The Hangover
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Post n°1
Auteur : MufusProfondément enfouis sous plusieurs épaisseurs de couettes, Mufus fût brutalement tiré de ses songes par un relent. C’était là un des derniers vestiges de la soirée qu’il avait passé la veille. Les yeux à demis ouverts, acculé sur le côté droit de son lit, il constata que les volets de la pièce où il se trouvait étaient restés fermés bien qu’il entendait au dehors de l’activité humaine. Tout semblait en effervescence, il entendait là les speeder, les gens et tant d’autres bruits qui se mélangeaient tous en un seul infernal et unique bouquant. Ceci lui permît d’en déduire qu’il faisait jour et, aux gargouillis de son ventre, qu’il devait approcher de midi. Lui qui d’ordinaire n’avait que rarement les séquelles d'un lendemain de soirée, avait en cette journée une bien méchante gueule de bois. A moitié ensuqué, l'estomac littéralement à l'envers, le natif de Tatooine passa ses mains sur son visage (qui était toujours bien enfouis au fond de sa capuche, Mufus ne se séparant quasiment jamais de sa vielle bure traditionnelle). Le mal de crâne était persistant et il lui fallait agir ! Se dégageant en partie de la chaleur douillette de son plumard, le Jawa osa alors sortir un de ses petits bras en dehors du lit avec l’espoir fou d’atteindre la lampe de chevet qu’il entrapercevait à sa droite !
La jeune femme blonde.
C’était là un geste héroïque, surhumain même ! Un tel acte était digne de paraître dans l’Iliade Galactique ! Au prix de tant d’effort il parvint enfin à atteindre son but et alluma la lumière ! Épuisé par la chose, Mufus laissa pendre son bras dans le vide et constata avec scepticisme que la surface des murs de sa chambre était faite de plâtre blanc, sans la moindre ornementation. Surpris par la chose, car étant habitué aux riches et beaux murs de la résidence préfectorale qu’il avait squatté pendant plusieurs semaines lors de sa première venue, le jawa commença à se demander s’il était bien où il croyait. Il essaya de se relever mais fût prit d’une violente douleur au-dessus de sa poitrine. Se rallongeant sur le dos, le jawa ramena ses mains vers l’épicentre de la douleur et constata qu’il avait un vilain pansement au niveau de son épaule. Visiblement il avait prît un mauvais coup … C’était là l’ultime stigmate d’une nuit emplie d’aventure et de débauche. Et de cette nuit inoubliable, Mufus avait tout oublié …
Rien, pas un souvenir ! Il se souvenait vaguement avoir mangé la veille, aux alentours de midi, en présence la préfète de Cato Neimoidia, être sortit se promener en ville par la suite, avertir Brackus qu’il rentrerait tard, puis … plus rien ! Paniqué, le petit bonhomme lança un rapide coup d’œil dans la chambre où il se trouvait. Il fût rassuré de trouver à côté du chevet Pina Colada qui lança une série de petits Bips, heureux de retrouver son maître conscient. La lampe de chevet et les agissements de Pina Colada interpelèrent alors une personne qui se trouvait visiblement dans l’obscurité à la gauche de son lit. Cette dernière se leva et se mise à crier.
« - Docteur il revient à lui ! »
Docteur ? Mufus ne comprenait pas très bien ce qui se passait autour de lui. Une personne en blouse blanche ne tarda pas à pénétrer en trombe dans la pièce et alluma la lumière sans prévenir. La vive lueur des néons manqua d’aveugler le pauvre petit Jawa qui adressa à ce nouveau venu une série d’insulte dans sa langue maternelle. Toujours à moitié dans les vapes et prit par moment de vifs relents, Mufus inspecta du regard les lieux et remarqua alors qu’il était dans une chambre d’hôpital. Au moins il savait où il était ! Pourtant il ne parvenait toujours pas à comprendre comment il était arrivé là. C’était le blackout total ! Il se retourna vers sa gauche et entreprit d’identifier de la personne qui avait appelé un médecin. C’était là une jeune femme humaine au doux visage et aux cheveux blonds. Une légère moue semblait avoir élu domicile sur ses lèvres, elle se les pinçait, signe évident d’anxiété. Mufus était certain de la connaître mais n’avait pas accès à sa mémoire … Il essaya une nouvelle fois de se lever mais stoppa net à la moitié du chemin. Son ventre venait de gargouiller d’une manière qu’il connaissait bien ! Là, il leva son bras droit en direction du toubib et prît la parole.
« - Bassine ! »
Sans attendre, le médecin se dirigea sous le lit et en tira une bassine en plastic orange avant de la tendre à Mufus. Le petit homme s’en saisît avec précipitation avant de vomir une bonne partie de ses tripes dans le récipient. Il était fiévreux et vomissait avec entrain ! La soirée avait été visiblement bien alcoolisé mais au moins son corps se purgeait, c’était là une bonne chose ! Lorsqu’il eut finit, il posa la bassine sur son côté droit. La douleur à l’épaule était encore vive et ce geste lui laissa échapper un cri de douleur. La jeune femme blonde quitta alors l’endroit où elle se trouvait et s’avança jusqu’à lui. Mufus avait d’abord pensé qu’elle était une infirmière, mais à la voir face à lui, il constata son erreur. Elle était habillée d’une robe à dos nue de couleur beige et était visiblement habillée pour sortir. Alors qu’elle apposa ses mains sur son front pour voir sa température, le médecin prît la parole.
« - Ne vous inquiétez pas madame, votre mari va bien. »
Son mari ? le sang de Mufus se glaça. Il regarda la main gauche de la jeune femme, elle avait une alliance, d’un geste rapide il regarda sa main droite, une bague identique d’or blanc trônait à son annulaire. Il avait visiblement fait plus que prendre un mauvais coup à cette soirée là ! Il s'était marié ?! Mufus regarda successivement la jeune femme, son épaule, le médecin et Pina Colada avant de hurler !
« - NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »
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Post n°2
Auteur : Mufus
« - Madame le préfet ? Ici le chevalier d’Eon. Nous avons retrouvés le président Corellien. Ravalant anxieusement sa salive, le vaillant homme marqua une lourde pause. Ce qu’il avait à dire à Mlle Shane lui coûtait énormément. Lui, qui d’ordinaire était si arrogant et fier de la qualité des services qu’il prodiguait sur Cato Neimoidia, n’avait pas été à même d’assurer la sécurité de cet invité de marque. Le poids de cet échec était grand, et son amour propre en avait pris un coup. Le Ser de l’épée se devait à présent de reconnaître sa faute et de faire part de la sinistre nouvelle à sa supérieure. Et bien qu’elle ne disposait pas des connaissances innées des Kiffar dans le domaine de la psychométrie, Maar pouvait aisément remarquer le malaise qui s’était emparé du bonhomme. Le regard froid, la mâchoire crispée, il finît toutefois par prendre son courage à deux mains. J’ai le regret de vous annoncer le décès du Général Mufus. »
Ayant terminé son annonce, le chevalier d’Eon coupa net la communication et rangea le transmetteur holographique dans sa poche. Le message en trois dimensions avait été envoyé à l’intention de la préfète bien qu’il ignorait si la jeune femme l’avait reçu en direct ou si elle le consulterait en différé. Quoi qu’il en soit l’idée même de sa réaction avait dont de lui nouer l’estomac. Il lui fallait à présent attendre les directives ainsi que de se faire à l’idée de voir cette diva habituée aux caprices le menacer de le réduire en charpie. Mais si son amour propre avait été touché, il n’en restait pas moins une personne hautaine. D’un mouvement sec il se retourna en direction de celui qui était venu avec Mufus sur la planète, le tristement célèbre ancien capitaine de division U.C.E.H dénommé Brackus. L’imposant personnage n’avait toujours pas bougé, comme s’il essayait de surmonter un choc. Immobile au centre de la morgue, Brackus fixait en silence le corps du jawa qui se trouvait sur la table à suspenseur située à ses côtés. D’un mouvement lent il se retourna en direction du Kiffar, ses deux yeux étroits qui semblaient à des losanges brûlaient en ce jour d’une haine qui en disait beaucoup sur son état d’esprit.
« - Aucune annonce, quel qu’elle soit ! Les yeux de Brackus allaient en boucle vers le cadavre avant de revenir vers son interlocuteur. Il peinait à détacher son regard de celui qu’il pensait être Mufus. Il ne faut pas se précipiter. Entamez immédiatement une enquête, je veux connaître les circonstances exactes de sa mort. Quand nous connaîtrons l’intégralité de cette affaire et que les responsables seront châtiés, seulement alors là nous pourrons l’annoncer … »
Il n’y avait là aucune vaseline entre les deux hommes, tout était sec et tranché. Chacun se parlait froidement, considérant l’autre comme responsable d’un manquement au devoir qui avait entrainé cette fin tragique. Brackus et le Ser de l’épée s’était retrouvé ici après une matinée pour le moins mouvementée. La disparition du Jawa avait été signalée par le camarade de Mufus aux alentours de sept heures du matin. Il n’avait pas été contacté à l’heure où d’ordinaire le président Corellien lui envoyait un message pour le rassurer. Son datapad était éteint et il était peu probable qu’il s’agisse d’un choix. Mufus n’avait jamais rechigné à contacter Brackus dans ce genre de situation, c’était là une personne pour qui il avait beaucoup d’affection. Plus le temps avait passé plus la panique avait commencé à germer dans l’esprit de ceux qui l’attendaient.
Aux alentours de neuf heures du matin, le Ser de l’épée avait lancé un signalement anonyme à tous les bureaux de polices, hôpitaux et morgues de Pak Neimoidia. Malheureusement les jawas se ressemblaient tous et les enquêteurs apprirent à leur dépends que la fête religieuse Jawa du Rabalouka avait été fêtée par ces gens-là tout au long de la nuit. Ce peuple ne fêtait rien sans alcool et se faisant, les hôpitaux, les commissariats et les morgues étaient en cette matinée remplis de Jawas ayant mal terminé la nuit. Afin de retrouver le bonhomme dans cette gigantesque liste, la recherche avait ainsi portée sur les célibataires ou inconnu (c’est ainsi que Mufus, alors présenté à l’hôpital en tant que marié, avait échappé sans le savoir au coup de filet), et ayant une prothèse mécanique au bras droit (fait communiqué par Brackus et largement inconnu dans la galaxie). Un seul Jawa avait correspondu à cette description et il était malheureusement à la morgue centrale de Pak Neimoidia, aile Nord, salle C27. C’était un inconnu qui avait été retrouvé noyé dans le fleuve et dont la mort remontait à la soirée.
« - J’en suis conscient, ne m’apprenez pas mon métier ! Le médecin légiste ne devrait pas tarder … Mes hommes sont retournés où il a été repêché et questionnent les témoins. Visiblement c’est une mort par noyade … »
Les rumeurs voulaient que ordinaire la culture jawa soient opposée à l’autopsie chez leurs semblables, mais en ce jour-là, la situation rendait la chose nécessaire. Les deux hommes se fusillaient mutuellement du regard. Puis, sans prévenir, ils retournèrent une nouvelle fois vers le petit corps, inerte et sans vie, étendu au milieu de la pièce. Ils étaient depuis maintenant dix bonnes minutes dans cette large salle froide et aux couleurs ternes et la pesanteur de la situation commençait à se faire sentir.
Le Ser de l’Epée avait congédié dès leur arrivée les employés et fermé la porte derrière eux. L’affaire devait rester secrète le plus longtemps possible. Brackus avait longtemps étudié le corps. Le bras droit de ce dernier était une prothèse cybernétique … Dans ses effets personnels il avait trouvé, en plus d’un véritable capharnaüm, une preuve de l’identité supposée de celui qu’ils avaient à leur côtés. Il s’agissait de la médaille d’or de la 4ème édition du Tournois de Mangeage de Tourte de la ville de Tfizir (située sur la planète Roultaboul sur la bordure extérieure, et oui j’ai bien dit mangeage). Il s’agissait d’un des rares trophées que Mufus conservait toujours sur lui, avoir gagné à ce concours était une de ses plus grandes fiertés de sa vie. Cette preuve était apparût comme irréfragable à la vue des deux hommes et le chevalier d’Eon avait alors contacté Maar Shane. Il attendait à présent les directives. Tous ignoraient que le corps qu’ils avaient à côté d’eux, si ressemblant de celui du jawa, n’était pourtant pas le sien. Mufus était péniblement en train de se remettre de sa soirée de Rabalouka dans une chambre d’hôpital. Soirée où il avait été séparé de sa si belle médaille. -
Post n°3
Auteur : Maar ShaneAprès sa petite expédition nocturne, Maar avait regagné ses appartements dans le palais royal. Elle s'était aussitôt endormie, et au matin, elle avait tout oublié de son escapade sanglante.
Seule rôdait encore dans les limbes de sa conscience, l'idée de doter sa planète de forces suffisantes pour assurer la police.
Après un réveil un peu tardif, et difficile, Maar s'enferma dans sa salle de bain et y passa une bonne heure.
Elle entendit bien vaguement un appel, puis un autre. Elle laissa la messagerie se déclencher. Elle n'admettait pas d'urgence aujourd'hui, elle avait bien droit à un peu de repos...
Finalement, elle émergea de la salle de bain, dans un nuage de vapeur d'eau et d'odeur de savon.
Toujours sous sa forme originelle, qu'elle gardait le plus possible, Maar se laissa tomber dans un profond fauteuil et lança l'holonet. Elle voulait se tenir au courant des dernières nouvelles.
Au bout d'un moment, le voyant clignotant des messages finit par l'agacer suffisamment pour la décider.
La préfète saisit l'appareil et écouta le premier message. En quelques secondes, toute sa décontraction avait disparu. Une colère froide marquait son visage, et son esprit essayait d'assimiler ce qu'elle venait d'apprendre et les conséquences possibles. Le président corellien, invité d'honneur sur Cato, avait disparu.
Elle écouta aussitôt le deuxième message, qui annonçait la mort du Jawa. Elle refusait d'y croire.
Mufus, si vous avez vraiment osé mourir sur MA planète... je vous tue...
Sans même avoir conscience de l'absurdité de cette pensée, Maar se releva. Elle disparut dans son dressing et en ressortit quelques minutes à peine plus tard (un véritable exploit). Elle était à présent dans la peau de la préfète. Et ne paraissait pas moins fâchée qu'avant.
Elle contacta aussitôt Eon.
Quand le Kiffar répondit, il avait réussi à se recomposer un visage serein. Mais il ne tarda pas à se tasser devant l'image en 3D de sa préfète.
-Chevalier, j'espère que c'est une plaisanterie? Mais si c'en est une, elle est de très mauvais goût, et sachez que je ne l'apprécie pas du tout... Si ce n'est pas une plaisanterie, je l'apprécie encre moins! Êtes-vous sûr qu'il s'agit bien de lui? Sans le moindre doute? Je veux savoir ce qui s'est passé! Vous m'en répondrez Eon! Comment cela a-t-il pu arriver? Et l'épouvantail qui ne le quitte pas d'un pas? Il faisait quoi? Il est où?
Vous êtes à la morgue? Ne bougez pas, ne faites rien, je vous rejoins immédiatement.
Et pas un mot de tout ceci à qui que ce soit!
Sans avoir laissé la moindre chance à Eon d'en placer une, Maar coupa la communication et se dirigea aussitôt vers la sortie du palais.
En chemin, elle annonça qu'elle devait faire face à une urgence à l'extérieur, mais qu'elle ne voulait pas d'escorte. Elle n'accepta la présence que d'une personne à ses côtés. Un Mon Calamari qui avait rejoint le Palais très récemment. Après des mois de recherches de la part des services de renseignements Cato Neimoidiens, sur les ordres de leur préfet, ils avaient fini par le retrouver, et le convaincre de rejoindre la planète et le service de Maar. Alkar connaissait Maar depuis longtemps. Il avait été homme de main au Pain de Sucre pendant plusieurs mois, le seul qui avait montré un peu de compassion à la vedette forcée de la cantina. Il avait d'ailleurs perdu sa place pour ça. Mais Maar lui faisait confiance, et avait tenu à le retrouver dès son intronisation. C'était chose faite.
Et maintenant, elle faisait appel à lui pour assurer sa sécurité dans cette situation diplomatique... inquiétante.
Elle avait aussi prévu qu'il l'accompagne vers la forge impériale, qu'elle gagnerait incognito. Mais ce serait une autre histoire...
La préfète et son homme de confiance quittèrent l'espace ultra sécurisé du Palais et se dirigèrent vers la morgue.