Des premiers pas difficiles
-
Post n°12
Auteur : AnsiktLa femme en armure me désigne deux de nos compagnons d'infortune. Le Kel-Dor et l'Umbaran. Ils semblent en être déjà venus au poings, et ne semblent pas loin d'utiliser leurs armes. Le masqué affiche une expression énervée tandis que le pâle arbore un rictus mauvais, dérangeant même. Enfin, ça l'aurait certainement été pour un autre. Je doute que quelqu'un dans cette joyeuse troupe soit un enfant de cœur. J'exprime un léger soupir, pour la forme.
- Quand je parlais de mettre à profit nos capacités respectives...
Je me dirige vers les deux brutes. Mes pieds d'humains s'enfoncent dans le sable à chaque pas. Je ne suis pas habitué à ce genre de milieu. Mieux valait pour moi de vite retrouver un sol plus solide et consistant. Autrement, je serais plus susceptible de faire des chutes qu'autre chose, s'il venait le besoin de courir.
Alors que j'arrive près des deux bagarreurs, l'Umbaran me remarque et m'adresse un sourire mauvais. Je lui répond avec mon indifférence la plus totale. Se rendant compte que l'Umbaran est distrait, le Kel-Dor se jette sur lui et lève son poing, prêt à frapper.
- Stop. déclarai-je d'une voix étonnamment grave pour mon gabarit apparent.
L'orange arrête son mouvement et me regarde. L'autre en profite pour le repousser et s'écarter. Ayant l'impression de s'être fait entuber, l'énervé recommence un assaut. Cependant, il se ravise vite en voyant que son opposant avait sorti sa vibrolame. Les deux restent donc à bonne distance, mais la situation reste tendue.
- Quel est le problème ?
- C'est pas tes affaires ! C'est entre lui et moi ! me déclara le Kel-Dor, la voix teintée de rage.
- Ce malotru m'a agressé sans raison. répond l'Umbaran avec la voix la plus suave et le ton le plus hautain possible.
- Sans raison ? Bah pu**** ! Tu léchais la vibrolame comme un taré en me regardant ! Tu t'attendais à quoi ? Que t'allais tous nous planter dans notre sommeil ? Je vois clair dans ton jeu de fils de...
- Stop.
J'avais pris mon bâton électrique en main et avait fait jaillir une gerbe d'électricité. Rien de dangereux, juste assez pour attirer l'attention. Les deux bagarreurs s'arrêtent pour me regarder, à moitié surpris.
Le Kel-Dor m'a l'air d'un tempérament explosif, pour changer... Mais pas avec du sang froid ou un certain degré de réflexion basique, contrairement à l'humaine. Il allait être un problème si l'on ne pouvait pas le canaliser.
L'Umbaran donne l'impression d'être malsain. Peu importe les raisons pour lesquelles il est ici, il a l'air de vouloir semer la discorde, ou plus vulgairement "foutre la m****". Si on le laisse agir, personne dans ce groupe ne va finir autre part qu'en prison. Ou à la morgue.
Il faut rester calme et patient, même avec des énergumènes pareils. Il y a forcément une solution qui n'implique pas de tabasser un de ces gars. Ils seront moins utiles en mauvais état. Si je prends le parti de l'un d'entre eux, je me fais un ennemi, et un allié instable. Mieux vaut ne pas créer plus de bordel qu'il n'y en a actuellement.
- Vous vous rendez compte que vous êtes complètement cons ?
- Mais... dit le Kel-Dor en serrant son poing, surpris puis énervé.
- Si vous avez deux neurones qui fonctionnent, soyez un minimum logique. Si vous êtes là, c'est pour éviter la taule. Et si vous continuez comme ça, vous partez en taule, ou six pieds sous terre.
- Personnellement je...
- Tu l'as cherché. Aie le courage de le dire.
L'expression de l'Umbaran se tord. Je n'ai pas dit grand chose pourtant. Je vois le palôt avoir un petit rire et s'écarter. J'ai peut-être loupé la méthode pacifique. Oups.
Le Kel-Dor se calme progressivement et m'adresse un regard plutôt respectueux. Bon, on au moins je n'ai pas tout perdu. Je peux me dire ça.
La situation désamorcée, au moins temporairement, j'entends la Kaleesh nous demander d'avancer, prétendant même qu'une handicapée comme elle va plus vite que nous. Je trouve cette remarque futile, puérile, mais décide tout de même de me mettre à peu près à leur niveau, laissant ainsi le Kel-Dor seul en retrait.
Il fait chaud. Très chaud même, alors que la mandalorienne me confie les datapads. Elle semble avoir un minimum confiance en moi. C'est déjà ça de gagné. J'hésite à prendre ma couverture technique pour vérifier si elle permet bien de contrer des fortes chaleurs autant que des températures très basses, mais me ravise. Si je montre une quelconque faiblesse maintenant, au tout début de notre "formation", je me ferai "manger" par les autres, ou ils essaieront de me piquer le précieux isolant, de gré ou de force. Mieux vaut ne pas créer de litige immédiatement. Ce ne serait pas dans mon intérêt.
La Kaleesh se présente. Je retiens son nom. Kaalia. Ça a le mérite de ne pas être ridicule, ce qui est un bon point en soi. J'ignore sa demande et impose mon questionnement.
- J'ai bien une question... Comment font-ils pour nous surveiller ? Sauf s'ils veulent nous tuer, auquel cas notre espérance de vie ne dépassera pas une semaine s'ils y mettent les moyens, ils doivent forcément avoir un moyen de surveiller nos actions, par exemple pour vérifier qu'on ne tente pas de s'enfuir, non ? Si on part de ce postulat là, soit ils ont un moyen de nous observer en vision directe...
J'arrête un instant de parler pour faire un tour sur moi-même en scrutant l'horizon. Des dunes, des canyons, du sable. Nulle part à proximité d'où nous surveiller. Pas de caméra apparente non plus autour de nous.
-... soit ils ont un moyen quelconque de nous géo-localiser... Je crois pas qu'ils nous aient mis une puce pendant notre "agréable" déplacement en navette... Donc s'ils utilisent ce moyen, c'est soit dans l'équipement, soit dans... les datapads...
L'idée de se débarrasser des datapads me traverse l'esprit. Si c'est effectivement leur moyen de surveillance, nous les mettons dans l'inconnu, et de ce fait pouvons peut-être avoir un coup d'avance, que ce soit contre le militaire ou contre toute autre instance qui pourrait utiliser ces informations. De plus, sans les datapads, nous pouvons également nous abstenir de réaliser ce qu'ils souhaitent de nous, en prétextant que nous nous sommes fait attaquer, que nous avons perdu les datapads, et qu'ils étaient irrécupérables. Cependant, si les datapads ne sont qu'une aide, ce serait idiot de les jeter.
- Par ailleurs, s'ils nous surveillent, je me demande si cela ne serait pas possible qu'ils nous entendent, pour prévoir nos coups à l'avance et nous faire vivre un enfer. Mais encore une fois, je ne sais pas comment ils pourraient nous occuper. Et je ne pense pas que vous voulez vous débarrasser des datapads pour vérifier cette éventualité, n'est-ce pas ?
Je m'étonne presque moi-même de tant de précautions. L'absence d'Alduin m'empêche d'avoir un plan e secours en cas de cas de force majeure. Et je ne compte pas vraiment sur une grande réflexion de la part de mes compagnons d'infortune. Cependant, je vais tout de même essayer de les brosser dans le sens du poil, de façon plus ou moins discrète. Si j'arrive à les manipuler comme je le souhaite, je peux éviter des potentiels problèmes, et ainsi la taule.
- Vous me prenez certainement pour un taré qui veut tout saborder. Ce n'est pas le cas. Si je suis là, c'est avant tout pour éviter la taule. Pas question de griller mes chances. Ce que je veux dire, plus simplement, c'est que... si on peut passer sous les radar et faire une action un peu plus furtive et réfléchie, on peut augmenter l'impact de l'attaque. Mais pour arriver à ce genre de résultats, il faudrait qu'on réfléchisse à comment procéder, je pense
. Je ne suis pas stratège, mais je ne suis pas suicidaire non plus. Il faudrait un plan un peu plus poussé que "on fonce dans le tas"
J'essaye de rester le plus explicite possible. Mieux vaut éviter les quiproquos avec des personnes avec des brutes explosives, surtout si elles ne veulent pas trop réfléchir. [/color[ -
Post n°13
Auteur : Azel Kyone'e
Le temps s'écoulait tel le contenu d'un sablier. Lent, pesant, angoissant, à l'image aussi du désert qui les cernait désormais. Seuls sur les immenses terres arides labourées par les rayons agressifs, les infortunées recrues s'étaient mises en route vers une destination incertaine. Après les tensions, la marche et l'escalade eurent tôt fait de réduire les plus ronchons au silence, concentrés sur l'instant présent. Il suffisait d'un pas de travers, d'une seconde d'inattention pour finir en bas d'une crevasse, pris dans un ravin, un éboulement imprévu. Si chacun d'eux avait eu par le passé à lutter en diverses occasions, ce nouveau défi s'annonçait des plus rudes. Aucun n'aurait trouvé approprié de le laisser paraître. Pourtant, en leur fort intérieur, ils le savaient : les choses sérieuses commençaient, et à ce jeu, c'était sur leurs vies qu'ils pariaient. Des sourires moqueurs, de leur fierté mal placée, il ne restait que de vagues souvenirs, perdus dans les rides creusées par l'effort et l'appréhension.
Eh bah. C'était pas de la tarte alderaane, mais on est enfin parti ! On y a mis le temps, mais on y est arrivé. Une inertie pareille, c'est assez impressionnant ! Et dire qu'on est que six. Elle promet, l'armée séparatiste, tiens. Dans mon dos, j'entends la voix particulière de la Kaleesh. Comme matte-troufion, on pouvait pas rêver mieux ! Je me retourne une seconde pour voir le reste de la troupe accélérer le pas.
"Je m’appelle Kaalia Jar’gull mais Kaalia suffit en général…"
Elle nous dit ça comme si c'était une information ultra sensible. Oulà, attention, c'est qu'on a même droit à un peu d'familiarité ! Mazette, on s'égare...
" Azel Kyone'e, je lance à la cantonade sans aucune sorte d'expressivité, ou 'tsel, si le temps vient à vous manquer. "
Ou comment aller directement à l'essentiel.
"C'est bon, tout le monde met trois syllabes sur son voisin de droite ? Alors on y va, et que ça saute. "
Sinon, c'est sûr que ça va sauter au sens propre. Sauf que certains ne l'entendent pas de cette oreille. Et les miennes commencent à me chauffer, de faire du sur-place.
" J'ai bien une question... Comment font-ils pour nous surveiller ? Sauf s'ils veulent nous tuer, auquel cas notre espérance de vie ne dépassera pas une semaine s'ils y mettent les moyens, ils doivent forcément avoir un moyen de surveiller nos actions, par exemple pour vérifier qu'on ne tente pas de s'enfuir, non ? Si on part de ce postulat là, soit ils ont un moyen de nous observer en vision directe... soit ils ont un moyen quelconque de nous géo-localiser... Je crois pas qu'ils nous aient mis une puce pendant notre "agréable" déplacement en navette... Donc s'ils utilisent ce moyen, c'est soit dans l'équipement, soit dans... les datapads...
-Eh bien qu'ils le fassent ! Après tout, c'est ce qu'ils ont voulu, nan ? S'ils sont si malins, on leur prouvera qu'on l'est plus qu'eux. "
En commençant, par exemple, à fourrer lesdits pads dans un sac à dos... Quoi, je sais comment ça marche, une caméra et un micro, bon sang, je suis pas une débutante en bricolage ! S'ils veulent nous chopper, ils vont devoir transpirer autant que nous. Il ne sera pas dit que la CSI a eu la peau d'une Kyone'e !
" Allez, bougez-vous ! A ce rythme on y sera encore dans dix révolutions solaire ! Je sais pas pour vous mais j'ai pas que ça à faire. "
En fait si, mais ça ne regarde que moi. Mon ton est rogue, plus rude encore une fois déformé par le casque. D'une humeur rendue passablement mauvaise par tout ce retard, j'allonge la foulée, bien décidée à descendre de ce fichu plateau rocheux avant la fin de l'après-midi. C'est pas comme si notre "cachette provisoire" était la porte à côté. Mon pas crisse à intervalle régulier sur le sol poussiéreux et je m'enferme dans un mutisme bienvenu. J'estime avoir fait plus que ma part. Je vais pas en plus devenir aimable !
En file indienne, on arpente le relief accidenté comme les fourmis que nous sommes, seulement guidés par la position de nos ombres et les coordonnées du pad. J'entends ma propre respiration résonner dans le filtre de mon casque et mon sang me battre les tempes. Le silence. On dirait que plus personne ne juge bon de l'ouvrir, je sais pas si c'est une bonne nouvelle. C'est calme.
Trop calme.
J'aime pas quand c'est trop calme. Je préfère quand c'est... Hmmm. "Un peu trop plus moins calme", comme aurait dit l'un de mes frères. Mais bon, j'ai trop chaud pour faire ma maline et me mettre à chanter. La danse de la pluie sera pour plus tard, il me faut d'abord trouver de l'ombre. Comme chef de troupe désignée, c'est bibi qui se charge d'ouvrir la marche et de tester le terrain. Tu m'en diras tant ! C'est que c'est plus du bon sable chaud, par ici : on arrive au bord du plateau où pépé nous avait déposé, et il faut descendre. Rien que la tronche des falaises me dit que ça va pas être une partie de plaisir. Mais c'est pas tant les murs de roches et les trous de sable qui m'inquiètent que ce qu'on ne peut pas encore voir. Y a une grosse différence entre un danger prévisible et une surprise. Le premier, on peut s'en prémunir. Pas la seconde, et ça, c'est bon pour personne, y compris moi. De là où on est, on a une vue imprenable sur l'horizon... et aucune visibilité au-delà des effondrements du sol. On peut se retrouver sur du plat comme sur un cratère béant, une base abandonnée comme un nid de bestioles pas sympas. Impossible de savoir. Tout en continuant notre descente, on vérifie notre matériel. J'ai pas pris d'arme, sauf que mes poings me suffisent, sans parler de mes bottes fétiches et leur renfort en beskar. S'il faut jouer du coude et du genou, je répondrais présent, qu'ils ne se permettent pas d'en douter.
"Bon, j'vous annonce que le premier bout de chemin, c'était une petite balade dans les jardins. J'espère que vous avez choisi de prendre les grappins, ils vont servir. "
Moi ? J'ai ce qu'il me faut sur le dos ! Je sais pertinemment qu'après le vol plané que je me suis payée le matin même, y repiquer ne sera pas forcément très facile. Sauf que ce serait mal me connaître que de croire qu'un peu de stress va m'arrêter. Je sens les regards sur moi : la prise de décision, j'y suis pas habituée. Je veux dire, pour les autres - je me prends en charge depuis assez longtemps en ce qui me concerne. Si je me plante, je vais passer pour la branquignole de service, et ça, même pas en rêve. Alors on va pas chichiter sur les précautions pour une fois : on verra pour les petites incartades quand on aura de la piétaille à dézinguer en face. Ce serait débile de se planter sur trois pauvres gros cailloux et devoir renoncer à une belle baston, surtout avec le matos qu'on nous a filé ! Punaise, qu'il me tarde d'essayer tout ça ! Je vis plus mal le fait de me taper un footing avec cette bande de zouaves que de devoir me terrer derrière une barricade pour esquiver des tirs de canon. Enfin, Azel Kyone'e va reprendre du service ! Si Eyan voyait ça !
"Je pars en éclaireur : si jamais cette pente est un cul de sac, ce serait ballot qu'on se retrouve coincé. Dans tous les cas, on garde le cap ! On fera un détour que si c'est strictement nécessaire. Je reviens dès que j'ai vu ce qui nous attend derrière. "
Le message silencieux contenu dans le ton de ma phrase est clair : pas d'entourloupe quand j'ai le dos tourné. Je fixe la crevette sombre au travers de ma visière : t'es doué pour les relations sociales, donc tu t'y colles, coco. T'as pas le choix, faut bien que tu serves à quelque chose, si c'est pas à taper sur ton prochain.
Je pars en direction des falaises et me glisse le long d'une première crevasse. Après une petite minute à serpenter entre les pics de roches et autres déclinaisons, je trouve l'endroit idéal pour décoller. Devant moi, au bas mot trente bons mètres de vide. Inspire, expire : voilà des années que je n'ai plus fait le saut de l'ange. J'espère que c'est comme le speeder : que ça ne s'oublie pas. Je cale le pack entre mes omoplates, je me penche de quelques degrés vers l'avant et j’enclenche la mise à feu. Le "clac" du levier m'indique que le mécanisme est comme neuf et pas rodé pour deux crédits. Je sens la détonation me secouer de haut en bas, la chaleur du feu qui surgit des propulseurs avec un vrombissement que je connais bien. On y est ! C'est le moment que je préfère... et celui où tout peut partir en vrille. Toujours penchée vers l'avant, les semelles prêtes à se décoller du sol, je pousse doucement la manette des gaz. -
Post n°14
Auteur : Super PNJ
Jane observait le petit groupe avec ses jumelles tactiques. Grâce aux puissantes optiques de ces dernières, il pouvait observer à loisir les six recrues sans être aucunement découvert. Il prit une gorgée d'eau fraîche, savourant les ténèbres de son refuge ombragé. Elles semblaient si lointaines ces petites recrues...Si lointaines. Il les surveillait d'un œil attentif et patient, tout en tapotant sur son datapad. Le major se tenait dans une salle où régnaient les ombres, car toute lumière était obstruée par les rideaux épais qui barraient non seulement le passage aux rayons solaires mais aussi au sable et aux vents. Mais dans cette noirceur, le datapad projetait une lumière artificielle, blanche et bleue qui faisait jouer l'ombre de l'homme le long des murs de la pièce.
Ses yeux passaient de ses jumelles, avec lesquelles il surveillait les recrues pendant dix secondes, puis allait sur son appareil électronique. L'écran projetait un hologramme, une carte topographique azurée du secteur. Jane avait fait le choix de n'afficher que les informations de base de la zone : à peine les reliefs, installations et prévisions météorologiques.
C'était aussi pour s'offrir. Le Major avait passé plusieurs mois derrière un bureau, loin de toute opération un tant soit peu intéressante. Les formations des recrues classiques se suivaient depuis plusieurs semaines, toutes sans charme, toutes sans saveur. Il y avait eu des recrues talentueuses bien sûr, des potentiels spéciaux qu'il avait envoyé dans les forces spéciales de la deuxième division...Mais ce n'était pas le genre de stimulus qu'il recherchait. Non, ce que l'homme appréciait, c'était des situations comme celle-ci : celles qui lui rappelaient des années de service sous la bannière séparatiste en tant qu'agent d'espionnage expert, des moments qui lui rappelaient des centaines d'heures passées en plein cœur du territoire ennemi, un loup dans la bergerie, au nez et à la barbe du berger et du chien.
Ce qu'il appréciait dans ces situations c'était que peu importe le plan de base, il y avait toujours une complication, quelque chose que le QG n'avait pas prévu et qui réclamait qu'on improvise ou qu'on échoue. C'était cette part imprévisible, cette merveilleuse pièce improvisée qui lui avait manquée tous ces longs mois de morne quotidien. Ces six fripouilles étaient une occasion unique, la promesse de nouveaux frissons, de nouvelles surprises. Mais ceci, uniquement parce que Jane avait jugé bon de s'en mêler ; de les surveiller de loin, mais de lui-même se limiter, pour retrouver le frisson tant recherché. Il n'y aurait eu aucune difficulté si jamais il avait utilisé toutes les informations à sa disposition en tant que major, aucun défi.
Il porta à nouveau les jumelles devant ses yeux, guettant les dunes et les crevasses brunes. Une des six personnes se séparait du reste, descendant le long du haut-plateau où Jane les avait abandonnées. L'homme fronça les sourcils. Une séparation suite à des disputes ? Non, leur avancée avait été jusque là plutôt uniforme jusqu'à l'abrupte falaise. Le militaire tenta d'identifier la forme malgré la distance. Elle émettait régulièrement des reflets au Soleil, signe d'une armure. Cela ne pouvait être que la Mandalorienne – ou la femme qui portait une Beskar, sa loyauté à Mandalore restait encore à prouver. La jeune femme qui n'avait pas sa langue dans sa poche avait avancé jusque là en tête du groupe, et elle continuait à présent seule...Une éclaireuse peut-être ?
- Une tactique qui n'est pas si stupide...Mais un seul éclaireur en terrain inconnu...
Le major regarda sa mallette, ouverte à côté de lui. Ses yeux s'abîmèrent sur son contenu – éclairé seulement par la lumière pâlichonne de son datapad et celle - bien plus diffuse - de l'extérieur qui filtrait à travers les rideaux. Posé sur une tenue de camouflage trônait un fusil sniper dernière génération. Un instant, il considéra l'idée de prendre son matériel, sortir à l'extérieur...Dans le temps il avait été un redoutable tireur d'élite. Tirer sur la jeune tête brûlée et faire mouche aurait été un jeu d'enfant. Sa Beskar aurait stoppé le choc de la balle non létale, et elle aurait mémorisé sa leçon : un éclaireur n'avance que si son unité le couvre. Il combattit cette envie pendant plusieurs longues secondes. Ce serait une excellente façon de lui inculquer ce principe ; seule, elle ne pouvait espérer faire face à un tireur embusqué. Seule, elle n'avait qu'une visibilité réduite. Seule, elle était vulnérable. C'était pour pallier à tous ces défauts que l'on mettait même les troupes d'élite en unités...
Le datapad de Jane se mit à biper, l'interrompant dans ses délibérations, alors que les rideaux commençaient à s'agiter. Il battit des paupières, alors qu'une gerbe de sable entrait dans la pièce, et qu'un rideau était repoussé à l'intérieur. Un vent fort se levait ? À cette heure de la journée ? S'éloignant du rideau – réflexe instinctif pour ne pas être visible de l'extérieur – il baissa les yeux vers le petit appareil dans sa main. Sur le bord haut - au nord - de l'hologramme venait une grosse masse rouge, un ensemble cotonneux qui rampait le long des reliefs et des installations. Il mit une seconde à reprendre complètement le fil normal de ses réflexions et à en saisir le sens. Une tempête de sable. C'était une tempête de sable.
Géonosis était une planète inhospitalière à sa surface pour une raison très simple : les tempêtes de sable et les radiations solaires. Si les zones irradiées étaient répertoriées – et que Jane avait en conséquence choisi un secteur où les vies de ses futures recrues ne seraient pas mises en danger sur le long terme par des rayonnements nocifs – les tempêtes, elles, étaient subites, complètement aléatoires.
Sur Géonosis, les tempêtes étaient un danger plus mortel encore que la chaleur du Soleil ou les massiffs, car les vents étaient extrêmement forts, pouvant aisément dépasser les 160 km/h lors des grandes tempêtes. Les géonosiens ne vivaient pas dans les souterrains sans raison. Si les Séparatistes avaient réussis à monter certaines installations à la surface, c'étaient là uniquement les parties émergées de l'iceberg : la majorité des infrastructures étaient sous le sol, sauvegardées des mortels déchaînements de la cruelle Géonosis.
Jane fit disparaître l'hologramme, et commença à taper, taper un message. À ce rythme, le blizzard de sable serait sur le groupe dans quelques minutes, cinq tout au plus. S'ils ne trouvaient pas un abri, ils n'y survivraient pas. Aussi le Major était-il en train d'envoyer un message aux trois datapad qu'il avait laissé en leur possession. Si une tête distraite manquait son message, deux autres seraient informées par leur datapad, assurant la survie du groupe.
Il soupira. C'était bien toute l'aide qu'il pouvait leur apporter.Spoiler
-
Post n°15
Auteur : AnsiktSous impulsion de l'humaine en armure, qui s'appelle apparemment Azel, nous nous mettons en marche. Je me situe en troisième place de la file indienne, derrière la Kaleesh et devant le Kel-Dor. Elle a apparemment découvert un endroit où se cacher de façon provisoire. Elle impose la foulée dans le relief escarpé et ensablé. La marche est fatigante. Je n'ai pas l'habitude de ce type de terrain. Je connais certainement une espèce plus adaptée à ce genre de milieu, mais ce serait purement idiot de changer de forme devant tant de témoins. Et je perdrai tout avantage que j'ai sur eux. Je choisis de ne pas le faire.
Il fait chaud. Très chaud. J'hésite à sortir ma couverture de survie, mais me ravise. L'humaine semble déjà bien assez énervée de notre retard, et je m'en porterai tout aussi bien sans une ennemie en plus. Par ailleurs, je ne sais pas si je pourrai la réutiliser dans une autre situation plus terrible.
Un mutisme général s'installe. On entend le vent souffler avec plus ou moins de violence. Nous gagnons en altitude et arrivons au bord du plateau où le militaire nous a déposé. La vue est imprenable, mais relativement inutile : nous allons devoir descendre, et nous n'avons que très peu de visibilité sur ce qu'il se trouve en dessous de nous.
Profitant d'une rapide halte, je vérifie mon matériel. Le bâton électrique est toujours solidement accroché, mon sac tient le coup. Les datapads sont empilés grossièrement dans le sac avec quelques vivres, de l'eau, la couverture de survie, et plusieurs autres petits outils, dont une corde rattachée à une espèce de griffe. Un grappin ? Si c'est le cas, il est vraiment rudimentaire.
L'humaine prend de nouveau la parole, et nous déclare qu'elle va partir en éclaireur, certainement avec son jet-pack. La visière de son casque se pose vers moi alors qu'elle termine sa phrase. Je sens qu'elle veut que je m'occupe du groupe, et cela ne me plait pas. Pas du tout.
Azel disparait en contrebas. Je me place un peu à l'écart pour avoir une vision d'ensemble du groupe. Tout le monde a l'air très ennuyé par cette chaleur. L'umbaran transpire à grosses gouttes, le Gand agite son léger vêtement pour se faire de l'air... Personne ne tente rien, pour mon plus grand plaisir. Je m'assis un moment sur un petit rocher, et attend la suite, toujours aux aguets.
Quelque chose me perturbe, cependant. Le vent souffle VRAIMENT fort. Mon ouïe est en alerte, mais je ne comprends pas pourquoi. Pensif, je réfléchis à ce qui pourrait en être la cause, mais me fait interrompre par un bip strident, suivi d'un deuxième en contre-temps, puis un troisième. Je lève la tête et scrute les alentours. Les autres membres du groupe sont aussi alertes que moi, et m'imitent, mais tournent irrémédiablement la tête vers moi. Je sais que je ne suis pas celui qui émet les bruits... ils viennent plutôt, de... derrière moi...
Je me découvre une très forte envie de me gifler alors que je comprends le problème. Le sac à dos ! Je le place devant moi et l'ouvre de façon précipitée. Les bips s'intensifient, et je vois une petite lampe rouge clignoter sur les vieux datapads. J'en prends un au hasard et lit le message à haute voix.Danger : Tempête de sable.
Arrivée : cinq minutes.
Crispé, je relève la tête pour regarder le groupe. Ils sont tous surpris, à des degrés différents. Il faut vite trouver un abri. A en entendre le vent, elle m'a l'air violente. Très violente.
J'ai une réalisation soudaine. L'humaine est partie, et il faut qu'on survive tous. Il faut la prévenir.
Je réfléchis à toute vitesse. Si on reste tous ensemble ici, nous allons certainement trouver un endroit protégé, mais nous n'aurons aucune manière de savoir si l'humaine a tenu ou non. Je regarde en contrebas : je ne la vois pas. J'ai peur que ma voix ne porte pas assez pour la prévenir. Elle semble avoir pris une bonne distance de nous. Je ne vois qu'une solution, même si elle ne me plait pas. Je sors deux datapads et les donne à la Kaleesh, et lui dit quelques mots assez fort pour qu'elle m'entende malgré le vent.
- Hé, la Kaleesh. Kaalia, je crois ? Tu prends ces datapads, et tu emmènes les autres zouaves en lieu sûr. Je te les confie à toi car tu me sembles la plus digne de confiance parmi vous. J'aurais bien choisi le Kel-Dor, mais il est impulsif, et l'Umbaran est trop... dérangé... Je vais essayer de retrouver l'humaine. Je prends un datapad. Si personne a clamsé, on se retrouve à l'endroit dont parlait l'humaine...euuh... Azel. Je crois qu'elle t'avait expliqué comment le retrouver. Je vais essayer de la prévenir. A plus tard.
Sur ces paroles, je remets mon sac à dos en place, et me dirige vers là où j'ai vu Azel pour la dernière fois. Le relief est pentu. Le vent souffle. Je travaille contre la montre. Je ne dois pas céder à la panique. Après observation attentive, je remarque un creux dans le sable installé sur la pente. Je pars du principe que l'humaine et passée par là, je suis ce passage.
J'ai l'impression de glisser pendant une heure, mais il ne se passe en réalité qu'une petite minute. J'arrive sur un petit plateau. Personne. J'hurle.
- Azel !
Pas de réponse immédiate. Plus que quatre minutes avant la tempête. Je suis mal. Le vent souffle fort. J'hurle de nouveau.
- Azel ! L'humaine ! Tempête de sable dans quatre minutes ! Il faut trouver un abri ! Vite !
Je fais une pause et essaie de me protéger du vent avec mon manteau. Je réitère mes appels, espérant qu'elle réponde, et scrute les environs, à la recherche d'un abri si je venais à manquer de temps. -
Post n°16
Auteur : KaaliaAzel est partie il y a moins de 5 minutes. Pour Kaalia et sa patience légendaire, elles semblaient durer des heures ; elle tournait en rond au milieu du petit groupe fouetté par un vent de plus en plus puissant.
Avant qu’une quelconque remarque ne soit émise à ce propos, les datapads sonnèrent dans le sac de l’humain ; il se dépêcha d’en sortir un, le regarda, puis il leva son regard vers le reste du groupe, blême :
- Hé, la Kaleesh. Kaalia, je crois ? Tu prends ces datapads, et tu emmènes les autres zouaves en lieu sûr. Je te les confie à toi, car tu me sembles la plus digne de confiance parmi vous. J'aurais bien choisi le Kel-Dor, mais il est impulsif, et l'Umbaran est trop... dérangé... Je vais essayer de retrouver l'humaine. Je prends un datapad. Si personne a clamsé, on se retrouve à l'endroit dont parlait l'humaine...euuh... Azel. Je crois qu'elle t'avait expliqué comment le retrouver. Je vais essayer de la prévenir. À plus tard.
- Attends ! Si tu crois que…
Kaalia pris les datapads et avant qu’elle n’eut le temps de finir sa phrase, à moitié étouffée par le vent, il était déjà parti, son sac sur les épaules.
Kaalia laissa s’échapper un juron puis se tourna vers ses trois compagnons d’infortune :
- Bon, voilà le plan, je vous emmène “à l’abri“ et je retourne les chercher.
Le kel dorr semblait s’indigner :
- Pourquoi tu irais les chercher ? Et je ne pense pas qu’ils aient beaucoup d’expérience avec les tempêtes de sable. Une fois à l’abri, reste avec nous ; tu ne vas pas te risquer dans la tempête qui approche !
Avant d’esquisser une réponse, Kaalia commença à se mettre en marche d’un pas rapide :
-Tu as oublié ce que nous a dit le Dirah ? À moins que le soleil ne t’a tapé trop fort sur la tête ? Si l’un de nous meurt, on est tous bon pour le trou ! Et je ne pense pas qu’ils aient beaucoup d’expérience avec les tempêtes de sable.
-Ah parce que toi oui ? Répliqua le gand
Kaalia poussa un soupir :
-Tu m’as bien regardé demi-portion ? J’ai grandi sur Kalee qui a connu plus de tempêtes de sables que tu n’en verras jamais, je peux te l’assurer.
Ils forcèrent le pas sans trop râler jusqu’à ce qui devait-être un poste de garde par le passé. Il ne possède ni porte ni fenêtre et c’est un exploit qu’elle tienne encore debout : un pan de mur est effondré vers l’intérieur. Seul avantage, elle n’a pas d’ouverture face au vent et le toit tient miraculeusement en place. L’endroit est catastrophique en cas d’attaque, mais s’avérera très utile dans le cas présent.
Une fois tout le monde à l’intérieur, kaalia commença à donner ses directives :
- Toi et toi. Elle désigne le kel dorr et l’Umbaren. Commencez à faire un petit muret du côté de l’effondrement, ça protégeras pas trop, mais ça sera mieux que rien.
Ils déposèrent leurs armes puis s’exécutèrent sans trop poser de questions. Kaalia en profita pour récupérer leurs armes et les déposer au fond du bâtiment qui ne contient qu’une seule pièce.
- Et toi, tu vas me garder ces deux datapads et tenir ces deux lascars en joue. S'ils essayent quoi que ce soit, tire leurs dans les jambes. Elle se pencha plus vers lui. Surveille surtout l’Umbaren.
Après avoir fait son petit speech, elle mit le pad dans son sac à dos puis se prépara à partir. Elle attendit le début de la vague de sable pour partir ; elle savait qu’il valait mieux rentrer dans la tempête que de se faire frapper par l’amas de sable déplacés par le vent.
La tempête faisait un vacarme assourdissant ; elle est si épaisse que Kaalia n’y voyait pas à 3 mètres.
À peine eu-t-elle le temps d’avancer d’une dizaine de mètres que Kaalia entendit un sifflement derrière elle qui se rapprochait à toute vitesse. Elle eut le réflexe de sauter sur le côté juste à temps : elle savait qu’il valait mieux rentrer dans la tempête que de se faire frapper par l’amas de sable déplacés par le vent.
Kaalia n’a aucune envie de finir en kebab de Kaleesh… Ni de ramasser du hachis d’humain composé principalement de ses camarades.
Elle se releva péniblement et se remit en route vers la position hypothétique d’Azel vers laquelle elle avançait bien malgré le sable et les divers débris qui dansaient autour d’elle. -
Post n°17
Auteur : Azel Kyone'e
Ce moment dans ta vie, où tu te demandes vraiment, mais vraiment, pourquoi tu t'es levé ce matin.
Au moment où je décolles enfin de cette satanée falaise, une saleté de bourrasque me fait dévier et j'embrasse avec fougue le premier pic qui passe sur ma trajectoire. Genre, si j'avais eu des doutes sur mon destin, quoi. Je peux bien le traiter de tous les noms, le vent, il en a rien à carrer et pis c'est tout. J'envie la nature, parfois. Bref. J'ai tout le mal du monde à ne pas me faire embarquer, je chute sur quelques mètres avant de me retrouver à nouveau dans une position stable. Heureusement, le jet n'a rien eu, et la pression dans les tuyères est bonne. Je reste suspendue en l'air, en vol stationnaire : surtout parce que je suis encore un peu sonné, mais aussi... parce que de là, je me tape une de ces vues, mon drôle ! Ahah, faut voir ça ! Comment tu veux pas avoir des envies mégalo quand tu domines le désert de cette façon ?! T'as juste envie de t'arracher les poumons en gueulant un truc sans queue ni tête, juste pour le plaisir de gueuler.
J'ai l'impression que le vent m'appelle. C'est chelou quand même. Azel ! Azel ! Ben tiens... Tu prends un peu tes désirs pour des réalités, toi, nan ? D'ailleurs, ça pourrait bien être n'importe quoi d'autre... Aisselle ! Donzelle ! Passerelle !
Mais le plus drôle dans l'histoire, c'est que le vent a la voix efféminée de ce puceau brun qui se veut soldat. Hey, attends... C'est lui ? Dans le doute, je me tourne : rien en contrebas. Mon regard fait le tour des falaises devant moi : rien. Punaise, s'il faut que je m'amuse à le chercher dans ce dédale, ça va être sympa. Avec ces bourrasques à deux dataries qui m’empêchent de voler correctement.
" Azel ! L'humaine ! Tempête de sable dans quatre minutes ! Il faut trouver un abri ! Vite ! "
Ah bah, pas de doute, c'est bien lui. Après une bonne minute de vol, je l'aperçois enfin. Sauf que je peux pas lui communiquer grand chose. Je mets les gaz et j'entre dans son champ de vision. Eh, mignon, t'es encore plus petit vu d'en haut ! Bon, sans blague, va vraiment falloir mettre les watts, on s'entend très mal. Je finis par capter le gros du message. C'est pas brillant.
" Tempête de sable dans quatre minutes ! "
Quatre minutes ? Mec, t'es sérieux ? ... 'tin, trop aimable... Comment on est sensé se carapater d'ici sans véhicule en quatre minutes ? Je soupire. Ma caboche en a pris un peu trop au décollage pour pouvoir réfléchir à toute allure. Pas le choix, va falloir bouffer du sable d'une manière ou d'une autre. Comme si j'en avais pas assez mangé en une journée ! Et les autres mignons qui sont toujours là-haut sur le plateau. Une seconde, je les imagine en train de courir partout comme des fourmis et j'ai envie de me marrer. Sauf je suis pas bien mieux lotie, mais bon... Bah, j'ai déjà vu pire. T'as déjà essayer de décoller direct en hyperespace avec une porte ouverte ? Moi ouais. Enfin, presque. C'était moins une.
" Descends ! Reste pas sur le plateau ! "
Vu la portée de ma voix dans ce vacarme, mes gestes prennent le relais très vite. Je le pointe, puis j'indique un endroit proche de lui avec un mouvement descendant du bras. C'est pas super clair, mais vu la situation, faut pas être un génie pour comprendre non plus... Par contre, le dadet est tout seul, et ça, c'est pas bon. On s'est quitté y a même pas une poignées de minutes et ces balots ont trouvé le moyen de se carapater. Tant pis pour leurs tronches, j'ai d'abord un hidalgo en péril sur ma falaise. J'abandonne donc le plateau et décrit un joli arc de cercle dans le ciel pour revenir en arrière. Pas mal pour quelqu'un qui a pas volé depuis un bail, eh ! Je penne à rester stable dans les courants d'air qui commencent à s'agiter en tous sens, annonciateur de la turbulence proche. C'est que c'est du lourd, le machin. Pas le petit vent d'entre les rochers d'un Rancor, si tu vois c'que j'veux dire. Je lance quand même à la cantonade, à tout hasard :
" Descendez TOUS, bande de moules manaanes ! Allez !! Sinon vous allez apprendre à voler, et sans jet pack ! "
Où est passée la Kaleesh ? Je ne la vois pas. Ils se sont dispersés ! J'aurais bien dû me douter qu'une telle brochette de gueules n'allait en faire qu'à sa tête. Bordel de Hutt ! C'est bien ma veine ! Je mets les gaz et je tente de repérer une brèche dans le mur de roche, suffisamment large pour me laisser passer, moi et mon bardas, mais pas suffisamment ouverte pour offrir une prise aux vagues de poussières jaunâtres qui se ruent sur nous. Je la vois, à présent : cette masse opaque à l'horizon. Une tempête, ça se déplace à plusieurs centaines de kilomètre heure. Je pense pas que celles de Geonosis fassent exception. Pourquoi j'ai l'intime impression que papy fusil et sa clique savait pertinemment ce qui nous attendait ? Y a intérêt que la paye soit bonne, pour qu'on s'encarre des rigolades pareilles. Franchement... Quand je pense que tout ça n'aurait jamais eu lieu si cette espèce de larve m'avait pas donné ces foutus billets. Vie à la noix. Je survole le bord des crêtes qui donnent sur le plateau, avec l'intime sentiment de refaire le chemin parcouru en sens inverse. Rien. Où se sont-ils barrés, ces fions de sarlacc ?! C'est pas vrai ! Qui m'a foutu une équipe pareille ! Ils savent pas ce que c'est qu'une tempête ou quoi ? J'espère pour eux qu'ils se sont enterrés, sinon... Game Over, et je vais pas rester pour voir ça. Je me détourne de la grande plaine aride et revient vers la position de l'humain. Il a progressé. Mais en face de nous, la tornade en a fait de même, si ce n'est plus. Plus le temps ! Plus le temps ! On se grouille ! Allez !
" Accroche-toi minet, on prend de l'altitude ! "
Je me revois des années auparavant, balancer un mioche dans les bras d'une arkanienne, le tout en rase-motte. Cette fois, c'est la manœuvre inverse, mais c'est tout aussi grisant. Je déboule à toutes barzingues dans le dos de l'homme et mes bras le ceinture en mode gros plaquage - sauf qu'j'ai pas l'intention de lui faire manger le sol, pour une fois. L'accélération donnée par ma parabole me permet de l'arracher de terre comme un aigle l'aurait fait de sa proie, et on se retrouve suspendu dans les airs, loin de la falaise. La puissance du jet est trop faible pour porter deux personnes adultes, mais le minot est léger, et ma petite figure m'a donné suffisamment d'élan pour me permettre de me maintenir en l'air comme je le souhaite. Là deuxième partie, en revanche, il risque de moins apprécier.
" Bon, j'espère que t'as aimé le petit baptême de l'air, on redescend sur terre. "
Là, ça va envoyer du lourd ! J'ai repéré ma petite faille. Une bourrasque me désarçonne, je roule avec lui dans les courants, avant de parvenir à me remettre droite. Je plonge : c'est parti mon gizka ! Comment ça, ça rime pas ? Rien à battre.
" T'arrêtes surtout pas ! "
Et c'est avec cette sentence énigmatique que je lui donne une bonne grosse impulsion vers l'avant, le larguant droit sur la fissure dans la falaise, à moins de trois mètres du sol. Sans regarder sous moi - s'il s'est éclaté en bas, j'dénie toute responsabilité - je remonte en poussant la manette à fond. La tempête file droit sur nous. Le compte à rebours commence, et j'ai un mal fou à revenir vers la falaise. Au final, je suis obligée de couper les gaz pour me laisser choir sur le rebord. Avec un énorme "clang", je tombe comme une masse. Mes genoux hurlent sous le choc, mais je tiens bon. Un souffle me rabat contre la paroi. Il me faut ancrer mes pieds dans la roche couverte de sable. Pas facile. Pas à pas, je tente de regagner l'endroit où j'ai larguer mon paquet sans parachute. Un pressentiment me fait lever les yeux. Parfois, mon instinct est pas si sot, faut croire ! La voilà, miss muumuu ! Toute seule dans la tourmente. Elle manque certes pas de cran, mais faudrait pas non plus manquer d'jugeote. Ouais, je suis pas super bien placée pour la sortir, celle-là, mais en l’occurrence, je me suis pas si mal débrouillée. Les mains en porte-voix, je crache ce qu'il me reste de poumons pour lui hurler depuis ma position :
" HEY ! ICI ! "
Sans tarder, je regagne l'abri de fortune. Quoi, si c'est moi qu'elle est venue chercher, elle a réussi : pas le moment pour elle de rebrousser chemin ! Sa silhouette finit par arriver, couverte de sable. Bon, demi-groupe 1, tempête 0. Pas si mal pour commencer la journée ! Voilà, on est pas mort, c'est déjà ça. Mais rester ici relève du suicide collectif. Le vent va nous arracher la tête, le sable va se transformer en grenaille et nous cribler comme de vulgaires feuilles. Ce serait plutôt stupide et douloureux, comme mort. Pas mon genre, désolée !
" On rentre là-dedans, et on trouve un passage qui nous permette de passer les prochaines minutes ici sans se faire enterrer vivants ! Si quelqu'un a une idée géniale, c'est maintenant ou jamais. "
Et le premier qui chouine, il va aller dire bonjour à la tempête avec une paire de claques en guise de bagage. Mais ça, je pense pas qu'ce soit nécessaire de le préciser. Allez, en route. Je passe devant, tournant le dos au vent qui hurle de plus belle. -
Post n°18
Auteur : AnsiktJ'aperçois finalement une forme volante dans le brouillard de sable autour de moi. La forme grossit et je distingue l'armure de l'humaine, flottant au dessus de moi, un peu à l'écart, casque sur la tête et visière baissée.
Elle reste stationnaire quelques instants. Elle semble m'avoir repéré, mais ne semble pas réagir. J'entends finalement des bruits étouffés venant de sa part, atténués par son casque et le vent violente.
- Méchant ! Ne mange pas les gâteaux !
J'hausse un sourcil, surpris, circonspect même. Il est très peu probable qu'elle ait cherché à me dire ça, mais c'est ce que je comprends. Foutu vent.
Ses gestes prennent le relais sur sa parole. Elle me pointe avec son bras, puis me montre un endroit en contrebas. J'aperçois alors un petit plateau avec un fissure proche. Je comprends vite. J'amorce ma descente alors qu'elle repart là où elle nous avait laissé précédemment.
La descente est compliquée. La pente n'est pas prévue pour ce genre d'acrobaties, et le vent n'arrange rien. Les roches sont instables et je manque à deux fois de glisser vers ma mort. Suite à une bourrasque, je manque de m'empaler sur un pic particulièrement pointu. Cherchant à ne pas être avance pour mon rendez-vous avez la Faucheuse, je décide de redoubler de précautions, mais une autre bourrasque me rappelle que la tempête approche à grande vitesse. Je suis trop lent, mais continue toujours de descendre, espérant que j'irai assez vite pour arriver à l'abri.
J'entends tout d'un coup un léger sifflement derrière moi. Sans avoir le temps de me retourner, je suis empoigné au niveau de la ceinture. Sa prise est ferme et assurée. Elle a l'air de savoir ce qu'elle fait. Enfin, c'est ce que j'espère.
Le décollage se fait sans grands accrocs, étonnement. Je commence à prendre de l'altitude. Ce serait grisant, si je n'étais pas en danger de mort.
Cette fois, j'entends clairement ça voix et ses paroles. Retour à la terre ferme, donc. Je la sens piquer vers la falaise et gagner de la vitesse. Suite à une énième bourrasque, nous virons sur le côté, mais elle nous remet "droit". Elle semble avoir une certaine maîtrise de l'engin. Je ne peux pas lui enlever ça. Je serais mort à l'heure actuelle sinon.
Nous plongeons alors que je l'entends proférer quelques mots.
- T'arrêtes surtout pas !
De quoi elle parle ? Je n'ai pas le temps d'analyser ses paroles que je sens son étreinte se relâcher autour de ma taille. Je chute. Ma vision se concentre en face de moi. A peu près trois mètres entre moi et le sol. Non, deux mètres cinquante. Ou deux mètres ? Le temps semble se ralentir autour de moi. Ca va faire mal, c'est indéniable.
Par réflexe, je me recroqueville, plie mes jambes et mes bras, et blottis ma tête entre ces derniers. Je sens la dureté du sol contre mon dos et roule. Par chance, je ne suis pas mort sur le coup. Je ne compte pas mon nombre de tours, mais décélère progressivement. Après quelques secondes, je heurte un mur dans un bruit sourd, en soulevant un nuage de poussière mélangée à du sable.
Mon corps entier criant de douleur, je me relève avec difficulté. Elle n'y est pas allé mollo, dis donc. J'étire mes muscles endoloris et fais craquer mes doigts. Encore étourdi, j'arrive à voir à peu près où je suis. Dans la fissure. Juste à l'entrée. Une pierre a bloqué mon avancée. Derrière moi, la tempête de sable fait rage. Devant moi, un tunnel biscornu s'enfonce dans l'obscurité. Je m'agenouille et vérifie le contenu de mon sac. Tout est en bazar, mais à peu près en bon état. L'écran du datapad est fissuré, mais il fonctionne toujours. A une exception près. Mon bâton électrique est un peu plié. J'essaie de faire jaillir l'électricité. Elle ne sort que d'un côté. m****.
Finissant ma fouille, j'extirpe une lampe de poche basique. Le verre est fissuré mais la lampe fonctionne encore. C'est bien ma veine.
J'entends l'humaine crier et me retourne. Mon rayon de lumière braqué vers la sortie, je vois une armure ensablée tenir debout devant moi. Je me retiens de faire une remarque cynique et hoche simplement la tête vers elle, signalant que je n'ai rien de cassé, même si je suis certainement couvert de bleus.
La Kaleesh arrive alors que j'essaie d'épousseter mes vêtements. Elle est couverte de sable, mais n'a pas l'air blessée . Cependant, mon expression neutre du visage cache mon énervement. Je lui ai demandé une chose, et elle ne l'a pas appliqué. Je me redresse et l'accoste d'une voix étonnement grave pour mon gabarit apparent.
- Pourquoi et dans quelles conditions as-tu laissé les autres seuls ? Ils sont à l'abri, j'espère ? Ils ont au moins un datapad ?
Ma tête fourmille de questions, de réflexions et de contre-réflexions. Si elle s'est bien débrouillée, un groupe a deux datapads, et l'autre en a un seul. C'est mieux que rien, mais c'est très mauvais si on a besoin de recouper les informations des trois datapads ensemble. Je n'ai aucune garantie de la sécurité des trois autres, et l'Umbaran était plutôt inquiétant tout à l'heure. C'est une situation très défavorable. Fais chier.
L'humaine reprend la parole. J'acquiesce à son idée d'un discret hochement de tête, et me mets à la suivre de près dans le tunnel étroit, lampe de poche à la main.
Nous marchons longtemps dans ce cauchemar pour claustrophobes. J'entends toujours la tempête hurler au loin derrière nous. Du sable continue d'être acheminé à nos pieds, signifiant que nous devrions continuer d'avancer jusque trouver un endroit plus spacieux où s'installer.
La monotonie s'installe. Le silence est pesant. J'essaie de penser à ce que l'on pourrait faire une fois sortis de ce trou à rats, mais je suis distrait soudainement par un petit craquement, presque imperceptible, devant nous. Par réflexe, je prends l'épaule de la mandalorienne et tire vers moi. Elle recule et j'avance, mais c'est trop tard. Le sol sous moi d'effondre et je roule en bas d'une pente dans un vacarme énorme. En bas, je me relève précipitamment et regarde autour de moi. Je suis dans une grande grotte, couverte de sorte de minéraux brillants. Jamais vus, mais ils éclairent la "pièce" d'une faible lueur bleutée. Des stalactites et stalagmites ornent les parois de la grotte. Dans mon dos, la pente sur laquelle j'ai réitéré mon expérience de roulé-boulé. Devant moi, plusieurs gros stalagmites qui pourraient faire une bonne cachette. Certains grimpent même jusqu'au plafond pour faire des sortes de piliers. C'est assez artistique, mais cela ne m'empêche pas de me demander comment je vais sortir d'ici.
Je reprends ma lampe et fais le tour de la pièce. Dans le mur opposant la longue pente se situe un trou, plutôt haut et très large, mais surtout très sombre. Curieux, je braque mon faisceau lumineux à l'intérieur. Rien, mais je suis surpris par la longueur du tunnel.
Tout à coup, j'entends un bruit. Mais pas un craquement. Quelque chose de plus gros, plus inquiétant. Je recule de quelques pas et me cache derrière un des piliers proche de la pente. Le gros bruit se rapproche. Je me risque un rapide coup d'oeil quand je le sens près de moi.
Un frisson parcourt mon échine. Un Acklay. Pas très grand comparé à celui de l'arène ce matin, mais certainement tout aussi teignant. Il est d'un vert kaki et fait plusieurs mouvements de tête autour de lui. Je remarque qu'il lui manque deux de ses trois yeux, mais cela ne change pas grand chose à ma situation. S'il me trouve, je suis foutu. Je n'ai pas grand chose pour me défendre.
J'hésite à changer d'apparence. Je connais plusieurs espèces volantes qui pourraient me permettre d'échapper d'ici incognito. Mais le risque serait de me faire voir par les deux autres en haut. Je suis dans une impasse.
Profitant des angles morts de la bête et du fait qu'elle n'ait pas encore trop bougé, je vise le haut de la pente avec ma lampe et clique plusieurs fois sur la bouton. Plusieurs flashs lumineux atteignent le plafond, beaucoup plus haut, au dessus de mes deux compagnonnes d'infortune. Supposant que je possède désormais leur attention, j'écris de façon très hasardeuse les mots "Aide" "Acklay" "Chut". Espérant qu'elles comprennent, je commence une partie de cache-cache avec le monstre pour ne pas qu'il me trouve. Une partie de cache-cache mortel. -
Post n°19
Auteur : KaaliaAu milieu du sable soulevé par un vent de plus en plus volent, kaalia commençait à regretter son entreprise ; après tout, si elle avait trouvé un endroit où s’abriter, eux aussi certainement.
Et justement, voilà la boite de conserve qui gesticule en contrebas
- HEY ICI !
Kaalia se dépêcha de la rejoindre en descendant la pente escarpée. A l’aide de ses griffes, ce ne fut pas trop un problème.
On rentre là-dedans, et on trouve un passage qui nous permette de passer les prochaines minutes ici sans se faire enterrer vivants ! Si quelqu'un a une idée géniale, c'est maintenant ou jamais.
Se faire enterrer vivant ? Ce n’est pas une perspective très sexy en effet, et Kaalia en est bien consciente, seulement, la fameuse crevasse semblait plus profonde qu’elle en avait l’air au premier coup d’œil, à l’intérieur se tenait Ansikt qui semblait surpris de voir Kaalia. A peine entrée à l’abri qu’elle se fait déjà apostropher :
- Pourquoi et dans quelles conditions as-tu laissé les autres seuls ? Ils sont à l'abri, j'espère ? Ils ont au moins un datapad ?
Elle le regarda longuement droit dans les yeux avec un regard qui exprime tout l’inverse de la tendresse.
"- Tu ne nous en as donné qu’un, et je leurs ai laissé. Tu as les autres je présume. Et pour ce qui est de l’abris… et bien… je les ai mis à contribution pour leur propre survie, c’est un juste retour des choses je trouve."
Dans cette caverne, pendant que le petit groupe avançait, le temps semblait s’étirer ; le calme qui régnait en ce lieu contrastait totalement avec l’extérieur. Ça en devenait presque gênant, et lorsque le silence en arrivait à être lassant, un fin craquement vint chambouler tout ça.
En quelques secondes à peine et dans un grand fracas, le sol céda sous Ansikt qui dégringola le long d’une petite pente et s’échoua contre un pilier naturel. Une douce lueur bleutée se rependait dans la cavité rocheuse, s’en est presque hypnotisant. Mais d’un coup, Ansikt semblait paniqué et se cacha à toute vitesse derrière un pilier ; quelques petites secondes plus tard il essaya de communiquer quelque chose à Kaalia et Azel après avoir obtenu leurs attention grâce à plusieurs flash lumineux ; Un aclay.
Tout ce que Kaalia avait appris sur les Mumuus lui revint en un éclair : si les aclays agissent comme eux, les faibles et les anciens restent auprès des petits pendant que les plus forts partent chasser. Dans tous les cas le petits groupe est mal barré : ils pourront bien évidemment tuer un aclay, au vus de la disposition de la salle, le déborder ne sera pas trop difficile à trois mais que se passera il si les autres reviennent ? Ou si les petits sont en âge de chasser ? Un prédateur miniature est moins fort mais beaucoup plus rapide.
"- je vais descendre le rejoindre, il faut absolument vérifier s’il y a des petits. Et si c’est le cas, on en verra d’autre."
Sur ce, elle se laissa glisser tout doucement contre un pilier à côté de celui contre lequel était appuyé son compagnon d’infortune.
Pourquoi je fais ça au juste !
Elle se saisit d’une pierre et la lança dans un coin. L’aclay, comme n’importe quel animal partit s’enquérir de ce mystérieux bruit, ce qui laissa le temps à Kaalia de s’approcher du fond de la dite caverne en longeant les piliers.
Et comme elle le craignait, il y avait bel et bien des minis aclays. Elle se rapprocha assez d’Anskit pour pouvoir lui chuchoter :
"- Il y a des petits ! On doit partir vite !"
Seulement, l’Aclay n’est pas sourd et se rapprochait dangereusement de Kaalia. Et pour ne rien arranger, sa jambe commençait à la faire souffrir… -
Post n°20
Auteur : Azel Kyone'e
On peut pas dire que notre situation soit très brillante. Mais bon. Chaque chose en son temps, on est en un seul morceau, c'est déjà pas mal quand on voit le bazar là dehors. Je jette un regard rapide aux deux des lascars qui restent avec moi : ils sont intacts, ou presque. Donc pas la peine d'épiloguer sur ce qui vient de se passer, on doit se mettre en route. Vers où ? Mais je t'en pose des questions ?! J'en sais rien et je m'en fiche. Faut dégager la place. On verra bien après.
Je vérifie l'état des sangles, le contenu de mes poches, et c'est parti. D'abord, doucement pépette, parce que le fond de l'entaille est pas bésef large. Je manque de rester coincée, avec mon attirail. La suite est plus qu’exiguë. C'est une succession ininterrompue de dénivelés glissants, de roches saillantes et de boyaux distordus. On y voit tellement que-dalle que je suis obligée de sortir mes lunettes de vision nocturne. J'aurais pas pensé à devoir les utiliser en plein jour, celles-là.
On descends en silence, laissant le vent derrière nous. Je commence à douter de trouver un fond à cette brèche. Où va-t-on bien pouvoir déboucher ? Certainement à des parsecs de notre but initial. Gé-nial. Quant à recevoir un foutu signal sur un pad à trente kilomètre sous terre, faut pas rêver. Seuls au monde, comme des grands. C'est quand on débouche enfin sur une grotte que je comprends qu'on est dans la mélasse jusqu'au nombril : du bruit en face. Genre, tu croyais être seul pénard dans le pire trou paumé de la pire planète paumée de la galaxie, au beau milieu d'une tempête... Eeeh bah c'est raté pépère ! Rendez-vous dans une autre vie : celle-là est plutôt mal barrée. Devant moi, le Kid s'est arrêté comme si on avait appuyé sur le bouton off. C'est mauvais signe. Courbée en deux, je pose une main sur un rocher, les lunettes tenues devant les yeux de l'autre pour voir la tronche de l'origine de ce bruit dantesque. Et je n'ai pas à attendre plus d'une poignée de secondes avant qu'une silhouette énorme déboule dans notre champ de vision.
Un Acklay. La bestiole de l'arène ! Bordel de Hutt, il est si près que je peux voir les stries autour de ses mâchoires... Je ne bouge plus d'un millimètre, fascinée par cette machine à tuer. Si ce truc te chope un bras, il te prend le reste avec, pour sûr ! Je revois encore le gladiateur de ce matin. Je me souviens de la vélocité dont l'Acklay fait preuve : rien à voir avec l'allure de mastodonte pataud qu'il laisse paraître. Même si le corniaud a l'air d'avoir déjà bien pris cher pour son âge... Un vrai challenge : j'ai déjà le sang qui bout dans les vaisseaux. Avant de me rendre compte que j'ai rien qui pourrait faire office d'arme sur moi. Hm. Quoique : le jet pourrait bien se transformer en lance-flamme si besoin. Je m'assure une bonne prise sur la manette des gaz, au cas où. Je reste à ma place : on s'imprègne du terrain. Trop débile de tomber dans un trou parce qu'on regarde pas où on met les pieds. Je pourrais facilement rejoindre l'autre côté de la grotte, mais ça signifierait lâcher mes joyeux potes et nous faire repérer dans l'instant. J'ai du mal à me dire que c'est une mauvaise chose, sauf que je me souviens des consignes. Au moins ça. L'autre vieux veut qu'on s'en sorte tous, donc planter le groupe au milieu d'un nid de prédateur, c'est pas la meilleure chose à faire pour remplir la mission.
" Je vais descendre le rejoindre, il faut absolument vérifier s’il y a des petits. Et si c’est le cas, on en verra d’autre. "
La Kaleesh a l'air de savoir ce qu'elle fait. Perso, je m'y connais pas en Acklay. Autant laisser mesurer les autres. Si le gros machin décide qu'il a un creux, je suis mieux placée ici pour le prendre à revers. Des trois, je suis certainement la moins furtive. Faut bien le reconnaître quoi. Les passages incognito, c'est pas ce que je sais faire de mieux. Je suis plus utile en mode "diversion".
" Il y a des petits ! On doit partir vite ! "
Ben voyons... Un seul, c'était bien sûr pas suffisant. Tiens, et si on piquait un petiot ? On pourrait peut-être l'élever et s'en faire un beau char d'assaut... Non, 'tsel, c'est une très mauvaise idée. Oublie-la. Dommage... Et on part par où ? Impossible de faire demi-tour. Il faut avancer. Je tourne la tête de tous côtés. Si seulement j'avais un radar en état de marche. Là, c'est système D et rien que ça. Allez, 'tsel, s'il te reste quelques neurones, c'est le moment de les mettre à cuire. La réussite est pas assurée. Pour faire simple, en général mes plans incluent toujours quelque chose de foireux. Quant à savoir quoi, là, c'est la surprise du chef. Je sais que la voie empruntée par la Kaleesh mène droit dans le piège. J'arrive plus à localiser l'autre oiseau. Calcul grosso modo : je vais essayer droit devant. Au moins ça, je suis sûre de savoir faire.
Mais au moment où je tente ma chance, la bestiole revient sur ses pas et grogne : pas idiot le machin, il a certainement d'autres sens que ses yeux pour chercher sa pitance dans le noir ! Je serre les dents, furieuse. Si j'avais un bon flingue, je lui en aurais certainement collé une entre les deux derniers, d'yeux. Même si au fond, j'ai rien contre lui - je suis même carrément d'accord pour laisser les bestioles proliférer tranquille, ça fait toujours de la bonne chasse... - là, il m'embête plus qu'autre chose. Je perds du temps, donc, ma patience. Je recule et me plaque de nouveau contre le mur. On se fixe, un temps qui me paraît incroyablement long. J'ai même le temps d'envisager une centaine de solutions toutes plus bêtes les unes que les autres avant que l'animal ne se détourne. Faut dire que l'odeur du métal chaud, ça doit pas être super attirant pour lui. Plutôt cool pour moi. En revanche, s'il me voit bouger, il risque de comprendre certaines choses. Dooonc, pas de bêtise, on se souvient des consignes de pépé fusil et on avance gentiment. Une fois l'Acklay repartit dans l'autre sens, je bondit au milieu de la grotte, roule sur moi-même pour venir me jeter derrière un amas de stalagmites, le plus loin possible du trou contenant les rejetons de Madame/Monsieur/cochez la mention inutile. Le bruit a pas dû passer inaperçu, sauf que le temps que le monstre revienne sur ses pas, je suis déjà à une bonne dizaine de mètres. Au mieux, ça laisse le temps à mon acolyte reptilienne et l'associé de trouver une sortie... Je me détourne de l'Acklay qui tourne en rond pour explorer à mon tour mon coin de grotte.
Cul-de-sac. J'étouffe un juron. J'ai pas le choix : si l'Acklay se pointe, je suis coincée. Si les coordonnées X et Y sont une impasse, reste que le Z. On grimpe ! Je m'accroche aux pointes de roche qui parsèment la paroi en espérant qu'elles ne cèdent pas sous mon poids. Je parcours ainsi, à la verticale, un chemin qui me paraît dix fois plus long qu'il ne l'aurait été à pieds. Je passe au-dessus de l'animal, de telle sorte que je m'aperçois que je ne respire plus depuis deux bonnes minutes quand je redescends de l'autre côté, près du tunnel où les deux autres parviennent laborieusement. Allez, plus que quelques mètres... Mon pied droit fait craquer tout un pan du plafond, et je me sens partir, attirée par cette foutue gravité de mes deux. Activer le jet à une hauteur de moins de cinq mètres, c'est impossible. Autant déployer un parachute. Je chois de toute ma masse au beau milieu du passage. L'atterrissage me laisse un arrière goût métallique des plus désagréables : j'ai beau avoir les articulations rodées, j'en prends pour mon grade, une fois n'est pas coutume. Le souffle coupé, je redresse la tête : rien de cassé, mais plus à découvert, tu meurs. Le temps que je reprenne mes esprits, l'autre s'est rendu compte qu'il n'était plus seul dans sa maisonnette. Coucou, salut, moi c'est Azel, et toi ? Casse-croûte ? Naan, j'crois pas.
" Oups. "
C'était quoi, déjà ? Ah ouais, une formation militaire. Tu parles d'un merdier... Un hurlement retentit dans mon dos et je détale au quart de tour. Je dépasse mes deux coéquipiers en trombe tout en leur lançant :
"CHAAAAUD DERRIÈRE !"
... en guise de salut. C'est parti pour un petit sprint des familles ! -
Post n°21
Auteur : Super PNJ
Après dix minutes, l'intensité de la tempête avait diminuée. Sous la lumière grésillante d'un néon à peine fonctionnel, le major surveillait les données de son datapad: la vitesse des vents n'était plus qu'à 75 km/h. Ayant trouvé refuge dans une cave aménagée à la base de la tour de garde, il avait patienté tranquillement, inspectant son équipement alors que les bourrasques démentielles faisaient grincer l'acier et la pierre au-dessus de lui, surveillant l'évolution des conditions climatiques. À présent, il était prêt à sortir. Il avait troqué ses médailles et son uniforme richement décoré contre une tenue bien plus pragmatique, et était actuellement en train de tapoter sur son datapad militaire : il avait accès aux transmissions sur la base d'entraînement et l'une d'elles avait retenu son attention.
S'il n'avait pas lu ce message, il serait resté tranquillement dans son abri, et aurait repris la surveillance des recrues. Mais le fait était, elles avaient besoin d'être plus soigneusement encadrées.
Sur la base de cette unique communication, ce message intercepté par hasard, il avait décidé qu'il devait agir à son tour. Ayant fini sa petite procédure, il rangea son précieux appareil, et réfléchit pendant quelques secondes.
Peut-être que Jane s'était trompé sur le compte des novices. Peut-être n'étaient-ils que ça, finalement ? Des débutants qui jouaient aux durs ? La bande ne devait pas en mener large à présent, perdus dans un environnement hostile, avec des indications éparses et un équipement sommaire. Le séparatiste allait falloir réparer son erreur, en bonne et due forme. Fort heureusement, il n'était pas trop tard – loin de là. Jane enfila un masque respiratoire, qu'il enclencha avec un « pssshh » vaporeux. L'air artificiel produit était plus frais que celui de la cave où il était, ses poumons mirent quelques secondes à s'habituer. Après avoir testé différents rythmes de respiration – lents puis saccadés, satisfait de son équipement toujours fonctionnel, il enfila une paire de lunettes hermétiques ; une petite diode lumineuse s'alluma sur le verre droit. De la mallette, il sortit un épais sac de tissus blanc : c'est là qu'il mit toutes ses affaires, avant de passer ledit sac en bandoulière. Pour finir, il passa un manteau plus habitué au climat désertique : l'habit était lui couleur sable – pour des raisons de camouflage - confectionné dans un tissus épais et ample, à la façon de ces peuples du désert sur Tatooine ; c'était un vêtement fait pour protéger chaque parcelle de peau sous des couches et des couches de tissus, tant pour garder son porteur des ravages d'une tempête que pour le protéger du mortel Soleil. Le terme de manteau était très réducteur ; il descendait jusqu'aux chevilles à la façon d'une robe, dissimulait les bras à la façon d'un pancho, et des épaisseurs au niveau de la nuque donnaient l'impression d'une écharpe, tandis qu'une capuche venait perfectionner la protection contre les éléments.
Ne restait de tout son équipement qu'une chose qu'il n'avait pas encore rangée ou enfilée : un long fusil noir à lunette. Son baril étiré ne laissait aucun doute sur sa classification : c'était un sniper. Le major Fawchester ajusta sa capuche, puis prit sa fidèle arme. Avec de la chance, il n'en aurait pas besoin. Après avoir bien contrôlé qu'il n'avait pas oublié de matériel derrière lui, il avança vers une volée de marches, qui menait à une trappe : la sortie de la cave. Il éteignit le vieux néon, qui claqua sous le choc, puis poussa la trappe, se jetant vers les vents et les sables furieux.
***
Guidé par son datapad, Jane avait traversé la tempête, traquant les datapad de ses recrues. Le signal était faible, mais c'était du matériel militaire, étudié pour se rire des éléments. Il fallait juste savoir s'en servir. Ainsi, il s'était enfoncé dans un dédale de tunnels naturels, des boyaux creusés par des millénaires d'intempéries – et sans doute aussi une ancienne rivière souterraine. La petite loupiote sur le côté des lunettes de Fawchester l'aidait à progresser dans ce dédale, car le sol était hautement irrégulier ; des virages en épingle succédaient à des trous soudains, parfois un faux plat était suivi d'une brusque pente – et la pierre était humide, glissante, couverte d'une mousse puante. Il se baissa sur cette pestilence, la tâta de ses gants. La substance était épaisse, une sorte de liquide morveux et verdâtre. Il plissa les yeux. C'était caractéristique d'un prédateur qui sévissait depuis quelques années maintenant – grâce aux arènes qui l'avaient exporté ici – dans le désert géonosien : l'Acklay.
Et si les recrues avaient été dévorées par l'Acklay ? Il se remit en marche, son sniper en mains, alerte. Ses yeux furetaient partout, chaque trou noir dans le mur, chaque bosse sur le sol, chaque stalactite au plafond, tout semblait suspect à ses yeux experts, rien n'était omis car chaque ombre pouvait être médisante, traîtresse, mortelle. Soudain, des bruits de pas ! Il se figea. Devant lui, à l'autre bout du tunnel, un trio courait dans sa direction. Trois humanoïdes, dont en tête une armure mandalorienne. Derrière eux venait un monstrueux insectoïde, qui commençait à les rattraper. L'Acklay. Le major inspira, se mit en position pour tirer. Il mit en joue le prédateur, puis retint son souffle. Il ne pouvait pas tirer immédiatement : la mandalorienne lui gâchait l'angle. Il stabilisa son souffle patient. La créature n'était que quelques mètres derrière eux ! Il se fixa sur l'armure qui courait dans sa direction. Trois mètres...Deux mètres...Un mètre...Elle passa à côté de lui. Sans hésiter, il pressa alors la gâchette.
Un bang sonore ; le tir frappa le prédateur en pleine tête. Avec un cri douloureux, la bête perdit l'équilibre. Le major rechargea. Clac clac fit le fusil, alors que la cartouche usagée tombait au sol avec un cliquetis cristallin. Il fit un pas pour s'approcher de l'Acklay agonisante, agitée de convulsions, battant futilement l'air de ses pattes mortelles.
Lentement, presque cérémonieusement, il posa le canon de son arme contre la tempe sanguinolente de l'infortunée créature. C'était une fin injuste...Mais c'était comme ça. Boom. Le tir fit sauter la tête démesurée comme une affreuse pastèque.
Il se tourna alors vers ses recrues, qui s'étaient immobilisées quelques mètres plus loin. Il ôta la capuche de son visage, ainsi que ses lunettes et son masque respiratoire – ultimes précautions pour la tempête de sable. Son regard était neutre. Il n'affectait aucune déception, mais n'était guère plus satisfait :
- J'ai intercepté une communication qui devrait vous intéresser. Le reste de votre équipe a été capturé par une patrouille de l'armée bleue – l'un des deux camps qui combat sur ce terrain.
Il laissa quelques secondes aux novices, pour qu'ils impriment l'information.
- Vous avez échoué à rester groupés, et en raison de cela, la moitié de votre équipe a été capturée. L'endroit où se trouvent les prisonniers est un camp militaire hautement gardé, où fourmillent les troupes. L'armée qui garde le camp traitera les prisonniers comme les intrus qu'ils sont, et va chercher à en extraire un maximum d'information, particulièrement sur la raison de leur présence. En d'autres termes, votre couverture dans la zone est compromise. D'ici ce soir grand maximum, des patrouilles seront à votre recherche – car vous pourriez être des espions de l'armée adverse.
Il les regarda tour à tour.
- Première leçon : vous êtes une équipe, une équipe agit ensemble et ne se sépare pas en territoire ennemi. La survie de l'équipe, c'est la survie de l'individu.
Quelques secondes à nouveau, où il s'abstint de dire quoi que ce soit pour que ses paroles s'imprègnent bien dans l'esprit des séparatistes en devenir.
- Vos petits camarades seront formés par l'armée bleue : ils resteront dans leur geôle pour un temps, puis on leur inculquera convenablement toutes les notions qu'il leur sera bon de savoir – pour ne plus être capturés à l'avenir, ou ne rien dire s'ils venaient à être attrapés quoi qu'il en soit. Vous resterez avec moi pour une formule plus...Classique. La tempête est bientôt terminée. Lorsqu'elle sera terminée, nous remonterons à l'endroit où la navette vous avait laissés. Vous aurez droit à une douche, des vêtements propres, le reste de la journée pour vous reposer, et même à un repas ce soir. Et demain, nous entamerons l'entraînement. La formule sera simple – académique : le matin, vous entamerez par de la course à pied au réveil, pour vous tonifier. Le reste de la matinée sera dédié à l'étude, où vous seront enseignées les valeurs séparatistes, et les informations que vous auriez pu manquer, géopolitique, armements séparatistes, procédures d'intervention...L'après-midi sera dédiée aux exercices physiques et à la manipulation des armes. Garde-à-vous recrues ! Un brillant futur vous attend.Spoiler
-
Post n°22
Auteur : AnsiktNota bene : ne plus jamais prendre de travail illégal sur une planète séparatiste.
Je suis la Kaleesh avec un pas allongé, rapide. L'humaine est derrière nous et essaye également d'échapper à la tonne de muscle qui nous poursuit avec envie. Le tunnel s'assombrit progressivement. Au bout de quelques secondes, des yeux normaux ne peuvent plus rien y voir. Inconsciemment, les miens se changent. Ils se font plus félins. Une fente se dessine alors que la pupille se jaunit. Je recouvre une vision en noir et blanc, mais je peux au moins voir ce qui se trouve devant moi.
Nous avons de la chance : aucun virage à l'horizon. Le tunnel semble s'étendre indéfiniment. Un tournant aurait été fatal, mais nous ne sommes pas tirés d'affaire pour autant. Le monstre derrière nous gagne lentement du terrain. Notre seule chance serait de le confronter, mais comment ? Aucun de nous ne possède d'arme à distance, et il serait suicidaire d'aller au contact de la bête.
Dans mon tourbillon de pensées, je ne remarque qu'au dernier moment une forme humanoïde devant nous. Impossible de la reconnaître, et elle armée d'un long fusil. Un sniper ? Allié ou ennemi ? Il va falloir faire sans cette information. Il porte son arme à l'épaule et vise. Il semble concentré. Je continue ma course jusqu'à entendre une détonation proche. Surpris, le bruit m'assourdit légèrement. Je m'arrête et regarde derrière moi, essayant de masser mes tympans un peu endoloris. L'Acklay est à terre et l'inconnu s'apprête à lui porter le coup fatal. Une deuxième détonation. La monstre ne bouge plus. L'inconnu se retourne et revient vers nous.
Ce dernier enlève une partie de son équipement facial. Le Major. Que fait-il ici ? Enfin, je ne me plains pas. Il vient de nous éviter une mort douloureuse. Mais comment a-t-il su ? Les datapads ?
Il finit par allumer une lampe torche pour que l'on puisse le voir. La lumière m'agresse la rétine. Je suis obligé de fermer les yeux et de me retourner quelques secondes pour changer de nouveau mes yeux. J'ai l'impression qu'ils sont en feu. Je me les frotte quelques instants, et reprend une position à peu près normale. J'espère n'avoir éveillé aucun soupçon.
Le Major nous informa que l'autre partie de l'équipe avait été capturée. Merci la Kaleesh. Je tâcherai de m'en souvenir. Le militaire nous informe qu'ils ont été pris par une des deux armées, et que de ce fait des patrouilles vont se mettre à parcourir la zone pour voir s'il reste d'autres "indésirables". Logique.
Il continue alors son sermon sur l’importance de l’esprit d’équipe. Il va continuer longtemps ? Je peux comprendre que c’est sa priorité en tant qu’instructeur, mais nous matraquer ça à chaque rencontre ? Pitié…
Apparemment, le reste de “l’équipe” va être formée par une des deux armées qui se bat sur cette zone. Mais… Pourquoi ? J’ai loupé quelque chose ? Ils vont être conditionnés pour changer de camp, ou il y a un truc ? Le Major nous expose la suite de la journée et de notre “formation”. Des vêtements propres et une douche, quelle délicate attention. Je préférerais me barrer de cette planète, refaire une vie autre part, mais je doute avoir le choix pour l’instant. Je vais devoir me fondre dans la masse, pour l’instant…
Nous suivons les instructions et demandes du militaire. Le voyage jusque la navette se déroule simplement. Nous reprenons à pied le même chemin que tout à l’heure. Tant de complications pour pas grand chose. Et un Acklay mort en plus. Son cadavre nourrira certainement ses petits, tiens. La navette arrive et nous emporte. Je m’installe le plus à l’écart possible et reste muet. Je réfléchis au potentiel incident avec mes yeux. J’espère ne pas avoir merdé. S’ils ont vu quelque chose, il faudra qu’ils gardent le silence, ou que je disparaisse plus tôt que prévu. Je ferai mieux de ne pas donner trop d’informations sur moi. Encore une fois. Ca fait combien de temps que je n’ai pas eu un logement sûr avec un entourage en qui j’ai confiance ? Depuis Avinash ? D’ailleurs, je n’ai pas revu Alduin depuis que je suis parti de l’arène… Je ne sais pas si je dois espérer qu’il ne me retrouve pas, pour être tranquille, ou espérer qu’il me retrouve, pour qu’il m’aide à me sortir de ce coin. J’espère également qu’il ne va pas faire un carnage et attirer l’attention… Mais il reste généralement discret. Je n’ai pas de soucis à me faire.
La navette atterrit après un long moment. Nous sommes dépêchés en dehors du véhicule et guidés à travers le complexe. Baie d’atterrissage, champ de tir, armurerie, dortoirs… Les salles s’enchaînent. J’essaye de les retenir. Ça pourrait être utile, au moins le temps de mon séjour ici. Ou alors si jamais j’ai besoin de revenir ici sans y être invité.
Le soir arrive. Nous sommes assignés dans un dortoir un peu à l’écart des autres militaires et recrues présentes dans la base. Nous prenons une douche chacun à notre tour, nous changeons, et partons manger. Le repas se passe… normalement. Enfin, je n’allais pas m’attendre à une révolte dans une base militaire. Cependant, les autres militaires et recrues portent des regards furtifs sur nous. Ils semblent surpris par notre présence. Ou alors est-ce du dédain ? Ou de la pitié ? Je ne cherche pas à démêler le vrai du faux et finis mon repas dans le calme. Je retourne ensuite dans notre dortoir et m’allonge sur mon lit, pensif. Dois-je garder une vie de fugitif, ou faire une carrière ici ? D’après le Major, ce serait possible… Mais est-il vraiment objectif ? Est-il vraiment honnête ? De plus, je ne me vois pas être soldat. Je suis plus doué pour l’infiltration. Mais le suis-je vraiment ? Ou est-ce que je me base beaucoup sur mes attributs raciaux ? Je m’endors finalement dans mes réflexions. -
Post n°23
Auteur : Azel Kyone'eBon sang, 'tsel, cette fois, tu peux pas le nier, c'est toi qui nous a mis dans le pétrin. Je cours comme j'ai plus couru depuis bien des années. Punaise, c'est comme un retour en arrière. Dans les plaines de Keldabe et ses hordes de Malraas sauvages qui te donnent la chasse dès que t'a le malheur de te faire voir d'un peu trop près ! Sauf que c'est pas un Malraas qu'on a aux fesses, mais un machin de quatre mètre de haut, à six pattes dont deux se terminant par des pinces capables de couper un droïde en deux. Je cherche pas à me retourner, les cris stridents et les craquements de la roche suffisent à me persuader que Marcel n’a pas envie de plaisanter. Je préfère me concentrer sur ce qui vient devant : une suite continue d’obstacles naturels en pente de plus en plus raide. J’ai l’impression qu’on tourne en rond. Non, c’est pas qu’une impression : je reconnais l’embouchure par laquelle on est rentré ! Les grottes forment un circuit fermé ! Ah, punaise, c’est bien la première bonne nouvelle de la journée ! J’entends ma respiration en écho, comme les basses d'une vieille chanson pourave passant en boucle sur les ondes de Nar Shaddaa. J’dois bien l’avouer, ça me fait triper : enfin un peu d’action bordel de Hutt ! C’est pas trop tôt ! J’remercierai presque cette face de Rat Womp de m’avoir coffrée. Grâce à lui, j’ai l’impression que ma vie va enfin changer dans le bon sens de marche ! Bon, après , les sprints dans les grottes au sol glissant, c’est pas non plus mon meilleur trip, mais on fait avec c’qu’on a.
Droit devant, les lunettes de vision nocturne m’indiquent la présence d’un individu planqué quelque part sur notre droite. L’Ackay déboule dans notre dos et je me dis que de toute manière, j’en ai pas grand-chose à faire… Après tout, que ce soit un ermite ou un animal, s’il a envie de se frotter à Marcel, c’est son problème, pas le mien ! Je le dépasse sans m’arrêter, ne pensant pour ne pas changer qu’à ma petite personne. Comment ça, égoïste ? J’te zute.
ZPAM !
Fusil à projectile, longue portée, moyen calibre. Je sais pas, c’est réflexe, et ça attire immédiatement mon attention. Je freine en un dérapage plus ou moins contrôlé, pour finalement me retourner et voir l’Acklay s’écrouler raide mort sous un deuxième tir. La vache, c’est pas un débutant, le reclus du désert ! Il sait viser, et pas qu’un peu. Une silhouette à l’allure humaine vient de sortir de derrière les rochers. Je reste figée, au fond de moi pas tout à fait persuadée qu’il va pas falloir l’abattre une troisième fois, le monstre. Mais non : on peut difficilement se relever avec le cervelas à l’air. Je reprends mon souffle, un peu abasourdie du dénouement de l’histoire… Quoi, c’est tout ? Pan et spaf, terminé ? Bid kathu'ya'yida. Pas terrible, comme fin. Comme si ce truc géant n'avait été qu'un pauvre petit Gizka de rien du tout.
L’inconnu arrache ce qui lui cache le museau d’un geste sec. A la tête de mes comparses, je comprends que l'inconnu n'est pas si inconnu. J'ai comme une sorte de pressentiment pas très très enthousiasmant. Quoique... Quand je m’approche, je reconnais finalement le minois de pépé fusil. Il porte pas son surnom pour rien, eh ! Pewpew ! Dans les gencives, l’insecte géant ! Punaise, c’est dingue, j’ai presque honte de le dire mais l’espace d’une seconde, j’ai revu Eyan et son bon vieux DC-15A modifié. Bon, ça m’ôte pas la frustration grandissante qui me tord les tripes. Mais ça, j’y peux pas grand-chose : on vient vraiment de passer pour les derniers des novices devant not'manteau. Euh, notre mentor. Pas brillant brillant Je dirais même plus : carrément nullissime. Pour sûr qu'à Keldabe, je serais déjà la risée de toute la ville. Pas vrai...
Je traine la savate pour rejoindre le groupe près de la carcasse encore fumante. Papy a pas l'air jouasse de nous revoir. Je sens qu'on va avoir droit à la bonne vieille remontée de bretelles du vieux corniauds "je vous l'avais bien dit, les petiots". Non ? Bah pourtant le parfum est un peu le même. Un p'tit silence, histoire de bien nous faire sentir que c'est pas normal qu'il soit ici, et on commence le tir au chauve-faucon.
" J'ai intercepté une communication qui devrait vous intéresser. Le reste de votre équipe a été capturé par une patrouille de l'armée bleue – l'un des deux camps qui combat sur ce terrain. "
Ah. Ah ! Eh ben, pas de chance. Try again.
Quoi ? Comme si j'en avais quelque chose à faire, de cette brochette de plante-poignard dégoulinant d'amateurisme... J'vous rappelle que j'ai pas d'mander à venir ici, à l'origine. Mais ça, c'est un détail, hein. Sans rancune.
" Vous avez échoué à rester groupés, et en raison de cela, la moitié de votre équipe a été capturée. L'endroit où se trouvent les prisonniers est un camp militaire hautement gardé, où fourmillent les troupes. L'armée qui garde le camp traitera les prisonniers comme les intrus qu'ils sont, et va chercher à en extraire un maximum d'information, particulièrement sur la raison de leur présence. En d'autres termes, votre couverture dans la zone est compromise. D'ici ce soir grand maximum, des patrouilles seront à votre recherche – car vous pourriez être des espions de l'armée adverse. "
J'ai l'impression que je suis sensée tirer une leçon de ça. Sauf que je vois pas trop. Ok, les trois furios se sont fait pincer. Mais c'est pour ça qu'on est là, nan ? On va aller les chercher par la peau du fion… Non ? On est pas sensé mener des raids sur les camps militaires ? En regardant l'instructeur, j'ai l'impression que je prends mes désirs pour des réalités. Pire, que j'ai fumé quelques doses de bâton de la mort, alors que c'est franchement pas mon genre. Elles sont si blindés que ça, leurs bases ? Bah, pour ce que je connais de la CSI, en fait. Cool alors ! On va jouer dans la cours des grands !
" Première leçon : vous êtes une équipe, une équipe agit ensemble et ne se sépare pas en territoire ennemi. La survie de l'équipe, c'est la survie de l'individu. "
J'ai l'impression de me prendre une vilaine claque. Le genre de truc qui fait autrement plus mal à l'ego qu'à ta joue.
" Vos petits camarades seront formés par l'armée bleue : ils resteront dans leur geôle pour un temps, puis on leur inculquera convenablement toutes les notions qu'il leur sera bon de savoir – pour ne plus être capturés à l'avenir, ou ne rien dire s'ils venaient à être attrapés quoi qu'il en soit. Vous resterez avec moi pour une formule plus...Classique. La tempête est bientôt terminée. Lorsqu'elle sera terminée, nous remonterons à l'endroit où la navette vous avait laissés. Vous aurez droit à une douche, des vêtements propres, le reste de la journée pour vous reposer, et même à un repas ce soir. Et demain, nous entamerons l'entraînement. La formule sera simple – académique : le matin, vous entamerez par de la course à pied au réveil, pour vous tonifier. Le reste de la matinée sera dédié à l'étude, où vous seront enseignées les valeurs séparatistes, et les informations que vous auriez pu manquer, géopolitique, armements séparatistes, procédures d'intervention...L'après-midi sera dédiée aux exercices physiques et à la manipulation des armes. "
J'écoute pépé nous faire la morale, et ses paroles sonnent comme un « game over ». J'aime pas ça. Non, je déteste ça. J'ai l'impression qu'on me colle un flingue sur la tempe en me gueulant « t'es morte » d’un ton goguenard sans que je puisse rien faire. Je me sens bête. J'aime pas qu'on me rappelle que je suis pas maline, en réalité, ça m'énerverait plus tôt. Mais le pire, c'est que je comprends qu'il a raison. Et ça, ça me met la rage.
Je dis rien, je reste immobile derrière ma visière. Seules mes épaules s'affaissent suffisamment pour témoigner de la déception qui est la mienne.
" Garde-à-vous recrues ! Un brillant futur vous attend. "
Garde à qui ? J'imite mes deux acolytes sans conviction. Mon salut doit plutôt ressembler à un vague "salut copain" exécuté en rigolant. Mais j'ai même pas envie d'en rire. J'hésite entre être furieuse ou complètement démotivée. Ce qui est sûr, c'est qu'on m'arrache pas un son de la bouche. Il a beau garder la face, faire le dur - j'suppose qu'on le paie bien pour ça - son regard trahit toute la lassitude qu'on lui inspire, alors qu'il nous a sur les bras depuis moins d'une journée.
Je lui emboîte le pas en silence, et on se remet en route. Le bonhomme doit connaître le désert comme la poche arrière de son pantalon, j'imagine. Le trajet me donne encore davantage l'impression d'avoir fait tout ça pour... rien. C'est tellement frustrant ! J'ai envie d'insulter quelqu'un, de détruire quelque chose juste pour passer mes nerfs. Le seul type de la CSI qui nous drive dans le désert est déçu.
Y a rien de pire que le regard déçu d'un aîné. Même un tir en pleine face m'aurait fait moins mal. J'me sens bête et humiliée. Mon regard se perd en arrière, vers le cadavre de l'Acklay, qui suinte encore de ses plaies. Si seulement j’avais eu un bon flingue… Ou même une bonne schlague, un truc contondant, un vibro-toutcequetuveux – enfin presque – j’te l’aurais transformé en yakitori, la bestiole ! Si j’avais su, je…
Arrête avec les si j'avais su, Azel. C'est ce qu'aurait dit Eyan. Bien fait pour ta tronche, t'avais qu'à anticiper. La différence c'est qu'il se serait marré à la fin, il se serait pas contenté de nous fixer avec l'air de celui qui a tiré les mauvais numéros. Là, j’avais vraiment l’impression d’avoir passé la journée la plus pourave de ces cinq dernières années. Mais quoi, j’ai rien d’mandé ! On me flanque dans un désert en me demandant de me taper une bande de zouaves pas piqués des vers et on s’étonne que ça parte en cacahuète ! Ch’uis pas faite pour jouer les animatrices de camp de réinsertion pour aruetii désargentés, quoi !
Je continue à ressasser les évènements, même quand le vaisseau revient se poser. Retour à la case départ. Génial... Tout ça parce qu'on est pas fichu d'être une équipe ? Désolée, j'peux pas faire équipe avec des mecs dont je sais rien, que je connais de nulle part, et qui m'inspire pas l'ombre d'une once de confiance. Juste pas possible. C'est comme demander à un Hutt d'effectuer un saut périlleux. Même s'il le voulait très fort, il pourrait pas.
Affalée contre la paroi de la carlingue, les fesses sur le siège en métal, je m'amuse avec les sangles du jet. Même une blague sur les suffirait pas à me dérider. J'ai un énorme cumulonimbus au-dessus de la tête et les poings commencent à me démanger. Je suis pourtant obligée de prendre mon mal en patience. On nous affirme qu'on devrait pas tarder à atterrir.
On nous débarque sur un terrain aussi desséché que tout le reste. Les rares installations qui dépassent ont un petit goût de papier craquelé et de soleil qui tape H24. Elles payent pas de mine vu de loin, mais lorsque nous les traversons au pas cadencé, je m'aperçois bien vite que c'est surtout pour pas se faire repérer. Derrière les trucs sans âge se cachent des bâtiments parmi ce qu'on fait de mieux en matière de high-tech. Plutôt classe. Je tourne la tête de tous les côtés et je détaille tout ce qui passe dans mon champ de vision comme une vraie gamine. Les quais d’atterrissages forment la partie extrême du lieu, tandis que de longs entrepôts bordent une allée principale où on nous dévisage bizarrement. Dommage que j'ai perdu ma langue en trajet, j'aurais bien dit deux mots sur la politesse à cette piétaille de mes deux. Mais Pépétoire ne nous laisse pas le temps de nous mesurer aux gardiens des lieux : direction les baraquements et que ça saute. Il nous y largue en réitérant ses instructions : vous suivez le rang, vous vous lavez et go miam miam. Vu que j'ai rien dans le siphon depuis la veille au soir, j'avoue que j'accueille la chose avec un enthousiasme certain !
Le fameux "douche-repos-graille"promis par pépé arrive enfin. C'est mieux que tout ce à quoi j'm'étais attendu. Je dégage manu militari un garçonnet qui avait l'intention de passer à la douche le premier. Et quand il commence à beugler, je lui en colle une qui le persuade de prendre la cabine d'à côté. Pas si bête que ça, la douche : quand je vois la couleur de l'eau à la sortie, je me dis qu'il était temps de décrasser ma vieille carlingue. Bon, on passera sur le parfum patchouli-prune-pomme alderaane du distributeur automatique. Les logisticiens d'la CSI ont selon moi des goûts bizarres. Mais au moins, y a du savon ! J'en profite aussi pour bien casser les tympans à mes copains de lavage. Je pique ensuite l'une des brosses du local des droïdes attenant au dortoir pour désincruster le sable de mon armure. Et c'est pas une mince affaire : cette horreur s'est glissée absolument paaaartout. J'pense que j'ai dû m'en trimbaler au moins cinq bons kilos depuis la brèche. Des kilos qui se retrouvent un peu partout dans le dortoir et au pied de mon lit. Ah ! Le lit ! Ouais, genre, j'ai un pieu rien qu'à moi ! Mate-moi ça.
Après des années de cantina-bouges-belle-étoile, j'arrive enfin à avoir un lit qui ressemble à quelque chose, sans être obligée de colloquer avec mes amies les punaises ! Le matelas a des airs de tôle forgée mais je m'en carre : les draps sont nickels et pas trop épais. Bon, bémol : c'est pas un studio privatif. Mais plutôt un grand dortoir où ton voisin a plein feu sur ta tronche la nuit. Tout pour me rappeler mes jeunes années, quoi. Moi qui pensait avoir laissé ça derrière moi... Je me déleste de mon bardas, et je m'en sers pour marquer allègrement mon territoire, constitué du dernier lit au fond à droite, dont la fenêtre donne sur ce qui ressemble à une placette - ou une cours d'honneur peut-être. La vitre blindée est propre, bien que poussiéreuse, et me permet de voir les manœuvres des petits soldats en faction. De quoi tromper un peu l'ennui avant qu'on nous sonne pour la soupe. Autant dire que quand sonne le gong, je constitue une armée à moi toute seule pour filer à la cantine, gamelle en main. -
Post n°24
Auteur : Super PNJ
Jane se laissa tomber sur sa chaise qui grinça sous l'effort puis croisa les jambes, pensif. Il fit un va-et-vient, affalé contre son dossier. Il avait lâché les recrues dans leurs quartiers après une très sommaire visite, maintenant il allait devoir changer le programme. Il les avait surestimées peut-être en pensant qu'elles seraient capables de survivre dans le désert, il les croyait plus coriaces que ça mais peut-être...Non, ce n'était pas leur acharnement ou leurs capacités de survie qu'il avait mal estimés, c'était leur esprit de coopération. La tempête de sable, une situation de crise, avait été suffisante pour briser la fragile cohésion de leur groupe ; un constat éloquent.
La question principale était maintenant de réussir à leur donner cet esprit d'équipe qui leur faisait pour l'instant défaut. Ils ne pouvaient pas faire cavalier seul éternellement, ceux qui faisaient ça mourraient bien vite dans les opérations, pour ne pas avoir suivi l'équipe : on les perdait de vue, on ne leur donnait pas les instructions, et on se retrouvait avec un disparu sur les bras. Il avait espéré qu'en les lâchant au milieu du désert avec un équipement restreint, ils auraient été obligés de coopérer, fonctionner ensemble. Malheureusement, ça n'avait pas été le cas. La tempête les avait divisés, et s'il n'était pas intervenu l'Acklay aurait eu raison de trois membres du groupe. De tout point de vue, c'était un échec.
Le major regarda les papiers devant son bureau. En son absence, on avait déposé des piles de dossiers – majoritairement sous forme d'holopads empilés – dans un coin. Il avait encore des documents administratifs à remplir, on ne prenait pas sa journée sans conséquence dans la Confédération. Il abandonna pour instant le casse-tête de ces recrues pour se plonger dans les documents séparatistes. Budget des troupes sous son commandement, équipement, rapports de certains agents dans des mondes reculés – on avait mobilisé une équipe notamment à la bordure des régions inexplorées, à la recherche de potentiels alliés. Il avait sous les yeux essentiellement des rapports dont il devait vérifier la véracité. Chaque jour, l'organe du renseignement séparatiste récupérait des centaines, des milliers de rapports similaires. Des équipes qui rapportaient les changements d'allégeance d'un monde ou l'autre, qui tentaient d'en apprendre plus sur l'identité d'un chercheur qui mettait au point une prothèse révolutionnaire...On avait aussi la charge de former des « éclaireurs », pour parcourir l'immense galaxie à la recherche de nouveaux mondes. Jane faisait sa part du travail, mais il n'était fort heureusement pas le seul à trier et lire ces rapports : bien d'autres dans la CSI avaient cette tâche, et lui ne parcourait finalement qu'un nombre restreint de rapports, ceux qui concernaient ses propres troupes (compartimentation de l'information obligeait).
Il se plongea dans toutes les informations qu'il devait traiter, et pour le reste de la soirée les recrues n'occupèrent plus ses pensées.
***
Le lendemain aux aurores, on sonnait la trompette. Les premiers soldats se réveillaient sans peine, on sortait des baraquements et, bientôt, la mandalorienne et l'humain que Jane avait sous sa protection pour le moment ne tardèrent pas eux-aussi à venir, quoi que difficilement. L'heure était extrêmement matinale, les recrues face à lui étaient encore mal réveillées – le rythme était toujours difficile à prendre les premiers jours. Le major, lui, était toujours dans sa tenue impeccablement soignée, pleinement éveillé et alerte. Il fronça les sourcils. Il manquait la Kaleesh pour que ses recrues soient toutes présentes. Bah, peu importait.
Le Soleil n'était pas encore levé, le ciel était gris. La fraîcheur de l'aube pointait le bout de son museau, alors que Jane prenait la parole, projetant un petit nuage blanc devant sa bouche. Derrière lui, les premiers soldats commençaient à s'échauffer, en tenues légères, se riant du froid.
- Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous !
Il s'approcha de la mandalorienne – qui n'avait pas encore passé son armure.
- Soldat, votre nom !
Sitôt la réponse obtenue, il s'intéressa au frêle humain qui accompagnait la femme, puis :
- Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble.
Il abandonna ses deux protégés au groupe de militaires entraînés pour leur premier sport sous la bannière séparatiste. Le groupe était hétéroclite, il y avait là des humains à la chevelure coupée en brosse, mais aussi tous genres d'alien. On voyait là un homme doté d'une jambe cybernétique, là un autre plaisantait avec un droïde – qui s'apprêtait visiblement à participer lui aussi à l'entraînement.
Jane, pour sa part, se dirigea vers les dortoirs, à la recherche de la Kaleesh, qui manquait à l'appel. Il traversa d'un pas hâtif les couloirs. Les différents soldats qui croisaient son chemin se mettaient au garde-à-vous, les officiers (ses collègues) le saluaient d'un sourire sympathique et d'un hochement de tête. Il passa de chambre en chambre. Sur sa droite, il entendait les douches encore en fonctionnement, on y sifflait gaiement alors que ruisselait l'eau chaude. Enfin, il entra dans l'une des chambres ; un seul lit était encore occupé. Là se trouvait une humanoïde à la peau pourpre, reptilienne. La kaleesh. Le major s'en approcha, et fut immédiatement frappé par sa respiration : la recrue avait de la peine à expirer, elle s'agitait dans son sommeil. Le séparatiste s'approcha encore, et posa sa main sur le front de la retardataire assoupie. Elle était brûlante! Fièvre, hm ? Il resta silencieux quelques secondes, puis se releva. Il fallait un médecin à cette pauvre fille, et vite.
***
Lorsque enfin les recrues revinrent, Jane était là pour les accueillir. Il leur annonça que leur camarade souffrait d'une grave insolation et serait prise en charge par les services médicaux séparatistes jusqu'à son rétablissement : ils n'étaient donc que tous deux. Naturellement, il les encouragea à faire connaissance avec le groupe qu'ils avaient côtoyé pendant leur footing, puisqu'à présent, tous leurs matins se feraient en la compagnie de celui-ci, mais ce n'était là qu'une remarque lancée à la volée. Il y avait plus important à faire ; Jane continuait les explications, il présentait le programme à venir alors qu'il guidait les deux soldats, Azel et Ansikt, dans le complexe séparatiste :
- Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs.
L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse.
À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière.
Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas.
[i]Il entra dans une large bibliothèque, où les deux lui emboîtèrent le pas. À l'image du complexe, elle était hautement équipée dans les technologies les plus fines et les plus récentes. Des droïdes voletaient silencieusement entre les rayons de livres holo en bois de noisetier – on avait des moyens à la CSI, on voulait le montrer. La bibliothèque était élégante, raffinée, l'acier était temporairement banni en faveur d'un parquet stratifié et de hautes fenêtres qui laissaient filtrer les rayons du – maintenant haut – soleil. La lumière venait se poser sur les multiples étages des gigantesques étagères, qui s'élevaient sur plus de vingt mètres de haut ; des plate-formes allaient et venaient, grâce à des répulseurs qui n'étaient pas sans évoquer ceux du Sénat, permettant d'accéder aux plus hauts livres sans difficulté. Jane s'arrêta devant un des rayons, et se tourna vers le duo. Il parla à voix basse (car on voulait faire le moins de bruit possible dans la bibliothèque) :
- Soldats, savez-vous lire ?Spoiler
-
Post n°25
Auteur : Azel Kyone'eBon, les dîners sont pas dignes d’un quatre étoiles, mais franchement, je pense qu’ici tout le monde s’en bat les steaks. On est tous plus ou moins affamés, on bat le pavé depuis une heure pour qu’enfin le cuisinier nous balance la popote dans l’écuelle sans un bonjour, alors on va pas non plus aller réclamer du filet de Bantha aux petits oignons. J’enfourne ma plâtrée de nouilles trop cuites avec un plaisir évident. L’effet est immédiat, je me sens revivre. Le fait est que les plats ici sont élaborés dans cet unique but : te remettre sur pied en un temps record. Et ça marche ! Mon estomac chante des louanges et moi, je me sens tout d’un coup de bien meilleure humeur. Bon, p’tet pas au point de bavasser sur le temps qu’il fait avec mon voisin de droite, mais j’ai déjà beaucoup moins envie de lui casser la figure, ce qui est une amélioration notoire.
Quand les assiettes sont enfin nickel, on quitte le réfectoire et direction les chambrées. Je m'attends pas à une ambiance de folie à la nuit tombée, ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison. C'est bien dommage, moi qui ai appris à vivre plus ou moins la nuit, j'ai franchement pas envie d'aller me pieuter sitôt le soleil couché. Mais ici, difficile de trouver des potes près à écluser les cantinas jusqu'à l'aube ! Sans parler que la cantina, j'la situe mal. Bref, ça sent la soirée à s'ennuyer comme un rat mort. J'ai pas spécialement sommeil, même avec la journée à la noix que je viens de me taper. On change pas des années d'habitudes en un soir, faut pas rêver ! Je vois déjà les vieux routards se mettre au lit, tout frais de la douche et bien rasés. L'un d'entre eux me grogne d'éteindre la lumière, et je lui dis gentiment d'aller voir dehors si j'y suis. Il en faut pas plus à la moitié du dortoir pour tenter de me bizuter en me braillant que je vais le regretter demain si je n'ai pas des six heures de sommeil. S'ils savaient à quel point j'm'en repeins les arpions en rose fluo !
" Eh, la nouvelle ! Si j'étais toi je prendrais des forces pour demain !
-Ouais ouais, t'inquiète frérot, je gère. "
La différence entre toi et moi, choupinet, c'est que j'ai jamais demander à jouer le troufion de service avec le sourire aux lèvres. On m'a pas vraiment donné le choix. Je vais pas en plus leur faciliter la tâche. La troupe finit par lâcher l'affaire et le dortoir redevient parfaitement silencieux. Mon casque sur les genoux, assise sur mon lit, je fixe le ciel sans nuage au-dehors : c'est vrai qu'il doit cailler, la nuit, ici. On le sent pas tellement, à l'intérieur. Je repense aux provisions en sachet toujours planquées dans mes poches. Je suis pas contre un petit complément à la tambouille de tout à l'heure... et tant pis pour les miettes dans les draps.
J'ai l'impression d'avoir fermé les yeux cinq minutes, que retentit une sonnerie tonitruante aux airs d'instrument malmené. Je sursaute dans mes draps, instantanément sur le qui-vive : c'est quoi, une attaque ? Un incendie ?
" Debout, mauvaise troupe ! "
Sans blague... Sont pas fichus de mettre une sonnerie qui ressemble à quelque chose ?Dans le dortoir, c'est le branle-bas de combat. Personne ne nous accorde un regard, toutes la piétaille se dépêche d'enfiler son petit maillot et file se mettre en rang à l'entrée du bâtiment. Avec un grognement animal qui témoigne de toute la mauvaise humeur qui est la mienne, je m'arrache à mon oreiller. J'ai le réflexe de tirer à moi ma combinaison flanquée sur l'étagère quand je réalise qu'on est les bons derniers dans la pièce : eh zut, on va vraiment se faire bizuter. J'en jure un sac et je bondis comme un fauve sur le seuil du couloir, je détalle à moitié désapée tout en essayant d'enfiler ce fichu maillot qui me va trop court au niveau des épaules. Ils s'imaginent tous que les nanas sont des brindilles ici ou quoi ? Ouais, d'accord, je suis un peu taillée comme un mec à ce niveau-là, mais faut pas exagérer. J'arrive finalement sur les talons des autres occupants qui se place en lignes et je les suis, ni vue ni connue. Enfin presque : je suis juste l'une des seules à pas être déjà en rang quoi. J'pense que le vioc qui nous zieute là devant a pas dû rater grand chose de ma cavalcade dans le couloir. C'est pas la discrétion qui m'étouffe, c'est sûr... Je reprend mon souffle, furieuse, quand j'enregistre une silhouette familière à l'horizon : voilà papy fusil en chair et en cuir qui se ramène ! Il me regarde, puis son regard tombe à côté de moi, et en glissant un oeil je reconnais le jeune humain gringalet qui m'accompagnait hier dans le désert. Par contre, pas de kaleesh dans les parages : bizarre, elle était là hier soir. J'suis pourtant certaine de l'avoir vu prendre un pieu, elle aussi. Bref...
" Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous ! "
Ah, si c'est juste pour ça, c'était pas la peine de nous faire lever dépôt-trot-minet, on pouvait bien attendre que le soleil se lève, histoire d'en baver - enfin, d'en suer - davantage, nan ? Nan. Ok, c'est pas des rigolos à la CSI, j'sens que l'humour, c'est pas franchement leur fort. On risque de s'ennuyer ferme, là dedans. Espérons que l'entraînement sera divertissant, sinon je vais finir par déprimer ! Je suis pépé du regard, le temps de sa courte inspection des rangs des habitués, jusqu'à ce qu'il vienne se planter devant moi. Ah ouais, c'est vrai que la première fois, les présentations ont été très courtes.
" Soldat, votre nom ! "
Soldat ? Oh non, ça va pas commencer. J'avais presque oublié que ce fion de Sarlacc d'officier m'avait fait signier un pap'sar qui me donnait ce statutlà. Azel, troufionne de deuxième classe sur Geonosis. Punaise, faites que je rentre jamais à Keldabe, c'est la honte assurée...
" Azel Kyone'e" je lâche, sans grande conviction. J'ai pas franchement envie de me la jouer lèche-botte en mode "Sir, yes, Sir !". Pas mon genre, non. Ch'uis juste polie, parce que lui, à la limite, il a peut-être pas volé la rangée de trucs clinquant qu'il a sur son blouson. Ouais, rigolez pas, ils se comptent sur les doigts d'une demi mains ceux qui en sont arrivés à ce stade de ma vision du respect des étrangers ! Mais le coup de l'Acklay, j'dois avouer, il me reste bien en travers de la gorge.
" Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble. "
J'enregistre la conclusion étrange de sa phrase. Ensemble ? En même temps, dans un troupeau pareil, difficile de se perdre. Vous voulez pas non plus nous attacher, tant qu'on y est ? J'ai pas demandé à me taper un coéquipier, hein. Courir, j'peux faire ça toute seule comme une grande. Et certainement mieux que ceux qui ont jamais fait ça de leur existence.
Le petit chef en charge de nous intégrer à son bataillon nous braille de nous mettre en rang avec les autres. Comme les bleus qu'on est, on se met en rang. C'est à dire à la suite de celui déjà formé. En queue de peloton, quoi...
" Inutile d'essayer d'vous cacher là derrière, les nouveaux ! J'veille personnellement à ce que vous en baviez COMME TOUT L'MONDE. "
Que j'veux mon n'veu ! Sinon c'est juste que t'es pas digne de porter tes galons, hein ! Pour une fois, j'ai l'intelligence de fermer ce qui me sert de bouche. Faut dire que je commence un peu à me les cailler sévère, avec un tricot de peau en guise d'armure parce que j'ai pas été fichue de lever mes petites fesses plus tôt. Raison pour laquelle il me tarde que cet andouille termine son numéro de "c'est moi qui commande" pour nous permettre de gagner quelques degrés en température corporelle. Je commence à serrer les poings et les mâchoires : mon visage est transparent, on peut déjà y lire tout le j'en-ai-rien-à-cirer-tisme qui me vient. Ras-le-bol des discours ! ON SE LES CAILLE ! Enfin, après avoir tranquillement fait le petit tour de l'équipe et nous avoir vanté les atouts touristiques de la région, il se décide à lancer les réjouissances.
" Allez ! SOLDATS, EN AVAAAAAAAAANT-MARCHE ! UNE-DEUX ! UNE-DEUX ! ... "
Le petit homme se met à bondir à petites foulées à côté du cortège étrange que forme cette assemblée hétéroclite. Des petits, des grands, des gros, des maigres, des humains, des presque-humains, des pas humains du tout... Y en a pour tous les goûts. Le premier kilomètre nous fait sortir de la base sur le même rythme, tranquille pépère comme de gentils écoliers rentrant en classe. Les mecs devant nous se prennent hyper au sérieux, tellement qu'au bout de dix mètres, j'avais déjà des envies de fou rire.
La course se fait à un rythme assez lent mais parfaitement régulier. Je reste à la hauteur de l'humain, sans un regard pour lui. Je fixe l'horizon au travers du pochoirs des silhouettes qui nous précèdent. Le soleil se lève, et avec lui la chaleur grimpe en flèche. Les respirations sonnent différemment. Les pas se font un peu moins souples, plus lourds. Sans m'en rendre compte, j'ai laissé traîner un peu mes bras, désynchronisés avec le mouvement. Il n'en faut pas plus à petit chef pour venir sautiller à mes côtés et me brailler dans les oreilles :
" Allez la bleue, du nerf ! "
"La bleue"... C'est bizarre, c'était le surnom que me donnait Utam quand j'ai endossé ma Beskar pour la première fois. Elle était d'un bleu foncé impeccable, vibrant - à l'époque. J'étais bleue, quoi, et ça l'a fait marrer. Punaise, pourquoi je repense à lui maintenant ? Peut-être parce que soudain, quand mes bronches se mettent en branle après des années à respirer l'air suffoquant des bleds pourris de la Bordure, je réalise à quel point je me suis éloignée de cette voie qui était la mienne. A la place de ce désert poussiéreux, d'autres paysages me reviennent. Une jungle moite avec ces saletés de moucherons qui te collent, un marais putride où je m'enfonce jusqu'à mi-cuisse, une montagne... Satanée montagne de mes deux où j'ai bien failli laisser mes orteils. Tout ces souvenirs qui remontent d'un coup, c'est inhabituel. J'en ai le sang qui me bat les tempes. Mes narines se pincent et mes yeux prennent la teinte de l'acier bleui. J'ai qu'une envie : lui prouver que j'ai rien d'une petite larve et qu'il sait pas à qui il a affaire, le gradé. Je suis prête à partir au quart de tour, la vision d'Utam et de nos courses dans la tête, prête à remonter toute la file de gentils petits soldats au trot et faire trois fois le tour de la maisonnée à se rythme, jusqu'à m'effondrer à plat ventre d'avoir vomi mes tripes. Juste pour lui faire fermer son bec !
Si tu veux me voir courir, coco, t'as tapé dans le mille. Courir, sauter, écumer comme un Bantha, j'ai fait ça toute mon enfance, toute ma pauvre jeunesse de garçon manqué. Laisse-moi oublier mon oisiveté des derniers mois passé à faire la plonge, et on en reparle !
Puis, d'un coup, je me souviens du type que j'ai à côté. Je me souviens aussi très bien de la dernière fois que je l'ai laissé en plan, ce qui nous en a coûté, et la petite phrase anodine de papy : "allez à votre rythme, mais allez ensemble". Allez ensemble. Je tourne la tête et aperçoit son profil. Y a peu de chance que je ne vois jamais quoi que ce soit d'Utam dans cette lopette-là. Un frère d'arme, un gamin pareil ? Il a surtout la tronche de celui qui voudra me la faire à l'envers à la première occasion venue. Mais est-ce que j'ai le choix ? Eh bah non. Ou plutôt si : je peux risquer ma peau à me tirer d'ici fissa et errer dans le désert jusqu'à retomber sur un bled. Ou un camp. Ou un Acklay. Ce genre de choix-là.
Je me mords la lèvre jusqu'au sang pour pas balancer un "lâche-moi et va plutôt reluquer tes minets", et je me remets en position, le pas bondissant, à faire cogner mes talons contre mon fessier, la tête haute et les dents serrées. Mais la colère brûle toujours et n'est pas près de s'éteindre. Je courbe l'échine comme un gundark à qui on est parvenu à mettre un mors, mais qui se privera pas de bouffer le cavalier à la première occas'. Y a intérêt à y avoir une bonne paie dans les parages. Sinon y en a qui vont ramasser leurs dents avant de pouvoir me balancer au trou.
Mon regard furieux a enregistré celui de mon "camarade". Eh ouais, va falloir me supporter, gros. Avoue-le, tu meurs d'envie d'me faire la bise, hein ? T'inquiète, c'est réciproque.
Foutue planète. Foutu désert. Foutue CSI !
Le tour se termine avec une bonne couche de sueur qui nous vaut la permission de repasser par la case douche. Et c'est pas du luxe. Mais l'avantage, c'est qu'maintenant, je suis remontée comme une pendule à désintégration atomique. J'ai le cœur ravi d'avoir enfin pompé tout son saoul et les veines qui sifflent de la tête aux pieds. Mais pas question d'aller taffer avec les autres... il paraît qu'on a de la visite ! On finit par retrouver celui qui nous a ramené là. Visiblement, il en a pas fini avec notre matricule. Il semblerait même qu'il soit bien parti pour le faire chauffer comme il faut. Sauf que, bizarrement, la première chose qu'il pose sur la table, c'est le cas de notre trinôme, qui a allègrement déserté le footing. Son cas est sérieux : direction le toubib ! Et vlan ! Je cache pas ma surprise : je l'aurais cru bien plus solide. Quoi qu'en fait, j'y connais rien en alien. Encore une preuve qu'il faut pas se fier aux apparences, c'est ça ?
Dans la série on enchaîne sur d'autres bonnes nouvelles, va falloir se taper de faire copain-copain avec la bande à petit chef, parce qu'on a pas fini de se les coltiner... Ahahah. Gééééénial, papy, j'vais vraiment finir par t'adorer toi, hein. Et mes miches, c'est du gros sel.
" Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs. "
Mon cerveau en était resté à "psychologie cognitive". C'est quoi ça, le nom d'une recette d'un plat typique corellien ? Je la sens pas du tout, leur "matinée dédiée à l'étude". Genre vraiment vraiment pas, quoi ! Non mais, j'ai une tête à faire de la psycholochépaquoi ? Le p'tit footing était sympa hein, moi ça me va très bien ! Pas besoin de m'en mettre plein les mirettes avec des mots compliqués. Sauf que malheureusement, cette partie du programme a pas l'air d'être en option. J'en pleure d'avance. Puis, quand notre guide redémarre, j'en suis à enregistrer la fin de sa phrase. Piloter des chasseurs ? Ah. AH ! Alors, comment dire. Il faut que j'vous explique un truc, monsieur l'agent. Vous savez, les vaisseaux et moi, ça n'a jamais fait très bon ménage. J'veux bien faire la mécano ou piloter une tourelle. Jusque-là, pas d'problème. Mais pour ce qui est de manœuvrer dans l'espace...
" L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse. "
Ah, bah voilà ! L'ombre d'un sourire se dessine sur mes lèvres fendues. Enfin du vocabulaire qui me plaît ! Sur ce coup, on va bien s'entendre. J'ai presque l'impression qu'il a fait exprès de me sortir la mauvaise nouvelle en premier, histoire de nous faire rager au maximum. Quoique. L'humain d'à côté reste trop impassible en apparence pour que je sache s'il est plus pompes que psycholotrucbidule. Dommage, ça m'en aurait appris un peu plus. Perso j'ai déjà fait mon choix et ça peut se deviner à mon regard. Faut dire que question impassibilité, je suis pas forcément un exemple, sauf quand j'en ai vraiment rien à carrer. Là, j'peux effectivement rapprocher mon expressivité du zéro absolu sans trop de problème.
On continue la visite, tels deux gosses derrière le pater familias qui nous conduit au sacro-saint. Ma tête se tourne et se retourne, au gré de mes découvertes. J'en finis pas de m'extasier sur les gadgets tous plus sophistiqués les uns que les autres. C'est clair, c'est un autre monde. Dans la Bordure, quand tu trouves un briquet, t'es content. Alors te retrouver en face d'un écran holographique de la taille d'un mur, c'est un peu comme aller à une fête foraine sur Coruscant.
" À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière. "
Mon regard va à la crevette qui m'accompagne. La deuxième division ? Le type a l'air super fier quand il nous dit ça. Bon, la bonne nouvelle c'est qu'on aura autre chose à faire que patrouiller le long du barbelé, et ça c'est chouette. Nan parce que faire ça pendant trois jours, ça passe. Faire ça pendant trois ans, ils seraient tous allés se faire voir sur Dagobah bien gentiment.
" Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas. "
Vous inquiétez pas... Vite dit. Je commence à faire une liste mentale assez longue des trucs qui me plaisent pas des masses. Tout ça pour une petite émeute de rien du tout dans une arène. J'te jure. Mais dans quoi est-ce que je me suis embarquée ! Devant, notre guide vient de s'arrêter brusquement. Je freine tout aussi soudainement à sa suite, quand il nous demande, de but en blanc :
" Soldats, savez-vous lire ? "
Hein ? Je suis restée sur l'avant-dernière phrase. Faut dire que j'écoutais qu'à moitié, trop occupée à regarder cet endroit bizarre. Des livres, on en croise pas tous les jours, faut bien le dire ! Je fréquente pas assez assidument les musées, peut-être. Voyant que je suis toute désignée pour répondre en premier, j'arque un sourcil dubitatif face à l'instructeur.
" Euh... l'Aurebesh, vous voulez dire ? Ouais, j'sais déchiffrer la plupart des mots... J'fais pas mal de faute, sinon. "
Tout pour dire que j'ai surtout appris sur le tas : jamais mis les pieds dans une école, ni de toute mon enfance sur Coruscant, ni avec Eyan, qui m'aurait jamais laissé filer. C'est lui qui s'est occupé de m'apprendre le minimum. Après, j'me débrouille certainement mieux en Mando'a qu'en Haut Basic, hein. C'est pas comme si j'avais eu l'occasion d'écrire des romans. -
Post n°26
Auteur : Ansikt- Debout, mauvaise troupe !
Je sursaute, aux aguets. Un son strident perce mes tympans. Je me redresse comme un ressort mal remonté, jetant mon regard partout dans la pièce. Que se passe-t-il ? Où suis-je ?
Arène. Emeute. C.S.I. Désert. Tempête de sable. Grotte. Acklay. Les événements de la veille me reviennent en mémoire. Tout tourbillonne dans mon esprit encore somnolent.
Toujours à moitié sous mes draps, je remarque tout de même que les soldats s’affairent et se préparent, comme si cette cacophonie était quelque chose de parfaitement normal et agréable. Ils s’habillent et partent se mettre en rang. Je jure intérieurement et m’apprête à sortir de mes draps en urgence, mais remarque que quelque chose ne va pas : au bout de ma main se trouvent des griffes, pas des ongles. Dans ma surprise, j’ai changé un peu d’apparence, comme par réflexe. Je ne peux pas me montrer comme ça. Je me concentre pour que tout revienne à la normale, mais je perds dans l’action de précieuses secondes. J’espère que personne ne m’a vu, mais la mandalorienne est la seule autre personne encore vers son lit, et elle semble trop occupée à batailler avec sa combinaison. Je l’imite, espérant qu’elle n’ait rien remarqué d’anormal avec moi, et l’imite. La tenue s’enfile facilement, bien qu’elle soit un peu large pour ma carrure. Je me dirige vers le reste du groupe et arrive à rejoindre les retardataires à grandes foulées, la mandalorienne sur mes talons. Je me mets en rang du mieux que je peux. Bien que la manœuvre soit imparfaite, elle semble suffisante pour se fondre dans la masse. J’essaie de reprendre ma respiration et de me calmer le plus discrètement possible. J’espère que le militaire devant nous n’a rien vu.
Le Major le rejoint, une expression neutre sur son visage, comme hier. Il regarde à côté de moi Azel, puis pose ses yeux sur moi. Il semble chercher quelque chose, puis se résigne. Un coup d’oeil furtif de ma part semble indiquer que la Kaleesh est absente. Étrange… J’avais pourtant cru l’avoir vue en arrivant… Mais je n’arrive pas à la distinguer dans mes alentours. A-t-elle un problème ? Le militaire nous adressa finalement la parole, un peu à l’écart.
- Bonjour, soldats. Aujourd'hui votre entraînement commence. Vous allez vous joindre au groupe derrière moi. Tous les matins, ils se réunissent pour faire un footing d'une heure, jusqu'à ce que le Soleil se lève. Vous ferez de même, soldats. Soldats, garde-à-vous !
Un footing. Eh bien. J’aurais imaginé un entraînement plus original, si l’on considère la veille, mais cet exercice reste efficace. Ce n’est pas mon type d’exercice physique préféré, mais je n’ai pas le choix, ici. Et je sens que je n’aurai pas vraiment le choix pendant un bon moment.
Le major s’approche de l’humaine et lui demande son nom. Elle répond sobrement “Azel Kyone’e”. Je mémorise la prononciation. Ça pourrait être utile. Je subis ensuite le même questionnement de la part du militaire. Mais que répondre ?
Si je lui donne le nom duquel Avinash m’avait baptisé, il pourrait peut-être remonter jusque moi. Enfin, mon ancienne vie. La vie Républicaine. Et il pourrait aussi découvrir certains secrets que je n’ai pas envie qu’il sache, ou qui pourraient me porter préjudice. L’option s’occulte d’elle même.
Mais alors quoi ? Sa demande me prend un peu au dépourvu. Je n’arrive pas à imaginer un prénom. Et je ne peux pas lui demander d’attendre pour une demande aussi banale qu’un prénom, il se douterait de quelque chose. Alors quoi ?
- Billy.
La réponse sort d’elle-même. Le prénom que j’avais donné à mon patron à l’arène de Géonosis. C’est mieux que rien. J’espère que ces quelques secondes de battement n’auront allumé aucune alarme. Devant son haussement de sourcil, je rajoute :
- Billy, c’est tout ce que j’ai, monsieur. Pas de famille. J’eus un ami qui me surnommait “Sikt”, mais ce n’est qu’un surnom.
Cette justification semble le satisfaire, du moins pour l’instant. Il continue alors :
Dans une heure, vous reviendrez ici. Ménagez votre souffle, allez à votre rythme, mais allez ensemble.
Ensemble ? Le dernier mot me fait tiquer. Que veut-il dire par là ? Juste, courir avec Azel ? Nous n’allons pas être dispersés dans le désert géonosien encore une fois, si ? Ou veulent-ils nous attacher les chevilles, comme les enfants dans une fête Coruscanti ? Je ne devrais pas avoir trop de mal à m’adapter à la cadence de la mandalorienne, du moment qu’elle ne court pas aussi vite qu’un Vorsnk affamé poursuivant une proie. Mais elle, peut-elle s’adapter à ma vitesse ? Peut-elle rester relativement calme et prendre un rythme correct ?
Nous rejoignons le reste du bataillon dehors. La morsure du froid glace tous mes membres, mais je fais mine d’aller bien. J’ai intérêt de me réchauffer avec la course si je ne veux pas finir frigorifié. Nous finissons au fond du groupe, alors qu’un militaire un peu gradé nous accoste, gueulant comme un poissonnier en manque de clients. Je reste silencieuse, le plus impassible possible. J’ai plus froid qu’autre chose. Géonosis n’est pas une planète accueillante. Les températures sont extrêmes quelque soit le moment de la journée, n’est-ce pas ?
L’homme décide finalement de lancer l’exercice, toujours en criant comme s’il s’adressait à des malentendants. Je commence à petite foulées, comme le reste du groupe. En parlant du groupe, je remarque à quel point il est composé de personnes différentes. Petits, grands, humains, non-humains… Je remarque même un droïde, mais évite de me questionner sur l’utilité d’un footing pour un droïde.
La course commence doucement. Je prends un peu de temps à m’habitude au rythme du groupe, mais je me calque sur leur vitesse sans trop de difficulté outre mesure. Le rythme global reste lent, mais régulier. J’essaie de rester à hauteur de l’humaine, regardant à plusieurs reprises son expression faciale. Toujours neutre.
Le soleil se lève. La température monte. Au début agréable, ce changement tourne assez vite à un cauchemar éveillé. Je supporte beaucoup moins bien la chaleur que le froid. Mes gestes perdent un peu en vigueur, un peu en harmonie. J’ai l’impression de piétiner, mais j’avance toujours avec le groupe. Ou alors tout le groupe a ralenti ? Des gouttes de transpiration apparaissent et se logent dans mes paupières, m’aveuglant derrière un fin rideau d’eau salée. Le “chef” vient sermonner Azel. Cette dernière semble pensive, puis un peu plus crispée. Puis elle tourne légèrement sa tête vers moi, et se ravise, mordant sa lèvre inférieure. Qu’est-ce qui a bien pu lui traverser la tête ? De quoi peut-elle penser actuellement ? Elle reprend sa course, mais a l’air en colère. Mais contre qui ? Ses yeux plein de fureur se posent sur moi, et regardent ensuite au loin. C’est une menace ? Il vaudrait mieux que non, même si ça y ressemble. J’essaie de rester neutre, même si le footing me fait suer, pour ne pas être plus vulgaire, et suit le peloton. Il faut continuer.
Une éternité plus tard, nous revenons à notre point de départ. J’ai l’impression d’être aussi sec et déshydraté qu’une plante abandonnée dans un grenier depuis plus de vingt ans. Je presque d’une traite l’eau qui nous est proposée, et m’en vais sans broncher aux douches. La sueur et la poussière sont enlevées comme un voile. J’ai l’impression d’avoir été allégé de plusieurs kilos. Sortant de cet interlude revigorant, je retrouve la mandalorienne et le Major. Celui-ci nous apprend que Kaalia est mal en point et est actuellement gérée par une équipe médicale séparatiste. Cette nouvelle devrait me peiner, me gêner, mais me laisse plutôt indifférent. Au final, je ne la connais presque pas. Et quand je lui avais donné une mission, elle avait réussi à échouer. Je n’ai aucune raison de m’inquiéter pour elle. Ou au moins pour l’instant. La seule conséquence directe est que je serai uniquement avec l’humaine dans la suite de ma “formation”. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose…
- Après votre footing matinal, votre matinée sera dédiée à l'étude. D'abord, nous comblerons les petites failles que vous possédez en géopolitique, nous vous présenterons également ce qu'est la CSI, puis les autres puissances galactiques. Vous suivrez également des cours accélérés de psychologie et de compréhension corporelle avec le professeur M'arten. Il est réputé dans toute la bordure extérieure pour ses écrits sur la psychologie cognitive des espèces comparées. La fin de matinée, on vous donnera des cours de pilotage basique en simulateur atmosphérique d'abord. Une fois que vous aurez maîtrisé le pilotage des speeder, vous passerez aux chasseurs.
De la théorie, donc ? Ceci n’est pas vraiment pour me déplaire. Avinash m’avait enseigné que le pouvoir passait en majeure partie par la connaissance. Si on sait contre quoi on se bat, on peut avoir plusieurs coups d’avance. Et c’est vital. Les cours de psychologies sont aussi les bienvenus, pour ma part. Niveau éloquence, je suis peut-être un peu rouillé, malheureusement. Les cours de pilotage peuvent également être utiles, même si je doute que l’on nous confie des vaisseaux, au vu de notre rang actuel. Je ne m’étais pas trop mal débrouillé la dernière fois, mais c’était il y a des années…
- L'après-midi, vous enchaînerez sur l'entraînement physique. Il faut vous remettre en forme. Que vous fassiez du muscle, que vous ayez des réflexes. Toutefois, votre entraînement sera également organisé pour que vous gagniez en souplesse.
Et après le psychologique, le physique. Logique. Niveau réflexes, je ne pense pas être trop en reste, mais je manque clairement de muscle, comparé aux autres recrues. Enfin, sous cette forme. Mais puisqu’il semble que je vais la conserver pendant un bon moment… Cette nouvelle est accompagné d’un très léger et furtif grognement de ma part, mais ce n’est pas le moment de montrer de la mauvaise volonté.
Le major continue de nous guider à travers le complexe. Je le soupçonne de faire exprès de faire durer notre trajet pour nous montrer tous les équipements séparatistes. Je dois bien admettre qu’ils sont bien équipés, mais pas à un niveau qui justifie une extase complète, contrairement à mon acolyte.
- À la fin de votre formation, vous intégrerez la deuxième division, soldats : un des organes du renseignement confédéré. Vous serez donc formés pour pouvoir être ou bien agents de terrain, infiltrant les rangs d'une dangereuse organisation terroriste, des nettoyeurs envoyés en terrain hostile pour nous relayer les informations et faire le ménage dans le silence le plus total, ou des agents techniques, des experts aptes à décrypter le plus complexe des codes, briser le plus épais des coffres par la maîtrise de la technologie, à brouiller les signaux d'une planète entière.
De l’infiltration ? Voilà qui est déjà plus intéressant. Je ne me sentais pas chair à canon sur un champ de bataille, de toute façon. Cette nouvelle me fait avoir un subtil sourire en coin, dévoilant presque la blancheur ternie d’une canine anormalement longue. La traque, la recherche d’informations, l’infiltration… Voilà qui pourrait me permettre d’utiliser mes… “talents” à leur plein potentiel depuis longtemps ! Mais la réflexion se pose toujours : dois-je révéler ma condition de Gurlanin à la C.S.I ? Ce serait la solution de simplicité, mais je ne sais pas quelle mesure les militaires pourraient prendre pour me gérer. Mais si je cache cette information, je devrai limiter l’utilisation de mes capacités raciales. Et cela ma dérange.
- Pour les deux premiers jours, vous ferez donc des gainages, pompes, vous utiliserez les machines mises à votre disposition pour soulever des poids et vous forger un peu de muscle. Vous aurez un entraîneur, le sergent Sveinfield pour vous superviser et vous aider en cas de soucis. Votre entraînement passera ensuite sur des obstacles, et autres subtilités qu'il vous expliquera le moment venu. Vous débuterez aussi le maniement d'une arme, à votre choix. Mais Sveinfield vous expliquera tout ceci en détails le moment venu, ne vous inquiétez pas.
Et voilà la fin du programme de dévoilée. Encore de l’entraînement physique. Ennuyant, mais logique. Cependant, l’aspect un peu plus technique du maniement d’une arme attise ma curiosité. J’ai toujours utilisé mes poings, voire mes griffes, à la limite un canif rouillé, mais je n’ai jamais proprement appris à utiliser une arme. Je me débrouille au corps-à-corps, en général, mais je pense pas pouvoir gérer un adversaire armé. Mais il faudrait aussi que je sache me servir d’un blaster, au cas où. C’est une occasion en or. Il serait idiot de la manquer. Surtout si je décide un soir de ne plus profiter de l’hospitalité de la base séparatiste…
Mes avis sont mitigés sur ce programme. Cette formation pourrait être des plus utiles, mais je n’aime pas ce “lien”, cette “obligation”, cette “dette” qu’elle pourrait créer entre moi et la C.S.I. Il va tout de même falloir que je reste sur mes gardes. Je ne suis certainement pas le premier à vouloir “profiter” du système, et la base doit avoir des mesures pour les “petits malins” dans mon genre…
Nous nous arrêtons dans une bibliothèque richement équipée et décorée. Des ouvrages étaient alignés peu importe où l’on posait le regard. L’endroit devait faire au bas mot une vingtaine de mètres de hauteur, dont la majorité était occupée par des ouvrages. Le militaire nous chuchota alors :
- Soldats, savez-vous lire ?
Cette question me surprend un instant, avant que je me rappelle dans quelles conditions il nous avait… “recrutés”... Il doit toujours nous prendre pour des voyous de bas-étage, c’est ça ? Dans ce cas, la question est légitime. Comment pourrait-il nous enseigner quoi que ce soit si nous ne savons pas déchiffrer une phrase ? L’humaine répond en premier, également un peu étonnée par la question.
- Euh... l'Aurebesh, vous voulez dire ? Ouais, j'sais déchiffrer la plupart des mots... J'fais pas mal de faute, sinon.
Le Major, tourne ensuite son attention sur moi.
- Je sais lire le Basic, oui. Sans de difficultés, de surcroît. Vous souhaitez une démonstration de mes dires ?
Devant l’expression toujours indéchiffrable du militaire, je prends un livre au hasard dans la bibliothèque. “Espèces de Géonosis”. Eh bien. Je choisis une page au hasard, et me mets à lire le début de l’article à voix basse, gardant un rythme modéré, articulant au maximum.
- “L’Acklay est un prédateur dont l’aliment de prédilection est le lemnai. D’abord originaire de Vendaxa, il a été apporté sur Géonosis à la suite d’importations de combattants pour l’arène de la planète. L’Acklay possède de petits yeux noirs adaptés aux fortes luminosités de sa planète natale. Puisqu’il ne peut détecter la présence de ses proies avec ses yeux à cause de la lumière plus faible des arènes Géonosiennes, il se sert d’un appendice qui capte l’électricité corporelle. Une collerette protège le cou, ce qui le rend difficile à atteindre. Ses dents sont très acérées et enracinées dans ses mâchoires, de telle sorte qu’elles puissent s’ouvrir très grand pour les proies les plus imposantes. Le thorax est le seul point faible de l’Acklay : son estomac se distend plus ou moins selon sa nourriture, ce qui permet de le transpercer aisément. Le dos est protégé par une carapace chitineuse surmontée de petits pics. Les six pattes de l’Acklay sont ses instruments principaux d’attaque avec lesquelles il transperce ses proies. Il se déplace sur la pointe des plus longs doigts hypertrophiés de ses pattes tridactyles. Ces pattes sont le prolongement des bras et des mains préhensiles, elles aussi tridactyles.
Je relève la tête, laissant le livre ouvert à cette page, cherchant une réaction dans le regard des deux humains à proximité de moi.
