Rebâtir à partir de ruines
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Je laisse Lyra faire les mêmes pas que moi lorsque je suis arrivée. Inutile de me mettre dans ses pas, ou de lui donner mes propres conclusions, ça serait contre-productif, je préfère attendre de voir ce qu'il en ressortira. Alors qu'elle s'enfonce dans les tréfonds de la structure, je me dirige immédiatement vers le patio que j'avais tant aimé. Cette impression de calme, cette sensation de solitude et de silence qui ne demande pas à être comblée me va parfaitement. Juste ce qu'il me faut. Juste ce qu'il nous faut. Laisser venir, me calmer.
Aaaah, ça faisait longtemps que j'étais pas sortie. Il était temps, je m'engourdis, moi, et j'ai besoin de courir, de marcher, de sauter, de faire des trucs, je vais devenir folle là-dedans, sinon. Vous imaginez pas le BORDEL que c'est, et l'ENNUI à écouter ces réunions interminables que l'autre se coltine. Heureusement que je peux basculer en inconscience, sinon, je crois que je serais morte d'emmerdement. Autant voir ce qu'il en est à travers nos yeux, enfin, et pas juste la structure mentale que je vais certainement pas vous expliquer ici.
Et je comprends pourquoi Erys aime cet endroit. Je comprends pourquoi elle se sent bien ici. Le vent frais, l'impression de stabilité et d'immobilisme, ça doit jouer pour quelqu'un qui est toujours en mouvement. Elle ne prend jamais le temps de se poser, elle vole de l'une à l'autre planète, de l'une à l'autre persone sans distinction, sans jamais prendre le temps d'attendre un peu, de réfléchir, alors qu'elle pourrait. Franchement, qui l'a pressée pour Jakku ? Qui l'a stressée pour Arkinnea ? Absolument personne. Et du coup, elle est épuisée. Et moi aussi, par ricochet. J'ai rien fait et je sens pourtant qu'elle est contusionnée et courbaturée dans tout ses membres. Alors qu'il ne suffirait de pas grand chose.
Je souffle et je soupire. Je pensais pas que ce serait moi qui serait la voix de la sagesse dans notre duo. Je pensais pas qu'elle serait celle qui court partout, elle a pourtant toujours été la plus calme de nous deux. Mais, je sais pas, quelque chose a changé dernièrement. Et le fait qu'elle soit tout le temps aux commandes du système ne doit pas aider non plus. Mais je ne peux pas l'aider, moi. Pas comme ça. C'est elle qui se bat, qui sait faire, qui sait parler. Moi, je suis pas capable. Faut dire aussi... J'ai rien créé, contrairement à elle.
Je ne sais pas par où commencer. Par où elle a attaqué, elle ? En rejoignant la Garde, l'armée. C'était pas voulu, mais ça a marché. Et maintenant, elle est un genre de Lieutenant de la Garde ? Sans savoir ce que ça peut bien vouloir dire. Mais c'est elle, le Lieutenant, pas moi. Avec tout ce qu'elle a fait pour moi, j'ai mal au ventre rien qu'à penser que je profite d'elle. Je crois que y'a pas pire sentiment... Ca me dérange pas de dépendre d'aides ou du soutien des autres, ou d'en abuser, mais celui d'Erys, ça me fait mal au coeur... Elle mérite pas ça.
Je crois que c'est à ce moment de ma réflexion que je me suis aperçue que je marmonnais toute seule. Mais pas en étant inactive. Parce qu'en sortant de ma réflexion, je me suis rendu compte que j'avais entre les mains les pièces qu'elle avait récupéré. Pour un second sabre.
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En manipulant les pièces de sabre, je me rends compte de leur légèreté pour la première fois. Oui, je sais, c'est naze comme première impression, mais qu'est ce que vous voulez que je vous dise, moi... C'est la première chose qui me passe par la tête, et rien d'autre. Parce qu'en fait, je ne sais pas comment ça fonctionne. J'ai vite fait vu comment Erys s'en sert, et j'ai à peine compris comment elle a créé son arme. Je me rappelle que ça bouillonnait sous son crâne, vite fait. Je me rappelle qu'elle a beaucoup essayé, beaucoup tenté, avant d'y arriver. Des essais, encore et encore, jusqu'à comprendre par je ne sais quel miracle ce dont elle avait besoin. Cette arme, qui pend à ma... notre ceinture, qui m'est presque insupportable tant elle m'est étrangère. C'est bizarre. C'est la mienne et en même temps, non. Finalement, je n'ai pas tant de choses qui m'appartiennent depuis que l'autre Erys est là. Le pendentif à mon cou. Un blaster que je ne porte même plus, et voilà...
Je continue de les regarder à moitié, en les tournant dans tous les sens. Mon cerveau a l'air de se souvenir de choses, de son côté, et heureusement. Je reconnais rapidement la lentille de focalisation, qui doit permettre d'ériger la lame. La cellule d'énergie, au Diatium, comme souvent. Une merveille de technologie, utilisée pour ces armes-là depuis... depuis des millénaires, je crois. Une ressource quasiment illimitée. L'émetteur, légèrement chaud entre mes doigts, qui transforme l'énergie du cristal et de l'émetteur, l'envoie vers la lentille... Des pièces finalement assez rares, requérant une technique particulière, le genre de choses qu'on ne trouve pas partout. Heureusement que Froome a permis à Erys de les piquer.
Lentement, pour la première fois depuis... depuis quand en fait ? Je sais pas. J'ai toujours été en co-conscience, voire absente lorsqu'on utilisait la Force. C'est la première fois que je le fais vraiment, volontairement, et sans vouloir faire du mal à quelqu'un. J'inspire à fond en regardant les pièces, et je les fais doucement léviter et tournoyer autour de mon poignet. La télékinésie, une des premières leçons qu'on m'a mis dans la truffe, avec tellement de violence. Et maintenant, je suis capable de le faire tranquillement. Quasiment sans y penser. Tout en le faisant, je réfléchis à ce que je fais. Instinctivement, je vois bien où je veux aller, ce que je veux faire de ces pièces. Mais la question, désormais... comment ?
A nouveau, les pièces d'importance volètent autour de moi. Un peu comme une nuée d'oiseaux qui a l'air de vouloir me parler, m'indiquer une trajectoire. Il y a quelque chose qui manque, j'en ai maintenant la quasi-certitude. Je n'arrive pas, que ce soit consciemment ou pas, à mettre le doigt sur un début et une fin. Alors le milieu, n'en parlons pas. J'inspire calmement. Définitivement, il manque quelque chose. Une épiphanie peut-être, quelque chose de différent. Parce que c'est ce que j'ai toujours été, finalement, différente. Je repose mes yeux sur les pièces noires et or, sans trop savoir ce que je cherche.
Une première fois, je les assemble. La construction me semble solide et efficace, mais est-ce que c'est vraiment ce dont j'ai envie ? Absolument pas. Ce doit être unique, comme moi, comme nous, pas à l'image de n'importe qui dans cette Galaxie. Pourtant, il fonctionnerait, ainsi, c'est certain. Mais je n'ai même pas envie d'essayer, et ce n'est pas par peur. Juste par logique. Rapidement, je le désassemble, laissant tout le matériel flotter autour de moi, comme j'ai l'impression de flotter dans cette atmosphère irréelle. Je ne sais pas pourquoi, j'ai besoin de garder cette originalité. Même si elle déplaît, je n'ai qu'à regarder les yeux de mes supérieurs quand je fais mes rapports, ceux de Froome quand il me voit débarquer. Je ne serai jamais la garde parfaite, pourquoi insister ?
Une seconde fois, j'assemble les pièces, cherchant un peu d'esthétique, de rondeur parmi tout ça. Je les polis grâce à la Force, en démonte certaines pour les replacer ou les enlever, toujours sans poser les mains dessus, juste par l'esprit. Encore une fois, le résultat ne me plaît pas, j'ai juste envie de tout démonter, de tout abandonner. C'est pas vrai ! Pourquoi Erys elle y arrive, et pas moi ?! Je suis à deux doigts de les envoyer toutes valdinguer, et d'espérer qu'un futur connard se décide à les retrouver un jour et à se demander ce qu'il s'est passé ici !
Putain, mais comment ils font tous les autres ? Je me lève d'un coup, je regarde autour de moi, je fais les cent pas, je crie, même, et j'empoigne la seule chose que je trouve, le sabre à ma ceinture, celui qui ne sert à rien, et je suis à deux doigts de le balancer de rage. Deux doigts. C'est à ça qu'il pend. Merde, sérieusement ? Comme le reste, je commence à le faire léviter. A la lumière du soleil, il renvoie ses reflets argentés, presque doux, sans m'éblouir. C'est à ça que ça tient ? ...
Sous mes doigts, il commence à se défaire, sans heurts. Le sabre a vieilli, clairement, il est loin d'être neuf, mais sans forcer, j'arrive à le démonter et à en récupérer les pièces. C'est ça qu'il me faut. J'ai un vague souvenir qui me revient, une illustration quelque part au détour d'un livre. Quelque chose que je n'ai jamais vu. Une prouesse technique, de ce que je sais. Un challenge, un vrai. Finalement, ce qui m'a toujours guidée, non ? Même quand j'étais encore sur Coruscant. Lentement, les pièces se rejoignent. Les noires et les argentées. Je les assemble lentement, je fais plusieurs essais, jusqu'à composer une mosaïque harmonieuses, comme si les couleurs s'entrelaçaient, réhaussées par des pointes dorées. A l'intérieur, j'y installe les cellules, les lentilles, les émetteurs, et finalement, côte à côte, le cristal de Liah et celui qu'on m'a fourni. Deux bleus très différents, l'un très clair, l'autre plus foncé. C'est ça que je veux. Lorsque ma main se referme, c'est sur un manche extrêmement long. Aussi doux que chaud sous mes doigts, parfaitement adapté. Puis, ma seconde main rejoint la première, et je retiens ma respiration. Puis je souffle. Et deux lames bleues apparaissent, de chaque côté. J'ai réussi.
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Lorsque j'éteins le double-sabre... Non, mon double-sabre, c'est comme si j'avais enfin réussi quelque chose dans ma vie... J'ai une sensation de chaleur qui vient pénétrer mes entrailles, directement au cœur, directement au cerveau... C'est une sensation tellement étrange, et quand je baisse les yeux sur cette nouvelle arme, je ressens une forme de... d'affection presque débordante, que je n'ai jamais senti. C'est peut-être ça qu'une mère ressent face à un nouveau-né ? Ou alors je délire complètement. C'est possible aussi, hein. Je sens que je suis un peu... étourdie, j'ai la tête qui tourne, de tous les efforts que j'ai du fournir, j'imagine. Et aussi un peu d'enthousiasme, non, d'adrénaline face à ce que je viens de réaliser. Mes doigts tremblent, et le sang a beaucoup trop afflué à mon cerveau, je sens que je suis rouge tomate. Ca ne doit pas être beau à voir. Je me cherche une contenance, alors que je suis seule, faisant passer le manche de ma main gauche à ma main droite, lentement, cherchant les prises idéales, alors que la Force m'a manifestement guidée pour en faire une arme parfaite pour mes mains. Les enseignements de Froome me reviennent petit à petit en tête, sur le coeur de la Lame, le sabre-laser lié à son possesseur d'une manière si profonde qu'elle est inexplicable, la facilité à manier ce que l'on a construit. Je me rappelle aussi quelques descriptions sur ce type d'arme, la difficulté de le manipuler parfaitement, les formes de combat spécifiques liées à sa double-lame. Encore un truc qui me donne le tournis.
-Intéressant. Une arme longtemps considérée comme Sith car porteuse de mort. Vous êtes décidément pleine de surprises, Garde.
Je me retourne d'un seul coup en entendant ça. Merde, comment est-ce que je n'ai pas pu l'entendre arriver, la frangine écarlate ? Quelle conne, elle a du me voir depuis... Depuis quand en fait ? Je sais pas, alors j'essaye au moins d'avoir l'air moins rouge et moins gênée, alors que ma main est crispée sur le long manche noir, blanc et or, tellement que mes jointures blanchissent... Et pourquoi je suis gênée, en fait ? Alors que je suis une sensitive, moi aussi, je peux créer mon sabre, moi aussi, pourquoi pas après tout ? Malgré ça, je me sens bizarre, comme si j'avais été vue en train de faire un truc totalement illégal ou indécent... Je ne sais pas comment vous expliquer ça, c'est comme si Lyra venait de pénétrer l'intimité de ma chambre. Et en même temps, c'est moi qui l'ai amenée ici, j'aurais dû m'en douter qu'elle reviendrait, quelle conne je fais...
-Mais savez-vous réellement vous en servir ?
Je la regarde sans vraiment comprendre ce qu'elle est en train de me dire, jusqu'à ce que je la voie prendre son arme. Un simple bâton, qu'elle prend à deux mains ? Pour quoi elle me prend, celle-là ? Je vais la défoncer si c'est ce qu'elle veut ! Je serre les dents en la regardant faire. Elle a quelques moulinets, mais rien qui m'impressionne et je grogne en prenant mon arme à deux. Les deux lames apparaissent dans le bruit caractéristique, illuminant un peu plus la scène, en plus du soleil. Pendant un long moment, on se regarde dans les yeux. Vraiment, je comprends pas cette fille, elle veut se battre contre une Garde Républicaine, un putain de Lieutenant qui va la défoncer. J'ai qu'une envie, lui fait ravaler ses dents. Et en même temps, je dois pas la tuer, hein ? Je crois pas... Moi aussi, je sais faire des moulinets. Enfin, je crois. Je sens les lasers chauffer au niveau de mon visage. Mais merde, j'ai la Force, j'ai le talent, tout ira bien. Sans attendre, je me jette sur elle d'un grand bond de Force.
J'abats mon arme sur sa position. De taille, d'estoc, sans réfléchir, juste pour la taillader de haut en bas... Mais elle n'est plus là. Et je le sais parce que je sens son bâton se glisser derrière mes genoux... Et venir me faucher comme une bourrine. Mon dos heurte le sol, ma respiration se coupe, je tousse comme une minable pour essayer de me remettre. Bordel ! Quelle conne ! Je cherche Lyra de regard, je m'attends à la voir se foutre de moi, mais elle continue de faire ses moulinets à la con en me regardant. Je ne vois pas de moquerie, pas de rire sur son visage, elle est juste sérieuse... Et je crois que ça me rend encore plus dingue. D'un saut carpé, je me redresse et je lui refais face, dents serrées... Tout ça pour entendre un petit sifflement sortir de ses dents serrées.
-Je ne m'attendais pas à vous voir aussi athlétique et souple, Garde. Vous êtes impressionnante.
Encore une fois, elle n'a pas l'air de se moquer. Et encore une fois, ça me fout les nerfs de l'entendre me parler comme ça. Elle veut vraiment la guerre, c'est ça ?! T'inquiètes même pas, je vais te faire ravaler tes conneries et ta moquerie ! Réfléchir, c'est pour les autres, je me jette encore sur elle, et j'abats mon arme sur elle, mais... putain... eyh ! Arrête de bouger et d'esquiver, c'est pas juste ! Même son bâton de con, je n'arrive pas à le tabasser ! J'ai beau essayer dans tous les sens, je me rate à chaque fois, j'ai l'impression de... bordel, d'être faible ! Et le pire du pire... Une fois de plus, je sens son bâton qui vient me percuter à l'estomac, me forçant à mettre un genou à terre en toussant lamentablement. Bordel, ça fait mal...
-Il faut que vous compreniez quelque chose, Garde...
Je n'écoute pas, et à nouveau, je charge. Sabre en avant, si elle n'esquive pas, je la coupe en deux, rien à foutre ! Mais encore une fois, je la loupe, elle se penche en arrière pour passer sous la lame, je la rate débilement et... je reprends un coup derrière la tête. C'est même plus idiot, là, ça devient humiliant. Au point que j'éteins mon sabre, de dépit. Je suis dégoûtée...
-Ce type d'armes n'est pas aussi simple à utiliser qu'il n'y paraît. C'est ce que j'aurais voulu vous dire dès le début. Moi-même, j'ai mis du temps à comprendre les bases du Juyo. L'art de manier les armes à deux mains. Mais puisque nous sommes là, je suis parfaitement disposée à vous apprendre.
Je la regarde dans les yeux. J'ai mal au ventre, aux genoux, à la tête, c'est une catastrophe. Je suis usée, fatiguée, mais au moins, on dira que j'ai un instant de lucidité, de clarté... Je regarde le manche éteint entre mes mains, sans trop savoir quoi en penser pour le moment. Et en même temps, elle vient de me prouver qu'elle avait raison. Pas foutue de tamponner cette fille qui n'a rien d'une combattante, qui n'a rien d'une Garde. Je comprends pas comment elle fait. Mais je finis par hocher de la tête, dépitée.
-D'accord... D'accord, apprenez-moi.
Erys, mon amie. Regarde autour de toi, autour de nous. Regarde où tu es, un ancien avant-poste, là où on est enfin en paix. Ce serait parfait pour apprendre. Ce serait parfait pour les méditations. Ce serait parfait pour nous. Ce serait parfait pour la Garde...
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Dans le cloître, je me retrouve assise sur le petit parvis, à attendre bêtement que mon souffle revienne, que ma honte s'estompe un peu. Enfin, ça, ce n'est pas demain, vu la raclée que Lyra m'a mise. Et le pire, c'est qu'elle n'a même pas l'air d'être usée, elle. Pas un moment elle ne m'a donné l'impression d'avoir puisé dans ses ressources, elle est là, elle respire tranquillement, et elle me donne même de la place pour me remettre. De toute façon, j'aurais pas pu lui répondre, tellement j'ai la sensation d'avoir la tête qui tourne. J'entends Erys dans ma tête. Enfin, je nous entends. Ou je m'entends. Bref, j'en sais rien.
-Qu'est ce que tu veux dire par "Ce serait parfait pour nous" ?
-Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'ici, Erys. Et toi non plus, peu importe où nous avons vécu, que ce soit Chandrila, Coruscant, ou même ici à la tour du Gouverneur. Jamais je n'ai eu la sensation d'être autant en phase...
-Avec nous-même, c'est ça que tu veux dire ?
-Nous-même, et ce que nous sommes devenues, Erys. Nous sommes des Gardes Républicaines, et nous avons un rôle. Un rôle super important.
Je regarde autour de moi, en essayant de me secouer un peu, en essayant de comprendre ce qu'elle essaye de me dire. Ce que je vois, c'est un petit avant-poste Jedi, sans importance. Mais je sens qu'elle a raison. Qu'il y a quelque chose à faire ici, qu'il y a quelque chose qui nous attend. J'en profite pour relever la tête vers Lyra, sans trop savoir quoi dire ou quoi penser. La Soeur Rouge me sourit. Je ne comprends pas pourquoi, mais quand je la vois faire... Je me sens mieux.
-Vous avez de grandes choses à faire, ici. Vous saviez déjà que c'est un avant-poste Jedi... Mais il a été habité et abandonné à plusieurs reprises, si j'en crois les différentes architectures. Ce qui veut bien dire que vous n'êtes pas la première, et sans doute pas la dernière.
Sans doute pas la dernière. C'est cette phrase-là qui me touche le plus, en fait, comme si c'était une évidence. Comme si on m'enlevait subitement un voile que j'avais devant les yeux. D'un coup d'un seul, toute la réalité me revient dans le museau à Mach 3 pour me rappeler que je dois toujours être en mouvement pour ne pas me laisser emporter. Oui, cet endroit est tout à fait propice à l'abandon et à la méditation, mais ce n'est pas son seul intérêt. Loin de tout, il offre une bulle de solitude et d'Histoire. C'est absolument parfait autant pour Arkinnea que pour la République. Le voilà, le projet qui peut nous amener loin. Faire de cet avant-poste isolé un lieu de retraite et de formation pour ceux qui sont comme moi. Pour les Gardes Républicains qui cherchent des réponses et des Maîtres. Pour les Sensitifs qui ont besoin d'être accompagnés pour comprendre à la fois leur rôle et leur but. Pour tout ceux qui doivent être guidés un moment. Il y a déjà tout. Le bâtiment. Les murs. L'isolation. Et le recul. Inutile d'en parler aux habitants. Mais il y a des choses à réaliser ici. Même si pour ça, je dois en parler à Froome.
-Vous avez raison... Je dois réfléchir, pour l'heure. Parler à quelqu'un. Si ça ne vous dérange pas...
Lyra acquiesce et me laisse seule, retournant à ses pérégrinations, l'air satisfait de celle qui a réveillé quelque chose, qui a découvert l'impossible. Elle vient de planter en moi une graine étrange, une motivation que je n'avais ressentie, et ça fait un feu dans mon ventre que j'ai du mal à contenir, tant les possibilités sont excitantes. Faire d'Arkinnea un monde de formation de la Garde Républicaine, un point de départ et de ralliement. Je pourrais même y amener l'escadron lumineux... Je sors mon comlink et, fébrile, j'établis la communication avec le bureau de Froome.
-Chevalier Froome, ici la Garde Talmark. Je suis actuellement sur Arkinnea, et j'ai trouvé ici un ancien avant-poste Jedi que j'étudie avec la Soeur Rouge. Je souhaiterais vous soumettre une idée qui m'est venue, en faire un lieu de rassemblement et de formation pour la Garde Républicaine. Cela nous éloignerait du confort coruscanti pour permettre à nos recrues d'être plus indépendantes. J'attends votre retour.
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A peine le message envoyé que je me rends compte de l'impatience qui m'envahit. J'aurais sûrement du prendre plus de temps, réfléchir à des solutions plus logiques, à un plan à long terme... Mais je me suis dit qu'il valait mieux percer l'abcès tout de suite. Montrer à Froome que j'étais toujours impliquée pour la Garde. Comme une gamine avec un père, quoi, même si cette figure paternelle là, j'en voudrais pas pour mes gosses. Et en même temps, c'est la seule que j'ai pour le moment. Tu parles d'un modèle... Pas vraiment le père de l'année, si vous voulez mon avis, du genre à ne jamais revenir après être allé chercher du lait bleu.
Je chasse de mes pensées l'image de Froome continuellement déçu pour me retourner vers le cloître. Ca en fait des choses à imaginer, à expliquer, à faire. Et en même temps, je mentirais si je disais que ça ne me stimule pas. Je sens le long de ma colonne vertébrale un tremblement constant qui me rappelle que je suis vivante. Je sens le picotement au bout de mes doigts à chaque fois que j'effleure quelque chose, comme si j'anticipais déjà ce qu'il allait devenir. Je sens la chair de poule qui envahit la chair de mes bras et de mes jambes, symbole d'une excitation particulière, dans l'anticipation de la suite. Il y a des choses à faire ici. Et si c'est sans la Garde, ce sera avec ceux qui veulent me suivre. Les moyens d'une planète au service de mes ambitions, et mes ambitions au service d'une planète.
Toute à mes pensées, je laisse le temps s'écouler, jusqu'à ce que Lyra revienne. Toujours calme, toujours digne, toujours droite, la Soeur Rouge ne peut pas s'empêcher de sourire, même quand elle me voit. Vous me direz, ça change des moqueries habituelles, surtout des Rats des Sables. J'en profite pour la rejoindre, du coup...
-Vous sembliez inquiète, et je vous retrouve enthousiaste. Vos sautes d'humeur sont déconcertantes, Garde Talmark.
-Vous n'êtes pas la première à me le dire. La première à y survivre, par contre. C'est déjà pas mal.
Le petit rire qui s'échappe de ses lèvres me surprend encore un peu plus. Il n'est pas nerveux, simplement amusé, et il me dit beaucoup sur ce qu'elle est : pas inquiète pour un sou, consciente de son importance... ou totalement folle. Mais vu que c'est quand même très improbable d'avoir deux folles au même endroit, j'écarte cette hypothèse.
-Qu'avez-vous décidé, alors ? Vous n'êtes pas vraiment femme à prendre du temps pour arrêter une décision.
Nouvelle déstabilisation réussie. Cette fille a l'air de me connaître mieux que je me connais moi-même.
-Je viens de contacter mon supérieur à ce sujet. Je voudrais faire de cet endroit un lieu de formation pour la Garde Républicaine. Reproduire partiellement ce qu'ont pu faire les Jedi. Il y a tout ce qu'il faut, il suffit juste de réparer et d'ajouter les outils.
Le sourire de Lyra s'agrandit alors qu'elle m'écoute. Lentement, elle s'assoit sur une margelle et lisse les pans de sa robe rouge.
-C'est une idée intéressante, en effet.
-Et je voudrais que vous y preniez part. Vous avez étudié les Jedi, ça fait partie de votre crédo, vous savez mieux que beaucoup comment ils s'entraînent, comment ils vivent... Je veux m'inspirer de ça. Pour la Force vivante, pour la plénitude de nos pouvoirs.
-Encore plus intéressant.
-Mais avant, j'aimerais... J'aimerais apprendre à me battre. Comme vous, avec cette nouvelle arme.
Elle a un rire joyeux, une fois de plus.
-Apprendre à vous battre... Vous avez déjà des attitudes de soldat, des habitudes de soldat, la force d'un soldat. Tout ce qui vous manque, c'est de vous faire à cette arme. De vous faire à ce monde. Vous ne m'avez pas tout dit, n'est-ce pas ?
Le silence s'installe entre nous. La Soeur Rouge lit à travers moi, comme si j'étais un livre ouvert et qu'elle n'avait aucune difficulté à me comprendre. Pour une fille à la recherche de réponses sur le passé, je la trouve vachement en phase avec son présent. Je sens mes mains qui se serrent, mes poings faire blanchir mes articulations, ma gorge s'assécher. Personne ne m'a jamais mis ça dans le nez de cette manière, avec presque de la douceur. La plupart me voient comme une folle furieuse, c'est une certitude. Certains rares se doutent de quelque chose... Je sens la main chaude de Lyra venir se poser sur mon poignet.
-Qui êtes-vous réellement ?
Même cette question, je me la pose quotidiennement. Au saut du lit, quand je me couche, quand je mange, tout le temps. Parce que je n'ai que des réponses partielles. Aussi fragmentées que ma mémoire.
-Je ne sais pas exactement, en fait. J'ai des trous de mémoire. Je ne sais pas ce que j'ai fait pendant des années. Je sais que j'ai été abusée, gamine. Par qui, exactement, j'en sais rien. Mais ça a fracturé mon esprit en deux. Il y a moi, celle... de base, celle qui est folle et gamine. Et il y a l'autre, celle que vous avez rencontré en première. Celle qui prend ma place quand c'est trop dur. Celle qui est devenue Garde par obligation, et pas par choix. Celle qu'on a droguée pour me cacher. Celle qui a pris toutes les décisions difficiles jusque ici. Moi, je suis juste... celle qui prend la place, des fois.
-Oh, je pense que vous vous trompez. Vous êtes bien plus que ça. Preuve en est avec cette arme. Avec votre présence ici. Je ne peux qu'essayer de concevoir cette... cohabitation forcée. Mais de ce que je ressens, elle semble moins pesante à présent que ce qu'elle fut. Vous êtes puissante, Talmark. C'est juste que vous ne le savez pas encore. Je comprends mieux votre demande.
Elle serre doucement mon poignet avant de reprendre.
-Ce sabre, c'est l'affirmation de votre existence. Je vous aiderai.
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Bureau du chevalier Froome
Topher étudiait les derniers rapports d'activité de la garde, pour le moment c'était le statu quo hormis pour le garde Shinra dont on était sans nouvelle de son infiltration sur Kuat, mais l'officier n'était pas inquiet au vu des états de service de l'Anzat , nul doute que celui ci pouvait se sortir de toutes les situations spécialement après avoir été formé par l'initiée Char'Dy sur Naboo.
D'un autre coté, Erys avait bien évidemment réussi sa mission sur Jakku, elle avait trouvé cette mystérieuse sensitive, qui faisait donc partie d'un groupe baptisé l'église de Force, qui cherchait à retrouver les Jedi, seul garant de la paix dans la galaxie selon leur doctrine. Une vue bien simpliste selon le chevalier.
Mais ce n'est pas cette pseudo religion qui l'inquiétait c'était la découverte de cet observatoire sur Jakku, un souvenir de l'empereur Omega encore en activité grâce à des droids. Et peut être y avait il un lien avec ce destroyer fantôme automatisé.
Sans doute devrait il envoyer quelqu'un sur place pour mener une enquête en plus des inspecteurs du PACIE;
Pianotant tel un virtuose dans la base de donné de la Garde, il chercha un officier sans affectation actuellement,et justement Lya'na, la Twil'eck et amie de Kanos était en permission sur Ryloth, il lui envoya un ordre de mission: participer aux fouilles des ruines de l'observatoire de l'Omega avec en copie le dernier rapport du garde Talmark.
Et quant on parlait du Loth loup, voila qu'Erys lui envoyait une demande assez particulière. Elle avait découvert une ancienne académie Jedi sur Arkinnea et voulait faire une base d'entrainement pour la Garde.
Topher chercha des informations dans les archives Républicaines sur ce temple, apparemment il s'agissait simplement d'un avant poste servant de refuge au début de la grande Purge jedi. Un lieu imprégné par la Force donc...
Ce n'était pas foncièrement une mauvaise idée, la Garde aurait comme cela une base à part à l'écart des autres troupes Fédérales.
Il envoya donc la réponse par message crypté.**-Garde Talmark Votre proposition est approuvée, je vous envoie l'escadron lumineux pour parfaire ce centre d'entrainement. Envoyez moi les plans du bâtiment et un programme de formation ,et les premières recrues seront acheminées par nos soins. Que la Force soit avec toi. Chevalier Froome**
Le message était envoyé, évidemment connaissant Erys , l'officier avait demandé des garanties, sur l'infrastructure ou la formation des futures recrues, c'était un minimum.
Il allait charger FF-C3PO, le droid protocolaire de la Garde d'aviser l'état major de la création de cette académie et également de programmer un voyage à destination d'Arkinnea pour les derniers candidats au poste de Garde Républicains, ils allaient être dépaysés et c'était peut être pas plus mal.
Topher de son coté, n'attendait plus que des nouvelles d'Ishiro et les résultats des fouilles sur Jakku.
Mais quelque part l'action lui manquait à lui aussi...By Lom
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Lyra n'a pas voulu perdre de temps et moi, ça me va bien... A peine j'ai posé mon communicateur qu'elle me propose de mettre immédiatement en place l'entraînement. Selon elle, sans ça, je ne tiendrais pas en place de toute façon. Alors quand je suis revenue, elle a saisi son bâton et m'a invitée à me mettre à côté d'elle. Les instructions sont simples : réaliser les mêmes mouvements qu'elle, en gardant la vitesse et l'amplitude de ceux-ci. Un travail de mimétisme qui ne va pas du tout avec ce que je fais d'habitude, moi qui ai la sensation continue de devoir nager à contre-courant. Pourtant, pour une fois, je m'exécute sans même me poser de questions. Elle sait sûrement ce qu'elle fait, et entre nous, j'ai effectivement pas grand chose d'autre à faire, et j'ai pas du tout envie de penser, là tout de suite.
Etonnamment, ça se passe bien mieux que je ne l'aurais imaginé. Alors que j'ai eu la sensation, en la combattant, d'être systématiquement en retard et incapable de la toucher, ou même de la prévoir, là, c'est l'inverse. Il ne m'a fallu qu'une minute pour comprendre ce qu'elle faisait. Pas de mouvements rapides, pas de technicité élevée, non, juste des mouvements de l'arme autour du porteur. A chaque seconde, j'entends les vrombissements des deux lames qui frôlent mon corps, bien loin de les toucher et pourtant si proches. Mon corps bouge à l'unisson avec ma lame, en harmonie avec ce que me montre Lyra. C'est une sensation presque indescriptible, et même là, je crois que je manquerais de vocabulaire. Comment vous expliquer... C'est assez particulier. Alors que je suis censée suivre son exemple, c'est comme si à chaque instant, je savais exactement ce qu'elle allait faire. A quel moment elle va lever haut sa jambe tendue. A quel moment son arme va passer d'une main à l'autre ou fendre l'air. A quel moment son buste va faire une rotation. Tout ça, ce sont des choses que je connais, que je sais faire, mais je ne les ai jamais fait dans cet ordre précis. Et pourtant, c'est comme si, là, j'exécutais une chorégraphie synchronisée, travaillée depuis des semaines avec elle. Nos deux corps se meuvent dans le même timing, avec une habileté égale. Pas de combat. Pas de violence. Juste une synchronisation parfaite.
Je ne sais pas si vous avez déjà été plongé dans cet état de grâce. Ce moment fugace où rien ne semble pouvoir vous échapper, rien ne peut vous surprendre, et vous savez exactement ce que vous devez faire, sans même avoir à y réfléchir. C'est le pic de l'endorphine. Un boost, un fix tellement bon que tous les accrocs à l'adrénaline le recherchent. Mais dès qu'on y pense, c'est fini, il s'échappe, et vous ne savez pas quand sera le prochain. Eh ben, c'est exactement ce qui m'est arrivé. Je ne sais pas depuis combien de temps on dansait comme ça, mais mon holocom s'est allumé et m'a sortie de ma transe. Quelle chiotte. Surtout en sachant très bien qui me contactait.
Mais pour une fois, pas un reproche. Non, une validation pure et simple de ma proposition. Quand je lis le message, j'ai besoin de m'y reprendre à deux ou trois fois avant d'être sûre de mon coup. Ca, pour une surprise... Je ne pensais vraiment pas qu'il serait aussi facile à convaincre. Et en même temps... j'ai déjà tout en tête. Les plans, la formation, les idées, tout est déjà bien à l'abri dans mon crâne, et il n'y a plus qu'à le mettre en oeuvre, désormais.
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Je vous passe sur la manière dont j'ai convaincu certaines personnes de bien vouloir rejoindre le projet. Honnêtement, ça n'a pas été très difficile, mais il fallait des gens de confiance, à peine quelques dizaines, sélectionnés sur conseil de Shayn'a, qui n'a pas caché son enthousiasme à l'idée de faire quelque chose d'autre que s'occuper des bouseux. Et sans même détourner les ressources de la République, j'ai pu me pencher sur ce nouveau projet qui reste plus discret que la reconstruction d'Arkinnea. En fait, depuis quelques jours, je délègue complètement le reste d'Arkinnea et je me focalise à plein sur la rénovation de cet endroit qui me tient étonnamment à coeur. D'ailleurs, pour ne pas vous cacher quoi que ce soit... J'ai même participé. Ah, ben fallait voir leurs gueules aux bouseux, quand je leur déplaçait leurs sacs de durabéton, leurs outils, juste par la Force ! C'est sûr que ça fait son petit effet ! Et en plus, ils ont l'air reconnaissants du coup de main, c'est tout bénèf' ! Bon, par contre, vu que j'en ai pas un qui a un diplôme ou des connaissances en architecture, faudra pas s'attendre à quelque chose de grandiose pour le moment, c'est même plutôt l'inverse. On reste sur l'existant, pour la modernité, on repassera.
Et en plus de l'entraînement à la Force que je me farcis pour la bonne cause, il faut ajouter ceux avec Lyra. On reste sur de l'éthéré, de la méditation, du pure spiritualisme, mais il faut bien reconnaître que ça fonctionne et que ça me fait avancer aussi. Pour le reste, je peux compter sur les quelques holos que j'ai pu récupérer à droite et à gauche dans les Archives de la Garde. Autant dire que c'est lent, mais que j'ai au moins la sensation d'avancer. D'être dans le bon sens de la marche, pour que les choses changent, pas juste pour moi, mais aussi pour Arkinnea. Si on arrive à faire de cette planète un sanctuaire pour les Gardes Républicains, son importance ne sera plus à démontrer, et je n'aurais plus à couper les cheveux en quatre devant des commissions de budget pour vendre mes idées. Et ça me conforte dans l'idée que les miennes soient bonnes. J'ai juste hâte de voir la tête de Froome quand il verra ce qu'on a réalisé. Pour le moment, je suis toujours en attente de ces retours, mais je pense qu'il a autant d'appétance pour l'architecture d'intérieur que moi...
Pourtant, j'ai fait ce qu'il m'a dit. Photographies du lieu, modifications des plans pour différencier les salles et les accès, mise en place d'idées, je suis fière de moi. En fait, je me suis posé une question simple : qu'est ce que j'aurais aimé avoir, à l'époque ? Non pas que les cours de Namtrah étaient pourris, sur Coruscant, mais ils ne sont pas adaptés à des sensitifs en mal de compréhension. Avides de savoirs. De connaissances. Et de force, aussi. Alors, j'ai essayé de reprendre tout ça en y collant mon idée de la Garde. Mess basé sur les rations Républicaines pour ne pas oublier qu'on est à l'Armée. Chambres simples et spartiates, mixtes si il le faut pour ne pas marquer de différences. Douches communes à tous. Et ça, c'est pour le côté "Armée". Pour le reste, j'ai fait à ma sauce.
Sur conseil de Lyra, j'ai évidemment intégré une salle de méditation. Plongée dans l'obscurité, la vue depuis l'extérieur occultée de manière à laisser passer la lumière naturelle uniquement, elle sera parfait, aux dires de la Soeur Rouge, pour la concentration de chacun. Je dois bien vous avouer un truc, la méditation, ça n'a jamais été pour moi, je m'emmerde plus qu'autre chose, mais elle m'a tellement bassiné avec l'utilité du bousin, que j'ai fini par céder. Doit bien y avoir deux ou trois andouilles qui auront envie de s'y coller... Bien sûr, j'ai peaufiné la salle d'entraînement. Toutes les armes existantes à disposition, des mannequins, des livres sur la théorie du combat, tout rassemblé au même endroit, dès que je les aurais... Et dès que j'aurais un formateur, aussi. J'ai proposé Twohoyrz, mais pas dit qu'il veuille quitter Alderaan non plus.
A côté de tout ça, j'ai fait en sorte d'essayer de respecter l'unité de la Garde. Pas de grand bureau grandiloquent, pas de salle supérieure à une autre : le respect se gagne sur le terrain et au combat, pas en se reposant sur des vieux lauriers, qu'ils soient mérités ou non. Du coup, ça rendra forcément quelque chose de fonctionnel, à terme, sans fantaisie, mais avec l'objectif bien en tête. Pas de distraction extérieure, pas de parasitage par Coruscant ou n'importe quoi d'autre, juste le calme d'une position isolée dans la Galaxie, sans personne pour venir nous dire comment ou quoi faire. Juste la Garde, entre frère et soeurs Chevaliers. Et ça, finalement, ça change tout. Une famille qui se rassemble, se respecte, se protège, parce que je suis sûre qu'il y en a plein des comme moi, des déracinés et des orphelins qui se cherchent aussi personnellement. Des pauvres types qu'on récupère à la pelle et qu'on balance là sans aucun repère, avec quasiment personne pour les aider, parce que y'a pas assez de Gardes, pas assez de formateurs pour les entraîner spécifiquement.
Ca aussi, je l'ai ajouté à mon idée de formation. Accompagner les futurs Gardes. Les comprendre, et pas juste leur balancer à la truffe des dizaines d'enseignements dont ils devront se démerder sur le terrain. Pas comme les Jedi ou les Sith, avec leurs relations de Maître à élève, mais un suivi de chacun, pour que n'importe qui puisse trouver sa place au sein de notre unité. A force de progresser, de mon côté, je peux pas dire que je me sois réellement trouvée, moi-même. A gérer des cas tous plus différents les uns que les autres, alors qu'on pourrait aider à se spécialiser, finalement, à trouver chacun sa manière d'utiliser la Force au sein de la Garde. Et tout ça, évidemment, au milieu des leçons usuelles. Mais il me faut du monde. Des Maîtres du combat, que ce soit au sabre ou à l'arme, des sensitifs puissants qui connaissent tout le spectre de la Force, des diplomates, des stratèges... Ca fait beaucoup de monde, mais... Ca vaut le coup, non ?