Post n°5
Auteur : Rukainn
[Suite et fin: Les morts ne parlent pas.]Après avoir reçu une information capitale de la part du vieux Balthazard, Rukainn se rend au bordel en question. La route est longue, le pas lent du sombre individu rend encore la tâche plus ardue qu'elle ne l'est déjà. Personne n'ose s'approcher de lui, par crainte, les gens le fuient, l'espionnent, le dévisagent. Caché dans les ombres, les habitants du bas fond suit le chemin de l'étranger du regard. Certains même le suivent, par une curiosité malsaine, ils aimeraient savoir où se rend le sergent séparatiste. Le soleil qui, jadis étaient haut dans le ciel commence à décliner, offrant des couleurs orange et pourpre, donnant de moins en moins de luminosité. Ce n'est qu'au soir où Rukainn arrive enfin aux portes du bordel.Le bâtiment où tous les vices pouvaient être exercés sans vergogne n'est pas bien grand, pas bien imposant non plus. Pas de lumière muraux, pas de néons, pas de signes distinctifs pouvant différencier d'un simple taudis à un endroit où le charnel prime avant l'intellectuel. Rien sauf une musique venant de l'intérieur et la porte qui s'ouvre et se referme au fil des passages des gens venant pour se distraire et d'autres s'étant distrait le temps d'une heure ou d'une quinzaine de minutes. C'est à l'intérieur que l'individu trouvera la personne qu'il recherche, un homme nommé Sylvio. Sylvio ne devait être qu'un pseudonyme, cachant son vrai prénom. Un pseudonyme emprunté afin de pouvoir commettre ses méfaits sans être démasqué. Tout le monde le connait dans les bas fonds et d'un côté, personne ne le connait. Tout le monde sait ce qu'il fait, mais personne ne parlera. Il tient ce quartier d'une main de fer et a oublié le gant de velours. Ici, tout lui appartient, les femmes, les hommes, les taudis, tout. L'argent n'est pas un problème pour lui et pourtant, il est jeune. Même plus jeune que le sergent, il a commencé tôt, il a trouvé le bon filon. La prostitution est un art qui ne s'invente pas. C'est un art exercé depuis l'aube des temps et étrangement, c'est un métier où il y a toujours du travail surtout là où la misère est la plus grande. Coïncidence ou fait exprès? Rukainn n'en avait cure. Il n'a jamais été intéressé par ce genre de méthode, l'argent pour lui, ça se gagne en soulageant les citoyens de leurs cartes bancaire, pas en leur soulageant les bourses.Le sergent Scicoha ne rentre pas à l'intérieur, il attend. Tapis dans l'ombre dans la ruelle, il attend que la lumière diurne est complètement disparue, dissipée par un nuage noire et menaçant. C'est à ce moment là que tout son talent est mis en œuvre. Comme tout les assassins qui se respectent, l'obscurité est son domaine. Nonobstant, il prend un risque et un gros risque qui plus est. Si la nuit est sa période favorite, il l'est tout autant des autres individus de son espèce et il sait qu'il y en a beaucoup dans ce quartier. S'il fallait éviter un quartier pour s'assurer la vie sauve en dehors du fait de la distraction où de la recherche d'un emploi qui aurait un lien là dedans, c'est bien celui-ci. Mais l'homme à la cape aux couleurs de jais est confiant. Ses entrainements lui ont permis de se rendre invisible et si par lui même ça ne marche pas, il a toujours son camouflage optique donné lors de la réussite à l'entrainement, au quartier général de la CSI.La nuit tombe, Rukainn s'active. Il sort doucement de la ruelle, passe la tête la première, s'assure qu'il n'y a personne et longe le mur. Il s'arrête sous la fenêtre du premier et seul étage. De là, il glisse sa main dans sa cape, en enlève une fine tige souple en métal qu'il pince entre ses lèvres. Il se tourne, se recule pour prendre son élan, place un pied en arrière et se donne une propulsion, poussant de toute sa force sur sa jambe afin de courir plus vite. Sa vitesse et son habileté lui permet de poser un pied sur le mur, et de se propulser, les mains en l'air vers la fenêtre. L'homme s'accroche à l'appuie de fenêtre. Pour avoir un appuie plus stable, mais non sans danger, il place ses pieds dans les petits fentes qu'offraient le mur de bois. L'espace entre les planches lui permet d'enfoncer la pointe de ses pieds. D'une main, il reprend la tige pincée entre ses lèvres, et glisse celui-ci sur le verrou de sa seule entrée viable. Rukainn fait sauter le verrou avec une grande facilité, replace le morceau de fer entre ses lèvres et pousse la fenêtre de la même main, vers le haut. Il reprend en vitesse le rebord de la fenêtre des deux mains et se hisse à l'intérieur.Une fois à l'intérieur, l'homme ne prend pas la peine de regarder ce qu'il s'y trouve, pour l'instant ce qui compte c'est de refermer la fenêtre comme elle était. Une fois ceci fait, il marche, à moitié accroupi, observant les environs, une chambre vide mais qui n'allait pas l'être bien longtemps. Il fallait se dépêcher, il fallait qu'il trouve le bureau du "chef", Sylvio. C'est en longeant les murs, accroupi et sans aucun bruit, qu'il se faufile au travers du couloir du bordel. L'obscurité et la faible lumière voilée, pour donner un genre à l'intérieur, les musiques passant en boucle au rez de chaussée rendaient le travail d'autant plus facile. Rukainn arrive devant la porte du bureau, il reprend sa tige et fait sauter à nouveau le verrou de cette porte. Les gens des taudis ne peuvent se permettre d'avoir des portes sécurisés à verrou automatique, s'ouvrant qu'avec un digicode. Là, c'était une porte des plus banales, faite de bois avec une serrure à l'ancienne.L'assassin replace le morceau de fer plié à l'intérieur de sa cape, entre-ouvre la porte, s'y engouffre et referme la porte. De là, il attend... Il ne peut dire combien d'heures il a attendu, peut être une heure, peut être trois ou quatre, mais ses efforts arriva à terme: la porte s'ouvre à nouveau, un jeune homme entre, aux bras de deux charmantes demoiselles, jumelles qui plus est et vêtue d'une tenue des plus aguichantes. L'homme quant à lui, était torse nu, légèrement musclé, ce n'était pas lui qui faisait le sale boulot, ça se voyait à sa tenue: un pantalon de cuir serré et taille basse, une paire de botte souple et le plus étrange. Un collier ressemblant à ceux que portent les animaux de compagnie, en fer, relié à une longue chaine tenue par l'une des deux jumelles. Il entre en riant._ Hahaha... Oui je suis votre domestique.. oh oui.. il faut que j'examine votre candidature les filles...Il referme relâche l'une des deux et referme la porte._ Premier test... Laquelle d'entre vous va m'enlever mon pantalon...? Ne vous battez pas, faites le toutes les deux! Hahaha... Il va falloir aussi que vous vous occupiez de la surprise qui vous attend sous ce pantalon.. héhéhé...Il s'avance avec elle, vers le lit qui semblait être son bureau. L'homme se tourne face à elle, écarte les bras, les filles parcourent le torse des mains avant de s'attarder sur le pantalon, l'ouvrant lentement, le faisant descendre petit à petit.. L'ambiance était chaude, Rukainn tapis dans l'obscurité, dans un des coins, non loin de la porte affiche un sourire amusé. Heureux de devoir rafraîchir l'ambiance, il se redresse et fait un pas vers eux. Pendant que les filles usent de leurs charmes, ensemble, pour satisfaire leur futur patron, Rukainn se dévoile au grand jour. Mh?! T'es qui toi?! Qui est l'enfoiré qui t'as laissé entrer ici?? Dégage tout de suite avant que je n'appelle mes hommes!Tête baissée, Rukainn la relève lentement, observant d'abord les deux filles s'étant arrêtée puis glisse son regard vers celui de Sylvio, il fait quelques pas latéraux pour se retrouver devant la porte.- Sylvio, j'imagine... J'ai à te parler. D'après Balthazard, tu sais où est elle est partie. Ecoute, coco. J'ai pas qu'ça à faire de m'amuser avec les connards dans ton genre alors tu te casses, dernière avertisse... Un bruit de blaster, une arme de poing se fait entendre. Un corps tombe, il en restait deux. Un hurlement, une des deux filles est au sol, un trou en plein milieu du front, son sang coule et tâche le parquet. Les yeux ouverts, la tête penchée sur le côté, elle n'a pas eu le temps de se rendre compte qu'elle était déjà morte. La dernière des demoiselles relâche le membre du patron et cours vers la sortie, elle atteint la poignée de la porte. Deuxième tir de blaster, un autre corps tombe. La main de la deuxième sœur relâche doucement la poignée et glisse contre celle-ci. La porte, couverte de sang dont il y a un trou maintenant, là où se trouvait la tête de cette dernière. Il ne restait plus qu'une cible. Les yeux écarquillés, Sylvio se recule, tremblant des lèvres, à deux doigts de hurler après ses gardes et en même temps, apeuré de le faire. Rukainn, s'avance alors vers sa prochaine proie.- Dis moi où est elle.._ De.. de qui tu veux parler?! Je sais pas moi!- Lucie._ Lucie?! Ah! Lucie! Elle.. elle... Elle est venue ici, te cherchant. Pour qui elle se prend elle d'abord? Elle croit que je connais tout le monde?! Elle m'a dit... Oui, elle m'a dit qu'elle partait, vers Tatooine. Après, je ne sais pas plus.- Tatooine..._ Oui! C'est ça! Tatooine! J'sais pas pourquoi par contre! C'est tout ce que je sais!Rukainn pivote sur le côté, s'avance vers la fenêtre et se retourne à nouveau vers lui.- Bien. Un autre tir de blaster, un dernier. Rukainn écarte le bras et glisse son arme dans son fourreau situé à sa ceinture, dans le dos. Sa cape bouge l'espace d'un instant pour se remettre en place. Il ouvre la fenêtre et saute. Son travail était terminé dans les bas fonds. Deux ordures en moins.Au petit matin, les gardes de Sylvio, lorsqu'ils veulent ouvrir la porte se retrouve bloqué par un corps, gisant contre celle-ci. Une fois l'avoir poussé, ensemble et avec force, il ne voient que du sang et trois personnes mortes. Katerine Johansen et Katarina Johansen, deux sœurs jumelles venant de Dantooine, afin de faire fortune à Coruscant, embarquées par les mauvaises personnes, elles se sont retrouvées ici, dans les bas fonds à faire de la prostituion. L'une allongée à coté de la porte, l'autre à coté du lit. Sylvain Loire alias Sylvio, gérant de la boite, 25 ans. Ses petites manigances avec les soldats impériaux ont fait que ses crimes se sont subitement volatilisés, on sait de lui qu'il était proxénète, joueur invétéré, alcoolique et plus jeune, violeur et responsable de la disparition de deux individus.Rukainn quant à lui, il était déjà loin, certain que personne n'apprendrait ses vraies raisons de son retour car les morts ne parlent pas.