Le Derviche est servi
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Post n°1
Auteur : John HarveySpoiler : Avant
Le Gloire d’Haden sortit d’hyperespace. Aux commandes, le droïde FEG-36 actionnait différents boutons. Il venait d’annoncer au reste de l’équipage la fin du voyage. Équipage qui ne se composait que d’une unique personne : le chasseur de primes John Harvey. Celui-ci avait passé un voyage horrible. DOnOs venait de l’embarquer dans un traquenard. Le mercenaire ne cessait de se dire que la mission était trop simple pour être vraie. Sur le papier, il s’agissait simplement de livrer deux colis sur deux planètes séparatistes. En réalité, les trajets s’annonçaient bien plus périlleux que prévu. On parlait là d'un Seigneur Sith et d’un artefact maudit. Autant dire que tout pouvait dégénérer en un instant, sans que John ne comprenne pourquoi. Toutefois, le tueur à gages avait plus d’un tour dans son sac. Et la présence du droïde pilote en faisait partie. Il venait de le rencontrer sur Dantooine et, même si la boîte de conserve était trop bavarde à son goût, Harvey comptait sur sa présence pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour l’emmener convenablement du point A au point B. Ensuite, FEG-36 avait annoncé disposer d’une culture des sensitifs. Il avait auparavant travaillé pour l’Empire Sith et John se disait que ses savoirs, même légers, pourraient faire la différence en cas de pépin. C’était certainement une idée folle, mais le tueur à gages avait depuis longtemps cessé de penser que cette galaxie était dépourvue de folie. De son expérience, il avait remarqué que les plans les plus désespérés conduisaient aux meilleurs résultats. Pourvu que ça dure ! Car Harvey était parti en mission la mort dans l’âme, désespéré à l’idée de se coltiner un Forceux et son joujou maléfique. Ça ne présageait rien de bon. Et puis, il y avait autre chose qui le titillait.
En acceptant cette mission, Harvey s'asseyait sur deux principes essentiels, qui lui avaient valu sa réputation et, plus important encore, sa survie. Primo : ne jamais accepter une mission que l'on ne sentait pas. Les tripes de John lui disaient de ne pas s'embarquer là-dedans. Pourtant, il avait cédé face à DOnOs et accepté cette ultime mission. Après ça, il en était sûr, il raccrochait. Et l'idée le désespérait : combien de ses anciens comparses avaient péri dans le coup de trop ? John n'était pas superstitieux, mais il avait un très mauvais pressentiment sur l'issue de sa mission. Secundo : ne jamais se mêler des affaires d'un forceux. Autant dire que, pour cette balade, c'était râpé. John avait donc passé une bonne partie du trajet à côté de la caisse dans laquelle se trouvait le gaillard, les yeux fixés sur l’ouverture. DOnOs lui avait assuré que le bougre était dans le coltard, mais on n’était jamais trop prudent. Si jamais il s’était passé le moindre truc louche, John aurait tiré à vue. Face à un sensitif, c’était la seule fois où le mercenaire préférait tirer d’abord et réfléchir ensuite. Ces bêtes-là étaient capables des pires choses. En un tour de main, elles pouvaient vous expédier à l’autre bout du vaisseau, entrer dans votre esprit ou vous tuer d’un simple regard. Autant dire que Harvey était en état d’alerte maximum. Et légèrement tendu.
En réaction à l’annonce du droïde pilote, le chasseur de primes se dirigea vers le cockpit, les yeux rivés sur son index, son majeur et son pouce, légèrement collants. Il s’essuya les doigts sur son pantalon, avant de remettre son gant. Puis il s’engouffra dans le cockpit et s’affala sur le siège du copilote. Il n’aimait pas l’idée de laisser le prisonnier seul, même s’il était dans le comas depuis des semaines. Mais il se força à faire un effort : il ne connaissait pas bien le droïde et préférait surveiller l’atterrissage. Un mot de travers et les séparatistes pouvaient vous griller à vue. John n’avait pas passé un voyage en apnée pour se faire carboniser à l’arrivée ! Lorsque les systèmes de défense de Géonosis demandèrent au vaisseau de s’identifier, Harvey murmura au droïde quoi répondre :
- Dis-leur qu’on vient voir le préfet Barrik.
- Pourquoi ?
Mais il était bête, ou quoi ? John répondit plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu :
- Parce que sinon, ils nous carbonisent !
FEG-36 regarda le chasseur de primes de ses deux binoculaires, avant de répondre :
- Oui, je comprends bien. Pardonnez mon manque de clarté. J’entendais par-là : pour quelle raison souhaitons-nous rencontrer le préfet Barrik ? Voyez-vous, je suis un droïde pilote spécialement conçu pour ce genre d’opérations. J’ai simplement besoin d’un maximum d’informations, pour pouvoir développer la meilleur approche possible auprès des autorités locales. En effet, selon vos besoins, je peux très bien adopter une ap...
- C’est bon, j’ai compris ! l’interrompit John.
Il lança ensuite un regard noir vers la console, qui annonça une dernière sommation avant d’enclencher les « procédures de rigueur », comme ils appelaient ça. C’était probablement la formulation d’usage pour dire « vous abattre purement et simplement ». John expliqua donc l’objet de leur mission sans desserrer les dents. Suite à ça, le droïde enclancha son comlink et dit à destination de Géonosis :
- Ici le Gloire d’Haden, en provenance de Dantooine. Nous sommes des émissaires de LOm DOnOs chargés de remettre au préfet Barrik un adepte du Côté Obscur. Nous demandons autorisation pour atterrir et, par la même occasion, une audience avec Monsieur le Préfet.
Les deux comparses se lancèrent un regard entendu (ce qui ne voulait strictement rien dire lorsque l’on avait affaire à un droïde, songea John) :
- Personne à bord, lâcha John en guise de dernière consigne.
Puis le chasseur de primes se leva et retourna auprès du caisson où se trouvait le prisonnier. Il l’observa une dernière fois et s’assura que tout était bien en place. Il en profita également pour vérifier son matériel. À vrai dire, il ne savait pas du tout comment allait se dérouler l’accueil sur Géonosis. Mais il savait qu’un forceux était mêlé à tout ça. Donc ça ne pouvait que mal tourner. -
Post n°2
Auteur : BarrikLe vaisseau de contrôle Droïde flottant fièrement en orbite autour de Géonosis. La pierre angulaire du système de défense orbitale de la Capitale Séparatiste.
Nommé le Protector, l'imposant vaisseau semblait dormir lorsqu'un vaisseau de type cargo pointa le bout de son nez. Les alarmes retentirent et les procédures de défenses se lancèrent. Une première sommation fut envoyée afin d'avertir le vaisseau non identifié d'une mort assurée. L'ensemble des canons du vaisseau braqué sur lui et la vague déferlante de chasseur vautour prêt à décoller.
Une communication arriva comme un son de cloche. Un sensitif pour le Préfet... Le commandant Alko se gratta le menton. La prime délivrée par Géonosis semblait porter ses fruits.
- Ici Alko, commandant du Protector. Vous êtes autorisé à vous poser au quartier de haute sécurité de la capitale. Une escorte de chasseurs droids va vous accompagner le temps de votre descente. Le Préfet est actuellement indisponible. Vous serrez donc mis en relation avec le bureau du ministère de l'intérieur. Les coordonnées du point de rendez vous vous sont actuellement transmises. Protector terminé.
Le commandant demanda à changer de canal, passant sur une ligne prioritaire et sécurisé envers le bureau du ministre en charge des Sensitifs et de leur détention.
- Monsieur le Ministre Aros, un cargo venant de la guilde des chasseurs de primes est en route vers le quartier de haute sécurité avec à son bord un sensitif. Une escorte aérienne et terrestre est envoyée au point de rendez vous.
- Une bien bonne nouvelle ! Un adepte de moins pouvant sévir dans notre belle galaxie. Je prend le relais. Que la sécurité soit maximale ! Je vais me rendre en personne pour superviser cela.
Prévenez les instances Séparatistes de cette prise.
Le Ministre quitta son bureau avec une escorte de douze droïde de type B2. Des magna gardes compléteraient le comité d'accueil. Prenant une navette qui traversa le ciel rougeâtre de la planète pour se rendre au quartier de sécurité. Arrivant quelques minutes avant le Cargo des chasseurs.
Une centaine de droïde B1 était présent, les droïdes vautours resterait en stationnement le temps de l'entrée de la prison. Le vaisseau se posa et Aros se présenta aux arrivant accompagné de deux magna gardes.
- Messieurs, bienvenue sur notre belle planète ! Désolé pour ce comité quelque peu... Imposant ?
Mais il n'y a jamais trop de vigilance quand il s'agit de ce type de personnage... Qu'avez vous donc pour nous ? -
Post n°3
Auteur : John HarveyÉvidemment qu’on n’obtenait pas un rendez-vous avec un préfet aussi facilement ! John aurait dû s’en douter. Mais, pour sa décharge, il fallait avouer qu’il n’avait que peu de connaissances des protocoles. La plupart du temps, lorsqu’il avait affaire à des politiques, c’était pour les descendre. Le dernier en date était un alien étrange que John avait dû abattre dans un astroport. La mission, sensée être discrète, avait eu le mérite de rameuter tout le quartier. Encore une fois, Harvey avait été le seul à s’en être tiré. L’un de ses partenaires avait disparu (peut-être capturé par les autorités après un attentat à la bombe ?). L’autre s’était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment : les gardes du corps de l’ambassadeur lui étaient tombés dessus. John n’avait plus jamais eu de nouvelles. Il n’aimait pas laisser ses compagnons de route derrière lui, mais c’était les risques du métier. Ils le savaient, tout comme lui. C’est pour ça qu’il préférait jouer solo. Ça évitait ce genre de consternations. Et puis, John savait qu’il ne pouvait compter que sur lui-même.
Suite aux instructions du Protector, FEG-36 mit les voiles jusqu’à la position indiquée. Le quartier de haute-sécurité. Voilà qui avait le mérite de rassurer John. Habituellement, il détestait ce genre d’endroits. Mais au vu de ce qu’il trimballait, c’était peut-être mieux. À force de droïdes, peut-être que l’un d’entre eux parviendrait à neutraliser le Sith si jamais ce zigoto voulait faire des siennes ?
Il fallait reconnaître que les séparatistes avaient de quoi faire ! Alors que le vaisseau se posait dans un hangar, John observa à travers un hublot le comité d’accueil. Et il était de taille. Bien qu’imposant, cela n’atténuait en aucun cas la méfiance de Harvey. Le mercenaire était tendu et le serait jusqu’à son départ de la planète. Après, le Sith pouvait faire ce qu’il voulait, ça ne répondait plus de lui.
Ça y est. Le vaisseau venait de se poser sur le sol de Géonosis. John était très nerveux : il sentait ses tempes vibrer. Il tenta de souffler pour s’apaiser : c’est ce qu’il avait l’habitude de faire derrière son fusil à lunette, généralement juste avant de faire un carton. Pourvu que ça ne degénère pas. Le tueur à gages laissa échapper un profond soupir. Allez, plus tôt on s’y mettait, plus tôt ça finirait ! D’un pas las, il se dirigea vers le caisson dans lequel se trouvait le prisonnier et activa les rétropropulseurs. Il cogna ensuite sur l’une des parois pour indiquer à FEG-36 d’ouvrir le sas. La passerelle de débarquement s’abaissa et John se retrouva nez-à-nez avec l’armada séparatiste. D’un pas lent et prudent, il descendit la passerelle, le caisson flottant juste à côté de lui. John savait qu’il ne devait pas déconner : il gardait ses mains gantées le long de son corps, suffisamment en évidence pour ne pas déclencher la frénésie d’un droïde trop paranoïaque. Ça n'empêchait pas le mercenaire de rester sur ses gardes et d'être prêt à bondir à la moindre occasion. Toutefois, ce fut un Cerréen assez convivial qui s’avança de deux pas pour l’accueillir. Au moins, il avait le mérite de partager la même vision que John sur les forceux. C’eut le mérite de réconforter, sans rien retirer à sa méfiance.
- Un Derviche.
La réponse de John, comme a son habitude, s’était contentée du minimum. Deux mots, selon lui, étaient bien plus que suffisants pour exposer la situation. Lui-même savait à peine ce qu’était un Derviche, mais il supposait que si le gars en face de lui était prêt à payer pour en récupérer, cette simple information devrait répondre à toutes ses interrogations.
Maintenant, il ne restait plus qu’à régler deux-trois détails, toucher la prime et se barrer. Une simple formalité, à n’en pas douter. -
Post n°4
Auteur : Barrik
-Bien ! Très bien...
En vue de la somme plus au moins importante nous allons juste vérifier la véracité de vos propos. Ne le prenez point mal toutefois. Ce n'est qu'une formalité.
Pour nous faire pardonner de cette petite attente, la ville vous offrira le carburant.
Le caisson fut emporté pour l'importante escorte. Les droïdes ravitailleurs arrivèrent encerclant le cargo. Au bout d'une trentaine de minutes le ministre fut de retour un grand sourire aux lèvres. S’inclinant légèrement, il leur donna une carte avec les 15.000 cr.
- Merci, la galaxie se portera un peu mieux grâce à vous. Bon vent et n'oubliez pas que la prime est toujours d'actualité. Messieurs.
Le ministre Aros s'inclina une dernière fois et disparu avec son escorte personnelle. -
Post n°5
Auteur : John HarveyC’était un soulagement. John fut tellement surpris qu’il ne savait pas comment réagir à la déclaration du ministre. Il restait là, les bras ballants, et observait d’un air béa la main tendue de l’émissaire. Puis, reprenant soudainement conscience de son environnement, il s’empara de la récompense. D’un simple hochement de tête, il salua le Céréen puis retourna simplement dans le vaisseau. Il ne s’autorisa un soupir de soulagement qu’une fois la passerelle remontée, certain d’être à l’abris des oreilles indiscrètes.
- Vous avez l’air tendu.
John retint un sursaut, mais ne se priva pas de lancer un regard assassin à FEG-36. Le droïde était sorti de la cabine de pilotage pour surveiller les allers et venus des potentiels intrus, comme le lui avait demandé le mercenaire.
- On décolle, répondit Harvey d’un ton sec.
Le droïde de pilotage répondit un « Oui Monsieur » puis s’affaira à préparer le décollage. John s’autorisa un nouveau soupir de soulagement, avant de regarder par un hublot afin de vérifier que le comité d’accueil était bel et bien parti. Il voulait s’assurer de ses propres yeux que tout danger était définitivement écarté. À part une poignée de gardes et de techniciens, il ne restait plus personne dans le hangar : plus une seule trace du ministre et de son escorte. Satisfait, le tueur à gages examina une nouvelle fois le vaisseau, afin d'être certain qu’il était bel et bien débarrassé du Derviche. Il n’arrivait pas à y croire ! Lui qui était convaincu que ça lui exploserait à la figure, voilà qu’il ne s’en sortait pas si mal ! Et avec une belle récompense, en plus ! De quoi satisfaire le Doyen. Peut-être que John avait surestimé le danger, finalement ? Enfin, il n’avait pas à rougir de ça : c’était justement avec ce genre de réflexes qu’on faisait de vieux os dans ce métier...
De retour dans la cale, le chasseur de primes regarda le grand espace où s’était trouvé le Derviche, d’un air mélancolique. En l’absence de la caisse, la salle paraissait presque vide. Il ne restait que la console obscure, le prochain objet à livrer. John n’était pas encore tiré d’affaire, même s’il avait l’impression que le plus dur était derrière lui. Cette relique délaissée était beaucoup moins angoissante qu’un forceux encore en un seul et unique morceau, prêt à réduire en bouillie votre esprit. Harvey avait tellement redouté que le prisonnier se réveille pour faire des siennes ! Maintenant, il pouvait arriver n’importe quel pépin, ce n’était plus son problème. Enfin, pas encore : il devait avant ça mettre le plus de distance entre Géonosis et lui.
D’un pas décidé, il retourna dans la cabine de pilotage, afin de s’assurer que FEG-36 était paré au décollage. Le tas de boulons terminait de rentrer les coordonnées de leur prochaine destination : Korriban. L’endroit ne faisait pas rêver (ce n’était pas une planète Sith, justement ?), mais John partait du principe que la balise à livrer causerait moins de problèmes qu’un forceux sous perf’. Là encore, il s’agirait de déposer le colis et de repartir aussitôt. S’il l’avait fait une fois, pourquoi pas deux ?
Le vaisseau prit son envol pour sortir du hangar. Rapidement, celui-ci rétrécit derrière eux, puis le cargo sortit de l’atmosphère. Il traversa les anneaux d’astéroïdes et, au moment d’entrer en hyperespace, John eut une dernière pensée pour le Derviche. Le mercenaire émit un rictus satisfait puis, en guise d'expression de son immense joie, s'autorisa à mâchonner un cure-dent.Spoiler : À suivre...