Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

Aller directement au contenu
  • Accueil
  • Récent
  • Mots-clés
  • Populaire
  • Utilisateurs
  • Groupes
Habillages
  • Light
  • Brite
  • Cerulean
  • Cosmo
  • Flatly
  • Journal
  • Litera
  • Lumen
  • Lux
  • Materia
  • Minty
  • Morph
  • Pulse
  • Sandstone
  • Simplex
  • Sketchy
  • Spacelab
  • United
  • Yeti
  • Zephyr
  • Dark
  • Cyborg
  • Darkly
  • Quartz
  • Slate
  • Solar
  • Superhero
  • Vapor

  • Défaut (Aucun habillage)
  • Aucun habillage
Réduire
Logo

Star Wars RPG

  1. SWRPG
  2. Galaxie Principale
  3. Reste de la Galaxie
  4. Bordure Intérieure
  5. Myrkr
  6. Myrkr Le début des études

Myrkr Le début des études

Planifier Épinglé Verrouillé Déplacé Myrkr
13 Messages 1 Publieurs 47 Vues 1 Abonné
  • Du plus ancien au plus récent
  • Du plus récent au plus ancien
  • Les plus votés
Répondre
  • Répondre à l'aide d'un nouveau sujet
Se connecter pour répondre
Ce sujet a été supprimé. Seuls les utilisateurs avec les droits d'administration peuvent le voir.
  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
    a écrit sur dernière édition par
    #4

    Post n°3
    Auteur : Tericarax

    Tericarax tousse, son regard toujours porté en dessous de lui. Il en profite pour détailler les formes sombres qui passent régulièrement dans le faisceau jeté par le speeder-roue, malgré la pluie qui gêne sa vision, dégouttant de son armure, des rideaux blancs dans la lumière, des reliefs indiscernables dans l'obscurité. Animaux quadrupèdes. Plantigrade ? Digitigrade ? Impossible à déterminer de cet angle de vue. Omoplates larges, corps fin et allongé, appendice caudale. C'est tout ce qu'il arrive à discerner à cette distance, mais c'est bien assez. Bien assez pour faire l'hypothèse – mais sans autant tracer la conclusion. Ce sont probablement des Vornskr. Attirés par Tericarax ? Improbable. Absence de toute chair sur son corps qui produise une odeur désirable. L'on dit qu'ils sont capables de sentir la Force en chaque être. Mais le cyborg n'a jamais démontré de telles aptitudes – improbable également. Curiosité, du fait du bruit, de la luminosité inhabituelle produite par le speeder-roue? Plausible. Par ailleurs l'odeur du véhicule doit se mélanger à celle de l'odeur d'acier du Confédéré ; les prédateurs espèrent une proie, mais ne comptent que sur ce qu'ils aperçoivent d'en bas ; le bruissement des feuilles, le craquement des grosses branches noueuses de l'arbre, la lumière du speeder-roue.
    Il détaille ensuite l'arbre. La branche sur laquelle son speeder s'est bloqué est immense, mais l'arbre l'est plus encore ; il doit monter à plus de vingt mètres de haut, massif, un géant végétal. La branche tangue régulièrement, un léger roulis mais rien d'inquiétant. Accompagnant chaque oscillation, les larges feuilles en parasol qui couvrent la branche se révèlent par instant, frissonnantes sous la pluie battante. Tout devient blanc, le ciel se zèbre d'un éclair.

    Les yeux du Kaleesh mettent un instant avant de pouvoir revoir dans l'obscurité. Il plonge ses yeux à nouveau à la recherche des bêtes en contrebas. Marque un instant. À la place des animaux quadrupèdes se tiennent plusieurs formes bipèdes, qui agitent des lumière vers la position de Tericarax.

    - Lieutenant ? Hurle au-dessus du déluge une voix grave, probablement un homme. Plusieurs voix reprennent l'appel, avant qu'une voix féminine – la seule du groupe, Mme Durlant, leur commande d'arrêter. « N'attirez pas les prédateurs avec vos cris », dit elle.
    Le cyborg tousse. Il est temps de se dégager de son speeder. Il s'apprête à couper le moteur, quand il aperçoit, juste en dehors des lumières, les formes. De son point élevé, il note alors que le groupe en dessous est complètement entouré. Le personnage se rassoit dans son siège. Alors c'est ce genre de spectacle que lui réserve la planète. Intervenir ? Pas immédiatement – impossible de toute façon.
    Occasion unique d'observer les spécimens en action.
    Tout se déroule en un éclair. Les créatures jaillissent brusquement de l'obscurité de tous les côtés. Le groupe de recherches est pris hors de position, complètement par surprise. Deux spécimens se jettent sur un des membres du groupe, un humain à forte carrure. Stratégie sauvage ; à deux, ils le disloquent littéralement. Un autre tente de sortir quelque chose de sous sa veste – arme à n'en pas douter – mais se fait happer par les mâchoires, et traîner dans les ténèbres de la forêt avec un cri.
    Quelques membres ont le temps de réagir à l'attaque. Mme Durlant la première, qui a dégainé une vibrolame, et tient en respect tous les prédateurs qui tentent de l'approcher. Les membres survivants du groupe – sept en exceptant la jeune femelle humaine – forment à présent un cercle serré, dos à dos, les bêtes les entourent. Tericarax tousse.

    Stratégie de la surprise. Coordination visiblement très bonne. Les prédateurs ont une excellente intelligence – probablement des canidés. Mais la méthode dont ils ont tué certaines de leurs proies à l'instant...Violente, trop violente. Ils disposent ou bien de méthodes spécifiques pour chasser les bipèdes – en ne s'embêtant pas avec la jugulaire – ou bien ils disposent d'une force physique proprement immense.
    Agressivité remarquable, agilité notable – probablement à cause de leur musculature développée.
    L'une des bêtes s'approche du groupe avec un bond, mais au moment de se jeter sur l'un des humains, fait un bond sur le côté et demi tour. L'humain pousse un cri et s'effondre. Les yeux du Kaleesh ne ratent pas un instant de la scène. Pourquoi est-il tombé à genoux ? Douleur ? Les prédateurs tentent d'avancer, mais le groupe de défenseurs se réorganise immédiatement et forme un cercle protecteur autour du blessé, qui reste tout à fait immobile.

    Les mammifères prédateurs se préparent vraisemblablement à un autre assaut. Tericarax en a assez vu. Il se décroche de son speeder-roue, coupant l'afflux électromagnétique de son dossier, puis se lève. Il oriente son grappin sur la branche où il se trouve, le tirant sans faire état de la précision de sa visée – pas à courte distance. Le petit dispositif se coince dans une aspérité de l'écorce. Le bois sous ses jambes est trempé tant il pleut, mais toute son attention est fixée sur ce qui se déroule en-dessous. Les prédateurs tournent autour du groupe, et par intervalles réguliers continuent leur stratégie ; l'un fonce, fait volte-face, repart en arrière. Mais si deux autres personnes se sont effondrées – de douleur ? - le reste du groupe tient bon.
    S'assurant que le grappin est solidement accroché, Le cyborg rajuste sa cape – trempée, puis observe ensuite sa destination ; sept mètres plus bas, le sol qu'il perçoit par nuances violacées. Son corps se met en position, puis sans élan effectue un bon, droit vers le vide.

    Avec un petit vrombissement, le grappin se déplie, déplie, déplie. Puis un « tac ! », et Tericarax se retrouve happé en arrière, brusque décélération car le fil est tendu au maximum. Le grappin glisse alors de l'arbre trempé. Plus rien ne retient Tericarax. Sa chute s'interrompt comme elle a commencée, de façon brusque – et cette fois sonore. Tout son squelette de métal se plie, se courbe pour amortir le choc. Toute l'eau contenue dans sa cape est expulsée, en même temps qu'il éclabousse tout autour de lui, projetant des myriades boueuses. Avec un souffle rauque, le cyborg se redresse. Il entend un glapissement. Il s'aperçoit que, ses griffes sont tachées d'un liquide plus clair qui se mêle à la boue. Ce qu'il avait pris pour le sol dans sa chute est bien plus meuble – irrégulier surtout, et disloqué. C'est sur l'une des créatures qu'il est tombé. Sa colonne vertébrale – et probablement la majorité de ses organes internes – a été déchirée sur le coup.
    Les prédateurs autour lâchent des aboiements menaçants, mêlés de grognements gutturaux. Le cyborg se redresse de toute sa hauteur. Il se déplie ; les pièces qui constituent son corps glissent, prennent leur place la plus optimale. Il n'est plus loin des trois mètres de haut – bien plus haut que les animaux, et de loin. Il fait un pas vers les canidés qui se trouvent le plus près de lui ; ces derniers sursautent en arrière. Il ne faut guère plus longtemps pour que le groupe tout entier détale.

    Le cyborg se tourne vers le groupe de survivants. Un nouvel éclair zèbre le ciel. Sous la lumière pâle du speeder-roue, ils semblent dans un état lamentable. Ceux qui étaient au sol se tiennent à présent debout avec difficulté, aidés des autres membres du groupe.

    - Lieutenant, murmure Mme Durlant d'une voix tremblante...Je...Demande la permission de ramener mes hommes au campement...

    Tericarax se penche, et hisse sur son dos la carcasse de prédateur – tué accidentellement.

    - Rejeté. Je vous donne l'ordre de tous nous mener au campement. Vous me ferez tout votre rapport de situation, une fois que vous serez plus présentable. Nous viendrons chercher le matériel – et mon véhicule – lorsque le temps sera plus clément, et le jour levé. En avant.

    Pour quelle raison exactement la jeune humaine a-t-elle les larmes aux yeux alors qu'elle se met en marche échappe au Kaleesh. Il attribue ceci à la présence d'un autre individu humain, qu'elle aide à marcher tout au long de leur progression, et qui est dans un état qui ne laisse aucun doute sur son sort. Il devrait mourir dans la nuit, tout au mieux. Toutefois, cela n'est qu'une hypothèse parmi beaucoup. Tirer des conclusions hâtives n'est pas recommandable.
    Toutefois, Tericarax a d'autres problèmes et ambitions que de gérer les problèmes relationnels de ses subordonnés. Il rajuste la carcasse sur son épaule droite, donnant un regard à l'obscurité de la forêt.

    - Bonjour Myrkr, murmure-t-il une nouvelle fois. Plusieurs morts et des blessés. Mais l'esprit du cyborg a pu graver une image unique: des humains en proie, et pas en chasseurs. Cette planète est prometteuse.

    1 réponse Dernière réponse
    0
    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
      a écrit sur dernière édition par
      #5

      Post n°4
      Auteur : Tericarax

      Campement improvisé – Deux heures plus tard.


      La pluie continue à tomber sans interruption dans la nuit. Le campement est en réalité une installation, un site construit à partir de matériaux aisés à transporter. Parler de tentes ne serait qu'à moitié exact. Il s'agit d'un ensemble de plusieurs larges structures d'acier, des cylindres légers qui forment toutefois un résultat rigide ; couverts d'un élastomère analogue au plexiverre, quoi que plus souple, un ensemble de bâches claires suffisamment translucides pour laisser passer la lumière des étoiles, mais trop opaque pour qu'on puisse distinguer au travers.
      Les installations sont réparties en des quartiers personnels pour les membres de l'expédition, mais aussi plusieurs salles communes. Compte tenu du climat changeant de la planète, on a jugé bon de lier les différentes « zones » par des couloirs abrités – sage décision au regard de l'averse actuelle. On a naturellement installé des sols artificiels, pour éviter d'avoir quelques...Déconvenues en cas d'inondation. Des procédures assez habituelles pour des équipes de recherche en somme.
      Toutefois, Tericarax n'est pas venu jusqu'ici pour faire une inspection du respect des procédures et des protocoles usuels. Il observe le temps qui se délie lentement sur son horloge au rythme de l'inondation qui martèle à sa porte, alors qu'il achève de noter ses observations, simples, résumées, un texte qui se veut efficace dans sa structure mais toutefois complet dans ses descriptions. À côté de lui, la carcasse désossée du prédateur.


      Créatures quadrupèdes rencontrées.
      Fonction dans la chaîne alimentaire : Prédateurs – peut être superprédateurs
      Classification : Canidae, Tribe Canini par hypothèse.
      Nom : Supposé comme spécimens Vornskr.
      Âge : Inconnu
      Sexe : Mâle
      Caractéristiques notables :


      Comportement nocturne.
      Spécimens rencontrés font preuve d'une organisation de meute. Déterminer leader de la meute impossible actuellement. Possèdent forte musculature. Larges omoplates, créatures quadrupèdes digitigrades. Agressivité notable envers groupe restreint d'individus. Plusieurs blessés suite à l'attaque, un mort – disloqué par attaque des prédateurs.
      Intelligence permettant de se concentrer sur un problème simultanément.
      Séquence d'attaque changeante. Réponse à défense des proies par changement dans stratégie de chasse. Proies paralysées suite à deuxième séquence. Implications inconnues. Plusieurs hypothèses.


      Rapport dentaire 3.1.4.2 / 3.1.4.3
      Musculature puissante. Pelage noir, poils ras. Plus clair au ventre. Griffes longues. Structure similaire à loup commun de Coruscant. Cerveau développé. Complexité de circonvolution notable. Zones d'ouïe, odorat, vue développées. Autre zone inconnue à ce jour présente dans la structure cérébrale. Rapport sanguin en cours d'évaluation.
      Présence glandes dans l'organe caudale. Dard à l'extrémité. Capable d'expulser poison. Composition exacte du poison inconnue.
      Présence de tapis choroïdien dans yeux. Vision nocturne efficace.


      Objectifs suivants pour l'étude : Étudier blessure des victimes survivantes. Possibilité à exploiter. Étudier sang. Étudier poison. Comprendre poison. Analyser séquence d'attaque. Attraper spécimen. Étudier comportement. Analyser comportement captivité. Comprendre zone cérébrale additionnelle.


      Une petite fenêtre de dialogue s'affiche. Le cyborg sauvegarde ses données, qui disparaissent immédiatement. Face à lui, le macabre spectacle d'un mammifère ouvert, écorché, sa fourrure disposée soigneusement à côté, divers schémas accompagnant les premières observations du scientifique. Les outils sont rangés proprement sur le côté. La table est entachée de sang. Tous les muscles de l'animal ont été accrochés au-dessus d'une bassine ; avec un « plic ploc » sinistre, ils dégouttent leur contenance dans la bassine, où nagent le rouge et le noir, comme une macabre peinture chargée de pigments.

      Sur la table, il ne reste guère que des os, là une petite portion d'intestin, et sur un coin, de multiples pots d'éthanol où nagent les organes. S'il avait eu son matériel à disposition, il aurait pu étudier plus en détail les processus biologiques de la créature bien entendu, mais son speeder-roue et sa contenance toujours à la cime d'un arbre, cela est bien impossible. Après un long moment où il cherche sa respiration tout en remettant en ordre ses derniers instruments, le cyborg finalement achève son oeuvre.


      Dans la salle commune principale, personne n'est couché. On a les yeux cernés, cernés de fatigue et de stress suite aux terribles dernières heures, au piège des Vornskrs. Sous l'intimité de la pluie, les discussions vont bon train.

      - Est-ce qu'on peut vraiment lui faire confiance ?

      - Vous avez vu d'où il est tombé ? Il devait être là depuis le début...Il pouvait intervenir depuis le début et...

      Les regards se tournent vers la jeune blonde, qui n'a toujours pas parlé. Elle hésite un instant, avant de compléter la phrase.

      -...Et s'il l'avait fait, Tabo serait avec nous, et pas en train d'agoniser à la fièvre des Vornskr, c'est ça que tu insinues Will ? Dit-elle d'une voix tremblante.

      Will, un humain de stature assez forte, cheveux en brosse, châtain, insiste d'une voix marquée de respect, mais ferme.

      - Réfléchis Irina ! Il était là depuis le début. En un saut il a écrabouillé un des Vornskr. UN saut ! Alors il faisait quoi depuis tout ce temps ?

      - Will...l'interrompt un des autres humains présents dans la salle, un brun à la voix extrêmement grave qui contraste avec sa petite taille...Arrête, tu dépasses les bornes.

      - Je dépasse les bornes Jo' ? On attend un lieutenant qui n'arrive pas, puis il nous envoie la demande au milieu de la nuit de nous rendre en plein dans la forêt, et quand on se fait attaquer par des Vornskr, il ne vient qu'au dernier moment ? On sait très bien que les Vornskr sont dangereux, mais s'il était venu direct, on aurait pu plier bagages et pas subir de pertes. merd*, c'est pas arrivé depuis la première expédition y'a onze mois Jo' !

      Irina ne dit rien, rongeant son frein. Elle se mord la lèvre, sur le point d'exploser. Les différents partis commencent eux-aussi à bouillonner. La colère monte. La discussion passe au stade de débat, chacun relâche sa frustration face à la situation, blâme les autres et ce maudit lieutenant, et cette incompréhensible suite d'événements.

      - C'est quoi l'idée derrière tout ça ? Sacrifier des hommes ? Nous envoyer sur une planète pourrie pour nous faire tuer ? C'est ça ? Au diable ce lieutenant, au diable la CSI !

      Irina se lève, ses yeux fixés sur Will. Tous les regards se tournent vers elle, guettant sa réaction. Elle n'a pas parlé. C'est après tout elle qui tient les rênes, elle dont la seule voix peut décider du sort tout entier du groupe de chasseurs. Loyale à la CSI, les dernières paroles de Will l'ont probablement piquée au vif – une provocation évidente de Will à son encontre. Mais elle ne dit rien, comme frappée de mutisme. Un bruit difforme s'élève dans la salle, à peine couvert par la pluie qui laboure le plafond de l'habitacle. Non, son regard n'est pas fixé sur Will. Il est fixé derrière.
      Sur la grande forme juste derrière lui. Will se retourne lentement.

      Tericarax tousse, ses yeux pleinement fixés sur l'humain. Fascinante réaction. La clameur meurt comme une bougie éteinte par un vent glacé. Le regard du cyborg se porte sur chaque membre de l'assemblée, alors qu'il commence à marcher d'un pas lent dans la salle. Sa respiration rauque résonne, accompagnée du cliquetis de ses griffes sur le sol.

      - Je ne me suis pas présenté formellement à vous, dit-il de sa voix au timbre d'acier grave. Je suis le lieutenant Tericarax. Cette équipe de chasseurs et ces installations ont été toutes deux mises sur pied à ma demande il y a de cela quinze mois. Votre tâche en tant que chasseurs et chasseuses est de capturer des spécimens de Vornskrs et d'Ysalamiris. Je me joindrai personnellement à vos expéditions. Tant qu'aucun spécimen n'aura été capturé dans des conditions satisfaisantes, vous resterez entre mes griffes, ajoute-t-il d'un ton sinistre. Il va de soi qu'au plus vite les spécimens auront été capturés, au plus tôt cette opération touchera à sa fin. Évidemment, tout ce qui est lié à cette opération est hautement confidentiel. Si vous veniez à révéler toute information au sujet de vos activités durant ces derniers mois et les semaines qui vont suivre...(il tousse)...Je veillerai personnellement à vous inculquer la véritable notion de l'enfer, dit le cyborg.
      Similairement, aucun signe d'insubordination ne sera toléré. Vous êtes ici grâce, et pour la Confédération.

      Ces points de...Discipline mis au clair, le sujet principal. Madame Durlant, dit Tericarax sans émotion dans sa voix.
      La jeune femelle marque une hésitation. État psychologique fragile. Elle est toujours levée, mais son regard est fuyant. Elle n'est plus certaine de ce qu'elle doit faire et d'où se situe sa vraie loyauté. C'est précisément ce que veut Tericarax. L'esprit vicié du cyborg teste encore et toujours ses subordonnés ainsi que tout son environnement à chaque instant. Ceux qui ne savent pas s'adapter sont écartés au profit des individus sélectionnés. Deux humains s'approchent d'elle, comme pour faire barrage à Tericarax. Toutefois, elle les repousse.

      - Les Vornskrs...Commence l'humaine...Il en existe plusieurs sous espèces...Celle qui nous a attaqué...Son venin est...Mortel...48h d'agonie...Lieutenant. (Le regard de l'humaine se pose sur Tericarax, droit dans ses pupilles reptiliennes. La phase d'hésitation est terminée.) Voici mon unique demande...On va trouver vos spécimens...Mais s'il vous plaît, trouvez un antivenin. (À mesure qu'elle parle, sa posture se fait de plus en plus droite et rigide. Ses émotions disparaissent bientôt complètement, occultées par un masque militaire discipliné). Plusieurs de nos hommes ont été blessés et empoisonnés par les Vorsnkrs, parmi nos meilleurs chasseurs. Sans eux, la chasse serait beaucoup plus difficile et longue. Vous êtes le seul à pouvoir le faire...

      Tericarax acquiesce de la tête en toussant, produisant un espèce de gargouillement reptilien dans sa toux que l'on pourrait prendre pour un rire, mais qui est l'acquiescement classique chez les Kaleesh.

      - Accordé, dit-il. Vous allez m'apporter toutes les données que vous avez récolté ces derniers mois demain matin, madame Durlant. Quant à vous messieurs, vous récupérerez mon speeder-roue – ne l'abîmez pas – ainsi que le matériel chargé à son bord. La nuit sera courte.

      Au travail.

      1 réponse Dernière réponse
      0
      • Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le Chroniqueur
        a écrit sur dernière édition par
        #6

        Post n°5
        Auteur : Tericarax

        Ah, l'aube. Moment étrange, bâtard, à mi-chemin entre l'inconnu de la nuit et la clarté du jour ; un gris monochrome, un voile monocorde qui couvre le monde et le plonge dans un immobilisme d'une rare perfection. D'ici quelques heures, cet instant viendra bientôt. S'étend un océan d'herbes hautes, là, en orée de forêt. Au-delà du couvert des arbres, la végétation oscille, ondulant au rythme du vent. L'ondée grisâtre vibre paisiblement sous ce vent, sous cette ère sans couleur où périt la nuit.
        Comme suspendu, le son lui-même est mort – ou d'une douceur imperceptible. Les nuages se sont dissipés. Le noir n'est pas encore tout à fait mort. Dans le ciel, les deux lunes de Myrkr tiennent compagnie à quelques étoiles qui s'attardent avant l'arrivée du jour.

        La petite équipe se concerte du regard. Les chasseurs savent parfaitement à quoi ils ont affaire. Les hautes herbes – mesurant plus de deux mètres de haut – oscillent dans leur sens, on a pris soin de se positionner face au vent, hors de question de laisser le moindre indice aux prédateurs. Puis l'équipe se met en position. Tericarax fait un geste de la main, et le groupe se met en mouvement, tous ses membres comme des ombres silencieuses.

        Ils s'engouffrent dans les hautes herbes en prenant soin de n'émettre aucun son, de ne froisser guère plus que nécessaire les végétaux autour d'eux, tout en surveillant dans l'épaisse végétation, à la recherche de leurs proies – qui pourraient bien les chasser eux pourtant. Ils progressent à un rythme lent, mesuré. Tericarax ouvre la marche, ses enjambées longues contrôlées, pour faire aussi peu de son qu'il lui est possible, mais également pour que le reste du groupe puisse le suivre sans difficulté.
        La vision monochrome du cyborg tente de discerner du mouvement autour de lui, mais c'est peine perdue ; les murs d'herbes forment des barrières que son regard ne peut franchir.
        Il récapitule mentalement les informations que Mme Durlant lui a donné avant leur départ.

        Les Vornskr sont une espèce nocturne, et toute chasse qui viserait à en capturer devra se faire alors entre la tombée de la nuit et la levée du jour. Comme tous les prédateurs de l'obscurité, il semble qu'ils soient extrêmement agressifs surtout à l'aurore et au crépuscule. Ils attaquent toutes les proies qui passent à portée, et dévorent tout ce qui peut l'être. Des superprédateurs nés.

        Ils ont développé des fonctions assez intéressantes. Une queue dotée d'un dard, et des glandes capables de sécréter un poison capable de terrasser un humain en quelques jours, après une fièvre paralysante...Une musculature fortement développée, comme tous les canidés à l'état sauvage. Une redoutable intelligence aussi.

        Personne dans le groupe n'échange de mots, la voix étant superflue dans une telle chasse, où les positions de chasseur et de chassé peuvent si rapidement être interverties. Les humains communiquent donc par des gestes des mains, rapides, alors qu'ils avancent dans le monde cendré.
        Les chasseurs tiennent leurs armes prêtes. Un Vornskr vivant, c'est ce que leur a demandé Tericarax, pas plus, pas moins. La petite équipe, bien qu'avançant prudemment, se doit de se presser ; il ne reste que quelques heures avant la levée du jour. Quelques heures avant que les Vornskrs, l'objet de leur chasse, ne s'échappent dans quelque terrier – cachette – inaccessible.

        Tericarax s'arrête. Là, face à lui. Entre les hautes murailles d'herbe...Deux yeux. Des yeux de mammifère. Des yeux intelligents. Des yeux de loup. La tête bourrue de l'individu dévoile des oreilles larges, un poil court et dru, noir et brillant. Il ne s'arrête pas par peur, non, cette émotion l'a déserté il y a bien longtemps. Il s'arrête car son immobilisme alertera silencieusement les autres membres du groupe. La créature aurait des chances de fuir s'ils continuaient d'avancer, fuir avant que... Tout le groupe comprend le mouvement du cyborg, et s'immobilise soudain. On retient son souffle. Les pensées de Tericarax restent parfaitement claires. Oui, la bête pourrait fuir avant qu'ils aient le temps de poser sur elle un traqueur.

        Un simple signe, et l'un des hommes de Mme Durlant – un certain dénommé Will, met silencieusement le spécimen en joue, tous les regards braqués sur la créature toujours figée, et le fusil légèrement tremblant. Une goutte de sueur perle au front du mâle. Il avale, puis tire.

        Avec un bruit étouffé, un petit projectile jaillit du fusil, et en une fraction de seconde, le canidé disparaît avec un glapissement dans les hautes herbes. Mme Durlant sort une petite tablette et la met immédiatement devant son regard. Un petit point s'y met à clignoter, montant vers le bord gauche de la tablette.


        - Will l'a eu ! Dit-elle.

        Il n'en faut pas plus, et tout le groupe – Durlant et Tericarax en tête, se jettent à la suite du prédateur, qui porte sur lui quelque part le traqueur GPS; la position est retransmise directement sur la tablette, en position relative au centre de la tablette – soit là où ils se trouvent. Une poursuite dans les hautes herbes. Les Vornskrs sont comme tous les canidés : ils mettent leur groupe en avant. Si un individu est menacé, tout le groupe bat en retraite. Cela est d'autant plus vrai suite aux terribles dommages que le cyborg leur a infligé la nuit dernière. Cette stratégie en tête, le moindre stimulis de douleur, le moindre signe menaçant provoquerait la fuite chez les individus – en marquer un et le faire fuir pour le poursuivre est donc la marche d'action la plus sage. Se cacher des Vornskrs ? Ils sentent la Force, et avec les être de chair dit-on. Cela est futile. Fuir les Vornskrs ? Ce sont des prédateurs. Courir revient à leur réclamer de vous dévorer.

        Mais sauter directement dans la gueule du loup, et lui mordre la langue ? Voilà quelque chose qu'ils n'anticipent pas. Une méthode étonnante, mais que Mme Durlant a proposé la nuit dernière, durant son échange d'informations avec Tericarax. La blonde est d'une redoutable vivacité d'esprit. Quel autre chasseur aurait proposé comme plan de capture de mettre en fuite la proie pour mieux la poursuivre ? Surprenants humains. Le CSIen observe devant lui, alors que la chasse se poursuit ; ils naviguent à l'aveugle, guidés uniquement dans les herbes hautes par la course de la jeune femme, qui court à une vitesse bien plus rapide que ses jambes ne le présageaient.

        Les herbes s'arrêtent brusquement, laissant place à nouveau à la forêt. Mais le groupe n'a pas le temps d'être surpris. Là, cinquante mètres devant eux, une forme noire s'engouffre entre les arbres, leur Vornskr. Notre cyborg trace mentalement le chemin qu'ils empruntent. Etonnant. Un animal menacé fuirait à la cachette la plus proche. Mais en ligne droite ? Quasiment à découvert, exposé à leurs armes ? Les Vornskrs ont un comportement assurément étrange. On les dit agressifs, mais ils sont ou tombés sur un spécimen particulièrement craintif, ou ils craignent réellement le cyborg comme l'avait anticipé Mme Durlant. Il n'a pas le temps de vérifier s'ils ont négligé une hypothèse.

        La blonde bondit au-dessus d'une énorme racine, qui rampe au milieu du chemin. Tericarax ne manque pas de la suivre d'un bond agile mais plus grand que ce qu'il aurait jamais accompli lorsqu'il était un Kaleesh. Devant eux, d'immenses arbres noueux jettent leurs cimes vers le ciel, mais surtout, là où devrait se trouver le Vornskr s'élèvent à nouveau des murs de végétation. Ils continuent à courir. Les vibrolames de Tericarax se déplient avec un claquement de ses deux poignets et commencent à vibrer. Il juge un instant l'espèce végétale ; elle s'est pendue entre deux arbres comme une gigantesque toile d'araignée opaque, une sorte de lierre aux propriétés inhabituelles. Il soupèse instantanément ce spécimen avec le Vornskr. Potentiel d'étude moindre – et bien plus facile à attraper. Une coupe en croix, et un passage se dessine dans le lierre, où Mme Durlant s'engage, suivie – quasiment poussée par le cyborg. Elle commence à perdre du terrain. La fatigue des muscles. Mais le propre corps de Tericarax ne tient pas parce qu'il est bionique. Il a toujours des organes, et un cœur qui bat. Il tient simplement car entre ses différentes missions et ses recherches, il suit des entraînements rigoureux. Des procédures qu'il s'impose, pour s'assurer que tous ses systèmes sont fonctionnels, mais aussi justement pour des poursuites telles que celles-ci, où une forme physique d'acier est nécessaire – dans tous les sens du terme.


        - Il...Il est juste devant nous, dit Mme Durlant, haletante au milieu de sa course. Tericarax jette un œil à la petite tablette. Effectivement, le spécimen s'est immobilisé, car le point n'avance plus, se rapprochant du centre à mesure qu'eux-mêmes gagnent du terrain. Mais devant eux, il y a à nouveau une grande muraille de cet étrange lierre. Les vibrolames du cyborg tranchent à nouveau à l'intérieur en une double taillade rapide, et sans attendre ils s'engouffrent et...

        Tericarax sent le sol se dérober sous ses pieds. Se pourrait-il... ?
        Le lierre dissimulait une pente. Incapable d'arrêter aucunement sa course, le cyborg et l'humaine se retrouvent projetés, et roulent pêle-mêle, au milieu de fougères, de la boue des dernières pluies, de branchages et de cailloux – la carcasse de métal du cyborg faisant involontairement un barrage pour l'humaine. Tout tourne dans la vision de Tericarax, et malgré son manque d'émotion, il ne peut pour autant lutter contre ses sens.
        Ce n'est que lorsqu'il entend un gémissement de la femme qu'il se rend compte que leur chute s'est arrêtée – et qu'il est au sol, sur le dos. Pendant de longues secondes, le monde continue à tourner. Le cyborg secoue la tête, lâchant plusieurs mots du dialecte Kaleesh – des jurons qui n'ont aucune signification réelle mais qui se sont imprimés par l'habitude. S'il avait eu un estomac et un système digestif, il aurait probablement rendu son repas. Mais n'ayant aucun des trois, il se contente de lâcher une quinte de toux qui sonne artificielle à travers son vocodeur.

        Il se fait tourner sur le ventre., puis commence à se relever. Juste devant lui, Mme Durlant est toujours étalée, respirant difficilement – probablement un réflexe pour tenter de résister à la douleur ? Elle semble avoir reçu plusieurs coups, il n'est donc pas exclu qu'elle se soit cassé quelque chose. Tericarax tousse à nouveau. Il regarde la pente qu'ils ont contre leur gré dévalée. Gros dénivelé. Sans toute la végétation pour retenir un tant soit peu leur chute, ils ne seraient pas arrivés en un morceau en bas...

        Le CSIen reporte son attention sur la jeune humaine, alors qu'il se relève. Il lui faut connaître son état, et l'état de la tablette. Mais il note soudain dans les yeux de la fille une lueur qu'il n'a pas encore vue – pas chez elle. Cette même lueur...Oui...C'est la lueur de la Forge Stellaire. La lueur de l'esprit qui se rend compte qu'il n'a aucun échappatoire et va mourir...Mourir... ? Cela n'a pas de sens...Mais où est passé le reste du groupe... ? La racine qu'ils ont sauté...Les autres auraient été ralentis là... ?...Et les lierres multiples...Se pourrait-il... ? Il rassemble ses connaissances. Il existe des variétés...Mais rares...Il existe des plantes qui sont capables, à un rythme accéléré, de reformer leurs...Leurs feuillages, leur cohésion, de la même façon qu'une plaie cicatriserait. Les lierres...Auraient reformé les murailles. Sans tablette ni émetteurs pour les guider, le reste de l'expédition aurait perdu rapidement de la vitesse par rapport à eux...
        Mme Durlant le dévisage, toujours avec ce même regard. Non...Elle ne le regarde pas. Elle regarde derrière lui.

        Guidé par un pressentiment il fait volte-face. Au milieu des bois...À quelques dix mètres de lui, se tient le Vornskr. Mais...
        Derrière lui. Derrière lui se tient, couchée, un bien plus gros spécimen. Son pelage est plus long que celui des autres, plutôt que dru il est soyeux, gris par endroits. Dans l'aurore naissante, ses deux yeux sanglants se posent sur le cyborg, habités d'un calme égal à celui du scientifique. Lorsqu'il se lève, il fait un bruit lourd. Une observation rapide permet au cyborg de corriger – elle fait un bruit lourd. C'est une femelle. Grande taille, car elle est au moins deux fois plus grosse et grande que l'autre Vornskr...Individu plus gros...L'autre loup qui lui voue visiblement un respect marqué. Plus gros...Respect...La conclusion logique s'en suit naturellement.

        Une matriarche, eh ?

        Une foule de questions et de comparaisons à d'autres espèces naissent dans l'esprit du scientifique, mais elles ne sont que secondaires face à une autre piste de raisonnement. Le Vornskr qu''ils ont touché...Il ne les fuyait pas par peur. Il les attirait dans un piège...Dans un piège qu'elle a créé...
        Autour de la Vornskr dominante, dans les environs sans doute, les autres loups de Myrkr rôdent.

        La meute a perçu Tericarax comme une menace...Et lui a tendu un piège pour se débarrasser de lui. Une brillante intelligence – une intelligence vicieuse. Entre les cimes, l'une des lunes est visible un instant. La louve lance sa tête en arrière, et pousse alors un long hurlement plaintif. Il est d'une telle puissance que le sol tremble, c'est un grondement, c'est un tonnerre. Les arbres sont agités par ce cri, monstrueux, mais marqué d'une étrange beauté. Les autres Vornskrs répondent, se joignent au chant que certains qualifieraient de sinistre, et bientôt tous les cris ne font plus qu'une voix, qui fait trembler la pierre.
        Tericarax reste comme fasciné.


        - Magnifique,
        murmure-t-il.

        1 réponse Dernière réponse
        0
        • Le ChroniqueurL Hors-ligne
          Le ChroniqueurL Hors-ligne
          Le Chroniqueur
          a écrit sur dernière édition par
          #7

          Post n°6
          Auteur : Tericarax

          Un moment flottant, un instant suspendu où la créature se révèle au cyborg dans toute sa beauté. Des milliers d'années d'évolution et de hasard ont produit ce résultat, qu'on jugerait magnifique à n'en pas douter, splendide. Mais Tericarax ne se laisse pas aller à l'émotion. L'aboiement d'une louve gigantesque n'est pas un signe très positif. Il fait plusieurs pas en arrière, pour se mettre à la hauteur de Durlant, qui ne s'est toujours pas relevée. Sans se baisser ni faire de geste, notre lieutenant prend la parole.

          - Pouvez vous marcher ? réclame-t-il d'une voix basse – pour ne pas énerver les prédateurs - mais vide d'inquiétude ou de compassion. Il guette d'un œil la réaction de la blonde, le reste de son attention mobilisé par la meute.

          L'autre tente de prendre la parole, mais son visage se crispe de douleur. Elle toussote et Tericarax voit perler au coin de ses lèvres un liquide carmin. Du sang. Ses pensées toujours libres de stress, il évalue les hypothèses possibles. Aucune n'est vraiment favorable. Il se pourrait que dans la chute, elle ait subit en fait de gros dommages, et subisse une hémorragie interne. Vertèbres, trachée, larynx, œsophage, bronches, poumons, ce n'est pas le choix qui manque pour des blessures synonymes de mort rapide et de saignements. Il existe le risque qu'en voulant la transporter, un de ses os en équilibre fragile se disloque, et qu'elle périsse sur le coup.

          Les Vornskrs commencent à se mettre en position. Les ombres noires rampent entre les arbres comme des fantômes obscènes, les entourant sans se hâter. Le piège a déjà été refermé, ils n'ont pas d'espoir de s'échapper à présent.

          Il y a un risque qu'en voulant la déplacer, cela provoque sa mort...Mais ne pas la déplacer revient à l'abandonner à une mort certaine. Les loups continuent à s'approcher. La louve est le plus beau spécimen. Les autres sont quelconques – au mieux. Ils sont d'une taille en dessous du mètre au garrot, à l’œil, mais la matriarche, elle, serait plus grande qu'un humain. Les Vornskrs continuent à se déverser de derrière chaque arbre, de derrière chaque fourré. Mme Durlant gémit, et si Tericarax ressentait quelque chose, peut être serait-il du même avis : sur chaque parcelle de terre où il peut porter son regard se tient un Vornskr. La meute est immense.

          Étonnant. Les canidés ne forment pas des meutes d'une telle taille habituellement. Une dizaine d'individus, peut être. Mais il y en a facilement cinq fois plus...Se pourrait-il...

          Certaines sociétés s'orientent parfois en de plus gros groupes, pour survivre à une nature hostile, ou parce qu'un individu bien plus puissant est apparu, plus avide, plus exigeant, plus apte à diriger un grand nombre en même temps. Les fourmilières s'organisent en de super fourmilières, de véritables empires insectes. Se pourrait-il que les Vornskrs aient procédé de la même façon... ? Qu'il s'agisse non pas d'une seule meute, mais de la congrégation de plusieurs meutes plus petites, toutes réunies par l'autorité indiscutée de la femelle ?

          Comportement étonnant. Il faut plus...Prendre plus de notes...Plus d'observations...Il faut plus, il lui faut en savoir plus. Malgré son corps dépourvu de nerfs, Tericarax sent tous les regards fixés sur lui. Ces dizaines de paires d'yeux, qui l'observent, cherchent une faiblesse dans cette proie inattendue. La raison la plus probable pour laquelle les Vornskrs ne l'ont pas attaqué jusque là est justement ce corps d'acier.

          Si les rumeurs sont vraies, ils sentent la force d'un individu, haïssent les Sensitifs plus que tout. Mais Tericarax est à ce point dépourvu de chair qu'il n'émane probablement que peu de Force – en supposant bien sûr que les hypothèses corrélant la Force et la chair soient avérées, ce qui est faire un pari infondé. Une raison plus terre à terre est que l'acier n'a pas l'odeur du sang ; ils ne sentent en lui qu'une machine froide, ce n'est pas une proie qu'ils chasseraient par faim.
          Il se trouve juste que cette machine s'est révélée une menace pour leur espèce. Et en une espèce coordonnée, une espèce territoriale, les Vornskrs se sont décidés à éliminer la menace. Fuir ou vaincre, telle est la question qui se pose sans cesse pour un prédateur, lorsqu'il est face à un autre prédateur.

          Tericarax fait le point. Mme Durlant n'est pas en état de bouger par elle-même. Il pourrait la soulever, mais pour aller où ? Le voyage brutal que cela implique serait synonyme de mort certaine. Sa réflexion se poursuit, alors qu'il tousse. Il y a possibilité de remonter la pente. Les Vornskrs seraient-ils assez rapides pour les rattraper ? C'est possible...Mais il peut les tenir à distance en jouant sur leur ouïe...Les déboussoler. Il porte sa main au niveau de sa hanche, où se trouve accroché son fusil sonique géonosien.

          Sa main ne rencontre que du vide. Ses yeux se portent à sa hanche. Le fusil n'est pas là? Il a probablement glissé, lors de leur chute. Fâcheux. Ce fusil était sans doute leur meilleure porte de sortie. Tericarax émet un son qui ressemble à un soupir. Sa réflexion est terminée. Il porte ses mains à son cou, défait le nœud de sa cape.

          - Ne bougez pas, agent Durlant. Faites comme si vous étiez morte.

          Puis sans attendre de réponse, il couvre le corps de la jeune femelle de sa propre cape, ce grand pan de tissus noir, imbibé de son odeur d'acier sans vie.
          Le raisonnement est simple. Loin des yeux, loin du cœur comme le dit une expression humaine. Avec une seule forme sur laquelle se concentrer, les Vornskrs feront exactement la pire chose : s'attaquer à Tericarax. Le cyborg ayant ôté sa cape dévoile son corps d'acier aux teintes osseuses. Avec une toux, il fait déplier de ses deux poignets ses vibrolames. Des épées vibrant à très haute fréquence, capables de trancher la chair avec une aisance terrifiante...Cela sera probablement suffisant. Hors de question de déployer ses quatre bras, ça non. Il a besoin de pouvoir se concentrer, et se déplier complètement nuit à cet impératif.

          Alors que les lames se déploient sèchement et entament leur vrombissement, la meute, percevant l'approche de la menace se met à gronder quasiment à l'unisson. La grande louve pousse un nouvel hurlement, qui doit probablement traverser la forêt entière tant il est puissant. Les ombres noires, comme des insectes énervés par une lumière trop vive, s'élancent alors, en un ensemble difficile à suivre. Mais Tericarax ne s'y laisse pas tromper ; ce ne sont là que des manœuvres pour le distraire sur le front et...

          Il pivote soudainement, alors qu'un des Vornskrs se jette sur sa jambe. Les muscles maxillaires de ces prédateurs sont assez puissants pour broyer des os. Mais ils s'attaquent à beaucoup trop solide pour eux. Avec un glapissement, le prédateur lâche sa prise. Mais la meute s'adapte bien vite ; Tericarax sent soudainement un poids sur son dos. Un Vornskr lui a sauté dessus. Il perd une demi-seconde son équilibre. Les algorithmes heuristiques qui dirigent son esprit déclenchent leurs clauses les plus exceptionnelles. Les serres qui servent de griffe au cyborg s'ancrent dans le sol aussi solidement que les racines d'un arbre. Le Vornskr essaie probablement de toucher les jonctions qui se trouvent au niveau de la nuque du cyborg – une tactique analogue à une morsure à la jugulaire. Intéressant. Ils ne se fatiguent même pas à tenter de le paralyser avec leur queue. Ont-ils réussis si vite à comprendre la nature de son corps? Ces Vornskirs sont d'une intelligence surprenante.
          Tericarax attrape le canidé par la mâchoire sans craindre sa morsure. Il fait usage de sa force surhumaine et jette le Vornskr devant lui, sur l'un de ses confrères. Ils apprennent vite. S'il ne prend pas garde, il va vite se retrouver submergé. Et malgré son corps d'acier, même lui pourrait y laisser la vie.

          Changement de priorité. Abîmer les spécimens devient une condition acceptable et nécessaire à la survie. Limiter les pertes Vornskrs ? Si cela n'entrave pas la première prérogative de survie.

          Un cercle de Vornskrs se referme autour de lui, et ils se jettent simultanément, tous crocs dehors, sur lui. Tericarax met ses bras à l'horizontale, et soudain...Son torse entier se met à tourner. Il se transforme en moins de trois secondes en une hélice géante. Ses « pales », les vibrolames qui ornent ses poignets et en dépassent d'un bon mètre, font plus ample connaissance avec les Vornskrs qui ont tenté de l'avoir par le nombre pur. Premières victimes. Abîmer des spécimens est regrettable – mais nécessaire. Et l'esprit de Tericarax ne ressent pas le regret.

          Ses pieds se détachent du sol, il commence à avancer. Du coin de l'oeil, il contrôle. Les Vornskrs sont tous massés autour de lui. Impossible d'apercevoir sa cape, et avec Mme Durlant. Mais ce n'est pas une priorité immédiate, conclut l'esprit logique du cyborg. Il avise, sa direction se modifie. Les Vornskrs se fendent à son approche, à la recherche d'un angle d'attaque, mais la vitesse de rotation est un facteur trop menaçant.

          Il y a un problème, mais les loups de Myrkr l'ignorent. Une spécification technique. Tericarax ne peut poursuivre cette rotation de son thorax tout entier indéfiniment. En fait, il ne peut la maintenir en prolongé qu'une minute trente exactement, après quoi le système la désactive naturellement pour ne pas risquer d'abîmer les articulations de sa colonne vertébrale suite à des frottements répétés. Alors pourquoi ? Pourquoi avoir entamé cette rotation ? Simple. Pour écarter les Vornskrs tout en focalisant l'attention, mais surtout lui permettre de chercher pour quelque chose. Ses yeux se portent partout, entre chaque buisson, entre chaque Vornskr qui n'ose s'approcher. Il s'approche, inéluctable. Un pas peut être, et il y sera. Il la voit, sa porte de sortie. Il a repoussé un cercle entier de Vornskr, et les vibrolames ont ainsi fait déjà des blessés lourds. Les autres tenteront de l'aborder avec beaucoup plus de méfiance...Sans la grande louve, nul doute qu'ils auraient déjà tous fuis.

          L'esprit de Tericarax s'arrête.

          La louve.

          Où...

          Où est passée la louve ? Elle était là au début de l'assaut, mais elle...Elle a disparu. Comment un animal de cette carrure peut être aussi silencieux ? Entouré des grognements, glapissements, aboiements haineux des Vornskrs, Tericarax tente de réfléchir, mais c'est peine perdue. La rotation de son propre corps, des épaules aux côtes n'est pas là pour améliorer les choses. Son corps s'immobilise. Il a atteint la limite du temps de rotation alors, hein ? Il faut réfléchir, et vi...

          Tericarax voit le monde se renverser. Quelque chose de massif l'a percuté au niveau des jambes, là où ses vibrolames ne menacent rien, et avec la force d'une locomotive l'a arraché, propulsé en une position de déséquilibre. En dessous de lui, il a juste le temps de voir une forme furtive à la fourrure remarquable. Il tombe au sol. Le cercle de prédateurs se referme sur lui. Ressentirait-il de la peur, ou de la fureur s'il avait conservé ses sentiments Kaleesh ?

          Peut être les deux à la fois. Mais...

          Mais les Vornskrs l'ont sous-estimé sur son intelligence. Il ne les tenait pas seulement à distance. Il cherchait sa porte de sortie. Les mâchoires sont un torrent noir de pelage où luisent pour seules étoiles des yeux féroces, accompagnés de dents saillantes. Les doigts de Tericarax se referment sur sa porte de sortie. Il dresse entre lui et ce torrent noir, cette marée de ténèbres organique sa seule lanterne.

          Le fusil sonique géonosien.


          - Échec et mat.

          Tout le déplacement n'avait eu qu'un but : assurer sa défense, tout en se dirigeant vers la position la plus probable du fusil. Compte tenu de l'angle élevé de la pente, et du poids d'un tel fusil, et en y ajoutant le design atypique de l'arme, cela n'avait pas été compliqué de la repérer. À cause de la vitesse initiale de Tericarax, et des végétaux présents, l'arme aurait pu s'accrocher malencontreusement, c'était vrai. Mais c'était sans tenir compte de son poids. S'il n'était pas cybernétique, il serait incapable de la manier d'une seule main. Par ailleurs, si son cerveau avait été biaisé par l'émotion, cela aurait été tout à fait infaisable, et c'était sans compter ses noyaux cybernétiques cérébraux fonctionnant au maximum de leurs capacités.

          Les Vornskrs sont des canidés. Dotés d'une ouïe fine, ils viennent de se jeter droit dans la gueule du loup.

          1 réponse Dernière réponse
          0
          • Le ChroniqueurL Hors-ligne
            Le ChroniqueurL Hors-ligne
            Le Chroniqueur
            a écrit sur dernière édition par
            #8

            Post n°7
            Auteur : Tericarax

            Tericarax presse une première fois la gâchette. Une onde mélodieuse s'échappe de l'arme, et heurte la masse de Vornskr de façon indiscriminée. Les animaux sont déstabilisés, expulsés en arrière par la décharge d'énergie sonique pure. Glapissements, hurlements douloureux, un bon nombre de spécimens doit souffrir terriblement de cette première attaque. Le cyborg laisse le temps à son blaster de se recharger, frappe à nouveau dans la masse. Plusieurs individus ont perdu connaissance – terrassés par le son trop élevé pour leur système cérébral. Les autres reculent, la queue entre les jambes. Le nombre qui fait leur force se retourne contre eux, car là où se trouve la masse, Tericarax pointe son blaster.

            Les meutes perdent leur cohésion. Comportement prévisible. Le danger s'est révélé trop grand ; l'instinct de survie, la survie de la meute, reprend le dessus avec la seule réaction possible qu'il leur reste : la fuite. Le Confédéré tourne les yeux, observe la forêt. Les Vornskrs fuient dans toutes les directions, ils le fuient comme une nuée de blattes soudain exposées à la lumière. À ses pieds, plusieurs cadavres de canidés jonchent le sol. Mais son esprit est fixé sur autre chose, de même que son regard. Où ? Où est la louve ?

            Les engrenages logiques qui animent l'esprit du personnage s'enclenchent. Le spécimen est plus gros, beaucoup plus gros. Il s'agit d'un cas unique. L'étudier et le disséquer n'est pas une marche à suivre convenable. Rechercher l'impact sur l'écosystème à long terme de cet individu après l'avoir marqué sera bien plus profitable pour en conclure quelque chose. Il aura donc été préférable de marquer le spécimen. Mais sans savoir où il se trouve, cela n'est pas logique. Cette volonté n'est pas logique, donc cette piste de raisonnement n'a pas lieu d'être.
            Notre personnage baisse les yeux. À ses pieds, au milieu du sang répandu par les Vornskrs abattus, une petite tache lumineuse attire son attention. Une brève observation suffit à identifier la source de la tache ; sur l'un des Vornskrs, il s'agit probablement d'après sa fréquence d'émission d'une led. Led...Le marqueur. Le spécimen marqué plus tôt. Tericarax se baisse, posant un genou au sol. Sa main griffue se pose sur le pelage de l'animal – mort. Son autre main se saisit du dispositif, une minuscule boîte noire dotée d'une petite loupiote, puis l'arrache en un mouvement sec et rapide.

            Il se redresse. Ses yeux d'or se portent en arrière. Maintenant, les affaires plus sérieuses. Mme Durlant. Est-elle toujours sous sa cape, ou a-t-elle été emportée par les Vornskrs ? Est-elle toujours vivante, ou ses blessures ont-elles eues raison d'elle ? A-t-elle été dévorée, ou est-elle sous la cape, anticipant le retour de quiconque aura gagné l'affrontement, du cyborg ou des loups de Myrkr ? Tericarax tousse. Il a été un peu éloigné de sa cape – le point où il l'a déposée doit être derrière l'un des immenses arbres qui ornent la forêt. Son pas est rapide, bien qu'aucune trace de hâte ne hante son esprit, ses yeux arpentant le tapis de végétation à la recherche de son habit – et d'en dessous l'humaine blessée. Bientôt, bientôt le jour va se lever. L'heure des Vornskrs est terminée. Il faudra s'assurer qu'il y ait au moins un spécimen conscient parmi les cadavres. Une opération inutile serait un retard temporel supplémentaire – donc peu avantageux sur le long terme. On ne peut pas exclure la possibilité que la CSI le rappelle pour d'autres tâches, de nouvelles missions. C'est même fort probable. Son regard continue de chercher sa cape, qui devrait être plus sombre que le sol. Il ne peut s'offrir qu'un seul passage sur Cato Neimoidia, tout au plus, pour déposer un éventuel spécimen, s'assurer que la jeune utilisatrice de Force est en bonne santé et montre des avancements psychologiques intéressants, puis il devra sans le moindre doute retourner sur Géonosis.

            Le cyborg se fige. Sa cape est toujours au sol. Son relief indique que Mme Durlant est toujours dessous. Mais au-dessus de la cape...Une énorme patte.

            La louve géante se tient devant lui, sa patte posée sur la cape.


            Les hypothèses affluent dans son esprit. S'agit-il d'un simple hasard ? Non, la louve avait bien disparu dans le combat. Elle avait sans doute...L'offensive...N'était qu'un moyen de gagner du temps ? Elle était présente lorsque Tericarax et l'agent Durlant ont dévalé la pente. Elle les fixait alors que le cyborg, ayant constaté que l'humaine était inapte à bouger, l'avait couvert de sa cape en guise de protection. Avait-elle compris, à l'offensive des autres Vornskrs, que ses dents ne pouvaient pas le blesser directement ? Non, une telle forme d'intelligence est improbable. Cet individu serait bien trop unique alors. Les doigts de Tericarax se referment sur le marqueur.

            Capturer l'individu et l'enlever à sa planète est illogique. Observations comportementales poussées impossibles, car la mesure d'une telle créature ne peut être prise qu'à son impact sur l'environnement qui l'entoure. Au milieu de sa meute, dans son monde en d'autres termes. Quel niveau d'intelligence la louve a-t-elle développée ? Y a-t-il d'autres Vornskrs de son genre quelque part sur la planète ?
            Un clone. Il lui faut absolument un embryon de ce fabuleux spécimen. Il lui faut une cellule de cet individu, une cellule porteuse de code génétique. La technologie actuelle permet de telles choses. Même si l'on parle d'un processus de clonage incomplet, même si l'on parle d'une souche abâtardie, cela serait déjà un immense progrès.

            Seulement...

            La louve a sa patte sur Mme Durlant. Est-ce une menace ? La louve veut-elle lui faire comprendre quelque chose ?...  « Avance, et j'écraserai l'humaine sous ce tissus » ? Est-ce là le message de la Vornskr géante ? Va-t-elle appuyer plus fort ? Va-t-elle briser l'humaine en dessous ? Privé d'émotions, Tericarax ne réagit pas. Il se contente d'observer, son cerveau continuer à réfléchir. Appuyer, peut être, mais à quelle condition ? La louve veut-elle venger ses camarades ? Veut-elle abattre définitivement le cyborg ? Veut-elle...Négocier ? « Pars maintenant, et en guise d'accord ta camarade aura la vie sauve » ? Non...Un Vornskr n'est pas capable de processus de pensée aussi évolué. Pourtant, il s'agit bien de cela dirait-on. Un marché. Un échange, dont la monnaie est Mme Durlant, en dessous de la patte du spécimen. À moins que... ? Impossible...

            Tericarax tourne les yeux. Juste à la limite de sa vision...Entre les arbres...Serait-ce la meute ? Toute l'opération n'aurait été qu'une nouvelle occasion de le tromper ? En voyant sa puissance brute, la louve avait mis au point un autre plan, qui était de l'immobiliser, en s'attaquant à l'un de ses camarades ? Non. C'est trop peu probable. Cela relève d'un raisonnement stratégique et psychologique poussé. Les ombres en bordure de forêt doivent être des illusions d'optique, ou de simples plantes. Les Vornskrs ayant évolué dans ces milieux depuis des générations, leur silhouette est faite pour se camoufler, se confondre avec le décor. Il n'est pas étonnant que les yeux du cyborg le trompent, et lui fassent voir des loups là où il n'y en a pas. La meute a fui. La seule à rester en arrière est la leader. Mais alors pourquoi... ?

            Un gémissement douloureux. C'est la voix de Mme Durlant. La louve commence à presser avec sa patte griffue sur la cape. En d'autres termes, le cyborg n'a plus beaucoup de temps. Il fait rentrer ses vibrolames dans ses poignets. Cela ne semble pas apaiser la prédatrice à fourrure. Agitant son poil cendré, ses oreilles inhabituellement larges et pointues toujours orientées vers lui ainsi que ses deux yeux perçants, elle continue à presser. Tericarax lève les main lentement. Il tourne, prend une position différente, toujours en se plaçant de façon calculée. La louve est au-dessus de Mme Durlant. Tericarax se met dos face à la pente. Derrière la louve se trouve uniquement le gros arbre qui la dissimulait tout à l'heure, elle et la cape. Il a rengainé ses lames, mais ce geste de bonne volonté n'est visiblement pas suffisant. Que veut-elle exactement ? Qu'il se mette sur le dos et montre le ventre ? Mme Durlant continue à gémir de douleur.

            Il continue à lever ses mains, dégageant son abdomen et son torse, de façon à ce qu'ils soient bien visibles pour la louve, sans se détacher de son regard. Oeil reptilien dans œil de mammifère. Les gémissements s'arrêtent, signe que la pression sur l'humaine et ses blessures s'est interrompue pour le moment. La louve fait battre sa queue touffue – et sa splendide fourrure – derrière elle... Le poignet droit de Tericarax se baisse, formant un angle droit avec son bras. Son grappin s'éjecte. Son fidèle grappin. Une chose que la louve ne peut connaître, ne connaît pas, ignore, une simple erreur sur laquelle le CSIen peut capitaliser. Le grappin file, droit vers la tête de la louve.

            - Splendide temps de réaction.

            L'animal vient d'éviter le grappin en baissant vivement la tête. Exactement comme anticipé.
            Car Tericarax ne visait pas la louve. Il visait l'arbre derrière elle ! Le grappin s'accroche solidement à l'écorce. Les systèmes de traction s'activent, et le cyborg est décollé du sol, attiré ers l'arbre. La louve réalise trop tard. Il déploie ses quatre bras. L'action semble comme se dérouler au ralenti. La Vornskr, tentant de s'échapper, mais elle est prise entre le sol et le fil du grappin. Elle ne peut que se déplacer latéralement, et sa patte posée sur Mme Durlant ne lui donne qu'un échappatoire possible ; vers l'avant, vers Tericarax.
            Il heurte la louve avant qu'elle puisse s'échapper sur la côté avec la vitesse d'une locomotive.
            Ses quatre bras s'enroulent autour de l'animal, l'empoignent au niveau du collier. Le grappin continue sa traction. La louve est arrachée au sol. Déroulement logique.

            Tericarax a une masse supérieure ou égale à celle de l'animal. La louve est de côté. Posture de déséquilibre. Il est lancé à pleine vitesse. La décoller du sol était la conséquence attendue de sa vitesse. Ses bras se perdent dans la fourrure de l'animal, deux restreignent la tête, deux les pattes avant.

            Le duo de monstres tombe au pied de l'arbre. L'étreinte de Tericarax se resserre, la louve se débat. Quelle force immense ! Ses mâchoires claquent, son immense queue touffue fouette l'air. Elle possède probablement un dard, caché sous les poils. Comment restreindre une telle créature ? L'assommer ? Impossible, il ne connaît pas assez précisément la structure interne des Vornskrs. Un coup mal placé pourrait abîmer ce spécimen unique, ce n'est pas un risque qu'il est prêt à prendre.
            La louve roule, se met sur le ventre. Tericarax est sur son dos, toujours solidement accroché. Le grappin se rembobine en sifflant. Un violent coup de queue percute le cyborg au niveau de la tête. Tout devient blanc sous l'impact surpuissant. Il relâche son emprise, et la louve l'expulse de son dos.
            Il tombe au sol, mais son esprit tout entier n'a qu'une tâche. Il doit capturer ce spécimen. Il roule, se force à retrouver sa stabilité – et ses esprits. Secouant la tête, notre cyborg se relève, attrape son grappin de la main avant qu'il ne se rembobine complètement. Note à lui-même : faire ajouter à son armure des fils. Plus pratiques pour la capture. Il tire le fil, en débobine une portion. La louve se relève. Il ne faut pas la laisser filer.

            Tericarax s'élance vers elle. Il est suffisamment rapide. Il lui faut exploiter cette ultime chance. Il n'aura qu'une fenêtre, ou la Vornskr lui échappera définitivement. La louve se met en position. Il faut lire. Lire sa prochaine attaque. C'est un jet fulgurant, un mouvement rapide et extrêmement puissant à la fois ; la queue de l'animal fend l'air latéralement. Le confédéré se jette au sol, glisse sur la végétation et la boue ; la fourrure, le dard, tout passe au-dessus de lui. La louve se prépare à bondir...Pour s'échapper. Comme s'il allait laisser faire ! Deux de ses bras s'activent sur le fil, l'orienter de façon appropriée est capital. Le troisième bras fait tourner le grappin comme un poids. Un lasso de fortune ? Probablement. Le scientifique lance son dernier filet. À cet instant, la louve commence à bondir. La trajectoire est parfaite. Le fil s'enroule autour du cou de la prédatrice. Un tour. Le grappin, guidé dans sa rotation et emporté par son inertie, fait un deuxième tour, puis un troisième. Au quatrième, Tericarax le rattrape. D'un de ses bras, le fil sort. Le deuxième bras a attrapé le grappin. Les deux autres bras agrippent solidement la corde d'acier. Ses pieds se rivent dans le sol. Circuits contre organes, dynamique contre immobilité, vitesse contre force, cerveau contre cerveau. Logique, logique, logique.
            La vitesse de la louve est fulgurante, elle manque d'arracher Tericarax au sol. Mais ses serres sont enfoncées trop profondément dans la roche. Tout le corps du cyborg se ploie pour amortir l'effort, le répartir au mieux...Et finalement, pour faire chuter la louve au sol.
            L'effort fait tousser le lieutenant, tousser, tousser, tousser malgré sa victoire. Son regard reptilien se pose sur la mammifère.


            - Il était temps de te mettre une laisse.

            1 réponse Dernière réponse
            0
            • Le ChroniqueurL Hors-ligne
              Le ChroniqueurL Hors-ligne
              Le Chroniqueur
              a écrit sur dernière édition par
              #9

              Post n°8
              Auteur : Tericarax

              La suite de l'histoire ?

              Attirés par les bruits de bataille, les hurlements et grognements des Vornskrs, le boucan infernal que provoquaient les vérins du cyborg, le reste du groupe de chasseur avait débarqué. Bien que terrifiés par la taille de la femelle Vornskr, ils s'étaient montrés particulièrement dociles, sans doute grâce à un respect nouvellement gagné pour Tericarax – ou une crainte peut être.
              Le résultat était là, ils avaient suivi les ordres du lieutenant à la lettre. Ils avaient aidé à transporter l'animal, et surtout à transporter leur camarade, la jeune Irina Durlant de toute urgence au camp. Ils avaient par la même occasion passé contact à la navette que la Confédération, rappelée pour amener au cyborg ses deux droïdes médicaux. Le retour au camp avait été une véritable débâcle, mais Tericarax – entre deux quintes d'une toux qui lui écorchait l’œsophage – avait tenu d'une main de fer chaque chasseur pour que l'organisation soit parfaite. De l'arrivée de la navette et des droïdes à l'emprisonnement de la Vornskr en passant par le transport de l'humaine blessée, l'autorité du lieutenant avait été impitoyable ; avec la même exigence qu'un chef d'orchestre, il avait dirigé la troupe, jusqu'à finalement l'ultime mouvement de la symphonie.



              - Tousse Tousse Et c'est dans cette pièce que vont se jouer les dernières mesures.

              Tericarax tousse à nouveau. Les efforts déployés face aux Vornskrs l'ont fait forcer sur son système respiratoire. Il respire difficilement. Son asthme froid aux reflets d'acier, amplifié, mortifié par son vocodeur résonne dans sa salle d'opération. Salle d'opération est incorrect. Il s'agit de la pièce où il avait disséqué quelques nuits auparavant le premier Vornskr, celui qu'il avait par accident abattu. Couchée sur sa table, Mme Durlant. Parmi le matériel que Tericarax avait amené dans son Speeder-roue, qui a été récupéré avant que la chasse aux Vornksrs ne soit lancée, pendant les quelques jours où le plan de chasse s'est mis en place, il y avait des anesthésiants, du bacta, des seringues, des pansements, désinfectants, scalpels lasers...Matériel pour premiers soins. La situation montre à quel point les précautions du lieutenant sont justifiées. Pourquoi faire ce qu'il fait actuellement ? Quelque chose lui démange la gorge. À nouveau il tousse. Toux grasse. Cela le soulage un instant, mais sa gorge ne cesse de gratter. Il secoue la tête. Assez perdu de temps.

              Mme Durlant a été anesthésiée. La dose qu'on lui a donné, bien qu'approximative, devrait suffire pour la tenir dans un état semi conscient pendant plusieurs heures. Il cherche dans le matériel. L'expression d'angoisse pure que ses collègues chasseurs avaient en la découvrant immobile sous la cape. Si Tericarax n'avait pas révélé qu'elle était toujours vivante, quelle aurait été leur réaction ? Une occasion manquée de le savoir, mais peu importe. Pendant le trajet de retour, il a put établir des hypothèses sur ce dont souffre Mme Durlant. Un examen rapide n'a révélé aucune lésion de la gorge ou de la bouche. En la transportant, elle continuait à respirer très difficilement. Le sang qu'elle avait initialement craché n'était finalement pas quelque chose de préoccupant, d'une gravité analogue à un simple saignement de nez ; anecdotique donc. Mais cette respiration difficile était quelque chose qu'il connaissait, c'était quelque chose que Tericarax avait déjà vu, sur Taris.

              Un traumatisme particulier selon ce que lui avait expliqué – et montré Sting. Suite à une fracture violente des côtes, il est possible que l'appareil respiratoire soit endommagé dans le pire des cas. Si du sang commence à se déverser dans la cavité pleurale, on parle alors d'un hémothorax. Il se détecte principalement par de fortes difficultés respiratoires. La chute violente le long de la pente a probablement provoqué une lésion préoccupante sur les poumons.

              Toux du cyborg.

              Les instructions au groupe sont claires. La nuit touche à sa fin. Le jour est déjà levé depuis plus d'une heure. La navette, elle, arrivera en fin de journée. Tericarax va se charger de stabiliser Durlant. Le traitement d'un hémothorax est similaire à celui d'un pneumothorax. Toutefois, le cas est ici bien plus grave. Il est nécessaire de ponctionner, opérer, soigner. Une respiration artificielle doit également être ajoutée, sans quoi la jeune ne pourra pas respirer convenablement. Notre cyborg jette un regard au chasseur en face de lui. Faute de personnel, il en a réquisitionné deux qui lui servent d'aide médicale. Ils se sont vêtus de tenues stériles, disposés de l'autre côté de la table, leurs yeux emplis de hantise face à l'état de leur camarade. La partie de l'équipe en charge de mettre le spécimen Vornskr dans une cage est également chargé ensuite d'aller trouver les Ysalamiri. Les isoler, les empêcher de fuir. Une fois la navette arrivée, Tericarax pourra laisser Mme Durlant aux soins des droïdes, et donc ensuite traiter le « cas » des Ysalamiri. Une chose à la fois. D'abord, l'opération. Les droïdes arriveraient trop tard. Il ne peut donc pas faire le travail à moitié. Il ne connaît pas parfaitement la physionomie humaine, néanmoins les longs mois passés à Taris lui ont permis d'en apprendre bien plus. Les implants cybernétiques qui accompagnent son armure lui donnent une aisance d'apprentissage et de mémorisation terrifiante ; il a vu la procédure plusieurs fois avec Sting. Il saura la reproduire. Sa gorge le démange. À nouveau il tousse, puis regarde Mme Durlant. On lui a ôté tout son haut, pour dévoiler la partie supérieure de son corps. Malgré les objections des deux chasseurs, Tericarax avait été catégorique : s'il ne pouvait voir précisément les endroits où les potentielles lésions se trouvaient, il était impossible de la sauver.
              Et donc ils s'étaient exécutés, et avaient dénudé leur supérieure et leadeuse.


              - Tousse Mettez la en position assise, dit le confédéré sur un ton glacial. Le duo s'exécute, soulève avec douceur Mme Durlant par les épaules, la soutiennent en position assise. Sa tête dodeline, elle est vraiment assoupie. Tericarax se retourne, prend entre ses griffes un bistouri simple, d'un acier tout aussi froid que lui. Tout son corps squelettique et mécanique couleur os se retourne vers la patiente. Bien que ses doigts soient dépourvus d'un sens du toucher à proprement parler, ils lui permettent à un certain degré de « percevoir » les reliefs. Ses yeux se portent sur le corps de sa subordonnée. Sa longue chevelure blonde tombe, coule de ses épaules jusqu'à sa poitrine, la dissimulant. Tericarax écarte les mèches, ses yeux passent sur toute la peau de l'humaine. Contrariant. La poitrine est dilatée. Et de façon assez prononcée. Cela ne va pas être un cas simple. Ses doigts se joignent bientôt à son regard, et se mettent à palper attentivement l'épiderme. Ils touchent chaque recoin de peau attentivement, il ne faut rien laisser au hasard, passent sur les seins, sur les côtes, sur l'abdomen, partout. Les puissants algorithmes heuristiques et moteurs qui dirigent les sens perdus du CSIen s'arrêtent là, sur une zone. Sa vision monochrome la perçoit sensiblement plus sombre. Elle est plus molle.
              C'est bien ici, sur cette portion de peau, au niveau de la quatrième côte droite en partant du haut. La côte elle-même semble brisée au toucher. Fracture des côtes donc. Mais c'est là un autre problème, à régler plus tard. Tericarax tousse à nouveau.


              - Inclinez la sur tousse sur la gauche. Un peu plus. Encore. Voilà qui est mieux. Maintenez la fermement. Tenez tousse tenez ses tousse tenez ses cheveux en arrière...

              Il s'interrompt, tousse pendant un long moment, puis se reprend. Les deux chasseurs ne paraissent guère confiants, ils ne sont pas rassurés. Compréhensible, logique. Tericarax inspire en un son asthmatique affreux. Il se souvient des paroles de Sting. Lors d'une opération, quelle qu'elle soit, l'erreur n'est pas tolérée. Ses doigts se replacent au niveau de la poche enflée. Après une nouvelle inspiration pour stabiliser sa respiration, enfin il perce.

              Délicatesse est le maître-mot. Des années de pratique, des années de dissection et de procédures, tel est le bagage que le cyborg traîne derrière lui, un apprentissage précieux sans lequel jamais il ne pourrait accomplir une telle tâche. Le bistouri fend doucement la peau. Tericarax a entaillé juste en dessous du sein. L'évolution humaine est contrariante. Quel intérêt y a-t-il à des glandes mammaires permanentes ? Peu importe. Dès qu'il pratique l'incision, un petit filet carmin s'élance, descend sur le ventre de la jeune.

              - Compresse, commande le cyborg en réprimant une toux.

              Les deux chasseurs se fixent, concluent du regard celui qui doit se déplacer, pour ne pas laisser tomber Irina. Quelques secondes plus tard, on tend à Tericarax une petite bande de tissus blanc. Avec un « clic », les cervomoteurs du cyborg s'activent, et ses bras se séparent. Il ne quitte pas sa découpe ni des yeux, ni des mains, mais sous les yeux médusés des chasseurs, ses deux bras sont à présent quatre. L'une de ses deux nouvelles mains libres s'empare de la compresse, et commence à épancher le sang qui s'écoule. Une main sur le bistouri. Une autre maintenant le sein pour l'empêcher de tomber, lui masquant la vue sur la plaie. Une autre est posée sous la plaie, pour stabiliser la découpe. La dernière enfin, armée d'une compresse stérile, essuie périodiquement l'ouverture dans la peau pour que Tericarax y voie clair. Il continue l'entaille, patiemment, luttant sans forcer pour autant contre l'élasticité de la peau. Ses mains se placent pour assurer une coupe optimale. Il y arrive. Une entaille de huit centimètres, entre la quatrième et la cinquième côte. Tericarax sent sa gorge le brûler. N'y tenant plus, il prend de la distance avec sa patiente, puis se laisse aller à une violente – et douloureuse quinte de toux. D'un geste de l'une de ses mains, il fait comprendre aux deux chasseurs de continuer à éponger la plaie qu'il vient de créer.

              Lorsqu'il retrouve enfin le contrôle de lui même et de sa respiration – un goût acide lui serrant la gorge, il reprend sa place, essoufflé. Entre les deux lèvres de peau, on distingue à présent une toile musculaire. Il faut être précis...Attentif. Il faut découper sans trancher d'artère. Avec son application habituelle, il commence à trancher de nouveau. Ayant précédemment entaillé comme il se doit le tégument – la peau, il coupe à présent à travers des membranes fibreuses, les aponévroses qui lient les groupes de muscles entre eux, enfin les fibres musculaires sous-jacentes. Là, ils apparaissent. Les muscles intercostaux. Sting avait insisté particulièrement. Si une opération pouvait être effectuée, il ne fallait en aucun cas trancher à travers le muscle de façon brutale, sous peine de tout rater. Non, non. Il faut écarter les fibres musculaires avec précaution, en dessous de la côte, écarter convenablement le bistouri de la côte supérieure et enfin...Diviser précautionneusement la plèvre.
              Une chance que l'anatomie humaine soit commune avec celle de plusieurs espèces bipèdes – sur ce point en tout cas.

              Doucement...Doucement...La lame passe entre les filets et membranes...Doucement...Un petit liquide commence soudainement à jaillir. Du sang. Il jaillit de l'intérieur, ce n'est pas une blessure provoquée par l'incision, c'est bien le liquide qui gêne Mme Durlant quand elle tente de respirer. Son propre sang. Tericarax retire le bistouri – couvert de sang – et regarde le sang s'écouler hors de la plaie de façon régulière tout en posant l'instrument derrière lui. Il s'autorise à nouveau une longue toux. Il faut drainer régulièrement, mais par portions. Sans cela, les côtes ne vont pas pouvoir se remettre correctement en place Par ailleurs, il faut appliquer un pansement, pour éviter que de l'air ne s'introduise dans la plèvre. Et ce n'est visiblement que le début de l'opération. La journée va être longue.

              ***

              Douze heures d'opération plus tard, Tericarax sort de la pièce en toussant. Douze longues heures pendant lesquelles Tericarax a drainé tout le sang que contenait la cavité pleurale de Mme Durlant, puis a fait différents traitements au bacta pour favoriser la cicatrisation, tant des côtes que des portions de chair. Lorsque la navette était arrivée deux heures plus tôt, les droïdes chirurgiens étaient entrés dans la pièce et s'étaient joints à leur supérieur et maître pour parfaire l'opération. Au cours de cette dernière, le saignement au niveau du poumon droit ne s'était pas arrêté. En ouvrant au niveau du thorax, on avait découvert que plusieurs côtes brisées avaient perforé le poumon. Sans un organe temporaire de rechange – pour pouvoir placer l'organe dans un concentré de bacta et le faire cicatriser pour une greffe ultérieure – il n'y avait rien à faire. Par un étrange hasard, Tericarax en avait un en sa possession ; c'était un poumon cybernétique que Iroey avait fabriqué sur Taris, voulant lui venir en aide au sujet de ses problèmes respiratoires. L'opération s'était déroulée bien plus facilement avec les droïdes, qui finalement avaient prit la tête des opérations, et que Tericarax assistait.

              Il se dirige dans la salle commune, où sont réunis les membres de l'équipe. Les deux chasseurs qui l'ont aidé au début de l'opération sont là eux-aussi. Leurs traits trahissent une profonde fatigue, mêlée à leur inquiétude pour leur amie. Le cyborg tousse, son regard toujours glacial.


              - L'opération est un succès, dit-il sans émotion.

              1 réponse Dernière réponse
              0
              • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                Le ChroniqueurL Hors-ligne
                Le Chroniqueur
                a écrit sur dernière édition par
                #10

                Post n°9
                Auteur : Tericarax

                Dans la salle, c'est le soulagement. En un soupir – commun – des chasseurs présents, toute la tension se dissipe. L'un des droïdes chirurgien entre à son tour dans la salle ; il transporte Irina, qui est allongée sur un brancard, couverte jusqu'au cou par un drap. Son visage est dissimulé par un large masque respiratoire. Tous les regards sont concentrés sur elle. La voix asthmatique chromée du cyborg brise à nouveau le silence :
                - Cette expédition touche à sa fin. Réunissez vos affaires, et vos *tousse* camarades paralysés. Continuez à leur donner du concentré de *tousse* Bouton-noir pour les stabiliser. Eux et notre spécimen, tout dans *tousse* dans la navette. Je vais chercher le reste de l'équipe. Lorsque je *tousse* reviendrai *tousse* nous quitterons définitivement ce monde.

                Tericarax continue à tousser, sa gorge enflammée. Une fois sa quinte calmée, il prend une longue inspiration pour tromper la douleur, puis reporte son regard sur ses subordonnés. Ils ont compris, leur regard le trahit. Il ne s'agit pas d'une proposition, ce sont des ordres directs d'un lieutenant confédéré. Le ton, bien qu'interrompu fréquemment par des toux, demeure implacable. Il y a beaucoup à faire, et peu de temps pour s'y atteler. Tericarax sort de la pièce. Il s'est écoulé quelques cinq jours depuis qu'il est arrivé pour la première fois sur Myrkr. L'équipe avait pu dans les jours précédant la chasse récupérer le speeder roue et le matériel à son bord – sans quoi les soins apportés à la jeune Durlant auraient été impossibles, de même que la capture du spécimen Vornskr.

                Tout a été stocké dans l'un des hangars provisoires du camp. Tericarax sort, hors des tentes rigides qui sont les murs et les toits du camp à proprement parler, pour être immédiatement accueilli par un rideau de pluie. Ses yeux reptiliens mettent quelques secondes à s'adapter à la (non)lumière. L'heure locale est telle qu'il fera bientôt nuit, mais l'obscurité est principalement due aux nuages noirs qui tapissent le ciel et invoquent le déluge. Les serres qui servent de pieds à Tericarax s'enfoncent profondément dans le sol boueux, accompagnées d'un son visqueux. Sur son armure, les gouttelettes n'ont de cesse de marteler obstinément, comme si cela allait le faire un jour ployer, comme si l'acharnement des éléments inlassables était voué à le briser. Ridicule. Ce sont des phénomènes météorologiques sans finalité ; ce ne sont là que des vents, des courants, une humidité propice et une certaine tension atmosphérique qui génèrent ces orages. Aussi sûrement que le croisement de toutes ces probabilités est sans finalité, cet orage n'est pas plus doté d'une volonté. Ce serait faire preuve d'une tendance regrettable pour toutes les études. « Anthropomorphisme » appelle-t-on ce fléau de la pensée.

                Tericarax se stoppe. Face à lui, au milieu de la nuit, éclairé par à peine quelques lumières, les véhicules du camp. Mais ne demeurent là que deux speeder, alors que l'abri était prévu pour en accueillir un nombre plus important ; c'est parce que l'équipe de chasseurs mobilisée pour trouver les Ysalamiri a pris les autres, tout simplement. Le regard du cyborg s'arrête sur un speeder à l'allure unique. Une grande roue d'acier, dentée, au design terriblement martial. Chaque parcelle du véhicule transpire la violence. Tout autant que lui, il ne s'agit pas d'un moyen de transport de plaisance, c'est une machine à tuer pure et simple. Sans cérémonie, il grimpe à bord, ses griffes déposant un peu de boue sur la carlingue, sa cape trempée gratifiant le siège par toute sa cargaison d'eau. Sitôt assis, il place sa main au-dessus du dispositif de pilotage, allume l'appareil, pousse deux manettes sans aucune hésitation. Les puissants moteurs se mettent à vrombir. Sur le panneau de contrôle il active la séquence de démarrage. Les moteurs montent dans les aigus pendant quelqeus secondes. Boum ! L'appareil bondit en avant, les immenses roues dentées projettent des sillons de boue. Le speeder roue, après avoir parcouru cinquante mètres dans la boue, s'enfonce au milieu des arbres murmurants, englouti par l'obscurité.






                Spécimens n°831-832-833-834
                Espèce : Ysalamiri
                Noms : /
                Âge : À déterminer
                Sexe : À déterminer
                Observations :


                J'ai rejoint le reste de l'équipe en une dizaine de minutes. Leurs speeders envoyaient des balises de géolocalisation, ce qui m'a grandement simplifié la tâche. En arrivant sur les lieux – matériel d'étude en poches naturellement - ils étaient tous massés autour d'un arbre. L'un des humanoïdes – un mâle en milieu de vie – m'a dit dans un murmure qu'il y avait dans cet arbre des spécimens d'Ysalamiri. Après un long moment passé à fixer l'arbre, j'ai fini par les voir. Les chasseurs ont un excellent sens de l'observation. Les avoir aura au moins été profitable pour l'observation comportementale des Vornskrs et pour la capture des Ysalamiri.
                Les spécimens semblent ne pas vouloir bouger de leur position sur l'arbre. Ledit végétal sur lequel ils sont tous massés mesure une dizaine de mètres de haut. Même si nous décidions de le transporter – en faisant l'hypothèse folle d'arriver à le faire survivre en captivité bien entendu – nous n'aurions pas la place dans la navette, qui va être déjà extrêmement chargée. Hypothèse : les Ysalamiri sont opophages, et se nourrissent de sève, ce qui expliquerait leur immobilisme prolongé.
                J'ai demandé aux chasseurs s'ils avaient – pendant les longs mois de présence sur Myrkr – repérés d'autres arbres de la sorte. Ils m'ont montré à quelques vingt mètres un autre arbre, et m'ont précisé qu'il y avait un « bouquet » de ces derniers dans les zones sud. Je suppose que par « bouquet » ils entendaient un regroupement ? Enfin, ce n'est pas important. Je me suis rendu auprès de ce second arbre, tout en effectuant une recherche sur différentes bases de données. Je ne suis pas le premier à venir sur Myrkr, et pas le dernier. J'ai trouvé que les arbres se nommaient « arbres Olbio ». La seule observation pertinente faite à leur sujet est que leur sève est riche en nutriments, et que – comme je l'avais supposé – il est exceptionnel qu'ils survivent hors de Myrkr. J'ai fait une légère entaille sur l'arbre Olbio que l'on m'avait désigné. Une épaisse sève s'en est écoulée. J'en ai recueilli un échantillon, puis une meilleure idée m'est venue. Je suis retourné près de l'endroit où nous avions tous laissé nos speeder, et extirpé du matériel un outil des plus primaires mais utile : un seau en fer. Je l'ai ensuite fixé à l'arbre, juste en dessous de la plaie que j'avais ouverte avec ma vibrolame, et l'ai laissé récolter la sève. Bien qu'en passant par des vitesses hyperspatiales le voyage entre Myrkr et mon laboratoire ne soit pas très long – une affaire d'heures – le principal problème est le rythme auquel les Ysalamiri se nourrissent. Cela, en faisant l'hypothèse qu'ils se nourrissent bien de sève, et pas d'insectes.
                Lorsque je suis retourné auprès des chasseurs, ils me présentaient fièrement une cage, avec à l'intérieur une...Branche. Une observation plus attentive de ma part, et je remarquai que sur la branche étaient agrippés quatre petites créatures poilues, à l'air pourtant reptilien. Des Ysalamiri. Les chasseurs, pendant que j'étais parti auprès des speeders, avaient décidé de trancher une branche de l'arbre Olbio qu'ils surveillaient, car sur cette branche se trouvaient des spécimens - ceux en cage. J'ignore combien de temps ils pourront tenir, car la branche fait un mètre de long pour trente centimètres de diamètre, et chaque spécimen doit faire quelques cinquante centimètres de long. Mais l'heure n'est plus à de telles réflexions. Il faut partir. Je ne peux pas rester éternellement coupé du monde, la CSI réclamera sans doute à nouveau que je parte servir ses intérêts.

                Je suis retourné à la navette, accompagné du reste de l'équipe. Voyant que la place manquait – les malades prenant beaucoup de place pour des raisons évidentes, j'ai convenu qu'ils emmènent d'abord lesdits malades sur Géonosis, puis reviennent me chercher. Ils ont donc laissé les spécimens en ma compagnie, ainsi que les speeders et tout le matériel que j'ai jugé nécessaire – de multiples provisions entre autres, un abri, un plan de travail, ainsi que bien sûr mon propre matériel. Les chasseurs qui m'accompagnaient sont partis avec le reste de l'équipe. Ils m'ont au début fixé avec appréhension tout en me demandant si, vraiment, ça ne me dérangeait pas. Ils s'attendaient peut être à un ton doux et rassurant, ou, qu'à l'inverse je me mette en colère et utilise ma position dans la CSI pour les jeter dehors et partir le premier, en accompagnant le tout de menaces ? Mon habituel ton froid les a visiblement décontenancés. Peut être que l'absence de réaction notable est plus terrifiante que la réaction elle-même ?

                Les Ysalamiri ont leurs griffes véritablement plantées, ancrées dans la branche. Il y a, à la surface de cette dernière d'autres cavités, des marques laissées par des passages antérieurs d'Ysalamiris sans le moindre doute. Les marques sont profondes, mais le bois est déformé de façon assez...Étrange. On dirait non pas que les Ysalamiri creusent le bois, mais plutôt forment une...Symbiose avec l'arbre Olbio auquel ils s'attachent. Une chance que les chasseurs aient coupé la branche et non pas arraché les petits mammifères dès le début. Cela les aurait tué sur le coup, probablement.
                Les Ysalamiri possèdent la fourrure de mammifères, mais la physionomie des lacertidae. Sans faire d'étude interne, on peut estimer sans se tromper qu'ils ont en effet un bassin de lézard, un endosquelette. Il serait plus simple de décrire l'Ysalamiri comme une salamandre à la peau d'un or foncé tendant vers le brun, tachetée de marron. L'animal possède quatre yeux. L'acuité visuelle de ces derniers n'a pas pu être déterminé. Existe-t-il sur Myrkr d'autres sous espèces d'Ysalamiri ? Impossible de répondre à cette question.

                Je n'ai pas pu étudier le rapport dentaire des spécimens. C'est une espèce fragile ; je n'irais pas jusqu'à les toucher, pas avant d'en avoir plus à ma disposition. On a déjà trop vu un scientifique voulant à tout prix étudier un spécimen unique et, faute de précaution, le tuant sur le coup.

                Spécimen n°835
                Nom:/
                Espèce : Vornskr
                Sexe : Femelle
                Âge : À déterminer


                Les longues heures d'attente pour la navette me permettent de digresser ici sur le comportement du spécimen Vornskr capturé : une femelle d'une taille anormalement grande, et au poil long et soyeux par opposition au phénomène précédemment décrit et disséqué. De même, le niveau intellectuel de la créature semble bien plus haut, capable de tendre des pièges avancés et d'utiliser des tactiques inhabituelles.
                L'heure tournant, j'ai estimé qu'il était temps de nourrir les spécimens. J'ai jeté mon dévolu en premier sur notre Vornskr. Espèce carnivore, il lui faut donc de la viande en majorité. Il a été impossible de peser le spécimen, faute de balance dimensionnée correctement – notre matériel sur place n'est pas non plus illimité. À l'oeil, puisqu'un Vornskr adulte est dans des dimensions proches d'un loup gris – 54 kilogrammes étant un poids pour un loup de grande carrure, on peut estimer par une simple loi de proportionnalité que ce spécimen pèse aux alentours des 130 kilogrammes au maximum. Il faut environ 30 gr de nourriture par kilo de poids vif pour un canidé. J'ai donc décidé de faire un mélange contenant un tiers de viande, un tiers de légumes et un tiers de riz.

                J'ai commencé par faire cuire la viande, à feu assez violent tout en guettant la réaction de tous les spécimens. Les Ysalamiri se sont contentés d'émettre des sons aigus, visiblement importunés par la fumée. Il est possible qu'ils aient interprété cela comme une fumée d'incendie et se soient mis à paniquer. Pour les calmer, je les ai donc écartés de la direction où est poussée la fumée de la viande. Cela a semblé être suffisant. Je les garde néanmoins dans mon champ de vision, sous l'abri. En entendant les cris des Ysalamiri, la Vornskr s'est agitée de manière significative et s'est mise à aboyer. Pour la calmer, je lui ai jeté un morceau de viande dans sa cage. Cela a visiblement suffit à la faire taire, le temps qu'en une bouchée elle engloutisse complètement la « friandise ».
                Pendant que la viande cuisait, je me suis occupé des légumes. J'ai jeté mon dévolu sur des légumes verts endémiques de Myrkr que les chasseurs m'ont laissé ; récupérés à la surface de la planète, ils m'ont assuré que les légumes étaient un délice pendant les repas communs– auxquels je ne me joignais que pour discuter des objectifs et récolter autant d'informations que nécessaire.


                Un plat classique à Kalee est le karabbac tondaar. En général, il était réservé pour les grandes cérémonies, où l'on faisait ceci sur un gigantesque plat commun en terre cuite, qui était chauffé par un foyer en dessous. On plaçait d'abord une couche de viandes, que l'on laissait cuire jusqu'à ce qu'elle soit saignante. Ensuite, on retirait la viande, et l'on mettait une couche de légumes, que l'on laissait se gorger de la sauce. On plaçait ensuite la viande par-dessus, et enfin par une couche de féculents. Habituellement, c'était une sorte de purée très riche en féculents, mais également chargée de beaucoup d'épices, mélangée à de l'huile pour fluidifier le tout. On la disposait comme une cheminée sur le reste des aliments, pour permettre un mode de cuisson assez...Unique. Le résultat était, naturellement, à la hauteur de l'attente.

                En m'inspirant de cette façon de procéder, j'arrive à un plat certes différent – je n'ai ni épices ni pommes de terres - mais tout aussi riche en nutriments pour notre louve. Pour remplacer la purée, j'ai utilisé le riz, que j'ai bien entendu écrasé afin d'obtenir une mixture satisfaisante ; en y ajoutant l'huile, le mélange s'est fluidifié. Les légumes verts de Myrkr cuisent lentement, j'ai donc patienté un peu avant de ne remettre la viande dessus. Lorsqu'elle a recommencé à crépité joyeusement, j'ai enfin disposé la mixture de riz et d'huile par-dessus.
                Ayant achevé la portion de la Vornskr, je me suis ensuite préoccupé des Ysalamiri. Toutefois, ces derniers n'ayant pas lâché leur branche une seule seconde, il n'y a rien que je puisse faire à l'heure actuelle. Réinjecter la sève que j'ai récolté dans leur branche serait une manipulation certes envisageable, mais à l'heure actuelle je n'ai pas le matériel à disposition pour.

                Lorsqu'enfin la purée de riz – chargée des vapeurs de viandes – a commencé à prendre une teinte légèrement brune, j'ai ôté le plat du feu et l'ai laissé refroidir devant le spécimen, afin de voir sa réaction en situation de faim. Sans surprise, elle n'avait jamais senti d'aliments chauds. Lorsque j'ai estimé le plat assez refroidi, je l'ai fait entrer dans sa cage. Elle s'est jetée dessus avec appétit. Elle a presque manqué de dévorer le plat lui-même.
                La navette est enfin revenue. J'ai fait installer les spécimens à l'intérieur. À son bord, l'un des membres de mon équipe de recherche m'a accueilli. Il m'a dit que la CSI m'avait convoqué sur Géonosis, mais n'ayant pas réussi à me joindre (ce qui peut se comprendre, puisque les communications passent très mal sur Myrkr) ont informé mon équipe de recherches de la situation. J'ai donc commencé à lui donner les détails sur la suite des procédures à suivre, pour que les spécimens ne soient pas abîmés et soient correctement intégrés à l'aile des spécimens dans mon laboratoire. Les mécanismes tant vantés des Vornskrs et des Ysalamiris constitueront bien entendu l'objet d'une future étude...
                1 réponse Dernière réponse
                0
                • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                  Le ChroniqueurL Hors-ligne
                  Le Chroniqueur
                  a écrit sur dernière édition par
                  #11

                  Post n°10
                  Auteur : Blad Demeci

                  [Suite de "Myrkr : Le début des études"]



                  Quelques années s'étaient écoulées après le passage du Lieutenant Tericarax sur ces terres. De longs mois, durant lesquels la Confédération des Systèmes Indépendants s'évertua à installer un véritable complexe scientifique. Les recherches du cyborg à la toux légendaire avaient été décortiquées par d'autres chercheurs, des cracks du DCRS en l’occurrence. La définition scientifique de la Force commençait en fait à émerger, pas après pas.

                  Suite à cette expédition fort instructive, la CSI déploya rapidement un de ses Contrôles Droïdes dans le Système Myrkr. Le grand vaisseau installa à son tour, en quelques semaines, les premières infrastructures du bâtiment laborantin. Le Professeur Humain Rob Houdin, et son assistant Miraluka Reggie Scot, furent placés à la tête de ce projet ambitieux. Le premier était surtout un chef de projet efficace au sein de la CSI, quand le second était quant à lui un génie prometteur, sensible à la Force de par son espèce. Un tandem de rêve pour reprendre le travail du fameux Lieutenant cyborg.


                  Professeur Rob Houdin/Docteur Reggie Scot


                  La première chose qu'effectuèrent les chercheurs fût de cultiver des arbres Olbios, au cœur même du centre M4. De cette façon, ils pourraient disposer, sans interruption, de leur propre source de nourriture, à destination des Ysalamiris. En parallèle, plusieurs dispositifs de récolte de sève sauvage furent mis en place dans les forêts environnantes, bien entendu. Entamer un procédé d'élevage sans se prémunir d'un système de nutrition fiable et viable aurait été stupide. D'autant plus que la population d'Ysalamiris allait croître durant les mois à venir.


                  Système de récolte de sève d'Obio


                  Dans un second temps, de nouveaux spécimens furent intégrés à cette réserve interne, qui reproduisait la jungle de Myrkr plutôt fidèlement dans l'ensemble, sans les prédateurs potentiels qui plus est. Comme lors de l'expédition de Tericarax, des branches sur lesquelles reposaient des Ysalamiris furent coupées. Mais cette fois-ci, les scientifiques greffèrent ces appendices aux Olbios de leur réserve, afin d'assurer la survie des créatures et de les réalimenter. En quelques mois, le laboratoire était plutôt bien fourni en spécimens, la viabilité du projet ne faisait donc plus aucun doute.

                  Le complexe étant défendu par des tourelles et plusieurs escouades droïdes, l'équipe de recherche du Professeur Houdin pouvait travailler sereinement, sans avoir à s'inquiéter d'un raid de créatures hostiles, ou même de contrebandiers (qui seraient, par miracle, passés au travers de la douane orbitale formée par le vaisseau de Contrôle Droïde confédéré). Les blouses blanches gagnèrent de cette façon un temps précieux, et un confort de travail rare sur un monde aussi sauvage.


                  Spécimen Ysalamiri domestiqué par une scientifique du centre M4


                  Plus le temps passait, et plus le développement du centre de recherche avançait, logiquement. Un an et quelque s'écoula avant l'officialisation (en interne du moins) de l'annexion de Myrkr par la Confédération des Systèmes Indépendants. Visiblement, ce système n'intéressait personne d'autre, et le Consulat souhaitait s'assurer de l’exclusivité de ce vivier à créatures anti-Force. Une décision judicieuse, qui allait permettre à toute l'organisation de progresser, et d'affirmer sa position de chasseuse de sensitifs.

                  A l'heure actuelle (soit quelques années après la création du centre), le Professeur Houdin et son assistant ont achevé le développement de vivariums, grands de quelques mètres cubes seulement, destinés à contenir des Ysalamiris captifs indéfiniment (ou presque). Tant que la nourriture était rechargée quotidiennement, les salamandres aux pouvoirs spéciaux pouvaient tout à fait survivre sans aucun problème sous ce mode de détention. Cette technologie était évidemment protégée et exclusive à la CSI. A voir si elle allait être révélée prochainement, vu les soucis récents de l'organisation avec de dangereux sensitifs Républicains, notamment...
                  1 réponse Dernière réponse
                  0
                  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                    Le ChroniqueurL Hors-ligne
                    Le Chroniqueur
                    a écrit sur dernière édition par
                    #12

                    Post n°11
                    Auteur : Atreïs Helcar

                    Cela faisait quelques mois qu'il avait pris cette forme, maintenant, et il s'y était habitué. Surtout, il s'était habitué au regard d'autrui. Son arrivée dans le hangar n'était pas forcément passée inaperçue. Selon les standards Humains, la femme dont il avait pris les traits était plutôt belle (bien qu'elle soit loin des beautés corelliennes) et cela se voyait. Ou bien les rares humains qui étaient sur place n'avaient-ils pas vu de femelle depuis bien longtemps... Ce qui était plus que probable sur une planète aussi éloignée de celles qu'ils avaient colonisées.

                    Toujours est-il que la navette l'attendait, comme prévu. Accoudé à celle-ci, le pilote, un Géonosien qui répondait au nom de Jayrar M'hensoiffe, se releva négligemment et salua rapidement :


                    -Salut gamine ! Alors c'est toi qu'j'attends ? Bon ben pas d'temps à perdre, tout l'monde est là !


                    -Tout le monde ?

                    -Ben ouais. Toi, moi, la navette et Myrkr. Arh, arh, arh !

                    Son rire fut rapidement étouffé par la toux grasse et poussiéreuse du fumeur de longue date. Il s'y reprit à plusieurs fois avant de la calmer, essuyant une larme au coin des yeux.

                    -Ah, bordel, les jeunes, savez plus rire ! Trop sérieux, z'avez des balais enfoncés trop loin dans le...

                    -Oui, certes. Nous y allons ?

                    Atréis n'avait pas perdu de temps. Se désintéressant rapidement de la conversation qui n'en était pas une, il montait déjà à bord de la navette et s'était arrêté à la moitié de la rampe pour interpeller le Géonosien. Celui-ci maugréa dans sa langue natale quelque chose qui semblait peu avouable, mais le Gurlanin ne releva pas, se contentant de le fixer. Finalement, il acquiesça et monta à la suite de la femme brune. Au moins un qui ne la reluquerait pas, cela dit. Tous deux s'installèrent dans le cockpit, et Jayrar lança la procédure de décollage.

                    -Bon, moi j'm'occupe juste de t'emmener et te ramener. Ce qui se passe sur Myrkr reste sur Myrkr, j'veux pas savoir.


                    -Parce que vous pensez que j'allais dévoiler quoi que ce soit ?

                    -On sait jamais, gamine ! J'ai d'jà fait des retours à vide parce que l'autre avait « subitement démissionné ». C'est qu'ça rigole pas des masses au DCRS, ou quoi que ce soit ailleurs. Donc, conseil : parle pas, salue quand y faut, et ça ira.


                    -Je vous remercie du conseil.


                    Le silence pesant qui s'installa permit au Géonosien de finir ses préparatifs et de faire s'arracher du sol la navette. Prestement, il s'éloigna du hangar D14 pour franchir toutes les couches de l'atmosphère et rejoindre l'espace. Donnant ses ordres aux tours de contrôle, il fut bien vite autorisé à quitter l'espace spatial de la planète. Direction Myrkr.

                    Myrkr.

                    Grâce au réseau Holonet à disposition dans la navette, il avait pu faire ses recherches. Petite planète luxuriante et couverte de jungle dans la Bordure Intérieure, elle avait été découverte finalement assez récemment. L'astre était si peu intéressant que même l'espèce autochtone, les Neti, l'avait abandonnée, pour finalement se tourner vers Ryyk. Néanmoins, la planète ne manquait absolument pas de surprises, abritant notamment des créatures intrigantes telles que les Ysalamiri ou les Vornskrs. Des bêtes utilisant la Force pour chasser ou se défendre. A l'image d'un certain Atréis ou de sa propre race, finalement... Ses recherches terminées, il revint près du pilote.


                    -Vous êtes déjà allé sur Myrkr ? Comment est-ce ?

                    Le vieux Géonosien se gratta longuement la tête, marmonnant dans les cliquetis de sa langue natale, fouillant manifestement dans ses pensées. Concentré sur ce qu'il faisait, il avait semble-t-il bien du mal à réaliser deux opérations à la fois, mais au moins, il y mettait du sien.

                    -Ouais, Myrkr, une fois. Y'a longtemps, au moins plusieurs années galactiques. J'suis pas trop dates et mémoire moi, hein. Mais si j'me rappelle bien, gamine, c'est plein de vert et de bruits d'jungle. T'as pas envie d't'éloigner du chemin quoi. Puis, y fait chaud ! Toute façon, tu vas vite le voir. On va arriver bientôt.


                    Atréis hocha de la tête et se réinstalla, se perdant une fois de plus dans ses pensées. La CSI s'était-elle installée sur cette planète ? Elle n'avait aucun intérêt apparent, que ce soit minier, agricole, démographique... Alors que faisait-il ici ? Cette planète lui rappelait étrangement Qiilura. Une sphère de plus perdue dans l'espace, et ne demandant qu'à y rester. Une boule qui cachait des habitants bien plus étranges que les Humains. Ce voyage inattendu le faisait tomber dans l'introspection. Il était étrange de se dire que l'on arrivait sur une sœur de sa propre planète, et plus il y réfléchissait, plus il lui semblait évident que le but de ce petit tour de navette n'était pas seulement de lui faire découvrir une planète perdue. Non, il y avait bel et bien anguille sous roche. Et il le découvrirait bien assez tôt.

                    -Amorce de la descente.

                    Le Géonosien le fit revenir à la réalité. Il n'avait même pas senti la sortie de l'hyperespace ni même le ralentissement du vaisseau. Dans le cockpit, devant ses yeux, se dressait Myrkr, sa destination. Il se surprenait à ne pas avoir ressenti d'appréhension vis à vis de ce voyage spatial, finalement, qui l'arrachait de nouveau à sa terre, fût-elle d'adoption. Du sable rouge, il passait aux arbres verts. Du vent chaud, il passait à l'humidité lourde. Et surtout, de la civilisation, il retournait à l'espace sauvage. Ce qui lui allait parfaitement. Il avait toutes les informations dont il avait besoin, il n'allait plus à l'aveuglette comme il avait pu le faire sur Géonosis pendant toute sa formation. Quand la navette se posa et fit descendre la passerelle, c'était un soldat de la CSI sûr de lui qui se tenait sur le pont.

                    Uniforme brun impeccablement ajusté, fusil dans le dos, bottes cirées, coiffure au cordeau, il avait soigné son apparence pour cette première mission. Quand bien même les détails de celle-ci n'avaient pas été révélés. Tout ce qu'indiquait l'holofilm, c'est qu'il devait se rendre sur Myrkr pour récupérer un colis d'importance capitale, et le ramener sur Géonosis. Le silence sur la nature de la cargaison devait être absolu, et son intégrité devait être respectée. Avec ses recherches, il commençait bien à comprendre ce que devait être ce fameux colis, tout du monde quel intérêt il pouvait avoir. Après tout, on l'envoyait juste après qu'il ait écouté un briefing impliquant des Seigneurs Sith... Le lien de cause à effet était suffisamment clair pour qui disposait de toutes les informations.

                    Sautant du pont, il scruta autour de lui. Comme le pilote lui avait annoncé, c'était en pleine jungle qu'il se trouvait, fut-elle aménagée en piste d'atterrissage. Et surtout, il était seul. Pas un comité d'accueil, pas un représentant. Tout ses sens étaient aux aguets. Brusquement... il se rendit compte qu'il était tendu.

                    1 réponse Dernière réponse
                    0
                    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                      Le ChroniqueurL Hors-ligne
                      Le Chroniqueur
                      a écrit sur dernière édition par
                      #13

                      Post n°12
                      Auteur : Super PNJ

                      Un bip sonore tire le Mon Calamarien hors de son lit. Il regarde l’heure sur le réveil en s’étirant doucement. Il est sept heures. L’humanoïde amphibien ressemblant à un poisson se dirige vers la penderie de sa cabine et s’empare d’un uniforme propre. La tenue d’officier comporte un ensemble blanc et noir frappé de l’emblême de la Confédération des Systèmes Indépendants sur l’épaule. Seul un col brodé de fils d’or apporte une touche d’excentricité à cet uniforme. Le Mon Cal caresse du bout des doigts la tenue qui fait sa fierté depuis tant d’années, songeur. Quelques souvenirs font surface. Certains sont pénibles, marqués au fer rouge par la violence des combats et des images d’horreur qui tardent à s’évanouir. D’autres sont paisibles et joyeux… Mais éphémères. L’officier chasse ces souvenirs et s’habille en silence. Il quitte ensuite ses quartiers privés et se dirige vers le mess pour y prendre un repas. Sur le chemin, un droïde protocolaire vient lui barrer la route. Il s’agit d’un vieux modèle de la série GG, à la carlingue peinte dans une nuance sombre de gris métallique.

                      - Capitaine Rix, voici les derniers rapports d’incidents de la semaine, selon vos propres directives. Indique l’automate en remettant un bloc de données au militaire.

                      Le dénommé Rix ne se fera jamais aux voix synthétiques des droïdes… Certaines séries ont un vocabulateur capable de reproduire à l’identique les intonations de personnages organiques. D’autres, à l’inverse, reproduisent une parodie de sonorités vaguement familières qui font froid dans le dos. Quoi qu’il en soit, le Mon Cal trouve ces différentes voix synthétiques particulièrement malsaines. Le temps a beau passer, il reste particulièrement gêné en présence de ces automates, qui sont pourtant légions au sein de la Confédération des Systèmes Indépendants.

                      - Je te remercie. Tu peux disposer. Se contente de répondre le capitaine en s’emparant du datapad.

                      L’officier poursuit sa route jusqu’au mess, prend un plateau-repas, s’installe à une table et consulte les dernières entrées du bloc de données. Une fois son appétit satisfait et sa curiosité comblée, le Mon Calamarien traverse une série de couloirs et pénètre dans une salle de briefing. Les quelques militaires présents dans la pièce se mêlent à une longue suite de responsables scientifiques. Ils n’attendent que lui visiblement.

                      - Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui, je serai bref. J’ai pu constater qu’une équipe réduite de chercheurs a trouvé le moyen de filer en douce sans prendre la peine de demander une quelconque autorisation de sortie de ma part. Annonce Rix en croisant ses mains palmées dans son dos. Il se trouve, par chance, que cet incident n’a fait aucun blessé. Cependant, je tiens à rappeler à tout le monde que nous ne sommes pas dans une station balnéaire. S’il y a des protocoles de sécurité très stricts à respecter, ce n’est pas pour rien. Je sais que c’est pénible, mais c’est pour votre bien. Tâchez donc de suivre ces protocoles à la lettre. Il y aura des mesures disciplinaires pour les plus récalcitrants, sachez-le.

                      Un léger silence s’installe dans la salle de briefing. Au sein des militaires, personne ne bronche. Cependant, il y a bien deux ou trois blouses blanches qui semblent s’agiter dans le fond de la pièce. Quelques-uns échangent des commentaires à voix basse. D’autres protestent mollement en soupirant. Il y a fort à parier que certains d’entre eux iraient se plaindre au professeur Houdin. Peu importe. En tant que responsable de la sécurité du centre de recherche M4, le Mon Calamarien ne peut pas se permettre le moindre écart. Le Centre de Recherches à la Défense Avancée, dont il dépend, a été très clair à ce sujet : les études menées sur Myrkr sont d’une importance capitale. Elles pourraient, à long terme, permettre à la Confédération des Systèmes Indépendants de bénéficier d’outils capables de détruire n’importe quelle organisation de sensitifs, qu’elle soit militaire ou religieuse… De telles ressources pourraient imposer de façon définitive l’hégémonie séparatiste à l’ensemble de la galaxie... C’est du moins ce que le capitaine pense avoir compris. Après tout, le jargon scientifique n’est pas évident à décortiquer quand on est novice en la matière...

                      - Pas de questions ?

                      Dans l’assemblée, nulle voix ne s’élève. Les plus virulents savent par expérience que l’officier est intraitable, qu’il ne fait aucune concession. Il prend son rôle très au sérieux. Un tel comportement ennuie forcément les scientifiques… Mais il s’en moque bien. Le Mon Cal n’est pas là pour sympathiser avec l’élite intellectuelle de la Confédération des Systèmes Indépendants.

                      - Très bien. Vous pouvez disposer dans ce cas.

                      Certains chercheurs quittent la salle de briefing en traînant des pieds, visiblement dépités par le sermon du capitaine. D’autres pressent le pas afin de retourner au plus vite à leurs expériences, s’intéressant peu aux reproches du Mon Calamarien. Il ne reste désormais plus que les militaires dans la salle. La petite troupe comprend un sergent d’escouade, un agent vétéran du redouté Directoire de Sécurité Politique, quelques techniciens du C.R.D.A et le second du capitaine, un Quarren arborant le grade de lieutenant sur son uniforme. Ils attendent tous patiemment qu’il donne ses instructions du jour.

                      - On a une caméra défectueuse dans le secteur trois. Et on m’a également signalé un problème avec les capteurs de mouvement dans le secteur dix-neuf. Je veux que ces deux affaires soient réglées dans les plus brefs délais. Indique l’officier en relisant ses notes sur son datapad. La prudence reste de mise. On m’a rapporté qu’une patrouille a été prise par surprise par une meute de Vornskr hier soir. Heureusement, les pertes à déplorer ne sont pas organiques.

                      L’avantage des droïdes… On peut les envoyer au casse-pipe cent fois sans éprouver la moindre once de regret. Les remplacer n’est qu’une simple formalité. Néanmoins, le capitaine Rix préfère éviter les pertes inutiles quand cela est possible. Après tout, les modèles B1 ont beau être peu coûteux et faciles à renouveler, il n’en reste pas moins qu’il faut les venir de loin… Et ça, ça engendre quelques dépenses dont l’armée se passerait bien.

                      - Cependant, cet incident indique qu’il est préférable de concentrer nos effectifs au sein du périmètre sécurisé. Les patrouilles hors du centre de recherche seront donc dès à présent réduites au strict minimum. Poursuit le Mon Calamarien. De nouvelles rotations et affections seront attribuées aux escouades concernées par ces changements. Ce sera tout pour ce matin. Rompez.

                      Après cette petite session de briefing, l’officier se rend dans ses quartiers privés pour y passer le reste de la matinée. Il s’installe confortablement dans son fauteuil, hume l’air marin qui se dégage des humidificateurs muraux puis consulte les fichiers de son bureau. Pendant plusieurs heures, le Mon Cal tue le temps en lisant les rapports classifiés du C.R.D.A, comptes rendus de patrouilles et notes de service qui encombrent sa messagerie. Et finalement, dissimulée au milieu de tout ce fatras, une directive confidentielle attire son attention. Après l’avoir lu attentivement, Rix comprend qu’on envoie quelqu’un chercher quelque chose sur Myrkr. Et qu’il doit s’occuper de ça. Bien évidemment, il se doute que le quelque chose en question est l’une de ces charmantes créatures étudiées par les scientifiques. Le quelqu’un, pour sa part, doit probablement être un type des services de renseignements ou du C.R.D.A.

                      Quoi qu’il en soit, il est bien précisé que la cargaison doit être livrée dans le plus grand des secrets et qu’elle ne doit en aucun cas être abîmée lors de son transfert. Une opération délicate donc… Mais quand on travaille pour le Centre de Recherches à la Défense Avancée, rien n’est insurmontable.






                      Dix-huit heures, le lendemain.

                      De fortes bourrasques de vent secouent la cime des arbres. Une pluie diluvienne s’abat sur la dense jungle qui abrite le centre de recherches M4. De temps à autre, un éclair vient strier le ciel, suivi quelques secondes plus tard par un puissant roulement de tonnerre. Au plus fort de la tempête, une navette se pose sur l’aire d’atterrissage. Mauvais timing. Depuis le centre de contrôle du complexe scientifique, le capitaine Rix fait le tour des écrans de surveillance. Avec un temps pareil, il suffirait d’une seule intervention des Vornskr pour compromettre le transfert. La passerelle s’abaisse et laisse apparaître la silhouette d’un personnage en uniforme. Il doit s’agir du “quelqu’un”. Alors qu’il s’apprête à cesser sa surveillance, le mouvement furtif d’une ombre sur l’écran numéro cinq inquiète le Mon Cal.


                      - Passez-moi ça au scanner. Indique l’officier au technicien qui partage avec lui le poste de sécurité.

                      L’humanoïde amphibien effectue un check sur les autres caméras et observe les données des capteurs de mouvement. Rien à signaler… Curieux. Une information que le technicien vient vite confirmer.

                      - Il n’y a rien dans le secteur cinq Monsieur.

                      Bon, au moins ça a le mérite d’être clair. Peut-être que ce qu’il a vu n’est simplement qu’un jeu de lumière. Après tout, avec la tempête qui se déchaîne dehors, ce n’est pas impossible.

                      - Poursuivez la surveillance. Et faites moi signe s’il y a quoi que ce soit de suspect.


                      - Oui Monsieur.

                      Le capitaine quitte le centre de contrôle et rejoint un petit entrepôt dans lequel la précieuse cargaison est entreposée. L’agent du D.S.P, escorté d’une demi-douzaine de droïdes de sécurité, effectue les vérifications de dernières minutes sur le caisson en compagnie d’un spécialiste du C.R.D.A. Il consulte son bloc de données, lève la tête, dirige son regard vers l’officier et annonce d’une voix maîtrisée :

                      - Nous pouvons commencer le transfert Capitaine.

                      - Entendu.

                      Rix s’avance vers la cargaison et jette un coup d'œil au caisson. Enfermé dans un cylindre hermétiquement clos, un Ysalamiri s’agrippe fermement à la branche de l’arbre Olbios qui lui permet de survivre. Une créature aussi fragile peut-elle vraiment venir à bout du plus puissant des utilisateurs de la Force comme le prétendent certains scientifiques ? Le Mon Calamarien demeure sceptique. Peut-être que ce transfert permettra de tester les théories des chercheurs… D’un geste de la main, le capitaine donne l’ordre de transfert. L’imposante porte de l’entrepôt s’ouvre en grinçant. Dehors, une pluie battante creuse le sol et le rend glissant. Les rafales de vent font voler des tas de feuilles et réduisent drastiquement le champ de vision. Il faut donc faire vite et espérer qu’aucun imprévu ne vienne compromettre le transfert.

                      Les deux droïdes commandos BX de l’escorte ouvrent la marche. Vient ensuite le tour de l’officier qui supervise le transport de la cargaison que l’agent et le spécialiste du C.R.D.A déplacent sur un chariot à répulsion. Enfin, à l’arrière, quatre modèles B1 suivent le précieux caisson en cliquetant. Un éclair fend le ciel dans un fracas assourdissant. Les bottes du capitaine Rix s’enfoncent dans dix centimètres de boue. Il manque de glisser. La pluie pénètre le tissu de son uniforme. Des gouttes perlent le long de son visage.

                      Lorsqu’il arrive à hauteur de la silhouette, le Mon Cal constate qu’il s’agit d’une jeune femme. L'humanoïde amphibien ravale les quelques commentaires désobligeants qui pourraient lui valoir des ennuis. L’individu qui lui fait face est bien trop jeune pour avoir un quelconque poste à responsabilité. Et l’absence de distinction militaire sur l’uniforme interroge. Se peut-il qu’on confie désormais des tâches de première importance à n’importe qui ? Etonnant. Surtout quand on sait que le commandement séparatiste se montre implacable. De nombreuses questions trottent dans la tête de l’officier. Il se peut que cette femme soit des services de renseignements… C’est peut-être même certainement le cas. Peu importe. On lui a donné l’ordre de remettre cette cargaison et c’est bien ce qu’il compte faire.

                      Nouveau coup de tonnerre. Un éclair vient s’abattre sur un arbre. Une énorme branche, fendue par la foudre, s’écrase lourdement dans la boue. Le Mon Calamarien ravale le juron qu’il s’apprêtait à lancer. Il fait signe au spécialiste du C.R.D.A de faire monter la cargaison.


                      - Un conseil. C’est fragile. Évitez de le faire tomber. Et surtout, ne le décrochez pas. Sous aucun prétexte. Indique le capitaine à l’inconnue. S’il n’est plus sur son support nutritif, c’est la mort assurée.

                      L’officier exécute un salut militaire puis tourne les talons, l’uniforme complètement trempé par la pluie. Il ne sait pas ce que la Confédération des Systèmes Indépendants compte faire de ce spécimen, mais ce n’est visiblement plus son problème… Il rejoint rapidement l’entrepôt, depuis lequel il peut surveiller le départ de la navette, imité en cela par l’agent du D.S.P et son subordonné du C.R.D.A. Les droïdes de l’escorte, qui ne souffrent pas de la pluie, restent sur la piste d’atterrissage pour sécuriser la zone le temps que la cargaison soit hors de danger. Les mains posées sur la ceinture de son uniforme, le Mon Cal observe le transport s’envoler dans les airs, quelque peu malmené par la tempête. Alors qu’il disparaît peu à peu, happé dans l’horizon et avalé par des nuages chargés d’électricité, le capitaine Rix en vient à penser à une chose : un bon café ne serait pas de refus pour réchauffer ses vieux os.


                      Spoiler : Spoiler
                      Hiverananas.

                      1 réponse Dernière réponse
                      0
                      Répondre
                      • Répondre à l'aide d'un nouveau sujet
                      Se connecter pour répondre
                      • Du plus ancien au plus récent
                      • Du plus récent au plus ancien
                      • Les plus votés


                      • Se connecter

                      • Vous n'avez pas de compte ? S'inscrire

                      • Connectez-vous ou inscrivez-vous pour faire une recherche.
                      Powered by NodeBB Contributors
                      • Premier message
                        Dernier message
                      0
                      • Accueil
                      • Récent
                      • Mots-clés
                      • Populaire
                      • Utilisateurs
                      • Groupes