Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    Le ChroniqueurL Hors-ligne
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    #3

    Post n°3
    Auteur : Azel Kyone'e


    Je sais pas si je me suis adressée à la bonne personne, en fin de compte. Le type baragouine dans une langue qui ne ressemble pas vraiment à du basic. C'est pas croyable le peu de politesse des gens de nos jours ! Comme si ça donnait pas l'impression qu'il se paie ma tronche. Il se détourne, la tête d'insecte, sauf que je suis plus rapide que lui. Je l'empoigne par le bras et fait exécuter un demi-tour rapide à son coude. Lequel émet un joli craquement accompagné d'un cri net et perçant. Il a beau se débattre, entre ses biceps et les miens, il y a comme qui dirait un facteur dix, et pas à son avantage.

    " Tiongar gana moti teg meg Ni sirbur ra gar copaani ni at tatugi ? "

    Si tu prends pas la peine d'être courtois, je vais pas l'être non plus, le microbe. Je suis pas d'humeur à compter fleurette, tu vois ? L'autre s'agit encore un peu, puis, voyant que je ne le lâcherai pas sauf à lui scinder le bras en deux parties égales, il consent à miauler d'une voix pitoyable :

    " J'sais pas ! J'en sais rien ! Lâchez-moi, j'ai rien qui puisse vous être utile !

    -Et moi qui pensais que tu savais pas parler basic ! Me voilà rassurée.
    "

    Et là, une voix masculine me lance, quelque part dans mon dos :

    " Si vous venez pour la récompense offerte par Monsieur Zalt, vous vous adressez à la mauvaise personne. Si vous voulez en apprendre plus, je vous conseille le "Bazar de Dexter ". "

    Est-ce que je lui ai demandé quoi que ce soit, à celui-là ? Non. Je tiens toujours le gugusse dans mon étau et je fais pivoter mes cervicales pour apercevoir un alien au teint de myosotis qui nous regarde depuis l'autre côté de la rue. C'est qui, lui ? J'ai pas le temps de me poser beaucoup de questions : l'inconnu se tire dans une ruelle adjacente. Courageux, le mec, y a pas à dire... Je me retourne vers mon bout d'insecte toujours prisonnier. Je le tire vers moi, puis le lâche brusquement, pour le regarder s'écrouler par terre sans aucune grâce. Affaire réglée.

    " Dégage. "

    Il se le fait pas réexpliquer une seconde fois. Dommage, j'aurais bien fait un petit topo de cinq minutes, mais bon, "point trop n'en faut" comme aurait dit... Je sais plus. Aucune importance. Je peux donc me concentrer pleinement sur ma tâche : retrouver ce Zalt et m'inscrire sur ses listes pour la chasse au méchant. J'espère simplement que les autres mignons sur ma route seront plus poli que le premier. C'est pas que ça me déplaît de déboîter des épaules, mais ça va me prendre un temps fou, ces petites affaires. Et du temps, j'en ai pas des masses non plus. Plus j'en perds, et plus la chance que la récompense échoit à un autre minet est grande. Quant à l'autre peinturluré, je ne sais pas où il a bien pu se fourrer, mais j'aime pas sa propension à disparaître des écrans radars. Ceux qui te donne des renseignements à la volée le font rarement gratos. Sauf que j'ai rien d'autre à me mettre sous la dent. Alors va pour le bazar. Au pire, j'aurais perdu mon temps, au mieux, je pourrais enfin m'en mettre plein les fouilles !




    Le "Bazar de Dexter", hein ? C'est quoi ça, encore ? Une brocante ? Pourtant, ça ressemble bel et bien à une cantina. Enfin une bonne nouvelle, j'aurais pas supporter d'atterrir dans un immeuble de bureaux au personnel guindé. Heureusement, rien de tout ça : l'endroit est propre mais loin d'être nickel, juste assez décrépit pour faire office de taverne sympa pour une majorité de mecs en mal de boisson et autres danseuses dénudées. Je m'aventure donc dans cet antre de la débauche galactique comme un soldat en terrain familier. Les cantinas et moi, c'est une longue histoire d'amour. J'en ai connu des chicos, des cradingues, des vides, des bondées, à majorité humaine ou au contraire, quasi réservées à tout ce que la galaxie compte de bizarreries. Celle-ci ne resterait peut-être pas dans les annales, mais je n'en demandais pas tant.

    Une espèce de gros bouffis au faciès vaguement reptilien squatte à lui seul les trois quarts du comptoir de ce côté, bouchant la vue sur l'orchestre qui pourtant ne joue pas si mal. J'imagine que personne ne s'est targué de lui expliquer qu'il sentait mauvais. Va bien falloir que quelqu'un se dévoue. L'air de rien, fusil raccroché à l'épaule, j'me cale à côté, manifestant par cette attitude que je désire consommer. Et aussi que j'empiète sur son petit territoire d'animal féroce.

    "C'est pris."

    C'est bien à moi qu'il s'adresse, pas de doute là dessus. Ma tête pivote et je le fixe à travers ma visière, impassible. Je vois même pas ce qui me forcerait à être polie. Son cou de bantha rentre encore dans ses épaules massives, tellement qu'on pourrait faire un coussin avec les plis de sa nuque. Comme j'ai pas l'air de vouloir bouger mes petites miches, il entreprend de rouler des mécaniques.
    Attends, mec, on est au bazar de Dexter. Je sais pas qui est Dexter mais mettre le bazar, ça je sais ! Je me tourne tout à fait vers lui, ses gros yeux presque exorbités devant mon effronterie et sa bouche déformée de rage.

    "C'est pris , me répète-t-il comme si j'étais demeurée, t'as compris la boîte de conserve ?! "

    Je pars légèrement en arrière comme s'il venait réellement de me déchirer les oreilles... Et je lui fais manger mon front de toutes mes forces en mode "retour élastique". Eh pépère, ça c'est une technique que je maîtrise ! Elle figure même en haut de mon CV ! Même sa tronche de grosse brute fait un joli bruit de déchirure sous mon assaut en règle. Un grognement lui échappe et il titube en se tenant le visage.

    "T'as raison. C'est pris. "

    Je mets toute la morgue dont je suis capable dans ces simples mots. Autour, le silence s'est fait, hormis le tintouin de l'orchestre, qui continuerait certainement même en pleine guerre civile. Le monstre attrape le premier truc qui lui tombe sous la patte : un tabouret, et tente de me frapper avec. J'esquive en bondissant sur le côté. J'attrape l'autre côté de l'objet et m’arque-boute avec un rugissement agressif. La masse énorme de l'alien l'entraîne dans son propre mouvement et il bascule de l'autre côté du comptoir. Le tabouret me reste dans les mains. Quand il tente de repasser de mon côté, je le lui fracasse à deux bras sur le crâne. Game Over. J'entends quelques ricannements, des murmures, mais bien vite, notre petite joute est oubliée. Les gens veulent pas d'ennuis, faut croire. Mon regard fait le tour de la salle, voir si le gros pas beau a quelques petits copains susceptibles de se battre mieux que lui.

    Assis à une table dans un coin, je reconnais d'un coup l'homme bleu et son manteau noir, le même qui m'a fait venir ici. Mon cerveau additionne laborieusement 2+2 : un traquenard ? J'ai été assez naïve pour me pointer ici en pensant qu'il disait vrai. J'ai peut-être eu tort. Dans tous les cas, s'il me cherche, il va me trouver, ça c'est une prophétie facile à réaliser. Mais ça ne semble pas être le cas, il n'a pas bougé, et personne ne s'est avancé vers moi. Je me plante donc au comptoir pour me commander quelque chose à enfourner dans mon gosier sec. Allez, un petit rhum corellien ! C'est pas ce qui a de plus économique, mais ça met de bonne humeur ! Je passe commande au Bith qui consent à revenir, après avoir manqué de se recevoir un tabouret sur la figure. Pas ma faute si l'autre sait pas viser, hein... Il repart me chercher mon verre en baragouinant un truc que je suis bien en peine de comprendre. Autour, un grand cercle vide s'est formé. Je soupire : c'est pas aujourd'hui qu'on déclenchera une bagarre générale dans un coin aussi coincé. Faudrait peut-être descendre à l'étage au-dessous...

    " Un rhum corellien, me chouine le Bith, ça fera dix crédits. "

    Eh ben, ils se sucrent, sur ce cailloux.

    " Dix ? Pour un rhum ? C'est du vol, votre machin.

    -Non : pour le rhum, le tabouret et le comptoir. On casse, on paie, ici.
    "

    Tsssss... Ben voyons. Encore heureux que je paie pas les dommages et intérêts à l'autre fondement de Sarlacc. Je l'assassine du regard, sauf qu'il ne peut pas le voir. Il est suffisamment près pour que mon front aille embrasser sa face de planche, mais vu qu'il n'a pas de nez, c'est beaucoup moins drôle. Et m'est d'avis que ça ne me rapprocherait pas de mon but.

    " Bah, allez voir sur Hoth si j'y suis...! dis-je en lui balançant la monnaie, quelle bande de coincés du fond de caisse, dans c'te ville ! Même pas fichus de proposer des animations qui en vaillent la peine. "

    Je lui flanque ses dix crédits sous le nez, si brusquement qu'il pense trois secondes que je vais vraiment lui en coller une à lui aussi. Lorsque je me retourne pour quitter le bar, le type bleu me fixe, encore et toujours. Et ne se cache même pas pour le faire ! Qu'est-ce qu'il me veut, la tête de cobalt ? Un problème ? Je lui reviens pas ? Mon regard croise le sien : c'est bien moi qu'il toise, le refroidi. Ok, là, il l'a vraiment cherché. Je prend mon verre d'une main et fonce droit sur sa table. Je pose le verre dessus sans douceur, sans m'asseoir, et, mains sur les hanches, lance d'un ton totalement et ironiquement sensuel :

    " Copaani mirshmure'cye, vod ? "

    C'est pas parce qu'il est bleu de la tête au pied qu'il va avoir droit à un traitement de faveur, mister myosotis. J'aime pas qu'on me reluque, point final. Et j'aime pas sa tête de faux friquet bcbg. Et puis franchement... un mec qui boit du lait, c'est juste la pire insulte qui puisse être faite à un Mando'ade ! Tu veux un sucre avec, peut-être ? Non mais vraiment !

    Tapette.



    T'as compris ce que je viens de dire ou tu veux que je répète ?

    Tu veux ma photo ? (littéralement : envie d'un baiser de Keldabe, camarade ?)


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    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
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      #4

      Post n°4
      Auteur : Hivernus

      Bien que les habitants du Centar continuent de le regarder comme s'il était une créature exotique, le Chiss passe presque inaperçu dans la foule de petites frappes et autres voyous qui pullulent dans l'établissement. A vrai dire, personne n'ose le déranger, c'est un habitué. Ainsi, il n'est même pas étonné lorsqu'un des clients réguliers du Bazar cherche les embrouilles auprès de la Mandalorienne, que l’humanoïde vient de reconnaître. Elle ne connaît pas encore les petites habitudes des gredins du coin, qui s'amusent à bizuter les nouveaux. Il ne sourcille même pas lorsque la femme en armure utilise ses "talents de diplomate" pour régler le conflit, qui laisse un blanc dans la salle durant un bref instant.

      Il se surprend presque à sourire. Il a le don pour les choisir ! Encore une brute épaisse. Oui vraiment, il sent qu'il va bien s'amuser avec elle. La Mandalorienne se rapproche de lui en jouant les gros bras, sans pour autant impressionner le Chiss, qui en a connu d'autres dans le passé. A vrai dire, il reste de marbre dans son fauteuil, confiant. Les projecteurs font miroiter les lumières festives dans les yeux de braise de l’humanoïde. Il essaye de deviner les traits sous le casque. Comme s'il lit dans les pensées de la femme en armure, il rajoute un sucre dans son lait, afin de le finir d'un trait. Il reste serein, professionnel. La Twi'lek à peau rouge, qui guette le duo d'un œil curieux, se penche au dessus de la table.


      - Tu veux autre chose joli minois ? chuchote t-elle doucement au Chiss, assez fort pour que la Mando' puisse entendre.

      Nash reste silencieux durant un ou deux battements de cœur, avant d'esquisser l'ombre d'un sourire à la serveuse. Il sait très bien qu'elle joue la fille attentive avec tous les clients. Mais l'invitée ne le sait pas, du moins pas encore.

      - La même chose s'il te plaît, répond sur le même ton l'ex-soldat, qui continue de fixer sa future "collaboratrice."

      La bonne vieille carte de la provoc'. Plus ou moins efficace sur les grosses brutes. Un risque que humanoïde accepte de prendre, il se demande ce que vaut la donzelle au combat. Bah... il aura bientôt l'occasion de l'observer en action. Il désigne d'un geste de la main le fauteuil en face du sien, avant de lui présenter le datapad.

      - Cinq victimes, cinq morts... continue calmement le Chiss, toujours le même rituel. Des organes sont prélevés sur les corps. Aucun lien apparent entre les victimes.

      Il commence à capter l'intérêt de la femme en armure. Bien. Tant mieux !

      - La piste la plus probable pour l'instant, le trafic d'organes.

      Un nouveau silence. Le deuxième verre de lait arrive, avec un sourire plus que chaleureux de la part de la Twi'lek. Nash reste indifférent à l'invitation, mais offre tout de même un pourboire à la serveuse. Là aussi, une vieille habitude. Il prend le temps de boire, jouant avec les nerfs de son interlocuteur -interlocutrice en fait-.

      - Il y a un gang qui sévit dans les quartiers malfamés de la ville, ajoute le Chiss, en changeant de position, ses membres commencent à s'engourdir, "Les Débardeurs Rouges." Il y a les coordonnées de leur entrepôt sur le datapad. Aux dernières nouvelles, ils se sont lancés dans les trafics douteux. Vous devriez fureter dans ce coin.

      Sans avertissement, il se relève, prenant le soin de rectifier une nouvelle fois les plis de son long-manteau, qui dissimule ses Westar-34. Il quitte la table et fait plusieurs pas avant de s'arrêter. Il se retourne et lâche sur un ton plus ou moins railleur.

      - Un conseil, évitez de vous mettre tout le monde à dos. Les "amis" sont toujours utiles dans cette ville.

      Il se faufile discrètement entre les clients, avant de sortir au grand jour. Le soleil commence à pointer et embaume le cœur du Chiss d'une agréable sensation de bien-être.




      ~ [...]
      We'll throw all our regrets in a light
      Over the bridges of a lie
      Someday
      We'll start everything in different place
      You choose your family and your friend
      Again, over and over again.
      [...] ~





      L’humanoïde bleu traverse silencieusement le pont qui doit lui permettre de rejoindre les quartiers défavorisés. Ses bottes claquent sur les pavés. Il repense à son entrevue avec l'inconnue en armure. Il sourit. Il était temps pour lui d'avoir une petite discussion avec Gormlaith le Balafré, le chef des Débardeurs Rouges. Il espère que les informations qu'il a récolté sont fiables. Il les tire du médecin légiste. Ce dernier lui devait un service, depuis que l'ex-soldat avait réussi à faire passer en douce sa cargaison douteuse. De toute façon, si le médecin lui a refourgué de mauvaises informations, il aurait le droit à une petite visite surprise...

      Il relève sa manche et jette un bref coup d'oeil à sa montre. Il est presque l'heure. La Mandalorienne devrait bientôt passer à l'action.

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        Le Chroniqueur
        a écrit sur dernière édition par
        #5

        Post n°5
        Auteur : Azel Kyone'e


        C'est fou comme un simple regard peut donner de merveilleuses envies de meurtre... Je sais pas qui est ce mec, je l'ai jamais vu de ma vie et ne souhaite pas en savoir plus sur sa tronche de myosotis, mais là, tout de suite, maintenant, je cherche avec quoi je vais bien pouvoir lui reforger le portail. Une chaise ? Une table ? Le verre de rhum ? Mon poing tout seul ? Mes deux pieds joints ? J'me tâte sévère.

        Et comme l'Univers fait super bien les choses, j'ai pas à me tâter davantage, qu'une Twi'lek de mes deux se ramène comme si de rien n'était. On l'a sonnée, celle-là ? Elle aussi, j'ai bien envie de lui rectifier le portrait. Mais d'une manière légèrement différente.

        " Tu veux autre chose joli minois ? "

        "Joli minois"... Huhu, Cucu-la-praline se la joue hôtesse prévoyante... Comme c'est mignon. Ah, j'ai enfin trouvé avec quoi je vais taper face-de-colorant-alimentaire : miss-j'ai-pas-de-quoi-me-payer-des-fringues ! Ils seront tous beaux tout les deux ensemble, nan ? J'suis en forme ce soir, et, avouons-le, pas grand chose d'autre à faire.

        " La même chose s'il te plaît. "

        Oooh... Attends, c'est de ton biberon dont tu parles ? Ou d'un truc plus "c'est pour les adultes, veuillez regarder ailleurs" ? Au quel cas ça risque de devenir intéressant. J'me prive pas de mettre mes deux bottes dans le plat :

        " Ah ouais, la même chose, je lui sors avec un ton délicieusement macho, avec le même supplément spécial, sauf si un troisième élément n'est pas prévu dans ce genre de prestation ? J'irais me plaindre à la direction. "

        En même temps, fallait pas qu'elle cherche la trique pour se faire battre, la minouche. Ce genre de filles qui se pensent malines parce qu'elles ont une vibrolame coincée entre les deux nibards "au cas où". Et puis ça me ferait franchement marrer de les voir... Elle en revanche, elle se marre pas des masses. Quoi ? J't'ai vexée ? Sans blague ! Même pas. Elle est juste pas contente que ce soit moi qui l'ait sortie plutôt que son bel Hidalgo. Pauvre fille. Je l'oublie pour en revenir à celui qui visiblement me prend pour une belle quiche. Et va finir par se prendre des tartes.

        "Cinq victimes, cinq morts... toujours le même rituel. Des organes sont prélevés sur les corps. Aucun lien apparent entre les victimes."

        Génial : on va traquer un dingue qui fait une collection de tripes. Y en a vraiment qui ont que ça à faire de leur vie. Qu'il veuille se faire de jolies décos avec quelques scalps, j'comprendrais. Mais là... J'dois avouer que ça me dépasse un poil.

        " La piste la plus probable pour l'instant, le trafic d'organes. "

        Ah, tiens. J'avais pas pensé à ça. Ok, c'est peut-être pas un vrai taré. Mais reste que c'est chelou quand même. Il est malin, le bleu. C'est peut-être pour ça qu'il se permet de prendre autant de risque avec moi. En même temps, y a pas marqué "détective" sur ma tête, c'est sûr. J'aime pas les gens qui se pensent intelligents. Mon regard va à l'argent que le type donne - genre il a suffisamment de fric pour en donner quoi ! - à miss fesses-à-l'air et j'ai juste envie de lui renverser son lait et me barrer. Je sais vraiment pas pourquoi je reste. Un truc indépendant de ma volonté, comme si quelqu'un, ailleurs, m'avait sommé de rester vissée ici. L'autre se croit très malin à la jouer "j'ai tout mon temps". Ta ruse de sioux en est pas une, mec. T'es juste ridicule avec ton verre de tafiole entre les pattes, t'en as conscience, au moins ? Si mes frangins étaient là tu serais la risée d'une salle entière. Pas très glorieux pour un étranger qui roule des mécaniques sur un divan.

        " Il y a un gang qui sévit dans les quartiers malfamés de la ville... "

        C't'information, quoi. C'est comme dire " Y a des Sénateurs véreux qui s'en mettent plein les fouilles en République. " Ou qu'il y a des planètes en orbite autour d'un soleil. Je suis pas une érudite, mais je suis pas la dernière des Twi'lek non plus, hein. Faut pas confondre, ça peut coûter quelques dents.

        "Les Débardeurs Rouges."

        Alors là, je suis contente de pas avoir retiré mon casque. Les QUOI ? C'est quoi ce paiement de figure à tous les niveaux ? Pourquoi pas les "Pantalons Troués", les "Calbuts à Fleurs" ou les "Robes de Grand-mère" tant qu'on y est ?! Cette galaxie part vraiment en sucette... Tu m'étonnes qu'y ait plus de respect nulle part ! C'est sûr, les heures de Mandalore sont loin derrière nous... Je manque de m’asphyxier de rire en silence. Cette journée sera peut-être pas si pourrie...

        " Woah. J'en tremble d'ici dis-donc. "

        Plus ironique, tu meurs. Je cherche même pas à le cacher. Mais faut dire que je résonne comme une Mando'a. Peut-être qu'ici, la simple vue d'un débardeur provoque l'hystérie collective. Simple question de mœurs, quoi. J'ai trop l’habitude de juger les autres, p'têt bien. Je croise les bras et je le laisse me sortir la suite de l'exposé.

        " Il y a les coordonnées de leur entrepôt sur le datapad. Aux dernières nouvelles, ils se sont lancés dans les trafics douteux. Vous devriez fureter dans ce coin. "

        "Fureter" ? Oulà... Toi, tu t'es trompé d'adresse. Ch'uis pas vraiment du genre à "fureter", sauf si fureter est la contraction de "furie" et "péter", auquel cas il peut éventuellement y avoir un rapport. Mais si tu donnes à ce mot le sens commun que les trois quarts de la galaxie lui donne, on va avoir un petit problème. En règle générale, mes incursions en territoire ennemi son à sens unique. J'veux dire par là que si j'entre sans me faire repérer, je sors rarement sans me faire repérer. Ce serait même carrément l'inverse, tu vois... Mais bon. Je dis rien. Juste parce que j'en ai tellement marre de sa tronche et de ne pas la lui avoir fait fermer dès le début que je préfère m'abstenir jusqu’au bout pour être cohérente avec moi-même. Si je dois lui casser la figure, je le ferais un autre jour.

        " Un conseil, évitez de vous mettre tout le monde à dos. Les "amis" sont toujours utiles dans cette ville.

        Il a lu dans mes pensées, faut croire. Sauf que tu te trompes d'adresse, mais aussi de disque. Je me mets à dos qui je veux. Surtout ceux qui se croient autorisés à me marcher sur les pieds : comme ça, j'ai l'impression d'être légitime quand je leur fais sauter la matière grise. C'est une question de principe. Y en a qui ont pas de principes, moi si. Je cherche pas, mais je suis pas compliquée à trouver. Et lui, il m'a trouvé direct. Je sais pas à qui j'ai affaire, mais lui va très vite le savoir, si c'est pas déjà fait.

        " C'est sympa, mais les conseils à deux dataries, très peu pour moi. Des amis, j'en ai suffisamment pour pouvoir me faire quelques ennemis au passage. "

        Ce serait ni la première, ni la dernière fois. Philosophie de vie à part entière.

        " Et la prochaine fois, garde tes remarques de beauf pour les Twi'lek. Sinon faudra passer par la case chirurgie pour retourner les voir... "

        Et je prends sa place tandis qu'il sort de l'établissement en se croyant discret - comme si un mec peint en bleu pouvait l'être. Elle est encore bien à température, juste ce qu'il faut. Quoi ? Qui va à la chasse aux Malraas... On connaît tous la suite !



        Thème

        Dans les rues mal éclairées des étages inférieurs, c'est un spectacle qui n'a rien d'inhabituel. Un speeder déglingué fonce à toute allure entre les pilonnes, ses vitres teintées ne laissant rien entrevoir de son contenu. Les rares badauds qui trainent sautent de la chaussée, comprenant au dernier moment que le véhicule n'a pas la moindre intention de les éviter. Il semble lancé à pleine vitesse, à tel point que toute la carlingue vibre comme un violon. Droit en direction d'un quartier qu'on aurait pourtant évité, en connaissance de cause.

        Mon plan ? Bah, un grand classique mandalorien : tu fonces, tu défonces, tu enfonces, et quand il reste rien à pulvériser autre qu'un truc que tu ne dois pas pulvériser, tu mets pied à terre et tu entames la discussion. Si pas de discussion possible, alors tu mets hors service et tu sous-traites la recherche d'information. Mais ça, c'est la suite du processus. Là, on en est à l'étape numéro un. Un peu de patience (c'est moi qui dit ça... Énorme !)

        Je transforme donc le speeder modifié, que j'ai gentiment "acheté" à son ancien propriétaire, en bélier face aux portes du hangar que myosotis - c'est son p'tit nom de code - m'a repéré sur la carte. Ils auront qu'à demander à leur assurance de rembourser les dégâts, moi, je serais loin et riche. Enfin, ça c'est l'objectif. Quand, dans le dernier tournant, le radar m'indique que je suis enfin au bon endroit, j'enfonce la pédale d'accélérateur. Le turbomoteur rugit comme un fauve enragé et le répulseur gémit sous l'accélération. Un bon hurlement en règle pour me donner la force de mettre en œuvre ma manœuvre et c'est parti pour le feu d'artifice.
        Attention les filles, ça va faire bobo ! JURKAD !!!*




        Dans le large hangar des Débardeurs Rouges, Gonsh et Filek montent la garde. L'un est un énorme Gamorréen, l'autre un minuscule Drall. Ils ne sont pas si mal placés dans la hiérarchie des Débardeurs Rouges. Ils sont plutôt bons dans leurs domaines respectifs. Mais ni l'un ni l'autre n'a les moyens d'éviter l'explosion subite de la porte qui les sépare de la rue. Le duracier s'éventre en un bruit terrible, laissant passer ce qui ressemble à une carcasse de véhicule tordue sous le choc. Le speeder continue sa course effrénée jusqu'au milieu du hall immense, générant un carnage de tôles froissées et de machines cabossées sur son passage. Le métal crisse sur le sol en une longue plainte stridente à vous décoller les gencives, avant de s'immobiliser sous les regards stupéfaits des gardiens du lieu. Qui ne mettent pas trois jours à réagir face à cette menace.

        " Plus un geste !!!"

        Mais alors que les tirs fusent en direction du véhicule, une ombre se fraye un chemin dans l'ouverture béante de la porte. La carcasse amochée explose cette fois pour de bon, projetant les Débardeurs venus en renfort de tous côtés, à la manière d'un jeu de quille. Une seconde explosion, et il ne reste du bélier improvisé qu'un squelette noirci, sans rien à l'intérieur. La silhouette aérienne qui s'en est échappé juste avant son entrée fracassante atterri sur les épaules du Gamorréen et le plaque au sol. Vif et rapide, le Drall tente quelques tirs depuis sa position couchée. L'intrus esquive et se met à couvert, avant de riposter de plus belle. Les échanges fusent dans tous les sens, tandis qu'un homme tente de prendre l'ennemi à revers. Lorsqu'il croit y parvenir, il frappe en réalité l'un de ses hommes : l'autre a bougé, s'est déplacé en direction du Drall qui passe désormais à sa portée.

        Le combat prend une forme indescriptible, mélange hautement improbable de tirs et de coups au corps à corps tout mélangés. Si l'homme n'est pas un débutant, il doit avouer que jusque-là, il n'avait pas eu à déployer beaucoup d'efforts pour soumettre ses adversaires. Il se retrouve finalement nez à nez avec son ennemi, qui se révèle être Mandalorien. Avec une grimace évocatrice, il tire à bout portant, droit sur la visière en transparacier. L'autre se dégage à temps, le dernier des tirs n'atteignant que le blindage des bottes sans faire de dégâts. Le Débardeur enrage. Sans plus de prudence il se lance à la poursuite du mercenaire au travers du capharnaüm créé par le speeder. Et au détours d'une carlingue, se reçoit un pied dans le plexus, qui l'envoie à terre. Sa défense est prise par le Drall, qui, perché sur un empilement hétéroclite, harcèle le Mandalorien de tirs rapides et précis, l'empêchant de progresser à découvert. S'en suit un nouvel échange en bataille rangée, durant lequel personne ne gagne un pouce de terrain. Au moment où l'humain croit pouvoir se redresser sans risque, un tir bien ajusté fait exploser le bidon sous les pattes de son allié. La petite créature finit sa course contre le mur, assommée et gravement brûlée. Un court silence suit l'explosion, où l'on prend conscience qu'il ne reste plus assez de combattants pour que ceux-ci prennent la peine de risquer leur peau.

        L'assaillant en armure marche jusqu'à l'homme à terre, et lui écrase consciencieusement la main, qui cherchait subrepticement à retrouver le chemin du blaster qu'elle avait lâché.





        Voilà, on y est. J'ai failli y laisser un bras, mais c'était plutôt marrant ! J'en redemande, en fait ! Et je pense que je vais être servie : c'était que le hangar. Il doit y aoir tout plein de souris dans ce gruyère... Je pose tranquillement le canon de mon arme contre la tempe du sbire et lui demande, comme d'autre l'aurait fait de "vous auriez l'heure"?

        " C'est ici, le quartier général des terreurs qui jouent les caïds dans ce trou à rats ? Où est le chef ? J'ai à lui causer. "

        Bizarrement, j'ai l'impression qu'on m'observe. Bordel à Hutt, il est où le biberonneur ?! Il attend que je lui nettoie la place ou quoi ?! S'il a des infos, c'est le moment. Sinon, qu'il aille se faire voir chez les Dug ! J'ai mieux à faire que de compter sur un pseudo-policier qui joue les mystérieux pour mieux m'entuber à la fin.

        " On presse. J'ai pas toute la nuit. "

        En fait si, mais il est pas tenu de le savoir.




        *ATTAQUE !!! (Équivalent d'un cri de joie dans d'autres civilisations)

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          Auteur : Hivernus

          [Thème] Warrior of Light.

          Des cris, des tirs et des râles. C'est à peu près tout ce que l'on peut entendre depuis l'extérieur du hangar. Comme prévu, la Mandalorienne est à l'heure et déjà lancée dans la bataille à en croire les bruits qui s'échappent de l'endroit. Nash esquisse l'ombre d'un sourire. La donzelle a beau tenter de l’impressionner avec ses remarques acides, elle n'en reste pas moins qu'une brute facilement manipulable.
          Deux individus louches portant un bandeau rouge distinctif des membres du gang s'empressent de quitter l’entrepôt par les portes battantes des pièces annexes au hangar. On ne sait pas réellement s'ils tentent de s'enfuir ou s'ils veulent prendre à revers la guerrière en armure. Peu importe. Ils sont sur le chemin du Chiss. L’humanoïde glisse ses mains à l'intérieur de son long-manteau et en ressort deux Westar qu'il pointe vers les Débardeurs Rouges qui descendent les escaliers à toute allure.


          KRA-KOW !


          KRA-KOW !


          KRA-KOW !


          Le premier tir touche l'individu en tête -qui se révèle être Rodien- au niveau du cou. Il s'écroule sans un bruit, la gorge fumante. Son comparse, plus chanceux, évite le deuxième tir laser qui vient s'écraser en crépitant contre le mur du bâtiment. Il n'a cependant pas le temps d'esquiver la troisième salve et achève sa course en bas des escaliers, non sans avoir reçu quelques vilains coups lors de sa chute. L'ex-soldat s'approche silencieusement de sa victime qui se tortille de douleur. Il s'arrête à quelques pas du bandit qui l'implore d'épargner sa misérable vie. Nash détaille un instant avec son regard de braise l'homme avant de l'achever d'un tir en pleine tête. Sans un mot. Il ne laisse jamais aucun témoin. Une sale habitude qu'il tient de sa vie passée au sein de l'Armée Impériale.

          La mission. Seule compte la mission. C'est ce qu'on lui avait appris dans l'armée.

          Nash grimpe ensuite les escaliers et s'infiltre dans l'entrepôt sans rencontrer la moindre résistance dans les premières salles. Les hommes de main de Gormlaith sont visiblement déjà assez occupés avec la Mandalorienne, qui agit comme simple diversion sans le savoir.
          Les clameurs des combats se rapprochent peu à peu de la position du Chiss, qui se voit contraint de bifurquer vers des pièces plus sûres. Il n'a pas envie d'être repéré. Heureusement pour lui, il connaît déjà les lieux, sa mémoire ne lui a encore pas fait défaut. Et grâce à ses facultés mémorielles, il parvient à atteindre sans encombre les compteurs électriques.

          Quelques secondes plus tard, le courant est coupé dans tout l'entrepôt.





          Une ombre passe dans la projection lumineuse de la lampe, puis plus rien. Plongés dans le noir le plus total, les Débardeurs Rouges sont pour le moins désorientés. Farghul, humain et Klatooinien, ils sont des cibles faciles avec leurs lampes. Des cibles d'autant plus faciles à abattre quand on peut naturellement voir dans l'obscurité. Une ombre passe à nouveau dans le champ lumineux d'une des lampes.

          BDEW !
          Il est là ! Abattez-le !
          BDEW ! BDEW!


          Des tirs fusent de partout, illuminant d'une pâle lueur rouge la vaste pièce dans laquelle sont piégés les truands. Nash se met à couvert derrière des caisses de marchandise, un sourire aux lèvres. Ces abrutis s'exposent inutilement en s'efforçant de l'atteindre. Il se demande un instant comment s'en sort la Mandalorienne de son côté. Non pas qu'il tient à elle, mais juste qu'il est curieux de voir jusqu'où elle peut aller. Mais l'heure n'est pas à la réflexion, l’humanoïde a d'abord quelques malandrins à faire taire. Ces trois individus sont le dernier rempart du Balafré face à la fureur muette du Chiss. Ce dernier quitte un instant sa position afin d'ouvrir le feu sur les Débardeurs Rouges.


          KRA-KOW !


          KRA-KOW ! KRA-KOW !
          KRA-KOW !


          L'approche du Chiss est rapide, mais pas silencieuse. Le Klatooinien est le premier a en subir les frais, et il s'écroule sans se rendre compte de ce qu'il vient de se passer. Deux trous béants et fumants ornent désormais sa poitrine. Ses camarades sont plus alertes et ils parviennent à se mettre à l'abri à temps. Les tirs s'écrasent contre les parois, crépitent le temps de quelques battements de cœur puis marquent silencieusement les murs. Tout d'un coup, la pièce sombre à nouveau dans l'obscurité, qui vient dévorer petit à petit le moral des deux survivants. La tension est palpable. L'ex-soldat peut entendre les murmures des deux comparses. Ils semblent être en désaccord. Finalement, l'humain décide de prendre la poudre d'escampette, malgré les menaces -ou avertissements- de son voisin. Manque de chance pour lui, une salve de tirs lasers vient lui faucher les jambes. Le blessé se traîne sur plusieurs mètres en gémissant. L'écho d'un nouveau tir arrive jusqu'aux oreilles du Farghul, puis plus rien. A nouveau. Le félin est désormais seul, en tête-à-tête avec son bourreau.

          Quelques échanges de tirs ont lieu, puis commence alors une partie de cache-cache, où le premier à trouver l'autre est certain de gagner. Le Farghul trébuche sur un corps. Il s'agit du cadavre de l'humain, dont le visage est figé en une grimace de douleur. Alors qu'il entreprend de se relever, il sent la froideur d'un canon collé sur sa nuque. Le bandit lâche son arme et lève les bras en signe de reddition, s'avouant vaincu. Peut-être parce qu'il tient plus à la vie et aux plaisirs qu'elle procure que ses partenaires morts en vain.


          - Tout doux l'ami, pas de geste brusque. Répond alors une voix glaciale dans le dos du Débardeur Rouge.

          - Qu'est-ce que vous me voulez ?! Lâche le Farghul en grognant.

          - Tu vas me conduire jusqu'à ton patron... et rapidement. Sinon tu finiras dans le même état que tes petits camarades. Continue la voix calmement, c'en est presque déroutant. Le Chiss enfonce un peu plus le canon de son blaster dans la nuque de son détenu, afin de s'assurer de sa coopération.

          Le prisonnier cède à la pression et ne met pas longtemps à conduire son tortionnaire jusqu'à Gormlaith. Si cela peut lui assurer de rester en vie... Mais il se trompe. Une fois qu'il a ouvert la porte blindée à l’humanoïde à peau bleue, il ne lui est plus d'aucune utilité. C'est donc le cadavre d'un Farghul qui entre en premier lieu dans le bureau du chef des Débardeurs Rouges. Le corps du malheureux n'est d'ailleurs pas arrivé au bout de ses peines et devient la cible du blaster lourd du Balafré, qui l'arrose littéralement de rafales lasers. Certain d'avoir mis hors d'état de nuire son adversaire, le Houk jette son arme sur le bureau, s'installe dans son imposant fauteuil et demande un rapport de la situation à ses hommes de main. Quelqu'un à réussi à parvenir jusqu'à lui ! C'est intolérable. Une silhouette passe le seuil de la porte, enjambe le corps fumant du félin et pointe deux Westar dans la direction de l'imposant alien. Gormlaith étire ses grosses lèvres en un sourire nerveux.

          - J'aurai dû m'en douter... Futhark... un bail ! Commence le Houk en faisant craquer ses doigts. Pas venu depuis... deux semaines ? Trois ?

          - Deux. Mais l'heure n'est pas à la discussion Gormlaith. Tu sais très bien pourquoi je suis là. Le sourire du gros tas de muscle s'efface. Il serre les poings sur la table et renifle avec insistance. Le Chiss prend le relai et affiche un sourire en coin. Son regard de braise foudroie le chef de gang, dont le corps commence à être parcouru par d'intenses frissons. Je t'avais prévenu...

          - Un contrat est un contrat Futhark... Rétorque le Balafré avec sa voix rauque. Ta... "sœur" ne refuse jamais les boulots bien payés et risqués. Elle a le feu sacré et j'aime ça. Dommage que tu ne sois pas de la même trempe...

          - Où est-elle ? Dis le moi et ta mort sera rapide. Se contente de répondre l'ex-soldat avec sa froideur habituelle.

          - Une mort rapide... Le Houk lâche un rire gras. Aux dernières nouvelles, tu ne fais plus dans la torture.

          - Aux dernières nouvelles. Le Chiss détaille durant quelques instants son interlocuteur puis lui décoche un sourire caustique. J'imagine que je n'aurai aucun mal à te faire parler.

          - Hmpf. Le chef des Débardeurs Rouges ravale un juron. Je pense que l'on peut... s'arranger. J'ai des infos pour toi. A propos du tueur en série. J'imagine que tu es à sa recherche...

          Nash arque un sourcil. Ainsi donc les Débardeurs Rouges ne sont pas reliés aux meurtres ? Étonnant... L'enquête risquait donc d'être des plus intéressantes.

          - Cela se pourrait bien en effet... L'ex-impérial reste volontairement vague. Mais ton destin est déjà scellé. N'espères pas négocier vainement ta misérable existence.

          CRÈVES !


          Ainsi soit-il.


          Les deux Westar-34 crachent leurs salves meurtrières. Mais trop tardivement. Le colosse s'est déjà redressé et il utilise son impressionnante musculature pour projeter le bureau sur le Chiss, qui se dérobe grâce à une roulade sur le sol pour éviter de finir écrasé contre l'un des murs. Le Houk est relativement rapide malgré une corpulence imposante. A peine l’humanoïde a t-il le temps de se mettre en position qu'il est littéralement envoyé à l'autre bout de la pièce d'un simple revers de la main. Il faut dire qu'il a de grosses paluches le Balafré ! L'impact est rude et un craquement sourd indique à Nash qu'il s'est cassé quelque chose. Il ignore la douleur qui lui monte à la tête et se concentre sur le combat. L’humanoïde est trop loin de ses blasters, qui se sont perdus en cours de route lors de son vol plané.

          Un combat rapproché. Soit !


          Gormlaith fait rouler ses épaules tout en se rapprochant dangereusement du Chiss. Il faut être fou pour oser affronter un Houk en combat singulier. Et l'ex-soldat a visiblement quelques côtes cassés vu la posture qu'il prend. L'affrontement sera d'autant plus intéressant ! Nash charge de front le Balafré qui lui envoi ses poings en guise d'invitation. S'ensuit alors plusieurs échanges de coups de poings, parades et esquives. Aucun des deux ne semble prendre l'avantage sur l'autre. Jusqu'au moment où l’humanoïde est repoussé par un violent coup de poing qui le fait ployer.
          A genoux, l'alien à peau bleue fait face à l'épaisse brute qui le domine. Le souffle court, il halète, déjà fatigué par les quelques minutes de corps-à-corps. Deux flammèches mauvaises s'échappent de son regard de braise, comme prêtes à le consumer. Sa détermination prend toujours le dessus sur la douleur, mais le Houk est plus robuste. Les deux protagonistes s'observent un instant. Les lèvres du colosse s'étire en un sourire carnassier. Le chef des Débardeurs Rouges reprend l'initiative et -tel un Gundark enragé- abat ses poings sur le Chiss. Celui-ci ne cherche pas à esquiver et s'engouffre dans la garde de son adversaire, évitant ainsi les poings qui viennent s'écraser sur le sol derrière lui.

          L'ex-soldat se repositionne ensuite -non sans grimacer de douleur- derrière son opposant. Il fait presque pitié à voir mais il a encore de l'énergie à revendre ! Essentiellement concentré sur la confrontation dont il est l'un des principaux acteurs, il oublie complètement la Mandalorienne en armure.

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            Auteur : Azel Kyone'e


            Je sais pas, j'ai l'impression d'être entourée de débiles. Ou de sourds. Ou de drogués. Ou peut-être bien des trois combinés à la fois, ce qui est plutôt pas mal. Franchement, pour un trou paumé de la galaxie, ils y vont fort ! J'espère qu'elle en vaut la peine, cette récompense. Parce que me coltiner des faces de Gungan pareilles, c'est vraiment un boulot pour les larrons de seconde zone. A quoi on en est réduit... Mince, j'me fais presque pitié dites donc. Faut arranger ça.

            " Qu'esss vous-voulez, hein ?! Qu'esss-vous voulez ?!!

            -J'viens d'te le dire, fion de Gizka, t'es sourd ? Le bureau du boss, et vite. "

            Sinon je vide le chargeur entre ton oreille et ton arcade sourcilière et j'passe au suivant. C'est aussi simple que ça. Y aura bien quelqu'un dans cette baraque qui estimera que sa peau vaut bien un petit renseignement. Et au pire, à force de tourner en rond et de dézinguer tous ceux qui viennent, je finirais bien par tomber sur le parrain en question. Logique, non ? Le léger "clic" de la gâchette fait l'effet d'un suppositoire un peu récalcitrant sur mon ami le franc-tireur.

            " C'est au fond du dernier couloir !! Au fond après les trois premiers tournants, à droite !! Me dis pas merci !! Vas-y donc, il va te b... "

            ZZPEEW

            Ok, merci d'avoir joué, c'était très sympa. Bon, la marmelade de cervelet, c'est pas terrible, mais j'voulais éviter la suite désobligeante du commentaire. C'est un peu comme la pub au milieu de ton feuilleton préféré : soit tu vas aux toilettes, soit tu zappes. Là, je zappe. La suite, siouplaît !

            Le problème, c'est qu'à bout portant, j'm'en suis mis plein les bottes ! Écœurant... Bref. J'ai pas le temps d'épiloguer, parce que ça se remet à tirer au fond de la maisonnée. Je redresse la caboche en direction de la fête. Tiens donc, on dirait que je suis pas la seule à être venu tenter ma chance au grattage... Alors on se remet en marche, petits pas rapides, courbée juste au niveau de la ligne des carlingues qui servent de protection. On se planque derrière un conteneur renversé et on jette un coup d’œil au couloir qui se profile au fond du hangar. On dirait que ça s'est calmé, mais faut pas trop s'y fier. M'étonnerait qu'ils soient que dix, là dedans ! Mais c'est pas en restant ici que je vais les débusquer, ces fils de chien Kath. Allez, on va leur faire la fête !

            Je vérifie mes chargeurs, et c'est parti. Je bondis hors de ma cachette et roule jusqu'au mur. Plaquée contre le permabéton, je glisse tout le long jusqu'à l'ouverture. Clic-clac. Ahah, ça mord on dirait !

            " Hey ! Qui veut un sandwich les mecs ?! Pas faim après tout cet exercice ?! Moi oui !! "

            La réponse ? Une jolie rafale qui manque de me roussir les brassards. Ok, pas de sandwich alors, comme tu veux. J'esquive deux autres rafales qui me viennent du fond et j’atterris dans ce qui me paraît être la salle de contrôle du hangar. Un joli clavier est laissé là, avec des manettes qui ne demandent qu'à être baissées. Faut pas me mettre ce genre de chose sous le nez, quoi : c'est un pousse au crime ! J'active les portes et ferme la porte de sortie. Ok, certains diront que c'est pas très malin de ma part, que je viens de me couper la seule retraite possible. Mais la retraite, je connais pas trop en fait. Soit ça passe, soit ça casse.

            Non, ça casse à tous les coups en fait.

            Je désactive les défenses que je parviens à identifier - toujours ça en moins - et je ferme l'issue de droite, identifiée sur la carte holo du complexe. Maintenant, les embusqués ont plus le choix : ils vont devoir se frotter à bibi s'ils veulent passer. Et vice versa. Sauf que moi, je suis venu pour ça mes gaillards ! Et que ça saute ! je ressors de ma cachette après avoir calculer mon prochain coup depuis la baie en transparacier. C'est cool, j'ai l'impression d'être revenu au bon vieux temps, celui des chasses endiablées !

            Maintenant, il est temps d'utiliser un peu le matos que j'ai apporté. Oh, j'vous ai jamais montré la spéciale Kyone'e ? Je la tiens directement d'Eyan, ça fait partie de l'héritage familial. On prend une grenade dans la main gauche, un flingue dans la droite - ou inversement si on est gaucher - et on fonce tête baissé dans la mêlée. Je suis plus qu'à quelques mètres de l'origine des tirs : une porte s'ouvre sur ma gauche, et ça mitraille depuis le couvert d'un container blindé en face. Y a des chances pour que la mauvaise troupe me prenne sur le flanc. Je change mon plan sur quelques détails. Puis je me lance, à la one again.

            Je saute. Je mets toute ma volonté dans cette simple action : un saut, mais genre un saut que tu sors à ton mentor quand il te lâche une meute de Malraas au trousse en te disant "montre-nous comment tu cours vite". Un bon gros bond, qui de fait penser que tes tendons vont bien prendre cher à l'arrivée. Je tords ma taille en plein vol comme une jolie danseuse, sauf que c'est ma main et ce qu'elle contient qui finissent le boulot. La grenade décrit une jolie parabole jusque dans la pièce. Ma tête se tourne et je vise. Quand mon tir atteint le projectile explosif, je me suis déjà écrasée par terre quelques mètres plus loin, grâce à cette chose incroyable qu'est la gravité. L'explosion m'assourdit. Dommage, j'aurais bien eu besoin de mes deux bananes pour repérer la suite, mais faut faire sans. Je capte un mouvement derrière les piles de coffres. Pas besoin de demander ce que ces trucs contiennent : certainement pas des tartes alderaanes. Je prends mon second flingue à la ceinture et je tire à l'opposé de la position du planqué. Il se déplace rapidement en sens inverse du tir et j'enregistre ses jambes qui passent entre deux caisses. Niark.

            ZPEEW

            Un couinement m'indique que j'ai touché quelque chose. Peut-être pas une partie assez sensible pour le neutraliser, mais je peux désormais passer de l'autre côté sans craindre de me faire tirer dessus. Ce que je fais. Il est là, le tocard, j'le vois ! Cette fois j'vais me le faire, façon passoire !

            " Viens par ici, toi !! Au pied !! "

            Je le traque entre les rangées de caisses, jusqu'à l'apercevoir en train de ramper dans une pièce annexe. Avec la joie malsaine d'un prédateur qui attrape enfin sa souris, je le suis, et me planque contre l'encadrement de la porte. A ce moment précis, pam, plus d'élec. Tout s'éteint, et j'entends des voix jurer un sac dans la pièce que je surveille. D'un geste vif, j'active mon capteur infrarouge. L'inconvénient c'est que ça me fait perdre en précision, avec l'affichage écran sur la visière. Mais j'dois bien avouer que ce genre de petit bricolage s'avère drôlement utile. C'est qu'elle a plus d'un tour dans son sac, mémé Azel. Allez, viens par ici sac à viande.

            " Besoin de lumière, les gars ? "

            Je me présente par l'ouverture. Je reste pas suffisamment longtemps pour me prendre la volée de tir qui suit ma provocation. Des pas lourds foncent dans ma direction. Y en a un qui a oublié son cerveau à la maison, aujourd'hui... Le mec fonce dans l'ouverture et BAM - punaise, j'aime tellement ce mot - dans la figure. Mon front embrasse le sien avec une telle douceur que j'en ai presque mal au crâne. C'est que du plaisir !

            "Oups, pardon. "

            Et mon casque c'est du pain de mie. Poussez pas derrière !

            "Ben quoi, sans lumière c'est compliqué d'y voir clair, nan ? "

            Je passe mon chemin après avoir descendu ma souris et me retrouve dans une suite de couloirs sans portes et d'escaliers pas très sympas. J'ai cru entendre des voix en bas, mais de nouveaux drôles en veulent à ma carcasse blindée. Ils sont plus nombreux, et plus énervés, aussi. Les couloirs sont trop étroits pour qu'on s'y sente à l'aise, et la garde rapprochée des Chemises Rouges - euh, non c'était pas ça... - se marche dessus. C'est une aubaine, j'ai plus qu'à tirer dans le tas pour faire un max de dégâts. Quand ils comprennent que leur manœuvre est tout sauf une bonne idée, ils finissent par déguerpir pour se retrancher dans les pièces annexes. Là, ça se complique.

            Je prends mon élan et je flingue comme une possédée dès le pied mis dans l'atelier. Les quatre premiers tombent et le dernier esquive. Je me ramasse un tir dans la jambe. Je manque de lâcher mon arme sous le coup de la surprise et balance un juron à la cantonnée.

            " Tahla'ada bic !! "**

            Espèce de p'tit vicieux, va ! Je remercie ma guêtre d'avoir amorti la décharge. Je peux toujours marcher, même si j'ai un peu l'air d'un droïde sur les premiers mètres. C'est qu'il vise mieux que les autres, celui-là. Course-poursuite dans les escaliers. Heureusement, mon capteur est bien plus efficace dans ce noir que mes pauvres yeux de presque-humaine. La course se termine sur ce qui ressemble fort au dernier sous-sol de la planque. Je balance une deuxième grenade derrière une porte de sécurité que je referme en saccageant le digicode. Puis je vide mon chargeur sur la silhouette qui tente de remonter dans mon dos. Ma première rafale refait la décoration intérieure de la cage d'escalier. Je galope après l'alien qui tente de s'enfuir et lui tombe dessus à l'ancienne. Ses coups pleuvent au hasard dans l’obscurité et je les encaisse sans trop de mal. Le mec a dû apprendre à se battre dans la rue, avec ses copains de crime... Mon poing armé s'abat sur sa face de Twi'lek avec un plaisir malsain et je l'envoie au pays des Bantha roses sans plus de cérémonie.

            " Débardeurs 0 - Azel 12. A qui le tour ? "

            J'ai presque l'impression de me la péter en disant ça. C'est terrible quand même ! Un Mando'ade contre une poignée de petites frappes et il faudrait s'excuser de les envoyer se faire voir sur Tatooine. Eyan se paierait ma tronche s'il voyait ça.

            Je m'essuie les mains d'un air dégagé : ça, c'est fait. La suite, en revanche, est moins réjouissante. Je sais pas du tout à quoi peut bien ressembler le chef de cette bande d’ahuris. Je reste sur mes gardes tout en regagnant le dernier sous-sol, soudain beaucoup moins bruyant. S'il reste des sbires, ils ne cherchent pas à m'arrêter. Je suis triste d'ailleurs de ne rien trouver d'autre sur mon chemin qu'un foutoir sans nom, signe qu'on s'est bien amusé dans le coin. Quelques cadavres jonchent le sol à cet endroit : on dirait que je suis pas la première à percer leurs rangs, en réalité... Pourtant, j'entends des voix, plus loin. Je plaque mes bras le long du corps et je me fais discrète - sisi, je sais faire, dingue nan ? La discussion se rapproche. Ils sont deux, là, à taper la discute alors que c'est le bronx dans tout l'immeuble. Normal...

            " J'aurai dû m'en douter... Futhark... un bail ! "

            Je me fige. J'ai l'impression d'écouter un truc que j'aurais jamais dû écouter. J'ai d'ailleurs d'autant plus de mal à comprendre que je reconnais cette voix. Cette voix... Bordel de Hutt, cette enflure était là depuis le début. Et dire que j'ai failli l'attendre. J'aurais eu dix fois le temps de crever. Immobile et invisible dans le noir du couloir, j'entends l'informateur en carton parler à celui qui s'avère être le fameux boss qu'on est sensé chercher. J'ai la fumée qui sort par tous les orifices.

            " Hmpf. Je pense que l'on peut... s'arranger. J'ai des infos pour toi. A propos du tueur en série. J'imagine que tu es à sa recherche...

            - Cela se pourrait bien en effet... Mais ton destin est déjà scellé. N'espères pas négocier vainement ta misérable existence.

            - CRÈVES ! "

            Et ça part en bonne grosse baston comme on les aime. Un sourire sarcastique déforme mes traits invisibles. Je m'avance juste assez pour apercevoir leurs deux silhouettes entamer la danse de la mort. C'est un slow serré - très serré même, dans lequel l'énorme mastodonte des Débardeurs a au moins l'avantage du poids, et le myosotis celui de la technique. J'avoue être sceptique sur le diagnostique. L'informateur de mes deux a l'air de savoir s'y prendre question frappe, mais un Houk ne boxe pas vraiment dans la même catégorie. C'est comme essayer de plaquer un Wookie ivre, quoi. Quand je sens que la joute tourne mal, je décide que j'en ai assez vu, et qu'il est temps de s'en mêler. S'il pense que je vais le laisser crever sans avoir mes réponses, il se met un croiseur dans l’œil, le bleu.

            "Salut les amoureux ! J'vous dérange ?"

            Ma voix caverneuse et goguenarde tranche dans le silence qui s'est fait aux alentours. Je me tiens dans l'encadrement de la porte, un flingue dans chaque paluche, les jambes croisées. J'ai déjà le doigt au niveau de la gâchette pour celui de droite, braqué, l'air de rien, sur le gros bouffis qui s'amuse avec mon jouet. La Mando n'est pas prêteuse, surtout avec un inconnu qui se targue d'être à la tête d'un tel ramassis de bras cassés. Pis bon, c'est pas comme si j'avais une autre piste que le buveur de lait maquillé au curaçao.

            " Tiens tiens. On se connaît, non ? "

            Un peu qu'on se connaît, l'enflure. Si tu crois que j'ai pas compris la technique de je t'envoie casser du gros pendant que je passe par derrière, tu te trompes de plusieurs parsecs. Il est temps d'aller remettre les horloges holo à l'heure.

            "Je flingue qui en premier ? Le gros derrière qui veut jouer les parrains ou toi et tes combines à deux dataries ? Ah, mais attends... J'peux vous descendre tous les deux en fait. Pas besoin de choisir. A moins que quelqu'un ait quelque chose à dire ? Sinon tanpis, quitte à faire le ménage, autant le faire jusqu'au bout. "

            Piégés comme des rats, les caïds. Va falloir argumenter grave s'ils veulent pas finir avec un tir quelque part. J'ai le blaster qui démange sévère...



            Son strident et bref témoignant d'une mort rapide et sans trop de douleur.

            ** Traduction indisponible

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              Post n°8
              Auteur : Hivernus

              Fin de la partie pour les deux protagonistes. Avec sa tendresse habituelle, la Mandalorienne évoque le futur sort du Chiss et de son compère Houk. L’humanoïde à peau bleue esquisse l'ombre d'un sourire qui sera sûrement réprimé par la donzelle en armure. C'est un retournement de situation qui n'est pas prévu, mais qui reste prévisible. Après tout, il aurait été dommage de s'engager dans une aventure avec un individu demeuré qui se contentait simplement de liquider tout ce qui bouge sans se poser de questions. Sans étonnement, Gormlaith profite de cette interruption pour tenter de retourner la situation à son avantage.

              - Nous ne sommes pas obligés d'en arriver là... tu as démontré tes talents en liquidant une partie de mes hommes... et je pourrai bien avoir besoin de tes compétences ma belle. Le Houk renifle de façon désagréable avant de pointer de sa grosse paluche le Chiss. Si tu me débarrasses de ce petit fauteur de trouble, je te récompenserai grassement... Alors... qu'en dis-tu ?

              L'ex-impérial ne répond rien, comme s'il était confiant. Et il l'est. Il arbore un de ces airs de vieux soldat harassé par une longue journée de combat.

              - Alors Futhark... on a les... "foies" ? Surenchérit le Balafré en lâchant un rire gras. Il fait bien évidement référence à la petite enquête que mène l'alien en compagnie de la brute en armure. Tu vois Chasseuse ? Cet alien n'en vaut pas la peine. Il est abandonné de tous, même de sa "sœur".

              Toujours aucune réponse de la part du Chiss, qui reprend son souffle. Il baisse un instant la tête afin de vérifier l'état de ses côtes. On peut surprendre un nouveau sourire se dessiner sur ses lèvres. Plusieurs hommes armés font irruption dans la pièce à moitié plongée dans le noir. Ils braquent dans un premier temps la Mandalorienne. A en juger les bandeaux et autres vêtements rouges qu'ils portent, il s'agit de petites frappes sous les ordres de l'imposant Houk. Sont-ils des rescapés, des fuyards ou bien des renforts alertés par les tirs ?
              Cela n'a aucune importance, car le chef des Débardeurs Rouges est désormais en position de force. Trois hommes encerclent la femme et sont prêts à la réduire à l'état de passoire tandis qu'un autre s'empare du Chiss et le met à genoux selon les directives du grand patron.
              Celui-ci prend même la peine de s'installer à nouveau sur son fauteuil, qui est à peu prêt tout ce qu'il reste d'intact dans la salle. Il croise les mains sur son bidon bien rempli et ne s'inquiète pas de voir son précieux mobilier plier sous son poids. Il est uniquement concentré sur la scène qui va suivre, sous ses yeux. D'un simple hochement de tête, il accepte qu'un de ses subordonnés s'amuse un peu avec le détenu. Un Twi'lek ne tarde pas à enfoncer brutalement la crosse de sa carabine laser dans les côtes de l’humanoïde, et ce à plusieurs reprises.
              Nash encaisse les coups sans broncher, se contentant simplement de serrer les dents. Il reste étrangement silencieux. Le dernier coup le fait se recroqueviller sur lui-même. Il ne tient plus sur ses genoux.


              - Bien... bien... Il suffit. Lâcha simplement Gormlaith en s'humectant les lèvres. Visiblement, il avait apprécié le passage à tabac. C'est à notre amie ici présente de porter le coup fatal. Du moins... si elle tient un temps soit peu à la vie et à la promesse d'une récompense.

              Le Twi'lek redresse la tête de Nash par les cheveux, tout en souriant à la manière d'un rapace prêt à participer à un festin. Ses comparses rient déjà aux éclats. Ils semblent relâcher leur attention et baissent les armes, sûrs et certains que la Mandalorienne va les rejoindre. Le Chiss détaille un à un chaque personne présente dans la pièce. Son regard de braise semble inchangé, froid et inexpressif comme à son habitude. Il y avait toujours cette petite lueur, cette flammèche déterminée dans ses yeux, malgré tout ce qu'il avait enduré.

              - Il est temps... Reprend le Houk qui manque de grogner. Je commence à perdre patience ! Tues-le !

              - J'espère sincèrement que vous vous êtes amusée dans le hangar. Quoi qu'il en soit, faites votre devoir Mandalorienne. Se contenta de répondre froidement l'ex-impérial qui fixait sans gêne la femme en armure. Honorez les vôtres.

              Des paroles simples et sans émotion. Visiblement, il n'a pas peur de la mort, comme s'il était résigné. Néanmoins, le Chiss a fait preuve de subtilité. Il avait entendu parler des mercenaires Mandaloriens et de leur code d'honneur. Il espère ainsi le rappeler à la brute épaisse qui doit mettre fin à son existence. Si elle est aussi intelligente qu'elle prétend l'être, elle ne mettra pas longtemps à comprendre qu'elle plus à gagner en sa compagnie. Après tout, c'est bien Nash qui lui a donné les pistes, qui lui a donné un point de départ. Sans l’humanoïde, la Mandalorienne serait sûrement en train de ramer dans l'inconnu, à la recherche d'une piste sérieuse. La situation ne s'y prête pas vraiment, mais il est curieux de voir quelle chemin la guerrière prendra. Est-il assez fou pour miser sa propre vie dans un simple pari ? Il semblerait bien que oui...

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                Post n°9
                Auteur : Azel Kyone'e

                Dans la vie, y a deux sortes de gens. Y a ceux qui ont des jouets et qui savent pas s'en servir mais qui les montrent bien histoire de se la péter un max, et les autres, qui savent s'en servir et les montrent justement au moment de s'en servir. Là, je crois qu'on est tombé sur un nid de la première espèce sus-citée.

                " Nous ne sommes pas obligés d'en arriver là... tu as démontré tes talents en liquidant une partie de mes hommes... et je pourrai bien avoir besoin de tes compétences ma belle. "

                Ma belle ? Pourquoi pas ma poule tant que t'y es ? Vaut mieux pour toi que je garde mon casque, hein, je voudrais pas te faire perdre tes illusions trop vite. Instinctivement, mon arme se relève de quelques millimètres. Juste assez pour suivre son mouvement. Je savais bien que j'allais pas trouvé un ponte de l'humilité, mais là, j'dois avouer qu'il explose le stupidomètre, le gros baraqué.

                "Si tu me débarrasses de ce petit fauteur de trouble, je te récompenserai grassement... Alors... qu'en dis-tu ? "

                Une chasseuse de prime, hein ? T'es bien comme tous les autres, à croire que tous les miens en sont réduits à troquer leurs talents contre monnaie sonnante et trébuchante. T'as p't'être pas tort sur les bords : y a bien des siècles que Mandalore n'a plus fait trembler grand monde. Mais ce serait une grave erreur de ta part de croire qu'un Mando'ade n'est qu'un vulgaire grappe-sous sans foi ni loi. J'ai bien envie de l'ouvrir grand et de lui rétorquer de faire le sale boulot lui-même. Après tout, il avait bien commencé tout seul !

                Mais au fond, je sais que c'est pas ce que je veux. Le bleu s'est vraiment bien payé ma tête, et il a l'air d'en savoir long sur ces histoires. Lui faire sauter la tête des épaules ici maintenant, c'est avoir fait tout ce chemin pour pas grand chose. Et d'ailleurs... ch'uis pas assez naïve pour croire qu'après le capharnaüm que j'ai mis dans sa petite cachette, l'autre gros va pas vouloir me le faire payer un minimum. Je suis pas de ceux qui se rangent du côté des fripouilles juste par appât du gain, désolée.

                " Alors Futhark... on a les... "foies" ? Tu vois Chasseuse ? Cet alien n'en vaut pas la peine. Il est abandonné de tous, même de sa "sœur". "

                Je ne sais pas de quoi il parle. Et je m'en contrefiche. Je guette juste the moment où je pourrais lui en coller une bien sentie... Quand mon oreille m'indique que ça ne se passera pas comme je l'entendais. Des pas précipités et une poignée de gros bras débarque de je sais pas où. Tiens, il en restait ? 'tsel, t'es pas dans la course, là ! On avait dit tout nettoyer. T'es allée trop vite. T'en as laissé dans les coins ! Pas bien.

                Je ne peux pas faire grand chose à part les laisser gentiment m'encercler comme une meute de chiens braillards. Ces débiles pointent leurs pétoires sur ma tête, sans comprendre que c'est certainement la zone la moins exposée de mon corps. Ah si, y en a un qui comprend. Ou qui veut pas être un mouton, j'sais pas. Il braque son blaster sur mon ventre et me regarde avec une trogne patibulaire. Tu sais, si j'étais toi, je jouerais à la Lot'Hutt. T'aurais peut-être une chance de gagner un relooking...

                En parlant de ravalement de façade, j'en connais un qui en prend pour son grade. Punaise, et moi qui ait cru pendant une minute qu'il était un dur à cuire... Non mais regardez-moi ça ! Il se laisse faire comme le dernier des soumis ! J'ai honte d'avoir suivi un type pareil, en fin d'compte. Comment j'ai pu me leurer à ce point ? Je mesure à quel point la voie de la sagesse est loin de celle que j'emprunte. Pff, non mais allez-y ! Cassez-le, j'vous dirais rien ! Cet acharnement contre un buveur de lait qui préfère courber l'échine plutôt que rendre dix pour un, ça me dépasse. Le spectacle est si lamentable que j'en ai la nausée. Foutu bleusaille...

                " Bien... bien... Il suffit. C'est à notre amie ici présente de porter le coup fatal. Du moins... si elle tient un temps soit peu à la vie et à la promesse d'une récompense. "

                Tu me prends vraiment pour la dernière des quiches, toi, hein ? Moui. Bien. Aujourd'hui tu vas apprendre qu'il y a une légère différence entre "pas finaude" et "complètement tarte". Et elle se chiffre en coups de tatanes, la différence.

                " Il est temps... Je commence à perdre patience ! Tues-le ! "

                C'est ça. Je te fais patienter autant que je veux. Règle numéro un : ne jamais donner d'ordres à un Kyone'e si t'as pas son respect. C'est très mauvais pour la santé. Deuxième règle : ne t'avise jamais de croire que je vais pas tout tenter pour te crever si tu me prends pour ce à quoi je pense. Mon doigt caresse la gachette avec une délicieuse lenteur. J'enregistre le regard de la victime du jour. Ce à quoi je ne m'attendais pas, en revanche, c'est à son commentaire en mode " tu ne sais pas ce que tu fais, Charlie. " Le problème ? Je m'appelle pas Charlie.

                " J'espère sincèrement que vous vous êtes amusée dans le hangar. Quoi qu'il en soit, faites votre devoir Mandalorienne. Honorez les vôtres. "

                Attends. Je rêve. Un ricanement m'échappe. Qu'est-ce qu'il faut pas entendre... mais en fait, j'ai absolument pas envie de rire, et ça s'entend très bien.

                « C'est toi qui me parles d'honneur, la flicaille ? Tu manques pas d'air. Excuse-moi d'penser qu'on doit pas avoir la même définition du mot.»

                Mon regard se braque sur son visage et je le tue de cinquante mille façons différentes en moins d'une seconde dans une dizaine d'univers parallèles.

                « Visiblement ça t'as pas gêné de m'attirer dans ta toile, hein ? Après tout, ça fait toujours ça de moins à payer de ta poche. »

                Qui c'est qui fait ses niches dans mon dos pendant que je suis priée de nettoyer la place ? Ma bouche se tord en une grimace de rage. Le bleu de mes yeux a disparu pour ne laisser que le gris, devenu un acier dur qui pourrait rivaliser avec celui qui me couvre.

                ZPEEW

                J'arme à nouveau mon premier flingue et je décoche un tir... qui lui frôle les côtes et coupe nette la lourde ceinture qui maintient son pantalon. Petit cadeau pour m'avoir fait ton coup de Hutt, sergent curaçao. Mais je m'arrête pas en si bon chemin et enchaîne avec un magnifique headshot du petit malin qui lui avait flanqué une raclée. Quand on s'amuse à frapper des bonhommes à terre, faut pas s'attendre à une meilleure mort.

                Deux. Un...

                L'ensemble hurle de rage. Je m'effondre sur place, laissant ma jambe droite glisser sur le côté en un grand écart plutôt risqué. Mon pied heurte celui d'un premier type qui vacille sur ses appuis. Mon tir atteint celui de gauche à l'entre-jambe et mon deuxième ratte la tête d'un second d'un cheveux - eh ouais, c'est ballot - emportant un morceau d'oreille pointue au passage. Mon omoplate reçoit une décharge et un autre tir me troue l'épaule de part en part. Pas le temps de gueuler, j'ai le reste à sauver.

                Être un grand guerrier n'a jamais signifié se croire invincible. Au contraire, c'est avoir bien conscience de ses limites et ne jamais les outrepasser. Ce que je ne fais absolument pas. Hey, c'est pas pour autant que j'essaye pas d'm'améliorer, hein ! Mais disons que même à mon âge y reste du chemin à faire. J'y peux rien, ch'uis comme ça...

                Je me sers de mon bras blessé comme bouclier pour me retourner vers ce fils de Sarlacc et lui décoche un coup de botte blindée dans la face en guise de remerciements. Je rengaine mes blasters du même coup : maintenant, ça va faire bobo. parce que je suis vraiment... mais vraiment, plus d'humeur à faire ça proprement. Mon épaule crie au meurtre et je vais pas lui refuser une petite consolation. J'attrape le cadavre à deux mains et le projette de toute ma force sur les deux tireurs restant en rugissant comme un Rancor. Le poids mort bascule par-dessus mon épaule valide et tombe sur les lascars, les obligeant à s'écarter en catastrophe. Je profite de leur mouvement pour bondir. Le premier se mange mon poing lancé à pleine vitesse et sa tête décide pour la première fois d'explorer un angle de rotation supérieur à 180 degrés. Un tir ricoche sur mon casque avec un énorme "schlong", y laissant une trace noire caractéristique. Je me retourne, me jette en avant, empoigne l'arme par le canon et tire comme un pêcheur le ferait d'une canne à pêche. Le poisson arrive, et je l'accueille à bras ouvert avec une bonne grosse bibise maison. Je vais pas jusqu'à lui fournir la cuillère pour aller ramasser ses dents, faut pas pousser.

                J'entends alors le bruit reconnaissable d'un siège agonisant qu'on laisse pour mort après une longue séance de torture. Le boss de fin pense qu'il est temps de lever son joli fessier. Bien. Le Houk beugle quelque chose que je n'écoute même pas en me menaçant de son poing énorme. Je déverrouille les lances-fléchettes de mes brassards et m'avance sur les deux derniers vivants de la pièce en faisant craquer mes phalanges. Sans un regard pour le steack pas cuit, je crache, venimeuse :

                " La prochaine fois que tu m'appelles "ma belle", ou que tu t'avises de croire que je suis ta bonne, je t'explique comment on apprend à voler dans l'espace sans vaisseau. "

                Et pour commencer : décollage par propulsion mécanique. J'ai les pieds qui démangent. Ouuuh que oui !

                Pas que les pieds, d'ailleurs...

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                  Auteur : Hivernus

                  Y'a pas à dire, elle a du culot la Mandalorienne. Et lui se retrouve presque déculotté par la même occasion. Il vient de se faire humilier par la mercenaire, et il l'admet, il ne l'a pas volé. Il s'en tire bien mieux que les Débardeurs Rouges présents dans la salle, qui passent un sale quart d'heure. Quatre... Trois... Deux... Un... Ils tombent tous sous les coups de la guerrière en armure, comme s'ils étaient du blé et elle une faucheuse. Le Chiss reste à terre durant toute la durée du combat, à examiner les moindres gestes, les moindres coups portés par la Mandalorienne. Il n'arrive pas à déterminer si c'est son instinct de survie qui prend le dessus, ou si elle a l'habitude de batailler à l'improviste. Néanmoins, il doit admettre une chose, elle a du talent.
                  Les derniers défenseurs du Houk sont désormais hors d'état de nuire, étendus sur le sol pour de bon, ou se tortillant de douleur. Le Balafré n'a même pas le temps de tenter quoi que ce soit, il est stoppé dans son geste. La donzelle le tient en joue.


                  - La prochaine fois que tu m'appelles "ma belle", ou que tu t'avises de croire que je suis ta bonne, je t'explique comment on apprend à voler dans l'espace sans vaisseau.


                  - Garce ! Tu vas me le payer ! J'ai des relations dans les hautes-sphères du pouvoir ! Tu ne t'en sortiras pas vivante ! Hurle le Houk à pleins poumons. Il crache sur le sol, ultime injure.

                  Le Chiss profite du moment d'inattention de la guerrière et du colosse pour bondir sur ce dernier et lui plante un éclat de bois dans la gorge, graisseuse à souhait. Gormlaith tente alors d'étrangler son agresseur avec ses larges mains, mais l’humanoïde continue de porter ses coups mortels avec sa froideur habituelle, attendant qu'un sang chaud et poisseux jaillisse et éclabousse son visage. Il ne s'arrête de frapper que lorsque le Houk lâche enfin prise. L'ex-soldat se relève péniblement et grimace, il a trop forcé sur ses côtes. De son côté, le chef des Débardeurs lâche un dernier gargouillement avant de s'éteindre pour de bon. Il n’ennuiera plus personne celui-là. Nash regrette presque de lui avoir accordé une mort trop rapide.

                  - Moi de même. Répond avec simplicité le Chiss au cadavre, avant de se tourner vers la Mandalorienne. Son regard de braise semble bien moins vif avec ce visage couvert d’hémoglobine. L'argent n'est pas ma principale motivation. Autant dire que vos "services" seront amplement rétribués avec la récompense offerte pour la mise à mort de ces individus. Une "toile" qui ne paye pas de mine et rapporte pourtant gros, étonnant n'est-ce pas ? Il jette un bref coup d'oeil au dessus de l'épaule de son interlocutrice, en esquissant un léger sourire. Hmm. Je crois que nous avons encore de la visite.

                  En effet, des bruits de pas viennent envahir une à une les pièces du vaste entrepôt et de nouveaux hommes armés prennent aussitôt possession des lieux. L'ex-soldat impérial reconnaît aussitôt l'uniforme assez hétéroclite des membres de la milice locale. Il n'arrive pas à déterminer le nombre exact de miliciens présents dans l'entrepôt. Quinze ? Vingt ? Peut-être trente ? Aucune idée. Une dizaine d'entre-eux semble avoir déjà enjambé les corps des bandits et pointent leurs armes sur le duo. Plusieurs autres prennent position à l'entrée du bureau, prêts à venir assister leurs camarades déjà engagés dans la salle. Un vieux portant un béret rouge sort du lot et se pointe devant les deux comparses de mésaventure en se lissant la moustache.

                  - Plus un zeste ! Par ordre du G'uverneur Zalt, pr'nons p'ssession de l'endroit ! Beugle t-il dans un basic approximatif. Il lâche d'ailleurs -sans le faire exprès- plusieurs postillons à la figure des deux suspects.

                  Un de ses collègues hurle alors quelque chose dans sa langue natale et menace le duo avec son arme. Nash coopère et se met à genoux, mains sur la tête. La guerrière ne semble pas comprendre, et avant que le Chiss ne puisse ouvrir la bouche, un tir vient la coucher au sol. La fonction paralysante de l'arme semble avoir porté ses fruits et c'est sans crainte que plusieurs membres de la milice passent les menottes aux deux individus interpellés. Ils sont reconduits dehors par une escorte conséquente, sans être ménagés. De nombreux cadavres jonchent le sol ça et là, à la grande satisfaction de l’humanoïde, qui ne rate pas une seule occasion d'évaluer le potentiel de la donzelle. Les miliciens échangent d'ailleurs plusieurs commentaires entre eux. Ils sont à la fois impressionnés et inquiétés par un tel carnage et attendent avec impatience l'interrogatoire des suspects afin d'en savoir un peu plus.

                  A l'extérieur, deux membres des Débardeurs Rouges sont embarqués à bord d'un fourgon blindé. Même si les deux gars sont bien amochés, la Mandalorienne n'a pas réussi à les mettre définitivement hors d'état de nuire, contrairement au Chiss, qui a éliminé toutes ses cibles. Cibles. L'ex-soldat s'étonne encore d'employer un tel vocabulaire. Sa petite excursion dans l'entrepôt n'avait rien d'une mission. A croire que sa carrière passée au sein de l'Armée Impériale ne le quitterait pas. Il sort rapidement de ses pensées lorsqu'il est bousculé par un des miliciens qui le fait monter dans un nouveau fourgon blindé. On dépose le corps inerte de la Mandalorienne sur le banc d'en face, en prenant soin de lui mettre des chaînes au niveau des poignets et des chevilles. Histoire qu'elle ne s'échappe pas...
                  Le moustachu qui semble être le chef du groupe s'installe juste à côté du Chiss, qui lui adresse un regard froid et inexpressif, comme à son habitude. Les deux soldats irréguliers qui les accompagnent à l'arrière sont pour le moins... intimidés. Qui ne le serait pas en compagnie d'un alien couvert de sang ? A moins que ce ne soit la perte du pantalon... Heureusement pour lui... et pour les jeunes esprits en présence, le Chiss porte toujours une combinaison noire moulante en dessous de ses vêtements. Une combinaison presque identique à celle que les stormtroopers ont l'habitude de porter, si ce n'est que celle-là semble avoir des fibres à absorption d'énergie incorporées dans le tissu, fibres dont le but est de réduire les dommages infligés par un tir laser. On n'est jamais trop prudent... Quoi qu'il en soit, il se peut bien que cette combinaison moulante fasse également son effet sur les deux jeunes miliciens...





                  Le Chiss observe silencieusement la Mandalorienne qui gît inconsciente sur un lit, à travers les barreaux de la cellule. On lui a enlevé son armure tout équipée et elle porte désormais une simple tenue de prisonnière. Question de sécurité. Il détaille les traits de la jeune femme en se tenant le menton, pensif. Elle ne ressemble pas vraiment à ce qu'il s'imaginait dans la cantina. Elle est bien plus jeune qu'elle ne le laisse penser. Nash est un instant distrait par plusieurs gardes qui passent dans son dos en échangeant des commentaires désagréables sur sa tenue vestimentaire et il leur adresse un regard froid, que les soldats s'empressent de fuir. En effet, il porte une tenue de soirée particulièrement coûteuse. Mais l'occasion s'y prête. On l'a invité à l'hôtel de ville, où une remise de médaille doit s'effectuer. Il ne tient pas à être pris pour un abruti débarquant de nulle part, alors il a décidé de dépensé un peu d'argent dans une commande spéciale. Bien évidement, comme lorsqu'il travaille sur une affaire ou sur un contrat, l’humanoïde s'est renseigné sur les coutumes locales. C'est donc revêtu d'un dolman et de la pelisse qui va avec qu'il irait à la soirée. Lorsqu'il reporte son attention sur la donzelle, il remarque -non sans étonnement- qu'elle le dévisage désormais.

                  - Bon retour parmi les vivants... Répond froidement l'ex-soldat en souriant de toutes ses dents. Il est presque provocateur dans son attitude. Vous vous rappelez du conseil que je vous ai donné dans la cantina ? "Les "amis" sont toujours utiles dans cette ville." Et c'est le cas. Je n'ai croisé qu'une seule fois le Haut-Commissaire Veld, un charmant homme ma foi. Sur beaucoup de points, nous nous rejoignons. Et visiblement, il ne m'a pas oublié. Oh. J'imagine que cela ne vous intéresse pas. Voilà quelque chose qui devrait plus vous parler... Le Chiss jette une bourse pleine de crédits à travers les barreaux de la cellule. Trois mille crédits sonnants et trébuchants offerts par le gouvernement pour la neutralisation du gang des Débardeurs Rouges et de son chef. Il n'en manque pas un. J'ai également réussi à persuader la Milice de vous libérer, un garde devrait bientôt venir vous ouvrir. Vous pourrez bien évidement récupérer vos effets personnels.

                  Et alors qu'il s'apprête à partir, il lance à la Mandalorienne d'un air joueur :

                  - Vous vouliez voir le Gouverneur Zalt il me semble non ? Il organise une petite soirée aujourd'hui même à l'hôtel de ville. Vous savez où me trouver...

                  Dans la cour de la prison, une foule de silhouettes en tenue orange se regroupe autour de deux détenus particulièrement violents. Comme si le malheur et la misère n'étaient déjà pas assez présents dans cet endroit... Le Chiss a l'impression de se revoir quelques instants plus tôt, lors de son duel avec Gormlaith. Au final, il s'en était tiré avec quelques côtes cassés, que les médecins de la prison avaient réussi à remettre plus ou moins à leur place. Les coups que s'échangent les deux combattants sont rudes et le sang commence tâcher les uniformes. Néanmoins, les forces de sécurité du pénitencier interviennent rapidement, les prisonniers sont rapidement dispersés par les gardiens et les fauteurs de trouble se voient plaqués sur le sol, dans l'attente d'une punition de la part du chef de secteur. On ne rigole pas avec la discipline et le règlement ici. Nash a presque l'impression de se sentir chez lui dans cette atmosphère pesante et rigide. Comme s'il était de retour à la maison.




                  Machinalement, l'ex-impérial réajuste le col de sa tenue. Il a l'impression d'être une autre personne avec son dolman bleu marine et ses motifs brodés d'or, par dessus lequel il jette sur son épaule une pelisse écarlate elle-même recouverte de brandebourgs dorés. Une bande d'étoffe rouge aux parements couleur or barre d'ailleurs son torse et renforce son allure princière. La fourrure qui dépasse légèrement de la pelisse lui rappelle un instant les vêtements chauds qu'il avait l'habitude de porter sur Csilla, afin de ne pas succomber au froid.
                  Étrangement, il ne sent pas à l'aise parmi toutes ces personnes influentes et reconnues, bien qu'il garde en permanence un sourire à peine forcé sur le bout des lèvres. Les fastes de la cour... et ses intrigues politiques. Car bien évidement, la politique est le sujet abordé par toute personne "sensée" dans un tel endroit et Nash a bien compris le système. Il n'en reste pas moins Chiss et méprise par dessus tout ces politiciens manipulateurs et profiteurs à souhait. Il n'est d'ailleurs pas habitué à tout ce luxe qui envahit chaque recoin de l'immense salle de réception. Telle une maladie contagieuse, le luxe se répand partout, les tenues de soirée, la décoration, le mobilier... en passant bien évidement par les moindres détails insignifiants... tout y passe ! Il se réfugie au niveau du vaste buffet où de somptueux mets se battent en duel et échange alors quelques politesses avec un duo de magistrats qui se révèlent au final plutôt coriaces à faire partir. Heureusement pour l’humanoïde, le gouverneur lui-même vient mettre fin au brouhaha général en frappant dans ses mains et en demandant le silence dans toute la salle. Un discours pompeux et rallongé à souhait commence alors à se faire entendre... Le Chiss en profite pour discuter avec le Haut-Commissaire Veld, qui s'est rapproché pour mieux entendre.

                  Toujours aucun signe de la guerrière en armure, du moins pas à l'horizon.

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                    Auteur : Azel Kyone'e

                    " Garce ! Tu vas me le payer ! J'ai des relations dans les hautes-sphères du pouvoir ! Tu ne t'en sortiras pas vivante ! "

                    Eh, c'est moi que tu traites de garce, le sac de fiente ?! T'es pas gêné ! Allez, viens te faire moucher, c'est gratuit ! Je glisse mes flingues dans leurs logements et arme mes poings. T'as pas idée de la force que je peux mettre dans une simple droite, coco. J'en ai tapé, des gros tas avinés et mal léchés, depuis que je suis en âge d'avoir des dents cassées. Son crachat me donne juste envie de rire : désolé mec, pour perdre son honneur, faut encore en avoir. Pas gagné, dans ton cas.

                    " Tes hautes-sphères, tu peux te les caler là où j'pense, ad be'yialeti'r* !! "

                    Sauf que je n'aurais jamais le loisir de le lui prouver. Le bleu s'est relevé, frais comme un gardon malgré sa rouste, et ne perd pas son temps en bavardage. Bon, ok, je suis pas très contente de rester les bras croisés comme spectatrice. Mais je me mets de seconde à sa place et j'pense que j'aurais pas fait mieux, en fait. J'ai beau être persuadée qu'il la mérite pas, sa petite vengeance, après ses manigances à la Jawa, je suis pas assez tordue pour en profiter. Je le lui laisse, son steak de Houk !
                    Enfin, papa bibi consent à se montrer un peu plus "percutant" avec l'ordure. C'pas trop tôt ! C'est ça, vas-y, cogne bien, là où ça fait mal de préférence ! Eh ben voilà, c'était pas si dur !

                    L'alien pisse le sang sur le sol, comme une outre crevée. L'homme bleu est plus très très bleu, en fin d'compte. Il serait même plutôt pourpre, actuellement. C'est presque marrant.

                    " L'argent n'est pas ma principale motivation. Autant dire que vos "services" seront amplement rétribués avec la récompense offerte pour la mise à mort de ces individus. Une "toile" qui ne paye pas de mine et rapporte pourtant gros, étonnant n'est-ce pas ?

                    - Génial. Je suis sensée applaudir des deux pieds, monsieur le génie militaire ? En attendant, j'peux savoir ce qu'on est vraiment venu faire ici ? Ou c'était juste histoire de repeindre les murs en rouge parce que le gris plaisait pas ?

                    - Hmm. Je crois que nous avons encore de la visite.
                    "

                    ENCORE ?! Sans blague, mais ils sont combien, dans ce trou ? Ils se cachent sous les tapis ou quoi ?! Avec un juron bien senti, je dégaine à nouveau, prête à leur faire manger leurs sandales par tous les orifices. Les canons des blasters pointés sur la porte, je me retiens de faire feu au dernier moment, interloquée par l'apparence inattendue du premier qui se retrouve en face de moi. Il ne perd pourtant pas de temps pour me mettre en joue à son tour, comme si c'était la meilleure chose à faire. Je recule, toujours en position de tir, quand toute une armée débarque à sa suite. Eh m... "De la visite". J'te retiens, tête de nœud. Un type décoré comme un jardin naboo fend les rangs et redresse le béret qui trône sur son crâne.

                    " Plus un zeste ! Par ordre du G'uverneur Zalt, pr'nons p'ssession de l'endroit ! "

                    Punaise, c'est quoi ce délire ?! Ma visière se tourne vers le béret qui nous postillonne au visage, puis vers le bleu. C'est quoi ce délire ? Qui a prévenu ces cops de malheur ? On s'en serait bien passé !

                    " Eh, oh, on se calme, on est pas de la bande. "

                    Peine perdue, mes deux armes dans les mains, j'ai peu de chance d'être écoutée. De toute façon, on est toujours les premières cibles dès qu'il y a du grabuge quelque part. J'échappe pas à la règle. Comme je m'y attends, ça se met à beugler dans le jargon du coin, pas prêt à nous laisser gentiment filer. Quand je pense que je les ai aidé à se débarrasser d'un mafieux local. Voilà comment on nous remercie ! Pauv'type.

                    Je vois mon "allié" obtempérer comme un bon toutou et se plaquer. Bordel de Hutt, mais qui m'a donné une fiotte pareille comme équipier ?! C'est pas vrai, dites-moi qu'je rêve !! Eyan se serait tordu de rire à nous voir. Sauf que j'ai franchement pas envie de me fendre la poire. Une vingtaine de flingues sur ma tronche, c'est pas vraiment bon signe.

                    " Quoi ?! Z'êtes sérieux là ?! On s'fait coffrer comme de vulgaires calyarnr** ?! Mais pour qui vous vous prenez ?! "

                    Par les dessous de l'Invincible, c'est quoi ce foutoir ?! S'ils pensent une seule seconde que je vais les laisser me passer gentiment les menottes... Bon, ok, je comprends un peu tard que ma colère m'ôte souvent tout bon sens. J'ai à peine le temps de décocher un beau crochet du droit à celui qui me touche d'un peu trop près qu'une violente décharge me paralyse de pied en cap. Un grognement furieux m'échappe et je m'effondre d'un bloc, les muscles tétanisés. Ah les fils de... Pour une arme de lâche, on fait pas mieux. Je peux même plus lever l'auriculaire. Je deviens spectatrice impuissante de toute la scène, et tout mon être hurle de rage. Dès que je pourrais à nouveau bouger, y en a qui vont regretter de m'avoir pris pour une quiche. OH QUE OUI !




                    Je sais pas depuis combien de temps je suis là, à ne pouvoir fixer que le plafond qui me surplombe. Cette situation me met les nerfs à vifs. Mais dans un sens, elle m'oblige aussi à apprendre la patience, parce que je ne peux pas me débiner. Je suis obligée de regarder ce foutu plafond pendant des heures et d'y trouver une forme de méditation. Cette bonne blague. C'est pas que ça commence à me peser mais... si. Je flotte dans un état de léthargie désespérante. Je crois que la première chose que je vais faire quand j'aurais retrouvé la terre ferme, c'est casser un truc. N'importe quoi, juste pour pouvoir extérioriser ma frustration avant d'exploser.

                    Les types qui m'ont coffré se sont offert le luxe de me dépouiller comme des charognards. j'ai même cru comprendre qu'ils y prenaient un certain plaisir. Je sais pas ce que j'aurais donner pour les jeter en pâture à un Rancor, à ces sales pervers. En attendant, ils m'ont chourave ma Beskar'gam et mon arsenal, tout en m'octroyant bien généreusement quelques fripes affreuses qui laissent passer les courants d'air. S'il y a bien une bêtise qu'ils auraient au moins pu s'abstenir de faire, c'est bien celle-là. Il en faut pour attirer notre haine - j'parle de vraie haine, pas d'un coup de sang - mais là, c'est bien partie. J'ai le sang qui me bat si fort les tempes que j'entends presque pas les voix qui discutent dans le couloir près d'ici.

                    Puis, une éternité passant, je sens à nouveau ma nuque réagir. J'ai des fourmis dans tous le corps et les jambes qui pèsent un Bantha mort.

                    " Bon retour parmi les vivants... "

                    Pour seule réponse, une pure expression de rogne. Trop animale pour être retraduite par un mot. Je l'avais presque oublié, lui. Lui et sa tronche de j'ai-oublié-de-mettre-un-masque-avant-de-repeindre-mon-vaisseau.

                    " Ahah. Ch'uis morte de rire. "

                    J'ai la fumée qui me sort par les narines et les oreilles. Si mes yeux pouvaient tuer, ils l'auraient déjà fait. Mais ma tête me fait encore bien assez mal pour qu'il me faille tâtonner pour me lever. Je m'assois gentiment au bord de ce qui me sert de lit et me masse les tempes.

                    " Vous vous rappelez du conseil que je vous ai donné dans la cantina ? "Les "amis" sont toujours utiles dans cette ville." Et c'est le cas. Je n'ai croisé qu'une seule fois le Haut-Commissaire Veld, un charmant homme ma foi. Sur beaucoup de points, nous nous rejoignons. Et visiblement, il ne m'a pas oublié. Oh. J'imagine que cela ne vous intéresse pas. Voilà quelque chose qui devrait plus vous parler...

                    -Un "homme charmant" ? Si c'est du charmant dans vot'genre, non merci, je m'en passerai.
                    "

                    Ma voix est encore plus grave et rauque que d'ordinaire. Faut dire que j'ai rien bu depuis des heures, la salive commence à se faire rare. A la place, j'ai l'impression d'avoir du plâtre, ou du ciment. Je relève le nez quand j'entends un bruit de ferraille sur le sol. Le bonhomme vient de me balancer une bourse pleine aux pattes. Là, comme ça, genre "tenez mon braaaave, vos gages". Une seconde, je reste immobile, figée en vol. Puis ma nuque remonte encore et je le transperce du regard.

                    " Trois mille crédits sonnants et trébuchants offerts par le gouvernement pour la neutralisation du gang des Débardeurs Rouges et de son chef. Il n'en manque pas un. J'ai également réussi à persuader la Milice de vous libérer, un garde devrait bientôt venir vous ouvrir. Vous pourrez bien évidement récupérer vos effets personnels. "

                    J'inspire tout doucement, trèèèès longuement. Histoire de faire baisser ma chaleur corporelle qui vient de faire un bond prodigieux sur le thermomètre. J'ai été à deux doigts de la lui jeter à la figure si vite et si fort qu'il aurait même pas eu le temps de dire "Bith". Je me suis retenue à temps. Pourquoi, j'en sais trop rien. Peut-être que j'en suis parvenu à un tel état de haine pure envers cette foutue planète et les tocards qui l'habitent qu'un affront de plus ou de moins ne change plus rien au résultat. Je vais leur pourrir la tronche jusqu'à la fin des temps. Je ne touche pas à la bourse, je me contente de regarder l'homme en combinaison moulante d'un œil torve. Je lui ferais pas le plaisir d'une réplique cinglante. J'ai trop de fiel sur la langue pour sortir autre chose qu'une insulte bien sentie et inélégante au possible. Bien que je doute qu'il la saisisse.

                    " Vous vouliez voir le Gouverneur Zalt il me semble non ? Il organise une petite soirée aujourd'hui même à l'hôtel de ville. Vous savez où me trouver... "

                    Je mets un peu de temps à bien intégrer ce qu'il vient de me sortir. Pendant ce temps, une silhouette vient le cueillir de l'autre côté des barreaux, leurs pas s'éloignent. Puis, soudain, une idée affreuse germe dans mon esprit. D'habitude, je balance un coup de pied au train de ce genre d'idée, mais là, c'est différent. Quand on me cherche, on me trouve. On s'amuse pas à désaper un Mandalorien paralysé au taser sans un jour d'en mordre les doigts jusqu'à l'épaule.

                    " T'inquiète pas mon grand, je fais, en le regardant disparaitre à l'autre bout du couloir, toi, tu m'as déjà trouvé. Aucun problème. "

                    Je fourre l'argent dans la poche de ma tunique de taularde et suis le geôlier avec une docilité suspecte quand il vient m'attraper à mon tour.




                    Dans le bureau qui sert de refuge au commandant de ce panier de crabe, un drôle de type, la mise aristo jusqu'au bout des ongles, m'accueille en souriant.

                    " Désolé, grogne le geôlier en chef à notre nantis, mais monsieur Futhark est déjà sorti. Voici le second individu à avoir été appréhendé.

                    -Oh, ce n'est pas bien grave, je lui en parlerais plus tard.
                    "

                    Il tourne son regard noir vers moi, menottes aux poignets et vêtue comme une clocharde. Mon regard le dissuade néanmoins d'avoir pitié. Le menton bien haut, les toisant tous les deux d'une bonne tête, je leur fais comprendre que j'ai pas beaucoup aimé

                    " Lord Seleyris Emilton, de l'administration, il me fait avec un sourire de pub dentifrice, à qui ai-je l'honneur ? "

                    Tante Marthe. Et mes fesses, c'est de la meringue.

                    " Azel, du clan Kyone'e" je lâche en lui broyant cordialement la main. Il grimace mais tente de garder le sourire, ce qui donne un résultat assez drôle.

                    " Navré de ce traitement, mademoiselle Kyone'e, me sourit Lord machintrucbidule, mais les autorités sont un peu sur les nerfs, en ce moment. Par ailleurs, nous n'avons pas retrouvé vos papiers dans vos effets. Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir des chasseurs de prime mettre notre ville à sac pour un règlement de compte !

                    - Ils sont dans mon vaisseau
                    , je parviens à leur grogner, sombre et dangereuse, j'étais venue que pour la routine.

                    -Routine, routine... Vous avez saccagé tout un bâtiment de la ville basse, me sermonne le chef, comme routine on a vu mieux ! En attendant, Lord Seleyris ci-présent souhaite s'entretenir avec vous à propos de ce qui s'est passé tout à l'heure. Tout est en règle vous concernant néanmoins. Tant que vous ne faites pas reparler de vous, tout ira bien."

                    Trop aimable, pépé. Bon, je peux récupérer ma super robe de soirée ? C'est pas qu'elle me manque mais j'ai rien d'autre à me mettre.

                    " Vous enquêtez pas sur notre compte mais vous me coffrez à coup de taser ? "

                    J'en suis plus à une remarque narquoise près.

                    " On préfère prévenir que guérir, me rétorque le chef, cassant, je connais assez les vôtres pour savoir que la diplomatie n'est pas spécialement votre fort. Je me trompe ? "

                    Que non. Je lui fais un joli sourire ironique en guise d'adieu, et je quitte le bureau en compagnie de l'homme en robe. Lui il en a une vraie de robe, avec de beaux souliers, de la dentelle et tout et tout ! Une vraie petite donzelle, en fait. J'ai droit à un passage aux vestiaires pour retrouver mon bardas, mis sous clef l'air de rien, puis on sort de cette prison par la grande porte. Je jette un dernier coup d'oeil à l'intérieur. Je suis pas en position de faire mordre la poussière à quelques uns de ces chiens kath, mais bon sang, y en a qui mériteraient de se retrouver la tête la première dans les égouts. Attendez-moi les filles, j'arrive.

                    En chemin vers je ne sais pas très bien où, mon riche petit administrateur me bombarde de questions sur les Débardeurs Rouges, ce que diable j'avais bien pu venir faire là-bas, et ce que je fichais ici tout court. Je lui réponds par monosyllabe, faisant le plus court possible et éludant un maximum les questions. J'aime pas ses airs de nunuche empâtée, et ses questions finissent par me paraître louches. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire, qu'une Mandalo en vadrouille pose le pied sur sa planète chérie ? Je suis certainement pas la première à venir me perdre dans cet amas de permabéton dépravé. Au détours de l'une de ses salves, je décide de contrattaquer pour mon propre intérêt.

                    " Dites-moi, Monsieur Lord Sele...

                    - Seleynis Emilton, complète-t-il, amusé, oui ?

                    - Vous êtes invité à la petite réception du Gouverneur ?

                    - Évidemment ! Je suis un grand ami du gouverneur, vous savez.
                    - noooon, c'est pas vraaaaii ! - Je n'aurais manqué son invitation pour rien au monde.

                    -Ah ! Eh ben, justement, je me disais... J'suis invitée aussi, et... Euh, enfin, voyez un peu mon genre, hein. Je fréquente pas vraiment les soirées mondaines.

                    -C'est vrai que vous avez un style très... percutant ! Ahah !
                    - clin d’œil - Eh attends, je rêve ou tu me dragues là ?! - Mais c'est ce que l'on attend d'un chasseur de prime, ma foi !

                    -Ouais... Mais le problème c'est que j'pense pas que le style "percutant" du chasseur de prime fasse bien dans une soirée chez le Gouverneur. Ni ma tenue traditionnelle, si vous m'suivez.

                    - En effet, le port d'armes et d'armure est interdit dans le Palais, sauf dérogation spéciale.

                    -Donc, vous pourriez peut-être m'aider à me trouver un truc pour être présentable, m'voyez ? Genre, m'apprendre les bases, histoire que je me fasse pas trop refouler à l'entrée.
                    "

                    Histoire que le loup entre dans la bergerie quoi.

                    " Oh, oui, je vois, je vois... Eh bien, j'ai en effet quelques adresses où nous pourrions voir cela ! Le centre ville regorge de petits commerces où vous trouverez sûrement votre bonheur ! Ma fille se fera un devoir de vous aider ! Je suis d'ailleurs certain qu'elle appréciera votre récit ! Elle adore tout ce qui est... vous voyez, histoires de justiciers "

                    Oulàààà, alors comment dire... La justicière, elle a laissé sa cape aux vestiaires, hein ? On va pas s'aventurer là-dedans. Ma ligne de conduite, ok, mais de là à devenir une héroïne, faut pas pousser.

                    " Ok, je vous suis. Après tout, c'est vous le connaisseur, hein ?"

                    Ouais, alors vas-y quand même molo avec les froufrous, hein. Parce qu'il est hors de question que je m'amène avec ta tenue. J'y survivrai pas.




                    Voilà, ça y est, j'y suis. En fin de compte, il s'avère plutôt pratique, le Lord, comme laisser-passer. Bon, je le soupçonne d'avoir des goûts bizarres en matière de filles, parce qu'il a pas arrêter de me coller toute l'après-midi, mais bon. Faut ce qu'il faut, et quand j'aurais fait ce que j'avais à faire, il ira gentiment se faire voir sur Tython. J'ai cru que cette soirée viendrait jamais. Que j'allais mourir d'épuisement et de diabète à me faire décorer comme une poupée par cette folle furieuse qui lui sert de "fifille adorée". Raaaah, la poisse ! J'y ai laissé la moitié de ma récompense, juste pour pas débarquer en costume traditionnel devant la garde qui m'aurait rembarré sans autre forme de procès. Je m'efforce de me souvenir de tout ce protocole inutile, histoire de justifier de m'être amené ce soir.

                    On nous mène au travers d'un somptueux décorum, le genre que j'imagine bien sur Coruscant - de ce que j'en connais - et on nous annonce dans une salle bondée où se pressent toutes les figures ayant un peu de pouvoir sur ce cailloux et ceux des environs. Alors là, je pense que j'ai ma dose de ridicule pour toute une vie. Même pas entrée depuis une minute, j'ai déjà une folle envie de rire. Y a trop de trucs ridicules au mètre carré, c'est pas possible. Y a pas à dire, je l'ai gagnée, ma journée.

                    Je me regarde dans l'un des plateaux plaqués au vermeil qui ornent les buffets. La vache, c'est moi, ça ? Par les poils de fesse de l'Oméga, je me serais croisée dans la rue, je me serais jamais reconnue !

                    La couche de plâtre qu'ils m'ont mis sur la figure me fait un teint de porcelaine à faire pâlir une Arkanienne, si bien que seule ma cicatrice à l’œil se voit encore, à peine. Ma bouche est presque aussi rouge que la peinture de mon casque du temps où elle était neuve, et mes yeux en amandes, soulignés de noir et fardés d'argent, feraient verdir de jalousie une Twi'lek. Je reste sidérée devant mon reflet comme une idiote. Je crois que c'est la première fois que je suis aussi bien coiffée, avec un carré impeccable qui me donne un air sévère de femme hautaine. J'ai réussi à échapper à la robe pièce-montée que monsieur fanfreluche voulait à tout prix me faire acheter, pour finalement faire un compromis avec celle que me proposait fifille. Une robe bleu nuit où l'on a renversé la galaxie, des millions de petites étoiles qui m'ont tapé dans l’œil. La coupe était la moins moche de toutes, pas trop chargée contrairement à certaines horreurs interstellaires, le col montant devant, l'échancrure du verso laissant voir les muscles saillants de mon dos. Boucles d'oreilles argentées qui dansent de chaque côté, petit collier qui d'après le charlatant qui me l'a vendu une blinde me fait un cou de folie, j'ai certainement l'air d'une parfaite cruche. A vomir, mais c'est pas comme si j'avais le choix. Et dans un sens, c'est pas plus mal : personne s'attend à voir une guerrière débarquer en jupons. J'ajoute la carte "surpriiise" à ma main, c'est toujours ça de pris.

                    Bon, après, on fait pas de miracle. J'ai jamais porté de robe de ma vie. J'ai jamais porté de talons de ma vie. J'vous laisse deviner la grace féline qui est la mienne quand je quadrille l'assemblée au pas cadencé, pour retrouver celui que je suis venue chercher dans ce ramassis d'abats-jours décorés avec mauvais goût. J'essaye de faire abstraction, mais y a rien à faire. Et ce ne sont pas les regards des uns et des autres qui m'arrangent l'humeur. Je tente de rester fixée sur mon objectif et je lâche mon passepartout collant, resté collé à une autre, pour une fois. Bon débarras !

                    Je finis par l'apercevoir, discutant avec ces dames, roucoulant en faisant leurs yeux de biches devant le mâle fringué comme pour un défilé d'apparat. Un sourire carnassier déforme mes traits de poupée maquillée et, empoignant mes jupes à deux mains pour ne pas me prendre les pieds dedans, je sonne la charge.

                    " HEY !!! MAIS-QUI-VOILAAAAA !! C'est Monsieur Futal ! Ah non, c'est Futhark ? Pardon, désolée chéri, entre les Lord ceci, les monsieurs machins, j'en perds mon basic ! Alors, laquelle tu prends ce soir ? Laisse-moi deviner... "

                    Je fais mine de dévisager les minettes qui me fixent avec un air horrifié parfaitement jouissif. Je me fais un peu l'effet d'un serpent dans un nid de moineaux piaillards. C'est énormissime, j'adore.

                    " Celle-là ! "

                    Je pointe du doigt l'une des plus jeune, en robe dorée, qui me regarde comme si je venais de sortir un blaster. Mon doigt ganté tourne dans le vide, menaçant. Je jubile de mettre les pieds dans leurs plats de gosses de riches.

                    " Vous allez telleeeement bien ensemble ! Trop choupinet...! "

                    Je siffle le dernier mot avec un venin délicieux. Ca'nara at redalur***, les gens. Va y avoir d'la valse, foi de Kyone'e !



                    * Rejeton d'une mère indigne travaillant toujours très tard le soir

                    ** Condition sociale dégradante aux yeux d'une majorité de civilisations

                    *** Il est temps de danser

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                      Post n°12
                      Auteur : Hivernus

                      Le gouverneur Zalt, revêtu de ses plus beaux atours et flanqué par deux gardes du corps aux uniformes impeccables, s'empresse de demander le silence. Et pour se faire, il n'hésite pas à faire porter sa puissante voix. Pour son âge -que l'on ne citera pas par respect pour lui-, il lui reste encore du souffle ! La foule ne tarde pas à s'entasser en bas des marches qui mènent au trône que Zalt a longtemps convoité. Il ne fait d'ailleurs aucune doute que d'autres finiront par revendiquer sa place et son pouvoir. Néanmoins, cette heure n'est pas arrivé et Baas pose son regard vitreux sur l'assemblée en contrebas. Ils ont l'air si petits... On pourrait presque s'amuser à croire qu'une paire de doigts suffirait à en prendre un par la taille. Le gouverneur esquisse l'ombre d'un sourire. Oui, ils sont tous sous son emprise, et il peut aisément les manipuler à souhait... Ou les remplacer si ceux-ci se montrent trop exigeants ou dangereux.

                      - Messieurs Dames ! J'espère que la soirée est à votre convenance, elle ne fait que débuter ! Commence doucement le vieil homme. Il peut entendre sa voix rauque se répercuter dans l'ensemble de la salle. Il ne se lassera probablement jamais de s'entendre parler... Je vous remercie par avance pour votre présence ponctuelle et des plus raffinées ! Je n'avais pas vu de tenues aussi élégantes depuis... Quelques mois facilement. Nous devrions nous réunir plus souvent... Même si, j'en suis sûr, mes vieux os ne seront pas de cet avis.

                      Quelques rires lui parviennent aux oreilles. L'homme reprend son discours avec vigueur.

                      - Il y a quelques années de cela, lorsque j'ai été investi des plein-pouvoirs, nous étions alors plongés dans des luttes sanglantes pour le contrôle de la planète. La Pègre en a profité pour s'installer et s'emparer des miettes et de nombreux gangs ont proliféré ici et là, dans nos villes et dans nos rues ! Nous avons mis en place toute une série de réformes et de lois devant permettre à nos forces armées de reprendre le contrôle de la situation, et ces résultats ont enfin porté leurs fruits.
                      Grâce aux efforts du Haut-Commissaire, Lord Veld et de notre directeur des prisons, Lord Emilton, la criminalité a considérablement diminué au sein de nos villes et de nombreux quartiers ont enfin pu retrouver leur quiétude d'antan. Mais la guerre contre le crime n'a pas encore touché à sa fin, et dans cette optique d'en finir rapidement, nous avons décidé de faire appel à de nombreux chasseurs de primes et mercenaires.


                      De nombreux chuchotements s'échappent de la foule, certains semblent réticents. Les plus fervents partisans du gouverneur s'opposent rapidement aux plus dubitatifs, pour le plus grand plaisir du vieil homme, qui se frotte doucement les mains. C'est l'occasion pour lui de voir sur qui il peut compter, et qui il devra rassurer à coup de pots-de-vin ou qui il se contentera d'envoyer dans une des nombreuses prisons sous son contrôle... A la façon d'un dieu qui fait abattre le tonnerre et la foudre sur la populace, Zalt fait retentir sa voix avec toujours plus de force.

                      - S'il vous plaît ! Je sais ce que vous en pensez... Croyez-moi, je n'étais pas favorable à une telle décision, mais de nombreuses précautions ont été prises pour éviter tout abus de la part de ces francs-tireurs... La création d'un service de coordinations des forces planétaires de notre monde est d'ailleurs à l'ordre du jour...

                      Lord Veld... Si vous voulez bien nous faire l'honneur d'en savoir un peu plus...


                      Le Haut-Commissaire, déjà préparé à l'exercice depuis des mois, semble tout à fait confiant. Pourtant, on peut ressentir une certaine nervosité dans ses gestes. Il rectifie soigneusement les plis de sa tenue de soirée, afin de se montrer toujours plus présentable. Le Chiss, toujours à ses côtés, semble amusé par une telle attitude. Peut-être parce qu'elle ressemble étrangement à la sienne.

                      - Il semblerait que votre moment de gloire soit enfin arrivé... Chuchote alors Nash au principal concerné.

                      - Ne vous inquiétez pas... Vous aurez vous aussi votre part du gâteau. Se contente de répliquer Veld, le sourire aux lèvres.

                      - Faites donc, faites donc... Continue l'ex-impérial, une pointe d'ironie dans la voix. Faites en sorte que vos hommes ne me prennent pas de nouveau pour l'un de ces... Vauriens... C'est tout ce que je vous demande !

                      Après avoir échangé quelques rires, les deux hommes se séparent. Il est l'heure pour notre fier fonctionnaire de remplir avec brio son rôle de protecteur de la ville... Et plus globalement, de la planète. Une fonction qu'il est facile d'occuper, mais dont les tâches sont complexes et dangereuses, sur tous les points. Le gouverneur est particulièrement regardant sur l'efficacité de son administration, il est donc inutile de préciser le sort qu'il réserve aux incapables. Les plus sarcastiques s'amusent d'ailleurs à dire qu'il a des airs de "petit empereur", avec ses idéaux totalitaires.
                      Voilà donc Veld qui grimpe fièrement les marches, et monte vers la gloire qui lui est due, bien qu'ayant une posture largement rigidifiée par de vilaines craintes. Les esprits artistiques le voyaient déjà entouré d'une aura dorée, en compagnie de petits êtres ailés lui remettant les lauriers de la victoire, tandis que sonnaient les trompettes. Pourtant, la cérémonie, bien que solennelle, n'a rien prévu de tel.
                      Le Chiss, de son côté, est à peine délaissé par son compagnon de conversation qu'il est déjà rejoint par une ribambelle de jeunes femmes. Jusque là, il n'avait jamais été un très bon courtisan, c'est d'ailleurs l'une des raisons de son aversion pour les réceptions de ce genre... Échanger des politesses avec les femmes n'avait jamais été dans ses cordes, et il trouve toujours l'exercice méprisant. Non pas qu'il n'a pas de respect pour la gente féminine, juste qu'il n'a jamais vraiment trouvé d'intérêt à s'intégrer dans une société de faux-semblants. C'est quelque chose qui semble le dépasser totalement...

                      ET BIM !

                      Voilà qu'avec sa grâce naturelle, la Mandalorienne fait son apparition. S'il ne s'attend pas à un tel changement physique de sa part, le Chiss est conforté dans l'idée de savoir que ses sarcasmes ne semblent pas disparaître derrière cette couche de poudre. Elle a toujours le don d'apparaître dans des moments particuliers, à croire que le destin se joue de lui... Elle ose le couvrir de honte devant l'élite de la planète, et cela semble pourtant le laisser de marbre, à croire qu'il accorde peu d'importance à son image. Et pourtant... Sans le vouloir, la guerrière vient de lui offrir une sacrée occasion ! Bon sang ! La nièce du gouverneur ! Le comble ! Si la mercenaire veut jouer avec lui, la voilà servie ! Une série d'applaudissements vient achever le discours de Baas Zalt et l'intervention de son Haut-Commissaire. Un instant qui coïncide parfaitement avec ce que compte entreprendre l’humanoïde à peau bleue. La poitrine gonflée à bloc, et le col de son uniforme d’apparat machinalement redressé, il est prêt à s'engager dans un territoire qui lui est parfaitement inconnu...


                      - Mademoiselle, me feriez-vous l'honneur de m'accorder cette danse ? Lance finalement le Chiss à la demoiselle en question, en guise d'invitation.

                      La pauvre jeune femme, prise au dépourvue et bombardée par les regards inquisiteurs de ses petites camarades, se retrouve "obligée" d'accepter. Pour le coup, la Mandalorienne n'a pas choisi la plus déplaisante du groupe. Les gestes de la nièce du gouverneur s'imprègnent d'une féminité qu'il ne connaît pas, et qui étrangement est loin de lui déplaire. Les deux danseurs se contemplent l'espace d'un instant, dans un silence presque religieux. D'un côté, une femme en robe dorée, piquée de pierres précieuses et lacée sur les bras par des fils scintillants. Ses longs cheveux bruns ne sont pas attachés et coulent en douces vagues sur ses épaules. De l'autre, un parfait inconnu à l'allure princière et militaire, au dolman bleu marine parcouru de motifs brodés or.
                      L'enchantement se rompt lorsque les premières notes de musique sont jouées. Instinctivement, les deux personnages se saluent selon les coutumes locales et entament une valse. Bien qu'affichant un visage sans la moindre émotion, comme à son habitude, Nash n'entend plus que les battements affolés de son propre cœur. S'il possède de nombreuses connaissances dans les domaines militaire et culturel, il n'a jamais eu le temps (ou l'envie) de mémoriser les pas des danses traditionnelles de cette planète. Voilà que cela va lui faire défaut aujourd'hui même... Toutefois, le Chiss montre sa facilité à s'adapter et commence à prendre le rythme de la danse. Ses pas s'harmonisent avec ceux de sa partenaire et on peut surprendre un léger sourire effleurer le bout de ses lèvres. C'est comme s'il se découvre un nouveau talent ici même ! Un talent bien étrange... L'attention des autres convives semble peu à peu se porter sur le duo, comme les flammes qui fascinent les papillons de nuit. La jeune femme, absolument ravissante, fait oublier au soldat ses préoccupations. Leurs visages, éclairés par la lueur pâle des lumières, semblent faire ressortir toute la grâce qui se dégage de leurs gestes emplis d'élégance. En jetant un regard aux alentours, l'ex-impérial se rend compte qu'une bonne partie des invités s'est jointe à eux. Légèrement dérouté par la tournure des évènements, il enchaîne plusieurs séries de pas en sens contraire et manque de heurter un autre couple de danseurs.


                      - Ma présence vous troublerait-elle Monsieur Futhark ? Vient glisser à son oreille sa partenaire, non sans une pointe d'amusement.

                      Hmpf ! Voilà qu'elle vient rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont... Comment doit-on réagir dans une telle situation ? S'il est un excellent tacticien et stratège, il se révèle être un mauvais charmeur. Se peut-il qu'elle lui plaise ? Ou que l'inverse soit également vrai ? L'amour, comme le désir, sont deux concepts bien étranges pour l’humanoïde à peau bleue. Des sentiments dont il ne parvient toujours pas à saisir l'intérêt, ou même la portée... Peut-être parce qu'il avait, jusque là, passé toute sa vie à évoluer dans un milieu militaire hostile et dépourvu de ce genre de sentiments superflus.

                      - Je dois vous avouer, surtout, que je suis de bien piètre compagnie lorsqu'il s'agit de danser ! Lui répond presque aussitôt Nash, souriant doucement.

                      - Oh... Je vois ! Vous tentez donc de fuir les foudres de votre "charmante" compagne ? Ricane alors la femme en s'abandonnant à ses bras. De qui s'agit-il par ailleurs ?

                      - C'est une mercenaire Mandalorienne, qui... "m'accompagne" dans mes récentes enquêtes dirons-nous. Répond évasivement le Chiss, quelque peu surpris par l'attitude de sa camarade de danse.

                      - Toujours autant de mystère... Quand accepterez-vous de me parler de vos aventures passées ? Cela doit être si passionnant... ! Continue avec une pointe d'envie la jeune femme, les yeux pétillants.

                      - Oh, croyez-moi, mes péripéties n'ont rien à voir avec les agréables histoires que l'on peut raconter ici Mademoiselle... Reprend plus sombrement le soldat.

                      - Rah ! Vous me décevez Monsieur Futhark. Mais peut-être qu'un jour, vous accepterez d'ouvrir votre cœur... Murmure la nièce du gouverneur en feignant la déception.

                      - Un jour peut-être...

                      Et la danse reprend de plus belle, sur une mélodie des plus entraînantes. Le Chiss décide de se laisser emporter par la musique et les mouvements presque instinctifs de ses jambes, oubliant un instant de plus la présence d'une femme bien moins agréable que sa partenaire de danse. Le duo se fond dans la masse de danseurs improvisés, et la pelisse jetée sur l'épaule ne tarde pas à s'envoler, accompagnant ainsi la robe jaune qui frémit... Comme si les atours royaux prennent autant de plaisir à danser que leurs propriétaires respectifs.

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