Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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Star Wars RPG

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    #2

    Post n°2
    Auteur : Lyzs

    Balayant l’endroit du regard afin d’observer l’imposante armée de fer, Lyzs s’avance. Nathrin capte son attention en lui adressant la parole. Un peu étonnée par l’impressionnante armée ainsi que par les salutations de l’homme au chapeau, elle répond de manière assez succincte. Un peu prise de court, elle ne se souvient de lui qu’après lui avoir répondu. En effet, il était bien là lors de la conférence de presse. Ne sachant pas vraiment comment réagir face à l’ironie de la chose, la générale préfère se taire. Bien que son visage laisse deviner sa perplexité, elle gardera son sarcasme pour elle. Après tout, elle ne connaît même pas le rôle de cet individu dont elle a oublié le nom.

    Les deux gardes républicains accompagnant la jeune femme observent le séparatiste avec attention. La familiarité avec laquelle il s’exprime éveille quelques soupçons, mais ils restent calmes. Derrière ces visières masquant leurs identités, leurs yeux assassinent déjà l’homme : il fait du gringue à la générale, vraiment ? Sans mot dire, bien évidemment, ils se détachent des soldats réguliers afin de suivre leur supérieure. Les autres restent en attente à la navette.

    Se laissant alors guider par Nathrin, Lyzs fait ce qu’elle peut pour canaliser son stress. Elle fixe le chemin et, parfois, les souris à roulettes. Il ne faut surtout pas avoir l’air agitée. Ses réponses sont donc courtes au possible, très brèves. Son ton semble détaché, monotone, comme si elle était déjà lasse de la situation. Concentrée sur sa prestation, elle n’adresse aucun regard à son guide, sauf lors d’un instant : Nathrin lui parle de l’état de santé du lieutenant. Apparemment, ce Tericarax serait sujet à des quintes de toux. Comme quoi, les séparatistes ont aussi leurs petits soucis. Cependant, Lyzs est bien trop occupée à construire des hypothèses avec les informations fraîchement acquises pour s’attarder sur le sujet. Elle verra bien dans quel état se trouve ce pauvre lieutenant plus tard.

    Pour l’instant, elle essaie de comprendre pourquoi l’humeur de celui qui se tient devant elle vient de virer du tout au tout. Même si son visage ne le trahit pas vraiment, elle sent bien que quelque chose vient de changer. Est-ce en rapport avec ce son régulier qui s’approche ? Sont-ce des bruits de pas ? A la première écoute, l’origine de ce son doit être bien trop lourde pour être une simple armure. Très vite, la générale aperçoit une vision fugace à travers la Force. Quelque chose de grand, de menaçant et, plus inquiétant encore : de vivant.

    La porte s’ouvre mais Lyzs s’est déjà préparée à la surprise. Elle se tourne avec prudence pour poser ses yeux sur le monstre de métal qui s’engouffre dans la salle. Son imposante présence et la réaction des droïdes mettent en alerte les deux autres gardes qui affirment leurs appuis sur le coup. D’un simple geste de la main, la générale -ayant su garder sa contenance- leur fait signe de ne pas se précipiter. Le cyborg se présente alors :


    — Bienvenue à bord du Pacifique. Je suis le lieutenant Tericarax.

    Lyzs observe l’armure vivante de bas en haut. Son menton se lève d’un geste régulier jusqu’à ce qu’elle puisse fixer la créature dans les yeux. Les armes dissimulées dans ce squelette ambulant n’ont pas échappé à l’œil attentif de la générale, mais, ce qui capte le plus son attention, c’est ce regard plat, vide. C’est comme si ce Tericarax n’était pas vraiment vivant. Comme si son corps n’était pas la seule chose qui lui manquait. Cependant, bien qu’étant aussi navrée qu’apeurée, Lyzs ne flanche pas. Elle doit mener une mission à bien et représenter la république : pas le temps de s’intéresser aux détails de la vie des agents séparatistes. C’est donc sans quitter ces deux yeux reptiliens du regard que la bien petite générale se lance dans les présentations :


    — Lyzs Yvanol, Générale de la Garde Républicaine. Comme vous le voyez, nous répondons positivement à votre appel.


    Un général plus expérimenté aurait sûrement été indigné de devoir traiter avec un lieutenant pour une affaire de telle envergure. Seulement, le caractère de Lyzs et l’imposante carrure de Tericarax ont vite fait d’écarter ce soucis-là. La jeune femme respire un coup, ses épaules se relâchent.

    — Comprenez bien que nous serions venu plus vite, si quelques détails supplémentaires étaient parvenus jusqu’aux oreilles de nos sénateurs. Dit-elle avant de marquer un bref silence. Comme nous avons du venir à l'aveugle, nous ne disposerons que des moyens déployés ici-même afin de vous assister dans votre « chasse au Sith ».

    Ces mots, en réalité répétés mentalement des dizaines de fois, sont maquillés par un air très professionnel. Cependant, aussi assurée soit-elle, la petite voix claire de Lyzs peine à faire impression après avoir entendu le son oppressant du vocodeur séparatiste. Plus petite que jamais, la jeune femme laisse la parole au grand lieutenant se tenant devant elle. Sa maîtrise d’elle-même en venant à tromper jusqu'à son propre corps, elle cligne naïvement des yeux. Tandis qu’à l’intérieur, tous les voyants rouges sont allumés.

    *Je vais faire une crise cardiaque.*
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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #3

      Post n°3
      Auteur : Tericarax

      Le regard de la jeune femme est assuré, rivé droit dans celui du Kaleesh. Imperturbable, elle soutient à merveille les deux prunelles du lieutenant posées sur elle, soutient la pression visuelle exercée sans ciller. Les yeux azurés répondent aux yeux dorés, autant que la Républicaine répond aux politesses engagées brièvement par le Séparatiste. Inhabituel, intéressant, fascinant. Lyzs Yvanol... Le scientifique prend soin d'imprimer en lettres de flammes ce nom dans sa mémoire. Étonnant phénomène. Tout comme Irina Durlant, elle ne cille pas comme tant à la vue du cyborg. Les humaines sont-elles toutes faites du même roc de volonté inébranlable ? Pour l'instant une générale qui peut au moins se vanter d'avoir plus de courage que les traditionnels gradés. Ceci explique partiellement sa position.

      Après un soupir purement féminin, la générale explique d'une voix mélodieuse et douce – sous le regard inexpressif du lieutenant - que leur retard vient d'un manque de détails dans le message de Tericarax, faute de quoi la République serait venue plus vite et mieux équipée...Le personnage cligne des yeux alors que sa réflexion change d'axe. Une hésitation face à l'imprécision donc ? Les sénateurs, craignant un guet-apens, auraient rechigné à la tâche et traîné les pieds pour prendre une décision ? Son appel était succinct, mais c'était pourtant un concentré de clarté et de concision – aucun redondance au sein de ce dernier, le cœur de l'information livré à nu. Ses paupières pourpres se plissent. Le manque de formalisme leur a déplu, et la méfiance a pris le dessus. Fondamentalement compréhensible.

      Le géant d'acier ne réagit pas plus extérieurement aux paroles de la générale Yvanol. Il n'avait pas considéré cette éventualité après tout, il n'avait pas imaginé cette République qui viendrait tout en l'accusant d'inintelligibilité. Peu importe. L'heure n'est plus aux justifications. Il reprend son souffle – une douleur vive naît dans ses poumons – et du même coup les rênes de la discussion. Ses deux yeux rebondissent sur chacun des gardes, en détaillent l'habit, puis reviennent sur la générale – ignorant l'armure pour se plonger à nouveau droit sur le visage de cette dernière. Deux poignards de givre, dorés et ternes, sinistres mais sans malice.
      Son ton est à l'image de son regard : frigorifiant, noir mais absent de haine, d'ironie ou de saveur.


      - Et malgré tous les doutes, vous voici devant moi...Remarquable. La décision de vous appeler ne provient pas de moi, mais bien de la Confédération...Sans doute sur ce postulat avez-vous décidé de venir...Remarquable en effet.

      Il s'approche de la table, repousse en arrière sa large cape noire pour être plus libre de ses mouvements. Le geste dévoile à sa hanche droite un gros fusil géonosien, accroché par un anneau de fer, mais le bras du personnage vient le dissimuler, car il se courbe de sa stature de géant pour activer sur la table plusieurs boutons; au centre de cette dernière, un holoprojecteur s'allume.
      Lumière bleu désaturée, pâle mais forte, un hologramme se matérialise. Les autres sources lumineuses de la pièce s'éteignent, laissant Nathrin, Lyzs, ses gardes et Tericarax au seul éclairage de l'image dimensionnelle. Sous cet aspect artificiel et monochrome, le cyborg – plus pâle et squelettique que jamais – pointe de sa main de duranium les formes qui se matérialisent en clignotant au centre de l'hologramme : plusieurs points blancs, nageant dans la noirceur de l'air.

      Les formes se précisent, une nuée de ces points. C'est une carte de la galaxie.

      Une carte rigoureusement complète, mais l'on a pas le temps hélas de voir toutes les routes dénichées par le cartographe, car le geste de Tericarax a produit un zoom sur l'une des régions. Les points s'approchent, traversent l'hologramme, passent hors du champ de vision tandis qu'un point reste au centre et s'agrandit à un rythme étourdissant. L'image se stabilise lorsque le point est devenu sphère, et sphère d'un quart de mètre de rayon ; Une planète, autour de laquelle gravitent huit satellites.
      La douleur dans les poumons du cyborg se concrétise, son œsophage s'enflamme.


      - Félucia, indique-t-il tout en ignorant sa souffrance à l'humaine. Cette planète est actuellement attaquée par plusieurs Sith. Les troupes en présence devraient par leur nombre l'emporter sans effort mais des rapports m'ont informé que cela n'était...Pas le cas. Les Sith courent toujours. (Un nouveau geste du doigt, la planète apparaît plus nette. On distingue le découpage des continents, ainsi qu'un point marqué rouge : c'est le lieu où les Sith ont mené les attentats). Les droïdes sont une arme redoutable, mais maniée incorrectement ils ne sont guère plus utiles que si leurs circuits leur avaient été arrachés. Sur Félucia se trouve un cyborg – comme moi-même – du nom de Iroey. (L'index émacié de Tericarax désigne l'escorte de Lyzs). Comme vos gardes, il est dévoué, zélé, et donnerait sa vie pour sa faction...Mais le zèle n'est d'aucun usage contre des Sith.

      Félucia est un monde humide, une jungle qui s'étend sur tous les hémisphères – la saison des pluies frappe actuellement l'hémisphère nord, où les Sith ont agis. Sa topographie est telle que les droïdes sont peu à l'aise...
      (Ses poumons le font souffrir, il s'interrompt une seconde puis reprend)...terrain instable, boueux. Mais vos subordonnés, générale, n'auront pas de mal à se mouvoir dans pareil endroit. Et votre...Expertise en matière de sensitifs assurera une traque efficace.

      Les engrenages s'imbriquent, tournent, engrainent dans l'esprit logique du cyborg. Si l'étiquette réclame qu'il attende la réponse de la générale, il ne s'interrompt que pour faire dézoomer l'hologramme. Ses explications ne sont pas terminées, et comme un brillant – et terrifiant – professeur il poursuit. Ses griffes tombent devant une planète que l'on ne saurait que trop bien reconnaître, pour l'avoir observée récemment : Utapau. La sphère joue entre ses doigts, insignifiante, s'agrandit au creux de sa main pour devenir pleinement visible enfin.


      - Toutefois, j'aimerais que vous vous joigniez personnellement à moi dans ma traque sur Utapau, générale. Plusieurs Sith ont sévi et frappé le conseil Pau'an. Tout comme Félucia, il y a nombre d'informations que vous voudriez entendre dans ce sens...

      Sa voix se brise en un son guttural, un hoquet de souffrance. La douleur devient insupportable et lieutenant se met à tousser, tousser, s'étrangle dans une quinte où toute la surface de son organe respiratoire s'enflamme brusquement d'un infernal tourment. À bout de souffle, il secoue la tête, se redresse. Il inspire dans un son que seule une gorge Kaleesh est apte à produire, sorte de vibration reptilienne grave et surprenante. Ses yeux glacés se posent à nouveau sur Lyzs.

      - Votre décision... ?
      réclame-t-il implacable.
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        #4

        Post n°4
        Auteur : Lyzs

        La générale a dit ce qu’elle avait à dire, mais l’imposant lieutenant ne cherche pas à se justifier. Non. Il préfère annoncer que cet appel n’est pas une décision isolée. Logique. Evident, même. Un officier n’aurait jamais commis une telle erreur. La réponse ne lui convient pas. Ses bras se croisent et ses lèvres s’écrasent l’une contre l’autre alors qu’un petit fredon déçu vient secouer sa gorge.

        Le mot « remarquable » revient à deux reprises. Il ne plaît pas non plus à Lyzs. A lui seul, cet adjectif révèle la nature analyste du géant de fer. En effet, il s’agit bien d'un scientifique. Comme tel, il semble prendre des notes sur les phénomènes se produisant autour de lui. Se sentant un peu comme un rat de laboratoire, la générale reste silencieuse. Elle se contente de rester en attente afin de voir si la suite sera plus pertinente.

        Très vite, on passe au vif du sujet. Voilà qui est plus intéressant. Tericarax, se lance dans l’exposition de la situation. Dans ces explications, Lyzs note que le lieutenant est imposant, effrayant, mais pas vraiment menaçant. La CSI souhaite juste coopérer. Le danger n’est pas ici… Une véritable auto-persuasion s’opère. Ses yeux bleus reviennent vite sur l’hologramme : elle a enfin des détails, il ne faut pas les manquer.

        Un peu étonnée, Lyzs apprend qu’il y a un autre Tericarax. Il se nomme Iroey. La CSI produirait donc des cyborgs de ce type ? Aussi grands ? Sont-ils tous officiers ? Sont-ils nombreux ? La précision du lieutenant lui a fait immédiatement penser à une réplique exacte de celui-ci. Les « Tericarax » doivent avoir la vie dure, dans une telle armure. Cependant, Lyzs ne s'attarde pas sur le sujet. La situation de Félucia exige une intervention. Quelques informations sont données, mais la générale est déjà en train de penser à autre chose. Elle espère se tromper. Perdue dans ses pensées, elle ne quitte pas la planète et ses satellites des yeux. Tericarax explique à Lyzs qu’il souhaite qu’elle se joigne à lui, mais elle ne réagit pas. Seul l’incroyable crise de toux du lieutenant saura tirer la générale de son état second. Entendre le vocodeur réagir de concert avec la cacophonie produite par les restes organiques du cyborg est une expérience des plus déplaisantes. Surprise, Lyzs tourne la tête et freine son propre mouvement de recul.


        — Votre décision... ? réclame le cyborg.

        La jeune femme retrouve son assurance apparente. Elle croise à nouveau les bras en observant le séparatiste. Ses pensées sont encore bloquées par Félucia. Un véritable exercice de remémoration est nécessaire afin de ce souvenir de la demande du lieutenant. Finalement, Lyzs répond après un long silence soutenu par son air contrarié.

        — Bien. Je viens avec vous sur Utapau.


        Les détails sont épargnés. Il suffit d’être claire. Accompagner Tericarax sur Utapau ne lui pose pas de problèmes. Ses deux gardes lui porteront assistance. A eux trois, ils forment une équipe prête à agir. Le reste de la garde peut constituer d’autres équipes, mais, s’il y avait besoin de plus de soutien, le cyborg l’aurait mentionné. Les autres pourront passer Félucia au peigne fin, puisque les troupes séparatistes semblent y avoir un souci de compatibilité.

        Toujours contrariée, la générale fait un pas vers la table. Sans faire de manière, sa main droite vient balayer l’hologramme. Le système de celui-ci, assez intuitif, lui permet de revenir sur la carte de la galaxie. Son regard vient un instant se poser sur Tericarax, pour s’assurer qu’il regarde bien sa démonstration. Du doigt, Lyzs désigne Utapau. Elle avait bien raison, malheureusement.

        — Nous sommes ici.

        Sa fine main glisse lentement jusqu’à l’autre bout de la galaxie, toujours en bordure extérieure.

        — Félucia est ici.

        Enfin, elle désigne les mondes du noyau, quasiment à mi-chemin entre les deux planètes.

        — Coruscant se trouve là. Vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas ?

        Ses bras sont à nouveau croisés dans une position des plus fermés. Un simple message aurait permis une intervention bien plus rapide. Il a d’abord fallu faire tout le trajet jusqu’à Utapau, maintenant il faut prendre la route jusqu’à Félucia. Lyzs plante son regard dans les yeux du kaleesh. Qui a réfléchit à ce plan, au juste ?
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          #5

          Post n°5
          Auteur : Tericarax

          Un silence, marqué uniquement par la pesante respiration de Tericarax. Sous l'éclairage holographique, le cyborg scrute les traits de l'humaine, étudie attentivement les contours de son visage découpés plus nettement par la pâle lumière, tente d'extraire des plis de son expression l'émotion qu'elle pourrait bien ressentir. Effort tout à fait futile, le scientifique ne possède plus d'empathie depuis bien longtemps. Il se contente de l'observer, l'étudiant par réflexe, guettant sa réaction par curiosité plus que par sens diplomatique. Naît soudain une pensée dans son esprit : il a envie qu'elle se dépêche, il désire entendre sa réponse. Il cligne des yeux. Qu'elle se dépêche ? Désir ? Absurde, ceci relève de l'impatience. L'impatience n'occupe aucune place, aucun espace dans son esprit.

          - Bien. Je viens avec vous sur Utapau.

          Les réflexions de l'individu se stoppent. Point de temps perdu, elle est dans l'économie même de mots. Efficace, au point de s'exprimer par phrases restreintes ? Peu courant, inhabituel, incohérent pour une humaine. Le Kaleesh détaille l'humaine, dont les traits sont toujours figés sur le même air. Quelle est donc cette expression ? Il l'a déjà vue quelque part. Est-ce de l'agacement ? Non, car de raison de s'agacer il n'y a pas, et le spécimen a démontré jusque là de la patience. Est-ce le trac ? Non, ce n'est pas du trac, il semble que l'humaine arrive à supporter admirablement la présence de Tericarax – elle est aux antipodes d'une quelconque forme de timidité ou d'angoisse. Mais alors qu'est-ce donc ? La jeune s'avance sans hésitation, son manteau gris ondule dans son mouvement. Elle approche sa main de la table et ses doigts viennent à son tour capter l'hologramme, alors que Tericarax laisse Utapau échapper à son étreinte, curieux de voir ce que compte faire cette Lyzs Yvanol. Elle reprend un plan plus arrière, dézoome. Les planètes disparaissent, la galaxie dans son ensemble prend tout l'espace. Le monstre de métal n'est séparé de la frêle humaine que par ce nuage lumineux.

          Alors elle désigne tour à tour Utapau, Félucia puis Coruscant, ses yeux bleus ancrés sur le lieutenant pour s'assurer qu'il voit bien où elle veut en venir. Ce n'est pas du trac ni de l'agacement, non, c'est de la contrariété. La générale est contrariée, car un détail dérangeant est venu lui chatouiller l'esprit, huh ? Subtil détail, fine observation, remarquable piste de réflexion. Elle est vive d'esprit. Intelligence. Courage. Deux traits qui manquent cruellement aux droïdes, mais qui semblent bien présents chez cette Yvanol. Tericarax avise en plissant les yeux. Ses paupières cramoisies se ramènent devant ses iris d'or. Avec pareille collaboratrice, l'opération progressera sans doute mieux qu'avec ces stupides Pau'an et ces incompétents B1 dont il a jusque là fait usage...Toutefois...
          Elle reproche à nouveau quelque chose ; elle interroge le lieutenant, lui signale que Félucia et Utapau sont à deux coins opposés de la galaxie et qu'il aurait été bien plus efficace d'indiquer ceci directement à la République lors de son appel, pour que les équipes soient mobilisées simultanément, permettant ainsi une entrée en action plus rapide et coordonnée des renforts républicains. Il ne fait aucun doute que pour aller d'un bout à l'autre de la galaxie, le voyage hyper spatial pour les troupes de la garde durerait plusieurs jours. Un pic de douleur vient envahir tout le torse du cyborg. Son esprit, affairé à sa réflexion, ignore temporairement la sensation. Les signaux de souffrance sont ralentis, agrippés, noyés par une rationalité, pourtant axée sur un raisonnement des plus trivial.

          Le Séparatiste respire pour soulager sa douleur, mais rien n'y fait ; il n'échappe pas à une quinte de toux qui vient lui ravager l’œsophage et faire naître dans sa gorge un goût désagréable. Son esprit reprend où il en était. L'impression que cette générale n'a de cesse de le remettre en question. Sa voix grave s'extrait hors de son vocodécodeur, s'épandant dans la pièce en un tapis vibrant – funestes inflexions d'un être que la vie comme la mort rejettent et renient.

          - Ne vous méprenez pas, générale. Si votre convocation a été réclamée par les hautes instances séparatistes et que la tâche m'en a été confiée, votre déploiement exact a été laissé entièrement à ma propre discrétion. Logique, trivial : compte tenu de votre temps de voyage, vous affecter à une planète particulière pour agir aurait pu se révéler une perte de temps, dans le cas où la « chasse » se serait déjà achevée alors que vous arriviez. Vous seriez exactement dans le même cas qu'actuellement, à l'exception près que vous auriez même pu finalement n'avoir aucun rôle à jouer dans cette opération – ce qui aurait été bien plus contrariant pour vous, n'est-ce pas ?
          Je ne vous réclame pas de vous rendre sur Félucia en me basant sur des informations datant d'il y a quelques jours, car alors que je vous conviai à venir ici aucun assaut n'était à déplorer là-bas. J'ai reçu un message au moment exact où vous êtes arrivée, ainsi que vos troupes – c'est-à-dire il y a douze minutes exactement. J'ai alors avisé, et estimé en me basant sur la situation à la surface de Utapau - et du fait que aucune autre planète séparatiste n'a émis des signaux réclamant des renforts immédiats - que faire bouger vos troupes vers Félucia était le seul mouvement possible.
          L'hyperespace n'est pas un plan continu et uniforme, générale. L'espace séparatiste possède des routes hyperspatiales qui ne traversent nullement le noyau ; vous en conviendrez, ce serait là très peu pratique, ç'aurait été mortel lorsque la République et la Confédération se livraient encore la guerre
          .


          Il reprend son souffle, son asthme l'étrangle et l'asphyxie. Sa gorge siffle lorsqu'il reprend:


          - Pareille route hyperspatiale existe entre Utapau et Félucia. Un couloir courbe, permettant de voyager en bien moins de temps que par une route en ligne droite ; c'est là certes une solution optimale au problème que vous soulevez. À cet effet, je mettrai à la disposition de votre équipage le second capitaine de l'Impassible. Il guidera votre croiseur dans notre espace.

          Le datapad de Tericarax se met à biper doucement. Sa main fouille dans sa cape, l'extirpe. Sur le petit écran, un message défilant. Il le parcourt brièvement. En provenance de ses deux droïdes chirurgiens, l'objet est simple: les analyses sur les dépouilles sont terminées. Au message, on a joint les résultats des différents tests, mais Tericarax ne les détaille pas. Il range l'appareil puis contourne la table, pressant au passage un bouton sur cette dernière. L'holoprojecteur se désactive, la lumière reprend ses droits. Alors que les plafonniers se rallument, les yeux reptiliens du kaleesh toisent sans enthousiasme cette générale si inhabituelle. Gigantesque monstre d'acier, Tericarax la domine de bien trois têtes. Pourtant, l'air inflexible de la femme, ses réflexions intelligentes et précises ainsi que sa constante tendance à le remettre en question au nom de la logique rappellent au cyborg que malgré cet apparent écart physique, cette Yvanol est une représentante remarquable de son espèce. Par son talent, elle est grande. Ceci explique sa position au poste de générale républicaine.

          Tericarax tend sa main droite vers cette dernière, et de sa voix métallisée :


          - Sûrement, vous avez assez d'information pour mobiliser vos hommes à présent. Je compte sur votre efficacité.


          Mensonge. Le cyborg ne compte que sur lui-même. Il attend de constater de ses yeux, de peser empiriquement dans sa balance analytique la véritable valeur de cette garde armée. Toutefois, il n'a pas oublié les négociations avec le sénateur Jnum ; il faut se montrer un minimum courtois, à défaut d'être chaleureux ou prévenant, lorsqu'on traite avec des humains si l'on souhaite établir un contact. La femelle humaine a certes démontré d'étonnantes capacités cérébrales, mais ce n'est pas d'une maître tacticienne dont le cyborg a besoin ; c'est de quelqu'un capable d'attraper des Sith. La suite dira si ses traits de caractère vont de pair avec des talents martiaux prononcés ou non.
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            Post n°6
            Auteur : Lyzs

            L’intervention sur Félucia n’était pas prévue. Voilà qui semble de suite plus logique. L’air agacé de la générale s’efface, mais elle reste concentrée. Lyzs ne peut s’empêcher de penser que le lieutenant enfonce des portes ouvertes. Evidemment, que la CSI a des routes évitant le noyau de la galaxie. Cela doit être une simple déformation professionnelle. Quelque chose de propre aux mathématiciens ou aux chercheurs en général. Ils ont tendance à exposer tous les paramètres avec précision avant d’en venir au raisonnement final. Une perte de temps bien pratique lorsque l’on s’adresse à quelqu’un d’un peu lent. Mais, Lyzs n’est pas ce genre de personne. Si elle n’était pas si occupée à rester professionnelle, elle aurait pu se lasser de cette méthode. Elle n’a pas besoin de mots. Son attitude suffit à faire comprendre qu’elle a bien compris la situation.

            Le séparatiste lui tend la main. La jeune femme ne réfléchit pas et l’attrape. C’est une sorte d’automatisme résultant du nombre de poignées de mains qu’elle a dû servir depuis le début de sa prise de fonctions. Elle agit comme Alkain, l’un de ses conseillers, lui a toujours dit de faire : une prise ferme, un seul geste souple mais assuré. Cette fois cependant, le sourire qui va avec est absent. Regarder Tericarax dans les yeux lui demande de lever le menton. C’est assez désagréable… ils auraient pu le faire moins grand.


            — Sûrement, vous avez assez d'information pour mobiliser vos hommes à présent. Je compte sur votre efficacité.

            — Evidemment. C’est réciproque.

            Presque surprise elle-même par sa réponse, Lyzs esquisse un très bref sourire assuré. En réalité c’est de l’ironie qui se dessine sur son visage. Elle a envie de creuser un trou et de s’y cacher pour la journée, mais elle doit transmettre l’image d’une république forte. Et cette république doit avoir du répondant.

            Elle se recule d’un pas pour retrouver un espace personnel un tantinet plus confortable avant de faire sauter un holotransmetteur de sa ceinture jusque dans sa main. Elle jette un nouveau coup d’œil à l’attitude du cyborg. Le quitter des yeux un instant lui suffit à être à nouveau surprise en voyant à quel point il est imposant. Elle se garde de s’exprimer et enchaîne. Il aime l’efficacité. Tant mieux, elle aussi. Plus vite ce sera fini, plus vite elle sera rentrée. Un hochement de tête lui sert à s’excuser d’entamer une conversation en cet instant. L’hologramme brumeux grésille et l’image de l’amiral qui l’accompagne apparaît. Il est assis sur son fauteuil de commandement. Son regard se tourne vers son propre transmetteur. Son image bleutée tressaille un coup avant qu’il ne réponde.


            — Générale ?


            — Changement de plan, amiral. Vous allez accueillir un officier séparatiste. Il vous guidera vers Félucia où nos équipes seront déployées. Corvel y dirigera les opérations. Je reste ici afin de porter assistance sur Utapau. Nous rentrerons avec la navette.

            — Bien, générale.
            Dit-il avant de saluer, un peu surprit par tant de contenance.

            La transmission est coupée. Les épaules de la générale vont et viennent en soulignant un soupir. Elle range l’holotransmetteur avant d’enfiler ses mains dans les poches de son long manteau - ultime effort afin de renforcer son attitude. Un peu plus loin, les deux gardes républicains sont sur le qui-vive. Comment la générale peut-elle être aussi calme ? Eux sont pourtant si inquiets, derrière leurs visières. Comme leur supérieure ne semble pas être sur ses gardes, ils le sont à sa place. Mais, ils ne savent pas qu’ils se trompent. Quand bien même, la prestation de Lyzs les laisse admiratifs : ils auraient longuement hésité avant d’entamer une poignée de main avec le cyborg. La supérieure jette d'ailleurs un regard par-dessus son épaule pour voir où en est son escorte. Ils se tiennent à carreau, tant mieux : c’est leur travail. Son regard azuré retourne à nouveau vers son interlocuteur. Elle secoue la tête pour réarranger sa frange qui lui gène un peu la vue sous un tel angle.

            — Allons-y. J’attends plus d’informations sur la situation d’en bas. Enchaîne-t-elle.

            A l’intérieur du manteau, ses doigts se frottent les uns aux autres dans un geste régulier. Elle s’apaise comme elle le peut. Cette pièce, cet entourage, ce lieutenant, cette situation. Vivement que tout cela soit très loin d’elle.
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              Post n°7
              Auteur : Tericarax

              La générale saisit la main du lieutenant sans une once d'hésitation. Elle recule ensuite, au creux de sa main apparaît un petit hologramme auquel elle distribue ses premières directives. Sitôt ces quelques phrases échangées, l'humaine relève ses iris cérulés vers son interlocuteur séparatiste, rajuste ses cheveux. Les mains dans les poches, nonchalamment, elle demande que l'on se mette enfin en route. Tericarax n'y voit aucune objection ; il n'est pas nécessaire de gaspiller plus de temps ici en de futiles négociations. Ses yeux glacés, ces opales de feu, se détournent et se posent sur Nathrin.

              - Merci de vos services Nathrin. Vous reprenez la garde de l'orbite.


              Son crâne pâle revient vers la générale, mais il fait quelques pas vers la porte. Sa main droite ramenée devant son torse, sa gauche désignant l'encadrement et le couloir au-delà, il invite les républicains à sortir. Dans son regard, une nouvelle lueur s'est allumée, embrasant ses iris d'un scintillement inédit ; son esprit se met cette fois-ci à calculer vers les événements qui l'attendent. Toutes les données collectées jusque là sont rappelées par sa mémoire surpuissante, réagencées, réorganisées, recompilées. Pour peu, il serait déjà de nouveau dans son laboratoire improvisé, en face des corps, dont les images lui reviennent – vivaces, fraîches, nettes.

              Tandis que les données se collectent en parallèle, il incite ses invités de marque, puis leur emboîte le pas d'un geste sûr, son ample cape se froisse dans son mouvement. Tout comme la générale avant lui, Tericarax a sorti son datapad, et en même temps qu'ils progressent, il l'a allumé et projette à l'intention de Lyzs Yvanol les rapports de ses droïdes ; défilent lentement des spectres RMN, des comparaisons moléculaires, et diverses courbes ainsi que des chiffres. À mesure qu'on passe d'un résultat à un autre – et d'un couloir au suivant dans le vaisseau - le scientifique détaille de son timbre où la joie et le regret sont morts, tués par les inflexions d'un impassible acier :


              - L'attaque s'est produite sur le siège du conseil de Pau City, capitale de Utapau. Pau City est sous blocus jusqu'à nouvel ordre, ainsi que Utapau, pour empêcher les Sith de s'échapper. Dans le siège du conseil, où je suis intervenu personnellement, nous avons trouvé le cadavre d'un Twi'lek mâle – âge assez jeune. La fouille des rues adjacentes a révélé deux corps de Pau'ans – mort par suffocation, mais aucune empreinte digitale ou ADN étranger sur les gorges.
              Les caméras de surveillance du conseil ont été saccagées, la reconstruction des bases de donnée pour en extraire les informations qui nous intéressent – le visage des Sith – est toujours en cours – probabilités assez élevées qu'elle soit bientôt complétée.


              Au milieu des données incompréhensibles à quelqu'un qui ne possède pas de solides bases de chimie ou de biologie apparaît enfin un hologramme susceptible d'être compris de tous : c'est l'image de trois corps nus, allongés sur une large table opératoire. La photo est prise de haut, sans doute du plafond, à un angle orthogonal à la table, et d'une netteté telle que l'on distingue sans peine les détails de chacun des corps ; une vision lugubre, sinistre. Deux sont des Pau'an dont les visages sont figés en une expression de peur et de douleur; leurs yeux vitreux semblent à travers l'au-delà fixer encore leur meurtrier avec incompréhension et stupeur. Leur peau – pâle dans la mort – est marquée au cou par un large cercle rouge ; les traces d'étranglement dont parlait Tericarax il y a à peine quelques secondes. Au côté des deux se trouve le cadavre du Twi'leck, plus meurtri encore. Sa peau est brûlée, calcinée, percée par des trous noirs et irréguliers au niveau de l'estomac, des jambes, des avant-bras. Le visage du mort est jeune, il ne doit pas avoir plus de vingt ans. Un jeune adulte, ou un vieil adolescent. Insensible au drame de la situation, l'imperturbable lieutenant désigne la victime de sa griffe squelettique.

              - Nous avons trouvé avec le cadavre de ce Twi'lek une vibrolame brisée. Ceci, ainsi que les nombreuses blessures au blaster sur son corps me poussent à croire qu'il s'agit d'un des terroristes Sith que nous recherchons.


              Changement d'image, on revient sur plusieurs courbes, puis une image où trempe dans un bocal un rectangle monochrome, où pullulent des asticots.

              - Par prélèvement de peau, indique Tericarax, j'ai déterminé que le Twi'lek était mort avant nos deux Pau'an – sa décomposition était beaucoup moins avancée que celle des deux corps, qui étaient comme vous pouvez le voir, déjà dévorés par les asticots. Cette espèce de mouche commence à s'attaquer à un cadavre 48 heures après la mort. Toutefois, vous pourriez m'objecter que notre Sith aurait pu les tuer avant, puis périr lui-même ; puisque nos forces l'ont trouvé en premier, nous l'avons mieux conservé, faisant s'effondrer l'argument des mouches.

              Une autre image, qui montre cette fois deux courbes.


              - Ceci est une analyse bactérienne des tissus intestinaux, comparant la quantité trouvée dans l'estomac d'un des Pau'an et dans l'estomac du Twi'leck – la flore intestinale des deux espèces étant très proche, ces résultats sont fiables. Sitôt le corps mort, le processus de décomposition s'enclenche, et les bactéries commencent à se multiplier. Vous pouvez clairement voir,
              poursuit le scientifique en prenant un nouveau virage, comme le nombre de bactéries du Pau'an domine celui du Twi'lek.

              Il s'interrompt une seconde. Le groupe vient d'arriver au niveau du sas menant aux hangars. Il tapote sur l'écran tactile, compose une combinaison sans guère y prêter attention. Boop. Plusieurs voyants sur le haut du sas passent du rouge au vert, puis avec un sifflement vaporeux, le sas entre dans le plafond, permettant le passage. Tericarax ramène devant lui l'hologramme, change à nouveau d'image. Apparaît cette fois le portrait d'un Pau'an, un visage familier maintenant pour le cyborg. Ils s'engagent dans l'immense hangar, où les unités séparatistes s'affairent : là, des droïdes vautour sont harcelés par des techniciens. Un expert, armé d'un fer à souder, répare l'aile d'une des machines gigantesques ; le faisceau bleu vif projette des gerbes d'étincelle qui vont courir sur le sol. Devant le groupe, un gros porte-charge passe, transportant entre ses bras titanesques plusieurs lourdes caisses de matériel. Il est guidé par trois B1 qui, en apercevant Tericarax, se mettent au garde-à-vous avec un « /Lieutenant./ » automatique. Mais l'interpellé, lui, est tout à son image, ignorant royalement l'agitation ambiante.

              - Tarun Blaum, administrateur principal du port de Utapau, unique survivant à l'attaque terroriste. Choc post-traumatique fort qui l'a plongé dans le mutisme le plus absolu. L'unité en charge des relations civiles – aidée par les proches collaborateurs de M. Blaum – n'ont pas réussi à en extraire la moindre piste. Toute mention de l'attentat semble être suffisante pour le faire trembler. (Les orbes rubis qui servent d'yeux au cyborg se posent sur la générale). Vous m'accompagnerez pour lui rendre visite. Tarun Blaum se repose actuellement, mais avec vos...Talents, je pense que nous pourrons obtenir des résultats.

              Alors qu'ils arrivent devant la navette républicaine, le cyborg s'arrête. Il se tient sur la droite de cette dernière – qui s'est posée sur une piste en bordure du hangar ; derrière Tericarax, le vaisseau s'ouvre en une gueule béante qui donne sur l'espace glacé. Adossé aux lointaines et pâles étoiles, le cyborg semble dans son élément.


              - J'ai également mis plusieurs équipes de recherche dans les rues de Pau-city, armées d'un dispositif utilisé au sein de l'ancienne République ; une caméra thermique capable de traquer les traces de pas. Pareil dispositif prend du temps pour remonter une piste, car les signatures thermiques peuvent aisément se perdre et se mélanger dans des endroits très fréquentés. Toutefois, en raison du blocus, la ville de Pau-city est plus rarement arpentée. Les différentes pistes explorées par les équipes sont intactes, vides d'impureté. Générale, je vous attendrai vous et vos hommes sur la place du commerce de Pau-city ; c'est là que l'attaque a eu lieu.


              On désactive une seconde le bouclier énergétique du hangar pour que le décollage de la navette soit facilité. Une pellicule électrique vient un instant iriser l'air, puis un vent froid – la température de l'espace – entre dans la baie d'atterrissage, faisant voler furieusement l'habit du lieutenant, qui conclut d'une toux asthmatique puis de sa voix guère plus chaleureuse :


              - Ne perdons pas plus de temps.
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                Post n°8
                Auteur : Lyzs

                Lyzs avance presque de deux pas lorsque Tericarax n’en fait qu’un. Les mains dans le dos, se tenant droite, elle observe les données qu’on lui expose. Elle n’y comprend pas grand-chose. Seuls quelques chiffres ont un sens à ses yeux. Son éducation à ce sujet n’a rien à voir avec le niveau du lieutenant. Celui-ci doit bien s’en douter, en un sens… Il s’agit peut-être d’un test ? La générale préfère ne rien dire, elle attend des informations à sa portée pour réagir. Sa confusion n’arrange rien à la difficulté qu’elle éprouve pour garder sa contenance. Elle jette un regard au cyborg : il est totalement ailleurs. Il est concentré sur son explication.

                Finalement, Tericarax expose l’image de trois cadavres. La jeune femme affiche un air un peu dégoûté, mais elle se résigne à faire son devoir. Ce ne sont pas les premiers cadavres qu’elle a l’occasion de voir. Et, heureusement, ceux-ci ne sont que des hologrammes. Sa concentration reprend le dessus. Elle ne peut les apercevoir qu’un instant, mais les marques au cou des victimes lui font penser à un étranglement de Force. Un frisson parcourt son dos. Lyzs ne veut pas sauter trop vite aux conclusions, mais elle sent qu’elle s’approche de quelque chose de concret.

                Une fois encore, son regard manque de partir au loin : un bocal apparaît et son contenu n’a rien de ragoutant. L’analyse que lui délivre le lieutenant est elle-même assez répugnante et son ton détaché n’arrange rien à la chose. La générale hoche la tête pour signaler au séparatiste qu’il a toute son attention, même si ça lui arrache le cœur. Finalement, elle établit ce bilan : ça ne lui apporte pas vraiment plus d’informations pour la traque.
                Tout ce petit monde arrive au hangar. Le tumulte ambiant ne dérange pas la générale, mais il lui faut se rapprocher du lieutenant pour l’entendre plus nettement. L’oreille tendue, elle comprend que les séparatistes ont un témoin sous le bras. Apparemment, il serait dans l’incapacité de s’exprimer. On attendrait sur les talents de la générale pour en savoir plus. Elle tique en froissant les lèvres. Il y a bien une solution, mais si le malheureux finit comme le dernier en ayant fait les frais… ça ne plaira à personne.

                Le hangar s’ouvre vers l’extérieur. Le changement de température ne fait ni chaud ni froid à la générale qui est trop absorbée par son rôle. Elle jette un œil à l’espace avant de revenir à Tericarax qui se tient face à elle. Celui-ci enchaine et arrive enfin sur le plus important : la CSI a pris des mesures pour retrouver la piste des Sith. Ils suivent les empruntes thermiques laissées par leur passage… C’est une méthode intéressante mais plutôt incertaine lorsqu’il s’agit de retrouver des sensitifs. La générale en ferait bien la remarque, mais le lieutenant séparatiste n’a pas l’air de vouloir perdre de temps. Tant pis. Peut-être que cette technique portera ses fruits, après tout ? Elle monte dans la navette, ses deux gardes la suivent à reculons. Ils n’ont pas l’air menaçants, mais ils ont une procédure à suivre.

                A peine à bord du vaisseau, la générale ordonne de décoller en direction d’Utapau. Les coordonnées sont transmises au pilote. Une légère poussée ne surprend personne et l’engin quitte le croiseur pour filer dans l’espace. Seulement quelques secondes après le décollage, Lyzs explique la situation aux soldats. Déterminée, elle explique que les tous ceux présents à bord de cette navette vont opérer sur Utapau. Les autres iront sur Félucia. La sensation de se retrouver ainsi privés du seul véritable bastion républicain présent dans ce système noue l’estomac de certains de ces hommes. La générale les laisse digérer l’information dans le silence, mais quelqu’un y met fin. L’un de ses deux gardes du corps appuie sur son col pour déverrouiller son casque. Il le retire d’une main pour révéler son air alarmé. Ses cheveux blonds sont en bataille et ses yeux verts montrent que sa petite virée à l’intérieur du vaisseau séparatiste ne lui a rien inspiré de bon.


                — Générale, ça ne sent vraiment pas bon. Si je voulais piéger quelqu’un, c’est exactement comme ça que je m’y prendrais !

                Effectivement, sans le Venator dans les parages, la corde de sécurité se déchire. La générale sent bien que le jeune homme est en train d’inquiéter tout le monde et lui fait signe de se calmer. Il n'ajoute pas un mot et reprend une posture plus professionnelle.

                — La CSI n’aurait rien à y gagner... Mais je sais bien que c’est déroutant : c’est votre première mission en territoire étranger, mais ne vous laissez pas emporter par vos craintes.

                Elle s’adresse aux deux hommes l’ayant accompagné, mais aussi à deux autres gardes qui étaient restés dans la navette. Elle les désigne du regard avant de retourner sur le principal intéressé.

                — La configuration n’a rien de plaisant, mais les séparatistes ne sont pas nos ennemis. Concentrez-vous sur ce que vous avez devant vous. Pas sur le reste. Tout ira bien.

                *Tout ira bien...*

                Lyzs est apaisante, mais elle est peut-être celle qui a le plus besoin d’être rassurée. Elle se retire donc dans le compartiment avant de la navette en laissant les soldats méditer sur ses paroles. Une mince porte se ferme derrière elle. Ici, quelques sièges vides sont disposés de manière bien plus fantaisiste qu’à l’arrière. Elle se laisse tomber dans le premier qu’elle voit et, comme à son habitude, elle soupire longuement. Plus stressée que jamais, la petite générale cache son mince visage inquiet des deux mains. Elle essaie de se calmer, de se réconforter elle-même. Malheureusement, ce n’est qu’une petite pause avant de passer aux choses sérieuses. Moins incertaine cependant, elle n’en est plus à se demander si elle sera à la hauteur. Elle préfère se plaindre intérieurement : ça ne va pas être facile...

                Les minutes passent et se ressemblent. Bientôt, la navette va se poser. La générale devrait déjà avoir rejoint ses hommes. Soudainement, la petite porte d'ouvre. Le garde aux yeux vert se permet de rentrer et s’approche sans faire de bruit. Sa supérieure ne semble pas réagir. Il arrive alors à son niveau pour voir que ses yeux sont fermés. Elle n’a peut-être pas assez dormi ? Un bras sur chaque accoudoir, les jambes croisées, celle-ci reste immobile. Finalement, le jeune militaire se lance :


                — Générale ? Nous arrivons.

                — Je sais… répond-t-elle dans un soupir, sans même ouvrir les yeux.

                Un peu étonné, le jeune homme fait un pas en arrière. Elle était éveillée ? Il salue sans mot dire avant de se retirer. Même s’il sait qu’elle ne le voit pas, le frottement de son armure parle de lui-même. *Mince, alors. Elle était sûrement très concentrée...* Cet aspect mystique entourant la jeune femme le laisse un peu sur le carreau. Mais, en réalité, la générale elle-même ne sait plus si elle méditait ou si elle se reposait simplement les yeux…

                Quelques minutes plus tard, le vaisseau arrive à destination. Une fois encore, la générale se retrouve face à cette porte qui s’ouvre si lentement. Lyzs se laisse éblouir par la lumière naturelle avant de faire ses premiers pas sur le sol Utapaun. Les mains dans le dos, le menton levé, elle retrouve les troupes séparatistes comme prévu. Elle passe un temps à observer la plateforme sur laquelle ils ont atterrit avant de lever le nez pour voir le ciel encerclé de paroi rocheuses. Cet étrange paysage l’intrigue, mais son accueil lui aussi vaut le détour : beaucoup de droïde, mais aussi un groupe assez hétéroclite.

                En effet, l’unité du lieutenant est composée d’aliens aux gabarits très différents. Elle ne connaît pas l'espèce de certains d’entre eux et le plus imposant fait largement plus de deux mètres. Sa musculature, ses quatre yeux, ses quatre bras et ses longues dents pointues ne laissent aucun doute : ce n’est pas un tendre. Lyzs n’ose d’ailleurs pas l’observer trop longtemps : son regard se réfugie sur celui qui vient vers elle. Étrangement, d'ailleurs, ce n’est pas quelqu’un de cette unité si particulière qui s’avance, mais un droïde B1. Suivant son petit protocole, celui-ci accueille la générale et l’invite à le suivre. Il lui annonce alors l’arrivée imminente du lieutenant Tericarax…
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                  Post n°9
                  Auteur : Tericarax

                  Le vaisseau républicain vrombit. Ses réacteurs bleuissent, une soudaine poussée provoque une vague de chaleur qui s'oppose au temporaire froid en bordure de hangar. Enfin, la navette se soulève du sol, son immense masse d'acier oscille en l'air, son mouvement s'accompagne d'un assourdissant hurlement de moteurs ; avec une nouvelle poussée, elle quitte le hangar et rejoint l'espace. Le lieutenant la suit un instant des yeux. Une idée traverse son esprit – fugitive. Il pourrait ici et maintenant ordonner de tirer sur cette navette, faire voler en éclats infimes tous les membres à son bord. Cela ne réclamerait guère qu'un ordre, qu'une commande, qu'une inflexion de sa voix de fer, et cette frêle embarcation, cette mince canette d'acier serait réduite en cendres et tous ses occupants avec. De si frêles existences, envolées en un battement de cil... Avec la flotte en orbite de Utapau, un feu coordonné de tous les croiseurs séparatistes pourrait réduire à néant le mastodonte que la République a amené avec elle. L'on pourrait alors maquiller ceci en accident. Maquiller habilement l'épave, faire passer ceci pour un problème lors de la sortie d'hyper espace. Une surcharge du module hyperdrive par exemple – et une évidente réaction en chaîne. De si fragiles vies...
                  Il sort son datapad, l'allume. Le visage d'un neimoidien se projette ; le capitaine du Pacifique. Ses yeux le fixent, sous les traits étirés et plissés caractéristiques de ceux de son espèce. Il esquisse un salut de la tête, en forme de respect à celui qui en temps normal serait son inférieur hiérarchique mais qui, pour une raison qui le dépasse, est actuellement aux commandes d'une flotte entière et d'une opération à échelle planétaire.


                  - Capitaine, votre second accompagnera les troupes républicaines sur le monde de Félucia. Vous lui indiquerez de guider l'équipage républicain à travers nos routes hyperspatiales.

                  Le maître du vaisseau fait la moue mais n'explicite pas ses pensées, probablement par égard à Cinder, qui a mis Tericarax en charge de l'intervention militaire. Après un poli « À vos ordres », l'image s'estompe. Le cyborg en est déjà à contacter une autre fréquence, ses doigts squelettiques tapotent sur le datapad les codes d'authentification. Appel lancé. Une seconde passe. Deux secondes. Il n'a plus une seconde à gaspiller. Tandis que l'appel continue à émettre sans recevoir de réponse, le lieutenant se met en branle ; un pas, puis un autre, le voici qui avance. Le pont-entrepôt est loin d'être désert ; droïdes mécaniciens, chasseurs tri-vautours, portes-charges, transporteurs, le lieutenant zigzague d'un modèle à l'autre. On s'écarte sur son passage, on se répand en politesses dans le basic – cette langue que seuls les cybernétiques et les droïdes protocolaires parlent parfaitement.

                  Enfin une image apparaît. C'est un droïde OMM, dont l'image tremblote. La mémoire de Tericarax cherche le chiffre qui lui est associé, le matricule qu'il avait annoncé il y a de cela une heure.

                  - Droïde OOM-0679. Ici le lieutenant Tericarax. Faites passer au capitaine Wanhauer que des renforts de la République arriveront en orbite de Félucia. Elles emploieront nos routes hyperspatiales, le trajet estimé est d'environ 10 heures de voyage. (Il s'interrompt pour tousser, un glaire se forme dans son œsophage, qu'il exhorte avec difficulté). Le cadavre de l'unité Iroey a-t-il été trouvé ? Réclame le cyborg.

                  /- Code 40-78 – Informations autorisées. / Négatif lieutenant./ Le corps n'a pas été trouvé./

                  - Informez également le capitaine Wanhauer que l'unité Iroey constituait un ancien projet de recherche séparatiste. Retrouver ce dernier permettra de collecter des données non négligeables dans l'optique d'éventuels futurs projets anti-sensitifs.

                  /- Voulez-vous que je lui transmettre votre demande pour sauver l'unité Iroey ?/

                  - Ce n'est pas un sauvetage. C'est un recyclage. Si le sergent a été détruit comme vous l'indiquez, il n'aura plus l'usage de son corps – quoi qu'il puisse en rester.


                  /- Vos requêtes seront transmises au capitaine Wanhauer dans les plus brefs délais./

                  Le cyborg hoche de la tête en signe d'affirmation, puis interrompt la communication. Devant lui, deux petits droïdes DUM se chamaillent une clé à molette. Les deux petits automates aux têtes en forme de champignon tiennent tous deux l'outil, tirent de leur côté pour espérer l'arracher à l'autre en émettant des « bzzzzz » furieux de consternation. L'un d'eux, tout en tirant, détourne le regard, aperçoit soudain Tericarax. Surpris, il lâche l'objet de ses désirs. L'autre petit robot chute en arrière, privé soudain de contrepoids à la force qu'il exerce en arrière. Après un petit choc, il se relève et détale, clé à molette entre ses mains de laiton. Le DUM restant fixe d'un air apeuré le lieutenant. Son œil de cyclope, coincé dans cette grossière tête ovale qui rend les droïdes mécaniciens de son genre si reconnaissables, dézoome et rezoome sur le Kaleesh.

                  Mais la scène atypique n'a déjà plus la curiosité du scientifique. Juste au-delà du DUM se dresse fièrement un grand véhicule, un vaisseau au fuselage encombrant et agressif. Les ailes forment une allure de dent avec le nez. Les doubles-réacteurs sous ces dernières s'intègrent à un ensemble affiné, agile. Le cockpit arrière se découpe en une baie vitrée complète. La main droite du cyborg se pose sur la carlingue de métal – aux couleurs d'un métal gris et de quelques pièces beiges, ô combien équivoques à l'armure de son propriétaire, Tericarax. Le chasseur Belbullab est fin prêt pour rejoindre à nouveau Utapau.


                  ***

                  Le B1 marche à une cadence rigoureuse – métronomiquement lente à cause de ses articulations en cruel manque de souplesse et de flexibilité, guidant dans les rues de Pau-city la générale républicaine et ses troupes. L'escorte séparatiste encadre les gardes, à une distance suffisante pour ne pas se montrer oppressante. Sitôt la baie d'atterrissage quittée, on débarque dans les galeries typiques de Utapau ; sous la surface de la planète sont creusés des passages extrêmement larges, qui sont en réalité les lieux de résidence de la population intelligente. Dans ces immenses couloirs creusés par des siècles, des millénaires d'excavation fleurissent des bâtiments rondelets, ovales ici, circulaires là. L'architecture Pau'an a un charme unique ; les habitations lavallières s'ornent bien souvent de loupiotes, qui projettent un éclairage citrouille. Caractéristique de ce niveau de la cité, le couloir où le groupe progresse – de deux cent mètres aisément de diamètre – est taillé dans une roche ocre. L'on a aménagé avec soin un large sol d'acier, par plaques, un luxe dont les niveaux inférieurs ne bénéficient sans doute pas ; c'est une zone aisée, privilégiée. Les bâtiments sont soignés et bien entretenus, et plusieurs cavités à même le plafond permettent de laisser filtrer la lumière solaire.

                  Mais dans ce quartier – probablement d'affaires – nul signe de vie ; aucun Pau'an ni Utai ne se montre. En seuls habitants, des cohortes de droïdes, qui arpentent les rues au pas de l'oie, bataillon après bataillon. La garde républicaine progresse comme au milieu d'un territoire sous occupation. Le B1 s'arrête enfin devant un grand immeuble circulaire ; le porche est une arche obèse, le bâtiment semble posséder des bourrelets de part l'agencement de ses murs.


                  /- Point de rendez-vous atteint./ Heure d'arrivée : 14h12./ , dit-il pour confirmer l'exécution correcte ses instructions.

                  De la rue, on peut apercevoir le grand gouffre, autour duquel s'enroulent les différents niveaux de Pau-city, telle une spirale à étages. Du gouffre provient un vent chaud, porteur d'un fin sable amburn, un sirocco local et intermittent. La garde séparatiste reste silencieuse, méfiante de ces républicains et de leur arrivée impromptue ici. Plusieurs minutes s'écoulent ainsi, dans une ambiance froide malgré un climat estival tout à fait charmant.

                  Alors apparaît au bout de la rue la figure unique du lieutenant. Plus rapide et plus svelte que le B1, il ne lui faut guère longtemps pour traverser l'entièreté de la rue et rejoindre les troupes tant républicaines que séparatistes. Ceux sous son commandement redressent le dos, enflent le torse et se mettent fièrement au garde-à-vous. Tericarax, lui, promène son regard reptilien sur les forces de la garde.

                  Une dizaine d'individus en incluant la générale, eh ? Ce n'est pas énorme...Mais il vaut mieux parfois préférer des cellules d'intervention restreintes à des effectifs démesurément élevés ; la qualité contre la quantité. Avec une lourde respiration, le cyborg entame, d'une voix si froide que la température semblerait presque baisser de quelques degrés :


                  - Bienvenue sur Utapau... Générale, je préconise que vous dispersiez vos hommes sur les différentes équipes actuellement à l'oeuvre. La patrouille des rues peut-être laissée au soin des B1, mais l'étude des traces et des données sera plus efficace si vos troupes participent. Deux de mes hommes sont en pleine reconstitution des données de surveillance. (Il se tourne et désigne de sa griffe un immeuble encadré de droides de combat) Le lieu de l'attaque est le bâtiment là-bas, encerclé par les escouades. Je vous l'ai expliqué, une équipe travaille sur l'analyse des empreintes thermiques. Pour ne pas polluer la piste inutilement, un périmètre a été établi – par une estimation probabiliste des chemins possibles employés par nos fugitifs – où les piétons ne peuvent circuler. Ainsi, les empreintes ne seront pas noyées sous d'autres signatures calorifiques.
                  Vous et moi, générale, irons parler avec Tarun Blaum
                  .

                  Les iris d'or du personnage passent sur tant ses propres troupes que sur les soldats républicains.


                  - Seuls, précise-t-il.
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