Post n°82
Auteur : Super PNJ
Générale Suprême ValkoinenLa générale Valkoinen soupira. Elle s'apprêtait à suivre le colonel fraichement promu là où ils pourraient discuter lorsque tout à coup, un son familier attira son attention. Elle porta sa main à sa ceinture et en décrocha un datapad. Sur l'écran de celui-ci, elle distingua dans un coin une icone signalant qu'un message prioritaire venait d'être reçu. Elle fit patienter Blad quelques instants, le temps de prendre connaissance du contenu de la transmission. Au fur et à mesure de sa lecture, ses yeux s'écarquillèrent de plus en plus. Elle soupira une nouvelle fois, mais ce soupir-ci n'était pas porteur d'un sentiment de résignation. Non, c'était différent... Elle avait bravé bon nombres d'ennemis et s'était battue toute sa carrière avec bravoure pour en arriver là où elle était aujourd'hui. Pourtant, à cet instant précis, elle ressentit comme une boule au ventre, un sentiment d'anxiété qui ne l'avait pas frappé depuis fort longtemps. - J'ai bien peur que nous soyons contraints de reporter cette conversation à plus tard, colonel. Veuillez me suivre. Les deux officiers de l'armée confédérée, accompagnés des magnagardes, arpentèrent les couloirs de la base séparatiste jusqu'à arriver dans un couloir souterrain relativement mal éclairé, isolé des regards. Le sol était poussiéreux, et pour cause. Valkoinen avait ouvert plusieurs accès sécurisés avant d'arriver à destination. Personne ne venait jamais ici, comme en témoignait l'odeur de renfermé, et elle-même n'avait jamais mis les pieds dans cette partie du complexe. Le Colonel des Armées, Lam Cinder, était probablement le seul individu accrédité pour pénétrer dans le saint des saints dans des circonstances normales. Malheureusement, les circonstances étaient tout sauf normal. Cinder était absent, et il revenait donc à Valkoinen de conduire Blad dans ces couloirs mal éclairés et enveloppés de mystère. Valkoinen s'arrêta d'un seul coup. A partir de ce point, elle devenait incapable de s'orienter correctement, les couloirs prenant la forme d'un véritable labyrinthe. Elle attendait que quelque chose vienne les aider. Et cette chose allait bientôt arriver. Un droïde de protocole 3PO à la carapace de métal sombre, marquée d'un symbole blanc au niveau du torse, surgit d'un couloir obscur et prit la parole d'une voix saturée et inquiétante. - Générale Valkoinen. Colonel Demeci. Veuillez me suivre, je vous prie. Par sécurité, les magnagardes doivent rester ici. Valkoinen plissa les yeux et reconnut aussitôt le symbole qui venait orner l'enveloppe du droïde. Bon sang... Valkoinen entraîna Blad à la suite du droïde, qui les guida dans le dédale de couloirs gris métallisé. Au terme d'une marche de plus d'une dizaine de minutes, les officiers et leur guide arrivèrent à une lourde porte qui se déroba et révéla une large salle circulaire aux parois noires de jais. On croyait à l'intérieur d'un dôme. Au sol, près des murs, des petits dispositifs d'éclairage bleus donnaient à la salle des allures de repère de société secrète. Une atmoshpère presque ésotérique pouvait être ressentie. Quatre socles ronds, larges chacun d'environ deux mètres, formaient un arc de cercle. Valkoinen et son subordonné avancèrent vers le centre de la pièce. Au sol, au milieu des dalles de marbre noir, était intégré un symbole identique à celui représenté sur le torse du droïde protocole. Tout à coup, un éclat de lumière bleue jaillit d'un des socles. Il prit progressivement une forme humanoïde, mais ses contours étaient flous. On aurait sans doute pu discerner un humain, mais sans pouvoir affirmer avec certitude que l'hologramme était bel et bien celui d'un représentant de cette espèce. C'était d'autant plus vrai que l'hologramme était massif : il faisait près de trois mètres de haut. Une voix distordue se fit alors entendre et résonna tel un coup de tonnerre dans le dôme noir. - Générale Valkoinen, Colonel Demeci, le Consulat vous salue. Si vous avez été convoqués en ces lieux, c'est parce que l'urgence ne nous laisse pas d'autre choix. De l'autre côté de la ligne de transmission, le consul Gareth Hugues avait un air sévère. Mais ça, Valkoinen et Demeci ne pouvaient le voir.Gareth Hugues - Je suppose que vous n'ignorez pas que le gouverneur de Mandalore a contacté la Confédération. Vous reconnaîtrez volontiers que ses accusations sont plutôt... sérieuses. Générale Valkoinen, je crains que vous ne vous soyez mise un peu en besogne sur cette affaire. Le conseil a la liberté de mobiliser des troupes, certes, mais pour ce qui est d'impliquer la Confédération dans un potentiel conflit armé, j'aurais préféré que vous ayez eu la sagesse de consulter mes homologues et moi-même. Le Consulat ne cache pas sa déception. Tâchez de vous ressaisir. Mais revenons-en à votre cas, colonel. Permettez-moi d'exprimer des doutes à votre sujet. Cherchez-vous vraiment à servir les intérêts de la Confédération, colonel ? Mandalore est une planète intéressante de par la culture martiale des mandaloriens traditionnels et la présence d'une entreprise industrielle prestigieuse en la personne de MandalMotors, je vous le concède. Cependant, je ne peux m'empêcher de croire que ce sont vos ambitions personnelles qui vous guident. Le succès de votre entreprise périlleuse sur Cato Neimoidia mérite bien une promotion, mais restez à votre place. Vous n'êtes qu'un prétendant au titre de Mand'alor, pas Mand'alor lui-même. Que vous soyez attaché à vos racines et à votre héritage mandalorien ne pose pas de problème, mais vous devez vous souvenir que vous êtes un officier de l'armée séparatiste, et en tant que tel, c'est sur la Confédération entière que vos actes rejaillissent. Hugues marqua une pause, observant avec exaspération les visages de ses subordonnés à la recherche d'une réaction. - Concernant les accusations portées par le gouvernement mandalorien, je ne vous priverai pas de votre présomption d'innocence tant que des preuves n'auront pas été fournies. Néanmoins, le bénéfice du doute m'oblige à ne pas vous donner carte blanche. Ces accusations sont telles que je ne peux vous laisser gérer comme bon vous semble la question mandalorienne. Lors de votre comparution devant le conseil, vous avez d'ailleurs affirmé avoir pris le contrôle des Death Watch, ces mêmes Death Watch qui avaient frappé avec une violence inouïe le gouvernement de Sundari. Je ne mets pas en doute vos paroles lorsque vous affirmez avoir imposé un mode opératoire plus modéré en reprenant les rênes de l'organisation. Néanmoins, ce qui a été fait a été fait, et vous ne pouvez être surpris du fait que le gouverneur refuse tout dialogue avec un groupuscule dont le nom a été sali par de tels faits, que ses méthodes aient changé ou non. Quant à la situation sur Mandalore en général... Ce que vous interprétez comme l'incapacité d'un gouvernement à maintenir l'ordre, nous, consuls, l'interprétons comme une fracture culturelle et idéologique ayant conduit à la guerre civile. Il est temps pour vous de regarder la réalité en face, colonel : le peuple mandalorien n'existe plus. Le schisme qui a eu lieu a scindé votre nation en deux entités distinctes. Il ne s'agit pas de mettre à bas un gouvernement corrompu incapable de gérer son peuple, mais bel et bien de trouver un moyen de mettre un terme à un conflit entre deux peuples, deux cultures. La CSI est disposée à protéger la paix et l'ordre. Néanmoins, le cas mandalorien est très particulier. Deux peuples issus d'une planète commune, et vous nous demandez de prendre position en faveur de l'un des camps... Nous ne pouvons accéder à votre requête, colonel. Ce ne serait pas digne de notre Confédération, née de la volonté des peuples à êtres indépendants, vouée à protéger la liberté. En revanche, notre devoir nous impose de ne pas rester les bras croisés, vous avez raison sur ce point. La paix doit être ramenée, c'est indéniable. Mais cela ne passera pas par le bannissement d'une culture au profit de l'autre. Une telle chose serait indigne. Tout cela dépasse largement la simple capacité du gouvernement de Sundari à diriger ou la bonne foi du gouverneur Arch. Nous devons intervenir pour ramener la paix entre ces deux populations et trouver un terrain d'entente. Le consul s'adressa une fois de plus à la nouvelle générale. - Valkoinen, vous êtes dessaisie du dossier mandalorien. Vous resterez sur Géonosis où vous assurerez le bon fonctionnement des armées confédérées dans leur globalité. Si le frisson du terrain vous manque tant, il est toujours temps de céder votre place à un de vos collègues. Après tout, la CSI ne manque pas d'officiers de talent, tout à fait à même d'assurer cette fonction. Après avoir sermonné la gradée, Hugues se retourna vers Blad Demeci. - Aucune flotte de guerre ne partira pour Mandalore. Nous contacterons le gouvernement de Sundari et leur signalerons notre volonté, d'une part, de mener l'enquête concernant les accusations portées par le gouverneur Arch contre vous, et d'autre part, d'organiser une conférence pour la paix réunissant les leaders des deux factions de cette guerre civile. Il est temps pour cette absurdité de cesser. Avez-vous envisagé ne serait-ce qu'une seule seconde les potentielles retombées diplomatiques que cette affaire aurait pu avoir ? Sans parler de son aspect éthique... discutable, au mieux. Une flottille diplomatique commandée par un de nos représentants prendra la route de Mandalore. Le but n'est pas de faire peser une menace trop forte. Un destroyer de classe Munificient fera l'affaire. Ajoutons à cela un destroyer Sabaoth en guise d'escorte. A bord de ces vaisseaux se trouveront une équipe d'enquêteurs chargés de faire la lumière sur ces accusations portées contre vous ainsi que sur tout détail nous permettant de comprendre en toute objectivité ce qui se déroule exactement sur Mandalore. Néanmoins, c'est la délégation diplomatique qui aura la plus grande importance, puisqu'elle sera chargée d'organiser la conférence pour la paix et jouera un rôle de médiateur entre les différentes parties au conflit. Quant à vous, colonel, en tant que représentant majeur de l'opposition au régime de Sundari, vous assisterez à cette conférence. Nous ne vous retirons pas votre grade, mais considérez que tant que cette affaire durera et que nous n'aurons pas le fin de mot de cette histoire, nous ne pourrons vous laisser agir à votre guise. Aucune unité placée sous votre commandement ne sera donc déployée sur Mandalore, et vous assisterez à ce sommet en tant que mandalorien, et non en tant qu'officier confédéré. Compte tenu de l'hostilité évidente du gouverneur envers votre personne, vous serez escorté d'un bataillon d'élite des Iron Troopers chargé d'assurer votre protection et celle de la délégation diplomatique. S'il s'avérait au terme de l'enquête que toutes les accusations pesant contre vous étaient fausses, il est évident qu'un démenti officiel et des excuses publiques seraient exigées par la Confédération, ainsi qu'un dédommagement. Néanmoins, vous devrez également accepter le fait que des torts évidents existent du côté des Death Watch, qu'ils se soient repentis ou non. Tâchez de représenter dignement votre peuple, Blad Demeci. Hugues croisa les mains devant lui et plongea son regard dans celui du mandalorien, le sondant une dernière fois. - Ce sera tout. CO4PO va vous raccompagner à la sortie du complexe, et nous vous tiendrons informé. Nous viendrons vous chercher lorsque la délégation partira pour Mandalore. D'ici-là, vous pouvez disposer... Mais ne quittez pas Géonosis, bien entendu.Hugues coupa la transmission et grommela. Il n’aimait guère avoir à hausser le ton pour se faire comprendre, mais c’était parfois le prix à payer pour s’assurer du bon fonctionnement de la machine politique et militaire infiniment complexe qu’était la CSI. Il soupira. Décidément, être à la tête de la première puissance galactique n’était pas de tout repos...Spoiler : SpoilerBy As' Phocas