Il était une fois...
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Post n°1
Auteur : Atreïs HelcarCato Neimoidia, la planète principale du système éponyme, se trouvait dans les Colonies, non loin du Noyau. Colonisée par les Neimoidiens, elle devint rapidement un monde Porte-Monnaie, où siégeaient d’énormes groupes commerciaux tentaculaires tels que la Fédération du Commerce. S’y trouver relevait de l’expérience, tant la planète était différente des mondes telluriques. Les vastes cités s’étendaient entre des sommets montagneux, le sol étant couvert d’océans acides, de falaises, de forêts couvertes de brouillard ou de canyons piégeux. En somme, le monde était difficilement habitable. Pourtant, les locaux en avaient fait une planète prospère, bien que gangrénée par la corruption étatique et la propagande usuelle de la Confédération, et aujourd’hui, elle était un monde florissant, essentiel pour la CSI.
Lorsque la navette se posa sur le débarcadère numéro 2, Atréis en sortit seul. L’apparence de jeune fille qu’il revêtait était particulièrement soignée, les cheveux lissés parfaitement en arrière, l’uniforme repassé et ajusté. La chemise brune n’avait aucun pli, pas plus que le pantalon qui s’y accordait, et les bottes militaires de cuir étaient cirées. Il n’avait toujours pas de grade, ni d’affectation, mais il était désormais habité par la conviction de faire ce qu’il fallait. Ayant chargé le Géonosien Jay’rar de veiller sur la navette, il se retrouvait donc en solitaire. Autour de lui, l’air était chargé d’électricité, entre les arrivées et les départs, les gens pressés, les adieux déchirants ou le simples au revoir, les mouvements de foule. Le contraste était énorme avec le calme dans la navette dont il avait profité. Sans perdre de temps, il se dirigea vers les portiques de contrôle où deux droïdes B1 l’arrêtèrent :
-Déclinez identité et raison du voyage.
-Atréïs Helcar. Je…
Que devait-il répondre à cela, en fait ? Le message était tellement ridicule qu’il n’avait aucune possibilité de se couvrir derrière celui-ci. Il lui faudrait ruser, sans doute. Et puis « la Dulcinée », si ça pouvait être n’importe qui… Non, ça ne pouvait pas être n’importe qui. Il devait être relié à la CSI militairement, déjà, et avoir connaissance de ce genre de laboratoire où il s’était rendu.
-Je cherche ma dulcinée.
-Voyage touristique. Bon séjour.
-Une chose. Y a-t-il des cantinas ?
-Affirmatif. Le Pain de Sucre et le Neimo’s Inn. Circulez.
Il faudrait bien commencer par quelque part, et il avait soif. Aussi son choix se porta-t-il sur le plus évident, le Neimo’s Inn. Il ne lui fut pas difficile de s’orienter dans la ville, même si il voyait les regards de la population locale, principalement Neiomidienne d’abord, se faire suspicieux à son passage, tournant la tête un instant avant de l’oublier aussi soudainement. Les Humains étaient rares ici, et sa mèche blanche était pourtant reconnaissable. A mesure qu’il avançait, la foule se fit plus cosmopolite, regroupant quantité d’espèces dont il n’avait mêem jamais entendu parler. Crocs, griffes, cornes, nombre de pattes… Tout était différent, ce qui émerveillait quelque peu le Gurlanin, conscient de ses faibles connaissances. Et en même temps, cela l’exaltait. Il sentait presque le monde vibrer… non, vivre sous ses pieds. Et celle-ci ne faisait qu’augmenter, à mesure qu’il se rapprochait de cette cantina. Située dans les bas-quartiers, elle semblait plutôt mal famée, vu les tronches pleines de cicatrices, de brûlures, de masques des clients, qui portaient tous des armes, parfois lourdes.
Dès qu’il rentra, il se dirigea droit le comptoir, où il dénicha un siège, regardant autour de lui. Il y avait décidément de tout. Le barman, un Dévaronien, vint lui demander rapidement ce qu’il voulait, et son choix se porta sur une simple bière. Lorsque l’humanoïde, de son air débonnaire, lui demanda ce qu’il faisait là, il lui répondit avec un sourire :
-Je cherche ma dulcinée.
-Dans c’t’endroit ? T’sais que déjà, on voit pas beaucoup de femmes avec les gros flippant du coin, mais les rares sont encore plus flippantes qu’les hommes.
-Je finirai bien par la trouver, merci.
Il perçut un petit rire sur sa droite. Tournant les yeux vers l’origine, il remarqua un Kel’Dor, massif et puissant, que le fixait de toute sa hauteur. Son masque noir masquait la majorité de son visage, et il portait d’épais vêtements plutôt richement décorés. A son côté, il portait un imposant blaster. En somme, il avait tout du contrebandier.
-Tu cherches ta dulcinée ? Tu préfères pas un homme, un vrai ?
Il ne répondit pas, reportant son attention sur sa bière. Il avait pensé, naïvement, que son uniforme serait suffisant pour empêcher ce genre de choses, mais manifestement, ce ne serait jamais le cas, dans cet univers ou un autre. Il sentit la lourde main tomber sur son épaule frêle.
-Ben alors, t’as perdu ta langue ?
D’un geste lent, elle prit la main et la retira, mais elle se reposa aussitôt.
-J’t’ai parlé, non ? Alors réponds, oh !
-Non, merci. Enlevez cette main, ça pourrait mal se finir.
L’autre s’esclaffa et serra un peu plus sa main quelques secondes. Quelques secondes, c’était le temps qu’il avait fallu au Gurlanin pour écraser sa chope encore pleine sur le visage du Kel’Dor, avec violence. Le verre explosa, entaillant la peau de l’alien, provoquant une inattendue réaction en chaîne. La salle s’embrasa immédiatement, alors qu’Atréïs attrapait son adversaire par le col et lui assénait un violent coup de tête qui le fit s’effondrer. Puis il reporta son regard sur le Dévaronien et lui laissa quelques crédits supplémentaires.
-Pour le verre. Et le bazar.
-Oh, z’inquiétez pas. C’est tout le temps comme ça, ici, ça fait circuler l’sang, hein. Par contre, j’vous ai écouté, là, feriez bien d’aller voir au Pain de Sucre pour votre histoire.
-Merci du conseil.
Autour de lui, la cantina était un chantier hors normes. Les bouteilles et les verres volaient en même temps que les marrons, les beignes et les patates, Mais il ne s’en soucia pas et quitta rapidement la salle, avec un sourire. -
Post n°2
Auteur : Atreïs HelcarIl sortait à peine de la cantina qu'un large sourire s'étala sur ses lèvres. Atréis venait de prendre un véritable shoot d'adrénaline, entre cette bagarre déclenchée, ce coup porté avec la chope pleine, tout cela achevait de consolider sa détermination. Il s'appuya contre le mur, écoutant les bruits de coups qui sortaient de la salle, les bris de verre et de meubles. Le rire du dévaronien lui revint aux oreilles, avec ce commentaire. Effectivement, son sang circulait bien mieux, mais c'était bien tout. Finalement, il n'avait pas avancé tant que ça, dans cette affaire. Il fallait tout de même retrouver cette dulcinée. Son regard se porta de nouveau sur l'auberge. Il s'en éloigna, dérivant lentement à travers quelques ruelles, réfléchissant.
La cantina n'avait pas vraiment fonctionné et à bien y réfléchir, c'était assez logique. Trop de monde, trop de têtes, trop de détails pour tous les retenir. Alors que faire maintenant ? Se présenter à la caserne ? Trop risqué, sait-on jamais ce qui pouvait l'y attendre, surtout en tant que simple recrue. Les autorités locales ? Il n'était personne, on ne le recevrait pas. Alors il devrait se débrouiller par lui-même. C'est perdu dans cette ultime réflexion qu'il ne réalisa pas qu'il se trouvait dans un cul de sac. Face à un grand mur, ce qui le fit à nouveau sourire. La réalité rejoignait ses pensées. Cependant, son instinct ne le trompa pas longtemps. Il fit volte-face, suffisamment vite, portant la main à sa ceinture. Il jura. Il n'avait pas d'arme. Crétin !
Devant lui, deux blasters. Deux blasters tenus par deux malandrins vaguement humanoïdes, qui le tenaient en joue. Le premier était un Rodien, au teint vert et aux yeux noirs, plutôt fluet, mais qui avait un sourire plutôt malsain. Le second était un Aqualish, bien plus puissante, dont le blaster semblait ridicule entre ses mains. Bandits ? Pas en plein jour. L'autorité ? Ils n'avaient pas d'uniforme. Qui irait confronter un soldat de la CSI directement, comme ça ? Soit des idiots, soit des professionnels. Il choisit de parier sur la seconde possibilité, tout en espérant la première. Levant les mains, il les apostropha.
-C'est bon, les gars. J'ai pas d'armes, et pas d'argent. Qu'est ce que vous voulez ?
-C'est à toi qu'on pose la question, Humaine. Tu veux quoi et pourquoi ?
-Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Il baissa légèrement les mains. Ses yeux balayaient la scène rapidement. Pas d'échappatoire visible, hormis si il parvenait à en désarmer un... Mais pour le moment, ils braquaient leurs armes sur lui, alors il ne voyait pas comment faire. Ou plutôt, comment le faire discrètement.
-Tu sais très bien. Tu veux quoi à la dulcinée ?
-Vous la connaissez ?
Un tir de semonce frôla ses cheveux bruns. Il avait un silencieux, évidemment. Il avança d'un pas, levant encore les mains.
-Réponds à la question !
-J'ai quelque chose pour elle.
-Ca tombe bien, nous aussi. Si tu la trouves, tu lui diras qu'on l'attend, d'accord ? Et comme on aime bien que les messages soient bien marqués, on va faire en sorte que tu n'oublies pas.
Le Rodien se rapprocha. C'était inespéré, et ça lui donnait l'information, ils étaient bel et bien des idiots. Il avait l'air bien trop confiant, sans doute à cause de sa petite taille et de son corps frêle. Mais il ne comptait pas se laisser faire. Au moment où il était à deux pas, il bondit, bouchant l'espace entre eux. Sa main gauche écarta le blaster de la ligne avec une force inattendue venant d'une femme de sa stature, alors que la droite partait directement vers le ventre de l'alien, qui se plia en deux sous le choc. Mettant le corps de son ennemi en opposition, entre lui et l'Aqualish, il se couvrait des tirs. Son coude percuta la main armée, le faisant lâcher le blaster. Immédiatement, son crâne heurta le plexus. En quelques instants, il venait de neutraliser le premier. Mais il ne pourrait pas faire de même contre l'autre qui le braquait déjà, une fois la surprise passée.
Se jetant au sol, dans une roulade, il s'aperçut que le blaster de l'autre était bien trop loin, hors de portée. En revanche, il s'était ouvert un chemin. Esquivant les tirs maladroits, il courut droit vers la sortie de la rue. Non, il n'allait pas mourir ici. C'était hors de question. Il sentait que l'autre se jetait à sa poursuite. Sa foulée s'allongea, ses cheveux claquaient dans le vent, alors qu'il s'échappait, bousculant de nombreuses personnes au passage, qui criaient leur mécontentement. La question, maintenant, était de savoir comment lui échapper durablement. Il n'allait pas pouvoir courir éternellement, c'était une certitude. Il tourna la tête dans sa foulée, regardant où était l'Aqualish. Il n'était pas loin. Lorsqu'il tourna à nouveau la tête pour regarder devant, il ne vit pas à temps le civil, qu'il heurta de plein fouet, roulant au sol.
Lorsqu'il se retourna sur le dos, il vit que l'extraterrestre était sur lui, le blaster braqué sur sa tête. Le tir allait partir. Il fallait provoquer la chance. Il fit un tour en roulant sur lui-même, au moment où le tir partait. Ses jambes fauchèrent l'Aqualish, qui tomba lourdement au sol. En un instant, Atréis était sur lui, et abattait son poing violemment sur son visage. Une fois, deux fois, trois fois. Le sang gicla, aspergeant le visage et l'uniforme de la brune, qui ne s'arrêtait plus. L'adrénaline l'habitait totalement, ainsi que la rage de vivre. Mais son ennemi ne bougeait plus, alors qu'il frappait encore. Il ne s'arrêta que lorsqu'il y fut forcé par les civils, qui vinrent le maintenir, l'exhortant à se calmer.
Au bout de quelques minutes, son cœur finit par se calmer. La sueur coulait sur son front et il s'essuya de sa manche, récoltant l'eau de son front et le sang de l'Aqualish. Ces enfoirés cherchaient la même chose que lui, manifestement. Lorsque les B1 arrivèrent, il désigna ses deux victimes comme assassins de basse catégorie. Les droïdes n'ayant aucune raison de ne pas le croire, embarquèrent les deux, toujours assommés, sans demander leur reste. Atréis était toujours libre. Et toujours sans réponse. Dans le doute, il retourna au Neimo's Inn, pour prendre une chambre, où il s'effondra sur le lit miteux. -
Post n°3
Auteur : Atreïs HelcarAtréis se réveilla sans savoir où il était. Une caractéristique commune à tout ceux qui n'ont pas l'habitude de voyager loin : il mit du temps avant de se souvenir sur quelle planète et à quel endroit il se trouvait. C'était tout juste si il ne s'était pas déshabillé avant de dormir, et il avait sombré dans un sommeil proche du coma qui l'avait assommé plus qu'il ne l'avait reposé. Le Gurlanin se sentait pâteux, vaseux et surtout, il avait encore mal dans tout son corps à cause de son affrontement de la veille. Soit c'était l'adrénaline, soit son cerveau qui lui faisait défaut, mais il avait du prendre des coups qui se faisaient ressentir à cet instant. Il avait des courbatures et des hématomes sur tout le corps, et même la douche brûlante ne le revigora pas totalement, malgré le quart d'heure passé dessous, assis en tailleur en laissant l'eau tomber sur son dos et sa tête. Cela aurait pu être du défaitisme, mais il n'y avait en fait qu'un froid réalisme : il commençait à comprendre ce qu'il faisait là. Le secret, les pièges, la recherche. Il planait un air de conspiration autour de cette affaire, qu'on ne confiait pas au premier soldat venu.
Cette idée-là lui était venue lors de sa fuite. Evidemment, le fait de chercher une « dulcinée » était étrange, mais il comprenait ce que voulait dire réellement le sens du mot « secret ». Ceux qui le possédaient le gardaient jalousement, les autres cherchaient à tout prix à le récupérer. Et ce prix, ça aurait pu, ça aurait du être sa vie. Un instant, il se demande ce qu'il serait advenu à la fois de la bestiole et de Jay'rar, si il était mort dans cette ruelle sordide. Mais ces questions s'évaporèrent lorsqu'il remit son uniforme. La mission avant tout, de toute façon. Et il n'avait pas avancé d'un poil, si ce n'est qu'il avait survécu à une agression.
En descendant, il eut la surprise de voir l'entièreté de la cantina fixer l'holoposte, qui semblait diffuser les informations. La présentatrice, une Neimoidienne, finissait d'annoncer :
-... Et c'est sur ce discours depuis Raxus Secundus que le nouveau préfet de Cato Neiomidia, le Gossam Dae'mid, s'est présenté et a présenté son programme, axé sur...
Le son fut coupé par le Dévaronien barman, alors que les différents clients se dispersaient. Il tourna la tête vers Atréis et éclata de rire.
-Tiens ! La petite fouteuse de merde de hier ! Alors, reposée ? Tu m'as mis un de ces bordel, hier, je crois que le Kel'dor cherche encore ses dents !
-Qu'est ce que c'était au poste ?
-Ca ? Notre nouveau chef. Enfin, officiellement, hein. Ici, c'est la Fédération du Commerce qui dirige, préfet ou pas préfet, et ça change rien. J'lui souhaite bien du courage, au pauvre gars...
-Merci du renseignement, en tout cas, monsieur... ?
-Bride. Tommy Bride.
-Merci, monsieur Bride.
Il prit congé avec un sourire, réglant la chambre. Mains croisées dans le dos, il déambula un long moment dans les rues de la ville. Rien. Il n'y avait rien, pour le moment, qui lui permettaient de... Il s'arrêta brusquement. Sérieusement... Il fallait être soit stupide, soit aveugle. Il pressa le pas, et retourna à la navette, où Jay'rar attendait toujours, avec une patience qui forçait l'admiration. Sans lui accorder un regard, il prit son arme, un DLT-20A neuf, qu'il boucla dans son dos. L'inspiration venait de le toucher, et il ne comptait pas la laisser s'échapper. Mais pour cela, il aurait besoin d'une arme... Sait-on jamais.
Trop de gens cherchaient une dulcinée. Pour un message secret, c'était bien trop flagrant. Donc, de deux choses l'une. Soit il était compromis, et donc il lui faudrait se défendre, soit il était testé, et ça ne lui plaisait que moyennement. Dans les deux cas, il allait falloir être meilleur. Le meilleur, encore une fois. A nouveau, il pénétra le Neimo's Inn, et reprit une chambre auprès d'un autre serveur. Le Dévaronien aurait trouvé ça suspect, et c'était bien la dernière chose dont il avait besoin, des questions et des regards insistants. Une fois seul, à nouveau, il s'assit sur le lit. Tous les sens en éveil.
Le chasseur en lui se réveillait. -
Post n°4
Auteur : Atreïs HelcarDe la patience, Atréis en avait à revendre. Ses vieux instincts de chasseur, sur la planète Qiilura, affluaient lentement dans son corps, ses muscles et ses nerfs. Assis en tailleur, les yeux clos, mains sur les genoux et fusil en travers des cuisses, il attendait, et surtout, il écoutait. Il avait totalement oublié qu'il était sur Cato Neiomidia en tant que chasseur, non en tant que proie, et à aucun moment il n'avait agi comme tel. De fait, il s'était retrouvé dans la position du chassé, bien involontairement, ce qui avait conduit à cette rixe stupide, qui pourrait bien lui valoir des sanctions, plus tard. Mais il n'était pas l'heure d'y penser, ni de s'en inquiétait. Non. Pour le moment, il renouait avec sa nature profonde. Comme il le faisait dans les vastes forêts de son monde, il écoutait la forêt d'immeubles et de gens. Le brouhaha continu qui habitait la planète était aussi oppressant que les bruits de la jungle, et les menaces étaient tout aussi réelles, bien qu'elles soient diamétralement opposées. Il pouvait presque sentir les vibrations de la cantina, de la ville et au-delà, de la planète, autant de vies qui s'entrecroisaient sans jamais se mêler. Mais aujourd'hui, une seule comptait, celle de la Dulcinée. Il avait été idiot. Personne n'avait vraiment pu l'entendre demander, sauf deux personnes.
Les conclusions étaient simples. L'un des deux cherchait la Dulcinée... ou cherchait à la cacher. Cette seconde hypothèse s'était imposée dans son esprit d'un seul coup, comme si on l'avait giflé, à cause de la tournure des événements. Il aurait été nettement plus intelligent de le suivre et le prendre en filature, et de lui tomber dessus par surprise au moment où il s'y attendait le moins. Cette tentative grossière était une ruse, il en était persuadé, désormais. A moins que ce ne soit un piège dans le piège, mais quel intérêt d'y penser ? Toujours est-il que son suspect principal était sous le même toit que lui, désormais. Restait à calculer son coup, précisément et posément. Alors il attendait. Il n'était plus pressé, désormais, car il savait que le moment était venu. Il suffisait de le saisir au vol.
Progressivement, la cantina se vidait de ses clients, en même temps que la soirée, puis la nuit avançaient. Les éclats de voix, les chants, les rires et les cris s'estompaient avec les lumières de la ville, qui perdait en activité, sans pour autant cesser de bourdonner comme une ruche, grondement latent qu'on retrouvait dans toutes les grandes villes. Bientôt, tout cessa, et c'est tout juste si on entendait le bruit du balai contre le sol. Le moment qu'Atréis attendait. Il se leva, s'étirant comme un chat, paresseusement, et boucla son arme dans son dos. Inadaptée dans les endroits clos, elle était pourtant d'un étrange réconfort pour le Gurlanin, qui s'était bêtement fait surprendre, et se jurait de ne pas recommencer. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient...
Lentement, il descendit les escaliers, mains dans le dos. Cette fois, il comptait sur son apparence, plutôt que de la subir. Même avec le calibre fixé dans son dos, il paraissait faible et vulnérable. Il l'avait soignée pour la rendre supposément plus détendue. Les cheveux détachés, noirs, masquaient une partie de son visage. Les manches légèrement retroussées. Il lui faudrait peut-être changer, pour les missions en civil, à l'avenir. Si tant est qu'il y en aurait. Arrivé en bas des escaliers, il jeta un œil à la salle. Plongée dans un noir quasi total, seules quelques lampes éparpillées donnaient une timide vision sur ce qu'il se passait. La lumière tamisée qui s'en dégageait était à peine suffisante. A peine. Mais il y en avait assez pour qu'Atréis perçoive le mouvement sur sa droite. Il se baissa d'un coup, sentant l'air se déplacer sous l'effet d'un coup de poing qui se perdit dans le vide. Profitant d'être accroupi, sa jambe faucha celles de son adversaire inopiné qui tomba au sol. Mais Atréis ne put pas pousser son avantage : l'autre se releva bien trop vite. Les deux se retrouvèrent debout, face à face. Avec une rapidité affolante, l'inconnu propulsa son poing vers le ventre du soldat, qui se plia en deux à l'impact, souffle coupé, mais parvient à échapper à l'uppercut.
Il riposta rapidement, profitant de l'élan perdu de son ennemi qui semblait avoir une plus longue allonge que lui, pour se coller à lui, ou presque. Il attrapa son poignet qui ne bougeait pas et amorça une rotation du bassin pour le faire passer par dessus son dos. Cette fois, la manœuvre ne fonctionna pas, et il se retrouva avec tout le poids d'un homme sur ses épaules, qui ne se priva pas d'appuyer, tout en gardant ses appuis. Puis, brutalement, son genou remonta, heurtant le torse du soldat, qui eut un cri de douleur, alors qu'il recommençait l'opération à trois reprises, jusqu'à le lâcher pour l'envoyer valdinguer. Mais il était hors de question de se laisser faire. Se réceptionnant tant bien que mal plusieurs mètres plus loin, il cracha une gerbe de sang sur le sol, et saisit son fusil. Le coup partit dans le plafond lorsque son opposant dévia le canon, mais c'était exactement ce qu'Atréis recherchait. En l'obligeant à se focaliser sur l'arme, il en oubliait le porteur, et c'est ce qu'il se chargea de lui rappeler alors que la crosse partit vers son visage, explosant son arcade.
Le duel venait de changer de côté, et il comptait bien en profiter. Il chargea, lâchant son arme, plaquant au ventre l'inconnu qui ne s'y attendait pas, et se retrouva forcé à reculer de plusieurs mètres. En le plaquant au mur, il entendit son grognement sourd, et il le lâcha soudainement, pour le frapper au ventre. L'autre semblait avoir perdu pied, et Atréis put enchaîner, droite, gauche, droite, gauche, sur son ventre, pour finir par mettre toutes ses forces dans un ultime coup qui heurta le visage. L'humanoïde tomba au sol, inerte, laissant le Gurlanin reculer contre un mur, en se tenant les côtes d'une main et en essuyant du sang sur son visage de l'autre. Il était lui-même un peu sonné, et prit le temps de remettre ses idées en place. Le combat au corps-à-corps n'avait jamais été sa tasse de thé. Pourtant, cette fois, il en sortait vainqueur, et heureusement. Profitant de l'inconscience de son adversaire, il le monta péniblement jusqu'à sa chambre, où il allait enfin pouvoir découvrir son visage... Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il constata que le Dévaronien barman savait se battre à ce point. Une paire de claques suffit à le réveiller, bien qu'il cligna plusieurs fois des yeux, se demandant vraisemblablement ce qu'il faisait là.
-Toi...
-Moi. Bride. La mariée, c'est ça ?
Il eut un ricanement qui s'étouffa dans un crachat de sang et une toux grasse qui le plia en deux. Manifestement, Atréis n'était pas le seul qui subissait les conséquences de ce combat nocturne. Lui-même s'efforçait de ne pas montrer sa douleur aux côtes.
-Qui t'envoie, exactement ?
-Va te faire foutre, gamine. Tu crois qu'tu peux t'enfuir, encore ?
-Qui t'envoie ?
-C'est moi.
La voix avait retenti derrière Atréis, qui se retourna avec vivacité pour faire face à ce nouveau protagoniste... qui ne l'était pas tant. Mains croisées dans son dos droit, vêtements bien repassés, bottes militaires, le Kel'Dor que le Gurlanin avait rossé la veille se trouvait face à lui. Il avait une magnifique balafre sur la joue, mais il semblait étrangement serein, voire amical. L'inverse n'aurait pourtant pas été étonnant, vu l'agression caractérisée dont s'était rendu coupable le Gurlanin. Celui-ci garda une distance de sécurité, au cas où. Le Dévaronien n'était pas vraiment une menace, de toute façon, bien trop sonné.
-Et pour répondre à ta future question, c'est également moi qui ait envoyé les autres. Indirectement, bien entendu. Chacun de vous avait reçu des instructions bien précises et devait faire preuve d'une certaine ingéniosité pour me retrouver, alors même que vous m'aviez tous vu.
Il fit une pause, laissant à la jeune fille brune le temps d'assimiler l'information.
-Inutile de dire que si je suis assez déçu du résultat pour vos deux... connaissances, qui ont préféré la menace à l'intelligence, vous deux m'avez intrigués. Prendre la place d'un autre barman et une fausse identité pour me pousser à le contacter... C'était plutôt bien vu. Et pour vous, jeune fille, je dois bien avouer que je n'ai pas compris le sens de votre démarche.
-Le nom. Sans quoi, je chercherais sans doute encore. Vous êtes la Dulcinée, donc, je suppose.
-C'est cela. Et toi, tu dois être Atréïs Helcar. J'ai été surpris quand je t'ai vue, je m'attendais à plus... grand.
-Je m'assurerai de faire meilleure impression, dans ce cas. Et de prendre une plus grande bière.
La Dulcinée eut un petit rire.
-C'est vrai. Passons sur les amabilités. Tu as une navette qui attend d'être déchargée, il me semble ? Je te retrouverai devant, demain. Ne sois pas en retard, je déteste ça.
Et il le planta là, avec ses questions... et ses doutes. -
Post n°5
Auteur : Atreïs Helcar
La nuit aurait sans doute du être calme et reposante, animée uniquement de quelques ronflements épars et d'un sommeil sans rêves, après avoir passé les deux derniers jours à réfléchir, et à combattre. Mais il n'en fut rien. Etait-ce l'adrénaline des combats, l'excitation d'être arrivé au bout de ses peines sur cette planète, l'anticipation des événements à venir, il n'en savait rien, mais Atréis ne parvint pas à fermer l'oeil de la nuit. Toutes ses pensées, ses réflexions, se mélangeaient dans un gloubi-boulga, un maëlstrom intellectuel qu'il ne parvenait pas à apaiser. Qiilura, la CSI, l'Imperium, la République, Myrkr, le Temple Sith, même ce cyborg sur Geonosis, et le Devaronien sur Cato Neimoidia. Tous allaient et venaient à travers son cerveau sans s'arrêter, sans discontinuer. Aussi, après plusieurs heures à tourner et virer dans son lit, il prit la décision de se lever. Son uniforme était nettement moins en ordre, mais qui s'en soucierait dans la nuit de Géonosis ? Pas grand monde.
Il devait être trois heures du matin. Il ne faisait pas froid à proprement parler, mais le vent le mordit au visage malgré tout, par bourrasques irrégulières. Ses cheveux, défaits, volaient derrière lui pendant qu'il marchait tranquillement, sans réel but, dans les rues de la ville. Il ne savait pas trop ce qu'il cherchait, il fallait être honnête. Ou peut-être était-ce le but ? Ne rien chercher, déambuler, découvrir ? Hormis Géonosis, Qiilura, Myrkr, que connaissait-il de la Galaxie ? Pas grand chose. Il avait rêvé, plus jeune, de voyager à travers les étoiles, et c'était ce qu'il faisait désormais, se posant sur l'une ou l'autre au gré des ordres qu'il recevait. Inconsciemment, il en sourit. Il accomplissait l'un de ses rêves, mais il avait du faire le plus grand des sacrifices, pour cela. Un prêté pour un rendu. Etonnamment, il n'était pas mélancolique. Ce qui pouvait sembler étrange, mais son monde ne le rappelait pas à lui. Au contraire, il le poussait à aller de l'avant.
Perdu dans ses pensées, il dériva longuement, jusqu'à parvenir au bout de la ville. Ce fut là qu'il réalisa ce qui signifiait « ville suspendue ». Le spectacle était à couper le souffle, presque littéralement. Entre deux pics montagneux, la ville s'étendait désormais derrière lui, tentaculaire, gigantesque, masse effroyable de durabéton, de ciment et de permacier, sous la nuit étoilée. Et devant lui... De simples barrières l'empêchaient de basculer dans le vide, auxquelles il s'accouda. Le métal froid traversa les vêtements et le fit légèrement frissonner, mais c'était une sensation agréable à cet instant, où il avait surtout besoin de calme. Durant ces deux jours, il s'était senti pleinement vivant, mais il avait besoin que toute cette énergie retombe, et pour cela, il avait besoin de calme, comme sur sa planète. Devant lui, une mer de nuages l'empêchait, en plus de la nuit, de visualiser le sol et les océans, mais il imaginait une faune et une flore sauvages, laissées tranquilles par la main consciente de la CSI.
Il ferma les yeux, profitant de l'instant. Son cerveau s'apaisait un peu, à cet instant. Tant pis, il dormirait plus tard. Ce n'était pas réellement un problème, même si il aurait aimé être frais et dispo face à la Dulcinée, qui ne manquerait pas de l'envoyer vers sa nouvelle destination. Un moment, il se demanda sur quelle planète il atterrirait, à quel moment et dans quelle situation. Puis il chassa ses pensées en s'ébrouant. Ce n'était pas le moment d'y réfléchir. Perdu dans ses réflexions, il ne vit pas le Zeltron se poser à côté de lui.
-Salut soldat. Tu fumes ?
-Non... Merci.
Les regards se croisèrent. L'humanoïde à la peau grise avait un large sourire alors qu'il tira sur une cigarette tout juste allumée. Adossé à la barrière, il reporta son regard sur la ville, gardant le silence pendant quelques secondes. Il semblait normal, tout ce qu'il y a de plus normal. Taille moyenne, yeux noirs, habillé très classiquement d'un simple pantalon et d'un léger vêtement de tissu, il ressemblait tout bonnement au citoyen lambda. Reprenant la discussion d'un ton bonhomme et joyeux, il reprit :
-Sacrée ville, hein ? Ca m'a donné le vertige quand je suis arrivé, pourtant je suis pas du genre impressionnable. Et vous ?
-Pas vraiment. Le durabéton, ce n'est pas trop ce qui m'impressionne.
-Z'avez pourtant pas l'air bien âgée, si je peux me permettre. J'pensais que tous les jeunes étaient captivés quand ils arrivent ici. L'agitation des planètes majeures, la foule, le brouhaha constant, j'en ai vu plus d'un se mettre en boule dans un coin le temps de s'habituer.
-Je ne dois pas être une jeune habituelle alors. Je suis plus attirée par ce qu'il y a au-delà de ces barrières.
L'autre sourit plus largement à la réponse du Gurlanin. Ce dernier se demanda d'ailleurs qui était cet inconnu, qui l'abordait au milieu de nulle part. Sans doute un civil qui cherchait un peu de compagnie le temps de finir sa petite addiction...
-Par-delà ça, c'est la nature sauvage, les océans acides, la faune féroce ! Personne de complètement sain d'esprit n'y va, en vérité. Bon, ça doit être intéressant, hein, mais moi j'suis plutôt du genre à préférer la ville et sa sûreté qu'aller me faire boulotter l'arrière-train. Au fait, moi c'est Rudra. Enchanté, tout ça.
-Atréis. Atréis Helcar. Enchantée également. J'ai la prétention de penser que si je descendais, je serais le prédateur, là-dessous.
-Mmh...
L'autre écrasa sa fin de mégot tranquillement avant de la ranger dans une petite boîte métallique sortie de sa veste. Il eut un nouveau sourire avant de se décoller de la barrière.
-Y'a toujours plus gros que soit, on est jamais totalement le prédateur. Toujours un moment où on s'retrouve la proie. Le tout, c'est de savoir quand, et de savoir quand agir en conséquence. Merci pour la causette, c'est toujours plus sympa que les B1.
Atréis le regarda partir après l'avoir salué du chef. Un léger sourire sur les lèvres, il se dit qu'il y avait une forme de sagesse derrière les paroles de cet étrange personnage. Restait à comprendre quand est-ce qu'on se retrouvait être une proie, et surtout, le comprendre avant qu'il ne soit trop tard. Il reporta son regard sur la mer de nuages et sur la nuit noire. Il avait été à la fois chasseur et proie, ces deux derniers jours, c'était indéniable. Pourtant, il s'en était sorti. Restait à espérer qu'il agirait de même les prochaines fois.
Le soldat ne rentra pas à la cantina, ce soir-là. Prenant la décision de passer la nuit au frais, il resta accoudé à cette barrière jusqu'au petit matin. L'aurore neimoidienne pointa le bout de son nez, offrant au Gurlanin les premiers rayons de soleil qu'il accueillit avec plaisir. La nuit avait été froide, et il lui fallait désormais reprendre sa route. Peu importe où elle le mènerait. Même si, pour le moment, elle le mènreait à sa navette.***
A huit heures du matin très précisément, il était devant la navette, en compagnie de Jay’rar, le Géonosien, qui avait choisi (pour une fois) de rester muet. Ces moments de silence étaient toujours agréables, surtout lorsqu’il était nerveux. Lorsque la Dulcinée arriva, il salua, non pas militairement, mais avec une pointe de stress et de nervosité dans le mouvement. L’autre rit à nouveau.
-Du calme, petite, tu vas nous faire une attaque. Alors, ce colis ?
-Dans le vaisseau.
-Parfait. Montons. J’ai à te parler. Seuls.
Il acquiesça. Le pilote aussi, et resta à l’extérieur. Atréis invita la Dulcinée à monter et lui montra la cargon. L’Ysalamir continuait de regarder le Gurlanin d’un air curieux, toujours comme si il se moquait de lui. L’agent Kel’dor le regarda rapidement, comme si il était surpris, puis s’assit en regardant Atréis.
-J’imagine que tu dois avoir des questions. Je ne pourrai pas répondre à tout, question de sécurité, mais au moins à certaines. Tout d’abord, bravo tout de même pour avoir mené cette mission à bien. La DCRS tenait à s’assurer que tu aies les épaules pour la suite. Et avant que tu ne poses la question, DCRS signifie Direction Centrale des Renseignements Séparatistes. Et toi, tu es, ou étais, sa cible, pour un potentiel recrutement. L’armée droïde, c’est bien, mais pour les opérations sensibles, on préfère les organiques. Tu as montré que tu savais te débrouiller, et que t’étais pas totalement stupide. Ton dossier dit que t'es plutôt taiseuse, du genre à prendre tes responsabilités quand il le faut, et efficace, même si tu manques un peu de finesse des fois.
Il laissa l’information se frayer un chemin jusqu’au cerveau du Gurlanin, qui semblait hébété.
-T’es libre de refuser, et de te contenter de ramasser la merde jusqu’à la fin de tes jours, bien sûr, mais ce serait dommage. Après, accepter veut pas dire que c’est définitif non plus. Tu vas être testée encore et encore, avec des méthodes… Pas franchement conventionnelles on va dire. Ca veut aussi dire, cacher ce que tu es, ce que tu seras, peut-être même une nouvelle identité. C’est pas les vacances.
Atréis se tenait muet. La CSI lui donnait une identité ? Une autre, encore ? La proposition était effectivement plus qu’alléchante, surtout pour lui qui ne savait pas vraiment où aller, ni ce qu’il était.
-Je précise aussi que tu vas scruté, observé, pendant un moment. Tu vas devoir apprendre à te fondre dans la masse, ne jamais rien dire de ce que tu fais… En bref, tu vas mettre au placard Atréis Helcar.
-J’avais compris. Quand est-ce que je commence ?
Le Kel’dor eut un nouveau rire. Franc et joyeux.
-Maintenant. Je sais pas si je te reverrai un jour, mais bienvenue, Aspirant 8913.
***
Le vaisseau rentra dans l’hyperespace, délesté de son colis. Atréis avait coupé court à la discussion avec son pilote, prétextant une fatigue réelle. En vérité, son coeur battait la chamade dans sa poitrine, alors même qu’il était allongé depuis de longues minutes. Aspirant 8913. L’appellation lui plaisait. Sa prochaine destination en tête, il ferma les yeux. Les mots de la Dulcinée lui revenaient en tête, continuellement. Nouvelle identité, nom de code, secteur de renseignements. Il devinait sans peine que les questions multiples qu’on lui avait posées étaient là dans ce but précis. Il n’avait jamais apporté de réponses précises, et s’en garderait bien à l’avenir. Un agent sans papiers ni passé était bien pratique, se dit-il. Aucune accroche, aucune prise, la liberté de le modeler à l’envi. C’est sur cette pensée qu’il sombra dans un lourd sommeil. -
Post n°6
Auteur : Atreïs HelcarAtréis se repassait pour la énième fois l'holo-enregistrement qui lui avait été remis par la Dulcinée avant son départ. Interdiction formelle d'en dévoiler le contenu à qui que ce soit, et surtout, de se laisser surprendre. L'indication avait de quoi surprendre, mais le Gurlanin n'oubliait pas la présence de Jay'rar, le pilote. Celui-ci faisait mine de ne pas y toucher, mais maintenant, qui sait ce qu'il était vraiment ?
-Aspirant 8913. Bravo pour votre intégration. Vous conserverez, pour l'heure, votre identité. Selon votre comportement futur, cette décision pourra être remise en cause.
Une pause dans l'hologramme. Celui-ci ne représentait rien, ni personne. La voix était profonde, lente, posée, presque ennuyée en réalité, comme si elle répétait ses mots pour la millième fois, ce qui n'était pas forcément faux, lorsqu'on prenait le temps d'y penser. La Dulcinée avait prévenu le nouvel agent que ce mode de communication, crypté et sécurisé, était très régulièrement utilisé, et qu'il faudrait donc qu'il s'y habitue.
-Voici votre ordre de mission : nous voulons que vous vous rendiez sur la planète Utapau, dans le secteur Tarabba. C'est une planète creusée par des canyons, des trois gigantesques, du fait de l'activité tectonique, recouverte de vents violents et de déserts brûlants. Elle vit de l'exploitation de minerais, et de vaisseaux, et est surtout important pour la Confédération. Au point d'en avoir subi, peut-être le savez-vous, la violence des Sith au cours d'un redoutable attentat.
Une nouvelle pause. Le cerveau d'Atréis s'était enclenché, enregistrant les informations à une vitesse folle. Tout pouvait être important, même le détail le plus futile. Pour l'heure, il ne voyait pas où voulait en venir ce mystérieux messager.
-Cette attaque criminelle a conduit à la mort d'un administrateur local, Tarun Blaum. Malheureusement... Pas des mains de ceux que nous évoquons. A l'heure à laquelle j'émets ce message, la suspecte numéro 1, et probablement dores et déjà condamnée, se nomme Lyzs Yvanol, générale, ou plutôt ex-générale de la Garde Républicaine, présente sur les lieux au moment de l'assaut. Tout l'accuse, à ce jour, mais la République Fédérale a, au cours de négociations, obtenu d'envoyer des enquêteurs sur les lieux. Vous les assisterez dans leur enquête, tirerez les conclusions qui s'imposent et prendrez les décisions en conséquence. Souvenez-vous, vous agissez pour l'intérêt suprême de la CSI.
La voix marqua une nouvelle pause, suffisante pour permettre à Atréis de remettre ses idées en place. Ses doigts pianotaient de nervosité sur le transmetteur, sachant parfaitement ce qu'il allait dire ensuite.
-Vous serez contactée par les dits enquêteurs dès qu'ils seront sur place, pour que vous les rejoigniez. En attendant, nous avons de quoi vous faire patienter, ne vous en faites pas. Vous vous rendrez sur Raxus Secundus, dans l'hégémonie de Tion. Une toute nouvelle sous-préfète y a été nommée, et la planète s'agite quelque peu, notamment au niveau des grands groupes agricoles locaux. Retrouvez notre contact sur place, Petit Homme, il vous fera un bref récapitulatif sur la situation. CSI, terminé.
Deux missions en une. La première pour patienter, la seconde pour se montrer. Ou était-ce l'inverse, il ne savait pas. Toujours est-il qu'il savait désormais où le vaisseau sortirait de l'hyperespace, et il avait communiqué cette information rapidement au Géonosien, qui encore une fois, ne semblait pas mécontent de cette situation, bien qu'elle soit assez peu orthodoxe. Pas idiot, le pilote avait compris à qui il avait affaire, et avait compris son intérêt à ne rien dévoiler à qui que ce soit. Aussi s'était-il contenté d'un simple commentaire sur les cultures Raxiennes, l'inutilité de leur planète pour la CSI ou encore la meilleure cantina du coin, ce à quoi Atréis ne répondit que par un sourire. Mais celui-ci était à moitié pour le Géonosien, à moitié pour lui-même. Il venait de se revoir dans la vitre du cockpit. Les yeux noirs et froids, la mèche blanche qui retombait paresseusement, et un accoutrement qui changeait du tout au tout. Un simple haut blanc, sur un pantalon noir serré et confortable, le tout recouvert par une veste de cuir légère qui lui donnait plus l'air d'une voyageuse que d'un soldat. Il avait sur lui, serré contre sa peau, son nouvel identifiant, qu'il ne devait sortir qu'en cas extrême de besoin. Oui, il avait un peu changé.