Une mission dans le secret
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Post n°9
Auteur : Blad DemeciIroey avait opté pour l'attitude du droïde protecteur plutôt discret. C'était effectivement la meilleure option pour se fondre dans la masse, Blad était satisfait de voir son équipier s'adapter instinctivement de la bonne façon à la situation. Le Mandalorien plongeait son regard dans celui d'Atsel, analysant silencieusement le moindre de ses battements de cils. Elle semblait quelque peu chahutée par les agissements d'Unforgiven, malgré ses rattrapages à coup de sourire forcé et de fausse courtoisie. Au moins, son discours naïf et attendu ne risquait pas d'éveiller les soupçons sur le duo "amoureux", pourtant physiquement un peu décalé. Les personnes à table s'occupaient d'ailleurs pleinement de leur repas, cependant il ne fallait pas sous-estimer la comédie dont était capable un espion. Blad en avait croisé quelques uns durant sa vie, et la plupart parvenaient tout à fait à discuter tout en suivant une autre conversation à quelques mètres. Ces souvenirs revenaient dans la tête du Commandant, car il avait pu cogiter quelques minutes au sujet de la mission, tout à l'heure sous la douche.
La CSI envoie aujourd'hui quatre soldats qualifiés sous couverture, sur un monde allié. Cela ne pouvait être anodin. Soit Cato Neimoidia n'était pas si fiable que cela, soit le Haut-Commandement était très précautionneux. La raison à tout cela échappait évidemment au cyborg borgne, qui avait hâte de comprendre tout ce tralala d'acteur qu'on lui imposait. La Mandalorienne en face de lui présenta son compagnon aux deux compères, un dénommé Anatole, qui apparu derrière elle en la nommant Gladys, coupant quelque peu la discussion. Le couple en lune de miel confirmait donc indirectement au duo de chasseurs l'utilisation de faux-noms, rassurant l'aîné Demeci sur l'identification des agents séparatistes. Blad décrocha un sourire fin à Anatole, laissant le couple échanger quelques mots sans intervenir. Iroey décrocha quelque peu du groupe pour aller se nourrir, il avait également compris à qui nous avions à faire. Il n'était pas utile de poursuivre la prise de contact ici, au milieu du restaurant. C'est ainsi que Blad prit les devants et dit :
"Si jamais un petit safari vous intéresse pour pimenter votre lune de miel, Zigg et moi nous ferions un plaisir de vous accompagner. Nous chassons depuis pas mal d'années sur divers mondes, la survie et l'orientation ça nous connait, même si on se repose également de temps à autre dans ce genre de lieu, plus confortable. Je vais vous donner les coordonnées de notre point de départ demain, à l'extérieur de la ville, soyez à l'heure car nous avons beaucoup de choses à voir. Bonne soirée les amoureux!"
L'officier activa son petit datapad portatif personnel et envoya un message à la réception de l'hôtel, qui fera suivre directement dans leur chambre.
Obj : Pour Gladys & Anatole
Teach et Zigg vous accompagnent en jungles et forêts toute l'année, où vous voulez! Vous avez réservé avec eux une promenade en milieu sauvage, merci de bien vouloir suivre les instructions fournies en pièce jointe cryptée (contient l'heure et les coordonnées du rendez-vous fixé).
Salutations!
Teach et Zigg, Anciens Licenciés Hunters-Gen
Spécialistes Planètes CSI
Blad salua de la tête les deux autres agents confédérés en infiltration et retourna s’asseoir face à Iroey, espérant que tous les petits indices laissés suffisent à leur faire comprendre la suite des opérations. La machine de guerre fit alors la démonstration de son système de nutrition, bien moins discret que celui des humains. Le Mandalorien aguerri rit de bon cœur à la blague de son compère, avant de lui souhaiter bon appétit et d'entamer son propre dîner. Le Sergent attendit quelques instants avant de reprendre la parole plus furtivement. Il demanda si Gladys et Anatole étaient bien les contacts recherchés, Blad fit un oui léger de la tête et continua de manger sa viande saignante, délicatement fumée. L'homme au bras en beskar prit la peine de répondre tout de même, une fois sa bouchée avalée :
"Ils feront une excursion avec nous demain, histoire de passer une lune de miel inoubliable. N'oublies pas de bien réviser notre trajet pour l'occasion, il faut que ce soit parfait."
Les minutes s'écoulèrent ensuite sans bouleversement notable, la nuit gagnant du terrain et le restaurant se vidant petit à petit. Après le dessert, Blad et Zigg disparurent à leur tour de la salle à manger, afin de regagner leur chambre. Il ne leur restait plus qu'à retrouver leurs nouveaux amis demain, au lieu de rendez-vous donné.
Le lendemain matin...
Blad et Iroey étaient postés à l'extérieur de la ville, à quelques kilomètres par les routes classiques, plutôt en avance en ce matin brumeux. Leurs bagages sur le dos, ils devaient attendre d'être un peu plus loin dans la jungle avant de s'équiper correctement, en armes surtout. Blad espérait qu'Atsel et sa crevette se dépêchent, car il ne voulait pas que quelqu'un de curieux les observe ici, avec un équipement de pointe plutôt conséquent sur les épaules. Moins l'escouade croisera de gens, mieux ce sera. Iroey devait scanner la zonne actuellement, dans le but de repérer quiconque s'approchant. Blad, lui, fumait tranquillement le dernier cigare de sa boite de voyage, histoire de s'octroyer un dernier petit plaisir avant d'entamer les choses sérieuses. -
Post n°10
Auteur : Ansikt— Des campeurs-chasseurs, mon minou ! Qui me proposaient justement une petite partie de chasse : il paraît que ces trucs-là on en trouve sur Cato ! C'est-y pas mignon ! Dis, ça te dirais, toi ? Hm ?
“Mon minou”. Jamais personne ne m’a appelé comme ça. C’est… mignon, surtout de sa part. Je ne peux m’empêcher de rougir quelques instants, de surprise. Je ne pensais pas qu’elle allait s’y mettre, elle aussi… Et ça sonne autrement plus “personnel” que mes “darling” ou “chérie” qui peuvent sonner sarcastiques à ses oreilles. J’essaie de masquer ma surprise par un sourire jovial. Cependant… De la chasse ? C’est… inhabituel ? Inattendu, au moins. Nous sommes censés nous concentrer, essayer de rentrer en contact avec les militaires séparatiste, et la voilà en train de dévier sur de la chasse, avec un autre homme en plus ! L’ambiance lui a fait oublier la raison de notre présence ? Ce ne serait pas son genre, surtout au vu du type d’endroit, mais je ne peux pas écarter cette hypothèse. Je pense à l’accoster un peu à l’écart de tout, mais ça serait suspect. Pourquoi cet homme est venu vers elle en particulier ? Au vu de son physique et de son attitude, on pourrait presque croire à un “chasseur de femmes” plutôt qu’un “chasseur de bêtes”. Mais il y a, sans offense envers Azel, des femmes autrement plus jolies ou bien habillées qu’elle non-loin. Ou alors il préfère les femmes musclées ?
Je réfléchis un instant, essaie de comprendre. Cet homme et son acolyte ont déjà fait un peu de grabuge à l’entrée… Ils ne ressemblent pas vraiment à la population qui pourrait être ici, et l’homme qui avait précédemment un cache-oeil accoste Azel en particulier… Cela semble calculé. Mais… sont-ils les officiers qui nous cherchent, ou des agents Neimodiens ? Après tout, Fawchester nous avait bien indiqué de nous méfier des Neimodiens, qu’il fallait rester dans le secret. Mais justement, si cette mission est secrète, comment auraient-ils pu savoir qu’ils doivent nous intercepter ? Cela semble rapide, trop rapide. L’hypothèse des officiers séparatistes semble la plus probable. De plus, peut-être que GlAzel possède des informations dont je ne dispose pas. Lui faisant confiance, je décide de “jouer le jeu”, en attendant d’en savoir plus.
— De la chasse ? Evidemment que ça me dit ! Le frisson de l’exploration et de la découverte, il n’y a rien de mieux ! je déclare, sur un ton qui se veut enjoué, bien qu’en réalité j’espère qu’ils savent ce qu’ils font, s’ils sont effectivement nos contacts. Je remarque sa main bionique, mais ne me risque aucune remarque dessus. Je remarque également que le genre de droïde s’écarte de nous. C’est lui, qui accompagne l’homme devant nous ?
Ce dernier prend la parole, et je l’écoute attentivement, le voit pianoter quelque chose sur son datapad, puis réponds pour notre “couple” :
— Si jamais un petit safari vous intéresse pour pimenter votre lune de miel, Zigg et moi nous ferions un plaisir de vous accompagner. Nous chassons depuis pas mal d'années sur divers mondes, la survie et l'orientation ça nous connait, même si on se repose également de temps à autre dans ce genre de lieu, plus confortable. Je vais vous donner les coordonnées de notre point de départ demain, à l'extérieur de la ville, soyez à l'heure car nous avons beaucoup de choses à voir. Bonne soirée les amoureux !
— C’est une offre très généreuse de votre part ! Nous vous remercions grandement ! Et bonne soirée à vous !
Ma dernière réplique sonnait plus sincère à mes oreilles, mais le vocabulaire était peut-être un peu trop… développé pour une occasion de ce genre ? Tant pis, ce qui est fait est fait.
Un bruit assez atypique me prend les oreilles, et je dirige mon attention vers sa source : le droïde. Il s’est mis à manger, apparemment, mais cela crée un vacarme inattendu. Il essaye de détendre l’atmosphère avec une blague sur sa mâchoire mécanique. Ignorant si c’est la vérité ou non, je lâche tout de même un petit rire amical, avant de me retourner vers GlAzel pour lui parler, un peu plus bas que précédemment mais toujours audible :
— Il faudra être à l’heure et en pleine forme, demain. Pas question d’être en retard lorsque nous sommes invités, n’est-ce pas ? Tâchons d’aller vite au lit, je me sens éreinté suite à ce voyage.
Sur ces mots, je lui adresse un sourire amical et cligne plusieurs fois des yeux, d’une part pour faire passer le message en sous-entendu, d’autre part pour faire plus “amoureux” sans me risquer à lui faire une bise sur la joue. J’en ai vu les conséquences, et elles sont… douloureuses, si l’ont peut le dire.
Je décide ensuite de retourner à la table pour la dernière fois de la soirée. Ma sucrerie est presque froide, et j’aimerais profiter de ses dernières onces de goût avant d’aller me coucher.
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La nuit était…. Comment dire… Disons que la nuit était. Je ne sais pas si je me suis agité dans mon sommeil, ou si c’est la faute d’Azel, mais le lit était complètement défait, la couverture à moitié au sol, et les draps emmêlés. Profitant d’être le premier levé, je commence à faire mon bagage pour les prochaines journées. Aujourd’hui, pas de vêtements classieux : l’efficacité compte. Je vérifie une dernière fois le message des deux “chasseurs”, retiens le lieu de rencontre, et choisis de regarder quelques instants ShadowNet grâce à mon datapad. Je remarque néanmoins plusieurs articles similaires, à propos d’une conférence séparatiste, qui a pour sujet la République. Je commence à regarder, sans son pour éviter de réveiller Azel prématurément et de déclencher la colère d’un Dieu quelconque. A cause de cela je manque la majorité des informations, mais certains noms sont donnés par ce qui semblent être une vue de droïde “Lt.Tericarax” “Gne.Yvanol” “Tarun Blaum” ?
Lieutenant Tericarax… J’avais étudié ce nom, dans les dossiers sur Géonosis… N’était-il pas considéré comme quelqu’un de confiance ? Quelqu’un croyant en l’idéal confédéré et ayant accompli des hauts-faits ? Ou alors ma mémoire me joue des tours ? Si c’est le cas, pourquoi un droïde voudrait l’abattre ? Sans l’audio pour confirmer ou infirmer quoique ce soit, des questionnements apparaissent dans mon esprit, remis à plus tard par le réveil de la Mandalorienne.
Une fois prêts, nous partons déjeuner, puis quittons le Palais Gourmand pour rejoindre “Zigg” et “Teach” en dehors de la ville. Après plusieurs longues minutes de marche, j’aperçois deux formes en haut d’une colline. Ces dernières se clarifient et se révèlent être les deux individus que nous cherchions au fur et à mesure que nous avançons. Nous avons quelques petites minutes d’avance, mais rien de faramineux. Depuis combien de temps sont-ils là ?
Décidant de jouer la carte de la prudence, je choisis de rester dans mon rôle d’Anatole et de ne leur faire signer que lorsqu’ils nous ont repéré. Quelque chose me dit que cette “aventure” regorge bien des secrets... -
Post n°11
Auteur : Azel Kyone'eQuoi, j'ai dit une bantherie ? Je vois un rouge inquiétant passer sur les pommettes de Billy. J'ai soudain l'impression d'avoir sorti une énormité. Il a l'air de douter, ou d'hésiter. Je le consulte du regard : allez, faut sortir une suite là ! On a un public qui attend !
" De la chasse ? Évidemment que ça me dit ! Le frisson de l’exploration et de la découverte, il n’y a rien de mieux !
-Génial ! On va bien s'amuser ! "
Mentalement, je souffle. On y est. On va p'tet réussir à être assez crédible pour pas trop attirer l'attention. J'me retourne vers les deux autres. On est dans le coup, on va y arriver. Encore un peu d'entrainement, et on pourra se donner la réplique dans un holofilm !
" On vient avec plaisir, Anatole-minou et moi. On compte sur vous pour rendre cette journée in-ou-bli-able !
Tout à fait chéri : in-ou-bli-able ! Tu la vois ? Gladys en train de voler dans les airs au ralenti après avoir marché sur une mine, et qui te fais un super clin-d’œil en prenant la pose ? Je suis sûre que tu la vois !
Eh bah voilà ! Affaire réglée ! Finalement, la lune de miel devrait être plutôt à mon goût. Reste à voir qui sont réellement ces deux lascars. J'dois avouer qu'ils m'intriguent, l'un avec sa main en beskar et l'autre avec ses allures de droïde. La CSI et ses mystères, quoi. Impossible de savoir dans quoi on s'est embarqué, ce jour stupide où on s'est fait pincer sur Geonosis. Je suis du regard le Beskar-boy et son garde-manger - ou du corps, impossible à savoir - qui continue de se servir avant de se replier à leur table. Est-ce qu'on a été convainquant ? J'crois pas, nan. Mais au moins, c'est l'avantage d'être de parfaits débutants : on peut pas nous louper ! Et à bien y penser, c'est p'tet pour ça qu'ils nous ont mis sur le coup... Quoi, franchement : qui penserait qu'on est agent secret ? Tous les contre-contre-espions de la planète ont dû se marrer à la minute où on a posé le pied ici. Si y en a bien deux qui sont insoupçonnables ici mon ptit père, c'est bien nous, quoi. On est beaucoup trop nigauds ! J'arriverai presque à en être fière !
" Il faudra être à l’heure et en pleine forme, demain. Pas question d’être en retard lorsque nous sommes invités, n’est-ce pas ? Tâchons d’aller vite au lit, je me sens éreinté suite à ce voyage.
-En voilà une bonne idée chouchou. "
On finit nos plats consciencieusement et on prend bien garde à ne pas laisser de pourboire. Je suis pas mécontente de retrouver la chambre : le confort et l'intimité, pour un bon roupillon après s'être rempli la panse, y a pas mieux. J'vais exploser, après avoir aligné autant d'assiettes en si peu de temps ! Je jette mes chaussures contre le mur avec un soupir d'aise. Pas possible, ces instruments de torture. Je préfère encore ramper dans le désert, parce qu'au moins on s'amuse. L'holo-écran de la chambre se met à clignoter quand je sors de la salle de bain : "vous avez un nouveau message privé".
" Hey, je crois que les affaires reprennent ! "
Je balance tout ça sur notre petite machine portative : un court billet s'affiche. Je le partage de bonne grâce : j'ai jamais été très fan des billets doux. Le contenu confirme enfin ce qu'on avait espéré, à savoir que les deux types louches qui m'ont abordé sont bel et bien des "spécialistes CSI". Je sais pas si c'est vraiment un truc d'espion de passer ce genre d'info comme ça, mais j'arrive à bien saisir le procédé. Peut-être qu'un jour j'arriverai à en faire autant. En attendant, je suis plutôt confiante. La paranoïa, c'est pas mon truc.
" Eh bien voilà qui est clair ! On sait quoi faire pour notre premier jour de balade romantique ! Pff... "Teach et Zigg". Et moi qui pensais qu'ils avaient tout donné pour "Gladys et Anatole". "
J'espère juste que la prochaine fois ce sera moins... enfin, plus... breeef. J'essaye juste de mémoriser l'adresse où l'on est sensé débuter notre petite partie de tacatacatac et je referme l'application. Je me sens lourde d'avoir autant mangé. Sûr que si j'avais dû payer un tel repas de ma poche, toutes mes économies sur dix ans n'y auraient pas suffi ! Tant mieux faut croire, parce que je suis plus tellement en état de me battre si jamais un cinglé fait irruption dans la chambre nuptiale. Je pense qu'Anatole non plus, avec tous ces desserts recouverts de chantilly, sucre et je ne sais quoi.
" Bon, si tu n'y vois pas d'inconvénient, j'ai un rendez-vous trèèès urgent avec une bonne nuit de sommeil. N'oublie pas d'mettre le réveil, je crois que je risque d'être longue à la détente avec un matos pareil ! 'nenuit ! "
Je chute de tout mon poids, toute habillée, et l'oreiller m'accueille à bras ouverts. Jamais vu un oreiller aussi charmant, tiens ! Pas le temps de me changer, désolée : ce matelas mérite toute mon attention. J'oublie le message, la mission, les deux malabars, Anato-bill' et sa fausse voix suave. Et je plonge dans l'enfer d'une bonne bataille avec mon inconscient.
Ce lit déchire. Non, vraiment, j'ai rarement eu l'envie de rester dans un lit, mais là... J'dois avouer que je craque. Il est à l'image de la salle de bain : totalement inconnu au bataillon dans ma vie. J'aurais jamais deviné qu'on puisse faire des matières aussi douce. J'ai ronflé sans discontinu, embarquée dans la plus épique des batailles - sans doute que la réalité risque de me décevoir. Je ne pense pas qu'il existe de Dewback roses qui parlent, ni de robot Basilisk avec une voix de Neimoidien femelle, et encore moins d'officier de la CSI suppliant qu'on l'achève à coup de concombre quand son véhicule à propulseur par flacon de parfum tombe en panne au beau milieu d'un champ de crème glacée à la menthe. Mais c'est ce qui fait que les rêves sont des rêves. J'me souviens de m'être démenée de toutes mes forces contre une sorte de chien-loup-félin aux yeux rouges en tutu, qui me criait sans arrêt " ouvre la fenêtre, ouvre la fenêtre il fait trop chaud" ! J'ai pas compris, vu qu'on était dehors. Je crois qu'il essayait juste de me distraire pour que j'arrête d'essayer de lui ouvrir le crâne avec ma fourchette géante.
Je tourne. Rien. Je tourne encore. Rien de rien. Bon. Conclusion : ça manque de crevette par ici. J'ouvre un oeil : j'enregistre le dos de Billy en train de consulter quelque chose. Je vois pas son visage, mais la lueur bleuté qui baigne sa silhouette me l'indique de façon claire.
" Déjà en train de compiler de l'info, le cerveau ? Tu devrais te ménager. Pas question que tu nous fasses une overdose en pleine action. "
Je lui lance mon oreiller pour faire bonne mesure. Histoire qu'il lâche ce bidule : on a mieux à faire ! La chasse est ouverte !
" Tu comptais me laisser roupiller en espérant pouvoir me gueuler qu'on était en retard ? C'est raté, on sera à l'heure."
Reste maintenant à voir ce que Peach et Piig - enfin j'sais plus - nous réservent là-bas, dans la forêt. Tout le long, je marche quatre à quatre, sans prendre le temps d'admirer le paysage. Quelque part dans un recoin de mon crâne, ça pédale dur : où va-t-on vraiment ? Est-ce qu'on nous a dit la vérité, ou bien les galons nous ont-ils raconté des bobards parce qu'on doit pas trop en savoir ? La seule façon d'en être sûr, c'est d'y aller. Oh, j'me doute bien que c'est un piège. Mais le seul moyen de savoir si c'est un piège, c'est de sauter dedans à pieds joints ! ZBLAM ! Et de tout casser après ! M'enfin, j'imagine que j'vais pas avoir mon mot à dire. Après tout, t'es qu'une recrue, hein 'tsel ? Et les recrues, ça discute pas ! Pff, tu parles d'un concept.
Après une bonne heure de marche, on trouve nos deux chasseurs-campeurs en tenue de... camping, sur le bord du chemin. On s'est fait attendre ? Désolée.
" Bien l'bonjour ! C'est par ici qu'on commence notre petite partie de chasse ? "
J'voudrais pas qu'on se fasse prendre en train de saluer comme des petits soldats. Et puis les "chef bien chef", j'en ai soupé. J'veux d'abord voir à qui j'ai affaire avant. Gladys va encore servir, le temps qu'on disparaisse pour de bon des écrans radars de la ville. On doit déjà être à plus de dix bornes, mais pour des types en speeder, c'est que dalle.
" On commence ? "
J'en sautillerai sur place, si j'avais quelques années de moins ! Mais bon, les années sont passées par là, j'ai quand même plus trop l'air d'une gamine. Ouais, plus du tout en fait.
On suit nos gentils guides avec entrain. Plus on s'avance sur les chemins de terre, et plus la luminosité diminue au profit d'une flore encombrante. Ces parfums de plante, cette boue sous les pieds... Tout ça me rappelle tellement de choses. Je me revois... pas plus haute qu'un Gizka, un pantalon déchiré et une tunique de jute comme seul équipement. La machette qui taille dans les fougères. Cours, allez. Un sourire barre mon visage. Chaque arbre me semble familier. Pourtant, toutes ces feuilles n'ont rien à voir, elles sont différentes. Mais mon imagination fait le reste. Puis, sans raison apparente, on s'arrête : on nous signifie que la petite comédie a assez duré. Est-ce qu'on est arrivé ? Je pense pas... ça sent pas encore assez mauvais. Mais peut-être que la suite serait pas du goût d'Anatole et Gladys.
A regarder autour de moi, je comprends qu'on est suffisamment paumé au milieu de nulle part pour passer aux choses sérieuses. Bon, il est temps de s'trouver un petit buisson et de retirer ce déguisement stupide. Ici, ça fera l'affaire. Gladys laisse tomber son lourd bagage, et tout son rôle de composition avec. Exit la nana au sourire dentifrice, bonjour moi et mon sourire cicatrice. J'ouvre le sac d'un geste et en vide le contenu fantoche sur le sol boueux de la forêt. Sous les fringues diverses, les pièces de mon armure roule à mes pieds. Et d'un. Je sors le casque d'entre les petites culottes et les paires de bas, et enfin mes deux vibrohaches repliées dans la dernière poche, enveloppées d'une magnifique nuisette avec pleins de petites paillettes. J'en reviens pas que la CSoche parvienne à faire passer tout ça au travers d'un scanner. Tu me diras, si on y réfléchis bien... qui de mieux qu'la CSI sait comment contrer les équipements d'la CSI, hein ? J'peux pas m'empêcher de repenser aux tronches des Neimoidiens des contrôles. M'étonnerait qu'ils aient inventé la casserole, ceux-là. Mais bon. Fini de rêvasser, on enfile tout ça ! J'entends les tentatives de Billy de l'autre côté du buisson : j'ai l'impression que le zip a décidé de s'émanciper un peu. Pendant ce temps, j'ai flanqué pèle-mêle la Gladys-attitude dans les ronces et revêtu ma combinaison thermique. Je retrouve mes bonnes vieilles poches et les miettes au fond. Chacune des pièces retrouve sa petite place, et je regrette de pas avoir une flaque d'eau sous la main pour m'admirer un peu. J'en avais par dessus la tête de ressembler à rien dans les miroirs de cet hôtel !
Je fais jouer mes épaules. Punaise, c'que c'est bon de se sentir de nouveau complète ! J'ai l'impression d'avoir passé des années en bikini. La jungle n'a qu'à bien se tenir : ça péter dans tous les coins à tous les étages ! Fini les Gladys et Anatole vont au sauna main dans la main, ici, ça va être la guerre, la vraie ! Hâte de voir ce que nos deux pépés nous ont préparé. J'enfile mon casque après avoir jeté un dernier regard à mon soi-disant mari.
" Alors, sucre d'orge, prêt à tout casser ? L'est temps de mériter sa paie ! "
J'attrape mes deux nouveaux joujoux, une dans chaque paluche. J'aime le contact des manches lourds et froids, l'odeur de métal brut qui s'en dégage. Des armes aussi peu fines que moi, c'est dire. Je teste mon petit bricolage : d'un coup sec du poignet, je fais sauter le cliquet du verrou. Avec un beau "schlak", le manche télescopique se déploie jusqu'à mes chevilles. La masse de la tête de hache fait se verrouiller l'assemblage en position déployé avec le même principe. Je souris : faut croire que j'avais pas trop perdu la main, sur le tour. Bien sûr, c'est pas du travail de grande précision, mais les cotes sont suffisamment correctes pour que le mécanisme coince pas. Maintenant qu'on est dans la place, je vais pouvoir tester tout ça contre de la bonne porte blindée et peut-être, avec un peu de chance, contre quelque chose de vivant et - pourquoi pas - d'agressif. J'adresse un petit signe de tête à Billy - j'préfère quand même la crevette en Billy qu'en Anatole, ça lui va aussi bien qu'à moi, ces dentelles.
" Allez, au travail pépère. Va y avoir du labo secret au dîner. "
Je fais quelques moulinets pour m'échauffer, et je rejoins la piste où on avait laissé. P'tit soldat Kyone'e au rapport. On est parti. Je me demande à quoi ils ressemblent, en "version intégrale", les gradés : ça promet d'être intéressant. -
Post n°12
Auteur : IroeyAprès le repas, Iroey et Blad retournèrent dans leur chambre louer pur la nuit, ceux-ci auront de besoin de se reposer pour la mission du lendemain, Iro faisant comme son collègue lui avait demandé et il étudia donc les cartes du trajet de demain, regardant avec détail les obstacles pour ce rendre à la fameuse base secrète. Apparemment il n'y a aucune route pour s'y rendre, signifiant que le seul moyen utiliser avait sûrement été des véhicules aériens pour entrer et sortir. Mais le cyborg n'est pas dupe. Il étudia les plans du complexe fourni dans son datapad, trouvant quelques minutes plus tard un petit corridor menant au bas de la montagne où se trouve le bunker. Une sortie de secours uniquement ouvrable de l'intérieur. Ouvrir cette porte permettrait de gagner beaucoup de temps à la place d'escalader une falaise raide et sûrement piéger par les précédents occupant pour éviter toutes intrusions... Mais comment ouvrir cette damnée porte !? Ce dit le scientifique après plusieurs tentatives pour trouver un moyen de forcer celle-ci. La machine vit alors à sa taille le sabre laser défectueux de Crave, le regardant un moment avant d'appuyer sur son bouton d'activation, rien ne se produisant. Le sergent le regarda en détail et vit l'endroit fortement endommagé sur le sabre, le droïde remarquant qu'une partit ou le bouton d'activation est brisé ainsi que le bout de l’émetteur. Curieux, le confédéré démonta avec précision du bout de ses doigts l'engin, voyant des couplages électriques qui lui sont étrangement familiers alors que dans ses plus récents souvenirs le cyborg ne se rappelle pas avoir touché un sabre laser de sa vie. En regardant l'intérieur de l'arme de légende, il finit par conclure que le noyau énergétique ou ce qui alimente l’arme est brisé ainsi que le bouton d'activation. L'officier se tourna alors vers le commandant qui est en train de se reposer puis il prit ses outils dans son sac et sortit à l'extérieur pour aller dans les toilettes des hommes, faisant des soudures de câbles en secret pour créer une alimentation externe au sabre qu'il pourra brancher avec des fils compatibles avec une génératrice, c'est a dire son propre corps. Le géant de fer eu par conter une certaine honte, regardant l'horrible transformation de l'arme en une sorte de sabre ayant des fils lui sortant pommeau et en plus il reste quelque chose à faire. Trouver un bouton pour remplacer le bouton d'activation de l'arme. Cela ne fut pas long qu'il regardât l’interrupteur de la salle de bain et se rapprocha de celui-ci.
Un peu plus tard dans la nuit, un client de l’hôtel se rendit dans la salle de bain, celle-ci étend plongée dans le noir. Il chercha l’interrupteur et cria alors plusieurs minutes plus tard :
-MAIS BON SANG ! QUELQU'UN EST PARTI AVEC L'INTERRUPTEUR !
Encore cette nuit pendant son sommeil, Iroey fit un autre rêve étrange où il est dans le corps d'un enfant avec d'autres enfants et un autre professeur qui semble enseigner quelque chose à son avatar et aux autres. Le mentor devant eux dit des choses floues à ses oreilles, quelques mots sortants plus clairs dans son rêve comme le mot « vide » ou bien le mot « concentration ». Suivant toujours le court de son rêve, le sergent vit par la suite le maître poser devant les enfants dont celui dans lequel il voit le rêve, le sergent voyant les deux mains de l'enfant qu'il habite se dresser vers l’objet cubique devant lui, celui-ci étant projeté quelques mettre plus loin, surprenant l'enfant dans lequel le sensitive voix la perspective des choses, le maître semblant positif par ce qu'il a fait. La suite du rêve fut pareil avec différente manière d'utiliser des bases de la force, le rêve se terminant à la fin de ce qui semble être une leçon pour apprendre les bases de la force.
À son éveil, Iroey et son frère d'armes ne perdirent pas de temps à rester en ces lieux et sortir avec l'équipement lourd pour la mission, fier membre de la C.S.I sortant de la ville pour attendre avec Teach les deux amoureux dans la forêt reculer de la ville. Alors que le vétéran se grille un cigare, le matricule 000 scan les environs avant de détecté finalement deux signaux les approchants. Sur le coup, il prit des précautions, mais en entendant la forte voix d'Azel, celui-ci sortant de sa cachette, portant de vêtement de chasse. Le groupe ne perdit donc pas plus de temps et se mit en route, le cyborg regardant droit devant lui puis il se mit à discuter de se qu'il a regarder hier au commandant Unforgiven tout en gardant la voix basse pour ne pas que les deux à l'arrière ne les entendent.
-J'ai fait de petites recherches hier et j'ai découvert une sortie de secours dans le bas de la falaise où se trouve la base. J'ai le moyen de forcer la porte, mais une fois à l'intérieur ce sera l'inconnu complet...
Dit-il alors pour regarder autour de lui après un bon moment de marche pour alors déposer sur le sol son sac et y sortir un blaster E-5 avec un lance-roquette, retirant ces accoutrements ridicules pour remettre sa cape confédérée avec la capuche puis le robot mit le fusil à sa taille avec le sabre laser qui semble différent avec beaucoup de câblages, l'archétype passant la ganse du bazooka sur son épaule, redressant son dos pour atteindre une taille supérieure à celle de tout le groupe. Celui-ci se regroupant finalement de vrais militaires ! Iroey attendit donc de voir si l'idée de la sortit de secours comme entré plairait à Blad ou pas, la machine appréciant bien de voir cette femelle portée de vrai habit de guerre avec ces haches. -
Post n°13
Auteur : TericaraxDepuis plusieurs heures, le quatuor avait quitté la route, qui ne s'enfonçait pas si profond dans les landes. La végétation était épaisse et dense. Si la pluie avait pour l'heure épargné le petit groupe, les grondements du ciel et l'épais et bas plafond nuageux laissaient à présager qu'elle ne serait plus clémente pour très longtemps. Sous l'éther blanc et décoloré, la forêt était de ce vert lierre, sombre et humide typique des forêts du nord. Le sol était boueux, glissant, rendant la progression difficile et laborieuse. Chaque branche semblait prendre le plus malin des plaisirs à décharger sa rosée glaciale sur l'habit des voyageurs et l'air lui-même était chargé de cette souillure insupportable, saturé d'eau au point que respirer en devenait parfois douloureux. Glacial était le froid, des poignards perçants dont l'humidité ne faisait qu'affûter les lames, de glace était le vent, comme une grêle désagréable qui venait fouetter chaque parcelle de peau exposée à l'air, et qui traversait en un fantôme pervers jusqu'aux plus épais vêtements.
Au rythme de la boue éclaboussant les chaussures et le bas des chevilles le groupe avançait, suivi par l'orage menaçant qui – pour l'heure – se dissimulait encore derrière la cime des arbres, dont les branches se dressaient jusqu'à occulter la quasi totalité du ciel. Parfois, on entendait le cri indistinct de quelque créature ; si c'était un oiseau, son chant était discorde, sa voix était hurlement. C'était probablement les derniers soupirs paniqués d'un malheureux et paisible herbivore qu'un carnassier mettait à mort, et dont les ultimes supplications résonnaient dans l'insensible et plantureuse forêt alors que les mâchoires se fermaient définitivement sur sa gorge et l'arrachaient à la vie. Entre les troncs s'étiraient des toiles feuillues de lierre, et dansaient parfois avec, au gré d'un vent vicieux et bas, des nappes brumeuses qui, sitôt l'aquilon passé, retombaient sur le sol, des fantômes rampants, reflets de la menace qui pesait dans le ciel et ultimes responsables de l'air si glacé.
Loin était l'ardent soleil de Géonosis, perdue était l'aridité du désert ; ici régnaient la brume, le givre, la pluie, ici dirigeaient l'air saturé d'eau à la limite du respirable et les chemins boueux jusqu'à mi-cuisse, au milieu des fougères verdoyantes et des murs de végétation qui masquaient l'horizon en des fortifications grimpantes et insondables.
Un gros lézard volant passa devant le groupe avec un hurlement crissant, avant de plonger entre les feuilles, et ce fut bien là l'un des seuls animaux aperçu de près. Le bruit des armures, le souffle du quatuor lors de son avancée difficile, leur odeur même avait sans doute mis en fuite la faune plus craintive et sauvage. Un gibier bien moins sympathique harcelait depuis maintenant plus d'une dizaine de minutes les séparatistes ; des moustiques. Probablement nés des fréquentes pluies, ils formaient des nuages affamés et furieux. S'ils ne représentaient pas une menace létale, leur bourdonnement et leur acharnement auraient à terme raison de la patience même de l'individu le plus mesuré et poli. Ces hôtes imprévus en quête de sang frais harcelèrent les voyageurs pendant plusieurs heures.
La forêt s'éclaircit pour laisser place à une falaise à pic. Sur la gauche, une petite route descendait vers les profondeurs du chasme, où l'on devinait à son grondement furieux les eaux d'un fleuve torrentiel. Un pont de cordages et de planches tanguait au gré des vents, rachitique et ridicule liaison entre les deux extrémités du gouffre. C'était aisément une marche de plusieurs kilomètres le long de ce pont, et la descente vers le fleuve était au moins double. Un épais nuage laiteux s'étirait paresseusement en travers du ponceau, porté par la douceur furieuse des vents au creux de l'entr'ouverture béante dominant les flots rageurs, et il masquait la fin du pont aussi bien que l'autre rive, que l'on ne devinait qu'à peine. Suivant les indications du cyborg Iroey, le groupe prit le chemin gauche, vers les régions basses. Les eaux sauvages et sombres, après quelques kilomètres, offraient une suite de gués ; elles se calmaient sur un sable argenté et visqueux et formaient des lacs profonds et froids, entrecoupés de bancs effilés où l'on pouvait progresser – quoi que non sans mal et en file indienne. Une végétation éparse poussait sur ce parterre minéral, des arbustes robustes et courts, couverts d'épines, aux troncs cendrés et aux fleurs d'un jaune odorant. De gros insectes venaient avec un battement d'aile bruyant les butiner.
Après plusieurs longues minutes de recherches, et au désarroi de tous (à l'exception des moustiques, qui reprenaient leurs assauts) il n'y avait nul bunker au pied des roches ! Un examen plus attentif des plans révéla qu'il s'agissait des premiers concepts du bâtiment. L'ancien maître des lieux avait très probablement effectué des modifications directes et n'avait pas pris le soin – sans doute dans la volonté de rester secret – d'informer l'état major de toutes ses modifications. Dans le cas présent, on pouvait le comprendre aisément ; quel besoin avait-on pour un bunker dans un laboratoire de recherches ? C'était sans doute un détail qui avait été abandonné, au profit d'installations plus pertinentes, mais la pertinence était pour notre groupe un cruel bourreau ; bourreau de leur temps, bourreau de leur patience, bourreau des ultimes assurances qu'ils auraient pu posséder au sujet d'une quelconque connaissance de cet endroit où ils allaient s'engager. Car si leurs plans n'étaient pas à jour, qui savait quel menu « détail » différait entre la réalité et la carte qu'on leur avait donné ? Malheureusement, s'il était bien une information correcte parmi celles transmises au groupe, c'était celle des communications. Comme l'amirale l'avait annoncé au commandant Demeci, il n'y avait aucun réseau exploitable dans les environs. La seule trace de civilisation étaient les quatre séparatistes. Mais il n'était personne, à part les arbres, le vent et l'orage, aucun autre vestige de ville ou de hameau. Outre le laboratoire – en haut de la falaise qu'ils devaient encore franchir, la première habitation était ce cher hôtel qu'ils avaient quitté tôt dans la matinée.
L'heure avançant, le groupe fit étape sur les fins bancs de sable pour se restaurer et faire le point. On entendait, en provenance de la lisière, le bruissement des arbres, parfois même quelques notes d'un oiseau mélodieux. Au milieu du repas, la peau écailleuse d'une Chose aux proportions titanesques effleura la surface de l'eau, à quelques mètres de leur lieu de repos. La troupe se remit en route au pas de course vers les falaises, suivie par de grosses bulles dans les lacs adjacents.
Lorsque les confédérés arrivèrent de nouveau face au pont, les vents redoublèrent d'effort. S'ils mirent définitivement en fuite les moustiques, la passerelle s'agita dangereusement sous leur souffle. Les cordages grinçaient, les planches s'agitaient et tremblaient furieusement et la météo, insensible aux malheurs de la troupe, lâcha enfin son ultime pestilence.
Un éclair illumina le ciel, et tout l'horizon s'obscurcit alors qu'un éclat de tonnerre faisait exploser l'air. Sur cet appel cataclysmique, les nuages crevèrent enfin, laissant enfin s'abattre leur sanglante pluie, une grêle arctique, sur la région en une chute torrentielle.
Hurlaient les éclairs, ronflaient les eaux du fleuve, sifflait le vent ; mais la troupe n'avait pas encore accompli son châtiment. Il était un pont qui réclamait qu'on le passe, celui là même qui s'agitait dangereusement. L'orage formait des rideaux épais qui masquaient la visibilité à plus d'une cinquantaine de mètres.
On se renseigna bien vite sur la météorologie de la planète ; peut-être n'était-ce là qu'une tempête passagère et brève, à la façon des pluies tropicales ? Les datapads qu'on avait remis au groupe furent très explicites à ce sujet et la voix grésillante d'un expert météorologue pré-enregistrée eut tôt fait d'éclairer la lanterne des confédérés :
« Les pluies sur Cato Neimoidia peuvent être extrêmement longues. Dans les régions nord équatoriales, une simple pluie peut se poursuivre des jours durant sans discontinuer. C'est grâce à ces précipitations exceptionnelles que la végétation est aussi luxuriante et développée. La faune s'est adaptée à ces précipitations ; beaucoup d'amphibiens peuplent les forêts et marais, comme le très célèbre Irsinias Tabuleus, dont la peau est utilisée... »
Clic, fin de l'enregistrement.
Enfin, le vent se calma – mais point l'orage. Alors, le groupe entama l'étape complexe ; il fallait franchir ce pont, long de plusieurs kilomètres et si fin que seule une personne pouvait progresser de face à la fois. Il fallait marcher sur ces planches de bois trempées, sous la pluie battante, portant sur son dos son propre sac d'équipement, tout en priant la Force que l'aquilon demeure aussi calme qu'il l'était actuellement, suppliant le hasard pour que le pont ne se retourne pas. Il fallait passer au sein du nuage gris qui venait s'éventrer vers la moitié du parcours, et continuer la progression, droit vers l'autre flanc, noir et lointain, situé sensiblement plus haut. Droit vers un renouveau de forêt, et vers le laboratoire.Spoiler : HRP
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Post n°14
Auteur : Blad DemeciLes deux recrues ne tardèrent pas à se montrer, pile à l'heure. Blad étouffa sa moitié de cigare encore consommable et la glissa dans une petite boite dorée hermétique prévue à cet effet. Non content de pouvoir enfin démarrer l'opération sérieusement, le Mandalorien fit simplement un signe de la main à ses compagnons afin de se diriger rapidement dans les premières fourrées. Iroey posa un des deux sacs d'équipement aux pieds du Commandant, ce dernier se délestant du sien par la même.
"Changeons nous ici, personne ne nous espionne. Notre sympathique armoire de fer en conviendra."
Une petite touche d'humour ne fait jamais de mal... L'aîné Demeci espérait que les recrues, ainsi que son confrère cyborg, saisissent justement ses paroles. Il ne voulait pas tergiverser avec des inepties des blablas. L'homme quitta alors une partie de sa tenue pour glisser un gilet renforcé de protection sous son haut et quelques plaques de la même confection autour de ses jambes. Avec ça, il pourra encaisser facilement des dégâts que sa simple peau ne pourrait. Du genre : morsure de petit prédateur, coup porté en corps-à-corps, ou même chute dangereuse sur un sol rugueux. Pas de casque prévu par contre, de simples lunettes fines anti-contact à enfiler à la place de son cache-œil noir. Le vétéran vérifia le chargement du blaster de poing livré avec le reste du barda et enfila quelques munitions à sa ceinture. Iroey ne semblait pas avoir besoin de grand-chose dans l'équipement disponible, ainsi le Commandant lui donna directement la torche à plasma qui demeurait au fond du sac, sait-on jamais.
"Avec ça, tu devrais pouvoir nous sortir d'une situation éventuellement délicate. Fais bien attention à ne pas user la batterie inutilement, elle ne semble pas pouvoir tenir bien longtemps."
Les deux autres séparatistes semblaient prêts, la Mandalorienne faisait déjà joujou avec ses armes fétiches. Blad remballa ce qui pouvait l'être et mit sur son dos son propre paquetage de survie avant de sortir de sa cachette. S'étant assuré que rien ni personne ne rôdait autour, il tapa des mains et prit la parole :
"A partir de là on ne se quitte plus! On continue d'utiliser nos noms malgré tout, on ne sait jamais qui nous pouvons croiser dans le coin. Zigg passe devant, il nous dégagera le chemin et effrayera les bestioles, je doute que son scan ne soit très fiable plus loin dans la forêt cependant. Vu la tronche du ciel il faut s'attendre à ne plus voir grand-chose d'ici moins d'une heure. Anatole, tu es en charge de la console informatique, alors fais gaffe à bien la protéger de l'humidité dans ton paquetage. Gladys, tu seras responsable du radar, vérifies régulièrement si quelque chose approche et fais part de tes rapports au reste du groupe de vive voix. Je fermerai la marche, ok? En avant!"
Le quatuor s'enfonça ensuite profondément dans la nature hostile de Cato Neimoidia. Les premiers habitants de la forêt ne tardèrent pas à harceler le groupe : les moustiques. Blad pesta contre eux, scandant qu'il aurait dû prévoir des protections adéquates, même si en réalité ses propos s'adressaient à ses supérieurs de la CSI, toujours aussi déconnectés du terrain et peu à même de préparer les choses. Le Mandalorien exagérait bien entendu, mais il y avait toujours une part de vérité dans ce qui ressortait d'un état d'énervement avéré. Soudain, Iroey profita d'un moment plus calme pour faire part de ce qu'il avait appris sur l'objectif. Une sortie de secours en bas de la falaise? Parfait, tout bonnement parfait. Blad répondit simplement avant de relancer la marche :
"On suit ton plan pour le moment, on verra bien ce que cette base nous prépare."
Après pas mal de temps passé à éviter les branches, les champignons à spores toxiques et maintes délicatesses exotiques du style, l'escouade se retrouva enfin face à la fameuse falaise. Celle même où, à sa base, la prétendue entrée au bunker devait se trouver. Mais la première surprise se révéla aux militaires : les plans étaient erronés par endroit. Formidable! Le Mandalorien soupira et tourna son regard vers le Sergent, qui devait lui-même réfléchir actuellement à une autre solution.
"Va falloir faire autrement j'ai l'impression."
Puis, il poursuivit en s'adressant à toute l'équipe cette fois-ci :
"Une idée les gars?"
[HRP : petit message rapide pour faire avancer l'histoire, après un peu de retard pris de mon côté. J'ai ellipsé (non, ce n'est pas français) quelques éléments, mais vous pouvez tout à fait revenir dessus si l'envie vous dit.] -
Post n°15
Auteur : Ansikt
Le dénommé Teach nous invite à nous changer après quelques instants de marche. Il a appelé son compagnon “Armoire de fer”... Je le regarde. Il est beaucoup plus imposant que je n’en avais l’impression la veille. C’est un droïde ? Un cyborg ? Certainement un cyborg, puisqu’il avait eu besoin de se nourrir hier soir. Un cyborg plus cybernétique que “vivant”, apparemment. Certainement gradé, de surcroît. La C.S.I ne ment pas dans ses slogans : tout individu est accepté dans leurs rangs, à condition d’accepter l’idéal séparatiste.
Et moi ? Je ne suis pas fervent séparatiste, mais faire semblant de l’être m’a au moins évité la prison et ma même fourni nourriture et logement pendant presque un mois. Pour l’instant, je ne peux pas vraiment cracher dessus… Pour l’instant.
Je me change, non loin d’Azel. Je fouille mon paquetage, laisse de côté mes habits “chics” pour reprendre une tenue plus… souple. Elle ressemble à la tenue séparatiste légère réglementaire, mais elle est accompagnée d’un genre de cape à capuche noire. Un manteau ample, mais relativement imperméable et isolé, pouvant servir de couverture en cas de besoin ou résister à de petites interpéries. Question d’habitude, je suis plus à l’aise comme ça depuis mes temps de vadrouille. Habillé ainsi, j’ai une protection minime, mais suis bien à l’aise dans mes mouvements.
J’entends la remarque de la mandalorienne et lui répond uniquement d’un sourire en coin et d’un petit grognement approbatif. “Sucre d’orge”... Je sens que ce genre de surnom va rester… Si elle n’en a pas déjà trouvé un plus dégradant ou sarcastique… Le bruit de ses armes parvient à mes oreilles. Deux vibro-haches. Des armes solides. Je me souviens l’avoir vu les bricoler plusieurs soirs, quand nous étions encore à la base. Je regarde à nouveau mon paquetage. C’est vrai, je n’ai pas apporté d’arme. Mais à quoi bon ? J’ai focalisé mon entraînement sur mon agilité, mes réflexes, mes capacités à mains nues. Réellement m’habituer à ce corps cette corpulence, pouvoir me déplacer librement. Apporter une arme n’aurait servi à rien puisque je n’aurais pas été capable de bien m’en servir. Et mieux valait limiter les objets louches dans mon sac. On n’est jamais trop prudent.
Mon regard croise celui d’Azel. Sa remarque me laisse échapper un petit rire, ressemblant plutôt à un soufflement de nez bruyant. Je la suis, nous rejoignons les gradés. Une fois réunis, je les observe. Celui à l’oeil de cybernétique semble s’être épaissi. Peut-être une armure sous ses vêtements ? Contrairement à Azel, il ne porte pas de casque, mais a préféré des lunettes. Pourquoi pas ? Je ne suis moi même pas vraiment en armure, et ai peut-être tort d’être ainsi, mais bon. Je suis habitué à cet équipement, et ce n’est pas le moment d’avoir des regrets. Je fais d’ailleurs seulement maintenant le rapprochement : ils sont en fait tous les deux des cyborgs, à différents degrés. Si c’est une coïncidence, elle m’est amusante. Zigg, quand à lui, m’a l’air encore plus grand qu’il y a quelques instants. Je me demande si je suis en train d’halluciner, mais le voir à côté de Teach confirme ma suspicion : il est plus grand qu’avant. Il doit faire au moins deux mètres, si ce n’est plus. Je n’ai jamais été bon pour estimer la hauteur des individus, mais ce qui est sûr, c’est qu’il surplombe tout notre quatuor.
Maintenant que nous sommes tous rassemblés, le borgne nous donne les instructions pour la suite. Nous devons continuer d’utiliser nos faux noms, au cas où. Compréhensible. Je me fais d’ailleurs la réflexion que nous ne connaissons toujours pas leur grade dans l’armée confédérée. Cette question, cependant, va devoir être remise à plus tard. On me donne la garde d’un petit dispositif, une “console informatique” comme l’homme le dit. Je la place dans l’endroit le plus sec possible, emmitouflée sous différentes couches de vieux vêtements pour la protéger. Suite à cette petite annonce, nous entreprenons d’entamer notre long chemin vers le laboratoire.
Plus nous avançons, plus la végétation s’épaissit. Le chemin précédemment clair devient tortueux, boueux, instable. Je ne regrette pas d’avoir pris des bottes, mais la protection contre l’humidité de mes chausses laisse à désirer. L’humidité. Je n’aurais jamais cru souhaiter retrouver la chaleur et la sécheresse de Géonosis. De l’eau, de l’eau partout. Dans la boue, sur les branches (qui semblait prendre un malin plaisir à se déverser sur nous ou proche de nous à chaque passage). Je choisis de rabattre ma capuche et de profiter de la protection de mon manteau, mais je sais qu’il perdra en efficacité si le volume d’eau devient trop important. L’eau est ensuite suivie du vent. Sale temps, propice aux maladies pulmonaires. J’essaye de protéger ma gorge du mieux que je peux, croyant que cela pourrait être d’une quelconque utilité.
Notre progression silencieuse est accompagnée du doux râle indescriptible d’un animal quelconque. Peut-être un volatile, à en juger certaines tentatives de chant. Une petite brume s’installe, noie nos chevilles. Cela ne me met pas en confiance : si un petit animal venimeux énervé s’approche, il aura tôt fait de m’injecter son poison. Mais nous n’avons pas croisé un seul animal depuis notre départ, comme s’ils nous fuyaient. Il me suffit de me faire cette réflexion pour qu’un animal volant, apparemment à écailles, passe au dessus de nous en hurlant. Mais une fois cette interruption passée, le calme plat revient.
Le calme revient, mais ne reste pas. Des bourdonnements distinctifs approchent. Des insectes. Croyant qu’ils ne sont que passagers, je n’y prête pas attention outre mesure, mais est surpris lorsqu’ils restent avec nous, volent en essaim avec insistance. Ce sont… des moustiques. Et d’un bon gabarit par rapport aux moustiques des planètes plus “citadines”. Quelle horreur. J’essaie de repousser les immondices volantes, mais ils reviennent sans cesse. Pas le choix, nous n’allons être débarrassés d’eux que quand ils se seront lassés de nous. Je resserre encore mon vêtement, leur offrant le moins d’ouvertures possibles.
Une éternité plus tard, nous sortons de la forêt, et arrivons devant une falaise, à laquelle est accrochée un pont délabrée. C’est à se demander comment il tient encore en place, surtout vu sa longueur potentielle, cachée par la brume. Sous les directives de Teach, nous entreprenons de descendre la falaise. La boue laisse progressivement place à un genre de plage sablonneuse, mais tout aussi traître que la végétation. La végétation ici est beaucoup moins luxuriante que dans la forêt, mais non moins intrigante. Je remarque notamment des plantes à fleurs dégageant une odeur sucrée, presque alléchante. Si nous n’avions pas été en mission, et s’il n’y avait pas eu des monstruosités insectoïdes les butinant à cet instant, je me serais approché.
Cependant, une fois arrivés sur place : Rien. Pas l’ombre d’un bâtiment. Nous avons fait tout ce chemin tortueux pour rien ? C’est… presque décevant. Frustrant, plutôt. Et pour couronner le tout, les moustiques reviennent à la charge. A ce moment précis, j’aurais souhaité avoir un lance-flammes et faire un carnage, tellement ces immondices me tapent sur les nerfs. Mais en apparence, j’essaie de garder mon calme, de rester stoïque, refermant juste à nouveau mes vêtements.
Le “chef d’escouade” nous demande notre avis sur la suite des événements. Une discussion s’enclenche, et l’idée est rapidement amenée d’aller directement au laboratoire. Le chemin le plus rapide (et aussi, le seul) est de prendre le ponton à moitié délabré. Quelle misère…
Nous rebroussons ainsi chemin et profitons de l’occasion pour faire une petite pause pour nous restaurer. Pause qui tourne court lorsqu’un bête titanesque se montre à la surface de l’eau, sans que l’on puisse l’identifier. Souhaitant ne pas finir proie d’une créature de ce genre, nous pressons le pas et revenons devant le pont.
Le vent souffle. Très fort. Cela ne va pas être un avantage pour traverser un pont aussi brinquebalant, mais je ne peux pas me plaindre : les moustiques ont pris la fuite, définitivement. La maigre réjouissance est de courte durée alors qu’un éclair zèbre les cieux et qu’une pluie torrentielle se met à tomber. Une vérification rapide sur un datapad indique que ce genre d'intempérie est là pour durer. Dans un grognement agacé, nous abordons le pont, alors que la pluie s’intensifie.
Les marches sont glissantes, incertaines. Le cordage tangue de façon disproportionnée au premier mouvement sur le côté, ce qui nous oblige à mettre un pied devant l’autre au centre des planches pour minimiser les risques. Et, même si le vent se calme, on a l’impression que la Nature est contre nous. Qu’elle lance comme un avertissement, une menace. Comme si une conscience externe faisait tout en son pouvoir pour nous empêcher d’ouvrir la boîte de Pandore. Mais nous ne sommes pas arrivés jusque là pour rebrousser chemin maintenant. Non, ça signifierait que nos heures de tourment ont été passées en vain. Et je n’ai aucune envie que ça soit le cas. -
Post n°16
Auteur : Azel Kyone'eJ'avais dit qu'il me tardait de savoir à quoi ils ressemblaient en version intégrale ? Je l'ai dit oui. Le gros droïde a enfilé une super cape de la mort qui tue avec un insigne dessus - celui de la CSI, si je me rappelle bien. Ouais, bon, c'est pas faute de l'avoir vu sur tous les data de la bibliothèque et flottant au vent au-dessus d'un camp pendant trois semaines ! Bref. Je me fais la réflexion qu'il tient vraiment à montrer de quelle boîte il est sorti, celui-là ! Le borgne à la main de beskar, lui, fait dans la sobriété. Il a juste changé de tenue. Il faut que je me souvienne qu'on est en mission secrète et pas en assaut frontal. En parlant d'assaut, j'enregistre Anato-Bill' qui sort des fourrés, délesté de ses froufrous d'époux transit. J'aimais pas sa tenue bien plus que la mienne, mais je cache pas ma surprise devant son choix. Genre, la crevette, tu vas dans la jungle armé d'un legging et d'un stylo ? J'aime ça ! Mais je crois que c'est un peu prématuré, dans notre cas, hein. M'en veut pas. Billy a jamais preuve d'une grande attirance pour les armures lourdes, il est plutôt du style à courir vite et en silence. Ok, pourquoi pas, mais vu l'environnement qu'on nous sert, j'ai bien peur que ce soit pas non plus hyper judicieux... Je ne fais aucun commentaire. Pourtant, c'est pas l'envie de sortir une petite raillerie qui me manque ! J'dois devenir sage, je crois bien !
Les chefs ne perdent pas une seconde en politesses malvenues : ça, très bon point. J'avoue que j'avais été mal habituée ces derniers temps ! On est content de retrouver la bonne vieille franchise du troupier. J'aurais pas été très enthousiaste à l'idée de me coltiner un coincé du fondement ou un passionné des protocoles. Si l'énorme boîte de conserve reste parfaitement stoïque - faut dire que ses moyens d'expression sont assez limités - son camarade m'est déjà plus sympathique. D'ailleurs, je le préfère en guide touristique qu'en gros lourd pique-assiette, ça lui va mieux ! Je ne manque pas de le détailler derrière ma visière : c'est bizarre, cette armure légère m'en rappelle une autre... Elle ne porte pas d'insigne, contrairement à la cape du cyborg.
" A partir de là on ne se quitte plus! On continue d'utiliser nos noms malgré tout, on ne sait jamais qui nous pouvons croiser dans le coin. Zigg passe devant, il nous dégagera le chemin et effrayera les bestioles, je doute que son scan ne soit très fiable plus loin dans la forêt cependant. Vu la tronche du ciel il faut s'attendre à ne plus voir grand-chose d'ici moins d'une heure. Anatole, tu es en charge de la console informatique, alors fais gaffe à bien la protéger de l'humidité dans ton paquetage. Gladys, tu seras responsable du radar, vérifies régulièrement si quelque chose approche et fais part de tes rapports au reste du groupe de vive voix. Je fermerai la marche, ok ? En avant ! "
Cool ! Un truc qui fait bip ! J'aime bien quand ça fait bip-bip. Surtout quand ça fait boum après ! Mais là, ça fait juste bip... C'est pas si mal. Je tourne le radar de poche dans tous les sens, très intéressée. Eh puis faire part de mes rapports de vive voix, c'est parfaitement dans mes cordes... vocales ! Ahah, ouais, j'dois être la seule à me trouver drôle ! Bon, comment ça marche, ce truc...
" Y a pas moyen de couper le son ? C'est pas discret des masses, vot'machin. "
En désespoir de cause, j'appuie sur le bouton off. Je suppose que je peux pas espérer mieux : le boîtier m'a surtout l'air d'avoir été conçu pour être solide, pas discret. Bon, moi je m'en fiche après tout, j'ai jamais affirmé être un bon agent. Juste un agent, parce qu'on m'a pas vraiment donné le choix. Je me mets en marche en première ligne avec le colosse du groupe. On va servir de débroussailleuse à l'avant, pendant que les yeux et oreilles guettent à l'arrière. C'est une bonne stratégie - de ce que je connais de la stratégie, en tout cas, eh. N'ayant pas quatre bras contrairement à Jean-Charles le Besalisk, je trouve chemin faisant le moyen d'attacher le radar à ma ceinture, avec un lacet piqué sur une guêpière de Gladys. C'est sûr, ça résistera pas indéfiniment, mais le tissu a l'air d'être d'assez bonne qualité pour faire l'affaire. Je me balade donc aux côtés de Zigg-zag (bravo 'tsel, t'es trop forte) avec mon bipbip sur le devant, orienté dans le sens de la marche, et mes deux haches à la main. J'exécute de grands moulinets en rythme pour faucher devant nous les fougères, racines, ronces et toutes sortes d'horribles choses végétales qui barrent la route. De temps à autre, ça gicle, ça crache des spores et des choses non identifiées... Une tâche d'acide crépite contre mon gantelet : sympa, ces petites plantes ! Je devrais en cultiver, dans mon appart'... Enfin, si un jour j'ai un appart'. Bwerk !
" Vraiment pas mal, le terrarium géant. J'comprends mieux pourquoi les tours opérators en font la pub. " je grince, entre deux notes d'un rire désabusé.
C'est le moment que choisit un premier visiteur pour jaillir d'un buisson et passer sur nos têtes en hurlant. J'ai manqué de lui tailler un short, mais la chose est bien trop agile pour s'inquiéter de mes mouvements de petite chose clouée au sol ! On reste sur le qui-vive, au cas où d'autres visiteurs moins farouches. Mais le radar continue de biper calmement, n'affichant rien d'autre que nos quatre points. Le chemin devient pénible, le sol mou et collant nous empêche de progresser aussi vite qu'on le voudrait. Mais, surtout, un autre problème fait surface, un problème d'origine insectoïde, cette fois !
Bien sûr, c'était trop beau, un voyage sans anicroche ! Ennuyeux, même ! Parce que les marais et les jungles, c'est pas suffisamment amusant tout seul, non. Un nuage bruyant s'est formé peu à peu autour de nous. Je suppose que la chair fraîche a dû les attirer : voilà c'que c'est de ne porter qu'une tunique Je les avais pas remarqué, ces petites fiottes, jusqu'à ce que l'un d'entre eux parvienne - l'Invincible sait comment - à rentrer dans le mince espace libre entre ma visière et mon nez. L'enflure commence à bourdonner comme un perdu et je lâche un hurlement furieux.
" Espèce de... !!!! "
De quoi ? De... de... de MOUSTIQUE ! Ouais, parfaitement ! C'est suffisamment insultant aux yeux de n'importe quelle autre espèce !
Après avoir titubé sur quelques mètres, je balance mon casque et mon crâne contre le tronc massif d'un vieil arbre. ZBLANG. Dans tes dents - si t'en as. Ce qui m'étonnerait. Bon, par contre j'avoue que j'y suis peut-être allée un p'tit peu fort... Le monde bouge tout seul et je sens que mon sens de l'équilibre n'a pas apprécié. Mais je m'en fiche : j'ai escarbouillé - verbe du premier groupe, si si - l'intru sans tarder. Il aurait dû faire comme ses petits camarades et rester à l'extérieur. La curiosité, ça paye pas tant que ça !
" Héhé... J'l'ai eu, le saligaud ! "
Alors, on fait moins le malin, en deux dimensions entre le métal et ma zygomatique gauche ! Haha ! Eh bam, la branche que j'avais pas vue en plein sur le front. Vous inquiétez pas les mecs, je gère. Olé ! Je rattrape Colonnel Cling-clang qui continue son œuvre de bulldozer devant Anatole et Teach. D'une main, je reprends mon travail de taille de haies. J'comprends pas pourquoi les jardiniers se donnent autant de mal, c'est très simple en fait. Inlassablement, je continue mon boulot. Tchic-Tchac.
Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac.
La fatigue commence à raidir mes bras et mes jambes. Chaque nouvelle branche devient plus dure que la précédente, et mon esprit s'enlise dans le vacarme qui me semble grandir de minute en minute. Le vent qui souffle, les moustiques qui bzeu-bzeutent et le radar qui bip-bipe, j'ai les oreilles en dentelle. Mon enthousiasme est douché, comme mon corps qui vient subitement de se voir déverser quelques litres d'eau quand éclate un orage de tous les Dévaroniens. Manquait plus que ça. C'est bon ! Quine ! Les oiseaux au loin me donnent l'impression de se payer notre tête.
" Quelle planète débile. "
La flore se fait moins dense par ici. En général, ça veut dire qu’on est pas très loin du bout !
Devant nous, un énorme gouffre que traverse un pont de corde. Ah, ben tiens ! Faut dire, ça m'aurait paru bizarre qu'ils nous construisent un joli pont de permabéton et de transparacier au beau milieu de nulle part ! Je jette un regard à la construction brinquebalante. Y a bien moyen que ce truc lâche le jour où il devrait servir ! Mais finalement, le chemin indiqué par Zigg ne passe pas par-là : on doit descendre. De là où on est, je sais pas dans quoi il va nous faire atterrir, mais c’est lui qui a la carte. Bien obligée de suivre… C’est glissant, humide et plein de brume. Rien de bien anormal donc ! On est rassuré : c’est aussi moisi en haut qu’en bas ! Quoique…
Je réactive mon radar bip bip. Rien, que nos trois pauvres points sur un écran vide. Je sais pas si c'est une bonne nouvelle : ils sont où, tous les bestiaux des bois ? Ils ont décimé toute la forêt ou quoi ? C'est louche. Devant, un canyon qui descend, et de chaque côté, des falaises perdues dans la brume. Les lisières d'un nouveau pan de forêt se dessinent derrière les nuages gris. Grâce à la flore plus rase, on peut enfin avancer à un rythme décent, et bientôt, on touche au pied d’un premier mur de roche. Selon le plan donné par Zigg, on devrait être arrivé. Le problème ? Je vois que des cailloux, moi. Rien qui ressemble à un truc construit ou une ouverture.
Comment ça ? Pas de labo ?!
Nan... Z'êtes sérieux là ? On s'est fait avoir comme des chauves-faucons ?! Oh la misère... Je reste les bras ballants, un sourcil levé. C'est pas possible. On a fait quatre heures de marche à travers cette chienlit pour se retrouver face à... rien du tout ? Le pire, c'est que tout le monde a l'air aussi déboussolé et frustré que moi. Teach se retourne en se grattant la tête. J'en aurais bien fait de même. C'est la meilleure : alors si même les renseignements de la CSI savent plus où se trouvent les bâtiments de la CSI... on est bien, tiens ! J'oscille entre l'envie de rire et la consternation. Pour donner un juste milieu, je plante mes mains sur mes hanches et j'attends. C'est quand même un comble. On est sensé faire quoi si on sait même pas où on va ? On tourne dans ce trou paumé pendant des jours jusqu'à ce qu'un truc trouve le moyen d'avoir très faim et essaye de nous bouffer ? J'pensais avoir atterri dans une armée, un truc bien organisé, quoi. Je reste un peu sur ma faim.
" Une idée les gars ? "
Punaise, si même le gradé a plus d'idées, comment moi je suis sensée en avoir ? Comme Anatole reste muet comme une carpe, je décide de donner le change, à tout hasard...
" Un pique-nique ? J'ai faim... "
Ouais, j'ai bien compris que mon humour était un humour particulier, hein.
" J'dec. Nan, mais, à bien y repenser, si j'voulais planquer un labo, je le ferais pas à flanc de falaise, et pas non plus en haut d'une colline, quoi... Plutôt là où ça se voit pas depuis l'atmosphère : sous terre, au beau milieu d'la forêt, ou dans une grotte... "
Les Mandaloriens connaissent bien l'astuce : les caches d'armes enterrées, c'est l'une des spécialités locales, avec quelques épices explosives. Radical pour cacher tout ce qui doit être caché ! Pas de repérage possible sans matériel ultrasophistiqué, pas de risque d'être vu par inadvertance... M'enfin, j'ai pas la prétention de savoir comment raisonnent les cellules grises de l'élite CSIenne. Si la carte est complètement fausse, on peut très bien se trouver encore à des kilomètres. Ou bien s'il s'agit juste d'une petite erreur, bah y a qu'à fouiller la zone... Après, c'pas moi la spécialiste du "on fait quoi maintenant". Demande plutôt à Anato-bill, c'est lui le cerveau ! Eh pis c'est quand même pas à moi de prendre une initiative, hein ! Je suis la recrue, dans l'histoire, faut pas l'oublier. Bon. Pas vraiment le choix, si j’ai bien compris : faut rebrousser chemin. Je mentirai en disant qu’je saute d’enthousiasme à cette idée. Demi-tour... droite ! Et la ritournelle recommence, tous derrières et nous devant.
Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac. Tchic-Tchac.
On finit par déboucher sur un coin plutôt sympa en bord de rivière. Petite plage de sable, un peu d'air, on en profite pour faire une pause. Ouais : UNE PAUSE ! Ah ! Excellent, ça, les pauses. Casse-croûte time. J'espère juste qu'un machin sauvage va pas trouver nos sandwich trop à son goût. J'ai pas envie de me battre pendant ma pause déjeuner : la graille, c'est sacré.
Bien fait de prendre mon temps d'ailleurs, parce que la petite séance du matin se prolonge toute l'après-midi. On doit avoir parcouru la moitié du continent à pieds, et on est toujours pas rendu. Ce coin de forêt là nous paraît d'ailleurs de moins en moins sympathique.
Retour à la case départ : on grimpe en sens inverse tout ce qu’on s’est carré de monter quelques heures plus tôt. J’te raconte pas le gâchis. Moyennant quoi, arrivés en haut, c’est le climat qui se met à faire des siennes. Tu me dirais, vu la tronche du ciel, fallait bien que ça nous tombe dessus à un moment ou à un autre. Mais à un autre j’aurais préféré, quand même, parce que traverser cette chose mal rafistolée en pleine tempête, je trouve ça pas terrible. Je pianote rapido sur le data confié par la CSI. J'ai vu Billy faire de même plusieurs fois : ça doit pas être sorcier. J’atterris sur la page "Géographie et climatologie". Allez, Cato, Cato... Voilà. Dis-moi ce que tu sais là-dessus, le génie ! Un enregistrement de piètre qualité me raconte d'une voix professorale que la planète est régulièrement soumise à des orages et pluies diluviennes... Gnagnagna, non sans blague, j'l'aurais pas deviner toute seule ! J'suis déjà trempée jusqu'aux os à avoir passé deux minutes sans l'abri d'un arbre !
" Mais elles durent combien, ces pluies, nunuche ?! Allez ! "
Pas possible : l'enregistrement est coupé. On est vraiment pas aidé... D'un geste de rage, je flanque le datapad dans l'une de mes poches. Je me demande pourquoi j'ai espéré que ce truc m'aiderait : on est jamais mieux servi que par soi-même. Il n’y a pas grand-chose à faire : au signal, on se lance, et advienne que pourra. J’ai l’impression que ça va mal tourner. En même temps, vu la situation, je vois pas comment ça pourrait tourner autrement que mal ! Billy passe devant, je lui emboîte le pas, suivi par Teach et Zigg qui ferme la marche. Mon pied tâche de la planche : c’est pas bon. Vraiment pas bon. Mais quoi, il est pas né celui qui me fera faire demi-tour pour une planche un peu pourrie.
J'aurais pas cru que des minutes puissent être aussi longues... Si seulement le jet pack d'Eyan avait encore été vaillant ! On aurait pas eu à se tarter ce pont de malheur. Quel est l'architecte débile qui a dessiné ça ? J'comprends pourquoi Fenn dit que "architecte" est une véritable insulte. Pas de doute. Le bois est pourri - pas étonnant vu le climat - les cordages grincent plus que de l'acier rouillé et m'écorcherait les mains si j'avais pas été sauvée par mes gants. Rien ne va : mes pieds glissent, mes mains glissent, je suis portée à droite et à gauche à cause de ces foutus rafales... Y a encore du progrès avant de devenir acrobate, c'est sûr ! Arrivés au trois quart du kilomètre qui nous sépare de l'autre falaise, une rafale emporte les cordages et notre poids fait se tordre le pont. Zigg doit bien peser son petit quintal, et moi pas beaucoup moins avec mon barda, sans compter les deux autres. Résultat : une belle torsade, et tout le monde se retrouve suspendu la tête en bas avec un pont à l'envers. On finit le trajet en regardant une rivière plus de cent mètres en contrebas. Mes mains tremblent sous l'effort, chaque parcelle de mon corps refuse de se laisser attirer par le vide. Je peux pas me retourner pour savoir ce que sont devenus les officiers : je risque de déporter mon poids et de basculer. Dans le bruit, impossible de communiquer davantage que par quelques cris. Belle galère ! Mais allez, 'tsel, t'es pas arrivée jusqu'ici pour crever... T'as vu pire. Concentre-toi et lâche rien.
Je me mords la lèvre jusqu'au sang pour parvenir à ne pas lâcher, à me hisser de toutes mes forces jusque sur la terre ferme. Dès que mon deuxième pied est au sol, je bascule en avant et m'écroule avec un soupir de soulagement. Tous mes crédits contre une serviette.
Allez, souriez quoi ! On est en vie ! Hein ? Bon, pas le temps de passer trois heures à se remettre d'un petit voyage renversant, hélas. Faut que je trouve le souffle d'en lancer une, juste pour la forme. Je parviens à me redresser, et j'éclate de rire. Le stress, sans doute, ou un truc comme ça. Mon camarade de chambrée a pas l'air mieux en point que moi, au moins.
" C’était plutôt pas mal. On le refait ? "
A condition d’abord qu’on se refasse une p’tite pause aussi, avec casse-dalle et coup de séchoir. Ce serait pas plus mal, compte tenu que j'ai plus d'eau que de métal sur le dos, en ce moment. Du coup, quarante kilos plus trente, ça commence à faire lourd, pour courir dans la boue. Je vous le cache pas. Le vent doit avaler la moitié de mes mots, et mes oreilles ont du mal à capter ceux des autres. On cherche un coin pour échapper à ces rafales à la noix : là-bas, des arbres assez costauds. La forêt semble reprendre, après avoir été interrompue par la rivière et ses marais. Avec un peu de chance, le vent va chasser le brouillard et on pourra enfin savoir où aller dans cet enfer. Non parce que c’est pas qu’j’aime pas le tourisme, mais bon. Parfois, faut savoir s’arrêter.
Soudain, mon radar s'agite.
BIP BIP BIP BIP BIP !
Un truc fonce sur nous à toute allure, son point se rapproche à vitesse grand V des quatre autres. Je bondis sur mes guiboles : enfin un peu d'action ! Le problème, c'est que je suis séchée. Pas sûr que mon bras me lâche pas en pleine action. Dans la pénombre entre les plantes, impossible de savoir ce que c’est : seul le point sur mon écran me presse de crier à mon arrière-garde :
" INTRUS A TREIZE HEURES !!! " -
Post n°17
Auteur : IroeyIro reçut alors une torche à plasma de teach, celui-ci acquiesçant en prenant note des faiblesses de l'appareil avant que le quatuor ne se mette finalement en route.
Bien que le cyborg soi en majeur partit peu contrarié par la mauvaise température, il y a bien une chose que son corps à de la difficulté sur quelque chose que les autres : la boue. Le sol peu meuble sous ses pieds rend la tache plus contraignante pour le séparatiste, car son poids, malgré le fait que son nouveau corps est plus léger que l'ancien est très lourd. À chaque pas que fait le robot, ont peu voir ses pieds couler jusqu'à environs sa cheville, ses muscles hydrauliques grinçant sous ses efforts répétés, rendant la marche oins discrète que prévu. Suivant son plan, Zigg marche et marchent encore, surveillant par moment ses coéquipiers pour être sûres que le temps ne les gêne pas, leurs natures organiques les rendant plus fragiles au froid que lui sans compter le vent et l'orage qui guette au loin.
Une chose est sure : Iroey n'aime pas trop cet environnement. Il se croit comme sur Felucia, mais en pire! En regardant dans le ciel, il put voir l'étoile sacrée de son monde natal. Les déserts de Géonosis lui manquent grandement comparés à cette avancée sinueuse dans des régions forestières peu praticables. Le géant de fer regarda brièvement Blad, se rappelant leurs affrontements brefs dans les déserts lors d'une simulation de combat dans une petite ville. C'était le bon vieux temps. Quand il était encore un bleu et se sentait invulnérable dans son corps ridiculement lourd et son blindage super épais. Se comportant comme un officier supérieur en plein milieu des combats qui fond rage. Une cible parfaite pour un tireur embusqué. Quoi qu'il en soi, il semble que la biodiversité environnante soi plus actif que les grands déserts de la planète capitale de la C.S.I. Des créatures herbivores se cachant dans la végétation et des créatures volantes survolant leurs têtes par moment, attirant la curiosité du droïde, se surprenant à être intéressé par des créatures primitives et organiques. Jamais par le passé il n'aurait été capable d'un tel exploit.
Mais après la pluie le givre et la boue ce fut quelque chose d'autre qui se mit à harceler ses frères d'armes. Les moustiques locaux semblent affamés et se battent pour pouvoir obtenir le Précieux Sang des deux mandalorien et de l'homme en leurs présences. Bien que peu touché par ces créatures, le bruit agaçant de leurs ailes se mit à énerver peu à peu le sergent, celui-ci se mettant à taper du doigt sur son blaster, la commotion semblant faire perdre les esprits d'Azel car celle-ci en écrasa un contre un arbre avec un coup de boule. Assez impressionnant cela sans dire, mais pour un être fait d'organe comme elle, le mal de crane dois être présent maintenant.
Après encore un bon moment ennuyeux à endurer ces créatures vampiriques, ils arrivèrent devant un grand gouffre avec un pont. Un pont en bois et de corde qui semble vouloir s'arracher à chaque brise parcourant la crevasse profonde avec une rivière au fond. Heureusement pour eux, ils n'auront pas à prendre ce chemin, se contentant de descendre par un chemin de terre vers le bas, le confédéré se dirigeant vers l'endroit ou devrais se trouver l'entrer secret du bunker. Quand ils furent arrivés, ce fut la déception totale. Rein du tout. Même après plusieurs revérifications de son plan, ils sont tous au bon endroit au mètre près. Alors que le commandant Unforgiven discute avec les autres sur la démarche à suivre, la machine se met à tâter les pierres dans un dernier espoir d’enclencher un mécanisme servant à découvrir une porte derrière un faux mur de pierre, mais en vin. Ses plans sont bel et bien faussés. Les plans étant les premiers concepts de la base, ceux-ci ayant pu être modifiés depuis le temps. Faute d'idée spontanée, le groupe se reposa sur le bord de l'eau, la machine regardant les alentours avec un autre œil, surveillant sans arrêt l'orage qui menace le ciel de ces noirs nuages encré. Mais ce fut de courte durée, car une créature aux proportions titanesques fit voir son dos, la troupe se remettant en route vers les hauteurs pour éviter d'être le repas de cette créature.
Une foies remontée, ce fut le dilemme que l'officier aurait voulut éviter à tout prit : la traversé du pont aux apparences si fragiles. Mis les choses étaient rendues compliqué, car l'orage que surveillais Iroey depuis un moment les avait rejoins lors de la remonter, le pont étant balancé de gauche à droite sur les forts vents de cette tempête, la pluie et la bruine masquant littéralement l'autre rive. La demoiselle les accompagnant eu pour idée d'écouter son datapad concernant les pluies, les nouvelles ne s’annonçant pas du tout bonne, le groupe étant donc forcé de traversé le pont ici et maintenant. Iro arriva pour suggérer qu'une personne à la fois traverse le pont, mais il semble que ses coéquipiers soient rendus à bout de patience à cause de la température, ceux-ci s'étant déjà lancés sur le pont... Zigg n’eut d'autres choix que de suivre lentement, se tenant fermement aux cordes et mâchant dans les endroits qui semble le plus solide sou ses pieds, mettant surtout tout son poids sur les cordes fragiles. Près de la fin du pont, une bourrasque intense fit alors basculer le pont et ses occupants, le prototype et le reste de l'escouade se retrouvant à lutter pour leurs vies en se tenant au cordage et à se qu'ils ont sous leurs mains, rejoignant difficilement l'autre côté de la rive, se tirant hors du gouffre une fois la traversé enfin terminer. L'archétype se redressa alors péniblement en s'éloignant du bord, offrant son aide à Blad et Ansikt pour les aider à rejoindre le plancher des vaches. Mais ce fut alors qu'il cru qu'un peu de repos serrait de mise, le détecteur de la mandalorienne s’activa, celle-ci criant qu'un intrus arriver vers treize heures. Iroey attrapa son E-5 à ça taille et le brandit dans cette direction, une mains sur vers son lance-roquette au cas où. -
Post n°18
Auteur : Blad DemeciLe soldat Azel montrait des signes de bonne volonté durant cette mission. La Mandalorienne fit part de son avis sur l'entrée supposée du laboratoire tant recherché. Blad continua de réfléchir silencieusement quelques secondes, concluant intérieurement que les scientifiques séparatistes n'auraient probablement pas fonctionné de la sorte pour cacher leurs précieuses expérimentations. Cependant, l'idée de la "camionneuse" n'était pas impertinente. Iroey et le jeune Billy restaient muets, à cogiter dans leurs coins. L'aîné Demeci siffla la fin de la pause après un petit quart d'heure et ouvrit la marche jusqu'à un pont suspendu, donnant sur une jungle semblable à celle que le groupe venait de quitter. La route à suivre était claire à présent, selon le flair de l'expérimenté Commandant. Ce pont était sûrement là "juste pour faire joli". Si la CSI avait implanté son si confidentiel laboratoire de l'autre côté, nulle doute qu'une passerelle ou un quelconque moyen de traverser bien plus pratique était dissimulé quelque part. Là encore, impossible de vérifier, l'escouade devait donc se lancer dans cette seule piste, qui ne pouvait être plus mauvaise qu'une autre de toutes façons.
Le vent eu la bonté d'écarter les insectes volants, au détriment de l'équilibre des quatre compagnons et de la stabilité du pont. Les secondes semblaient être des minutes sous ce souffle glacial. L'eau déposée sur les planches du vieux pont rendait l'exercice glissant et forçait les militaires à jauger chacun de leurs pas. Blad s'efforça de s'agripper au mieux aux cordages encore intactes pour s'aider dans cette avancée laborieuse. Le Commandant priait également pour que le poids cumulé de l'escouade ne fasse pas céder la structure suspendue. Sur ce point, les séparatistes s'étaient un peu trop hâtés et auraient dû s'y prendre autrement. Comme quoi, même avec les années d'expérience on pouvait se laisser aller à l'aventure et s'emballer quelque peu face aux défis. Trop tard, maintenant qu'ils y étaient il fallait terminer le boulot.
Une fois arrivé au bout, Blad relâcha la pression et souffla un bon coup. Cette épreuve lui rappelait les exercices que son père lui infligeait durant son enfance. Comme cette fois où Blad avait marché sur trente mètres de corde tendue, au-dessus d'un sarlac affamé. Il n'avait que dix ans, inutile donc de souligner le fait que la bouche béante du monstre faisait bien huit à dix fois sa taille. L'éducation Mandalorienne était dure, d'autant plus dans un environnement aussi hostile que celui proposé par le désert de Tatooine. Et voilà que l'officier se retrouvait dans ce genre de situation, remerciant finalement son père pour ces entraînements si difficiles. Blad se redressa après avoir resserré ses bottes et constata que le groupe était toujours entier, tout comme le sens de l'humour d'Azel.
Les infiltrés n'eurent malheureusement pas le temps de se remettre davantage de leur route : une créature puissante filait droit sur eux, depuis les fourrées. Le radar d'Azel s'affola comme un astro-mécano en panique ; la vitesse de l'animal était impressionnante. Les soldats s'armèrent vivement en vue du combat à venir, chacun optant pour son propre style. Blad, lui, empoigna de sa main organique son fidèle DC-15S, ce flingue qui l'avait sauvé tant de fois au cours de sa carrière. Son bras en beskar était légèrement en avant, prêt à protéger un minimum le Mandalorien en cas de choc frontal. La bête surgit de la jungle d'un bond incroyable, fondant sur le Commandant de tout son poids. Ce dernier tira plusieurs fois avec son pistolet blaster avant d'être emmené sur plusieurs mètres au sol par le coup. Le monstre était en fait un narglatch, un habitué des mondes tempérés et humides. Blad en avait croisé plusieurs quand il chassait avec ses frères ethniques. Il ne s'attendait pas vraiment à en croiser particulièrement par ici, néanmoins cela n'avait rien de bien surprenant non plus. L'animal semblait avoir été blessé par les tirs du Commandant, hurlant terriblement à son encontre, une plaie fumante sur les côtes. Le descendant de Mandalore, toujours au sol, commença à se secouer la tête et à s'aider difficilement de ses bras et de ses jambes pour se relever.
Le coup puissant du narglatch avait bien faillit sonner le vétéran, qui n'était d'ailleurs pas tout à fait revenu à 100% de ses capacités depuis sa convalescence récente. Nulle doute que cette mission allait le remettre en jambe, encore fallait-il y survivre. Alors que la bête tournoyait en rugissant autour de sa proie, hésitant désormais à se ruer sur elle, le radar d'Azel se remit à biper vivement, dévoilant deux autre points rapides non loin. Cette créature avait probablement amené sa petite famille, peu accueillante, jusqu'aux séparatistes. Ce qui allait, entre autre, empêcher les autres soldats de venir en aide à leur officier.
"Dispersez vous!"
Scanda Blad à ses hommes, plus qu'un genou à terre. L'homme fixait la créature mécontente qui s'apprêtait à l'attaquer de nouveau, comme si ce duel se passait aussi entre leurs regards. Parfaitement immobile, Blad tenait toujours fermement son arme de poing dans sa main, déterminé à se sortir de ce pétrin. Sans crier gare, le narglatch blessé se décida à enfin redonner l'assaut pour, cette fois, tenter d'abattre sa cible. Le Mandalorien se releva complètement en même temps, d'une puissante poussée sur ses jambes, bras mécanique en avant, le poing serré. La manœuvre eu pour effet de frapper violemment le sternum de l'animal. Celui-ci parvint tout de même à griffer le torse du guerrier cyborg, partiellement protégé par sa tenue de combat légèrement renforcée. Les griffes lacérèrent seulement la surface de la peau finement halée du Commandant Unforgiven, puis la bête fit un bond en arrière de deux mètres, pour se remettre du coup de poing furieux qu'elle venait de se prendre. Blad en profita pour pointer son arme à nouveau sur elle et lui infliger une salve de lasers meurtriers.
A cette distance, n'importe qui aurait été capable de viser juste, mais seul un vétéran de guerre aurait eu la lucidité de le faire, du moins après être passé aussi près de la mort. Blad plongea au sol après ça, glissant jusque dans des buissons non loin, afin d'observer à couvert si ses camarades s'en étaient également sortis. Il remarqua d'ailleurs qu'il ne restait plus que quelques mètres derrière lui avant de retrouver le vide tant redouté précédemment, sous le pont fragile suspendu. Heureusement que le Mandalorien avait pu mettre un terme à son combat, ce piège mortel aurait très bien pu finir par le tuer sur le long. -
Post n°19
Auteur : Ansikt
Nous progressons à rythme correct sur le pont, malgré les forts balancements de ce dernier à chaque pas. Le cordage et les planches tanguent, tanguent encore, si fort que le pont se retourne. Je ne dois mon salut qu’à mes réflexes, qui me font agripper fermement les cordes. Un éclair de douleur traverse mes muscles sur le coup, mais je tiens. Ce corps est relativement léger, et les muscles que j’ai développé me permettent de tenir. Avancer, par contre, va être une autre paire de manches… Je vois ceux devant avancer avec difficulté, mais avancer quand même. Je les imite, une main après une autre. Nous arrivons finalement au bout de notre traversée. Je vois Teach et Azel se hisser, à la suite de Zigg. J’essaie de les imiter. Je me balance, prends mes appuis… et manque de tomber. La roche est trop glissante. Le cyborg remarque que j’ai manqué de tomber, et m’offre sa main. J’accepte sans broncher et il me hisse comme si je ne pesais rien. Au moins, je n’ai pas à utiliser mes capacités raciales pour me sortir de là. C’est déjà une occasion en moins de me faire découvrir.
A peine avons nous le temps de nous remettre de cette épreuve qu’un autre problème arrive, signalé par les “bips” répétitifs du petit boîtier en possession d’Azel. Je me redresse, me place un peu sur le côté. Je n’ai ni l’armement ni le gabarit pour confronter un ennemi en face-à-face. Je serai bien plus utile en soutien sur le côté, à prendre l’adversaire à revers. Cependant, il se révèle qu’il n’y pas un ennemi, mais trois. Un gigantesque félin bondit des fourrés et fond sur l’autre humain. Sans pouvoir réagir, deux autres individus surgissent des fourrées. Le plus imposant tacle Azel et ils roulent un peu plus loin dans la végétation. Le moins imposant porte son attention sur moi, et je recule par réflexe. Ce n’est qu’à ce moment que je remarque sa stratégie de me séparer du groupe. Mais trop tard, il me barre la route. J’arrive néanmoins à remarquer qu’un ombre bondit à son tour sur Zigg, non signalé par le radar, peut-être car en retrait par rapport à sa “meute”. Pourvu qu’ils se débrouillent tous bien…
Ne faisant pas attention à cet élan de compassion de ma part, je me concentre de nouveau sur mon opposant. Il est légèrement plus petit que celui qui s’est jeté sur Azel, mais possède de grandes sortes d’épines, formant comme une crinière au dessus de sa tête. Peut-être une différence mâle/femelle ? Ou alors est-il le plus fragile de la troupe, et m’a-t-il choisi car il me considère comme une proie plus facile ?
Profitant que je réfléchisse, le prédateur attaque, me saute dessus. Je réagis trop tard pour esquiver et lève mon bras droit, dans lequel il plante ses griffes. Faisant fi du mieux que je peux de la douleur, j’essaie de le tenir en place, mais les assauts répétés de sa mâchoire vers ma gorge me font perdre du terrain. Il faut que je bouge, ou il se fera un festin de ma jugulaire.
L’animal décide d’appliquer tout son poids sur moi, et c’est à ce moment que je réagis. Je fais rétrécir mon bras, ce qui le déséquilibre, et me désiste de mon manteau. Je profite de son instant de confusion pour soulever mon tissu sur son visage et frapper au niveau de son museau pour l’étourdir, avant de fuir un peu plus loin. Je vois un arbre robuste, et commence à grimper, changeant mes doigts en griffes pour mieux m'agripper à l’écorce. Mon bras droit saigne, me fait mal sous l’effort, mais l’adrénaline me fait continuer.
A distance respectable, je cherche à formuler un plan. Je suis trempé et avec un peu de boue dans le dos. Foutue pluie, je vais attraper la mort… Et encore, je suis ici à peu près protégé par le feuillage dense de la jungle. J’ai l’avantage de la hauteur, c’est déjà ça.
Allez… Réfléchis… C’est un prédateur. Un félin. Il peut grimper aux arbres. S’il me remarque, il sera plus vif que moi. Rester discret, noté. Mais il ne sait pas où je suis, et j’ai l’avantage de la hauteur. L’environnement est à mon avantage également. Qu’est-ce que je peux faire…
Je remarque des branchages, plus bas, à côté de grosses roches. Depuis mon arbre, je peux rejoindre un arbre voisin si les choses se corsent, même si la branche que je convoite semble frêle. Je remarque également des fruits mous sur mon arbre, peut-être utiles en tant que projectiles ?
Des déclics se font dans ma tête alors que le prédateur approche de ma position. Très bien, voyons qui va être le prédateur et qui va être la proie.
Je prends délicatement un fruit jaune et le lance avec force vers le félin. Le projectile fait mouche, déversant son jus sur le visage du félin, qui secoue la tête violemment. Enervé, il se tourne vers moi, et grogne avec fureur. D’un bond agile, il saute au pied de l’arbre et commence son escalade. Mince, il est plus rapide que je n’avais pensé.
Entre pression et semi-assurance, je change d’arbre et renvoie un fruit sur le félin, qui cette fois l’évite. Il saute pour me rejoindre, mais la branche se brise sous nos poids combinés, le faisant chuter en dessous de moi. Il essaye de me griffer, mais se rendant compte qu’il lui manque quelques centimètres de portée, il entreprend de retomber sur ses pattes. Il atterrit au sol sans grands dommages, mais il ne réagit pas assez vite pour m’éviter. Ma cinquantaine de kilos tombe sur son dos, vers ses reins, et il ploie sous le choc. Tous les deux sonnés, je reprends mes esprits plus vite, et frappe sa nuque. Il gémit un instant, se débat, mais j’essaie de garder prise. Je lui porte un nouveau coup avant de lâcher ses épines. Derrière lui, juste avant de toucher le sol, j’attrape sa queue et tirer. Le choc avec le sol est dur, douloureux, mais je suis mon idée et prends une des roches que j’avais noté précédemment.
Boitillant, la bête se retourne, prête à attaquer, mais ne reçoit qu’un caillou de taille moyenne dans la figure, suivi de griffe de ma main transformée dans le museau. Sur les rochers mouillés, il glisse et tombe sur le côté, ce qui l’entrave suffisamment longtemps pour que je le frappe une dernière fois dans la mâchoire et qu’il tombe inconscient. Remarquant qu’il ne se démène plus, je laisse échapper un grand soupir. J’ai de la chance. C’était quitte ou double. S’il se relève, je suis sans défenses. La pluie glaçante bat contre mes cheveux et ma gorge. Il faut que je retrouve mon manteau.
Je me relève avec difficulté, transi de froid, un filet de sang coulant de mon avant bras droit et avec des douleurs dans les muscles abdominaux suite au contact violent avec le sol rocheux. Mais je peux me rassurer en me disant que je suis en vie. Je reviens sur mes pas, retrouve mon manteau. L’intérieur est trempé, l’extérieur est boueux. Et merde. Je l’enfile tout de même, me disant que c’est mieux que rien.
Intrigué, je retourne voir la bête vaincue. Elle respire. Faiblement, avec un rythme irrégulier, mais elle est en vie. Sa truffe saigne, et elle est certainement blessée au niveau des jambes, vu sa perte en vivacité suite à ma chute sur elle. Qu’est-ce que je fais ?
Je pourrais l’abandonner, mais ça serait certainement du gâchis. Elle finirait certainement proie d’un prédateur quelconque. Non, non. Pas question.
Je peux essayer de la ramener au groupe, après avoir vérifié s’ils sont sains et sauf. Peut-être qu’ils sauront quoi en faire. Avoir sa viande et sa fourrure serait mieux que rien, même si je ne me vois pas la tuer. Ou alors, il y aurait une autre solution, même si les conditions ne s’y prêtent pas. Elle est diminuée, bien moins dangereuse que précédemment. Y aurait-il moyen de l’éduquer, de l’adopter ? Cette pensée est presque intrusive, étrange de ma part, mais je me dis qu’un animal de ce genre pourrait être un bon compagnon, à défaut d’être un animal de compagnie ou un bout de viande dans l’assiette d’un quelconque prédateur.
Décidant qu’il vaudrait mieux en discuter avec le reste du groupe avant, je traîne l’animal inconscient dans un petit abri naturel, un monceau de terre et de roche l’abritant de la pluie. Il est assez en contrebas pour que l’animal soit dissimulé et qu’il ait des difficultés à en sortir avec sa jambe blessée. Mais de toute façon, il est inconscient, et certainement pour un bon moment. La bête n’est pas trop lourde, peut-être six, sept kilogrammes, mais mes muscles endoloris ne sont pas suffisants dans l’instant pour la déplacer longtemps. Je retiens l’endroit, et revient vers le groupe. Je leur exposerai la situation, et nous reviendrons le chercher s’il s’ont d’accord. Je n’aime pas l’idée de le tuer, mais je ne pourrai pas nier que ça serait une source de viande et de fourrure utile. Et s’ils ne sont pas d’accord, je pourrai au moins me dire que j’ai laissé sa chance à ce prédateur, même si c’est plutôt hypocrite au vu de l’endroit où je l’ai laissé et l’état dans lequel je l’ai laissé.Spoiler : HRP
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Post n°20
Auteur : Azel Kyone'eAh ben j'la voulais, ma bestiole, eh bah je l'ai !
" Osi'kyr ! "
Beau morceau, tiens. Et véloce, avec ça ! J'ai à peine le temps de rouler dans les fougères que je sens un souffle me raser les oreilles. Les quatre pieds énormes font trembler le sol. C'est Teach qui est visé... va savoir, il a peut-être une odeur plus attirante ?
" Dispersez-vous ! "
J’me fais pas prier. Rester dans le champ de tir, c’est s’exposer à se faire aplatir la face par une tonne de muscle déterminée à nous en faire voir. Quand je peux enfin me redresser pour voir distinctement ce qui nous fonce dessus, je réalise que j’ai déjà vu des trucs comme ça quelque part. Impossible de retrouver le nom, mais je suis certaine d’avoir déjà croisé des mastodontes pareils. Le premier de la file s’en est pris à Teach : il devait avoir une bonne tête, faut croire !
Le radar en profite pour s’affoler de plus belle : pépère est pas tout seul, il a ramené la belle-famille avec lui ! Génial ! Je me rue au milieu du chemin et je gesticule : quitte à se choisir une cible, autant qu'ce soit moi, eh !
" Hey, tu t'es pris une porte pour avoir la tronche aussi plate ?! "
Impossible de savoir si l'animal à piter un mot de ce que je viens de dire, mais ça lui plaît pas. Tant mieux, c'était l'but ! L'un des suiveurs décide que je ferais un repas convenable et bifurque. C'est qu'c'est agile, ces machins ! Le félin rugit pour me laisser une chance de comprendre qu'il n'est pas content. Ok, c'est cool, mais faudrait aussi expliquer pourquoi, nan ? Bref, pas l'temps d'niaiser, j'évite d'une roulade les pieds qui tentent de m’aplatir. Je contourne les babines et abat une première fois ma hache de droite sur le cou massif. SCHLACK ! La lame pénètre profondément dans la couche de poils et de graisse qui protège ces muscles tendus. Comme on s'y attend, pépère apprécie pas des masses ! Je roule sur le coté pour esquiver encore, cette fois une patte qui tente de me renverser d'un coup en traître. Je me relève. SBLAM, la queue que j'avais pas calculé me fauche au niveau des genoux. Retour au sol, cette fois pas vraiment contrôlé. Mince, va falloir corriger un p'tit peu les réflexes, là !
" ROOOOOOOOAAAAAAAAAAARRRR !!! "
Pépère - en fait, c'est p'tet mémère, j'en sais rien - s'est retourné et me saute dessus. Pas l'temps de réfléchir, faut agir. Je pare son coup avec ma hache gauche et envoie la droite sur son coude. SCHLACK ! Et bim, une papatte en moins ! Enfin presque : le coude part en vacances et l'animal va devoir danser sur trois jambes. J'ai peut-être ma chance. La mâchoire se referme sur le métal vibrant, avec un bruit étrange. J'voudrais pas être à ta place, mon p'tit père, tes dents vont pas aimer !
" Lâaaaaaaaaache çaaaa !! "
Je tire, à droite, à gauche. Les yeux m'assassinent et un grondement sourd me signale qu'il n'est pas question de donner des ordres. Alors toi, tu m'connais pas : si tu veux un concours de fortes têtes, tu vas en avoir un ! Ma deuxième hache s'abat à trois reprises sur la tête hideuse. J'ai du sang plein les mains, mais en face, ça ne lâche rien non plus. Il me tire en avant. Je plante mes talons dans la boue et je m’arque-boute pour ne pas bouger. Et là, cette enflure relâche tout, me ballotte sur son flanc, toujours agrippée à mon arme. Je grogne sous le choc. Je sens que je me fais traîner sur quelques mètres, quand je parviens à planter ma deuxième arme dans les côtes et à découper un bon morceau de peau. Sans trop comprendre, je me retrouve à cheval sur le dos de mon adversaire. Je suis pas sûre d'avoir bien compris ce qu'il a trafiqué dans sa colère, mais c'est assez délirant ! Ou alors, c'est aussi parce que ma tête commence à souffrir des aller-retour qu'elle fait dans mon casque. Pas très content du résultat de son tour cette fois, je me découvre des talents pour le rodéo...
Je plante ma hache droite dans la chair dure et sèche du dos : une poignée improvisée. On galope comme deux bons copains sur une portion de forêt, avant que je ne me fasse éjecter manu militari contre un tronc. Eh allez, encore un bon effort de compression ! A croire que je fais finir en deux dimensions. Mais, bizarrement, la bête a l'air d'avoir perdu de sa superbe ! Faut croire que les hémorragies c'est pas très bon pour la santé. Je prends pas le temps que compter mes bosses et mes plaies, je préfère rester concentrée sur les crocs et les griffes qui rôdent encore autour de moi.
" RAAAAAOOOOOOOOAAAAAAAAAAAARR !!! "
Face-de-mur essaye de se la raconter encore un peu, histoire de ne pas avoir à dire aux rejetons qu'il s'est fait découper par le repas de midi. Je le chasse, avec quelques moulinets en guise de mise en garde.
" RaaaAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH !!! "
Moi aussi, je sais rugir, tête-de-pioche ! Allez, arrive, qu'on se marre ! Le monstre me répond, furieux, et me charge derechef. Cette fois, j'suis prête, plus que prête même ! Mes doigts trouvent les boutons d'activation des vibreurs et j'entends le furtif sifflement qui caractérise ce genre d'arme. Il est temps de voir ce que ce petit séjour à la CSoche a fait à mes avant-bras !
Le choc me propulse en arrière et je sens l'écorce craquer dans mon dos, de concert avec mes vertèbres. J'ai une galaxie à la place du cerveau. Mais c'est pas comme si je pouvais continuer d'injurier quelqu'un les quatre membres coupés.
" Ben quoi ! T'en as pas assez eu ?! Allez, viens m'chercher ! "
Un rugissement furieux accueille ma bravade, mais le bestiau s'estime trop amoché pour revenir encore à la charge. Il caracole en zigzaguant comme un twi'lek ivre entre les arbres et sort de mon champ de vision. Je le suis, sans beaucoup plus de grâce cependant. Faut dire qu'il m'a pas loupé, le bougre. Impossible de le rattraper, il est déjà loin, et j'y vois pas grand chose avec toutes ces plantes qui font des mètres de haut ! Avec un peu de chance, il ira raconter à ses copains qu'essayer d'ouvrir des boîtes de conserve, c'est une mauvaise idée.
" Ohé ! Y a des gens en vie par ici ? "
Bon. Azel toute seule au milieu d'une jungle, c'est pas terrible. Ils sont où, les agents tout terrain ? Je titube un peu jusqu'à l'arbre le plus proche, et je tente un coup de gueule aux feuillages, au cas où.
" Qu'es'tu fous, 'tole ? Eh ! Oh ! "
Impossible de savoir où il est allé ! Tu parles d’un travail d’équipe ! Je vais encore devoir utiliser mon... eh, où j'ai flanqué le radar ?! Il a dû partir pendant mon rodéo. Vas-y 'tsel, cherche ce fichu bip-bip dans la fange ! Je jure à voix basse. C'est pas mon mal de crâne et ma collection de courbatures qui vont m'aider... Toutes ces péripéties m'ont un peu désorientées.
Résultat : je sais plus où on est. Enfin, c'est pas comme si je l'avais su avant ! Juste que du coup, avec ces arbres au-dessus de la tête, pas possible de savoir où est le nord. Tout en écartant les branches et les feuilles, je baisse le nez pour pas me prendre les pieds dans les racines qui trainent. Puis, d'un coup, je m'arrête : bingo. Les garçons, tatie 'tsel a trouvé quelque chose ! Viendez !
" Hey, les mecs ! Matez-moi ça. M'étonnerait que cette variété-là pousse sans un peu d'aide ! "
A mes pieds, une manivelle de vanne à la peinture écaillée. Et en-dessous, complètement mangée par la verdure, la silhouette trapue et massive d'une tuyauterie. Mon regard suit le tuyau qui s'enfonce ici pour reparaître là, serpentant discrètement dans la forêt. Je suis peut-être pas aussi futée que Billy, mais j'pense qu'on aurait plutôt intérêt à suivre ce truc-là. Qui sait, y a peut-être un labo au bout ? Ou une fosse. Dans ce cas j'aurais juste eu l'air débile, une fois de plus.
Mon regard se porte vers les feuillages qui s'écartent : voilà Anatobill'. Il fait une drôle de tête. -
Post n°21
Auteur : IroeyIroey attendit alors silencieusement, une bête sauvage sortant alors des buissons en rugissant fortement, le cyborg le regardant alors foncer vers Blad qui eu un court échange avec lui, la bête se reculant blesser avant de finalement se faire rejoindre par le reste de sa troupe de danse, le bipeur d'Azel s'affolant quand chacun de ses monstres s'en prit à l'un d'entre eux. Suffit de savoir qui serra le malheureux qui lui tombera dessus... Pour des raisons évidentes pour rester discret, le robot ne prit pas son lance-roquette et garda la créature dans sa mire, celle-ci le regardant, reniflant l'aire curieuse, mais essayant tout de même de se faire menaçante.
Contrairement à ses amis organiques, il ne sent pas la chair fraîche et la bête sauvage semble hésiter à savoir si ce qu'il est est bien une proie ou non. Voyant que la créature se décida enfin à charger vers lui, le prototype esquiva vivement, son adversaire passant à côté griffe vers le devant. Le sergent réfléchi un moment aux nouvelles manières de combattre avec ce nouveau corps, devant complètement changer sa manière de se battre avec ce nouveau corps qui est moins axé sur la défense, mais plus sur la mobilité. Le séparatiste se mit alors en position de combat, comptant affronter cette chose avec son nouveau corps pour faire un vrai baptême du feu, fonçant vers le prédateur, ses pieds faisant éclater la pierre sous ses muscles hydrauliques puissants alors qu'il s'élance, sautant au dernier moment pour attraper la gorge du monstre, se faisant tournoyer et tomber assied sur le dos de cette bête sauvage, le coup reçu avec la force centrifuge et son poids tombant directement sur la colonne vertébrale du monstre causant de lourds dégâts au félin qui tomba sur le sol, Iro descendant de son dos pour l'inspecté. Toutefois, cette créature était encore vivace et lui donna un puissant coup de griffe sur son torse blinder et d'un autre, faisant reculer l'ancien humain de quelques causant des étincelles et des rayures sur le blindage en alliage de l'archétype.
Le militaire regarda alors sa carlingue puis de nouveau son adversaire avant de lui donner un bon coup de poing sur le côté de la tête en plein sur la tempe, l'officier confédéré sentant quelque os se fracturer sous son coup. Cela eu pour effet de sonner la bestiole qui bava un peu en regardant chancelante autour d'elle, le droïde relevant alors son bras droit qui tien son fusil E5, déposant la bouche du canon sur le front du monstre avant d’appuyer trois fois, le prédateur s'écroulant mollement sur le sol, une fumée noire s'échappant du front de la bête alors que les yeux du narglatch eux semblent avoir roulé dans leurs orbites suite aux impacte contre son cerveau qui est maintenant détruit. Malgré cette victoire, une sorte de honte gagna la conscience de l'être cybernétique. Ci cet adversaire avais été quelqu'un comme un seigneur sith, il serrait de nouveau en pièce... Des améliorations doivent être apporté à ses techniques de combats et sur ce, il devra se procurer une arme fiable.
Suite à ce combat, Iroey se mit à la recherche de ses compagnons, utilisant sa vision thermique pour scanner les environs, voyant généralement l'emplacement de ses alliés qui sont maintenant séparés. Le robot se mit alors à marcher dans la direction du plus près de lui,quand soudainement, la voix d'Azel se fit entendre, la machine se dirigeant directement vers elle et put voir un long et grand tuyau. Iro la regarda puis attendit les autres sur ce point de ralliement. Une fois la troupe de nouveau réunie, le sergent prie la parole et dit :
-Si vous avez besoin de reprendre des forces, je vous l'accorde... Je propose que l'ont suive ce tuyau qu'Azel à trouvé ici qui monte dans la montagne...
Dit-il, chacun ayant des blessures suite au combat avec les chats sauvages. Même si pour certains elles sont plus minimes, les entailles de griffes du monstre restent taillées dans l'acier du devant du corps du cyborg. -
Post n°22
Auteur : TericaraxMalgré les péripéties du groupe, le temps semblait insensible à leur situation. Le ciel et la végétation formaient un humide cachot où s'étendaient en d'incessantes traînées une pluie bruyante et glacée. Une risée sinistre faisait onduler les feuilles verdies et luisantes des fougères en bouquets - grises dans le jour morose. Loin était la nuit, mais l'obscurité n'avait pas eu la même patience; elle s'extirpait de l'horizon lointain, se déversait comme un poison dans les nuages bas et filandreux, rongeait la lumière, tuait le jour, avalait la couleur. Sous un linceul apathique imbibé de morosité, gluant de lassitude et d'une pointe d'incertitude, l'équipe progressait.
Ils suivaient un long bras de fer qui s'arc-boutait dans le sol. Comme un serpent de légende, il plongeait puis bondissait inlassablement dans puis hors d'un océan terreux; entre des vagues inertes d'une boue glacée et mouvante, à travers un bosquet d'herbes épaisses et visqueuses, ou se noyant dans une mare vaseuse à la surface grise, trouble comme un miroir brisé sous l'incessant martellement de la pluie. Comme le cyborg Iroey l'avait indiqué, il s'agissait bien d'une montagne où ils s'engageait; plus correct aurait été le terme de haut plateau. Entre les arbres, une épaisse brume apparut graduellement; simultanément le dénivelé devenait plus important, et le sol ruisselait, à l'image des cieux. Des cascades boueuses dévalaient gaiement les rares points chauves de végétation.
Un grondement, soudain un des nuages éclatait. L'air vibrait alors d'un roulement profond et grave qui rampait dans le ciel, et un éclair déchirait l'horizon, accompagné d'un blanc cataclysme qui irisait toute l'eau dans l'air, puis on replongeait dans l'obscurité et l'assourdissant silence tapissé d'humide pourriture. Loin d'être muette, la forêt murmurait des messes basses. Mais de sons d'oiseau comme de lézards on ne voyait plus; seuls les éléments s'exprimaient. Le reste de la nature s'était tut.
La montée ne fut pas de tout repos. À plusieurs endroits, des glissements de terrain obstruaient la voie, forçant à de longs et fastidieux détours. Mais ils avaient une indication, une confirmation que leur piste était la bonne; les boussoles tournaient furieusement dans toutes les directions. L'aiguille du nord effectuait des tours de cadran frénétiques; et le matériel électronique lui-même semblait étrangement affecté. Ils avaient pénétré la zone de fort magnétisme indiquée par l'amirale Zan'nta. Si, par chance, le corps du cyborg Iroey ne semblait pas affecté, les composants de communication, eux, étaient hors course et complètement fous. Au milieu de la végétation, il fallut déployer de nombreux efforts pour retrouver le seul et véritable guide de cette expédition: une grosse pipe d'acier gris. C'était ce tuyau le maître véritable de l'expédition, le point de repère impérieux et fiable que le groupe s'était engagé à suivre. En lui reposait tous les espoirs de l'expédition. Sur ce cylindre courbé et ondulant de fer clouté industriel on avait misé le succès de l'opération. C'est donc tout naturellement qu'au milieu de l'ascension d'une pente périlleuse, déserte de toute végétation, il choisit de s'éclipser. Disparu, le guide.
Envolé, car pourquoi aurait-il mené des intrus non conviés jusqu'à son origine? Ils étaient des étrangers...Et maintenant, des étrangers égarés.
Naufragés dans l'océan d'une immensité plantureuse et humide, les quatre auraient pu s'entretuer. Il est vrai, ils ne se connaissaient, somme toute, que depuis moins d'une journée. Ils avaient perdu leur étoile du berger et naviguaient en eau trouble; si la tempête menaçait à tout instant de frapper le mât de leur navire, c'était bien leur discorde qui pouvait définitivement les couler. Le commandant Demeci et le sergent Iroey avaient sous leur garde deux soldats fraîchement formés. Et ils devaient, contre vents et marées, localiser le laboratoire. Mais à présent, ils étaient arrivés sur un plateau qui ne grimpait plus; le groupe s'était retrouvé dans un labyrinthe d'arbres aux troncs serrés et aux feuilles épaisses; entre les silhouettes millénaires des pères forestiers et leurs barbes de lierre, la brume s'agglutinait - comme par paquets...
Oui, comme des loups, ils auraient pu se dévorer. S'abattre froidement pour voler sur les cadavres encore chauds une provision supplémentaire, un matériel de plus. Rebrousser chemin, annoncer à l'état major l'échec. Un animal sauvage, une embuscade, une catastrophe...Le temps que de nouvelles équipes viennent, la forêt aurait depuis longtemps englouti dans ses méandres sombres et pourris les preuves...Une sorte de paranoïa générale s'installa. Un agacement soudain, une mésentente intérieure. Un malaise. Etait-ce la fatigue? Etait-ce le stress? Inexplicable en était la cause, mais indiscutables les effets. Pervers, discrets, une dissension subtile et l'envie de ne pas s'attacher à ceux qui nous entourent. Cet effet s'étendait, invisible, comme une toile mortelle autour du quatuor; dans chaque esprit, organique comme cybernétique, flottait le capiteux parfum d'un soudain égoïsme et le besoin d'une individualité farouche - une existence jalouse et unique. Et il suffisait juste d'un petit effort...Un petit acte, un petit sacrifice de deux inconnus...
Ils passèrent - encore tous vivants et sans effusion de sang - à travers un mur blanc et moutonneux de nuage qui les trempa jusqu'à l'os. Et derrière...
Une vaste clairière. Les arbres reculaient en cercle large, n'osant s'approcher plus loin. Un éclair zébra le ciel, avec un hurlement grave et impérieux; les cieux éclatèrent d'une formidable étincelle qui bondit comme un dragon entre deux nuages; mais son panache de blanc tomba sur les arêtes rudes d'une haute muraille. Derrière se dressait une silhouette noire et menaçante, un roc qui surplombait les murs eux-mêmes. Quand le faux jour reprit ses droits de gris, la forme se révéla plus précisément.
Il s'agissait d'un complexe. C'était un bâtiment empli d'un air rigide d'industrialisation. Forteresse de technique, il trônait au centre de la forêt, imposant, inerte à en devenir menaçant. Si l'on devinait des fenêtres dans le bâtiment principal, elles n'émettaient aucune lumière. Une gigantesque porte d'acier interdisait autrefois l'entrée dans ce complexe, couplée à des barrières électriques au-dessus des murs. Mais la porte gisait à bas, brisée. L'entrée vers l'enceinte était libre - déserte même.
Devant le seuil de titane et de pierre de ce qui tenait lieu de citadelle, le quatuor pouvait à nouveau réfléchir l'esprit libre; le poison de la discorde semblait les avoir abandonné sitôt entrés dans le périmètre de ce laboratoire. Devant eux, l'ultime obstacle: la porte qui menait vers les profondeurs, vers les équipes de recherches. Malheureusement, si les murailles n'avaient offert aucune résistance, tel ne semblait pas être le cas de cette porte. Car elle était obstinément fermée et seul un panneau d'authentification y donnait accès. Qui aurait pensé, vraiment, que l'équipement prévu par l'amirale pourrait se révéler si précieux et utile en cette situation?
***
En exceptant quelques complications, l'ouverture de la porte ne fut pas si difficile qu'escompté. Enfin, nos séparatistes purent poser le pied à l'intérieur de leur objectif...
Noir. Nulle lumière n'éclairait cet étage; excepté les rares éclairs de l'horizon, par l'entrée. Mais cette lumière s'arrêtait quelques mètres après l'embrasure de la porte, engloutie par l'abysse du silence et de l'immobilisme. Aucun interrupteur ne fonctionna dans l'entrée. Les panneaux d'alimentation devaient être plus bas; et l'alimentation générale avait aussi bien déserté les lieux que ses anciens occupants...
Pour progresser, il fallut allumer une torche électrique. Dans le disque limité qu'elle produisait, on distinguait des portes, fermées. C'était un couloir, un vestibule après la porte principale. La pluie s'était également arrêtée sur le perron, abandonnant à un mutisme pesant.
Dans le noir insondable, le disque lumineux de la torche était le seul point visible. Il fallait fouiller chaque salle séparément. La porte principale, restée ouverte, donnait vers la forêt sauvage - mais sa lueur ne fut bientôt plus qu'un lointain souvenir, englouti par la nuit d'encre du laboratoire.
Les quatre compagnons se heurtèrent à trois portes, qui scindaient le couloir en autant de directions. Elles disparurent avec un sifflement voilé dans le plafond. Derrière l'une d'elles, des leds grésillantes illuminèrent les murs. Les autres demeuraient plongées dans les ténèbres sans son et figées où chaque pas semblait éveiller des démons invisibles et une raidissante malveillance.
Le passage éclairé était un ilôt au milieu de l'abîme. Mais, un vétéran comme un novice aurait su pertinemment que se tenir dans cette lumière trop longtemps eut été du suicide. Aussi haïssables et terrifiantes fussent les ténèbres totales, l'inconnu absolu était peut-être préférable à se tenir sur un maigre radeau de lumière; car cela signifiait de se révéler, faible et vulnérable, à tous les yeux qui guettaient depuis la nuit. Et c'était peut-être même l'obscurité qui avait avalé les équipes de recherche...
On déboucha dans une salle - enfin, adieu aux couloirs. Elle était étonnamment ordonnée. Des tables de verre y étaient disposées, des établis. Et dans le noir, on distinguait des armoires ferreuses adossées aux murs, et des conduits d'aération au plafond pour des hottes chimiques; sur les tables, du matériel coûteux de recherche était organisé avec soin. Mais un objet, tout particulièrement, attira l'attention du quatuor. C'était une petite caméra, de celles employées pour filmer les protocoles et que les chercheurs affectaient tout particulièrement pour pouvoir revoir leurs manipulations lors de leurs réflexion. La présence de cet objet n'était-
Un bruit dans les conduits.
Silence.
Dans le champ de la torche, une vive ombre!
Une simple étagère...
Les nerfs étaient mis à rude épreuve.
Avec toutes les précautions du monde on finit par se résoudre à observer le contenu de la caméra. Sa cassette enregistreuse était toujours présente et pouvait être lue sur un datapad classique. Il ne fallut pas longtemps pour la faire fonctionner.
Un hologramme grésillant se projeta dans la pièce, bruyant et parasité. L'image qui se projeta au mur: 4 / 9 / 9 ABM.
Les chiffres en lettres spectrales et tremblantes indiquaient la date qui correspondait à cinq jours auparavant. La projection demeura figée pendant plus de trente secondes. Trente longues secondes, où les chiffres restèrent, apeurés, à flotter dans l'air.
Soudain, le visage d'un humain apparut. Il portait des lunettes et une blouse. L'air jeune mais les traits cernés, c'était probablement un jeune, rasé de près et aux yeux profonds. Son visage - gris et décoloré dans la projection - fixait droit derrière le quatuor, vers un interlocuteur invisible.
- R...Réallocation? Vous n'êtes pas sérieux j'espère disait-il.
- / Ordre direct de l'Etat Major, professeur./ lui répondit une voix saturée et monocorde. / Le major Steinberg et son équipe arriveront bientôt./
L'homme battit des cils, secoua la tête.
- Le m...major? Et...Et nos recherches? Nous avons des manipulations en cours, vous ne voulez pas que nous interrompions tout. C'est de la folie.
- / Vous vous expliquerez avec le major. /
Le professeur fronça les sourcils.
- Le lieutenant ne laissera pas une telle chose se produire...
- / Le lieutenant a été démis de ses fonctions. Vous répondrez directement au major à partir de maintenant./
L'humain se décomposa sur place.
- D...Démi...H...Hey, attendez!
Il sortit précipitamment du champ de la caméra, main tendue dans la direction où se trouvait son présumé interlocuteur. Avec son départ s'arrêta l'enregistrement. Sitôt l'hologramme disparu, la seule source de lumière redevint le disque blanc de la torche, au milieu de la salle noire...Spoiler : HRP
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Post n°23
Auteur : Blad DemeciLe monde sauvage avait affronté les soldats de la CSI, symboles du progrès et de la technologie. Les créatures qui avaient attaqué l'escouade étaient soit mortes, soit suffisamment diminuées pour ne pas repointer le bout de leurs truffes. Blad avait prudemment analysé visuellement la situation de ses partenaires, puis il s'était décidé à sortir finalement de sa cachette, voyant bien que les hostilités avec la petite meute de narglatchs étaient terminées. Les quatre compères étaient donc à nouveau réunis, sans trop de bobos. Le jeune homme du groupe annonça qu'il avait laissé une des bêtes grièvement blessée dans un lieu sûr. Il proposait de la garder sous le coude, soit comme réserve à steak, soit comme nouveau compagnon de route. La seconde idée demeurait la plus farfelue aux yeux du Commandant, qui se voyait mal prendre le temps d'apprivoiser un tel prédateur. Nulle doute qu'il aurait fallu plusieurs semaines à un dresseur qualifié pour parvenir à un tel but, alors pour des tâcherons comme l'équipe qu'il avait devant lui...
Le Mandalorien expliqua à l'agent Bill que la mission n'attendait pas, et que le narglatch blessé était sûrement déjà en train de se faire dépecer par une autre créature, si bien cachée dans les fourrées qu'elle fût. C'est à la fin de cette brève conversation que la voix d'Azel se fit entendre à quelques mètres de là, malgré la pluie et le vent qui ne s'arrêtaient pas. La guerrière avait trouvé une piste à suivre : des veines de métal serpentant dans les flaques boueuses de la forêt. Au moins l'opération avançait, car Blad commençait à douter sérieusement de son achèvement depuis plusieurs minutes. Iroey suggéra logiquement de suivre cette unique piste, le Commandant se contenta donc de quelques mots pour mobiliser le groupe entier :
"Espérons que ces tuyaux soient de meilleurs guides que les cartes de l'Etat-Major alors..."
De nouveau en route pour une marche difficile, un voile sombre semblait s'être soudain abattu sur l'équipe militaire séparatiste. Alors qu'Iroey était à nouveau placé en tête de file, les trois autres soldats infiltrés restaient en alerte, pour éviter de se faire surprendre à nouveau par un danger quelconque. Plus ils avançaient, plus la pente se faisait sentir dans les mollets des organiques. Blad ignorait si son collègue cyborg pouvait ressentir ce genre de choses, emprisonné dans son armoire de fer, cependant son allure s'était également faite moins vive et plus prudente. Il fallait dire qu'entre la boue et les racines, il valait mieux faire attention. Brusquement, un puissant éclair déchira les cieux, faisant sursauter même les plus éprouvés. L'ambiance commençait légèrement à devenir oppressante, quelque chose d'anormal se passait par ici, Blad en avait le pressentiment.
C'était comme si les pierres épiaient le groupe, comme si les arbres murmuraient des menaces vicieuses. Tout autour, le Mandalorien ne voyait que du danger, oubliant presque qui il était et à quoi il aspirait. Il devait tout de même mener cette bande de bras cassés au bout d'une mission incroyablement vague et mal préparée, ses soupirs se faisaient de plus en plus lourds et pesaient sur l'ensemble du groupe. Ce n'était pas de la lassitude qu'exprimait l'aîné Demeci, mais plutôt de l'exaspération. Dans sa tête, il se repassait les briefings des officiers, les grands mots des têtes pensantes. Rien de tout ça ne lui semblait agréable, sa colère enfouie contre les hauts représentants de la CSI n'allait pas tarder à éclater. Et puis il y avait ces deux clampins sortis tout frais de l’œuf, à côté. Pourquoi lui avait-on coller deux gusses inexpérimentés pour cette opération? L'Etat-Major se foutait de lui, voila la vérité. Le Mandalorien jeta un œil derrière lui pour vérifier si personne de mal intentionné ne s'y trouvait, toujours muet mais l'air grognon. La paranoïa commençait à le gagner par-dessus le marché.
"Qu'est-ce qu'il se passe?"
Iroey s'était arrêté, l'aîné Demeci lui passa devant pour constater la disparition du tuyau dans la terre. la piste s'arrêtait là, apparemment. Déterminé, le vétéran de guerre prit la tête de la marche, se créant un chemin entre les branchages serrés et inhospitaliers qui se présentaient devant lui. Il n'allait quand même pas se laisser abattre par trois bouts de bois! Il était l'héritier de Mandalore après tout! L'équipe reprit son avancée, guidée par le seul instinct de son meneur. Enragé, Blad abattait les obstacles à tour de bras, oubliant sa fatigue accumulée jusqu'ici. Animé par cette colère profonde, il ne prêtait plus guère attention aux autres, s'évertuant à avancer coûte que coûte.
L'espace d'un instant, alors que sa lame découpait frénétiquement ce qui se présentait au devant, Blad eu l'envie d'égorger le petit Anatole. Il n'avait jamais compris pourquoi des gars aussi frêles que lui s'enrôlaient dans l'armée. Pour le Commandant Unforgiven, seuls les hommes et les femmes entraînés, optimisés musculairement méritaient de se confronter au terrain à haut risque. Et si l'escouade se débarrassait de cette crevette inutile? Personne ne le pleurerait de toutes façons, et puis cela éviterai qu'il pollue les réflexions de l'officier avec ses idées saugrenues... Non, quand même... Quoi que...
Les pensées noires de l'officier se dissipèrent lorsqu'il constata que la densité de la jungle se faisait de moins en moins importante. Il ne rêvait pas non, il avait finalement mené le groupe à destination. Une clairière se révéla sous les coups lassés de Blad, qui prit un instant pour reprendre son souffle cette fois-ci. Le complexe scientifique se présentait au bout de la brume, comme s'il était fier d'avoir observé le calvaire des soldats jusqu'ici. Blad s'épongea le front avec sa manche, ne faisant qu'échanger une humidité contre une autre, puis il déclara à ses pairs, victorieux :
"Enfin!"
Oui, enfin, la vraie mission pouvait commencer, mais pas avant de reprendre quelques forces. Blad s'assit sur un tronc d'arbre à l'orée de la maudite forêt, certainement couché par une tempête récente, puis commença à attaquer une de ses rations de survie. Il invita les autres à en faire autant.
"On se repose un peu, puis on infiltre ce foutu labo. Après avoir vérifié nos armes, je pense que l'on devrait étudier les possibilités d'entrées, maintenant qu'on a la bête devant nous. Vu que les plans ne sont pas fiables, vaut mieux établir une bonne expertise sur le terrain."
Les ordres étaient donnés dans ce moment de calme bienvenu, Blad savait que cela ne durerait pas alors il fallait en profiter au maximum.