Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Quand Nyméia se décide à arriver, je suis toujours à mon bureau. Certaines choses ne changent jamais, et les maux de crâne en font partie. J’ai l’impression que quelqu’un est en train de faire tourner une visseuse entre mes tempes, et j’ai du mal à me concentrer sur ce qui est important : tout le reste en dehors de moi. Ouais, je sais, c’est original, je ne pense pas qu’à ma petite personne des fois. Mais que voulez-vous… On finit par changer. Bref. C’est donc avec mon plus beau front en sueur et mes cheveux défaits en plus des cernes sous mes yeux que je reçois la Twi’lek. Je la vois regarder un peu partout en entrant dans la pièce, comme elle le fait souvent. Officiellement, pour s’assurer que personne n’observe ou que rien n’est en bordel. Officieusement… bref.

    Elle a pris son temps mais elle est enfin là. Quand elle passe le pas de la porte, je relève les yeux et je lui souris. Ouais, elle m’a un peu manqué, quand même, pendant tout ces jours où elle n’était pas là. Faut dire que vu à quel point je me décharge sur elle, ça fait un paquet d’informations que je dois retenir sans la laisser gérer. Sauf que la fatigue me rattrape, et quand elle s’asseoit sur mon bureau, je laisse tomber mon visage sur le bois, dans un bruit sourd, et une douleur qui ne m’inquiète pas. Le soupir qui s’échappe de mes lèvres est à fendre l’âme, mais il se transforme en marque de contentement quand je sens la main de mon aide de camp se poser sur mes cheveux. Sa voix est un baume pour l’esprit. Le mien en tout cas.

    -J’suis là, Erys, ne t’en fais pas. Tout ira bien. J’ai lu les premiers rapports, tu as très bien agi, personne ne te reprochera jamais rien.

    J’aurais du mal à vous décrire les sensations… Je sens ses doigts peigner doucement mes cheveux, en même temps qu’ils glissent sur mon crâne, provoquant de doux frissons dans mon échine, la chaleur de sa peau se transmet comme si je n’avais pas vu la lumière du soleil depuis des années. Nyméia a toujours été douce avec moi, mais c’est toujours mieux quand ça fait un moment, comme si j’avais besoin de mon fix régulièrement, comme si il fallait que je m’en prive pour mieux la retrouver. J’ai pas envie de m’en priver, mais comment retrouver cette sensation, après ? …

    -Erys, dis moi pourquoi tu me fais venir ici.

    Ah, la fameuse question… Elle a jamais été super patiente, de ce point de vue, et la baratiner n’aurait aucun intérêt, vu qu’elle lit à travers moi comme un livre ouvert. Ce qui, entre nous, est légèrement pénible quand je dois lui mentir vis-à-vis de la Garde… Mais là, ce n’est pas le souci qui me vient. En fait, je n’ai pas de réelle réponse à lui apporter autre que l’envie de l’avoir près de moi. Du coup, quand je réponds, je ne sais même pas où commencer ou ce que je dois dire exactement… Je le sens dans ma voix qui n’est pas du tout assurée, et qui n’a pas l’air de vouloir se stabiliser.

    -Simplement pour les rapports… Pour savoir où en est Arkinnea…

    Elle me coupe dans ma réponse en appuyant très légèrement sa main sur ma tête. Dans d’autres circonstances ou avec n’importe qui d’autre, je lui aurait démoli la face, mais là, je la laisse faire.

    -Arrête de mentir. Arkinnea ne va pas s’arrêter de tourner parce que tu n’es pas là une semaine. Tu sais que nous sommes sur les rails et que ça va prendre du temps. C’est pour ça que t’as mis du monde sur le projet, tu te souviens ? Donc… pourquoi ?

    Je relève la tête lentement vers elle, avant de relâcher un soupir. Je colle mon menton dans la paume de ma main, accoudée au bureau, sans la lâcher des yeux. Elle est chiante, à avoir toujours raison.

    -J’avais juste besoin… d’une pause.

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Inutile de vous mentir, à vous qui me lisez, puisque vous n'espérez que ça. De toute façon, vous n'êtes là que pour ça... Mais oui, j'ai pourri les petits jeunes. Cette bande d'amateurs, ramollis par Coruscant, n'était pas du tout prête pour mes méthodes et... oui, bon, je suis peut-être un peu chafouine aussi, avec toutes ces bêtises, et du coup, je transpose sur eux toute ma frustration, quitte à devoir leur péter la mouille pour qu'ils comprennent bien ce que j'ai à leur dire. Pourtant, j'ai essayé de me retenir, mais pas moyen. Alors je suis passée aux grands moyens, et à la pratique du corps-à-corps. Bon, ben autant vous dire que ce n'est pas glorieux, et qu'ils vont avoir des bleus quelques jours, ces bleus. Ah !

    Bref. J'vous ai dit que je suis chafouine ? Oui ? D'accord. Entre nous, ça fait longtemps que cette frustration là grandit. Pourquoi tout et tout le monde semble décidé à ralentir, à faire exprès d'avancer moins vite que moi. Et ça me gonfle ! La méditation ne donne rien, le combat ne donne rien, j'arrive pas à m'enlever le visage de Froome de la tête, quand je lui ai parlé de Général, de puissance de la Garde. Raaah, pourquoi est ce que lui aussi a décidé de ne rien en faire, de ne pas pousser l'avantage que nous avions ? Les officiers étaient là, à portée de main, ils ont besoin de la Garde, sinon, ils ne nous enverraient pas aux quatre coins de la Galaxie pour combattre avec eux, et en première ligne en plus !

    Je tourne comme un lion en cage, une oreille discrètement tournée vers l'entraînement de mes ouailles, mais honnêtement, j'ai pas le coeur à ça, j'ai pas la tête à ça, j'ai juste envie qu'ils se cassent, pour le moment... Heureusement que j'ai d'autres instructeurs pour prendre le relais, parce que j'ai pas du tout la foi de les entraîner, peu importe à quoi. Quelle perte de temps, quelle gabegie, rien ne changera jamais comme je le veux !

    Je me laisse tomber sur la chaise de mon bureau et je lève les jambes sur le bois de celui-ci, tout en me massant les temps. La fatigue... La fatigue et la frustration qui parlent et qui pensent, j'en suis sûre. Je suis usée par tout ça, c'est tout. J'ai pas dormi les jours précédant l'inauguration, et pas beaucoup plus après. Oui, ça doit être ça. Entre l'académie et la lecture des rapports de Nyméia, je me suis pas octroyé beaucoup de temps pour essayer de redescendre un peu. Oui, bien sûr. C'est ça. La pression inhérente à tout ça. Mais c'est ce que je voulais, non ? Devenir importante, limite indispensable pour tout le monde, que ce soit sur Arkinnea ou pour la Garde ? Rien d'autre ne comptait que ça. Alors pourquoi je reste persuadée que c'est pas le cas, alors que j'ai enfin réussi à poser la main sur cet objectif ? Depuis quand je me formalise de ce qu'on me dit, sans tracer mon propre chemin, à ma manière et selon ma chronologie ? Je me suis perdue en chemin...

    Cette académie, ce n'est qu'une étape. Une étape que je dois peaufiner, et approfondir, avant de passer à l'étape suivante. Mais j'ai besoin d'avancer, moi aussi, j'ai besoin de savoir où je vais. Mais j'y arriverai pas toute seule. Alors je sors mon comlink.

    -Nyméia, rejoins moi à l'Académie.

    Avant-poste Jedi

  • Diplômés de l'Académie
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    **Académie de la Garde Républicaine d’Arkinnea**

    Première promotion « Lyra »
    Horatio
    Ylina
    Delko
    Wolffe
    Kali
    Tripp
    O’shay
    Boavista
    Loman

    Mise à jour à venir

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Lorsque Froome repart, je reste un long moment à regarder son dos, jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les entrailles de sa navette avec le reste des officiers supérieurs. Je crois que je ne sais pas exactement où me mettre, en fait. J’ai la sensation d’avoir raté un truc. Ou d’avoir oublié quelque chose. C’est comme si une chape de plomb venait de se poser avec brutalité sur mes épaules, au point que j’ai du mal à m’en défaire. Je sens que j’ai les dents à nouveaux serrées, les ongles de mes doigts qui rentrent dans ma paume, le dos totalement tendu, pire qu’une planche de bois.

    Il se fout de toi.

    Je secoue la tête plusieurs fois pour essayer de remettre mes idées en place, pour tenter de tout bien assimiler, mais j’ai la sensation qu’il va me falloir un long moment pour m’en remettre. En fait, je ne suis pas bien certaine d’avoir tout compris. J’ai presque eu le sentiment qu’il me félicitait pour ce que j’ai fait, ici et avant. Et en même temps, j’ai l’impression qu’il a encore de sérieuses réserves sur moi et sur l’avenir. J’ai pourtant tout bien fait, j’ai créé un sanctuaire, récupéré Arkinnea, j’ai même pris la tête du tout premier escadron de vol de la Garde... Et c’est pas encore assez ?

    Il ne te fait pas confiance.

    Je rejette la tête en arrière en fermant les yeux et en ignorant l’environnement autour. Le ciel bleu pratiquement sans nuages. La légère brise qui rafraîchit l’air. Le soleil qui ne tape pas encore suffisamment pour faire rougir ma peau. Et derrière, pas si loin de moi, l’atmosphère étrange et emplie d’énergie, de la Force, émanant du Sanctuaire. Mais rien de tout ça n’a l’air à même de me calmer. De me détendre. J’ai envie de hurler, de crier à l’injustice et à la trahison, de le ramener ici par la peau du cul pour qu’il comprenne qu’il y en a marre. Marre des pisse-froids, marre de la fébrilité de la République, marre de la tiédeur des échanges. Oui, la Garde a besoin d’un Général, d’une voix qui porte, de quelqu’un au dessus de la mêlée capable de diriger l’entièreté de l’unité. Ils veulent des résultats ? Ils vont en avoir.

    Et plutôt deux fois qu’une, ma toute belle. Ils vont le regretter…

    En rouvrant les yeux, je les pose sur l’académie. A l’intérieur, l’escadron lumineux et les nouvelles recrues découvrent les lieux et s’y installent, ignorant des troubles qui y règneront plus tard. De ces questions qui me taraudent. Entre nous, je ne sais toujours pas exactement ce que je leur réserve, mais je sais qu’ils vont prendre pour les autres. Qu’ils vont devoir assumer mes frustrations, le temps que je leur prouve à tous qu’ils se trompent et qu’ils font une erreur monumentale en ne me faisant pas confiance. Quand ils verront la nouvelle génération de Gardes Républicains, ils ne pourront que baisser la tête.

    Tu sais que tu as raison.

    Je me dirige immédiatement vers les portes de l’Académie, bien résolue à prendre les choses en main. Et en premier lieu, inspection des troupes en bonne et due forme…

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Je hoche aux mots de Froome. C'est amusant. Je ne suis vue le haïr, l'insulter, le provoquer et maintenant que je le regarde dans les yeux je n'ai plus rien de tout ça. Je n'ai plus de ressentiment, plus de colère. Comme si j'avais compris quelque chose. Comme si je... comprenais. C'est un passage de relais entre lui et moi. Il a passé du temps à me regarder me débattre, et voilà où nous en sommes... Face à face, Garde à Garde. Enfin égaux, peut-être. Je rengaine mon sabre et le remet à ma ceinture, avant de lui parler à voix basse.

    -Chevalier, j'aimerais vous parler, avant que vous ne repartiez, marchons.

    Je l'emmène vers le patio tranquillement, devant l'ancienne fontaine pas encore en activité, et je m'asseois sur le parapet. C'est sûr que je dois avoir l'air un peu minable comme ça, après de grandes paroles devant tout ce petit monde. Finalement, j'ai encore besoin de lui, un peu...

    -Beaucoup de choses se sont passées ces derniers temps, Chevalier. Et j'ai besoin de vos lumières pour la suite.

    J'inspire longuement. Autant pour réfléchir à ce que je vais dire que pour me détendre. Je reste une gamine apeurée qui n'a pas l'habitude de parler en public. Et maintenant que je dois prendre des responsabilités, je me rends compte que c'est plus difficile que de prendre des décisions dans le feu de l'action, d'improviser quand personne ne sait vraiment quoi faire. Et là, je dois prendre des décisions qui vont influer sur des dizaines de personnes.

    -Je n'ai aucune idée de comment la suite va se passer, maintenant. Beaucoup de choses se passent pour moi et je dois y penser. J'ai enfin trouvé comment faire vivre l'héritage de Lyra, autrement qu'en portant son arme inutilement. En intégrant à mon nouveau sabre, je pourrais faire le lien entre passé et futur.

    Nouvelle inspiration. Nouvelle pause. Mon cheminement de pensées n'est pas aussi clair que ce que je voudrais. J'ai la voix d'Érys qui essaye de me guider et me conseiller quoi dire. Trop de choses. Trop de non-dits. Trop de rancœurs. Trop d'éléments à prendre en compte.

    -Mais c'est surtout le futur qui m'importe. Il y a tellement à faire. Je suis leader de l'escadron lumineux. Je dois diriger l'académie. J'imagine que vous voudrez me garder sur le terrain.

    La question me brûle les lèvres. La suite des événements en dépend.

    -Je ne suis que Lieutenant de l'armée. Vous avez vu vous-même que je manque de légitimité. Alors que je veux enfin servir la Grande Armée. Aider Arkinnea. Et surtout, remettre la Garde au centre des débats.

    Je souris une fois de plus.

    -Il y avait encore, il y a quelques années, un Général de la Garde. Nous avions notre place. Cette académie pourrait être notre point de départ.

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Le moment est aussi important que solennel. La consécration du travail accompli depuis des semaines, sur cette planète, par et pour moi. Déjà, je vois et j'entends leur approbation à tous. L'idée était bonne, la réalisation l'est aussi, et heureusement. J'écoute Froome sans l'interrompre, tout en gardant mon masque de façade, alors que je bout à l'intérieur. Je n'ai qu'une envie, commencer, enfin. Lentement, je sors mon sabre-laser, le second, celui que je viens de créer, et je l'allume devant eux. La lame bleue jaillit, et je me demande si Froome sera capable de reconnaître l'intégration du sabre de Liah...

    -Moi, Lieutenant Erys Talmark de la Garde Républicaine, déclare que ce Temple Caché sera révélé au jour, désormais, sous le nom d'Académie de la Garde. Je m'engage, jusqu'à ma mort ou ma destitution, à en être la garante et la protectrice.

    Je pose mon regard sur les recrues, qui ont la chance de voir ça. Les neufs premiers Gardes d'Arkinnéa, les tout premiers Novices à suivre mes enseignements, à mettre leurs pas dans les miens. Et ça, c'est quelque chose d'important, que je ne peux pas ignorer, que je ne veux pas perdre. Ils seront neuf à me suivre.

    -Et vous, recrues, je serai également votre garante et protectrice, jusqu'à ce que vous intégriez pleinement notre ordre, non plus en tant que Novices, mais en tant que Gardes. Et même après cela, cette Académie restera votre maison et votre repère, là où vous pourrez revenir trouver conseils et repos.

    A ces mots, je reviens aux officiers, qui ne disent plus un mot et laissent la cérémonie se faire. On aurait pu faire plus officiel, plus préparé, mais finalement, ça me va bien. Ce côté "à l'arrache" me correspond parfaitement, comme tout le reste de ma carrière, finalement.

    -Quant à vous, commandants, commissaire, je ne vous oublie pas. La Garde n'oublie pas ce qu'elle doit à l'Armée, ce qu'elle est pour l'Armée. L'enseignement des valeurs de la Grande Armée Républicaine sera au centre des préoccupations des tuteurs. Cet éloignement de Coruscant ne sera jamais que géographique, et jamais idéologique. Nous savons ce que nous sommes, et ce que nous devons être.

    Cette fois, je m'autorise un sourire. Un sourire confiant et aussi lumineux que je peux l'être. Parce que je suis réellement heureuse, et c'est pas si souvent. Parce que je sens que je suis en paix avec ce que je viens de dire, ce que je viens de faire. Parce que je sais que je suis sur le bon chemin, et que je le prouve aux uns et aux autres. Il n'y a plus qu'à.

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    La boule au ventre n'a pas disparu comme je l'aurais voulu. C'est même pire maintenant que je vois la navette atterrir à l'astroport. La boule prend toute la place dans mon estomac et n'a pas l'air de vouloir me lâcher. Entourée de mes quelques conseillers, Nyméia, Shayn'a, Aster, eux aussi impeccablement mis (et heureusement, sinon, je les aurais pourris), je garde la tête droite et le menton haut. Hors de question pour passer pour des peintres après les efforts consentis. Lorsque Froome descend, je fais un simple pas vers lui et je le salue réglementairement. Pas de sourire sur mon visage, qu'il soit joyeux ou narquois. Pas de mouvement de tête parasite. Juste une Garde Républicaine face à son supérieur, celle qu'il a voulu que je devienne. Leader de l'escadron lumineux, qui nous attend à l'académie. Garde spécialiste des missions dangereuses.

    -Chevalier Froome. Bienvenue sur Arkinnea.

    Mes saluts aux autres officiers sont tout aussi respectueux, même si je dois réprimer la voix d'Erys, dans un coin de ma tête, qui meurt d'envie de les envoyer paître. Elle le sait, je le sais, ce n'est pas le moment. Même si l'envie ne me manque pas, clairement. Voir des officiers de Coruscant débarquer sur MA planète, sur MES plate-bandes, pour "constater" des résultats acquis d'avance ne me plaît pas. Mais je n'ai pas le choix.

    -Commandant Renz. Commissaire Gorbachof. Commandent Newton. Bienvenue également sur Arkinnea. Vous pourrez constater de vos yeux que les ressources allouées par la République ont été utilisées à bon escient et pour le bien commun.

    Une fois ces quelques présentations faites, je tourne mon regard vers les neuf recrues que Topher a amené. Neuf bleu-bites. Neuf Sensitifs tout beaux, tout neufs, prêts à être entraînés. Sur Coruscant, ils auraient été broyés, rentrés dans le moule de la Garde de gré ou de Force, condamnés à faire la même chose que les autres, sans aucune distinction, comme le veut l'armée. Arkinnea serait leur bouffée d'oxygène, leur refuge, leur nouvelle maison. Des soldats tout frais, que je ressens dans la Force, tour à tour. Si ils ont de la chance, si le projet est mené à son terme, ils passeront forcément sous mon enseignement. Je sais que j'ai plein de choses à leur apprendre.

    -Et vous également, apprentis. Arkinnea vous accueille, à bras ouverts. Venez, rendons-nous à l'Académie. Vous jugerez de vous-même.

    Évidemment, c'est moi qui prend la tête du cortège. Qui d'autre ? Pas d'apparat, pas de parade, pas d'orchestre, juste une sorte de procession silencieuse dans le bruit des vieux moteurs des véhicules d'Arkinnea qui en ont vus bien d'autres, et qui, si ils pouvaient parler, diraient sûrement qu'ils n'en ont rien à faire d'avoir autant de grades à bord. On quitte l'astroport et la ville qui sert de capitale, dans un silence remarquable. Personne n'a l'air de vouloir réellement démarrer une discussion, moi la première... J'ai juste hâte de voir leurs tronches, et ça ne devrait pas tarder. Devant nos yeux, la structure encore en chantier s'élève sous le soleil et la température fraîche de la planète. A nouveau, je suis la première à poser pied à terre devant l'avant-poste et je me retourne devant mes... invités.

    -Bienvenue à nouveau. Cet avant-poste, selon nos quelques recherches, et selon les Yunus qui habitent non loin, a été érigé il y a des centaines d'années, et reconstruit à une ou plusieurs reprises par des Jedi exilés, profitant de l'éloignement de la planète des routes stellaires principales.

    D'un geste de la main, autant pour me la raconter que par simplicité, je fais s'ouvrir les lourdes portes du sanctuaire.

    -Les réparations ne sont pas encore terminées, évidemment. Le temps long fera son oeuvre, mais cela correspond à mon idée. La Garde Républicaine a un devoir envers la République Fédérale et envers elle-même. Envers les habitants. Envers ceux que nous protégeons. Comme je l'ai fait dans les premiers jours, les apprentis mettront eux-aussi la main à la pâte pour reconstruire. Pour ne pas oublier d'où nous venons, tous. Suivez-moi, je vais vous montrer les lieux.

    Les deux heures suivantes sont consacrées aux visites, et à ma présentation du programme de formation. Méditation, combat, apprentissage, le tout dans la simplicité la plus élémentaire. Je ne vais pas vous faire tout le discours, franchement, ce ne serait pas des plus passionnants, et ce que j'essaye de faire passer comme message, c'est la malléabilité que je demande. L'adaptation. On nous demande de l'être, constamment (à part pour le sable, toutes mes missions sont dans le sable), alors à nous de l'être avec nos étudiants, nos apprentis, nos futurs pairs. Leur apprendre ce que c'est que d'être un Garde, pleinement, et de devoir peut-être, demain, combattre aux côtés d'Erys Talmark, Spla Narci ou Topher Froome, dans la plus grande des confiance. Je leur expose la nécessité que chacun ici soit traité comme un égal. Pas de portion plus généreuse, pas de meilleur lit, pas d'uniforme plus rutilant. Des chances égales pour chacun, le reste doit venir naturellement, être pris par ceux qui en auront la force. C'est tout ce que j'aurais voulu. C'est tout ce que je veux. Je crois que je n'ai jamais autant parlé en présence de Froome ou de qui que ce soit. Mais au moins, ils ont la vision qu'ils voulaient, eux aussi.

    Avant-poste Jedi

  • Faire du neuf avec du vieux
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    L'attente avait été aussi insupportable qu'elle avait été courte, finalement. J'ai pas vu le temps passer sur les réparations de l'avant-poste, en fait. Je ne savais pas où j'allais, mais il a bien fallu que je m'y mette. Et à côté de tout ça, j'ai été obligée de gérer les affaires de la planète. Sérieusement, j'ai l'impression que si je leur dis pas de respirer, ils sont infoutus de le faire par eux-même. Et je suis stressée parce que je dois faire préparer les quartiers de mes pilotes de l'escadron lumineux. Et en plus, je sais que Froome va se pointer, et je me dis qu'avec tout ça, il y aura forcément du monde qui va venir avec, vu l'importance de la Garde Républicaine. Non mais ça fait trop de choses d'un coup, là, je sais pas si je vais tenir la pression... Le bain de vapeur ne suffit pas à me détendre, pas plus que la présence de Nyméia qui me garantit qu'elle va prendre en charge la réception, qu'elle va s'occuper de tout... Mais non, ça ne suffit pas, il me faut autre chose. Et cette autre chose, c'est avancer, progresser. Dans le temps. Je veux que le temps file, je veux que ça commence. Il y a trop de choses en jeu pour que je sois sereine de toute façon. J'ai beau m'entraîner, essayer de me reposer... Rien à faire, ça ne passe pas.

    Je passe un temps infini à réfléchir à comment je vais m'habiller. Est-ce que je dois mettre un des costumes que j'utilise au quotidien ? Mon armure de Garde Républicaine, que j'ai polie et poncée pendant des heures pour qu'il n'y ait plus une trace ? Une tenue arkinnéenne, qui me permettrait de me démarquer ? Je me dis qu'à un moment ou un autre, je vais forcément vexer quelqu'un, en n'étant pas celle qu'ils veulent que je sois. Et finalement, ce sont les mots de Froome qui reviennent à mes oreilles. Il n'a jamais voulu me mettre sur un chemin prédéfini, en fait. Il n'a jamais voulu me foutre dans des carcans. Et ce que j'ai pris pour du je-m'en-foutisme, est ce que ce n'était pas juste... nécessaire ?

    C'est en me disant tout ça que je me décide. Le jour de l'arrivée de mon supérieur, du chef de la Garde, je luis au soleil. Impeccablement coiffée, cheveux en arrière réglementairement, armure grise brillante sur les épaules, sabre-laser à la ceinture, le second dans le dos, casque entre les mains de mon droïde, plus loin, je dirige une faible délégation. Je n'ai pas besoin de plus, pour l'heure. Tout ce que je veux, c'est être digne de mes galons de Lieutenant qui trônent à ma poitrine. Et pour ça, j'attends de voir ce que Froome dira.

    Avant-poste Jedi

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Je vous passe sur la manière dont j'ai convaincu certaines personnes de bien vouloir rejoindre le projet. Honnêtement, ça n'a pas été très difficile, mais il fallait des gens de confiance, à peine quelques dizaines, sélectionnés sur conseil de Shayn'a, qui n'a pas caché son enthousiasme à l'idée de faire quelque chose d'autre que s'occuper des bouseux. Et sans même détourner les ressources de la République, j'ai pu me pencher sur ce nouveau projet qui reste plus discret que la reconstruction d'Arkinnea. En fait, depuis quelques jours, je délègue complètement le reste d'Arkinnea et je me focalise à plein sur la rénovation de cet endroit qui me tient étonnamment à coeur. D'ailleurs, pour ne pas vous cacher quoi que ce soit... J'ai même participé. Ah, ben fallait voir leurs gueules aux bouseux, quand je leur déplaçait leurs sacs de durabéton, leurs outils, juste par la Force ! C'est sûr que ça fait son petit effet ! Et en plus, ils ont l'air reconnaissants du coup de main, c'est tout bénèf' ! Bon, par contre, vu que j'en ai pas un qui a un diplôme ou des connaissances en architecture, faudra pas s'attendre à quelque chose de grandiose pour le moment, c'est même plutôt l'inverse. On reste sur l'existant, pour la modernité, on repassera.

    Et en plus de l'entraînement à la Force que je me farcis pour la bonne cause, il faut ajouter ceux avec Lyra. On reste sur de l'éthéré, de la méditation, du pure spiritualisme, mais il faut bien reconnaître que ça fonctionne et que ça me fait avancer aussi. Pour le reste, je peux compter sur les quelques holos que j'ai pu récupérer à droite et à gauche dans les Archives de la Garde. Autant dire que c'est lent, mais que j'ai au moins la sensation d'avancer. D'être dans le bon sens de la marche, pour que les choses changent, pas juste pour moi, mais aussi pour Arkinnea. Si on arrive à faire de cette planète un sanctuaire pour les Gardes Républicains, son importance ne sera plus à démontrer, et je n'aurais plus à couper les cheveux en quatre devant des commissions de budget pour vendre mes idées. Et ça me conforte dans l'idée que les miennes soient bonnes. J'ai juste hâte de voir la tête de Froome quand il verra ce qu'on a réalisé. Pour le moment, je suis toujours en attente de ces retours, mais je pense qu'il a autant d'appétance pour l'architecture d'intérieur que moi...

    Pourtant, j'ai fait ce qu'il m'a dit. Photographies du lieu, modifications des plans pour différencier les salles et les accès, mise en place d'idées, je suis fière de moi. En fait, je me suis posé une question simple : qu'est ce que j'aurais aimé avoir, à l'époque ? Non pas que les cours de Namtrah étaient pourris, sur Coruscant, mais ils ne sont pas adaptés à des sensitifs en mal de compréhension. Avides de savoirs. De connaissances. Et de force, aussi. Alors, j'ai essayé de reprendre tout ça en y collant mon idée de la Garde. Mess basé sur les rations Républicaines pour ne pas oublier qu'on est à l'Armée. Chambres simples et spartiates, mixtes si il le faut pour ne pas marquer de différences. Douches communes à tous. Et ça, c'est pour le côté "Armée". Pour le reste, j'ai fait à ma sauce.

    Sur conseil de Lyra, j'ai évidemment intégré une salle de méditation. Plongée dans l'obscurité, la vue depuis l'extérieur occultée de manière à laisser passer la lumière naturelle uniquement, elle sera parfait, aux dires de la Soeur Rouge, pour la concentration de chacun. Je dois bien vous avouer un truc, la méditation, ça n'a jamais été pour moi, je m'emmerde plus qu'autre chose, mais elle m'a tellement bassiné avec l'utilité du bousin, que j'ai fini par céder. Doit bien y avoir deux ou trois andouilles qui auront envie de s'y coller... Bien sûr, j'ai peaufiné la salle d'entraînement. Toutes les armes existantes à disposition, des mannequins, des livres sur la théorie du combat, tout rassemblé au même endroit, dès que je les aurais... Et dès que j'aurais un formateur, aussi. J'ai proposé Twohoyrz, mais pas dit qu'il veuille quitter Alderaan non plus.

    A côté de tout ça, j'ai fait en sorte d'essayer de respecter l'unité de la Garde. Pas de grand bureau grandiloquent, pas de salle supérieure à une autre : le respect se gagne sur le terrain et au combat, pas en se reposant sur des vieux lauriers, qu'ils soient mérités ou non. Du coup, ça rendra forcément quelque chose de fonctionnel, à terme, sans fantaisie, mais avec l'objectif bien en tête. Pas de distraction extérieure, pas de parasitage par Coruscant ou n'importe quoi d'autre, juste le calme d'une position isolée dans la Galaxie, sans personne pour venir nous dire comment ou quoi faire. Juste la Garde, entre frère et soeurs Chevaliers. Et ça, finalement, ça change tout. Une famille qui se rassemble, se respecte, se protège, parce que je suis sûre qu'il y en a plein des comme moi, des déracinés et des orphelins qui se cherchent aussi personnellement. Des pauvres types qu'on récupère à la pelle et qu'on balance là sans aucun repère, avec quasiment personne pour les aider, parce que y'a pas assez de Gardes, pas assez de formateurs pour les entraîner spécifiquement.

    Ca aussi, je l'ai ajouté à mon idée de formation. Accompagner les futurs Gardes. Les comprendre, et pas juste leur balancer à la truffe des dizaines d'enseignements dont ils devront se démerder sur le terrain. Pas comme les Jedi ou les Sith, avec leurs relations de Maître à élève, mais un suivi de chacun, pour que n'importe qui puisse trouver sa place au sein de notre unité. A force de progresser, de mon côté, je peux pas dire que je me sois réellement trouvée, moi-même. A gérer des cas tous plus différents les uns que les autres, alors qu'on pourrait aider à se spécialiser, finalement, à trouver chacun sa manière d'utiliser la Force au sein de la Garde. Et tout ça, évidemment, au milieu des leçons usuelles. Mais il me faut du monde. Des Maîtres du combat, que ce soit au sabre ou à l'arme, des sensitifs puissants qui connaissent tout le spectre de la Force, des diplomates, des stratèges... Ca fait beaucoup de monde, mais... Ca vaut le coup, non ?

    Avant-poste Jedi

  • Comptes d'Arkinnéa
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Comptes d'Arkinnea de 2026

    Report 2025 : 2 747 000 cr
    Achat d'un Consulaire C-70 : - 58 000 crédits
    Janvier 2026 : + 250 000 crédits
    Février 2026 : + 250 000 crédits
    Mars 2026 : + 250 000 crédits
    Avril 2026 : + 250 000 crédits

    SOLDE AVRIL 2026 : + 3 689 000 crédits

    Possessions actuelles

    Vaisseaux

    • 1 Consulaire C-70

    Droïdes

    • 50 2-1B
    • 100 ASP7
    • 100 WED
    • 50 Ouvriers BLX
    • 50 Ouvriers 8D8
    • 10 Droïdes TCP
    • 4 Droïdes CZ
    • 6 Superviseurs EV
    • 1 Caméra Merr-Sonn
    • 10 Droïdes HV-7
    Comptes planétaires

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Lyra n'a pas voulu perdre de temps et moi, ça me va bien... A peine j'ai posé mon communicateur qu'elle me propose de mettre immédiatement en place l'entraînement. Selon elle, sans ça, je ne tiendrais pas en place de toute façon. Alors quand je suis revenue, elle a saisi son bâton et m'a invitée à me mettre à côté d'elle. Les instructions sont simples : réaliser les mêmes mouvements qu'elle, en gardant la vitesse et l'amplitude de ceux-ci. Un travail de mimétisme qui ne va pas du tout avec ce que je fais d'habitude, moi qui ai la sensation continue de devoir nager à contre-courant. Pourtant, pour une fois, je m'exécute sans même me poser de questions. Elle sait sûrement ce qu'elle fait, et entre nous, j'ai effectivement pas grand chose d'autre à faire, et j'ai pas du tout envie de penser, là tout de suite.

    Etonnamment, ça se passe bien mieux que je ne l'aurais imaginé. Alors que j'ai eu la sensation, en la combattant, d'être systématiquement en retard et incapable de la toucher, ou même de la prévoir, là, c'est l'inverse. Il ne m'a fallu qu'une minute pour comprendre ce qu'elle faisait. Pas de mouvements rapides, pas de technicité élevée, non, juste des mouvements de l'arme autour du porteur. A chaque seconde, j'entends les vrombissements des deux lames qui frôlent mon corps, bien loin de les toucher et pourtant si proches. Mon corps bouge à l'unisson avec ma lame, en harmonie avec ce que me montre Lyra. C'est une sensation presque indescriptible, et même là, je crois que je manquerais de vocabulaire. Comment vous expliquer... C'est assez particulier. Alors que je suis censée suivre son exemple, c'est comme si à chaque instant, je savais exactement ce qu'elle allait faire. A quel moment elle va lever haut sa jambe tendue. A quel moment son arme va passer d'une main à l'autre ou fendre l'air. A quel moment son buste va faire une rotation. Tout ça, ce sont des choses que je connais, que je sais faire, mais je ne les ai jamais fait dans cet ordre précis. Et pourtant, c'est comme si, là, j'exécutais une chorégraphie synchronisée, travaillée depuis des semaines avec elle. Nos deux corps se meuvent dans le même timing, avec une habileté égale. Pas de combat. Pas de violence. Juste une synchronisation parfaite.

    Je ne sais pas si vous avez déjà été plongé dans cet état de grâce. Ce moment fugace où rien ne semble pouvoir vous échapper, rien ne peut vous surprendre, et vous savez exactement ce que vous devez faire, sans même avoir à y réfléchir. C'est le pic de l'endorphine. Un boost, un fix tellement bon que tous les accrocs à l'adrénaline le recherchent. Mais dès qu'on y pense, c'est fini, il s'échappe, et vous ne savez pas quand sera le prochain. Eh ben, c'est exactement ce qui m'est arrivé. Je ne sais pas depuis combien de temps on dansait comme ça, mais mon holocom s'est allumé et m'a sortie de ma transe. Quelle chiotte. Surtout en sachant très bien qui me contactait.

    Mais pour une fois, pas un reproche. Non, une validation pure et simple de ma proposition. Quand je lis le message, j'ai besoin de m'y reprendre à deux ou trois fois avant d'être sûre de mon coup. Ca, pour une surprise... Je ne pensais vraiment pas qu'il serait aussi facile à convaincre. Et en même temps... j'ai déjà tout en tête. Les plans, la formation, les idées, tout est déjà bien à l'abri dans mon crâne, et il n'y a plus qu'à le mettre en oeuvre, désormais.

    Avant-poste Jedi

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    A peine le message envoyé que je me rends compte de l'impatience qui m'envahit. J'aurais sûrement du prendre plus de temps, réfléchir à des solutions plus logiques, à un plan à long terme... Mais je me suis dit qu'il valait mieux percer l'abcès tout de suite. Montrer à Froome que j'étais toujours impliquée pour la Garde. Comme une gamine avec un père, quoi, même si cette figure paternelle là, j'en voudrais pas pour mes gosses. Et en même temps, c'est la seule que j'ai pour le moment. Tu parles d'un modèle... Pas vraiment le père de l'année, si vous voulez mon avis, du genre à ne jamais revenir après être allé chercher du lait bleu.

    Je chasse de mes pensées l'image de Froome continuellement déçu pour me retourner vers le cloître. Ca en fait des choses à imaginer, à expliquer, à faire. Et en même temps, je mentirais si je disais que ça ne me stimule pas. Je sens le long de ma colonne vertébrale un tremblement constant qui me rappelle que je suis vivante. Je sens le picotement au bout de mes doigts à chaque fois que j'effleure quelque chose, comme si j'anticipais déjà ce qu'il allait devenir. Je sens la chair de poule qui envahit la chair de mes bras et de mes jambes, symbole d'une excitation particulière, dans l'anticipation de la suite. Il y a des choses à faire ici. Et si c'est sans la Garde, ce sera avec ceux qui veulent me suivre. Les moyens d'une planète au service de mes ambitions, et mes ambitions au service d'une planète.

    Toute à mes pensées, je laisse le temps s'écouler, jusqu'à ce que Lyra revienne. Toujours calme, toujours digne, toujours droite, la Soeur Rouge ne peut pas s'empêcher de sourire, même quand elle me voit. Vous me direz, ça change des moqueries habituelles, surtout des Rats des Sables. J'en profite pour la rejoindre, du coup...

    -Vous sembliez inquiète, et je vous retrouve enthousiaste. Vos sautes d'humeur sont déconcertantes, Garde Talmark.

    -Vous n'êtes pas la première à me le dire. La première à y survivre, par contre. C'est déjà pas mal.

    Le petit rire qui s'échappe de ses lèvres me surprend encore un peu plus. Il n'est pas nerveux, simplement amusé, et il me dit beaucoup sur ce qu'elle est : pas inquiète pour un sou, consciente de son importance... ou totalement folle. Mais vu que c'est quand même très improbable d'avoir deux folles au même endroit, j'écarte cette hypothèse.

    -Qu'avez-vous décidé, alors ? Vous n'êtes pas vraiment femme à prendre du temps pour arrêter une décision.

    Nouvelle déstabilisation réussie. Cette fille a l'air de me connaître mieux que je me connais moi-même.

    -Je viens de contacter mon supérieur à ce sujet. Je voudrais faire de cet endroit un lieu de formation pour la Garde Républicaine. Reproduire partiellement ce qu'ont pu faire les Jedi. Il y a tout ce qu'il faut, il suffit juste de réparer et d'ajouter les outils.

    Le sourire de Lyra s'agrandit alors qu'elle m'écoute. Lentement, elle s'assoit sur une margelle et lisse les pans de sa robe rouge.

    -C'est une idée intéressante, en effet.

    -Et je voudrais que vous y preniez part. Vous avez étudié les Jedi, ça fait partie de votre crédo, vous savez mieux que beaucoup comment ils s'entraînent, comment ils vivent... Je veux m'inspirer de ça. Pour la Force vivante, pour la plénitude de nos pouvoirs.

    -Encore plus intéressant.

    -Mais avant, j'aimerais... J'aimerais apprendre à me battre. Comme vous, avec cette nouvelle arme.

    Elle a un rire joyeux, une fois de plus.

    -Apprendre à vous battre... Vous avez déjà des attitudes de soldat, des habitudes de soldat, la force d'un soldat. Tout ce qui vous manque, c'est de vous faire à cette arme. De vous faire à ce monde. Vous ne m'avez pas tout dit, n'est-ce pas ?

    Le silence s'installe entre nous. La Soeur Rouge lit à travers moi, comme si j'étais un livre ouvert et qu'elle n'avait aucune difficulté à me comprendre. Pour une fille à la recherche de réponses sur le passé, je la trouve vachement en phase avec son présent. Je sens mes mains qui se serrent, mes poings faire blanchir mes articulations, ma gorge s'assécher. Personne ne m'a jamais mis ça dans le nez de cette manière, avec presque de la douceur. La plupart me voient comme une folle furieuse, c'est une certitude. Certains rares se doutent de quelque chose... Je sens la main chaude de Lyra venir se poser sur mon poignet.

    -Qui êtes-vous réellement ?

    Même cette question, je me la pose quotidiennement. Au saut du lit, quand je me couche, quand je mange, tout le temps. Parce que je n'ai que des réponses partielles. Aussi fragmentées que ma mémoire.

    -Je ne sais pas exactement, en fait. J'ai des trous de mémoire. Je ne sais pas ce que j'ai fait pendant des années. Je sais que j'ai été abusée, gamine. Par qui, exactement, j'en sais rien. Mais ça a fracturé mon esprit en deux. Il y a moi, celle... de base, celle qui est folle et gamine. Et il y a l'autre, celle que vous avez rencontré en première. Celle qui prend ma place quand c'est trop dur. Celle qui est devenue Garde par obligation, et pas par choix. Celle qu'on a droguée pour me cacher. Celle qui a pris toutes les décisions difficiles jusque ici. Moi, je suis juste... celle qui prend la place, des fois.

    -Oh, je pense que vous vous trompez. Vous êtes bien plus que ça. Preuve en est avec cette arme. Avec votre présence ici. Je ne peux qu'essayer de concevoir cette... cohabitation forcée. Mais de ce que je ressens, elle semble moins pesante à présent que ce qu'elle fut. Vous êtes puissante, Talmark. C'est juste que vous ne le savez pas encore. Je comprends mieux votre demande.

    Elle serre doucement mon poignet avant de reprendre.

    -Ce sabre, c'est l'affirmation de votre existence. Je vous aiderai.

    Avant-poste Jedi

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Dans le cloître, je me retrouve assise sur le petit parvis, à attendre bêtement que mon souffle revienne, que ma honte s'estompe un peu. Enfin, ça, ce n'est pas demain, vu la raclée que Lyra m'a mise. Et le pire, c'est qu'elle n'a même pas l'air d'être usée, elle. Pas un moment elle ne m'a donné l'impression d'avoir puisé dans ses ressources, elle est là, elle respire tranquillement, et elle me donne même de la place pour me remettre. De toute façon, j'aurais pas pu lui répondre, tellement j'ai la sensation d'avoir la tête qui tourne. J'entends Erys dans ma tête. Enfin, je nous entends. Ou je m'entends. Bref, j'en sais rien.

    -Qu'est ce que tu veux dire par "Ce serait parfait pour nous" ?

    -Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'ici, Erys. Et toi non plus, peu importe où nous avons vécu, que ce soit Chandrila, Coruscant, ou même ici à la tour du Gouverneur. Jamais je n'ai eu la sensation d'être autant en phase...

    -Avec nous-même, c'est ça que tu veux dire ?

    -Nous-même, et ce que nous sommes devenues, Erys. Nous sommes des Gardes Républicaines, et nous avons un rôle. Un rôle super important.

    Je regarde autour de moi, en essayant de me secouer un peu, en essayant de comprendre ce qu'elle essaye de me dire. Ce que je vois, c'est un petit avant-poste Jedi, sans importance. Mais je sens qu'elle a raison. Qu'il y a quelque chose à faire ici, qu'il y a quelque chose qui nous attend. J'en profite pour relever la tête vers Lyra, sans trop savoir quoi dire ou quoi penser. La Soeur Rouge me sourit. Je ne comprends pas pourquoi, mais quand je la vois faire... Je me sens mieux.

    -Vous avez de grandes choses à faire, ici. Vous saviez déjà que c'est un avant-poste Jedi... Mais il a été habité et abandonné à plusieurs reprises, si j'en crois les différentes architectures. Ce qui veut bien dire que vous n'êtes pas la première, et sans doute pas la dernière.

    Sans doute pas la dernière. C'est cette phrase-là qui me touche le plus, en fait, comme si c'était une évidence. Comme si on m'enlevait subitement un voile que j'avais devant les yeux. D'un coup d'un seul, toute la réalité me revient dans le museau à Mach 3 pour me rappeler que je dois toujours être en mouvement pour ne pas me laisser emporter. Oui, cet endroit est tout à fait propice à l'abandon et à la méditation, mais ce n'est pas son seul intérêt. Loin de tout, il offre une bulle de solitude et d'Histoire. C'est absolument parfait autant pour Arkinnea que pour la République. Le voilà, le projet qui peut nous amener loin. Faire de cet avant-poste isolé un lieu de retraite et de formation pour ceux qui sont comme moi. Pour les Gardes Républicains qui cherchent des réponses et des Maîtres. Pour les Sensitifs qui ont besoin d'être accompagnés pour comprendre à la fois leur rôle et leur but. Pour tout ceux qui doivent être guidés un moment. Il y a déjà tout. Le bâtiment. Les murs. L'isolation. Et le recul. Inutile d'en parler aux habitants. Mais il y a des choses à réaliser ici. Même si pour ça, je dois en parler à Froome.

    -Vous avez raison... Je dois réfléchir, pour l'heure. Parler à quelqu'un. Si ça ne vous dérange pas...

    Lyra acquiesce et me laisse seule, retournant à ses pérégrinations, l'air satisfait de celle qui a réveillé quelque chose, qui a découvert l'impossible. Elle vient de planter en moi une graine étrange, une motivation que je n'avais ressentie, et ça fait un feu dans mon ventre que j'ai du mal à contenir, tant les possibilités sont excitantes. Faire d'Arkinnea un monde de formation de la Garde Républicaine, un point de départ et de ralliement. Je pourrais même y amener l'escadron lumineux... Je sors mon comlink et, fébrile, j'établis la communication avec le bureau de Froome.

    -Chevalier Froome, ici la Garde Talmark. Je suis actuellement sur Arkinnea, et j'ai trouvé ici un ancien avant-poste Jedi que j'étudie avec la Soeur Rouge. Je souhaiterais vous soumettre une idée qui m'est venue, en faire un lieu de rassemblement et de formation pour la Garde Républicaine. Cela nous éloignerait du confort coruscanti pour permettre à nos recrues d'être plus indépendantes. J'attends votre retour.

    Avant-poste Jedi

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    Lorsque j'éteins le double-sabre... Non, mon double-sabre, c'est comme si j'avais enfin réussi quelque chose dans ma vie... J'ai une sensation de chaleur qui vient pénétrer mes entrailles, directement au cœur, directement au cerveau... C'est une sensation tellement étrange, et quand je baisse les yeux sur cette nouvelle arme, je ressens une forme de... d'affection presque débordante, que je n'ai jamais senti. C'est peut-être ça qu'une mère ressent face à un nouveau-né ? Ou alors je délire complètement. C'est possible aussi, hein. Je sens que je suis un peu... étourdie, j'ai la tête qui tourne, de tous les efforts que j'ai du fournir, j'imagine. Et aussi un peu d'enthousiasme, non, d'adrénaline face à ce que je viens de réaliser. Mes doigts tremblent, et le sang a beaucoup trop afflué à mon cerveau, je sens que je suis rouge tomate. Ca ne doit pas être beau à voir. Je me cherche une contenance, alors que je suis seule, faisant passer le manche de ma main gauche à ma main droite, lentement, cherchant les prises idéales, alors que la Force m'a manifestement guidée pour en faire une arme parfaite pour mes mains. Les enseignements de Froome me reviennent petit à petit en tête, sur le coeur de la Lame, le sabre-laser lié à son possesseur d'une manière si profonde qu'elle est inexplicable, la facilité à manier ce que l'on a construit. Je me rappelle aussi quelques descriptions sur ce type d'arme, la difficulté de le manipuler parfaitement, les formes de combat spécifiques liées à sa double-lame. Encore un truc qui me donne le tournis.

    -Intéressant. Une arme longtemps considérée comme Sith car porteuse de mort. Vous êtes décidément pleine de surprises, Garde.

    Je me retourne d'un seul coup en entendant ça. Merde, comment est-ce que je n'ai pas pu l'entendre arriver, la frangine écarlate ? Quelle conne, elle a du me voir depuis... Depuis quand en fait ? Je sais pas, alors j'essaye au moins d'avoir l'air moins rouge et moins gênée, alors que ma main est crispée sur le long manche noir, blanc et or, tellement que mes jointures blanchissent... Et pourquoi je suis gênée, en fait ? Alors que je suis une sensitive, moi aussi, je peux créer mon sabre, moi aussi, pourquoi pas après tout ? Malgré ça, je me sens bizarre, comme si j'avais été vue en train de faire un truc totalement illégal ou indécent... Je ne sais pas comment vous expliquer ça, c'est comme si Lyra venait de pénétrer l'intimité de ma chambre. Et en même temps, c'est moi qui l'ai amenée ici, j'aurais dû m'en douter qu'elle reviendrait, quelle conne je fais...

    -Mais savez-vous réellement vous en servir ?

    Je la regarde sans vraiment comprendre ce qu'elle est en train de me dire, jusqu'à ce que je la voie prendre son arme. Un simple bâton, qu'elle prend à deux mains ? Pour quoi elle me prend, celle-là ? Je vais la défoncer si c'est ce qu'elle veut ! Je serre les dents en la regardant faire. Elle a quelques moulinets, mais rien qui m'impressionne et je grogne en prenant mon arme à deux. Les deux lames apparaissent dans le bruit caractéristique, illuminant un peu plus la scène, en plus du soleil. Pendant un long moment, on se regarde dans les yeux. Vraiment, je comprends pas cette fille, elle veut se battre contre une Garde Républicaine, un putain de Lieutenant qui va la défoncer. J'ai qu'une envie, lui fait ravaler ses dents. Et en même temps, je dois pas la tuer, hein ? Je crois pas... Moi aussi, je sais faire des moulinets. Enfin, je crois. Je sens les lasers chauffer au niveau de mon visage. Mais merde, j'ai la Force, j'ai le talent, tout ira bien. Sans attendre, je me jette sur elle d'un grand bond de Force.

    J'abats mon arme sur sa position. De taille, d'estoc, sans réfléchir, juste pour la taillader de haut en bas... Mais elle n'est plus là. Et je le sais parce que je sens son bâton se glisser derrière mes genoux... Et venir me faucher comme une bourrine. Mon dos heurte le sol, ma respiration se coupe, je tousse comme une minable pour essayer de me remettre. Bordel ! Quelle conne ! Je cherche Lyra de regard, je m'attends à la voir se foutre de moi, mais elle continue de faire ses moulinets à la con en me regardant. Je ne vois pas de moquerie, pas de rire sur son visage, elle est juste sérieuse... Et je crois que ça me rend encore plus dingue. D'un saut carpé, je me redresse et je lui refais face, dents serrées... Tout ça pour entendre un petit sifflement sortir de ses dents serrées.

    -Je ne m'attendais pas à vous voir aussi athlétique et souple, Garde. Vous êtes impressionnante.

    Encore une fois, elle n'a pas l'air de se moquer. Et encore une fois, ça me fout les nerfs de l'entendre me parler comme ça. Elle veut vraiment la guerre, c'est ça ?! T'inquiètes même pas, je vais te faire ravaler tes conneries et ta moquerie ! Réfléchir, c'est pour les autres, je me jette encore sur elle, et j'abats mon arme sur elle, mais... putain... eyh ! Arrête de bouger et d'esquiver, c'est pas juste ! Même son bâton de con, je n'arrive pas à le tabasser ! J'ai beau essayer dans tous les sens, je me rate à chaque fois, j'ai l'impression de... bordel, d'être faible ! Et le pire du pire... Une fois de plus, je sens son bâton qui vient me percuter à l'estomac, me forçant à mettre un genou à terre en toussant lamentablement. Bordel, ça fait mal...

    -Il faut que vous compreniez quelque chose, Garde...

    Je n'écoute pas, et à nouveau, je charge. Sabre en avant, si elle n'esquive pas, je la coupe en deux, rien à foutre ! Mais encore une fois, je la loupe, elle se penche en arrière pour passer sous la lame, je la rate débilement et... je reprends un coup derrière la tête. C'est même plus idiot, là, ça devient humiliant. Au point que j'éteins mon sabre, de dépit. Je suis dégoûtée...

    -Ce type d'armes n'est pas aussi simple à utiliser qu'il n'y paraît. C'est ce que j'aurais voulu vous dire dès le début. Moi-même, j'ai mis du temps à comprendre les bases du Juyo. L'art de manier les armes à deux mains. Mais puisque nous sommes là, je suis parfaitement disposée à vous apprendre.

    Je la regarde dans les yeux. J'ai mal au ventre, aux genoux, à la tête, c'est une catastrophe. Je suis usée, fatiguée, mais au moins, on dira que j'ai un instant de lucidité, de clarté... Je regarde le manche éteint entre mes mains, sans trop savoir quoi en penser pour le moment. Et en même temps, elle vient de me prouver qu'elle avait raison. Pas foutue de tamponner cette fille qui n'a rien d'une combattante, qui n'a rien d'une Garde. Je comprends pas comment elle fait. Mais je finis par hocher de la tête, dépitée.

    -D'accord... D'accord, apprenez-moi.

    Erys, mon amie. Regarde autour de toi, autour de nous. Regarde où tu es, un ancien avant-poste, là où on est enfin en paix. Ce serait parfait pour apprendre. Ce serait parfait pour les méditations. Ce serait parfait pour nous. Ce serait parfait pour la Garde...

    Avant-poste Jedi

  • Rebâtir à partir de ruines
    Erys TalmarkE Erys Talmark

    En manipulant les pièces de sabre, je me rends compte de leur légèreté pour la première fois. Oui, je sais, c'est naze comme première impression, mais qu'est ce que vous voulez que je vous dise, moi... C'est la première chose qui me passe par la tête, et rien d'autre. Parce qu'en fait, je ne sais pas comment ça fonctionne. J'ai vite fait vu comment Erys s'en sert, et j'ai à peine compris comment elle a créé son arme. Je me rappelle que ça bouillonnait sous son crâne, vite fait. Je me rappelle qu'elle a beaucoup essayé, beaucoup tenté, avant d'y arriver. Des essais, encore et encore, jusqu'à comprendre par je ne sais quel miracle ce dont elle avait besoin. Cette arme, qui pend à ma... notre ceinture, qui m'est presque insupportable tant elle m'est étrangère. C'est bizarre. C'est la mienne et en même temps, non. Finalement, je n'ai pas tant de choses qui m'appartiennent depuis que l'autre Erys est là. Le pendentif à mon cou. Un blaster que je ne porte même plus, et voilà...

    Je continue de les regarder à moitié, en les tournant dans tous les sens. Mon cerveau a l'air de se souvenir de choses, de son côté, et heureusement. Je reconnais rapidement la lentille de focalisation, qui doit permettre d'ériger la lame. La cellule d'énergie, au Diatium, comme souvent. Une merveille de technologie, utilisée pour ces armes-là depuis... depuis des millénaires, je crois. Une ressource quasiment illimitée. L'émetteur, légèrement chaud entre mes doigts, qui transforme l'énergie du cristal et de l'émetteur, l'envoie vers la lentille... Des pièces finalement assez rares, requérant une technique particulière, le genre de choses qu'on ne trouve pas partout. Heureusement que Froome a permis à Erys de les piquer.

    Lentement, pour la première fois depuis... depuis quand en fait ? Je sais pas. J'ai toujours été en co-conscience, voire absente lorsqu'on utilisait la Force. C'est la première fois que je le fais vraiment, volontairement, et sans vouloir faire du mal à quelqu'un. J'inspire à fond en regardant les pièces, et je les fais doucement léviter et tournoyer autour de mon poignet. La télékinésie, une des premières leçons qu'on m'a mis dans la truffe, avec tellement de violence. Et maintenant, je suis capable de le faire tranquillement. Quasiment sans y penser. Tout en le faisant, je réfléchis à ce que je fais. Instinctivement, je vois bien où je veux aller, ce que je veux faire de ces pièces. Mais la question, désormais... comment ?

    A nouveau, les pièces d'importance volètent autour de moi. Un peu comme une nuée d'oiseaux qui a l'air de vouloir me parler, m'indiquer une trajectoire. Il y a quelque chose qui manque, j'en ai maintenant la quasi-certitude. Je n'arrive pas, que ce soit consciemment ou pas, à mettre le doigt sur un début et une fin. Alors le milieu, n'en parlons pas. J'inspire calmement. Définitivement, il manque quelque chose. Une épiphanie peut-être, quelque chose de différent. Parce que c'est ce que j'ai toujours été, finalement, différente. Je repose mes yeux sur les pièces noires et or, sans trop savoir ce que je cherche.

    Une première fois, je les assemble. La construction me semble solide et efficace, mais est-ce que c'est vraiment ce dont j'ai envie ? Absolument pas. Ce doit être unique, comme moi, comme nous, pas à l'image de n'importe qui dans cette Galaxie. Pourtant, il fonctionnerait, ainsi, c'est certain. Mais je n'ai même pas envie d'essayer, et ce n'est pas par peur. Juste par logique. Rapidement, je le désassemble, laissant tout le matériel flotter autour de moi, comme j'ai l'impression de flotter dans cette atmosphère irréelle. Je ne sais pas pourquoi, j'ai besoin de garder cette originalité. Même si elle déplaît, je n'ai qu'à regarder les yeux de mes supérieurs quand je fais mes rapports, ceux de Froome quand il me voit débarquer. Je ne serai jamais la garde parfaite, pourquoi insister ?

    Une seconde fois, j'assemble les pièces, cherchant un peu d'esthétique, de rondeur parmi tout ça. Je les polis grâce à la Force, en démonte certaines pour les replacer ou les enlever, toujours sans poser les mains dessus, juste par l'esprit. Encore une fois, le résultat ne me plaît pas, j'ai juste envie de tout démonter, de tout abandonner. C'est pas vrai ! Pourquoi Erys elle y arrive, et pas moi ?! Je suis à deux doigts de les envoyer toutes valdinguer, et d'espérer qu'un futur connard se décide à les retrouver un jour et à se demander ce qu'il s'est passé ici !

    Putain, mais comment ils font tous les autres ? Je me lève d'un coup, je regarde autour de moi, je fais les cent pas, je crie, même, et j'empoigne la seule chose que je trouve, le sabre à ma ceinture, celui qui ne sert à rien, et je suis à deux doigts de le balancer de rage. Deux doigts. C'est à ça qu'il pend. Merde, sérieusement ? Comme le reste, je commence à le faire léviter. A la lumière du soleil, il renvoie ses reflets argentés, presque doux, sans m'éblouir. C'est à ça que ça tient ? ...

    Sous mes doigts, il commence à se défaire, sans heurts. Le sabre a vieilli, clairement, il est loin d'être neuf, mais sans forcer, j'arrive à le démonter et à en récupérer les pièces. C'est ça qu'il me faut. J'ai un vague souvenir qui me revient, une illustration quelque part au détour d'un livre. Quelque chose que je n'ai jamais vu. Une prouesse technique, de ce que je sais. Un challenge, un vrai. Finalement, ce qui m'a toujours guidée, non ? Même quand j'étais encore sur Coruscant. Lentement, les pièces se rejoignent. Les noires et les argentées. Je les assemble lentement, je fais plusieurs essais, jusqu'à composer une mosaïque harmonieuses, comme si les couleurs s'entrelaçaient, réhaussées par des pointes dorées. A l'intérieur, j'y installe les cellules, les lentilles, les émetteurs, et finalement, côte à côte, le cristal de Liah et celui qu'on m'a fourni. Deux bleus très différents, l'un très clair, l'autre plus foncé. C'est ça que je veux. Lorsque ma main se referme, c'est sur un manche extrêmement long. Aussi doux que chaud sous mes doigts, parfaitement adapté. Puis, ma seconde main rejoint la première, et je retiens ma respiration. Puis je souffle. Et deux lames bleues apparaissent, de chaque côté. J'ai réussi.

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