Au service secret de Sa Majesté (2)
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Post n°5
Auteur : Rick O'lonell- Malory Bond -L’ancien militaire parla tellement lentement qu’il sembla décliner une à une les lettre de son nom et de son prénom. Mais une aide du ciel se produisit subitement. Alors qu’il n’avait même pas eu le temps de dire la troisième syllabe de son nom, une voix douce et mélodieuse arriva de nulle part et vint au secours du premier représentant de Naboo au Sénat. Cette voix fut bientôt accompagnée d’une représentation physique habillée en robe de soie de couleur blanche. La même qui était venue à l’encontre du jeune homme en smoking il y a une quinzaine de minutes en arrière dans la cour d’accueil du bâtiment…-Monsieur Bond, gratifiant cette réponse d’un exquis baiser sur la joue droite de celui qui -vraisemblablement- se trouvait être son compagnon, la jeune femme entoura le bras du jeune homme et donna tout un sens à sa précédente réaction verbale, excuse-moi mon ange, je viens de tomber sur Emilio Largo et sa femme, de vieux amis que j’ai rencontré sur Corellia il y a deux ans… Tenez, notre invitation, fit-elle en transmettant un passe électronique au garde qui se désintéressa de Rick pour se concentrer d’avantage sur la charmante jeune femme, vous avez failli l’oublier sur la banquette arrière de notre transport, Alfred. Faites attention à l’avenir.-Veuillez me pardonner Madame, je tâcherai de ne plus répéter l’erreur, s’excusa habilement le vieil homme en baissant la tête, montrant par la même occasion ses talents d’acteur avec cette improvisation réussie.
Se tournant furtivement vers Alfred avec un léger sourire en coin, Rick se laissa tomber dans le jeu rondement mené par sa compagne de circonstance. Ils réussirent enfin à passer le premier contrôle. Le second et dernier passage au détecteur de métaux n’était alors plus qu’un jeu d’enfants. Les deux hommes de Naboo avaient enfin réussi à s’inviter à cette soirée. Ils pouvaient se dire que le plus dure était derrière eux, mais aussi que leur mission commençait véritablement à ce moment.-Je commence à croire que la cigarette n’était qu’une excuse pour boire un verre en ma compagnie, mademoiselle Bond… plaisanta l’ancien militaire alors qu’il observait minutieusement la gigantesque salle de réception de la société Beemen.-Ne vous faites pas d’illusion : vous étiez seul et moi aussi, coupa la jeune femme qui gardait toujours son beau sourire, d’ailleurs, heureusement que j’étais présente pour vous, remerciez-moi de vous avoir évité des ennuis… Monsieur ?-Appelez-moi Rick, Rick tout court, répondit l’homme au smoking, qui croisait pour la première fois depuis plusieurs minutes le très beau regard de la jeune demoiselle.-Alors appelez-moi Malory, tout simplement Malory… rajouta-t-elle, fixant de ses yeux sombres mais tellement captivants le portrait du Sénateur de Naboo qui ne semblait pas –pour l’instant- démasqué.
Derrière eux, le vieil Alfred Kincade semblait presque mis à l’écart mais il était suffisamment sage pour ne pas tomber dans la jalousie pure. A l’inverse, cette situation était presque à le ravir, puisque son protégé sortait –une fois n’est pas coutume- du train-train habituel de politicien dans lequel il était plongé 24 heures sur 24. Il était vrai –demandez aux Naboos- qu’on avait jamais observé une seule fois le Sénateur O’lonell en charmante compagnie, le politicien étant toujours apparu célibataire aux yeux du monde de la Bordure Médiane et de la Galaxie. Et si ça pouvait lui redonner confiance, si ça pouvait faire en sorte de lui supprimer tous ses maux intérieurs… alors tant mieux, pensait Alfred. Rick O’lonell devait à tout prix reprendre confiance en sa personne. Retrouver le sourire, pour faire plus court. Retrouver le sourire et la joie de vivre comme un citoyen lambda. Comme Monsieur tout le monde.
La salle de réception de Beemen Industries accueillait désormais l’ensemble des personnes venues assister à la présentation du nouveau produit phare de l’entreprise. Il y avait là des membres de cette dernière, mais aussi des membres de la haute bourgeoisie du Noyau, quelques diplomates de mondes développés et bien-sûr plusieurs grandes personnalités du monde financier galactique. Que du beau monde. Au vu de sa notoriété publique qui -si elle n’était pas aussi populaire que de nombreux camarades du Sénat- était à un bon niveau, Rick se demandait comment on ne l’avait toujours pas reconnu. A moins qu’il ne se fasse une mauvaise opinion de sa propre célébrité à l’échelle galactique, il ne pouvait expliquer le fait que personne autour de lui ne se rende compte qu’un Sénateur était présent à cette soirée de gala. Peut-être était-ce parce qu’un Sénateur, au milieu de toutes ces personnes, n’était rien comparé à l’influence et au pouvoir de nombreux aristocrates et autres individus du monde financier. Peut-être était-ce parce qu’il était moins glorieux de saluer le simple Sénateur de Naboo aux racines paysannes plutôt que le grand directeur d’une multinationale. A chacun sa conception personnelle des choses. Quoi qu’il en soit, au vue de sa mission secrète, l’indifférence des gens quant à sa notoriété publique rendait son objectif bien plus simple à réaliser. Au final, il était bien inutile de s’inquiéter de cette absence d’attention à son égard. Et puis Rick n’avait jamais aimé ces lèches-bottes qui profitaient de la moindre occasion pour se mettre en valeur. Il était bien, dans son monde à lui, et il comptait y rester.-Veuillez excuser ma curiosité mais… que représentez-vous au milieu de ces enfants de bonne famille ? Questionna soudainement la dénommée Malory en lançant un regard interrogateur à l’encontre d’O’lonell, je cherche désespérément à mettre un nom sur votre visage de gentleman mais je n’y arrive pas…-Un pauvre gizka égaré au milieu d’une meute de Kaths… déclara astucieusement Rick alors qu’il proposait une coupe de champagne à la demoiselle, cette dernière ne pouvant s’empêcher d’esquisser un nouveau sourire -bien plus naturel que ceux qu’elle avait proposé auparavant-, quant à vous, une charmante jeune femme qui vient « seule » à une soirée de gala… Quelle raison vous pousse à venir ici dans ces conditions ? Demanda à son tour le natif de Dantooine, je cherche –désespérément- à comprendre ce qui vous a poussé à me donner un coup de main à la sécurité...-Je dirai que… lorsque l’on n’est pas accompagné, on a tendance à se faire trop facilement approcher par les prédateurs Katarns… Répondit habilement la jeune femme qui bût alors une gorgée de champagne, le regard toujours plongé dans celui de son compagnon de circonstance.-Peut-être en suis-je moi-même un… Dans ce cas, ma question serait plutôt : comment pouvez-vous à ce point faire confiance en un inconnu ? Demanda de plus belle le Sénateur qui, se rappelant qu’il détestait amèrement le champagne, reposa la coupe sur une table proche de sa position.-Je ne sais pas. Peut-être est-ce parce que nous nous distinguons de ces autres invités. Peut-être est-ce parce nous nous ressemblons, culturellement parlant je veux dire… La jeune demoiselle attrapa directement le verre à pied que venait de déposer son homologue masculin, montrant avec ce geste son attirance pour les bons alcools à 2.000 crédits la bouteille, Je ne peux pas l’expliquer mais vous ne semblez pas à votre place ici. Vous auriez pu trouver une excuse plus originale que la perte de votre invitation dans votre taxi. Ce n’est pas très classe comme motif.-J’espère qu’à l’avenir vous prendrez un peu de votre temps pour m’enseigner certaines de vos astuces. Vous m’avez l’air d’être une professionnelle en la matière, rétorqua l’ancien militaire Républicain, démontrant ses qualités de rhétoricien.
Rick regarda par-dessus son épaule droite, juste le temps de remarquer qu’il avait perdu toute trace d’Alfred. Le voilà seul, désormais. Observant les aiguilles de sa montre, il pensa que le moment était venu pour débuter les recherches pour lesquelles il avait traversé la moitié de la galaxie. Mais Malory Bond, la jeune femme qui se trouvait en sa compagnie -et qui l’avait aidé à passer la sécurité à l’entrée de Beemen Industries- s’avéra à ce moment-là un problème de taille : comment pouvait-il s’absenter sans qu’elle ne s’intéresse d’avantage à lui ? Elle semblait lire dans les yeux d’O’lonell comme un Jedi était capable de lire dans les pensées d’un autre. L’attitude d’O’lonell, qui ne s’intéressait à aucun invité -mis à part elle- et l’attitude de ces invités, qui ne s’intéressaient pas à O’lonell, le trahissaient. Sa présence dans cette soirée de gala aurait été plausible s’il était en train de discuter finances ou bien s’il était en train de discuter de la dernière partie de golf qu’il avait mené sur Corellia ce mois-ci en éminente compagnie. Mais il restait discret, à l’écart, et se contentait d’analyser chaque personne présente dans la salle.
Une de ces personnes retenait visiblement plus son attention que tout autre. Pour la jeune femme, il ne s’agissait que d’un invité parmi d’autres. Mais pour Rick, il s’agissait de Zain Venan, son désormais célèbre adversaire politique pour les prochaines élections de Naboo. Et celui-ci s’approchait curieusement de lui… -
Post n°6
Auteur : Rick O'lonell- Zain Venan -
[Membre du Parti Galactique Impérial - Candidat aux élections de Naboo]
Rick regarda tout autour de lui, comme pour trouver une éventuelle échappatoire à cette rencontre qui lui était toute promise. Il devait cependant se mettre à l’évidence : il ne pourrait pas échapper à son rival Zain Venan qui –les yeux braqués sur le Sénateur de Naboo- n’était plus qu’à quelques mètres de sa personne. Tant pis. Il allait devoir affronter verbalement le membre du Parti Impérial Galactique tout en adoptant le sourire de politicien qu’il détestait tant. Celui qui était utilisé pour transformer des propos sincères et francs en des paroles ironiques et amicales. Sauf qu’elles ne l’étaient pas. Mais lorsqu’on apparaissait en public et que les élections étaient prévues dans un futur proche, alors il fallait absolument éviter le faux pas qui coûterait cher. Très cher.
La rencontre entre les deux principaux candidats des prochaines élections de Naboo se produisit enfin. Aucune main serrée mais un simple salut amical de la tête de la part du membre du PIG. Rick lui répondit à contrecœur, dégoûté de devoir saluer une personne aussi vénale que Venan mais se résignant à adopter une belle image de sa personne. Son rival était accompagné de son principal conseiller, celui avec lequel il apparaissait toujours en public : Mass Taa, un Chagrien aussi grand qu’un Wookie et à la nature trompeuse. S’il apparaissait aux yeux de tous comme une personne éloquente et digne de confiance, Rick le percevait d’avantage comme un individu malhonnête et dangereusement influent. Un journaliste de Coruscant affecté dans la Bordure Médiane avait d’ailleurs enquêté sur le passé mystérieux du natif de Champala dans le cadre de ses articles sur les élections Naboos. Proche du Sénateur O’lonell avec qui il entretenait de très bonnes relations professionnelles depuis des années, il était venu l’interviewer il y a plusieurs semaines en arrière et lui avait confié avoir découvert des choses pas très nettes sur le principal conseiller de Venan. Il déclara à l’ancien militaire vouloir se rendre sur Champala pour continuer son enquête puis quitta Naboo dans la hâte, sûr d’être sur la piste d’un gros coup. Cela faisait trois mois aujourd’hui que Rick n’avait plus de nouvelles de lui.
Si seulement son ami journaliste était parti enquêter sur le passé de Venan, Rick aurait pu se servir de cette histoire pour remettre en cause son adversaire dans la disparition de cet homme. Heureusement le natif de Dantooine ne manquait pas d’arguments en vue de la future et proche discussion qu’il allait avoir avec son concurrent. Car les deux hommes n’allaient pas parler du beau temps ou du dernier tournoi intergalactique de Pazaac. Ils ne s’appréciaient guère et nombreuses furent les confrontations sous haute tension lors de leurs rares rencontres en public sur Naboo. Heureusement que les débats télévisés entre politiques n’existaient pas sur la planète de la Bordure Médiane.
- Quelle surprise ! Mesdames et messieurs, quelle chance nous avons d’avoir le Sénateur Rick O’lonell à nos côtés ! S’exclama Zain Venan à haute voix; une manière comme une autre d’attirer les regards et la curiosité des autres sur sa personne, une façon comme une autre d’entraîner O’lonell sur un terrain miné, vous vous intéressez aux implants crâniens ou alors vous manquez de soutien politique pour votre campagne ? Si c’est le deuxième cas, je suis désolé de vous l’apprendre mais ça ne va pas être possible, je le crains, continua le pro-Impérial dans un éclat de rire qui se propagea à plusieurs personnes assistant à la scène.
Rick O’lonell fit mine d’accepter la boutade avec joie mais personne –si ce n’est Alfred- ne pouvait deviner son envie soudaine de refaire le portrait de son –cher collègue- Venan tel un peintre en manque d’inspiration. Ce genre de spasme était bien heureusement révolu et appartenait au passé, celui où Rick O’lonell n’était pas appelé Rick O’lonell. Calme et posé, le natif de Dantooine avait appris à répondre à ce genre d’attaques amicales. Il fallait juste rentrer dans le jeu de son adversaire et faire en sorte de le « chatouiller avec plus de méchanceté ». Il fallait juste faire attention de ne pas déraper et de ne pas engager une joute verbale trop agressive.-Oh… mais quand pensiez-vous nous présenter cette ravissante demoiselle, Sénateur O’lonell ? dit-il en se tournant vers la jeune femme et en incitant les personnes proches de lui à faire de même, Je pensais que votre célibat vous permettez un dévouement total pour notre chère Naboo, faisant mine d’avoir une révélation, Venan s’approcha de Rick et posa une de ses mains sur son épaule gauche ; celle qui le faisait souffrir… à moins que vous ne vous soyez dit qu’apparaître en charmante compagnie à l’approche des élections ne vous permette de glaner quelques points dans les sondages … Mais oui, je comprends mieux ! Ahah ! Vous avez très bien choisi Rick, vous avez très bien choisi !
La –discussion- entre les deux politiciens était désormais au centre des préoccupations. Rick se retourna brièvement et aperçut qu’une grande partie des invités à la soirée de gala avait arrêté ses discussions diverses pour se tourner vers le cœur des attentions actuelles. Zain Venan avait le don de passionner la foule lorsqu’il était question de s’en prendre à quelqu’un en particulier et –c’était le cas de le dire- il le faisait extrêmement bien. La manière était néanmoins vile. Quelle réaction devait-on avoir lorsque vous étiez choisi comme bête de scène ? Si seulement O’lonell avait le don de figer le temps pour retourner la situation à son avantage… Mais une autre solution était envisageable. Celle de la rhétorique. S’il s’était obligé à rester courtois et respectueux envers son adversaire, la limite pouvait être exceptionnellement franchie. La dignité du Sénateur de Naboo était en jeu.-C’est étrange d’entendre ces mots de la bouche d’un homme qui a dénoncé une honnête doctoresse d’Alderaan -dont le crime a été de soigner un Chevalier Jedi- aux autorités Impériales. Mais ma mémoire est défaillante, mon cher Venan… Le visage du rival d’O’lonell s’obscurcit soudainement ; Rick choisit ce moment opportun pour s’arrêter et appuyer sa voix, ce médecin-là, il s’agissait bien de votre femme, non ? Celle avec qui vous avez été marié de très longues années ? Ah, ça me revient, en effet. A votre place, Zain, j'aurais la retenue de ne pas parler de choix politique stratégique à mon principal adversaire.
Le sourire de Rick réapparut à moitié alors que celui de Zain Venan disparaissait définitivement. On n’entendait plus aucun rire dans la salle qui venait d’accueillir un silence perturbant. Après quelques secondes où la haine était bien visible dans les traits de son visage, Venan gloussa de plus belle et fit une tape –amicale- sur l’épaule douloureuse de son concurrent politique.-Ahahah ! Nous avons extrêmement de chance sur Naboo de vous avoir, Sénateur O’lonell ! Je ne dirais jamais assez à quel point je suis honoré de me présenter aux élections contre vous ! Accompagnant ses propos ironiques d’une énième bourrade à l’encontre de Rick –coups qui avait pour effet de faire monter en flèche la tension d’O’lonell- Venan continua sur un ton beaucoup plus professionnel, il faut savoir rester professionnel en toute circonstance. Il faut montrer l’exemple au peuple que l’on représente. Cette femme qui portait mon nom a malheureusement prouvé qu’elle n’était pas digne de porter le statut de citoyenne Impériale. C’est le devoir de tout citoyen Impérial de dénoncer un individu qui, en soignant un terroriste, participe aux crimes monstrueux dont il est l’auteur, vous ne pensez pas ? La sécurité de la nation est primordiale et passe avant tout autre chose. J’ai fait passer le peuple avant le cadre privé et tout citoyen Impérial qui se respecte doit faire de même, conclut le membre du Parti Impérial Galactique en essayant de rallier le plus d’invités dans son camp.
Bien plus que la trahison de sa propre femme, ce qui dégoutait au plus profond de lui-même Rick dans cette histoire était le crime pour lequel elle avait été arrêté : elle avait soigné un individu qui nécessitait des soins ! Quel médecin intègre ne prendrait pas en charge un individu dans le besoin ?-C’est dans la nature même d’un docteur de soigner l’être blessé. Le laisser dans cet état de souffrance reviendrait à trahir tous ses engagements humanitaires les plus chers. Votre femme ne faisait que son travail, déclara brièvement le Sénateur de Naboo qui n’avait –à vrai dire- pas réellement envie de débattre plus longtemps sur la question, d'autant plus qu'il était question là du statut du Jedi au sein de l'Empire.-Le soigner pour qu’il tue encore ? Il s’agissait d’un terroriste Jedi, Sénateur. Sa place était à l’échafaud et c’était là que mon ex -et chère- femme aurait dû immédiatement l’envoyer. Elle m’a trahi tout comme elle a trahi l’Empire et ses citoyens, répondit avec fermeté le rival d’O’lonell, dommage que l’Holonet n’ait pas été invité à cette soirée pour qu’elle retransmettre vos propos à l’ensemble de la galaxie. Votre point de vue est minoritaire et aurait fait débat au sein des mondes Impériaux et de Naboo… J’espère que les résultats des urnes vous feront ouvrir les yeux Sénateur, conclut Venan qui adopta un sourire narquois en signe d’irrespect.
Rick aurait voulu répondre mais il fut curieusement coupé dans son élan par le porte-parole de Beemen Industries qui avait pris place sur l’estrade de la salle de réception et qui semblait vouloir débuter la présentation du nouveau produit de l’entreprise. Zain Venan avait eu le dernier mot et il s’en alla vaquer à ses occupations le sourire jusqu’aux oreilles, fier d’avoir dominé un Sénateur devant les membres de la haute société. La mâchoire serrée et le regard froid, O’lonell attrapa une coupe de champagne sur la table adjacente et avala son contenu d’un trait, comme pour faire passer la rage temporaire qui s’était installée en lui. Il allait avoir du mal à avaler l’attitude de son concurrent et les regards rabaissant des différents invités qui semblaient partager l’opinion de Venan. Quelle triste société moderne dans laquelle il vivait… Oubliant la déconvenue passée et se concentrant sur les mots du porte-parole de la société Beemen qui discourait, Rick en vint à oublier sa compagne de soirée. Tournant la tête dans tous les sens en espérant apercevoir une beauté solitaire au milieu de tous ces loups aux esprits ingrats, l’ancien militaire ne retrouva pas la jeune femme qui lui avait permis de passer la barrière de sécurité. Rick se rabattit sur son majordome Alfred mais celui-ci était aussi introuvable. Le gentleman était décidément bien seul ce soir…
Dans sa solitude, le Sénateur de Naboo décida alors d’avancer dans sa mission personnelle. Alors que tous les regards étaient braqués sur la scène où un diaporama holographique grandeur nature venait d’être projeté pour la présentation du nouveau produit de Beemen Industries, Rick s’éclipsa discrètement de la salle de réception et s’infiltra dans un couloir voisin. Il était désormais en pleine action, là où il était le plus confiant et le mieux accueilli… -
Post n°7
Auteur : Rick O'lonellLa respiration haletante et les battements incessants de son cœur qui semblait être sur le point d’exploser étaient les seuls bruits sourds que le Sénateur de Naboo pouvait percevoir. Il était désormais seul, dans un bâtiment qu’il ne connaissait guère. Il prenait chaque couloir avec la peur au ventre, celle de faire face à un homme de la sécurité qui le reconnaîtrait dans l’immédiat, lui, le dirigeant d’une des planètes majeures de la Bordure Médiane. Si sa confiance avait gagné quelques points après avoir pris conscience qu’il n’était pas si connu que ça dans les locaux de Beemen Industries, la discussion publique imposée par son rival Venan avait certainement dû changer la donne. Et si le membre du Parti Impérial avait informé les représentants de la société de la présence de l’ancien militaire ? Et si l’information était parvenue aux quatre coins du building de la Cité Impériale ? La discrétion tant voulue par O’lonell à son arrivée venait peut-être de devenir poussière. Mais ça ne changeait pas son objectif : retrouver à tout prix les deux hommes de la Royale Delta Force qui avaient été détectés ici.
Au fur et à mesure de son avancée, Rick emmagasinait de la confiance et de la sérénité. Il constata avec joie que les locaux de Beemen n’étaient pas étroitement surveillés –il ne rencontra que deux caméras de surveillance dans un couloir menant à un ascenseur-. Profitant de la lumière artificielle créée au dehors par l’activité de la Cité Impériale, le Sénateur avançait prudemment mais surement dans le niveau inférieur de la salle de réception qu’il avait quitté il y a plusieurs minutes désormais. Néanmoins les premières difficultés espérées durant le voyage jusqu’à Coruscant apparurent : par où commencer lorsqu’on ne savait rien sur le lieu de notre mission ? L’ancien soldat de la République avait beau avancer sans se faire repérer, il prenait un chemin qui ne se terminerait jamais. Il y avait là des bureaux, des salles de conférence et de réunion, une salle de presse… Mais rien ni quoi que ce soit qui pouvait lui donner des informations utiles. Si cet ascenseur –qui était curieusement le seul passage surveillé du niveau- l’intriguait, il n’avait aucun moyen de l’emprunter sans se faire repérer et alerter l’ensemble des services de sécurité de Beemen Industries : il n’y avait pas un seul angle mort, les caméras étant disposées de façon à empêcher tout étranger d’emprunter l’ascenseur sans autorisation. L’espion qui venait de Naboo commença alors à perdre espoir, celui de revoir un jour ces deux hommes qu’il avait lui-même mené à la mort. Après tout, ce voyage sur la Capitale était plus une mission suicide que tout autre chose. Mais l’homme politique n’avait pas su voir la réalité en face au moment où il aurait dû être réaliste. S’approchant de la baie vitrée d’une salle de réunion d’où il admira la pluie battante qui fit tout juste son apparition, un bruit dans la pièce voisine l’inquiéta et le mit à nouveau sur ses gardes. Se baissant en dessous de la table ronde de crainte d’être repéré, le Sénateur aperçut une ombre dans un bureau proche de sa position. Au point mort dans ses recherches, cette silhouette inconnue tombait à pic : elle pouvait permettre à Rick de le conduire quelque part. Mais alors qu’il s’approchait doucement de cette mystérieuse personne, son comlink émit un léger bruit. Léger mais assez fort pour arriver aux oreilles de l’étrange silhouette qui sembla se tourner vers le Sénateur de Naboo avant de déguerpir sans attendre. La bonne nouvelle, c’est qu’elle ne semblait pas être un garde de la sécurité. La mauvaise nouvelle, c’est que Rick ne semblait pas être la seule personne qui se baladait dans les locaux de Beemen Industries. Il devait redoubler de vigilance dans un environnement de tous les dangers.« Monsieur Rick, rendez-vous sur le toit du bâtiment dans cinq minutes. »
Alfred fut bref, mais cette communication permettait à Rick de souffler quelques secondes dans l’embarras où il se trouvait. Vérifiant que la silhouette inconnue était bel et bien partie, le Sénateur quitta la salle de conférence et entreprit de se diriger vers les escaliers de secours. Dans le silence le plus total, il hésitait entre une démarche rapide et bruyante ou une ascension lente et prudente. L’ombre qu’il avait aperçu il y a plusieurs minutes en arrière ne lui disait rien qui vaille, et il redoutait de se faire surprendre dans son dos s’il envisageait la seconde solution. Mais s’il adoptait la rapidité au détriment de la discrétion, il avait plus de chances de se faire repérer. Il choisit intelligemment une progression que l’on pouvait situer entre les deux solutions, rythmée et suffisamment agile pour ne pas produire le moindre bruit. Le natif de Dantooine grimpa finalement les quinze étages en un peu moins de dix minutes. Arrivé au sommet, il prit un petit moment pour reprendre son souffle et, appuyé sur la balustrade des escaliers, plonger son regard dans le vide. Il se retourna ensuite et traversa le dernier niveau qui était un labyrinthe de verre kaléidoscopique illuminé par le logo et le nom de la société écrit en grosses lettres au sommet de la tour. Rick emprunta une échelle qui le mena au toit et se retrouva face à un cargo qui ne lui était pas étranger : il avait fait le trajet entre Naboo et Coruscant à bord de celui-ci.- Tenez, Alfred était déjà là, un sac noir à la main qu’il tendit à Rick, prenez ce dont vous avez besoin. Armes, gadgets, outils de communication… Je vous ai concocté tout un menu d’utilitaires qui facilitera votre mission. Bien que j’espère de tout cœur que vous n’ayez pas à vous en servir, je vous conseille de vous équiper des Blasters modèles ELG-3a et S-5 ; le premier est facilement dissimulable tandis que le second dispose de plusieurs outils intéressants comme un grappin intégré. A utiliser bien évidemment en dernier recours, vous n’êtes pas ici pour engager une lutte armée… Le vieil homme attrapa une boîte noire qu’il entreprit d’ouvrir, révélant à son jeune camarade divers objets de petite taille, une oreillette pour faciliter nos échanges par comlink, un micro-laser pour l’espionnage ainsi que quelques crochets explosifs que vous avez certainement dû utiliser dans votre carrière militaire.- Comment vous êtes-vous procurés tout ça, Alfred ? Impressionné par l’organisation de son majordome, Rick ne pouvait être que ravi, il s’agit de matériel de haute gamme ! continua le jeune homme en se procurant ce dont il avait besoin.
Appréciant ce dont il prenait possession, Rick regretta l’absence d’un outil qui lui aurait permis de se débarrasser des caméras de surveillance qu’il avait rencontré lors de sa courte promenade dans les locaux de la société. Mais comme s’il lisait dans ses pensées et anticipait chacun de ses vœux, Alfred lui donna subitement une réponse.- J’oubliais : un brouilleur de caméras pour la discrétion. Je pense que vous en aurez besoin, dit-il en tendant le petit gadget à O’lonell.
Tout semblait tellement si utile que l’ancien militaire s’équipa du plus grand nombre d’outils dont il avait à sa disposition. Il avait bel et bien remarqué la difficulté de sa mission alors qu’il s’était absenté de la soirée de gala pour orchestrer ses premières recherches. Avec la seule force de ses deux bras, il n’irait pas bien loin. Ces gadgets lui permettraient de faciliter son infiltration dans les locaux du bâtiment et, ainsi, de se rapprocher de son but et de son objectif.- Vous avez toutes les cartes en mains pour réussir, Monsieur Rick. Néanmoins, à partir de maintenant, vous êtes seul. Je vais retourner auprès du reste des invités et si je reste en contact permanent avec vous, je ne pourrais pas agir s’il vous arrive un malheur. Tâchez de faire attention et d’être sur vos gardes en permanence… Bonne chance, conclut le majordome avant de retourner dans le vaisseau.
Le cargo disparut et Rick se retrouva à nouveau seul. L’oreillette à l’oreille gauche, les différents gadgets dissimulés dans sa veste de soie, le blaster ELG-3a camouflé à sa ceinture et le S-5 laissé dans le sac noir qu’il allait devoir planquer quelque part jusqu’à ce qu’il soit dans la nécessité de l’utiliser, l’ancien soldat républicain redescendit l’échelle et s’empressa de traverser dans le sens inverse l’impressionnant labyrinthe de verre kaléidoscopique. Son nouvel équipement l’avait -semblait-il- rassuré. Posséder une arme sur soi donnait logiquement de l’assurance. Peut-être en donnait-elle même trop ? L’oreille du Sénateur de Naboo capta soudainement un mouvement anormal sur sa gauche. Ce réflexe sauva certainement la peau du gentleman qui évita de justesse le poing tendu d’une silhouette obscure qui l’avait rejoint dans sa solitude. Rick n’était plus seul. En fait, il se pouvait qu’il n’avait jamais été seul depuis qu’il avait quitté la salle de réception de Beemen Industries. Aux prises avec un inconnu, le natif de Dantooine lâcha le sac d’équipement sur le sol et affronta son vis-à-vis sans attendre. Il ne fallait pas plus de lumière dans cette salle sombre pour comprendre qu’il n’avait pas l’air de vouloir discuter. Si Rick se faisait surprendre et surpasser par son adversaire, s’en était fini de sa mission de sauvetage. Un surplus de motivation qui l’obligea à employer les grands moyens, n’hésitant pas à porter des coups aux zones stratégiques du corps humain. Il y avait cependant mieux à porter qu’un smoking pour se battre. Tant pis, il devrait faire avec. -
Post n°8
Auteur : Rick O'lonellLa scène semblait provenir d’un film action à gros budget. S’envoyant des coups si forts et si intelligents que l’on pouvait se demander comment l’un n’avait toujours pas pris le dessus sur l’autre, les deux individus étaient sans conteste à niveau égal. S’il aurait préféré ne pas avoir à combattre durant cette soirée, Rick se prouvait à lui-même qu’il n’était pas si fini que ça. Coups de coude dans le nez, coups de pieds dans les rotules… L’ancien militaire avait encore le sens du combat et respirait toujours l’art des affrontements à mains nus et au corps à corps, même après des années sans entraînements. Si seulement son adversaire ne possédait pas les mêmes qualités, il en aurait déjà fini avec lui et serait passé à autre chose. Mais quel que soit la réalité qui était mise en cause (son âge ou les compétences de son vis-à-vis) aucun n’arrivait à faire la différence et à surpasser l’autre. La fatigue commença donc logiquement à se faire ressentir au vu de l’intensité du combat. Rick décida alors de tenter le tout pour le tout et de changer dangereusement de tactique : baissant sa garde et sa défense, le natif de Dantooine porta des coups directs et puissants. Il prit le risque de se faire contrer et déstabiliser et c’est ce qui arriva. Un coup de pied l’envoya au sol et il manqua de frapper de plein fouet la baie vitrée qui donnait sur le vide. Mais s’il ne toucha pas le mur en verre, ce fut son adversaire qui le fit après avoir été victime de la supériorité qu’il venait de gagner en envoyant Rick au sol. Le Sénateur de Naboo déstabilisa à son tour l’individu qui s’en était pris à lui et, d’un coup violent du pied droit, l’envoya s’écraser contre la vitre. Celle-ci explosa et le souffle du vent vint décoiffer le gentleman qui crut pouvoir respirer quelques secondes. Juste quelques secondes. Car dans sa chute, son adversaire avait eu le temps d’attraper son pied et de l’entraîner avec lui dans le vide. La situation devenait bien plus préoccupante que Rick ne l’aurait imaginé au départ : le voilà à deux doigts de la mort. C’était sans compter sur le facteur chance qui l’accompagnait, au même titre que le sac noir d’Alfred qui se retrouva dans les bras de Rick lorsque celui-ci débuta sa chute libre. Ouvrant le sac aussi vite qu’il le put, l’ancien militaire attrapa le blaster Naboo S-5 et activa aussitôt le grappin qui s’accrocha rapidement au niveau d’où les deux hommes venaient de tomber. Si seulement son adversaire possédait un grappin sur soi au moment de faire cette chute vertigineuse. Celui-ci alla s’écraser silencieusement une dizaine de niveaux plus bas dans ce qui semblait être un jardin d’intérieur. Heureusement que ce jardin baignait en partie dans le noir et était inoccupé…
Dans un premier temps, le sort de son vis-à-vis ne le préoccupa guère. Rick se remettait de ses émotions et respirait de grandes bouffées d’air, conscient qu’il était à deux doigts de la catastrophe. Plus que la mort, la découverte du cadavre d’un Sénateur dans un endroit où il n’aurait pas dû être aurait été très un sérieux problème qu’il n’aurait pas réussi à surmonter, même dans l’au-delà. Il était vivant et il pouvait s’estimer heureux d’avoir gardé d’impressionnants réflexes. Mais un souci de taille apparaissait maintenant : et si le cadavre qui avait subi une chute de dix étages était découvert par quelqu’un ? Cette pensée dérangeante remit sur pieds le Sénateur qui attrapa le S-5 et le sac d’équipement avant de se précipiter vers l’escalier de secours. Sautant les marches cinq par cinq et manquant à plusieurs reprises de se fracturer une jambe, Rick arriva au niveau souhaité et se rua au milieu du jardin d’intérieur qui, du quinzième étage, avait semblé bien plus petit. Le corps de son adversaire avait eu la chance de tomber dans une source d’eau profonde, ce qui avait évité toute trace de sang bien trop compliquée à nettoyer et à effacer sur le sol. Néanmoins, le visage avait semblait-il cogné quelque chose à la vue du traumatisme bien visible : son nez était en quatre morceaux et sa mâchoire était entièrement rentrée à l’intérieur du crane… Inutile de rentrer dans les détails. Il fallait désormais réagir quant au cadavre : que fallait-il en faire ? Le laisser pourrir ici ou ne plus laisser aucune trace de son existence ? L’embarras était bien plus grand que Rick ne l’aurait imaginé : le voilà qu’il se trouvait dans la posture d'un meurtrier. La légitime défense, pourrait-il plaider face à l’accusation que représentait sa conscience. Mais il avait tué un homme. Mettant de côté sa peur grandissante, le jeune homme analysa l’individu avec lequel il avait combattu et remarqua qu’il ne s’agissait ni plus ni moins d’un garde de sécurité. Il mit les mains dans ses poches et retira un précieux sésame : un passe de sécurité qui semblait pouvoir lui permettre d’accéder à des niveaux qu’il ne devrait pas approcher. Remettant le corps dans l’eau et se rassurant en se disant qu’il ne serait pas visible tant que le jour ne serait pas levé, Rick allait se retourner et quitter les lieux lorsqu’il entendit une voix provenant du cadavre. Il eut peur que celui-ci reprenne vie mais il s’agissait ni plus ni moins de son comlink qui captait une communication. Attrapant l’oreillette du garde de sécurité qu’il avait tué, Rick écouta la voix qui s’en échappait et constata qu’un camarade de son récent adversaire essayait de le contacter.« Curt ? Curt ? Confirme-nous qu’il n’y a rien à signaler. »« RAS, c’est seulement deux invités… qui ont voulu être un moment seuls. » s’empressa de répondre Rick, serein.« Très bien. Dis-leur de ne pas s’éloigner de la salle de réception et surveille-les jusqu’à ce qu’ils y retournent. Taner, terminé. »
La communication s’interrompit et Rick s’estima heureux d’avoir un accès direct aux communications de la sécurité. Avec cet outil, il serait au courant de chaque agissement des gardes de Beemen ainsi que de chacun de leurs doutes et de chacune de leurs préoccupations. Un mal pour un bien, au final. Laissant le cadavre à sa décomposition naturelle, Rick décida d’abandonner le sac d’équipement près du corps et retourna vaquer à ses occupations, armé de ses nouveaux gadgets. Il n’allait cependant pas pouvoir s’en servir de sitôt. Au détour d’un couloir où sa présence ne devait certainement pas être tolérée, le politicien se retrouva coincé par deux gardes de la sécurité qui comprirent qu’il y avait là un élément inconnu et étranger. Tournant incessamment la tête de tous les côtés en espérant trouver une issue de secours, il finit par tomber dans un cul de sac. Un final loin d’être de beauté... La lumière des lampes-torches des gardes s’approchait dangereusement et Rick finit par s’avouer vaincu. Il faisait désormais face à la lumière, prêt à inventer une excuse de cour d’école pour se sortir des beaux draps dans lesquels il s’était fourré. Ce qu’il n’avait pas prit en compte, c’était l’état de son smoking et notamment les traces de sang que l’on pouvait facilement déceler sur ses manches. Cela ne faisait plus aucun doute : il était fini. C’était sans compter sur une douce et délicate mate qui agrippa le bras gauche d’O’lonell et qui l’attira contre une porte adjacente.-Ayez l’air naturel. Sénateur O’lonell... Dit-elle en chuchotant.
Rick sentit les lèvres délicates de son sauveur de poser sur les siennes. Il ne s’agissait ni plus ni moins de la charmante Malory, qui s’était retrouvée on ne sait comment ici, par le plus grand des hasards. Quoi qu’il en soit, voilà qu’elle sauvait une seconde fois le Sénateur O’lonell d’une situation embarrassante. L’échange exquis dura près d’une minute, le temps que les deux gardes s’aperçoivent qu’il n’y avait aucun danger. La lampe torche braquée sur le couple d’un soir, ils se dévisagèrent et partagèrent un regard gêné, conscients qu’ils n’avaient pas été invités. Ils s’empressèrent de leur tourner le dos et de rebrousser chemin.« Curt, tes deux tourtereaux se sont rapprochés des appartements privés de nos invités. Garde un œil sur eux, je dois retourner surveiller le VIP 1.
Taner, terminé. »-Message reçu cinq sur cinq, répondit Rick -d'avantage pour Malory que pour le dénommé Taner- avant de reprendre sa passionnante occupation... -
Post n°9
Auteur : Rick O'lonellIls restèrent plusieurs minutes ici, dans le noir, à profiter de ce rare moment de tranquillité, jusqu’à ce que la jeune femme s’interrompe, ouvre la porte contre laquelle ils étaient blottis et s’infiltre à l’intérieur tout en invitant son compagnon d’un soir à la rejoindre. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une chambre studieuse. Tout en appréciant le confort et la beauté de la pièce, Rick se remettait de ce qu’il venait de vivre et priait au plus profond de soi-même pour que ce moment de repos ne soit pas gâché par un cadavre qui gisait quelques couloirs plus loin.-Vous avez le don de vous trouver là où vous ne devriez pas être. Heureusement que le mien me permet d’être là où vous vous trouvez et de vous sortir des situations embarrassantes dans lesquelles vous vous retrouvez à chaque fois, déclara la charmante jeune femme qui était en train d’enlever ses chaussures, faites comme chez vous, Sénateur. Vous ne devez certainement pas disposer d’une chambre vu qu’elles sont réservées aux invités. Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de partager ses appartements avec un politicien de renom, continua-t-elle avant de disparaître dans la pièce voisine.
Rick eut un sourire gêné. Il aurait préféré que la jeune femme ne sache pas réellement qui il était, car il était désormais vu sous un autre angle par celle qui l’avait sauvé à deux reprises en une soirée. Alors qu’elle l’avait perçu comme différent lors de leur première rencontre il y a un peu plus d’une heure, elle semblait désormais le voir comme un semblable du reste des invités. Du moins c’est ce que le principal concerné pensait. Peut-être avait-elle tout simplement une dent contre les hommes politiques. Restait à savoir ce qu’ils lui avaient fait pour que son regard d’ordinaire si innocent soit devenu si sombre en l’espace de quelques instants. Elle hésitait désormais à lancer des regards charmeurs vers le gentleman, fuyant ses yeux comme si elle voulait l’empêcher de savoir ce qui se trouvait au plus profond d’elle-même.-Il y a un smoking à votre taille dans la salle de bains. Je ne veux surtout pas savoir ce qui est arrivé à celui que vous portez… Annonça sur un ton sec Malory qui, si elle ne le dit pas explicitement, parlait sans aucun doute du sang mystérieux qui recouvrait les deux poignets du Sénateur.
Abandonné dans le couloir d’entrée de la chambre, Rick dut se résoudre à se rendre dans la salle de bains. Il prit enfin le temps de se regarder et d’admirer l’état déplorable de sa tenue de soirée. Lui qui pensait que tout allait se dérouler en douceur. Le Sénateur retira sa veste ainsi que sa chemise avant de se passer la tête sous l’eau. Il se regarda alors dans le miroir, et fixa en particulier les quelques blessures récentes et plus anciennes qui étaient parfaitement visibles sur son corps. Une profonde cicatrice sur le torse qui remontait à l’époque Républicaine et à ses années militaires, une infime brulure sur les côtes qui remontait à son enfance… Si l’esprit évoluait et était en mesure de passer à autre chose et de laisser le passé derrière soi, le corps était l’unique chose qui gardait l’ensemble des traces du vécu antérieur. La cicatrice sur le torse laissait ainsi ressortir le matricule « Delta 66 » au plus grand dam de l’ancien militaire qui n’avait plus rien à voir avec cet homme. Mais son introspection l’amena à se concentrer d’avantage sur cette brûlure à priori légère dont il n’avait pas souvenir. Quand fut-elle provoquée ? A quelle période de sa vie son corps décida de l’adopter ? Et de quelle manière le fut-elle ? Le Sénateur ricana quelques instants. Si on lui avait dit qu’il passerait un court moment de sa soirée à réfléchir sur la provenance des différentes marques de son corps, qui sait quelle aurait été sa réaction !
Le smoking dont Malory lui avait parlé existait bel et bien et fut bientôt porté par le Sénateur qui était fraîchement présentable. Le jeune politicien se retourna et rejoignit la pièce principale de la luxueuse chambre où devait se trouver la jeune femme. Rick la trouva allongée sur le lit. Sa première réaction fut de faire semblant de ne pas comprendre où elle voulait en venir et de reprendre le chemin de la salle de bains pour fuir le contexte. Mais il fut rassuré de la voir dans un état non conforme à la pensée qu’il était en train de se faire d’elle : Malory n’était pas en train de lui faire des avances, elle semblait juste emplie de nostalgie. Elle paraissait triste. S’occupant des derniers boutons de sa chemise blanche qui n’étaient toujours pas fermés, Rick s’approcha doucement de la charmante demoiselle et vint se poser à côté de celle-ci. Malory avait les yeux rivés vers la grande baie vitrée de la chambre qui donnait sur la Cité Impériale de Coruscant, elle ne semblait pas vouloir détourner son regard même si une des sept merveilles galactiques se trouvait dans son dos. Ses pensées semblaient bien trop envahissantes pour lui laisser une telle possibilité.-Sénateur O’lon…-Rick, coupa le gentleman.-Rick… Avez-vous déjà eu le sentiment de ne pouvoir faire confiance à personne autour de vous ? Avez-vous déjà eu le sentiment d’être… seul ? Demanda Malory, le regard toujours tourné vers l’extérieur de la chambre.-Oui. Depuis quelques jours c’est un sentiment qui s’accentue étrangement... En réalité, je crois que je suis né avec cette méfiance. Elle m’accompagne depuis toujours. Après tout, peut-être que certaines personnes sont vouées à emprunter le chemin de la solitude durant leur vie, sans que cela ne puisse changer un jour futur… Répondit Rick avant de tourner à son tour le regard vers la majestueuse Cité Impériale dont la beauté prenait tout son sens la nuit.-Comment faites-vous pour avancer sans souffrir ? Pour faire comme si de rien n’était ? N’est-ce pas difficile d’être dans l’obligation, chaque jour, de paraître souriant, confiant ? Je le vois dans votre regard : ce miroir qui reflète une image erronée de votre personne…-Ça l’est… Mais ce que l’on cache en nous peut être une motivation, une source d’énergie. Nos maux et nos démons doivent rester en nous, ils sont une part de nous-même et on ne peut rien faire pour s’en débarrasser. C’est un combat quotidien contre nous-même, notre force et notre volonté découlent de ce combat régulier. Il faut être fort mentalement et physiquement pour le supporter… Rick s’interrompit et en vint à se retrouver dans la même situation que Malory : pensif et nostalgique, Je suis né et j’ai été élevé dans l’incompréhension, dans l’ignorance. Qui suis-je réellement ? D’où je viens ? L’on m’a découvert sur Dantooine, abandonné dans un pré alors que je n’avais que quelques mois. Mes parents adoptifs, de vieux fermiers qui m’ont élevé avec des véritables valeurs, n’avaient aucune réponse à toutes ces questions que je me posais. Il m’a fallu suivre ma propre route pour les obtenir.
Le jeune homme s’étonnait. C’était bel et bien la première fois qu’il évoquait sa vie comme il venait de le faire… Qui plus est, il décidait de le faire avec une quasi-inconnue qu’il n’avait rencontré que depuis quelques heures ! Mais une force inconnue lui disait de faire confiance à cette jeune femme. Elle lui semblait presque familière. Et elle paraissait partager les mêmes maux intérieurs que lui. Quelque chose l’obligeait presque à se confier à Malory, la seule personne qui semblait à même de comprendre ce qu’il éprouvait.-Contrairement à ce que -tu- penses –et quel que soit la raison qui -te- pousse à me repousser depuis que -tu- es au courant de ma véritable identité- je ne suis pas un politicien comme les autres. Je n’ai pas été aimé, adoré et favorisé dans mon enfance comme chaque homme politique peut se vanter de l’avoir été. Je n’ai pas reçu une éducation de qualité. Je n’ai pas été inscrit dans les plus grandes écoles du Noyau et je ne côtoie pas depuis toujours la grande bourgeoisie galactique. L’on m’a envoyé dès mon plus jeune âge dans les champs agricoles de la rurale Dantooine, délaissant l’école et les études pour le dur labeur des terres… Sans qu’il ne le remarque, Rick venait d’intéresser la jeune Malory qui avait détournée son regard de la baie vitrée pour fixer l’homme et le passionnant récit de sa vie, Je ne sais pas si l’image que je donne de moi-même aux gens est volontaire ou non. -Tu- penses certainement que je ne suis pas différent du reste des invités, au final. Mais maintenant que je t’en parle, devenir Sénateur m’a permis de me créer une sorte de bouclier. Et en ce moment, tu n’es pas en train de parler avec l’homme politique. Tu parles avec l’homme qui se cache en lui. Et cet homme ne prend que très rarement la parole. A vrai dire, c’est bien la première fois qu’il parle avec quelqu’un… déclara plein de confiance le dirigeant de Naboo alors qu’il tentait désespérément de se contrôler ; mais c’était trop tard, son véritable soi avait pris le dessus sur son masque, Tu dois certainement te moquer de ce que je dis, dit-il en souriant, à vrai dire je ne sais pas pourquoi je te dis ça à toi. Quand je te regarde, je sais juste que je peux te faire confiance. Je sais juste que tu peux me comprendre, conclut-il les yeux dans ceux de Malory.
Il était difficile de savoir depuis quand le natif de Dantooine gardait ces mots pour lui-même. Mais quel soulagement il devait éprouver après les avoir partagé avec une autre personne ! Il ressentit curieusement comme un poids en moins en son intérieur. Cette soirée était-elle une étape clé de sa vie ? Etait-elle le point de départ d’un renouveau ? Depuis qu’il était revenu de la Forge Stellaire, Rick s’était perdu. L’état dans lequel il était depuis la bataille lointaine ne pouvait pas faire partie du futur, c’était tout bonnement impossible.-Mes parents ont été tués alors que j’étais très jeune. On vivait alors sur Coyn, dans l’Espace Sauvage. Nous étions différents de par notre nature même : nous étions l’une des rares familles de colons humains qui s’étaient installés sur ce monde. Mon père était artisan et était au service des Coynites tout comme l’était son père, son grand-père, son arrière-grand père… Nous vivions parmi eux depuis des générations et, pourtant, cela n’a pas empêché les Coynites de se montrer hostile à notre égard. Car si j’ai été élevée sur ce monde, cela n’a pas empêché ma mère de m’éduquer dans la culture humaine galactique. Que serais-je devenu si j’avais grandi comme un Coynite ! Nostalgique, la jeune Malory s’était de nouveau tournée vers la baie vitrée ; Rick pouvait percevoir la tristesse dans sa voix et dans son regard, Ils ne comprenaient pas que je puisse être… différente. J’ai été rejetée durant toute mon enfance par ces monstres… Mes parents étaient là pour m’apporter du réconfort et de l’amour mais ils me les ont enlevés sans raison ! Quelques larmes perlèrent sur les joues de la jeune femme S’ils respectent un code d’honneur –code qui les a empêché de s’en prendre à mon père sans raison- ils réussirent à le piéger. Mon père dut combattre contre un redoutable guerrier, Tragal Ua’t. Il savait très bien qu’il allait mourir : il n’avait rien d’un combattant… L’on réussit à s’enfuir avec ma mère mais ils nous retrouvèrent et on fut réduit en esclavage quelques jours plus tard. Si j’ai eu la chance d’être épargnée et de m’occuper de tâches domestiques, ma mère n’a pas connu ce cas de figure. Violée… Torturée… Elle en est morte… S’il aurait pu revenir en arrière, Rick n’aurait tout simplement pas dit un mot sur sa vie : à côté de Malory, il avait eu une enfance de rêve, Je ne les ai pas laissé reproduire sur moi ce qu’ils ont fait subir à ma mère. J’ai agi. Je me suis laissé emporter par la colère. J’ai été… soulagée… Ils ont eu la preuve qu’une petite humaine de 15 ans -bien qu’aidée par des « Af'Harl », des Coynites qui n’ont pas respecté le code d’honneur ; des bannis, en quelques sortes- pouvait mettre fin à la vie de soi-disant guerriers de trois mètres de haut. Contrairement à eux, je n’avais pas de code d’honneur. Et je m’en suis porté à merveille ! Mais j’ai voulu obtenir des informations avant de passer à l’acte. J’ai voulu savoir ce qui les avait réellement poussés à nous exclure de leur société. Un servant de Tragal Ua’t, le Coynite qui nous avait réduit en esclavage, m’a révélé avant de mourir qu’ils avaient passé un accord avec des marchands étrangers désireux de s’installer dans notre cité. Ces marchands avaient un obstacle sur leur route : mon père qui, grâce à un accord passé entre l’un de ses illustres parents et l’un des vassaux du Roi, avait la garantie d’avoir la priorité absolue sur les ventes d’armes blanches et d’équipement de combat aux guerriers Coynites dans notre cité. Très à cheval sur l’honneur et l’estime qu’ils doivent porter à chacun, rompre ce contrat sans aucune raison valable aurait été mal vu par la communauté Coynite et plus particulièrement par le souverain de Coyn. Ils ont donc monté, ensemble, une manœuvre pour renverser les privilèges de mon père. Ce que tous n’ont pas su, c’est que ces marchands ont remercié Tragal Ua’t et ses fidèles servants en les équipant d’armes et de combinaisons modernes. Ces outils venant de l’étranger leur ont permis d’affronter les Coynites qui se trouvaient à la tête de notre cité, dans le respect de leur code. Ils ont ainsi pris leur place, et signé un nouvel accord avec ces marchands qui ont vu leur souhait se réaliser…
Rick découvrait à quel point une charmante jeune femme à priori sans histoire pouvait cacher une enfance douloureuse. Elle était au final pas si différente que lui : Rick cachait ses maux sous son apparence de politicien là où Malory camouflait son horrible vécu sous sa silhouette de demoiselle charmeuse et séduisante. Restait leur histoire personnelle qui ne pouvait être comparée. Une histoire que Rick, à certains moments, avait du mal à comprendre. Notamment tout ce qui touchait aux Coynites, à leur société et à leur « code d’honneur ». Ses carences en histoire des races et des espèces galactiques devaient payer un jour ou l’autre. Mais le natif de Dantooine s’était d’avantage concentré sur un point à priori secondaire du récit que venait de lui conter la jeune femme. Cette dernière évoquait des « marchands étrangers » vendeurs d’armes et d’outils de combats. Cela lui avait sauté aux yeux. Il ne put s’empêcher de partager sa probable hypothèse avec Malory.-Ces marchands dont tu as parlé… Avaient-ils un lien avec Beemen Industries ? » demanda d'une voix calme le Sénateur de Naboo.-Cela fait plus de dix ans que ça s’est produit et pourtant je me demande toujours comment une telle société peut faire passer ses intérêts économiques avant la vie d’être vivants ! Éclata Malory qui tomba instinctivement dans les bras d’O’lonell, celui-ci essayant comme il le pouvait de rassurer la jeune femme bien qu’il savait pertinemment qu’il ne pouvait rien faire de plus pour la réconforter, J’ai réussi à m’enfuir de ce monde horrible, et là où d’autres se seraient laissés aller à la facilité en entrant dans des commerces illégaux sans jamais en ressortir ; je me suis responsabilisée et j’ai survécu du haut de mes seize ans. Durant deux années je me suis débrouillée comme une adulte. J’ai parfois adopté de mauvaises habitudes et je n’en suis pas fière, mais ce que j’avais vécu me laisser penser que je devais survivre par tous les moyens. C’est lors de mes dix-neuf ans que j’ai réussi à rallier Corellia d’où j’ai engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de cette crapuleuse société. J’ai demandé de nombreux soutiens politiques. J’en suis même venu à rencontrer un Sénateur idéaliste qui travaillait depuis de longues années sur l’immoralité dont faisaient preuve de nombreuses multinationales au sein de l’Empire. Il était prêt à attaquer de plein fouet Beemen. Mais par un hasard fulgurant, à l’aube de sa campagne politique pour se faire réélire sur son monde, ce Sénateur a choisi de se délester de cette affaire sans donner de raisons, si ce n’est qu’il s’était trompé et que je devais faire de même. Un mois plus tard, j’ai appris que ce Sénateur était réélu avec une majorité écrasante. Le directeur général de Beemen Industries lui adressait au même moment ses plus sincères félicitations et ses vœux de réussite… Inutile de préciser qu’ils faisaient la une des journaux de l’Holonet dans les semaines suivantes pour la signature d’accords commerciaux, la tristesse avait laissé place au dégout dans la voix de la demoiselle, -Tu- sais désormais pourquoi je -haïs- la haute société. Politiques, aristocrates, financiers… Ils ne connaissent pas la morale, l’éthique. Les années passent et ça devient de plus en plus pire. Au dam de nous autres, pauvres citoyens de troisième zone qui devons penser à survivre avant d’espérer vivre.Le Sénateur de Naboo était resté bouche bée. Les mots de Malory étaient tellement vrais… Et en plus de décrire une triste réalité, ils avaient le don de pousser la réflexion de Rick bien plus loin qu’il ne l’avait déjà fait. Avait-il donné une seule fois l’impression, au court de ses quatre années dans la politique, de faire partie de ces êtres immoraux dont avait parlé la jeune femme ? Si oui, s’en était-il déjà rendu compte ?
Tout ce qu'il trouva à dire comme réponse fut un simple "Désolé". Simple, mais sincère... -
Post n°10
Auteur : Rick O'lonellSpoiler : FOND SONORE
La réalité l'avait durement rattrapé. En choisissant de rentrer dans le monde de la politique, Rick O'lonell avait trahi ses plus fidèles valeurs. L'honnêteté, l'humilité. La simplicité. Mais il ne s'en était jamais rendu compte. A aucun moment. Baignant dans le luxe de son monde, Naboo, et profitant à souhait des excellentes conditions de vie auxquelles il avait le droit en tant que politicien. Il comprenait aujourd'hui les mots pleins de sens que lui avaient adressé son vieil ami Panalka avant de prendre sa retraite: "Je n'ai qu'une seule chose à vous dire, Gouverneur: n'oubliez jamais d'où vous venez. Car une fois que le monde de la politique vous avale, vous ne pourrez plus jamais faire machine arrière. J'ai déjà vu des dizaines d'hommes perdre leur âme dans ce milieu et j'espère de tout cœur que vous ne ferez jamais partie d'eux...". Cet homme avait entièrement raison. Et il avait vu juste, bien des années auparavant.
Lorsqu'il était militaire, Rick ne se serait jamais comporté comme un bourgeois trop gâté, oubliant tout les maux qui pouvaient habiter la Galaxie comme il l'avait fait en tant que politicien. L'arme en mains, il avait fait bien plus pour la société qu'en plusieurs années de mandat politique sur Naboo. Et ce, même s'il n'était pas fier de tout les souvenirs qu'il gardait de son passé militaire. Après tout, c'était peut-être la raison qui l'avait poussé à vouloir tourner le dos à ce passé ainsi qu'à la morale qui l'avait accompagné toute sa vie. L'armée République lui avait appris l'altruisme et le sacrifice de soi. La politique lui avait appris le contraire. Égoïsme. Vanité. Sa trop haute estime envers sa propre personne l'avait conduit à prendre des choix inconcevables pour l'homme qu'il avait jadis été. Rick se remémora subitement toutes les mauvaises actions qui avaient accompagnées son premier mandat politique. Bien qu'il avait de maintes fois contesté les deux régimes Impériaux successifs, jamais il ne s'en était désolidarisé. Et indirectement, il avait ainsi participé à d'innombrables actions de terreur militaire et d'oppression ethnique des Impériaux. A commencer par la Purge Jedi. Avait-il tendu ne serait-ce que le moindre doigt pour sauver les Jedi et leur montrer leur soutien? Non. Non, il ne l'avait jamais fait.
Des centaines d'individus étaient morts dans l'indifférence totale alors qu'il aurait pu les sauver rien qu'en leur proposant la sécurité, l’hospitalité et la solidarité du peuple Naboo. Le Sénateur s'était caché derrière une soit-disant préférence pour la survie de son peuple, désirant ne pas mettre en danger la vie des siens en s'opposant avec virulence aux autorités Impériales. Mais au contraire, il avait trahi toutes ses plus anciennes convictions. Celles pour lesquelles il avait toujours déclaré se battre. Il ne s'en rendait compte qu'aujourd'hui !
Désespéré. C'était le mot qui caractérisait le plus O'lonell à l'instant. Les révélations de Malory sur sa jeunesse l'avaient obligé à se remettre en question. Rick savait très bien que si l'Empire avait été mêlé à son histoire et avait été à l'origine de la disparition de la famille de la jeune femme, il n'aurait jamais bougé le petit doigt pour s'y opposer. Oh si, il aurait montré son mécontentement à coup de grands discours contestataires au sein de la Rotonde comme il avait le don de le faire. Mais il aurait laissé périr une famille innocente pour assurer la survie de son peuple, de sa carrière et de son bien-être.
Assis à même le sol dans la douche, le Sénateur était en train de se remettre en question. Ne devait-il pas faire en sorte de se racheter? Ne devait-il pas montrer rien qu'à Malory qu'il était différent des autres politiques? Avant toute chose, il devait surtout commencer par se prouver à soit-même qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être. Mais le temps pressait. Il ne devait plus rester ici à se lamenter sur son sort. Il devait AGIR. Chose qu'il n'avait pas fait de très nombreuses fois en tant que Sénateur de Naboo. Se relevant avec peine, Rick ressentit momentanément la douleur à son épaule gauche. A croire que ses blessures ressortaient lorsque son moral était au plus bas. Quittant la salle de bains afin de rejoindre la pièce principale des appartements privés de Malory Bond, le gentleman remarqua l'absence de son amie. Il était seul. Comme depuis sa naissance. Abandonné de tous. La pluie battante au dehors le captiva alors durant quelques instants. La Cité Impériale était plongée dans un orage sombre et violent. Une personne qui dévisagerait le Sénateur de l'autre côté de la baie vitrée aurait pu alors se demander s'il s'agissait de gouttes d'eau sur la fenêtre ou si l'ancien militaire était en train de verser quelques larmes. Rick n'avait jamais autant souffert de l'isolement. Et il l'exprimait à l'instant même sans retenue. Il était un homme meurtri.
Beemen allait connaitre ces maux. Pour avoir participé à la souffrance d'une femme qu'il avait appris à aimer. Et pour avoir participé à l'enlèvement de deux soldats Naboos. Qu'il mette en péril sa nature de politicien ne le dérangeait plus, désormais. Sa condition d'Homme avait déjà été mis à mal. Rick n'avait plus rien à perdre. Plus rien.HRP: Pour rappel, ce RP se déroule quelques jours avant la fin de l'Empire Sith. -
Post n°11
Auteur : Rick O'lonellSpoiler : FOND SONORE
Les deux caméras de ce couloir étaient toujours là, surveillant attentivement tout mouvement dans la zone et toute personne qui souhaiterait se rendre vers l'unique issue auquel le corridor menait: un ascenseur privé qui ne pouvait être activé sans un passe spécial. Le genre de clefs électroniques que l'on réservait pour les niveaux qui ne devaient pas être atteints par des gens trop curieux. Malheureusement le Sénateur de Naboo faisait partie de ces personnes-là. Et, hasard ou non, il disposait depuis quelques heures maintenant du passe qui lui permettrait d'utiliser cet ascenseur. Il ne lui restait plus qu'à déjouer l'attention du matériel de surveillance disposé sur le chemin.
Heureusement pour l'ex-militaire, son majordome Alfred avait été extrêmement minutieux au moment de préparer cette mission. L'équipement qu'il lui avait donné faciliterait énormément sa mission. Le brouilleur de caméras qui était en sa possession lui permettrait de passer outre la sécurité du couloir qu'il voulait emprunter. Attrapant le minuscule outil qu'il avait soigneusement ranger dans l'une de ses poches, Rick l'analysa soigneusement afin de découvrir la manière dont il fonctionnait. A priori, il lui suffisait d'appuyer sur un bouton pour mettre l'engin en marche. Rick s'exécuta sans attendre. Mais c'est seulement après avoir appuyé sur le bouton qu'il regretta d'avoir été si impatient. L'outil n'était pas qu'un simple brouilleur de caméras. Il mettait temporairement hors service tout les éléments électroniques dans un rayon de portée assez faible. Assez faible, certes, mais assez puissant pour plonger le secteur dans le noir sur plusieurs dizaines de m². L'oreillette qu'il avait placé dans son oreille gauche se mit à crépiter fortement, manquant de crever un tympan à son porteur qui poussa instantanément un petit cri de douleur ! Bien heureusement pour lui personne ne semblait l'avoir entendu. Mais des hommes étaient dans le coin. Rick entendait le ton de leur voix qui prenait petit à petit de l'importance. Ils approchaient de sa position. Et sachant que l'effet du brouilleur pouvait à tout moment se dissiper, le natif de Dantooine ne prit aucun risque: il se précipita vers l'ascenseur avant d'y accéder grâce à son passe. Prenant place à bord, il désactiva son brouilleur électronique lorsque la porte fut enfin refermée. Un simple regard vers le panneau de l'ascenseur lui permit de se rendre compte qu'il n'y avait qu'un seul niveau accessible, ce dernier se trouvait bien plus bas que le rez-de-chaussée. Rick se demanda pendant une seconde si c'était le bon choix. Mais il ne pouvait plus faire machine arrière. Vérifiant si son Blaster ELG-3a était bien chargé, le Gouverneur de Naboo activa d'un mouvement rapide l'ascenseur, manquant de chuter lamentablement avant de se rattraper en s'appuyant contre l'une des parois.
La descente fut extrêmement longue. L'attente quant à elle fit étrangement souffrir l'homme politique, provoquant en lui un stress qu'il n'avait pas connu depuis très longtemps. O'lonell dut retenir son cœur à l'aide de sa main droite, s'inquiétant de voir l'organe vital se décrocher de sa poitrine et le quitter à jamais. Quelque chose n'allait pas mais le gentleman, comme à son habitude, préféra ne pas en tenir rigueur. Il devait se sentir fort et ne donner aucune importance à son état physique défaillant.
L'ascenseur s'arrêta subitement. A l'intérieur de la cabine, la petite ampoule installée au plafond vacillait depuis plusieurs minutes maintenant, à tel point que l'ex-militaire s'attendait à être plongé dans le noir à tout moment. Finalement les portes s'ouvrirent très lentement, laissant se dessiner un long couloir auquel il s'était préparé: des lumières clignotantes, des installations qui ressemblaient d'avantage à des laboratoires scientifiques plutôt qu'à des bureaux de siège social, et enfin un silence général inquiétant. Pire: l'endroit semblait désert.
Le politicien ne savait pas exactement combien de niveaux il avait parcourut avant d'arriver jusqu'ici. En tout cas, c'était un environnement bien trop suspect pour que Rick s'y infiltre en sifflotant et en gardant les mains dans les poches: alors que le trentenaire s'éloignait doucement de l'ascenseur qui l'avait amené à ce sous-sol, deux hommes en bouse blanche apparurent soudainement au bout du couloir. Ils traversèrent ce dernier avant de disparaître dans une salle adjacente. Mais leur présence en ces lieux suffit pour réveiller le cœur du politicien, un cœur dont les pulsations grimpèrent brusquement en flèche avant de redescendre tout doucement et de se calmer. La Forge Stellaire l'avait blessé au plus profond de son être, et son cœur en avait visiblement gardé des séquelles. Cependant ce n'était pas encore le lieu pour se laisser dépasser par les vieilles blessures: Rick devait les surmonter quelques heures de plus. Alors après -et seulement après- il pourrait s'écrouler de fatigue, de faiblesse ou même mourir en paix. L'essentiel était d'assurer et de remplir les conditions de la mission que lui avait confié Sa Majesté la Reine Oliwia: il repartirait avec ses deux compatriotes militaires qui n'étaient jamais revenus de "Skovati".
L'oreillette s'agita de nouveau, mais cette fois-ci elle fonctionnait à merveille: Rick crut comprendre que la panne de l'électronique survenue au niveau supérieur qu'il venait tout juste de quitter avait inquiété au plus haut point le personnel de sécurité. Ils n'avaient pas l'air d'être des amateurs, comme l'en attestait la résistance du garde qu'O'lonell avait du combattre au dernier étage du building. Leur première réaction fut de doubler la sécurité notamment au "niveau X". Il ne fallait pas être astucieux pour comprendre à quel zone ce niveau X correspondait: Rick s'y trouvait actuellement. Et cette information ne fit qu'intensifier la pression que subissait son cœur en ce moment-même.
Pénétrant dans la première salle à sa portée, Rick remarqua l'entrée d'une bouche d'aération qu'il décida de visiter. C'était le meilleur moyen pour lui de découvrir ces lieux en toute discrétion. Une fois à l'intérieur de l'étroit conduit, l'ancien militaire alluma une lampe-torche (*merci Alfred* pensa t-il furtivement) avant d'avancer prudemment. Plus il progressait, plus il en venait à se demander ce qui pouvait bien se tramer dans ces locaux. Si les recherches menées par des scientifiques n'étaient pas étrangères au domaine d'activité de Beemen Industries, un mauvais pressentiment vint s'installer chez l'ex-Delta 66, le genre de ressenti qui peut vous prévenir d'un danger imminent. Rick O'lonell n'était pas lié à la Force -du moins si c'était le cas il n'avait jamais été mis au courant-, et le gaillard n'avait jamais réellement cru que cette force mystique tant prisée chez les Jedi était bien plus probante qu'un mental d'acier ou qu'une volonté de fer. Deux caractéristiques de sa personnalité depuis sa plus tendre enfance. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de croire suite aux nombreuses expériences vécues lors de sa vie qu'une force supérieure à tout être vivant pouvait influer le commun des mortels. Rick avait été sauvé de nombreuses fois par son instinct, là où d'autres préfèrent foncer tête baissée. Il ne contredirait pas la règle aujourd'hui.
Des bruits. Des bruits se firent soudainement entendre. Rick ralentit sa marche à l'intérieur du conduit d'aération afin d'éviter de produire un son indésirable qui serait mortel pour son infiltration. Différentes voix s’entremêlaient par une bouche d'air quelques mètres devant lui. Des bribes de conversations qui portaient sur des expériences, sur des essais... Ces voix parlaient de cobayes. De cobayes... humains. L'ex-militaire se serra la lèvre à en perdre du sang. Ces cobayes humains... étaient-ils les personnes qu'il était venu chercher ici-même sur Coruscant? Il attrapa son dapatad afin d'en avoir le cœur net. Il avait oublié cet élément ô combien important depuis son arrivée, mais son databloc disposait d'une information capitale pour sa mission: la position des deux soldats Naboos disparus depuis l'opération Oberoende (le nom de code de la fameuse Bataille de la Forge Stellaire). Rick insulta sa propre personne: il aurait du y penser plus tôt ! Surtout qu'à la vue des informations émises par son outil de terrain électronique, les deux soldats se trouvaient...*Non... pas ça...*
Des cris effrayants raisonnèrent dans la zone, parvenant jusqu'aux oreilles du politicien qui eut froid dans le dos. C'était des hurlements humains, des hurlements de... souffrance. Des individus étaient en train de se faire torturer. Rick avait trop connu d'interrogatoires au cours de sa vie de militaire pour ne pas connaitre -par cœur- ces rugissements qui vous hantent... à vie. Ces cris qui alimentent vos pires cauchemars depuis des années d'existence. A tel point qu'elles vous tourmentent sans que vous ne le sachiez. Avant de ressortir au grand jour lorsque vous les revivez.
Rick s'arrêta net dans sa progression. Beaucoup de personnes avaient pour habitude de dire que le passé nous rattrapait où que l'on aille. Et visiblement, le Sénateur n'avait pas été aussi rapide qu'il n'aurait espéré l'être. -
Post n°12
Auteur : Rick O'lonell
Il était facile de mettre de côté des pensées négatives. Mais il était bien plus difficile de les effacer à jamais. Quel que soit la méthode utilisée, l'on finissait toujours par être confronté à nos démons passés. Rick en faisait la malheureuse expérience. Pris de stupeur, le Gouverneur n'arrivait plus à contrôler son corps: ses muscles étaient tétanisés, incapables de produire le moindre mouvement. Que lui arrivait-il? La première réaction de l'ancien militaire fut de rapprocher sa main de son cœur puis de prendre son pouls en attrapant son poignet. Mais les pulsations cardiaques semblaient -plus ou moins- normales. La raison de son état actuel n'était donc pas de l'ordre physiologique ou physique. En réalité, elle était plutôt de l'ordre psychologique. Le trentenaire comprit très vite à quoi il avait à faire: il vivait en ce moment de l'extérieur une scène qu'il avait déjà vécu de l'intérieur dans son passé de militaire.
La torture, il connaissait. Non pas qu'il en avait déjà été une victime. Mais parce que l'un de ses anciens amis de l'armée en était mort. Devant ses yeux. Des yeux qui n'avaient jamais oublié et qui s'en souvenaient aujourd'hui.
Rick aurait aimé s'épargner la douleur de revoir ces images. Mais son esprit lui imposait cette torture mentale. Elles étaient brèves, soudaines, mais assez significatives pour plonger le politicien dans une souffrance insupportable: il se revoyait assisté impuissant à la lente mort de son frère d'armes -à quelques mètres de lui- qui avait succombé des sévices barbares infligés par un mystérieux gang alors qu'ils étaient en permission sur Nar Shaddaa. Cette expérience avait plongé l'ancien militaire dans une haine noire, une haine qui lui avait permis de s'échapper du repère de ces criminels sain et sauf non sans occasionner de la casse et laisser quelques morts sur son chemin. Rick n'en avait jamais parlé à quiconque, pas même à l'un de ses plus vieux amis, Panalka, son garde du corps qui avait officié lors de son premier mandat sur Naboo. Et s'il avait choisi de garder le silence, c'était pour une simple et bonne raison: il ne s'était jamais pardonné de ne pas avoir pu sauver la vie de son frère militaire. C'était à n'en pas douter une des causes de sa démission de l'armée Impériale quelques semaines plus tard: Rick n'en pouvait plus d'être confronté sans cesse à la mort sans avoir le pouvoir de l'éviter.
L'ex-soldat de la République se remit difficilement de cet état nostalgique. Mais il reprit finalement le dessus. Il avait une mission. Un devoir à accomplir. L'ancien soldat ferma longuement les yeux afin de reprendre ses esprits avant de se déplacer jusqu'à l'ouverture d'où semblaient ressortir les cris. Cette bouche d'aération se trouvait une dizaine de mètres devant lui. Elle donnait sur une vieille salle sombre assez grande pour contenir un Rancor. A l'intérieur, trois humains s'adonnaient à des atrocités physiques sur deux de leurs confrères de race. Ces derniers étaient presque nus. Leur corps gardait les séquelles de longues heures passées à être durement interrogés. Et visiblement, les tortionnaires n'en avaient pas finis avec eux. A l'aide de pinces reliées à des câbles électriques attachés aux murs, ils redirigeaient la puissance des Watts directement dans les entrailles des prisonniers.
Voilà pourquoi les lumières vacillaient depuis l'arrivée de Rick dans cette zone.-C'est la dernière fois que je vous le demande: qui vous a engagé?!
Le tortionnaire ne lui laissa que très peu de temps pour lui répondre. Le regard toujours dirigé vers le prisonnier à qui il s'adressait, celui qui semblait diriger la séance d'interrogatoire claque une fois du doigt: une manière de signifier à ses deux compères qu'ils pouvaient rallumer le courant. Néanmoins, et contrairement à ce que Rick aurait pu penser, seul le second prisonnier reçut le terrible châtiment, l'autre ayant le droit à une douleur bien plus terrible: regarder son ami souffrir sans avoir le droit de lui venir en aide.
Le cœur de Rick reprit alors sa terrible ascension. Les battements vinrent frapper chaque recoin de son corps, des pieds jusqu'aux oreilles. Voilà la situation qu'il avait vécu quelques années en arrière sur Nar Shaddaa. C'était une technique d'interrogatoire très efficace employée par de nombreux cartels désireux d'obtenir des informations. Cette méthode consistait à infliger une punition non pas au prisonnier qui faisait vœu de silence mais à l'un de ses alliés, tout en promettant d'arrêter les atrocités si le captif qui en était épargné était décidé à donner des réponses. Mais il fallait être très naïf pour croire aux promesses de criminels pareils. Tout comme il fallait avoir un mental d'acier et une résistance hors-norme pour ne pas se laisser abattre et ne pas sombrer dans la folie.-Va... va au diable... !
Le tortionnaire était exaspéré par tant d'incrédulité. On aurait dit qu'il était là depuis des lustres, tentant désespéramment d'obtenir des aveux de son prisonnier en sachant très bien qu'il n'aurait le droit à aucune réponse de sa part. C'était donc sans espoir. Néanmoins il était certain de ne pas avoir à faire à des mercenaires. Si ça avait été le cas, ils auraient parlé depuis longtemps. Ces hommes étaient donc bien plus importants qu'il ne l'aurait imaginé. Restait à savoir qui ils étaient réellement. Militaires d'une nation? Indépendants? Milice privée? Malheureusement il ne le saurait jamais.
Comme on aimait à le dire sur Naboo, lorsque l'on pressait le citron jusqu'à l'épuisement, il finissait par devenir inutile. C'était le cas des deux prisonniers.-Tues-les.
Le chef tortionnaire se retira sans même observer la mort des captifs qu'il avait lui-même ordonné. Il quitta la salle avec l'un de ses hommes, laissant le troisième -et dernier- de ses chiens de garde faire le sale boulot à sa place. Une aubaine pour celui qui n'avait pas été invité à la fête mais qui décida de s'y joindre au tout dernier moment: Rick avait le feu vert pour agir. Le politicien attrapa le Blaster ELG-3a dissimulé à sa ceinture et passa délicatement le canon de l'arme à travers l'un des nombreux trous de la bouche d'aération. Lorsque le tir raisonna dans la petite salle vétuste, personne ne pouvait se douter qu'il avait été destiné à la mauvaise personne: aucun des captifs ne s'écroula, contrairement à l'homme de main qui se prit la décharge d'énergie en pleine tête.
Surpris, les deux prisonniers levèrent la tête vers le plafond, surpris de voir leurs prières muettes se réaliser contre toute attente. Mais lorsqu'ils virent O'lonell descendre du conduit, ils surent que rien n'était du au hasard: on était venu les secourir. -
Post n°13
Auteur : Rick O'lonell
Le Gouverneur surprit son monde en tirant une seconde décharge dans le torse de l'homme qu'il venait d'abattre. Mais ce n'était pas un geste de colère ou de haine, même s'il y en avait un peu dans le cœur du politicien (ce qui était compréhensible après ce qu'il venait de vivre). C'était avant tout le sens du détail qui avait caractérisé ce deuxième tir, puisque ailleurs dans ce souterrain mystérieux l'on s'attendait certainement à entendre deux tirs consécutifs (un pour chaque prisonnier, lesquels étaient censés être mort à l'heure qu'il est). Rick prit également le soin de faire les poches de l'individu afin d'obtenir le maximum d'éléments utiles. Très vite, quelque chose lui tapa à l’œil: la carte d'identité du défunt indiquait qu'il s'agissait d'un dénommé Warren Vossler, 42 ans; mais le badge qui l'affiliait à Beemen Industries, lui, parlait d'un certain Garren Blake.
Mais dans quoi était mouillée la multinationale spécialisée dans les implants crâniens et les armes de guerre pour être mêlée à toute cette histoire? L'on décidait généralement de camoufler notre réelle identité lorsque l'on nageait dans des eaux troubles. Marché noir, ventes d'armes illégales, expériences scientifiques immorales: quelle était la vraie spécialité de Beemen? La question intéressa tellement O'lonell qu'il en oublia presque pour quelle raison il était parvenu jusqu'ici: les deux prisonniers Naboos ! Plutôt mal en point, les deux soldats étaient heureusement toujours en vie. Mais il fallait les sortir de cet enfer le plus vite possible. Le service de sécurité de la multinationale ne tarderait pas à comprendre qu'un intrus s'est faufilé au niveau secret de l'immeuble. Peut-être étaient-ils même déjà au courant...-Il faut y aller. Et vite ! dit-il à ses deux confrères Naboos alors qu'il leur rendait leur liberté.
Le premier que Rick libéra était le plus amoché. Il était important de souligner qu'il passait pour un véritable inconnu aux yeux de l'ancien militaire. Après tout, le politicien n'avait pas eu le temps de connaître par cœur les 26 soldats des forces spéciales Naboos qui avaient participé à la Bataille de la Forge Stellaire. D'autant plus qu'ils avaient reçu la consigne d'utiliser des cagoules lors de la mission secrète. Néanmoins le deuxième prisonnier tenait toutes ses promesses. Le visage sévère et la tête des mauvais jours, O'lonell s'attendait à tout sauf à tomber sur cet homme.
Il ne s'agissait ni plus ni moins que de John Boerr, le Commandant en chef des Forces Royales Naboo ! Celui-ci avait participé à la Bataille de la Forge Stellaire aux côtés de Rick et faisait également partie du gouvernement élargi de Theed en qualité de chef de la sécurité planétaire. Autant le dire: Rick avait évité une crise de grande ampleur en parvenant jusqu'ici.-Je m'attendais à tout sauf à te voir ici... réagit le dénommé John Boerr alors qu'il retrouvait l'usage de ses mains et de ses jambes.
Le tutoiement avait de quoi surprendre un spectateur de la scène, sauf pour les deux concernés qui avaient été il y a fort longtemps de proches amis lors de leur période militaire dans les forces de la République. Oui, Rick connaissait que trop bien John pour avoir vécu en particulier avec lui une mission -à l'issue dramatique- lors de la Guerre des Clones. L'arrivée de G-Man au pouvoir avait coïncidé avec leur séparation. C'était O'lonell lui-même qui était parti sur les traces de son vieil ami lors de son élection sur Naboo pour lui proposer un poste dans son administration. Mais même s'ils s'étaient de nouveau retrouvés ce jour-là, leur relation était devenue purement professionnelle. John avait changé. Quelque chose l'avait marqué depuis qu'ils s'étaient perdus de vus peu de temps après la fin de l'Ancienne République. Rick avait sa propre idée derrière la tête mais préférait ne pas en discuter avec Boerr; le politicien était conscient que ce dernier n'avait qu'une seule envie: laisser son passé là où il était, c'est à dire derrière lui.-Ne me remercie pas, je ne fais que mon devoir.
Lorsque Rick s'aperçut de l'état réel dans lequel se trouvaient ses deux confrères, il ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment d'apaisement. Lui qui avait imaginé devoir les trainer sur son dos pour se sortir de ce pétrin, il était rassuré de voir qu'ils tenaient au moins sur leurs deux jambes. Du moins c'était certainement une pensée prématuré. Alors qu'ils commençaient tout juste à préparer un plan de sortie, l'autre captif s'écroula subitement après avoir été délivré de ses chaînes. Épuisé par tant de résistance consécutive aux tortures subies, le voilà qu'il payait de ses efforts surhumains. Le premier réflexe de Boerr et d'O'lonell fut de se précipiter à son chevet.-Laiss... laissez-moi ici et sauvez votre pe... argh !
Il n'avait pas réussi à terminer sa phrase. Une preuve suffisante de son état de santé actuel. Néanmoins Rick n'était pas venu jusqu'ici pour l'abandonner à son sort. Il s'était fait la promesse (tout comme il avait promis à la Reine de Naboo) de revenir sur le monde de la Bordure Médiane avec les deux hommes qui n'étaient jamais revenus de la Forge Stellaire. Le politicien comptait donc honorer sa promesse, lui, l'homme de parole. Et puis au cas où il changerait brusquement d'avis, John Boerr tenait lui-aussi à repartir avec son camarade. Ils avaient quoi qu'il arrive fait leur choix.
Le couloir extérieur était étonnamment silencieux. Seuls quelques grincements lointains venaient rendre l'environnement vivant à intervalles réguliers. L'on entendait en parallèle des voix provenant de nul part, ce qui obligeait les trois hommes à rester constamment sur leurs gardes. Leur entreprise était dangereuse voir quasi-suicidaire: ils n'étaient que trois (deux et demi, même) et ne connaissaient rien du complexe dans lequel ils se trouvaient. Arriveraient-ils à trouver une sortie sûre tout en parvenant à éviter les ennuis? D'ailleurs, y avait-il une autre issue mis à part l'ascenseur qui avait amené Rick jusqu'ici?-Ils ne vous ont certainement pas conduit jusqu'ici par les locaux administratifs. Il doit y avoir une sortie un peu plus discrète dans les parages.
Boerr tilta. Même si ses ravisseurs avaient fait le nécessaire pour le priver de ses sens au moment de l'emmener jusqu'ici, l'ancien des Forces Spéciales Républicaines avait réussi à discerner l'environnement par lequel il était arrivé. Les hommes de main de la multinationale galactique ne s'attendaient certainement pas à ce que les deux captifs ne s'échappent de cet enfer. D'où cette erreur de débutant.-Des quais de chargement. On est arrivé par des quais de chargement. C'est notre seule porte de sortie, réagit immédiatement le plus haut gradé des Forces Royales Naboos avant d'inciter son compagnon blessé à faire un dernier effort pour sortir d'ici au plus vite possible, tiens bon Tony, on y est presque...
Sans le soutien de John Boerr pour se déplacer, le dénommé Tony était condamné à rester dans ce labyrinthe de couloirs sans fin pour le restant de ses jours. Le Sénateur O'lonell se chargeait, lui, de protéger les deux gaillards à chaque tournant. Rick s'attendait à tomber sur une armée de gardes hautement équipés d'un moment à l'autre. Il priait cependant pour que ça n'arrive pas. L'environnement dans lequel ils se trouvaient n'était pas vraiment propice à un échange de coups de feu. Si mauvaise rencontre il devait y avoir, il faudrait avoir la gâchette facile tout en espérant que l'adversaire d'en face ne l'ait pas. Néanmoins il y avait une préoccupation bien plus importante à avoir qu'une éventuelle fusillade. Si Rick l'avait déjà redouté à de maintes reprises depuis qu'il se trouvait dans les locaux de Beemen Industries, la pression avait été multipliée par deux depuis qu'il avait libéré les deux soldats Naboos.
En effet, si le Sénateur O'lonell était repéré dans ce souterrain secret, le rapprochement avec la planète de la Bordure Médiane qu'il gouvernait serait immédiatement établi. Et les retombées politiques pour sa personne et son monde seraient catastrophiques. Mais d'un autre côté, si les dirigeants de Beemen Industries ne souhaitaient pas propager l'écho de l'existence d'un étage "X", ils ne pourraient pas se permettre d'officialiser sa présence dans cet endroit interdit. C'était en quelque sorte un avantage réconfortant pour Rick: sa présence en ces lieux mettait d'autant plus en péril les activités secrètes de la multinationale sachant que contrairement aux deux soldats qu'il était venu sauver ici-même, lui-seul disposait des moyens nécessaires -de par sa fonction politicienne- pour causer du tord à Beemen. Finalement, Beemen Industries était donc perdant dans toute cette histoire.
Le silence absolu qui régnait en maître dans les étroits corridors du souterrain fut brusquement brisé par un effroyable cri humain. L'écho se prolongea durant de longues secondes dans toute la zone, de telle manière qu'il ne semblait pas vouloir s'arrêter de sitôt. L'on pouvait faire le rapprochement avec le cri de douleur poussé par Tony quelques temps auparavant alors qu'il se faisait torturer. Mais cette fois-ci, la cause était tout autre. Le hurlement s'apparentait d'avantage à une atroce souffrance mentale. Inquiété par ce qu'ils s’apprêtaient à rencontrer au tournant du couloir, Rick se remémora soudainement les deux scientifiques en blouse blanche qu'il avait aperçu dans ce même souterrain, lorsqu'il venait tout juste de découvrir les lieux. Ce souvenir récent l'obligea à réfléchir sur une question pertinente: quelles expériences menaient-ils dans un endroit que Beemen s'efforçait de tenir secret?
Alors qu'ils évitèrent de justesse deux gardes de sécurité en patrouille, les trois hommes tombèrent par chance sur le corridor qui menait à leur objectif: les fameux quais de chargement. Boerr ne s'était donc pas trompé. Mais il y avait un second couloir. Celui-ci menait à des laboratoires expérimentaux. La curiosité de Rick fut mise en éveil comme jamais, cela se voyait parfaitement sur son visage. John le constata et préféra s'assurer que le politicien n'avait aucune idée en tête.-N'y va pas. On a une chance inouïe d'être arrivés jusqu'ici. On n'en aura pas une deuxième.
Le regard du Sénateur était rivé depuis de longues secondes sur la porte étanche qui indiquait la séparation avec une salle exposée à un... danger biologique. Ces recherches étaient-elles purement destinées à des fins commerciales?! Rick était conscient qu'il était tombé sur un gros morceau. Sa conscience l'incitait à découvrir ce qu'il se passait réellement ici. Car pour lui, plus aucun doute possible: les agissements de Beemen Industries n'étaient pas nets. Le Gouverneur de Naboo devait aller voir de plus près ce qu'il se tramait dans les parages.-Prends contact avec Alfred sur la fréquence qui est affichée, se contenta de répondre le natif de Dantooine en tendant son comlink et son arme de poing à Boerr, je ne serai pas long.
John savait à quoi s'attendre avec ce genre de réponse. Il connaissait trop bien son vieil ami pour savoir qu'il n'abandonnerait jamais une idée tant qu'elle hanterait son esprit -ce qui était le cas actuellement-. Rick était en effet décidé à fouiner dans les affaires secrètes de Beemen jusqu'à découvrir les véritables agissements de la multinationale. Vengeance personnelle ou véritable conviction, l'ancien militaire ne lâcherait pas prise, surtout pas maintenant alors qu'il se trouvait au cœur de la fourmilière.
Et dire que s'il n'avait pas rencontré la dénommée Malory Bond en début de soirée, Rick ne se serait probablement jamais retrouvé dans cette situation. Son combat contre les fléaux galactiques débutait à ce moment précis. Une lutte qui allait le marquer à jamais -encore plus que sa période militaire-. Mais ça, il ne le savait pas encore. Car s'il avait eu le don de prédire l'avenir, il aurait très certainement fait machine arrière au lieu de s'engager dans une guerre contre la pire espèce de l'univers. -
Post n°14
Auteur : Rick O'lonellLe goût du risque... Le risque de découvrir un secret d'état... État permanent de stress, de tension palpable mais surtout de peur... Peur de se faire capturer ici-même, dans un lieu qu'il n'est même pas censé connaitre... Connaitre l'inexploré, ces choses qui se trouvent devant nos yeux mais dont on ignore l'existence... Existence condamnée aux mensonges, aux vices et à la corruption...
Tel était le schéma de réflexion actuel du Gouverneur Rick O'lonell en ce moment-même. Se succédaient les uns après les autres dans son esprit diverses pensées en rapport avec sa mission actuelle. Cependant l'ancien militaire ne savait nullement où cette observation silencieuse allait le conduire. Allait-il être arrêté? allait-il être torturé? allait-il même être tué? Pourquoi pas. Aucune éventualité ne devait être mise de côté, surtout pas ici. On a bien vu ce que la sécurité de ce complexe a fait subir aux deux soldats Naboos retenus prisonniers dans ces locaux. Que dire si un politicien se présentait volontairement à eux...
Cela faisait plusieurs minutes qu'il avait abandonné ses confrères au milieu du labyrinthe souterrain, et une image lui revenait sans cesse en tête: celle du symbole intergalactique représentant un danger biologique, lequel avait été peint sur la porte étanche que Rick avait insouciamment franchi les mains dans les poches -et ce n'est pas une image: il avait réellement mis de côté son arme pour enfouir l'extrémité de ses bras dans les poches de son pantalon; un geste qui, selon lui, améliorait sa couverture le temps d'explorer les lieux-. Aucune caméra de surveillance depuis qu'il avait atteint ce niveau, des effectifs de sécurité et de scientifiques (?) réduits au strict minimum (Rick n'avait pas croisé la moindre personne depuis six minutes maintenant), des cris humains effrayants... Le bilan était lourd pour Beemen Industries. Rick avait une sérieuse envie de mettre le feu à son siège social -ces "laboratoires" y-compris-. Cette multinationale ne respirait ni la transparence ni l'honnêteté, deux bonnes raisons largement suffisantes pour la mettre hors-jeu. Mais le Gouverneur de Naboo voulait une sanction encore plus humiliante. Rick voulait les pousser à bout, il voulait les inciter à faire la première erreur. Tout faire exploser ne mènerait à rien, si ce n'est à victimiser Beemen et à leur donner plus de crédit. Le mieux à faire était de s'enfoncer le plus loin dans la ruche afin de faire paniquer les abeilles qui s'y cachaient. Elles-seules feront les mauvais choix devant l'agitation qui les poussera à bout.
Le temps s'écoulait. Rick commençait à avoir l'étrange impression d'être seul au monde. Où étaient passés les hommes en blouse blanche qu'il avait aperçu à son arrivée dans ces locaux secrets? Comme si quelqu'un -là-haut- avait exaucé son vœu, le politicien obtint assez rapidement une réponse pertinente: une bonne partie des utilisateurs de ces laboratoires se trouvaient en ce moment-même dans une salle hermétique non loin de sa position -Rick réussit à voir quelques mouvements au loin-. Ce regroupement intéressa énormément le politicien qui mit la discrétion au second plan afin de se rapprocher d'avantage de la scène médicale. Accroupi et caché par une série d'ordinateurs, O'lonell ne devait la réussite de sa mission qu'au manque flagrant de moyens de surveillance. Tant qu'il ne gâchait pas cet avantage, tout irait pour le mieux. Néanmoins le gaillard comprit que le temps lui était compté et qu'il n'en disposerait pas autant dans quelques minutes: les scientifiques pouvaient finir à tout moment et le surprendre en plein espionnage. L'ancien militaire s'activa alors et décida de passer à l'action. Il commença par scruter les écrans d'ordinateur disposés tout autour de lui. L'un d'entre-eux était directement connecté à la salle annexe, celle dans laquelle les individus en blouse blanche manipulaient leurs outils de torture médicale. Torture médicale... c'était la bonne expression. Les quelques images qui s'affichèrent à l'écran montraient un homm... non, -une créature-, attachée de toutes parts et livré à des expériences troublantes. Lorsque des dizaines de câbles sortaient de votre crane et étaient reliés directement à des machines manipulant des produits chimiques, ce n'était pas un bon signe. Et là, c'était exactement ce que Rick était en train de voir sur l'écran d'ordinateur.Un étrange courant d'air venu de nul part -par où aurait-il pu entrer?!- parcourut la pièce et glaça les entrailles d'O'lonell. Le gentleman, peu habitué à être effrayé par les films d'horreur, avait l'étrange sentiment d'en vivre un. Comment expliquer cet atmosphère devenue si soudainement inquiétante? Le regard de l'ancien militaire faisait une course digne des plus grands marathoniens. Jamais ses yeux n'avaient effectué autant de tours sur eux-mêmes que ce jour-ci. D'un certain côté, la présence des scientifiques dans la salle d'à-côté n'était pas sans rassurer le bonhomme: tant qu'ils étaient là, il savait vers où regarder en priorité.Spoiler : FOND SONORE
Mais s'intéressait-il vraiment aux bonnes personnes? ...
Un bruit sourd retentit tout près de sa position. Quelque chose était en train de se passer non loin de là. Rick eut le réflexe de se planquer sous un bureau juste avant d'attraper son arme de poing, prêt à s'en servir sur n'importe quel individu surpris dans son rayon d'action -civils y compris-. Derrière lui, les murs raisonnaient comme jamais. Il y avait des secousses dans la zone, secousses qui incitèrent O'lonell à se taper -involontairement- le haut du crane contre la paroi métallique qui lui recouvrait la tête. Plus de peur que de mal, se dit-il. Quoique. C'était avant de redresser la tête en dehors de sa cachette afin de reprendre le visionnage de la séquence scientifique sur l'ordinateur de bord.-... ?!
Quelques minutes en arrière, Rick avait compté près de sept scientifiques autour d'une étrange créature qu'il n'avait pas réussi à identifier. Désormais, il ne voyait plus que sept cadavres ensanglantés et... et... la créature qui apparut subitement, son visage remplissant la totalité de l'écran de telle sorte que Rick eut un sursaut d'épouvante ! Que s'était-il passé?! Que s'était-il passé à quelques mètres de lui seulement?!
Une seule et unique porte automatique le séparait de cette Chose. Et même si cette porte était blindée, Rick avait perdu l'envie de fouiner dans les affaires de Beemen. Si son instinct avait vu juste, l'ancien militaire aurait préféré se tromper: il avait l'intime conviction qu'il n'avait pas à faire à n'importe quoi !
Soudainement -et comme s'il n'y avait déjà pas assez de complications- une grosse explosion fit secouer tout le secteur. Cette secousse fut bien plus impressionnante que la précédente, à tel point que Rick s'attendait à voir le plafond lui tomber sur la tête. Cette créature, quelle qu'elle soit, était en train de foutre un sacré bordel à l'intérieur du laboratoire. Et elle n'avait pas l'air d'en avoir fini. Une seconde explosion fit mouche, puisqu'elle fracassa les baies vitrées et les trois-quarts de la pièce comme un vulgaire château de carte. Par chance, le Gouverneur de Naboo avait à peine eu le temps de se planquer à nouveau sous le solide bureau qu'il avait appris à aimer ces dernières minutes. Cependant il allait vite devoir trouver un chemin de sortie car un feu se manifesta dans la salle. La pièce s'enflammait, l'alarme retentit de plus belle et les mesures d'urgence automatiques s'activèrent sans attendre. Le lieu fut rapidement plongé dans un vacarme assourdissant. Mais si c'était un véritable calvaire pour les oreilles, ça l'était également pour les yeux: Rick ne voyait plus rien à cause de la substance automatique grisâtre -destinée à ralentir l'avancée des flammes- qui était éjectée par les conduits d'aération. Le voilà qu'il se trouvait dans un épais brouillard avec une créature dangereuse dont il ne savait rien.
Rick avait oublié cette Chose. Lorsqu'il s'en rappela, ses jambes tremblèrent d'effroi. Lui, l'ancien militaire, l'homme de la campagne. Jamais il n'avait ressenti une présence aussi inquiétante. Preuve de la dangerosité et de la terreur que dégageait cet animal -lequel avait quand même assassiné de sang froid les sept scientifiques-. Mais si l'on pouvait bien se demander une chose, c'était si la véritable cause de ces tremblements se trouvait dans la présence d'un monstre dans l'autre pièce. Rick préféra ne pas se forger une idée dans l'immédiat.
Plus loin derrière lui, au milieu du brouhaha incessant qui s'était installé dans la pièce, le jeune homme parvint tout de même à distinguer des bruits particuliers. Il s'agissait de bruits de pas. Mais la concentration du gaillard s'estompa soudainement. A quelques centimètres de lui fut projeté le cadavre d'un macchabée tout droit sorti de l'enfer ! Encore vêtu de sa combinaison spéciale, le haut du crâne était partiellement arraché. Rick aurait juré apercevoir la cervelle coupée en deux... Son seul réflexe fut se brandir son Blaster S-5 et à vrai dire, il fut à deux doigts de presser la détente. Un geste de survie. Son passé militaire lui permit bien évidemment de passer outre les détails et de garder son calme. Et heureusement pour lui, car il se doutait que sa présence serait très bientôt remarquée par la bête qui se baladait quelque part dans son dos. Mais ce cadavre se trouva être un grand coup de chance. Car des mains du scientifique brutalement décédé s'échappa un calepin électronique. La curiosité d'O'lonell l'obligea à se mouvoir lentement afin d'attraper l'appareil. Et bien qu'endommagé, il semblait détenir des informations... capitales. Encore fallait-il se sortir de là. Car la créature inconnue n'avait pas quitté la pièce.
Elle le savait. Elle le sentait. Cette Chose percevait la présence d'une autre personne dans son périmètre. Ce qui était une mauvaise nouvelle pour le seul individu qu'elle n'avait pas réussi à attraper. Mais Rick O'lonell ne se laisserait jamais tuer sans rien faire. L'ancien militaire attrapa silencieusement une petite boule métallique qu'il avait gardé dans sa poche. Cette petite boule avait toutes les caractéristiques d'un explosif. Rick préfèrerait se suicider plutôt que de mourir des mains d'un autre. Question de fierté et d'honneur.
Couché à ras le sol, Rick réussit à distinguer les orteils de deux pieds métalliques qui s'approchaient dangereusement de sa position. Autant vous dire qu'il n'avait jamais vu des pieds aussi effrayants. C'était véridique.
Le suicide... C'est l'option qu'il aurait privilégié s'il n'avait pas eu une étoile au dessus de lui pour le sortir de l'impasse dans laquelle il s'était faufilé. Au loin dans les souterrains -au milieu de l'alarme périodique qui résonnait encore et toujours- se firent entendre de multiples voix étrangères. C'était sans aucun doute les renforts. Et Rick n'avait jamais été aussi ravi du dicton: "les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Car la créature allait se frotter à ses ravisseurs tandis que les ravisseurs allaient se confronter à la bête qui avait occasionné tout ce remue-ménage. Une chance unique pour le Gouverneur de Naboo de sortir d'ici en toute discrétion.
L'effroi et la peur qui avaient été siennes ces dernières minutes se trouvèrent être des motivations suffisantes pour que Rick déniche la sortie en moins de deux minutes. Il s'arrêta une dernière fois lorsqu'il atteint un escalier. Dans son dos, il distingua d'inquiétants cris de souffrance. Rick savait pertinemment qui était en train de se faire massacrer...
Les hommes de Beemen étaient sur le qui-vive. Mais ils ne savaient certainement pas tous ce qu'il se passait réellement à l'intérieur des locaux de la multinationale. Rick le constata lorsqu'il surprit un échange bref entre deux gars de la maintenance, tout près des docks de chargement qu'il avait enfin atteint après plusieurs minutes de course effrénée.-Il se passe quoi en bas?-Surement un exercice.
Ce type aurait mérité une balle dans la tête pour avoir fait preuve d'autant d'ignorance. Peut-être que son job était bien payé, mais le minimum à faire était de se renseigner sur les véritables activités de l'entreprise qui vous engageait avant de signer le contrat. A l'intérieur, attachée à des chaines, la créature -dont il ignorait l'existence- n'était d'aucun danger. Mais une fois dehors -ce qui allait certainement bientôt arriver- ces gars allaient être en première ligne pour se faire tuer. Le pire dans tout ça, c'est que Beemen parlerait d'un incendie criminel, niant les véritables faits qui se sont produits cette nuit-là à l'intérieur de leurs locaux souterrains... Tant pis, ce n'était plus du ressort de Rick O'lonell, lequel avait fait son job et ne souhaitait plus qu'une chose: retrouver le confort de son chez-soi, sur Naboo. Mais était-il vraiment sorti de l'auberge?
Hors de danger ou non, il disposait désormais d'un calepin électronique de grande importance. Peut-être que cet outil lui permettrait d'en savoir plus sur les agissements secrets de Beemen Industries. C'était l'une des raisons principales pour lesquelles il était venu sur Coruscant, après tout. Quoi qu'il en soit, il se souviendrait de cette soirée durant très longtemps. Notamment parce qu'il avait évité la mort de justesse. Encore une fois. La fois de trop, très certainement...




