Post n°7
Auteur : Liloo Daïkoo
Parmi les bruits dans la grotte, des petits grondements se firent entendre. Recroquevillés dans un coin de leur tanière, les deux petits chiots, affamés et apeurés, grognèrent la Farghul et son partenaire. Elle toussa deux trois fois pour se racler la gorge et regarda les deux petits, ils n'étaient pas bien gros et n'avaient pas l'aire entièrement sevrés. Elle en prit un par la nuque, le regarda un moment et le laissa montré les crocs sans réprimandes. Elle le reposa doucement sur le sol. - Az... garde les deux minutes, il leur faut encore un peu de lait, et comme je ne suis pas enceinte, j'en ai pas. Je vais aller le cherche sur leur mère. Ne les traumatise pas ! La Farghul se redressa et alla jusqu'au cadavre de la kath, un sentiment de culpabilité la prit au tripes. Elle n'aimait pas tuer des animaux, alors une mère avec deux petits, c'était encore pire. Elle entendit son comlink sonner, sans tarder, elle le prit pour en faire taire la sonnerie et répondit après s'être éclairci la voix. - Ici Liloo j'écoute ! - Bon travail chaton... ça te gêne pas que je t'appelle chaton ? Bref ! La mouche a besoin de toi. Je lui refilerais une lettre de recommandation, t'as fait bonne impression aujourd'hui. Sors de ce merdier et va te faire soigner. On se retrouve chez le chef. Liloo écouta sans interrompre Scarlette, elle fut si contente d'entendre la voix de l'homme qu'un sourire s’afficha sur son visage. Elle le laissa terminer avant de lui répondre quelque peu contrariée par le sobriquet qu'il lui avait donné. - Bien reçu ! Et non, c'est bon, tu peux garder chaton ! Dépose mes petits à l’abri sous les racines de l'arbre, je vais venir les prendre avant d'aller à l'hôpital Merci encore ! La jeune Farghul remit son comlik à sa ceinture et prit sa gourde d'eau à sa ceinture. Avant d'en faire plus, elle vida celle-ci sur sa plaie, afin de la nettoyer de toutes les impuretés qui auraient pu s'y coller. Bien que l'eau fut fraiche et claire, l'action ne manqua pas de faire pousser quelques jurons à la féline qui les étouffa en partie en se mordant doucement la main. - Non de diouf !!! Pufffffain ! Grrrrrrrrr! Je déteste ça ! Ce n’est pas la première fois que je le fait, mais je ne m'y habitue pas ! Elle arracha un autre morceau de son haut, mettant à jour son bas ventre, pour se faire un nouveau pansement. Une fois celui-ci bien serré et en place, elle entreprit de reprendre son activité. Vu que le cœur de la femelle c'était arrêté de battre, elle sut qu'elle ne pourrait pas prélever le lait de manière conventionnelle. Elle prit sa vibrohache et entama, avec le plus grand soin, la peau de la femelle. Elle en sortit la poche lactifère contenant le précieux liquide pour les petits. Les intestins et le reste des entrailles de la chienne, dans un bruit désagréable, se répandirent sur le sol. Anya fut prise d'une furieuse envie de se vider du contenu de son estomac, mais elle en avait vu d'autre. D'une grande inspiration, elle reprit le contrôle de son corps avant de reprendre sa besogne. D'un petit coup précis, la jeune femme perça un trou dans la poche et en versa une partie du contenu dans sa gourde vide, gardant le reste dans la poche, pour donner directement le lait encore dedans aux petits. Elle sut que les deux prochaines heures allaient être critiques pour elle et la sociabilisassions des deux chiots. Une fois la poche entièrement détachée, elle revint à la tanière. Les deux petits tremblèrent à son approche. Elle sourit et fit signe a son Vornskr, couché à l'entrée, de la rejoindre alors qu'elle s'assit à portée des deux chiots. - Allons, ça suffit vous deux, je sais bien que vous avez la trouille de moi et du gros là ! Mais vous n'avez rien à craindre de nous ! Je sais que vous êtes terrifié... Que je ne vous inspire pas confiance, mais pour le moment il faudra vous y faire, je ne vais pas vous laisser mourir de faim ici ! Vous ne survivrez pas longtemps sans le complément de nutriments apporté par le lait de votre mère. Elle prit la poche contenant le lait encore tiède et la montra aux petits en laissant quelques gouttes échapper des mamelles. - Aller venez tous les deux ! Les deux petits se mirent à humer l'air, emplis de l'odeur familière du lait de leur mère, ils se détendirent un peu. Pourquoi l'odeur de leur mère était-elle sur cette drôle de créature ? Ils hésitèrent un moment avant qu'un des deux, une petite femelle téméraire cornue de couleur noir, ne manifeste de l'intérêt pour la poche de lait. Elle rampa doucement pour l'atteindre et prit, sans demander son reste, la mamelle à pleine bouche pour en aspirer le liquide riche et nourrissant. Le second petit, un mâle plus gros et visiblement plus méfiant mais tout aussi cornu, s’approcha doucement en grognant légèrement. Il arriva aux mamelles et en prit une, tout comme sa sœur, pour se délecter du lait. Anya eut un sourire triste, elle allait devoir s’occuper des deux petit pendant quelques jours où les confier à quelqu’un de confiance qui saurait s'en occuper correctement, mais pour le moment, elle se contenta de rapprocher sa main des petits sans les brusquer. Les deux petit la regardèrent en grognant mais reprirent bien vite l'assaut de leur mamelle respective. Elle rapprocha encore sa main tout en continuant de leur parler doucement. - Pauvres petits, votre mère ne vous laissait plus téter hein ? Elle n'avait plus envie de vous garder avec elle, enfin ...Tout du moins tous les deux... Elle voulait que l'un de vous meure... Et au vue de ta différence avec ta sœur ... ce devait être toi... Ta mère ne t'aimait pas ...Mais pourquoi ? Elle regarda attentivement le petit mâle puis sourit en remarquant un détail qui ne lui avait pas sauté aux yeux. La Farghul aperçu une tache blanche sur la fourrure sale du petit chiot. Elle ne voulut pas le stresser, alors elle le laissa manger. Après quelques minutes, la poche fut vide et les chiots, rassasiés, s'allongèrent l'un contre l'autre. Azuran, probablement prit d'une bouffée de paternalisme, vint s'allonger contre eut et les colla à lui en utilisant sa queue. Au soulagement d'Anya, ils ne semblèrent pas réagir négativement au contact de la fourrure du Vornskr. Elle retira son pantalon et se mit à son tour près des petits. Sa main se mit à glisser sur leur fourrure respective. La féline insista un peu plus sur le petit mâle dont la crasse avait entièrement masqué ses poiles. Après avoir ''dégreubé*'' la petite créature, elle s’aperçut que le petit mâle était un chien Kath blanc, la seule sous espèce qui était totalement insensible à la force sous toutes ses formes. Cette sous espèce ne pouvait pas être influencé par la force, ce qui en faisait des compagnons de voyage très apprécier. - Alors c'est pour ça que ta mère voulait ta mort... Pour elle tu étais une aberration ! Ta mère et ton père ont dut être croisé avec cette espèce à un moment donné, ce qui explique que tu sois le seul de ta famille de cette couleur. Intéressant! Les deux chiots endormis, gémirent indiquant qu’ils rêvaient. C'est le moment que choisit Liloo pour repartir. Elle se releva et remis son bas avant de s'adresser à Azuran. - Az, occupe-toi de la petite femelle, je vais m'occuper du mâle ! Azuran prit alors la petite femelle dans la gueule et se releva doucement. La petite, en plaine digestion et épuisée, ne se réveilla pas. Liloo, quant à elle, prit le petit mâle dans son bras, le tenant sur le dos comme un bébé. Elle eut un sourire doux et ne put s’empêcher de le cajoler un instant. Elle regarda son amis et lui fit signe de passer devant. Elle repéra un trou dans un des mures de la pièce, les traces en présences, laissèrent à penser que c'est par là que les Kath entraient et sortaient pour aller chasser. Elle et son partenaire s'y engagèrent sans attendre. Le chemin fut bien plus court que celui de l'aller. Après une vingtaines de minutes seulement, ils retrouvèrent l'aire libre. Plus d’odeur de moisissures, d'algues, de champignons ou de cadavres, juste de l'air pure et frais. - HUuuufff enfin ! Ce n’est pas trop tôt ! Par contre, le jour décline, mais j'aperçois l'entrée par où nous somme passé et l'arbre où Scarlette a dû laisser nos amis ! Vient Az, faut pas trainer ! Les deux comparses rejoignirent sans encombre le grand arbre près du petit lac calme. Elle entendit un petit bruit qui lui est familier, Azine battit des ailes pour signaler sa présence, attachée à la caisse des Ysalamiris, elle émit un petit bruit pour signaler sa joie de revoir sa propriétaire. - Doucement ma belle, on a deux bébés qui dorment là ! Essayons de ne pas les réveiller d'ac ? La petite Soccoran se posa sur l'épaule de Liloo qui reprit sa caisse à l'aide de sa queue et se mit en route pour rejoindre la ville et son hôpital. Elle appréhenda le fait de devoir aller rencontrer le grand Lom Donos dont elle avait entendu parler sur Ondéron, mais pour le moment, son esprit se fixa sur le fait de rejoindre l'hôpital avec sa ménagerie et ses deux nouveaux petits pensionnaires. Elle eut un doux rire empreint d'une pointe de stresse. - Huhuhum, hé bien c'était tendu mon grand... Mais on s'en tire bien ! Je n'aime pas l'idée d'aller à l'hôpital... Mais vu ma plaie, pas trop le choix cette fois, aller en route mes amours ! C'est en tournant le dos au soleil couchant que la petite troupe pris la route de la ville, la mission du jour les avaient fait prendre conscience de leur potentiel en tant que duo en combat, mais aussi de leur lacunes. Ils allaient devoir corriger le tir s’ils ne voulaient pas se faire avoir la prochaine fois ! La petite équipe parcourut la plaine calme et paisible en ce début de soirée, leur aventure venait à peine de commencer, mais c'est confiant et déterminé qu'ils allaient affronter les obstacles qu’ils allaient rencontrer sur leur chemin ! * dégreuber : patois de chez moi signifiant enlever le gros de la saleté sur un objet, une personne.