La confrérie élémentaire [1 seul postEC]
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Post n°1
Auteur : SenaraNom du Fan/fic : La Confrérie élémentaireCela fait longtemps qu’ils l’attendent ce fameux Halloween ! La grand-mère d’Eric leur prête sa maison de campagne (manoir conviendrait mieux, voire même château). C’est une grande et ancienne bâtisse perdue dans une forêt à quelques 200 kilomètres de Paris.
Nom du chapitre, optionnel : Le dernier Halloween
( Type : un vieux texte fantastique, test d'écriture au présent (comme celui de Mufus)
Ils seront quinze, tous déguisés, avec une super sono et des décors très … Halloween. Eric et ses meilleurs amis sont arrivés trois jours avant la fête pour tout préparer. Il y a Paul, Lucie, Sonia et Estelle. Ils ont concocté un repas surprenant, où tous les plats sont oranges et noirs. Ils ont décoré la grande salle où aura lieu la fête avec des fausses toiles d’araignées, des squelettes, des animaux empaillés tirés du grenier qui datent de l’arrière-grand-père d’Eric, un grand chasseur. C’est Victor et Johann, membres d’un groupe de rock, qui doivent amener la sono et la musique, ils arriveront normalement vers dix heures le jour de la fête, alors que les autres invités ne sont pas attendus avant quatre heures de l’après-midi. Tout le monde doit passer par la grande entrée qui n’est plus utilisée depuis plus de cinquante ans : c’est une grande grille en fer forgé, et il a fallu la graisser pour pouvoir l’ouvrir. Elle donne sur une allée de terre qui va droit vers la porte principale. Celle-ci est une double porte en bois travaillé du plus bel effet. L’allée est bordée de buissons qu’ils ont décorés, et entre lesquels ils ont posé des citrouilles transformées en têtes grimaçantes. Dans l’entrée, les invités seront accueillis par deux armures complètes avec des bougies dans le heaume qui feront briller leurs yeux. Un peu partout de fausses toiles d’araignées, de vieux bibelots abîmés tirés du grenier, des bougies dans les candélabres, et les portraits glorieux des ancêtres de la famille, sévères et sinistres. Tout cela crée une ambiance parfaite pour une fête d’Halloween. Sur les poutres apparentes des plafonds, ils ont suspendu de fausses chauves-souris. A l’étage, les chambres ont été numérotées avec des plaques qui imitent le vieil or et qui sont savamment abîmées. L’éclairage dans toute la maison sera minimal. Mais dans la grande salle, il y aura une boule à facette, des spots de couleurs, une lumière noire, et un vaporisateur de fumée. La fête promet d’être magnifique.
La fête d’Halloween est devenue une tradition dans leur bande, comme les vacances au ski en février et la semaine à la mer en juillet. Mais cette année la fête a une saveur particulière, et c’est pour marquer le coup qu’Eric a obtenu de sa grand-mère la permission d’utiliser sa maison : cette année ils ont tous passé leur bac (sauf Antoine qui a redoublé sa seconde) et après avoir passé ensemble les années de collège et lycée, ils ont vécu leur première rentrée séparés. Certains sont entrés dans différentes facs, d’autres en prépas, Estelle et Mathieu ont même été admis à sciences-po. Ils ne se voient plus tous les jours et cela les dérange un peu.
Alors cette année, tout ce qui fait d’eux un groupe soudé prend une saveur particulière et ils s’appliquent à en faire des événements exceptionnels. Et les fêtes et vacances prévues, où ils se retrouveront tous, sont attendues avec impatience.
Le grand jour est arrivé. Les cinq organisateurs ont travaillé dur, bientôt rejoints par Victor et Johann. Maintenant il est presque trois heures, tout est prêt et il ne leur reste plus qu’à s’habiller pour accueillir dignement les autres. Les garçons vont dans une grande chambre du premier, les filles dans une autre. Tous les invités seront déguisés en sorcières, sorciers ou vampires. L’originalité ne viendra pas du déguisement choisi, mais de la façon dont il sera conçu. Ils ont prévu d’élire un roi et une reine de la fête, celui et celle qui auront les meilleurs déguisements.
Quand quatre heures sonnent à la pendule de l’entrée, Eric se précipite dehors pour accueillir les premiers arrivés. Dans la voiture de Mathieu, ils sont cinq déjà en costume et morts de rire, dans le village voisin, ils ont demandés leur chemin à un vieil homme éberlué de voir ces cinq « citadins » habillés en sorciers et autres suppôts d’enfer.
-Je vous jure que j’ai vu une vieille se signer, balbutie Victoire entre deux éclats de rire.
Eric rit aussi avant de leur dire :
-A cause de vous je vais plus pouvoir aller au village !
Puis avec une voix caverneuse, il ajoute : « remontez l’allée, mes amis, si vous ne craignez pas les esprits malins, car un autre que moi vous attends à la porte. »
La voiture redémarre au moment même où une autre apparaît au bout de la route forestière. Eric les dirige vers la pelouse où les voitures doivent se garer et rentre en courant dans le manoir car la pluie qui menaçait depuis le matin commence à tomber.
Ils se retrouvent tous dans le hall, Eric, Mathieu, Victoire ; Paul, Johann et Victor qui sortent de la grande salle, et les autres qui ramènent des voitures les provisions qu’ils ont apportées. C’est le moment que choisissent Sonia, Lucie et Estelle pour apparaître en costume. Elles marquent un temps d’arrêt sur le palier, histoire d’attirer tous les regards, puis descendent majestueusement le grand escalier. Elles sont magnifiques dans leurs costumes de sorcières à la fois simples et originaux.
Lucie est une sorcière résolument moderne : minijupe en cuir noir, sur des collants à motif militaire déchirés par endroits. Un débardeur militaire lui aussi, sous un pull à manches longues en résille orange qui descend sur la jupe et dans lequel sont piquées des toiles d’araignées, des araignées en plastiques et des gris-gris étranges. Dans ses cheveux bruns savamment dépeignés, des mèches fluos et d’autres grises. Elle porte des chaussures à semelles compensées en croco, qu’elle appelle peau de dragon. Sonia elle a décidé de jouer sur ses origines maghrébines. Elle porte un ensemble oriental noir avec des pampilles noires elles aussi et des voiles de tulle noir déchiré qui masquent ses bras et son visage. En guise de chaussures, des babouches noires élimées, couvertes de poussière. A la ceinture, une lampe magique, un petit poignard et un flacon qui contient un élixir mystérieux. Chacun de ses doigts est couvert de griffes de métal qui lui font des doigts de sorcière. Enfin, Estelle, la dernière des trois, celle qui a supervisé la création des costumes, tire parti de sa peau très pâle et de ses cheveux roux. Un jupon noir retombe sur un jupon violet un peu plus long, que l’on devine à travers les déchirures du premier, et qui dévoile ses chevilles chaussées de sandales dont les lacets montent tels des serpents le long de ses jambes. En haut, un bustier gothique violet avec des lacets noirs, des mitaines de résille noire qui remontent jusqu’à ses coudes et, couvrant ses épaules et maintenue par un torque d’or vieilli, une cape de velours noir avec une doublure en satin violet. Pas de chapeau pointu sur ses cheveux frisés coiffés en un chignon dont plusieurs mèches folles s’échappent. Estelle a parsemé sa tignasse rousse de mèches noires, rouges et grises du plus bel effet. Et à la place du chapeau, elle porte un diadème du même or que son torque, avec un disque représentant la pleine lune qui descend sur son front. Elle porte aussi une grosse bague celtique par-dessus une de ses mitaines. A sa ceinture sont passés un gant de fauconnier et plusieurs petits sachets de cuir.
Les trois amies ont également soigné le maquillage. Lucie a un vernis à ongle métallique, un gloss et du fard à paupières vert kaki et des paillettes un peu partout sur sa peau. Sonia s’est fait des yeux cernés, avec des dégoulinades de mascara, un signe cabalistique sur la joue, les lèvres noires, un faux tatouages autour du nombril, qui encadre son piercing (bien réel lui). Estelle a accentué la pâleur de son visage en se faisant les lèvres rouge sombre, elle a agrandi ses yeux en les soulignant d’eye-liner, avec un trait qui prolonge le dessin de l’œil et au coin de l’œil gauche un minuscule triskell dessiné avec soin. Ses ongles de main et de pieds sont noirs, comme ses paupières.
Elles sont impressionnantes toutes les trois, et sont accueillies en bas de l’escalier par une véritable ovation. C’est sûr, la reine d’Halloween sera choisie parmi ces trois là.
Il ne manque plus que trois personnes, qui se sont perdues. Pendant qu’Eric les guide au téléphone, les autres entrent dans la grande salle pour commencer la fête. La décoration est vraiment réussie, et la musique d’accueil, lugubre à souhait, parachève le tableau.
La fête commence doucement, en attendant les retardataires, la musique reste assez basse, permettant à tout le monde de discuter, et de raconter son début d’année et ses premiers pas en temps qu’étudiant, et non plus lycéen (sauf Antoine bien sûr, qui se fait gentiment moquer par les autres). Enfin, Eric revient, annonçant Louise, Djamila et Théo, qui ont droit à une standing ovation à leur entrée. C’est le début de la soirée proprement dite. La musique change, la piste de danse est envahie par les sorcières et vampires, les plus gourmands entament déjà le buffet, en se servant des beignets de potiron, des carottes à tremper dans une sauce rouge épicée et d’autres plats du même genre.
Johann et Victor se relaient pour assurer la sono tout en profitant de la fête. Victor lance soudain un slow, avec un petit sourire en coin : il y a quelques couples déjà formés dans la bande, qui se lancent rapidement dans la danse, mais il y a aussi quelques personnes qui ont des vues sur d’autres, et Victor a décidé de leur donner une chance de se lancer. On voit ainsi Djamila tenter de convaincre Enzo de danser avec elle, mais Victor guette surtout Eric qui, il le sait, veut sortir avec Estelle depuis plusieurs mois, mais n’a jamais osé lui demander. Et là encore il faut que Mathieu l’amène de force devant Estelle, ce qui fait rire Lucie et Victoire à côté. Estelle suit Eric en souriant, et Mathieu en profite pour inviter Victoire.
Sur la piste, Eric et Estelle discutent. « Tu es magnifique, dit Eric.
-Merci, tu n’es pas mal non plus. J’ai l’impression que tu vas me mordre le cou dans une seconde. »
Il rougit puis lui dit : « si tu préfères, je peux juste l’embrasser. »
Estelle se crispe et lui demande si c’est une déclaration. Alors qu’il va répondre, Eric est interrompu par Johann. Il remplace Victor qui veut lui aussi danser avec sa copine. Johann annonce que les charmants couples qui ont daigné danser le slow ont gagné une récompense : ils doivent maintenant danser une valse. Tout le monde proteste : ils ne savent pas danser la valse. Victor et Lucie, qui avaient tout préparé leur donnent un cours accéléré et c’est parti. La valse déclenche une série de fous rires, les danseurs se rentrent dedans, se marchent sur les pieds, mais s’amusent comme des petits fous. La valse était la dernière danse avant la pose. Maintenant, tout le monde peut aller manger, avant qu’on ne lance le grand jeu d’Halloween qui a été préparé pour l’occasion ;
Eric propose galamment à Estelle de lui rapporter quelque chose à manger. Elle accepte, bien décidée à finir la conversation. Avant qu’Eric ne revienne, Estelle est rejointe par Sonia qui lui glisse à l’oreille : « Alors, il s’est décidé ?
- je ne vois pas de quoi tu parles, réponds Estelle en rougissant.
- C’est le problème avec deux personnes aussi timides l’une que l’autre », assène Sonia qui disparaît avant que son amie ne réponde, juste au moment où Eric revient. Ils se mêlent à un groupe et mangent au milieu des discussions animées. Tout y passe, du championnat de foot à la rentrée littéraire, sans oublier les dernières sorties ciné.
Quand onze heures sonnent à la vieille pendule de l’entrée, le grand jeu commence. C’est un jeu de rôle qui se passe au Moyen-âge, dans un petit village. Certains habitants sont des créatures des ténèbres (vampires, sorcières, loup-garou), d’autres les combattent (le prêtre, le prévôt, les rebouteux), et au milieu il y a quelques simples villageois qui se font joyeusement étriper. Le tout se joue dans la pénombre. C’est encore mieux si on peut mettre une musique d’ambiance. Ce soir là, à la lumière vacillante de quelques antiques candélabres et avec la sono gérée par Victor, qui fait aussi office de maître du jeu, le résultat est superbe.
Après cinq parties qui se soldent par la victoire (attendue en ce soir d’Halloween) des créatures des ténèbres, vient l’heure du dessert. Victoire Eric et Mathieu amènent les gâteaux préparés par la jeune fille dont le père est un grand cuisinier. Il y en a deux : le premier est un brownie au chocolat agrémenté d’un coulis de fruits rouges qui ressemble à du sang. Le deuxième est un gâteau à l’orange décoré de chauve-souris en chocolat noir. Il y a aussi d’innombrables bonbons d’Halloween.