Loin des oreilles indiscrètes.
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Post n°1
Auteur : HivernusSpoiler : Spoiler
~ Moff Ashe ~
Précedemment.
La séance touche déjà à sa fin, à la grande surprise de la petite Moff. Une réunion qu'elle n'oublierait pas... Pour sa rapidité d'exécution et pour les nombreux éléments mis à sa connaissance. Ainsi donc, plusieurs séparatistes semblent favorables à l'Impérium... Mieux encore, certains semblent prêts à collaborer avec les impériaux, dont le lézard louche qui avait été le voisin de bureau de la délégation impériale.
Et finalement, le colonel Cinder semble céder du terrain et prend sa part de responsabilité. Il pose d'abord l'Impérium en incapable, puis en victime, et enfin en allié apprécié... Une manœuvre bien étrange pour un homme qui se montre implacable. Visiblement, en plus d'être efficace, l'homme semble être sournois. Il cache forcément quelque chose... Mais quoi donc ? La naine arpente silencieusement les couloirs, suivant à distance respectable l'officier séparatiste. Elle profite de la quiétude de l'endroit pour assembler ses pensées et les nouvelles informations à sa disposition en idées concrètes.
Puis soudain, une douleur vive vient marteler sa tête, et la dirigeante Boroskaise décide alors d'abandonner la réflexion pour quelque chose de moins... Fatiguant. Les couloirs du palais préfectoral se ressemblent, et sans la présence du colonel Cinder, nul doute que les impériaux se seraient déjà égarés. De nouvelles séries de statues défilent devant les passants. Les sculptures semblent poser un regard inquisiteur sur ces étrangers qui viennent troubler leur repos éternel. Un regard froid et dépourvu d'émotion qui, l'imagine Ashe, pourrait être celui du représentant du Consulat sous son masque. Un frisson s'empare doucement mais sûrement de l'ensemble de son corps. L'atmosphère semble se refroidir de seconde en seconde, et l'air climatisé n'y est pour rien. La petite femme passe une main sur son front et dégage sa frange pour venir tamponner la peau dégoulinante de sueur avec un mouchoir délicat.
- Et bien Colonel Teradoc... Il semblerait que certains éléments soient à portée de main des séparatistes, mais ne me soient pas révélés. Qui est donc ce... Nash... Futh... Futhark ? Chuchote doucement Ashe à son voisin de marche afin de briser un silence bien trop pernicieux à son goût. J'imagine qu'il y a quelque d'intéressant chez lui pour que la CSI en vienne à mentionner son existence en plein milieu d'une réunion de crise... Avez-vous des informations à me donner à son sujet ?
Cette question est peut-être embarrassante pour le directeur du BSI, surtout s'il s'agit d'un de ses agents, mais la Moff n'en a que faire. De nombreuses questions restent en suspens, et elle a besoin de réponses pour mieux anticiper la suite des évènements. Si la Confédération des Systèmes Indépendants en vient à récompenser officiellement un impérial, ce n'est sûrement pas pour rien. Que projette-t-elle de faire avec ce mystérieux Nash Futhark ? Et cette histoire d'Ordre Sith revenu d'entre les morts... Voilà un autre point à éclaircir. L'aide du sous-préfet de Korribant pourrait s'avérer être un précieux atout dans cette traque des sensitifs... Oh oui. Sûrement. Il serait donc utile de s'intéresser à un moment ou à un autre à cette planète méconnue et probablement située dans le "trou du cul" de la galaxie.
La jeune femme plisse les yeux, et semble à nouveau perdue dans ses pensées. Et quand la réponse de Bauer lui parvient, elle ne bronche même pas, et n'écoute que d'une oreille distraite. Elle y réfléchirait plus tard. Le colonel Cinder disparaît à l'angle d'un carrefour, et la Boroskaise se précipite à sa suite, trottinant presque. Elle distingue finalement la silhouette du séparatiste, qui se dérobe à nouveau. Décidément ! Ce colonel a le don de lui taper sur les nerfs ! Non content de dissimuler son visage derrière un masque puant la mort, l'homme se fait désormais passer pour un fantôme, une ombre insaisissable. Voilà qui n'arrange en rien le portrait peu flatteur du militaire. Mais après tout, c'est peu être là une image qui lui sied à merveille. Elle-même utilisait la carte de la peur lorsque la situation l'exigeait.
Les pensées de la jeune femme se mélangent, partent dans tous les sens. Elle n'arrive pas à cerner le personnage, et cela la fait enrager ! Elle sert doucement ses poings, et son visage tourne au rouge. Et pour clore le portrait de naine capricieuse, les mâchoires sont serrées jusqu'à creuser son visage grossier.
C'est donc "légèrement" contrariée qu'elle s'engouffre dans la pièce à la suite du colonel Cinder. Il ne perd rien pour attendre celui-là... Elle en est sûre, il se joue d'eux ! Et il tire probablement un plaisir malsain de ce petit jeu du chat et de la souris.
Le salon en lui-même brille par sa sobriété étonnante. On est bien loin des fastueux ensembles que l'on retrouve un peu partout dans le palais. Visiblement, l'endroit semble conçu pour débriefer hommes politiques et militaires efficacement. Malgré les nombreux reproches qu'elle peut faire à la Confédération des Systèmes Indépendants, Ashe apprécie tout de même la volonté d'efficacité du régime. Si le débriefing se déroule aussi bien que la séance au sein de l'assemblée, et avec la même rapidité d'exécution... Et bien la Moff pourrait se tirer rapidement d'ici et songer à regagner des contrées bien plus avenantes à son égard. Elle s'enfonce dans un fauteuil qui fait face au colonel et entreprend de rectifier une énième fois le col de sa tenue militaire. Elle étouffe et il n'y a rien pour la désaltérer. Est-ce là encore un coup du séparatiste ? La dirigeante impériale ravale en silence ses rancunes. Elle en vient presque à regretter l'immense salle de l'assemblée séparatiste et ses nombreux droïdes protocolaires "attentionnés". Si les confédérés sont de piètres hôtes, leurs droïdes, eux, paraissent presque plus "humains" à côté.
La jeune femme se racle la gorge, comme pour attirer l'attention à elle, et échange un regard entendu au directeur du BSI sous couverture. En tant que "lieutenant-colonel des services de coordination des armées", mais aussi avec sa responsabilité au sein du Bureau de la Sécurité de l'Impérium, il aurait tout intérêt à retenir ce qu'il pourrait se dire entre ces murs...
Loin des oreilles indiscrètes, loin des intrigues politiques, se mettent parfois en place des plans bien plus machiavéliques. Des plans capables de changer le cours de l'histoire galactique... Capables de changer la destinée de milliers de personnes, voire même de millions...
Et c'est dans cette atmosphère tendue que la Moff semble impatiente de découvrir ce que leur réserve à nouveau le sombre et froid colonel Cinder... -
Post n°2
Auteur : Super PNJBureau de Sécurité Impérial
La réunion politique touchait donc à sa fin cette fois l'Impérium était mis à part et devrait continuer cette conversation à l'abri des oreilles des préfets et autres Politiciens a moins que cela ne soit l'inverse, et on ne voulait pas que les deux Impériaux en sache trop sur la real politique confédérée.
Le faux colonel commençait à s'interroger sur les motivations de ce Cinder...A l'écouter, cette attaque Sith n'était qu'un test grandeur nature organisé par la confédération elle même.
Mais un test qui coutait cher aux yeux de l'Impérial... Il y avait eu beaucoup de pertes, de sacrés dommages collatéraux même! Sans compter que les Confédérés en faisant appel à la République et à l'Impérium passaient pour un ramassis d'incapables surtout qu'au final, des adeptes du coté obscurs s'étaient échappées, des dignitaires du Clan Bancaire avaient été massacrés et la population civile aussi avait été victime des affrontements.Et tout ça pour quoi?
Pour tester les capacités guerrières de leur alliés et tester aussi la programmation de leur droids de combat?
Par contre Bauer aurait bien aimé savoir de quelle unité anti sensitifs , l'humanoide masqué parlait, ceux déployés sur Muunilist et Felucia ceux qui avaient eu de si bons résultats avec si peu de perte.
C'était sans doute une question que la grande Moff devrait lui poser directement.
Mais pour le moment la petite Impériale semblé pressé de quitter la salle de réception et d'avoir des renseignements sur l'officier cité par Cinder.
Évidemment le faux Teradoc n'avait pas le dossier du major Furthak sous les yeux , mais il en savait assez pour éclairer la lanterne d'Ashe.-Le major Furthark est un agent Chiss du Bureau de Sécurité Impérial, il a été déployé sur Mygeeto avec les commandos de l'Agence de Contre Terrorisme Universel, il a gravement été blessé et est convalescence en terre Impériale. Je ne vois pas vraiment pourquoi il a attiré l'attention de ce Cinder, mais dès notre retour, je demanderai une surveillance rapprochée sur lui.
Par contre , vous avez marqué un point en demandant de nouveau l'accès aux archives qui nous ont été dérobées lors de la bataille de Cathar, il serait bon aussi que le Bureau ait accès aux interrogatoires des prisonniers Sith particulièrement celui de Bens Malastare. Si vous pouviez aussi savoir comment les Csiens ont réussi a capturer ces adeptes du coté obscur.
Il va falloir trouver également une solution au problème des prisonniers Républicains, qu'ils soient gardés au secret par des unités d’élite. Il nous faut les cacher à l’extérieur de l'espace Impérial et surtout leur geôliers ne devront pas porter l'uniforme de l'Impérium, il vaut mieux que notre implication sur leur détention reste secrète.
Le directeur avait essayé d'utiliser au maximum le temps de traverser les couloirs du palais pour renseigner la petite Moff mais surtout pour l'orienter pour la suite de l'entretien avec ce colonel, il ne pouvait intervenir directement sous peine de griller sa propre couverture d'aide de camp c'était à la petite politicienne de jouer.Spoiler
" Seuls les morts ne parlent pas..." -
Post n°3
Auteur : Tericarax
Le colonel s'était assis de l'autre côté de la grande table. Il avait attendu que ses deux hôtes prennent place, s'était enfin assis en dernier. Depuis, la respiration artificielle de son scaphandre résonnait dans la salle. Baigné par la lumière qui entrait à grands flots dans la pièce par de multiples fenêtres, il avait croisé ses mains gantées devant son visage, visiblement pensif. Un reflet zébré tombait sur les deux orbites de verre de son masque, mais une ombre – celle de son chapeau d'officier – venait avec elle et s'avançait dans chaque recoin de son non-visage, accentuant chaque creux qui devenait un précipice, chaque plis qui devenait une montagne. Si sa respiration était égale et calme, ç'aurait été une erreur de croire le colonel d'humeur pacifique. La réunion n'avait été que l'apéritif, une mise en bouche tout au plus. Maintenant qu'il était seul à seul avec les dirigeants de l'Impérium, sans ces imbéciles de politiciens démagogues qui ne voyaient que leurs intérêts sans percevoir la plus grande Finalité de la Confédération, il n'avait plus qu'à les cuisiner à son loisir. À quelle sauce allait-il la manger cette moffe Ashe ? Devait-il la faire au bain-marie ? La faire mijoter peut-être, après avoir concassé en la poudre la plus fine qui soit son égo, sa fierté, ses ambitions ? La braiser dans la cruelle marmite confédérée ? Non, non, ce ne serait pas suffisant. À la broche, après l'avoir brûlée au bûcher peut-être ?
Il considéra une seconde la séquence. Il sortait son blaster, d'un tir faisait exploser le crâne de son garde, puis, sans sourciller, pointait à présent le canon encore fumant vers cette Ashe de l'Impérium. Alors, il lui rappelait l'autorité séparatiste et sa suprématie absolue et indiscutable sur eux, vers qui tentaient de s'élever plus haut que leur condition. Mais à nouveau, il révisa ses plans. Non, ce n'était pas pour une mise à mort qu'il avait fait venir ces deux invités de « marque » ici. Et ç'aurait été de toute façon une affreuse façon de procéder ; quel genre d'assassin laissait derrière lui des témoins ?
Le personnage décroisa les mains. Ses deux orbites vides se fixèrent sur la petite femme frêle et fine devant lui, de l'autre côté de la table. Il considéra à nouveau ses exigences. Elle réclamait qu'on rende à l'Impérium ses archives pour pouvoir reprendre la chasse aux Sith. Elle réclamait que l'Impérium gagne également la liberté d'intervenir où il le souhaitait militairement sans que la Confédération s'en mêle. Bientôt, elle demanderait des financements et des hommes pour mener à bien la traque, qui savait ? Ou bien encore des échanges technologiques, des plans d'armes, des prototypes, savoir comment on avait intercepté les Sith sur Muunilinst pour pouvoir appliquer la même stratégie de leur côté. Mais, plus que tout autre homme dans la Confédération, Lam Cinder avait bien conscience de l'importance des secrets. Ce n'était pas par ce que le monde connaissait de la Confédération mais par ce qu'il en ignorait qu'il la craignait et la respectait. Exposer tous ses secrets au soleil, révéler les fruits de longues et coûteuses recherches à l'Impérium, c'était commettre une irréparable erreur ; c'était tendre la main à un chien affamé tout en étant désarmé, c'était se mettre à sa hauteur et lui présenter son visage même, avec un grand sourire en attendant sa morsure. Un chien que la C.S.I avait rendu docile il y a peu, après l'avoir battu. Mais la peur n'engendrait pas l'affection. L'Impérium ployait l'échine face aux séparatistes car ils craignaient leurs courroux ; le chien baissait le regard et se recroquevillait dans un coin craignait les nouvelles battues de son maître, à la façon de ces rottweilers laissés à un propriétaire violent et cruel, de ces officiers en marinière qu'on croisait parfois dans les cantinas les plus décadentes de Nar Shaddaa.
Cinder le savait fort bien. Les vestiges de l'Empire brisé réclamaient qu'on leur ôte leur collier, car qui n'aspire pas à la liberté ? Quel est le premier réflexe de l'homme qu'on enchaîne, si ce n'est tenter de se libérer de ses entraves ? Mais la C.S.I n'avait pas qu'un visage, et même les pires rottweilers de la galaxie n'auraient osé la mordre ; même le plus féroce canin n'aurait levé les crocs contre une hydre !
Alors, Cinder avait révisé ses plans de nouveau. Car après tout, on avait déjà considéré ce que l'Impérium pourrait bien réclamer dans cette réunion ; serait-il venu, si ce n'était dans l'espoir d'obtenir sa juste récompense suite à son intervention aux côtés des confédérés sur Mygeeto ? Si rhétorique la réponse fut-elle, on avait donc pris des...Dispositions.
- Moffe Ashe, entama-t-il – et sa voix était plus aiguisée qu'une lame de rasoir, des équipes seront dépêchées dans les prochains jours pour vous transmettre les informations appropriées. Nous avons également déjà considéré les mondes potentiels d'intervention directe – où notre permission n'est pas requise.
Voici l'engagement que vous propose la Confédération...Si les termes venaient à ne pas vous convenir, il est évident qu'il faudrait...Tout rebâtir de zéro.
Les propos du colonel étaient obscurs ; parlait-il du contrat ou parlait-il de l'Impérium ? Sans laisser le temps à son interlocutrice de tirer la moindre conclusion, il poursuivit, de sa voix toujours si épineuse.
- Les termes sont simples. La Confédération vous autorise à vous défendre en cas d'attaque sur votre territoire, en premier lieu, et volera à votre secours si vous appelez à l'aide. Toute frappe qui se ferait contre un ennemi hors de votre territoire passera par nous au préalable. Cathar a assez démontré le manque de lucidité des dirigeants acculés. Et personne dans cette salle ne désire une deuxième opération de ce genre sur Cathar.
En d'autres termes, ma chère moffe, l'expansion par la conquête militaire n'est pas une option qui vous est offerte. La galaxie traverse une période de stabilité que nous n'avons pas connu depuis des années, et nous sommes déjà en guerre. En guerre contre l'ordre Sith. N'allez pas en déclencher une autre, même localisée ; les prochains mois avec la République seront tendus, mais il ne faut pas déclencher la tempête. Le consulat n'est pas exactement favorable à la guerre, même s'il prendra les mesures appropriées si la situation le demande. Si vous voulez conquérir les mondes, faites le par l'économie et la diplomatie...Car l'âge des conquêtes est temporairement derrière nous et il est bon de profiter de chaque moment d'accalmie.
Tout particulièrement pour traquer les Sith. À cet effet, moffe Ashe, nous avons en tête une opération. Et nous avons besoin de la participation de vos hommes pour qu'elle se déroule convenablement...Ayons une discussion à cœur ouvert si vous le permettez.
Cinder poussa en arrière le siège où il était assis puis se leva. Ses mouvements étaient mesurés, calmes. Il se dirigeait vers les fenêtres, mais son pas était prédateur, empli de cette sorte de grâce qui transpirait de la volonté du meurtre ; ses bottes semblaient ne faire aucun son sur le sol, comme s'il avait à présent souhaité masquer sa présence. Après avoir comme jeté un œil au dehors – mais son regard ne quittait en réalité pas ses deux interlocuteurs – il tira les stores, qui glissèrent dans une plainte de fer. Bientôt, le petit salon tomba dans l'obscurité la plus totale. Seules les inspirations artificielles de Son masque éclairaient le noir.
Le fantôme était maintenant dans son élément naturel, à l'aise comme un poisson dans l'eau. Il fit à nouveau quelques pas, et le son de ses bottes était à peine perceptible. Sa respiration sembla s'apaiser, comme si la nuit complète l'avait d'une façon ou d'une autre calmé plus encore. Mais était-ce la nuit ou les perspectives qu'elle offrait qui provoquait un tel changement ?
Le scaphandre devint muet. Ashe et son fidèle garde, plongés dans l'obscurité, nageaient dans une eau dont ils ignoraient tant la profondeur que la dangerosité.
Cinder retenait en effet sa respiration, comme tout égorgeur qui se respecte savait le faire. Il savait exactement ce que redoutaient les politiciens. Maintenant qu'il se rendait maître de leurs cœurs, par la peur pure et simple qu'une menace invisible engendrait, il se rendait maître de leurs tempéraments. Et avec, l'allégeance des troupes étaient gagnées. La moffe Ashe n'oublierait pas son nom. Elle se souviendrait du colonel Cinder, ça oui, un souvenir vivace imprimé au fer rouge dans sa mémoire. Maintenant que les troupes étaient prêtes à recevoir les ordres, trêve de chiffonnades. Il était temps.
Une brusque lumière s'alluma derrière Cinder ; un grand écran holographique de la galaxie. L'espace séparatiste et l'espace impérial étaient représentés de la même couleur. Le visage du personnage était plongé dans l'ombre, derrière lui la carte bleue s'étendait sur des dimensions de quatre par quatre mètres. Sa silhouette se découpait, noire, devant le monde peint en cyan et blanc.
- Depuis que Cathar est tombée, la Confédération savait pertinemment que quelque chose se tramait du côté des Sith. Le désarmement de votre monde, la traque aux criminels, l'ultimatum planétaire, la reddition des troupes, l'enfermement de tous les chevaliers impériaux, la dislocation de l'Ordre et son explosion subséquente en de minuscules cultes n'étaient que le début. Nous savions que les restes de l'Ordre entreraient tôt ou tard en révolte, resurgissant de l'obscurité où ils s'étaient cachés pour brandir à nouveau leurs idéaux toxiques et décérébrés contre notre Confédération – en représailles pour la chute de Cathar.
Mais un empire si vaste que notre Confédération ne saurait être protégé dans son intégralité. La Confédération est un château, un gigantesque château aux milliers de servants. Et ces Sith sont des démons sous forme d'humains. Ils courbent le dos, sourient aux gardes, entrent dans les murailles, et les voici qui massacrent tout ce qui bouge. Les carreaux d'arbalète en feront tomber un, deux, trois, une dizaine, une centaine, mais toujours ils reviendront à la charge. Ce sont des monstres capables d'utiliser la Force. D'étrangler d'un revers de main un homme d'âge mûr. D'à volonté invoquer la foudre. Inhumains, dotés d'une force qui dépasse ce qui devrait être permis au commun des mortels, ce sont des monstres que la Force a engendrés. Ils peuvent faire tomber sous leur volonté les faibles d'esprit, marcher sur le cœur des masses en appelant à la noirceur de leur propre âme. Venus du Vide, des fantômes assoiffés de sang, des passe-murailles.
Que pouvons-nous faire ? Renforcer les frontières et les contrôles ? Faire un exemple de leurs pairs capturés en les exécutant en place publique ? Ils n'entendent que la violence, mais la vision de celle-ci ne fait qu'attiser leur appétit pour le sang. Des ordres de recherche ? Mais il n'est nul nom porté par ces spectres du désespoir qu'on puisse mettre sur les affiches.
Ils sont en petit nombre, et ils sont discrets, car leur faible nombre et leur manque de moyen leur assure un parfait anonymat. Comment les vaincre ? Comment les attraper ?
Depuis le début de l'opération Mygeeto, cette question m'obsède. Elle hante mes rêves et me tient éveillé à chaque instant du jour. Des créatures surnaturelles qui firent ployer plusieurs millénaires en arrière l'Ancienne République. Des monstres à l'appétit sans commune mesure pour le sang qui mirent à genoux avec notre aide l'Empire démocrate il y a plus de dix ans.
Mais la plus grande force de nos ennemis est aussi leur plus grande faiblesse. Les monstres voraces ont toujours été tout spécialement susceptibles au poison.
La forme du colonel s'écarta un instant ; derrière lui, plusieurs points se mirent à luire sur la carte galactique, en bordure de l'espace confédéré. La silhouette noire aux traits éclairés d'azur reprit ensuite :
- Nos ennemis ont pris un coup dur en perdant tant de leurs membres sur leur dernière offensive. Ils ont donné véritablement un coup d'épée dans l'eau et révélé leur existence trop tôt. Ils ont « singé » comme le diraient les géonosiens. Tout monstres qu'ils sont, ils ne sont pas immortels, et ils ont eux aussi besoin d'hommes. Ils ont besoin de troupes, de troupes pour mener la guerre qu'ils nous ont déclarée, car quelle guerre est menée sans soldats à envoyer à la mort ? Ils ont déjà perdu leurs lieutenants, leurs colonels, leurs généraux dans Cathar, leur ultime bataillon est venu se heurter à nous dans une ultime opération suicidaire. Mais à présent il est plus grave ; car certains se sont échappés, sauvés par des agents extérieurs. Ainsi, il en sont qui tentent certainement de rebâtir au milieu des ruines. Et qui rebâtit cherche partout où il le peut pour prendre un avantage.
Les points disparurent un à un, jusqu'à ce que n'en demeure qu'un seul.
- Ceci est un ancien complexe séparatiste. Une prison datant de la Guerre des Clones. Trouvez les Sith. Et vous ferez ensuite planer une rumeur toute évidente, moffe. Faites leur miroiter le délicieux fumet de la mort et de la haine, donnez leur le goût de la vengeance.
Le doigt du colonel vint se fixer droit sur le point rouge.
- Et nous nous chargerons de concocter un poison suffisamment fort, conclut-il. Il marqua une pause, le temps que tout le message s'imprime correctement dans la mémoire de sa chère interlocutrice, puis ajouta enfin - car une mauvaise nouvelle n'arrivait jamais seule: Vous apprendrez avec plaisir que cette opération sera menée de concert avec mes unités.
Il fouilla dans son ample veste militaire et en tira une petite forme. Il la posa sur la table devant lui et, d'un geste, l'envoya glisser dans la direction de la moffe. Devant elle s'arrêta un petit boîter ; c'était un datapad.
- Le détail exact de la rumeur – ainsi qu'un moyen de communiquer directement avec moi – se trouve dedans. Le nom de code de cette opération sera Mange-Kouhun.
Cinder, alors, s'assit enfin dans son fauteuil, tournant toujours le dos à la carte galactique, seule source de lumière de la pièce, son corps à présent entièrement dans l'ombre.
- Voici ce que la Confédération attend de vous, moffe Ashe. Si vous n'avez pas de contestation ou de réclamation supplémentaire, vous êtes libre de retourner aux vôtres.
Et c'est ainsi que le colonel achevait son repas. Aux doux aromates d'une violence miroitante et de l'anéantissement d'un ordre entier. Ne restait plus qu'à ranger le couvert, plier la nappe, et bientôt on pourrait préparer un plat tout particulier à l'ordre Sith. Son dernier plat. -
Post n°4
Auteur : HivernusSpoiler : Spoiler
~ Moff Ashe ~
Intraitable, méprisant, arrogant même... Tel est le portrait que semble dessiner le colonel Cinder sur sa propre personne. Tout porte à croire que rien ni personne ne peut échapper à son courroux et à ses menaces voilées. Il suffit de voir la réaction de certains politiciens à son égard. Ils ont peur... Hankki Nuts est l'exemple même de la lâcheté des élus face à une fureur muette dissimulée derrière un masque de mort... Une fureur prête à frapper à n'importe quel instant, dans l'ombre d'une ruelle, comme dans un lieu public. Si le colonel Cinder semble doué pour assassiner ses adversaires à l'aide de simples mots, il doit en être tout autant dans le domaine des disparitions mystérieuses et étranges. Cet homme est sans le moindre doute un messager de la Mort, celui qui tire les rênes dans l'ombre, et ne se dévoile au grand jour que pour récolter les âmes que réclame la Confédération des Systèmes Indépendants. Son intervention n'est qu'une simple formalité destinée à rappeler aux vivants que la Mort est omniprésente, et que la moindre erreur peut être fatale. Cinder incarne probablement ce qu'il se fait de mieux dans le monde obscur mais bien réel des services de renseignements. Car oui, Ashe pense avoir trouvé le petit secret de ce cher colonel. Elle en mettrait sa main à couper s'il le faut... L'individu masqué a probablement été formé comme espion ou assassin pour servir la Confédération des Systèmes Indépendants. Cela pourrait bien expliquer sa fâcheuse tendance à disparaître, et son malin plaisir à vouloir se dissimuler dans l'ombre.
La petite Moff n'affiche aucune crainte et ne laisse pas transparaître son mépris pour l'émissaire de la Mort. Elle se contente de serrer ses mains sous la table, silencieusement, jusqu'à laisser apparaître le blanc de ses phalanges sous la peau. Si elle le pouvait, elle se serait déjà rué sur l'individu pour lui faire manger son masque. Oh oui... Cela pourrait tellement être amusant de lui faire ravaler son arrogance à celui-là ! Le temps de quelques battements de cœur, Ashe se perd dans ses rêveries. Son imagination lui demande de tuer l'homme et de s'emparer de son masque afin de l'exhiber fièrement comme un trophée. Et quel trophée... Non. Non ! Cinder ne mérite pas telle place ! Ce n'est rien de plus qu'un vulgaire assassin, aussi doué soit-il ! L'Histoire ne retient pas les hommes qui servent dans l'ombre. Quelle utilité pourrait-elle donner au masque dans ce cas ? Ah... Oui... Et c'est là qu'elle prouve une fois de plus la supériorité de son génie... Une machine à pâtes ! Quelle idée ! Ce serait amusant de faire des spaghetti avec le masque d'un des plus méprisables officiers séparatistes. Et bien évidemment, comme pour prendre sa revanche sur le colonel, la naine serait la première à rajouter le beurre à la première tournée de spaghetti. Des pâtes façon Cinder ! Oh oui... Nul doute que cela pourrait plaire aux confédérés comme aux impériaux. Chacun trouverait son compte dans l'histoire. Tous pourraient ridiculiser le colonel en mangeant des nouilles confectionnées à partir de son masque.
Et pourtant... Si cela semble être l'invention du siècle, elle n'en reste pas moins qu'une simple idée destinée à finir aux oubliettes. L'Impérium n'est aux yeux de la Confédération des Systèmes Indépendants qu'une nouvelle portion de rails sur laquelle elle pourra continuer sa longue avancée vers la prospérité et la gloire. Un simple instrument du pouvoir séparatiste, voilà ce qu'est actuellement l'Impérium. Rien qu'à cette pensée, la Moff sent son cœur se serrer dans sa poitrine avant d'éclater soudainement, comme s'il est touché par un quelconque projectile. Il est difficile de concevoir cette idée. Des impériaux réduits à servir de chiens de garde pour la vermine confédérée... Et dire que Bauer veut profiter de l'occasion pour adopter les stratégies séparatistes... Quel imbécile. Ce serait tout simplement perdre un peu plus de son âme d'impérial au profit d'une Confédération des Systèmes Indépendants au sommet de sa force.
La soumission de l'Impérium lui est insupportable... Mais un jour viendra où les impériaux s'élèveront de nouveaux en hommes libres, fiers de leur idéologie et forts de leurs convictions !
Mais... L'heure n'est pas à la mutinerie. Il faudrait être plus intelligent que ces abrutis de Sith. On ne peut avoir d'empire plus petit ni d'empire plus grand que celui que l'on a sur soi-même. Le contrôle que l'on a sur sa propre conscience permet parfois d'écrire les pages à venir dans l'Histoire... Si la patience et la préparation sont deux choses qui ont fait défaut à l'Ordre Sith, elles seront les précieux atouts de la jeune femme. L'idéologie impériale a été ébranlée, souillée par les serviteurs du Côté Obscur, et aujourd'hui, elle vient réclamer son dû. L'Impérium est né des cendres d'un régime corrompu et décadent, il est temps de lui donner le mortier nécessaire à son élévation... Et quoi de mieux que les cadavres des Sith pour cela ? La dirigeante par intérim de l'Impérium se relève doucement et rectifie une nouvelle fois les plis de son uniforme, avant de s'emparer du datapad que vient de lui lancer vulgairement le colonel Cinder. Il ne perd rien pour attendre celui-là.
- Nous savons tous ce que nous avons à faire Colonel... Soyez-en assurés. Et le temps nous est compté... Se contente simplement de répondre la Boroskaise à son interlocuteur. Quoi qu'il en soit, nous couvrirons vos arrières... Colonel.
La petite Moff fait claquer ses bottes et tourne les talons, une certaine rigidité dans le corps. Elle imagine déjà le colonel Cinder, un grand sourire carnassier étirant ses lèvres, préparer ses prochaines actions. Mais elle prépare également les siennes... Le faux lieutenant-colonel Teradoc dans son ombre, elle tente de retrouver son chemin dans le palais, et ne se prive désormais plus qu'afficher sa mauvaise humeur. La colère qui bouillonne en elle l'empêche de réfléchir à sa convenance. C'est cette même colère qui nourrit les Sith et les mène à une mort certaine... D'un certain côté, il est compréhensible de vouloir s'en prendre à la Confédération des Systèmes Indépendants, avec cette volonté de mépriser et de rabaisser tous ceux qui ne portent pas en triomphe l'idéologie séparatiste. Lorsque les deux impériaux sortent finalement, Ashe ne prête même pas attention aux Manteaux de Nuit qui viennent assurer sa sécurité. Ses pensées sont ailleurs et la chaleur qui vient l'étouffer silencieusement ne semble même pas la contrarier. Son air exécrable est connu des membres de sa garde rapprochée, et il vaut mieux dans ce cas ne pas la déranger, sous peine de subir ses représailles.
Dans les rues de la capitale, le cortège impérial fait sensation et rameute de nombreux passants. Certains regards curieux se posent sur les armures des soldats d'élite, d'autres sont intimidés par leur apparence. Froide, silencieuse, anonyme. Les plus téméraires sont surpris avec un sourire moqueur aux lèvres, et murmurent très certainement des commentaires désobligeants à propos de la Moff. Un Mon Calamari et son comparse Nikto vont même jusqu'à tenter de s'approcher de la demoiselle en question mais sont vite repoussés par plusieurs Manteaux de Nuit à l'aide de coups de crosse. Ils déguerpissent rapidement, insultant au passage le cortège impérial. Qu'ils fuient donc la queue entre les jambes ! Cela vaut mieux pour eux d'ailleurs, s'ils ne veulent pas finir respectivement en soupe de carpe et de citrouille. Les autres passants, plus raisonnables, préfèrent rester à une distance respectable, tandis que les plus craintifs se tiennent dans l'ombre des bâtisses, là où la fraîcheur leur permet de supporter le climat hostile de la planète. Ashe ne leur jette qu'un coup d'oeil désintéressé, préoccupé par plus important. L'incident qui a eu lieu quelques secondes plus tôt ne semble même pas l'affecter... Elle qui aurait, en temps normal, demandé à ce que l'on retrouve ces vagabonds afin de les punir. Cette réunion "de crise" semble avoir métamorphosé la jeune femme. Quoi qu'il ait pu se passer à l'intérieur, cela devait être assez intéressant, ou bien même inquiétant. Les minutes passent et c'est au tour du vent chaud de Géonosis d'importuner la petite Moff en venant jouer avec ses cheveux, qu'il soulève et plaque sur le visage de la naine à volonté. Mais il ne parvient pas non plus à troubler sa méditation.
Le hangar surveillé par les deux chevaliers impériaux de Bauer n'est désormais plus qu'à quelques mètres. Le trajet dans la navette Lambda se fait sans encombre et dans le calme. Puis un feulement rauque vient déchirer ce silence dans une plainte profonde et mélancolique. Les chasseurs TIE escortent le transport officiel jusque dans le ventre du destroyer impérial, où il se pose en douceur. Depuis le départ de la Moff et de son escorte, rien ne semble avoir bougé, comme si tout avait été paralysé le temps de son absence. Dans le hangar, le personnel est toujours réduit au strict minimum, et chaque allée et venue est contrôlée par les Manteaux de Nuit chargés de la sécurité de l'endroit. Un seul détail vient troubler la similarité entre son départ et son retour; la présence de l'officier commandant le "Résurrection" et d'un simple matelot dont les mains sont occupés à tenir un plateau en argent. Malgré leurs uniformes impeccables, on peut sentir la tension qui vient vicier l'air et semble rigidifier leur posture.
- Colonel, tout ce que vous avez vu et entendu lors de notre entretien doit rester entre nous. Personne ne doit être tenu au courant tant qu'il n'y aura aucune autorisation de ma part. Je ne tiens pas à ce que certaines informations fuitent et parviennent à des oreilles indiscrètes. Lâche finalement la Moff en descendant la passerelle de la navette. Je veux également les dossiers de vos meilleurs agents de terrain sur mon bureau lors de notre retour sur Cathar. Ah et oui... Pour ce qui est de ce Nash Fur...Truc, je veux qu'il soit surveillé. Et je veux savoir pourquoi l'on s'intéresse à lui dans la Confédération des Systèmes Indépendants. Nous serons amenés à nous revoir bientôt Colonel, jusque là, vous pouvez disposer de votre temps comme bon vous semble, et retourner à vos... Occupations.
Le capitaine du destroyer stellaire de classe Victoire fait claquer ses bottes et redresse le menton, comme le veut la coutume impériale. Ashe lui adresse un simple hochement de tête et poursuit son chemin, non sans avoir pris au préalable le rafraîchissement que vient lui offrir le matelot tiré au sort. Elle quitte finalement le hangar et le directeur du BSI, son escorte sur les talons, et donne ses nouvelles directives au commandant. La naine s'empare d'une poignée de cacahuètes mis à disposition sur le plateau et les écrase, avant de répandre les miettes sur le sol froid du vaisseau de guerre impérial. Le matelot déglutit silencieusement et n'ose pas regarder directement dans les yeux la petite femme, de peur de subir son courroux. De sa poigne de fer, elle ferait en sorte que l'Impérium puisse retrouver sa place légitime, elle en fait la promesse.


