Post n°3
Auteur : Hivernus
Konstantine a une impression de déjà vu. Ces couloirs vidés de leurs occupants et gardés par des sections de stormtroopers ne sont pas sans rappeler un certain évènement. Il n’était alors que commandant d’un destroyer de classe Victoire, un officier parmi tant d’autres dans une marine impériale en pleine reconstruction. On lui avait confié le transfert de prisonniers républicains de grande valeur… Et cette tâche avait changé sa vie. Il avait découvert l’incompétence d’un gouverneur qui compromettait la sécurité d’une prison secrète impériale par sa simple présence… Et il s’était assuré de le mettre aux arrêts afin d’éviter un tragique incident. L’homme à la petite moustache rousse n’avait aucune autorité sur le complexe de haute-sécurité de Bimmiel, mais il avait tout de même fait le choix d’agir. Cette décision aurait pu lui coûter cher… Mais l’officier avait eu droit à une promotion à la place.On l’avait récompensé pour sa dévotion et sa capacité à réagir rapidement. Et le voilà désormais à la tête d’une flotte, au grade d’amiral… D’autres tueraient pour être à sa place. Il en est bien conscient… D’une certaine façon, Konstantine doit à ces prisonniers républicains sa position actuelle. Absorbé par ses pensées, l’amiral longe les couloirs à la manière d’un automate. Dans le hangar, les détenus sont prêts à être transférés. Sous la garde d’une douzaine de Manteaux de Nuit, soldats d’élite de la Grande Moff, les républicains embarquent à bord de la navette. L’homme à la moustache rousse reconnaît le capitaine Onov, commandant des Manteaux de Nuit qui a pris l’habitude de ne pas revêtir son casque lorsqu’il se trouve en face d’officiers supérieurs. Son comparse n’est autre que le major Stirman, cet officier du C.R.D.A que la Confédération des Systèmes Indépendants a cru bon de détacher afin qu’il puisse s’assurer du confort des prisonniers en territoire impérial. Au moins, il pourra rapporter à ses supérieurs que les détenus républicains ont reçu un traitement de faveur… Après un bref moment d’échange, les trois hommes montent à bord de la navette.Le transport décolle et quitte la baie d’amarrage du “Patriote” pour rejoindre l’immense hangar d’un destroyer de classe Providence. Konstantine en vient à se dire qu’il devient presque une habitude pour lui de débarquer sur des bâtiments de guerre séparatistes… Il esquisse l’ombre d’un sourire. Peut-être que cette fois-ci, il aura droit à une visite complète ! L’amiral reprend toutefois son air sérieux lorsque le regard du major Stirman se pose sur lui. A côté de lui, le capitaine Onov enfile son casque. Dans le cockpit, l’officier de bord annonce l'atterrissage. La tension monte doucement. Pour un impérial, il est toujours difficile d’accorder sa confiance au géant séparatiste. Il reste, dans l’esprit de (trop) nombreux vétérans, le monstre qui a achevé un empire agonisant… Lorsque la rampe d’accès s’abaisse, le transfert débute. Selon un protocole bien établi, quatre Manteaux de Nuit descendent afin de sécuriser le périmètre. Six autres se chargent de faire descendre les prisonniers vêtus de bleu. Pieds et poings liés, le visage couvert par une cagoule, les détenus républicains paraissent inoffensifs… Ce serait oublier leur affinité avec la Force, qui reste leur arme la plus redoutable. Fort heureusement, ils se sont toujours montrés très coopératifs. Et les impériaux leur ont rendu la pareille. Les trois officiers sont les derniers à quitter la navette, accompagnés des deux soldats d’élite restants.Le major Stirman se dirige vers les siens, probablement content à l’idée de retrouver son “chez soi”. Il faut dire que Bimmiel est tout sauf une planète accueillante… Et la vie au sein d’une prison secrète du Bureau de la Sécurité Impériale est tout sauf excitante… A moins d’aimer l’univers carcéral et les nombreuses cruautés qui sont liées aux impitoyables services de renseignements impériaux.Konstantine s’avance vers le cortège séparatiste, fait claquer ses talons en guise de salut militaire et redresse le menton. Il annonce d’une voix imperturbable :- Amiral Konstantine. Nous sommes prêts à vous remettre les prisonniers républicains.