Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

Aller directement au contenu
  • Accueil
  • Récent
  • Mots-clés
  • Populaire
  • Utilisateurs
  • Groupes
Habillages
  • Light
  • Brite
  • Cerulean
  • Cosmo
  • Flatly
  • Journal
  • Litera
  • Lumen
  • Lux
  • Materia
  • Minty
  • Morph
  • Pulse
  • Sandstone
  • Simplex
  • Sketchy
  • Spacelab
  • United
  • Yeti
  • Zephyr
  • Dark
  • Cyborg
  • Darkly
  • Quartz
  • Slate
  • Solar
  • Superhero
  • Vapor

  • Défaut (Aucun habillage)
  • Aucun habillage
Réduire
Logo

Star Wars RPG

  1. SWRPG
  2. Cantina du Flood
  3. Fan-Fictions
  4. Et le temps passa.

Et le temps passa.

Planifier Épinglé Verrouillé Déplacé Fan-Fictions
10 Messages 1 Publieurs 13 Vues 1 Abonné
  • Du plus ancien au plus récent
  • Du plus récent au plus ancien
  • Les plus votés
Répondre
  • Répondre à l'aide d'un nouveau sujet
Se connecter pour répondre
Ce sujet a été supprimé. Seuls les utilisateurs avec les droits d'administration peuvent le voir.
  • Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le ChroniqueurL Hors-ligne
    Le Chroniqueur
    a écrit sur dernière édition par
    #3

    Post n°3
    Auteur : Kryann


    Elfriede Azelith



    Le Vasburg, cargo d'Elfriede


    Le cargo d'Elfriede était flambant neuf, ou presque. Ses derniers contrats lui avaient tant rapporté qu'elle avait pu se payer un équipement et un vaisseau neuf, en plus du bon temps dans divers établissements huppés. Décidément, elle n'était pas à plaindre, et elle ne se plaignait pas. Enfin, si. Elle continuait à rebattre les oreilles de Kryann au sujet de cette mission dans laquelle elle s'embarquait. Remarques auxquelles la Cathar avait décidé de ne pas répondre. Les deux femmes s'étaient rejointes et n'avaient pas perdu de temps pour décoller.

    -Et si tu me disais pourquoi tu veux aller sur cette planète pourrie d'Anoat ? T'as pas respiré assez de gaz mortels sur Nar Shaddaa, tu as besoin de ta dose ?


    -Mais non. Je te l'ai dit, nous devons suivre un signal, et pour ça, j'ai besoin de remonter sa source. Sauf que ni toi, ni moi, ne sommes en mesure de le faire.

    -Et donc tu vas t'adresser à q... Non. Nonononononon. Hors de question !

    Le vaisseau s'arrêta brusquement alors qu'Elfriede lâchait toutes les commandes. Les deux furent légèrement projetées en avant et le vaisseau commença à dériver dans l'espace. Manifestement, la contrebandière avait déjà la réponse à sa question.


    -Je n'irai pas là-bas, pas si il y est et tu le sais ! Et tu devrais pas y aller non plus ! Merde, Kryann, tu sais très bien que ce type est un escroc, un assassin et n'est pas digne de confiance.


    La Cathar dévisagea Elfriede avec un sourire moqueur.

    -Oui, bon, moi aussi, mais... mais c'est pas pareil ! Voilà.

    Kryann éclata de rire. Décidément, la rousse lui avait manquée, pendant tout ce temps. Bien sûr qu'elle rechignait ! Sans lui dire, la Jedi l'avait lancée droit dans la gueule du loup, si l'on osait dire. Pour remonter la trace, elle avait besoin du meilleur expert en communications qu'elle connaissait, et celui-ci se trouvait sur Anoat et était une vieille connaissance des deux femmes. Globalement, il était une connaissance pour quiconque tournait autour du marché noir et des affaires qui l'entouraient. Parfois opposés, parfois complices, Elfriede et lui avaient bien souvent eu maille à partir, et si il y avait un certain respect entre eux désormais dicté par le besoin des affaires de se faire, l'Humaine n'appréciait guère sa présence et l'esquivait le plus possible... Surtout pour se prémunir d'un vol d'informations dont il avait le secret.

    -Ecoute, Rudra a beau être le pire des enfoirés, c'est aussi le meilleur dans son domaine, en tout cas à a connaissance. Et tu sais aussi bien que moi qu'il différencie parfaitement le relationnel et le professionnel. Alors maintenant, on y va.

    -Et qu'est ce qu'il fout sur cette planète, aussi... Raaah, je te déteste, Kryann, t'es la pire des Jedi que je connaisse.

    Elle avait beau râler, elle reprit tout de même les commandes, pour le plus grand amusement de la Cathar, qui la regardait avec quelques étoiles dans les yeux, et surtout beaucoup de rires. Malgré tout, elle comprenait. Rudra était un Zelkor, spécialiste de l'informatique, qui avait décidé d'user de ses talents récupérer quantités de dossiers qu'il pouvait monnayer au plus offrant. Gouvernements, industries lourdes, armement, rien ne lui échappait lorsqu'il décidait de se lancer sur une piste. Il faisait le strict nécessaire pour se rendre indispensable et donc inatteignable, tout en s'assurant un train de vie plus que confortable, c'était rien de le dire. Sur Anoat, il bénéficiait d'une splendide demeure dépolluée, construite expressément pour répondre à ses besoins, que ce soit en termes dee transfert d'informations, de réceptions... ou de confort. Comme tous les Zelkors, son unique leitmotiv était de vivre selon ses envies. Et son unique envie était de pouvoir profiter de son cerveau pour vivre en toute quiétude aujourd'hui.

    Anoat fut rapidement en vue, malgré les supplications d'Elfriede pour faire demi-tour. Personne ne leur demanda la moindre autorisation pour rentrer dans l'atmosphère, la planète étant pourrie par la corruption, les grandes corporations industrielles locales et la criminalité ambiante. En somme, une Nar Shaddaa bis. En revanche, ce fut lorsque le vaisseau approcha de la gigantesque demeure que la tour de contrôle se manifesta :


    -Nos tourelles sont braquées sur vous. Identifiez vous ou faites demi-tour.

    -Commandante Elfriede Azelith, du Vasburg, accompagnée du Chevalier Jedi Kryann de Cathar. Nous demandons à voir Monsieur Rudra.

    -Restez en stand-by.

    La radio se coupa. Les deux femmes se regardèrent. Un tel dispositif était rare pour des particuliers, inutile de douter de la présence effective des tourelles sus-nommées. Au cas où, Elfriede garda les mains sur la manette de gaz... Au cas où.

    -Kryann ! Elfriede ! Je me demandais si vous viendriez me voir après votre petite rencontre sur Nar Shaddaa ! Soyez les bienvenues.

    On leur indiqua bien vite où se poser, de ne prendre aucune arme ni armure, et surtout, d'attendre qu'on vienne les chercher.

    -Il n'a pas changé. Comment sait-il pour Nar Shaddaa ?


    -J'imagine que le barman est un informateur...

    Le comité d'accueil ne se fit pas attendre. Un majordome, ou quelque chose qui s'en rapprochait au vu de la montagne de muscles, encadré par deux gardes en armure complète et armés de fusils d'assauts, s'adressa directement à l'improbable duo :

    -Veuillez me suivre sans esclandres. Monsieur a hâte.

    Sans attendre de réponses, il guida la Jedi et la contrebandière à travers de larges couloirs. Le Zelkor n'avait pas fait les choses à moitié. Quand ce n'était pas de grands miroirs qui reflétaient la douce lumière des lustres pendus au plafond, c'était des toiles de maîtres qui étaient accrochés, représentant principalement des portraits de glorieux dirigeants de mondes connus ou moins connus. Tout était luxueux, empli de dorures, d'argenteries, de soie et de tulle. Pourtant, si les yeux d'Elfriede voyageaient d'une indécence à l'autre, ceux de Kryann ne bougeaient pas d'un poil, dores et déjà concentrés sur l'entretien à venir. Elle connaissait le pirate, et il la connaissait. Il aurait forcément un prix, une faveur en retour, et celle-ci serait sans aucun doute bien plus conséquente. Il ne travaillait jamais gratuitement et, selon ses dires, il n'avait pas besoin de travailler... Ses tarifs étaient excessifs, mais la rareté de ses compétences en faisait quelqu'un d'unique, et il le savait.

    Leur petite marche les amena à un vaste bureau, bien plus austère que les précédents. Enfin, austère pour le Zelkor. Le bureau était fait de marbre et toute la pièce était faite de bois d'ébène. De grandes bibliothèques ornaient chaque mur, emplis d'ouvrages divers et variés qui semblaient aussi anciens que poussiéreux. Protégés derrière des vitrines de verre, on pouvait également distinguer divers artefacts d'origines diverses, dont, Kryann en mettrait sa main à couper, un sabre-laser.



    Rudra



    -Bienvenue, mes amies ! Bienvenue ! Je vous en prie, prenez place ! Vous désirez sans doute boire quelque chose ? Whisky, rhum, cognac ? Tout ce qu'il vous plaira.


    Kryann le remercia mais déclina l'invitation en s'asseyant alors qu'Elfriede commanda avec joie un armagnac, se doutant bien des merveilles qu'elle pouvait découvrir. A l'image des Zelkors, il n'y avait pas de raison qu'elle ne se fasse pas plaisir quand elle le pouvait.

    -Votre route a du être fort longue depuis Nar Shaddaa, à toutes les deux. Même de Tython pour l'une d'entre vous, mmmh ? Alors, dites-moi ! Que devient la Galaxie ?

    -Toujours la même, mon cher. Rongée par tout ses maux et pourtant chaque jour plus belle.

    -Ha ! Vous m'ôtez les mots de la bouche, je me disais justement que ma journée venait de s'embellir, en vous voyant toutes les deux. Mais vous ne répondez que partiellement à la question. Après tout, vous avez toutes les deux grandement voyagé, si je ne me trompe pas.

    Bien entendu. Il avait voulu d'entrée imposer ses connaissances, leur montrer qu'il connaissait leur parcours. En tout cas, qu'il semblait le connaître. Car si Elfriede n'était pas une spécialiste de la discrétion, Kryann l'était. Et elle se gardait bien de se montrer aux moments les plus critiques, une faculté que Rudra lui avait ainsi reprochée à plusieurs reprises sur le ton de l'humour. Un avantage léger qu'elle avait sur lui. Infime, même... Mais un avantage tout de même. Si elle avait bien retenu un enseignement de Sarina, c'était qu'elle devait toujours pousser à fond ses avantages.

    -Vous êtes bien occupé, Monsieur, et je m'en voudrais de vous retenir plus longtemps que nécessaire. Je n'irai pas par 4 chemins. J'ai reçu un message et j'aimerais que vous traciez sa fréquence pour trouver son origine d'émission.


    -Rien que cela ! Vous ne manquez pas d'air, ma chère Jedi. Ce serait fort coûteux, je doute que vous ayiez de quoi payer.

    La contrebandière posa ses yeux sur Kryann. Elle n'allait jamais jouer sans avoir un ou plusieurs atouts, elle était prévoyante, au moins a minima. D'ailleurs... A bien y réfléchir, c'était sans doute pour ça qu'elle était là également. Oh la s... évidemment. A cet instant précis, elle éprouvait de l'admiration et de la haine pour la Cathar, qui avait déjà gagné le bras de fer, sans même l'engager.

    -Vous payer ? Allons... Il se trouve que nous allons voyager sans doute un long moment, hors de vue de vos radars, vos informateurs, et de tout ce qui pourrait vous intéresser. Vous connaissez sans doute déjà la teneur du message, celui-ci n'ayant pas été vraiment tenu secret mais étant simplement codé de telle manière que seul un sensitif puisse le traduire.


    -C'est... possible, en effet.

    -Vous savez donc déjà d'où vient le message. Le travail a déjà été fait.

    Rudra semblait s'impatienter de la tournure des événements. Il y avait de quoi, en même temps. Il détestait ces discussions autour du pot, sans fin, qui ne menaient à rien de concret d'autre que des mots voilés.

    -Parlons franchement, ma chère. Que me proposez-vous ?

    -Je vous propose de ne pas divulguer via le comlink de mon ami ci-présente que vous détenez des informations précieuses sur l'avenir de la Force et des Ordres affiliés aux différentes superpuissances galactiques qui se feraient une joie de vous les demander directement. En échange, vous obtiendrez la quintessence de ce que nous pourrions trouver sur place. Informations, sites d'importance, que sais je ?

    Le Zelkor éclata de rire. Décidément, cette Jedi lui proposait à chaque fois des échanges aussi sournois qu'inattendus. C'était toujours une partie de plaisir d'échanger avec elle, de ferrailler verbalement. Ses yeux jaunes scintillaient d'intelligence, tout comme les prunelles bleues de sa partenaire.

    -Fort bien, Kryann, fort bien. J'accepte de vous donner l'astre d'où est émis ce message. En échange, vous m'adresserez à votre tour un message contenant toute information importante à ce sujet. Autrement, je ferai en sorte que tous les chasseurs de primes sachent que vous avez une tête mise à prix à cent mille crédits. Sommes nous d'accord ?

    Le Zelkor tendit une main. La Cathar la serra. Ils allaient enfin pouvoir avancer.
    1 réponse Dernière réponse
    0
    • Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le ChroniqueurL Hors-ligne
      Le Chroniqueur
      a écrit sur dernière édition par
      #4

      Post n°4
      Auteur : Kryann

      Killun. Sans rire. Killun. Après Nar Shaddaa et Anoat, Elfriede allait continuer son splendide tour des planètes et des astres les plus nuls de toute la Galaxie ! Elle n'aurait pas pu aller sur Félucia, Coruscant, Corellia, Chandrila, nooon, il fallait que cette fichue Jedi et ses yeux de biche la convainque qu'elle avait besoin d'elle, et qu'elle devait donc la conduire jusqu'à cette lune pourrie ! Un instant, elle s'était demandée si il n'y avait pas anguille sous roche, avec l'un de ses petits tours Jedi. Et puis, elle s'est rappelé cette fichue promesse qu'elle avait faite, à l'époque. Il y a des années. Elfriede aurait du croupir dans des geôles infâmes à l'époque. Elle y était plus ou moins destinée lorsqu'elle avait été prise en chasse par un vaisseau de chasseurs de primes. Même si elle avait résisté longtemps, elle était bien trop seule et avait du se poser en urgence avant de s'enfuir, poursuivie par les mercenaires. Blessée par un tir de blaster, recroquevillée, elle n'avait du son salut qu'à l'intervention de la Jedi, qui avait fait simplement repartir les chasseurs, par un tour de passe-passe, avant de la soigner.

      Il s'était passé quelque chose ce jour-là. Une connexion s'était rapidement établie. La Jedi n'était pas aussi expansive que la contrebandière, mais elle n'en demeurait pas moins intelligente et avait très vite compris qu'Elfriede n'était pas n'importe qui. Tout en la soignant, elles avaient pu parler et la rousse s'était naturellement confiée à elle. Et vice-versa. Lorsque leurs chemins s'étaient séparés, la Jedi avait promis à la malfrat qu'elles se reverraient. Tu parles. Promesse en l'air. Et pourtant. De manière improbable, à divers points de la Galaxie, leurs routes se recroisaient, pour quelques minutes parfois, quelques jours sinon. A force de ces rencontres intempestives, elles s'étaient réellement liées, se retrouvant finalement avec plaisir. C'était étrange. Elfriede n'était pas du genre à avoir ce genre de relations amicales. Elle en avait, bien sûr, mais avec une Jedi ? Qu'elle avait sauvée autant de fois qu'elle l'avait sauvée, d'ailleurs. Que ce soit sur Hoth, Jakku, Tatooine, Telos, Coruscant... Autant d'aventures qui mériteraient d'être racontées un jour. Mais qu'Elfriede et Kryann gardaient précieusement dans un coin de leur tête.

      La Jedi, justement, avait laissé Elfriede prendre les commandes du vaisseau pour les guider. Elle avait toute confiance en sa partenaire, et devait méditer. Une sale habitude prise au contact des siens. Et surtout, une sale habitude de chercher un signe de Sarina dans la Force, comme à chaque fois. Se perdant dans les flux énergétiques, dans la douce musique qui imprègne ses oreilles à travers elle, elle se laisse aller, réfléchissant tout en ressentant son entourage.


      -Où es-tu, Sarina ? Pourquoi es-tu partie ?

      Qui sait combien de temps elle était restée là ? Une demi-heure ? Une heure ? Plus ? Impossible à dire en l'état actuel des choses. Mais elle mit du temps à constater qu'elle n'était plus seule et rouvrit les yeux. Dans l'entrebaillement de la porte, Elfriede s'était épaulée au montant. Elle la regardait en souriant, une assiette à la main.

      -Je me demandais quand est ce que tu te déciderais à ouvrir les yeux. J'en avais marre d'attendre.

      -... Tu es là depuis longtemps ?


      -Deux minutes. Mais j'en avais marre quand même.

      -Tu sais très bien que quand je médite... Laisse tomber.


      Bonne âme, la commandante de bord n'insista pas, et lui tendit l'assiette, tout en lui expliquant qu'elles avaient encore quelques bonnes heures devant elles, et qu'il faudrait rapidement commencer à chercher un émetteur assez puissant. Cette évidence tomba comme un cheveu sur la soupe pour Kryann. Elle n'avait même pas pensé à ça. C'était un détail qui faisait juste toute la différence dans leur situation. Décidément, elle payait toujours l'addition de ces années passées loin de toute technologie, tant les évidences pour d'autres ne l'étaient pas pour elle. En même temps, c'était pour ça qu'elle avait sollicité Elfriede, non ? D'ailleurs, celle-ci la regardait étrangement.


      -Tu es toujours là ? Je te donnais les dimensions de l'émetteur probable, avec les calculs que j'ai pu faire.

      -... Oui, oui. Excuse moi.

      -Y'a des fois, tu m'inquiètes, à avoir la tête qui part dans le vague, comme ça. Tu es sûre que ça va ?

      -Ca va.

      Elle avait répliqué avec plus d'agacement qu'il n'en fallait. Elle maudissait ces années de terreur et ne pouvait pas se résoudre à en parler. Rares étaient ceux qui étaient au courant, et ça n'avait jamais été de son fait. Elfriede n'était pas l'une des heureux élus, et elle comptait bien la laisser dans l'ignorance. Heureusement, elle fut sauvée par le comlink du vaisseau qui appelait la commandante, qui dut retourner à son poste. La pauvre... Elle s'embarquait dans une affaire qui la dépassait. En même temps, elle dépassait tout le monde, ce qui n'était pas pour rassurer la Cathar. Ce voyage allait être aussi long que périlleux.

      Mais il fut surtout long et ennuyeux, au départ. L'avantage d'être avec une capitaine de vaisseau expérimentée, qui ne laissait rien au hasard. Killun fut bientôt en vue, et Elfriede appela sa compagne de route auprès d'elle.


      -Nous y voilà. Killun, ou Killun-71 si tu préfères. Une lune sans aucun intérêt, si ce n'est, manifestement, d'avoir servi de point-relais. Je n'ai jamais entendu parler de quoi que ce soit à sa surface, que ce soit une station, un laboratoire, une base... Rien. J'ai déjà commencé le scan de surface pour repérer les infrastructures potentiellement intéressantes. Ca devrait aller vite.

      -Et pour la lune en elle-même ?

      -L'atmosphère est respirable, mais il vaut mieux y aller avec un respirateur artificiel. La surface est recouverte d'un gaz qui lui donne cet aspect vert, il vaut mieux éviter de prendre le moindre risque. Concernant la faune, je n'ai rien trouvé. Elle se résume probablement à des herbivores locaux, des piafs... L'habituel, quoi. Je doute que tu tombes sur un rancor dans le coin.


      -Tu ? … Tu ne comptes pas m'accompagner ?

      -Pas sans piste d'atterrissage valable. Tiens.


      La contrebandière lui tendit une oreillette, tout en lui montrant qu'elle portait la même.

      -On sera en contact quand tu auras besoin d'être récupérée. Pour le reste, je vais rester en stand-by, sous invisibilité, histoire de te ménager une sortie de secours rapide.

      -Ben tiens...


      La Jedi ne chercha même pas à débattre. Elle avait pris sa décision, et une tête de mule pareille ne reviendrait pas dessus. De toute façon, elles n'eurent pas le temps. Dans le cockpit, une légère alerte sonique s'éleva.

      -On a trouvé quelque chose. C'est le moment pour toi de faire l'héroïne !

      -Ce n'est pas de l'héroïsme, Elfriede.

      -Mais si, mais si, je raconterai ça à tes collègues Jedi, quand je ramènerai ta dépouille stupide qui est partie à la chasse aux fantômes.


      -... Dépose moi et cesse de faire l'andouille.

      Avec un large sourire, la commandante tira la langue à la Cathar et amorça son approche. Plus elle approchait, plus son holotransmetteur retranscrivait la surface de la structure trouvée. Imbriqué dans une montagne, un émetteur de belle taille se dissimulait sous la surface gazeuse. En dessous, il semblait y avoir des accès, s'enfonçant dans la roche. L'entièreté de l'endroit ressemblait fortement à une base, mais elle semblait surtout délabrée, ancienne, comme si elle n'avait pas été utilisée depuis des années. Pourtant, Rudra avait été formel. C'était de là que le message avait été émis. Il était vrai que l'émetteur était de taille suffisante, à première vue et selon les calculs préliminaires... Mais pourquoi d'ici ? Etait-ce programmé ? Mais alors, pourquoi le signal de Sarina ? Ca n'avait aucun sens... Ou alors, il manquait des informations. De toute façon, elle en aurait le cœur net. Kryann abandonna sa bure, ne gardant que son éternel vêtement de cuir et de tissu noir, ses sabre-lasers à sa ceinture. Lorsque la soute s'ouvrit, pour laisser à la Cathar la possibilité de sortir alors que le vaisseau était encore en vol, elle était prête. Elle avait tellement travaillé pour ce genre de situations, où son sang-froid et son cerveau étaient nécessaires, qu'elle ne ressentait rien d'autre que de la sérénité. A son oreille, elle entendit :


      -On y est. On reste en communication.

      -Silence radio tant que je n'ai rien.

      Ce furent ses dernières paroles. Avec agilité, elle sauta du vaisseau, parcourant en chute libre les quelques mètres qui la séparaient de la plate-forme. Elle y était.

      1 réponse Dernière réponse
      0
      • Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le ChroniqueurL Hors-ligne
        Le Chroniqueur
        a écrit sur dernière édition par
        #5

        Post n°5
        Auteur : Kryann

        Au dessus d'elle, la vaste coupole de l'émetteur inerte projetait une ombre sur une grande partie de la plate-forme. Celle-ci était absolument déserte, vidée de toute présence vivante. Même à travers la Force, l'Ombre Jedi ne sentait rien. Absolument rien. Un vide complet qui lui faisait froid dans le dos. Il n'y avait là aucun être vivant, aucun signe de vie, qui aurait pu lui indiquer que cette antenne avait été utilisée récemment. Elle regarda autour d'elle, au delà de ce brouillard vert qui masquait un peu son champ de vision. Il n'y avait rien d'autre que le silence. Avançant lentement, elle se dirigea à l'extrémité de cet arc de cercle, là où elle avait identifié une porte. C'était une étrangeté, que cette base au milieu de nulle part. Qui l'avait édifiée, si loin de tout ? Pour quel usage ? Quand ?

        Autant de questions qui lui restaient en travers. Elle doutait d'avoir des réponses un jour, malgré sa curiosité. Au moment où elle posa la main sur le métal froid de la poignée, elle eut un frisson. Ce n'était pas uniquement le froid. Ce n'était pas seulement le gaz. Il y avait autre chose. Pourtant, la porte s'ouvrit sans même résister, dans un grincement sinistre. L'odeur assaillit immédiatement le nez de la Cathar, qui fronça les sourcils. Une odeur de renfermé putride, qui trahissait immédiatement ce qu'il s'était passé ici. Pourtant, lorsqu'elle alluma l'un de ses sabres pour s'éclairer, elle ne vit rien. L'endroit était d'une propreté étonnante, d'une blancheur éclatante, rien qui ne pouvait expliquer les effluves de mort qu'elle ressentait.

        A la lueur de son arme, elle s'avança lentement au milieu de la salle. Tout semblait en ordre, des armoires closes, un grand écran et un tableau de contrôle, des chaises... En d'autres termes, le lieu semblait vivant, hormis... l'absence totale de vivant. Qu'est ce que c'était que cet endroit ? Pourquoi ici ? Du bout des doigts, la Jedi toucha les boutons qui semblaient immaculés. Rien ne se produisit. Du regard, elle chercha un programme, un historique. Ses sens étaient tous en éveil, en particulier son ouïe, toujours aussi fine, alors que odorat était saturé par cette odeur tenace. Il y avait quelque chose qui n'allait pas dans ce tableau, elle passait totalement à côté de quelque chose, et surtout... elle ne voyait rien qui pouvait l'aider à tracer Sarina.

        Elle n'eut pas besoin de beaucoup de temps pour faire le tour de la pièce. Celle-ci était véritablement vide. Hormis une porte blindée, au fond. Elle s'attendait à trouver des secrets ici, pas juste une salle vide. Alors... Peut-être derrière cet accès ? A nouveau, sa main se posa sur le métal froid, qui s'ouvrit sans aucune résistance. Toujours cette odeur tenace, toujours cette atmosphère pesante, mais pourtant... Elle ne voyait toujours rien. Cette salle ressemblait à une réserve. Rien ne bougeait ici. Ses yeux firent un tour complet. Non. Il y avait quelque chose. Au fond de la réserve, elle pouvait voir une silhouette.


        -Qui êtes-vous ?

        L'autre se leva. Sa voix résonna sous la bure qu'il portait.


        -Nous vous attendions.

        -Nous ? Vous êtes seul, ici.


        -Non. Nous sommes légion.

        Elle n'aimait absolument pas ça. Elle détestait ça, même. Sa main vint à sa ceinture, récupérant sa deuxième arme. Quel était cet individu ? Que faisait-il ici ? Pourquoi ?


        -Où est Sarina ?

        -Il n'y a pas de Sarina. Pas ici.

        La seconde lame de Kryann se produisit. La première, blanche et froide, vint se superposer à la deuxième, la rouge, celle qui faisait à la fois sa renommée et sa déchéance au sein de l'Ordre. Pourtant, personne ne pouvait affirmer l'avoir vue l'utiliser à mauvais escient. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure, tout comme les stéréotypes. En réponse, une lame s'alluma également entre les mains de son désormais adversaire. Une lame verte, simple. Un Jedi ? Non. Elle ne le sentait pas dans la Force.

        -Nous sommes légion.

        Au moment où il termina sa phrase, la réponse explosa dans l'esprit de Kryann. Elle qui avait traqué des légendes et des mythes une bonne partie de sa vie était passée à côté de l'évidence. Si elle ne ressentait rien dans la Force, c'est qu'il n'y avait rien à ressentir. Et elle avait bêtement laissé ses yeux dominer son esprit. L'illusion de Force explosa, révélant la véritable nature de son environnement. Celui-ci était parsemé de cadavres, pourris et putrides, la base était en déchéance totale, pratiquement détruite. Elle s'était laissée avoir, totalement. Et, comme le craignait... Les cadavres commencèrent à s'animer. Ils avaient été patients, mortellement, comme toutes les victimes de ce qui s'appelait « La Maladie », qui transformait en mort-vivant tout ce qu'elle pouvait infecter. Mais ça n'avait pas de sens ! Comment Sarina avait-elle pu venir ici et ne pas les combattre ? Ou bien elle les avait combattus, si elle en croyait les traces de sabre-laser ?

        Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus. Les morts lui tombèrent dessus en vagues successives, et elle ne dut qu'à ses réflexes et ses talents de les esquiver. Ses armes entrèrent en action, dans une danse mortelle et lumineuse, tranchant et fauchant ses assaillants. Mais elle dut rapidement battre en retraite. Avec vivacité, elle se jeta dans l'autre salle, la principale, où elle se retrouva à nouveau nez à nez avec les morts. C'était un véritable cauchemar qu'elle vivait actuellement, c'était la peur au ventre qu'elle combattant, ne restant jamais plus de trois secondes au même endroit, bondissant d'un coin à l'autre. Mais ces morts étaient bien trop solides, résistants, et surtout, elle était obligée de garder à l'oeil le principal, celui qui avait le sabre vert.

        La confrontation était inévitable et ce fut alors qu'elle cherchait à décapiter un de ses ennemis, qu'elle vit sa lame bloquée par l'autre. Immédiatement, elle chercha à le désarmer, mais il était bien trop vif, bien trop agile, et le combat dut s'engager, avec férocité. La Cathar avait peaufiné son style, toutes ces années, à mi-chemin entre un Shien qui se voulait expéditif en combat, et un Jer'Kaï aiguisé destiné à lui donner l'avantage en multipliant les bottes et les coups. Très rapidement, elle mit en place son effort, accablant la lame de l'autre d'assauts précis, selon un schéma étudié, destiné à lui permettre de comprendre comment il se battait, comment il se défendait, et à lui permettre de trouver rapidement une faille. Mais celle-ci tardait à venir, car Kryann devait régulièrement abandonner le combat pour s'occuper d'un sbire qu'elle renvoyait rapidement loin du combat. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre. Elle ne pouvait pas l'emporter. Pas ici.


        -Elfriede ! Amène le vaisseau !

        Elle était essoufflée et avait du mal à parler. Son souffle brûlait dans sa gorge, elle n'était pas habituée aux efforts prolongés et surtout contre autant d'adversaires à la fois.


        -Kryann ? Qu'est ce qui se passe ?

        -Dépêche toi !


        Elle n'avait pas le temps de s'expliquer. A chaque seconde elle devait parer ou esquiver une attaque. Elle ne savait que trop bien ce qui l'attendait si elle se laissait déborder, aussi puisa-t-elle dans ses forces pour utiliser une violente poussée de Force. Ses ennemis volèrent, mais déjà, ils se relevaient, ne laissant que quelques secondes à Kryann pour gagner la sortie. En deux bonds, elle y fut, mais elle dut se retourner pour parer de nouvelles attaques de son ennemi au sabre. Tout en reculant, tout en contrant, elle se retrouva dehors, en plein jour si l'on osait dire. Son opposant ne semblait pas ressentir la fatigue, lui, et multipliait les attaques, entouré de ses sbires qui menaient la vie dure à la Cathar. Celle-ci se sentait perdre pied petit à petit, et elle ne dut son salut qu'à Elfriede.

        Le Vasburg,le cargo de la contrebandière, se stabilisa juste au dessus de Kryann. La soute s'ouvrit, alors que l'Humaine ouvrait le feu sur la horde d'ennemis pour la disperser. Dans un ultime sursaut d'orgueil et de rage, la Jedi tendit le pied violemment vers le menton du mort-vivant, le destabilisant suffisamment pour qu'il baisse sa garde et qu'elle lui tranche la main. Sans hésiter, mue par son instinct, elle récupéra le sabre avant de rassembler une dernière fois ses forces et de faire un saut de Force qui lui permit de s'accrocher à la passerelle du vaisseau, où Elfriede l'attrapa par le poignet et la tira.


        -Vite, décolle.


        -Faudra pas me le dire deux fois.


        Alors que la contrebandière prenait son envol, Kryann se laissa tomber sur le sol, dans la soute, en nage, épuisée par son combat, éteignant ses lames. Son regard se posa sur l'arme qu'elle venait de récupérer. Son cœur rata un battement. Cette arme appartenait à son Maître.

        1 réponse Dernière réponse
        0
        • Le ChroniqueurL Hors-ligne
          Le ChroniqueurL Hors-ligne
          Le Chroniqueur
          a écrit sur dernière édition par
          #6

          Post n°6
          Auteur : Kryann

          Impossible de dire combien de temps passa. Trente secondes ? Trente minutes ? Trois heures ? La Cathar avait totalement perdu le fil du temps. Ses armes étaient tombées au sol, presque sans bruit, et elle tenait entre ses pattes l’arme qu’elle venait de déloger de la main de son assaillant. C’était impossible. Comment ce sabre, qui était choyé par sa détentrice, pouvait avoir échoué sur cette lune sordide ? C’était inimaginable, impensable. Et pourtant. Cette poignée, elle l’aurait reconnue entre mille, sans le moindre souci. De doute, il ne pouvait y avoir. Prostrée, les yeux dans le vague, elle ne réagit que lorsque la main d’Elfriede vint se poser sur son épaule, la serrant avec douceur.

          La Jedi était dans un état de transe suite à son combat, et elle ne voulait surtout pas la brusquer. Pourtant, il faudrait bien qu’elle bouge. La contrebandière avait pris le temps de se défaire de son plastron et de son arme. Quoi qu’elle en dise, elle s’était inquiétée pour sa compagne de route. Même si elle se refuserait à le montrer.

          -Kryann ? Qu’est ce que c’est ?


          La réponse mit un temps infini à venir. Car elle ne pouvait se résoudre à la donner. Cela impliquait tant de choses, que le simple fait de garder l’information secrète lui donnait le fol espoir que tout cela n’était qu’un cauchemar. Mais la réalité l’avait frappée bien avant. Alors sa voix, atone, faible, fatiguée, arriva aux oreilles d’Elfriede :

          -C’est le sien. Son sabre laser. Celui de Sarina.

          C’était décousu. Un Chevalier Jedi qui se décomposait comme ça, malgré plus de trente ans de visions d’horreur. Le spectacle était effarant. Elle ne pouvait pas rester ainsi. La pilote releve la Cathar, et lui ôta le sabre des mains, avant de la pousser vers sa cabine. Amorphe. Eteinte. Elle la colla sous une douche brûlante, encore entièrement vêtue, en lui ordonnant de prendre son temps, de se détendre, puis de dormir. Dormir… Comment le pourrait-elle, après tout ça ? Sarina ne se serait jamais débarrassée de son sabre. On le lui avait pris, ou elle l’avait perdu. Ce ne pouvait pas être elle, qu’elle avait affronté, sans quoi elle aurait utilisé les deux lames. Et son assaillant avait été si loin de cette danse que Maître Darel pratiquait avec le Jer’Kaï… Non, ça n’avait rien à voir. Pourtant, il y avait bien anguille sous roche.

          L’eau chaude coula sur ses épaules pendant de longues minutes. Elle avait fini par sortir légèrement de sa torpeur, suffisamment pour rien garder sur elle. Sa fourrure et son cuir trempés lui faisaient mal,s ans qu’elle puisse dire si c’était physique ou psychosomatique. Elle souffrait. Dans son coeur et son corps. Dayimiyo l’avait prévenue, pourtant. Cette mission lui ferait mal. Mais à ce point, c’était inimaginable. Son sang battait dans ses tempes, son coeur pulsait bien trop fort. Elle voulait crier, mais son hurlement restait coincé au fond de sa gorge. Il n’y avait rien à faire, pour l’instant. Son cerveau ne fonctionnait plus. Alors, toute ruisselante, elle s’effondra sur son lit. Pas de méditation, ce soir. Ou ce matin. Elle ne savait plus.

          A nouveau, ce fut la main d’Elfriede sur son épaule qui la réveilla. A nouveau, le geste était léger, rassurant.


          -Allez, marmotte. Il faut y retourner, maintenant. Je t’attends dans le cockpit.

          Le réveil fut difficile. Très difficile. Les yeux qui collent, les courbatures, les mauvais rêves, tout participait à faire de la Cathar une sale bestiole endormie prête à mordre. Elle s’habilla rapidement et rejoignit la rousse au poste de pilotage, s’affalant sur le siège de copilote.

          -Comment te sens-tu ?

          -Mal.

          -Je me doute. Tu es sûre de ce que tu avances ?

          -Certaine. Absolument certaine.

          -Alors qu’est ce qu’on fait, maintenant ?

          -Je ne sais pas, Elfriede. La piste nous emmenait ici, et ça n’a conduit à rien, hormis à cette… invasion de cadavres ambulants. Je n’avais jamais vu ça de ma vie, c’était… Il y avait une illusion de Force en plus des morts, rien n’allait… Je crois que j’ai entendu parler de ça, une fois, mais c’était il y a longtemps, et… c’était dans les Archives Jedi. Mais pas dans un texte.

          Elle fouillait sa mémoire à grande vitesse, réfléchissant tout en parlant. Oui, quelqu’un avait un jour parlé de ce terrible fléau qui faisait se relever les morts, qui avait été, selon les légendes, des centaines d’années auparavant. Et pourtant, le voilà qui refaisait surface, venant hanter une lune totalement perdue au milieu de nulle part. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Et qui avait parlé de ça, à l’époque ? Une image lui revint. Progressivement. Il avait une vingtaine d’années. Le corps élancé, dégingandé, malgré tout assez sportif. Des yeux verts brillants de malice et d’amusement. Une chevelure assez longue, des tenues mal soignées… Et surtout, une malchance à toute épreuve.

          -Je sais où on va. Dantooine.

          -Tu rigoles ? C’est à je ne sais combien de parsecs !

          -Je sais. Mais c’est notre prochaine étape.

          Les yeux jaunes percèrent le regard de la contrebandière, qui malgré quelques supplications supplémentaires et explications sur le prix du carburant, accompagnées de force bougonnements, accepta de mettre le cap sur Dantooine. La planète républicaine était le fief, entre autres, des chasseurs de prime, mais ce n’était pas là qu’elle se rendait. Non, ce qui l’intéressait, c’était le palais royal, et la délégation qui s’y trouvait. Avec le temps et beaucoup de patience, les Jedi avaient fait leur retour sur l’échiquier galactique et, avec eux, des diplomates avaient été formés. Kryann en avait connu un certain nombre, et son chemin croisait le leur régulièrement, aux quatre coins de la Galaxie. Réputation sulfureuse ou pas, elle était toujours accueillie sincèrement par les siens, et elle espérait que celui-ci ne ferait pas exception.

          ***


          -Dantooine. Connue pour son enclave, ses chasseurs de primes et ses cristaux, à l’époque. Si tu m’expliquais ce qu’on fait là ?

          -Je te l’ai dit, Elfriede. Nous sommes venues visiter celui qui s’occupe en partie de l’enclave restaurée.

          -C’est un ami ?

          -C’est un… Disons que ça ne devrait pas poser de problèmes.

          -J’adore quand tu dis ça et que finalement, je dois encore te sauver les miches.

          Elle n’obtint aucune réponse. La contrebandière avait raison, ce genre de situations finissait toujours pas dégénérer.

          -Je te laisse te débrouiller. Je vais en profiter pour faire le tour, moi, on sait jamais.

          -Ben tiens…


          Aussitôt dit, aussitôt fait, Elfriede abandonna Kryann sur le pas de l’enclave. Celle-ci n’était que l’ombre de ce qu’elle avait été du temps de sa grandeur, mais elle symbolisait le renouveau de l’Ordre. Elle était encore en reconstruction, mais son directeur avait été formel sur celle-ci : elle serait reconstruite au rythme nécessaire, par ses habitants volontaires. Convaincu de l’utilité des travaux manuels dans l’apprentissage, il proscrivait l’usage de la Force, afin d’apprendre à ses élèves l’humilité qu’il avait lui-même appris à la dure. D’ailleurs, il ne laissait pas sa part, et participait activement à la reconstruction. C’était, selon les rumeurs, une manière pour lui de se reconstruire lui-même. Jedi émérité, il avait beaucoup voyagé, mais avait récolté quantité de malheurs dans son sillage, comme si la Force s’acharnait sur lui. Pourtant, jamais il n’avait cédé à la tentation du Côté Obscur, au désespoir ou à la facilité. Un Jedi comme on en faisait assez peu finalement.

          Lorsque la Cathar pénétra les lieux, il n’y avait pas grand monde. Comme attendu, il était là. Elle s’approcha et s’inclina légèrement.


          -Maître Aplazm, je vous salue.


          L’autre se retourna, les yeux étonnés mais un large sourire aux lèvres.

          -Maître Kryann. Si je m’attendais à votre visite ! Que venez-vous faire dans cet endroit perdu ? La Galaxie est -elle définitivement en paix que vous ne soyiez pas occupée à régler l’un ou l’autre conflit ?

          La Cathar sourit, jaune. Touchée. Kath ne changerait jamais. Toujours rieur, voire moqueur, une grande intelligence pour la taquinerie et les jeux de mots. Avec un peu de chance, elle y échapperait ce coup-ci.

          -Non, Maître, j’en ai peur. Mais je viens vous consulter pour une affaire d’urgence. Je suis mandatée par Maître Qoraas.

          -Dayimiyo ? Fichtre, l’affaire doit être d’importance. Marchons, vous m’expliquerez.

          Lorsque deux Jedi se retrouvent, il est rare que le secret soit de mise. Surtout lorsqu’ils se connaissent depuis si longtemps, et qu’ils ont traversé le feu ensemble. Kath était l’un de ceux qui avaient sauvé Kryann à bord du Temple Maudit, et jamais elle ne l’avait oublié, lui rendant service quand elle le pouvait, afin de payer sa dette. Elle lui expliqua la situation, le message de Sarina, les renseignements, Killun, le fléau. Le directeur l’écouta religieusement alors qu’ils marchaient parmi les jardins, sans prendre le risque de l’interrompre. Lorsqu’elle acheva son récit, il s’assit sur une margelle, passant sa main dans sa barbe mal taillée.


          -Par la Force… C’est une drôle de situation, que tu me racontes là, Kryann. Si je me rappelle bien, cela fait trois dizaines d’années que j’avais évoqué ça avec Adi Jolian. Autant dire une éternité vu les événements récents. Et puis, je n’ai jamais vu cette maladie de mes yeux, je ne faisais que rapporter ce qu’on m’avait dit. Tu sais bien que comme bibliothécaire je suis… assez moyen.

          -C’est ma seule piste, pour l’heure. J’ai retrouvé l’arme de Sarina. Courir après elle signifie courir après quelqu’un de suffisamment puissant pour dresser des illusions dans la Force… Et après une peste millénaire.

          -Tu m’as bien dit que les morts avaient déjà été touchés ?

          -Il m’a semblé.

          -Alors je pense que tu cours uniquement après ce fléau… Qui lui-même court après Sarina, semble-t-il. Je ne peux pas t’aider, à l’heure actuelle, hormis en gardant cette histoire pour moi. Je pense que tu dois chercher vers ceux des nôtres qui sont… bien plus proches du Côté Obscur.

          -A qui penses-tu ?

          -Tu t’en doutes, non ?


          Bien sûr. Et pour le retrouver...

          1 réponse Dernière réponse
          0
          • Le ChroniqueurL Hors-ligne
            Le ChroniqueurL Hors-ligne
            Le Chroniqueur
            a écrit sur dernière édition par
            #7

            Post n°7
            Auteur : Kryann

            -Et tu dis qu'on doit aller où ?

            -Sur Alzoc III.

            Le front d'Elfriede heurta le tableau de bord du Vasburg avec force, résonnant dans tout le cockpit, sous l'oeil à la fois amusé et inquiet de la Jedi, qui posa sa main sur l'épaule de la contrebandière, puis sa nuque. Il y avait dans la désespoir de sa compagne de route une détermination et un dévouement sans faille qu'elle ne s'expliquait pas. Pour le troisième fois en quelques semaines, Kryann lui demandait de réaliser un voyage en hyperespace qui leur ferait traverser la galaxie pour se retrouver sur un monde inhospitalier, à la poursuite d'une menace inconnue, grandissante et introuvable. La Cathar éprouvait à cet instant une reconnaissance infinie envers la rousse, tant elle se donnait pour elle. Même en enlevant les voyages interminables, elle la supportait, elle et ses humeurs, depuis des jours, et prenait soin d'elle, la mettant dans les meilleures conditions pour sa mission. Le regard flamboyant de la pilote se posa sur Kryann :


            -Dis moi que tu as une bonne raison de me demander ça, Kry', je t'en supplie.

            -Est-ce que se mettre à la recherche d'un Maître Jedi qui s'est perdu dans sa quête depuis des années et des années, se renfermant de plus en plus sur lui-même, se coupant de l'Ordre, est une bonne raison ?

            -Non.

            -Alors non, je n'ai pas de bonne raison. Mais c'est la seule que j'ai actuellement, car c'est la seule personne qui a été en contact théorique avec ce fléau... hormis nous.

            -Quel rapport avec ton ordre de mission initial, par tous les blasters de la Galaxie ?

            -Je n'en sais encore rien. Mais qu'un Maître Jedi présumé mort envoie un message depuis une planète justement contaminée par cette maladie qu'on pensait disparue, la ficelle est trop grosse. Il y a un lien entre les deux, j'en mettrais ma main à couper.


            Le soupir d'Elfriede était lourd de sens. Comme elle le pressentait... non, comme elle le craignait, elle voyait la Jedi s'enfoncer une fois de plus dans les ténèbres de la Galaxie, et comme d'habitude, elle n'en ressortirait pas indemne. Il y avait pourtant tellement d'autres choses à faire que de courir après des chimères, de se réfugier dans des illusions. Ne pouvait-elle pas tout simplement... laisser couler ? Comme le ferait tout être vivant normalement constitué ? Son amie était sur la pente raide, elle ne pouvait pas la lâcher en route, mais qu'y gagnerait-elle ? Et surtout... Qu'y perdrait-elle, à risquer sa vie, ainsi ?

            De son côté, Kryann réfléchissait. La contrebandière lança le voyage en hyperespace, lui intimant de quitter le cockpit pour ne pas la déranger et pour lui éviter toute envie de lui mettre une claque. De bonne grâce, la Jedi retourna dans sa cabine, et contacta le Conseil. Ou plutôt, Dayimiyo.


            -Kryann. Tu me fatigues. Tu n'es pas facile à suivre.

            -C'est volontaire. Je n'aime pas que le Conseil me suive à la trace.

            -Tu as disparu pendant des jours, et tu réapparais auprès de Maître Aplazm sur Dantooine. J'imagine que tu avais une bonne raison, et que tu vas me la donner tout de suite ?

            -J'avais envie de le revoir.


            Le Jedi aveugle secoua la tête.


            -Viens en au but, je te prie.

            -La piste s'est arrêtée très vite. Mais j'en remonte une autre bien plus inquiétante. J'ai peur que Sarina n'ait mis le doigt dans une machination qui englobe bien plus que nos petites personnes.

            -Des suppositions, Kryann. Quels sont les faits ?

            -Fais moi confiance. C'est tout ce que je peux te dire, pour l'heure. Mais tiens une force d'intervention pas loin de toi. J'ai... programmé un message au cas où ça se passe mal et que je rejoigne la Force de manière anticipée.

            -Travailler seule t'attirera fatalement des ennuis.


            -Je n'ai jamais été moins seule qu'aujourd'hui.

            En disant cela, elle avait coupé la communication et levé les yeux vers l'ouverture de la porte de sa cabine.


            -Tu as tout entendu ?

            -Presque. Tu devrais arrêter d'espionner les gens via la Force.


            La Jedi secoua la tête, légèrement amusée, regardant la contrebandière rentrer dans la cabine. Elle prit place sur le siège de fortune du bureau, croisant les jambes, accoudée au mur. Ses yeux transperçaient Kryann, ne la lâchant pas.


            -C'est vrai ce que tu as dit ?


            -Au cas où ça tournerait mal ? Bien entendu. Ca fait longtemps que j'ai adapté mon communicateur à cet effet, et sur ton conseil, si je me souviens bien.


            -De ne pas être seule.


            Il n'y eut pas de réponse. La Cathar baissa les yeux. Compter sur quelqu'un, savoir qu'on avait ce luxe... Pour une ancienne esclave, qu'y avait-il de plus réjouissant, de plus exaltant ? Avoir une amie, tout simplement. C'était un privilège que Kryann avait appris à chérir avec le temps. Elle qui, du temps de son apprentissage, avait été en guerre ouverte avec tous les autres Novices, puis presque reniée en tant que Padawan par la plupart des Jedi de l'Ordre, qui la jugeaient à la fois désaxée et dangereuse. Elle prenait une revanche sur tout cela, en cet instant précis. Elle ne sentit même pas Elfriede se lever, poser une main sur son épaule, et lui chuchota quelque chose. Puis, elle la laissa avec un sourire.

            ***


            Alzoc III. Ce monde de glace était moins connu et moins froid que Hoth mais présentait les mêmes caractéristiques. Engoncé dans un hiver sans fin, il avait pourtant vu une espèce indigène s'y développer, les Talz. Laissée à l'écart du barnum galactique, elle écoulait des jours paisibles dans l'univers. Pourtant, elle était la cible de Kryann, aujourd'hui, pour une raison très simple : un Maître Jedi s'y était perdu. Ou plutôt, il y avait établi sa demeure, pour des raisons qui lui échappaient, faisant de la planète sa base d'opérations. Connu pour beaucoup voyager, il recherchait une perpétuelle rédemption dont personne ne connaissait réellement la source. D'aucuns disaient qu'il n'avait pas supporté de perdre un apprenti. D'autres qu'il était simplement fous. Les derniers arguaient plutôt qu'il avait eu une illumination de la Force. Mais tous étaient d'accord sur un point, il valait mieux ne pas croiser sa route. Son jugement était toujours définitif.

            Sous les rafales de neige, les censeurs avaient à peine réussi à capter l'entrée de l'habitation de l'ermite, une grotte protégée sommairement des vents glacés par des tentures et des blanches.


            -Je t'attends pas loin, au cas où.

            -Tout ira bien.

            Emmitouflée dans sa bure, Kryann sauta de la passerelle, laissant le vaisseau redécoller, le perdant rapidement de vue dans le blizzard. D'un pas décidé, mais mal assuré dans la neige, elle se dirigea vers l'antre, qu'elle pénétra sans frapper, ni s'annoncer. Elle savait que c'était inutile.


            -De toutes les atrocités qui peuplent la Galaxie, je ne m'attendais pas à te voir.

            -Ravie de te revoir également, Pete Jeabro. Après 30 ans.

            L'ermite était au fond de la grotte, devant un feu. Il avait vieilli. Ses cheveux bruns avaient viré au poivre et sel, tout comme sa barbe fournie. Des rides tiraient son visage, à la fois au coin de ses yeux et sur son front. Toujours aussi grand, et toujours plus mince, il semblait pourtant en bonne forme, en témoignait ce regard toujours perçant.


            -L'Ordre a enfin décidé de te radier ?


            -Je peux m'asseoir ?


            Elle n'attendit pas de réponse. Le Jedi la regarda faire sans esquisser un geste.


            -Trente ans après, tu es restée la même. Irrévérencieuse, impolie, imprudente. Fais moi plaisir, Kryann, et repars sans regarder en arrière.

            -J'ai besoin de toi.


            -Encore ?

            -Encore. Je sais que tu as étudié le fléau, dans ta jeunesse. Je sais que tu connais des choses dessus que personne d'autre ne pourrait savoir. J'ai besoin de tout savoir.


            -Et qu'est ce que je gagne en échange ?

            -La vérité sur Sam.

            La réponse fut physique, et non verbale. Pete invoqua la Force et appliqua une énorme poussée de Force sur la Jedi qui partit en arrière, heurtant une colossale stalagmite qui lui coupa le souffle. Sonnée, elle mit un genou à terre en se massant l'arrière du crâne. Elle releva la tête, juste à temps pour voir son collègue et adversaire lui sauter dessus, sabre en main. Elle se dégagea promptement d'une roulade, et se releva en levant les mains.

            -Arrête tes conneries ! Je dis la vérité !

            -Tu mens ! Tu mens ! Personne ne peut m'apporter la vérité !

            Il se jeta sur la Cathar. Maître du Soresu, il se retrouvait pourtant à l'assaillir comme un damné, alors que Kryann ne ripostait pas, profitant de son agilité pour simplement esquiver les coups. Roulades, sauts, contorsions, toute la palette physique y passa, dans un enchaînement mortel qui ne laissait pas place à l'erreur. Au bout du compte, elle finit par envoyer son pied droit dans le ventre de son adversaire, le faisant reculer.

            -Je sais que tu as passé toutes ces années à t'en vouloir, Pete ! J'ai fait mes recherches. Je sais pour Sam, pour la Montagne Noire, pour ce qu'il est devenu. Bon sang, tu n'y es pour rien.

            -Tais toi !

            Il se jeta à nouveau sur elle. Avec une rage incroyable. Elle n'avait plus le choix. De ses deux sabres, elle para la nouvelle attaque.

            1 réponse Dernière réponse
            0
            • Le ChroniqueurL Hors-ligne
              Le ChroniqueurL Hors-ligne
              Le Chroniqueur
              a écrit sur dernière édition par
              #8

              Post n°8
              Auteur : Kryann

              Pete, avec toute sa rage, appuyait de toutes ses forces sur les lames croisées de la Cathar. Son sabre-laser bleu, usé par le temps et l’usage, demeurait redoutable, quand bien même Kryann avait bien du mal à voir en son adversaire un maître du Soresu. Ses coups étaient si violents et agressifs qu’il devint rapidement évident pour elle qu’il ne s’était pas seulement détourné du Conseil Jedi, il avait tourné le dos à l’Ordre et à ses principes tout entier. Pourtant, elle ne pouvait pas se résoudre à engager un combat qui les mettrait tous les deux en danger. Il lui faudrait le raisonner, le calmer, tout en s’assurant que ni lui, ni elle, ne seraient blessés. La position était délicate, surtout pour une pratiquante d’un Shien destiné à faire plier rapidement ses adversaires et à écourter les combats. Surtout, elle n’était pas à l’aise dans cet environnement glacé.

              D’un bond en arrière, elle rompit le combat pour s’accorder le temps de débarrasser de sa bure qui la gênait véritablement. Ses deux lames, rouge et blanche, se croisèrent à nouveau devant elle, pointes vers le sol.


              -Ne sois pas idiot, Pete. Je ne veux pas te tuer. Je le ferai si tu m’y forces.

              -T’y forcer ? C’est toi qui vient jusque dans ma retraite, pour me tromper, comme d’autres l’ont fait avant toi.

              Il réengagea le combat. Toujours aussi brutalement. Immédiatement, Kryann se trouva sur la défensive, incapable de se décider sur une stratégie qui ferait pencher ce combat en sa faveur. Habituée à enchaîner les attaques puis les défenses, elle en oubliait une grande partie de l’intérêt de son style, se perdant dans des mouvements peu ordonnés, sans fluidité, statiques même, se mettant seule en danger. En plus de tout cela, elle devait absolument trouver les bons mots pour raisonner son ennemi.

              -Pete ! Nous ne sommes pas ennemis ! Je sais que c’est dur, mais tu dois me faire confiance !

              -A quelqu’un comme toi ? Une Sith qui s’ignore ? Jamais !

              Nouvel assaut, nouvelle parade désordonnée. Elle ne virevoltait pas comme à son habitude, tournant autour de son adversaire comme une prédatrice. Elle était une réelle proie, malgré ses deux armes, face à la fureur du Jedi déchu. La chorégraphie des deux combattants était si différente, si opposée, qu’il ne faisait pas de doute quant au futur vainqueur. L’Humain n’avait aucun mal à surpasser la Cathar, et lui faisait sentir tout le poids de sa responsabilité. Les coups se succédaient à une vitesse infernale, l’obligeant à reculer, encore et toujours. Là, elle prit un coup de poing au visage. Ici, elle prit un coup de pied au menton. C’était absolument inhabituel, pour l’un comme pour l’autre. A nouveau, elle recula de quelques mètres, crachant un peu de sang mêlé à de la salive dans la neige.

              -Sam est devenu Darth Oblivius, Pete. Il a contribué à sortir le Nouvel Ordre Sith de l’ombre. Tu n’y es pour rien, par la Force ! Il aurait chuté et sombré, avec ou sans toi.

              -Paroles de lâche, de faible ! Je n’aurais jamais du faillir.

              Elle le regarda, les yeux graves. Ce qu’elle venait d’entendre la frappa au ventre.

              -Lâche ? Faible ? Ce sont les mots des Sith, Pete. Toi comme moi, nous savons que même nous, Jedi, pouvons avoir nos moments de faiblesse.

              -La ferme !

              Nouvelle poussée de Force. Mais cette fois, elle y était préparée, et le contra à son tour. Avançant l’un vers l’autre en cherchant à se repousser mutuellement, ils en vinrent presque à se toucher, leurs mains se frôlant presque, passant à quelques centimètres l’une de l’autre, concentrant toute leur énergie dans ce duel mental. Leur force combinée les conduisit à une explosion qui les propulsa tous deux en arrière, chacun se réceptionnant comme il le pouvait sur le sol gelé.

              -Comment peux-tu me dire ça, alors que tu viens me parler d’un des plus anciens fléaux Sith avec cette peste ?

              -J’ai besoin de toi, là-dessus !

              Il se rua à nouveau sur elle. Mais quelque chose avait changé. L’instinct de Kryann lui hurlait qu’il n’y avait qu’une seule issue. Sans reprendre le dessus, elle commença elle-même à frapper le Jedi, le mettant à son tour sur le reculoir, pour le forcer à ne plus réfléchir, ne plus penser. Peut-être que porté par l’adrénaline du combat, les choses changeraient. Si seulement son instinct ne prenait pas le dessus sur tout le reste… La fluidité revenait peu à peu, de même que les coups qui avaient fait sa réputation. Même si elle souffrait encore, à la fois meurtrie par les coups et handicapée par le froid, elle n’était plus la seule. Mais Pete ne cédait pas. Il ne cèderait pas. Il y avait dans ses yeux une colère froide qui ne s’éteignait pas, que Kryann voyait même grandir à chaque fois qu’elle croisait son regard.

              Elle n’avait plus le choix. Se libérant enfin totalement, comme si elle ôtait la chape qui pesait sur ses épaules, elle délivra enfin ses meilleurs coups, ses meilleurs mouvements, retrouvant des enchaînements simples qui lui permirent d’augmenter le rythme du combat. Tout manieur du Soresu qu’il était, la carapace ne pouvait pas tenir éternellement. C’était comme un rêve, les mouvements précédaient sa pensée, et les gestes de Pete semblaient ralentis, évidents, tout comme les parades qu’elle avait à réaliser. Ses lames s’abattaient sans relâche sur la défense de plus en plus laborieuse de son adversaire qui semblait fatiguer à son tour. La rage qui l’habitait, qu’elle masquait, se révélait enfin, dans toute sa noirceur, alors que la colère de Pete semblait le consumer peu à peu. Alors qu’il se fendit dans un ultime assaut désespéré, elle s’écarta du chemin de la lame, regardant le bras qui passait devant elle. Son coude s’abattit sur le poignet de l’homme, qui lâcha le sabre, alors que l’autre main de Kryann enfonçait la lame rouge dans le ventre de Pete.

              C’était trop tard. L’irréparable. La lame s’éteignit aussi rapidement qu’elle était rentrée, et les deux manches tombèrent au sol, laissant Kryann rattraper son frère Jedi. Leurs yeux se croisèrent, alors que la Cathar aida Pete à s’allonger au sol. Il avait déjà rejoint la Force. Ce n’était qu’une question de secondes, désormais.


              -Kryann… J’avais raison… à ton sujet.

              -Pardonne-moi… Tu ne m’as pas laissé le choix.

              -Tu es une Sith… Une foutue Sith…

              Elle hocha la tête. Ici, loin de tout, elle se sentait si loin des siens, et de tout, qu’elle ne pouvait qu’acquiescer. Ses yeux jaunes ne quittaient pas le Maître Jedi des yeux.

              -Dandoran. Puisses-tu y crever, Kryann.

              Il rendit son dernier soupir, là, sur cette ultime malédiction, laissant la Cathar dans la neige, seule. Son corps disparut soudainement, dans la Force, laissant la Jedi désemparée. Ses yeux se remplirent de larmes, à la fois de tristesse et de rage, contemplant ce qui restait de la bure de sa victime, trouée au niveau du ventre. Elle resta là, muette, de longues minutes, sans entendre qu’on l’appelait. A l’extérieur, Elfriede s’inquiétait, et finit par pénétrer à son tour dans la grotte. Aucun mot ne fut dit, et aucun mot ne méritait d’être prononcé. La bure vide, Kryann à genoux, il n’y avait aucunement besoin d’un descriptif poussé. Elle s’accroupit près de la sensitive, passant son bras autour de ses épaules comme une couverture, et l’amena à elle. Que pouvait-elle dire ? Que ça allait ? C’était absolument faux. Reclus ou non, paria ou non, Pete Jeabro restait un Jedi. Et Kryann venait de l’abattre.

              La contrebandière serra la Jedi avec force. Elle prenait conscience qu’une limite venait sans doute d’être franchie. La Chevalière n’avait jamais été la plus douce ou la plus diplomate, mais jamais elle n’avait tué sans raisons, et jamais elle ne s’était risquée à affronter ses frères autrement que verbalement. Cette fois… Il n’y aurait pas de retour en arrière.

              1 réponse Dernière réponse
              0
              • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                Le ChroniqueurL Hors-ligne
                Le Chroniqueur
                a écrit sur dernière édition par
                #9

                Post n°9
                Auteur : Kryann

                Kryann n'avait aucune idée de comment elle avait rejoint le Vasburg. Pas plus de pourquoi elle était nue sous une douche brûlante, ni pourquoi Elfriede l'attendait à l'extérieur avec une serviette. En fait, elle ne savait absolument plus qui elle était. Tout ce dont elle se rappelait, à cet instant précis, c'était sa lame qui pénétrait le corps de Pete Jeabro, encore et encore, yeux fermés ou grands ouverts, elle ne voyait que ça. Il n'y avait plus que ces quelques secondes, qu'elle se rejouait en boucle dans sa tête, encore et encore, jusqu'à la nausée. D'ailleurs, il lui semblait qu'elle avait vomi, si elle en jugeait par son œsophage qui la brûlait, et par son ventre qui semblait retourné. Plusieurs fois ? Sans doute. Le front posé contre la cabine de douche, elle ne pleurait pas, mais elle était dépitée. Ecrasée par le poids de son acte. Ce n'était pas la première fois qu'elle tuait... Mais la première fois qu'elle n'y était pas forcée. Tout son être l'avait poussée à cette extrémité qu'elle ne voulait pas. Cela faisait si longtemps que son corps n'avait pas pris le pas sur son esprit. Elle en avait perdu l'habitude.

                L'instant d'après, elle était sur le bord de son lit. Recouverte de serviettes qui collait à son pelage trempé, le bras de son amie de longue date autour de ses épaules. Mais elle ne le sentait pas. Pas plus qu'elle ne la sentait dans la Force. C'était comme si brutalement, elle s'était coupée du monde et de la Force. Comme si elle se flagellait, se punissait elle-même. Les lèvres de la contrebandière bougeaient. Elle devait parler, sans aucun doute, mais aucun son ne parvenait à ses oreilles pourtant fines. Elle n'entendait que les derniers mots de Pete. La sensation était étrange. Elle se sentait flotter dans l'air, comme si elle était séparée de son corps, comme si elle n'était plus vraiment de ce monde, et pas encore dans le prochain.

                Nouveau saut dans le temps. Devant ses yeux, le cockpit du Vasburg passait en hyperespace. Sur son épaule, la main d'Elfriede, qui ne la lâchait manifestement pas. Elle était habillée, simplement, mais sûrement. Que se passait-il ? Jamais elle n'avait été dans cet état, même dans ses années d'esclavage. Le choc, sans aucun doute, était d'une force considérable. Rien ne semblait pouvoir la réveiller. Ses yeux se posèrent sur la main étrangère. Elle tressaillit. Puis une seconde fois lorsqu'elle se posa sur sa nuque. A nouveau, la pilote parlait, mais la Jedi ne comprenait pas. Alors elle ouvrit la bouche :


                -Suis-je une Sith ?

                La question était tombée sans hésitation. Elle instaura un lourd silence dans le vaisseau qui continuait de s'élancer dans l'espace, sur la route galactique. La glace fut brisée après de longues, très longues minutes, par Elfriede.

                -Je ne sais pas.

                -Avait-il raison ?


                -Je ne sais pas.

                -Alors c'est qu'il avait raison.


                Nouveau silence.

                -Je ne sais pas si tu es une Sith, Kryann. Pas plus que je ne sais si tu es une Jedi, malgré ce que tu peux dire. Je... n'en sais rien. La distinction est tellement fine, tellement ténue, que... je suis incapable de te dire ce que tu es. Tout ce que je sais, c'est que tu es Kryann, et que je...

                Elle se tut, une fois de plus. Qu'allait elle pouvoir dire ? Fallait-il vraiment qu'elle le dise ?

                -Je te considère comme une amie, Kryann, Jedi, Sith, c'est pareil pour moi. Deux groupes de sensitifs avec leurs casseroles au cul, qui passent leur temps à se battre, s'entredéchirer pour... pour soi-disant une paix galactique que ni les uns, ni les autres n'ont jamais apporté.

                Kryann se dégagea. Doucement, mais sans hésiter. Les mots d'Elfriede étaient durs. Très durs. Quelque chose d'autre venait de se briser, au plus profond d'elle. C'était comme si elle avait entendu du verre se fendre dans son âme, comme si on venait d'exploser le miroir dans lequel elle se regardait depuis tant d'années. Tout ce temps, à se considérer comme une Jedi, à vivre comme telle, mais au final, en quoi son comportement la différenciait réellement des Sith ? Elle avait en elle, ancrée, marquée au fer rouge, sa volonté d'indépendance de corps et d'esprit, qui s'exprimait depuis tout ce temps. Et à quoi cela l'avait-elle conduit ? A nouveau, quelque chose se brisa. Il suffisait de se retourner pour se rendre compte de ce qu'elle avait pu faire, à travers la Galaxie. Combien de morts, de blessés, avait-elle laissé sur le bord du chemin, parce qu'elle estimait ça juste ? Parce que c'était ainsi qu'elle voyait l'Ordre Jedi ? Sans doute beaucoup trop, et depuis beaucoup trop longtemps.

                Lorsqu'elle se leva, elle était chancelante. Ce qu'il fallait à la Cathar, c'était du temps. Mais il fallait aussi qu'elle continue. Elle se connaissait bien, et savait que l'inaction l'amènerait à s'encroûter, puis à dépérir. C'était ainsi. La sensitive n'avait jamais cessé de courir. Mais finalement... allait-elle de l'avant, ou bien fuyait-elle, constamment, à la fois son passé, son présent et son futur ? « Toujours en mouvement est l'avenir », disait-on sur Tython. Mais peu importe la manière dont elle regardait, celui-ci semblait bien sombre...

                1 réponse Dernière réponse
                0
                • Le ChroniqueurL Hors-ligne
                  Le ChroniqueurL Hors-ligne
                  Le Chroniqueur
                  a écrit sur dernière édition par
                  #10

                  Post n°10
                  Auteur : Kryann

                  Elfriede avait pris ses distances avec la Jedi qu'elle hébergeait. Contraintes et forcées, les deux acolytes avaient du revenir proches de l'espace connu afin de se ravitailler et de prendre le temps de se remettre de leurs émotions. Surtout pour Kryann. La Cathar ne pouvait tout simplement pas passer outre ce qu'elle avait fait. Les cauchemars la hantaient, et elle revivait inlassablement le duel, puis le meurtre. Encore, et encore, et encore... Sith. Meurtrière. Tueuse. Assassin. Ces mots tournaient dans son esprit sans lui laisser le moindre répit. Au point de lui faire même oublier ses cauchemars d'enfance. Un traumatisme chassait l'autre. Elle ne serait plus jamais en paix, et elle comprenait désormais la malédiction lancée par Pete. Sans doute était-elle déjà morte à l'intérieur.

                  Néanmoins, il lui restait ce voile à lever, sur la disparition de son Maître, ainsi que sur la planète Dandoran. L'ultime renseignement laissé par le paria Jedi avant son départ vers la Force. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle y trouverait, hormis sans doute la mort, un peu plus. Qu'elle la sème ou qu'elle la récolte. Mais avant cela, il fallait qu'elle discute avec sa pilote. Celle-ci fumait, tranquillement, posée sur le toit du vaisseau, qui s'était amarré dans un obscur astroport de la Bordure Extérieur. Elles étaient pratiquement seules et personne ne faisait attention à elles. La Cathar vint s'asseoir à côté de la contrebandière qui ne la regarda même pas, et ne prit pas de gants.


                  -Que comptes-tu faire ?


                  -De quoi tu parles ?

                  La voix était froide. Glaciale même. Elle aussi avait réfléchi. Quelque part, elle ne reconnaissait plus réellement celle qu'elle appelait son amie. Sombre, distante, apeurée, elle était loin, si loin de la Jedi assurée qu'elle connaissait. Contrairement à ce qu'elle avait pu dire, il y avait bel et bien une limite entre Jedi et Sith. Au moins, les premiers donnaient l'illusion de combattre pour la Galaxie...

                  -Maintenant. Que vas-tu faire ?

                  -Finir ma clope.

                  -Fais pas l'innocente. Tu acceptes de me larguer sur Dandoran ou pas ?

                  -Va te faire foutre.


                  Le silence s'installa de nouveau. Lourd, pesant. Kryann avait-elle mérité cette morgue ? Oui, sans doute. Les événements récents avaient fragilisé leur lien, par sa faute. Distante, ailleurs, aigre voire venimeuse, la Cathar n'avait pas ménagé l'Humaine. Sans jamais la remercier pour ce qu'elle avait pu faire auparavant, ni pour le soutien, ni pour les voyages. Une attitude égoïste.

                  -J'ai besoin de toi, Elfriede.

                  -Je sais. Va te faire foutre quand même.

                  -Elf-


                  -Oui, je te déposerai. Mais pas pour toi. Pas pour ce que j'ai devant moi. Je sais pas qui t'es, mais t'es pas celle que j'ai connue y'a des années. Kryann se serait jamais laissée abattre comme ça. C'était une foutue tête de mule, une inconsciente, mais elle en avait, elle.

                  La contrebandière se leva, et sans un regard en arrière, se laissa retomber au sol.

                  -On dégage dans deux heures.

                  ***


                  Le voyage se passa de manière tout aussi froide. Hormis les habituelles indications sur l'avancement du voyage, ni l'une ni l'autre ne voulait adresser la parole en première. Kryann, pour ne pas agacer plus sa pilote, Elfriede... Elfriede avait vu sombrer son amie à vitesse grand V sans rien pouvoir empêcher. Elle s'en voulait affreusement. Elle lui avait dit que c'était une mauvaise idée, et s'était laissée emporter dans cette histoire sordide pour... pour quoi, finalement ? Comment avait-elle pu céder aussi facilement aux sirènes de la Jedi, qui n'avait même pas eu à déployer des trésors d'argumentation, ou des trésors tout court ? Elle était certaine qu'elle n'avait pas utilisé sur elle d'outil Jedi. Elles se respectaient trop l'une l'autre pour en arriver là. Alors qu'était-ce ? Voulait-elle la protéger, encore ? Mais de quoi, alors qu'elle n'avait aucune idée de la menace qui planait ? La réponse était finalement logique : d'elle-même. Les tendances autodestructrices de la Cathar, son inconscience innée la mettaient systématiquement en danger. Et pourtant, elle n'avait pas réussi à la protéger. Elle l'avait accompagnée dans sa chute.

                  Mais il était hors de question pour la Corellienne de se laisser entraîner pour autant. Son indépendance, son vaisseau, sa vie, voilà ce qui importait réellement. Alors qu'elle posa son regard sur le cockpit qui reflétaient les lumières des étoiles qui défilaient en hyperespace, elle ne put s'empêcher d'éprouver un léger remord à cette pensée. La contrebandière ne faisait pas honneur à son amitié mais que pouvait-elle bien faire pour l'aider ? Rien. Plus rien, désormais. Elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir, et ça n'avait pas suffit.

                  Le vaisseau arrivait à sa destination. Dendoran. Une planète habitable mais inhabitée, qui n'avait pas grand intérêt. Comment pouvait-elle être le centre d'un obscur rituel Sith, la Corellienne n'en savait rien. Mais elle avait promis. Un dernier voyage. Prise d'un instinct, elle tourna la tête. La Cathar était là, et s'assit à côté d'elle. Sans demander son avis, elle prit les commandes. Les yeux clos, elle pilota l'appareil dans sa descente dans l'atmosphère. La tension était palpable. Incompréhensible. Sans heurt, la Jedi parvenait à diriger le Vasburg. Mue par la Force, et par un pressentiment. Puis, elle stoppa le vaisseau. Sous leurs pieds, il n'y avait rien d'autre qu'une vaste forêt. Un simple mouvement, et le sas s'ouvrit, alors que Kryann s'y dirigeait.

                  La Jedi avait le cœur bien lourd. C'était un dernier voyage sans possibilité de retour. Et celui-ci s'achevait dans la pire des ambiances, le plus mauvais scénario possible. Elle était un échec, elle subissait l'affront le plus sale de sa vie entière. Elle n'avait jamais réussi à être une vraie Jedi, et même comme Sith, elle ne valait pas un clou. Elle n'était rien. Une simple Cathar, armée d'un sabre-laser et de la Force, qui s'était perdue et avait également tout perdu. Jusqu'à la dernière miette. Ses illusions. Son Maître. Son honneur. Ses convictions. Son...

                  Une main s'était refermée sur son poignet. En douceur mais avec fermeté. Une main bien connue. La Cathar ne se retourna pas immédiatement, son cœur s'arrêta un instant. Une autre main se posa sur son épaule, lui faisant faire lentement volte-face. Les yeux de la contrebandière plongèrent dans les pupilles jaunes de la Jedi. L'infinie tristesse qui s'en dégageait suffisait à lui faire comprendre. Une étreinte fugace les réconcilia. Elles se séparèrent aussi vite qu'elles s'étaient liées. Les mains glissèrent, ballantes. Un hochement de tête. Un battement de paupières. Et Kryann se laissa tomber.

                  L'une comme l'autre savaient.

                  1 réponse Dernière réponse
                  0
                  Répondre
                  • Répondre à l'aide d'un nouveau sujet
                  Se connecter pour répondre
                  • Du plus ancien au plus récent
                  • Du plus récent au plus ancien
                  • Les plus votés


                  • Se connecter

                  • Vous n'avez pas de compte ? S'inscrire

                  • Connectez-vous ou inscrivez-vous pour faire une recherche.
                  Powered by NodeBB Contributors
                  • Premier message
                    Dernier message
                  0
                  • Accueil
                  • Récent
                  • Mots-clés
                  • Populaire
                  • Utilisateurs
                  • Groupes