Il y a anguille sous roche...
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Post n°1
Auteur : Kath Aplazm
Mayt' Aplazm
Commerçant & Oncle de Kath
La vie était calme sur Alderaan. Malgré l'élection d'une nouvelle vice-reine, les changements politiques affectaient encore assez peu les citoyens de cette planète pacifique. La plupart d'entre eux avait d'ailleurs abandonné l'idée d'essayer de comprendre la politique depuis le mandat de la précédente représentante de la planète. Du moins en était-il ainsi dans l'entourage des Aplazm, famille prospère sans être fortunée, qui n'avait que peu de goût pour les nouvelles galactiques. A vrai dire, ses membres n'allumaient presque jamais leur poste et vivaient une vie simple dans la banlieue résidentielle calme et paisible d'Aldera, loin des vicissitudes du centre galactique et ses sempiternelles intrigues.
Mayt' Aplazm, au milieu de ce tableau, faisait figure d'exception. Il en avait toujours voulu à son frère aîné de n'avoir inculqué à ses enfants, au nombre de cinq, le goût de la chose publique. Mayt' lui-même n'avait pas de progéniture ; il était bien trop occupé pour avoir le temps de faire la cour aux dames. Du reste, il n'aimait pas vraiment la compagnie. D'un naturel plutôt taciturne en privé, il savait pourtant se muer en remarquable showman quand il s'agissait des affaires, qui étaient pour lui relativement florissantes. Depuis le retrait d'Alderaan de la République, les ouvertures commerciales étaient en effet nombreuses pour qui avait le nez suffisamment fin. En à peine cinq ans, Mayt' avait donc bâti une petite fortune qu'il gardait jalousement en prévision de ses vieux jours. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de sa retraite. Peut-être partirait-il se reposer sur Adarlon ? Cela lui semblait une perspective réjouissante.
Pour l'heure, ce quinquagénaire, doté d'une fière moustache qui trônait sur son visage ridé mais vif, avait encore beaucoup de choses à faire. Lui aussi aurait rêvé de partir dans les étoiles, mais cela ne lui était malheureusement pas encore possible, car trop d'affaires le retenaient : des transactions sur quelque produit pharmaceutique pas encore commercialisé, les bilans comptables annuels de son affaire, les réunions des actionnaires d'Aplazm Corp,... il avait du pain sur la planche. De temps en temps, il se demandait à quoi ressemblerait la vie s'il n'avait pas pris autant de responsabilité. Peut-être serait-il devenu un être aussi plat et sans intérêt que son frère. C'est ce qu'il se disait régulièrement quand il avait besoin d'encouragements.
Assis à son bureau, dans un petit appartement non loin du spatioport, Mayt' comptait ses dossiers en cours. Un rayon de soleil traversa les stores à demi-fermés, illuminant le petite commode entreprosée dans un coin de la pièce. Avec une certaine lassitude, Mayt' s'avança pour mettre en ordre la tonne de paperasse qui s'amoncelait sur le meuble en bois. Il passa en revue les factures et invitations diverses, jusqu'à retomber sur une petite carte, à peine plus grande que les cartons qui accompagnaient les ballotins de pralines dont il était friand. Écrit à la hâte, ce petit mot griffonné par sa belle sœur lui avait été envoyé quelques mois auparavant et lui indiquait le départ immédiat d'un de ses neveux, Kath, pour d'autres horizons.
Quelle idée avait bien pu frapper ce gamin d'à peine vingt-deux ans de vouloir se rendre sur Coruscant ? Il n'avait pas demandé beaucoup d'explications, car il se fichait bien de la réponse à cette question. Son neveu avait beau être un garçon bien intentionné et charmant, il était une véritable catastrophe ambulante qui avait bien failli lui coûter cher à de multiples reprises, comme la fois où il avait détruit une cargaison entière de jus de Feen tout droit importé de Ryloth en prenant le liquide pour du carburant à speeder. Un gâchis. Malgré toute la tendresse qu'il lui portait, aussi longtemps que Kath resterait loin d'Alderaan, Mayt' pouvait s'estimer heureux.
Le commerçant d'âge mûr fut pris d'un sentiment de remord, comme cela lui arrivait de temps en temps. Il avait quelques minutes, peut-être devrait-il contacter son imbécile de neveu pour prendre de ses nouvelles ? Il se rappela justement qu'il n'avait aucune idée d'où il pouvait bien se trouver. La mère du jeune homme ne lui avait indiqué que le numéro du vol de son fils quand ce dernier avait embarqué sur une navette en direction du Noyau. Il ne semblait pas que Kath ait communiqué quelque information que ce soit depuis son arrivée sur Coruscant, ce qui laissa Mayt' songeur. Son frère et sa femme étaient sans doute bien trop pris par leur potager pour se faire ce genre de souci, mais l'instinct de limier du commerçant s'éveillait peu à peu. D'un pas assuré, il revint à son bureau et alluma la console de commandes de son ordinateur. Il n'avait besoin de personne pour retrouver Kath, même à l'autre bout de la galaxie ! Cette occupation éphémère était aussi un bon moyen de sortir la tête de ses dossiers rébarbatifs.
Comme s'il s'agissait d'un jeu, il balaya d'une main distraite les historiques des vols en partance d'Aldera répertoriés sur les dix derniers mois. Au bout d'un instant, il finit par tomber sur la navette qui avait emmené Kath. Il lui suffisait simplement de contacter la compagnie pour savoir qui était leur contact au spatioport de la Capitale de la République Fédérale et il retrouverait aisément la trace de son neveu égaré. Simple comme bonjour ! Du moins le croyait-il. Car en parcourant la liste des passagers, il constata que Kath... n'était jamais monté sur la navette. Mayt' recommença l'opération plusieurs fois pour être sûr de bien comprendre, vérifiant avec curiosité le numéro de vol via plusieurs options de recherches.
Intrigué par cette situation pour le moins étrange, il passa un appel à la compagnie de vol, qui lui répondit de façon concise qu'il était hors de question qu'ils donnent la moindre information sur l'un de leur client. Ironique et pour le moins paradoxal, puisque Mayt' avait eu accès de façon tout à fait légale aux données en ligne desdits passagers. La législation alderaanienne était pleine de ces non-sens depuis l'instauration de l'O.P.N.A. et le mandat de la vice-reine Ridinia ; aimée du peuple, cette femme de poigne avait tout de même laissé un tribut conséquent à Alderaan avant sa disparition tragique. Mayt' fit la moue, circonspect. Si le sort de son neveu lui importait finalement assez peu, il s'interrogeait sur le caractère inhabituel de la situation. Il isola les vols de la journée du départ de Kath, pour ensuite les réévaluer. Un détail attira son œil averti : à trois quais d'écart de la navette Coruscanti, un vaisseau comportait un matricule qu'il n'avait encore jamais aperçu.
Il s'agissait vraisemblablement d'un cargo transportant passagers et équipements, et s'arrêtant sur Telos. Jusque là, rien de bien mystérieux. Mais la station citadelle de ce monde situé dans la Bordure Extérieure n'était répertoriée que comme une escale, et sa destination finale n'était pas mentionnée. Mayt' leva un sourcil, fonçant le second. Il caressa sa moustache en prenant son menton dans la main. Curieux. Les officiers du spatioport avaient-ils remarqué ce détail ? En tout cas, une rapide recherche sur l'Holonet permit au commerçant de constater que le vaisseau appartenait à la firme multigalactique Beemen Industries, une société dont l'activité principale était la création d'implants neuraux et d'équipements de combat et dont le siège social se situait sur Coruscant. Des implants de combat, sur Alderaan ? Voilà qui était suspect, d'autant que l'accostage de ce cargo avait eu lieu lorsque Tyria Ridinia était en charge. Or, on savait la Vice-Reine particulièrement attachée à la paix et refusant la course à l'armement.
Mayt' se rabattit dans le fond de son siège et craqua les jointures de ses doigts entre ses paumes. Il avait tout à fait oublié son neveu. Ce cargo était à lui seul bien plus intrigant : une identification inhabituelle, une cargaison déclarée de manière bien floue, une absence de destination claire, et aucun motif apparent d'être présent à Aldera. Il y avait anguille sous roche...
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Post n°2
Auteur : Kath AplazmTrois semaines venaient de passer. Trois semaines de labeur et d'études, trois semaines de surveillance attentive des allers et venues de cargos dans l'astroport. Cette nouvelle activité avait coûté à Mayt' Aplazm une sérieuse part de ses bénéfices du mois, pour presque aucun résultat. Cependant, le commerçant n'en démordait pas : s'il ne trouvait pas d'implication de Beemen sur Alderaan, c'est qu'il n'avait pas cherché d'assez près. Pourtant, il avait finalement eu en ligne un représentant coruscanti de la firme interstellaire. L'homme lui avait confié, après de longues discussions et la réception d'une forte somme d'argent, que Beemen Industries travaillait de temps en temps comme sous-traitant d'entreprises de frets et envoyait des cargos sur les mondes républicains ou neutres. "Pour rendre service". Mayt' caressa sa moustache et les poils naissants d'une barbe peu entretenue. Cela n'expliquait en rien que le code d'identification du cargo soit masqué... Et cela expliquait encore moins que personne ne connaisse la destination finale du vaisseau.
Le représentant avait seulement parlé de "mondes mineurs de la Bordure Extérieure, qu'il n'était pas nécessaire de lister". S'il s'était agi de mondes républicains, la compagnie n'aurait légalement pas pu taire lesdites planètes de sa liste de livraison. Et s'il s'agissait de mondes neutres à proximité de l'espace de la République, Beemen aurait du payer une taxe d'export, dont ils ne s'étaient évidemment pas acquittés. Mayt' avait beau tourner et retourner toutes les informations dont il disposiait, il en arrivait toujours à la même conclusion : le mode opératoire de la firme avait tout d'une manigance digne des meilleurs contrebandiers.
Le marchand avait tenté de tracer le code de la navette, mais son entreprise avait été vaine. Il n'avait d'une part pas accès à tous les systèmes informatiques des astroports en dehors de celui d'Aldera. D'autre part, le vaisseau pouvait très bien avoir changé d'identifiants... ou n'avoir simplement jamais quitté l'endroit où il se rendait. Toutes ces questions amenèrent Mayt' à penser qu'il serait sans doute plus avisé de continuer ses recherches ailleurs que sur Alderaan. Néanmoins, il ne pouvait pas prendre de risques inconsidérés. Partir vers l'inconnu allait certainement frapper ses affaires assez durement. Et où devait-il aller ? Coruscant seule lui venait à l'esprit, mais il n'obtiendrait pas plus d'informations de la part de Beemen, à moins de disposer de pouvoirs de manipulations des esprits, comme les Jedi.
Ah, les Jedi ! S'ils avaient toujours été là, Mayt' aurait sans doute été les trouver pour leur pointer ces anomalies du doigt. Il y avait dans le temps toujours un jeune apprenti en quête de gloire prêt à se lancer dans des enquêtes folles. Mais maintenant qu'ils avaient complètement disparu du paysage galactique, on ne pouvait plus s'adresser qu'aux autorités compétentes pour mener l'enquête. Oh, Mayt' ne se plaignait pas. Il avait la chance, sur Alderaan, de ne trouver que très rarement de policiers corrompus et de forces de l'ordre abusives. Mais il y avait de franches limites à leur zèle : leur action ne dépasserait pas le système stellaire, et ils refusaient catégoriquement d'avoir à faire à la République depuis la période de l'O.P.N.A. Le commerçant songea un moment à aller trouver la nouvelle vice-reine, mais elle avait paru particulièrement aphone ces derniers temps : ses apparitions étaient rares et elle ne prenait plus jamais la parole, à un point tel que Mayt' craignait qu'elle ne soit également décédée.
Il n'y avait décidément aucun recours pour Mayt' : il allait à nouveau devoir mettre la main à la pâte. Le quinquagénaire rassembla ses dossiers sur sa table de travail, passa quelques appels pour boucler deux ou trois dossiers en cours et suspendre certaines transactions, puis s'assit à son bureau. Puis le commerçant jeta un regard las aux donnés qu'il avait récoltées ces trois dernières semaines, tentant pour la nième fois d'en tirer quoi que ce soit. Toutes les informations se perdaient dans sa tête. Il posa les yeux sur le premier document qui l'avait versé dans cette enquête sans fin : le billet de vol de son neveu Kath Aplazm. Celui-ci n'avait jamais pris la navette en direction de Coruscant, il le savait : ni à l'embarquement, ni au débarquement le jeune homme n'avait été contrôlé et enregistré comme passager en règle.
Une lumière de lucidité traversa les yeux du vieux Mayt' Aplazm. Ses doigts pianotèrent frénétiquement sur son clavier. Il retrouva très rapidement les données archivées de l'astroport le jour du départ de son neveu. Les mesures de sécurité votées par l'assemblée d'Aldera étaient certes douteuses et posaient des problèmes éthiques évidents, mais elles permirent facilement à Mayt' de retomber sur les registres des personnes entrantes et sortantes de l'astroport d'Aldera. Kath avait bien mis les pieds là-bas, mais... il n'en était jamais sorti. Et si personne ne l'avait vu depuis, cela ne pouvait signifier qu'une chose : il avait embarqué à bord d'un autre vol que celui qu'il avait programmé. Et parmi les vols de ladite journée, un seul ne comportait aucune liste de passagers : un cargo de fret, transport de marchandises vers la Bordure Extérieure, appartenant à Beemen Industries. Coïncidence ? Ce n'était pas l'avis de Mayt'.
Il en avait maintenant la quasi-certitude : son neveu avait embarqué dans ce cargo. Pour quelle raison ? il l'ignorait. Ce n'était pas la première fois que le jeune Kath aurait fait quelque chose de stupide ou d'inconsidéré sans s'en rendre compte. Mais pour une fois, la maladresse de son neveu allait servir la curiosité de Mayt'. S'il retrouvait le jeune homme, le marchand était presque sûr de trouver Beemen. Caressant sa moustache avec satisfaction, il sourit. Il lui suffisait maintenant de localiser Kath pour découvrir ce que cachait Beemen. Son sourire s'effaça instantanément. Comment localiser son neveu ? Le jeune homme devait être perdu à l'autre bout de la galaxie à l'heure qu'il était. Peut-être mort, qui pouvait en être sûr ?
Cette perspective inquiéta Mayt', mais fit également naître dans son esprit une idée fabuleuse. Beemen ne répondrait jamais à un commerçant concurrent enquêtant avec zèle sur leurs activités. Mais ils seraient sans doute plus enclins à aider un oncle éploré à la recherche de son neveu, perdu dans les méandres de l'espace. Cela se tentait. Mayt' saisit son holotransmetteur et composa le code holo' des représentants de la firme sur Telos, qu'il connaissait à présent par cœur.
- Beemen Industries, bureau commercial de la station citadelle, bonjour. Que puis-je faire pour vous servir ?
- Bonjour monsieur. Je me nomme... Mayt' s'interrompit, toussa et reprit d'un ton plus grave, afin de masquer sa voix. Je suis Chev'Eu Toutcour, industriel d'Alderaan. Je vous contacte pour une affaire très personnelle... voyez-vous, un de vos employés, mon neveu...euhm... Kevin Toutcour... mon neveu a disparu, et il semblerait que vous puissiez me renseigner.
- Attendez un instant, monsieur Toutcour. Je transmets votre appel à mon responsable.
Mayt' avait pris une voix volontairement suppliante pour attendrir son interlocuteur, mais cela n'avait finalement pas été nécessaire. Comme la procédure des appels commerciaux le disait, toutes les affaires concernant un employé de Beemen devait être renvoyée auprès d'un manager délégué. Le commerçant alderaani le savait très bien. Il avait utilisé les bons mots-clef en se présentant comme un potentiel partenaire commercial ; les représentants de Beemen avaient du flair. S'ils pouvaient aider un industriel riche et puissant, ils gagneraient de nouvelles parts de marché car cette personne leur serait certainement redevable. en d'autres termes : ils n'avaient rien à perdre et tout à gagner à aider un oncle désespéré.
- Monsieur Toutcour ? Je suis Clav'Iay Azerty, delegate manager-director executive de Beemen Industries corp. sur Telos. Mon gestionnaire me dit que vous avez un souci avec l'un de nos employés...
- C'est exact, continua Mayt', reprenant sa voix habituelle. Voyez-vous, mon neveu travaille pour vous dans la Bordure Extérieure mais ne donne plus de nouvelles depuis un bon moment. Je crains qu'il ne lui soit arrivé quelque chose.
- Je vous assure que nous n'avons enregistré aucune disparition d'employé dans la dernière année. Dans quel secteur travaillait votre neveu ? Connaissez-vous son numéro de fonction ? Je serais heureux de vérifier cette information pour vous.
Mayt' tombait sur un os. Il ne savait rien des activités de Kath, qui ne travaillait certainement pas pour Beemen. Le commerçant n'avait qu'une seule carte à jouer : celle du vieil homme effondré. il comptait bien la jouer à fond.
- Je...je suis désolé. Ka...kevin ne m'a rien dit. J'ai juste cette holo-image de lui...
Le visage de Kath jaillit d'un petit objet que Mayt' tenait devant lui. Il espérait que cette projection de son neveu, prise avant son départ, puisse être d'une quelconque utilité. Après tout, Beemen disposait d'équipements dernier cri et devait très certainement ficher ses travailleurs. Ils ne découvriraient sans doute pas de "Kevin Toutcour", mais sans doute seraient-ils en mesure de donner à Mayt' l'une ou l'autre information concernant Kath. Mayt'croisait les doigts sous sa table de bureau.
- Un instant monsieur, je vérifie cela avec mon équipe. L'holo-transmission se coupa un instant. Un message d'attente musical se mit à jouer : "Restez en ligne, un correspondant Beemen vous prendra en charge dès que possible~♫". Mayt' resta donc en ligne une minute, puis deux, puis trois. Au bout de cinq minutes, alors que le commerçant perdait patience, le responsable commercial réapparut subitement.
- ...Mes excuses pour cette attente, monsieur. Nous n'avons trouvé aucune trace d'un Kevin Toutcour parmi nos employés. Il semble que votre neveu n'ait jamais fait partie de la compagnie.
Le regard du dénommé Azerty était fuyant. Il avait découvert quelque chose, mais n'en disait pas plus. Mayt' en était persuadé. Son flair de marchand avide ne lui mentait jamais, et son œil vif captait ce genre de réactions gênées.
- Vraiment ? N'avez-vous pas trouvé un jeune homme qui lui ressemblait ?
- Nous engageons des milliers d'humains partout dans l'espace républicain, monsieur. Nous ne sommes pas en mesure de reconnaitre l'identité de chacun d'entre eux...
Le mensonge était grossier. Mayt' savait pertinemment qu'une entreprise comme Beemen, sur laquelle il enquêtait depuis maintenant quelques semaines, gardait un contrôle très précis de tous ses employés. Le marchand haussa les épaules. Il ne tirerait rien de plus de cette nouvelle conversation. Remerciant le responsable Azerty, il coupa la communication pour se reposer dans son siège. Il n'avait rien appris de plus aujourd'hui, mais il avait le sentiment d'avoir mis le doigt sur quelque chose d'important. Quoi donc ? Cela restait à découvrir. Une chose était sûre : il ne saurait rien d'autre en demeurant sur Alderaan. Mais comme il ne pouvait se permettre de partir, il allait devoir trouver un autre moyen d'enquêter. Sur place.
Mayt' envoya un message que recevraient certains vieux partenaires, à l'autre bout de la galaxie. S'ils acceptaient de l'aider, le responsable Azerty recevrait bientôt une petite visite. Amicale ? Cela dépendrait de lui, et de sa bonne volonté. -
Post n°3
Auteur : Kath AplazmCela faisait bien des lunes que Mayt' n'avait pas eu de nouvelles de son contact sur Dantooine. Étrange, alors que la Guilde avait toujours été si prompte à répondre à l'appel du crédit par le passé. Fallait-il y voir la volonté de la République de tenir Alderaan écartée des affaires...de toutes les affaires ? Cette explication était sans doute un peu tirée par les cheveux : certes le règne de Tyria Rydinia n'avait pas aidé à sortir la planète la plus pacifiste de la galaxie à sortir de son isolement, mais les quelques vice-rois qui s'étaient succédé avaient bien contribué à rétablir les relations entre le siège de la défunte O.P.N.A. et Coruscant. Alors quoi ? Les chasseurs de primes avaient-ils perdu de leur légendaire influence, ou enquêter sur une Corporation telle que Beemen leur causait-il des sueurs froides ?
En réalité, Mayt' n'avait pas vraiment pris le temps de s'interroger ni de se faire quelque sang d'encre à ce propos avant aujourd'hui. En tant qu'investisseur-entrepreneur dynamique, il se devait de faire tourner la boutique, d'autant que des restrictions sanitaires récentes avaient fortement impacté ses activités et qu'il avait du passer énormément de temps à adapter son modèle économique pour transformer son entreprise d'import-export en un service de livraison de repas à domicile, fondé avec son nouvel associé Hubert Heets. Aaah, Hubert. Il se souvenait encore de leur premier appel : "Salut à toi, jeune entrepreneur..." avait-il susurré à l'oreille de l'humain quinquagénaire. Un beau parleur, cet Hubert. Toujours le mot pour rire, et pas son pareil pour déconstruire la couverture sociale alderaani à coups de flexi-jobs.
Mayt', assis dans un fauteuil rongé par les parasites installé dans son vieux bureau, reposa ses yeux fatigués sur une photo de famille qu'il avait distraitement abandonnée. Le temps passe à une de ces vitesses...! Déjà deux ans que son neveu était parti. Etait-il encore en vie ? Si seulement ces chasseurs de primes avaient répondu à son contrat, il aurait pu le savoir. Mayt' contempla ensuite une vieille coupure de journal qu'il avait découverte quelques mois auparavant à l'occasion de l'ouverture d'une filiale de Beemen sur Arkania. Afin de promouvoir son action, le président régional de la firme avait accordé une interview exclusive à une chaîne d'information. Une entreprise de communication en somme, classique quoique sans intérêt si l'on omettait un détail important : au détour de l'entretien, l'employé signifiait que Beemen avait pris la décision stratégique de réorienter ses activités vers des mondes connus pour leur demande solvable, après quelques échecs de missions de recherche et développement dans la Bordure Extérieure. Rien de bien clair, mais Mayt' n'avait pu s'empêcher d'y voir une référence au transport affrété sur Alderaan sur lequel son neveu était monté. Un soupçon de plus, du moins.
Caressant sa moustache fournie, le commerçant profitait de son unique jour de congé de l'année pour se remettre à divaguer. Jusqu'ici, ceux qu'il avait contactés n'avaient été d'aucune aide dans l'identification des activités de Beemen dans la Bordure : rien à faire, il fallait aller sur le terrain. Mais si la Guilde ne pouvait s'en charger... Découragé, l'homme d'affaires se renfonça dans son siège, dirigeant lascivement sa main vers une télécommande afin de combler le silence de sa journée par le bruit de fond des nouvelles galactiques insipides."- ... Toujours sans nouvelle de Rick O'lonell, ex-Gouverneur de Naboo accusé d'avoir commandité aux côtés de terroristes Jedi les attentats ayant frappé la capitale Theed qui ont notamment coûté la vie à la Reine Oliwia. L'enquête, en cours depuis de nombreux mois, semble piétiner. Notre correspondante sur place, Palma Shoo.
- Oui, Yan-Luke, je me trouve ici-même devant le lieu où les hauts magistrats naboo ont rassemblé des pièces à conviction qui sembleraient indiquer la responsabilité du désormais ex-Gouverneur O'lonnel dans les terribles incidents des derniers mois. Le prévenu est encore en fuite mais on aurait d'ores et déjà des preuves de sa participation à des opérations de terrain par le passé pour le compte de divers commanditaires. Depuis plusieurs semaines, des langues se sont déliées chez de nombreux fonctionnaires, mais aussi auprès de compagnies privées comme le géant des implants cybernétiques Beemen Industries, pour unanimement pointer Rick O'lonnel du doigt dans de nombreuses affaires d'espionnage et de sabotage sur Coruscant remontant parfois au temps de l'Empire. Mais pour l'instant, comme vous le disiez, l'homme est toujours recherché..."
Par la Force... Mayt' avait cessé d'écouter. Ce ne pouvait être une coïncidence. Enfin, bien sûr que c'était possible : après tout, Beemen Industries était l'un des plus grands groupes de l'espace républicain. Mais enfin... le commerçant replongea dans ses pensées. La firme avait donc eu des démêlés avec l'ancien gouverneur de Naboo, voici un temps. Une nouvelle piste ? Mayt' se promit intérieurement qu'il le saurait. Bien sûr, il n'apprendrait pas grand chose d'autre en restant enfermé ici, dans son petit bureau de l'astroport d'Aldera. Mais s'il n'était pas envisageable de se rendre dans la Bordure, loin des affaires, il pourrait en revanche aisément voyager "pour business" jusqu'au cœur de la République. Oui...son associé n'y verrait rien à redire, et il pourrait en profiter pour étendre son réseau auprès d'une compagnie hégémonique sur le marché des implants. De nouvelles perspectives s'ouvraient à son esprit fulgurant : des affaires, des discussions passionnantes autour de chiffres trimestriels, les coktails de la bouillonnante capitale de la République,... et peut-être bien de nouveaux indices qui le conduiraient à Kath.