qui s'agitait alors. La première fois, il avait levé la tête et suivit un instant la machine en grimaçant.
Bien qu'à chaque passage, cette petite perturbation le sortit de ces réflexions, il tâchait de les ignorer pour se concentrer à nouveau sur ses recherches.
Il avait enfin trouvé la bonne section de rayon. Ce qui lui fallait maintenant, c'était le bon sujet.
Aussi étonnant que cela pouvait paraître, Pagaal n'avait pas porté intérêt aux terminaux de consultation, il préférait directement avoir accès à la donnée. À la fois, parce que sa lecture ne serait pas rapportée à un terminal, sûrement surveillé par caméra, mais aussi parce qu'il préférait étudier seul, dans le calme. Les terminaux se trouvaient eux au milieu des autres visiteurs qui, malgré leur discrétion, constituaient une perturbation.
En laissant errer son regard sur les banques de données, il s'arrêta une seconde : "Alderaa, capitale aux milliers de charmes."
Voilà un bon souvenir qu'il avait gardé. Son temps passé sur Alderaan pour ses études, à l'issue du rituel d'entrée dans l'âge adulte. Une époque où il ne portait pas encore ses implants, et où il n'avait eu aucun souci. Seul Sathari présent dans la ville, il n'était pas jugé au milieu des autres espèces présentes sur la planète. Il avait même ses entrées dans les hautes sphères. C'est là qu'il avait le plus appris sur la galaxie, ses planètes, ses politiques et ses merveilles. Une époque bien lointaine. Malgré tout, des yeux attentifs aurait pu voir se dessiner un léger sourire sur le bec de Pagaal, un sourire de tranquillité, presque de tendresse.
Ses sourcils se froncèrent de nouveaux, pas le temps pour ce genre de mélancolie. Il fallait trouver des informations sur certaines pratiques rituelles propres aux Pantorans, des religieux et des sectes, ou du moins, ce qui s'en approchait.
Il finit par isoler plusieurs sources. Cliquant dessus une à une, il consulta les projections holographiques, commençant à passer en revue les données stockées, sautant des chapitres entiers pour s'intéresser directement à certaines pratiques.
Sans surprises, mais au déplaisir de Pagaal, la plupart des ordres religieux officiels n'avaient aucune forme de rituels qui requérait, d'une façon ou d'une autre, la présence d'une personne en particulier.
Pour tout dire, Pagaal s'inquiétait de trouver des données relatant des sacrifices. Ses recherches se poursuivant, il tomba sur diverses données en rapport avec la déesse lunaire, mais rien de très convaincant si ce n'était un détail de ses diverses phases, la plus marquante restant celle dite "de la lune rouge". Un événement assez rare, mais, bien évidemment, de première importance pour les Pantorans par l'aspect mystique et spécial qu'est censé conféré l'astre pendant cette période. Il trouva en prime une illustration de l'une des statuettes inhérentes au culte.
La suite de la consultation n'apporta pas de réelle information utile. Lorsqu'il ferma le fichier, il réfléchit de nouveau un moment aux paroles de l'informateur.
C'est là qu'un souvenir remonta : il ne devait pas chercher les ordres ou ensembles liés au culte de façon régulières, et encore moins officielle.
Il commença donc à se mettre en quête des organismes passés, disparus, ou déclarés hors-la-loi, espérant trouver des indices plus probants. Il n'était pas si farfelu de penser que l'une d'elles aurait pu trouver en Bhari Chatan, par son statut, une cible utile pour ses affaires.
Une autre question se présenta alors : pourquoi elle ? Elle n'était pas issue de la plus puissante des familles, n'avait à priori rien de particulier, et bien que pieuse, demeurait loin d'être une fanatique.
C'est là que se projetèrent de vieille archives sur certains ordres désormais disparus. Toutefois, et hélas, seul un était confirmé comme tel, les autres n'étant que "présumé", n'ayant pas donné de trace d'activité depuis longtemps. Des notes de bas de pages indiquaient d'ailleurs la faiblesse des sources relatives. Une information importante qui révélait une chose d'apparence banale : les Pantorans, comme beaucoup, présentaient sans craindre à la lumière leurs fiertés, mais gardaient le flou sur leurs hontes.
Plus qu'un flou, il s'agissait même probablement de dissimulation volontaire, à voir le peu d'informations réellement utiles affichées sur ces pages.
Par précaution, Pagaal se rendit jusqu'à un terminal de stockage et fit copier les informations sur une clé qu'il avait prit soin d'apporter. Il était temps de retourner voir son contact avec le Père Chatan, il avançait en terrain glissant, comme cela était souvent le cas avec les questions de fois, quelles qu'elles soient. Il allait avoir besoin de savoir vers qui se tourner pour obtenir les fichiers complets liés à sa trouvaille... -
Post n°6
Auteur : Lord Sotagar
Une pluie battante s'écrasait implacablement le long des murs de la tour, fondue dans la masse de celles de la ville. Accrochés là, Pagaal et ses mercenaires attendaient silencieusement. Le Sathari avait revêtis un sous-vêtement spécial couvrant également son cou. Le noir de la tenue aidant à se faire plus discret. Ils tenaient à l'aide d'aimants spéciaux fournis par la le contact de Chatan. Attentifs, les yeux plissés, ils attendaient que vienne l'heure de passer à l'action.
C'était l'étape finale de leur quête, enfin, après tout ce temps à courir après les informations, à rassembler les pièces du puzzle.
Quelques semaines plus tôt, Pagaal était revenu au repaire avec des informations éparses, mais une piste. "C'est bien joli tout ça." Lui avait dit le contact. "Mais le temps de tout détailler, de trouver la bonne source, il se passera une éternité."
Pagaal avait alors argué qu'il ne fallait pas perdre de temps et qu'il mobilise ses contacts.
À contre cœur, il l'avait fait. Et la longue attente avait commencé. De temps à autre, une information de valeur semblait se présenter. En réalité, chacune se révélait plus vide que la précédente, et les mercenaires commençaient à s'habituer à une routine de faux coups.
La lassitude gagnait les recherches à mesure que le temps passait. Pagaal lui, commençait à perdre son sang-froid et son calme. La crainte d'être mis en échec se faisait sentir, et il n'en était pas loin en effet. Les sectes et ordres étaient des choses volatiles, agiles, capables de glisser entre les plumes du Nishaan sans grand effort.
Et pourtant, c'est précisément cette idée qui lui avait permis de sortir de cette zone sans vent pour trouver l’alizé qui allait relancer son expédition.
En s'intéressant plus en détail à qui référaient les divers informateurs qui les avaient menés sur des fausses pistes, un nom, parmi la foule, revenait chez chacun d'eux. Satark l'avait décidé, il était temps de lui rendre visite, et de lui faire cracher le morceau. Aussi, la patience apparente qu'il arborait sur cet immeuble, le plumage exposé trempé par la pluie, n'était qu'une façade. Intérieurement, une sourde colère l'animait. Il allait lui faire payer ses petits tours, ses diversions et ses coups de renards. En d'autres circonstances, il aurait pu trouver cela exitant, comme un challenge. Mais Bhari Chatan était le bouton rouge, le sujet avec lequel il n'avait ni envie de plaisanter, ni envie d'accorder de pitiée.
Un speeder volant passa et la troupe s'élança. Les mercenaires en s'accrochant au câble tiré la seconde plus tôt, Pagaal en déployant sa queue pour planer jusqu'à l'étage inférieur d'en face pris pour cible. Le bâtiment se rapprocha rapidement, la pluie rendant glissant le sol, Pagaal serra immédiatement ses griffes à l’atterrissage, entamant un peu le carrelage. Un éclair tonna au moment de l'impact, cachant le cliquetis.
Les mercenaires atterrirent sans coup férir à leurs positions, de l'autre côté.
Ils étaient assez loin entre eux, Pagaal seul d'un côté, la troupe mercenaire de l'autre. Mais tout avait été prévu, il n'allait pas laisser la moindre chance à ce petit futé.
Il se plaça devant la fenêtre aux stores fermés pendant que ses hommes entraient dans le bâtiment, et accessoirement, en direction de la porte principale.
Sa respiration demeurait calme, mais son cœur, lui, battait la chamade. La tension du moment était palpable, et son regard, déterminé de temps à autre illuminé par un éclair, ajoutait au solennel de la scène.
Une explosion étouffée retentit, le Sathari sauta sur la fenêtre, griffes en avant. Elle se brisa en milles-morceaux tandis qu'il atterrit sur le sol, tournant avec empressement la tête pour analyser la chambre. Il ne voyait pas sa cible. C'est là qu'il fixa son regard en face. Le Pantoran le fixait, surpris. À ses pieds, les mercenaires, probablement neutralisés par une grenade autre que celle qu'ils devaient lancer. La cible, pourtant, était seule... et elle prit la fuite.
Sans hésiter, Pagaal se lança à sa poursuite. Elle se rua dans le couloir dont l'étroitesse empêcha le Sathari de tirer parti de sa queue., Mais sa taille lui permettait de manger rapidement du terrain sur l'humanoïde. Ce dernier entra dans un ascenseur qui se ferma devant son nez.
Sans hésiter, il brisa la fenêtre juste à côté et se jeta dans le vide en direction de l'immeuble présent en face, usant de sa queue pour planer jusque au mur. Une fois arrivé dessus, il activait un instant l'aimant, se positionnait pour retourner à l'immeuble original et se relançait.
Il descendit ainsi à peu près aussi vite que le Pantoran qui fut aussi surpris que désemparé de le voir atterrir devant lui lorsqu'il déboucha dans la rue.
Cela ne lui fit pourtant pas perdre ses moyens car il se retourna pour fuir cette ombre menaçante dont les éclairs ne plongeaient pas dans l'ombre les deux yeux blancs aux pupilles rouges sangs de Pagaal, évoquant celles d'un sith. La cible se précipita dans le garage, l'aviaire sur ses talons.
Il entendit à plusieurs reprises son cri aigu, contribuant à le perturber. Il parvint pourtant à atteindre son speeder qu'il démarra. Promptement, il s'éleva. Mais au moment où il allait quitter le garage, un bruit de métal tordu le fit se retourner : avec effroi, il le vit, cet animal infernal, il le fixait, avec ce regard assassin comme déjà tâché de son sang.
Il accéléra à fond en se mettant en chandelle. Pagaal, fermement arrimé au métal encaissa le choc, mais du avancer au risque de tomber avec la porte du coffre qui se détacha. Puis, il donna un coup de pattes qui fit dévier le conducteur qui braqua vers à la gauche en tirant davantage. La chandelle se termina donc par un looping assorti d'un piqué. Dans cette nuit glaciale battue par une pluie régulière, elle passa presque inaperçue. Pagaal sabota alors les commandes d'un coup de griffes que le Pantoran cru lui être destiné, le poussant à écarter la tête. L'instant d'après, le Sathari l'attrapa par les épaules avant de déployer sa queue pour l'extraire.
Certes grands, cet implant n'était pas fait pour servir de parachute, et encore moins pour porter un humanoïde adulte. Aussi ne put-il qu'amortir la chute sur un toi à proximité. Les deux adversaires roulèrent, le Pantoran plus loin que Satark. Pourtant, en se redressant, il ne le vit pas. Tirant sur ses forces, son corps lui faisant mal, il s'approcha du bord où sa proie avait pu disparaitre.
En regardant par-dessus le garde-fou, il constata que les escaliers extérieurs avaient été dévastés par le passage d'un élément lourd tombé sur eux.
Le baron plana alors au milieu de la ruelle, glissant sans problème entre les divers appendices architecturaux dépassants pour se poser au sol, marquant son arrivée par un claquement métallique sourd. Ce n'est qu'après qu'il fut suivi par le tonnerre. En face, rampant dans les quelques millimètres d'eaux que les égouts n'arrivaient pas à évacuer, le Pantoran, blessé à n'en pas douter. Il tentait toujours de s'échapper. À juger par sa dérisoire tentative d'accélération présente, il avait entendu, ou sentit, son poursuivant.
Pagaal avança tranquillement jusqu'à lui, à la fois par cruauté, et parce qu'il était lui même secoué de sa chute du speeder. En arrivant sur lui, encore loin de la sortie de la rue, il posa sa patte droite sur son dos et y enfonça une de ses griffes. Il vit alors sa victime lever la tête, mais son cri se perdit dans la furie de la tempête déchirée par un coup de tonnerre. L'instant d'après il rebaissa la tête et tenta de se mettre à quatre pattes, amenant l'une de ses mains dans son dos, précisément là où avait frappé le Sathari.
Ce dernier le contourna alors, assez lentement pour qu'il puisse voir ces pattes impressionnantes, garnies en leur bout de griffes en métal.
Elles finirent par s'immobiliser en face. Levant alors les yeux, qui papillotaient lorsque de gouttes de pluie les rencontraient, le Pantoran vit, penchée, cette ombre à la tête ronde et aux yeux rouge.
- Où EsT-eLlE ?" Demanda-t-elle simplement.
Le Pantoran frissonna.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?!" Dit-il d'une voix craintive, presque affolée, sur le point de craquer.
Pagaal repassa derrière lui et le retourna sur le dos. Puis, calmement, il plaça sa patte droite au niveau de sa gorge et referma sa griffe en entourant totalement son cou. Puis, il se pencha pour redemander de ce ton si perturbant, comme fou : "oU EsT-ELLe ?!"
"MAIS QUI ÇA PAR LA LUNE !" Craqua alors le Pantoran dont les larmes se mêlèrent aux gouttes de pluie recouvrant son visage.
À cet instant, il vit le visage de son tortionnaire tant il l'approcha. "Chatan." Souffla-t-il comme possédé.
Les yeux du tourmenté s'écartèrent. Il hocha la tête en signe de refus.
Alors, de son autre griffe, Pagaal perça sa cuisse en évitant son artère pour ensuite descendre lentement vers le bas. Les cris du malheureux déchirèrent le ciel tandis qu'un regard écarquillé par la colère, ou la folie, illuminait Pagaal, le bec grimaçant, à la fois contrarié et impitoyable.
Lorsqu'il eut fini d'ouvrir, il remarqua que son adversaire ne cherchait pas particulièrement à se défendre.
"SI JE VOUS LE DIS, ILS ME TUERONT !!!"
Alors, froidement, Pagaal, se rapprocha : "Tu ne survivras pas à cette rencontre, maintenant, je te laisse le choix de ta mort."
Et dans les yeux paniqués du Pantoran se manifesta soudain l'illumination. Il comprenait, surtout, il réalisait qu'il n'allait pas s'en sortir, pas cette fois. Pas avec ce... ce... ce fou furieux ! Il le regardait comme possédé, animé d'un désir, d'une soif de sang, et il semblait prêt à jeter son dévolu sur le sien.
Difficilement à cause de ses blessures, il se mit parler. A son rythme, donnant explications, adresses et coordonnées. Tout ce qui manquait à Pagaal depuis le début de sa quête. Ces informations apparurent comme un nectar délicieux qui calmèrent sa soif, petit à petit, il retrouva son calme, sa distinction, il redevenait le baron, le Lord, le personnage noble au milieux des sans éducation d'Orvax.
Quand le Pantoran eut finit son laïus, il gémit simplement : "Finissons-en"...Sifflant entre ses dents, à la fois terrifié, souffrant et prêt.
Pagaal leva la tête, parut regarder autour de lui. Et sans même adresser un regard à sa victime, il retira sa griffe en la fermant, comme si le cou était une peluche dans une machine à grappin et que ce dernier avait rippé dessus. La différence résidait dans la faiblesse de la peau du Pantoran qui s'ouvrit comme une pelisse à la suite desquelles furent rompues les carotides.
Pagaal marcha vers la sortie de la rue, laissant agoniser sa victime qui toutefois, allait plus vite mourir du manque de sang dans son cerveau, que d’asphyxie, noyé dedans. .
Et s'éloignant, le Sathari laissa derrière lui un corps sans vie aux mains crispées et dont le sang se mêlait à l'eau du sol. On le trouverait au matin, et sans doute serait-il catégoriser parmis ces victimes des rues que l'on appelaient à raison, des coupes-gorges...





