Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
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    #11

    Post n°11
    Auteur : Elana "Hope"

    La discussion ô combien intéressante entre la jeune patiente et ce manchot qui se révélait être plus futé qu’il n’y paraissait au premier abord fut interrompue par l’arrivée du membre d’un corps médical . Un grand et beau jeune homme au teint hâlé et à l’allure fière , Elana le dévisagea quelques secondes d’un air méfiant puis se décida à le suivre. Elle lança un dernier regard à son nouveau camarade de discussion puis emboîta tant bien que mal le pas au médecin à l’aide de ses encombrantes béquilles.  Il la mena à l’intérieur d’un long et étroit couloir légèrement angoissant , aucun mot ne fut échangé .
    Au bout de quelques minutes de marche ils atteignirent une salle de consultation dans laquelle l’employé invita Elana à s’asseoir ; celle-ci s'exécuta  toujours sans prononcer le moindre mot.  Elle adressa un regard interrogateur au médecin comme pour lui demander des explications sur sa présence ici bien qu’elle se doutait fortement des raisons .
    Il se présenta comme un étudiant en médecine nommé Ross ; un étudiant? Ils étaient sérieux là? Ils chargeaient un piètre étudiant de la soigner , elle était passé d’un claquement de doigt du chef de l’établissement à un novice sans diplôme . Finalement le manchot avait vu juste quand il avait parlé du Doc.  De plus lui aussi s’était mis à l’appeler Elana , décidément tout le monde s’y mettait ; après le Doc et le manchot qui trouvait aussi ce nom très joli . Elle ne l’aimait même pas ce nom : “Elana “ ,c’est plat , banal , ordinaire . Toujours sans intervenir la patiente écoutait le médecin qui déballait un vocabulaire particulièrement technique et complexe , quelque chose qu’Elana interprétait comme un charabia inutilement compliqué pour dire quelque chose de simple . En gros elle avait subie un choc et était tombée dans le coma ; à son réveil des séquelles sont restée . Mais pourquoi faire simple quand on pouvait faire compliqué?  Peut-être qu’il essayait de noyer la vigilance de l’amnésique avec ce jargon assimilable à du Hutt .  
    Mais là où elle dut se retenir pour ne pas éclater de rire ou rentrer dans une colère noire et tout casser c’est quand il lui annonça qu’elle verrait régulièrement un psy . Un psy? Non mais les psys c’est pour les psychopathes justement pas  des gens comme elle ; elle était parfaitement stable , du moins le croyait -elle . Et puis ce ne pouvait être un devin ce psy ? Comment pourrait-il faire ressurgir des souvenirs qu’elle même avait oubliées?
    “Pas irrémediable”qu’il disait , elle l’espérait mais tous ces méthodes la laissait bien perplexe et méfiante , étrangement elle se sentait plus en confiance avec le vieil estropié qu’avec le beau médecin . Paradoxal mais vrai.


    -   Je souhaiterai que vous puissiez répondre à cette question, quel est votre dernier souvenir?


    Elle soupira , il était inutile de lui mentir pour l’instant mais elle avait l’impression de l’avoir raconté tellement de fois , en réalité elle se l’était tellement remémorée mentalement qu’elle avait l’impression d’avoir crié ce dernier souvenir , dernier lien avec sa vie d’avant , avec son identité , sous tous ls toits alors que personne n’était au courant


    -Je me souviens seulement d’avoir été dans une pièce sombre , il y avait beaucoup de vacarme autour de moi je ne sais plus vraiment pourquoi peut-être était ce un festival ou quelque chose comme ça , et puis d’un coup je me suis senti projeté en arrière , quelque secondes après avoir brutalement atterri sur le sol j’ai perdu connaissance . J’ai tout juste eu le temps de sentir une main amicale sur ma joue avant de sombrer.


    Elle avait racontée le tout sur air totalement neutre , presque désintéressé comem si elle racontait mal une histoire. La patiente sourit à son interlocuteur


    -Je ne me rappelle rien d’autre pas même mon nom , alors maintenant si vous le voulez bien je vais rentrer dans ma petite cellule et me forcer à manger les choses que vous servez et que vous avez le culot d’appeler “repas”.


    Assise devant son assiette dans sa chambre , Elana était songeuse . Elle mâchonnait un bout de poisson desséché mais le mauvais goût de la nourriture ne l’affectait pas outre mesure malgré la petite pique qu’elle avait adressée au Dr Ross comme si elle était habitué à la médiocrité des repas  . Où pouvait donc s’être nourrie avec un tel régime dans a vie d’avant? Pour pouvoir avaler cela sans broncher il avait vraiment fallu qu’elle soit motivée pour autre chose qui la forcerait à rester mais quoi?
    Allez ma vieille ! Un petit effort voyons ! Le manchot avait raison elle ne pouvait compter sur quelqu’un d’autre pour recouvrer sa mémoire  , pas même sur ce psy ridicule.
    “Qui suis-je ? D’où je viens? Et que m’est il arrivé?” voilà les questions qui occupaient l’esprit de la patiente .
    Sa nuit fut courte , elle ne parvenait tout simplement pas à dormir . Elle reste allongé durant des heures sur son lit tentant , en vain , de trouver une sensation aussi infime qu’il soit autre que le goût fade du repas qui lui feraient ressasser des souvenirs.
    Le lendemain elle décida de retourner avec ses béquilles dans la petite cour où elle s’était rendue la veille , décidée à reprendre sa discussion avec le vieil homm:e mystérieux qui l’avait abordé. Elle avait senti que ce type , sous ses airs répugnants pouvait rééllement l’aider. Il se présentait comme un altruiste , beaucoup se présentaient comme tels mais rares étaient ceux qui l’étaient vraiment , mais elle avait envie de lui faire confiance.  En effet il n’avait nullement essayé de lui mentir et lui avait d’emblée affirmer que seul elle avait la clef pour s’en sortir , il était honnête et perspicace contrairement au corps médical qui se cachait derrière des mots incompréhensibles.
    Il était assis au même endroit qu’hier , attendant la belle sûrement . Elle s’assit à côté de lui et ils restèrent durant quelques secondes silencieux . Elle brisa finalement le silence en parlant sur un ton qui se voulait amusé mais aussi un poil dépité


    -Ils veulent me coller un psy maintenant. C’est quand même affligeant  de les voir se cacher derrière leur vocabulaire , ils se disent intelligents avec leurs années d’étude mais on dirait des robots , enfin je sais pas si c’est le bon terme enfin vous voyez l’idée non?


    Elle marqua une pause


    -J’ai réfléchi à votre proposition et que je me sens curieuse eh bien j’ai décidé de joueur sur les deux plans . Je vais tenter de collaborer avec les médecins malgré mes réticences pour voir où cela mène et à côté je décide de vous faire confiance. Vous en avez plus sous la caboche qu’on pourrait le croire .

    -Vous avez affirmé que  nul ne pourrait se souvenir à ma place , vous avez certainement raison . A ce propos hier lors du repas je me suis rendu compte que j’étais habitué à ce genre de régime peu appétissant , pas que je l’appréciais hein je suis pas masochiste mais juste habitué, je me demande si j’ai passé la moitié de ma vie dans un hôpital où s’il y a d’autres lieux où on mange de manière similaire. La prison peut-être non?

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      #12

      Post n°12
      Auteur : Super PNJ

      Le vieil homme qui s'était tiré de son lit ce matin bien avant l'heure habituelle de son réveil, prolonge sa nuit sur son banc.

      * - Déporté ! Voilà ! Je cherchais un mot pour définir ce que je ressens depuis que je suis ici dans cet hôpital de malheur : je suis déporté ! Je m'étale comme une plante qu'on a changée de pot et qui n'arrive pas à s'adapter. Pourtant, leurs grandes chambres et leur grand jardin, sont charmants, fonctionnels.*

      *- Comme chaque soir, nous regagnons le réduit qui nous sert de chambre.
      - Mais, moi, je préfère m'extraire dans ce coin de verdure sans âme encore plus, avec ces patients articulés qui happent notre regard, aspirent et volent mon attention. *

      *- J'ai débarqué sur ce banc, avec l'espoir de soutirer à ma voisine « muette » quelque parole pour la faire subsister quelques heures et j'en repars toujours, sans le moindre renseignement, le moindre signe de présence en son cerveau.*

      *- Mais en revanche, l'arrivée de cette brunette...*

      *- Heureusement, jusque-là, je n'avais pas eu le temps d'y penser. Les journées ont été courtes. Les infirmiers et spécialistes médicaux se sont relayés à son chevet lorsqu'elle était dans le coma.
      - Je les ai vus un à un, entre deux allées et venues, entre les portes de cet hôpital, entre deux inquiétudes, entre deux problèmes, l'état de santé et l'état mental de cette patiente de la chambre 306.
      - Et lorsqu'elle s'est retrouvée sur ce banc auprès de moi, je compris que le destin m'avait passé le relais dans les meilleures conditions possibles.*

      C'est dingue, quand on y pense !

      *- Et moi, je suis d'une gaieté... à écœurer les morts ! Et à agacer tous ces gens en ce lieu qui ont l'humeur justement dans la tombe.*

      *-Au milieu de cette agitation, il m'aurait fallu expliquer à chacun d'eux l'idée qui se baladait dans mes insomnies, insaisissables depuis le soir de son arrivée.*
      - « Nous nous sommes retrouvés sur ce banc, « Morbleu ! Le choc des connivences... » Se dit-il.

      Et, il s'en va y réfléchir,  en repartant à la recherche du marchand de sable. Il commence à l'entrevoir quand...

      Il n'ouvre les yeux que lorsque la jeune fille s'installe de nouveaux près de lui. Après quelques secondes, elle brise le silence ce qui le sort de ses rêveries.

      Lorsqu'elle finit sa tirade. Sans prendre en considération de ce qu'elle venait de lui annoncer, il imagine ce qu'il aurait voulu lui dire à cet instant.

      Il se repasse en tête, les phrases qu'il s'était imaginé lui dire.

      *- Vous passiez par là, vous avez vu de la lumière ! Moi, je me suis dit lorsque j'ai vu votre chevelure : « Tiens, je rentrerais bien dans cette tête-là ! » Pour peu qu'on m'y invite, bien sûr... *

      Toujours dans ses pensées, les yeux plissés, en dandinant du chef lentement, léger reclus au coin des lèvres, prenant plaisir de "sa petite conversation personnelle", il poursuit :

      *- T'as une jolie tête de guerrière qui a déjà dû faire fuir plus d'un ! Des épaules carrées qui appellent plus à la bourrade que la caresse ! *

      Mais il n'en fit rien.

      Après une courte pause, la jeune fille poursuit la conversation.

      - J'ai réfléchi à votre proposition et que je me sens curieuse eh bien, j'ai décidé de jouer sur les deux plans. Je vais tenter de collaborer avec les médecins malgré mes réticences pour voir où cela mène et à côté, je décide de vous faire confiance. Vous en avez plus sous la caboche qu'on pourrait le croire. -Vous avez affirmé que nul ne pourrait se souvenir à ma place, vous avez certainement raison.

      -Vous avez affirmé que nul ne pourrait se souvenir à ma place, vous avez certainement raison. À ce propos hier lors du repas, je me suis rendu compte que j'étais habituée à ce genre de régime peu appétissant, pas que je l'appréciais hein, je ne suis pas masochiste mais juste habituée, je me demande si j'ai passé la moitié de ma vie dans un hôpital où s'il y a d'autres lieux où on mange de manière similaire. La prison peut-être non ?


      Et nous voilà maintenant côte à côte en train de blatérer. De quoi ? Vers quoi ? Je suis soufflé par ce que je viens d'entendre... Morbleu ! Répond-il aussitôt.


      - Des cadeaux !
      - Quand on est invité dans une maison, on porte un cadeau. Toi, tu t'es invitée dans ma maison, à ces mots, il frappe le banc de sa main valide, et dans ma vie. Alors tu m'en dois deux, ta confiance et ton amitié.


      Avec ce vieil homme, on sait rarement « si c'est pour de rire » ou « si c'est pour de vrai ». C'est parfois amusant, parfois agaçant.


      Sans doute soucieux de rattraper le temps qu'il a fait perdre à la jeune rescapée avec sa boutade, le maître de la blague se met à lui mitrailler avec des informations à un rythme tel qu'elle n'avait à peine le temps d'une exclamation entre deux « salves » de phrases.


        - Tu te goures, fillette ! J'ai déconné pour décaper tes idées noires. Rassure-toi ! Ce n'est pas moi qui vais t'aider à te remettre en selle.

      - Ne te dispense pas d'aller plus loin. Si ce que tu étais avant ne te plaît plus, à toi de changer ta vie, ton destin est entre tes mains pas dans les miennes ni dans les leurs. Ici, ton état mental peut se dégrader au point de rendre obligatoire ton internement. Tu seras placée dans une maison dite publiquement de repos où tu jouiras d'un confort que tu ne seras plus en mesure d'apprécier.

      - Ces spécialistes n'espèrent plus rien de l'état général de leurs pensionnaires... Et oui ! Tout ça est d'une tristesse...
      - Essaie de te focaliser sur tes impressions de « déjà vue ». Ce que tu as ressenti, vient d'ailleurs. Mais d'où ? Ta mémoire partira en commando dans tous les sens, laisse-la se disperser, puis tout à coup, elle se regroupera, t'enverra l'image. Enfin associe les mots à l'image.


      Il reprend sur le même ton.

      - Alors tu n'as pas pu répondre à ma question « Dis-moi, toi, d'où tu viens toi et ce qui t'est arrivé à toi ? ».

      - Je ne suis pas patient moi ! Alors, moi, je vais te le dire qui tu es, toi et d'où tu viens, toi et ce qui t'est arrivé...

      - J'aurai voulu éviter la comédie des faux inconsolables, difficilement supportable au regard des drames, souvent cachés, des vrais inconsolés. Mais il faut que je t'avoue un truc.

      - "Elana Orlina, sortie des décombres, ressuscitée des bombardements !"


      Il n'a pas lancé sa phrase par hasard et il voit sans surprise à l'embarras de la jeune donzelle qu'il n'a pas manqué sa cible.


      - Ah... Je le savais !


      En vérité, il ne savait pas à cent pour-cent. Mais ce nom qu'il avait lâché, petite enquête personnelle, mine de rien qu'il avait menée depuis ces quelques jours, laissant trainer ses oreilles dans les couloirs. Le blabla des infirmières qui jurèrent l'une après l'autre de ne pas ébruiter des renseignements privés ; formule qui donnait à ces potins le sérieux d'un communiqué.

      Delà lui était venue une idée qu'il s'était promis de vérifier, l'heure venue. Et, à cet instant, pour lui, elle l'est.


      - C'est simple ! Ton prénom, c'est Elana. Il ne te plaît pas plus que ça ce prénom ! Et alors ? On s'en tape, tu t'en tapes, et tu le changes !

      - T'as pigé ? Tu t'en tapes, je m'en tape. Et la galaxie entière s'en tape de savoir qu'Elana Orlina se retrouve en convalescence dans cet hôpital.

      "- Elana Orlina, vagabonde de Coruscant. Caméléon d'un métier à l'autre. Aimant se mettre dans des situations périlleuses. Une vraie guerrière, hein ?"


      - Oui, je sais, et pour rien te cacher, Jeune fille, j'ai toujours pensé que tu le sais aussi.

      Son sourire accuse réception de cette pertinente impertinence.

      - Et oui ! C'est fou, hein ?


      Le premier moment de silence passé, il n'hésite pas entre rire et pitié. Il rit...aux larmes ! Sans-souci de ce que cette révélation pourrait provoquer !

      - Eh bien, ma grande, qu'est-ce que t'as ? Tu ne vas pas craquer... Juste au moment où tu t'apprêtes à te rempoter.

      Et d'un geste, sa main, son unique main agrippe l'épaule de la jeune patiente comme une mâchoire.

      Il pouvait ressentir la jeune fille qui se recroqueville dans sa coquille, mais il espérait qu'elle s'en sortirait peu à peu sous la caresse inattendue de ses mots.

      - Jeune fille, je peux te dire que je sais exactement tout ce que tu peux ressentir à cet instant, tout ce que ta mémoire veut cacher, veut fuir, tout ce qui l'angoisse. Tu n'as donc rien à craindre de notre curiosité. Je veux te parler du présent. Pas du passé.

      - Il y aurait beaucoup de choses à retirer du fond de ta mémoire, de ton subconscient, beaucoup, plus maintenant que je t'ai raconté ce qu’on sait de toi. Mais c'est à toi de choisir : ou tu recherches ton passé si cela te manque à ce point, ou tu vas de l'avant et tu réécris ton avenir. En te construisant une nouvelle vie.


      Jusqu'ici, il a monologué pratiquement tout le temps, sa jeune voisine s'est contenté de ponctuer par quelques exclamations, stupéfaites, réprobatrices ou admiratives. Il la regarde longuement et lui lance aussi sec.


      - Vous ne me répondez pas ? Dans l'état où vous êtes, vous risqueriez de me décevoir ? Et ce serait vraiment dommage ... Pour nous deux ! Morbleu !


      - Oh ! Là ! Là ! Oh ! Là ! Là ! Attention, Morbleu ! Le clown est en train de changer de cap. Redresse la barre ! Vite... Vite...


      Sa voix se brise.


      - Ne t'inquiète donc pas gamine ! Pas de panique !

      - Tu viens étourdiment de cautionner l'idée que je t'ai exposée et que t'as trouvée farfelue.

      D'un sursaut d'énergie, il reprend :

      - Attention, Morbleu ! N' Faut pas que ta lucidité fout le camp ! Bas les masques, ma gamine ! Faut te remettre en selle, Fais un effort, tu dois retrouver la dextérité de tes esprits ainsi que de tes membres, reprit-il en désignant les jambes de la jeune demoiselle. D'autant que tu n'as même pas à te forcer. Allez !

      - Il ne faudrait quand même pas oublier que ton avenir est lié aussi à ta mobilité physique.
      - C'est parti, dès que tu pourras gambader sans tes compagnons de marche, il indique les béquilles sur ses paroles, tu pourras prendre la poudre d'escampette et à toi la liberté !


      * Elle n'est pas folle, ma Brunette ! Pense-t-il. Ça lui a tout à fait sauté aux yeux et aux oreilles, la façon dont je viens de lui lancer à la figure son passé. *


      Il balaye d'un soupir lassé sa remarque et se rebiffe.


      - Je ne suis pas près de te lâcher, ma petite ! Telle que je te connais, je suis sûr que tu es déjà en train de gamberger à cent tours minutes. Aussitôt s'ouvre un tiroir de ta mémoire. Dedans ; des mots, des bouts de phrases, des bouts d'images ; pile et face ; pile, ça passe ; face ça casse. La mendiante de souvenir perdue. Peu à peu, les morceaux de ce puzzle s'imbriquent dans ta tête et forment tes souvenirs.

      - Mais ne mouline donc pas dans le vide, ma gamine ! Si la nuit finit par tomber le jour ne tarde jamais à se lever. Il ne suffit pas d'attendre, mais se bouger pour récolter les vendanges de son labeur ! ....


      - N'rêve pas, vis. N'pense pas, agis. N't'excuse pas, assumes. N'hésite pas, fonces. Rappelle-toi, qu'hier est parti pour toujours et que demain t'appartient. Demain viendra si tu y mets du tien.


      Son laconisme est éloquent. Son sourire aussi ; celui d'un gamin qui vient d'allumer un pétard. Il est beaucoup trop curieux pour l'éteindre.

      * Si je n'étais pas manchot, j'aurais donné ma main à couper qu'il faut lui balancer qui elle est en réalité pour que la mémoire lui revienne. * se dit-il pour lui même, sourire aux lèvres.
             



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        Le Chroniqueur
        a écrit sur dernière édition par
        #13

        Post n°13
        Auteur : Elana "Hope"

        Comme à son habitude l’homme ne se montra pas avare de mots pour répondre à la jeune femme. Il avait un débit de parole exorbitant , elle était vraiment impressionnée bien qu’elle devait bien avouer que parfois elle avait un peu de mal à le suivre dans ses interminables tirades qui partaient un peu dans tous les sens . Elle était amnésique et en plus lui ne s’exprimait de la plus claire ou de la plus directe des manières , ça n’arrangeait pas franchement la communication et pourtant il était le seul auprès duquel elle se sentait à l’aise comme libérée de son fardeau , comme si c’était ce naufragé de la vie qui y avait laissé la vie était le seul être à qui elle pouvait faire confiance.
        Elle éclata d’un rire franc lorsque celui ci lui parla des “cadeaux “qu’elle lui devait , toutefois cette plaisanterie pouvait bien être double , contenir une part de sérieux et cela la patiente en avait conscience mais si sa confiance et son amitié était tout ce qu’il demandait alors elle les lui donnera , de toute façon c’était bien tout ce qu’elle avait à offrir.
        Le manchot , puisqu’elle ignorait toujours son nom enchaîna et l’ensevelit sous une avalanche d’informations qui arrivaient avec une vitesse effarante . Il parlait encore et encore de sa langue colorée et qui rendait le personnage attachant , comprenant qu’elle ne pourrait vraiment en placer une avant qu’il n’ait totalement fini de parler Elana choisit de se taire , se contentant de quelques exclamations durant les rares moments d’arrêt que l’homme s’autorisait pour reprendre son souffle.


        “Alors tu n'as pas pu répondre à ma question « Dis-moi, toi, d'où tu viens toi et ce qui t'est arrivé à toi ? .

        - Je ne suis pas patient moi ! Alors, moi, je vais te le dire qui tu es, toi et d'où tu viens, toi et ce qui t'est arrivé…”

        A ces mots elle releva la tête , et fixa son interlocuteur avec un regard empli d’espoir et de crainte. Savait-il vraiment? Connaisait-il réellement son identité et son passé ? Ou alors allait-il encore lâcher une blague? Alors le manchot , avec son sourire sarcastique inamovible , lâcha la bombe

        -”"Elana Orlina, sortie des décombres, ressuscitée des bombardements !"

        Il y eut un léger moment de flottement , celle qui se dénommait Elana sans qu’elle ne le sache ne réagit pas , totalement interdite . L’homme enchaîna face à une jeune femme qui écoutait attentivement même si cela n’en avait pas franchement l’air



        - C'est simple ! Ton prénom, c'est Elana. Il ne te plaît pas plus que ça ce prénom ! Et alors ? On s'en tape, tu t'en tapes, et tu le changes !

        - T'as pigé ? Tu t'en tapes, je m'en tape. Et la galaxie entière s'en tape de savoir qu'Elana Orlina se retrouve en convalescence dans cet hôpital.

        "- Elana Orlina, vagabonde de Coruscant. Caméléon d'un métier à l'autre. Aimant se mettre dans des situations périlleuses. Une vraie guerrière, hein ?"


        Là les informations étaient vraiment en trop grand nombre , les révélations avaient complètement assommés une jeune femme qui restait immobile , complètement bouleversée tandis que sous son crâne son cerveau fonctionnait à mille à l’heure.
        “Dis moi toi qui est-tu , d’où tu viens, et qu’est ce qui t’es arrivé à toi” Ces simples questions n’avaient cessé de hanter son esprit ces derniers temps et les réponses qu’ils venaient de lui lancer à la figure se devaient de faire le même effet.
        “Elana Orlina”
        Ainsi c’était son nom , elle avait depuis le début eu le sentiment que ce nom lui était familier mais elle ne pensait pas que c’était le sien. Bien au contraire dans ses souvenirs floues ce prénom était plutôt associée à une antipathie certaine comme si cette Elana Orlina fut une de ses rivales. Mais non c’était elle , “sortie des décombres, ressuscitée des bombardements “ disait-il . “Vagabonde” , “Aimant se mettre dans des situations périlleuses “ ou ‘une vraie guerrière “ avait il rajouté.
        Ainsi c’était ça son passé , enfin du moins dans les très grandes lignes. Les souvenirs se mirent alors à ressurgir en masse mais elle ne pouvait en percevoir aucun clairement tant ils remontaient à la surface de manière confuse et anarchique. Ils se bousculaient , chacun désirant être le premier dont Elana se rappellerait et dans cette mêlée générale elle se perdait. Sa tête lui faisait horriblement mal et son corps s’était engourdi et elle fixait toujours le manchot .
        Le terme “fou” était un euphémisme pour décrire la situation , un véritable tsunami d’informations avaient bouleversé , renversé et remué l’esprit encore fragile de la jeune femme.

        Lui continuait de parler , alternant les mots doux et le sursauts énergiques , tantôt tentant de la rassurer et la réconforter , tantôt essayant de la réveiller et la motiver pour aller de l’avant : dans tous les cas pour son bien à elle.



        - N'rêve pas, vis. N'pense pas, agis. N't'excuse pas, assumes. N'hésite pas, fonces. Rappelle-toi, qu'hier est parti pour toujours et que demain t'appartient. Demain viendra si tu y mets du tien.

        Elana , puisque c’était donc comme ça qu’elle se nommait , prit une grande inspiration pour reprendre un tant soit peu ses esprits . Son souffle était encore tremblant et sans qu’elle ne puisse l’expliquer des larmes coulaient le long de son beau visage. Cet homme providentiel avait raison , elle ne pouvait attendre ici de devenir un légume sur patte , non elle devait se reprendre en main , aller de l’avant reconstruire , vivre un nouvel espoir.
        Les médecins étaient bien utiles pour la remettre sur pied mais elle le les laisseraient sûrement pas faire ce qu’ils voulaient de son esprit. Après un long moment de silence elle prit enfin la parole , mais son intervention fut aussi brève qu’ incroyablement intense tant on pouvait ressentir toute son émotion et sa gratitude dans ce simple mot

        -Merci .

        Elle saisit ses béquilles , se leva avec autant de grâce qu’elle le pouvait et s’éloigne lentement avec ses “compagnons de marche” .
        Son avenir était devant elle , il était inutile de s’apitoyer sur son passé perdu , elle rentrerait en dépression et toute sa vie serait gâchée d’autant plus que bien qu’elle ignorât son âge elle semblait plutôt jeune. Tracer sa route voilà ce qu’elle devait faire et si en cours de route elle se souvient de quelques bribes du passé qu’il en soit ainsi mais elle devait avancer , marcher , courir sans prendre le temps de trop regarder derrière elle au risque de se heurter à un obstacle qu’elle n’aurait pas vu devant.
        Elle se promit donc qu’une fois qu’elle aurait retrouvé toutes ses capacités physique elle se ferait la malle de ce maudit hôpital . Cela pouvait s’annoncer compliqué mais elle ne tolérait aucun doute quant à ses chances de réussite , après tout n’était elle pas une guerrière? Une vraie combattante qui s’était sortie de nombreuses situations périlleuses ?
        Ces quelques révélations sur son pas étaient tellement attendues et craintes qu’elle n’eut jamais l’idée de les remettre en doute , le manchot ne pouvait avoir menti , depuis son retour sur Terre il avait été son ange gardien envoyé par les cieux pour veiller sur elle.
        Elle continua à passer des tests et autres examens médicaux durant encore plusieurs dizaines de jours , ce qui l’ennuyait le plus c’était ces psychologues froids et hautains qui affirmaient tout savoir sur elle alors que elle même l’ignorait. Elle put vite abandonner les béquilles , elle pouvait à nouveau marcher seul et bientôt elle espérait pouvoir courir et là ce serait la liberté.

        Les jours passaient donc , monotones et sans histoires . Assise dans sa chambre , son petit blouson en cuir sur le dos , elle tentait de mettre un peu d’ordre dans son méli-mélo de souvenirs qui flottaient dans sa tête , ceux-ci n’étaient encore pas du tout organisés et pour l’instant elle n’arrivait pas à les lire. Elle sentait qu’ils étaient là et pourtant elle ne parvenait pas à les décoder , d’une incroyable frustration. Alors qu’elle voulut se gratter les côtes qui la démangeaient n peu elle sentit quelque chose de dur sous ses doigts. Surprise elle palpa l’objet qui semblait être métallique et qui se trouvait en réalité dans une poche interne de sa veste en cuir , la même veste qu’elle portait le jour de son arrivée à l’hopital , un magnifique blouson cintré et étonnamment résistant . Un vêtment bien trop haut de gamme pour une simple vagabonde. Elle fouilla prestement dans le revers de sa veste et y découvrit un petit trousseau de trois clefs . Rien de plus , nulle adresse ou autres informations n’y étaient inscrites mais c’était déjà ça. Elle avait au moins trouvé une relique de son passé qui pouvait s’avérer vraiment utile.
        Cet après midi là elle se dirigea naturellement vers la petite cour où se trouvait le manchot , elle s’assit à nouveau à côté de lui , la femme muette était elle aussi là ; décidément elle avait ses habitudes.

        -Bonjour ...euh

        Elle avait voulu engager la conversation en le saluant par son nom mais elle venait de se rendre compte que le manchot ne le lui avait jamais dit , elle se mordit la lèvre inférieure , se maudissant pour sa maladresse puis enchaîna.

        -J’ai presque retrouvé toutes mes capacités physiques et je compte agir cette nuit. Je veux quitter ce bâtiment infernal , je m’en crois parfaitement capable , j’ai arpenté plusieurs fois le dédale de couloirs et je crois pouvoir me repérer correctement et me diriger vers des sorties possible et puis après tout ne suis-je pas “une vraie guerrière”?


        Elle sortit les clefs de sa poche

        -Tu connais certes plus que moi sur mon passé mais moi j’ai trouvé ça , j’imagine que ça ouvre mon appartement , selon tes dires je viens du coin alors on devrait pouvoir le trouver non?

        Elle marqua une pause avant de reprendre sur un ton jovial qu’elle ne croyait avoir jamais employé jusqu’ici

        -Ne t’inquiète pas morbleu ,
        elle lui agrippa l’épaule en référence au geste que le manchot avait fait quelques jours plus tôt , je compte bien t’emmener avec moi , après tout tu as ma confiance et mon amitié.
        Au fait si Elana Orlina est mon nom officiel rien ne m’empêche d’avoir un surnom . J’ai choisi Espérance.


        Elle lui sourit , satisfaite d’avoir enfin réalisé quelque chose de constructif dans sa nouvelle vie : elle avait trouvée un ami.

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          Auteur : Super PNJ

          Si on le cherche le vieux manchot, on sait où le trouver. Un endroit de prédilection pour observer les allées et venues des membres hospitaliers ainsi que les patients qui passent, ou, comme lui, y ont élu domicile : « Sa » tour d'observation, « Son » point stratégique pour scruter. Cet endroit, choisi pour des fins de détection et de surveillance.

          Delà, il pouvait les entendre, ces pleurs, ces rires, ces colères, ces hurlements et ces bavardages.

          Tendant quelque fois l’oreille

          -    *Très jolie voix ! Se dit-il. Dommage que la diction soit un peu molle.. Mais ça, c’est un défaut des jeunes de maintenant : Ils prononcent mal. Et il y en a qui prétend que c’est moi qui entends moins bien. Je ne crois pas. Mais à chacun ses idées, ses gouts.*

          Clignant les yeux à droite puis à gauche, d'un air discret, il pouvait les scruter, les écouter, les espionner et les analyser ces médecins organiques et aussi quelques « mécaniques », sous leurs airs condescendants.

          -    *Jamais de toute ma vie, je n’ai tant regretté de ne pouvoir, de ne pas savoir être grossier et vulgaire. Ah comme j’aurai voulu les insulter les honorables  praticiens de ces lieux, leur tirer dans le complexe, là où ça fait mal, à gros coups de mots orduriers, gros comme des bouses.*
          -    *Ah ! Que ça doit être voluptueux de vomir ainsi sa colère ! Mais ne rêvons pas, je ne peux pas. Je ne sais pas. Il faut vivre avec ses gènes. Les miens me permettent de me taire et de les fuir aussi vite que m’y autorisent mes récalcitrantes lombaires. Rien de plus !*

          Il gardait toujours un œil discret, sur elle. Elle : Elana,  sa jeune « protégée ».

          La jeune demoiselle l'avait-elle trouvé « moins bête qu'il en avait l'air » ?
          -    *Je reconnais que ma petite déclaration  de notre dernière rencontre lui a apportée un sang neuf…plutôt bénéfique.*
              
          Son regard se pose sur sa voisine, toujours là, elle aussi, silencieuse, comme toujours.
          Alors pour briser le silence, il entame une énième fois la conversation, dans l’espoir qu’elle se manifestera, peut-être, un jour.

          -    Nous pouvons bavarder pendant des heures. Oui ! Une bonne discussion chaleureuse, détendue. Nous pouvons épuiser tous les, « C'est merveilleux », « C'est incroyable ! » , « C'est insensé », « Si on me l'avait dit ...! ». Les «Quand je pense... », Les « Je rêve... », Et les « J'hallucine... » ; également, les « Prions que..», Les «On verra bien...»
          -   Ou, si tu préfères, nous pouvons aborder les épineuses questions pécuniaires, d'intérêts, nous remercier de notre commune confiance que nous nous efforcerons au maximum de mériter..On le sait, on est sûres ? Oh là, là ... Oh là, là ...

          Dans un soupir de lassitude.

          -    Moi Je veux  juste vous parler, un peu.
          -     J'aimerais tellement que vous vous accrochiez, que vous repreniez, votre chemin. Mais, vous  n' voulez pas !  Vous n' pouvez pas ?  Je n' sais pas, je n' sais plus !

          Aucune réaction, il soupire de nouveau. Puis d’un ton un plus enjoué, il reprend comme pour exorciser ses derniers  dires.

          -  Une fois de plus, nous voilà à « notre QG », nouveau nom subtil pour parler du banc. Une fois de plus, nous nous retrouvons côte à côte en train de rêver d'une escapade, d'un décollage imminent. Mais vers quoi ? On ne le sait pas au juste.
          -     Mais pour décoller, on décolle surtout notre esprit en vagabondant vers le futur en passant par quelques évènements du passé.
          -  Le comité d’accueil  au grand complet remplit admirablement  son office, comme à leur habitude : le vieil handicapé,  et la « muette » toujours perdue dans ses pensées effacées.


          Le vieil homme mâchonne une allumette, substitut de la cigarette qu’il rallumait naguère pour juguler ses poussées d’adrénaline et qu’il a supprimée autant pour des raisons d’économie que de santé.

          -    *Ma tête, c'est une vraie cocotte minute ! Le vieil homme a l’impression que la vapeur va lui sortir par les oreilles. «Je dois avoir encore poussée de tension. » se dit-il.*
          -    *« Pourvu que je n’ai  pas une attaque, juste avant de voir le résultat final… ».
          (Ce résultat final, allusion à « comment va s’en tirer la jeune ex-amnésique »)*

          -    *Cette nuit, par exemple, pendant que je vérifierai pour la énième fois que j’ai bien remonté ma montre. Ou carrément en pleine action, pour peu qu’il y ait des turbulences… Ou pire….*
          -    *Ah ! S’il est temps pour moi de tirer ma révérence, je m’incline : l’heure c’est l’heure !*
          - * Mais ce n’est quand même pas à un jour près. J’en ai tellement rêvé et je suis sur le point d’atteindre le but … Ce serait trop con de t’emmerder aujourd’hui si tu dois capoter.*

          ....

          -Bonjour ...euh

          Elle venait de s’asseoir à ses côtés.Elle engage la conversation, il la laisse parler. Pour une fois, il ne souhaite pas l’interrompre.

          -J’ai presque retrouvé toutes mes capacités physiques .....

          *Ça tient du miracle : depuis ma petite déclaration de notre dernière rencontre, elle pète la forme !*se dit-il. *C’est le moment d’applaudir, ma beauté : Ton cauchemar est terminé ! *

          - et je compte agir cette nuit. ..................................et puis après tout ne suis-je pas “une vraie guerrière”?

          *Autre miracle : sa griserie de pouvoir courir hors de cet enceinte, courir dans de grands espaces ; son excitation de redécouvrir « son nouveau monde ».*


          Elle sort des clefs de la poche de son blouson en cuir noir très seyant, lui annonçant sa décision de partir.

          Il esquisse un sourire lorsqu’il l’entend employer son vocabulaire, le morbleu, mais sursaute lorsqu’elle l’empoigne par les épaules. Il n’a pas l’habitude de ce genre de contact.
           

          Dès le début de cette aventure, le vieil homme avait voulu être à ses côtés en tant qu’ami. Mais depuis quelques minutes, personnellement, elle veut qu’il y soit aussi en tant que compagnon de voyage.

          -*Elle veut me communiquer cette idée, bien entendu hyper géniale, pour elle. Mais pour moi, c’est moins sûr.*
          -* Nous transformer, elle et moi en « passe-muraille » !*
          *Pour elle, je n’ m’en fais pas. Alors que moi, à mon âge, il faut se lever de bonne heure !*


          Le vieil homme croyant à une plaisanterie avait jugé cette idée « impayable ».

          *Attention, Morbleu ! Elle aimerait que je participe à ce projet. Y participer ? Et de quelle manière ?*
          - *Alors, cool, cool, ma poule ! On y va !*


          Il ouvrit  les yeux. Il sait bien qu’elle a ressenti  son mouvement  de raideur lorsqu’elle lui a agrippé l’épaule.

          -« Ah ! ... Elana ! Excusez-moi, j'étais dans la lune. Vous m'avez surpris. Surtout avec votre, heu, sans vos..., heu... Sans vos « compagnons de marche », je ne vous ai pas entendu arriver.

          Se rendant compte de son ton hésitant, il se ressaisit. En s'adressant à la muette, collègue de "l'équipe d'accueil", il poursuit sur un ton plus enjoué.

          -  Tiens ! T'as vu, une revenante ! C'est amusant ! Non ! Pas plus tard qu'hier, tu me parlais d'elle. Tu étais persuadée qu'elle ne reviendrait plus jamais nous accompagner. Et nous avons attendu... Attendu... Attendu.

          Sa voisine, la muette ? Est-ce une plaisanterie de plus ? Une pointe d’ironie ? Va savoir avec notre vieil ami.

          - Je n’en crois pas mes yeux ni mes oreilles, mon amnésique préféré, près de moi, aussi droite que le dossier de ce banc, sur lequel présentement est posé mon fessier… auguste, majestueux clown à votre service, gente dame.

          D’un sourire toujours déconcertant, il poursuit.

          -    Non, auguste, n’est pas mon prénom. J’utilise à dessein, ce mot périmé, car il me va. Oh non ! Pas comme un gant…comme une mitaine en velours.
           -    Je suis auguste, pas seulement du fessier. De partout. C'est rare à notre époque. Peu de gens, aujourd'hui, sont augustes.

          Réaction « diplomatique » du vieil homme.


          Il imagine un instant lui et la belle escaladant les murs de l’hôpital…et met aussitôt entre elle et lui la phrase bouclier qui protège des discussions inutiles :

          -    Pourquoi pas ? Mais, c’est très ennuyeux…surtout handicapé comme je suis. Il faut réfléchir.
           
          -    Et Pour être tout à fait franc, Elena, ma chère Elana. Je dois t’avouer qu’avant de nous jeter au feu, sur ta demande très …touchante…
          -    …Il faut absolument, poursuit-il, plus déterminé dans l’adverbe que dans le ton. Il faut absolument  rester silencieux sur tes intentions, Gamine ! N’ameute pas toute la cavalerie ! Défense absolue  de leur prévenir de ton retour, à la liberté. Poursuit-il, comme dans un murmure inaudible.

          Il repart tout-à-coup, en gesticulant son bras valide de bas en haut, récitant sa tirade.

          « - Je suis médusé ! Moi, j’envisagerais d’offrir à tous les occupants se ce « bel établissement » un dîner au restaurant pour les remercier de leur hospitalité » Et sur ces mots, il s’éclata de rire à faire tourner  sur eux le regard de tous ceux qui passaient par là.

          Et sur sa lancée, sentant les regards posés sur eux, il ajoute :

          -«  Eux, qui envisageaient d’engloutir mon pécule ! En haussant la voix, il est certain qu’ils entendent, faut bien leur donner un « Nonos » à grignoter.

          Imaginant la mine surprise de la brunette :

          - Bon, ok ! lui dit-il, un peu plus sérieusement. Je suis pris à contre-pied là  et,  je me raccroche au premier argument qui me passe par la tête, que veux-tu ?
          - Je sais, ça ne résout pas tout. Ça ne résout pas ce qui est pour toi le principal : Mettre l'usine en route !

          Ce qu’il appelle «mettre l’usine en route» ; c’est un départ imminent, pour le moment informel.


          Le choc des générations. Une belle brochette "la statue de chaire", "la guerrière amnésique" et "le vieux clown manchot". Si un Droïde pouvait immortaliser ce tableau.

          Plus personne ne bouge, personne  ne parle......


          Quand ? Où ? Comment ? A quelle occasion ? Elle plaisantait ? Elle était sérieuse ?

          ** C'est moi à présent qui me sens terriblement nerveux. J'ai reculé autant que j'ai pu l'instant où..., il s’arrêta un moment de penser....... Les mots lui manquaient. »  Nous sommes au pied du mur. Nous ne pouvons reculer davantage... Le sésame de mon bonheur tant espéré...
          - Rien ! Je ne ressens rien ! Pourtant, j’en ai rêvé de cet instant où je verrais ce moment arrivé.

           «  Ce moment où on lui dit « allez c’est l’heure de partir »*

          Chaque fois qu'il y pensait dans son exil, les larmes lui montaient aux yeux. Pourtant là, il vient de les entendre ces mots, et...  «  Rien ! Pas le moindre émoi ! Ce sera peut-être pour plus tard ! Attendons. »*

          Il remémore dans la pénombre de son cerveau... Les souvenirs olfactifs et visuels, qui l'assaillaient lorsqu'il avait atterri en cet endroit...
          *Ah ! Ça y est ! Le grand jour éclaire son havre de paix et...  « - Rien ! Je ne ressens rien ! »*

          Ça recommence comme ce matin. En pire ! Ses souvenirs empestent le renfermé. Tout est terne, poussiéreux, avachi à l'image de cet hôpital : hier exemple de jeunesse, enviable, aujourd'hui vieillard cacochyme.*


          Elle annonce qu’elle part dés ce soir pour une durée indéterminée et il se dit qu’il n’est pas question pour lui de la suivre dans ses prospections, à cause…à cause de ce qu’il peut accomplir, encore, en ces lieux. A cause de ce «  Je ne ressens rien » qui passe en boucle dans sa tête comme un vieux disque rayé.

          En revanche, il est temps pour elle de mettre le voile. Elle sent le besoin. Ils savent tous les deux que c’est le moment.

          Il se garde bien de lui relater sa réflexion personnelle sur le sujet et parvient à lui cacher sa perplexité sous un élan de tendresse qui ne lui réclame d’ailleurs aucun effort.


          Il reprend d’une voix ferme

          -    Bavardons, encore un moment tous les deux «  Madame, Libertad » Chuchotons, plutôt, reprend-il en baissant le son de sa voix. Qu’il n’y ait pas d’oreilles à l’écoute de quelques mises au point de tes plans pour ce soir, demain et pour l’après-demain. Partageons nos joies et nos angoisses

          -    Et si ça ne marche pas ton coup ? lui lâche-t-il
          -    Je plaisante, je plaisante !

          -    Allez, gamine ! Prête à te lancer sur la piste ! Haut les cœurs ! T’es à nouveau sur la ligne du départ. Pour reprendre une formule qui m’est chère, ça passe ou ça casse.

          -    Ça passe ! Si ce soir, comme tu le souhaites de toute ton énergie, tu réussis à te traîner dehors. Encore mieux, si la chance nous épaule ! Çà pourrait être un fabuleux recommencement  !
          -    Mais si ça casse ! Si la chance te boude… Ça ne sera pas la fin. Et crois-moi gamine, ça se voit déjà que ça cassera pas. T’as une bonne tête de vainqueur !
          -    L’avenir t’appartient.


          Il finit par éclater de rire et par lui avouer, pour avoir la paix, la paix de l’esprit.

          -    Je me rallie sans difficulté à cet argument d’un évident bon sens.

          Sans nul doute, il voulait lui affirmer qu'il acquiesçait à sa décision de prendre le large au plus vite, malgré l'inquiétude que visiblement lui inspire ce projet.
          *« À voir sa tête... J'imagine la mienne ! Mais il semblerait que j'imagine au-dessous de la réalité »* se dit-il


          Il n’y a pas à s’y tromper, il lui démontre une fois de plus son sens pratique

           - Je t'accompagnerais volontiers. Lui dit-il.
          - Malheureusement,  cela fait un bail que j’ai raccroché mon blaster, que j’ai rangé tous mes équipements de « passe-muraille »


          - Absorbé par mon ultime chasse au « j'ose tout », ma bête noire, je n'ai pas vu venir celle-là. Je n'ai pas du tout vu venir ton intention de m'embarquer dans tes projets, Morbleu ! J'avoue avoir quelques difficultés à accepter « le ticket du voyage ». Je ne serai pas ton compagnon de l'évasion

          - Je dois rester ici !
          -  Regarde-les ! Montrant de sa main valide ceux qui sont assis et qui se baladent au sein de ce parc.
          - Mon travail n'est pas fini.

          - Je peux le dire. Ils sont complètement déboussolés : des chiots perdus. Un peu comme toi, tu l'étais avant de... Si bien que je n'aie pas le cœur de les laisser.
          -    Eh oui ! Ma pauvre gamine, je sais bien…. Laissant sa phrase en suspens.


          Il sait bien, il sait bien quoi ?

          Ostensiblement goguenard, ostensiblement pas dupe de ses mensonges, ou plutôt  ce qui était un mensonge, mais qui est maintenant une vérité, ses vertèbres, beaucoup trop lentes à s’ébrouer et qu’il a eu le tord le matin même de solliciter trop vite et inconsidérément. Deux d’entre elles, la quatrième et la cinquième lombaire, toujours les mêmes, lui le font savoir de façon cuisante, lorsqu’il se redresse pour répondre à la jeune fille ce qui lui passe par la tête, via les reins

          -    Ma chance est passée, pour moi la partie est finie : Game Over.


          Ce qui a déclenché sa décision, c'est l'indifférence avec laquelle il a imaginé cette aventure qu'elle lui proposait. Il en a une autre ici : une copie sans valeur, mais tout aussi seyante à ses vertèbres. Et il est devenu son QG. Finalement, les situations n'ont de valeur que celle que notre imagination leur donne... Encore que... L'imagination joue aussi son rôle dans les sentiments, bons ou mauvais.

           * « Mon banc, mon lieu de prédilection, mon territoire. »*


          Il a toujours la même Technique fondée sur le même principe ; après la douche glacée, le filet d’eau tiède paraît chaud.

          -    Ne perds pas ton temps à trimbaler un pauvre vieux fou comme moi à tes basques. Tu t'es débarrassée de tes béquilles, ce n'est pas pour t'encombrer d'une « chaîne à ton pied ».

          -    C'est tout juste si je ne me réjouis pas d'avoir eu dans ma communauté, une nouvelle recrue, toi, qui vas se révéler pour eux d'une très grande utilité. J'espère que tu as quelques idées..., géniales !

          Ce « eux », il faisait allusion à ceux qui croiseront sa route, sa nouvelle route.


          Il la regarde un moment, comme-ci un éclair de génie lui est passé par la tête, il lui dit :

          -    Elana, mais ce n'est plus comme ça qu'il faut t'appeler !

          D’un bond, se lève, se courbe légèrement et tend sa main, l’unique, vers la jeune fille.

           - Mademoiselle Espérance, surnom qui vous colle à la peau aussi bien que cette veste en cuire. Ses mots sont suivis d'un clin d'œil complice. 
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            Auteur : Super PNJ

            #ffffff"> Enchanté, je me présente, Yash.



            Yash finit par éclater de rire

            -    Tu sais petite, habituellement, Yash n’'aime pas parler de lui. Il préfère préserver son jardin secret. 

            -    Je sais, tu veux profiter de ce moment de confidences !
            -    Tu veux savoir tout ce qu’il a caché de feu sous sa calotte d’ iceberg, tout ce qu’il a refoulé derrière son apparente vocation d’ombre ; savoir tout ce qu’il a épongé de honte et d’angoisse à cause de ses compagnons d’infortune. D’humiliations et de déceptions à cause de ses choix ; savoir tous les bouleversements qu’il a traversé ; oui savoir tout ça…, mais tu n'as pas le temps.

            -    Quelle chance pour moi de ne pas avoir le temps de « mélancoliser ». se dit-il

            -    Mais tout ce que tu dois retenir si tu veux te souvenir de lui, c'est qu'il n'était pas contrebandier, ni officier, ni soldat, ni mercenaire, ni rebelle, ni héros ; mais juste, un homme, un homme respectable. Qui s'est épanoui auprès des parents modestes.
            Il n'a pas eu besoin de survivre dans les rues, de lutter contre la faim et la violence par la mendicité et la méfiance. Non, non, il n'a pas connu tout ça.
            Il ne croit pas à la Force. Ce n'est pas du scepticisme ou de l'ironie. Il croit juste aux actes, c'est tout.
            Il n'a ni dieu, ni loi, ni maître.
            Un simple pilote, sans femme, ni enfant, qui tentait souvent sa chance au Sabacc. Tu sais, ce jeu de cartes….

             Il fait une pause de quelque seconde avant de reprendre.

            -    Ben tant pis, c'est sans importance à notre histoire, de toute façon.
            Il n'avoue pas à la jeune fille qu'il avait gagné souvent des fortes sommes d'argent qui l'ont mis à l'abri du besoin jusqu'à la fin de ses jours.

            - Votre serviteur a roulé sa bosse, de planètes en planète, de galaxie en galaxie.

            - Tu sais ma petite ! Je n'étais pas qu'un être uniquement intéressé par l'argent et je savais m'engager dans un combat pour une juste cause. J'ai toujours été dynamique et volontaire. Je me suis battu pendant la plus grande partie de mon existence pour mes amis. La dernière que j'ai menée a coûté la vie à beaucoup, des amis, des ennemis des inconnus, et des proches... J'ai laissé une partie de moi... Et je ne parle pas que de mon bras.

            Un silence se fait entendre, le laissant avec ses morts.

            Puis il reprend

            -    Point zéro du nouveau parcours avec le même participant, toi, Espérance. Des parcours qui vont s'allonger jour après jour et qui vont peut-être encore se croiser, s'écarter, se rejoindre. On ne peut toujours pas prévoir le temps qui nous reste. Alors, la vie, il faut se la jouer immortelle.

            -    Cours jeune fille, prends ton envol., écris ton histoire
            -    Aujourd'hui, éclosion de quelque chose de chouette, Morbleu, sortie de ta tête, sortie de ton cœur
            -    Ce jour serait celui du véritable départ d'Espérance, une double aventure : la tienne et celle de notre entreprise. C'est insensé, hein !
            -    Je dis le plus naturellement « notre » entreprise, alors que je n'y participe que depuis quelques jours.


            Il aurait volontiers insisté pour en savoir davantage, mais à l'idée qu'on risque de se tourner vers lui dès que l'évasion de la jeune demoiselle serait ... Il préfère s'abstenir.


            D’une voix autoritaire et énergique.

            -    Lorsque tu seras de l’autre côté ; Vis, Agis, Assume, Fonce

            Ainsi, il est certain que son amie a pris la bonne décision.

            -    Pas de mouron, ma gamine ! on est là et pas qu’un peu ! Sur ces mots, il se lève.

            Avec l’espoir de ne pas installer la jeune fille dans sa morosité, il transgresse ses habitudes et ses goûts en se laissant aller jusqu’au banc d’en face.

            Il sourit. Il sourit encore, en se rendant d’un pas allègre vers la dame blanche assise, sur le banc  d’en face. Avant d’y arriver, il y voit la vieille dame, engoncée  dans un e blouse. Elle n’a même pas un sourire de complaisance, ni d’ailleurs une moue critique.

            -  A ton tour, se dit-il. Mais se demande sur quel sujet il va l’interroger afin de pouvoir préparer une réponse qui ne soit pas trop niaise. Le vieil homme est intraitable, il tient à la spontanéité, au naturel, à l’improvisation
            -Pardon, Madame, quelle est votre devise ? Ou si vous préférez votre maxime ou votre proverbe préféré ?  Allez, cherchez bien ! Il y a surement une phrase que vous avez entendu ou lue dans votre enfance ou récemment ? Qui vous a plus ou moins influencée ?


            En attendant la réponse de la vieille dame, il lance un regard direction de l’ancien QG, là où il l' a laissée ……..,


            -«  Franchement, Morbleu, il y a des moments où je te comprends ! Toutes les fins, sont des commencements…

            Un dernier regard en signe d’adieu...
                


            Spoiler : Spoiler
               

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              #16

              Post n°15
              Auteur : Elana "Hope"

              C’était un vieux manchot , plus malin qu’il en avait l’air , très bavard aussi ; il avait probablement sauvé une jeune fille de la dépression de l’amnésie  , il ne s’exprimait pas toujours très clairement mais qu’est ce que cela pouvait donc bien faire : c’était Yash .
              Il était visiblement heureux d’avoir réussi sa mission “altruiste” , il était satisfait d’avoir donné un souffle de dynamisme à une jeune femme qui avait encore toute la vie devant elle .
              Il parlait toujours autant de sa voix si singulière , continuant avec ses petites pointes d’ironie et de cynisme mais pour la première fois la jeune amnésique pouvait percevoir de l’émotion dans ses mots , Yash semblait avoir été surpris par la proposition d’Espérance de l’emmener avec lui et si au fond il devait sûrement être grandement tenté par cette alternative il fit tout pour rester réaliste. Infirme qu’il était il ne pouvait s’échapper à ses côtés , il était condamné à rester sur son banc , dans cette cour , et à essayer de trouver d’autres cas désespérés à sauver.  Le manchot déclina donc sa proposition mais ce n’est pas pour autant qu’il avait cessé de croire en elle , bien au contraire ; il la voyait déjà prendre son envol , renaître comme un phénix de ses cendres .  Le long monologue de Yash eut son petit effet sur Elana qui ne put s’empêcher de verser une petite larme devant le discours de vieillard jusqu’ici si mystérieux qui se confiant maintenant à elle , il affirmait être un homme ordinaire ni un héros ni un guerrier , non juste un simple gars que le chance n’aimait pas beaucoup et qui s’était retrouvée ici . Mais force était de constater que les plus grands coeurs se trouvaient parfois là où on ne les attendaient , prise d’une affection particulière envers cet homme Esperance allait devoir foncer sans lui à présent.



              - Cours jeune fille, prends ton envol., écris ton histoire


              Symboliquement Yash se leva de son banc pour aller s’asseoir sur celui d’en face à côté de la vieille muette . Le manchot fixa Esperance qui soutint son regard , c’était fini , plus un mot ne sortirait de la bouche du vieil homme , il en avait assez dit alors Elana murmura d’une voix si basse qu’il était presque assuré que Yash n’entende rien


              -Merci Yash , merci.


              Puis après un dernier regard d’adieu , elle se leva et prit la direction de la chambre 306 où elle mettrait au point son plan d’évasion.



              Le soleil commençait à décliner et bientôt la nuit régnerait en maître sur cette immense ville . Alors malfrats et autres truands sortiront de leur cachette et circuleront librement dans ce royaume de l’obscurité et de la lumière artificielle . Dans la chambre 306 d’un hôpital que l’on pouvait aisément comparer à une prison une jeune patiente amnésique s’apprêtait à défier le système et à “ s’évader “ de cet enfer blanc .  Elana  ajusta son blouson et vérifia qu’elle avait bien ses mystérieuses clefs sur elle , elle savait son plan risqué mai nulle place ne devait être laissée au doute sinon quoi elle échouerait assurément . Elle s’approche de la commode , prend une grande inspiration et appuie vigoureusement sur le bouton d’appel d’infirmier .
              Quelques minutes plus tard , Elana alitté put voir le jeune visage de Stan passer le cadre de la porte
              -Vous avez appelé Mlle?
              -Oui , approchez je ressens comme une douleur aux jambes , c’est particulièrement dérangean.
              -Voulez vous que j’appelle un médecin?
              -J’aimerai d’abord avoir votre opinion , est - ce vraiment grave?


              Le jeune employé s’approche alors d’un pas hésitant , et dès qu’il se trouve à proximité du lit la jeune fille avec une rage qu’on ne pouvait lui prêter bondit sur le pauvre bougre. Celui-ci tente de se débattre et même de crier mais elle avait prévu son coup , dans la lutte elle réussit à la bâillonner . Cette dernière se bat avec un dextérité impressionnante , comme si le combat était devenu un automatisme en elle et que l’amnésie ne pouvait pas changer cela , après tout n’était elle pas une vrai guerrière? Dans la mêlée et alors que ce pauvre Stan était au bord de l’inconscience à cause de la violence des coups , Elana parvient à le ligoter à son lit avec un pantalon en tissu . Elle prit la blouse du jeune infirmier et son badge qui lui permettait d’ouvrir certaines portes. On ne tarderait sûrement pas à le retrouve ici mais elle , elle espérait déjà être loin à ce moment.  De toute façon les dés étaient jetés , elle ne pouvait plus reculer .


              La patiente jeta un oeil dans le corridor , la voie était libre . La majorité des résidents et du personnel dormait à présent . Elle  se dirigea le plus rapidement possible vers le fond du couloir tout en se souciant de paraître le plus naturel possible .  La sortie principale se trouvait au niveau du hall d’entrée mais elle risquait de se faire prendre à ce niveau là , elle avait plusieurs fois aperçu des membres du personnel ayant fini leur journée se diriger vers d’autres sorties . C’est alors que la chance lui sourit , deux hommes en blouse sortirent d’une salle en bavardant , Elana tendit l’oreille


              -Je rentre chez moi et je dors , je suis exténué!


              Ces deux là se dirigeait donc vers la sortie , quelle aubaine! La jeune fille leur sourit et osa même leur adresser la parole


              -Bonsoir messieurs!


              Les deux hommes se retournèrent et la saluèrent à leur tour . Puis tel une ombre elle les suit jusqu’à qu’ils atteignent une petite porte métallique flanquée de l’écriteau “ Sortie du Personnel n°4”. La liberté n’était plus qu’à quelques mètres. Elle rentra son badge dans la machine qui ouvrait le portique , celle ci lut son code barre et afficha un message qu’Elana prit le temps de lire à la va-vite .
              “Bonne soirée Stan , à demain!”


              Oh non elle n’était pas Stan et ne reviendrait assurément pas demain car désormais elle était libre. Elle respira à pleins poumons l’air de l'extérieur et contempla quelque secondes l’immensité de ce monde presque nouveau ou dont elle n’avait plutôt que très peu de souvenirs .  
              Que faire à présent? La réponse pouvait paraître étrange mais elle n’en était pas moins légitime. Elle était une jeune amnésique lâchée dans ce vaste monde dans lequel il était aisé de s’égarer. Alors elle songea à ce qu’aurait pu lui dire Yash dans la situation présente


              “ Fonce, Agis”


              L’hésitation était son seul ennemi et elle ne devait pas le laisser prendre le dessus , elle appela un taxi-speeder décidée à retrouver quel appartement ces clef ouvrait elle . Il devait bien y avoir un endroit où elle retrouverait l’adresse où vivait Elana Orlina. Cette jeune femme disparue deux ans plus tôt en rentrant dans un hôpital.
              Désormais elle n’était plus qu’Espérance et elle devait foncer , agir et encore foncer et encore agir . C’était ce qui lui avait dit de faire son libérateur à elle , un pauvre manchot loin des canons héroïques ; un pauvre fou qu’elle n’oublierait assurément pas dans cet hôpital de malheur.

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                #17

                Post n°16
                Auteur : Super PNJ

                La nuit dernière, il ne pouvait fermer l'œil, sachant le projet de la jeune demoiselle. Il était resté à l'affût dans l'hypothèse qu'il aurait pu lui apporter une aide quelconque lors de cette " évasion".

                Tendant l'oreille, il essayait d'apercevoir un bruit, un mouvement qui aurait pu alerter les gardes, le personnel du service ou même de l'hôpital tout entier. Il ne faut pas oublier ces droïdes qui surgissaient souvent de nul par, quelle que soit l'heure, de jour comme de nuit. Mais, elle était experte, la donzelle. Il n'entendait rien, quelques mouvements par-ci par-là, comme à l'accoutume, mais rien d'alarmant.     

                 
                Sur sa route qui longe les couloirs de l'hôpital, le vieil homme se faufilait tel un lézard afin de rester sur le qui-vive au cas où la jeune fuyarde aurait eu besoin d’une diversion quelconque.  Tapis dans l’ombre tous ses sens étaient en éveil. Son esprit philosophique aussi restait en éveil * L'ombre ne représente pas que le mal, l'ombre sert aussi à protéger ceux qui en ont besoin. * 
                     
                La brunette n’avait pas froid aux yeux, après avoir attiré dans ses filets le jeune interne. Elle avait réussi par on ne sait quel stratagème à le maîtriser. 
                 
                 
                Au détour d’un couloir, le vieux Yash aperçût deux infirmiers ou médecins, d’où il se trouvait, il ne pouvait distinguer leur fonction. Les deux hommes vêtus de blanc, tout en discutant se dirigeaient vers une petite sortie. Yash était prêt à sortir de sa cachette et les interpeller avec un prétexte quelconque, au cas où.
                     
                Certes, il ne pouvait pas l’accompagner dans sa fuite, mais il ferait le maximum afin qu’elle puisse la réaliser avec succès. Il pourrait l’admettre, il trouvait la situation fascinante, cela mettait un peu de « piquant » dans sa misérable existence. Surtout depuis qu’il a atterri en ces lieux. Un peu d’action ne pouvait n’être que bénéfique pour ses articulations qui rouillaient aussi vite qu’un boulon de droïdes.     

                 
                Son pouls s’accélérait lorsqu’il la vit s'approcher d'eux. Et soudain, il entendit un « Bonsoir messieurs ! »
                D’un air décontracté, elle leur emboîta le pas.
                     
                -*Morbleu ! C'est bien les donzelles, ça. Elles sont plus convaincantes avec sourire et courbette que nous avec notre grande ...!*. Il s'arrêta de "blablater" dans sa tête, le regard fixé sur la petite porte métallique "Sortie du Personnel n°4”…     

                 
                Ça y est le jour va pointer le bout de son nez. Notre cher ami, le vieux manchot avait rejoint son QG en se faufilant sans bruit hors de sa chambre, longeant les couloirs sur la pointe des pieds, tel un éclaireur à l'affût d'un mouvement.     
                    
                Il n'avait pas pu fermer l'œil de la nuit. Surtout connaissant les projets de sa jeune protégée, il ne pouvait se résoudre à dormir sur ses deux oreilles.
                Il sourit à cette expression * dormir sur ses deux oreilles. Franchement, quelle idée ?* Se dit-il, avec un sourire qui se dessine de plus en plus sur son visage.
                * Comment pourrait-on dormir sur nos deux oreilles ? Ne dors, que d'un œil, je veux bien. Mais quand même ! Il faut être, un tantinet, difforme ou alors un de ses espèces avec les yeux à la place des oreilles et inversement*. Il reste un moment à essayer d'imaginer quel genre d'espèces qu'il pourrait connaitre qui puissent correspondre à cette image.

                Et soudain, d'un geste de la tête, il efface cette pensée vagabonde et revient à son occupation première. * Bref ! Ce n'est pas là la question...*
                 
                 
                Où il en était ? Ah, oui !     

                 
                L'image de l'ancienne patiente de la chambre 306, Mademoiselle Espérance, lui revient en mémoire. Il la revoit insérant un badge et franchir la porte de « Sa » liberté.
                *- Selon moi, l’ensemble de la protection de cet établissement ne dépasse pas le niveau d’un amateurisme éventuellement prometteur… Comme une équipe de… « bras cassé » ! * un éclat de rire se fait entendre.     
                 
                 
                Cette recommandation ou conseil qu’il lui avait lancé lors de leur dernière « tête à tête » résonne encore, en lui, tel un écho : « - Lorsque tu seras de l’autre côté ; Vis, Agis, Assume, Fonce »     

                -    *Mais, Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! *
                s'exclame Yash qui se penche pour essayer de regarder vers la grande bâtisse.

                Les yeux, en mode, télescope, notre vieux manchot balaie du regard le porche de l’hôpital. Puis, soudain, de la main, fait signe à qui, pourquoi.     

                 
                Quelques secondes plus tard,  un personnage un peu plus grand et plus fin qu'un Humain avec de longues oreilles tombantes,  se tient face à notre messager du banc, c’est un Gungan.
                Sans plus attendre, il se penche délicatement. Le Manchot lui murmure une ou deux phrases aux creux de ses longues oreilles. Il acquiesce de la tête à ce qui semble être des instructions et part aussitôt aussi discrètement que lors de son arrivé.     
                    
                Ce Gungan se met  souvent au service du vieil homme.  Ce personnage discret est-il naïf et influençable, pour servir ainsi la volonté du vieil homme ? Ou Est-ce une gratitude liée aux sens de l’honneur de ces espèces qui portent une dette éternelle à celui ou celle qui, volontairement ou non, sauve leur vie. Si tel était le cas, nul ne savait le pourquoi du comment et en quelle circonstance.
                Les heures défilent et le vieil homme s’agite sur son banc.  
                 
                 
                Le jour commence à percer lorsqu’arrive un homme vêtu d’un long manteau sombre, coiffé d’un chapeau  à bord large, agitant la main en signe de salut en direction du banc, du QG .
                     
                -    Et Yash !     

                -     Et vieille branche ! Te voilà enfin, tu t’es fait attendre.  

                -     Tu m’as envoyé ton émissaire  et je suis venu  toute affaire cessante. Toujours aussi patient  à ce que  je vois !     

                -    Je suis assez pressé, oui. Mais je te ferais un topo en chemin. Allez, viens. N’Faut pas trainer !  

                Il jette un regard rapide sur son ami et s’extirpe de son banc en lançant ces paroles du  ton joyeux et un peu envieux.
                     
                -    Morbleu ! T'as pas changé, veille branche aussi gaillard qu’à tes vingt ans.     

                -    On peut dire la même chose de toi. Répond le second sur un ton ironique.     

                Yash se met à rire et les voilà, bras dessus bras dessous se dirigeant en direction du Gungan qui les attendait à l’écart.

                Celui-ci les conduits vers le sous sol en empruntant une porte dérobée. 
                Le vieil homme se retrouve, à son tour, hors de l’enceinte de l’hôpital, au cœur de la planète-cité

                Un magnifique air speeder, les attendait. Yash lance un regard interrogatif à son visiteur et lui dit :  
                 
                 
                -    « Morbleu ! Tu t’es embourgeoisé, dis moi ?     

                -    Faut bien, avec les longues files du trafic de la ville, J’n’allais pas me contenter du taxi de la planète ou le service de bus pour mes trajets. On a assez bossé pour ça, tu n’ crois pas. Lui répond son compagnon. Et toi, reprend-il, tu as tout dépensé, tout ton pactole ? Tu t’en sers aussi pour tes petits services afin d’améliorer ton quotidien, à ce que je vois.  
                     
                Sur ses mots, un petit sourire aux lèvres, il jette un regard en arrière. 
                     
                -    « Que veux-tu chacun alimente son « royaume » comme il peut. Mais je reconnais n’être pas aujourd’hui un juge objectif.»  lui répond Yash
                   
                -    Tu dois bien les  arroser  grassement tes petites excursions. Rétorque l’ami     

                 Ces mots font allusion aux escapades du vieil homme, puisqu’il peut à son aise s’évader de cet enceinte et peut-être aussi pour justifier le dévouement du Gungan.  
                 
                 
                -    Oui, grassement, c’est bien le mot qui convient. Mais, tu vois, ça m’agace qu’un homme de mon âge ait la permission de minuit comme un gamin de douze ans ! Qu’il ait peur que son « papa » le punisse s’il découche ! Alors ne tardons pas de trop.     
                    
                -    Allons-y gaiement et tu en profiteras pour me tenir au courant de ton projet.     

                 
                Les voilà à bord de l’engin, comme au bon vieux temps,  les anciens pilotes revivent, finit les « morbleu » « Vieilles branches » et « mon gaillard », le langage d’autrefois reprend du service.     
                 
                 
                À peine installé, le vieux manchot ressent une excitation tel un enfant qui retrouve ses habitudes. Le souvenir de ses jeunes années, du  jeune pilote qu’il a été jadis ravigotait son sang dans ses veines.  

                 
                -* c'est sûr que cet air-speeder est bien plus pratique qu'un taxi quelconque.* Se dit-il en scrutant avec ses yeux ébahis les différents systèmes de sustentation aérienne, le répulseur compact situé sous les sièges des passagers. Sans parler de l’ordinateur de conduite pour la répartition de l'énergie de ces répuleurs, ainsi que ceux de faible intensité rajoutés sur les flancs pour l'atterrissage en douceur et, aussi, éviter les collisions.
                     
                Le « joujou » le fascine et tout-à-coup : * Houla, houla, je m’égare  se dit-il je dois me concentrer sur ma « mission du jour*     
                    
                Le pilote met son plan de vol en action, active le moteur, et, le vieil homme profite de cet instant pour faire part à son ami ce qu’il attend de lui, lui narre l’essentiel, sans trop rentrer dans les détails et lui fais part de ses intentions     
                    
                -    Très bien, répond celui-ci. Alors je suis venu avec l’appareil idéal pour nous mouvoir dans les files ininterrompues de Coruscant.     

                -    Oui, oui! Et atteindre une très bonne altitude au-dessus des immeubles de la métropole.  
                   
                -    Et pour sûr,  mais elle va surtout nous aider à retrouver la route la plus rapide pour nous rendre chez ta petite protégée. T'as son adresse ?     

                -    Oui, on me l’a remis ce matin. Tiens, tu trouveras là-dessus. Et il tend la petite tablette que le Gungan lui avait remise avant de refermer les portes de l’hôpital     
                 
                Son compagnon de voyage récupère la tablette et la remet à son pilote afin que celui-ci puisse se rendre à l’adresse indiquée.     
                    
                -    Espérons que l’appareil ait assez d’autonomie avant de devoir la recharger. Car dans cette métropole aussi grande que Coruscant et vu la vitesse qu’il peut atteindre cette faible autonomie peut devenir très, très, vite handicapante.

                Pendant son petit voyage de « plaisance », le vieux manchot profite d’avoir quitté son banc pour s’imprégner du paysage de Coruscant,  La brillante, L’étincelante, éclairée  de jour comme de nuit.     

                 
                -    Alors dis-moi, lui demande son compagnon de voyage. J’espère qu’elle ne se loge pas dans les bas-fonds, ta copine ? À mon âge, je n’ai pas envie de me retrouver dans ces endroits les plus malfamés et me retrouver face à ces criminelles. J’ai encore quelques ressources, mais j’ai passé l’âge.

                Le vieil homme a toujours été frappé par l’habilité avec laquelle son ami maîtrisait le maniement des multiples formes de combats, en réponse à la question, il lui dit :

                -    Je ne pense pas, ce n’est pas le gens de fille. Mais bon même si moi aussi, j’ai pris de l’âge, je préfère les criminelles que ces rats géants.

                La matinée était à peine avancée et le voilà sur les routes avec l’aide fortuite de «son  vieil ami de toujours ».

                Préférant laisser leur engin à quelques distances de l’appartement de la jeune Espérance, les deux amis continuent leur traversée à pied. *Le plaisir de se dégourdir les jambes*. Se dit Yash.

                Le quartier ne faisait pas partie des quartiers à craindre, ce n’était pas du très grand luxe, non plus, mais assez résidentiel et paisible.

                Paisible,  mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser sa garde.
                Au détour d’un bâtiment, leur apparaît de longues silhouettes dans des pardessus de couleur bleue, un bleu foncé qu’on pourrait qualifier de bleu marine. Les ayant repérés très vite, le manchot sort son blaster discrètement de l’étui fixé à sa ceinture qu’il garde en main, sous son manteau à l’abri des regards.

                Il lance un regard discret à son ami et réplique à mi-voix
                -    « Et alors ? Ils ne vont pas me bouffer ! D’abord,  je ne leur en laisserai pas le temps ! Je les attaquerai, bille en tête. » Il en sourit encore en se rendant d’un pas allègre vers sa mission.

                Qui est responsable de ce changement ? Sa protégée ? Son escapade à l’air « libre »… ? Oui, sans doute un peu de tout cela ; l’expression des jours sans joie et des nuits sans sommeil. L’expression des mots qu’on dit ou  qu’on entend  et qui se dépose à notre insu dans notre cœur et notre esprit…

                Enfin, ils y sont, face à l’appartement tant recherché, il sonne, attend. De toute façon, ils sont peut-être les premiers. *Elle n’a, peut-être pas encore trouvé son appart.*

                À cette pensée, Yash, s’en veut, il aurait dû la chercher dans Coruscant avant de chercher son appartement. Lui, il avait trouvé l’adresse. Mais, elle, elle ne l’avait peut-être pas.

                Torturé par cette pensée, il n’entend pas l’ouverture de la porte. Face à lui se tient Espérance, sur le qui-vive, blaster en main, prête au combat.

                Yash la regarde, sourire béat sur les lèvres, ravi de la revoir et surtout de la voir saine et sauve. *  Plein de ressource, cette petite, j’en étais sûr *

                - Morbleu ! Jeune fille range ton « joujou », tu vas nous blesser ! Tien, prends ! Dit-il en lui tendant un papier un peu froissé, tiré de la poche de son manteau. Prends ce papier, tu y trouveras une bonne adresse. Je pense que tu y trouveras ton bonheur. La route de ton futur y est inscrite. Rends-toi sur Dantooine et tu y trouveras la base des chasseurs de primes. J’en ai connu qui en ont fait fortune. Le peu que j’ai vu de toi, je pense que tu as la carrure.

                Se tournant vers son compagnon, il ajoute : - « Je jurerais que je ne me suis pas trompé… Les pieds sur le bûcher ! »

                Puis, revenant à la brunette, il conclut

                -    Allez, jeune fille. Il se fait soif. On va te laisser mon ami et moi. Nous avons plein d’histoire à nous raconter et aussi des tas de cantinas qui attendent nos visites avant mon retour au bercail. Toi, tu es prête de voler de es propres ailes, prends soin de toi, et surtout n’oublie pas le vieux Yash.

                Sans attendre mot, il lui tourne le talon accompagné de son fidèle ami.

                Chemin faisant, il se dit sensible à cette idée « pittoresque » qu’il a eue, comprend, approuve même, le coup de cœur qu’il a eu pour sa jeune protégée…. Qui jusque-là lui semblait plutôt un coup de folie.

                -     Je reconnais, qu’elle m’apporte un sang neuf… Plutôt bénéfique. Avoue-t-il, à son ami
                 


                                                                                                                                                                                                               
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                  #18

                  Post n°17
                  Auteur : Elana "Hope"

                  Elle avait fini par trouver, comme quoi il suffisait d’un minimum de persévérance, de réflexion et de prise de décision pour pouvoir s’en sortir dans cet immense monde où tout respirait la démesure.  Espérance avait ainsi vite entendu qu’elle pourrait trouver son adresse au Bureau de Liaison et de Gestion du Territoire, une grande administration qui donnait mal à la tête rien qu’à y penser. Le taxi-speeder la déposa devant le grand bâtiment officiel, un immeuble large et grand mais plutôt sobre dans ses ornements. Espérance sortit du véhicule en demandant au chauffeur de l’attendre ici ; le temps qu’elle revienne.


                  Pour entrer  l’on devait passer un contrôle de sécurité, la jeune amnésique s’y prêta et tout se déroula le mieux du monde. Le garde se montra très laxiste avec elle, jetant  à peine un œil aux résultats du détecteur de métaux, sûrement le charme de la nouvelle venue n’y était pas étranger.
                  Une fois passée le sas, la jeune femme se retrouva dans un immense hall où des centaines de fonctionnaires s’affairaient derrière des comptoirs ; accueillant des foules de citoyens aux réclamations diverses. Dans un coin, Espérance repéra une carte holographique des lieux pour mieux se situer, elle devait trouver où elle pourrait se renseigner sur les adresses. Elle ne mit pas bien longtemps à repérer le Service des Adresse dont le comptoir ne se trouvait pas loin d’ici, elle emprunta quelque larges couloirs avant de déboucher sur une nouvelle série de comptoirs ; là, les queues étaient moins grandes. Après quelque minute d’attente, ce fut à son tour, un petit homme à lunettes, au crâne dégarni et à l’air grognon “l’accueillit” au guichet avec un “bonjour” dont le manque d’enthousiasme en disait long sur ses journées .


                  -Bonjour monsieur, je suis ici pour trouver une adresse.


                  Le petit employé leva les yeux en direction de la jeune femme, l’air exaspéré.


                  -Bravo, vous avez compris à quoi nous servons. L’adresse de qui ?


                  -Euh… Je voudrais retrouver le domicile d’une amie, une certaine Elana Orlina.


                  D’un air toujours aussi antipathique, le petit homme se pencha sur son ordinateur et tapa le nom de l'intéressée sur son clavier. Espérance observa sa façon de procéder, visiblement ici tout était informatisé comme à l’hôpital d’ailleurs, les armoires et  casiers remplis de document papiers placé derrière les guichets n’étaient donc là que pour décorer ou peut-être pour prévenir une coupure de courant ou un quelconque piratage.
                  La recherche ne fut pas longue, l’homme lui communique l’adresse que la jeune femme s’empressa d’écrire sur sa main.


                  Prestement, elle courut vers la sortie et rejoignit le taxi lui demandant de la mener à cette adresse, elle était dorénavant habitée par une excitation nouvelle : sa nouvelle vie commençait enfin…  


                  Le trajet fut bref, le chauffeur l’amena dans un quartier loin des grands lieux très riche et huppé, mais qui s’avérait néanmoins correct et plutôt propre ; ce n’était pas non plus les bas-fonds. Espérance poursuivit son trajet à pied jusqu’à arriver au pied d’un immeuble de taille moyenne, elle jeta un coup d’œil au tableau de sonnettes, au milieu de la liste figurait un petit papier jauni et presque déchiré sur lequel on pouvait lire “ Elana Orlina”, a priori, c’était ici. Elle ouvrit la porte avec l’aide de sa clef et monta plusieurs étages à pied, la jeune amnésique n’avait pas la patience d’attendre un ascenseur, elle devait avoir la sensation de foncer.  Elle arriva finalement devant une porte sobre et noire, avec une grosse serrure sur le côté.


                  C’était ici, ici qu’elle avait habité dans sa vie d’avant. Que pouvait-il bien se cacher derrière cette porte ? Découvrirait-elle des éléments qui lui révéleront son passé oublié ou bien au contraire ne trouvera-t-elle que des objets qui renforceront le mystère ?


                  Les mains tremblantes, elle dut s’y reprendre à plusieurs fois pour entrer la clé dans le trou de serrure ; Espérance tourna la clef, une fois puis deux fois et il y eut un petit “clic”. Elle poussa alors la porte qui s’ouvrit vers l’intérieur, à l’intérieur, il faisait sombre, très sombre même ; elle trouva rapidement l’interrupteur, mais la lumière ne s’allumait plus ; logique après près de deux ans d’absence l’ampoule devait être endommagée. Une étonnante couche de poussière s’était accumulée sur le sol et les objets, rendant l’air difficilement respirable ; de toute évidence, il fallait d’urgence passer un coup de balai.
                  Espérance fit rapidement le tour des lieux, l’appartement n’était pas très vaste ou luxueux mais correct et largement suffisant pour une personne seule. Il y avait une petite cuisine, une salle de bains, une chambre et un petit salon-salle à manger. Instinctivement, Espérance se dirigea vers sa chambre, seul lieu où elle avait connu un peu d’intimités durant ces derniers mois à l’hôpital ; si elle devait trouver quelque chose s’était ici.


                  Elle observa un moment la petite pièce avant d’ouvrir l’armoire, des petites piles s’y trouvaient, mais il ne devait pas y avoir que cela, ce serait trop simple. Animée alors par un étrange pressentiment, comme si son inconscient se souvenait où elle avait caché certaines choses, elle poussa sur le fond de l’armoire qui s’ouvrit alors ; un double-fond évidemment, mais c’est ce qui se trouvait à l’intérieur qui s’avérait être le plus intéressant. Elle en ressortit deux objets pour le moins éclairants, le premier était un fusil blaster basique mais mortellement efficace, l’autre un long fusil sniper de type Keester . Elle prit les objets en main, les manipulant avec habileté et elle ressentit alors comme une forme de soulagement comme si ces objets faisaient partie d’elle et qu’elle se sentait bien avec eux. Des bribes de souvenirs ressurgirent alors, des sortes de flash très rapide où elle se voyait s’entraîner sur des cibles avec des formateurs inconnus dans des lieux qu’elle ne reconnaissait pas ou alors elle se voyait abattre des ennemis probables dont elle ne souvenait plus. Elle sourit, oh oui, elle fit un large sourire : si elle s’en doutait jusqu’ici, elle avait maintenant la confirmation : elle était une vraie guerrière dans l’âme et ça lui plaisait.


                  Après avoir soigneusement rangé les deux armes, Espérance sortit de la chambre pour explorer les autres pièces. Dans le salon, les recherches s’avérèrent fructueuses également, elle trouva dans un tiroir un extrait à moitié déchiré de ce qui ressemblait à un ordre mission visant à abattre un certain dignitaire impérial dans un lieu proche, sur le papier, il n’y avait aucun détail pas même le nom du commanditaire, mais elle comprit qu’elle avait jadis combattu contre l’Empire. Elle avait donc été une sorte de rebelle, une révoltée, cela lui plaisait encore plus, l’indépendance coulait donc dans ses veines.  
                  Elle fit également la découverte dans un coin de la pièce d’une curieuse petite machine ; un droïde astromécano complètement déchargé et immatriculé R3-D3. Elle l’examina sommairement.


                  -Ah toi aussi, tu es oublié de la société hein… Lui fit-elle. Viens, on va te brancher.


                  Pas mécontente de découvrir qu’elle était aussi propriétaire d’un droïde, elle le brancha au plus vite pour le charger quand, la sonnette retentit. Espérance, méfiante se saisit de son blaster, prête à se défendre chèrement puis elle ouvrit d’un coup sec la porte, sur le seuil se tenait celui qu’elle aurait aimé voir, mais qu’elle ne s’attendait pas à voir : Yash .


                  C’était bien le manchot, sorti miraculeusement de l’hôpital qui lui faisait face  accompagné d’un deuxième homme qui semblait être son ami.
                  D’abord plutôt surprise, Yash prit la parole, lui demandant de baisser son ”joujou” ce qu’elle s’empressa de faire. Puis il lui transmit un petit papier avec une adresse inscrite, décidément, c’était la journée des adresses pour Espérance. Il lui conseilla de rejoindre la planète Dantooine, un nom qui ne disait rien à la jeune fille, pour y suivre une carrière de chasseuse de primes. Le vieil homme, qui s’apparentait plus à un ange providentiel aux yeux de la jeune évadée, la laissa alors sans adieux larmoyants ou autres futilités, car elle ne devait plus regarder derrière elle, mais plutôt foncer vers l’avant.


                  Chasseuse de primes ? La perspective était pour le moins alléchante ? La promesse d’un enrichissement conséquent pour pouvoir survivre, la promesse d’action aussi, car  après tout n’était-elle pas une combattante née et aussi pourquoi pas l’espoir d’acquérir un peu de notoriété dans certains milieux de la galaxie. Yash lui avait toujours prodigué de bons conseils, il ne pouvait pas se tromper  : elle était prête à s’engager sur cette voie ; prête à prendre une revanche sur le monde, sur le monde et sur sa vie perdue….


                  Elle avait trouvé quelque papiers d’identité la présentant comme Elana Orlina, elle les détruisit sans hésitation. Une nouvelle vie commençait, Elana était morte, Espérance était née et elle comptait bien le faire savoir au plus grand nombre.

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