Tombeaux Sith, Freedon Nadd
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Post n°21
Auteur : KryannSon regard se posa sur le corps inanimé du soldat. Un simple instant suspendu dans le temps. Il avait vaincu une peur qui l’avait pris aux tripes et était revenu. Tout ça pour quoi ? Mourir dans une jungle sordide. Au nom d’un devoir ? D’une République qui n’entendrait probablement jamais parler de lui. Etait-ce là le destin de ce soldat qui gisait désormais à ses pieds, alors qu’il rejoignait ses ancêtres ?
Elle releva les yeux vers l’Humain qui l’invectivait désormais, qui lui crachait insultes et provocations. Il venait de tuer sans sourciller un soldat apeuré et perdu, et c’était son tour à elle désormais. Lui qui lui promettait monts et merveilles quelques minutes auparavant. Etait-ce ça, le Côté Obscur ? Une succession de mensonges et de paroles enjôleuses ? Ce n’était pas ainsi qu’elle se voyait.
Néanmoins, elle se rappela les paroles de Maître Qos. Son regard empli de déception devant l’ampleur de son échec. La peur et la colère continuaient de brouiller ses sens, alors qu’elle se sentait incapable de reprendre le dessus, de reprendre contenance. De reprendre le chemin des Jedi. Ses émotions continuaient de tourbillonner et un désir sourd de bondir sur cet assassin la prenait aux tripes.
Sa main serrée sur la poignée de son arme lui faisait mal. Ses muscles la brûlaient de nouveau, l’adrénaline lui donnait un coup de fouet. Son être lui hurlait d’attaquer sans aucune hésitation. Mais son corps restait immobile, impassible, droit devant ce tueur qui réclamait de nouveau du sang. Elle inspira. Une fois, deux fois… A chaque fois, elle essayait de se détendre un peu plus, gardant contrôle sur elle-même.
Puis, finalement, elle bougea. Elle empoigna son arme à deux mains, levant la garde au niveau de son visage, au-dessus de son épaule gauche, lame droite, vers le ciel. Son pied gauche glissa légèrement vers l’arrière pour lui permettre de conserver une assise confortable. Elle fixait l’homme sans réellement le voir. Sa garde était simple, trop simple sans doute. Comment pouvait-elle espérer abattre un combattant aguerri sans entraînement autre que le simple Shii-Cho ? Elle regarda autour d’elle avant de revenir à l’humain. Une idée germa dans son esprit.
Il chargea. Aucune once de finesse ou de légèreté dans cette course. Ses pas lourds ébranlaient le sort, son cri de guerre retentit. En quelques secondes il fut sur la Cathar. Sa lame faucha l’air de droite à gauche, au niveau de son bassin, mais elle n’était déjà plus là. Bien plus agile, bien plus fine, elle s’était jetée au sol pour effectuer une roulade et se relever aussitôt. Nouvelle garde. Mais pas de répit, cette fois. D’un bond, il la prit au corps-à-corps, frappant de haut en bas. Les lames se heurtèrent violemment, et le coup résonna dans tout le corps de l’apprentie. Les vibrations lui firent presque lâcher son arme mais elle tint bon. Il était bien plus fort qu’elle physiquement, il faudrait à tout prix éviter les contacts.
Il ne lui laissa pas le temps de réfléchir. Une pluie d’attaques, de fentes, de tailles et d’estoc se déversèrent sur la garde fragile. Chaque coup la faisait reculer pour ne pas risquer une brèche soudaine, mais elle se fatiguait bien trop vite. Le combat contre le Drexl l’avait rendue presque amorphe, et à trop vouloir garder son contrôle sur son esprit, elle en oubliait presque qu’il lui faudrait attaquer pour vaincre. Mais il ne lui en laissait pas l’occasion. Conscient de son avantage, il multipliait les coups brutaux. Aucune botte, aucune feinte, ne venait perturber son rythme implacable et presque intolérable pour la Cathar. Elle s’essoufflait trop vite.
Une nouvelle attaque puissante, destinée à la trancher en deux dans le sens de la longueur. Une nouvelle fois, elle se jeta dans l’herbe, mais manqua sa roulade. Il en profita immédiatement, l’attrapant à la gorge. La soulevant presque sans peine d’une main, il savoura la peur dans les yeux de la Jedi.
« C’est l’heure de rejoindre tes ancêtres, petite @£*!&% de Cathar… »
Elle inspira. Vit l’arme se lever. Elle avait lâché sa propre vibrolame. Elle serra les poings… Et cueillit l’Humain au creux du ventre d’une nouvelle poussée de Force. Elle avait puisé dans ses ressources pour trouver la force de le faire, mais que lui restait-il ?
L’Humain recula en la lâchant, envoyé au loin. Mais il se redressa bien trop vite, la rage luisant dans ses yeux qui remplaçait la soif de sang.
« Cette femme est méprisable mais n'entâchez pas sa réputation par une insulte odieuse ! ! »
La voix claqua de nouveau, alors qu’elle ramassait son arme. Trop tard pour en profiter. Alors qu’il commençait à courir vers elle, elle tourna les talons et s’enfuit dans la jungle.
L’Humaine vociférait, hurlait insulte sur insanité, criant à qui pouvait l’entendre qu’il la tuerait. Lancé sur les talons de cette petite idiote, il se faisait fouetter par des branches, des lianes, sans réussir à la rattraper. Idiote, mais agile. Merde. Il s’arrêta dans sa folle course pour écouter. Partout, des craquements, des bruits d’animaux, mais il ne parvenait pas à déceler la jeune Cathar. Il le fallait pourtant. Il se tourna, se retourna, cherchant des yeux une piste, un indice. Rien.
Son instinct lui hurla de se retourner. Un rien trop tard. Dans un cri silencieux, il vit la jeune apprentie tomber sur lui d’un arbre, faisant ployer ses genoux et s’effondrer dans l’humus et la végétation. La Cathar roula au sol, se relevant rapidement. Son adversaire n’eut pas ce loisir. A peine debout, il dut subir un flot d’attaques semblant désordonnées, composé majoritairement de feintes et de rotations autour de lui. Elle l’assaillait en de nombreux endroits, cherchant systématiquement à se mettre dans son dos, visant particulièrement ses jambes, pour l’empêcher de reprendre sa garde.
Enfin elle le faisait reculer. Elle prenait enfin l’initiative dans ce duel à mort. Elle usait de son patrimoine génétique, ses prédispositions naturelles à l’évolution en milieu forestier pour prendre l’Humain sur son terrain, et non à découvert. Il semblait perturbé par l’environnement ambiant, là où elle s’y sentait à l’aise. Les nombreuses racines, enchevêtrements de lianes et de végétaux ne la dérangeaient pas alors que son adversaire semblait constamment faire attention à où ses pieds se posaient. Malgré cela, elle ne parvenait pas à transpercer sa garde, et l’adrénaline ne pouvait pas non plus faire office suffisamment longtemps pour l’épuiser.
C’est l’Humain qui lui donna la solution. Dans un mouvement désespéré, il tenta d’empaler violemment la Jedi au niveau du ventre, ouvrant largement sa garde. Il venait de se trahir, faisant une funeste erreur. Elle se glissa le long de la lame alors qu’il se fendait, le fil passant à quelques millimètres d’elle mais aurait tout aussi bien pu être à trois mètres tant il était impossible qu’elle soit touchée par ce mouvement suicidaire. D’une élégante rotation, elle arriva au corps à corps. Sa main attrapa le poignet armé de l’homme dans le mouvement, et il se trouva emporté à la fois par son poids et sa vitesse. Puis le bras de la Cathar tomba en même temps que le combattant.
La lame traversa la poitrine de l’homme qui s’effondrait à terre dans le même mouvement. Il cracha du sang, regardant avec incompréhension Kryann. Comment ? Par quelle magie l’avait-elle battu ? Pourquoi ?
Ce furent ses dernières interrogations en ce monde, alors qu’il rendait l’âme, le sang coulant de sa bouche et de sa plaie. Alors que Kryann le regardait dans les yeux.
« Maître Qos ! »
Ignorant la fatigue qui la prenait, elle rebroussa chemin à travers la jungle. D’instinct, elle savait où elle allait. Elle savait où retrouver son Maître, sans comprendre comment. L’arme à la main, tâchée de sang, lui paraissait désormais une plume. Elle déboucha enfin sur le lieu du combat initial.
« Maître ! » -
Post n°22
Auteur : Super PNJMaitre Qos était sur deux front en même temps , d'un œil il menait d'une main de maitre son combat contre l'Umbaran dorénavant diminué, de l'autre il observait son apprentie faire face à l'acolyte obscur. Tandis qu'il repoussait les attaques désespérées et désorganisées de son adversaire blessé, Kryann luttait de toute ses forces contre le géant puis soudain au grand dam de on mentor elle sembla abandonner le combat en s'enfuyant dans la jungle poursuivie par son Némésis qui l'insultait en retour.
C'était une tactique classique de combat sith: le Dun Moch mêlant à la fois sabre laser, Force et déstabilisation.Railleries, provocations, déstabilisations en sont les composantes principales et visiblement cela avait marché sur la jeune Cathar qui avait préféré la fuite au combat.
Du moins en apparence, s'il ne l'avait plus à vue, Vonlan suivait toujours sa paddawan dans la Force, il ne sentit en elle ni peur , ni panique mais une froide détermination, elle avait entrainé l'adepte sur son terrain de chasse: la jungle luxuriante.
Quelques secondes plus tard, il ressentit la mort du géant dans la Force, son frère d'arme également, l'Umbaran se figea quelques secondes, suffisamment pour que maitre Qos le décapite d'un coup de sabre dans un saï Cha parfaitement exécuté.
La tête grimaçant de l’humanoïde à peau blanche roula à coté de son corps, c'en était fini de ce duo malsain.
Qos eut un regard triste sur le corps du pauvre Nilda qui gisait à coté. Il s'agenouilla à coté du défunt, et lui ferma les yeux joignant ses deux mains sur son torse et sur son arme.
Le Pacificateur était mort en guerrier, s'il n'avait pas le temps de l'enterrer, au moins il lui donnerait une posture digne dans la mort. Il prononça quelques mots en guise d'éloge funèbre en observant le ciel bleu.
-IL n'y a pas de mort, il y a la Force.
Un crédo chez les Jedi, et le sergent avait bien mérité cet honneur lui qui avait rebroussé chemin pour combattre et finalement mourir sous les coups des adeptes obscur.
Kryann choisi ce moment pour réapparaitre dans la jungle pour trouver son vieux maitre fatigué honorant le combattant de la République.
Malgré tout il se tourna vers elle, souriant, et l'air bienveillant:
-Tu as affronté bien des épreuves alors que tu encore qu'une jeune initiée, mon enfant.
Souviens toi d'Onderon! souviens toi du courage de ce jeune soldat! et repousse toujours le coté obscur comme tu l'a fait aujourd’hui!!
Le vieux Jedi ramassa sa gourde et but quelques gorgées avant de la tendre à son tour à la jeune Cathar. Perplexe, il observait les tombeaux Sith qui se dessinaient au loin, quels dangers les attendaient encore la bas?
Il n'y avait qu'une seule façon de le savoir: Avancer!
-Mais trêve de leçons! nous avons encore du pain sur la planche, il nous faut retrouver les chevaliers et surtout mater ce prince sombre!
Rattachant son sabre laser à la ceinture, maitre Qos s'enfonça dans la jungle en direction des tombeaux, le leur faudrait encore marcher quelques heures dans la jungle avant d'arriver à destination...
Dans la jungle,terrible jungle, les deux Jedi ne croisèrent plus aucun prédateur, ils tombèrent sur des cadavres ici ou la, des bêtes, des Mandaloriens, des Républicains et quelques adeptes obscurs au vu de leurs accoutrements sinistres et leurs tatouages, le maitre se pencha sur un des corps, il portait des traces de sabres laser mais lame amie ou ennemie? telle était la question...
Le silence était pesant, on n'entendait aucun bruit de la jungle, ni chant d'oiseau ou de cris d'animaux, c'était anormal, au fur et à mesure qu'ils avançaient la végétation semblait changer, beaucoup d'arbres morts, fleutris ou desséchés, seuls ce qui semblaient ressembler à des saules pleureurs ou des épineux avaient conservés leur tristes feuillages et leur épines pointues, c'était un signe!
Soudain, le vieux maitre tomba à genoux se tenant les tempes! une voix lui parlait dans la tête!
-Non.. je ..ne..veux. pas...
cette même voix s’insinua également dans la tête de la Cathar, des images flash s'imposaient à son esprit:
Des hommes lézards tenant des fouets, des Cathar, sa famille, massacrée dans son village.
Elle vit le visage grandissant d'un Hutt qui affichait un sourire malsain, elle ressentait la douleur d'un passage à tabac, la pression des entraves sur ses poignets et ses chevilles, la désagréables impressions de regards lubriques sur elle.
C'était l'esprit puissant du prince sombre qui tentait de la briser.La jeune paddawan allait elle résister à l'envie de fuir ?Spoiler : -HRP-
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Post n°23
Auteur : KryannIl n'y a pas d'émotions... Mais il n'y a pas de Force non plus à cet instant précis. Au moment même où ses yeux se posèrent sur le vieux maître qui tombait à genoux, à l'instant précis où elle allait s'élancer pour le secourir, peu importe la façon, elle se prit la tête à deux mains. Une douleur aiguë traversa ses tempes, son cerveau, vrilla son esprit.
Ses doigts s'enfoncèrent dans son crâne et ses yeux se révulsèrent avant qu'elle ne tombe elle-même à genoux, dans l'herbe. Entre ces arbres, elle ferma les yeux et serra les dents.
« Non... »
Il lui sembla flotter un instant dans un état de semi-conscience, alors qu'elle avait la sensation de se réveiller d'une longue nuit. La bouche pâteuse, le cerveau cotonneux, les yeux légèrement vitreux, elle regarda autour d'elle. Il lui semblait qu'elle avait une arme ? Non ? Ou bien était-ce autre chose ? Elle regarda ses mains, aux poignets desquelles ses chaînes pendaient. Elle se réveillait d'un doux rêve, ce n'était pas possible autrement. Tout cela était le fruit de son imagination. Elle qui ne rêvait que de liberté, elle avait été trompée par son imagination. Comment pourrait-elle seulement croire que quelqu'un viendrait la sortir de sa prison ?
Elle se recroquevilla sur elle-même, alors qu'elle entendait les gardiens venir chercher les esclaves. Une fois de plus, elle devait se lever, travailler. Affronter les regards des autres, des Maîtres, tout en essayant de ne pas croiser ceux de la ménagerie du Hutt.
« La Cathar ! Debout, dépêche toi ! Le Maître t'attend ! »
Oh non... Comment avait-elle pu oublier. Ce jour était le pire. Celui où elle devait assister le Hutt. Tenue par une laisse, traitée pire qu'un chien, elle aurait à subir les regards lubriques sur son corps qui était désormais celui d'une adulte, les moqueries sur son peuple. Elle haïssait ces moments plus que tout.
Borga le Hutt, trafiquant d'armes notoire, qui désirait acquérir un spécimen de chaque race de la Galaxie, et était en bonne voie. Et ses spécimens préférés étaient les Humanoïdes féminins qu'il reluquait avec une insistance ignoble, et une perversité absolue dans le regard. Elle en pleurait, chaque soir où elle était contrainte de rester à côté de lui, retenant ses larmes d'enfant toute la journée pour échapper aux punitions qui se faisaient de plus en plus dur.
Oreilles baissées, tête basse, elle se laissa enchaîner. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas essayé de s'évader, toutes ses précédentes tentatives s'étant soldées par des échecs cuisants. La dernière en date avait impliqué la complicité de trois autres esclaves, morts dans la manœuvre. Elle seule avait survécu, et il s'en était fallu d'un cheveu pour qu'elle rejoigne dans la tombe (ou plutôt la fosse commune) ses camarades d'infortune. Borga avait réalisé une merveille de torture ce jour-là.
Tout d'abord, il avait fait fouetter la Cathar, celle qui résistait depuis si longtemps. Puis, voyant que sa rage ne fléchissait pas, il était passé au bâton, qui avait fini par être brisé sur son dos. Mais ce n'était que le début. Au moyen d'une lance électrique, il la brûla en de nombreux endroits, avant de la noyer à plusieurs reprises, ne la sauvant qu'au moment où elle perdait connaissance.
Ce fut le moment le plus douloureux de son existence, celui qui aurait pu, aurait du la briser définitivement. Mais elle survécut. Sans savoir où, ni comment, elle y avait trouvé la force de se relever. Cela prit un temps très long, mais elle recouvra la plénitude de ses moyens. La seule chose qu'elle y laissa fut la fin de son innocence. Plus proche de l'animal que de l'être conscient, elle se renferma ce jour-là. La seule trace de sentiments en elle était sa haine incontrôlée du Hutt et de ses sbires.
Aujourd'hui ne ferait pas exception à cette triste existence. Le temps semblait s'étirer, encore et encore, alors que le Hutt recevait fournisseurs et acheteurs, ponctuant ses palabres de rires gras et de ripaille que devait lui servir la jeune Cathar. Un jour comme les autres... Ou presque. A de rares instants, elle sentait comme un picotement sur sa nuque, comme... comme si elle entendait une douce symphonie au milieu des rires, des chansons paillardes, des cris. Quelque chose de presque apaisant. Malheureusement, ces sensations disparaissaient tellement vite que cela semblait n'être qu'une illusion.
Ce fut comme un coup de poignard lorsqu'elle vit le dernier invité entrer. Malgré son jeune âge à l'époque, c'était bien un visage qu'elle aurait souhaité à la fois oublier et le graver à jamais dans sa mémoire. Un homme-lézard. Grand, massif. Celui-là même qui l'avait vendue. Celui qui était responsable de son état pitoyable. Il tourna son regard vers elle, plein de mépris et de morgue. Là où d'autres jours elle aurait courbé l'échine, elle sentit grandir en elle la rage. Une rage accompagnée d'une mélodie intense. Non, ce n'était pas normal.
Le flash. L'illumination. Non, elle n'était pas prisonnière. Elle n'était pas maintenue esclave par ce Hutt. Elle feula, haineuse, et regarda ses poignets désormais libérés de ses chaînes. Elle n'était pas une esclave, elle était libre, libre de ses mouvements. Elle hurla, le cri de la jeune Cathar esclave se mêlant à celui de la Cathar Jedi qui revenait à elle, allongée dans l'herbe, les mains profondément ancrées dans son pelage.
« Je ne suis pas une esclave. Je l'ai été, plus jamais. Plutôt la mort... »
Elle ponctua sa phrase d'un miaulement féroce, avant de ramper vers son maître. -
Post n°24
Auteur : Super PNJAux cotés de son apprentie maitre Qos luttait aussi contre ses propres démons, il se souvenait aussi du jour de sa séparation d'avec sa mère, une sorcière sur Dathomir, une tribu de guerriers Zabrak s'étaient révoltés et avaient attaqué leur campement, blessée, a bout de force, elle avait confié son fils unique âgé alors de six ans à un vieux contrebandier qui avait juré de déposer l'orphelin au temple Jedi de Coruscant.Et le pilote avait tenu parole.
Mais l'esprit Sith appuyait la ou ça faisait mal, Qos revoyait sa mère aux prises avec les Zabrak, un guerrier a peau jaune lui avait transpercé l'abdomen, projetant du sang sur le propre visage de l'enfant, nul ne sait vraiment comment la sorcière a pu rejoindre le campement des contrebandiers avant de pousser son dernier souffle en remettant son fils.
Une larme coula le long de la joue du vieil homme, il n'était jamais retourné sur Dathomir, il avait grandi dans le temple de Coruscant sous l'aile d'un maitre, puis dans l'enclave Jedi de Hoth avant de finir sur Endor et maintenant Dxun.
Qos lutta contre ses souvenirs douloureux, le sacrifice de sa mère n'était pas une blessure ouverte mais une fierté, il se redressa les poings serrés pourtant nul haine émanait de lui que pure volonté.
-Je ne plierai pas démon!
Et il se releva faisant face aux tombeaux Sith, le poing levé vers le ciel.
-Tu m'entends? le coté obscur ne triomphera pas!
Le vieillard aida son apprentie à se relever également, elle aussi avait vaincu ses peurs intérieures, et c'est donc ensemble qu'ils lutteraient contre ce prince noir.
Un rire sinistre se fit soudain entendre tandis qu'un vent froid fouettait le visage des deux Jedi.
-Courage mon enfant, il ne peut rien contre nous, nous représentons le coté lumineux!-AHAHHAHAHA
Le coté lumineux vieillard?
Je suis bien au dessus de ça!
Qos se plaça devant Kryann comme pour la protéger avec son corps, le vent redoubla entraina feuille et branchage dans son sillage.
-Et qui es tu?
Le vent cessa soudain, et un silence pesant régnait dorénavant dans la jungle.
-Qui es tu? réponds!
Le spectre apparu alors aux deux émissaires de l'ordre, la lumière en était presque aveuglante.Spoiler : Apparence du spectre de Force
-Je suis le seigneur sombre des Sith! le roi d'Onderon!!
C'était ce que craignait le plus le Jedi, devoir lutter contre un antique esprit Sith, seul, il n'avait aucune chance, et même avec Kryann, il ne donnait pas cher de leur peau, mais il ne pouvait reculer.
Il alluma son sabre laser face à l'esprit invitant Kryann à le suivre.
l n’y a pas d’émotions, il n’y a que la paix.
Le Jedi fit un pas en avant, maintenant son sabre levé à hauteur du visage de l'esprit.
-Il n’y a pas d’ignorance, il n’y a que la connaissance.
Il n’y a pas de passion, il y a la sérénité.
L'esprit semblait de plus en plus floue , Qos ragaillardi avançait la pointe en direction de Freddon.
-Il n’y a pas de chaos, il y a l’harmonie.
Il n’y a pas de mort, il y a la Force.
L'image se déforma de nouveau et le spectre semblait maintenant grimacer de douleur puis il hurla:-NOOOOOOOOOOOON!
Dans un flash aveuglant l'image de l'esprit Sith disparu soudain de la jungle, aussi brusquement qu'il était apparu.Le maitre éteignit son sabre et tomba à genoux.
-J'ai réussi! J'ai réussi!! Nous avons réussi mon enfant.
Un sourire illuminant son visage, il attrapa la Cathar par les épaules pour la serrer contre lui, l'étreinte était chaleureuse le vieux maitre était heureux et soulagé puis soudain le Jedi se raidit.-Croyais tu que ce serait aussi facile de ME vaincre pauvre fou? HAHHAHAHHAHA
L'esprit était joueur ou sadique ou peut être les deux à la fois, il s'amusait du désarroi des jedi. Soudain un Zakkeg géants, un puissant quadripède de plusieurs mètres de long protégé par une épaisse peau à écailles, apparut alors à travers son image, un chien de l'enfer qui gardait l'entrée des tombeaux.-Votre souffrance me nourrira... Votre mort m'honorera!
Ensemble la créature chargea , Qos ralluma son sabre et jeta un regard à son apprentie, elle aurait sans doute plus de chance de son coté, elle l'avait prouvé il y a peu en affrontant dans la jungle un acolyte noir.
-On se sépare!
Le vieux maitre partit d'un coté, invitant son apprentie à partir de l'autre, chacun disparu dans le méandre des tombeaux, et avec un peu de chance, ils réussiraient à triompher.Spoiler : HRP
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Post n°25
Auteur : KryannCourir. Courir sans se retourner, ni regarder en arrière. Poursuivie par le pas de charge lourd d'un monstre. Voilà bien tout ce qu'elle pouvait faire. Les couloirs se succédaient aux carrefours et les corridors aux intersections, sombres reflets d'un temple Sith déchu et abandonné depuis bien longtemps.
Sa foulée, longue, régulière, était suffisante pour l'instant, mais cela ne durerait pas. Son combat face au soldat noir avait considérablement entamé ses forces, et elle sentait, déjà, que l'acide lactique s'accumulait dans ses muscles. Elle ne tarderait pas à ralentir fortement la cadence, elle entendant déjà le grondement lourd derrière elle, comme si le Zakkeg la sentait alors même qu'elle essayait de le semer en empruntant les couloirs de façon totalement aléatoire.
Elle se laissait à nouveau guider par son instinct, comme sur Endor, comme dans la forêt. Elle cherchait une échappatoire, ses yeux analysant son environnement. Elle n'était pas à son avantage dans la bâtisse, œuvre d'un sensitif à n'en pas douter, au vu de l'atmosphère pesante des lieux.
Ce fut finalement lorsqu'elle se sentit à la rupture qu'elle décela quelque chose, au bout de sa course effrenée, alors même qu'elle commençait à désespérer de jamais trouver la sortie. Ce fut tout son être qui lui hurla de se jeter dans une alcôve, nichée sur la droite d'un corridor. Celle-ci était déjà presque trop petite pour qu'elle y rentre droite, mais elle y plongea sans hésiter, se retranchant derrière cet abri de fortune où l'air se fit d'un seul coup plus lourd.
Profonde d'un mètre cinquante ou deux mètres, elle se colla au mur du fond, roulée en boule, alors que le zakkeg arrivait. La bête sentit sa présence et s'arrêta, venant cogner à de multiples reprises contre l'abri dans lequel se terrait la Cathar terrifiée et exténuée. Bien piètre exemple de Jedi à cet instant précis, elle plaqua ses mains sur ses oreilles, criant de peur face aux murs qui tremblaient mais ne cédaient pas face aux charges du monstre.
Cela dura quelques minutes, au cours desquels le zakkeg sembla proche de faire s'écrouler les murs. Mais il abandonna finalement cette idée, voyant que la structure était bien trop solide. Son pas lourd et grossier s'éloigna lentement, alors qu'il se remettait manifestement en chasse d'autre chose.
Au fond de l'alcôve, la Cathar pleura un moment, de bonheur pour sa vie, de peur pour ces quelques minutes, et de tristesse pour son ignorance de l'endroit où elle avait posé les pieds. Maître Qos avait bien dit quelques mots au sujet de la planète et des temples, mais c'était maigre, bien trop maigre... Et même avec cela, comment sortir ? La Bête était encore dehors, l'attendant sûrement, et elle n'avait aucune idée d'où aller. De plus, ses jambes lui faisaient mal.
Elle s'étira comme elle le put, chassant les courbatures et les crampes qui la prenaient au corps, avant d'essayer de se relever. Dans la légère pénombre, elle se tint au mur, ses membres flanchaient lentement...
« Clic. »
Elle s'arrêta net de trembler en entendant ça. Le bruit venait du mur. Comme un mécanisme que l'on active. Elle enleva aussitôt sa main, mais le mal était fait. Sous ses pieds, le sol s'ouvrit et elle dévala sur les fesses et le dos un long escalier d'une vingtaine de marches. Sa chute ne s'arrêta qu'après quelques roulés-boulés, lui ajoutant quelques hématomes et contusions supplémentaires, et elle resta un moment le museau dans la poussière, gémissant de douleur, dans l'obscurité.
C'est les larmes aux yeux qu'elle se releva. Si elle s'en sortait vivante, elle ne sortirait pas avant quelques mois, le temps d'oublier toutes ces chutes, et ces coups... Son corps criait grâce, mais son esprit, toujours alerte, lui indiquait de continuer. Un regard en arrière : l'escalier remontait toujours, mais rien ne l'attendait en haut. Alors elle s'engouffra dans le couloir sombre qui se profilait devant elle. Etonnamment, on y voyait à quelques mètres, sans qu'une source de lumière soit visible. De ses deux bras tendus, elle pouvait presque toucher les murs de chaque côté. Ceux-ci étaient nus, nuancés de gris et de noir. Ses pas résonnaient dans la structure, malgré sa discrétion naturelle. Elle avança ainsi pendant 5 bonnes minutes qui lui parurent 5 heures, tant tout se ressemblait. Rien ne venait perturber son avancée, et elle déboucha finalement sur une grande salle. Au centre de celle ci, un autel, aux quatre coins duquel se dressait des pylones rouges et noirs menaçants. En dehors de cela, les murs étaient de la même teinte que le couloir d'où elle venait, et il n'y avait strictement rien d'autre, elle était incapable même de distinguer le plafond.
Vide. Désespérément vide. Elle s'avança, descendant les quelques marches qui menaient à la salle. C'est là qu'elle le vit. Devant l''autel, un squelette s'anima soudain, se redressant sur ses jambes, tenant entre ses mains une lance de belle taille. Ses intentions n'étaient aucunement ambiguës : il allait falloir à nouveau se battre.
Elle recula prudemment, dégainant sa vibrolame de son dos. Ses bras tiraient déjà, il lui faudrait être efficace et rapide, sans quoi... elle frissonna face à cette possibilité. Elle tenait la lame droite devant elle. Respira profondément, pour chasser ses pensées de son esprit et se concentrer sur ce combat.
Le squelette chargea. La lance fendit l'air, droit vers le thorax de la jeune Cathar qui plongea sur sa droite. Elle n'aurait à nouveau pas l'avantage de l'allonge. A peine le temps de se relever que le squelette était sur elle. Rapide et précis, il exécuta une série d'attaques visant à submerger la jeune apprentie et à l'amener à produire une erreur. Chaque parade faisait souffrir le martyre à ses muscles, la violence des coups résonnant dans tout son corps. Elle finit par rompre le combat en faisant une roulade arrière qui la fit finir avec un genou à terre.
De son autre jambe, elle prit appui, et repartit de l'avant, en même temps que son opposant. Sa lame faucha l'air devant elle, essayant de s'attaquer au bas du corps du squelette, mais celui-ci para avec une facilité déconcertante. Le choc la fit repartir en arrière alors que son ennemi repartait déjà à l'abordage. Une nouvelle pluie de coup s'abattit sur elle, jusqu'à ce qu'elle récolte un coup de hampe dans le creux du ventre, puis un uppercut violent.
Un pas, puis deux, et elle tomba en arrière. Se tenant la mâchoire, elle regarda le squelette s'avancer, pointe en avant, prêt à l'empaler. Elle respira. Le prochain mouvement devait être décisif. Au moment où il frappa, elle roula sur le côté. Le métal tinta sur le sol, et elle envoya un vif croche-pied au squelette qui s'effondra à son tour. Cependant, il fut prompt à se relever... Suffisamment en tout cas pour voir la Cathar utiliser la Force et le projeter en arrière de quelques mètres.
Deséquilibré, décontenancé, il n'eut pas le temps de se relever. La jeune Jedi fut sur lui aussi rapidement qu'elle le pouvait, et sa lame plongea, tranchant le crâne du revenant en deux.
Le silence retomba sur la pièce. Kryann, vainqueur à la Pyrrhus, avait mal partout. Ses membres tremblaient à nouveau sous l'action conjointe de la fatigue et de la chute d'adrénaline. Mais elle n'avait pas fait tout ce chemin... Elle se retourna et marcha lentement jusqu'à l'autel.
D'une facture étonnamment complexe, il lui apparut vite que ce qu'elle prenait pour un autel était en réalité une tombe. Elle effleura le couvercle de celle-ci de ses doigts, hésitante. Après tout, ils étaient là pour explorer, mais... violer un sarcophage, dans un temple Sith ? C'était de la pure inconscience. Mais elle était curieuse, beaucoup trop, sans doute, et elle se retrouva à pousser sur ce lourd couvercle. Un dernier effort... Celui-ci finit par bouger. Suffisamment pour la laisser jeter un œil à l'intérieur.
Elle cria de surprise et sauta en arrière, poils hérissés. Une momie la regardait à l'intérieur. -
Post n°26
Auteur : Super PNJ
Vétra
Esprit Jedi
Vetra était une Chevalier Jedi qui servait l’Ordre des Jedi, On l’avait envoyé jadis en mission afin d’aider la Cour d’Iziz, en demande de la Reine Jala la Troisième descendante de l’ancienne Reine Amanoa.
Sa mission consistait à veiller à ce que la magie des Sith soit éliminée et disparaisse de ce système.
Et malheureusement elle avait échouée et visiblement en ces jours troublés , Dxun en payait le prix.
Durant sa mission elle avait été pervertie par le coté obscur, son esprit ayant même été emprisonné dans un holocron, après des années d'enfermement et luttant contre elle même , elle s'était libérée de la magie Sith.
Quand le prince sombre avait réveillé l'esprit de Freddon, elle avait tenté d'avertir l'actuelle reine du système mais hélas il était déjà trop tard.
http://star-wars-rpg.soforums.com/t7195-Chez-soit.htm?q=vétra
Mais aujourd'hui la situation était désespérée, ce qu'elle craignait était arrivé, l'esprit de Nadd avait ensorcelé la reine Amanoa laissant la population à la merci des créatures et surtout en proie au coté obscur et ce n'était ni ses volontaires Mandaloriens ni les pacificateurs Républicains qui allaient pouvoir changer les choses.
Non seul des adeptes du coté lumineux pouvaient vaincre l'esprit de Freddon Nadd!
Elle avait observé maitre Qos affronter le Zakkeg sanguinaire mais le vieux Jedi était épuisé et blessé pire encore: il semblait désabusé.
Non la seule lueur d'espoir était ancré chez cette jeune novice, Kryann, Kryann qui lui rappelait tant sa jeunesse, sa fougue et sa détermination du temps ou elle même était une fière chevalier Jedi, elle se devait de l'aider! Elle était resté spectatrice depuis trop longtemps cette fois elle devait agir.
Elle apparu donc devant la Cathar, illuminant la tombe de sa lumière bienveillante. Véstra savait qu'elle avait peu de temps avant que Nadd ne la repousse définitivement.-Kryann: écoute moi, il n'y a pas de temps à perdre.
Elle désigna alors la momie qui fixait la novice de son regard noir.-Ceci est la dépouille de Freddon, tu dois détruire l'amulette!
En effet en y observant de plus près la momie portait un collier autour du cou, le pendentif était d'un rouge vif, qui semblait clignoter, cela ressemblait à s'y méprendre à des battements de cœur.-L'amulette... c'est la clé Kryann...
Véstra luttait pour garder sa forme tangible, elle luttait contre elle même, mais aussi contre l'esprit de Nadd qui tentait de l'enfermer à nouveau dans son holocron.
Au terme d'un dernier effort elle sourit toutefois à la Cathar, elle était vaincue elle se sentait peu à peu disparaitre, mais elle était soulagée car elle avait réussi à passer son message, en détruisant l'amulette, Kryann enverrait l'esprit de Freddon dans le néant d’où le prince sombre l'avait sorti.
Et les choses reviendraient à la normale sur Onderon, enfin, il fallait l’espérer...
-HRP-Spoiler : Spoiler
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Post n°27
Auteur : KryannLa lumière l’aveugla et elle recula d’un bond. Toutes griffes dehors, poils hérissés comme jamais, la fatigue aggravait sa peur et sa méfiance naturelles, déjà décuplées par l’environnement hostile. Sa tête bourdonnait, elle se frotta les yeux avant de porter la main à la poignée de son arme. Elle fut néanmoins stoppée par la voix.
La voix… Si calme, si discrète, si douce. Elle ressentit en elle la même sensation qu’au bord de ce lac, au Sanctuaire, la même symphonie qui venait agiter ses oreilles dressées. La novice ressentit l’esprit pénétrer son esprit, mais cela était fait avec tellement de précautions qu’elle ne se débattit pas. Au contraire, mue par un réflexe, elle s’agenouilla, prouvant à la fois un profond respect, et de la compassion pour cet être inconnu. Dans cette position étrange, face à un autel vicié, elle ferma les yeux, ignorant les dangers des lieux. Suivant les maigres cours qu’elle avait pu recevoir, elle inspira profondément, s’ouvrant comme elle le pouvait, guidée inconsciemment par cette ancienne Jedi.
Elle lui apparut furtivement. Vétra, chevalier Jedi. Son image lui apparut comme un flash. La Cathar en resta estomaquée. Elle était… belle, tout simplement. Sublime de confiance, magnifique de fierté, merveilleuse de cet orgueil qu’ont les gens qui connaissent leurs forces. Elle était son exacte opposée, à cet instant précis. Seule, désemparée, meurtrie, pourquoi investissait-elle son esprit ? Elle n’était rien.
Puis elle entendit les paroles. Comme un écho lointain, à travers de hautes cimes, elles résonnèrent dans chaque fibre, chaque muscle, chaque os de son corps. Chaque mot la perçait et fendillait ses certitudes. Qui explosèrent lorsqu’elle prononça une dernière fois son prénom. Non, cet esprit n’était pas comme celui qu’elle combattait. Il n’était pas Freedon Nadd, il n’essayait pas de la duper. Au contraire. Vetra lui demandait son aide, elle la suppliait, même. L’implorait de faire ce qu’elle n’avait pas pu faire en son temps.
Seule ? Sa sœur l’accompagnait. Alors même qu’elle s’évanouissait dans la Force, repoussée par l’esprit obscur de Freedon Nadd, elle donnait ses dernières forces pour aider Kryann dans sa quête. Le don de soi absolu. Le sacrifice final d’une Jedi pour le côté Clair. Il n’était pas question de dire qu’elle était seule. Pas après que quelqu’un ait donné sa vie pour elle.
Désemparée ? Plus maintenant. Elle ne marchait plus à l’aveugle. Elle ne courait plus sans but. L’exemple de Vétra méritait d’être suivi. Quels que fussent ses torts ou ses erreurs, pouvait-on les reprocher à quelqu’un qui se vouait à se battre pour le Côte Lumineux ? Jusqu’à sa dernière parcelle d’existence. Kryann la Cathar ferait de même. Fallait-il en mourir, elle suivrait cet exemple.
La Jedi agissait comme un baume sur l’esprit et le corps meurtris par la présence obscure dans le temple. Ces quelques paroles, ces mots, avaient mis en évidence ce que Kryann savait sans comprendre : elle n’était pas seule, elle ne le serait jamais tant qu’elle suivrait ces principes. Tout cela lui semblait si clair désormais, alors que voici quelques heures à peine elle doutait de son engagement et des possibilités offertes par cette affiliation lumineuse. Vétra lui avait ouvert les yeux. Elle avait fait ce qui était juste.
« Je suivrais votre exemple, Maître… »
Elle murmura ces quelques mots alors que l’esprit s’évanouissait. L’avait-elle entendue ? Elle n’en saurait probablement jamais rien. Une unique larme coula sur sa joue. Une perle qui contenait tant de choses. Le désespoir de voir une sœur Jedi partir. Le bonheur d’avoir trouvé un modèle. La peur, malgré tout, de ne pas être à la hauteur de la tâche. La rage, finalement, d’accomplir ce qu’on lui demandait.
Les sentiments tourbillonnaient en elle, répondant en écho à la cacophonie du côté Obscur qui l'assourdissait. Au milieu de toute cette musique sans rythme, sans émotions, de tout ce bruit que constituaient toutes ces émotions, pourtant, elle trouva un équilibre. Telle une chef d'orchestre, elle se leva lentement, yeux toujours clos. Dans son imaginaire, elle se vit essayer de réajuster les notes, les organiser, les hiérarchiser. Bien sûr, elle était bien loin de produire une symphonie digne de ce nom, mais elle en tira un, puis deux accords, d'une simplicité déconcertante, qui détonnaient avec le reste. Elle s'étonna de ne pas s'affoler face à son incapacité à contrôler le reste. A l'inverse, elle se concentra sur ce simple bout de partition en deux temps. Cela ne changeait rien au bruit ambiant, mais il l'aidait à le supporter. Il était temps de revenir à la vie réelle.
Elle rouvrit les yeux. Essuya la larme qui avait coulé sur sa joue. Et se releva enfin. Le retour à la réalité fut difficile. Si pleine fut-elle de bons sentiments, son corps la rappelait à l'ordre. Un regain de force l'avait parcourue mais elle n'en restait pas moins affaiblie. Elle inspira longuement, de nouveau, pour calmer ses jambes tremblantes, et en profita pour analyser la situation. Dans ce tombeau noir, il n'y avait que cet autel. Quel genre de mégalomane pouvait bien construire ce genre de bâtiment immense pour conserver sa dépouille ? Une momie qui, de plus, n'était visitée semble-t-il par personne. Il devait y avoir autre chose, un trésor, un secret, des connaissances... Sinon, pourquoi réaliser quelque chose d'aussi démesuré ?
Tout cela la dépassait. De très loin. La jeune adulte Cathar avait gardé l'esprit d'un enfant, et regardait le monde avec les yeux d'un enfant. Tout lui paraissait surréaliste, ces derniers mois, démesurément grand, l'écrasant presque. Ce tombeau en était le point d'orgue. Comment pouvait-on se prétendre si important que sa tombe nécessitât d'être un monument? Cela la dépassait.
Elle expira. Et chassa ses idées de sa tête, revenant au point de départ. Le médaillon, voilà tout ce qui devait lui importer. Nouvelle respiration, puis un pas en avant. De nouveau, elle s'approcha de la tombe et se pencha sur la momie. Le médaillon, la clé de tout, reposait sur la poitrine de la momie, pulsant de cet éclat rouge inquiétant, si semblable à un cœur. La seule chose encore animée de ce tombeau antique. La Cathar tendit la main, lentement pour l'attraper.
Elle ne l'atteignit jamais. Mue par une force inconnue, la main de la momie agrippa son poignet alors que tonna une voix aux quatre coins de la salle. Une voix déjà connue.-BLASPHEME ! COMMENT OSES-TU PORTER LA MAIN SUR LE SEIGNEUR NOIR DES SITH FREEDON NADD !
Kryann bondit à nouveau en arrière. Elle feula dans le vide, alors que la voix gronda encore.-TU PAIERAS POUR CET AFFRONT, ADEPTE DE LA TROMPERIE ! LÈVE TOI ET BATS TOI !
A ces mots, la momie sortit du sarcophage. Un squelette de grande taille, couvert de bandelettes pourries, qui tenait en main une arme noire, un sabre-laser qui lui semblait aussi vieux que le temps lui-même. Pourtant, lorsque le cadavre l'activa, la lame était bel et bien rouge. Autant que le médaillon qui pendait désormais à son cou.
La Cathar porta la main au manche de sa vibrolame et dégaina. Une fois de plus, elle devait affronter sans doute meilleur qu'elle, avec ses maigres connaissances du Shii-Cho. Si elle en réchappait, elle se promit de demander à maître Qos et maître Janev de l'instruire.
Les yeux jaune de la jeune novice se posèrent sur la pointe de sa lame, son esprit se concentra sur le fil de l'arme. Cet adversaire était encore plus dangereux, elle le sentait dans chaque fibre de son corps, mais il lui fallait vaincre pour l'héritage de Vétra.
Sa main se raffermit sur sa lame, elle se plaça en position d'attente d'une attaque... Qui ne vint pas. Elle ne comprit que trop tard. La momie, sabre laser toujours pointé vers le sol, venait de tendre la main gauche, provoquant une poussée de Force. La Cathar, concentrée sur elle-même, se sentit projetée en arrière sur plusieurs mètres avant de s'écraser sur les escaliers qu'elle avait descendu quelques minutes plus tôt. Le choc de son corps contre les pierres froides lui fit un mal de chien, et l'étourdit pour quelques secondes. Suffisamment de temps pour qu'à nouveau, elle se sente prise dans un étau, par la Force, et de nouveau projetée à travers la salle. Ramenée vers la momie, elle ne parvint qu'à grand peine à conserver son arme, alors qu'elle goûtait amèrement au marbre ornant le sol.-PAUVRE ANIMAL. TU N'AS PAS LA MOINDRE CHANCE FACE AU GRAND FREEDON N-.
La phrase fut coupée en plein milieu. Trop sûr de lui, manifestement, le squelette avait mésestimé les possibilités de la jeune fille qui, à son tour, avait utilisé la Force pour attaquer. Sans grande puissance ni finesse, elle parvint néanmoins à la faire reculer de quelques pas, sans pour autant la déstabiliser totalement. Elle se releva sur ses jambes et cette fois se jeta dans la mêlée. Sa lame vint tenter de frapper à l'épaule son opposant qui para. Voyant que le corps était toujours désarçonné, elle reprit ses assauts, qui étaient aisément parés. Il semblait lent et désarticulé mais semblait anticiper chacune de ses attaques qui, il est vrai, étaient aisément repérables. Ses feintes étaient lourdes, inefficaces, tout comme ses attaques manquaient de puissance pour réellement l'inquiéter. Une idée germa alors dans son esprit. Inattendue et imprévisible. A défaut de suprématie physique et technique il lui fallait être plus maligne.
Elle rompit le combat, reculant de plusieurs pas tout en reprenant son souffle. Ses jambes la brûlaient, tout comme ses bras, alors qu'elle lança sa lame en direction du squelette. Celui-ci la para à nouveau sans aucune difficulté... Juste avant de se sentir repoussé par la Force et de voir la Cathar lui sauter dessus. Kryann mit tout son poids sur l'épaule droite de la momie qui céda, le bras tombant à terre. C'était bien plus qu'elle ne l'espérait, et elle mit cela à profit. Son coude heurta violemment sa cage thoracique, faisant reculer son ennemi, avant de plonger sur le sabre laser encore allumé qu'elle projeta sur la momie de Freedon Nadd, le coupant en deux net de la tête au buste avant de s'éteindre en tombant au sol.
Le silence se fit après que ce qu'il restait du Seigneur Sith tomba au sol, démembré. La Cathar s'attendait à une ultime attaque, un dernier assaut suicidaire, un cri, peu importait. Mais il n'en fut rien. Ne restait que ce tombeau désormais vidé de son propriétaire. Ne restait que la Novice, qui venait de détruire, au moins pour un temps, la dépouille d'un Sith. Mais elle n'en avait pas terminé. Au sol, près de l'amas d'os et de guenilles, continuait de pulser le médaillon rouge, ce pendentif maudit qu'il lui fallait détruire. Péniblement, elle ramassa le sabre tombé plus loin. La lame rouge jaillit de la garde lorsqu'elle l'enclencha, se dirigeant vers le cœur du problème. Elle inspira, leva l'arme, et la planta victorieusement dans le médaillon. Celui-ci vibra, sembla résister, avant d'exploser, emportant avec lui l'arme de feu Freedon Nadd, et projetant un unique éclat à travers la pièce. Kryann, quant à elle, fut projetée légèrement en arrière par le souffle de l'explosion, reculant de deux pas.
Puis le silence revint. Elle récupéra son arme, puis retrouva l'éclat restant. A peine moins long que sa main, plutôt fin, elle le fit tourner entre ses doigts un long moment. Fallait-il le détruire ? Quelque chose lui disait que non. Sans s'en apercevoir, elle s'assit sur les marches menant au tombeau, les yeux rivés sur ce cristal. Et elle y resta longtemps, sans réfléchir, ni agir. Simplement à regarder l'éclat rouge.
Elle était dans l'incapacité de dire combien de temps elle avait pu rester là, assise. Pourtant, sa volonté revint, peu à peu, et elle se décida à se lever. A quitter ce tombeau. Lentement, mais sûrement, elle retrouva son chemin dans le dédale de couloirs. Comme guidée, sans savoir comment, elle parvint finalement à revenir au premier niveau, puis à s'orienter vers la sortie. Là, elle inspira. L'air restait vicié, lourd, pesant, mais rien de comparable avec l'atroce impression d'écrasement dans le Temple. Et elle avait la sensation de ne pas être seule, comme si Vétra chantait à ses oreilles.
Elle laissa le temple derrière elle, sans aucun regret, sa main serrée à s'en faire blanchir les articulations sur le fragment de médaillon. A peine quelques dizaines de mètres après la lisière, elle sentit comme un appel dans la Force. Un appel bien connu. Maître Qos. Ses jambes tardèrent à se réveiller, mais bientôt elle s'élança dans la jungle, pendant une centaine de mètres, pour tomber nez à nez avec le vieux Jedi, accroupi près du Zakkeg mort. Elle ralentit sa course en le voyant bouger. Il était vivant, au moins... -
Post n°28
Auteur : Super PNJMaitre Qos s'était séparée de son apprentie pour mieux lui laisser une chance, comme il l’espérait le Zakkeg s'était lancé à sa poursuite dans les tombeaux, mais le vieux maitre n'avait plus ses jambes ou son endurance d’antan, le prédateur l'avait rattrapé et l'avait fauché d'un coup de griffes aux membres inférieurs, le Jedi avait fait un roulé boulé en allumant son sabre laser, et alors que la bête lui sautait dessus, il lui avait planté sa lame dans le ventre la tuant nette.
Il avait ensuite rampé pour tenter de se rapprocher de la novice, mais son corps l'avait lâché,il avait du suivre le combat entre Kryann et l'esprit de Freddon Nadd dans la Force et à son grand soulagement c'était la paddawan qui avait triomphé en brisant l'amulette.
Mais il avait semblé à Qos que l'ex esclave n'était pas seule à combattre, il avait senti une présence bienfaisante à ses cotés.
Qui cela pouvait bien être? il lui poserait la question, mais plus tard, le plus urgent était de panser ses blessures sinon il se viderait de son sang, de sa besace, il sortit des feuilles d'arbres à baies du soleil, aux vertus médicinales utilisées par les Ewoks, il ajouta quelques feuilles de nysillin, une plante guérisseuse cultivée sur Felucia faisant une sorte de pâte, il en recouvrit les marques sanglantes de griffures, lui arrachant une grimace au passage, pour lutter contre une éventuelle infection, il goba quelques graines de Galla de Dagobah.
A coups surs ce qui allait certainement augmenter sa guérison était la bonne vieille méditation Jedi, mais il ferait cela plus tard, il devait se rendre au palais d'Iziz rencontrer les officiels et leur expliquer les origines du mal qui avait frappé si durement la planète!
Pour le moment, il sentait que le coté obscur s'évaporait dans l'air peu à peu Onderon semblait reprendre son aspect orignal, à l'autre bout de la planète tous les prédateurs retournaient à leur habitat naturel et abandonnaient les cités, tous retournaient dans la jungle reprendre leur vie sauvage comme si rien ne s'était passé.
Peu à peu le maitre recouvrait ses forces, il lui en faudrait un peu plus de temps pour redevenir valide, mais avec la Force , il brisa une branche qui lui servirait de béquille, Kryann arriva à se moment, elle semblait avoir muri, son aura dans sa Force avait changé, elle l'aida à se relever.Bienveillant, Qos la serra contre lui pour la féliciter mais aussi pour la réconforter.
-Mon enfant que d'épreuves! tu as vaincu le mal! La Force est puissante en toi!
Mais dis moi , qui t'as aidé contre Freddon? j'ai senti une autre présence, mais je ne la ressens plus maintenant.
Attendant une réponse, le vieux maitre observa les sinistres tombeaux Sith qui étaient dorénavant beaucoup moins effrayants, les arbres recommençaient à retrouver leur feuillage vert, le soleil semblait brillr de mille feux, le coté obscur avait fini de polluer l'environnement. S'ils avaient vaincu l'esprit Sith, les deux membres de l'Ordre ne connaissaient toujours pas l'identité de ce prince sombre qui avait réveillé l'esprit de Freddon! Il faudrait en informer le conseil et d'autres jedi viendraient sans doute sur Onderon pour tenter de découvrir l'identité de cet adepte noir et traquer sa mystérieuse secte.
-Nous devons aller au palais rencontrer la Reine! ensuite nous aviserons le conseil Jedi de ce que nous avons appris ici!
Déjà les oiseaux recommençaient à chanter dans la jungle, de petits animaux à fourrure grimpaient dans les arbres ou le long des lianes, la vie reprennait son cour. Les deux Jedi n'avaient donc plus aucune raison de rester dans ces lieux maudits, ils devaient retourner à la civilisation et aider le peuple d'Onderon à se relever de cette terrible épreuve...Spoiler : HRP
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Post n°29
Auteur : Kryann« Vétra. Elle s'appelait Vétra. »
Le miaulement craintif qui accompagna le nom rappelait au vieux Maître que même avec cette nouvelle maturité, elle restait une enfant apeurée dans un monde trop grand pour elle. Elle avait survécu sous l'impulsion de la Force et de l'adrénaline mais il était encore bien tôt pour parler d'un quelconque gain de puissance.
Elle lui expliqua en détails, sans rien omettre, ce qu'elle avait ressenti à travers elle, ce qu'elle désirait retrouver. Elle lui raconta comment l'esprit l'avait relevée, comment il lui avait donné le courage de se battre face à ce qui semblait désespérer. Sa description était si fidèle qu'il semblerait au Maître qu'il vivait le combat à travers ses yeux. Pourtant, il n'y avait pas d'excitation dans la voix de la Cathar. Au contraire, elle tremblait de tout ses membres, la chute d'adrénaline se faisant sentir.
C'était une Jedi qui ne serait pas oubliée tant que Kryann serait en vie, promit-elle. Vétra avait donné sa vie, et sa vie après la mort, pour vaincre Freedon Nadd. C'était là le sacrifice ultime, s'était elle persuadée, et elle l'honorerait sans faille. Elle avait été maintes fois confrontée au côté Obscur jusqu'à maintenant, et elle jura, dans son innocence infantile, oubliant ses colères et ses haines, qu'elle le combattrait elle aussi.
La seule chose qu'elle omit était ce cristal qui reposait au fond de sa poche. Elle l'avait oublié, presque. Son regard se perdit dans la nature qui reprenait enfin ses droits. Le soleil, les arbres, l'herbe. Cela lui rappelait quelques vagues souvenirs de Cathar, là où elle aurait du grandir.
La voix de Maître Qos résonna une nouvelle fois. La Reine ? Rencontrer une Reine, elle, misérable enfant de Cathar et d'Endor ? La Force la menait décidément dans des chemins isoupçonnés. D'abord ce temple Sith, puis un palais. Que serait la prochaine destination ?
Elle prit un instant pour se regarder. Ses mains ensanglantées, ses vêtements qui ressemblaient davantage désormais à des guenilles, pleins de poussière antique et de déchirures résultant des nombreux combats. Ses membres inférieurs frêles la portaient à peu près autant que ceux de maître Qos le supportaient. Toute Novice Jedi qu'elle était, elle n'aspirait qu'à deux choses ; un bain dans le Lac Fektur. Un très long bain de plusieurs heures. Puis une nuit de nombreuses heures. Ou de nombreux jours.
Mais elle se contenta de suivre le Jedi à travers la jungle, le supportant lorsqu'il le fallait. Kryann se laissa guider jusqu'à la navette, qu'ils retrouvèrent sans qu'elle ne comprenne bien comment. Alors qu'ils embarquaient, elle jeta un dernier regard sur Dxun. Sur cette jungle luxuriante. Sur toutes ces leçons reçues en si peu de temps. Tout esprit affûté qu'elle avait, il lui faudrait bien du temps pour les assimiler.
Et, lorsque la navette prit enfin son envol, elle tira le cristal de sa poche, mécaniquement. Elle joua lentement avec entre ses doigts, sans y penser, loin du regard du vieux Maître.
Star Wars RPG :: Iziz, capitale en détresse (soforums.com) -
Post n°30
Auteur : Runi BralorRuni Bralor essuya la sueur de son front alors qu’elle finissait de poser une balise de surveillance dans la jungle de Dxun. Depuis la fin de la folie furieuse qui s’était emparée du système, la lune était passée au peigne fin dans le but de comprendre ce qui s’était produit et de prévenir que cela recommence. C’était la même chose qui avait guidé les Forces planétaires et celles de la République à enquêter à la surface d’Ondéron même pour débusquer les forces hostiles qui pouvaient encore être présentes.
Pour Runi, Il s’agissait d’une opportunité pour se ressourcer et tenter de reconstruire le champ de ruine qu’était devenu sa vie. Il y a quelques mois, elle avait survécu à un Sith sur Thule, avant de se jeter tête baissée pour défendre le système dans lequel elle avait grandi, Japrael, qui était victime d’une tentative de coup d’Etat mené par des utilisateurs du Côté Obscur.
Ayant échappé à la surveillance des médecins républicains qui voulaient prolonger sa convalescence, elle était arrivée sur Dxun à bord d’une capsule de sauvetage, avec pour objectif de mettre fin à la folie qui animait les bêtes du système. Mais la mission ne s’était pas révélée aussi simple que prévue.
Dès qu’elle avait pénétré dans la jungle, ses sens avaient à nouveau été surchargés, entraînant une crise qui lui avait fait perdre le contrôle de son corps. Il lui avait fallu de longues minutes pour élaborer minutieusement de fragiles barricades autour de son esprit, et réussir à pouvoir avancer dans la jungle. Etaient alors apparus les bêtes sauvages. Bomas, Cannoks, Maalraas, Zakkeg et Drexls se succédèrent sans fin pour tenter de faire de la Mandalorienne leur repas, pour se venger de ne l’avoir pas vue depuis des années, et pour enfin réussir là où tant de leurs congénères avaient échoué.
Mais la chasseresse, affaiblie dans son corps et dans son esprit, parvint à mobiliser sa connaissance quasiment encyclopédique de la jungle pour contourner, semer, piéger les pires de ses adversaires. Et quand la fuite était impossible, quand le combat reprenait ses droits, alors que ses sens la trahissaient, la présence de son compagnon, le Dashade Yorg, lui avait permis de survivre. Il avait assommé, brisé, trancher tout ce qui aurait pu menacer Runi. Mais malgré son endurance extraordinaire, il avait aussi accumulé les blessures en servant de bouclier vivant.
Runi avait fini par tenter de lui dire d’arrêter, de ne pas se sacrifier pour compenser ses faiblesses à elle. Mais il n’en avait fait qu’à sa tête, fidèle à son devoir. Epuisé, il avait fini par être emporté par un Drexl. La Mandalorienne ne l’avait pas revu depuis. Epuisée, elle avait poursuivi vers sa destination, là où elle savait qu’elle pourrait mettre fin à cette crise, le Tombeau de Freedon Nadd.
L’ancien Jedi noir n’était qu’un mythe depuis longtemps dépassé pour la Mandalorienne. Son père lui avait appris que la Tombe avait servi pour un rituel plusieurs millénaires plus tôt, stoppé avec l’aide des Mando'ade, mais que l’hôte des lieux était supposé disparu déjà bien avant. Mais après avoir dans sa jeunesse aperçu le bâtiment de loin, Runi savait que le cœur de la crise se trouvait là.
D’autant plus que sa tête prenait plaisir à servir de hall de discussion pour les Sith. Sigantos s’était tenu relativement calme pendant son trajet, semblant même chercher à guider sa progression, mais la chasseresse pouvait percevoir son avidité. Il désirait s’emparer de la nouvelle puissance qui animait les lieux et les bêtes. Mais il y avait également une autre voix, inconnue et pourtant impérieuse.
Sans présence de son locataire Darjetii, la Mandalorienne aurait sans doute été écrasée par le poids de cette voix. Mais Sigantos, dans son délire possessif, maintenait à distance autant que possible de son « sujet d’étude » la présence maléfique. Jusqu’à ce qu’une déflagration se produise soudainement.
Runi Bralor était encore dans les tunnels rocheux qui menaient au temple lorsqu’elle fut frappée de plein fouet. L’être maléfique sembla soudain éclater en une myriade de morceaux de cristaux rouges, entraînant une explosion mentale dont le souffle avait la force d’une supernova pour l’esprit de Runi. Même Sigantos sembla un instant disparaître face à la tempête. La Mandalorienne perdit conscience, et ne put donc accomplir sa tâche.
Elle ne reprit connaissance que bien plus tard, dans le complexe de la Hunter-Gen située au nord de la lune. Il lui fallut plusieurs jours pour sortir d’une fièvre délirante, et encore plus pour parvenir à faire la part des choses. Le bouleversement du système était terminé. De ce qu’elle avait compris, des Jetii l’avaient précédé au Tombeau et avait mis fin à la menace qui s’y trouvait, ramenant la paix dans le système.
Sur le plan personnel, son esprit et son corps étaient toujours embrumés. Les crises étaient toujours là, mais plus ténues, alors que Sigantos semblait s’être évanoui dans le brouillard. Les membres de la Hunter-Gen qui l’avaient retrouvée n’avaient cependant pas de nouvelles d’un Dashade sur la lune démon, vivant ou mort. Et pas de nouvelles non plus de Draviss. Les vaisseaux médicaux militaires de la République étaient repartis, avec sans doute à leur bord le Duro qui la croyait vraisemblablement décédée.
Dans le chaos ambiant, les Ondéroniens étaient disposés à recevoir toute aide possible, et Runi avait besoin de se ressourcer. Après tout, elle n’avait toujours pas eu le temps de reprendre son souffle depuis la désastreuse mission sur Thule, et n’avait jusqu’à présent jamais été seule dans ses pensées. Aider à remettre en bon ordre les affaires d’Ondéron et Dxun était un bon moyen pour se recentrer et se tester.
Engagée comme volontaire bénévole, elle alterna les tâches entre Ondéron et Dxun essentiellement. Elle contribua à la reconstruction des villages à la surface de la planète capitale, prodiguant des conseils pour créer des protections contre les prédateurs qui rodaient toujours et mettant la main à la pâte pour bâtir et reconstruire, même si les tâches manuelles se révélèrent rapidement assez aléatoires au vu de ses problèmes.
En effet, même tenir une simple truelle ou se concentrer pour planter un clou pouvait déclencher son handicap. Celui se manifestait certes de manière plus molle que par le passé, mais était toujours assez fort pour la bloquer dans ses gestes et susciter des migraines et hauts-le-coeurs. Et surtout, peu à peu, elle remarqua que l’intensité de ses crises commençait à augmenter à nouveau.
C’est pourquoi elle chercha essentiellement à rester sur Dxun, dans des tâches qui évitaient de l’exposer à trop d’émotions et de sentiments. Par exemple, elle accomplie plusieurs missions de dépistage sur les différents types de bêtes présentes dans la jungle, afin d’estimer la taille de leur population et son évolution, ainsi que leur comportement après la fin de la transe qui les avaient affectés.
Mais elle pouvait faire aussi des missions de cartographie et d’éclaireur sur ce territoire qu’elle maîtrisait très bien de mémoire, par le temps qu’elle avait pu y consacrer par le passé. C’est pour cela que par exemple aujourd’hui, après avoir repéré plusieurs sites d’habitat qui avaient été abandonnés, et poussé l’exploration jusqu’à l’ancienne Cantina qui avait été abandonné après un baroud d’honneur de ses Vode, elle s’occupait à présent de baliser le sentier qui reliait la Cantina à l’ancienne résidence de la Sénatrice Jeaix.
Sa dernière balise posée, elle reprit le chemin vers le campement de la Hunter-Gen à quelques clics de sa position, se fiant à sa connaissance des lieux pour éviter les zones les plus dangereuses. Elle profitait de la randonnée pour se rappeler ses souvenirs de jeunesse, et pour tenter de se projeter vers l’avenir. Si sa situation continuait ainsi, elle pourrait peut-être pousser plus loin son contrat avec les forces ondéroniennes. Après tout, elle n’avait plus de quoi faire son devoir au sein de la Manda, mais il y avait encore suffisamment de Mando’ade dans le système pour qu’elle puisse avoir l’impression de travailler en faveur des Resol’nare en travaillant au service de la couronne d’Ondéron. Cela lui permettrait d’envisager le futur avec un objectif peut-être à sa portée.
C’est vers ces pensées teintées d’optimisme qu’était tendu l’esprit de Runi, alors qu’elle contournait un lac et commençait à monter un escalier de pierre noire…Un escalier de pierre noire ? La mandalorienne s’arrêta brutalement sur place alors que ses sens semblaient comme émerger d’une longue plongée.
-Stang!!
Devant la chasseresse se tenait les marches monumentales qui menaient au tombeau de Freedon Nadd, sa destination passée. Comment était-elle arrivée jusqu’ici ? Elle était certaine d’être repartie en direction du camp, qu’elle aurait dû avoir déjà rejoint. Il n’y avait aucune créature capable de jouer des tours à ses sens dans la faune locale, et les adeptes du Côté Obscur, si certains avaient été repérés sur Ondéron même, étaient restés absent de la Lune démon. Cela signifiait donc…
-Croyais-tu vraiment que j’étais parti, petite ingénue ?
Le Spectre de Force qui témoignait de la présence de Dark Sigantos se manifesta dans l’air face à Runi. Son visage était toujours masqué dans l’ombre de sa cape, mais Runi était certaine qu’il arborait un sourire moqueur.
-J’imagine que c’était trop demander à un esprit Sith de me débarrasser d’un autre esprit Sith…
Ha ! Freedon Nadd était certes l’un des adeptes les plus puissants et les plus résilients au sein du Côté Obscur, mais depuis sa destruction face à Exar Kun, les restes de son pouvoir, même manipulés par des Jedi noirs, n’auraient suffi à me faire disparaître.
Le Sith se pavanait, mais Runi pouvait sentir que sa présence restait troublée. Il avait certes survécu, mais semblait passablement affaibli, ses formes étant plus troubles et ses paroles martelant moins son esprit.
-Félicitations, vous êtes donc toujours un Chakaar de fantôme qui s’agite dans le vide. J’imagine que c’est une grande fierté…Pourquoi ne pas profiter que la place est vide et s’installer dans le tombeau, plutôt que de continuer à me pourrir la vie ?
-Tu te moques, mais tu souhaiterais bien que quelque chose de la sorte se produise. Heureusement, mon intérêt pour toi est toujours actif. Sans cela les forces de Freedon Nadd t’auraient réduit en charpie. Tu devrais donc m’être un peu plus reconnaissant.
Runi savait bien mieux que de croire un Sith sur parole, mais il était en effet étrange qu’avec son hypersensibilité à la Force, elle ait survécu avec sa santé mentale pas plus abîmée qu’elle ne l’était déjà. Intervention de Sigantos ou bien discipline mandalorienne ? La réponse restait incertaine.
Pour anticiper ta volonté de me remercier et dans l’optique de continuer ta formation, il m’a paru nécessaire de guider tes pas jusqu’ici pour que tu puisses accomplir ta tâche initiale en explorant cette tombe. Je suis certain que l’expérience sera…intéressante pour toi.
La Chasseresse n’avait aucune envie de pénétrer dans la tombe, qu’elle avait toujours fui depuis sa tendre enfance, et était en train de mesurer le poids des paroles de Sigantos, à savoir qu’il pouvait manipuler ses perceptions pour la mener par le bout du nez. Mais si elle pénétrait à l’intérieur, si elle jouait le jeu du Sith, elle pourrait peut-être tout perdre.
Dans le même temps, la magie de Nadd avait été assez puissante pour affaiblir Sigantos. Peut-être se trouvait à l’intérieur quelque chose capable d’exorciser le Sith de son esprit, ou bien des indices sur une telle chose. Sigantos avait évoqué la destruction de Nadd par Exar Kun. Peut-être pourrait-elle faire la même chose ?
Tournant donc résolument le dos à Sigantos, Runi serra les dents et fit basculer les battants du portail, avant de s’enfoncer à l’intérieur, premiers pas vers la damnation ou la salvation… -
Post n°31
Auteur : Super PNJLes derniers événements d'Ondéron avaient attiré pas mal de personnes au profils bien différents dans le système: des volontaires, des humanistes, des aventuriers et aussi...des profiteurs.
Certains se contentant de guider les habitants des cités isolées à travers la jungle garantissant une sécurité relative pour un prix maximum, d'autres proposaient leur service pour évacuer le système pour un monde meilleur à prix d'or. La plupart des migrants se retrouvant ainsi loin de tout sur une planète paumée dans l'espace profond.
Et il y avait aussi les voleurs, les moins courageux volaient armes et équipements sur les nombreux cadavres abandonnés dans la jungle, ou piller les cités abandonnées, les forces de sécurité se concentrant sur les vivants mais les plus intéressés étaient devenu des pilleurs de tombe.
Mais ils devaient faire vite, une rumeur couvait, la République allait envoyer une phalange de mercenaires provenant de Dantooine pour sécuriser la planète.
De quoi se mêlait donc la Chancellerie Fédérale? leur pseudo grande armée n'avait elle pas assez fait de mal en procédant à un bombardement planétaire sur la population innocente?
Tout ça n'était qu'une histoire de gros sous, on disait qu'une compagnie spatiale de la bordure extérieure voulait s'approprier les chantiers navals planétaire.
Mais nos six voleurs n'en avaient rien à faire des affaires locales seul l'un d'entre eux était natif de Dxun, et il avait été un des premier à se cacher derrière les murs du palais alors qu'on avait appelé à la mobilisation générale.
Une lampe dans une main, un blaster dans l'autre, il errait dans le tombeaux Sith à la recherche d'un trésor caché, ses acolytes le suivaient certains étaient armés d'autres tenaient pelle , pioche ou barre à mine pour forcer d'éventuels passages secrets.
Et ce qui devait arriver, arriva... ils tombèrent sur un témoin de leur crime: une jeune femme à l'air paumée.
-Qu'est ce que tu fais la ma mignonne?
Les six voleurs encerclèrent alors l'idiote qui se promenait seule dans la jungle, elle ne pouvait ni avancer ni reculer.
-Alors petite on a pas peur du grand méchant Zakkeg?
Les délinquants se mirent tous à rire, sauf leur chef, le secteur des tombeaux Sith était interdit par arrêté Royal, si celle ci les dénonçait, ils finiraient tous sur la lune de Suthre, l'astre qui servait de prison, la reine Anamoa n'aimait pas particulièrement les voleurs.
Le chef de gang ne voyait qu'une seule solution à ce problème: il rengaina son blaster pour sortir une vibrolame.
-Faites la taire à jamais... mais en silence!
Le leader ne voulait pas attirer l'attention sur son expédition illégale, s'il y avait peu de chance que quelqu'un d'autre s'aventure seul dans ces lieux, certains prédateurs trainaient toujours dans le secteur à la recherche de chair fraiche.
Pelle et pioche d'approchaient déja de Runi, à défaut de défoncer des portes ou les murs du tombeau, ils allaient pouvoir se défouler et fracasser un crane.Spoiler : Spoiler
-Ton altercation avec les voleurs attirent l'attention d'un Zakkeg justement."Dans la jungle , personne ne vous entend crier!"Dicton d'Ondéron -
Post n°32
Auteur : Runi BralorAu fur et à mesure qu’elle avançait dans le tombeau, Runi avait l’impression de plonger de plus en plus profondément dans un lac sans fond. Ses sens semblaient devenir peu à peu étouffés sous la pression même des lieux. Une pression qui semblait comme un raz de marée qui venait s’effondrer en permanence sur le château de sable qu’était son esprit en ce moment.
Elle semblait ainsi tâtonner dans une obscurité redoublée, sans vue, ouïe, odeur, goût ou touché, mais plus elle avançait, plus un sens qu’elle ignorait posséder et qu’elle ne saurait expliquer semblait la guider dans le dédale. Mais ce sens s’entrechoquait en permanence avec l’ambiance du lieu, l’obligeant à plusieurs reprises à s’arrêter sous peine de perdre tout contrôle de la situation.
C’est ainsi qu’elle eut la surprise au milieu du brouillard qu’était devenu son environnement d’entendre des voix. Avançant dans la direction, elle tomba sur un groupe d’une demi-douzaine de personnes. Si elle avait d’abord pensé qu’il ‘agissait de forces d’enquêtes de la République comme certains qu’elle avait pu croiser sur Ondéron, leur air dépenaillé et les outils qu’ils avaient en main les désignèrent bien vite comme des pilleurs de tombes. Ils l’entourèrent, l’air goguenard, alors qu’elle cherchait encore son équilibre.
-Charognards minables, de la vermine à écraser
La voix avait retenti dans son esprit, avec un début de migraine pour Runi, l’empêchant de prendre la parole, mais le chef de la bande semblait avoir déjà pris sa décision, confirmant les craintes de Runi.« -Faites la taire à jamais... mais en silence ! »
Les compères se rapprochaient de la Mandalorienne, pour qui tout semblait se passer au ralenti, comme si elle flottait dans un nuage de coton. Mais le contact avec la première barre de fer dans son dos la ramena à la réalité.Heureusement pour elle, sa Beskar’gam était bien présente sous son épais manteau, et absorba le choc, même si la réverbération de l’impact dans son corps suffit à déclencher douleur et donc poussée d’adrénaline. D’un coup, les sens de Runi semblèrent se réveiller, et elle pivota pour esquiver le deuxième coup, avant d’enchaîner les feintes de corps pour esquiver la pluie de coups maladroits qui pleuvaient.
Les opposants qui lui faisaient face n’étaient pas des vétérans, et c’était leur nombre plus que leur qualité qui maintenait la chasseresse sur la défensive. Mais en même temps qu’elle continuait sa posture défensive, la colère montait sourdement en elle. Était-ce seulement sa propre rage d’être aussi inefficace face à des amateurs, ou bien quelque chose d’extérieur la nourrissait ? Tout ce qu’elle savait, c’est que les émotions montaient en flèche en elle, comme un barrage qui menaçait de se rompre.
N'y tenant plus, elle passa à l’offensive avec brutalité, et son poing ganté se ficha dans la mâchoire d’un de ses assaillants, produisant un craquement sinistre. Mais au même instant, une explosion sensorielle se produisit à nouveau dans son corps. Une nouvelle crise la saisit alors que sa propre mâchoire semblait se fracasser et que ses adversaires devenaient des tâches d’émotions colorées chacune de manière différente.
Elle s’effondra à terre, prise de nausée. Les pillards s’arrêtèrent un instant, surpris et méfiants, puis la voyant prise de spasmes à terre, les coups commencèrent à pleuvoir sur elle. Elle se protégeait la tête autant que possible, et s’en remettait à sa Beskar’gam pour la protéger ailleurs. Mais le goût du sang remontait dans sa bouche.
Voyant qu’elle ne faisait plus mine de résister, les bandits stoppèrent leurs efforts alors que leur chef s’approchait blaster à la main.
- Du travail bien fait !
- Oui, finissons-en !
- On pourrait peut-être s’amuser un peu avec elle d’abord non ?
- Silence, c’est moi qui prends les décisions ici !
- Grrroooaaar
- Vecris, on t’a déjà d’articuler lorsque tu parles ! personne ne te comprend !
- Meuh j’nai rien dit !
- Hein ! alors qui…
Certains membres se retournèrent pour découvrir une masse de muscles cuirassée avec une gueule capable de broyer deux pillards à la foi. Runi, toujours à terre, releva la tête et reconnu la créature : un Zakkeg, l’un des prédateurs les plus dangereux de Dxun, et une chasse particulièrement difficile dans sa jeunesse.
Les charognards étaient encore en train de frémir d’horreur que la patte avant de la bête fendait déjà l’air, envoyant l’un d’eux de manière brutale contre le mur.
Retraite !! hurla le chef, et tous s’éparpillèrent en cherchant à échapper à la gueule du monstre.
Runi rampa d’abord en veillant à limiter ses mouvements et à rester hors de vue du monstre, puis se releva et s’engagea dans un couloir latéral. Derrière elle, le Zakkeg semblait s’en donner à cœur joie. En claudiquant et en essuyant le sang sur son visage, la Mandalorienne reprit sa marche en avant.
Elle arriva bientôt dans une salle soutenue par quatre piliers avec un autel, ou plutôt un sarcophage, ouvert en son centre. L’objet était cependant vide, car son propriétaire gisait, tranché en deux, à quelques pas. La chasseresse s’approcha prudemment de ce qui restait de ce corps momifié.
-Intéressant, Cela semble être la momie de Freedon Nadd, mais son esprit est supposé être défait depuis plusieurs millénaires…
La voix de Dark Sigantos s’était manifestée sur le ton de la curiosité détachée, mais peinait à masquer son avidité. A côté de la momie, de multiples éclats semblaient signifier la présence d’un objet détruit. Un instant ! Comment pouvait-elle percevoir des objets dans cette obscurité quasi-complète ? Runi ferma les yeux et constata qu’elle pouvait toujours voir les éclats derrière ses paupières. Sa crise n’était visiblement pas finie.
- Ils ont sans doute tenté de faire revenir l’esprit Sith grâce à un objet issu de l’alchimie Sith, mais ce dernier semble avoir été brisé. Dommage…
Sans même s’en rendre compte, Runi avait ramassé l’un des fragments et l’avait rangé dans une de ses poches.
- Il n’y a plus rien d’intéressant ici. Poursuivons !
- Et si au lieu de japper des ordres, tu enlevais ta capuche et voyais de tes yeux que c’est un cul de sac ?
- Insolente étourdie ! c’est justement parce que tu n’utilises que des sens enfantins que tu ne crois que cela.
La réponse avait eu l’effet d’une claque mentale, forçant une nouvelle fois Runi à plonger dans le courants d’émotions et de sensations qu’elle détestait. Mais alors que les formes qu’elle percevait lui semblaient étranges, la Mandalorienne pouvait désormais distinguer un panneau qui permettait de faire coulisser un mur.
Reprenant sa respiration, elle s’avança et activa le mécanisme., dévoilant un nouveau corridor dans lequel elle s’avança prudemment. Sur le côté, deux autres couloirs se terminaient chacun par une porte fermée hermétiquement. Une nouvelle migraine vint frapper de nouveaux ses tempes, et elle se retrouva un mètre plus loin à reprendre son souffle. Relevant la tête, elle constata qu’une des deux portes était ouverte, alors qu’elle aurait juré que c’était le contraire il y a…quelques secondes ?
- Ce sont les tombes des descendants de Nadd, rien d’intéressant pour toi. Continue à avancer.
La voix de Sigantos avait de nouveau surgi, impérieuse, mais cette fois-ci marquée par plus de fatigue et en même temps plus de satisfaction. Est-ce que le lieu l’affectait également. Se doutant qu’une discussion ici même n’apporterait pas de réponse claire, Runi poursuivit sa route, jusqu’à ce que le couloir se termine également en impasse. Ou plutôt ave un autre mécanisme à activer, qui fit à nouveau coulisser le mur.
Elle entra ainsi de manière dérobée dans une salle à l’architecture similaire à celle de l’autel, avec quatre piliers, mais plus vaste. En son centre se trouvait un bassin rectangulaire rempli d’eau. Sur sa gauche, deux battants monumentaux semblaient fermer l’accès officiel du lieu. D’après la réflexion des faibles lueurs de la pièce, ce portail était fait en partie de Beskar.
De l’autre côté de la pièce, une statue monumentale, représentant sans doute l’ancien seigneur d’Ondéron, Freedon Nadd, se tenait au-dessus d’un sarcophage vide. Mais au-delà de ces présences matérielles, Runi sentait qu’elle avait atteint le cœur du tombeau, là où les énergies les plus négatives se concentraient dans un maelstrom de fureur. La Mandalorienne n’avait même pas commencer à bouger, mais elle vacillait déjà.
- Mmmh… très bien, c’est ici que se trouve le Nexus du tombeau. Les pseudo-Sith ont sans doute voulu réanimer Freedon Nadd à l’écart de ce lieu pour éviter de risquer leur contrôle sur le rituel…Quelle puissance brute et alléchante.
Son locataire reprenait son analyse des lieux, mais cette fois-ci, Runi n’allait le laisser monologuer.
- Je suis donc là où tu le voulais. C’est bon tu as vu tout ce que tu voulais voir et on peut quitter ce lieu osik’la ?
- Ne sois pas si hâtive ! n’est-ce pas toi qui voulait chercher à améliorer ta condition ? Il y a des choses qui pourraient t’intéresser. Laisse-toi bercer…
Etait-ce la fatigue ? la corruption des lieux ? ou bien tout simplement une lueur d’espoir à l’idée de pouvoir repartir à zéro ? Toujours est-il que Runi Bralor fit un pas en avant dans la pièce, et plongea dans l’obscurité absolue.
Elle se retourna, mais rien derrière elle n’indiquait là où elle était venue. Autour, en dessous et par-dessus, tout n’était que volutes de fumées plus noires que la plus noire des nuits.
-Espèce de Hut’uun ! dans quoi est-ce que tu m’as entraîné ?
Elle interpella le Sith avec colère, mais le silence fut sa seule réponse. Elle réalisa alors que pour la première fois depuis plusieurs heures, Sigantos ne semblait…plus là. Mais alors qu’elle aurait pu se réjouir de la situation, un sentiment de peur instinctive commençait à se saisir d’elle, isolée et désarmée dans un lieu inconnu. Comme s’ils n’attendaient que cela, les volutes accélèrent leur danse, et l’atmosphère devint comme saturée d’émotions : Peur, Envie, Colère, Soif de Puissance… Des ondes sombres et sauvages percutaient la Mandalorienne, la tiraillait dans tous les sens, alors qu’une sensation malsaine et pourtant fascinante la prenait au ventre. N’y tenant plus, Runi tomba à genoux et ferma les yeux. Et alors elle vit.
Comme si elle voyait à travers un trou de serrure et après avoir bu bien trop de Ne’tra gal au point que tout semblait flou, elle vit d’abord Draviss, son ancien partenaire Duro qui pianotait comme d’habitude sur un clavier, dans ce qui semblait être un appartement d’un ensemble d’habitation. Il leva soudain la tête, et Runi aurait voulu l’interpeller, mais elle ne semblait ne plus avoir de voix.
Draviss repartit de plus belle sur son clavier. Jetant un œil à l’écran, la Mandalorienne ne vit que quelques mots passer : Kel Dor, Kathol, Zeison-Sha…Des mots qui ne lui disait rien. L’important était de savoir qu’il était vivant.
Avant qu’elle ne puisse en savoir plus, les formes disparurent pour se reformer, lui montrant à présent un corridor qu’elle reconnut comme appartenant au palais d’Iziz sur Ondéron. Deux hommes se disputaient. Runi n’entendait pas leur voix, pourtant savait qu’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la répartition des fonds pour la reconstruction de la planète, sans compter qu’une partie desdits fonds avait disparu, la faute à ces maudits Mandaloriens probablement.
Nouveau changement justement. Plusieurs Mando’ade étaient à présent rassemblés autour d’un bucher funéraire dans les plaines loin d’Iziz. Ils honoraient la perte d’un de leurs vode, tombé au combat pour lequel il avait été payé. La peine était visible, mais aussi le sentiment d’incompréhension face au destin qui poussait les Mandaloriens dans des quêtes aussi futiles. Avant que la Chasseresse ne puisse tenter d’identifier le clan, la scène changea à nouveau.
Elle était à présent dans une allée inconnue, mais en levant les yeux, elle reconnaissait le ciel même ivre. Elle était dans l’espace mandalorien. Cela ne ressemblait pas pour autant à Mandalore, ou du moins à ses souvenirs. Revenant à la scène de l’allée, elle pouvait voir plusieurs Mando’ade se déplacer, mais deux retenaient l’attention. L’un arborait sur sa Beskar’gam un dragon rouge, et semblait incarner la puissance, mais Runi ne pouvait s’empêcher de n’y voir qu’une relique du passé condamnée à regarder en arrière.
L’autre Mando’ad portait une armure noire et dorée. La justice et la vengeance l’animait. Un bah’lir fantomatique dansait autour de lui, témoignant d’une quête éternelle. Comparé à son compagnon, il semblait être un nouveau-né. La Chasseresse sentait toutefois en lui qu’il était tourné résolument vers l’avenir et une haine des Sith qui rivalisait peut-être avec la sienne. Lorsqu’elle voulut tendre le bras pour le prendre par l’épaule et lui dire qu’ils finiraient par payer, tout s’évapora et Runi perdit l’équilibre, plongeant dans un puit sans fonds.
Ellle ne pouvait pas hurler, ni bouger, condamnée à une chute sans fin. Des images flashaient toujours derrières se paupières, trop brèves pour qu’elle puisse en retirer quelque chose : une Cathar en train de se vider de son sang et de son âme face à une Chagrienne et une vielle sorcière, un Zabrak rouge et noir dans un vaisseau, et tant d’autres choses qui passèrent de plus en plus vite jusqu’à ce qu’un grand splash termine la chute de Runi.
Son mouvement s’arrêta, et c’est avec douceur que ses mains se posèrent sur une surface de pierre au fond de l’eau. Presque avec soulagement, ses réflexes s’activèrent et elle se remit à la verticale pour sortir la tête de l’eau. Elle était au milieu du bassin de la salle du tombeau. La joie d’être sortie de sa désagréable situation mourut pourtant rapidement.
La salle semblait en effet très différente. Elle était à présent brillamment éclairée. Le portail était grand ouvert, à ses côtés pendaient des bannières sur lesquelles flottaient le Kyr’bes du Mythosaur. Autour du bassin, de nombreuses personnes en armure, non, en Beskar’gam, étaient agenouillées en fixant le sol, orientés vers là où se trouvait auparavant le sarcophage vide.
Car à la place de celui-ci se trouvait à présent une volée de marches qui menait à un trône rutilant entourées de statues de Mando’ade. Et une figure se tenait sur le trône. Essuyant les gouttes de son visage, Runi fixa celle qui était manifestement le souverain des lieux. Elle portait une beskar’gam cramoisie, sans qu’il soit possible de savoir si c’était de la peinture ou du sang qui recouvrait le métal. Un manteau d’apparat reposait sur ses épaules, et à sa ceinture se trouvait un Beskad, mais aussi un sabrelaser. Mais surtout, le casque qu’elle portait tranchait avec le reste.
De tous les Buy’ce de l’histoire mandalorienne, il y en avait un qui était connu de tous. Même s’il était perdu depuis longtemps. C’était le symbole ancien de l’union des clans, le témoin du droit d’exercer le commandement, l’incarnation de la Manda dans un individu : le Masque de Mandalore. Mais ici reposait par-dessus une couronne qu’avait déjà vu Runi dans ses pérégrinations récentes, celle du souverain d’Ondéron. Et qu’en son centre était planté une amulette qui respirait le Côté Obscur.
- Tu n’es pas Mand’alor ! Comment oses-tu dénaturer ce casque, Aruetii !
La figure se leva en réponse à l’injonction de Runi, alors que l’ensemble des personnes présentes restaient toujours immobiles. Elle descendit une marche et prit la parole, tout en montant les mains vers son couvre-chef :
- "Munit tome'tayl, skotah iisa ! je vois que tu es toujours dans le bon état d’esprit malgré ton plongeon.
La voix était à la fois séductrice, douce comme le miel, et impérieuse, solide comme le Beskar.
Elle déverrouilla son casque et le retira, exposant son visage à Runi qui reste figée sur place. Le visage qu’elle pouvait observer était en effet le sien, sans être toutefois exactement le même. Même cicatrice de griffe sur la joue, même morphologie, mais tous ses traits semblaient avoir atteint une beauté indescriptible : Elle respirait la grâce et la sagesse, ses cheveux flottants comme un rêve, ses lèvres débarrassées de toute gerçure, ses pommettes sans trace de coup soutenant des yeux qui, débarrassés de leur ceinture de cernes, brillaient comme des soleils. Une beauté parfaite jusqu’à en être terrifiante.
En effet, les pupilles brillaient d’un jaune vif qui tranchait avec leur couleur verte habituelle. La peau avait pris un teint pâle, que la beauté voulait d’albâtre, mais qui semblait aussi cadavérique. La chevelure était écarlate, mais comme si elle était teintée de sang. Et les veines bleues se manifestaient presque à fleur de peau.
- Udesii ! nous somme ici entre amis intimes. Ce n’est pas une manière de remercier mon hospitalité. J’ai attendu tellement longtemps que tu viennes ici depuis ton épisode sur Thule.
Elle commença à descendre les marches et à se rapprocher du bassin, alors que Runi faisait instinctivement un pas en arrière. Elle avait l’impression d’être toute dénudée face à ce double qui l’écrasait de son regard., mais elle cherchait quand même des éléments de résistances auquels se raccrocher.
- Thule ? Je m’en doutais, tu n’es qu’une nouvelle tentative de Sigantos de me « tester » ou de me déstabiliser ! J’en ai déjà eu assez de ses illusions, et elles ne m’ont pas…
- …Empêchées de le tuer. Oui je sais je m’en souviens très bien : la souffrance la peur et la colère, autant de sentiments dont j’ignorais alors la puissance pour nourrir ma détermination.
La gorge de Runi se serra alors qu’elle s’immobilisa complètement. Qui était cette personne qui semblait être elle tout en piétinant toutes ses valeurs ? Son double pénétra dans le bassin, mais l’eau ne semblait pas être perturbée par son passage, ne faisant aucune ride. Elle avança jusqu’à être face à face avec la Mandalorienne, toujours figée et cherchant désespérément à percer l’identité de son interlocutrice.
- Qui-suis-je ? mais je pense que tu l’as déjà compris. Je suis toi et tu es moi. Je suis ton potentiel achevé, l’avenir glorieux vers lequel tu pourrais, tu devrais aller, au lieu de te contenter de petites chasses et d’être harcelé par un esprit frappeur qui ne te résisterait pas deux secondes si tu embrassais la puissance qui te revient de droit.
- Non, je n’ai jamais voulu devenir Mand’alor ni voulu diriger les autres ! Le vouloir, c’est déjà…
- …montrer qu’on en est indigne ? Mais justement, par ce raisonnement, tu montres que j’en suis la plus digne.
Regarde ce qu’ont fait les DeathWatch à part anéantir les clans : du terrorisme de bas étage. Regarde ce qu’on fait les soi-disant Nouveau-Mandaloriens à part se terrer dans leur dôme comme des lâches : de l’assimilation où être Mando’ade ne signifie plus rien. Regarde ce qu’on fait les Demeci à part pactiser avec les Aruetiise pour des miettes de pouvoir : un torchon littéraire pour justifier la prétendue supériorité de leur clan. Ne te dis-tu pas que tu pourrais faire mieux ?
- Mais il y a un pas entre diriger et…
- …Imposer sa volonté ? Mais comment pourrait-il en être autrement. Personne ne sera prêt à prendre le bon chemin à moins qu’on ne lui impose par la force. Contemple comment les aristos d’Ondéron se sont perdus depuis que le gant de fer de Jnum a disparu. Contemple comment ces Chakarr de Républicains ont purgé la planète à coup de flammes. Contemple comment les Séparatistes, les Impériaux, les Républicains n’aspirent tous qu’à imposer leur volonté extérieure aux Mando’ade. Contemple comment les Jedi et les Sith continue de se disputer le droit de garde pour la Force des millénaires après que leur divorce a été consommé.
Continue de rester à observer à l’écart, et tu verras comment tout ce que tu chéris ne sera plus que cendres. Ou bien je me saisis du pouvoir qui me revient de droit, je décide de changer la galaxie pour le mieux comme l’a fait mon père au prix de sa vie.
Le souvenir de son père, tombé au combat contre l’Empire Sith, revint à l’esprit de Runi. Aurait-il survécu si elle avait été à ses côtés au lieu de traquer le Wraid sur Tatooine ? A force de vouloir mener sa vie selon son code à l’écart de ses Vode, n’avait-elle pas en fait renoncé aux Resol’nare ? Un sentiment de colère montait en elle, colère contre elle-même et son incapacité passée comme présente.
- Je vois que tu commences à comprendre. Embrasse ce sentiment, il nourrit ta puissance. Tu n’es pas cependant encore prête à devenir moi. Cherche ceux qui pourront soigner ton corps et t’aider à embrasser ton don et non le rejeter. Cherche celui avec qui tu pourras accomplir ta destinée en prenant les titres qui te reviennent de droit. Tu as fait le premier pas. Et surtout n’oublie pas. La paix est un mensonge, il n’y a que la passion.
La main de son double effleura son visage, et Runi tomba en arrière dans le bassin.
Sa tête heurta durement le fond et elle se releva pour parvenir à l’air libre. Elle était au centre du bassin, dans la pièce faiblement éclairée, avec toujours le sarcophage vide. Elle se rappelait avoir pénétré à l’intérieur, puis être assaillie de visions dans l’obscurité, et ensuite…un grand flou. Comment était-elle tombée dans le bassin ?
- Alors que penses-tu de ce Nexus ? Une sacrée montagne russe j’en suis sûr. Tu as senti cette puissance qui ne demande qu’à être soumise à ta volonté ?
Runi tourna la tête. A ses côtés, Sigantos était apparu, de manière nettement plus visible que d’habitude, comme renforcé par la présence du Maelstrom. De toute évidence, il ne savait pas que ce Runi avait pu ressentir. Et sa posture indiquait qu’il était davantage intéressé par ce que les Jedi noirs avaient tenté ici.
Runi elle-même sentait les émotions de la tempête qui cherchait à s’emparer d’elle. Mais elle maintint sa concentration pour qu’elles glissent sur elle comme la marée sur un rocher. Mais avec un frisson, elle sentit qu’une partie d’elle-même se demandait ce qu’il se passerait si elle cherchait à l’accepter.
- On est émerveillée par la puissance de la Force au point d’en rester bouche-bée ? c’est sûr que cela n’a rien à voir avec vos joujous mandaloriens. Ah si seulement j’étais à pleine puissance, que je ne ferai pas avec…Ah, je crois que voici venu le moment de ton test.
Runi tourna la tête dans la même direction que Sigantos, là où elle pouvait sentir et presque voir un danger se matérialiser. Le portail monumental s’ouvrit, d’abord lentement lorsque deux des pillards de tout à l’heure, presque une éternité pour la Mandalorienne, se faufilèrent en courant, puis bien plus brutalement lorsque que le Zakkeg déboula derrière eux.
Sigantos se tourna vers Runi
- Si tu veux quitter ce tombeau, il faudra que tu t’occupes de cette bête, à moins de vouloir finir dans son estomac.
- Merci pour le conseil évident, Hut’uun, mais affronter un Zakkeg à main nues relève du suicide.
- Qui a dit de l’affronter à mains nues. Tu possèdes la Force ! mets-la à ton service ! Sens comment fonctionne cette créature simple d’esprit. Cela devrait l’un des tours les plus simples pour toi qui a passé tant de temps à leur côté ! Perçoit ses pensées ! Elles restent rudimentaires. Ce sont des instincts primaires, des envies, dominés par l'instant présent. Elles sont primitives et sommaires. N’importe qui serait capable de les isoler grâce à la Force pour calmer le monstre.
Runi se détestait à cet instant précis, mais elle sentait effectivement les émotions qui émanaient du Zakkeg : Faim, peur, colère. Et elles étaient comme amplifiées par la corruption rampante du lieu. Instinctivement, comme lorsqu’elle cherchait à calmer un Iriaz blessé, sa conscience se tendit vers la bête et elle isola les pensées négative comme si elle passait un bandage autour de sa jambe.
Le Zakkeg ralentit puis s’immobilisa, renâclant comme une monture à l’arrêt, mais prête à bondir.
Une migraine commençait à pointer sous le crâne de Runi, mais elle ressentait une certaine paix en calmant le monstre. A côté d’elle, Sigantos applaudit avec un léger sarcasme.
-Tu vois, même une Mandalorienne imbécile y arrive. Calmer une bête est une tâche facile, digne d’un Jedi. Maintenant, si tu veux montrer que tu es une guerrière digne de ce nom et digne de la Force, soumet la créature ! force-la à t’obéir. Et utilise-la pour exercer la vengeance qui te revient de droit ! termina-t-il en pointant du doigt les deux brigands qui cherchaient maladroitement une sortie.
Runi hésita un instant, mais un instant seulement, alors que les lieux nourrissaient sa confiance et son besoin de dominer. Elle sentait le courant des émotions commencer à tourbillonner autour d’elle, puis au-dessus d’elle. C’était un courant qui la reliait au Zakkeg, toujours immobilisé, mais aussi aux pillards, dont elle percevait la médiocrité. Pourquoi devrait-elle partagé ce courant avec eux ? Pourquoi devrait-elle subir leurs affronts sans répondre.
La barrière autour de la conscience du Zakkeg se transforma en mors, en éperons et en fouet, alors que la Mandalorienne réinitiait la rage de la créature, mais en la soumettant à ses vœux. Elle fit tourner ses rênes imaginaires, puis les agita.
Le Zakkeg bondit beaucoup plus vite qu’auparavant. En une poignée de secondes, il fut sur le premier pillard. Un coup de patte le mit à terre, puis la gueule s’ouvrit et se referma sur son torse, lentement mais sûrement. Un sourire presque carnassier s’affichait à présent sur le visage de Runi, que lui renvoyait son reflet dans le bassin, avec un regard ocre.
Mais lorsque la section se termina, que la vie du pillard disparut du courant, une nausée saisit la chasseresse. Que faisait-elle ? Venait-elle vraiment de tuer quelqu’un qui s’enfuyait. Certes il avait cherché à lui nuire, mais devait-elle pour autant être son bourreau ! Le trou béant au sein du courant là où se tenait auparavant la couleur de l’homme jurait affreusement avec ses sens. Qu’était-elle en train de devenir.
Alors que le Zakkeg allait entamer son deuxième plat, le lien se délita. Runi parvint à lui enjoindre de partir, avant de tomber à genoux. Le bandit n’en demandait pas tant et prit ses jambes à son cou, disparaissant dans le labyrinthe. Sigantos jeta un regard de désapprobation puis disparut.
Runi restait seule, déchirée entre la satisfaction que lui avait procuré ce pouvoir et l’horreur que cela entraînait. Comment pouvait-elle retrouver la paix après cela. Qu’est-ce qui n’allait pas dans la galaxie pour permettre ce genre de choses.
Après de longues minutes, elle se releva, et commença à chercher la sortie du temple. Elle avait pris sa décision. Elle allait trouver un moyen de se faire soigner. Elle allait trouver un moyen de chasser le Seigneur Sith de son esprit. Elle allait trouver un moyen d’utiliser tous les dons à sa disposition. Et elle allait trouver un moyen pour guérir la galaxie, en commençant par ses frères Mando’ade. Le chaos s’était invité dans sa vie parce -
Post n°32
Auteur : Runi Bralorqu’elle n’avait rien fait. Il fallait désormais qu’elle agisse pour expier cette faute et éviter que le chaos ne s’infiltre encore plus dans ce qui restait des Mandaloriens. Elle tenterait de son mieux de porter ses conseils, que ce soit sur Ondéron, Mandalore ou ailleurs. Et une petite voix susurrait que s’ils n’étaient pas prêts à écouter, il faudrait qu’elle les oblige, pour le bien de la galaxie.
La suite était simple : D’abord quitter le système Japrael et recontacter Draviss, qui avait dû se poser quelque part sur Coruscant. Et ensuite, avec les informations qu’il lui fournirait, partir en chasse de ceux qui pourraient la soigner, et de ceux qu’elle pourrait soigner. Une chose était sûre, ce serait un mensonge que d’espérer pouvoir retrouver la paix de sa jeunesse. Il fallait désormais qu’elle lutte avec passion pour avancer. -
Post n°33
Auteur : Wyrim OshindaraUn peu avant
Une fois que les Demeci m’ont déposé, je prends directement contact avec le YV-666 prêté par LOm, l’équipe répond directement à l’appel et se met en route. L’objectif est de se rejoindre sur Dxun le plus rapidement possible. Je profite de faire un petit tour en ville, puis dans une des cantina, prendre la température locale et me rendre compte du statut ici, depuis que la république é relancé les constructions dans le secteur. A la suite d’un repas léger, je me mets en route pour rejoindre le statioport ou j’espère retrouver mon équipe.
« Le Feu de Bok » était déjà arrivé sur le statioport lorsque je le rejoins, mon équipe de sondes prête à me suivre. Je monte rapidement dans le vaisseau des Corporation Technique Corellienne afin de terminer de me préparer. Me retrouver ici, est très déstabilisant et j’avoue que c’est avec appréhension que je prends la direction de la forêt luxuriante. A chaque fois que je me suis engagé dans cet jungle, je me suis retrouvé à faire des rencontres pour le moins inoubliables.
Je me fais accompagner par toute ma troupe de sondes, ce qui me réconforte un peu de pouvoir compter sur elles, au moins je ne pourrais pas me faire surprendre par la faune locale. Je prends la route du temple de progressant avec soin au milieu de cet environnement toujours aussi dangereux. L’organisation de la faune que j’ai pu rencontrer à l’époque n’a plus rien à voir, mais la dangerosité des lieux n’est pas amoindrie pour autant. Je me perds dans mes pensée le temps de ma progression, je me revois avec Canderous lorsque l’on a eu notre premier affrontement avec Freedom, qui s’avérait finalement être un Drexl sous son emprise. Ma rencontre ensuite avec Alexeï dans le tombeau, la torture de Canderous, Storm !
Je repense souvent à ce Bha’lir, il y avait une espèce de connexion avec ce magnifique animal, j’avoue qu’il me fascine et le fait que ce soit devenu mon emblème lorsque le Forgeron reforgea mon beskargam. Je me souviens de tout le rituel, d’avoir vu fondre ces plaquettes de beskar, petit à petit pour devenir cette armure que je porte fièrement aujourd’hui. Je revois ensuite notre altercation avec cette femme Sith, qui nous à donnée bien du fil à retordre.
J’ai presque l’impression que je me suis remis en quête de trouver Alexeï hier, mais lorsque je regarde un peu plus attentivement le parcours de ma recherche, je remarque que cela fait un bon moment que je cours après ce pleutre. J’espère vraiment que je pourrais trouver des réponses sur des indices concret dans ce temple maudit, quelque chose qui pourrait faire le lien entre tous ces derniers évènements, trouver une piste bien concrète.
Je suis tout à coup tiré de mes pensées par mon « Iris Sombre », un groupe de Boma est en train de se disputer non loin de là. Je me mets à couvert dans les fourrés en vérifiant ma position au vent, ce n’est pas le moment de me retrouver dans une situation délicate alors que je peux l’éviter si je prends le temps de faire un détour. Je m’approche progressivement afin de prendre en compte la situation par moi-même, et de comparer avec le balayage de la sonde, retransmit directement dans mon casque. Avec le recul je me rends compte que c’est un Zakkeg qui s’attaque à un groupe de Boma. Je profite un petit moment du spectacle de la chasse, ou les petit Boma défende avec acharnement leurs vies en péril.
Après un moment, je me remets en route, sinuant dans la terrible jungle luxuriante, contournant les obstacles les plus imposant, évitant les prédateurs au maximum. L’utilisation des sondes est vraiment utile et elles me permettent d’avancer à un bon rythme. Lorsque je consulte la carte des environs, je remarque que j’ai parcouru plus de la moitié du chemin et que le temple n’est plus qu’à quelques heures de marche.
Je suis à la fois excité et une par de moi reste anxieuse, retourner dans ce temple, revivre peut-être ce qui s’est passé me rends nerveux, la crainte peut être de devoir affronter le passé, me confronter à cet échec face à Alexeï, tout cela en même temps. Au fur et à mesure que je me rapproche du temple, la faune locale se fait plus dense, même si l’emprise de Freedom Naad n’est plus, les séquelles de son méfait est toujours là. Une grande concentration de prédateurs traine toujours dans les environs et je dois redoubler de vigilance pour ne pas attirer l’attention sur moi !
Le groupe de Boma ne fut pas attiré par moi, mais par un bandit, qui hurlant de terreur fuyait à tout rompre un mal inconnu. Le pauvre fou venait tout juste de ce précipité dans la gueule des loups. L’inconscient viens tout juste de se jeter dans un groupe de dix Bomas, qui lui ont sauté dessus sans aucune hésitation et si quelques heures plus tôt j’ai vu la même espèce en difficulté face à un Zakkeg, l’histoire est tout autre maintenant. Ce pauvre gars, qui semblait fuir un fantôme venais de se retrouver face à de terrible prédateur. Ne pouvant rien pour lui, son agonie n’ayant durée que très peu de temps, je laisse les carnassiers se repaitre de leur proie et je profite pour approcher un peu plus du temple au plus profond de la jungle de Dxun. Le calme de l’enfers vert m’entourant est revenu, presque aussi soudainement qu’il avait été rompu et je continue ma progression lentement, surement.
Brusquement mon Iris Sombre se met en alerte, il détecte une forme de vie à quelques pas de moi, pile dans la direction de ma destination, aux portes du temple !
Instinctivement je dégaine mon arme et me mets à couvert. Je fais un scan des environ avec la DRK-1 tandis que je lance Alpha et Beta en progression lente pour aller voir de plus prêt ce qu’il se passe. Avec la végétation environnante je ne peux apercevoir quoi que ce soit, mais dès lors que je passe en vue thermique je me rends compte que la personne en face de moi se trouve au sol, immobile. A cet instant, Alpha me transmet le compte rendu de ces différents senseurs, et je constate que la personne qui se trouve quelque mètre plus loin est inconsciente. Précautionneusement je m’approche, tous les scanners des sondes en alerte pour ne pas être pris pour cible, le temps que je puisse essayer d’identifier cette personne, qui elle est, ce quelle fait là. Lorsque je me rapproche, je remarque que le guerrier en face de moi est un Mandalorien, je reconnais le beskargam, et même si je ne peux pas voir son visage camouflé sous une cape, je ne peux rester sans rien faire, je dois essayer de faire quelque chose.
Alors que je me rapproche, je remarque la silhouette fine et je déduis que le guerrier est en fait une guerrière. Alors que je me trouve à sa hauteur, je la retourne face à moi, constate que ces signes vitaux vont bien. Je décide alors de la porter sur le dos, trouver un coin plus adéquat que de rester ici en plein milieu de nulle part, trouver un bivouac afin que cette Mandalorienne puisse prendre le repos dont elle à besoin et ensuite peut être pourra-t-elle expliquer ce qui lui est arrivée.
Je longe les murs du temple et un peu plus loin je remarque une petite caverne, un endroit parfait, fermée, offrant une seule ouverture, elle est l’endroit idéale pour établir mon camp de fortune. Je la dépose vers le fond de la grotte, puis sous la surveillance des DZ-70, je m’absente pour aller chercher du bois et quelques proies. Si jamais elle ne se réveille pas tout de suite, je préfère rester prévoyant, la jungle de Dxun est terriblement dangereuse la journée, mais deviens un enfers la nuit, mieux vaut ne pas s’aventurer lorsque la pénombre arrive. Lorsque je reviens avec quelques Cannoks, je m’applique à allumer un feu et à les mettre à cuir.
Je veille sur la mandalorienne tout en me posant tout un tas de question, pourquoi se trouve t’elle ici, depuis combien de temps, vient-elle du temple ou est-ce qu’elle s’y rendait, pourquoi. Tout un tas de question qui se bouscule dans ma tête, et qui devront attendre son réveil pour voir s’il est possible d’avoir des réponses à quelques-unes d’entre elles. La viande commence à laisser échapper un fumet assez bon pour me faire penser que la viande est cuite. Je profite pour en manger une portion et lorsque cela est fait, je pars faire un petit tour afin de m’assurer que rien ne rôde dans les environs. C’est sur le petit matin que la demoiselle décide de sortir de son état comateux. Je la laisse sortir des limbes à son rythme, je ne souhaite pas l’effrayer ni représenter une menace, je ne sais pas ce qui l’a mis dans cet état, et je ne compte pas passer pour hostile envers elle. Je ne pense pas qu’elle est besoin de ça en plus.
Je profite pour rester sagement dans mon coin, attendant qu’elle reprenne ses esprits, puis lorsqu’elle change de position pour se remettre assise, je profite pour engager la conversation :Su’cuy Vod ! Je m’appelle Wyrim Oshindara !
Tu as faim ?
Pendant que je finissais ma phrase et pour joindre le geste à la parole, je lui tends une brochette de Cannok. Calmement je la laisse assimiler les dernières informations que je viens de lui donner et je lui laisse le temps de se présenter à son tour. -
Post n°34
Auteur : Runi BralorRuni avançait péniblement le long des corridors du temple, cherchant des appuis sur les murs dénudés, mais se refusant toute pause dans ces lieux maudits. Elle ne voulait assurément pas avoir un rêve similaire à ceux qu’elle venait de faire. Pas à pas, elle se dirigea vers la sortie. Depuis son expérience avec le Zakkeg, la Mandalorienne n’avait pas vu Sigantos se manifester, mais peut-être les sensations désagréables dans sa chair était sa manière à lui de faire passer un message, et non pas la conséquence des périls auxquels elle venait d’échapper.
Tout son corps lui donnait l’impression d’être passé sous les pattes d’un Reek en furie. Ses articulations criaient grâce, ses muscles étaient meurtris, et sa tête était affligée d’une migraine comme elle n’en avait pas eu depuis longtemps. De temps à autre sa vision éclatait en de multiples couleurs qui signifiaient à la fois tout et rien, et elle devait s’arrêter jusqu’à ce que ses sens reviennent à un niveau d’informations simplement douloureuses.
Finalement, elle finit par reconnaître le couloir qui menait en pente douce vers le portail monumental et la terrasse du temple au-dessus du lac. Lentement mais sûrement, elle se traina jusqu’à l’entrée et fut peu à peu éclairée par la lumière extérieure, laissant les ténèbres derrière elle. Les astres n’étaient assurément pas dans la même position que lorsqu’elle était entrée à l’intérieur, mais impossible de savoir combien de temps elle avait passé dans le tombeau. Des heures ? des jours ?
Runi inspira un bon coup, sentant la pression inexplicable sur ses épaules se relâcher en même temps que le plafond en pierre du tombeau obscur cédait la place à la voute céleste de la Lune démon. C’était la jungle où elle avait grandi, l’endroit où s’était déroulés ses souvenirs les plus mémorables. Si beaucoup n’y voyaient qu’un environnement hostile prêt à les dévorer, la chasseresse y voyait presque le lieu où elle se sentait le plus chez elle.
La Hunter-Gen devait sans doute s’inquiéter de ne pas la voir déjà de retour, et voudrait probablement la contacter sous peu, mais pour le moment, Runi était relaxée à l’idée d’être enfin sortie du piège obscur où l’avait entraîné Sigantos. Avant de regagner son camp et de chercher à rejoindre Coruscant pour retrouver ce bon à rien de Draviss, elle pouvait souffler un instant. Sans même le réaliser, ses digues mentales contre la fatigue et les peines s’ouvrirent en grand, et elle tomba au sol, inconsciente.
Des images floues se succédèrent durant son repos, des images du temple et d’autres choses dont il lui faudrait du temps pour se rappeler de leur signification, mais elle finit néanmoins par se réveiller. Le sol était rugueux, mais ce n’étaient plus les dalles de pierres du temple. Une odeur de viande flottait dans l’air. La Mandalorienne ouvrit les yeux pour discerner peu à peu un plafond de pierre. Une grotte visiblement. Tournant la tête, les yeux sont éblouis un instant par la lumière du feu de bois.
Puis elle distingue un reflet de ce feu et repère une armure teintée de noir et d’or…un souvenir familier qui flotte aux confins de sa mémoire. Son regard monte et se pose sur le Buy’ce de celui qui est manifestement un Mando’ad. Il semble la regarder et attendre calmement sa réaction. Est-ce qu’il l’a trouvée en train de dormir au milieu de la jungle ? Quelle piètre image elle doit donner, incapable de se protéger soi-même.
Elle prend appui sur un bras en grimaçant légèrement. Les traces des coups reçus sont encore perceptibles, mais au moins sa migraine semble avoir cesser pour le moment. Elle pouvait également voir à peu près clair, même s’il fallut encor un peu de temps pour que ses yeux s’habituent complètement à la lumière ambiante.
En même temps qu’elle se redresse, les souvenirs du temple reviennent : les pillards, le Zakkeg, Sigantos…Elle sait qu’il y a d’autres choses, mais tout cela flotte comme des volutes de fumées qu’il faut péniblement capturer. Alors qu’elle se remet en position assise, elle reprend son observation du Vod présent. Plusieurs pistolets blaster, un fusil, une matraque et quelque chose qui ressemble à un contrôleur de droïde. Il est assurément armé, mais dans la moyenne par rapport à la dangerosité des lieux.
Es-il un membre de la Hunter-Gen ? Runi en doute, car les gardes-chasses utilisent peu de droïdes dans la jungle, cette dernière limitant leur efficacité et accélérant leur dégradation. Un Mando’ad venu pour chasser ? il lui manque plusieurs éléments, et la membre du clan Bralor espère sincèrement que ce n’est pas le cas, car utiliser des droïdes pour chasser est sans doute le meilleur moyen d’en gâcher le plaisir.
S’il n’est pas là pour chasser, ni au service de la Hunter-Gen, quelles peuvent être ses motivations à être sur la Lune démon ? Un pèlerinage vers les ruines mandaloriennes ? ou un intérêt pour des lieux plus obscurs que tout bon Mando’ad devrait éviter ? Sans savoir son cycle de pensées, le Vod pris la parole :- Su’cuy Vod ! Je m’appelle Wyrim Oshindara ! Tu as faim ?
Il tendit à la chasseresse une viande mise sommairement en brochette. L’estomac de Runi grondait, alors elle s’en saisit doucement, mais elle identifia rapidement la viande en voyant sa consistance : du Cannok. C’était parfaitement mangeable, mais lorsqu’on a passé du temps sur la Lune à chasser ces bestioles, et qu’on a découvert parfois des grenades dans leur estomac, on se défie quelque peu à l’idée de manger une créature qui a pour mauvaise habitude d’ingérer n’importe quoi.
- Vor entye ! mais je vais éviter de prendre le risque d’éparpiller le contenu de mon estomac sur toi, Ner Vod ! répondit-elle sur un ton d’excuse tout en lui rendant la brochette.
Lorsqu’il tendit son bras, elle remarqua enfin un dernier symbole qui était resté obscurci jusqu’à présent. Un animal était représenté sur la Beskar’gam, visiblement un Bha’lir selon les souvenirs des récits de chasses de la jeunesse de Runi.
Une volute de fumée dans son esprit se condensa soudainement en un souvenir, et la Mandalorienne se raidit. Elle avait déjà vu ce Mando’ad, et récemment en plus. C’était celui d’une de ses visions. Mais il était alors dans l’espace mandalorien en compagnie d’autre Mando’ad qui ne lui inspiraient pas confiance. Que faisait-il ici à peine quelque heures (jours ?) après cet aperçu ? Avait-elle vu non pas le présent, mais le passé ? voire l’avenir ? il y avait à présent une multitude d’inconnues qui se manifestaient.
La Chasseresse se redressa et observa le Mando’ad d’un air méfiant, voire paranoïaque. Il n’avait pas l’air agressif, mais elle redoutait un piège, ou une manipulation de Sigantos. Pourtant, de ce dont elle se souvenait, sa vision n’avait pas été partagée par le Sith, du moins le croyait-elle. Et le Vod avait l’air dedans d’être quelqu’un d’inexpérimenté, mais de fiable contre les Darjetii. Quel choix fallait-il faire ?
La Mandalorienne se flagella mentalement pour la énième fois depuis le début de sa patrouille. Elle était tombée si bas qu’elle n’arrivait même plus à faire confiance à un Vod qui l’avait visiblement trouvée dans une situation délicate. Malgré ses promesses d’aller de l’avant, elle hésitait encore…Elle devait montrer qu’elle était forte… qu’elle pourrait le dominer de la tête et des épaules…
Non sans prudence, Runi prit la parole :
Je suis Runi, fille de Vergon du clan Bralor. J’ignorais qu’un autre Vod était également en mission dans le secteur. Je devais baliser un sentier pour la Hunter-Gen, mais je crois que j’ai surestimé mes forces. Heureusement que tu étais de passage, j’aurai autrement fini dans l’estomac d’un Drexl. La Hunter-Gen t’a envoyé à ma recherche ?
Runi se doutait que ce n’était probablement pas le cas. Normalement, la Lune Démon était sous accès restreint et strictement contrôlée par la milice d’Ondéron. Mais après la crise, les miliciens peinaient encore à organiser le chaos sur la planète, laissant le loisir à des étrangers de venir sans droit sur la lune, que ce soit pour le meilleur, comme lorsque Runi venait avec son père pour chasser, ou le pire, comme les brigands rencontrés dans la tombe. Restait à savoir à quelle catégorie appartenait ce dénommé Oshindara.
-Petite épreuve métaphysique en attendant le retour de Runi.