Le Mon Cal tourne en rond dans sa cellule. Le voilà enfermé dans les entrailles d’un symbole d’oppression qu’il s’était pourtant juré de combattre. Il n’a pas eu le courage de ses camarades et en paie désormais le prix. L’alien finit par s'asseoir sur sa couchette après avoir arpenté de long en large la petite pièce qui lui sert de geôle. L’air chaud qui quitte la grille de ventilation lui assèche la peau. Il commence à avoir soif. Il se demande silencieusement si ce n’est pas là une façon de le torturer. Il s’imagine des choses horribles, se demande bien quel sort funeste on lui réserve. Toutes ces pensées qui le tracassent lui font tourner la tête. Le Mon Cal se tient le crâne, ferme les yeux pour chasser ces idées noires. Il ne tient pas en place. Il se maudit pour ne pas avoir suivi l’exemple de ses compagnons.
Des cliquetis squelettiques se font bientôt entendre dans le couloir du bloc de détention, tirant le prisonnier hors de ses pensées. Il se lève instinctivement dès lors que les bruits se rapprochent. Trois silhouettes apparaissent finalement de l’autre côté du champ de force. Une femme au visage sévère, portant un uniforme d’officier séparatiste, et deux droïdes commandos armés de blasters. La barrière disparaît soudainement pour laisser entrer l’amirale Dovchenko puis se remet en place dès lors qu’elle est à l’intérieur de la cellule. De l’autre côté, ses deux gardes du corps métalliques viennent silencieusement monter la garde.
- Je suis l’amirale Dovchenko, commandante en chef des forces de la milice de Korriban. Et vous êtes ?
Le détenu ne répond pas. Il se contente d’observer sa geôlière avec insistance, la détaillant du regard.
- Le silence ne vous servira à rien en ce lieu. Poursuit calmement la Corellienne.
Il n’y a pas la moindre trace d’animosité dans sa voix, pas la moindre émotion sur son visage. Ou bien elle cache bien son jeu, ou bien c’est une pure psychopathe… Dans les deux cas, le Mon Cal est bien décidé à ne rien lui révéler. Gagner du temps. C’est tout ce qui importe. Peut-être est-ce là son seul moyen de se racheter auprès des siens…
- Je constate que vous ne supportez pas bien la chaleur du vaisseau. Je pourrais faire installer une climatisation ou un humidificateur dans votre cellule… En échange de votre coopération.
Le prisonnier garde le silence, balayant du revers de la main l’offre de la séparatiste. Il n’est pas stupide. Il ne compte boire les paroles empoisonnées d’une femme qui a vendu son âme à une entité corrompue. Il sait déjà comment ça va se passer. S’il cède, il finira par servir, d’une manière ou d’une autre, les intérêts d’une dictature qui n’apporte rien de bon à cette galaxie. S’il refuse, on enverra probablement des tortionnaires pour lui tirer les vers du nez. Peu importe. Dans un cas comme dans l’autre, il est condamné. Mais il partira au moins l’esprit tranquille sans avoir donné quoi que ce soit aux chiens de la Confédération des Systèmes Indépendants. Il s’en fait la promesse. Il doit bien ça à ses camarades, à la cause.
En face, l’amirale demeure impassible. Elle ne s’emporte pas face au refus du Mon Cal. Dovchenko a suffisamment d’expérience derrière elle pour savoir que les interrogatoires qui finissent en bain de sang sont ceux qui apportent le moins de résultats. Certains sont tentés de faire de fausses déclarations pour mettre fin à la torture quand d’autres finissent par céder à la folie pour oublier la douleur. Résultat : Du temps gaspillé et des prisonniers qui ont perdu leur utilité. La Corellienne préfère donc avoir recours à la méthode douce… Pour l’instant.
- Je vois. Nous aurons tout le temps d’en reparler.
La séparatiste hèle son escorte. Le champ de force s’éteint de nouveau afin qu’elle puisse quitter la cellule du détenu puis s’active de plus belle dès lors qu’elle franchit le seuil. Elle ne se tourne pas un seul instant vers le Mon Cal pour voir sa réaction, indifférente à son sort. Cependant, elle refuse de lui donner raison en faisant usage de la violence à son encontre et en cela, elle fait déjà un pas en avant. Il est certain qu’en visant le symbole de l’autorité séparatiste sur Korriban, les terroristes ont cherché à faire passer un message. Ils s’en sont pris à la CSI parce qu’ils ont quelque chose à dénoncer et le survivant de leur petit groupe a des réponses à donner. Dès lors qu’il verra que la Confédération des Systèmes Indépendants n’est pas aussi brutale et oppressive qu’il veut bien le croire, peut-être que le prisonnier changera d’opinion sur les militaires qui servent sous sa bannière. Et lorsque ses convictions seront ébranlées, il sera prêt à tout dévoiler.
Messages cryptés envoyés à l'état-major séparatiste par l’amirale Dovchenko depuis la frégate de la classe Munificent “Forteresse de l’Agonie”.
Rapport de situation à la suite des attentats :
Le palais préfectoral a été touché par les explosions de trois bombes. La première bombe a ciblé le réseau électrique, mettant hors de service les générateurs principaux, rendus inopérables suite à de lourds dommages. La deuxième bombe a frappé le centre de commandement, détruisant une partie du matériel de sécurité et de communication. La troisième bombe, apparemment destinée à exploser dans les quartiers privés du sous-préfet Rissk, n’a pas atteint sa cible. La détonation précoce de l’explosif n’a fait qu’une seule victime, le porteur de bombe lui-même, et trois blessés parmi les miliciens sans pour autant endommager d’infrastructures vitales. L’intégrité structurelle de certains niveaux a été largement compromise par la déflagration des détonations et les incendies qui ont suivi, malgré un déploiement rapide de nos équipes de sécurité. En l’état, le palais préfectoral fonctionne sur ses générateurs de secours et les systèmes de communication et de sécurité ne sont opérationnels qu’à hauteur de quarante deux pourcent. Il a donc été décidé de relocaliser les activités de la milice de Korriban et de l’administration civile vers un lieu plus sécurisé.
Il a été déterminé par les services de sécurité de Korriban que les attentats ont causé la mort de dix-sept membres du personnel de la sous-préfecture : onze miliciens, dont le capitaine de la garde du palais, et six civils, une secrétaire et cinq techniciens. Une trentaine de blessés a également été recensé. Sept de ces blessés sont dans un état d’urgence absolue et nécessitent d’être pris en charge sur une autre planète. Le bilan reste toutefois provisoire et peut être susceptible de changer à tout moment.
L’intervention rapide de nos services de sécurité a permis de contenir les dégâts, l’un des attaquants n’ayant pas eu le temps d’activer sa bombe et un autre étant contraint de se faire sauter avant d’atteindre son objectif. Le bilan des victimes aurait donc pu s'alourdir en l’absence d’un commandement réactif et les dommages causés aux infrastructures bien plus importants.
Rapport de l’enquête préliminaire concernant les profils ayant pris part aux attentats :
Pour l’heure, quatre terroristes ont été formellement identifiés par les services de sécurité de Korriban : un Mon Cal, un Twi’lek, un Zeltron ainsi qu’une Mirialan. Ayant fait usage de faux documents et de noms d’emprunt, il n’est pour l’instant pas possible d’identifier avec succès les quatre poseurs de bombes mais des holo images ont été distribuées au sein des services de renseignements, des forces de sécurité planétaires et des réseaux informels (à l’intérieur de la Confédération des Systèmes Indépendants mais également au sein des institutions de nos collaborateurs les plus proches) afin de faciliter leur identification.
Le Mon Cal, seul survivant du groupe, a pour l’heure refusé de répondre à toute question lors de son interrogatoire initial. Si les motivations du commando restent encore à définir, il est certain qu’elles s’inscrivent déjà dans un mouvement de rejet du pouvoir séparatiste. Les quatre membres ont probablement été recrutés parmi des éléments radicaux et ont peut-être un lien avec les terroristes qui ont attaqué Raxus Secundus.
La piste d’une aide provenant de l’intérieur est plus que probable, les terroristes n’ayant eu aucun mal à s’infiltrer au sein du palais préfectoral. Dans le cadre d’une investigation, le personnel travaillant au sein de la sous-préfecture est actuellement confiné sur Korriban dans une zone placée sous étroite surveillance.