Post n°4
Auteur : Rylen Korr
Le poster, qui représentait une femme dénudée, avait l'air de fortement plaire à Bagwail qui ne l'avait pas lâché des yeux depuis qu'il s'était allongé sur son matelas. Tel un aimant à regards, le détenu en avait oublié son camarade de cellule qui s'était écroulé dans le silence le plus total. -Eh eh, riait-il après la réponse de Sirda, Tu sais, papy; ici, tout le monde est innocent! Aucun d'entre nous n'a fait quelque chose de très grave et pourtant, l'Empire nous en veut.. C'est comme ça. On veut nous faire croire qu'on est dangereux pour la société. Moi, par exemple.. Bagwail détourna son regard rêveur du poster et fixa cette fois-ci le plafond, remarquant au passage une fuite sur le coin droit de la cellule, On m'accuse de faits totalement absurdes. Ah, ah.. J'aurai, sois disant, kid.. Eh, oh! Qu'est-ce qui t'arrive grand-père?!Horrace Bagwail venait de remarquer que son camarade s'était écroulé au sol, inconscient. Quelque peu paniqué, durant les premières secondes, cette mystérieuse situation se révéla être, au final, idéale pour lui.. Jetant un coup d’œil furtif vers le poster, puis vers l'extérieur de la cellule, Horrace sourit étrangement. Il en vint à hésiter à laisser le vieillard dans cet état-là, conscient que son actuel sommeil pouvait être bénéfique pour ce qu'il avait prévu dans la soirée. Mais s'il attendait que les gardes l'apprennent, on allait l'accuser d'être à l'origine de l'état de Sirda. Et c'est ce qu'il voulait absolument éviter. En effet, le prisonnier avait tellement provoqué des soucis à l'intérieur du centre de détention qu'il était en sursis: au moindre nouveau problème, il aurait de sérieux ennuis à se faire. Bagwail n'avait pas le choix. Vérifiant l'état de santé de son codétenu et voyant très bien qu'il était mal en point, Horrace tenta (en vain) de le réanimer. Ce fut sans succès et l'homme décida sans attendre de prévenir les gardes. Ces derniers arrivèrent, inquiétés par la voix étrange de Bagwail. Ce dernier leur révéla ce qu'il s'était passé, le soudain silence qui s'était installé entre les deux compères alors qu'ils étaient en pleine discussion et le corps inanimé de Sirda, allongé entre les deux lits. D'après la réaction des deux gardes, Horrace ne devait pas s'inquiéter: ils n'avaient aucun doute sur la véracité des propos du codétenu d'O'Connor. Et alors que ce dernier était conduit d'urgence pour des soins, Bagwail fit semblant de s'inquiéter de l'état de son nouveau camarade.-Ne t'inquiètes pas, Horrace, tu le retrouveras très vite. On le garde à l'infirmerie pour la nuit. Profite donc de tes dernières heures en solitaire.. Le garde tenta de soulever Sirda mais il dut renoncer avec la difficulté de la tâche, Il pèse une tonne ce type! Va chercher de l'aide!Le visage apeuré face au corps de son codétenu qui était transporté vers l'infirmerie, Bagwail jouait parfaitement son rôle. Car quand la situation redevint légèrement plus calme dans sa cellule, l'homme était devenu hilare. Content de savoir qu'il passerait une dernière nuit seul.. Une dernière nuit..Lorsque l'on annonça l'extinction de toute lumière jusqu'au lendemain matin, sept heures, Horrace ouvrit les yeux et se prépara. Regardant une dernière fois le poster qu'il admirait tant, il ne se doutait pas que son camarade Sirda O'Connor allait revenir plus tôt que prévu dans la cellule..