De la servitude volontaire et simulée
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Post n°1
Auteur : Calypso TanysDe vastes édifices ocres et bruns, dont la base échappait à la vue, prenant racine à l’orée des bas fonds de Coruscant, s’érigeaient dans le paysage chaotique de la planète capitale. Calypso admirait les reflets du soleil sur l’armature de ces monstres d’acier. Elle aimait le sentiment de grandeur qu’ils procuraient à ces bâtisses. Coruscant était un joyau architectural, de par sa complexité et sa magnificence. Des milliers de bâtiments étaient empilés les uns sur les autres, et ce , sur plusieurs kilomètres. Il s’agissait également d’un espace social à géométrie variable. En effet, les plus pauvres, les criminels, et autres rebuts de la société, vivaient dans les districts les plus sombres, les plus enfouis, des bas fonds. Tandis que les plus riches, les plus prestigieux, les plus encensés de la société civile, baignaient à la fois dans l’intense lumière de l’astre, et dans la glorieuse lumière de la République. Le trafic était dense, les voies de circulation à priori incompréhensibles, participaient à ce sentiment de chaos qui régnait sur la mère patrie de la Twi’lek. La navette de la jeune femme n’allait pas tarder à atterrir. Le vaisseau s’inclina sur la droite et prit une trajectoire circulaire, faisant glisser Calypso contre le mur droit. Après quelques minutes de manœuvres, la navette atterrit sur une piste de ce qui était le plus grand astroport de Coruscant. La jeune femme n’avait pas choisi une navette en direction de celui-ci au hasard, l’activité, l’affluence et les flux de voyageurs y étaient tels, qu’elle pourrait aisément se fondre dans la foule et échapper aux autorités. Elle devrait se rendre au palais familial, dans la plus grande des discrétions, en évitant soigneusement de croiser le chemin de droïdes policiers. Ce dernier se situait dans l’un des districts les plus aisés de Coruscant.
La jeune femme, qui en avait profité pour faire une sieste lors du voyage, fut extirpée de ses pensées, quand elle vit un mouvement de foule à l’avant de l’appareil. Le flot de voyageurs tentait de sortir le plus rapidement possible, elle devait se mêler à eux si elle ne voulait pas se faire repérer. La Twi’lek s’exécuta et se fondit dans la foule, passant inaperçue au milieu d’un vaste groupe d’humains et d’aliens en tout genre. Elle sortit de la navette et inspira profondément, la pollution de Coruscant contrastait avec l’air frais et pur de Dantooine. Quelques heures auparavant, la Twi’lek arpentait les plaines de la planète sauvage à la recherche du Doyen de la Guilde des Chasseurs de primes, un Gand dont elle ne connaissait toujours pas le nom. Ces derniers jours furent très tumultueux pour la jeune femme, elle avait dû commettre plusieurs larcins, se faire arrêter volontairement pour libérer Gren l’un de ses compagnons, s’échapper avec ce dernier d’un poste de l’armée, et finalement, ils s’étaient faits voler leur butin. Elle avait fini par suivre son partenaire Orrell sur Dantooine, il lui avait proposé de la présenter au Doyen de la Guilde des Chasseurs de primes, en vue d’une éventuelle adhésion. Ce dernier, pour la mettre à l’épreuve, lui avait demandé de trahir son clan en récoltant des informations sur leur trafic d’esclaves.
Trois droïdes policiers passèrent près du groupe dans lequel elle se cachait, mais suffisamment loin pour qu’ils ne puissent analyser son visage. La jeune femme sortit le plus rapidement possible de l’astroport sans encombre, en passant rapidement d’un groupe à un autre. Lors de cette valse avec la foule, la Twi’lek en profita également pour délester quelques crédits à un imprudent, qui laissait son argent dépasser de sa poche. Le maigre butin lui suffirait à payer un taxi en direction de la demeure familiale. En sortant de l’astroport, elle examina rapidement les alentours, afin de guetter l’éventuelle apparition de soldats. Si la jeune femme se faisait arrêter, le plan qu’elle avait élaboré pour convaincre ses parents de lui donner les informations qu’elle souhaitait tomberait à l’eau. Calypso fit signe à un taxi de s’arrêter, secouant énergiquement les quelques crédits qu’elle avait dans la main. Le véhicule s’approcha et s’arrêta devant la criminelle, le conducteur un Weequay, lui fit signe qu’elle pouvait monter à bord. L’aspirante chasseuse de primes lui indiqua l’adresse, et s’installa confortablement sur l’un des sièges arrières.
Trente minutes plus tard, ils étaient arrivés devant un immense palais, semblable en tout point de par sa couleur et son architecture, aux autres bâtiments qui peuplaient la planète. La jeune femme paya le Weequay, lui laissant même le reste du butin en pourboire, et escalada les quelques escaliers qui la séparait de l’immense porte d’entrée. La porte à double vantail, fonctionnait grâce à un système de reconnaissance corporelle. Calypso appuya sur un bouton, et un petit droïde volant la scanna sous toutes les coutures. La porte s’ouvrit et la Twi’lek entra dans le palais du Clan. Rien n’avait changé. Certes, elle n’était pas partie depuis très longtemps, quelques semaines à peine, mais tout était resté à sa place, comme si le temps s’était figé. De magnifiques tapis bordeaux recouvraient le sol, tandis qu’une vingtaine de piliers ocres s’alignaient en deux colonnes horizontales, et deux verticales, formant un carré, dans ce qui semblait être un vestibule. Des œuvres d’art inestimables, principalement des tableaux, des sculptures, et des vases, ornaient la pièce. Un délicat parfum de fleurs sauvages aldéraanes flottait dans l’air, que la jeune femme s’empressa de humer. À peine eut-elle le temps de fermer les yeux, pour apprécier le souvenir synesthésique que lui inspirait ce parfum, qu’un droïde protocolaire GG vint l’accueillir. Ce droïde ne lui était pas inconnu, il s’agissait de 21-GG, qui était depuis des années, un loyal serviteur de sa famille. En voyant la Twi’lek, le droïde s’exclama sur un ton semblable à du soulagement :
«Maîtresse Calypso, quel plaisir de vous revoir. Monsieur votre père, et Madame votre mère ont été notifiés de votre présence, ils vous attendent dans le bureau de celle-ci. Si vous voulez bien me suivre.
- Ça ne sera pas nécessaire 21-GG, je connais le chemin, tu n’as pas besoin de m’escorter. Et je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler "maîtresse Calypso".
- Comme il vous plaira maîtresse Tanys.»
La jeune femme avait beau l’intimer de l’appeler uniquement par son prénom, et ce depuis plusieurs années, 21-GG restait très attaché à l’étiquette. Calypso déambula dans les dédales du palais, répétant dans son esprit le discours qu’elle avait préparé pour ses parents. Elle esquissa un sourire espiègle en pensant la situation. La jeune femme se comportait comme une adolescente qui avait fait le mur. Cependant les enjeux étaient bien plus élevés dans cette configuration. Il était question ici de trahison, chantage et criminalité. Elle marcha d’un pas décidé, le long d’un vaste couloir, sans ressentir la moindre anxiété. La Twi’lek repensait à sa vie entre ces murs, et ne regrettait en aucun cas de l’avoir quittée. Beaucoup envieraient la vie qu’elle a mené au sein du Clan, nonobstant, l’aspirante chasseuse de primes s’en moquait éperdument. En fière partisane de la liberté, elle voulait mener la vie qu’elle aurait choisi, trouver sa propre voie, et non se plier à la volonté de ses parents. Soudain, la criminelle se rendit compte qu’elle n’avait croisé personne dans les couloirs, ce qui était plutôt inhabituel. La demeure, qui, certes était la résidence principale de ses parents, n’était pas le palais principal du Clan Tanys. Ce dernier se situait près du quartier des affaires et du Sénat, et était la résidence officielle de ce qu’on appelait l’Assemblée, l’instance dirigeante du Clan Tanys. Le palais dans lequel elle se trouvait, servait de résidence pour les membres du Clan de passage sur Coruscant, et ne siégeant pas à l’Assemblée.
Calypso toqua à la porte du bureau de sa mère, puis entra. Cette dernière, à l’autre bout de la pièce, lui faisait dos, regardant par la fenêtre, sûrement afin de méditer sur ce revirement de situation. Son père quant à lui, était aux côté de son épouse, il posa les yeux sur sa fille, et poussa un soupir de soulagement. Ses deux parents étaient des Twi’leks Rutians, tout comme elle. Sa mère, était la véritable Tanys, elle était responsable d’affaires importantes pour le Clan, notamment dans le domaine de l’armement, et depuis quelques années, elle s’était également lancée dans la politique. La femme, d’un âge mûr, espérait obtenir un siège au Sénat lors des prochaines élections, mais également un siège au sein de l’Assemblée du Clan. Son père quant à lui, qui devait avoir à peu près le même âge, était un ancien haut gradé de l’armée, et un homme d’affaires estimé. Ce dernier interpella en premier la jeune femme :
«Bon sang Calypso, mais où étais-tu passée ? Nous nous sommes faits du sang d’encre pour toi, nous étions même prêts à partir nous même à ta recherche si nous trouvions la moindre piste.»
La Twi’lek n’eut pas le temps de répondre, que sa mère se retourna et s’exclama d’un air péremptoire :
«Vous allez devoir vous expliquer jeune fille. Il y a deux jours, j’ai reçu un appel d’un certain Sergent Rylon, qui m’avait dit qu’il t’avait trouvé et même arrêtée pour vols et violences. Mais comme si ça ne suffisait pas, il a fallu que tu t’échappes de ta cellule. Tu n’imagines même pas le mal que je me suis donné, j’ai dû faire jouer de mes relations pour faire étouffer cette affaire. Et encore, ceci n’est que le moindre de tes soucis, puisque l’Assemblée sait que tu nous as fait chanter pour t’enfuir. Par chance, ils n’ont pas encore décidé de ton sort. Maintenant explique-toi.»
Calypso pouvait sentir la colère, mais également l’inquiétude dans la voix de sa mère. Si elle souhaitait que son plan marche, elle ne devrait pas jouer la carte de l’insolence cette fois-ci. La jeune femme prit une grande inspiration, et dit calmement :
«Je suis rentrée sur Coruscant il y a quelques jours à peine. J’étais sur Dathomir, où je faisais affaires. Non, je ne suis pas partie par simple caprice.»
Ses parents, intrigués se regardèrent, et sa mère lui fit signe de venir s’asseoir. La Twi’lek s’exécuta, et son père lui demanda sur un ton empli de curiosité :
«Comment ça ce n’était pas un caprice ? De quelles affaires parles-tu ?
- Quelques semaines avant que je parte, un ami m’a proposé que nous montions notre propre affaire, loin des activités de nos familles. Comme vous devez déjà le savoir, il y a eu une catastrophe naturelle sur Dathomir, et puisque que la planète ne fait pas partie de la République, aucune aide humanitaire n’y a été envoyée. Avec mon ami, nous y avons vu une opportunité en or. On y est donc allés, avec un vaisseau chargé de vivres et matériel médical. Nous les avons offerts à la population d’une petite ville de quelques milliers d’habitants, des Zabraks Dathomiriens. Nous leur avons promis que nous leur en ramènerions plus, mais qu’en échange, ils devraient conclure un accord avec nous. Ils ont naturellement accepté, bien qu’un peu réticents au début. Ils ont donc signé un contrat, les mettant à notre service pour une durée de dix ans, en échange de nourriture, de vivres et d’un bon traitement.
- Je ne te crois pas, tu es en train de nous parler d’esclavage ? Je pensais que tu haïssais l’esclavage, combien de fois nous as-tu fait la morale ?
- Il ne s’agit pas d’esclavage, au bout de ces 10 ans, ils seront libres, et contrairement aux esclavagistes, nous leur assurons un bon traitement. Je vois plus cela comme une aide humanitaire intéressée. Nous leur fournissons ce dont ils ont besoin, et en échange, ils nous sont redevables. Je n’ai pas choisi Dathomir pour rien, vous savez très bien comment les Zabraks sont robustes et rentables.
- Et à quels genre de services comptes-tu les assigner ?
- Je ne sais pas vraiment. Nous n’allons pas les mettre au travail nous-même. En fait, avec notre ami, nous pensions louer leurs services au plus offrant. Les crédits récoltés nous serviraient à développer notre affaire et à élargir nos secteurs d’activité, comme vous me l’avez appris.
- Et bien, visiblement, je suis agréablement surprise, il semble que tu ais retenu quelque chose de l’éducation que nous t’avons donné.»
La jeune femme esquissa un sourire, ses parents mordaient à l’hameçon. Son père, toujours aussi curieux, l’interrogea de nouveau :
«Et pourquoi es-tu revenue sur Coruscant ?
- Pour trouver des clients. J’ai commencé à me constituer mon réseau, mais les clients que j’ai pour l’instant ne m’ont fait que de petites offres, que pour des petits groupes de mes employés. Je cherche donc des gros clients, capables de me faire une offre sur une grande partie de mes employés, c’est naturellement pour ça que je suis venu vous voir. Je sais que vous avez toujours besoin de main d’œuvre dans vos usines, ou dans les mines. Je suis donc ici pour vous faire une offre.»
La mère de la jeune femme, intéressée et intriguée, s’assit sur le siège de son massif bureau en bois. Elle lui fit signe de continuer.
«Je vous propose de commencer par une base de 300 employés pour un million de crédits par mois, à chaque fois que vous commanderez un groupe de 100 employés supplémentaires, je vous ferai une réduction de 10 %.»
Les parents de la Twi’lek se regardèrent, et semblèrent communiquer par télépathie. La jeune femme connaissait leur fonctionnement en affaires, et par conséquent, elle savait comment les intéresser. Après quelques secondes de réflexion, sa mère s’exclama :
«Nous en parlerons ce soir, lors du dîner. Mais ne pense pas que nous ayons oublié ton chantage et ta fugue. Tu le sais très bien Calypso, tes actes ont des conséquences. En attendant que l’Assemblée se prononce sur ton sort, tu as l’interdiction formelle de quitter le palais. Suis-je bien claire ?
- Oui, on se retrouver pour le dîner, à tout à l’heure !»
La jeune femme embrassa ses parents, qui étaient un peu déconcertés, et se précipita vers ses appartements. Tout se déroulait comme elle avait prévu, cependant, sa courte expérience dans le milieu de la pègre lui avait fait apprendre quelque chose, l’imprévu se profilait toujours à l’horizon. Calypso utiliserait les quelques heures de répit qui lui restait pour étayer son plan et surtout prévenir Orrell, qui en serait un élément central. -
Post n°2
Auteur : Calypso Tanys«Répétons une dernière fois.
- Donc, je me présente comme un homme d’affaires, ton associé, actuellement en poste sur Dathomir. Je propose à tes parents les services d’une petite centaine d’esclaves.
- Non, certainement pas Orrell, laisse tomber je ferai les présentations. Dans le monde de l’esclavagisme de luxe, on utilise jamais explicitement le terme esclave, tout est dans la subtilité. Tu devrais plutôt parler de nos «ouvriers », voire de nos protégés, l’esclavagiste, surtout dans notre milieu, est toujours convaincu d’être un humaniste.
- Je vois, mais tu penses vraiment que notre petite combine va convaincre tes parents ? D’après ce que tu m’as dit, tu as toujours été farouchement opposée à l’esclavagisme.
- C’est justement dans le caractère humaniste de notre opération que réside la clé de sa réussite. Écoute-moi ce soir et tu comprendras, j’ouvrirai les négociations avec mes parents. Je t’appelle dans deux heures, tiens-toi prêt.»
Sur ces mots, Calypso interrompit l’holocommunication et se laissa tomber dans son lit. Bien que la jeune Twi'lek avait l’air sûre d’elle lors de sa conversation avec Orrell, elle savait que son stratagème n’était pas infaillible, et qu’il y avait de fortes chances qu’il échoue. Elle devrait mettre en place un second plan afin de récupérer les informations que lui avait demandé Lom Donos, chef de la Guilde des Chasseurs de Primes et Roi de Dantooine , à savoir : les signatures énergétiques du transport d’esclaves du Conglomérat, leur point de chute ou leur fournisseurs. Le Gand ne s’attendait certainement à ce qu’elle lui donne des informations des trois catégories, pourtant c’était bien ce que la jeune femme comptait faire. Alors qu’elle étudiait les différentes possibilités qui s’offraient à elle, quelqu’un tapa légèrement à la porte de ses appartements :
«Calypso t’es vraiment là ? Je peux entrer ?
- Oui bien sûr, juste une petite minute !»
Calypso s’empressa de cacher ses armes, qu’elle avait dissimulé sous ses vêtements toutes la journée, dans une armoire, puis ouvrit la porte. Une jeune Twi'lek, arborant un large sourire et d’une peau aussi bleue que celle de l’aspirante chasseuse de primes entra dans les appartements de la jeune femme. Il s’agissait de Rhéa, la sœur de Calypso, plus jeune de quelques années, véritable as en informatique, étudiante à la Haute École d’Ingénierie de Coruscant, qui se prédestinait à intégrer l’Académie Militaire d’Ingénierie Républicaine. Les deux jeunes femmes sautèrent dans les bras l’une de l’autre, puis Rhéa interrogea Calypso, qui venait d’avoir une idée :
«Tu étais passée où exactement ? Les parents n’ont pas arrêté de s’inquiéter pour toi, et je ne te parle même pas des tensions dans le Clan suscitées par ton chantage, quand l’Assemblée l’a appris.
- Oui oui, je sais déjà tout ça. Je vais tout te raconter, assieds-toi, c’est une longue histoire.»
La Twi'lek raconta à voix basse toutes ses péripéties à sa sœur, en omettant aucun détail. Elle narra sa rencontre avec Orrell, son évasion, son arrivée sur Dantooine, son projet de rejoindre la Guilde des Chasseurs de Primes et sa rencontre avec Lom. La jeune femme comptait bien faire jouer un rôle à Rhéa dans cette histoire, quand cette dernière avait franchi le pas de la porte, la solution était apparue clairement à l’aspirante chasseuse de primes. La clé de voûte de son plan serait sa sœur, mais avant, Calypso se devait de lui expliquer la mission que lui avait confié Lom :
«Pour que ma candidature soit sérieusement étudiée, le chef de la Guilde des Chasseurs de Primes m’a demandé des renseignements sur le marché d’esclaves du Clan. Il souhaite que j’obtienne les signatures énergétiques des transports, le point de chute et l’identité des fournisseurs. Pour le point de chute, j’ai déjà un plan, mais pour les signatures énergétiques et l’identité des fournisseurs, je n’ai ni les compétences, ni le temps pour les récupérer par moi-même. Vu tes compétences en informatiques, je me disais que tu pourrais m’aider à pirater l’un des ordinateurs des parents ?
- Rien que ça ! Je suppose que tu dois te douter, que même si je t’aide, nous n’aurons accès qu’à une faible partie des données ? Les parents ne s’occupent pas du marché d’esclaves du Clan dans son intégralité, d’autant plus qu’il s’agit d’une activité secondaire pour eux. Par ailleurs, je pense que toutes les données ne sont pas conservées au Palais de l’Assemblée, mais réparties dans les différentes propriétés du Clan à travers la Galaxie, pour des raisons de sécurité. Et puis, quelle sera ma contrepartie si je t’apporte mon aide ?
- Oui, je sais que nous n’aurons pas accès à toutes les données, mais ça suffira, tant que nous trouvons un filon lucratif à exploiter. Concernant ta contrepartie, je ne dirai pas à Cal que tu l’aimes secrètement, ça te va ?
- Très drôle Calypso, je vois que tu n’as pas perdu ton sens de l’humour lors de ton séjour, décidément trop court en prison. Mais plus sérieusement, tu me proposes quoi ?
- Déjà, ce n’était pas une prison, et puis je n’en ai aucune idée, ce que tu veux. Et si on disait que je te dois une faveur ? Tu pourras me demander n’importe quoi, quand tu le voudras, quand je serai chasseuse de primes.
- C’est un peu vague, mais ça me va ! Marché conclu, il me faudra une bonne heure pour obtenir les informations que tu veux. Cela veut donc dire, que pendant une heure, tu dois tenir les parents loin de leurs bureaux. Tu t’en sens capable ?
- Bien sûr que oui, j’ai un plan, tu procèdes au piratage pendant le dîner. C’est à ce moment que je leur ferai ma proposition avec Orrell. S’ils acceptent, le règlement des petits détails devrait prendre facilement une heure. Je leur dirai que tu ne te sens pas très bien, et que tu préfères te reposer.
- Ça marche ! Je vais m’entraîner un peu, je sens que trouver leur clé de cryptage va me donner du fil à retordre. Au fait, tu me parles de Cal, mais toi, tu ne serais pas un peu intéressée par ton Orrell, vu comment tu en parles ?
- Tu dis vraiment n’importe quoi, j’en parle tout à fait normalement, et mêle toi de tes affaires !»
Sur ces mots, et après un petit rire moqueur, Rhéa quitta les appartements de sa grande sœur. Calypso considérait Orrell simplement comme un ami et un partenaire, rien de plus. Certes, elle ne pouvait nier qu’elle avait légèrement de l’affection pour lui, mais ne le voyait pas comme autre chose qu’un partenaire. La jeune femme se laissa à nouveau tomber dans son lit, essayant de prévoir le moindre imprévu qui pourrait contrecarrer son plan. Cela ne faisait que peu de temps qu’elle était dans le métier, mais elle savait qu’il y avait toujours un imprévu. Elle se devait d’envisager toutes les possibilités afin de remplir sa mission. Cependant, son long voyage, ainsi que ces derniers jours mouvementés ne tardèrent pas à l’achever, et la jeune femme s’endormit.
***
Deux heures plus tard, Calypso se réveilla pour le dîner, bien qu’elle somnolait toujours. Elle se précipita, tant bien que mal, vers l’immense salle à manger du Palais, où ses parents l’attendaient. Après plusieurs minutes de marche dans les dédales de la demeure, la jeune femme arriva enfin à destination. Comme toujours, une table magnifiquement dressée l’attendait, il s’agissait d’un véritable festin suintant tout autant l’opulence du Clan, que les murs ocres, drapés de rouge de la salle, ainsi que les diverses œuvres d’art inestimables qui la parcouraient. Ses parents, déjà présents, la fixèrent, pour lui faire comprendre son retard. Sa mère, s’exclama, sur un ton hautain :
«Tu es en retard Calypso. Est-ce que tu as vu ta sœur ?
- Désolé, je m’étais assoupie, oui je l’ai vue, et elle ne se sent pas très bien, elle se repose.
- Je demanderai à 21-GG de lui apporter son repas.
- Vous avez des nouvelles d'Arvis ?»
Calypso essayait de gagner un peu de temps avant de commencer à parler affaire, avec ses parents. Cependant, la vie de son grand frère et éternel rival, l’intéressait vraiment. Certes, ils avaient une relation bien plus conflictuelle, que celle qu’ils avaient avec Rhéa, mais cela ne les empêchait pas de se soucier l’un de l’autre. Son père répondit à sa question :
«Oui, Arvis vient d’être promu au grade de Lieutenant. Il semble vraiment se plaire dans l’armée, et d’après mes contacts, il a une très bonne réputation, on parle même de lui comme étant une étoile montante.
- Ah oui quand même, bon si nous passions à ce qui nous intéresse vraiment les affaires!»
La jeune femme avait délibérément changé de sujet de conversation, car vu le discours de son père sur la réussite d’Arvis, elle savait que sa mère n’allait pas tarder à la comparer avec son frère. Elle n’en était pas jalouse, mais cela la mettait mal à l’aise et avait le don de la faire sortir de ses gonds. Elle entendait bien vivre la vie qui lui plairait, et non un simulacre de vie et de carrière dans l’armée ou au Sénat, imposé par ses parents. Calypso alluma l’holocommunicateur au centre de la table, faisant apparaître Orrell et reprit :
«Voici Dorn Evas, mon associé. Comme vous le savez, un tremblement de terre a touché une partie de Dathomir il y a quelques semaines. Avec Dorn, nous avons décidé d’apporter aux populations touchées notre aide, en apportant des vivres et du matériel médical. Cependant, pour se reconstruire, ces personnes ont besoin d’une aide sur le long terme assez onéreuse.
- Nous concentrons tous nos efforts, sur une petite ville de quelques milliers de Zabraks en particulier. Nous leur avons proposé de les aider davantage, mais en échange, ils devaient signer un contrat les mettant sous notre tutelle pendant 10 ans. En échange, nous leur apportons de la nourriture, des vivres et un bon traitements. Vu la détresse humanitaire dans laquelle ils étaient, la grande majorité a accepté cet accord. Nous cherchons donc des employeurs, pour nos «protégés», afin de nous permettre de subvenir à leurs besoins.
- Nous vous proposons donc les services de 300 de nos protégés pour un million de crédits par mois. À chaque fois que vous engagerez un groupe de 100 ouvriers supplémentaires, nous vous ferons une réduction de 10 %.»
Les parents de Calypso se regardèrent, stupéfaits, constatant qu’il ne s’agissait pas d’une blague de leur fille, qui prenait pourtant toujours à la légère les affaires et qui était farouchement opposée à l'esclavagisme. Ils s’étaient même renseignés préalablement avant le dîner, sur ce tremblement de terre, et tout était vrai. La père de Calypso répondit :
«Un million de crédits par mois pour seulement 300 «protégés», c’est beaucoup trop. Surtout qu’il ne doit pas s’agir d’une main d’œuvre très qualifiée, nous les assignerons uniquement à des tâches de montage ou d’assemblage dans nos usines. Revoyez votre prix à la baisse et nous reconsidérerons votre offre.
- Puis savoir ce que vous y gagnez ?
- Outre l’aspect humanitaire, nous nous faisons une petite marge de profit non négligeable. Il ne s’agit pas d’esclavagisme à proprement parlé, mais bien d’un contrat à durée limitée, qui nous enrichira et nous permettra de développer nos secteurs d’activité, et qui en même temps, aidera nos «protégés». De plus je tiens à justifier le prix, car toutes les dépenses concernant nos ouvriers seront de notre ressort, nous les fournirons en nourriture, en vivre et nous nous chargerons de leur suivi médical.
- Je comprends mieux, mais il s’agit tout de même d’un prix trop élevé.
- Et si nous disions à la place 750 000 crédits ?
- Il s’agit toujours d’un prix trop élevé jeune homme. Nous louerons leurs services pour 500 000 crédits maximum, et si nous constatons au bout de 3 mois, qu’ils sont efficaces et que l’on peut les assigner à des activités un peu plus rentables, alors nous monterons à 750 000 crédits. Cela vous-convient-il ?
- Cela nous convient, mais seulement si vous vous engagez à louer les services de nos «protégés», pour une durée d’un an minimum.
- Cela me convient, voulez-vous que l’on parle des détails maintenant ou ultérieurement ?
- Maintenant, Dorn et moi avons déjà préparé le contrat. Il fera les modifications concernant la rente et la durée lors de la lecture des différentes clauses, et vous pourrez ensuite sélectionner un à un les 300 profils qui vous intéressent le plus.
- Nous sommes agréablement surpris avec ton père Calypso, par ton professionnalisme. Passons à la lecture du contrat et au règlement des détails.»
Pendant près d’une heure et demi, Orrell procéda à la lecture du contrat, et au choix des 300 ouvriers fictifs, parmi une liste qu’ils avaient trouvé sur l’holopage d’un réseau véreux que le partenaire de la Twi'lek connaissait. Calypso, pour ne pas s’endormir buvait autant de vin qu’elle le pouvait, et en profita pour se sustenter convenablement, ces derniers jours ayant été très mouvementés. Une fois les détails réglés, elle s’exclama :
«Maintenant que tout est réglé, décidons d’un point de chute que nous intégrerons au contrat.
- J’envoie les données à Monsieur Evas tout de suite. Nous attendons vos «protégés» dans une semaine exactement. Nous vous enverrons le premier paiement, une fois que nous aurons vérifiés que vous aurez respecté votre part de l’engagement.
- Bien, je vais voir comment Rhéa se porte puisque nous en avons fini. À bientôt Dorn.»
L’holocommunication s’interrompit, et Calypso fit signe à ses parents, qu’elle devait immédiatement aller voir sa sœur. Visiblement, tout s’était passé à la perfection, sans le moindre imprévu. La jeune femme en fut assez surprise, mais elle savait que l’amour de l’argent de ses parents prendrait le dessus sur les doutes qu’ils pouvaient avoir.
La Twi'lek se précipita vers les appartements de sa sœur, cette dernière devait avoir fini le piratage depuis une bonne demie heure. Elle espérait que Rhéa n’ait pas eu de difficulté à obtenir les informations qu’elle souhaitait, car un tel imprévu serait très nuisible à sa mission. Fort heureusement, quand elle passa le pas de la porte des appartements de sa sœur, elle vit celle-ci le sourire aux lèvres agiter un petit objet d’une main. Rhéa s’exclama :
«Et voici tout ce que tu m’as demandé, c’était tellement facile que ça m’a pris un peu moins d’une heure. Il n’y avait pas d’informations sur le marché global d’esclaves du Clan comme je te l’avais dit, mais uniquement sur celui en lien avec l’armement et quelques mines de Ryloth. Cela devrait suffire très largement. Tu as les signatures énergétiques des transports, quelques points de chute également, mais surtout l’identité des fournisseurs sur cette clé. Alors qui est la meilleure ?
- Ah ah merci ! C’est vraiment toi la meilleure, je pense que je pourrai faire appel à tes services de nouveau.
- N’oublie déjà pas la faveur que tu me dois, ensuite on verra. Bon je suis assez occupé là, je travaille sur une nouvelle clé de cryptage. On se voit bientôt ?
- Oui à bientôt, et encore merci !»
Calypso prit la clé, puis sa sœur dans ses bras, et courut en direction de ses appartements. Elle y entra, et constata qu’elle avait une notification sur son datapad. Orrell lui avait envoyé le point de chute. Elle disposait donc des signatures énergétiques, de plusieurs points de chute et de l’identité des fournisseurs. Et tout ceci sans le moindre imprévu, cela avait de quoi impressionner même le chef de la Guilde des Chasseurs de Primes. Pour fêter ça, et avant de partir rejoindre le contact du Gand, Calypso comptait bien savourer un bon whisky. Elle se précipita hors des ses appartements, et alors qu’elle déambulait dans les couloirs, elle constata qu’au tournant de l’un d’eux, un homme vêtu de noir lui faisait face. Il était plutôt grand, avec une musculature assez développée et portait un masque. La jeune femme eut à peine le temps de dire un mot, qu’il dégaina une vibrodague. Visiblement, cette arme était à la mode, et cet homme ne la laisserait pas aller boire tranquillement son whisky. Calypso se rendit compte à ce moment là, qu’elle avait laissé ses armes dans une armoire de ses appartements, au moment où Rhéa était venue lui rendre visite. Voici l’imprévu qu’elle n’avait pas envisagé, qu’on vienne l’attaquer au sein de sa propre demeure. Avant même que l’individu ne fasse pas un pas, elle s’exclama :
«Je suppose que vous n’êtes pas le nouveau domestique ?»
Calypso réagissait toujours pas l’humour, face à des situations périlleuses qu’elle ne pouvait contrôler et qui n’étaient pas à son avantage. La jeune femme n’avait qu’une fraction de seconde pour élaborer un plan, au sinon, son aventure s’arrêterait avant même d’avoir commencé. Cependant, la Twi'lek n’avait pas peur, des situations comme celle-ci, elle était persuadée qu’elle en rencontrerait davantage quand elle serait chasseuse de primes. -
Post n°3
Auteur : Calypso TanysCalypso examina rapidement du regard le couloir qu’il lui faisait face, ainsi que celui à sa gauche. Vu l’apparente bonne condition physique de l’homme qui lui faisait face, elle écarta l’idée d’engager le combat avec lui, après tout, elle n’avait reçu aucune formation martiale digne de ce nom. De plus, elle ne pouvait pas simplement s’enfuir, son assaillant la rattraperait très certainement, la jeune femme devait mettre au point très rapidement un plan si elle souhaitait survivre à cette rencontre inopportune. L’agitation gagnait son esprit, ses pensées étaient confuses, sûrement à cause de l’adrénaline et d’un soupçon de peur. Il lui était alors très difficile d’élaborer un plan dans ces conditions. De toute façon, le mystérieux homme vêtu de noir ne lui en laissa pas le temps. Il se mit à courir dans sa direction, lame à la main, prêt à éliminer sa cible en un coup. La Twi'lek recula instinctivement, et saisit un buste en marbre à sa gauche, qui décorait le couloir. Malheureusement, ce dernier était bien trop lourd pour la jeune femme, et se contenta de tomber devant elle. Fort heureusement, cela eut à peu près l’effet escompté, la décoration tomba sur l’un des pieds de l’assassin qui venait tout juste d’arriver devant sa cible. Ce dernier se tordit de douleur, tomba et sa lame passa au dessus de la balustrade à sa gauche. Son assaillant désarmé, l’aspirante chasseuse de primes en profita pour prendre la fuite dans le couloir adjacent. Néanmoins, elle n’eut pas le temps de faire trois pas, que le mystérieux individu se jeta sur ses jambes la plaquant au sol. Hargneuse comme elle était, et ce malgré la douleur, la jeune femme ne se laissa pas faire et donna plusieurs coups de pieds dans le visage masqué de l’assassin, à l’aide de sa jambe libre, afin de l’étourdir et le faire lâcher prise. L’intrus relâcha la Twi'lek, qui s’empressa de se relever pour prendre la fuite. Mais une nouvelle fois, l’individu saisit une de ses chevilles et la fit s’écrouler sur le sol. Il bondit aussitôt sur la jeune femme, et faute d’arme, commença à étrangler cette dernière. Elle essaya coûte que coûte de se libérer, en donnant des coups de poings dans la tête de l’assassin, mais rien n’y faisait. Au bout de quelques instants, sa vue commença à devenir trouble, elle n’arrivait plus à respirer et elle pensa que tout était fini. Ses aventures à travers la Galaxie, Orrell, sa future carrière de chasseuse de primes, tout. Alors que la Twi'lek commençait à sombrer dans l’inconscience, une main saisit l’assassin par une épaule et le propulsa au sol. La jeune femme n’avait pas vraiment vu ce qu’il s’était passé, mais elle entendit un tir de blaster.
Reprenant peu à peu son souffle, au bout de quelques secondes, cette même main aida Calypso à se relever. Il s’agissait de son père, ancien haut gradé de l’armée républicaine, qui venait de lui sauver la vie en plaçant un tir bien placé dans la tête de son assaillant. La jeune femme ne savait pas ce qu’il venait de se passer, elle n’avait pas pris le temps de réfléchir à la raison de la présence d’un assassin dans sa demeure, quand ce dernier lui avait fait face. La Twi'lek étudia les différentes hypothèses qui germèrent dans son esprit, mais elle n’en retint que deux : soit il s’agissait d’un assassin envoyé par l’Assemblé du Clan Tanys, soit il s’agissait d’un chasseur de primes un peu trop enhardi, puisque ses parents n’avaient pas encore enlevé la prime sur sa tête. Dans tous les cas, elle était étonnée que l’intrus ne l’avait pas attaqué avec un pistolet blaster. Après avoir appelé un droïde médical, le père de la Twi'lek l’interpella :
«C’est ce que je craignais, Calypso nous devons parler.»
La jeune aventurière était haletante, mais prit sur elle pour répondre à son sauveur :
«Tu sais pour qui travaille cet homme ?
- Je n’en suis pas sûr, nous aurons la confirmation dans peu de temps, mais je pense qu’il s’agit d’un assassin du Clan. Tu ne peux plus rester ici Calypso, tu es en danger.»***
Calypso ne savait pas combien de temps s’était écoulé, des semaines ou peut-être des mois depuis la tentative d’assassinat dont elle avait été victime. Dans les heures qui suivirent cette histoire, elle s’était longuement entretenue avec ses parents. Ces derniers avaient décidé de l’éloigner de la demeure familiale pour sa survie. La mère de la Twi'lek avait appris, par des sources internes au Clan, que l’Assemblée avait décidé de commanditer l’assassinat de Calypso pour faire passer un message. Cela expliquait notamment pourquoi l’assassin avait infiltré le palais, uniquement armé d’une vibrolame : l’Assemblée souhaitait que l’assassinat soit le plus sanglant et spectaculaire possible pour remettre cette branche du Clan Tanys dans le droit chemin et réduire à néant toutes les velléités d’insurrection des autres branches. Les parents de la jeune femme avaient donc décidé de cacher leur fille dans un appartement qu’ils avaient acheté avec un compte off-shore dont n’avait pas connaissance l’Assemblée du Clan. Ils avaient pris des mesures drastiques pour assurer sa sécurité : elle ne pouvait pas sortir de cet appartement, disposait d’uniquement dix minutes par jour de connexion à l’holonet afin de leur donner de ses nouvelles et n’avait le droit de contacter personne en dehors de sa famille. Elle avait pu emporter pour sa sécurité uniquement une de ses vibrolames et son pistolet blaster. Afin de s’assurer que la jeune Twi'lek respecte les règles, ils avaient fait sceller informatiquement toutes les issues de l’appartement et contrôlaient ses communications. Bien sûr, leur plan ne consistait pas à cloîtrer leur fille ad vitam æternam, pour sa survie, elle devait quitter Coruscant. Ils avaient donc engagé un célèbre pirate informatique, nommé Zéro, ce dernier avait pour mission d’effacer complètement l’existence de la Twi'lek dans tous les registres informatiques dans lesquels elle était mentionnée. Cette «mort virtuelle» devait lui permettre de quitter la planète cité sans encombre et se réfugier dans un autre système sans que le Clan puisse la traquer.
Néanmoins, Calypso n’avait pas prévu de vivre une vie de petite fermière tranquille sur Tatooine. Elle comptait bien remplir la mission que lui avait confiée le Doyen de la Guilde des chasseurs de primes. À vrai dire, elle comptait même dépasser les espérances du Gand, et se faire pardonner son retard, en lui apportant bien plus d’informations que ce qu’il avait demandé. Après avoir demandé à sa sœur d’essayer de prévenir Orrell de son retard, les deux Twi'leks avaient élaboré un plan. En plus des signatures énergétiques des transports, des points de chute et de l’identité des fournisseurs du trafic d’esclaves déjà collectés, la jeune femme s’était intéressée à la liste des clients, aux financements véreux et à tout un tas d’autres informations compromettantes concernant le Clan. Bien sûr, ce n’était pas avec sa connexion journalière de dix minutes qu’elle pouvait obtenir toutes ces informations, par ailleurs, elle ne possédait pas les compétences informatiques nécessaires à leur obtention. Mais Rhéa, sa jeune sœur, était un as du piratage. Calypso lui avait donc demandé de pirater sur son temps libre, le serveur central du Clan sur Coruscant. Elle n’aurait pas toutes les informations qu’elle souhaiterait, l’Assemblée veillant à bien répartir ses informations entre plusieurs serveurs dans la Galaxie, mais la jeune femme en aurait suffisamment pour attirer la curiosité du Gand. Rhéa se contenter de télécharger de gros blocs de données, qu’elle transmettait ensuite discrètement à sa sœur, lors de sa connexion journalière. L’aspirante chasseuse de primes passait ensuite la journée à examiner ces blocs de données et en extrayait les informations qui seraient utiles à la Guilde qu’elle compilait dans la clé que sa cadette lui avait précédemment donnée.
Cette tâche était harassante, mais contre toutes attentes, elle y prenait du plaisir. Et visiblement, le cursus universitaire en science politique et géopolitique que ses parents l’avaient obligée à suivre, portait ses fruits. En effet, au cours de ses longues lectures, la jeune femme s’était rendue compte que sa famille était encore plus corrompue que ce qu’elle ne pouvait imaginer. Elle avait mis en exergue plusieurs financements illégaux de campagnes politiques de sénateurs et autres élus de la République, avec de l’argent qui était issu du trafic d’esclaves et d’armes. Pire encore, elle avait découvert que certains de ces élus et des hommes d’affaires de première envergure, étaient impliqués dans ce dit trafic d’esclaves en tant que clients. Mais la découverte qui la laissa pantoise, était l’existence de colonies d’esclaves dans des systèmes mineurs et périphériques de la République. À vrai dire, ces systèmes étaient si marginalisés, que leur affiliation à la République était davantage symbolique que politiquement concrète, ce qui expliquait que les affaires du Clan Tanys y avaient librement cours. Concernant les fournisseurs, les profils de ces derniers étaient tout aussi variés que celui des clients : hommes d’affaires, barons du crime Hutts, monarques et élus, esclavagistes Zygerriens, la liste était longue.
Calypso avait pu dessiner la carte d’un important réseau criminel dirigé par sa famille, et qui pourrait tomber nombre de personnalités influentes de la République. Ou tout du moins, un tronçon de ce réseau, puisqu’elle ne disposait pas de toutes les informations. Elle avait également glané quelques informations sur le trafic d’armes, notamment la localisation de deux ou trois usines, mais rien de très concluant contrairement à ses précédentes découvertes. Analyser tous ces blocs de données et compiler toutes ces informations lui avait pris énormément de temps, mais le jeu en valait la chandelle, elle était persuadée que la clé qu’elle tenait dans ses mains était son billet d’entrée dans la Guilde des chasseurs de primes et dans sa nouvelle vie.
Le jour fatidique était enfin arrivé, celui où Zéro avait complètement effacé l’existence de Calypso de tous les registres informatiques. La jeune femme n’était plus un membre du prestigieux et puissant Clan Tanys, elle n’était plus qu’un fantôme. Ses parents avaient même retiré la prime sur la tête de leur fille et effacé le contrat qui les liait à Orrell et leur fille. Au moins, LOm ne pourrait pas la doubler en réclamant la prime sur sa tête puisqu’il n’y en avait plus. Sa mère l’appela aussitôt pour lui annoncer la grande nouvelle :
«Zéro a accompli sa mission. Dans cinq minutes, les portes de ton appartement se déverrouilleront. Tu prendras tes armes, un taxi t’attendra devant l’immeuble. Tu monteras à l’intérieur, le chauffeur te remettra les documents liés à ton identité provisoire. Ils te serviront en cas de contrôle au spatioport. Là-bas, un pilote t’attendra dans le terminal d’embarquement A3. Écoute-nous, sois discrète et tu survivras. Nous ne laisserons pas l’Assemblée mettre la main sur toi.»
Bien qu’elle gardait son air péremptoire habituel, Calypso n’avait jamais vu sa mère aussi émotive. Même s’ils ne le montraient pas, elle savait que cette histoire avait profondément touché ses parents. La jeune femme répondit immédiatement :
«Puis-je savoir sur quelle planète vous comptez m’envoyer ?
- Tu le verras quand tu seras sur place. Contente-toi de faire ce qu’on te dit, cette conversation pourrait être sur écoute, prépare-toi.»
La politicienne mit aussitôt un terme à la communication holographique. Malheureusement pour elle, Calypso ne comptait absolument pas aller se cacher sur une planète de cul-terreux. Elle tenait un peu trop à son luxe et ne souhaitait pas vraiment vivre la morne vie d’une campagnarde. À la place, elle préférait se rendre sur Dantooine, certes une planète de cul-terreux un peu rustres, mais qui abritait également le siège de la Guilde des chasseurs de primes. En réalité Dantooine s’était fortement modernisée en s’inspirant du modèle coruscanti. Dans tous les cas, pour rejoindre la planète agraire, Calypso devait entrer en contact avec un certain Tsher Nia, qui selon les informations qu’Orrell lui avait transmis lors de son départ, se trouvait dans une cantina, «Au Petit Voyageur», qui appartenait à la Guilde sur Coruscant. Calypso n’avait pas bu un seul verre d’alcool depuis des semaines, un bon whisky serait le bienvenu pour fêter son évasion et le commencement de sa nouvelle vie.
Au bout de cinq minutes, les portes s’ouvrirent après qu’un signal sonore retentit. La Twi'lek prit ses affaires et bondit aussitôt dans l’un des ascenseurs. En bas de l’immeuble, elle vit qu’un taxi des plus ordinaires l’attendait, elle monta à l’intérieur et salua d’un geste de la main le conducteur. Ce dernier, un humain cinquantenaire, qui devait tout ignorer de la situation, remit sans poser de question, une grande enveloppe à la passagère, qui s’empressa de l’ouvrir aussitôt. Comme promis, ses nouveaux documents d’identité étaient à l’intérieur de celle-ci. Elle s’appellerait pour quelques jours Vernona Bex. Calypso n’était pas très fan de ce prénom, mais elle ne s’en offusqua pas. Alors que le chauffeur s’apprêtait à démarrer, elle s’exclama :
«Veuillez m’excuser, j’ai oublié ma valise dans mes appartements, est-ce que vous pouvez m’accorder quelques minutes je vous prie ?
- Allez-y mademoiselle, mais je laisse le compteur tourner, donc ne tardez pas trop.»
La jeune femme sortit en trombe du taxi, bien entendu, il s’agissait d’une diversion pour s’enfuir, elle n’avait en aucun cas oublié une quelconque valise dans ses appartements. Elle aurait pu s’enfuir lors de son arrivée au spatioport., mais il s’avère que la cantina était plus proche de sa position actuelle. Cette dernière se trouvait dans le District Aurora, District dans lequel se trouvait le palais familial. Ce qui l’étonna, c’est qu’elle n’avait jamais mis les pieds dans cette cantina, elle qui pensait connaître tous les bars de Coruscant. Elle marcha en direction du District, sans que le chauffeur de taxi ne remarqua quoi que ce soit. D’après ses estimations, entre la marche et les différentes navettes publiques à prendre, cela lui prendrait près d’une heure pour rejoindre la cantina. La Twi'lek devait se dépêcher, avant que ses parents ne se rendent compte qu’elle n’avait pas pris le vaisseau qui l’attendait et qu’ils décident de lâcher leurs chiens de garde. Et puis, elle avait hâte de prendre un verre, elle espérait que ce Tsher Nia n’était pas une pince, et qu’il lui en offrirait un, si possible un whisky.
https://star-wars-rpg.soforums.com/t4255-Au-Petit-Voyageur.htm?start=30#p91…