Leto Lazarus, ou le goût de la Liberté
-
Post n°1
Auteur : Leto LazarusNom: Lazarus
Prénom: Leto
Age: 29 ans
Race: Humain
Carrière envisagée: Politique
Description mentale:Enfant, Leto fut un garçon sage et posé, qui suivait ce que l’Aristocratie de Kuat avait prévu pour sa Classe : former les futurs ouvriers des chantiers navals de l’anneau planétaire. Si son conditionnement professionnel avait relativement été influencé par cette éducation officielle, cela n’empêchait guère sa curiosité de s’exprimer grâce à la culture et aux imports illégaux de son paternel. La terrible mort de celui-ci sur un accident de chantier rendit Leto, adolescent, beaucoup plus introverti durant une période qui ne s’acheva que dès qu’il se donna à la cause révolutionnaire. D’ordinaire calme, surtout dans les moments importants, il suffit pourtant d’un rien pour allumer la flamme de la colère qui sommeille en lui, certainement due à ses penchants abolitionnistes et radicaux. Cette radicalité d’ailleurs est un de ses principaux traits, mettant à mal son ancien attrait pour le dialogue, ce qui ne l’empêche guère d’être un homme réfléchi et ouvert d’esprit, attaché au débat. Cette même radicalité fait pourtant de Leto un homme ayant un goût prononcé pour la justice et le partage, deux valeurs qui animent terriblement son engagement révolutionnaire. C’est au-delà de tout cela, un épris de liberté, à la recherche perpétuelle du bonheur collectif. Pour autant, Leto est tout à fait à même d’être quelqu’un de souriant et d’avenant, ouvert au dialogue ; mais les conditions de sa lutte en font aujourd’hui quelqu’un d’extrêmement déterminé, fonceur, jusqu’au-boutiste et de totalement investi dans sa cause au point même de prendre les armes pour détruire le système de castes de sa planète, Kuat, et ainsi renverser l’ordre établi depuis des millénaires.
Description physique:Fut un temps où le jeune Leto Lazarus était frêle, à la limite de n’avoir que la peau sur les os. Mais ça, c’était avant. Son travail acharné et quelques un de ses entraînements physiques avaient portés ses fruits : à 29 ans, le voilà bien bâti, et surtout grand, du haut de son mètre quatre-vingt-neuf. Les traits de Leto sont relativement abrupts, ciselés, et la forme de son visage, ses yeux bleus gris perçants, son regard ferme, en font un homme assez charismatique. Ses lèvres, ni trop épaisses, ni trop fines, ajoutent à son visage une pointe de douceur, comme pour atténuer la perceptible détermination se voyant clairement sur celui-ci. Ses cheveux, noirs et très courts, soulignent parfaitement les traits de son visage, venant ajouter une certaine sévérité dans ses expressions les plus banales.
Souvent vêtu de son uniforme de travail sur les chantiers navals de Kuat, ses tenues vestimentaires en dehors des heures de dur labeur restent relativement simples, mais dans l’air du temps Kuati, pour le peu qu’il pouvait bien s’offrir. Loin d’être une victime de la mode, Leto est quelqu’un de simple qui n’aime pas spécialement se faire remarquer, que ce soit également d’un point de vue vestimentaire.
Histoire:Leto Lazarus, Ouvrier de Kuat
- Cette domination millénaire doit cesser !
Leto se tenait devant l’Assemblée Générale du Mouvement Réformiste, un clan politique de faible ampleur, et surtout beaucoup trop mou à son goût. La réforme n’était belle que sur leur papier, mais quand il ‘agissait d’en venir aux actes, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas affronter l’ordre établi. L’Assemblée était pourtant réunie en session extraordinaire pour définir le contenu du projet qu’elle allait soumettre à l’Aristocratie, sans toutefois atterrir directement entre les mains de la famille Kuat. Qu’allait donc devenir ce petit bout de proposition holographique ?
Le jeune homme s’épuisait à tenir un discours à peu près cohérent devant le parterre de pseudo-politiciens qui se contentaient allègrement de leur opposition de carrière. Mais eux étaient majoritairement de ce qu’on appelait la Classe Moyenne, cet espèce de nuage de citoyens plutôt aisé qui se contentait finalement des miettes que l’Aristocratie avait bien voulu lui donner. Attention, les miettes réunies demeuraient suffisamment abondantes cependant pour tenir sagement cette classe tampon. Leto ne s’exprimait donc pas devant les siens, lui l’ouvrier des chantiers navals. Et ce simple fait le rendait en partie inaudible. Bien sûr une branche du Mouvement, franchement progressiste portait attention à son discours pourtant trop radical pour eux, mais l’immense majorité soit ne l’écoutait qu’à moitié en considérant son discours utopiste, soit jouait sans se cacher sur leur holopad trop peu dissimulé derrière leur support de travail.
- Le temps d’abolir le système de Castes est venu, après plus de vingt mille ans de soumission injuste !
Son poing frappa le pupitre, mais pas suffisamment pour faire sursauter les réformistes de papier, plongés dans leurs activités plus ou moins (surtout moins) professionnelles… Le ton de sa voix haussait peu à peu alors qu’on lui avait conseillé de ne pas s’emporter pour ne pas apparaître devant la Classe Moyenne comme un violent révolutionnaire, abolitionniste certes, mais qui sournoisement souhaitait la domination de sa classe sur les autres. Pourtant Leto avait vite cédé à sa passion, la traduction verbale de son engagement véritablement politique ; et sa crédibilité s’évaporait d’autant plus qu’il progressait dans son discours. Mais ses paroles furent vaines et une fois terminé, il descendit lentement de l’estrade de la salle en quittant son pupitre dans un silence de plomb, puis sortit directement de l’Assemblée Générale laissant sa place à un adhérent du Mouvement bien plus modéré dans ses propos.
Leto soupirait. Son implication au sein des Réformistes était absolument vaine… Comment pouvait-on se contenter des quelques applaudissements de la frange la plus radicale du clan politique quand l’immense majorité plébiscitait une finalité immobiliste, contraire au principe fondateur du mouvement ? L’Aristocratie les laissait exister pourtant : après tout ils ne servaient que d’épouvantail pendant qu’elle continuait à gouverner comme elle l’a toujours fait depuis la colonisation de la planète. Et puis, tout le monde savait bien, une telle organisation politique ne pouvait être que chapeautée par un de ces nobles, toujours à même d'encadrer toute initiative du genre afin de garantir l'ordre aristocrate datant des premiers jours de la planète. Alors comment sortir de ce fixisme ? Ah ! Cette question paraissait absurde… Le castisme avait toujours existé sur Kuat : L’Aristocratie tout en haut de la pyramide sociale dominait la Classe Moyenne plutôt aisée qui à son tour dominait la Classe Ouvrière qui elle, persécutait les Exclus. Toute la population, les trois milliards six cent millions de kuati étaient nés, avaient grandi avec, mais sans doute de temps en temps, certains, comme Leto, se posaient les bonnes questions en silence…
La navette affrétée pour les adhérents vivants sur l’anneau décollait pour celui-ci, laissant derrière elle une des belles cités planétaires accessibles la plupart du temps uniquement par l’Aristocratie et une partie de la Classe Moyenne. L’Assemblée Générale achevée, il n’y avait aucune raison de retenir sur place ceux qui n’y vivaient pas ; d’ailleurs, Leto, simple ouvrier, avait bien de la chance d’avoir pu poser le pied sur la terre ferme, la faute à l’organisation de la réunion du mouvement sur la surface. De toute façon, le jeune homme n’avait même pas pu ne serait-ce que respirer l’air Kuati… La navette menait directement dans un hangar intérieur ; c’est à peine s’il avait aperçu la circulation extérieure à travers les fenêtres du bâtiment où s’était déroulé son rendez-vous.
Le trajet intra atmosphérique ne fut pas long, déterminant cependant. Leto en avait plus qu’assez… La démocratie n’était pas dans la tradition de sa planète, ni de son anneau puisqu’il était né sur celui-ci, dans ces maternités réservées aux ouvrières, tout à fait semblables aux sites de production mécanique soit dit en passant. Le garçon était jeune à l’époque, bercé par l’illusion du progrès par la puissance des appareils qui s’avéraient de toute évidence inefficaces. L’Assemblée Générale avait eu le mérite de lui ouvrir les yeux, à ce jeune adulte de vingt-trois années, frêle, et encore un peu trop naïf. Son combat demeurerait plus que jamais politique, mais son approche allait être définitivement celle de la révolution…Kuat et ses chantiers navals stratégiques
Se battre pour une cause, est-ce donc toujours le fruit d’une expérience personnelle injuste ? Depuis sa chambre, dans l’anneau planétaire métallique et froid, Leto se posait cette question tout en scrutant le sol Kuati, à la fois proche et lointain malgré les dizaines de milliers de kilomètres qui séparaient la classe productive de la classe rentière. Lui qui avait plus jeune perdu son père dans un accident industriel sur les chantiers, se serait-il engagé sans que cet évènement tragique l’eût frappé en plein cœur ? Leto était conscient que l’expérience est sans doute une variable du moteur de son engagement radical, mais qu’aurait il fait sans les lectures et les savoirs qu’on lui avait transmis en dehors de l’enseignement scolaire classique mis en place par l’Aristocratie ? Rien. Le levier culturel était pour lui une des clés de la future révolution et même sans ça, il savait qu’il n’était guère le seul, parmi les classes opprimées, à souhaiter l’abolition du castisme. La question était celle de la méthode, et, admirant l’horizon planétaire, là où l’épaisseur de l’atmosphère était à peine visible, Leto commençait à réfléchir à un plan. Soulever les masses contre l’ordre établi, voilà une tâche bien peu aisée… Sa grande silhouette se tenait droite devant le hublot rectangulaire, les bras croisés. Son regard loin d’être perdu, fixait de nouveau la surface et plus précisément une cité Kuati illuminée dans l’obscurité de la planète, là où ceux qui vivaient une vie douce et paisible, jouissaient de leurs largesses sur le dos de ceux qui, en haut, travaillaient pour leur offrir l’argent de leur quotidien luxueux. Le regard d’azur, bleu et perçant de Leto se durcît et ses mains se crispèrent comme conscient qu’il n’allait désormais plus pouvoir faire marche arrière. L’engagement de la jeunesse allait peu à peu faire place à l’action de la maturité.
Deux années s’écoulèrent, bien trop lentement. Inutile de préciser que le lendemain de l’Assemblée Générale du Mouvement Réformiste, Leto avait brûlé sans le moindre scrupule sa carte d’adhérent de ce parti minable, bien loin des préoccupations des classes dominées dont il faisait lui-même partie tout en s’en contentant. Le Mouvement Réformiste… n’importe quoi. Il fallait une grande Alliance trans-caste ! La production reposait sur une partie de la Classe Moyenne, sur l’ensemble de la Classe Ouvrière, majoritaire avec plus bas encore les Exclus, ces intouchables de la société qui n’avaient ni droits, ni rien du tout. Ils étaient les nantis de Kuat, les ultimes exploités, les esclaves des temps modernes. Les Exclus vivaient entre eux, ne croisaient que rarement les autres classes ; du moins s’ils en croisaient une c’était la Classe Ouvrière. Ces moins que rien sociétaux ne connaissaient pas Kuat, en étaient même pas des citoyens bien que nés dans l’anneau planétaire.
Leto n’avait que 25 ans quand il eut le malheur de tomber sur une scène inhumaine, malheureusement trop courante, celle de l’humiliation d’un Exclu. C’est simple, quelques mécanos s’amusaient avec leur jouet durant une de leur pause : insultes, crachats, sévices physiques. Ce pauvre adolescent n’était qu’un objet, humilié devant ses propres amis, eux même Exclus qui avaient eu le malheur de croiser ce groupe d’ouvriers bien peu intelligents. Leto sortait de son atelier de production quand il aperçut ce pauvre garçon démuni sur tous les plans : aussi bien matériels, juridiques que légitimes. La violence ordinaire du système de castes dans toute sa splendeur s’exprimait parfaitement à travers l’oppression des classes inférieures.. Leto, révolté, lançait un regard sévère, lui qui en quelques années s’était physiquement plutôt bien formé grâce au travail acharné qu’il avait fourni au sein des chantiers. Ses yeux bleus se posèrent sur l’épaisse brute qui maltraitait sa victime d’un malin plaisir.
- Alors, aboya un des mécanos, tu vas t’amuser une nouvelle fois à ne serait-ce que croiser un de nos regards, hein ?
Les Ouvriers ne supportaient pas que leurs inférieurs fassent le moindre geste envers eux, quel qu’il soit d’ailleurs. Leur classe impie ne méritait ni l’attention, ni rien d’autre, ils ne servaient que de punchingball à ceux d’au-dessus. D’ailleurs un violent coup dans les côtes fusa, et la victime, le souffle coupé s’effondra à genoux, désemparée. L’oppression de classe était un droit fondamental qui maintenait l’ordre en place : chacun avait un bouc émissaire focalisant l’attention de ladite caste. Du pain, et des jeux : voilà qui suffisait à garantir le système et l’injustice.
- Recommence et on t’envoie dans l’espace en te laissant dériver sans combinaison sous les yeux de ta famille de minables.
L’Exclu releva les yeux avec audace, fixant avec haine son agresseur, la mâchoire serrée, la respiration haletante sous la colère. Et plus témérairement encore, il lui cracha violemment dessus. Le geste fut tellement déplacé que le mécano en resta interdit. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il réalisa ce que l’Exclu lui avait fait. Le monde ouvrier s’était peu à peu massé devant la scène, mais tous étaient bien trop scotchés par ce qui venait de se passer. Placé dans la foule, Leto se contentait lui aussi d’observer, comme figé, empêché d’agir par son réflexe éducatif. D’un seul coup, pourtant, son esprit reprit possession de son corps. Une sensation étrange et brûlante l’envahît et le jeune homme serra les poings à s’en faire craquer les doigts. Son dévouement ne pouvait être que vain s’il n’appliquait pas les convictions qui l’animaient quotidiennement. Allait-il laisser ce pauvre type se faire battre sans agir ? Ses principes n’étaient-ils que vaines paroles ? Ce fut naturellement que l’abolitionniste courut à vive allure vers l’agresseur.
- NON ! Hurla Leto soudainement alors qu’il voyait l’ouvrier prêt à frapper à mort sa victime déjà au sol.
Leto s’interposa et bloqua le bras de l’agresseur avec le sien, vif et musculeux. D’un geste presque venu de nulle part, le jeune homme s’empara du col de son adversaire. Son souffle chaud frôlait son visage et les sourcils froncés, les yeux fixant agressivement ceux de l’ouvrier, il souleva brusquement le mécano et le repoussa sèchement, à tel point que celui-ci recula vivement puis chancela pour finalement se vautrer lourdement au sol, aux pieds d’un de ses amis qui ne pouvait faire rien d’autre que se contenter du spectacle. Le silence tomba tout à coup sur le lieu du crime, pesant… Mais l’abolitionniste alla jusqu’au bout de son acte, regardant vaillamment les spectateurs qui jusqu’ici encourageaient le massacre. Les Exclus eux-mêmes ne savaient plus où se mettre. Leto rageait follement, c’était l’occasion ou jamais de partager sa pensée avec ceux présents tout autour de lui. Il conserva le silence bien quelques dizaines de secondes en faisant quelques pas par pur automatisme avant de se lancer.
- Qu’a donc fait ce type pour qu’on ait le droit de s’acharner sur lui ?! S’écria-t-il avec véhémence, comme excédé, s’extrayant de sa supériorité de classe. Vous empêche-t-il de vivre ? Respirer le même air que lui vous est-il insupportable ?! Vous empêche-t-il de faire votre travail ? Qu’ont fait ces gens pour qu’on les surnomme ainsi, les Exclus, mis à part être nés dans ce foutu anneau où chacun de nous est aussi né, et y crèvera sans avoir vu le jour se lever depuis la surface de Kuat ! Qui donc a décidé qu’un tel serait ouvrier qu’un autre serait un exclu de la société si ce n’est les puissants !
Le silence de la foule était troublant. Un faible nombre s’extrayait du couloir où le crime avait eu lieu tandis que sans doute sous le choc de l’intervention, les ouvriers, cette masse, si bien décrite par ce terme tant son inertie était visible, restait en écoutant le jeune homme.
- D’ailleurs sommes-nous Kuati nous aussi ? Reprit Leto avec force, questionnant la foule circulaire. Parce que nous ne valons pas mieux que ces intouchables, cloîtrés dans notre rôle intangible, celui de fabriquer les meilleurs vaisseaux de la galaxie sans gagner le moindre argent de la vente des corvettes et destroyers ! Nous, nous avons un salaire de subsistance, eux, ils n’ont rien, et ils devraient en plus être nos souffre-douleurs ? On ne vaut pas mieux que ceux qui, sur la surface, mangent à leur faim, obtiennent tout ce qu’ils veulent, voyagent et gaspillent dans des besoins superflus sur notre dos, sur notre travail, par le fruit de l’exploitation de notre Classe ! Nous, notre divertissement, c’est de s’acharner sur des inférieurs. Regardez la vérité en face ! Son ton se durcissait, sa tempe battait à vive allure et ses gestes traduisaient la colère qui sommeillait en lui depuis tant d’années. Chaque classe supérieure à l’autre tire sa légitimité et sa consistance de l’existence d’une classe qui lui est inférieure ! L’Aristocratie possède la Classe Moyenne, bien payée, logisticienne, gérante, directrice, qui tient la Classe Ouvrière productrice de la richesse et dont la Classe Moyenne dépend pour gagner leur argent issu de la rente que leur redistribuent sommairement ces enfoirés d’Aristos ! Et nous, pauvres producteurs soumis que nous sommes, nous avons en dessous les Exclus, notre petit plaisir, avec lesquels on se complait dans la violence physique, stade le plus primaire de la domination sur autrui ! Les Exclus n’ont pas d’inférieurs mais sont bien trop opprimés par nous, Ouvriers stupides que nous sommes, pour pouvoir se révolter ! Nous faisons le jeu de tous ceux qui veulent maintenir cet ordre archaïque qui existe depuis que les Colons se sont installés sur Kuat ! La tradition a bon dos...
La religiosité du silence était tellement impressionnante que Leto en fut lui-même troublé. La défense d’un Exclu était presque considéré comme un crime majeur, mais rarement cette défense fut accompagnée d’un discours justifiant, devant une foule d’ouvriers, que le comportement violent vis-à-vis de la classe inférieure faisait le jeu du système tout entier. Son monologue marqua une pause, le garçon laissa le discours imprégner les témoins de la scène. Il fit quelques pas en regardant l’Exclu au sol, puis les travailleurs rassemblés sommairement dans le couloir froid durant la pause de la mi-journée.
- Etes-vous donc si heureux coincés dans votre Classe Ouvrière ? Renchérit-il avec un certain calme avant de remonter le ton. Vous contentez-vous donc de la beauté métallique de l’Anneau en réservant les splendeurs de la Nature à ceux qui ne méritent en rien leur statut, et qui s’engraissent sur notre dos parce que possédant illégitimement les grandes compagnies commerciales et industrielles de la planète ? Le génie de Kuat, c’est nous ! Ceux qui produisent, ceux qui conçoivent, ceux qui détiennent le savoir, ceux qui transmettent, ceux qui innovent ! Pas les héritiers qui nous gouvernent tous !
Un murmure parcourut l’assemblée improvisée, quelques figures s’y ajoutèrent pour écouter Leto devant l’Ouvrier et l’Exclu, tous deux toujours parterre. L’opprimé l’observait avec passion.
- Nous sommes dans le même bateau, Exclus, Ouvriers, Classe Moyenne ! Nous sommes les idiots utiles de chacun d’entre nous et nous servons volontairement le dominant, la famille Kuat, qui ose porter le nom de cette planète ! Réveillez-vous bon sang ! Soyons frères et sœurs et levons-nous, ensemble, au lieu de nous entretuer pour notre bon plaisir impulsif !
Essoufflé par sa colère, Leto tendit soudainement une main légèrement tremblante mais déterminée vers l’Exclu au sol, le regardant fixement animé par cette volonté révolutionnaire qui fut jusqu’ici sous-jacente dans sa jeune vie.
- Lève-toi et bats-toi avec nous !
D’abord surprise, la victime le scruta, la lèvre inférieure en sang, puis empoigna avec force la main tendue de Leto qui le releva avec énergie. Dans la foulée du mouvement, le jeune adolescent enlaça vivement celui qui venait sans doute de le sauver d’une séance violente de sévices physiques. Durant cet instant, il n’était plus Exclu et Leto n’était plus Ouvrier. Lui aussi l’enlaça, fermant les yeux. Cette victime n’était plus ce sous fifre qui ne méritait que ce que les Ouvriers pouvaient lui faire, il demeurait désormais un combattant révolutionnaire, abolitionniste.
- Comment te nommes-tu, mon frère? Le questionna Leto en le désignant volontairement ainsi.
- Je… le regard du garçon blond s’était perdu on se savait où, mais il lâcha faiblement la réponse tant attendue par son sauveur, Je m’appelle Castiel…
- Eh bien Castiel, répondit le révolutionnaire en le saisissant sans brutalité par le flanc de chaque épaule, à partir d’aujourd’hui, nous allons nous battre ensemble pour notre Liberté, toi, moi, et tous ceux qui des Exclus jusqu’aux Moyennant en passant par les Ouvriers, souhaitent abattre le monopole politique de ceux qui nous gouvernent illégitimement. Il se tourna avec enthousiasme vers les Ouvriers et Exclus disposés circulairement autour de lui. Entrons dans l’Histoire mes amis et renversons l’ordre millénaire!
Leto en était donc arrivé là, à défendre la cause des Exclus et l’unification des classes laborieuses contre la domination aristocrate… Un rêve bien beau mais difficile à atteindre. Son enfance ordinaire et rangée, passée dans une famille d’ouvriers de Kuat apparaissait aujourd’hui comme un lointain souvenir. Lui, le garçon qui avait suivi l’enseignement professionnel dédié à sa Classe… Esprit vif, Leto était bon élève et son sens pratique ne renforçait que la pensée de ceux qui voyaient dans les familles de la Caste productive des gens évidemment faits pour le travail de chantier. Toute la vie d’un Ouvrier, et a fortiori celle d’un Exclu, se déroulait exclusivement au sein de l’Anneau qui accueillait l’ensemble des populations productives ainsi que les bureaux de gestion, également ceux de direction. Une partie de la Classe Moyenne y résidait donc aussi tandis qu’une minorité vivait sur la surface, essentiellement pour faire le travail que les Aristocrates ne pouvait pas accomplir au regard de leur statut. Leto enfant était pourtant du genre à se poser des questions existentielles : celles sur l’origine du système des castes, sur les fondements de l’ordre plurimillénaire. La faute aux livres holographiques que son père récupérait à ses contacts étrangers qui débarquaient sur l’anneau pour approvisionner la surface. Il y avait souvent une cargaison clandestine, et la solidarité ouvrière trans planétaire permettait aux travailleurs des chantiers de s’alimenter illégalement en produits culturels étrangers, entre autres. Leto avait pu voir des modélisations de Coruscant, la projection de certains débats au Sénat Galactique, s’était familiarisé avec une certaine tradition démocratique. C’était il y a plus de dix ans… La Galaxie avait bien changé entre temps, et lui aussi : deux Empires s’étaient succédés, et une République un peu bordélique s’était instaurée à travers une insurrection plus ou moins bien ficelée, mais où chacun faisait un peu ce qui était bien pour sa propre planète sans forcément penser aux enjeux d’intérêts généraux. L’actualité récente, Leto n’en avait cure, ce qui l’intéressait aujourd’hui demeurait la Révolution. Sa nature aseptisée, qui traduisait son éducation de classe, laissait place au fur et à mesure du temps à un caractère affirmé voire jusqu’au-boutiste. Il était devenu un homme bien bâti et avec un certain charisme. Sa tradition culturelle et l’importance des mots restaient fortement ancrées dans sa personnalité, mais dans un tel ordre, dans un tel castisme, l’emploi des armes paraissaient nécessaire. Evidemment, il n’avait absolument aucune compétence en la matière et lui aussi, tout comme ses camarades, allait devoir apprendre à se battre, et surtout à se fournir en armes.
Castiel, Exclu de Kuat
Son intervention en faveur de l’Exclu opprimé avait fait du bruit, mais la police de l’Anneau classa vite l’incident (après un bref interrogatoire) sans se douter qu’un réseau clandestin rebelle au système de Caste Kuati commençait à se mettre en place depuis ce jour, où Ouvriers et Exclus collaboraient ensemble pour le détruire. La cohabitation ne fut guère aisée au départ jusqu’au jour où les Ouvriers s’aperçurent que les Exclus demeuraient des gens comme eux, les faibles avantages qu’ils possédaient en moins. Ces derniers nourrissaient massivement le réseau : ils n’avaient de toute façon rien à perdre, étant les plus opprimés de tous. Certains avaient tellement été persécutés que plus rien ne les effrayait, pas même résister à l’ordre établi. L’Exclu sauvé des griffes de la brute par Leto lui était devenu proche, et celui-ci avait donc un prénom : Castiel, mais pas de patronyme puisque les gens de sa classe n’en possédaient guère.
Les Chantiers étaient vastes. Ainsi tous deux réfléchissaient à un réseau obscur de représentants du mouvement révolutionnaire se chargeant de la propagation des idéaux abolitionnistes dans les sections les plus nombreuses possibles. Pendant facilement trois ans, la tâche de Leto était celle d’un coordinateur, mais aussi celle d’un petit représentant, à son échelle, lui qui avait lancé l’initiative. Il faisait surtout ce qui lui tena -
Post n°1
Auteur : Leto Lazarusit à cœur : répandre, et enseigner les idéaux que lui avaient transmis son père : les écrits anciens sur la liberté et l’égalité, les réflexions sur les ordres politiques. Ceux-là avaient achevé de le convaincre que l’unique solution pour sortir de la domination par la caste était le renversement violent du pouvoir, quand bien même l’ordre fut matriarcal; la violence sociale n’avait point de genre.
L’Alliance Révolutionnaire Kuati voyait officieusement le jour, toujours dans une organisation clandestine qui se radicalisait le temps passant. Leto plaçait ses pions, mais qui sait ce que l’avenir allait lui réserver : un succès brillant, ou un échec retentissant qui lui couterait la vie. Il ne pouvait de toutes manières plus faire marche arrière. Il était trop tard… Son destin était scellé : la Liberté, ou la Mort. Et devant un parterre cette fois d’Ouvriers et d’Exclus réunis, Leto ouvrit le fameux livre de son père et en lut une page, animé par sa volonté inébranlable. Le comité était bien là, à l’écouter lui, sans pupitre cette fois, en fixant son regard azur pourtant si flamboyant.
- Notre Révolution… est celle de la défaite de l’Aristocratie. Ce maître qui n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.Spoiler : HRP:
Spoiler : HRP 2:
Points forts: Fort et déterminé, leader et rassembleur, assez érudit, mature et posé.
Points faibles: Radical et un peu trop fonceur, peut se révéler vindicatif, peu discret, téméraire et trop sûr de lui, parfois inconscient de ses actes. -
Post n°2
Auteur : Anastasia de ValieskyBien le bonjour à toi et bienvenue parmi nous o/
N'étant pas du staff, mon commentaire de fiche n'est pas forcément à prendre en compte et touches plus au background de ton histoire qu'au reste. Connaissant particulièrement la culture de ce monde pour le moins atypique, je me permets de venir soulever quelques points.
1) La société Kuati est avant tout une société despotique et matriarcale, le multipartisme n'est donc pas vraiment tolérée dans ce genre de lieu d'autant plus que seuls les familles nobles peuvent être amenées à diriger la planète (comme tu le soulignes toi même). Il serait peut être intéressant d'expliquer que l'Assemblée réformiste en plus d'être inutile comme tu le soulignes sois placé directement sous autorité d'un/d'une noble et qu'elle est juste là pour faire décor.
2) Comme tu le dis toi même défendre un exclu sur Kuat est un crime, pourtant malgré un discours très provocateur (et très juste), les autorités n'agissent presque pas. Il serait intéressant de voir comment les forces de l'ordre d'un régime plutôt autoritaire agissent à l’encontre de ton acte (avertissement/factice poursuite judiciaire/ surveillance d'un individu plutôt qu'un simplet interrogatoire) . d'autant plus que ton personnage fait déjà pas mal de zèle chez les réformistes.
3) Les ordres révolutionnaires apparaissent certes, mais si le mouvement a une telle importance il est possible que certains membres les plus radical de la mouvance révolutionnaire aient déjà mis en péril l'organisation. On ne peut décemment pas cacher les vents d'une révolution, de nombreux signes avant-coureurs sont présents. Toutefois, ils arrivent souvent que les plus haute autorité les ignorent... d'autant plus que l'on pourrait aussi imaginer que les représentants des forces de l'ordre en bas de l'échelle hiérarchique puissent cacher certaines effractions commises par le mouvement.
Ce sera tout pour moi. Bonne chance pour tes projets InRp et que les idées révolutionnaires te guident vers la victoire o7 -
Post n°3
Auteur : Leto LazarusBonjour Anastasia, même si nous en avons discuté sur la Chat Box, je me permets de te répondre^^
Tout d'abord merci pour l'accueil et pour tes commentaires, toute critique est bonne à prendre, surtout si elle a vocation à enrichir un RP. Je vais essayer de te répondre point par point.
1 - Effectivement, je pensais au départ qu'il était possible que certains mouvements de façade voient le jour sur Kuat, histoire de faire miroiter l'espoir d'un changement politique. Je crois l'avoir plus ou moins dit dans mon histoire, mais j'ai rajouté explicitement que le "parti" était sous l'autorité d'un noble dans le but évident de conserver l'ordre établi (mes edits sont dans un ton de gris un peu plus clair).
2 - Remarque tout à fait pertinente. Je ne pensais pas développer ce point, sans doute pour ne pas trop alourdir mon récit très focalisé sur l'origine du sentiment révolutionnaire de mon personnage (incapacité du monde politique existant et très encadré, violence de classe légitime pour maintenir l'ordre, lectures d'oeuvres politiques et culturelles importées clandestinement, enseignement intellectuel du père, origine de la richesse de la classe dominante illégitime). Vu que l'histoire dans son entièreté repose sur la construction de cette volonté de renverser la domination aristocratique, je n'ai pas écrit le passage que tu me suggères par "cohérence" avec mon récit à défaut d'être cohérent avec les évènements.
3 - Je te l'ai déjà évoqué sur la box, évidemment tout est à faire, mon inscription sert de tremplin et j'ai bien trop peu décrit l'organisation du mouvement pour qu'on puisse juger de son état d'avancement selon moi. Je compte décrire tout cela dans mes futurs RP mais je pensais nécessaire de mentionner ne serait-ce que la formation du mouvement. Je dois t'avouer que j'ai hésité à écrire mes derniers paragraphes narrés, que j'ai finalement jugé nécessaires puisqu'ils sont une sorte de lien entre cette inscription et mes futurs RP. J'ai bien conscience que tout est à construire, c'est bien ça qui me motive à créer ce genre de personnage, il n'y a aucun plaisir narratif à ce que la Révolution soit faite d'emblée avant même de décrire la construction du mouvement révolutionnaire dans les détails^^
J'espère avoir répondu à tes remarques! -
Post n°4
Auteur : Sion KumitomoJ'ai bien relu ta fiche et je salue grandement les projets que tu portes. Je vois que tu as bien modifié en fonction des remarques faites par Ana.
Je n'ai donc pas grand chose à rajouter, tu es maintenant validé et tu commences donc ton oeuvre sur Kuat, qui sera suivie de près, je te l'assure. Tu commences avec 200 crédits de départ, utilise-les avec parcimonie! N'oublie pas de dûment remplir ton casier dans la partie adéquate suivant le modèle!
Un autre personnage, Archey Lester, DC de Kirtan Corvel, avait émis le souhait d'être à la tête de Kuat également. Malgré son absence, nous lui enverrons un MP pour voir s'il souhaite reprendre sa fiche et la valider par la suite pour éventuellement envisager un course à deux têtes. Nous te tiendrons au courant!


