Nuages noirs
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Post n°5
Auteur : LyzsSpoiler : PNJ - Grande Armée Républicaine
En quelques secondes, les quatre personnes les plus influentes de la Grande Armée Républicaine sont réunies. Enfin, presque. Car deux d’entre eux ne sont présents qu’à travers leur image holographique. Face à Lyzs, derrière le rayon de lumière central, se trouve l’image bleutée d’un homme ayant passé la cinquantaine. Sa moustache et ses cheveux sont très clairs, mais son air, lui, est par contre plutôt sombre. Sourcils froncés, traits marqués par le sérieux et posture rigide : il s’agit de Ryzon Mav’rick, le général de l’armement. Il est très certainement le plus caractériel de nos quatre dirigeants. Connu pour ses exigences et son sens des priorités, notre homme semble tout indiqué pour gérer l’arsenal républicain. C’est à croire que cette position a été pensée spécialement pour lui. D’ailleurs, il a été l’objet, lui aussi, d’un véritable bombardement. Ses discours et, parfois, sa véhémence au sujet d’une république juste et de la lâcheté des impériaux lui ont valu de passer du grade de « simple » colonel à grand général. N’allons pas croire qu’il lui a suffi de crier fort pour être entendu, mais disons que cela a donné à son dossier une certaine visibilité.
A la gauche de Ryzon se trouve Adam Dawnstar. Il s’agit du grand amiral de la flotte républicaine. Arborant fièrement cet outil primitif que sont les lunettes, Adam est un véritable puits de sagesse. Ses cheveux gris, ses quelques rides et son air calme lui donnent des airs de grand-père, mais il est capable de se montrer impitoyable dans ses prises de décisions. Assis dans son siège comme un roi, il écoute la générale Yvanol qui explique, à la demande du général de l’armement, la raison de sa position de méditation. Des histoires de sensitifs, rien de bien important. Tant pis pour les règles de savoir-vivre. L’amiral est plutôt intrigué par le manque de réaction de Breymens. Celui-ci est plutôt à cheval sur le protocole et, pourtant, il ne dit rien. Vu son air renfrogné, il a déjà dû avoir une réaction avec la petite garde qui, d’ailleurs, est bien plus éloquente qu’à son habitude. Elle finit par s’excuser du dérangement et Mav’Rick en profite pour prendre la parole :
— Générale Yvanol, vous deviez rendre votre rapport à la chancellerie. Pourquoi demander une telle réunion, avant la remise de votre rapport et, surtout, à l’écart du pouvoir politique ?
— Parce que… c’est important ? Répond Lyzs, sans arrière-pensées
— Ah ! Ah ah !
Un début de rire et des sourires. Les trois hommes se regardent, étrangement complices. Adam Dawnstar, qui finit de rire silencieusement, décide de prendre le relais :
— Pas mal, pas mal. En effet, si c’est important, il vaut mieux laisser les politiciens en dehors de tout ça. Dit-il.
— Ah… Oui, c’est peut-être mieux. Enfin, blagues à part, vu que nous sommes réunis nous pourrions peut-être reparler du sujet de notre dernière réunion ? Propose Breymens, plus détendu maintenant.
— Au sujet de la chancellerie ? Demande Lyzs, un peu gênée par son propre trait d’humour.
— Tout à fait. Reprend le grand général. Mes... Non, mes excuses. Nos services ont ramené des nouvelles.
— C’est-à-dire ? Demande Mav’Rick.
— La chancelière par intérim n’a aucune connexion avec Atin Jnum. Dévoile le général de l'armée de terre.
— C’est une information sûre ? Insiste le général de l'armement.
— Très sûre, même. Mais, nous n’avons toujours pas de preuves que Jnum a empoisonné Nocturna.
— Peut-être que ce n’est pas lui, tout simplement ? Suggère la générale.
— Peut-être bien ! Quoi qu’il en soit, on creuse toujours. J’ai d’ailleurs appris certaines choses sur Jnum : il a récemment rendu visite au… « grand moff » Valiant, détenu ici même, sur Coruscant.
— Ah, vraiment ? S'étonne calmement Dawnstar.
— Vraiment. Il semblerait que l’ancien grand général et lui soient d’anciennes connaissances.
— Bon sang c’est…
— Excusez-moi, général Mav’rick, ce n’est pas tout ! Notre homme a aussi passé un traité commercial avec les séparatistes.
— Splendide. Lance l'amiral.
— Ce n’est pas comme si nous étions en guerre. Affirme le général de l’armement. Enfin, quand même ! Ce Jnum, en plus d’être une vraie tête brûlée et un électron libre, est toujours là où les ennuis sont.
Lyzs, surprise par l’ironie de la situation, en perd sa concentration. Les pièces de son sabre cessent pendant un instant de danser autour de la poignée flottante. Cet arrêt soudain capte l’attention des trois autres généraux, mais ils n’y accordent finalement pas d’importance. Il s’agit certainement d’un problème de sensitifs…
— Tout à fait. Et puis, on ne connait pas encore les détails : nos hommes ont rapporté des images de chantiers sur l’une des lunes d’Onderon et des rumeurs.
— Inquiétant. Mais, il nous faudra confirmation. Réagit Adam.
— L’empoisonnement, la rencontre avec Valiant et ce traité avec la CSI…
— L’enquête continue, Mav'rick. Comme vous vous en doutez ! Maintenant que j’ai dit ce que j’avais à dire, je pense que nous pouvons faire confiance à la chancelière mais il nous faut garder l’œil sur Jnum. Ceci dit, nous pouvons commencer le plat principal : quelle est la raison pour laquelle vous nous avez réunis, générale Yvanol ?
Sans le savoir, Breymens venait d’annoncer le début de l’un des rapports les plus choquants qu'il ait pu entendre. Lyzs prend son temps afin de leur expliquer comment elle a envoyé le gros des troupes sur Félucia. Leur détailler la manière avec laquelle elle a mené l’interrogatoire de Tarun Blaum. Elle explique ce qu’elle a réussi à soutirer à son esprit et les conséquences que ça a eu sur la mission. Elle décrit la mort du pauvre pau’an et la manière dont elle, ses hommes et Tericarax ont été attaqués par les droïdes. La capture de ses hommes, la fuite à travers la ville, le « sacrifice » de ses deux gardes personnels, la rencontre avec le Sith, la fuite grâce au chasseur de l’ex-lieutenant, la tentative de sauvetage et la traversée du blocus… Tout est expliqué dans le moindre détail et, surtout, sans interruption.
Lorsque Lyzs termine, les quatre généraux se laissent le temps de digérer toutes les informations. Un lourd silence s’installe. Le genre de silence qui signifie que l’heure est grave. Il ne faut pas longtemps aux généraux pour décider des premières mesures, mais le dialogue est parfois coupé par des moments de doutes. Si bien que l'on laisse vite tomber les titres pour fluidifier les échanges :
— Il y aurait des corrompus dans la CSI ? Comme c’est étonnant ! Ca fait des années que je dis que le système séparatiste est une énorme blague ! Séparatiste de quoi, en plus ? Bientôt, ils auront les séparés des séparatistes ! Lance Breymens.
— Ce n’est pas le problème ! Le problème, c’est qu’à cause de ces gars, on se retrouve en conflit. Si on ne récupère pas nos hommes tranquillement, on va réellement entrer en guerre. Explique Ryzon.
— Oui, bien sûr. Ils vont nous les rendre, l’air de rien. Alors qu’on sait tous que la seule chose qu’ils peuvent faire pour justifier ces attaques, c’est d’accuser Yvanol de trahison ! Ils vont nous demander un échange, à coup sûr. Suppose Dawnstar.
— Evidemment ! Et nous, en bon samaritains séparatistes, on va vous demander d’aller là-bas, madame ! Lâche ironiquement Breymens, dont l’espièglerie n’échappe pas à Lyzs vers qui il est tourné.
— J’imagine bien notre générale de la Garde Républicaine mettre en péril tout notre système pour assassiner quelqu’un qui n’a aucune valeur à nos yeux. Ni aux vôtres, d’ailleurs, Yvanol ?
Lyzs, toujours les yeux fermés, ne répond que par un haussement d’épaules. Au moins, on lui accorde qu’elle ne ferait jamais quelque chose d’aussi stupide.
— Et donc, quoi ? On leur laisse nos hommes ? On laisse tout ça en suspens ? Demande Dawnstar.
— Ce serait donner l’image d’une république faible. Affirme Lyzs pour défendre ses intérêts.
— Tout à fait ! Même les endormis du sénat trouveraient ça ridicule ! S’exclame Mav’rick comme s’il venait de se réveiller, d’un coup d’un seul ! Plutôt mourir que de… que de céder au chantage !
— Du calme, du calme... Réclame Adam. Voir le général de l’armement rougir ainsi lui rappelle à quel point il peut s’emporter, parfois.
— Je suis… calme ! Lance l’intéressé. C’est juste que… c’est n’importe quoi !
— Et s’ils ne demandaient rien ? Tente la générale de la garde.
— On réclamera le retour de nos hommes quoi qu’il arrive. Répond Breymens. Les gardes, les pilotes, mes hommes et la navette. Ils ont intérêt à tout nous rendre ou je vais faire pleuvoir du feu sur leurs toits.
— Je vous rappelle que la marine, c’est encore moi qui la dirige. Envoie posément Dawnstar, déterrant apparemment un léger conflit.
— Evidemment ! Mais, on est tous dans le même vaisseau. Rétorque le grand général.
— Et d’ailleurs, en parlant de marine. On en sont nos projets, Mav’rick ? Lance Dawnstar, en ignorant totalement la réaction de Stephen.
— Ils avancent, ils avancent. Je vous rappelle que ces machines de guerres ne s’assemblent pas en une journée.
— Apparemment, il va falloir se dépêcher, quand même. Dit le général de la régulière, assez pessimiste.
— Vous pensez toujours au pire, Breymens. J’espère que nous n’en aurons pas besoin, personnellement.
— Moi non plus, vous pensez bien ! Répond-t-il.
— Mais… Nous passons tout de même en premier niveau d’alerte, nous sommes bien d’accord ?
L’assemblée acquiesce, comme s’il s’agissait de l’évidence même.
— Pas de détails, juste l’alerte. Précise Breymens.
— Cela va de soi ! Lance Mav’rick. Ça serait pas la première fois, c’est bon pour garder les troupes sous tension !
— Et donc, pour les autres mesures de sécurité ? S’interroge le général de la régulière, à voix haute.
— Attendons de voir comment vont se dérouler les événements avec les séparatistes, non ? Propose Lyzs.
— Je pense aussi que c’est le mieux. Rien ne nous dit que la situation dégénérera.
— Ah ! C’est quand même l’une des situations les plus tendues de ces années ! Expédie Breymens. Et ça ne serait pas la première guerre contre la CSI ! N'est-ce pas ?
— Oui, eh bien la dernière fois ça n’a pas fait du bien à Coruscant, alors il vaudrait mieux éviter. Rappelle Dawnstar.
— Et qui les a laissé arriver jusque-là, déjà ?! S’exclame le général de la régulière.
— Des incapables, mon cher ! Je n’étais pas aux commandes, à l’époque !
— Peut-on revenir sur notre sujet, je vous prie ? Réclame Mav’rick, loin de toute cette affaire.
— Oui, oui… vous avez raison. Bon sang, si cette affaire circule… ça va être la panique. Suppose le grand général.
— C’est étonnant, venant du plus pessimiste d’entre nous ! Lance Adam, toujours vexé.
— Oui, bon... En attendant, Yvanol, vous avez bien fait de ne pas envoyer votre rapport à la chancellerie.
— Mais pourquoi, au juste ? Demande Mav’rick.
— Parce que sa sécurité y est pleine de trous.
— Vraiment ? Relance le général de l’armement, quelque peu étonné.
— Non. Mais, rien ne garantit que celui-ci ne soit vraiment lu que par la personne qui nous intéresse. Et je préfère ne pas prendre de risques. Explique la jeune femme.
— Alors, il va falloir la faire venir. C’est vrai que nous ne sommes pas à l’abri d’une fuite.
— La chancelière est déjà prévenue. Elle ne devrait plus tarder, d’ailleurs. Elle n'a reçu aucun détails, cependant.
— En attendant son arrivée, nous pourrions peut-être réfléchir à nos options, dans le cas où ne récupérons pas nos hommes ? Une extraction, peut-être ? Propose Ryzon.
— Hah ! Impossible. Affirme Stephen. Ce sont des soldats et des sensitifs ! On ne sait pas où ils vont être détenus, mais je suis certain que ça ne sera pas dans une petite prison tranquille au bord de la mer. Même mes meilleures équipes et celles de la garde ne peuvent pas approcher le genre de complexes dans lequel ils doivent être installés. Enfin, je suppose… Yvanol ?
— En effet, vous avez raison. Répond la générale. Les gardes ne sont pas assez mûrs. Un jour, peut-être…
— Alors le sujet est clôt. Il ne nous reste plus qu’à attendre madame Jagabamba. Conclut Dawnstar. -
Post n°6
Auteur : JagabamdaDeux jours, seulement deux petites journées que je m'étais octroyé pour décompresser. Même si j'avoue volontiers que j'aurai aimé prolonger un peu plus ce moment de plaisir. Le retour sur Coruscant, marque la fin des vacances. Si on peut appeler, ainsi, ces "deux jours d'éloignement sur Telos", des jours de vacances. Alors allons-y. Soyons fous !
Redressant un pli sur mon drapé, un tintement de mes bracelets s'échappe... **" Et, ben, voilà ! ** Me dis-je.
La navette est annoncée, j'appose aussitôt une dernière signature sur le document que je tenais en main, et le remets à mon assistante.
- Tenez, les autres peuvent attendre !
- Une Urgence, madame ?
- Je ne sais pas si c'est Urgent, mais elle va de son importance !
Une tasse de café avalée à la va-vite, me voilà en route, dans l'obligation de délaisser les dossiers, diverses affaires méritant autant les unes que les autres, une attention toute particulière.
Sortir me fait le plus grand bien. Pour être franche, j'aime bien me retrouver en dehors de ces quatre murs qu'on appelle le "bureau". Cela me permet de m'aérer, prendre l'air, me dégourdir les jambes afin d'entamer cette entrevue, cet entretien, l'esprit léger, libérée des dossiers et d'autres « impératifs » à régler. Oui, cela m'aide à les mettre de côté. La tête vide de toutes affaires à traiter ; je peux ainsi me consacrer sur le moment présent. Tandis que d'autres estiment qu'ils n'ont pas à se déplacer, préférant rester assis le postérieur vissé à leur siège, digne d'un trône, marquant ainsi la puissance de leur fonction. Si entretien il y a, un protocole strict est à suivre. Une audience doit être demandée via un secrétariat particulier, un chrono horaire peut être proposé, afin que la "chose" puisse se dérouler.
Ce n'est là ni critique ni sarcasme, mais juste, pourquoi faire tant de manière, je ne vois pas l'utilité, même si nous faisons parti de la Chancellerie ou d’une partie importante du gouvernement. Si cela doit se passer ainsi, je ne m formalise pas, j’y vais. Même si quelques-uns me voyant accepter de me déplacer pour assister à un tête-à-tête, une entrevue, une discussion, se sentent en situation de force, car à leurs yeux, j'ai cédé pour un déplacement. Grand bien leur fasse ! Ce n'est pas sur ce point que je prendrais jouissance à les contrarier.
L'Escorte n'est pas conséquente. Je n'en ai pas besoin pour là où je me rends.
Dans les longs couloirs du bâtiment, un après l'autre mes pas recouverts par le bruit des bottes des quatre gardes de sécurité, me conduisent à cette réunion dans laquelle je suis conviée... Au détour d’un couloir, prenant tantôt à droite, tantôt à gauche, droit devant j’atteins enfin le lieu.
Un peloton ! Des "hommes" en armure blanche. Combien ? Je ne compte pas. Leur présence me fait comprendre qu'il est bien là l'endroit où je dois me présenter. Un regard, un geste de la main à ma Garde, je m'avance seule face à la grande porte. Elle s'ouvre sur...
... Cette pièce sombre me paraît hostile. Il faut se méfier des apparences, me dis-je ; et je sais de quoi je parle. Je suis l'exemple même, par mes apparats autant colorés que mon âme est assombrie.
Au fur et à mesure que je m'avance, l'obscurité de la pièce laisse apparaître quelques traces lumineuses par un chemin comme une haie sur mon passage, me menant à une seconde porte ...
... Mes yeux découvrent la source plus éclairée, la plus importante, située au centre de la pièce. Me voilà, face aux plus grands noms de l'armée Républicaine.
Il n'y a vraiment que le sas qui remarque mon arrivé, je reste là un petit moment sans que le groupe tellement occupé par leur bavardage, ne se rendît compte de ma présence. Je ne bouge pas, il serait là impoli de ma part de les interrompre.
Une remarque que je me fais " Manque de retenue dans leur tenue". La position de la Générale "Lyzs Yvanol" que je reconnais par sa jeunesse qu'ont déjà perdue ses compagnons, me laisse assez perplexe. Cette façon de s'assoir n'est pas commun,surtout en ces lieux, en cet instant !
S'il y avait eu une table entre ces protagonistes, j'aurais bien proposé quelques gâteaux, une ou deux tasses de "Chaï", juste pour le fun. Je me serai peut-être amusée, moi aussi.
Mais je garde espoir que cette situation ne s'éternise pas. Qu'il y ait au moins un ou une des quatre représentants de l'armée Républicaine daigne remarquer ma présence.
-" Madame ! Messieurs ! Veuillez excuser mon retard." Sur ces mots de politesse, j'avance lentement.
-" Vous m'avez fait demander ! Me voilà !" Attendant d'être invitée à prendre place, une dernière phrase que je prononce afin d'aller droit au but.
-" Puis-je avoir les raisons de ma présence ?" -
Post n°7
Auteur : LyzsSpoiler : PNJ - Grande Armée Républicaine
En attendant l’arrivée de la chancelière, les trois hommes se sont lancés dans une discussion des plus techniques. Lyzs ayant dit ce qu’elle avait à dire, se concentre alors pleinement sur son sabre et n’écoute les autres généraux que d’une oreille dans le cas où l’on prononcerait son nom. Les histoires de positionnement de troupes, de ravitaillements, de projets technologiques et les guerres de coqs ne la passionnent pas. Elle attendra de sentir que nos hommes en viennent aux résultats pour leur prêter attention…
En parlant de sentir, notre sensitive –qui est en pleine communion avec la Force- relève le bout de son nez : elle sent du mouvement. Non loin de là, un nœud de tension commence à naître. Elle prend quelques instants pour centrer sa « vision » sur les sujets. Ils sont tous prés : il s'agit les soldats de Breymens qui s’agitent calmement pour saluer une nouvelle présence s’avançant vers eux. Cette personne, Lyzs l’a déjà croisée lors de son intervention au sénat : c’est Jagabamba Dorf, la chancelière suprême suppléante.
Notre générale attribuerait bien le titre de « personne la plus importante de la république » à la grande dame qui remonte maintenant le dernier couloir vers la salle de conseil, mais la facilité avec laquelle Shar’kan Nocturna a été remplacé lui fait se poser des questions. Le chancelier est-il indispensable ? Si oui, alors peut-on vraiment en changer si facilement ? Ce pourrait être l’expression de deux interrogations traversant l’esprit de la jeune femme, mais celle-ci est trop occupée avec son sabre pour mettre des mots sur ses propres pensées.
La porte du sas va s’ouvrir. Lyzs fait le focus sur la chancelière. Elle tient le pouvoir en ses mains. Elle remplace Nocturna, le chancelier pour lequel notre ancienne chevalière éprouvait une certaine admiration. Il est celui qui a pris les rênes de la république en finissant d’écraser l’empire Sith. Il est aussi celui qui a lancé le projet de la garde républicaine. Alors, Jagabamba lui arrive-t-elle à la cheville ? La porte s’ouvre. Allez-y, Dorf. Montrez-nous la grâce avec laquelle arrive la dirigeante d’un système ralliant des dizaines et des dizaines de mondes ! Faites briller votre présence grâce au charisme caractéristique des grands de cette galaxie ! Montrez-nous si vous avez le cran et l’audace de votre prédécesseur ! Eclairez les ténèbres de cette pièce de votre unique présence étincelante ! Et… elle s’arrête ? Rien ?
Dos à la porte, la chancelière attend. Peut-être attend-elle le bon moment pour intervenir ? Non… certainement pas. Quelqu’un de si important doit bien avoir une raison. Elle cherche peut-être à avoir un aperçu de ce que peuvent se dire les généraux entre eux. Peut-être les jauge-t-elle ? Etrange… leur discussion ne porte pourtant que sur les caractéristiques techniques d’un vaisseau… Lyzs ne bouge pas le petit doigt. Elle attend de voir comment la chancelière va affirmer sa présence. Les autres généraux, eux, n’ont pas l’air d’avoir remarqué la politicienne…
— Ça fait deux fois plus d’artilleurs que de postes ! S’exclame Breymens.
— C’est normal. Il faut être paré à tout. Ce sont des machines puissantes et difficiles à opérer. Répond le général de l’armement.
— Mais un seul homme peut faire l’affaire, Breymens. Affirme Dawnstar.
— Tout à fait, mais très certainement pas de manière optimale. Explique Mav’rick, avant de reprendre plus gravement. Chaque canon compte. Vous ne savez pas à quel choc vous allez avoir droit, là-dedans. Le métal peut bouger sans se briser : ces engins sont incroyablement tenaces. Mais, ce n’est pas le cas de la chair et des os… Si l’artilleur y passe, la machine ne tire plus. Vous comprenez ? Deux artilleurs par machines, c’est comme ça.
Les bracelets de Jagabamba s’entrechoquent. Au lieu de répondre, Breymens se tourne pour voir la chancelière qui s’avance. Bien qu’il soit un peu surprit, son habituel charisme ne lui fait pas défaut : il quitte son fauteuil et se redresse pour effectuer son plus beau salut militaire. Derrière lui, les deux autres hommes font de même. La générale de la garde, elle, ne quitte pas sa posture de méditation. Lyzs sait bien que ne pas saluer est un manque de respect. Cependant, sa détermination implique un calme et un choix dans ses priorités. Alors, elle ne bouge pas d’un cil. Si parler est une véritable épreuve pour la sensitive, bouger son corps serait mettre en péril tout son travail : elle ne veut surtout pas perdre le fil de cette conception si désordonnée. Car, pour fabriquer cette arme, Lyzs doit faire appel à des méthodes échappant aux conventions apprises par les novices. Des méthodes d’exploration auxquelles seuls ceux qui connaissent vraiment leur sujet peuvent s’adonner. La jeune femme, qui marche sur des œufs et tente de tisser des liens complexes dont la nature échappe complètement aux profanes, ne serait pas étonnée que personne ne saisisse la complexité de ses actions…
Etrangement, c’est Breymens qui se décide à l’excuser. Il tient apparemment à respecter l’accord passé avec la générale et, évidemment, à se placer en porte-parole des généraux.
— Madame la chancelière. C’est un honneur de vous recevoir. Nous vous présentons nos excuses pour cette demande si soudaine, mais la situation l’exige. Dit-il avant de jeter un regard à la sensitive. La générale Yvanol est, à plus d’un sens, dans une posture délicate. Sachez que, si elle est incapable de bouger pour le moment, elle est par contre bien apte à vous expliquer la situation. N’est-ce pas, Yvanol ?
— Tout à fait, Breymens. Merci. Répond poliment l’intéressée.
Un fauteuil finit de s’avancer tandis que les autres sièges se repositionnent pour ouvrir le cercle et donner sa place à la resplendissante femme dont les vêtements et la parure de bijoux viennent trancher avec la froideur de l’endroit. Lyzs n’a d’ailleurs nullement besoin d’ouvrir les yeux pour voir à quel point la chancelière brille de par son apparence. Ce qui vient compenser les doutes et le manque d’affirmation dont elle a pu faire preuve quelques secondes auparavant.
Les trois hommes attendent sur la gouverneure pour s’assoir. Enfin installés, tout le monde est prêt pour écouter la version courte du rapport que Lyzs s’apprête à livrer. Celle-ci, toujours aux prises avec sa maîtrise de la Force, expire longuement. Enfin, elle se décide à parler :
— Madame la chancelière, je vais expliquer la raison de ma demande à travers ce rapport qui, j’en suis certaine, saura vous convaincre de l’importance de la situation. Je vais tacher de faire court.
La garde marque une pause pour observer l’approbation sur le visage de ses collègues. Puis, elle reprend avec son ton si détaché :
— Arrivée en orbite d’Utapau, j’ai appris qu’il y avait une menace Sith sur Félucia. Avec les informations obtenues des séparatistes, j’en ai conclu que dix gardes et moi-même pouvions assurer notre mission sur Utapau. Ne… sentant pas d’hostilité de la part de mes interlocuteurs, j’ai décidé d’envoyer le reste des effectifs à l’autre bout de la galaxie. Ils y ont été guidés par un officier séparatiste et ont reçu des ordres appropriés une fois sur le terrain. Ils sont maintenant sur le chemin du retour. Leur mission est un succès et nous attendons les rapports détaillés. Pour ma part, je me suis rendue sur Utapau avec mon escorte et une équipe. Une fois là-bas, les soldats se sont mêlés aux équipes séparatistes afin d’aider au pistage des fugitifs. Avec le chef des opérations de la CSI, le lieutenant Tericarax, je suis allée interroger le seul témoin de l’attaque Sith. Tarun Blaum, l’administrateur du port d’Utapau. Celui-ci était totalement troublé. Après quelques minutes, un sniper portant l’uniforme confédéré a essayé de l’abattre. Je l’en ai empêché, mais nous n’avons pas pu l’arrêter. Blaum ne souhaitait toujours pas parler, j’ai donc dû faire appel à la Force pour obtenir les informations que nous désirions. J’ai obtenu un nom que je n’aurais apparemment jamais du prononcer… Sharkaran Eldjurath. L’endroit était sous surveillance et nous venions, le lieutenant, mon escorte et moi-même, d’apprendre qu’un grand nom de la CSI menait de sombres affaires sur Utapau. Le lieutenant m’a prévenue de ne pas chercher plus loin, que ces histoires ne ferait que de nous mettre en danger, mais nous ne savions pas que nous étions sur écoute. Je n’ai pas eu le temps de réagir. Les droïdes qui montaient la garde ont tué Tarun Blaum et ils ont tenté d’en faire de même avec nous. Nous avons résisté, puis nous avons cherché un moyen de nous enfuir. Nous nous sommes dirigés vers une station de traitement des eaux pour passer au niveau supérieur à l’abri des regards. Le plan était de profiter des connaissances du lieutenant sur les plannings d’approvisionnement afin de nous échapper à bord de l’une des navettes. La station était surveillée. Mon escorte a décidé de faire diversion pour que nous puissions l’atteindre. Ce que nous avons fait. Malheureusement, le Sith que nous cherchions se trouvait là. Il devait lui-aussi chercher une issue et il nous a attaqués. Il souhaitait prendre mon sabre, mais il n’a pas réussi à l’avoir. Il s’agissait certainement d’un maître, dire qu’il nous a donné du mal serait un euphémisme. Mais, nous nous en sommes sortis. Cependant, le vacarme causé par le combat a rameuté les troupes séparatistes. Et, cette fois, c’est le lieutenant Tericarax qui a décidé de créer une diversion pour que je m’en sorte et pour éviter l’incident diplomatique. Il avait bien l’intention de s’en sortir, cependant. Alors, pendant qu’il occupait les droïdes, je me suis rendue aux hangars qui étaient presque déserts. Je me suis servie d’une clé qu’il m’a confiée pour démarrer le chasseur avec lequel je suis revenue jusqu’ici. Avant de partir, j’ai tenté de retourner à la station pour aider mon partenaire d’infortune. J’aurais voulu le sauver car il était un témoin, mais aussi parce que, sans lui, j’aurais perdu la vie contre le Sith. Mais, j’ai échoué. Il est tombé dans le vide, couvert par le feu des droïdes. Alors, je me suis échappée seule. J’ai passé le blocus grâce à un contact du lieutenant et… me voici devant vous.
Silence. Une fois encore, les généraux digèrent la nouvelle. Le premier à se décider à briser la glace est Dawnstar :
— La situation est tendue. On suppose que les gardes sont retenus par les séparatistes, ainsi que les soldats les ayant accompagnés. Le seul moyen pour que la CSI a pour ne pas passer pour les méchants de l’histoire, c’est d’accuser la générale Yvanol de quelque chose... Nous pensons qu’il s’agira du meurtre de l’administrateur. Tout s’y prête, après tout.
L'homme marque pause. Il s’apprête à continuer, mais Mav’rick lui coupe le chemin.
— C’est inadmissible ! On envoie nos hommes pour les aider, et c’est comme ça qu’on est remercié ?! On voulait faire démonstration des capacités républicaines ? Eh bien nous n’avons qu’à leur montrer de quoi la grande république est capable !
— Vous vous emportez, Mav’rick… Je pense que la CSI elle-même n’est pas vraiment au courant de la vérité. Les idées de Blaum étaient embrouillées, mais il y a définitivement des manigances dans cette affaire. Ce Sharkaran est un véritable problème. Explique Lyzs.
— Soit, mais il nous faut récupérer nos hommes ! Reprend Mav’rick.
— Et c’est là, madame, que vous intervenez… Lance Stephen. En effet, nous ne pouvons pas décider nous-même de parler d’un sujet aussi sensible au sénat. Deux options s’offrent à nous : nous taire et agir ou parler et subir. Risquer le conflit pour récupérer nos hommes sans rendre l’affaire publique nous permettra d’être efficaces. Mais, si un conflit éclate, expliquer la situation sera chose délicate… D'un autre côté, en parler au sénat rendra l’affaire publique et causera de l’agitation, peut-être même de la panique, mais nous pourrons agir en sachant que les conséquences sont connues de tous. Cependant, cela risque de geler les opérations, de ralentir tous les processus. Et, si la CSI accuse bel et bien Yvanol d’avoir commis un crime, nous aurons une véritable affaire sur le dos et du pain béni pour les journalistes.
— Ou bien, le compromis : vous pouvez demander une séance exceptionnelle fermée au public. Ajoute le grand amiral. Au pire, il y aura quelques fuites… Mais les conséquences sur la carrière de ceux qui risqueraient de parler sont bien trop grandes pour que ceux-ci prennent le risque d’assumer leurs propos. Cela fera partie des nombreuses rumeurs que nos citoyens aiment tant à véhiculer… Le sénat sera dont pleinement au courant de la situation et de nos agissements. Les sénateurs auront la responsabilité d’expliquer aux peuples qu’ils représentent les conséquences de leurs actes si le besoin s’en fait sentir. Ce qui… préservera l’image de la république, j’imagine. Les cartes sont entre vos mains, chancelière. Termine-t-il, en ajustant ses lunettes. -
Post n°8
Auteur : JagabamdaUn élément incontournable chez moi, la Telosienne, symbole de mon statut social, ces bijoux ! Et notamment ces bracelets.
Qu’ils soient parsemés de pierres semi-précieuses, sertis de pierres précieuses ou de diamants, de perles ou tout simplement en or avec des jolis dessins faits à la main, bien souvent, pour ne pas dire traditionnellement, cet ornement participe aux multiples événements. Différents types sont utilisés à des occasions diverses, genre lors de grands évènements familiaux, un exemple parmi tant d’autres. Cet accessoire fait partie intégrante de ma culture depuis plus d’une décennie ! Il incarne la grâce féminine. Pour affirmer son rang social, chaque femme de mon clan les porte tous, par dizaine, vingtaine voir même trentaine à chaque poignet ! Cet objet ne vise pas qu’à améliorer la beauté des femmes qui les portent, il y existe, là aussi, une dimension bien plus profonde.
Chez la dynastie des Dorf, ces «Choodi », sont traditionnellement en verre ou en métaux précieux... Moi, j’avoue que j’ai un faible pour ceux en verre. Le tintement qu'ils produisent lorsqu'ils s'entrechoquent est beaucoup plus clair et subtil. Même s’ils sont bien plus fragiles, cela en fait des bijoux d'exception auxquels je dois porter grand soin.
Et voilà que par ce petit bruit, des mots sortent de ma bouche afin de signaler ma présence. Au-delà des politesses, des gestes pour le salut, des mots pour l’accueil, trois sur quatre se manifestent, c’est déjà mieux que rien.
Nul n’ignore la sensitive qui se cache en cette demoiselle Générale de la Grande Armée Républicaine. Je sais bien que je n’ai ni cette science, ni ce savoir de deviner ce qui se passe dans la tête d’autrui, je sais très bien qu’en cette position une sorte de méditation est en jeu. Même si je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’est là ni le lieu, ni le moment, malgré l’empressement qu’a ce gradé de l’armée Régulière le Général Breymens de justifier le comportement de Lyzs Yvanol.
Nous voilà enfin installés….Les choses sérieuses peuvent commencer…
L’attention est toujours portée à ce qu’elle fait, on lui laisse la parole et elle la prend. Le ton de sa voix m’indique beaucoup, ainsi que la vitesse à laquelle elle transmet ses mots , cela me signifie que la jeune représentante de la Grande Armée Républicaine garde un calme implacable
Mon visage se décompose au fur à mesure du récit des événements décrits par Yvanol. Par la force elle a essayé de faire parler l’administrateur d’Utapau, un certain Tarun Blaum. Cette initiative a même entraîné la capture de certains de nos troupes… Ce qui devait être une simple mission de renseignement a tourné au cauchemar.
Le langage de mon corps est une autre indication claire de ce que je pense. Je me souviens des débats houleux au sénat, différents sénateurs s’étaient opposés à cette intervention. Même si le « pour » avait emporté dès lors, cette approbation était émise, mais il était demandé d’agir avec grande prudence dans cette affaire et à juste raison vu la situation actuelle, car les doutes et les méfiances subsistaient. Leur crainte semblait être fondée.
J’écoute, j’écoute toujours… Ces hommes, ces hauts gradés de la puissance Républicaine m’énumèrent des options. Je ne dis toujours mots… Intervenir clandestinement avec les risques que cela implique si l’opération est découverte… Jagabamda y perdrait sa fonction assurément … Ou alors passer par le sénat avec tous les remous que cela entraînerait auprès de l’opinion publique.
Le grand amiral propose un compromis ou une solution entre les deux, la cession du sénat clos aux yeux et oreilles indiscrets.
Petite respiration par le ventre, indique ici que mon état mental est calme. Mes yeux se posent tour à tour sur le Général de l'armée régulière, le Grand Amiral de la république, le Général de l'armement.
- Bien ! Je comprends maintenant pourquoi ma présence a été exigée. La situation catastrophique dans laquelle la Générale Yvanol a mis la République mérite effectivement la présence de la plus haute autorité Républicaine.
Portant mon attention sur celle-ci, je poursuis.
- Mais avant toute chose, nous devons régler l’insubordination de la Générale Lyzs Yvanol.
Parfois, nous devons vraiment apprendre à écouter et écouter pour obtenir des réponses. J’ai écouté. Il m’est à présent temps de donner ma réponse.
- Lors de la séance numéro deux du sénat, l’ordre de mission était claire « agir en toute prudence et discrétion ». Cette mission avait pour but de collecter des renseignements avant tout. Hors, la Générale a pris l’initiative d’agir au nom de la République en terre séparatiste sans même nous en rendre compte. En agissant ainsi elle a mis non seulement ses hommes en danger mais aussi le peuple Républicain dans son ensemble.
En conséquence, Messieurs, je demande que la Générale Yvanol soit démise provisoirement de ses fonctions avant de passer en cour martiale.
Je prends le temps d’appuyer mon regard dans celui de Breymens, Dawnstar, Mav'rick,
- Dès à présent, je vous demande Messieurs de vous mettre en rapport auprès de la Commission des Armées afin qu’elle prenne les mesures qui s’imposent…Au sujet des suites à donner à ce fiasco, une cession exceptionnelle et restreinte sera convoquée afin de mettre le sénat au courant de ces événements.
Avant de poser mon ultime question, un léger mouvement de la tête vers la demoiselle pour vérifier si elle est encore en cet instant en « pause méditative ». Reportant mon attention sur les grands généraux de notre Armée Républicaine, je demande.
- Avons-nous des informations concernant ce Sharkaran Eldjurath ? …Car contrairement à la générale Yvanol, je préfère prendre des renseignements avant tout agissement.
Je ne laisse aucun silence planer au sein de cette réunion. Maintenant que la Générale était démise de ses fonctions, n’ayant plus le grade de « Générale », je l’appelle donc par le titre de « Mademoiselle »
- Mademoiselle Yvanol, ce n’est pas parce que vous êtes mises aux arrêts que vous n’aurez pas à répondre de vos actes dans L'hémicycle... Je pense que les sénateurs auront des questions à vous poser, vu dans quel bourbier vous nous avez mis.
D’une contenance qui ne laisse rien paraître, dans l’attitude qui est mienne, j’apporte ma conclusion qui met terme à ma présence en ce lieu.
- Messieurs, « les cartes » qui, d’après vos dires, étaient entre mes mains, sont à présent distribués. C’est pour cela ….N’ayant pas le don d’ubiquité, je retourne dés à présent régler les affaires en cours afin de me consacrer à cette prochaine ouverture de séance… Et vous, Messieurs, je vous laisse mettre en place et en œuvre les procédures que je viens d’énoncer, la mise aux arrêts de Mademoiselle Yvanol, ainsi que les recherches très approfondies concernant ce « Sharkaran » qui pourront éclairer les débats du sénat.
Debout, les mains jointes à hauteur de ma poitrine, une inclinaison légère de la tête, de l’un à l’autre, ce geste de salutation marque qu’à mes yeux cette séance prend fin … Et qu’une autre doit s’écrire….
Les pas qui résonnent dans ce couloir ramènent une Chancelière par Intérim dont l’esprit est surchargé de nouvelles informations vers son bureau chargé de dossiers. -
Post n°9
Auteur : LyzsSpoiler : PNJ - Grande Armée Républicaine
Lyzs, mise aux arrêts ?! Mav’rick, seul dans la salle de conférence de son destroyer, regarde l’hologramme de la chancelière avec le plus grand étonnement. Mais, très vite, cet étonnement se transforme en quelque chose de bien plus virulent. Ses joues rougissent et se mettent à le brûler et ses mains se crispent sur ses accoudoirs car il s’apprête à se lever. La chancelière n’a donc rien écouté ?! Ce sont les séparatistes, les fautifs ! Toujours les séparatistes ! Il va faire passer le message et interrompre la dirigeante suprême, quitte à dépasser les bornes ! Quand, d’un coup, la jeune fille qui était jusque-là immobile, fait un geste. D’une main levée, elle fait signe à Ryzon de se raviser.
Le geste, inattendu de la part de la sensitive qui n’avait pas bronché jusque-là, capte l’attention de nos trois généraux. Si bien que Mav’rick décide de se raviser et de laisser la chancelière continuer son exposition d’incompréhensions des plus révoltante. Il dira ce qu’il a sur le cœur, mais plus tard. Pour l’instant, il se contente de choisir des mots moins virulents afin organiser des phrases politiquement correctes. Ah ça, c’est sûr ! La chancelière va l’entendre ! Et intérieurement, il rumine en se demandant comment la jeune Yvanol fait pour ne pas s’emporter.
Jagabamba, elle, continue de lancer reproche après reproche. Et, malgré tout le crédit que Lyzs souhaite accorder à la chancelière, elle ne peut pas s’empêcher d’être exaspérée. La danse des pièces de son sabre s’est interrompue, sa maîtrise est au point mort depuis que le mot « insubordination » a été prononcé. Elle reste tout juste assez concentrée pour ne pas perdre le fil d’Ariane qu’elle a tissé jusque-là, mais la conception de son arme devra attendre la fin du discours de la politicienne…
Dawnstar, lui, comme à son habitude, se contente d’observer la situation. Il est extérieur à ce conflit : savoir qui est le général de la garde n’est pas dans ses préoccupations. Et, si étranges soient les demandes de la chancelière par intérim, il se contentera de suivre le protocole sans broncher. Il jette tout de même un regard à son rival : Breymens. Celui-ci a les bras croisés. Son regard aiguisé est planté dans les pupilles de Jagabamba comme les serres d’un aigle dans sa proie. Aussi neutre soit son attitude, la lueur de ses yeux ne ment pas : il a cet air qu’ont les officiers trop fiers pour avouer que leurs plans ne se déroulent pas comme prévu. Cependant, les mots de la dirigeantes finissent par attaquer cette expression figée :
— Mademoiselle Yvanhol, ce n’est pas parce que vous êtes mises aux arrêts que vous n’aurez pas à répondre de vos actes dans L'hémicycle... Je pense que les sénateurs auront des questions à vous poser, vu dans quel bourbier vous nous avez mis.
Le général Breymens est bloqué dans un rictus douloureux. C’est ce même sénat qui a voté l’opération, après tout ! La petite femme semble oublier qu’elle était présente, elle aussi ! Elle omet qu’elle ne peut pas reprocher à un général de prendre des décisions, puisqu’il s’agit du concept même de la position qui leur est attribuée. Oui, notre homme éprouve quelque chose de nouveau : le sentiment d’être impuissant. Mais, ce n’est pas l’impression d’être incapable d’accomplir un simple acte, non. Il s’agit de quelque chose de bien plus grave. Incapable de faire ce qu’aurait fait Mav’rick s’il n’avait pas été arrêté, Stephen s’immobilise dans un agacement perplexe. *Cette… personne… est la chancelière suprême. Il s’agit… de l’autorité suprême et… c’est… c’est ELLE…* Se répète-t-il à lui-même, à la fois pour se calmer et pour s’aider à réaliser que les mots qu’il entend viennent bel et bien de la bonne personne et non pas de quelqu’un qui n’a aucune expérience.
— Messieurs, « les cartes » qui, d’après vos dires, étaient entre mes mains, sont à présent distribuées.
Ah ! Enfin la parole ! Mav’rick va pouvoir réagir et Breymens, lui aussi, aura son mot à dire. Ce n’est pas trop tôt… Mais, en fait : non. Les généraux ne sont pas au bout de leurs surprises :
— C’est pour cela ….N’ayant pas le don d’ubiquité, je retourne dès à présent régler les affaires en cours afin de me consacrer à cette prochaine ouverture de séance… Et vous, Messieurs, je vous laisse mettre en place et en œuvre les procédures que je viens d’énoncer, la mise aux arrêts de Mademoiselle Yvanol, ainsi que les recherches très approfondis concernant ce « Sharkaran » qui pourront éclairer les débats du sénat. Lance la femme avant de s’incliner et de se diriger vers la sortie.
Incroyablement surpris, les généraux se regardent les uns les autres dans la plus inconcevable des confusions. Même Lyzs, qui est en pleine méditation, est déstabilisée. La chancelière n’a donc qu’approximativement deux minutes à consacrer aux personnes les plus importantes de toute l’armée républicaine ? C’est tout le respect qu’elle leur accorde ? Quelques ordres lancés sur une compréhension plus qu’approximative d’un rapport oral ? Aucune écoute ? On s’incline et on s’éloigne des quatre… non, trois généraux les plus influents du régime comme l’on évite de vulgaires journalistes ?!
Breymens observe ses collègues. Mav’rick, sans surprise, est au bord de la crise de nerfs. Il souffle et se tient les tempes. C’est un homme franc, un homme qui a des choses à dire… Mais aussi, quelqu’un de fier. Et, là, on vient tout simplement de le traiter comme un troufion dont l’avis n’intéresse personne. Même Dawnstar se retrouve sur le carreau ! Autant la condition d’Yvanol lui est égale, autant il a du mal à tolérer le manque de temps que l’on lui accorde. Il ne s’est pas dérangé pour si peu ! Bien loin de l’énervement, cependant, il se contente d’avoir l’air étonné, interdit. Il reste muet. Ryzon, lui, par contre, ne peut plus se retenir :
— QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE MASCARADE ?! S’exclame-t-il, au bord de la perte de contrôle.
— Du calme, Mav’rick… Tente Breymens, bien heureux que l’insonorisation des salles de réunion soit parfaite.
— DU CALME ?! Je ne peux même pas aller lui dire ce que je pense ! Elle ne nous consulte même pas ! Je vous préviens, si vous faites pas l’effort, j’interromps tout. TOUT ! Les opérations n’avanceront pas tant que je n’aurai pas les deux pieds sur le chantier. Et si je dois faire un détour vers Coruscant pour me faire entendre, je le ferai ! Dawnstar ! Dites-lui, vous ! Réclame-t-il, comme quelqu’un cherchant l’appui d’un frère face à un parent.
— Je dois bien admettre que la situation est plutôt étonnante… Se contente de répondre ce dernier.
Breymens, totalement dépassé par l’absurdité de la situation, se tourne vers la jeune Yvanol. Se débarrasser de la petite et gagner un collègue, peut-être, plus digne du poste qu’elle occupait jusque-là ? Oui, mais ce serait aussi perdre l’influence qu’il vient de gagner sur la garde. Ce serait trahir sa propre parole et bafouer son honneur et ses principes. Et, s’il y a bien une chose qui dépasse la fierté de notre homme, c’est son honneur ! Alors, il décide lever le menton sans quitter la fille des yeux. Réagira-t-elle ?
La réponse est : oui. Le nuage de métal qui flottait là se contracte pour laisser champ libre au visage de la sensitive. Enfin, elle ouvre les yeux devant un général qui s’est levé, surpris. Il jurerait avoir des hallucinations et force pour cligner des yeux comme pour se réveiller d’un étrange rêve. Les deux autres généraux, eux, ne comprennent pas : il faut dire qu’ils n’ont pas l’occasion de voir ce dont Breymens est témoin. La faute à la communication holographique qui ne peut pas tout transmettre.
Stephen a l’impression que les pupilles de la jeune fille ne sont pas d’une couleur naturelle. Il s’agit peut-être de l’éclairage des hologrammes ou bien de ses yeux trop habitués à l’obscurité de la pièce, mais l’habituel bleu profond des yeux de la jeune femme lui semble beaucoup plus électrique aujourd’hui. Des pulsations surnaturelles naîtraient des deux pupilles noires pour glisser de long des stries pigmentées et aller mourir sur le blanc qui les entoure. Non, ce doit être un effet d’optique… Mais, le temps n’est plus aux questions : la sensitive répond à son interrogation silencieuse d’un signe de la tête. Alors, le grand général approuve et se tourne vers les hologrammes. Puis, comme pour casser le silence cérémonial, Mav’rick insiste :
— Allez-y, bon sang !
Enfin, Breymens se tourne pour regarder la sortie. Il se tient droit, tel un roi. Et, gravement, de toute sa grandeur, de tout son être, il s’élance vers la sortie. Car, quand le grand Stephen Breymens avance, ce sont des centaines de milliers d’hommes qui lui emboitent le pas. Décidé, le grand général de l’armée de terre républicaine écrase le sol du long couloir le menant à la sortie de la salle. Enfin, il passe la porte le ramenant à la lumière. En fronçant les sourcils à cause de ce retour à la clarté, il fait signe à ses gardes de ne pas bouger d’un cil. Sans s’arrêter, il arrache son long manteau des mains de celui qui le tenait, puis il file vers les plateformes en enfilant celui-ci.
Au plein air, sur le long chemin gris menant au convoi stationné à des centaines de mètres au-dessus du vide, il s’avance. Ses pieds frappent le sol si fort que le bruit alerte l’escorte et les gardes qui se retournent pour voir l’imposante figure qui s’avance. Le vent fait rage et, pour retenir la femme, le général doit crier :
— CHANCELIÈRE ! Envoie-t-il, en seigneur, de sa puissante voix grave.
Il accélère le pas pour la rattraper tandis que son vêtement se met à claquer au vent. Enfin, il s’arrête au niveau de la dirigeante. Puis, fièrement, toujours en parlant très fort à cause du souffle des hauteurs, il explique la raison de son intervention :
— Vous ne pouvez pas, chancelière... Vous ne pouvez pas donner vos ordres à vos généraux comme si nous n’étions que de vulgaires grivetons !
A ces mots, il attaque du regard l’escorte de la femme. *Oui, comme si je n’étais que… vous.* Pense-t-il très fort avant de reprendre. Et… tant pis pour la confidentialité ! Après tout, il ne va pas se laisser marcher dessus par cette arriviste !
— Alors, maintenant, je vous demande de remplir votre rôle et d’écouter ce que les généraux ont à dire ! Un violent souffle interrompt son discours un instant, mais il ne bronche pas. Yvanol EST une générale, prendre des décisions est son devoir, chancelière ! Elle a rempli son rôle et VOUS, vous ne semblez pas avoir compris un traitre mot de son rapport ! Lance-t-il, bien conscient que la chancelière aura du mal à s’en prendre à lui grâce à son incroyable autorité. Vous ! Non… le sénat a approuvé cette mission ! Yvanol n’est pas sortie des rangs et vous parlez d’insubordination sans même nous consulter ?! Hah ! Alors, je vous prie de bien m’écouter : l’armée obéit au pouvoir. Nous allons suivre vos ordres, chancelière ! Oui, ceux que vous distribuez avec aussi peu de respect ! Mais, ne comptez pas sur notre soutien personnel !
Enfin, notre homme gratifie la femme de son plus beau salut avant de lui rendre la monnaie de sa pièce : il se retire sans attendre de réponse, lui aussi. Il lui tourne le dos comme elle leur a tourné le sien et s’en va là où le vent ne peut s’engouffrer. Et tandis que son manteau finit de retomber sur son dos, les portes du quartier général se referment derrière lui. Il ne peut pas garder son influence sur la garde dans l’immédiat, pas tant que la chancelière maintiendra la mise aux arrêts. Ou bien, pas avant la fin du jugement d’Yvanol. Mais, il peut garder sa dignité et préserver celle de ses confrères. On ne peut obéir qu’à quelqu’un de censé, lui a-t-il dit… De belles paroles à envoyer à une telle autorité ! Fier de son accomplissement, il garde le menton levé et se débarrasse de sa veste en la laissant tomber dans les bras d’un soldat sans même lui adresser un regard. Royalement, il retourne au dôme… -
Post n°10
Auteur : LyzsSpoiler : PNJ - Grande Armée Républicaine
Yvanol a refermé les yeux. Mav’rick et Dawnstar, eux, sont silencieux comme si la communication était en attente. En fait, la salle de réunion s’est presque transformée en salle d’attente et la générale, relevée de ses fonctions, est déjà ailleurs grâce à la Force. La situation dans laquelle elle se trouve est inattendue et, pour le moins, inquiétante, mais son esprit ne saurait être entravé par cette affaire : tout le monde ici sait que la chancelière fait fausse route. Il lui faudra répondre de cette maladroite manœuvre et tout entrera en ordre. Quel dommage que la dame n’ait pas su répondre aux attentes de Lyzs ! Elle qui espérait faire la connaissance de quelqu’un à la valeur se rapprochant un tant soit peu de celle de Nocturna, mais il n’en fut rien. Cette déception, plutôt mineure finalement, continue de lui tourner en tête pendant qu’elle se prépare à rompre son lien avec l’arme désassemblée. C’est d’ailleurs la seule chose qui l’inquiète vraiment : sera-t-elle en mesure de continuer la fabrication de son sabre ? Quelles seront ses sanctions ? Qu’en pensent exactement les autres généraux ? Ce silence est pesant… D’ailleurs, c’est l’air serein de Dawnstar qui sert à briser la glace : il intrigue l’ancienne générale.
— Ça ne vous fait vraiment rien ? Demande-t-elle.
Sorti de force de ses réflexions, l’homme s’agite tranquillement pour poser le regard sur la petite femme et constater que c’est bien à lui qu’elle s’adresse.
— Je devrais m’inquiéter ? Répond l’homme, presque las.
Ryzon, de son côté, s’est un peu calmé. Cependant, la réponse d’Adam ne le laisse pas de marbre :
— C’est tout ce que ça vous fait, d’être traité de la sorte ? De recevoir des ordres illogiques venant d’une suppléante incompétente ?! Lance Ryzon.
Le grand amiral, plein d’ironie, soupire.
— Vous ne comprenez pas. Je ne pense déjà plus à tout ça… Parce que ça n’en vaut pas la peine.
— Comment ?!
— D’accord, on nous manque de respect. Et puis quoi ?
Mav’rick, aussi perplexe que Lyzs, attend patiemment que Dawnstar finisse de s’écraser dans son siège. Il reprend :
— Sans même notre intervention, sa carrière est fichue. Elle aura ce qu’elle mérite. Quand elle…
Il s’interrompt au son des pas de Breymens qui vient d’entrer dans la pièce. Celui-ci s’assoit sans mot dire et se contente d’observer son rival.
— Tout va bien ? Demande l’amiral.
— Parfaitement bien. Je vous en prie, Dawnstar, reprenez.
— Je disais donc : quand elle devra répondre de ses actes, sa carrière de chancelière sera finie. Et, s’il le faut, nous serons là pour l’aider à sortir…
— En effet.
— Alors pourquoi être allé lui parler ?
— J’avais besoin de me défouler, tout comme Mav’rick. Il me fallait faire comprendre à cette petite sotte l’erreur qu’elle vient de commettre.
— Vraiment, vous y croyez… vous ?! S’élance d’un coup le général de l’armement. C’était comme si elle avait aucune idée du fonctionnement de l’armée ou de… de la république ! Pire encore, au-delà de son incompétence : c’est comme si elle ne parlait pas notre langue ! Et ces décisions hâtives, sans réflexions, sans même nous demander nos avis. Ces ordres… ce peu de temps qu’elle nous a accordé pour… pour ça ! Et ce déparrrt…
Apparemment, Ryzon est en train de s’emporter tout seul. Il en finit même ses mots en grognant ! S’il le pouvait, il étranglerait la pauvre folle !
— Mav’rick, je vous ai connu plus calme.
— Ahem ! Désolé. Mais je n’ai pas pu lui dire ses quatre vérités, moi ! Comment ça s’est passé, d’ailleurs ?
— Eh bien. Je lui ai simplement fait remarquer son incompétence avant de la quitter sans attendre de réponse.
La grande moustache de Ryzon s’étire. Voilà qui est bon à entendre ! Même Adam et Lyzs ont l’air satisfaits, mais leur honteuse réjouissance se cache derrière des sourires gênés.
— Quoi qu’il en soit. Si elle est assez naïve pour considérer cette idée d’huit clos, nous sommes fixés. Relance Dawnstar.
— En effet, mais pour l’instant il va falloir jouer le jeu. Yvanol, ça veut dire que je suis au regret de vous annoncer que vous êtes mise aux arrêts. Votre lieu de détention sera… vos appartements.
— Hah ! Je n’y crois pas ! Vous renvoyez Yvanol dans sa chambre !
— Oui. Et je n’hésiterai pas à la priver de dessert si la chancelière trouve la sanction trop légère.
— Une punition à la hauteur des actes d’insubordination de l’une des quatre personnes les plus hauts placés de l’armée républicaine, s’il en est.
— Non mais franchement… « Insubordination » ! Vous vous entendez ? De l’un d’entre nous !
— Ce n’est que temporaire... Cette affaire sera vite réglée. Yvanol, votre passage en cour martiale sera prévu pour après la séance. Vous n’aurez donc certainement pas à vous y présenter une fois que le sénat aura pris connaissance de votre situation. Pour le moment, vous allez vous rendre à votre « lieu de détention ». Des gardes seront postés aux issues de celui-ci. Vous leur remettrez tout le matériel militaire qui se trouve dans vos appartements, si vous en avez.
— Concernant ce point… J’ai besoin de finir ce sabre, maintenant que je l’ai commencé. Explique Lyzs, plein d'embarras.
Le haut général la regarde un instant, pensif. Puis il se décide enfin à répondre :
— Ce quoi ? Je ne vois que des bouts de métaux que vous vous amusez à faire flotter. Non ? Dawnstar ?
— Tout à fait… Aucun intérêt. Je vous en prie, poursuivez.
Si Lyzs n'était pas concentrée sur la libération de sa méditation, elle aurait rit. Mais, cette réaction plutôt amusante, venant de personnes comme celles-ci, réussit tout le même a lui arracher un sourire.
— Bien. Il me semble que le responsable, en votre absence, est le colonel Corvel. Il prendra le relais en attendant que vous soyez remise sur le circuit.
— Corvel ? Faire mon travail ?
— Un problème, peut-être ?
— Non, non… Il risque juste de ne pas apprécier.
— Ce n’est pas la question. Je laisse un garde gérer vos affaires. C’est déjà un beau geste, non ?
Effectivement, au sein de l’armée régulière, il y a des personnes plus haut gradées et plus qualifiées que Ranto pour occuper cette place. Cependant, les gardes ont besoin d’être dirigés par l’un des leurs, Lyzs en est certaine. Elle se contente donc d’acquiescer en silence en appréciant le fait que ses anciens collègues sont plutôt arrangeants…
— Maintenant, madame, messieurs, je vous propose de mettre fin à cette communication. Yvanol, prenez ça comme des vacances forcées. En l’absence du colonel Corvel, je vais m’occuper de distribuer les ordres au sujet de votre détention ici. Pour des raisons de protocole, vous serez escortée par deux de mes hommes jusqu’à votre porte. Sur ce... Messieurs !
Les trois hommes se saluent et la communication se coupe. Lyzs, qui ouvre les yeux, regarde les pièces de son sabre se poser délicatement au creux de ses mains jointes.
— Ne vous en faites pas. Ça ne rime à rien... Notre accord tient toujours. Vous en informerez le responsable de la garde, n’est-ce pas ? Demande Breymens.
— Bien sûr. Affirme Lyzs.
Notre jeune femme décroise ses jambes pour se lever. Discrètement, elle s’étire au milieu du dôme qui regagne peu à peu son obscure et froide ambiance. Prochain arrêt : la « cellule ». -
Post n°11
Auteur : JagabamdaLe ton et la voix de ce Général ne me plaît guerre, mais je ne bronche pas. Je ne montre aucun sentiment, ni ressentiment. Je le laisse déverser son flux de paroles. Et Bien voilà, il a terminé sa tirade, tourne les talons et repart par là où il est venu. Les membres de mon escorte n'avaient pas bougé. Ne bronchant pas, toujours aussi stoïques, ces hommes me regardent pour certains, d'autres têtes baissées, attendent la suite des événements.
Redressant mon palu, une simple phrase : - " Nous y allons ?"
Arrivée à mon bureau, je montre mon agacement . Une respiration forte qui démontre une contrariété. Mon assistante assez surprise de mon retour si rapide, me questionne, toujours un dossier sous le bras :
« - Tout va pour le mieux, Mademoiselle Dorf ? Vous voilà de retour ? »
« - Oui c’était plus rapide que prévu. » Lui dis-je tout en me dirigeant vers mon bureau. Je marque un moment d’arrêt, me retourne et lui lance.
« - Veuillez me laisser quelques instants. Puis je reviendrai vers vous. Nous avons encore du pain sur la planche. »
C’est tout, tout ce que je souhaite lui dire. Pour le moment, rien ne devait se savoir. Rien communiquer, rien… En tout cas, je suis sûre qu’elle a pris en compte « mon humeur» à mon retour de cet entretien. La porte se referme sur une femme médusée qui avait pour consigne de me donner quelques instants de solitude…. Moi je prends une légère respiration, je me sers une tasse de thé chaud. Je m’assieds derrière mon bureau…
En quelques secondes, j’ai déterminé l’homme de la situation s’il y en a bien un qui doit être mis au courant de cette décision prise à la hâte, c’est bien cet homme. Et me voilà à taper ce message important, adressé sur le canal personnel du Haut Général de l’Armée Régulière Stephen Breymens.
CodeGénéral Breymens.
Je pense que vous êtes surpris de recevoir cette correspondance de ma part. Mais prenez le temps de le lire jusqu’au bout, il en va de son importance.
Général, vous et vos confrères, avez agi au-delà de mes espérances, et je souhaite vous exprimer ma gratitude.
« Yvanol mise aux arrêts ? Démise de ses Fonctions ? Quelle hérésie n’est ce pas ? »
Avec tous ces évènements multiples et variés de ces derniers temps, de ces dernières séances Sénatoriales.
Premièrement par l’empoisonnement de Chancelier ? Dans le même laps de temps, à peu près, la capture et l’emprisonnement de Valiant dans la capitale. La question que personne n’ose se poser, Comment se fait-il que Valiant s’est laissé capturer si facilement, sans aucune réaction ? Surtout par un nouveau sénateur ? Pourquoi sur Kamino et auprès de ce Sénateur s’est-il rendu ?
Suivi de la démarche de ce Tericarax, par ce message au nom de la CSI demandant notre aide.
Et laissez-moi vous faire part que lors de la 3e séance du sénat, il était même sujet concernant le retour des Jedi parmi nous. Sachant qu’ils sont cachés et que personne ne peut les débusquer. Leur demandant entretien, serait-là aussi une façon de les débusquer et d’amener notre ennemie commun à leur encontre.
Mon rôle est de surveiller au bon fonctionnement de la Nouvelle République Fédérale… Et qu’elle puisse avoir une vie aussi longue que la création de la Galaxie…Alors que d’autres manigancent dans l’ombre le projet d’un éclatement de cette Nouvelle République Fédérale.
Croyez-vous vraiment que les sénateurs ne vont pas faire des bons, lorsqu’ils auront à entendre ce rapport… Combien attendent le bon moment pour avoir ma tête ? Quand je vous dis ma « tête », j’emploie là le bon mot Général. Car pourla fonction, voyez-vous, beaucoup espèrent s’asseoir au plus vite sur ce siège de la Chancellerie mais sans s’encombrer de la charge de travail à fournir.
Comme je l’ai précisé l’appel de ce Terricarax qui parlait paraît-il au nom de la CSI, grand nombre de représentants du sénat a appelé à la prudence, ne sachant ni les tenants ni les aboutissants de cette histoire. La preuve avec ce que vous m’avez annoncé, il y a quelques heures de ça, vous pensez vraiment qu’ils ne vont pas hurler sous la rotonde « Que personne n’a écouté, leur crainte ». Pensez-vous vraiment qu’ils ne vont pas demander des comptes. Qu’il était bien là, peut-être même un « guet-apens » envers nos hommes, notre armée, contre la République en elle-même.
Ma réaction et mes paroles, ce n’était qu’un aperçu de ce qui se passera lors de l’ouverture de cette Séance sous la coupole.
Combien vont se frotter les mains ? Croyez-vous vraiment que nous pouvons faire confiance aveuglément à certains membres du Sénat. Ou même à certains hommes que la République compte dans ses rangs. Avez-vous oublié que le Chancelier est à l’heure actuelle toujours prolongé dans un coma, suite à un empoisonnement ? Ne devrions-nous pas rester vigilants ? La question s’est posée ? Qui l’a empoisonné ?... Tant que nous n’en savons rien, nous devons rester sur nos gardes. Qui nous dit que cela ne vient pas de quelqu’un, peut-être même proche de lui. La République est jeune, le pro-Empire, le pro-Sith, il en reste encore. Entant que grand dignitaire de l’armée, Général Breymens, vous savez ce que c’est « un agent dormant » ! Sans oublier que nous avons peut-être parmi nous, une ou deux individus, heureux d’avoir leur place au sein de la Rotonde mais serait prêt tout de même à se vendre. Tourner leur veste une deux ou trois fois, ne va pas les déranger tant que cela avantagera leur profit.
Et, oui, j’ai écouté et pensez-vous vraiment que je n’ai pas compris que le Général Yvanol devait agir d’urgence ? Pensez-vous vraiment que je n’ai pas pris en considération ses actes ? Pensez-vous vraiment que j’ai aussi peu de considération pour le travail fourni par nos soldats ? Qu’ils soient du simple troufion au plus grand dignitaire ? Oui, je suis consciente que si la Générale Yvanol est à ce poste, c’est bien parce qu’elle sait agir au bon moment et à bon escient.
Je suis venue, je vous ai écouté et il fallait agir.
Oui! Il fallait agir et vite. Les options que vous m’avez énumérées,la dernière est la bonne. Mais j’ai souhaité intégrer une variante. Une variante qui met Vous, moi et la Générale Yvanol à l’abri…Combien souhaiterait nous voir tomber ?
J’ai bien entendu de la part du Grand Amiral, je vous retranscrits ses mots.
« Le seul moyen pour que la CSI a pour ne pas passer pour les méchants de l’histoire, c’est d’accuser la générale Yvanol de quelque chose... Nous pensons qu’il s’agira du meurtre de l’administrateur.»
Un, s’ils veulent chercher des comptes, on pourra leur dire qu’en attendant « Étant aux arrêts, la Générale devra en premier lieu répondre à nos questions. Premier point réglé, cela nous donnera du temps si besoin. C’est une façon que nous avons de la protéger et de ne pas l’envoyer à l’échafaud auprès de ses Séparatistes. Tericarax, n’est plus là pour corroborer ses dires. Nous n’allons pas la lâcher dans l’arène.
Et comme je l’ai écrit plus haut, quelques membres du sénat aussi…
« Démettre la Générale Yvanol de ses fonctions et la mettre aux arrêts » se présente d'abord comme un choix tactique. Il est là un moyen des plus appropriés pour atteindre votre objectiffixé. C’est une stratégie. Cette stratégie qui permet d'acquérir un avantage sur d'autres face à cet évènement
A quoi servait cette mascarade, me demanderez-vous ?
Je vous réponds qu’il est simple, bien plus simple que vous pouvez imaginer. J’ai dit. Je me suis levée. J’ai quitté la réunion. J’imagine très bien la réaction de vous tous, Messieurs les Généraux. Vos grands débats, ces grands airs que vous avez pu prendre en criant : - "Oh ! Sacrilège ! Hérésie ! Cette chancelière nous manque de respect ! Habillé dans leur bel hologramme, ils ont entendu. Ils ont réagi. Vous êtes venus à ma rencontre. Mes gardes ont été témoins. Votre troupe a été témoin Et vous avez dit ce que vous avez à dire « vous parlez d’insubordination sans même nous consulter ?
Combien se frotteront les mains en apprenant la division de la Chancellerie et de l’armée. J’emploie ici, une seconde fois la même expression que j’ai écrite au début de cette missive. Nous leur avons donné, ici Monsieur le Général de quoi alimenter leur rapport. C’est pour cela que j’insiste de nouveau sur ces mots «Vous avez agi au-delà de mes espérances.»
Laissons croire, laissons amener à penser ceux qui cherchent à nuire à la République que cette décision est sans équivoque. Cela doit rester juste entre vous et moi, Général Breymens. Pour que cela doive vraiment paraître une réalité sans faille, vous ne devez ébruiter ce stratègème.
De toute façon, comme j’ai pu le constater mademoiselle Yvanol a quelques méditations à entreprendre. Cela pourra lui permettre de les pratiquer sans interférence. Cela ne lui fera pas de mal un peu d’éloignement. Sans oublier qu’un peu de repos lui procurera un grand bien, aussi.
Et tant que cette séance du sénat ne sera pas close, rien ne doit transparaître. Le moment venu, La Générale Yvanol reprendra ses fonctions et sera à son poste. Pendant ce temps, continuez à mettre en place ce qu’il y a à faire. Pour cela, je vous fais entièrement confiance.
Nous avons tous un sabre allumé au dessus de nos têtes. Il faut gagner du temps. Si complot il y a, complot vous démasquerez. Cela vous laisse aussi le temps de trouver comment agir et comment réagir auprès du Sénat et réunir les renseignements complémentaires au sujet de ce Sharkaran.
Voila à quoi consistait cette déclaration qui va faire grand bruit, Général Breymens. Comme vous pouvez le constater, vous n'êtes pas les seuls Maîtres dans cet Art de planifier et de coordonner une action dans l'attaque ou la défense.
Sans plus tarder, j’ai souhaité vous adresser personnellement ce pli sécurisé et crypté. Dès que quelques dossierset affaires closes, cette séance exceptionnelle sera ouverte.
Pourquoi avoir pris congé et ne pas exposer cette tactique, me demanderez-vous ? Ne pas avoir écouté ce que vous aviez à m’exposez, vous les Généraux de notre armée Républicaine ?
Il faut bien que tous croient à cette décision. Moins de personne dans la confidence. Plus vraie elle fera, l’effet ne peut être que plus réaliste. Il sera rapporté à l’opinion publique un désaccord entre « la Chancellerie et les membres de l’armée ». Pour que cela soit alimenté, il faut bien des témoins de la scène. Je me suis même attribuée un petit rôle de composition lors de mon arrivée au bureau. Mon assistante peut confirmer qu’elle a vu mon humeur changé à mon retour. Si la situation n'était pas si grave, on pourrait en rire.
Et je vous réponds en plus que si j’ai bien compris le temps n’était pas à converser. Le temps est précieux, nous devons donc l’employer à bon escient. Tout ce qui est des tactiques militaires, vous êtes mieux placés pour les mettre en place. C’est affaire de l’armée, et je vous fais confiance dans ce domaine. Moi je dois m’occuper de réunir le Sénat et cela ne se fait pas en quelques heures. Cela prend du temps. Je ne peux pas convoquer les sénateurs comme bon me semble. Ces hommes et ces femmes ont aussi des impératifs de leur côté.
Un dernier mot, monsieur le Haut Général de l’armée Régulière. Vous parlez de non-respect de ma part vis-à-vis de vous tous! Un manque de respect de ma part ? En êtes-vous sûr ?... »
Je suis venue en personne, dès que vous avez fait appel à ma présence. Je ne vous ai pas retourné un pli afin de vous dire si vous voulez absolument me parler, vous n’aviez qu’à vous déplacer. Je l’ai fait. Toute affaire cessante, je me suis déplacée. Je vous ai écouté. Et je vous ai répondu en vous regardant chacun de vous. Mon regard ne n’a pas été fuyant. Peut-on dire la même chose de la part de celle qui ne vous lance même pas un « bonjour » et qui ne prend même pas la peine de vous adresser un regard lorsqu’elle s’adresse à vous. Loin de moi de me croire au dessus de tous. Mais un manque de respect n’est pas venu de ma personne et si cela ne vous a pas choqué. Moi cela m’a interpellé quelque part. Une petite leçon de savoir vivre dans les rangs serait peut-être le bienvenu auprès de certain membre militaire de la nouvelle République Fédérale. Cela fait « désordre ».
Nous restons en contact Général Breymens. C’est à vous que je confie ce secret que nous devons impérativement gardé. Vous devez passer sous silence ce pli.
Je vous transmets mes coordonnées personnelles codées afin que nous puissions correspondre en toute quiétude.
Je vous saurai gré de détruire ce message après lecture.
Chancelière par intérim
Jagabamda Dorf
Le message tapé sans hâte. Les codifications effectuées, je l’envoie sans plus tarder à son destinataire. Je n’avais pas pris de temps de pause lors de la rédaction de cet écrit car je voulais ne pas perdre le fil de mes pensées. C’est pour cela que mon breuvage est à présent froid, trop froid pour le délecter comme il se doit. Je ne le jette pas. Comme le disent si bien les Ithoriens de ma planète, rien ne doit être gâché et sûrement pas cette plante qui agrémente nos « Chai ». Il est là une façon de leur rendre notre gratitude pour le bienfait qu’ils nous apportent lorsque nous les consommons. Alors je l’avale d’un trait. Puis sans hésiter, je mets à m’en servir un second bien plus chaud que je délecte cette infusion de graines de yarum. Je respire profondément. Il est temps à présent de faire appel à mon assistante -
Post n°12
Auteur : Lyzs
Stephen Breymens - Général de l'armée régulière
Assis à un grand bureau de fer situé au cœur du quartier militaire coruscanti, Stephen Breymens observe amèrement son holotransmetteur. Pendant encore quelques secondes après la fin du message, il reste immobile, seul dans sa pièce froide. Il est contrarié. Incroyablement contrarié, même. Il vient de recevoir un message d’une personne à qui il n’a qu’à peine parlé, mais il sait déjà qu’il ne la porte pas dans son cœur.
Il s’agit de Jagabamaba Dorf. Elle lui explique que ses actions font partie d’un plan très secret qui vise à geler les procédures républicaines. Elle voudrait protéger Yvanol ? Alors, pourquoi jouer ses coups si maladroitement ? La chancelière balaie toutes les relations entre les politiciens et l’armée en une seule rencontre, elle décide de ne faire confiance à personne et, finalement, elle vient informer le grand général ? Elle a sûrement réalisé que son mépris pour l’armée était une terrible erreur. Ce message est sûrement une manœuvre organisée dans la panique, un moyen de s’attirer les faveurs du grand homme qu’est Breymens ! Hah ! Devant l’hologramme resté en pause à la fin du message, le grand général sourit. Il savoure la situation comme s’il observait un nuisible épuiser ses forces pour éviter de se noyer dans un torrent trop puissant pour lui.
Une confidence, un soupçon d’autorité… Et beaucoup de contradictions. Dorf met au courant Stephen, mais les autres généraux ne sont, selon elle, apparemment pas dignes de confiance. Elle comprend les actions d’Yvanol, mais agit comme si ce n’était pas le cas. Elle cherche un moyen de garder la petite générale sous l’aile républicaine, mais choisit une méthode plus qu’absurde. Puis, elle vient expliquer ses actions avec un discours d’adolescente… C’est le discours de quelqu’un qui essaie dramatiquement de s’accrocher aux branches. Et, quand elle tente de solidifier ses liens avec l’armée, elle détruit son propre travail en la critiquant.
*Oh, oui… De bien belles méthodes, madame Dorf. De bien belles méthodes…*
Suivant les instructions de la chancelière, le grand général efface le message. Cependant, contrairement à ce que celle-ci voudrait, il n’a aucunement l’intention de discuter personnellement avec cette femme. Il lui faudra user de protocoles pour le rencontrer, qu’elle en soit sûre. Et ceci, elle devra le deviner d’elle-même car notre homme n’a pas d’intérêt à répondre à un message désormais disparu.
*Petite arriviste maladroite, si vous avez l’intention de vous faire un allié, vous vous y prenez très mal…*
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