Post n°3
Auteur : Jagabamda
« La vie d'une Chancelière. » … Pourrait-on vraiment le titrer ainsi ?Comme dirait l'expression "Métro-boulot-dodo" Une répétition d'un quotidien après le boulot : http://star-wars-rpg.soforums.com/t7808-La-Tache-n-est-pas-terminee.htm#p89…Arrive le moment du « Dodo"…. « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « **** » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »« Le petit chez moi que j’occupe ici-bas… »C’est cet appartement, devenu « mon antre », mon « refuge ». Appelé, logement de fonction, cet appartement devenu ma demeure sur Coruscant. Je franchis le seuil. Je referme la porte derrière moi. Quelques pas dans ce lieu et le dossier que j’avais apporté se fait choir sur la console de l’entrée. Je l’avais feuilleté, sur le trajet. C’est le document médical que j’attendais et il ne laisse plus aucun doute à mes craintes. Ce dossier apporte une certaine confirmation. En temps et en heure, je l’exposerai. Mais, dans l’instant, si je suis ici, c’est parce que je veux juste prendre le "luxe" de m’accorder un repos bien mérité.Une impression de déjà-vu. Le sentiment d’avoir vécu ces mêmes instants à plusieurs reprises, identiques et différents à la fois. Dès que ma tête sur l’oreiller s’échoue. Il ne suffit que quelques millièmes de secondes à peine. Et mes paupières closes effacent les murs blancs de cette chambre. Une fois de plus, je n’y échapperai pas à ces rêves, saturés d’heures à déambuler loin de mon quotidien. Ces nuits peuplées de ces « séances » de bruits et de voix qui n’existent que dans les contrées de mon imagination, me déroutent. Les règles régissant ce lieu m’échappent et chercher des explications rationnelles ne font qu’accroître ma confusion.Quelque chose cloche. Impossible de savoir quoi exactement. Je déteste ces premières secondes.J’ai toujours la désagréable impression de débarquer au beau milieu du cauchemar de quelqu’un d’autre. Un aperçu de mes « élucubrations » de la nuit dernière[Flash unavailable]C'est un "royaume" hors du temps, nappé de brume. Les êtres n'ont pas d'âge, ils existent. Rien d'autre. Ils accomplissent leurs travaux avec l'automatisme de mouvements d'usine.Ces êtres vivent, puis, laissent place à de nouveaux venus. Mes pensées ne mènent nulle part, comme ces sentiers tracés à l'infini qui finissent par se rejoindre dans un ailleurs à l'écart de tout soleil. Ensuite, des dialogues comme dans un théâtre d'un temps ancien.- Qui es-tu ?- Une étrangère ?- Que fais-tu dans ces lieux ?-Je ne sais pas- Que cherches-tu ?- Je n'en sais rien ! Ma réponse m’étonne- Tu cherches en vain la raison des choses ?- Peux-tu m'en dire plus ? Bien plus qu’un malaise, la question est envoyée comme un cri de détresse- Sois prudente !Je voulais juste demander « Pourquoi ? ». Je n’ai vraiment pas le temps. D’un mouvement, l’autre dissimule ses traits fins, sous sa capuche et… A cet instant, tout se trouble et laisse place à une espèce d'enchevêtrement, un vertigineux chaos. Avec une lenteur mesurée, des images nébuleuses apparaissent, vieilles cartes postales d'instant révolue. Des portraits se dessinent, enfin, envahissent l'écran imaginaire. Mon écran. Moments de temps oublié. Rêve dans un cauchemar, l'esprit se révèle à la raison.Une forme ouvre ses yeux sombres, tourne la tête vers moi, me découvre. Réflexe furtif, la jeune femme dégage les mèches brunes qui encombrent son regard. Ce regard, un moment, étonné, se remplit d'effroi. Pourtant, je trouve à cette "spectre" quelque chose de différent. Elle laisse à ma vision, une curieuse expression amusée. Un regard presque humain, pétillant de malice, qui lui donne un air d'audace et de gaieté. Elle me considère avec étonnement, me dévisage :- Et donc la petite fille terrorisée revient nous voir en femme- Je suis venue vous demander de m'aider- Tu as besoin de réponses ?- Il me semble. Oui !- Prends déjà toutes celles que nous t’avons apportées- Toutes ???- Le nombre de fois que nous sommes venues te visiter… Est-ce une allusion à toutes ces nuits ? L’être communique par des bouts de phrases. Je ne sais comment les interpréter. Des nuages pointent à l’horizon. Soudain, ils se chargent de jaunes, comme dans ces vieilles scènes holographiques où les couleurs hésitent à prendre le pouvoir. Je sais ce que cela signifie. On devrait se mettre à l’abri le plus tôt possible, éviter de s’exposer à cette averse qui se profile. A peine le temps d’y faire allusion que le ciel s’ouvre.Une minute, une seule minute suffit. L’orage éclate. Mais cette femme « mirage » ne bouge pas, préférant poursuivre ses phrases énigmatiques- Notre communauté a été créée pour pouvoir nous défendre contre l'hostilité de ces hommes…Cette pluie formée de longues traînées verticales, se transforme à présent en une masse grouillante qui engloutisse peu à peu la lumière. Cette plaie béante déverse sa « pluie noire ». Aussitôt, les arbres tremblent sous l’impact de ses gouttes. L’ondée lacère le décor, arrache des fragments au paysage, creuse des sillons dans les pierres. La verdure s’évanouit, avalée par ce liquide sombre. En quelques secondes, la terre se couvre de rivières et de fleuves miniatures, submergée par des flots boueux. Et le sol se charge d’odeurs nauséabondes d'où s'exhalent des effluences de putréfaction et de moisissure.- Ces hommes nous ont persécuté pour ce que nous sommes ...Elle glisse sa main à la hauteur de son cou. Le geste lent presque chorégraphique de ses bras ramène la capuche de sa bure rouge au-dessus de sa chevelure. Et petit à petit, ce paysage extérieur de tempête abandonne la partie, laissant le champ libre à un endroit abrité. Nous sommes, sans que je ne sache pourquoi et comment, debout sous la voûte d’une gigantesque verrière. Je reste là assourdie par le fracas de l’orage. L’atmosphère est saturée d’odeurs d’encens, d’humidité et de sang. Autour de nous, la pénombre s’intensifie., comme si des pans entiers d’obscurité se referment sur moi. Silencieuse, Je ne l’écoute déjà plus. Je ressens une présence dans mon dos. Quelqu’un ou une multitude, me regarde avec insistance. J’ai le sentiment d’être observé, scruté. Je me dis que c’est encore qu’une illusion. Pourquoi, peu à peu, la peur cède-t-elle la place à l’excitation ? Malgré la crainte qui s’écoule en sueurs glacées le long de ma nuque. - Ces mêmes hommes qui te méprisent parce que tu es différente…Une voix différente de celle de la précédente termine, ou continue la phrase de la première - Et aujourd'hui, tu les aides, nous ne comprenons pas, pourquoi…Je pivote et aperçois une silhouette, une ombre à peine. Deux pas et celle-ci apparaît à mes yeux. Au fur à mesure, la lumière reprend ses droits tandis que la clameur de la pluie s’estompe, comme étouffée. La nouvelle « illusion » s’arrête donnant l’impression qu’elle s’engouffre dans la pièce….C’est une femme d’un âge bien avancé qui se tient là, les traits dissimulés par de longs cheveux blanchis qui mangent son visage. Je ne fais aucun mouvement comme si l’intrusion de cette dernière ne me fait même pas sursauter. Elle me toise et, on dirait que je sais de qui elles font allusion, je rétorque avec satisfaction, ces simples mots :- Ils ne sont pas tous mauvais … Et certains … leur cause est justeAlors que ce n’est qu’une poignée de mots échangés entre deux respirations.- Beaucoup d'hommes sont venus dans nos temples pour nous dérober nos savoirs- Et aucun ne nous a laissé sortir vivante - On nous a dit de ne pas tirer nos armes, si on le faisait… toutes, nous péririonsAutour d’elles, la pénombre s’intensifie, comme si des pans entiers d’obscurité se refermaient sur leur passage.****Une microseconde plus tard apparaît une liste d’image, comme tirer d’une vidéo en marche. Des centaines de miniatures colorées semblable à des mosaïques se mettent à vibrer au contact des unes et des autres avant de s’agencer, de s’emboîter comme les pièces d’un puzzle. Un grand fracas que mon cerveau a appris à trier depuis tous ces épisodes nocturnes. Et mon regard s’arrête.Face à moi, un escalier de métal et de verre serpente dans le noir. Du haut des marches, l’entité y descend comme pour défier celle qui l’avait provoqué. C’est-à-dire, moi ! Ces paroles raisonnent comme un écho dans cet environnement - Je suis le désordre qui habite tes pensées… le trouble qui court sur ton âme égarée dans ta douce folie. Je suis… Ce mystère qui pénètre ta chair, le silence de tes pleurs qui agonisent à l'infini. Notre amour qu'on croyait petit a grandi quand je suis parti. Grandi comme une déchirure. Comme une blessure… Un peu plus à chaque clignement de cils, il se rapproche. Soudain, l’homme habillé d'une longue tunique blanche est à présent là à quelques centimètres, me frôlant presque. Son visage n'est que néant.- Tu as fait de moi l'élixir de l'amour désemparé. Je suis l'arme qui ruine ton passé.Aussitôt, je sens mon cœur s’accélérer, l’effluve de mon sang enflamme mes veines. - Nous c'est une illusion qui meurt … meurt …meurt…mm[/i]Il est venu, je ne l’ai pas reconnu. En une bourrasque de vent, il a disparu. Cependant, le son de sa voix continue à sonner à mon oreille, cet éternel poésie « stérile » qui le caractérise- Au bout du monde, il y a le cœur - Au bout du désespoir, il y a la foi - Au bout de cet instant, il y a la douleur - Au bout de moi … Il y a TOIC’est lui... Je n’ose prononcer son nom. Du moins, je ne peux. Ce prénom ne dépasse pas l’espace de ma gorge. La sonnerie d’un réveille déchire le silence. Je n'ai pas souvenir d'en avoir un. Mais le BIP incessant se fait plus intense. Alors, je tends une main fébrile vers l’objet. Il se tait.La tête dans un étau, j'ouvre péniblement un œil, ce rêve encore présent dans ma conscience m'embrume de terreur. D'un bond je me lève...[Flash unavailable]Je hume l’air. Cette odeur de champignons mélangée à la terre et à la résine de sapin, m'enivre. Je suis dans une forêt. J’ouvre les yeux. Cette forêt je la reconnais. Je suis chez moi, je suis à Telos. Je me délecte de ces senteurs qui me rassurent. Mon esprit s'emplit de vibrations. Je respire les parfums de sève qui lentement montent en moi.Rassurée, je voulais ? Cela ne dure pas longtemps car … A peine quelques minutes, dans ce doux silence, je cherche à me souvenir de ce mal qui me ronge, qui ronge mes viscères. Soudain, je me souviens. Je crois me souvenir, du moins. Et voilà que la tête me tourne, je cherche un peu de lumière. Mes yeux rôdent à travers les résineux. Une fois de plus, la panique s’empare de moi. J’essaie de sortir mes mains. Elles se sont profondément enracinées en terre. J'insiste, insiste et insiste. Au prix d'un effort surhumain.Enfin, elles se déplient. Je les dirige vers la lueur. Et j'essaie de crier... J'essaie de crier... Crier ... Crier son nom… Je crie, crie, mais seul le silence répond à mon écho.Debout sur ce tapi de mousse, je l’entraperçois cette lueur vive. J’avance pas à pas vers elle. On aurait dit un coucher de soleil, je cherche une issue vers ce chemin, mais plus je progresse et plus le paysage défile rapidement m'obligeant à précipiter mes pas. Alors, j’accélère. J’accélère tellement qu’à la fin je me mets à courir, les arbres défilant à mes côtés. J’atteins, cette fresque du couchant. Plus je la regarde, plus elle fait virevolter ses orangés, en mélangeant ses jaunes solaires qui disparaissent soudainement dans la nuit d'un parme insondable. Je crie de nouveau... Personne ne répond. Je cours encore plus vite... Je me reproche, je sais, je le sens...Il apparaît enfin, il est là... l'homme à la tunique blanche. Il sort de la forêt. Je m'arrête et il se tourne doucement vers moi. Son habit blanchâtre revêt les couleurs du couchant et sa capuche masque son visage. Il lève une main, me pointe du doigt et tel un avertissement, hurle :"Jagabamda, tu n’empruntes pas la bonne direction. Ton devoir est ailleurs"Sur ces quelques mots, ces traits se modèlent sur ce visage qui apparaît comme un fantôme révélé par une incantation magique. Le centurion, mon centurion !! Et disparaît comme il est venu.Je suis tétanisée par cette angoisse, ce doute et cette passion qui coulent encore dans mes veines.Le coucher du soleil qui rayonne dans ma direction se rapproche de moi. Il me soulève, je m'envole dans un cercle rayonnant, tourbillonnant de plus en plus fort de plus en plus haut dans cet arc-en-ciel, enivrée par l'odeur grisante de bois de pins et de sapins.Brusquement, je tombe... tombe... tombe, … Et, cette fois, seul cette sensation du vide me terrasse de peur, mon cœur écrasé par cette terrifiante pression.Surmontant ce supplice, j’atterris. Plus justement, je me pose. Telle une feuille se détachant d’un arbre que le vent porte sur le chemin. Un après l’autre, mes pieds se posent le sol. Je me décide de m’allonger sur ce chemin bordé par d'immenses arbres. En boule sur ce matelas de mousse, j'ai froid et me couvre de cette infinie forêt comme d'une couverture. Je m'enroule dans les épines de pins. Étonnant, je me sens bien. Cela me réchauffe. Et voilà qu’une fois de plus, mes mains deviennent racines, mon corps se pare de ces écorces odorantes et de ces mousses verdoyantes. Ma chevelure se magnifie par des couleurs flamboyantes de l'automne. Elle s'épanouit le long de mon corps qui devient tronc puis feuilles. En me fondant dans cette nature, je me sens exister tout simplement.Brusquement, une forte rafale fait trembler les épaisses branches. Il y a quelqu'un à mes côtés...Un vent de panique aurait pu s’emparer de nouveau de moi, et pourtant, rien. Je me laisse porter. Il n’y a pas que quelqu'un, elles sont bien plus... Leurs verbes se font mélodieux- Que va devenir le pauvre soldat au cœur meurtri quand on sent les griffes de la bête se planter et que l'âme cesse tout à coup d'exister.- La survie devienne douleur lancinante.- Où aller quand toutes nos missions sont derrière nous. Lorsque les hurlements cessent enfin que les plus braves d'entre nous ne se relèvent plus- Le guerrier doit faire face à ses regrets- Quel espoir peut nourrir un soldat usé- Celui de combattre à nouveau ou celui de mourirElles m’encerclent, me serrent contre elles. Elles m’étreignent de leurs bras, me déracinent, me réchauffent et me bercent. Instantanément, mes larmes deviennent perles et roulent sur ma joue. Mes racines deviennent cendres, mon tronc s'enflamme et embrase mes feuillent. J'exulte, tremblante d'un feu dévorant, tel qu'une symphonie de parme flirtant avec le rubis explose en un rouge sang. Ce rouge inonde mon âme, brûlant le peu de terre verdoyante qui reste en moi. Je bouillonne tel un volcan. La lave se déverse de plus en plus rapidement... tandis qu’elles, elles ont autant le verbe beauMa soeur quand tu lèveras ton bouclier.... Nous aussiMa soeur quand tu fonceras vers l'ennemi... Nous aussiEt si la mort nous attend sur le chemin du retourAlors nous mourrions à tes côtés le sourire aux lèvres car nous sommes une familleDans un sursaut, je prends une profonde respiration, et j'ouvre les yeux....************La chambre encore noyée dans la pénombre. Je me sens moins seule. Moins seule, comme mon cœur, moins, à la dérive. Je m'assois sur le rebord du lit, la tête en feu, la gorge nouée, le corps déraciné, arraché au sommeil.Je médite sur ce curieux cauchemar, ce tumultueux rêve qui me laisse quand même un goût de cendres. D’habitudes, ces rêves s'effilochent et au petit matin, il n'en reste quasi que des fragments, des lambeaux que j'élimine d'un revers de main. Mais ce matin, ma mémoire me restitue les songes comme si quelque chose en moi voulait me signifier que ce rêve a un sens particulier.Pour ne pas l’oublier, agissant avant de réfléchir, je mets pieds à terre. Je me précipite.Installée à l’unique bureau de la pièce. Je m’affaire sur l’écran. Deux, trois, quatre effleurements Un glissement des doigts sur la dalle tactile. Une icône rouge. Mouvement de l’index, tapotements, deux rapprochés pour activer le programme. L’appareil réagit à la pression de mes doigts. Un écran bleuté crache ses pixels. Une icône en forme de pochette surgit dans le coin droit. Je ne sais pas vraiment ce que je souhaite faire, je me laisse guider par mon esprit vide. Je ressens juste une sorte d’urgence au fond de moi, un besoin de mettre mes idées au clair, de garder une trace de la nuit précédente. J’effleure quelques touches. Aussitôt le moniteur s’élargit. Le puissant logiciel de traitement de texte s’active. A présent il ressemble à une feuille A4, et envahit l’écran. Je jette les bases du récit, écrit quelques dialogues, tente un ou deux découpages. La trame, même un peu simpliste reste la mêmeA gauche une barre de tâches propose une multitude d’options : « Effacer, fermer, enregistrer sous … » Ce qu’il faut faire ? Enregistrer ? Je n’ai pas la moindre idée, je sais juste que j’en ai besoin…Je prends une profonde inspiration. J’ignore sincèrement ce que je suis prête à faire. Je suis incapable d’anticiper. Les choses ne se passent pas au niveau de mon cerveau, mais au creux de mes tripes. Je me redresse. Cela me semble ridicule, tout à coup. Je ne suis pas une petite fille et n’avais aucun besoin de rédiger ce genre de « journal intime ». Imprévisible, échappant à la réalité, profitant de ce moment de fatigue, cette amère impression de vide, le dialogue intérieur, cette "vieille" maladie, se remet en marche. Deux Jagabamda que tout oppose, ombre et lumière, s'affrontent en moi : "prends garde, tu vas y perdre ton âme" Et les mots, flèches empoisonnées, virevoltent en espèce de code de la vie quotidienne. Je rejette avec dédain les avertissements. Me faudrait-il désormais me méfier de mes nuits ?"Foutaise !" Je n'ai guère de temps d'aller plus avant dans la polémique avec moi-même. J’hésite, puis : « Fermer » . Le logiciel refuse d’exécuter l’ordre sans une dernière confirmation : "Voulez-vous enregistrer les modifications apportées au document" « Dans la nuit… Elles appellent » avant de fermer ? Un clic sûr « oui »L’écrit disparaît et le traitement de texte réintègre la tour noyée de nuage… Avant de s’éteindre.Toujours assise sur cette chaise, j'attends que le jour se lève ... Confortablement installée sur ce siège, ma tête se pose mes genoux portés à la hauteur de mon menton, comme enroulée dans du coton.Je me prépare à m'apparaître dans quelques secondes... A l'intérieur de ma "chrysalide" je connais tous ces nombreux changements. Mon corps, mon esprit, mon être tout entier se réorganisent. J'inspire d’abord de grandes bouffées d’air pour gonfler mon abdomen. A présent, j'émerge...Quelques gouttes d'eau glacée récupérée au robinet de ma salle de bain, que je me jette au visage, me fait reprendre peu à peu mes esprits. L'horloge ne me surprend le moins du monde, à peine cinq heures. Seuls les actifs, bon gré mal gré, sautent du lit dans la froideur du matin. Même si le réveil nous arrache et nous oblige à mettre fin à une certaine complaisance de ces nuits à la fois tourmentée et rassurante.