Nouveau venu sur Géonosis
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Post n°17
Auteur : June KingNul besoin de réfléchir plus longtemps, les minutes étaient contre le groupe et le chronomètre continuait de faire défiler les chiffres les uns après les autres. Lorsque June posa sa dernière question : elle eut un léger rictus en voyant celle qui prenait, depuis le début, toutes les initiatives en commandant, presque et pratiquement toujours, toutes les recrues sans se soucier de savoir si elles allaient suivre le pas ou non, puisqu'en étant toujours sûre qu'elles suivraient sans se poser de question. Heureuse de la voir reprendre en main la situation, la formatrice King se mit dans un coin en laissant briller l'étoile montante. Cette dernière avait déjà tout prévu en quelques instants, et les recrues semblaient enfin calmes et prêtes au travail. Laissant le groupe agir d'après le plan qu'Atreïs venait de mettre au point ; June se mit à noter quelques lignes dans son datapad, avant de poser son index gauche sur son comlink qui était à son oreille du même côté et de répondre affirmativement à un ordre. Regardant derrière elle, elle s'approcha d'une des recrues qui semblait être perdue et ne voulait pas prendre part à l'exercice. Demandant la raison de son inaction, la recrue semblait être trop frigorifiée pour, ne serait-ce, bouger ou répondre sans claquer des dents. Expliquant qu'elle devait bouger pour se réchauffer afin de ne pas mourir de froid, elle se retourna rapidement après qu'une autre recrue se mit à crier de panique.
Portant son regard sur la recrue qui venait d'hurler, June n'eut que le temps de se mettre accroupie en se protégeant le visage et la recrue qui se trouvait à côté d'elle, lorsque le vaisseau explosa ! Le souffle de l'explosion venait de mettre tout le monde à terre ; la neige qui se trouvait autour fut balayée en un instant et ne tombait désormais plus du ciel ; le vent avait fait silence durant quelques secondes ; l'odeur toxique de la fumée et du carburant brûlé piquait les yeux et le nez ; la chaleur des flammes avait pris le pas sur le froid et un bourdonnement sourd et aigu avait envahi les oreilles de tous.
Reprenant le plus vite possible ses esprits, June hurla si tout le monde allait bien. Observant les recrues, elle aperçut rapidement les plus touchées. Se précipitant vers la première, elle comprit qu'elle n'avait rien de grave, mais qu'elle venait d'être sérieusement sonnée par le souffle de l'explosion. Lui demandant de rester assise en reprenant ses esprits, elle partit en voir une seconde lorsqu'elle fut interpellée par une recrue un peu plus loin qui hurlait que Atreïs n'était pas en bon état. Se précipitant vers elle, June comprit qu'elle avait été sérieusement touchée. S'accroupissant pour l'observer afin de savoir si elle n'avait rien de cassé en parcourant son corps avec un bioscan, elle fut interrompue par Rigom qui se plaignait qu'elle était, depuis le début de la formation, qu'un boulet et une source de problème et que si June avait mieux fait son travail rien de tout ceci n'aurait eu lieu.
D'habitude, et sur ordre de la lieutenante Gladmoore, June n'aurait rien dit et se serait contentait d'ignorer les paroles de la recrue en serrant très fortement sa mâchoire et ses poings. Mais là, il venait de dépasser les bornes. Se retenant dans un premier temps en subissant les insultes de la recrue, elle finit par ne plus rien entendre autour d'elle... comme si tout était devenu noir. Se relevant sans prononcer le moindre mot avec un regard assassin dans la direction du pauvre fou, June s'avança vers Rigom qui continuait d'expliquer aux autres que tout était de la faute de la formatrice et d'Atreïs. S'arrêtant en face de la recrue June lui hurla dessus.
« — Ferme-la ! ».
Sa voix provoqua comme une violente bourrasque qui fit reculer d'un pas toutes les recrues qui étaient autour d'elle et Rigom s'écroula sur les fesses - l'une perdit même conscience. Sa voix avait aussi endommagé le dôme et la simulation subissait à présent des sortes de bugs holographiques. Après avoir hurlé sur la recrue en regardant autour d'elle, elle s'aperçut qu'elles avaient fait un pas de plus en arrière et ne semblaient plus vouloir s'approcher d'elle. Comprenant ce qu'elle venait de faire, elle se racla la gorge et reprit son rôle de formatrice en ordonnant à l'une des recrues de relever Rigom. Celle-ci obéit tout de suite sans poser de question et June regarda les résultats du bioscan. Retournant voir Atreïs elle se posa à côté d'elle.
« — Ne t'inquiète pas, tu n'as rien de cassé, ton épaule est déboîtée et tu as un hématome au niveau des lombaires. Je vais faire venir les médecins pour qu'ils t'emmènent à l'infirmerie, dit-elle en entrant en communication avec son comlink ».
Une fois les médecins appelés, June se releva et la simulation s'arrêta au même instant.
« — Avec ce qu'il vient de se passer, nous allons abréger l'entrainement. La mission est en partie réussite grâce à cette jeune recrue, expliquait-elle en portant un regard sur Atreïs. L'entrainement est terminé pour aujourd'hui, vous avez quartier libre pour le reste de la journée, concluait-elle en laissant place aux médecins ».
Replaçant son épaule en le maintenant avec un linge, Atreïs fut brancardé jusqu'à l'infirmerie de la base séparatiste.
Un peu plus tard, dans l'une des chambres de l'infirmerie de la base séparatiste : les droïdes médicaux donnaient les derniers soins nécessaires pour Atreïs. Malgré l'accident et la puissance de l'explosion et du choc : elle n'avait eue qu'une épaule de déplacée et un gros bleu au niveau des vertèbres lombaires. Nul besoin d'opération ou de reconstruction cybernétique, donc. Une simple séance dans une cuve de bacta suffira pour remettre la jeune recrue totalement sur pied.
Et pendant que la jeune femme à la mèche blanche recevait des soins, dans le dortoir, les questions se multiplièrent comme des petits pains, et Rigom commençait à rallier des personnes de son côté.
« — Comment la confédération peut-elle accepter qu'une telle personne soit dans notre groupe ?! Elle a failli me tuer, nous tuer, en faisant n'importe quoi et en jouant avec les commandes du vaisseau ! Hurlait Rigom en se tenant debout sur son lit pour dominer les autres. Durant cet exercice c'était clairement moi sa cible, mais demain ça sera peut-être toi ! Dit-il en pointant du doigt l'une des recrues. Sans oublier cette formatrice plus bizarre que jamais, elle cache quelque chose ! Ensemble, faisons comprendre à tout le monde que nous ne voulons pas d'elles ! Que nous ne voulons pas de ces femmes dans l'armée ! Qui est avec moi ? Concluait-il en levant le poing en l'air ».
Les recrues présentes dans le dortoir se regardèrent un instant et plusieurs s'avancèrent vers Rigom, convaincu par son discours. Mais certaines n'étaient pas d'accord avec lui.
« — Tu t'es comporté comme un abruti fini, toi aussi ! À l'insulter... à insulter tout le monde. Je n'ai pas oublié tes paroles méprisantes durant l'entrainement. Toi aussi tu me fais pitié ! Et je pense que j'aurais fait pire que l'institutrice King si j'avais été à sa place, s'exclamait une recrue ».
À la suite de son commentaire, quelques-unes des recrues qui avaient rejoint Rigom firent demi-tour.
« — Bon toutou, va ! Donne la papatte ! Tu n'es bon qu'à ça, répliqua Rigom avec sarcasme et mépris ».
Le groupe se déchira en deux à ce moment et une bagarre générale démarra dans le dortoir.
Au même instant, la lieutenante Maria Gladmoore et la soldate June King faisaient un bref débriefing sur l'incident du jour qui avait mis fin rapidement à l'entrainement, en discutant de la suite des événements.
« — L'incident d'aujourd'hui n'était pas un bug, mais la réalité physique holographique du dôme est bien trop dangereuse pour ce genre d'opération avec des recrues inexpérimentées, expliqua la lieutenante. Il faudra l'utiliser pour de simples missions d’entraînements pour la prochaine fois ».
« — Nous connaissons la raison de l'explosion ? Demanda June ».
« — Une recrue à jouer avec les commandes ».
« — Elles n'étaient pas désactivées ? Et savons-nous qui a touché les boutons ? ».
« — Nous ne pouvons pas savoir qui a touché les commandes, mais il faudra être moins réaliste pour les décors, à l'avenir, dit la lieutenante. Fort heureusement, il n'y a qu'une seule blessée, Atreïs. Les autres vont bien. Mais elle aura besoin de repos, et son épaule lui sera certainement douloureuse pour la semaine à venir. Je compte sur toi pour t'occuper d'elle pendant que j'entraînerai le reste du groupe ».
« — À ce sujet. Je ne sais pas si je- ».
« — Tu n'as pas besoin de te remettre en doute. Ce qu'il s'est passé aujourd'hui n'est pas de ta faute, et ta réaction est pardonnable avec l'attitude que cette recrue a eue envers toi. Mais à l'avenir tente de te contrôler davantage. Je sais que tu es facilement émotionnelle, mais c'est de ton image qu'il est question, rassurait-elle la jeune fille qui restait silencieuse. Demain, lors de l'appel dans la cour, nous réglerons quelques détails et certaines choses seront corrigées, tu peux prendre le reste de ta journée, expliquait-elle avant de donner la journée de libre pour la jeune formatrice ».
***
Le lendemain, toutes les recrues avaient été appelées dans la cour. Le groupe en formation s'était séparé en deux parties : la première était en accord avec les idées de Rigom, et la seconde en désaccord. Mais bien que le groupe se faisait la guerre, la lieutenante se tenait droite, en face des recrues, sans dire un mot, accompagnée des autres formateurs qui se tenaient derrière elle. Qu'allaient-ils leur arriver ? -
Post n°18
Auteur : Atreïs HelcarIl y avait d'abord eu ce grand flash de lumière qui suivait immédiatement après le torrent de flammes. Puis la vive douleur dans le dos et l'épaule lorsqu'il heurta le sol violemment. La sensation de tétanie profonde lorsque tous ses membres réagirent subitement en se contractant. Puis le noir total dont il fut incapable de se défaire, son réflexe premier ayant été de fermer les yeux et de se protéger inutilement le visage. Désormais, il était étonnamment incapable de rouvrir les yeux. Il était vrai qu'il n'avait aucune expérience de ce genre de douleurs. Accoutumé des morsures et autres griffures, il se rendait compte qu'il existait un tout autre niveau de douleur. Heureux les ignorants, tant même à ce stade, il n'était pas à plaindre. La tête lui tournait même dans le noir, et il entendait une cacophonie de cris, de fureur et de colère sans parvenir à en déterminer ni la source, ni la cible.
C'est lorsqu'il put entendre la voix de la formatrice qui lui était clairement destinée qu'il commença à remettre les choses dans l'ordre dans son esprit.
-Ne t'inquiète pas, tu n'as rien de cassé, ton épaule est déboîtée et tu as un hématome au niveau des lombaires. Je vais faire venir les médecins pour qu'ils t'emmènent à l'infirmerie
Lorsqu'elle acheva sa phrase, la sensation de froid venant de la neige, et de fumée toxique émanant du vaisseau s'estompa. La simulation venait de s'achever, et la seule chose imprimée dans l'esprit du Gurlanin était un aveu d'échec cuisant. L'autre avait tenté de faire cavalier seul et avait refermé sur eux un piège qui aurait été mortel en de réelles conditions. Il se fichait bien d'être blessé dans ces circonstances. Il n'était pas là pour s'économiser, et voilà qu'il se retrouvait sur la touche dès son second jour dans la CSI.
June céda sa place aux médecins qui venaient de débarquer. Ceux-ci eurent la délicatesse de ne pas poser de questions, et prirent toutes les précautions nécessaires pour soigner celle qu'ils pensaient humaine. Il eut à peine le temps de réagir lorsque le premier, un Twi'Lek débonnaire lui annonça :
-Serre les dents. A trois, je remets ton épaule en place... Trois !
Le claquement arracha un grognement de douleur à l'alien métamorphe qui sentit les larmes lui monter aux yeux. Evidemment, il fallait replacer le membre dans l'axe tant que les muscles étaient chauds et le blessé sous l'effet de l'adrénaline, mais l'opération ne se faisait jamais sans mal.
-Ca va aller, t'en fais pas, gamine. Un bon bain de bacta et tu seras comme neuve. Allez, en avant !
Le second médecin, un vieux Géonosien qui avait sans doute vu les formateurs de Gladmoore passer en tant que recrues, en avait surtout vu bien d'autres. Des recrues blessées pendant les formations, c'était courant. Et puis, c'était plutôt bon signe. Ca voulait déjà dire qu'on ne ménageait pas les bleu-bites. Et surtout, qu'elles n'hésitaient pas à aller au charbon. Une vraie bonne nouvelle, ça manquait de chairs couillues dans les rangs de l'armée. Fussent-elles féminines.
Il fallut néanmoins contraindre Atréis d'être brancardé pour éviter les mouvements. Plus pour montrer qu'il n'était pas inapte aux formateurs que par fierté, il voulait marcher, mais s'en trouva interdit par les médecins. Question de sécurité. Sous l'oeil de ses camarades, aussi défiants que respectueux, il quitta donc les lieux.
Une fois à l'infirmerie, ce fut le Géonosien qui prit la parole :
-Surtout, te fait pas de bile, gamine. On en a soigné des centaines, des comme toi, et pas forcément des plus solides. Bon, c'est rare quand même qu'ils soient aussi maigrichons, mais y sont tous ressortis sur leurs deux guiboles, grâce à la merveille qu'on appelle bacta ! C'est pas dur, tu restes la nuit là-dedans et tu ressortiras comme neuf. Bon par contre, t'auras quand même mal à l'épaule. Mais ça, c'est pas si grave, ça forge le caractère !
Il lui expliqua rapidement le principe du respirateur qu'il aurait à porter tout du long, et lui montra la cuve qui serait son lit pour la soirée. Le Gurlanin enregistra les informations, élève attentif, mais se garda bien de la moindre remarque, taiseux qu'il était. Toutes les questions qui furent posées sur ses origines, ses motivations, ou tout autre trait de caractère étaient esquivées ou contournées, si bien qu'ils finirent par abandonner leurs investigations.
A la grande surprise d'Atréis, et alors qu'il attendait que la cuve soit préparée, il reçut la visite de Jareess, qui semblait inquiet, malgré un sourire jovial sur la figure. Il y avait une pointe de mouron au fond de ses yeux, et il gardait une certaine distance avec la jeune femme blessée.
-Tu as pas choisi le bon moment pour te blesser... En plein dans l'exercice hologra... je sais plus. En plein dans l'exercice. Les formateurs risquent de pas aimer...
Atréis haussa les épaules ce qui lui arracha un grognement de douleur et un regard moqueur des médecins.
-En plus... Je sais pas ce que tu lui as fait, mais Rigom est complètement dingue. Il est complètement en train de monter l'escouade contre toi et les formateurs. Ca a viré à la bataille rangée dans le dortoir, c'était n'importe quoi. Alors que nous, on sait bien que c'est lui qui a fait n'importe quoi... Mais il est en train de leur retourner la tête.
-Laisse tomber.
La voix claire du Gurlanin avait résonné dans l'infirmerie.
-La plupart ne passera pas le recrutement. C'est un tri. Garde toi de tout ça, ne prend pas parti. Sinon, ça te retombera dessus.
Le colosse de Telos la regarda, bouche à moitié ouverte, surpris. Après de longues secondes passées à se sentir gêné par le regard acéré de la femme à la mèche blanche, il reprit :
-Je vais pas te laisser tomber. Sans toi, on serait plus là. Si personne te soutient, tu seras isolée.
Il ne répondit pas immédiatement, car les médecins vinrent finir de le préparer, faisant détourner les yeux à Jareess pour préserver une intimité déjà bien entamée.
-Fais attention à toi. Et à tes décisions.
Le ton, la lueur au fond de ses yeux, tout laissait imaginer que cette phrase clôturait la discussion. Jareess ne fit pas autre chose, se contentant d'acquiescer en hochant la tête. Elle voulait certainement du calme et n'avait pas le cœur à discuter après ce qui s'était passé, se disait-il. Aussi prit il acte de ses paroles, mais se promit de ne rien en faire. Elle avait besoin de soutien. Surtout avec Rigom qui causait des troubles. Atréis serait rapidement leur cible, il en était persuadé, et elle ne pourrait pas se défendre en restant seule.
Aussitôt qu'il eut quitté l'infirmerie, Atréis fut plongé dans le bacta. La substance guérisseuse était confortable, et chaude, mais il se sentait mal au fond de cette cuve, étrangement. Le temps que les calmants fassent effet, il resta paniqué entre l'idée de se noyer dedans, la douleur qu'il ressentait dans son dos et son épaule, et les médecins qui l'observaient. Il s'agitait sans doute trop, car ils discutaient avec une certaine vigueur, et semblaient agacés de le voir aussi mouvementé. Mais cela ne dura pas, les calmants finissant par faire effet, et le plongeant dans un état second de semi-sommeil, duquel il ne sortirait que plusieurs heures plus tard.
Dans le calme de l'infirmerie, les médecins purent écrire leur rapport à la lieutenante Gladmoore.
« Etat stable physiquement. Contusions et fêlures soignées par bain de bacta. Etat psychologique instable, misanthropie évidente. Sujet possiblement dangereux. »
La nuit était toujours chaude sur Géonosis, et celle-ci le fut un peu plus, au vu de la haine grandissante dans les dortoirs. Rassemblés par Rigom, organisés dans un esprit de rebellion, ils avaient défié les autres recrues, et passé certaines, parmi les plus faibles, à tabac. Sans blessure grave autre que psychologique, ils faisaient néanmoins profil bas, éparpillés sans leader à suivre. Celle qu'ils considéraient comme un chef, ou presque, semblait s'être mise hors course par l'explosion, et ne se présenterait sans doute pas. C'est donc la mort dans l'âme qu'ils se présentèrent dans la cour au petit matin, rassemblés par Gladmoore, esquivant les grands airs triomphants de leurs rivaux.
Atréis, lui, avait passé une mauvaise nuit. Malgré la médication, la douleur se faisait toujours sentir et provoquait un engourdissement sourd de son épaule que les médecins ne voulaient pas forcer à se dissiper, sans quoi, disaient-ils, elle reviendrait, toujours plus vive. Aussi eut-il simplement le bras mis en écharpe pour soulager les muscles encore abîmés. Cela ne prendrait que quelques jours, tout au plus, mais suffisamment pour l'empêcher de s'entraîner normalement. Malgré cela, il insista pour être au rassemblement matinal. Bien que déjà en retard, il refusait de se montrer absent de nouveau. Aussi, c'est à l'abri des regards qu'il se mit au garde-à-vous, tant bien que mal, alors que la Lieutenante faisait ses habituels 100 pas. -
Post n°19
Auteur : June KingLes recrues arrivèrent les unes après les autres dans la cour, au lendemain de la mission qui s'était achevée prématurément et qui fit une blessée. À la suite de cet échec de mission, deux clans et opposants s'étaient créé dans le groupe : l'un pro-Rigom et l'autre pro-Atreïs. Une guerre s'était déclenchée entre ces deux parties, et chacune voulait voir son meneur renvoyé. Et bien évidemment, les bleus, les arcades ouvertes et les lèvres gonflées ne manquaient pas d'être remarqués lors de l'appel dans la cour. Mais ayant eu vent de ce qu'il s'était passé la veille dans le dortoir, aucun des formateurs ne prononça un mot là-dessus - tout au moins pour le moment.
La lieutenante faisait, comme à son habitude, les cent pas en face des recrues. Mais la différence était qu'elle devait aller plus loin que les jours précédents. Le groupe s'était coupé en deux dans la cour et les recrues avaient laissé un détroit entre eux, pour ne pas se mélanger. Derrière la supérieure, ce trouvait le sergent Reticuli : qui fumait en regardant son datapad ; le sergent Forest, quant à lui, se tenait droit, mains jointes dans le dos et regardait les recrues qui se fusillaient du regard avec la rage au visage ; tandis que la soldate King observait, elle aussi, son datapad, mais aujourd'hui elle portait son KiSteer 1284 au dos, et portait un étrange objet noir à la ceinture, comme une sorte de manche sans rien au bout. Tous attentèrent la recrue Atreïs qui devait arriver bientôt. Les séances de Bacta étaient toujours longues, et connaissant le médecin de la base, qui aimait prendre son temps, il n'allait certainement pas mâcher le travail.
Lorsque la dernière recrue arriva, la lieutenante s'avança vers elle en lui ordonnant d'aller à côté de l'institutrice King - sans donner davantage de détails -, puis hurla sur le groupe. Mais cette fois-ci le ton n'était plus aussi amical qu'avant.
« — Au garde-à-vous ! Commença-t-elle en inspectant et en collant son visage énervé sur les recrues au premier rang. Je suis parfaitement au courant de ce qu'il s'est passé hier, dans le dortoir, expliquait-elle en reculant. Je vois que je ne me suis pas assez fait comprendre lors de votre recrutement, dit-elle en voyant une personne rigoler. Ça t'amuser ? En face de moi, immédiatement ! Cria-t-elle sur la recrue qui s'avança. Fais-moi des pompes, tout de suite, je te dirais quand t'arrêter, dit-elle en enjambant la recrue. Je connais parfaitement les noms de ceux qui ont commencé la bagarre et le pourquoi de votre petite guéguerre d'enfant, mais je ne les dirais pas, à vrai dire, cela m'arrange pour l'entrainement d'aujourd'hui ».
Au moment où la lieutenante expliqua qu'elle savait tout à propos du conflit dans le groupe et que cela l'arrangeait pour aujourd'hui, la recrue qui faisait des pompes s'écroula par terre. Était-ce dû à la fatigue ou juste parce qu'elle avait glissé ? Quand la lieutenante entendit la recrue tombée, elle se contenta uniquement de tourner légèrement la tête en lui parlant.
« — Je ne t'ai pas dit de t'arrêter. Tu dégages ! La Confédération n'a pas besoin d'incompétent dans ton genre, ordonnait-elle dans un ton autoritaire. Vous l'aurez tous compris. Aujourd'hui, durant cet entrainement, une nouvelle sélection sera faite, la moindre erreur vous sera fatale ».
Maria était revenue à une sélection de recrues. Chaque échec était fatal. Comme pour cette autre recrue qui pensait qu'elle pouvait se mettre au repos sans en avoir reçu l'ordre. La lieutenante la regarda et d'un claquement de doigts en indiquant la sortie avec son index, elle comprit venait d'être éliminée. Après cette deuxième élimination, Maria se retourna vers ses collègues et expliqua aux sergents Forest et Reticuli de la suivre, avant d'ordonner à la soldate King de conduire la jeune Atreïs jusqu'à la destination. Une fois chose faite, la lieutenante se retourna et exigea que les recrues se mettent en rang et au pas en montant bien haut les genoux ! Une, deux, une, deux ! Voyant les recrues partirent avec Maria qui ouvrait la marche et les sergents la fermant, June fit signe de la main à Atreïs de la suivre. Prenant une direction opposée pour aller jusqu'au garage de la base afin de prendre un véhicule, June n'osa pas parler, elle était trop timide pour ça. Et puis, pour elle, parler et sympathiser avec quelqu'un était synonyme de danger ou de mort pour la personne. Trop de gens ont souffert en restant à ses côtés, trop de gens sont morts par sa faute... le mieux était de rester seule, se disait-elle souvent. Mais, elle prit tout de même de ses nouvelles, en bégayant un peu sur le début de sa phrase.
« — Ton... ton bras va mieux ? ».
En plus de ne pas vouloir s'attacher aux autres, et d'être émotionnelle - ce qui offrait une June différente chaque jour : la communication n'était pas ce qu'elle maîtrisait le mieux. Mais heureusement pour elle, ils étaient enfin arrivés au garage. Accueilli par deux droïdes B1 qui se redressèrent en saluant militairement leur collègue, June eut un mouvement de défense en posant sa main gauche sur la sangle de son fusil en faisant un pas en arrière... avant de se mettre droite et saluer à son tour - toujours avec la mauvaise main - les droïdes en affichant un visage de méfiance. Les deux droïdes demandèrent de les suivre jusqu'au véhicule. Suivant les droïdes avec vigilance, June demanda à Atreïs de monter dans le véhicule, pendant qu'elle signait le datapad des départs, qu'un B1 lui tendit. Montant à son tour dans le véhicule, celui-ci ne partit pas tout de suite.
« — Ne t'inquiète pas, tu participeras à cet entrainement, expliquait June à Atreïs une fois installé dans le véhicule. Mais, nous n'allons pas au même endroit ».
Une fois que la formatrice King venait d'expliquer une partie de ce qui allait se passer, elle reçut une communication via son comlink : interpellant le conducteur en lui faisant signe de partir, le véhicule se dirigea en haut d'une colline remplie de rochers et de cailloux. Le trajet fut rapide et assez silencieux, June ne savait pas quoi dire et n'était de toute façon pas bonne pour entamer une discussion. Lorsqu'elles arrivèrent à la colline : June déplia les pieds de son fusil de précision KiSteer 1284 et installa son fusil entre deux rochers pour que personne ne puisse le voir depuis la plaine désertique qui était aux pieds de la colline. S'allongeant sur le ventre en relevant le premier clapet de protection, June expliqua le rôle d'Atreïs pour cet entrainement.
« — Ton rôle est simple, choisir qui restera en vie dans le groupe et qui sera éliminé de la formation, dit June sans ménagement. Donne-moi les noms des têtes que tu veux voir tombées pendant qu'ils s’entraîneront ».
Alors que June expliqua sans détour le rôle d'Atreïs dans cet exercice, les recrues arrivèrent sur la plaine. De leur côté la lieutenante expliqua que le groupe allait devoir se séparer en deux et qu'une simulation de bataille sera leur entrainement. Sur place ce trouvait une caisse métallique avec des armes à lasers non létales et des plastrons avec des capteurs un peu partout.
« — Avant Toute chose, vous devez faire deux groupes... mais je pense qu'ils sont déjà fait, commença à dire la lieutenante. Vous devrez vous battre, vous aider, vous sauver et réfléchir pour vaincre l'autre. Vous allez vous séparer en deux groupes, et vous aurez dix minutes pour vous préparer, expliquait-elle en rejoignant ses collègues qui se trouvaient à côté de la caisse. Je tiens à vous dire qu'ici, les tempêtes sont nombreuses, et le sable y est particulièrement brûlant, dit-elle en regardant son datapad. Dans quarante minutes une tempête est annoncée, et en cas d'accident, je ne pourrais rien arrêter. Maintenant, dans cette caisse, vous allez mettre vos plastrons et prendre chacun une arme, ordonnait-elle en ouvrant la caisse. Si vous entendez un bip lorsque vous êtes touché, vous êtes morts et vous ne devez plus bouger, si vous ne respectez pas cette simple consigne, vous serez renvoyé. Dépêchez-vous ! ».
Les recrues se dépêchèrent de s'équiper et de rejoindre le groupe qu'il avait choisi. Après quelques essais pour savoir si l'équipement fonctionnait parfaitement, la lieutenante hurla que l'entrainement pouvait démarrer.
Plus haut, à plus de trois cent mètres du lieu de l'entrainement, sur la colline remplie de rochers : June releva le second clapet de protection de son fusil de précision en regardant dans le viseur et s'installa plus confortablement en redemandant qui des recrues Atreïs voulait voir mort. -
Post n°20
Auteur : Atreïs HelcarPour la première fois depuis son arrivée sur Géonosis, Atréis se sentait mal. Pas à cause des douleurs qu'il ressentait dans chaque fibre de son corps après l'enchaînement d'exercices. Pas à cause de son bras qui le lançait toujours autant. Non, cette fois, le mal-être était profond, ancré au plus profond de lui. Le sentiment avait grandi tout au long de cette nuit au fond de la cuve de bacta, où il avait alterné entre demi-sommeil et conscience. Qiilura lui manquait terriblement, et son idéal d'unité venait de voler en éclats face à la stupidité de ceux qui étaient sensés représenter sa troupe. Il faisait plus ou moins toujours cavalier seul, s'appuyant sur les autres quand il ne pouvait pas se débrouiller, mais était-ce la bonne méthode ? Ne le ralentissaient ils pas, tout simplement ? La question méritait de se poser...
En tant que retardataire, il s'efforça de ne pas se montrer, ce qui était rendu simple par les épaules affaissées de nombre de ses camarades. Seuls certains inconscients défiaient Gladmoore du regard, et Atréis ne put s'empêcher de déglutir quand il vit la Lieutenante marcher vers lui à grandes enjambées, avant de lui intimer, dans son style tout en retenue, d'accompagner l'instructrice King. Il ne se fit pas répéter l'ordre, se mettant au garde-à-vous lorsque l'instructrice en chef le commanda. Le Gurmanin crut repérer un regard goguenard de la soldate aux cheveux blancs, mais il ne pouvait s'en assurer.
Son discours fut aussi franc que direct, tout comme les éliminations de deux idiots. Les voir s'avancer piteusement vers la sortie conforta Atréis dans sa nouvelle vue d'ensemble. Il ne leur accorda pas un regard lorsqu'ils passèrent devant lui, avant que la petite troupe d'idiots ne soit mise au pas de course par la Lieutenante, qui les éloigna. June fit signe à la recrue de la suivre, et il lui emboîta le pas.
La réponse fut aussi brève que la question, entre deux taiseux : "Non."
Il n'allait pas mentir. L'impression d'avoir une tige chauffée à blanc qui s'enfonçait dans son bras n'aidait pas à se sentir plus en forme, et il devait revoir les médecins le soir même. Pour une simple épaule luxée ! De ce qu'il avait compris, son état ne s'était pas amélioré suffisamment par rapport à la norme. Il n'en rajouta pas, conscient qu'elle devait certainement avoir accès à son dossier médical.
Se contentant de suivre et d'imiter June lorsqu'elle saluait, il garda sa position mutique jusqu'à ce qu'elle épaississe le mystère de leur destination. Le Gurlanin ouvrit la bouche pour poser une question, puis se ravisa. Il verrait bien le moment venu ce qu'il aurait à faire. Les instructeurs n'étaient pas idiots. Ils savaient qu'Atréis ne pouvait ni se battre, ni se mouvoir correctement. Aussi, lorsque June lui indiqua qu'il participerait au même entraînement, il se posa la question : un exercice asymétrique ? Ou quelque chose qui n'impliquait pas d'efforts physiques ? Cette dernière hypothèse fut bien vite balayée lorsque la soldate fit conduire le speeder en haut d'une colline vide de toute autre chose que cette satanée poussières et ces cailloux rouges. Il la regarda silencieusement monter avec mille précautions son fusil, comme si c'était un objet cher à son coeur, puis la voix de l'instructrice en herbe claqua.
Lui ? Responsable de la vie ou de la mort dans cette formation des autres ? Il s'assit à côté de June, grimaçant avec la douleur. En contrebas, il voyait les autres s'affairer. Ils se mettaient en ordre de bataille ? Qu'est ce que c'était que cet entraînement encore ? Passant sa main sur son visage, il regarda le désordre éclater. Rapidement, des tirs de laser furent échangées, partant dans des directions plus ou moins aléatoires, tant ces idiotes de recrues semblaient incapables de viser droit. Parfois, par miracle, un tir semblait prendre la bonne direction, mais ils étaient suffisamment mauvais pour qu'Atréis ne se demande si ils ne le faisaient pas exprès. Ou pire. Si les armes n'étaient pas volontairement faussées.
Pendant ce temps, June attendait paisiblement les noms. Elle semblait d'une méthode et d'un calme olympiens, à la manière dont elle tenait son fusil et paraissait le régler au micromètre près. Il reporta son regard sur la mêlée. Etait-ce un test ? Oui. Mais pour qui ? Lui ? Ceux en bas ? Les autres. Il devinait aisément que ceux qui étaient touchés et "tués" n'avaient que de bien faibles chances de survie dans ce groupe. Mais ça ne paraissait pas létal. En revanche, le fusil de June, lui, semblait l'être. Alors quoi ? Il aurait la mort de ses camarades sur la conscience ? Mais cela avait-il une importance ?
Il repensa à la disucssion qu'il avait eu avec Jareess la veille. Dans son esprit, ils étaient tous sur un siège éjectable. Surtout maintenant qu'ils avaient commis une faute stupide en se séparant ainsi, là où ils devaient se montrer solidaires. Ce fut cette dernière pensée qui l'emporta sur le reste. Il devait prendre des décisions. Il l'avait fait tout au long de ces deux jours qui lui avaient semblé deux mois, et cela l'avait mené ici, sans ménager personne.
"Pas une n'a montré autre chose que de la couardise."
Et il énuméra les noms. Tous. Sans en oublier un seul. Si June s'exécutait, il réciterait la liste, ponctuée par des coups de feu. Tout en gardant un nom pour la fin. Rigom.
Les éliminations successives l'avaient convaincu que très peu en réchapperaient, finalement. Il prit le risque d'être éliminé lui-même pour avoir trahi. Mais au moins, il resterait fidèle à lui-même. -
Post n°21
Auteur : June KingPathétique ! Voilà la seule réponse qu'avait en tête la lieutenante Maria Gladmoore en voyant toute cette troupe de bons à rien se tirer dessus tel des B1 défectueux sorties d'usines et tenant entre les mains des armes pour la première fois. Comment pouvaient-ils rater leur cible à moins de deux mètres de distance ? Pourquoi cette année les recrues avaient-elles un air de ridicule ? Prenant une grande bouffée de poussière rouge de Géonosis et retenant sa colère autant qu'elle pouvait, elle ne trouva rien de mieux que de se masser les tempes avec sa main de libre pour tenter de se calmer et d’ôter ce mal de crâne qui apparaissait, en détournant le regard de cette scène... pathétique.
Les recrues se faisaient face : les personnes qu'avait rallié Rigom à sa cause de battaient en le défendent tels des gardes du corps pour politiciens ; tandis que de l'autre côté les futurs soldats partaient dans tous les sens, sans coordonner leurs déplacements, sans stratégie d'approche et sans soutien technique. Toutes semblaient perdues et ne savaient pas comment agir devant le groupe de Rigom qui, pour certaines recrues était difficile de l'accepter, mais meilleur que celui qui avait pour meneur Guldem (l'une des recrues qui avaient accompagné Atreis lors du précédent entrainement). Malheureusement, le groupe de Rigom ressemblait plus à une escouade suicidaire, qu'autre chose. Rigom n'hésitait pas à utiliser "ses hommes" comme bouclier pour contrer les tirs des recrues adverses. Comme cette fois-ci - qui ressemblait aux autres - : lorsqu'il se retrouvait face à un ennemi et qu'il tira vers lui un allié pour qu'il reçoive les tirs à sa place, tout en avançant et en utilisant son compagnon comme bouclier avant de le laisser tomber par terre une fois proche de son ennemi, afin qu'il puisse lui tirer dessus à bout portant et être sur de le vaincre. Une technique et un geste déloyal, mais diablement efficace, puisque lui est son groupe parvenait à prendre l'avantage dans cette bataille désastreuse.
Alors que la lieutenante désespérait, que les sergents jouaient calmement aux cartes au-dessus de la caisse d'armement, le destin de tous était en train de se jouer au moment même, plus haut, sur une colline, caché derrière les rochers.
L'index plaçait sur le pontet du fusil et la main gauche tenant la poignée ; l’œil gauche plaquait contre la lunette de visée ; la crosse du fusil collait sur l'épaule gauche ; la respiration qui se faisait de plus en plus lente en inspirant par le nez et en expirant par la bouche ; les muscles du corps qui se relâchaient tous (pour mieux les contracter au moment du tir) ; la vue faisant seule le focus sur les cibles pour prévoir leurs mouvements. Dans cette position June pouvait être confondue avec l'environnement tant elle ne bougeait pas ou n'émettait aucune vibration, même les petits insectes de Géonosis grimpaient sur elle pour continuer leurs chemins en l'ignorant - ou en ne s'apercevant pas de sa présence ? Concentrée et attendant les noms, la soldate continuait de viser les recrues sans détourner le regard, mais avait toujours un œil autour d'elle, en cas d'attaque. Lorsqu'elle entendit la jeune Atreis s'asseoir à côté d'elle, son index gauche se plaça sur la queue de détente. Entendant le premier nom : June calcula à peu près et en l'espace d'un instant la distance, la température, le vent, l'humidité et tout ce qui pourrait faire manquer son tir lorsqu'elle inspira en bloquant son souffle.
Plus bas, continuant de se massacrer entre elles, l'une des recrues s'écroula par terre avec une violence et une rapidité impressionnante, et deux secondes après l'écho du tir vint résonner dans les oreilles de tous. Criant de se mettre à l'abri immédiatement, la lieutenante se mit à couvert elle aussi en s'armant et en cherchant la menace. Mais avant même que les recrues ne réagissent, une seconde victime s'ajouta au tableau, puis une troisième, puis une quatrième. Les recrues semblaient totalement perdues, affolées, et ne savaient absolument pas où se mettre à l'abri puisque les tirs semblaient venir de partout. Rigom forma un bouclier avec deux de ses sbires qui semblaient totalement en accord avec le principe de le sauver en y laissant leurs peaux. Mais il commença, lui aussi, à paniquer lorsqu'un de ses boucliers tomba sous un tir.
Plus haut, Atreis continuait d'énumérer sa liste à côté de June. Une inspiration, un tir, une expiration ; à chaque nom, un tir. Toutes les recrues tombèrent sous les balles de June. Nulle recrue n'avait su y échapper. Toute ? Non, une seule restait debout. Lorsque la liste venait d'être terminée, June se leva et prit dans sa main gauche l'étrange manche noire qu'elle portait à la ceinture et fit un coup sec avec pour déplier totalement la matraque et électrifia Atreis.
« — Toutes les cibles sont neutralisées, dit June via son comlink ».
« — Très bien ».
***
Quelques heures plus tard, et sachant combien de temps duraient les effets des balles étourdissantes et de la matraque télescopique électrique, les supérieurs arrivèrent dans la salle de repos de l'hôpital au moment où les recrues se réveillèrent les unes après les autres dans les lits.
« — Vous avez tous échoué, s'exclama la lieutenante sans détour. Par conséquent, vous êtes tous renvoyés, expliquait-elle en laissant un blanc. Mais, comme nous avons un quota à respecter chaque année, vous êtes tous réintroduit. Demain, entrainement au combat rapproché avec le sergent Forest à 5h tapante dans la cour, vous êtes privé de dîner ce soir et interdit de sortir des dortoirs jusqu'à demain ! Hurla-t-elle en repartant aussi rapidement qu'elle était venue ». -
Post n°22
Auteur : Atreïs HelcarLa litanie de noms eut à peine le temps de se terminer, et le Gurlanin eut à peine un instant pour croiser les yeux inexpressifs de l'instructrice. Son cerveau comprit suffisamment vite son erreur alors que son corps ne put que subit la décharge foudroyante que lui administrait sans état d'âme June. Juste avant de sombrer dans les ténèbres, il eut la présence d'esprit de se rendre compte que son erreur lui confirmait son raisonnement. Ne faire confiance à personne. Trahi ou être trahi.
Il passa plusieurs heures dans l'inconscience, comme le reste de ses soi disant camarades qu'il abhorrait chaque jour un peu plus. Dans son simili sommeil, ses pensées s'entrechoquaient. La sédition d'une partie du groupe avait déjà grandement endommagé la confiance qu'il plaçait en eux au départ. Leur incapacité à se montrer intelligents avait été à la limite du point de non-retour. Mais l'action des instructeurs était la goutte qui faisait déborder le vase. Pourtant, il ne pouvait pas réellement se résoudre à les laisser tomber. Pas après que certains aient pris son parti. Alors quoi ? Revenir sur sa décision ? Il ne pouvait pas aller à l'encontre de ses sentiments inamicaux à l'encontre des uns et des autres. Cependant, il n'avait pas besoin de les apprécier pour les mener, en soit. Si ils le laissaient faire.
Atréis se réveilla parmi les premiers. A croire que le taser de June était moins violent que ses balles. Légèrement nauséeux, il retint un haut-le-coeur en s'asseyant dans son lit de fortune. Comme les autres, il avait été balancé là tel un ballot, sans considération pour sa blessure. D'ailleurs, celle-ci le lançait toujours, même si il y avait du mieux. La suite de l'entraînement serait bien difficile, pensa-t-il. Et, pour son malheur, cette pensée fut validée par le discours aussi court que violent prononcé par la Lieutenante Gladmoore. Consignés dans leurs dortoirs, les uns sur les autres, sans repas, voilà la sanction qu'elle avait décidé de leur infliger.
Il fut parmi les premiers à regagner le dortoir. En fait, il fut même le premier, Sans un mot, il s'assit en tailleur sur son lit, dos droit contre le mur. L'agitation avait gagné le dortoir, et la tension avait de nouveau monté d'un cran entre les deux factions. Ignorant ce qu'il s'était passé sur les hauteurs du champ de bataille, les partisans du Gurlanin restaient fidèles à cette petite humaine brune qu'ils avaient érigée en leader. Tout comme les adeptes de Rigom restaient en rangs serrés derrière lui, malgré sa traîtrise et sa couardise. Immédiatement après que les portes furent fermées, le ton commença à monter entre les différentes parties, chacune accusant l'autre d'être le responsable de tous les maux de la Galaxie, à tout le moins. La situation était lassante, stupide. Ni les uns, ni les autres n'avaient une quelconque chance de voir la suite de la formation si le conflit continuait à s'envenimer. Alors que les plus virulents de chaque camp s'apprêtaient à en venir aux mains, Atréis se mit debout sur son lit et hurla avec force, laissant un instant la bête en lui rejaillir, à l'insu de tous, trop occupés à être acteurs ou spectateurs de cette pathétique passe d'armes.
-ÉCOUTEZ MOI !
Le timbre était clair, la voix forte. Qu'allait il leur dire désormais ? Il n'en savait rien. Mais jusque là, l'improvisation avait bien fonctionné, aussi n'allait il pas abandonner cette stratégie.
-Regardez vous, bande de chiens galeux. Vous êtes tous plus stupides les uns que les autres ! Tout ça parce qu'un crétin a cru bon de contredire toutes les instructions et qu'un autre s'est dit qu'il pouvait vous commander sans que vous bronchiez.
Une rumeur parcourut l'assemblée. Venait-elle réellement de se remettre en cause ? Ainsi que Rigom ? C'était inattendu. Mais l'effet provoqué convenait parfaitement à la recrue. Elle venait de semer le trouble parmi le groupe, et le moment était idéal pour forger, peut-être, une nouvelle unité.
-Vous voulez savoir ce qui s'est passé, tout à l'heure ? Pourquoi vous êtes tous tombés alors que pas un d'entre vous ne sait manifestement tenir une arme ? Parce que j'ai donné vos noms, à tous, à un sniper. Parce que pas un ici n'a été capable de faire preuve du commencement du début d'esprit de groupe.
La rumeur s'amplifia en grogne. Mais ce n'était pas ce qui allait arrêter Atréis. Plus maintenant. Il sauta de son lit. Tous dominaient sa forme humaine d'une tête au moins mais pas un n'osait bouger malgré les insultes et les révélations ?
-Alors quoi ? Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Vous comptez continuer à passer pour des cons et des incapables et récurer des toilettes toute votre vie ? Ou vous allez vous bouger pour ressembler à des soldats ? Moi, j'avais fait mon choix. Et finalement, j'ai pris un poignard dans le dos. Alors il est temps de changer.
Il progressait au milieu du groupe sans tressaillir, sans baisser les yeux. Il continuait sa tirade à voix forte, attendant que l'un ou autre daigne le défier, mais pas un ne s'avançait, pas même Rigom. C'en était à la fois décevant... Et prévisible. Aucun ne semblait capable de se dresser contre lui, à l'heure actuelle ? Fort bien, il prendrait ses responsabilités.
-J'ai pris des coups pour vous, bande d'abrutis. Vous en avez pris pour moi, et pour Rigom. Alors c'est simple.
Il était arrivé devant Rigom et le défiait du regard, Ses yeux n'exprimaient aucune autre émotion que sa détermination. Ni haine, ni mépris, ni pitié. Un intense sentiment de défi. Le seul qui importait à cet instant.
-A cinq heures tapantes dans la cour. Toi et moi. Seuls. Si je perds, je quitte la formation. Si tu perds, tu pars ou tu te soumets.
Il tendit la main à son rival. Sous cette forme, il n'était qu'une femme chétive, et blessée de surcroît. Son épaule le faisait toujours souffrir, tout comme ses côtes. Il était diminué, et Rigom le savait. Tout comme il savait que c'était là sa chance de prendre le commandement. Tout ce qu'il avait à faire était de battre une femme blessée, à la fois physiquement et dans son orgueil. Aussi, il n'hésita pas bien longtemps et serra fortement la main tendue. En essayant de lui faire mal, il serra à s'en faire blanchir les jointures. Mais Atréis n'exprima pas la moindre expression. C'était l'objectif. Il surpasserait tout ce qui se dresserait en travers de son chemin. Lorsque l'autre libéra sa main, il tourna les talons, et ne prononça plus un mot de la soirée. Et, le lendemain matin, il était le premier dans la cour. -
Post n°23
Auteur : June KingLe lendemain. Tous les formateurs s'étaient regroupés avant de rejoindre les recrues qui arrivaient un à un dans la cour. Ils se concertaient tous avant le début de cette nouvelle journée d'entrainement, à l'exception de June qui était partie chercher un tableau sur ordre de la lieutenante Gladmoore; attendant son retour en discutant du pitoyable échec du dernier entrainement tout en regardant les recrues depuis les fenêtres du hall. Les instructeurs s'étaient décider de passer à la vitesse supérieure et de trancher le mal en deux. Cela allait peut-être empirer les choses dans un sens, mais de l'autre, tous les problèmes allaient grandement s'arranger. Continuant leur discussion sur les préparatifs, les supérieurs furent dans l'obligation de rejoindre les recrues très rapidement pour intervenir et arrêter une bagarre qui venait d'éclater. Deux recrues commençaient à se battre sans retenue et sans élégance.
Entrant dans la cour : le sergent Forest fut le plus rapide des formateurs à arriver et à arrêter cet échange de coups ridicules qui avait explosé sans prévenir. Séparant les adversaires de chaque côté, il dut utiliser une technique basique de combat rapproché pour mettre à terre la recrue Rigom qui ne semblait pas vouloir en rester là. Une fois à terre, le sergent garda la position de la technique pour qu'il ne puisse plus bouger tout en expliquant aux recrues qui voulaient jouer aux héros pour le sauver qu'il pouvait à tout moment lui briser la nuque s'ils s'avançaient encore d'un pas. Hurlant à son tour de reculer d'un pas et de se mettre au garde-à-vous : la lieutenante Gladmoore se mit entre le sergent - qui maintenait Rigom à terre - et les recrues pour dissuader davantage les héros qui voudraient libérer leur ami. Tandis que le sergent Reticuli rejoignit la recrue Atreis pour l'empêcher, elle aussi, de tenter quoi que ce soit.
Une fois tout ce beau monde calmé; rangé correctement en rang et au garde-à-vous. La lieutenante demanda au sergent de relâcher Rigom pour qu'il rejoigne les rangs, tout en le surveillant de près. Lorsque les supérieurs se rassemblaient face aux recrues; June fit son apparition en poussant un grand tableau à craie. Une fois le tableau à côté des formateurs, la lieutenante fut interrompue par la soldate lorsqu'elle allait prendre la parole. Cette dernière voulait dire quelques mots aux recrues avant le début du monologue de sa supérieure. Acceptant sa demande, la petite soldate fit un pas vers les recrues avec les yeux larmoyants.
« — Pardonnez-moi ! S'exclama-t-elle en baissant légèrement la tête. Je ne voulais pas vous faire du mal et je ne voulais pas vous tirer dessus ou vous frapper, dit-elle en s'essuyant les yeux avec sa manche. Mais vous voir vous déchirer comme ça, j'aime pas ça et- ».
« — Ça suffira. Rejoignez les sergents, soldate, coupait-elle la formatrice dans ses excuses. Votre institutrice est trop émotive, vous l'aurez compris. Mais elle n'a fait qu'obéir à mes ordres. Si vous devez porter votre haine sur quelqu'un pour ce qu'il vous est arrivé, c'est vers moi que vous devez vous tourner, dit-elle en faisant les cent pas en face des recrues avec un air défiant. Vous voir pitoyablement échouer à tous les entraînements comme des moins que rien et vous voir vous battre pour savoir qui sera le petit chef de votre misérable groupe me fait doucement rire, expliquait-elle en ayant un léger rictus. C'est pourquoi aujourd'hui vous allez avoir la chance d'être ce que vous voulez vraiment ».
Sur ces mots, la lieutenante se dirigea vers le tableau à craie que June avait ramené sur ses ordres, et trancha en deux le tableau d'un coup de craie. Puis se tourna vers les recrues et expliqua.
« — Sur ce tableau, j'ai tracé un trait pour couper le tableau en deux. Si vous n'êtes pas trop stupide. Bien que pour certains j'en doute, dit-elle en posant son regard sur certaines recrues. Vous aurez compris qu'à partir d'aujourd'hui votre groupe va être divisé en deux ! Expliquait-elle en retournant au tableau ».
Sur le tableau, un trait le coupait en deux et de chaque côté la lieutenante écrivait quelque chose. En se retournant de nouveau vers les recrues, le tableau affichait dans le côté gauche, tout en haut : groupe de Rigom, et de l'autre côté : groupe d'Atreis. Donnant, ensuite la craie à June; la lieutenante reprit la parole.
« — Je vais tous vous poser une seule et unique question : quel groupe vous voulez rejoindre ? Et vous devrez me répondre sans aucune hésitation ».
Questionnant chaque recrue en partant de la gauche vers la droite, toutes étaient obligées de répondre à la lieutenante pendant que June écrivait les noms sur le tableau. Une fois que le tout monde avait choisi son groupe, toutes les recrues devaient se tenir du côté de leur choix en face du tableau. Lorsque les groupes étaient finalement formés, on pouvait compter neuf personnes dans le groupe d'Atreis, et treize personnes dans le groupe de Rigom. Puis, la lieutenante nomma June comme formatrice principale du groupe de Rigom et qui sera secondée par le sergent Reticuli; tandis qu'elle, et le sergent Forest, allaient s'occuper du groupe d'Atreis. La lieutenante instaura aussi un système de points. Chaque groupe avait la possibilité de gagner plus ou moins de points avec les entraînements. Si un entrainement était bon, il gagnait des points, mais si un entrainement était mauvais, le groupe perdait des points.
Prenant avec elle son groupe : la soldate et formatrice King, accompagné du sergent Reticuli, se dirigeaient de l'autre côté de la cour pour commencer l'entrainement du jour : le tir à distance. Les entraînements n'étaient pas les mêmes pour les groupes. Puisque le groupe de la lieutenante Gladmoore allait faire un entrainement en combat rapproché, pendant ce temps. Même si June était maintenant la formatrice principale du groupe de Rigom, elle n'en restait pas moins la formatrice au tir à distance et devra entraîner le groupe d'Atreis pour ce domaine. Tout comme le sergent Forest qui devra entraîner le groupe de Rigom en combat rapproché.
Commençant l'entrainement au combat rapproché, la lieutenante Gladmoore laissa la place au sergent Forest pour faire une démonstration du mouvement que le groupe allait devoir apprendre aujourd'hui. Le groupe l'avait vu quelques minutes plus tôt. Il s'agissait d'une technique de base pour se défendre et plaquer l'adversaire au sol. Se tenant droit, mains dans le dos, avec son air apaisait et son aura bienveillante, le sergent demanda poliment à la recrue Jareess (qui avait rejoint le groupe d'Atreis) de bien vouloir s'approcher. Le sergent l'avait désigné comme partenaire pour cet exemple. Demandant à la recrue de l'attaquer, celle-ci hésita. Chose qu'il ne fallait pas faire. Le sergent, avec une rapidité presque surhumaine, donna un coup dans la jambe droite de la recrue pour la déstabiliser, avant de lui soulever le bras du même côté pour agripper son corps en le basculant vers l'arrière tout en soulevant ses jambes à l'aide de l'une des siennes pour qu'il tombe par terre sur le dos sans qu'il ne puisse plus se défaire une fois au sol.
Le sergent expliqua qu'une fois l'adversaire dans cette position, il pouvait forcer encore plus dans ses bras pour le tuer en lui brisant la nuque ou juste l'étouffer jusqu'à la mort. Mais bien évidemment ceci n'était qu'une démonstration et il n'allait pas faire de mal à une recrue. Relâchant Jareess en l'aidant à se relever, il allait expliquer cette technique plus lentement pour que les recrues puissent reproduire ce mouvement.
***
Les semaines passèrent et la formation devenait de plus en plus difficile pour les recrues. Sport, apnée, course, combat, tir, équilibre. Toutes sortes d’entraînements et d'exercices étaient imposés et devaient être recommencés jusqu'au succès. La clef pour réussir ces exercices jusqu'au bout était le travail en équipe et le souffle. Sans ces deux choses, les nerfs pouvaient lâcher rapidement et on s'épuisait trop vite. Les longs exercices en plein air n'étaient pas de tous repos; la saison des tempêtes de sable n'arrangeait pas la chose. Peu étaient les recrues capables de tirer correctement avec un fusil à lunette; de combattre sans se blesser et de piloter sans faire d'accidents ou courir sans s'écrouler au sol. Au cours de la formation, deux recrues abandonnèrent; une autre se retrouva dans le coma et une dernière se perdit dans les plaines arides de Géonosis (avant d'être retrouvée et réhabilitée à participer à la formation).
Pendant ces longues semaines d’entraînements et d'exercices, certaines recrues comprirent que la lieutenante Gladmoore n'était pas si inhumaine qu'ils le pensaient. Elle était dure et dangereuse; mais admirables et juste. Tout comme la soldate King qui était en réalité timide et amicale, mais surtout émotive. Concernant les sergents, les regards des recrues ne changèrent pas pour eux. Le sergent Forest restait toujours quelqu'un de confiance, calme et bienveillant; et le sergent Reticuli laissait toujours apparaître une personnalité négligente et moqueuse.
Aujourd'hui l'entrainement n'allait pas être de tout repos pour le groupe d'Atreis. Il fallait sauver le sergent Forest. Attaché à une chaise dans l'un des étages d'un bâtiment abandonné; surveillée par la soldate King depuis son fusil et gardé par le groupe de Rigom. La mission n'allait pas être à leur avantage. Il fallait déjouer l’œil affûté du sniper pour s'approcher du bâtiment; tromper les gardes ou tous les neutraliser et sauver le sergent. Pour cet entrainement, un compte à rebours avait été imposait par la lieutenante.
« — Je sais que vous n'êtes plus que huit en tout. À cause d'un abandon d'une recrue de votre groupe, rappelait-elle à son groupe. Je sais que vous trouvez ça injuste qu'ils soient onze en face. Mais dites-vous que sans l'abandon d'une des recrues du groupe adverse et d'une autre qui est malheureusement toujours dans le coma, ils seraient douze, les encourageait-elle en les regardant quelques instants. Vous pensez sûrement qu'ils sont meilleurs que vous parce qu'ils ont plus de points au tableau. Mais les points ne veulent rien dire sur le terrain, vous les talonnez alors que vous êtes deux fois moins nombreux. Alors aujourd'hui, vous allez vaincre ce groupe, vous allez délivrer le sergent et arrêter la soldate, motivait-elle son groupe ».Spoiler : HRP
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Post n°24
Auteur : Atreïs HelcarSi il y avait bien un domaine où Atréis excellait, c'était l'infiltration. Il n'avait pas eu l'occasion de pratiquer la polymorphie depuis des mois, maintenant, mais là était l'occasion rêvée. Même si, il le savait, il lui faudrait faire preuve d'une ingéniosité redoutable afin que personne ne puisse se douter de quoi que ce soit. Il le savait, ce talent-là était un atout majeur qui lui permettrait d'arriver au bout de la mission qui leur était proposée. Mais il était absolument nécessaire que personne ne se rende compte de ses transformations successives, si besoin était.
Il évalua rapidement la situation. Infériorité numérique et désavantage de position, c'était bien mal engagé. Surtout que June avait fait preuve par le passé d'une aisance redoutable au fusil de précision. Aussi, il était dores et déjà exclus de marcher à découvert. A moins que... Il regarda ses compères. Ils avaient tous l'air lessivés de leur entraînement. Atréis les comprenait aisément. Il était tout aussi fourbu, et ne sentait plus certains mouvements, tout en découvrant dans la douleur des muscles dont il ignorait l'existence. Mais cette épreuve là était primordiale pour eux. Leur retard était bien trop conséquent pour se permettre d'y échouer dans les grandes largeurs.
-Bon... Je me charge du sniper.
Il inspira profondément. Un vieux compte à régler avec June l'orientait dans cette direction. Un coup en traître, pour un coup en traître. Il savait très bien comment il voulait s'y prendre, mais devait s'assurer que personne ne le verrait. Il regarda plus en détail l'aire de combat. Le bâtiment où était retenu Forest faisait face à une autre bâtisse abandonnée dans laquelle s'était positionnée l'instructrice. Eux-mêmes étaient dans un tout petit préfabriqué, qui s'élevait péniblement légèrement à l'écart des deux autres bâtiments. Atréis voyait les choses très simplement : le reste de son groupe investissait prudemment l'immeuble du prisonnier, malgré la menace du sniper, et s'efforçait d'attirer son attention, si possible en étant en mouvement perpétuel. Le Gurlanin, quant à lui, chercherait sa revanche en sortant quelques secondes après. Il exposa son plan en vitesse, rappelant que le compteur tournait. Le temps était compté.
Le groupe se rua à l'extérieur sous l'oeil de celui qu'ils érigeaient en chef En courant de manière erratique, ils eurent la chance de ne pas attirer la lunette du sniper suffisamment vite, et pas un ne tomba sous le feu de la tireuse. Atréis souffla. C'était déjà un bon point. Cela leur permettrait au moins d'affronter le reste d'égal à égal, si tant est que ce mot existait encore dans cette foutue formation. S'assurant que le sniper gardait le groupe pour cible, il se dirigea à son tour au pas de cours vers le bâtiment de la tireuse d'élite. C'était entre elle et lui désormais. De sa position, il ne pouvait plus être touché par la soldate, mais une balle perdue depuis l'autre côté était toujours à craindre. Il lui faudrait donc être rapide, et surtout, discret. Au loin, il entendait déjà ses compagnons engager le combat. Au rythme des coups de feu, il imaginait déjà un affrontement disparate, marqué par les tirs ratés, et surtout, le soutien de June...
Mais il ne perdit pas plus de temps. Sa progression ralentie par les potentiels tirs perdus qui pourraient le viser, il s'enfonça dans le bâtiment, cherchant sa proie, grimpant les étages. A chaque porte, il s'attendait à tomber de nouveau nez à nez avec la tireuse, et surtout, son bâton électrique. Il se massa les côtes furtivement rien qu'à l'idée d'en prendre un nouveau coup. Au loin, le combat avait perdu en vigueur assez rapidement, et si on continuait à entendre les éclats de voix, cela ressemblait désormais plus à une guérilla urbaine et des course-poursuite qu'à une bataille rangée.
Il inspira. Ferma les yeux en s'appuyant contre un mur. Cela faisait déjà un bon quart d'heure qu'il était là, et il se rapprochait inéluctablement de son objectif. Restait cet étage, puis le toit. Sa main se serra sur son arme. Il n'avait choisi qu'un petit revolver, conscient de devoir se montrer discret. De plus, il avait montré de réelles faiblesses dans le maniement des armes, hormis lorsqu'elles étaient de petite envergure ou, plus étonnamment, avec les fusils de précision. Mais de fusil, il n'y avait pas, aussi le choix fut vite fait. Elle resserra un peu plus son emprise sur le pistolet, tâchant de remettre ses idées en ordre. Tout en se souvenant des enseignements prodigués.
Son premier entraînement aux armes à distance avait eu lieu sous la houlette de Gladmoore. Aussi exigeante et dure qu'elle était, il n'avait pu que s'incliner devant ses nombreux talents. Quand bien même elle leur aboyât dessus de nombreuses fois, elle n'en finissait pas moins par montrer l'exemple, avec justesse et précision. Ce jour-là, Atréis n'avait pas été capable de mettre un seul tir dans le cœur de la cible, et il s'en énerva bien vite, ruminant dans son coin et fulminant contre l'entraînement, le sable, le soleil, la cible et tout ce qui pouvait bien approcher. Aussi, la Lieutenante, qui avait avant tout pour mission de former des soldats malgré tout, prit les choses en main. Ce fut fulgurant. En une poignée de secondes, elle passa en revue tout ce qui n'allait pas chez le Gurlanin, du port de tête à la posture en passant par le déclenchement de la gâchette. En à peine quelques minutes, il assurait enfin des tirs qui, si ils étaient loin d'être parfaits, avaient au moins le mérite de toucher la cible. En revanche, même les instructeurs ne purent rien pour le maniement d'armes plus lourdes. DC15s, E-11, F-11D, rien ne trouvât grâce aux mains de la recrue, qui finit par abandonner l'idée de les maîtriser pour le moment.
Il ouvrit la porte à sa droite en silence, braquant l'arme devant lui, une modeste réplique de DL-18 qu'il avait fini par affectionner pour sa légèreté et sa facilité d'usage. Il fit un tour complet de la pièce. Rien ici. Une fois de plus, chou blanc. Il inspira, toujours en silence. Mais il fut vite interrompu par un coup de feu. Son origine était toute proche. La pièce d'à côté en réalité. June n'avait pas perdu plus de temps. Restait à savoir si elle avait touché ou non. Atréis n'hésita pas. Il savait qu'elle devait recharger, et les quelques secondes nécessaires à l'opération lui laisseraient le champ libre. Il s'engouffra de nouveau dans le couloir et défonça la porte qui restait. Bingo. L'instructrice tourna la tête au moment où la jeune femme à la mèche blanche lui cria :
-Terminé pour toi ! Pose ton arme et laisse tes mains en évidence.
Il la braquait en avançant lentement, tenant son arme devant lui, bras tendus, souffle régulier, prêt à faire feu.
-Maintenant tu te lèves. Et tu fais trois pas en arrière. Et doucement.
June s'était exécutée sans discuter. Savait-elle qu'elle était prise ? Il trouvait cela trop facile, surtout sachant ce qu'elle était capable de faire. Mais elle ne faisait aucun réel mouvement. Il la fit se tourner alors qu'il donna un coup de pied à son fusil pour l'envoyer derrière lui. Sans rien dire de plus, il la délesta des armes qu'elle avait sur elle, puis lui fit signe de passer devant. Avec cette menace en moins, il pouvait désormais réellement se tourner vers son objectif final, le Sergent Forest à libérer. Les yeux braqués sur le dos de June qui avançait vers le point de départ, où elle resterait désormais, Atréis réfléchissait à la suite des opérations.
Les événements récents étaient pourtant loin de lui donner raison quant à sa manière de mener son groupe. Sous sa houlette, si l'on pouvait dire, il avait vu ceux qui continuaient de lui faire confiance progresser à vitesse grand V, tout comme lui. Afin de leur rendre leur confiance, il avait mis les bouchées doubles, se démultipliant à chaque exercice, parfois au mépris de sa sécurité ou de son intégrité physique. Bien des fois, il avait fini harassé sous le regard désapprobateur des instructeurs. Notamment lors des parcours mêlant différentes disciplines. L'équipe avait préparé un parcours dantesque, qui mêlait natation, escalade, progression en course ou à plat ventre, tir, saut... Bref, c'était un condensé des différents exercices qui leur étaient imposés, le principe final en étant très simple : à la fin de la formation, ils devaient être capables d'arriver au bout dans un temps imparti. C'était là une épreuve facultative, uniquement posée là pour permettre à tous de se jauger. Et, à l'heure actuelle, personne n'y était parvenu. Les premiers essais étaient réalisés sous l'oeil avisé des instructeurs, les suivants étaient libres. Les premiers jours, nombreux s'y essayèrent, mais les tentatives se firent de moins en moins nombreuses, au fur et à mesure du temps qui passait. Il est vrai que le peu de temps libre était plutôt consacré au repos et aux soins. Sauf pour le Gurlanin. Entêté et déterminé, il avait recommencé le circuit, encore et encore, continuant d'échouer sans se décourager...
La fatigue accumulée l'avait mené à faire des erreurs parfois fatales. Son corps s'affinait plus vite que celui des autres, et ses capacités physique s'accroissaient, mais son cerveau éreinté le conduisait à de fâcheuses décisions qui avaient coûté quantité de points, au final, parfois par excès de prudence, parfois par inconscience. Et aujourd'hui, ils étaient 50 points derrière. Une différence suffisante pour que le camp de Rigom prenne les choses à la légère.
Libéré du poids du sniper, il avait pu rejoindre sans encombre le bâtiment principal, et avait pu constater les dégâts. Dans le hall principal, 7 recrues étaient inertes. Dont 3 de son propre groupe. Il jura silencieusement entre ses dents en les reconnaissant depuis son couvert. Il y avait donc bien eu une bataille... Mais où était le reste de la petite troupe ? Dans les étages, probablement, si il en jugeait par les portes restées ouvertes. Mais pourquoi n'entendait-il aucun coup de feu ? Est-ce que l'un des deux camps avait gagné ? C'était une possibilité. L'autre étant qu'ils s'étaient retranchés dans une bataille de positions. Mais il en aurait le cœur net. Sans plus attendre, il se dirigea vers les étages.
Il estimait que ses meilleures chances de survie passaient par un principe simple. Amener ses adversaires à le sous-estimer, et à tenter de le battre à son propre jeu. Le corps-à-corps. C'était là qu'il excellait, plus que tout autre chose. Les longues années passées sur Qiilura lui avaient donné des réflexes et des capacités très pratiques pour cela. D'ailleurs, les instructeurs n'avaient pas mis longtemps à le repérer et à le pousser plus loin dans ses retranchements, comme ils le faisaient dès lors que l'une des recrues montrait quelques dispositions évidentes.
La leçon avait d'ailleurs également servi de leçon d'humilité. Sortant tout juste d'un entraînement éreintant au cours duquel les recrues devaient apprendre à gérer leurs forces en affrontant plusieurs adversaires à la suite, il fut pris à part par le Sergent Forest. Y voyant là l'occasion de faire ses preuves, Atréis n'hésita pas une seule seconde. Mal lui en prit. Le professeur avait toutes les cartes en main pour le défaire : expérience, habileté, force et état de fraîcheur. Il ne fallut pas plus d'une minute pour que le Gurlanin se retrouve au sol, souffle coupé après un atémi exécuté de manière remarquable... Et à peine une minute de plus pour qu'il se relève puis reparte de nouveau au tapis. Tout être normalement constitué aurait rapidement compris la situation. Pas lui. Régulièrement, il redemandait sa chance à Forest, qui lui donnait bien volontiers, tout en le renvoyant aussi sec à ses études...
Mais de professeurs, il n'y avait plus. Pas plus qu'il n'y avait de compétition amicale, désormais. Au fur et à mesure qu'il avalait les étages, il pouvait compter les corps de ses camarades et de ses adversaires. Et le compte était loin d'être bon pour son groupe. En somme, il ne restait que Jareess, qu'il n'avait pas encore retrouvé, et 4 membres de l'autre côté, dont Rigom. Ce détail le fit sourire. Il était temps que ce petit lâche rende des comptes, et il lui ferait payer ses moqueries et ses insultes au centuple. Mais pour cela, il lui faudrait sans doute passer par dessus ses trois cerbères restants. Ces pensées l'accompagnèrent jusqu'à la fin de ses recherches. Il ne rencontra aucune résistance, ni renforts d'ailleurs. L'immeuble était calme, très calme... Trop calme. Plus le temps avançait, plus il désespérait de retrouver Jareess conscient. Il s'arrêta et réfléchit. A un contre quatre, il avait les mêmes chances qu'à deux contre quatre. Très peu. Mais si il les forçait à se séparer...
Oui. Il avait la solution. Son enquête du bâtiment lui avait permis de trouver des salles de contrôle. Des salles qui lui permettraient de mettre tout le bâtiment dans le noir. Là était son salut. Poursuivant sur sa lancée, il parvint à identifier les deux salles qui l'intéressaient. Dans la première, Rigom et ses trois hommes de main étaient proches du Sergent Forest, tournant son dos au Gurlanin. Manifestement, ils fêtaient dores et déjà une victoire... Dans la seconde, il trouva de quoi mettre son plan à exécution. Sans prendre le temps de réfléchir, il fit baisser les rideaux de fer des fenêtres de l'étage puis fit sauter les fusibles. Voilà. Il n'y avait plus qu'à attendre.
Il n'eut d'ailleurs pas à attendre longtemps. Il put rapidement entendre vociférer les autres, et Rigom râler comme un pou, ordonnant à ses hommes de main de rétablir le courant. Parfait. Son idée se déroulait comme prévu. Enfin, si on occultait le fait qu'il n'avait pas de suite à ce plan. Il referma la porte et se cala bien au fond de la petite salle, arme braquée devant lui. Il n'avait qu'à patienter... Sauf que sa patience ne fut pas mise à rude épreuve. Rapidement, la porte s'ouvrit. Il n'hésita pas. Dans l'obscurité, trois coups de feu éclairèrent furtivement l'endroit, révélant la position d'Atréis et de sa cible. Celle-ci s'écroula sans un gargouillis, mais avec grand bruit. C'était une course contre la montre, désormais. Il en restait trois. Il changea de position, se cachant derrière la porte. Et bien lui en prit, car bientôt un faisceau se braqua sur le corps inanimé.
« Merde, Jasper. »
La voix se rapprocha rapidement, occultant toute prudence. Au moment où l'autre se pencha, Atréis jaillit de sa cachette. Son pied heurta violemment la tempe de son adversaire ou plutôt, de sa victime, et le sonna. Deux coups de feu l'accompagnèrent dans sa chute. Un de moins. Il ramassa la torche et l'éteignit. Un avantage de plus dans sa besace. Il la ralluma rapidement, le temps de regarder les traits de sa seconde victimes. Enfin son polymorphisme allait servir. Il changea son apparence, prenant le visage de celui qu'il venait d'assommer. Puis il commença à crier :
« Y'a quelqu'un ? Magnez vous ! Je suis tombé sur Jasper, il s'est fait avoir ! »
Le bruit de course qui s'ensuivit le rassura presque. L'autre venait seul. En d'autres termes, en bon commandant, il était fort probable que Rigom soit resté seul.
« Où il est ? Qu'est ce qui s'est passé ?
-J'sais pas... Regarde...
-Je vois r... »
Les mots restèrent au fond de sa gorge quand le tranchant de la main d'Atréis vint heurter sa gorge. L'autre en resta sans voix. Littéralement. Il recula, se tenant le cou, hoquetant et jurant comme il le pouvait. Il porta prestement sa main à sa ceinture, cherchant son arme, mais le Gurlanin fut plus rapide. Un nouveau coup de feu déchira l'air, et il tomba au sol, sur le dos.
Atréis inspira. Puis souffla. D'un geste, il remit l'immeuble dans la lumière. Restait le dernier combat à mener. Par chance, hormis un stress intense qui avait grandement fait monter son cœur dans les tours, il ne restait qu'une seule personne. Et elle ne s'attendait certainement pas à le voir...
Atréis avait repris sa forme habituelle. Il n’avait plus besoin de l’effet de surprise, désormais, et se délecterait suffisamment de ce qui l’attendait. D’un coup de pied violent il fit sauter la porte devant lui, pénétrant arme au poing dans la dernière pièce.
-Terminé, Rigom. Fin de la mission pour toi.
L’Humain chétif se retourna d’un coup. Une lueur de colère passa dans ses yeux, mais il eut le réflexe de plonger derrière la chaise où était attaché Forest pour se protéger des tirs de blaster qui égratignèrent le sol et le mur derrière l’endroit où il se trouvait. Toujours avec une vivacité inattendue il ouvrit à son tour le feu sur Atréis qui n’eut pas le choix de plonger à son tour. Les tirs étaient précis, mais les deux ennemis parvinrent à les esquiver. Rigom n’avait pas à se soucier d’être attaqué dans sa position et en profitait pour arroser copieusement les positions d’Atréis qui ne pouvait prendre le risque de répliquer.
Courant d’un abri à l’autre au fur et à mesure qu’il se trouvait pilonné, le Gurlanin ne parvenait pas à trouver un angle de tir appréciable, ni même une ouverture suffisante. La moindre tentative avait des risques de faire échouer toute la mission, et ses possibilités commençaient à manquer. Par chance, le tir nourri de Rigom vida bien vite les chargeurs. Lorsqu’il entendit les clics caractéristiques d’une arme sans munitions, il sortit de son couvert. Bondissant, il attrapa Rigom à la taille et l’entraîna à terre. Il n’avait rien vu venir. Surpris, l’Humain se retrouva à terre, souffle coupé mais, d’un mouvement de jambes, réussit à faire voler Atréis par-dessus lui, qui alla s’écraser plus loin dans un grognement de douleur.
Dans la cohue, l’agresseur avait perdu son arme, qui gisait maintenant entre eux. Se remettant prestement sur leurs jambes, les deux antagonistes se ruèrent dessus, finissant au corps à corps. Une configuration qui allait parfaitement à Atréis. Mais Rigom n’était pas le premier venu non plus. Malgré son peu d’implication en première ligne, il restait doué pour ce genre de choses. Très doué. Chacun se rendait coup pour coup, si bien que bientôt, l’arme fut envoyée plus loin dans la pièce sans qu’aucun des deux protagonistes ne cherche à s’en emparer. Libérant leur haine à l’égard de l’autre après des mois de provocation, ils rivalisaient d’intensité dans leur engagement. L’Humain opposait sa force et sa puissance à la vivacité et la rapidité du Gurlanin.
Capable d’enchaîner très rapidement des mouvements, semblant parfois changer de stratégie en un battement de paupières, Atréis essayait de contraindre l’autre à la défensive, de l’empêcher de porter le moindre coup. Malgré tout, il pouvait sentir qu’il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme, car chaque coup encaissé était comme recevoir une enclume : Rigom tapait réellement fort, et le déstabilisait vraiment. Déjà, il pouvait sentir le sang couler de sa lèvre fendue et les hématomes sur tout le corps pointaient le bout de leur nez. Mais l’autre n’était pas beaucoup mieux. Elle l’avait touché en de nombreux endroits, et lui aussi vacillait de plus en plus, sa garde se baissait chaque fois un peu plus bas, et elle le voyait souffler comme un bœuf.
Nouvelle attaque. Avec une satisfaction non feinte, il sentit son poing s’écraser dans le foie de Rigom. Il se plia en deux, avec un hoquet, crachant un peu de salive mélangée à du sang. Etait-ce enfin l’ouverture ? Il n’attendit pas qu’il se relève : son genou partit droit vers son nez, qu’elle entendit exploser dans un craquement écoeurant. C’était terminé, déjà. Rigom hurla en se tenant le nez, reculant d’un pas. Il n’en fallait pas plus. Il ne manquait que le coup final. Comme dans un rêve où tout était ralenti, Atréis prit appui sur sa jambe droite. Opérant une rotation imparfaite mais rapide, il tourna sur lui-même. Jambe gauche tendue, pied pointé vers l’extérieur. L’énergie cinétique faisait le reste. Au dernier moment elle sauta. Avec violence, son pied s’écrasa sur la joue de Rigom. Humain et Gurlanin allèrent au sol, le premier sur le dos, inanimé. Le second sur le ventre. Son souffle lui manquait un peu, ses membres lui faisaient mal. Ses cheveux noirs retombaient devant ses yeux, trempés de sueur. Avec un effort considérable, il se hissa sur les bras, se relevant difficilement pour récupérer son arme.
Il regarda Forest. La mission était allée à son terme. Atréis le libéra, avec de se laisser glisser contre un mur, épuisé. -
Post n°25
Auteur : Super PNJSurveillant le déroulé de l'épreuve grâce aux diverses caméra dans le bâtiment. La lieutenant observant chaque déplacement avec attention. L'équipe d'Altreïs avait certes du retard, mais une "victoire" ici, pouvait changer la donne et surtout changer le regard des formateurs sur les jeunes recrues et leurs capacités en groupe, mais aussi individuel.
Et le début ne partait pas si bien que cela pour l'équipe Béta". L'idée d'envoyer un homme chercher le sniper pour se libérer la voix était bonne, mais le temps était précieux dans ce genre de situation et la zone de recherche était grande et récoltant de multiple cachettes.
La possible erreur vient du fait qu'aucune communication sur l'origine des tirs, ce qui aurait permis à Altreïs de mieux cibler ses recherches et gagner en temps. Mais soit Gladmoore mettait cela sur le compte de l'inexpérience.
Alors que la traque du sniper continuait, le reste du groupe essuyait des tirs, mais aussi des pertes. Peu de terrain gagné.
Les choses intéressantes commencèrent lors de la capture de June. La jeune recrue se replaça assez rapidement. Toutefois la situation était délicate. Sans une stratégie efficace, l'épreuve serait un échec.
La vétéran Séparatiste ne savait pas vraiment quoi ressentir. Coup de génie de la pars d'Altreïs ou incompétence doublé d'une suffisance déconcertante de la pars du groupe Alpha.
Quoi qu'il en soit, le résultat fut que l'épreuve fut remportée par les outsider.
Les deux formations se positionnèrent dans la cour. Les formateurs se mirent en position face à eux. Mais avant que Gladmoore ne puisse commencer, un message arriva. De la plus haute importance soit disant.
Un silence s'installa durant plusieurs minutes, la mine de la gradée se fronça légèrement. Elle fixa de nouveau les recrues.
"Félicitations au groupe d'Altreïs. Grâce à cette victoire, vous repassez devant vos concurrent en gagnant 100 points.
Rigom, la suffisance et le fait d'avoir sous estimé vos adversaires ont grandement participé à votre échec. Ce n'est pas quelque chose de tolérable dans l'armée séparatiste.
Rejoignez vos quartiers, demain votre entraînement reprend.
Altreïs, venez avec moi. "
Les rangs se rompirent, un transporteur arriva Récupèrent la Lieutenant et la jeune recrue.
"Vous avez fait du bon travail lors de cette épreuve. Ruse, analyse. Vous avez du potentiel. Et de ce fait j'ai votre première mission.
Vous allez rejoindre une escouade de reconnaissance. Nous avons reçu un message de l'Impérium. Un vaisseau Sith se baladerait dans l'espace proche de la capital de nos alliés.
Votre mission qui vous sera expliqué un peu plus en profondeur durant le briefing sera d'épauler l'Impérium dans la reconnaissance et nous tenir informer sur le niveau de menace.
Nous allons nous diriger vers la garnison. Le briefing aura lieu tôt demain matin. "
Le transporteur se posa libérant la jeune recrue qui allait désormais effectuer sa première vraie mission...Spoiler : Spoiler
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Post n°26
Auteur : Atreïs HelcarL'Astroport Loyd, sur Géonosis. Par instinct, c'était là qu'il avait ordonné d'être déposé au droïde. Ou bien était-ce une simple réminiscence ? Après tout, c'était là qu'il avait mis le pied pour la première fois quand il avait débarqué sur Géonosis depuis Qiilura. Peut-être qu'inconsciemment, il cherchait à trouver un peu de réconfort et de sécurité, lui, l'éternel déraciné. Même Géonosis n'était pas sa maison. Son lieu de base, son camp de départ, mais pas sa terre natale, ni même d'adoption. Car depuis son départ, personne ne l'avait réellement regardé, hormis quelques officiers qui se plaisaient à faire souffrir mille morts aux recrues. Notamment Maria Gladmoore, la Lieutenante instructrice, qui était bien quelqu'un qu'Atréïs comptait revoir. Non pas pour le plaisir de sa discussion, juste pour voir ses yeux lorsqu'elle se rendrait compte que malgré tout, il était parvenu au grade de Lieutenant, lui aussi. Bon, avant toute chose, il avait une autre personne à voir avant.
Posant le pied sur le sol de l'astroport, il se dirigea tranquillement vers les douanes. Uniforme sur le dos, fusil à l'épaule, cheveux attachés, on était bien loin de l'Humaine chétive qui avait mis le pied sur la planète la première fois. Maître de ses émotions et potentiellement d'une partie de son avenir, il avait largement accompli une partie de son potentiel entrevue à Toskrew City. Largement dépassé l'image de petite personne perdue sur une planète trop grande pour lui. Sans hésitation, et un petit sourire aux lèvres, il se dirigea vers le premier guichet, où l'attendait un Géonosien clairement hostile.
-Papiers, raisons du voyage.
Il se rappelait très bien l'attitude, l'exacte même attitude que le même Géonosien avait eu face à lui le jour de son arrivée. Elle n’était rien, alors. Tout ça avait changé. Elle lui montra son insigne.
-Lieutenant Vasburg.
L’autre déglutit en relevant les yeux sur la brune. Il était inenvisageable qu’il se souvienne réellement de son visage, mais lui ne l’oublierait jamais, et il exorcisait ce coup au ventre qu’il avait reçu lors de son arrivée, la première fois. Un petit sourire se forma sur le visage de l’Humaine sous couverture alors qu’elle rempochait le badge et le fixait de ses yeux noirs comme la nuit. Juste ce qu’il fallait pour le mettre mal à l’aise, lui faire comprendre qu’elle savait exactement ce qu’il était. Sans doute passerait-il ensuite la nuit à se demander à ce qu’il avait fait à cette militaire, mais il s’en fichait, dorénavant. Et c’est le coeur léger qu’il passa son chemin. Il n’en avait pas réellement besoin, au final, mais voir les sentiments qu’il pouvait inspirer… Il s’en délectait, comme avec cette inconnue sur Raxus Secundus. Comme l’administrateur d’Utapau, comme avec Arnon… Il comprenait ce que cela signifiait d’avoir une emprise. Et il avait bien besoin d’un remontant avant d’affronter la terrible Générale Valkoinen. Lors de son voyage jusqu’à Géonosis, il avait entrepris de la contacter, mais elle n’avait répondu qu’un laconique « Venez à mon bureau, nous discuterons de tout cela. » Le ton était si froid, qu’il n’était pas vraiment encourageant, mais il n’avait pas le choix. Au moins avait-il le reste de la journée avant de s’y rendre, la commandante suprême ne l’attendant que le soir, dans le calme.
Pour une fois, il prit sur lui de se détendre, chose qu’il ne faisait pas assez. Contrairement à ce qui avait pu se passer sur Raxus ou Utapau, pour une fois qu’il n’était pas en mission, il avait tout le loisir de profiter d’un bar ou d’une cantina. C’était étrange pour lui, de ressentir le besoin de s’asseoir, quelques minutes ou quelques heures, et simplement contempler ce qu’il avait pu faire jusque là. Oui, ça lui semblait une bonne idée. Alors il se dirigea vers le bar le plus proche. Pas de filature, pas de comlink, rien de tout ça. Juste un moment serein, pour lui, devant une bière géonosienne. Que devenait-il ? Au-delà de tous les secrets qu’il entretenait par obligation, il s’était coupé de tout et de tout le monde. Si demain, il était tué, personne ne se souviendrait de lui, même pas Qiilura. C’était une sensation étrange que d’arpenter des mondes ainsi sans laisser réellement de traces. En même temps, était-ce nécessaire ? Dans sa culture, oui, la famille tenait une place primordiale, mais maintenant qu’il l’avait quittée ? Vaste question. Autour de lui, les gens allaient et venaient sans se soucier les uns des autres. Il y avait là de toutes les races, de toutes les origines, des droïdes aussi. Il accrocha le regarde de ce Gand trapu, puis celui de cette Humaine, puis encore celui d’un Nautolan, autant de personnes qui l’oublieraient et qu’il oublierait. En somme, ils n’étaient tous là que bien peu de choses.
Ce fut sur cette ultime considération qu’il reprit sa route, lentement. Ces pensées le parasitaient et l’empêchaient de se focaliser sur ce qu’il devait faire. Une famille ? Des connaissances ? Quel intérêt, vraiment... -
Post n°27
Auteur : Atreïs HelcarFinalement, il s'ennuyait bien vite. A peine une heure après son arrivée, il recommençait à penser à ce qui l'entourait, qui pouvait le voir, qui pouvait l'entendre. Il reprenait déjà ses marques et ses habitudes prises à la dure, sans pour autant laisser quoi que ce soit transparaître. Commençait-il enfin à se montrer à la hauteur ? Ou bien virait-il totalement paranoïaque ? Quoi qu'il en soit, l'effet était brutal maintenant qu'il s'en rendait compte. Il est vrai qu'il avait déjà noté un changement lors de son entrevue avec Arnon, à qui il n'avait pas hésité à dévoiler sa vraie nature, comme si il était certain de pouvoir lui faire garder le silence par la force et la persuasion. Avec un certain aplomb, même. Etait-ce ce qu'on attendait de lui, au sein de la CSI ? Ce profil de... Il ne savait pas réellement comment l'évoquer. D'espion et d'intimidateur ? C'était ce qu'il avait fait jusque là. Faire peur à plus faible que lui. Fouiller le passé. C'était une perspective intrigante et pourtant, il y avait pris du plaisir...
Lorsqu'il quitta la cantina, il reprit le chemin qu'il connaissait bien, jusqu'à la caserne qui avait hébergé ses premiers exploits. De toute façon, il ne connaissait rien d'autre sur cette planète, finalement, puisque chaque jour avait été consacré à son entraînement forcené sous la houlette du Lieutenant Gladmoore. Un instant, il se demande ce que devenait son instructrice. Elle n'avait jamais vraiment masqué une certaine dureté à son égard qu'il expliquait par ses attentes élevées. Et finalement, il ne l'avait pas déçue... Tout du moins l'espérait-il. On lui avait donné un grade de Lieutenant, certes rapidement, mais nécessaire et qu'il avait depuis justifié au sein du DSP.
Il sourit en voyant les installations massives au loin. Au moins, ça, ça ne bougeait pas. Toujours énormes, grouillantes de monde, impersonnelles et effrayantes pour les nouveaux débarqués comme il l'avait été. Ca commençait à remonter, désormais, et son sourire semblait indiquer que les souvenirs n'étaient pas si mauvais. Même si il avait subi quantité de punitions dues aux mauvais résultats de sa compagnie, et imaginées par les instructeurs retors. En pénétrant les lieux, il se sentit immédiatement à l'aise, hélant un des employés de réception, demandant à voir la Lieutenante. C'est à peine si on le fit attendre, et on l'envoya vers l'aile réservée aux recrues. Lorsqu'il frappa à la porte de bureau, la voix sèche de son premier mentor l'invita à entrer, et elle se leva lorsque Atréïs entra. L'officier fronça légèrement les sourcils.
-Lieutenant Vasburg, c'est cela ? Vous avez demandé à me voir ?
-En effet, Lieutenant Gladmoore. J'étais de passage dans le coin, et je souhaitais vous voir. Vous remercier.
L'instructrice, d'ordinaire si sèche et impersonnelle, sembla remettre un nom sur le visage qu'elle avait en face d'elle. Légèrement plus grande, elle esquissa un léger sourire.
-Dans mes souvenirs, la recrue Atréïs Helcar avait le même visage. Je vois que le DSP ne chôme pas, et j'imagine que si je cherche votre dossier, je ne le trouverais pas, Lieutenant ?
-C'est en effet possible, Lieutenant Gladmoore.
La recruteuse ferma la porte et retourna s'asseoir, invitant Atréïs à faire de même. C'était amusant de se rendre compte par lui même du nombre de couches apposées sur sa véritable identité... Néanmoins, il s'assit face à son ancienne professeure., un léger sourire aux lèvres alors qu'elle le détaillait.
-La dernière fois que je t'ai vue, tu étais pareille à un petit animal apeuré... Douée mais pas forcément prête. Reticuli voulait même parier que tu ne survivrais pas, j'aurais dû prendre ce pari. Quelque chose t'a changée en quelques années. Impressionnant.
Atréïs ne répondit pas immédiatement. L'oeil acéré de Gladmoore était suffisant. Lui qui se disait justement qu'il était étrange de revoir quelqu'un.
-En effet. Les voyages, déjà, ainsi que les missions du DSP qui ne laissent pas vraiment le temps de réfléchir, pas plus qu'elles ne laissent le temps de se poser. C'est la première fois que je peux le faire depuis que j'ai quitté votre programme d'instruction, Lieutenant.
-Intéressant, Vasburg. Et la première chose que vous faites est de revenir dans un endroit où vous avez sué sang et eau plutôt que vous détendre dans une quelconque cantina ? On se croirait face à un mauvais héros de holofilm.
-Je l'ai fait aussi, Lieutenant. Mais l'inaction n'est pas pour moi, je crois, pas plus que la réflexion, seule à une table. Et j'aurais été idiote de ne pas passer vous saluer, maintenant que je n'ai plus à avoir peur de faire 100 pompes car j'ai défendu un collègue qui n'en valait finalement pas la chandelle.
La plus âgée des deux eut un petit rire sec.
-Tu n'as pas perdu ton impertinence. J'apprécie, mais fais attention à ta langue, les murs ont des oreilles dans la Confédération. Du reste, c'est rare qu'une recrue revienne me voir. J'apprécie également, ça montre que je fais du bon travail. Que viens-tu faire sur Géonosis ? Ce n'est pas vraiment le rayon du DSP, il me semble.
-Officiellement, je suis le Lieutenant Vasburg de la Marine. On me demande de rentrer, je rentre, point. Officieusement, je n'en sais rien encore. Mais je le saurais si ça vous concernait, ce dont je doute.
-C'est bien la première fois que le DSP se pointerait dans mon bureau pour moi et pas pour me prendre une énième recrue. En parlant de ça, j'ai justement une fournée qui arrive. Si tu veux bien leur faire une démonstration, je t'en serais reconnaissante.
Il acquiesça avec un sourire. Elle était comme dans ses souvenirs, finalement, c'est juste qu'à présent, il parlait d'égal à égale avec elle. Il se rappelait la manière dont elle l'avait impressionné à l'époque, en tenant la dragée haute facilement à n'importe qui, peu importait l'exercice. En chemin, il se surprit à voir des saluts dus à son grade. Cela, en revanche, il n'avait toujours pas l'habitude, et Gladmoore eut un sourire narquois.
-C'est ça d'être bombardée trop tôt... Tu ferais mieux de t'y faire. Maintenant, dos droit, menton levé et épaules en arrière, Vasburg.
Les deux Humaines pénétrèrent en même temps dans la cour intérieure où les attendait la soixantaine de fraîches recrues. Si le soldat King n'était plus là, Reticuli, lui, continuait manifestement de donner ses discours. Si il reconnut Atréïs, il n'en dit rien et poursuivit jusqu'à laisser la parole à sa supérieure hiérarchique.
-Recrues. Je suis le Lieutenant Gladmoore et votre chef d'instructeur. Aujourd'hui est le premier jour du reste de votre vie, celui à partir duquel vous serez peut-être considérés comme autre chose que des rebuts de la société. A partir de maintenant, vous vous adresserez à chacun de vos supérieurs avec le respect qui lui est dû, à vos pairs avec la reconnaissance de leurs rangs, et vos éventuels subordonnés avec la considération que cela implique, est-ce clair ? Je ne tolérerai aucun écart, aucune tête dure. Toi, le Twi'Lek, ce que je te dis te fait rire ? Approche.
La recrue apostrophée affichait effectivement un sourire en coin, l'air de dire « cause toujours ». Gladmoore eut un regard vers Atréïs qui hocha doucement de la tête.
-Parfait. Je vous présente également le Lieutenant Vasburg, qui fut l'une de mes plus prometteuses recrues. Voyons ce que tu peux faire.
Mains croisées dans le dos, épaules relâchées, Atréïs se contenta de regarder le Twi'Lek s'avancer. Décidément, beaucoup de choses se répétaient d'une promotion à l'autre, et les méthodes restaient les mêmes : briser les plus costauds pour mettre tout le monde au pas. Mais pour une fois, c'était lui qui était à la bonne place, celle du chasseur. L'autre était pourtant une montagne de muscles et de nerfs, du genre qui l'aurait déchirée en deux à une autre époque. Mais à le voir s'approcher ainsi, il pouvait déceler un grand nombre de points faibles qu'il ne manquerait pas d'exploiter. Un seul serait suffisant. Sans décroiser ses mains, il esquiva le premier coup de poing, puis le second, laissant l'autre aller manquer de s'écraser un peu plus loin. Lorsqu'il se redressa, il put constater que le Lieutenant avait un très léger sourire aux lèvres. Repartant à l'abordage, il eut juste l'occasion de se rater une fois : le genou de la jeune femme écrasa son estomac et son foie, avant que la jambe ne se redresse et le cogne à la tempe pour l'étalier au sol, se retournant pour se remettre au garde à vous dans le même mouvement sans un regard pour l'homme. Il n'avait même pas sué. Oui, il avait réellement changé. D'ailleurs, il prit la parole.
-Estimez vous heureux d'intégrer ce programme. Faites honneur à l'enseignement du Lieutenant Gladmoore, recrues. Bonne chance.
Il salua finalement Maria. Ce qu'il se passerait ensuite n'était plus de son ressort. Mais définitivement, il trouvait un certain réconfort ici.