Bonadan
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Post n°1
Auteur : Zaden KryosSpoiler : HRP : Bonadan
Le tunnel bleu de l'hyperespace enveloppait le yacht Starwind. Dans le cockpit, Lorrik surveillait ses instruments d'un œil expert, ses doigts sur les commandes. Le pilote corellien tendit la main vers le panneau de contrôle environnemental, cherchant à ajuster la température de la cabine. Son doigt se posa sur ce qu'il pensait être le régulateur thermique, mais un "bip" familier retentit, suivi d'un bruit de percolation caractéristique.
- Par tous les diables...marmonna-t-il en secouant la tête.
L'arôme du caf fraîchement préparé se répandit dans le cockpit, témoignage silencieux du travail "consciencieux" des mécaniciens de Kane. Lorrik ne put s'empêcher d'esquisser un sourire ironique. Au moins, cette fois-ci, l'erreur de câblage avait des avantages tangibles.
- Eh bien, autant en profiter, se dit-il en attrapant une tasse.
Dans le salon principal, Devron Kane observait le flux hyperspatial à travers la baie vitrée, son esprit déjà tourné vers la tâche qui l'attendait sur Bonadan. Alec, installé face à lui, vérifiant une dernière fois les documents nécessaires à leur mission.
- Monsieur,dit finalement l'assistant en levant les yeux de son écran,puis-je me permettre de vous demander pourquoi nous nous rendons spécifiquement auprès de Lee Sung'min ? Nos archives indiquent que vos derniers échanges avec lui remontent à... plusieurs années.
Devron détourna son regard de l'hyperespace, ses traits se durcissant imperceptiblement. Le nom de Sung'min évoquait des souvenirs qu'il aurait préféré laisser ensevelis dans les méandres du passé, mais les circonstances actuelles ne lui laissaient guère le choix.
- Lee Sung'min et moi avons été... proches, autrefois,répondit-il d'une voix nostalgique. Nous avons étudié ensemble à la Haute École d'Administration de Kuat City. Un homme brillant, ambitieux, qui partageait ma vision des affaires et de la politique. Nous étions destinés à de grandes choses, ensemble.
Il marqua une pause, entremêlant ses doigts.
- Mais les chemins de la fortune sont rarement linéaires, Alec. Et parfois, pour saisir certaines opportunités, il faut faire des choix... difficiles.
L'assistant hocha la tête, comprenant qu'il touchait là à un sujet sensible. Devron poursuivit, son regard se perdant de nouveau dans les profondeurs de l'hyperespace.
- Il y a neuf ans de cela, avant que tu ne nous rejoignes, Kane Corporation traversait une période délicate. Nos concurrents nous talonnaient, et j'avais besoin d'un avantage décisif pour maintenir notre position sur le marché. C'est à cette époque que j'ai eu connaissance de l'existence d'un artéfact... particulier. Un objet d'une valeur inestimable, tant sur le plan historique que stratégique.
Devron se souvenait encore de ce jour où les premiers indices sur l'existence de cette relique Sith lui étaient parvenus. Un objet disposant d’un pouvoir capable de plier les volontés les plus fortes de ceux qui se trouvaient à proximité. Pour un homme d'affaires avisé comme lui, une telle découverte représentait un atout incomparable dans le monde impitoyable des corporations galactiques.
- Lee était au courant de mes recherches,continua-t-il. Nous étions associés dans plusieurs ventures à l'époque, et sa position naissante au sein du Direx de l'ASC nous était mutuellement bénéfique. Mais quand l'opportunité de récupérer cet artéfact s'est présentée, un problème s’est posé, son fils était alors directeur d’un musée sur Bonadan et avait fait transférer cette relique depuis l’espace Hutt. Ce dernier en parla alors que j’étais venu chez eux pour voir son père et j’ai utilisé cette information à mon avantage, c’est ainsi que je suis parvenu à mettre la main sur cet artefact.
La vérité était plus complexe et plus sombre que ce que Devron laissait entendre. L'acquisition de sa première relique Sith avait nécessité des manœuvres politiques et financières d'une complexité redoutable. Lee Sung'min, alors en pleine ascension au sein de l'Autorité du Secteur Corporatif, avait été expliqué à Devron qu’une telle manœuvre était risqué. Devron avait utilisé leur amitié et les informations confidentielles que le fils de Lee lui avait confiées pour orchestrer un vol qui serait néfaste à ce dernier, mais aussi de compromettre gravement la position de son ancien ami au sein du Direx. C’est d’ailleurs à cause de cette histoire que le fils de ce dernier s’était retrouvé en prison pour corruption pendant 3 ans, la faute lui étant retombé dessus inévitablement, car il était le seul au courant de l’itinéraire du convoi.
- Je vois, murmura Alec, qui commençait à saisir les implications de cette révélation.
- Lee a découvert ma... manœuvre quelques mois plus tard. Notre dernière conversation a été... orageuse. Depuis, nous n'avons pas échangé. Mais aujourd'hui, j'ai besoin de son expertise et de sa position au sein de l'ASC…Je n’ai aucune idée de comment il réagira.
Le droïde protocolaire 4-PO, qui était resté silencieux jusqu'alors, choisit ce moment pour intervenir de sa voix haut perchée :
- Oh, monsieur Kane, si je puis me permettre, les retrouvailles avec d'anciens associés peuvent être si enrichissantes ! La diplomatie inter-personnelle est l'un de mes domaines de prédilection, et je serais ravi de...
- Tu te tairas sauf si on te demande de traduire, coupa sèchement Devron.
Le Nikto, toujours debout à l'arrière du salon, laissa échapper un grognement qui aurait pu passer pour un rire étouffé.
Trois heures plus tard, une alarme douce retentit dans les haut-parleurs du yacht.Sortie d'hyperespace dans soixante secondes. Tous les passagers, veuillez regagner vos places.
Lorrik activa les séquences de sortie. Le tunnel hyperspatial commença à se rétrécir, les filaments de lumière se condensant progressivement jusqu'à redevenir les points lumineux familiers des étoiles.
Le Starwind émergea de l'hyperespace avec la grâce d'un cygne se posant sur un lac. Devant eux s'étendait le système de Bonadan, dominé par la planète industrielle qui portait le même nom. Bonadan apparaissait comme une sphère brunâtre marquée par des cicatrices géologiques, ses continents striés de complexes industriels de bureaux et d’important complexe corporatif.
- Contrôle orbital de Bonadan, veuillez-vous identifier et déclarer vos intentions, grésilla une voix dans les haut-parleurs.
Lorrik activa le canal de communication.
- Contrôle orbital, ici le yacht privé Starwind, immatriculation Kuati KNK-7745. Nous transportons le notable Devron Kane de Kane Corporation pour affaires officielles au sein du Secteur Corporatif. Nous demandons l'autorisation d'approche et d'atterrissage au spatioport principal.
Un silence de quelques secondes s'ensuivit, le temps que les ordinateurs du contrôle orbital vérifient les accréditations diplomatiques du vaisseau.
- Starwind, autorisation accordée. Suivez le couloir d'approche vers le secteur d'atterrissage 1-A. Bienvenue dans le Secteur Corporatif.
- Reçu, contrôle. Je coupe la communication.
La descente vers Bonadan révéla peu à peu l'ampleur de l'industrialisation de la planète. Des complexes s'étendaient sur des centaines de kilomètres carrés, reliés par un réseau dense de voies de transport. Les villes ressemblaient davantage à des agglomérations fonctionnelles qu'à des centres urbains traditionnels, leurs bâtiments disposés selon une logique purement utilitaire.
Le spatioport principal de Bonadan était à l'image de la planète, efficace, sans fioritures, conçu pour traiter le maximum de trafic avec le minimum de temps mort. Des centaines de vaisseaux de toutes tailles évoluaient dans un ballet orchestré par les contrôleurs aériens, des cargos massifs aux élégants yachts privés comme le Starwind.
Le yacht se posa en douceur sur la plateforme d'atterrissage qui lui avait été assignée, ses répulseurs soulevant un nuage de poussière industrielle. Lorrik effectua les vérifications post-atterrissage avec le professionnalisme qui le caractérisait, tandis que ses passagers se préparaient à débarquer.
Devron ajusta sa tunique et son manteau, vérifiant que ses broches familiales étaient bien en place. L'image qu'il projetterait dans les prochaines heures serait cruciale pour le succès de sa mission.
- Lorrik,annonça-t-il, vous restez avec le vaisseau. Assurez-vous que tout soit prêt pour un décollage rapide si nécessaire. Et... essayez de faire réparer cette histoire de cafetière quand nous serons partis.
Le pilote corellien leva le pouce sans se retourner.
- Compris, patron. Je vais voir si je peux trouver un technicien qui sait faire la différence entre un percolateur et un stabilisateur...
Alec rassembla ses documents dans sa mallette, le droïde protocolaire effectua un dernier diagnostic de ses systèmes, et le garde Nikto vérifia discrètement ses armes. Le petit groupe se dirigea vers la sortie du yacht.
Le spatioport débordait d'activité. Des ouvriers en combinaisons de travail crasseuses côtoyaient des hommes d'affaires en costumes austères, tandis que des droïdes de toutes sortes s'affairaient au chargement et au déchargement des cargaisons. L'architecture fonctionnelle des bâtiments reflétait parfaitement l'esprit du Secteur Corporatif : l'efficacité.
Ils prirent un speeder-taxi, un véhicule rectangulaire aux lignes industrielles qui contrastait fortement avec l'élégance du Starwind. Le conducteur, un Rodien, les accueillit avec l'enthousiasme morne caractéristique de ceux qui passent leurs journées dans les embouteillages urbains.
- Où qu'vous allez ?grogna-t-il dans un Basic approximatif.
- Tour Direx CNK, secteur administratif central,répondit Alec en s'installant à côté de Devron.
Le trajet à travers Bonadan offrit un spectacle saisissant de l'industrialisation poussée à l'extrême. Les rues grouillaient de véhicules utilitaires, de transports de marchandises et d'ouvriers se rendant aux usines pour les équipes de rotation continue. Les bâtiments s'élevaient sans recherche esthétique particulière, leurs façades grises ou brunes ponctuées de fenêtres standardisées et de conduits d'aération.
Malgré cette apparente monotonie, Bonadan dégageait une énergie particulière. C'était le pouls de l'industrie de l’ASC, le cœur battant d'un système économique qui alimentait des centaines de mondes.
Le secteur administratif central contrastait avec le reste de la planète par un effort architectural plus marqué. Les tours du Direx et des principales corporations s'élevaient comme des monolithes de verre et d'acier, les rues plus propres, les ouvriers avait disparu pour laisser place aux ingénieurs d’affaire et responsables C'était ici que se prenaient les décisions qui affectaient l'économie de toute l’autorité corporatiste.
Le speeder-taxi les déposa devant l'imposante Tour CNK qui abritait le réprésentant de la CNK auprès du Direx. Le logo de l'Autorité du Secteur Corporatif dominait l'entrée principale avec celui de la CNK, gravé dans un alliage noble.
Devron paya le chauffeur Rodien et observa un moment l'édifice qui l'attendait. Quelque part, dans les étages supérieurs de cette tour, Lee Sung'min dirigeait les opérations de la CNK au sein du Direx. Leur confrontation après neuf années de silence promettait d'être... intéressante.
- Monsieur,murmura Alec, êtes-vous certain que cette approche soit la plus appropriée ? Peut-être devrions-nous commencer par un contact préliminaire, une communication officielle...
- Non, répondit fermement Devron. Lee me connaît suffisamment pour savoir que si je me déplace en personne jusqu'ici, c'est que l'affaire est d'importance. Il acceptera de me recevoir, ne serait-ce que par curiosité... ou pour le plaisir de me voir dans une position de demandeur.
Le hall d'accueil de la tour impressionnait par ses dimensions et sa sobriété. Le plafond s'élevait sur trois étages, soutenu par des piliers de marbre. Des hologrammes flottants affichaient en temps réel les indices boursiers des secteurs corporatifs
Devron se dirigea vers le bureau de réception central, ses pas résonnant sur le sol de marbre poli. La réceptionniste, une femme d'âge mûr aux cheveux gris impeccablement coiffés, leva les yeux de son écran avec le sourire professionnel de ceux qui ont l'habitude de traiter avec les personnalités importantes.
- Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
- Devron Kane, de Kane Corporation,répondit-il en tendant sa carte d'identificationdiplomatique.Je souhaiterais rencontrer Lee Sung'min, directeur des opérations CNK au sein du Direx.
La réceptionniste examina la carte avec attention, ses yeux s'écarquillant légèrement en reconnaissant les accréditations officielles les plus haute procuré par Kuat.
- Un moment, monsieur Kane. Je vais vérifier si Monsieur Sung'min est disponible.
Elle activa son communicateur interne et parla à voix basse, échangeant quelques phrases rapides. Devron distinguait les mots "Kane Corporation", "urgent" et "personnellement".
- Monsieur Kane, dit-elle finalement en se tournant vers lui, Monsieur Sung'min va vous recevoir. Cependant, il termine actuellement une réunion importante. Accepteriez-vous de patienter quelques minutes dans le salon VIP ?
- Naturellement.
La réceptionniste fit un signe discret à un droïde d'accueil qui s'approcha aussitôt.
- R7-K4 va vous conduire au salon d'attente. Puis-je vous offrir des rafraîchissements ?
- Du caf corellien, si vous en avez. Et la même chose pour mon assistant.
- Bien sûr, monsieur. Cela ne prendra qu'un instant.
Le petit groupe suivit le droïde à travers des couloirs jusqu'à un salon luxueusement aménagé. De larges baies vitrées offraient une vue panoramique sur la ville industrielle de Bonadan, tandis que des fauteuils en cuir invitaient à la détente. Devron s'installa près de la fenêtre, observant l'activité incessante de la planète en contrebas.
Dans quelques minutes, il reverrait Lee Sung'min pour la première fois depuis leur rupture. Le notable Kuati but une gorgée de son caf, savourant ce moment de calme avant la tempête qui s'annonçait. -
Post n°2
Auteur : Wyrim Oshindara
Bonadan – Spire 7 – Noyau exécutif de l’ASC
Journal de bord confidentiel – Directeur Lee Sung’min
06h45 – Atterrissage privé sur la Spire
La navette exécutive modèle Skye-III glisse entre les gratte-ciels de Bonadan, bravant la circulation orbitale avec l’autorisation prioritaire accordée uniquement aux membres du Direx. Elle se pose sur la plateforme suspendue du niveau 138. Le sol en titane résonne sous les pas silencieux de Lee Sung’min.
Costume noir taillé au laser. Mallette scellée au poignet. Aucune escorte.
Il est le premier à entrer. Il sera le dernier à sortir.
07h10 – Briefing confidentiel avec la Division SecurInvest
Une salle sans fenêtres. Trois analystes, une IA comportementale et le sous-directeur Ser Kalvoss présentent les alertes du jour :
• Fusion secrète entre deux conglomérats liés à la Triade de Muunilinst.
• Sabotages électroniques sur les docks de Teezhar 2.
• Fuite possible vers la Bordure Extérieure d’un fichier classifié sur les routes fiscales.
Lee ne commente pas pendant vingt minutes. Puis :
« Teezhar 2 : zone grise immédiate. Exportations suspendues. Les superviseurs sont responsables par définition. Quatorze arrestations. Concernant la fusion : activez la cellule fiscale d’opposition. Étouffez-les par conformité. »
Kalvoss acquiesce en silence, la main tremblante.
08h30 – Conseil sectoriel “Sphère 4D”
La grande salle du secteur fiscal est saturée de lumière holographique. Autour de la table, les puissants de Muunilinst, Neimoidia, Bonadan, Kuat.
Les représentants veulent renégocier les taxes douanières. Lee les laisse parler. Puis tranche :
« Ce que vous proposez, c’est le chaos codifié. Je préfère un monopole propre. »
Il signe le décret S4D-AX3. Aucun mot. Aucun vote.
Il ne propose pas. Il décide.
10h00 – Rencontre avec Incom/Bonadan
Deux cadres supérieurs présentent un prototype moteur à potentiel militaire. Lee analyse les données silencieusement.
« Vous violez la clause IX des accords Denarii. La certification est refusée. Et une enquête sur vos brevets est ouverte. Vous pouvez disposer. »
Ils ressortent décomposés. Dans le hall, l’un d’eux dit à voix basse :
« Il vous regarde comme s’il connaissait déjà l’enquête. Et son verdict. »
11h50 – Transmission “Liens Obliques”
Des signaux diplomatiques sont détectés en Ceinture Bothane. Lee prend note.
« Laissez-les parler. C’est en parlant qu’on les pend. »
12h20 – Déjeuner au Dôme Vert
Dans le jardin suspendu de la spire, Lee déjeune en silence avec sa cheffe de cabinet, Sarela Vonn. Elle suggère de rouvrir une zone franche sur Saleucami. Il repose sa fourchette.
« Les zones franches sont utiles là où nous ne régnons pas. Ce n’est pas le cas de Saleucami. Refusé. »
13h30 – Diplomatie discrète avec la Maison Vandron
Une représentante noble exige l’abandon d’un dossier judiciaire. Lee écoute. Puis :
« Votre associé a triché. Vous, non. Abandonnez-le. Offrez-moi le terminal de Yrad Vos. En échange, il disparaît. »
Elle cède. L’affaire est classée. Et oubliée.
14h45 – Préparation du Conseil
Seul dans son bureau, Lee révise les dossiers. Il annote un nom dans la marge d’un rapport :
“Trop intelligent. Surveillance passive.”
15h30 – Grand Conseil du Direx
Salle du Cœur Noyau. Quinze stratèges siègent autour d’un globe galactique. Le plan Radian prévoit un déploiement de satellites fiscaux sur les couloirs stratégiques.
Lee résume :
« Nous ne sécurisons pas nos routes. Nous étouffons les leurs. »
Une opposition s’élève. Il répond d’un ton si calme que le sang se glace :
« Centraliser n’est pas provoquer. Centraliser, c’est survivre. »
Les protestations s’éteignent. Une fois encore, le plan est approuvé.
16h17 – Signal : réception du niveau 104
Un discret vibreur au poignet. Lee consulte.
[Réception principale – Protocole classe III]
“Un visiteur non annoncé, Devron Kane. Ancien homme d’affaires Kuati. Motif : privé. Il affirme vous connaître. Ton respectueux. Installé en salle 17-B.”
Lee reste immobile. Un silence électrique plane dans son esprit.
Devron Kane. Le voleur d’artefact. Le père absent. Le bourreau masqué de son propre fils.
Il effleure son datapad, active une ligne directe.
« Merci. Vérification biométrique complète, spectrométrie ambiante active. Profil comportemental en temps réel. Et surtout… qu’on ne lui donne pas de l’eau. Demandez-lui ce qu’il souhaite boire. Exactement. Et qu’on le lui serve. »
Une pause. Puis il ajoute, si doucement qu’il en devient tranchant :
« Qu’il patiente. Un invité sans rendez-vous ne peut s’attendre à être prioritaire. Même les morts attendent leur tour. »
Il coupe.
Un conseiller tente de parler. Lee le regarde brièvement. Et conclut la séance :
« Le plan Radian est en place. Les projections sont claires. Merci pour votre discipline. Nous n’avons pas besoin d’accord, nous avons besoin d’efficacité. »
Il se lève. Récupère sa mallette.
Et, avant de franchir la porte secrète du couloir exécutif, dit calmement :
« Un fantôme a demandé audience. Il est temps de lui rappeler pourquoi il était préférable de rester mort. »
Salle 17-B – Spire 7 – Bonadan
17h09 – Rencontre
La salle est figée.
Pas de sons, pas de gestes.
Juste le battement invisible d’un silence qui attend.
Devron Kane est assis. Le caf corellien dans ses mains est tiède maintenant, intact. Il ne l’a pas touché. Son assistant reste droit, les yeux baissés, tendu.
La porte glisse.
Lee Sung’min entre.
Pas d’annonce.
Pas de garde.
Pas d’émotion.
Costume sombre, silhouette droite, il avance sans un mot jusqu’au centre de la pièce. Il ne s’assied pas. Ne serre pas la main. Ne cligne pas des yeux.
Il regarde Devron Kane. Longtemps.
Et puis, la voix tombe.
Lente. Calme. Sans appel.
« Tu es revenu. »
Il n’attend pas de réponse. Il ne veut pas de réponse.
« Neuf ans d’absence. Une disparition. Un artefact Sith dans la poche. Et un fils. Le mien. Lâché aux autorités sans un mot. »
Un pas.
Puis un autre.
Lee reste debout. Le regard toujours fixe.
« Trois ans d’incarcération. Torture. Isolement. Deux doigts broyés. Aucun avocat. Aucun appel. Tu étais déjà parti. Et moi… je l’ai regardé sombrer. Chaque jour. »
Sa voix ne tremble pas.
C’est justement ce qui glace.
« Il n’a jamais compris. Il attendait une lettre. Un message. Une raison. Il croyait encore que tu viendrais. Même tard. Même honteux. »
Lee baisse les yeux une fraction de seconde. Comme s’il regardait un souvenir sous ses pieds.
« Et puis il a arrêté d’attendre. »
Une pause.
Presque douce.
« Sa note disait : “J’ai essayé. Je vous jure que j’ai essayé. Je suis juste fatigué.” »
Il relève la tête.
« C’était il y a six ans. Depuis, j’ai enterré un fils. Tu, Devron… tu n’as enterré que ton courage. »
Le silence qui suit est tendu comme une corde.
Lee s’approche encore.
Juste assez pour que Devron le sente trop proche. Trop réel.
« Et aujourd’hui tu t’assois ici. Avec ton caf. Ton costume. Ton regard en quête de transaction. Tu ne viens pas me parler. Tu viens… marchander le droit d’exister encore. »
Un souffle.
« Mais je t’entends. Je te vois. Je reconnais ce que tu es. Tu n’es pas là pour t’excuser. Tu es là pour être reçu. Comme un homme encore digne. »
Lee secoue lentement la tête.
« Tu ne l’es pas. Tu ne le seras plus. »
Il recule d’un pas. Redresse les épaules.
« Je vais t’écouter, Devron. Parce que je suis poli. Mais ne te méprends pas. Tu es ici parce que je te le permets. Et chaque minute que tu restes en vie dans cette salle est un choix que je renouvelle. »
Il ne s’assoit toujours pas.
« Parle. Si tu oses. » -
Post n°3
Auteur : Zaden KryosLe silence qui suit les derniers mots de Lee est long et reste sans réponse un temps. Dans la salle 17-B, l’atmosphère a considérablement chavirai, chaque respiration devient audible, Alec retient presque son souffle pour ne pas être remarqué. Le garde Nikto, resté jusqu'alors immobile près de la porte, fait instinctivement un pas en avant, sa main poser discrètement sur la crosse de son blaster. Ses muscles se tendent, ses yeux reptiliens fixant Lee avec une intensité menaçante, doit-il réagir ? D'un geste désinvolte, presque nonchalant, Devron lève légèrement la main sans même se retourner.
- Du calme. Les retrouvailles entre vieux amis peuvent parfois être... passionnées.
Sa voix porte une pointe d'ironie amusée, comme s'il commentait une simple divergence d'opinion lors d'un dîner mondain. Le Nikto grogne sourdement puis recule d'un pas, croisant les bras. Alec, lui, reste pétrifié sur sa chaise, ses jointures blanchies tant il serre sa mallette.
Devron pose enfin sa tasse de caf, dont il n’a pris la moindre gorgée, sur la table basse, le léger tintement de la porcelaine contre le verre résonnant dans le silence. Il se lève avec une lenteur liée à son âge, ajustant sa tunique. Ses mouvements trahissent une élégance naturelle, celle d'un homme habitué aux échanges tendus, aux négociations, que ce soit avec des hommes d’affaires, des malfrats ou encore plus récemment des Sith.
Quand il relève finalement les yeux vers Lee, son expression a changé. Le masque du notable affable s'est évanoui, laissant place à quelque chose de plus dur, de plus authentique. Ses traits se sont durcis, et dans ses yeux brille une lueur qui rappelle qu'il n'est pas arrivé à la tête de Kane Corporation par hasard.
- Lee... commence-t-il d'une voix mesurée, presque douce. Tu as raison sur bien des points. J'ai fait des choix. Des choix difficiles, parfois terribles. Et oui, ton fils en a payé le prix. Je regrette de ne pas avoir été là, mais à aucun moment je n’aurais conçu qu’une telle chose puisse arriver à l’enfant d’un membre du Direx.
Il marque une pause, laissant ses mots porter leur poids dans l'air ventilé que seuls les hommes de statures avaient le luxe d’avoir dans leur bureau sur Bonadan.
- Mais ne prétends pas, mon vieil ami, que tes mains sont plus propres que les miennes. Combien de vies as-tu broyées pour grimper jusqu'au sommet du Direx ? Combien de familles ont été détruites par tes "décisions nécessaires" ? La différence entre nous, c'est que moi, je ne me drapais pas dans la vertu en le faisant. Et tout ces manigances que tu as commises pour le Direx n’ont-t-ils finalement servit à rien s’ils n’ont même pas été capables d’épargner ton fils ?
Sa voix reste calme, presque conversationnelle, mais chaque mot est choisi avec précision. Il fait un pas vers Lee, réduisant l'espace entre eux.
- Tu me reproches d'avoir utilisé notre amitié ? Soit. Mais rappelle-toi cette soirée sur Kuat, il y a douze ans, quand tu ne m’as pas laissé d’autre choix que d'intercéder auprès du Consortium Bancaire Kuati pour étouffer cette histoire de détournement de fonds. Qui s’est retrouvé à rendre des comptes à fut Victoria notre ancienne souveraine ? Tu sais très bien ce que j’ai risqué pour toi ce jour-là mais la différence c’est que je m’en suis sorti…voilà mon tort.
Devron laisse s'installer un silence lourd de sous-entendus. Autour d'eux, l'atmosphère semble s'épaissir. Même le son du discret système de ventilation paraît plus présent, plus oppressant.
- Je ne suis pas venu ici pour rouvrir de vieilles blessures, Lee. Je suis venu parce que nous avons tous les deux évolué. Tu es devenu l'un des hommes les plus puissants du Secteur Corporatif. Je ne pourrais jamais te racheter un fils et quoi que je fasse, je ne cherche pas le pardon, je sais que je ne l’obtiendrais pas. Mais je veux aller de l’avant et pour cela nous devons être deux.
Il ajuste sa manchette droite d'un geste inconscient, révélant brièvement la montre en aurodium qui orne son poignet puis recule d'un pas, croisant les mains dans le dos avec un naturel étudié. Son regard ne quitte pas celui de Lee.
- Ton bureau sera plus approprié pour ce genre de discussion, tu ne crois pas ? Loin des oreilles indiscrètes et des enregistrements de routine.
Il tourne légèrement la tête vers la baie vitrée, observant un instant les lumières de Bonadan qui commencent à scintiller dans le crépuscule. L’ASC bien qu’une force politique indépendante fût très certainement truffer d’agents dormant appertanant aussi bien à la République, L’impérium, la CSI ou encore même d’autre organisation aussi bien criminelle que légale. -
Post n°4
Auteur : Wyrim Oshindara
Salle 17-B — Spire 7 — Bonadan
️ 17h12
« Kuat... »
La voix de Lee, toujours calme, vient de rappeler la soirée sur Kuat.
Mais cette fois, elle change de température.
Il sort lentement un module de données. Son éclat noir reflète les lumières glacées de la salle.
Il le fait glisser sur la table, entre lui et Devron.
Puis il appuie. Juste une fois.
« Tu pensais m’avoir sauvé. C’est flatteur. C’est presque charmant. »
L’holo s’active. Une séquence figée apparaît : Devron Kane, jeune, tendu, dans une salle confidentielle sur Kuat.
Derrière lui, le logo discret du Consortium Bancaire Kuati.
Un second tapotement, et l’image se remplace par une série de transferts bancaires cryptés.
Des lignes de chiffres qui défilent comme une pluie d’aiguilles.
Lee commente, d’un ton glacial.
« Six virements, trois holdings-écrans, deux entités mortes, une cascade juridique parfaitement exécutée.
Le tout enregistré dans la demi-heure suivant ta prise de parole ce soir-là.
Les fonds ont transité par Rendili, puis Gizer… avant de se retrouver miraculeusement en surcapitalisation sur un compte sécurisé de Kane Corporation. »
Il s’approche. Lentement.
Il regarde Devron — non comme un égal, mais comme une erreur corrigée.
« Tu n’as jamais plaidé pour moi.
Tu as vendu ta pièce de théâtre devant la régente de Kuat pour camoufler ton propre pillage.
Et tu t’es servi de mon nom comme d’un pare-feu moral. »
Une nouvelle image s’ouvre : une carte thermique de Kuat, avec trois points rouges.
« Je t’ai laissé faire. Parce que tu étais prévisible.
Et parce que, à l’époque, je voulais savoir jusqu’où tu irais.
Tu n’as pas déçu. »
Il referme la projection d’un geste lent.
Puis ressort le module et le tient entre ses doigts.
« Ce module est inactif depuis neuf ans.
Il est scellé dans les archives du Direx sous un intitulé très simple :
‘DK-BACK’. »
Il s’approche encore. Cette fois, la voix se fait presque inaudible — mais chaque mot est une incision chirurgicale.
« Tu viens me voir, ici, aujourd’hui, pour quémander un futur.
Et tu joues cette carte… comme si elle allait m’adoucir. »
Il incline la tête, presque amusé.
« Je savais que tu allais parler de Kuat.
Je savais que tu t’accrocherais à cette illusion.
Et j’ai réactivé ce module à l’instant même où tu as franchi le seuil de la salle 17-B. »
Il dépose le module de nouveau sur la table, doucement, devant Devron.
Mais cette fois, l’écran s’éclaire d’un mot rouge :COPIE TRANSFÉRABLE – CONFIDENTIEL
« Si je l’envoie, tu es effacé. Pas ruiné. Pas humilié. Juste… banni.
Tes avoirs gelés. Tes accords rompus.
Tes associés te renieront avant le déjeuner. »
Lee recule.
Le silence, cette fois, n’est pas un vide.
C’est un avertissement.
Une corde tendue au-dessus d’un gouffre.
« Tu veux me traîner dans la boue ? Libre à toi.
Mais moi, Devron… je n’ai pas de squelette dans le placard.
Je garde leurs os. Rangés. Numérotés. Archivés. Et prêts à être exhumés. »
Salle 17-B — Spire 7 — Bonadan
️ 17h14
Devron Kane reste figé.
Le module “DK-BACK” repose sur la table comme une lame nue, posée entre deux survivants d’une guerre que l’un des deux croyait oubliée.
Mais Lee, lui, ne bouge pas.
Il observe, sans pitié.
Puis, avec une précision chirurgicale, il reprend :
« Ton problème, Devron, c’est de croire que tu peux encore négocier avec les ombres.
Mais ici… c’est moi qui éteins les lumières. »
Il tourne lentement autour de la table, laissant chaque pas résonner comme un compte à rebours silencieux.
« Tu es venu sans plan.
Avec un caf tiède, un costume usé, et un passé qui pue la corde de secours.
Tu pensais me faire flancher avec quelques phrases bien posées et une allusion à une dette morale ? »
Il s’arrête derrière le fauteuil de Kane, à quelques centimètres.
« Tu ne comprends pas. Je ne fonctionne plus sur la dette, mais sur le solde.
Et ton solde est négatif depuis neuf ans. »
Il contourne de nouveau la table et reprend sa position initiale, les mains croisées dans le dos.
« Tu veux une discussion ? Tu veux une chance ? Très bien.
Je suis un homme ouvert.
Mais le seuil de ma porte ne s’ouvre pas pour les souvenirs.
Il s’ouvre pour les actifs. »
Un mince sourire.
« Donne-moi quelque chose de précis, de mesurable.
Pas une anecdote, pas une larme.
Il me faut un levier stratégique.
Un accès restreint. Une part cachée d’un marché juteux.
Une information suffisamment rare pour déplacer un vote au Directoire.
Quelque chose d’incontournable… et de parfaitement exploitable. »
Il désigne la porte d’un léger mouvement du menton.
« Sinon tu peux rester ici, à boire ton caf,
et à regarder ce module…
jusqu’à ce que les agents de désactivation viennent t’accompagner dehors. »
Un silence final.
Ce n’est pas une menace.
C’est une procédure.
Et Devron Kane vient de comprendre qu’il ne parle pas à un homme.
Il parle à l’ASC en personne. -
Post n°5
Auteur : Zaden KryosLe silence s'étire comme un fil de rasoir.
Devron Kane observe le module "DK-BACK" qui clignote doucement sur la table. Ses épaules s'affaissent imperceptiblement. Pour la première fois depuis son entrée, le masque de l'homme d'affaires confiant se fissure.
- Tu as raison, Lee.
Sa voix porte maintenant une lassitude qui semble venir de très loin.
- Je suis venu les mains vides. Avec l'arrogance d'un homme qui pensait encore que les souvenirs pouvaient tenir lieu de monnaie d'échange.
Il se rassoit lentement, et quand il relève les yeux, quelque chose de vulnérable perce dans son regard.
- Tu veux savoir la vérité ? Je ne suis plus l'homme que j'étais. Kane Corporation... elle n'existe plus vraiment. Pas comme avant.
Un sourire amer effleure ses lèvres.
- Les neuf dernières années ont été... difficiles. J'ai perdu plus ma réputation. J'ai perdu mes illusions, mes certitudes et la plupart de mes alliés... il pose un regard dur sur Lee, ou mes rares amis.
Il passe une main fatiguée sur son visage.
- Ce que je peux t'offrir, ce n'est pas grand-chose comparé à ce que tu bâtis ici. Mais...
Il sort un petit datapad usé de sa poche, l'observe un instant avant de le poser sur la table.
- J'ai passé ces dernières années dans les marges. Avec des gens que nous méprisaient autrefois. Des contrebandiers, des informateurs, des... passeurs. Et j'ai appris des choses. Des petites choses.
Sa voix se fait plus basse, presque confidentielle.
- Les coordonnées d'un riche collectionneur d’antiquités, il a racheté une grande partie des oeuvres qui était exposé au musée que ton fils avait ouvert à l’époque.
Il hésite, puis continue.
- Ce n’est absolument rien je le sais, mais peut-être cela serait plus symbolique pour toi de les avoirs, et si c’est le cas, je m’occuperais de te les ammener moi même, quelque soit...le moyen.
Un autre silence. Devron regarde ses mains avant de relèvait les yeux vers Lee.
- Je ne suis plus le Devron Kane qui pouvait déplacer des milliards d'un claquement de doigts. Je suis juste... un vieil homme fatigué qui a commis trop d'erreurs et qui essaie de ne pas finir dans un caniveau sur une planète oubliée.
Il baisse la tête, ses mains tremblant légèrement.
- Ton fils... je pense à ce que j'aurais pu faire différemment. À ce que j'aurais dû faire. Mais je ne peux pas le ramener. Je ne peux même pas m'excuser correctement parce que les mots sont insuffisants face à ce genre de perte.
Un long silence. Puis, d'une voix presque inaudible,
- J'ai juste... j'ai juste besoin d'un endroit où exister encore un peu. Pas comme avant. Pas comme ton égal. Juste... quelque part où je ne serai pas complètement inutile avant de mourir.
Devron Kane, l'ancien géant de l'industrie kuati, vient de montrer ses dernières cartes. Et elles ne valent pas grand-chose. Mais dans cette vulnérabilité, dans cette acceptation de sa déchéance, il y a peut-être quelque chose qui ressemble à de l'authenticité.
Pour la première fois depuis neuf ans, qu’il n’avait plus vu son vieux camarade. -
Post n°6
Auteur : Wyrim Oshindara
Salle 17-B — Spire 7 — Bonadan
️ 17h17
Lee ne parle pas immédiatement.
Le module DK-BACK pulse doucement entre eux, comme un rappel du monde réel au milieu de cette confession.
Il ne bouge pas. Il ne sourit pas.
Ses yeux sont calmes — mais intransigeants. C’est peut-être là la pire réponse à offrir à un homme en ruines : l’absence de pitié.
Puis, il s’approche lentement. Une main se tend vers le datapad laissé par Kane. Il le prend sans un mot, le retourne, le soupèse.
Un silence glacial.
Puis enfin, la voix tombe. Tranchante, mais plus basse.
« Un collectionneur. Des pièces liées à mon fils. C’est ça que tu m’amènes ? »
Un temps. Il garde le datapad en main, mais ne le consulte pas encore.
« Ce n’est pas une monnaie, Devron. C’est un écho. Et les échos ne rachètent rien. »
Il pose le datapad sur le module DK-BACK. Le contraste est cruel.
« Mais les échos… peuvent avertir les vivants. »
Il fait volte-face.
Marche jusqu’à la paroi de verre de la salle. Regarde dehors. Puis :
« Tu veux encore exister ? Tu viens chercher un abri, alors que le toit que tu avais brûlé commence à te manquer. Tu es peut-être sincère, Devron. Je ne te le concède pas par faiblesse — mais parce que je n’ai pas besoin que tu mens pour être inutile. »
Il pivote à nouveau. Ses yeux sont deux lames de lecture.
« Il n’y a pas de place ici pour les fantômes. Mais peut-être… une utilité pour les vestiges. Tu sais circuler dans les ombres, tu sais mentir, écouter, survivre. »
Il s’approche à nouveau. Lentement.
« Alors prouve-le. Amène-moi ce collectionneur. Son nom. Son trafic. Sa chaîne d’approvisionnement. Je veux chaque intermédiaire, chaque faille. »
Il baisse légèrement le ton, presque un murmure.
« Et si l’un de ces objets vient du musée de mon fils, alors tu trouveras un moyen de le ramener. Pas pour moi. Pour le principe. Pour prouver que tu n’as pas terminé en imposteur. »
Un silence. Puis, plus net :
« Fais-le. Et peut-être que tu n’auras plus besoin de quémander ta place. Elle t’attendra. Pas à ma table. Mais quelque part… »
Il se redresse, les mains dans le dos.
Regarde Devron une dernière fois, froidement.
« …où les gens comme toi finissent utiles. » -
Post n°7
Auteur : Zaden KryosDevron reste immobile un long moment, absorbant chaque mot comme autant de coups portés avec précision. Le poids du regard de Lee, cette absence totale de compassion, lui rappelle pourquoi cet homme inspire autant de respect que de crainte. Chaque syllabe prononcée par Lee résonne en lui comme un verdict, froid et implacable.
Il sent ses mains trembler imperceptiblement. Non pas de peur, mais de cette tension qui naît quand on comprend que l'on se trouve à un carrefour. Une dernière chance. Peut-être la seule.
Il hoche lentement la tête. Une fois, puis deux fois.
— Je le ferai.
Sa voix est rauque, mais ferme. Il se redresse légèrement, retrouvant un semblant de contenance. Dans ce geste, quelque chose de l'ancien Devron refait surface, celui qui savait naviguer dans les eaux troubles, celui qui inspirait confiance même dans les situations les plus précaires.
— Pour ce collectionneur... il me faudra du temps... et des ressources.
Il marque une pause, réfléchit rapidement. Ses yeux se perdent un instant dans le vide, calculant, évaluant.
— J'ai quelques contacts dans les secteurs périphériques. Ils savent écouter aux bonnes portes, poser les bonnes questions sans faire de vagues. Le marché noir des antiquités militaires, c'est un écosystème fragile, mais pas imperméable. Il faut de la patience, de la finesse... et tout viendra.
Devron regarde le datapad posé sur le module DK-BACK, symbole cruel de cette transaction entre passé et présent. Le contraste lui serre la gorge. Puis il relève les yeux vers Lee. Il fait un pas en arrière, respectueux mais déterminé.
— Donne-moi deux semaines. Peut-être trois si des complications se posent.
Un temps. Il baisse légèrement la voix, presque confidentiel.
— Et s'il y a quelque chose à récupérer... je le récupérerai, et te l'apporterai en personne. Pas par intermédiaire, pas par message. En main propre.
Il reste là, debout dans cette salle baignée par la lueur du module DK-BACK, attendant. Prêt à partir sur un seul geste de Lee, mais espérant secrètement voir poindre dans ce regard glacial ne serait-ce qu'une once d'approbation. Ou du moins, l'absence de condamnation définitive.
