Appartement de la Grande Amirale
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Post n°1
Auteur : Darth Malraas
Sous les yeux de son Apprenti, l'opération s'est déroulée dans la tension et l'inquiétude, pour tous les chirurgiens. La respiration du patient trahit son éveil et bien que le corps médical s'est opposé à cette inacceptable requête, le Seigneur Noir a souhaité ne pas être endormi durant tout le processus. Le Côté Obscur emplit son utilisateur d'une force démesurée lui permettant de savourer chaque instant de cette opération, naissance d'une nouvelle vie. Bien entendu, l'anesthésie locale évite les sensations les plus atroces, mais les mouvements dans la chair, l'utilisation de scies électriques ou de perceuse chirurgicales restent une désagréable sensation, aussi mineure soit-elle. Six heures s'écoulent et les outils chirurgicaux se muent en outils mécaniques et électroniques. Les clés pneumatiques chocs la matière et font vibrer les muscles et ainsi, une bonne partie de la zone perdue. Le temps s’effrite comme les feuilles d'automne et perd la notion de ce qu'il est lui-même. L'épreuve aussi peu surmontable qu'une vitrification planétaire par bombardement orbital s'efface pour ne laisser qu'une notion de vide, pour cette partie perdue. Une notion de poids, pour la nouvelle artificiellement retrouvée. Une notion d'endolorissement et de tension proche de l'écartèlement. Le cerveau fait réagit les connexions artificielles et s'accorde avec l'esprit. Tant que la machinerie toute entière n'est pas reliée aux capteurs et aux outils électromagnétiques permettant une certaine forme de toucher, le bras est un artifice étranger. Les prouesses de la technologie n'étonnent plus, mais les détenteurs de pièces de remplacement de membres eux, sont continuellement émerveillés. La Prost Engineering Compagny s'est familiarisée avec cet adjectif depuis désormais, au moins une décennie. Ses pièces sont envoyées à travers les étoiles, du quadrant Ouest au quadrant Est de la Galaxie. Elle offre une multitude de possibilités, une innovation constante en matière de matériaux et de technologie.
Les chirurgiens réinjectent plusieurs doses d'anesthésiant à proximité des ancrages, frontière entre la fin du corps et le début de la machine. La prothèse est rendue inutilisable par le système principal afin d'éviter une utilisation inadaptée de l'engin. Plusieurs fixations sont ajoutées, permettant de replier le bras artificielle contre la poitrine et ainsi, supporter le poids de l'engin durant sa longue phase d'inactivité. L'imprudent patient qui pourtant se doit de résider à l’hôpital le temps de sa convalescence et des premiers tests techniques, se rend dans la Cité Résidentielle. Un airspeeder civil le conduit à destination et dans le sous-sol privé d'un des bâtiments, le Seigneur Noir poursuit sa route en solitaire.
Très peu d'habitants se présentent à ces yeux, la Cité Résidentielle plutôt récente n'est pas affectée dans sa totalité, à du personnel militaire de haut rang. Le Sith prend le turbo-ascenseur principal et fuse à travers les niveaux jusqu'au soixante-septième étage. Une plaquette en argent affiche, sur la seule porte du palier : "Appartement 67-1 Jariah Mai" mais le Seigneur Noir ne peut franchir la porte vitrée de l'ascenseur, une sonnerie retentit et une voix synthétique lui répond.
-Appartement 67-1, que puis-je pour vous ? Demande l'unité droïde à l'autre bout.
-Je suis Darth Malr... Il suspend sa phrase pour une réflexion avisée Le Seigneur Gelmir, je voudrais m'entretenir avec la Grande Amirale Mai.
Bien que la communication soit toujours active, le droïde ne répond pas.
Cinq longues secondes s'écoulent avant que la porte principale vire au vert et que celles de du turbo-ascenseur ne coulissent. Le Général pénètre donc dans l'appartement et contemple toute la beauté qu'elle comporte sans y retrouver un quelconque intérêt. La règle élémentaire voudrait que tous les officiers se raidissent à l'entrée d'un responsable, mais pour les Ravageurs qui n'ont jamais été à même d'avoir une habitation, un lieu de repos pour se défaire de sa fonction professionnelle... Le protocole peut tout à fait être mis de côté.
La Grande Amirale est assise derrière un plan de travail d'un blanc laiteux, un écran grand format devant ses yeux. Deux coupes de Vin de Fleur de Naboo et deux assiettes de travers d'Eeopie caramélisés tout juste entamées sont les unes en face des autres. Un droïde appartenant aux unités DUM, traverse la pièce avec entre ses pinces une plante verte dans un pot en céramique. Aussi étrange que cela puisse paraître, l'unité est loin d'être aussi maladroite que ses semblables. Par ailleurs la peinture de son corps et rutilante telle une carrosserie de gros airspeeder et de couleur pourpre.
-N'oublie pas de remettre de l'eau à cette Inisa, Timell. Intervient la Zeltronne sans quitter la plante des yeux. Que me vaut l'honneur de votre visite ? Ses yeux se portent désormais vers le heaume d'acier, une fois la plante native de Céréa, saine et sauve devant la grandiose baie vitrée.
En observant attentivement les deux couverts, le Seigneur Noir comprend bien assez tôt qu'une visite a été rendue à l'Amirale. Visite assez intime pour que la magnifique Zeltronne ait partagé un repas gastronomique avec l'individu en question. L'écoulement d'eau significatif, d'une vapo-douche coule de l'autre côté de l'appartement et un fond de musique résonne comme un écho à la bonne humeur, un classique d'Aldérande semble-t-il. Sentant le poids du regard de Jariah sur ses épaules, le Sith reprend ses esprits, ignorant son instinct lui hurlant d'envoyer des filaments de Force pour détecter cette seconde présence. Il focalise toute son attention sur la belle aux cheveux blancs.
-Je pensais m'entretenir avec vous au sujet des rapports de Celwis. La phrase fait sourire la Zeltronne. ... Entre autre.
-Entre autre ? Peut-être cet "autre" fait-il mention de la cheffe Nabi'rah ? La peau des Zeltrons se pigmente en fonction de leur humeur, fonçant à mesure que la colère est ressentie... Celle de l'Amirale vire à une légère coloration plus sombre. Vous devriez accepter son offre mon Général, si cela peut consolider votre pouvoir... Concernant Celwis, nous avons des recherches à effectuer conjointement avec l'Armée de Terre et quant au vaisseau inconnu dans les rapports, il flotte dans l'espace dans l'attente d'un abordage du Capitaine Soll.
L'effet de surprise passant, Gelmir se souvient des conscrits du Centre de Veille et ne s'étonne pas de devoir justifier son approche politique avec les autochtones. La vapo-douche s'est éteinte, dans quelques minutes peut-être, aura-t-il la chance de voir cet homme mystère.
-Nos récents apprentis iront à l'abordage de ce bâtiment stellaire. Pour la planète vous avez toute ma confiance. Il se racle la gorge et entame le sujet contrariant. Je ne confirme en rien la demande de la cheffe mais votre avis importe beaucoup à ce sujet...
Des bruits de talons claquent sur le sol. Une ravissante humaine à la chevelure brune, vêtue d'une robe d'un rouge gracieux, remet un collier de perles en traversant le salon. Accaparée par l'attache de son bijou, tête baissée vers ses pieds, elle n'a aucune conscience de la conversation se déroulant dans la pièce.
-Si toi ou Timell vous trouvez mes boucles d'oreilles, je crois qu'elles sont sur la table de nu... Sa marche s'arrête subitement à la vue des bottes du Seigneur Noir. Seigneur Malraas. Se force-t-elle à dire les joues désormais empourprées par la honte, les yeux fuyant et le coeur cherchant à s'extirper de sa cage thoracique.
-Capitaine Estephen. Le ton est subitement neutre.
Les pas mécaniques du droïde DUM raclent le sol du salon.
Sa voix chaleureuse grésille et tous les organiques de la pièce, y compris la plante Céréenne, sont suspendues à son vodocodeur.
-Maîtresse Ambre ! Ne vous inquiétez pas pour vos bijoux ils seront à leur place dès votre retour ! La petite chose mécanique pointe sa pince vers la demoiselle. Ce n'est pas la première fois, vous êtes un peu dépassée par vos émotions ces jours-ci !
La Grande Amirale et la Capitaine, échangent un regard coupable avant que la Zeltronne ne se lève.
-Général, nous pourrions parler de ces affaires dans quelques jours, si vous le voulez bien. Elle s'approche du Sith avec un sourire au bord des lèvres. Je ne manquerais pas de transmettre votre requête sur l'état de Celwis au Général Hamer. Je crois qu'il serait judicieux de pouvoir nous entretenir tous les trois à ce sujet, maintenant que vous êtes de retour auprès des vôtres. Elle s'avance à moins d'un mètre de lui et pointe le bras mécanique figé contre sa poitrine. J'étais sur votre rapport médical, la Galaxie ne s'arrêtera pas de tourner en votre absence... Vos cohortes et Nar Shaddaa s'occupent de vaisseau Sith alors je vous en prie, reposez-vous.
Le Seigneur Noir ne bronche pas et devant la proximité avec la Grande Amirale, se résout à rebrousser chemin. Toutes ces affaires pourront effectivement attendre et la belle Jariah est bien trop occupée pour accorder de l'intérêt aux propos de son supérieur. Figée et même, moulée sur les dalles nacrées de l'appartement, la Capitaine reste muette et observe sans sourciller le déroulement de cette conversation rapide.
-Prévenez le Général Hamer, je veux cette réunion dès la fin de ma convalescence. Son heaume glisse d'une femme à l'autre. Capitaine Estephen, c'était un plaisir.
-Pareillement monseigneur. Elle incline la tête, bienheureuse d'observer ses pieds le temps de quelques secondes.
L'esprit dans la torture d'un torrent de pensées, le Sith se retire.
Une fois la porte parfaitement verrouillée et le turbo-ascenseur en marche, la Zeltronne assombri son regard pour s'intéresser à son amante aux traits célestes.
-Ne prenons pas de risques. Lui fait-elle en s'approchant, pour lui tenir les mains pourvues de légers tremblements. Reste le temps qu'il faudra. -
Post n°2
Auteur : Darth Malraas...Quelques heures plus tard...
La soirée est maintenant débutée et le soleil luit à l'horizon. En s'effaçant peu à peu derrière la forêt en arrière plan du fleuve Yashuvhar, ses dernières gerbes orangées tapissent la cime des arbres et colorent les eaux sombres. Sur l'immense terrasse de l'appartement, des invitées se sont ajoutées et lézardent face aux derniers rayons bienfaisants. La Colonnelle Daliana Blue des Renseignements et l'Adjointe Lesa Hisgo du Centre de Veille. S'ajoutent aux quatre femmes, la brillante Générale de Brigade de la Division Aérienne de Bélériand -alias Yashuvhu-, Alinéor Ferra. Les demoiselles partagent deux bouteilles d'un vignoble local et des apéritifs préparés par l'ingénieux droïde DUM, Timell. Une table basse et son dessus en verre se retrouve au centre d'un salon d'extérieur, où a lieu la réunion d'un tout autre type. L'hôte, la Grande Amirale Jariah Mai est allongée sur une chaise longue sculptée dans l'immensité d'un tronc centenaire, enrichit par des coussins brodés et une housse molletonnée. Ambre Estephen glisse entre ses lèvres, un cube de fromage frais et le mâche en contemplant un prototype de K-222 se ruant à travers les nuages tamponnés de lueurs orangées.
-Qui est aux commandes ? Son expression fascinée verrouille les cabrioles de l'appareil.
La Générale retire ses lunettes fumées, camouflant l'intensité du soleil pour observer l'engin et son entraînement face à une cible imaginaire. Les pirouettes qu'il réalise poussent les limites du chasseur et sont un gage de promesses pour la sécurité planétaire. Si les tests sont concluants, le Protectorat se dotera d'une force aérienne digne de ce nom.
-Asher Hisgo. La tête de la Générale est tournée vers Lesa, l'aînée des Hisgo, qui aussitôt se décide à contempler le balai du prototype. Et c'est un très bon pilote.
-J'imagine, il a toujours été doué pour ce genre d'engins. L'Adjointe du Magister prend exemple sur la Capitaine Estephen et gobe un cube aux épices tout en grimaçant de l'intensité du produit.
-Oui ! la Grande Amirale observe Lesa avaler une bonne gorgée de son vin pour faire passer la sensation. Cette épice est plus pimentée que la dernière fois, elle est cultivée par la Tribu des Rêveurs. La Zeltronne se penche pour resservir son invitée. En parlant des Yashuvhis, comment va le premier des Magisters ?
La seconde Zeltronne roule des yeux en mâchant un apéritif sucré.
-Incapable de gérer les conscrits, craintif à l'idée de devoir sortir seul en dehors du Centre de Veille et impressionné par Ralph et les visites du grand frère Hamer. La Colonnelle plutôt réservée, inspire fortement comme pour se débarrasser d'un poids. Il gère la pseudo politique locale mais ça tient plus de conflit entre voleurs de volailles...
L'assemblée éclate d'un rire commun avant que Lesa, la plus proche d'Orion Staven, n'ait son avis à donner. Elle lève son index mettant fin aux ricanements de ses collègues.
-Mais il est à l'origine des études de langues des Yashuvhis, auprès des droïdes protocolaires. Cette étape nous fait grandement avancer pour parvenir à un dialogue plus complet que des accents à couper à la vibro-lame. Une tape sur l'épaule de la Colonelle Zeltronne, rappelle à toutes les femmes qu'elles sont ici, entre amies. Et ça va t'aider à te faire comprendre de tes soldats.
Ces amies d'un genre nouveau se sont liées une fois la Cité Résidentielle sortie de terre. Plus ou moins voisines, les liens se sont tissés à mesure que les jours se sont écoulés. Par la force des choses, la Grande Amirale en relation avec la Capitaine Estephen a rapidement été conviée à des soirées en fin de service... Ainsi sont nés les attachements et la sympathie pour se muer en de véritables affections amicales.
-Génial... Parce que certains ont toujours pas compris où était le cran de sécurité d'un fusil blaster. Sa moquerie fait sourire sa consoeur de la même espèce. Cette critique gratuite souligne néanmoins la faible capacité des autochtones à comprendre la technologie. Qu'elles soient d'accord sur l'amusement qui en découle, toutes les femmes présentes sur ce magnifique balcon partagent le même avis. Le temps saura donner aux Yashuvhis, la patience d'apprivoiser les nouveaux outils apportés par les conquérants.
-Certains d'entre eux s'essaient au pilotage. Alinéor déguste son vin et agrippe la queue d'une grappe de petits fruits, qu'elle dépose dans le creux de sa main.
-Une recommandation de Ralph Hamer auprès de la Cheffe Nabi'rah et cela ne concerne que les tribus affiliées. Lesa fronce les sourcils, les yeux plissés vers les rayons du soleil. Elles vont obtenir des cargaisons militaires, d'après mes informateurs la souveraine chercherait même à créer un palais.
La Colonelle Blue arque un sourcil et repose ses pieds au sol. Son buste se penche vers l'adjointe, dévoilant des atouts que peu de personnes pourraient supposer, voire rêver.
-Je gère les renseignements, je n'ai jamais entendu ça.
-Une Ombre... Qui me confirme qu'une autre au Centre de Veille et plutôt très bien placée avec la Souveraine, a été en mesure de fournir cette information. Sa peau se réchauffe une dernière fois, alors que la lumière du soleil s'estompe progressivement derrière les arbres gigantesques de la forêt lointaine.
La conversation est rapidement détournée vers l'avis général d'offrir des couvertures réchauffantes à toutes les invitées. L’apéritif se poursuit sous les étoiles et devant un feu contrôlé par une bombonne d'un gaz local. Les lunettes fumées sont tombées, les jambes sont recouvertes et des plats chauds sont servis par Timell, le petit droïde DUM à la programmation totalement changée. La Grande Amirale dans une tenue plus adaptée à la fraicheur de la nuit, s'assoit après un baisé inattendu à la Capitaine Estephen. La Générale Divisionnaire se mord la lèvre, soutenant sa question inappropriée et finalement, cède à l'envie. Son regard part de la zeltronne à l'humaine.
-Je suis ravis d'être l'une de vos amies les plus proches. Débute-t-elle pour introduire sa question. Mais Ambre, comment en es-tu venue à rêver d'amour avec notre belle et grande Amirale ? L'interrogation est brillamment posée à l'humaine, rendant la réponse plus claire que celle potentielle de l'évasive et mystérieuse zeltronne.
-Pour te répondre... C'est une très longue histoire. Les yeux rivés des hôtes l'empêchent d'éluder la question. Sur ma planète je me destinais à devenir quelque chose se rapprochant d'une économiste. Mes études se sont passées et je me voyais servir le royaume et ses souverains, peut-être dans un ministère ou une grande entreprise mais... Finalement ma différence était un frein. Gênée, mais sûre de délier sa propre langue pour retirer ce poids sur son propre coeur, la native d'Artorias poursuit. Mes parents se sont toujours souciés de l'image plutôt que des sentiments. Ils me voyaient comme une future mère à la tête d'une meute d'enfants. J'aurais épousé un homme... Une vie classique. Mais ils ne voyaient pas que mes yeux se tournaient ailleurs que vers le sexe masculin. Je me suis sentie rapidement délaissée, perdue, seule. J'arrivais à détester la chose que j'étais et mes parents ne voulaient rien entendre, ni même comprendre. Ce sentiment d'être un monstre n'a fait que croître et chaque regard sur moi était un jugement. La capitaine rougit de honte, non pas à cause de cette révélation, mais de s'être salie elle-même, pendant plusieurs années. Et puis le Secteur Myto a accueilli une flotte en ravitaillement, Artorias ayant participé pour des vivres locales et des outils médicaux. Une émissaire a été envoyée pour parler des conditions de transport ainsi que des prix et à l'époque j'assistais un entrepreneur. La toile est désormais peinte, la Générale Ferra sourit en regardant la Grande Amirale. De fil en aiguille j'en appris un peu plus sur cette flotte d'un Seigneur de Guerre que je ne connaissais absolument pas. J'ai été convaincue par la finalité de ses projets et je suis partie avec l'émissaire pour ne jamais retourner sur ma planète natale. Elle soupire, repensant à ses parents certainement morts de peur et à ses frères et soeurs... Qu'importe la vie s'est écoulée et ses choix ont été couronnés de succès. J'ai été formée à différents niveaux... J'ai été dans la fosse auprès des senseurs, des communications mais aussi, je suis passée par des postes d'artilleuses, de mécaniciennes... A bord de l'Etincelle, sur le pont de l'Amertume, sur le Chant des Partisans et bien sûr, sur l'Iridium. Jariah était mon mentor et à croire que nos coeurs se sont décidés sans faire preuve de raison, nous sommes tombées amoureuses et sommes restées amantes pendant très longtemps. J'ai été nommée Capitaine du Chant des Partisans il y a quelques temps maintenant et avec ça, une place dans la première Cité Résidentielle à quelques étages au-dessus de celui-ci. Elle avale une dernière gorgée de vin et repose son verre. J'embrasse cette société qui est aujourd’hui la mienne. Avec ses défauts, avec ses horreurs mais avec sa bienveillance et magnificence. Je suis comme née auprès des Ravageurs et je serais éternellement reconnaissante pour le bonheur qu'ils m'offrent, ni titre, ni avantage et ni crédits... Seulement être libre. Libre d'être.
Des moues d'approbation se joignent aux applaudissements.
La soirée s'achèvera sur des discussions plus personnelles, entre amour et rivalité, les Ravageuses, ces drôles de dames, dégustent des instants mérités sous un tableau d'étoiles resplendissantes....Le jour se lève...
Une lueur solaire attise le réveille de la Capitaine Ambre Estephen. Les rouleaux électriques de l'imposante fenêtre de la chambre, roulent au même rythme dans une sonorité unie et douce. Une alarme musicale fait tinter l'heure du réveil. Sur Yashuvhu le temps bat sur la mesure des levés du soleil sur Nar Shaddaa avec un supplément d'une heure et demie pour cette dernière. Il est plus de six heures. L'Artorienne cligne plusieurs fois des paupières et ses yeux noisettes s'accoutument à la luminosité du petit matin. Elle soupire à la douzième alarme, enfouissant son visage séraphique dans l'oreiller moelleux. Ambre s'enfonce avec légèreté dans un nouveau sommeil, la nuque léchée par la chaleur de l'océan de flammes orangées, nourrissant les cieux à l'extérieur. L'exécrable alarme revient à la charge et fait sursauter la paresseuse. Son grognement à peine audible, étouffé par la literie est une capitulation. La poignée de la porte est tournée, des petits pas métalliques grattent le sol et une voix synthétique et fortement sympathique, retentit depuis un vodocodeur hors de prix.
-Maîtresse Ambre ! Maîtresse Ambre ! La petite machine tire du bout de sa pince, l'un des coins de la superbe et bien trop rembourrée, couette. La première boulangerie de la cité vient de livrer ! Farine locale ! Levure locale ! Réveillez-vous ! La literie est tirée dans sa totalité, découvrant la Capitaine du seul tissu disponible sur son corps. L'appareil d'où émane l'alarme musicale s'écrase contre l'oeil central du droïde DUM, en hurlant faiblement avant de s'éteindre. Je ne suis pas ce genre de DUM, Maîtresse. Néanmoins j'en aviserais Maîtresse Jariah qui vous attend sur la terrasse.
Encore engourdie par l'envie de repos, la Capitaine s'enferme dans la cabine de vapo-douche et fait couler une peau brûlante sur ses épaules. Sa tête contre la faïence, elle se délecte de cette eau revigorante les yeux fermés. Enfin une fois proprement lavée, ses cheveux séchés, coiffés, elle enfile ses vêtements civils pour rejoindre la cuisine. La Grande Amirale trempe un croissant dans un bol de caf, son sourire rayonnant à l'apparition de sa chère amante.
-Timell ne se désactive pas en tapant son nez. Elle détache un morceau de croissant avec ses dents d'une blancheur éclatante et mâche la viennoiserie en gardant un sourire moqueur.
-J'opterais pour le détonateur thermique, la prochaine fois.
-Il ne fallait pas lui dire de te réveiller pour la première livraison de viennoiserie. La zeltronne tire un tabouret et fait signe à la Capitaine de s'asseoir auprès d'elle. Le Chant des Partisans va avoir sa révision annuelle, une équipe de maintenance va s'en charger dès ce matin.
-La dernière fois le Radiateur à neutrinos a été partiellement révisé et le turbolaser de proue a un dysfonctionnement de 0,5 degrés par rapport à la réalité. La corbeille de nourriture à sa portée, Ambre se sert bien volontiers, un jus d'agrume lui est servi aussitôt par le petit droïde.
-Le service de maintenance se charge de ça, nous avons reçu des pièces neuves de la dernière expédition. Malheureusement je crois que ta frégate sera maintenue en orbite pendant trois mois. En buvant une gorgée de caf, la Grande Amirale glisse le datapad jusqu'aux yeux de la Capitaine. Nous réduisons l'équipage au strict nécessaire, pour le reste vous êtes envoyés à la supervision d'une ligne ferroviaire et de l'établissement d'un parcours pour le futur transport Conveyex.
Ambre vérifie les données sur l'outil technologique en buvant son jus de fruit.
Il y fait mention d'anciens achats sur du matériel ferroviaire acquit par des intermédiaires. Plusieurs plans de la planète Yashuvhu s'y ajoutent, y compris une ligne à deux voies banalisées. Une note s'ajoute à la légende, une "deuxième cité".
-Très bien. L'humaine d'Artorias quitte l'application pour s'intéresser aux nouvelles colportées par un réseau interne aux Ravageurs. Son doigt glisse sur l'icone de partage et l'écran principal du salon s'allume et déroule le contenu. Des Sith ont été condamnés dans la nuit.
-Je suis au courant mais Darth Malraas n'a convié que les Sith non militaires, au sein de l'Ordre des Ravageurs. Aspergée d'informations par l'imposant écran, la zeltronne plisse les yeux pour se concentrer à la lecture et cite la phrase à haute voix. "Exécution des Seigneurs Felhoken et Iyigae, condamnation de l'Acolyte Roxhu et de trois des six sbires de Darth Aequum. Le Sith Ashama et l'Apprentie Juna sont félicités pour la loyauté dont ils font preuve à l'égard du Nouvel Ordre Sith." Elle sourit en relisant le nom "Ashama".
Interloquée par ce sourire malicieux, la Capitaine penche la tête, l'invitant à se confier.
-Je soupçonnais Ashama d'être une Ombre, il est l'un des Sith sous l'aile de Darth Asari, elle aussi en est une. Jariah se sert une nouvelle tasse de caf et enroule ses doigts autour de la porcelaine.
-Les Ombres sont partout et personne n'est assez méfiant pour y prêter attention. Elle lève un croissant pour le porter à sa bouche et arrête subitement son geste à mi-parcours. Lesa Hisgo est une cousine éloignée de Tom Harper, c'est peut-être lui qui fournit les informations sur le Centre de Veille.
-Peut-être. La Grande Amirale se lève de son tabouret en agrippant la queue de sa tasse. Je serais prise toute la journée avec Wulf et Malraas. Ne t'inquiète pas pour les ordres de mission, tes hommes et toi, êtes en congés.
Jariah Mai s'éclipse en dehors de la cuisine, donnant l'occasion au petit DUM de faire un retour triomphant.
-Vous désirez un autre jus de fruit ? Ou un détonateur thermique ?
-Je vais t'arracher ton seul photorécepteur, cyclope de malheur !
Dix minutes plus tard et après deux tentatives d'assassinat sur la personne d'un droïde se présentant comme un "Fonctionnaire de la haute autorité de Yashuvhu", un airspeeder viendra s'arrimer auprès du balcon et la Grande Amirale sera conduite au Palais du gouvernement.