Dans sa tour d'ivoire
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Post n°3
Auteur : Erys TalmarkA peine l’holotransmission terminée et envoyée que mon générateur d’hologramme sonne à nouveau. L’expéditeur me fait sourire. Ce n’était pas si souvent que ça arrivait, ces derniers temps, et il fallait bien le dire, j’avais de bonnes raisons. Ce retour sur cette planète à moitié crevée avait beau me déprimer au possible, il n’en reste pas moins que j’en ai la charge, maintenant. Et quitte à être là et profiter des beaux quartiers de l’ancien gouverneur sans que la République ne dise quoi que ce soit, autant faire du ménage. Nyméia a l’air fatiguée, elle aussi. Des poches sous les yeux, les lekkus qui tombent un peu, et une voix tellement lasse qu’elle endormirait un Transdoshan sous bâton de la mort.
Attends, laisse-moi faire. T’as géré toute la mission, il est temps que tu te reposes, toi aussi. T’en fais pas, si c’est la merde, on fera en sorte que tu sois des nôtres. Allez, dors bien !
Je cligne des yeux, une fois, deux fois. On croirait que je papillonne, mais non, c’est juste que j’ajuste ma vision. Je porte ma main à mes yeux et les frotte un long moment. Ca fait longtemps que je n’étais pas sortie et ça me manquait un peu, mais vu que c’est Erys qui se la donne à chaque fois, ce serait dommage de ne pas la laisser faire. C’est vrai qu’il serait temps que je m’y mette moi aussi. Ca serait rigolo de réussir à changer entre nous deux en plein combat, je suis sûre que ça mettrait plein de monde dans le mal, surtout que les gugusses qu’on rencontre ont plein de bottes secrètes eux aussi ! Ca ferait de moi une héroïne avec plein de visages ! Et j’ai plein d’images en tête, il y avait ces types avec des doubles lames, ils étaient trop trop classes ! Enfin, bref, je m’égare…
-Salut Nyméia. Tu m’as manquée, t’en fais pas, je reviens vite !
-Bonjour Erys… Désolée de t’alpaguer aussi vite, mais quand j’ai su que tu t’étais posée, je me suis dit qu’il fallait que je te contacte en urgence. T’es pas partie bien longtemps, mais y’a des choses dont on doit parler.
-Les mêmes choses qui font que tu as l’air toute fatiguée ?
Les yeux de Nyméia s’écarquillent un peu, et elle ne répond pas pendant un moment. On dirait qu’elle vient de prendre un coup de taser et qu’elle n’arrive pas à comprendre ce que j’ai dit. C’est si bizarre que ça de m’occuper d’elle ? Je crois que je me rends pas compte.
-Allô ?
-Oui, oui… Enfin, pas que. C’est toujours autant la merde, ici, Erys. Personne n’a confiance en personne, le gouverneur a disparu, personne ne reprend le flambeau, il va falloir qu’on s’organise pour que tu deviennes une figure officielle sans pour autant montrer qu’Arkinnea est toujours à peu près républicaine… Et ça me trotte dans la tête.
-Et tu as réfléchi à tout ça pendant mon absence ?
-La piste du Leader se rafraîchit un peu plus chaque jour, je commence à me dire qu’on le trouvera jamais, et qu’il faut aller de l’avant…
-Et aller de l’avant, pour toi, c’est me porter au pouvoir officiellement ?
-Qui d’autre ?
Je laisse la question en suspens. C’est pas totalement dénué de sens ni de propos, et en même temps, je me demande bien ce que moi, pauvre gamine de Chandrila, je pourrais bien apporter à une planète aussi… paumée. Cela dit, elle est aussi paumée que moi. Et à force de voyager, j’ai l’impression que tout le monde est paumé dans sa vie, et n’attend que d’avoir une direction.
-Erys ?
-Donc, tu veux que je prenne réellement le pouvoir… Et je fais comment ?
-En t’imposant… Tu as une voix, un charisme que personne n’a. Et avec juste une idée directrice, quelque chose où chacun peut se retrouver, ils te suivront.
-Et c’est quoi cette idée lumineuse ?
-Ca, c’est à toi de trouver... -
Post n°4
Auteur : Erys TalmarkA moi de trouver, à moi de trouver… Elle est bien bonne celle-là ! Je dirais même plus, elle est carrément bizarre ! Depuis quand c’est à moi de trouver des idées pour qu’une planète se bouge la nouille ? Mais enfin, ça n’a pas de sens, je suis dans l’armée, moi ! Pas une politicarde qui décide de ce qui se passe sur une planète ! Surtout une planète comme celle-là où rien ne se passe hormis… Hormis quoi, en fait ? Hormis rien du tout. Parce que tout ce qui arrive ici n’a qu’un objectif, repartir. Et comment on donne envie aux gens de rester quand on a ni argent, ni attraction ? Après, c’est peut-être pour le mieux… Cela dit, il faudrait peut-être commencer par ça, non ? Contrôler ceux qui arrivent. Savoir qui veut rester, qui veut repartir. Bon, on est pas obligés de foutre tout ça dans des parcages, mais allez savoir…
Mon regard se porte sur les vastes plaines devant moi. Les fesses plantées sur le capot de mon speeder, je n’ai que ça comme paysage à me foutre sous la dent. Des énormes étendues vertes, des cours d’eau, des forêts, et pas grand-chose d’autre. Ca et là, quelques nerfs sauvages, et c’est à peu près tout ce qu’on peut avoir. Hormis la population massée autour de l’astroport, cette planète est juste vide d’intérêt. Quelques centaines de milliers d’âmes, peut-être un million, une milice pourrie et aux ordres qu’il faudrait redresser, des réfugiés prêts à tout cramer tellement ils sont désespérés ? C’est ça, le principal souci. Calmer tout ça. Et pas juste avec des paroles. Sur Chandrila, on était plutôt des fermiers ou des politiciens… Oui, je sais, ça fait pas dingue dit comme ça. Mais comment on se démarque, en fait ? Cela dit, je pourrais demander à Froome quelques ressources. De la nourriture, déjà, en quantité suffisante. Et après, il faudrait bien développer une économie. Ou devenir auto-suffisants ?
Ca fait beaucoup à penser. Et en plus, rien que l’idée de leur dire qu’ils vont recevoir une aide de la République risque de les mettre en rogne, ces couillons. La plupart sont là justement parce qu’ils fuient les grands ensembles politiques, et je vais certainement pas gagner leur sympathie en leur annonçant que c’est la Rép’ qui les finance. Du coup, ben… je sais pas trop quoi faire, moi… Leur dire que je reprends la milice en main et qu’on arrête les conneries, peut-être ? Ce serait un début. Et puis, on pourrait donner des parcelles de terrains, vu la planète et les habitants… Essayer de collectiviser les efforts, aussi, plutôt que de s’emmerder à se tirer dans les pattes ? Après, tout le monde peut pas être fermier, mais au moins participer. Genre tu bosses, du coup t’as le droit de manger et de dormir au chaud. Rien que ça, d’autres en rêvent…
Finalement, je laisse ça de côté. J’ai envie de profiter d’un moment calme, et pas de réfléchir. Les autres font ça mieux que moi, de toute façon. Là, j’ai juste besoin de déconnecter. Alors je remonte dans mon speeder. Et pour une fois, je ne vais pas à toute berzingue. En fait, j’ai l’intention de me perdre un peu au milieu de toute cette verdure. Ca me rappelle un peu Chandrila, avant… Avant tout en fait. Avant que je ne devienne quelqu’un. C’est fatiguant d’être quelqu’un. C’est plus facile d’être un anonyme qui va naître, grandir, mourir sans rien faire de notable dans la Galaxie. J’imagine même pas comment les autres, au dessus, doivent se sentir. Sans doute avec un melon à se faire péter la pastèque, en fait…
Bah. Oublions ça. Venez, on prend un moment de silence. On apprécie le calme.
Le silence.
Enfin. -
Post n°5
Auteur : Erys TalmarkC’est reposant de voler comme ça. Le vrombissement du moteur est atténué, masqué par le son du vent dans mes oreilles, et l’absence d’itinéraire prédéfini et d’obstacles me laisse tranquille pour continuer. Je crois que j’ai perdu la notion du temps, mais est-ce que c’est si grave que ça ? Tant que je suis rentrée pour la nuit, personne ne s’en inquiétera. Et même si c’est le cas, il ferait beau voir que quelqu’un me le reproche, j’ai passé l’âge d’être considérée comme une gamine. Et puis, on a tous besoin d’un moment de calme, de se vider la tête, peinard têtard. C’est sûr que pour certains, c’est plus simple que d’autres, vu le vide intersidéral entre leurs oreilles, mais bon, c’est pas la question, je crois.
Je crois que je ne vous ai jamais parlé vraiment d’Arkinnea, alors que j’ai fait quelques recherches. De base, c’est vraiment pas la planète intéressante. Dans les archives Holonet, elle est à peine mentionnée comme une planète de passage, une zone de transfert qui permet d’échapper un temps à certaines autorités… Quand on se fait pas détrousser. De ce que j’ai compris, cette manie de balancer des gens dans le vide depuis un vaisseau n’est pas neuve, dans les rangs de la milice (faites moi penser à les désosser), après les avoir détroussés. Encore une méthode courageuse de faire son œuvre, tiens. Même pas fichus de les regarder dans les yeux. Mais à part ça, il n’y a pas grand-chose. L’astroport principal, qui n’a même pas de nom, est situé sur la ceinture équatoriale, là où c’est le plus simple de le poser. Sinon, le reste de l’astre n’est pas vraiment habitée. Il y a une faune locales, mais majoritairement du bétail sauvage, et des grandes forêts sans vraiment d’intérêt. Et voilà, ça s’arrête là. En d’autres termes, c’est pratiquement le point zéro.
Et clairement, je suis pas du tout la plus adaptée pour mener une politique intelligente. Mais je ne connais personne capable de me guider, alors il va falloir que je réfléchisse par moi-même. Trouver ceux qui travaillent, ceux qui ne trichent pas, savoir ce qu’ils en pensent. Je l’avais déjà dit, j’aimerais qu’on soit auto-suffisants déjà, mais ça implique beaucoup de changements… Et en premier chef, qu’ils arrêtent d’être des réfugiés pour véritablement s’établir ici. Donc faut qu’ils se sentent à l’aise. Faut qu’ils aient envie de rester. Mais quel bordel… Quelle misère.
J’aurais pu être à leur place, mais maintenant, j’ai le pouvoir de changer les choses… Et je ne sais absolument pas par où commencer. C’est extrêmement désagréable comme sensation…
Erys… Erys, ma chère Erys, ce que tu ne comprends pas, c’est que peu importe la décision que tu prendras, ils n’auront pas le choix que de te suivre, parce que sans toi, il ne leur reste absolument rien, c’est une certitude absolue. Et si ils ne sont pas d’accord, alors à eux aussi on leur règlera leur cas, mais je t’assure que tout ira bien. Ils suivront la voix de l’espoir, et tout ce que tu leur diras, je m’en assurerai.
…
J’ai encore perdu le fil du temps. J’arrête mon speeder un moment. J’ai encore pas mal de chemin à parcourir, mais je crois qu’il va être temps de revenir à la réalité. Une réalité qui est moins drôle, certes, mais plus proche de ce que je sais faire. J’aurais encore pas mal de bornes à faire, je vois la lisière des forêts du nord de la planète au devant de moi. Je crois que j’aimerais m’y enfoncer, histoire de me laisser du temps, mais je pense qu’on va commencer tranquillement par rentrer et faire un sac pour ça. C’est presque à contre-coeur que je fais demi-tour. Presque, parce qu’il y a Nyméia, au bout de la route...
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Post n°6
Auteur : Erys TalmarkJe crois que si on m’avait dit, la première fois que j’ai mis le pied sur cette foutue planète, que je serais CONTENTE de revenir, je ne l’aurais pas cru, et je me serais foutu de la tronche de celui qui m’aurait balancé une telle énormité. Mais maintenant que je me gare en bas de la tour du Gouverneur, je suis bien forcée de l’admettre, j’attendais de revenir avec une certaine impatience. C’est que je commence à m’y faire. Comme d’habitude, les gens ici ont l’air de fantômes plus qu’autre chose, des gens qui travaillent pour un salaire qu’ils ne pourront jamais réellement utiliser, puisque tout est misérable, ici. Du coup, personne ne fait vraiment attention à moi, un petit coup d’œil en passant et je suis oubliée aussi sec. C’est pratique… Et aussi un peu vexant, en fait, je pensais être inoubliable. Non oubliez ça, je SUIS inoubliable, c’est juste eux qui déconnent à plein régime.
Enfin, bref. A peine arrivée dans le bureau, je me fais immédiatement tacler par une forme violette qui me saute presque à la tronche. Les bras de Nyméia se referment sur mes épaules et par réflexe, je la soutiens à la taille. Ca n’a aucun sens, et je manque de me casser la gueule dans l’ascenseur. Elle est belle, la Grande Armée Républicaine, tiens… Mais je n’ai même pas le temps de lui faire la remarque qu’elle m’agresse directement les tympans de sa voix aiguë. Oui, elle m’a manqué, mais ce n’est pas une raison pour lui dire, merde !
-J’ai cru que tu allais y rester ! Pourquoi tu as pris autant de temps ?
-Parce que j’étais en mission et que ça ne s’est pas fini aussi facilement que prévu ? Rah, lâche moi, c’est pas comme ça qu’on se comporte avec un supérieur !
-Oui, ben ici, je le fais quand même !
Qu’est ce que vous voulez que je réponde à ce genre de choses, en fait ? Rien, y’a rien à répondre, de toute façon, elle est insubordonnée depuis le début. Comment ça, elle suit mon exemple ? Pas d’accord, pas avec tout le monde en tout cas ! Et puis, je suis pas insubordonnée, je suis réaliste et convaincante… Et puis merde. De toute façon, je ne peux pas réfléchir quand elle est là, il suffit que je croise ses yeux pour oublier pourquoi elle m’énerve, pourquoi elle m’agace, et pourquoi je trouve qu’elle ne sert à rien. Mais je crois que je m’en fous, finalement, de ça. Et que ça me fait du bien d’avoir quelqu’un qui est heureux de me voir, juste pour moi…
-Il était temps que tu rentres, en tout cas. Depuis la révolte et le ménage que tu as fait, il n’y a tellement plus rien qui se passe que les gens commencent à se poser des questions. Du coup, j’ai organisé une séquence vidéo où tu pourras te présenter comme leur sauveuse et ce que tu comptes faire pour eux !
-T’es pas sérieuse ? Dis-moi que t’es pas sérieuse.
-Totalement sérieuse. Je compte pas crever ici parce qu’on a rien fait, c’est mieux que Ryloth, mais toujours pas suffisant pour m’encourager à canner. Du coup, t’as plutôt intérêt à trouver quelque chose.
Je la dévisage longuement. Saloperie. Ca y est, je la déteste à nouveau, et je croise encore ses yeux qui me disent de ne pas la haïr. En même temps, c’est pour ça qu’elle est venue, non ? Me suppléer, faire en sorte de faciliter mon travail… Mais de là à me pousser sous les roues d’un train en marche, je ne suis pas certaine que c’était bien nécessaire. Je me passe une main dans les cheveux en allant m’asseoir à mon bureau, suivie par Nyméia qui pose une fesse sur le coin en bois.
-J’ai eu plusieurs idées, mais je ne sais pas laquelle est la meilleure. Arkinnea est une terre sauvage. Terre d’accueil, d’accord, mais elle reste sauvage, et elle n’a rien à offrir. Si les gens veulent de la richesse, il va falloir travailler dur. En fait, même pour manger et être autosuffisants, il va falloir travailler dur. Je peux continuer à demander des convois de ravitaillement, mais ça reste une aide dont on sera tributaire. Du coup, je voulais proposer une collectivisation. Agriculture, bétail, tout ce qu’on peut trouver. Avec des maîtres d’œuvre. Et l’obligation pour ceux qui accostent d’avoir une utilité.
Je sens le regard de Nyméia qui me jauge, alors qu’elle finit par acquiescer. En même temps, ce n’est pas vraiment elle que je pense avoir du mal à convaincre, puisqu’elle est toujours plus ou moins d’accord avec moi. Le fait que je sois moi-même à moitié convaincue n’aide pas trop non plus. Je finis par tirer une feuille de papier.
-Aide-moi à coucher ça à l’écrit. -
Post n°7
Auteur : Super PNJGarde Républicaine
Bureau du Chevalier Froome
Depuis son bureau sur Coruscant, Topher Froome lisait les derniers rapport d'activité de la Garde Républicaine, le recrutement continuait dans tous les systèmes: Miele et son acolyte droid, FEG_99, traversaient la galaxie pour former des postulants tandis que de son coté Jack Two Light collaborait toujours avec la milice locale sur Alderaan.
C'est alors qu'il reçu un message provenant d'Arkinnea, message qui ne pouvait que provenir d'Erys bien entendu, celle ci lui confirmait la réussite de l'opération contre les pirates et effectivement, il avait également reçu une note de l'amiral Dugan confirmant aucune perte au sein de l'escadron lumineux et la neutralisation du groupe Prodigy.
Ce qui inquiétait plus le chevalier en ce moment était l'absence de compte rendu venant de l'opération en cours sur Kuat, un silence qui n'augurait rien de bon.
Il se concentra toutefois sur le message; Ainsi Erys avait encore et toujours des questions à poser, comme c'était étonnant...Il enregistra une réponse qui passerait par un canal crypté.Erys, toutes mes félicitations pour l'opération Prodigy, j'ai reçu effectivement des compliments de l'état major concernant l'escadron.
Si tu as des questions à poser, je t'invite à me rencontrer sur Coruscant ou j'essaierai de t'apporter des réponses.
Chevalier Froome
Topher éteignit son datapad et posa son menton dans ses mains, se demandant ce que pouvait bien lui vouloir encore cette jeune femme?'La lumière n'abandonne jamais!'Spoiler
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Post n°8
Auteur : Erys TalmarkJ’ai à peine le temps de commencer à rédiger ces foutues idées censées révolutionner Arkinnea que je relève la tête au bruit de mon transmetteur qui m’indique l’arrivée d’un message sur canal privé. Et puisque je n’attends de nouvelles que d’une personne, l’avantage, c’est que je ne suis pas déçue. De là à dire que je suis parfaitement enjouée, il y a un monde, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais tout de même… Bref. Comme d’habitude avec Froome, c’est concis et sans aucune fioriture, j’irais même jusqu’à dire qu’on se fait un peu %$!# avec ses réponses monolithiques inintéressantes. Surtout qu’il ne prend pas la peine de creuser. Encore une fois, je me frotte les yeux, avant de regarder Nymeia.
-Il va falloir que je retourne sur Coruscant. Tu crois qu’on en a encore pour longtemps ?
La mine déconfite de la Twi’Lek me fait dire qu’elle n’apprécie pas tellement que je m’envole à nouveau, mais merde, je suis Garde Républicaine, moi, pas juste une tocarde qui attend que ça se passe. C’est qui le chef, ici ?
-Quelques heures, à tout casser… Le temps de valider puis d’enregistrer, je me chargerai de la transmission auprès de la population… Mais tu es sûre de vouloir partir si vite ?
-Ben, oui. C’est pas comme si j’étais absolument indispensable ici, le temps de recevoir les retours de candidature, les messages et les propositions, on en a pour quelques jours. Tu pourras compiler tout ça en attendant que je revienne.
-Mais je… Ok.
Nyméia ne dit plus rien. Et elle ne dira plus rien jusqu’à ce qu’on finisse notre travail. Quand je le relis, j’en suis plutôt fière, en fait. Ca change, ça fait quelque chose de créer quelque chose par moi-même…
« Habitants d’Arkinnea,Vous ne me connaissez pas, rien de plus normal, mais je suis celle qui a chassé le Commandant Despher, celui qui agitait Arkinnea la nuit tout en vous maltraitant de jour. Je ne vous demande pas de me croire, simplement de constater : j’aurais pu rester dans l’ombre, profiter de la situation. Je ne le souhaite pas. Cette planète, votre planète, notre planète, est un îlot qu’il nous faut protéger, mais que nous devons commencer à appeler « chez nous ». Je sais que beaucoup d’entre vous sont des réfugiés, que vous attendez de partir, d’avoir une vie meilleure dans un autre endroit. Mais je vous propose une alternative. Celle de construire ce monde pour nous. Celle de détenir le pouvoir de le faire. J’en appelle à vous, à tous. Peut-être que nous n’y arriverons pas, que nous aurons des difficultés. Mais je crois fermement à une réussite. Je crois à notre capacité.J’en appelle à vous tous, à vos compétences. Que chacun trouve sa place et son utilité dans une société qui nous regroupera, en bonne intelligence. Que chacun, selon ses capacités et connaissances, soit à même de participer à cette édification. Adressez vous à la tour d’ivoire. Exposez vos capacités. Nous vous attendons. Nous comptons sur vous. »
L’enregistrement prend à peine deux prises. Et heureusement, je n’ai plus de salive. Mais je suis contente, je suis même… fière ? Et ça change beaucoup de choses. Je crois que ça s’entend dans ma voix. D’ailleurs, je me sens sur mon petit nuage. Du coin de l’œil, je capte le regard de Nymeia sur moi. Quand je la rejoins, c’est avec un sourire, pour une fois.
-Alors ? Qu’est ce que tu en penses ?
-C’est… Pas mal. On verra ce que ça donne, du coup, même si…
Je ne lui laisse pas le temps de me répondre. C’était purement pour lui adresser la parole. Je prends doucement sa main, ce qui a l’air de l’arrêter d’un coup, alors qu’elle me regarde, incrédule. Doucement, je la porte à mes lèvres et j’en embrasse la paume. Une promesse.
-Je reviens vite, Nyméia. Et cette fois, je resterai plus que quelques heures. -
Post n°9
Auteur : Erys TalmarkUne fois de plus, le trajet retour me paraît excessivement long. Mais je crois que c’est aussi parce que j’ai douze mille interrogations qui trottent dans ma tête. Et sans doute un peu de déception. Est-ce que j’espérais vraiment tirer quelque chose de Froome, finalement ? Un compliment, peut-être ? Ou un encouragement. Mais non, au lieu de tout ça, je me retrouve avec encore plus de questions qu’avant, et une vague promesse d’évolution à venir. Tout ça ne me dit rien, et me fait avancer encore plus dans le brouillard, au point que je suis à deux doigts de foirer mon atterrissage. Même posée au sol, j’attends encore quelques minutes avant de descendre. Au moins, j’ai obtenu des pièces pour l’autre sabre-laser, l’autre moi. On dira que c’est une première victoire.
J’essaye de chasser toutes ces idées en rejoignant Nyméia, mais je crois qu’elle voit à ma tête que je n’ai pas vraiment la tête à ça. Lorsque je commence à lui expliquer ce qui s’est passé sur Coruscant, elle pose l’index sur mes lèvres, ce qui me fait soupirer. De dépit. De soulagement aussi. Le simple contact de la peau violette sur la mienne me fait réaliser que je suis de nouveau sur Arkinnea. C’est comme si… Je le savais sans y croire. Une sensation que je ne comprends pas vraiment, encore une. Je suis fatiguée, je crois. Encore une fois. Et lasse, aussi. Encore. Je la regarde finalement dans les yeux et elle me sourit avant de graver quelques mots dans mon esprit.
-Ca peut attendre demain.
Elle m’a laissée dans le brouillard, échangeant la brume de mes pensées pour celle plus visible de la vapeur d’eau. Je crois qu’elle était encore là, parce que je sens toujours ses doigts fins et la paume de ses mains sur ma peau. J’ai perdu la notion du temps, de l’espace, des responsabilités. Et pour cette fois, je laisse faire, je n’essaye pas de me rattraper à des branches. Peut-être parce qu’il y a Nyméia justement. J’entends encore sa voix, sans comprendre ce qu’elle me chuchote à l’oreille. Ses lèvres bougent, mais aucun son ne m’est intelligible. Alors c’est plus simple de se laisser aller, de laisser le brouillard devenir l’obscurité, et l’obscurité devenir la nuit. Et puis, plus rien.
Je me suis réveillée avec une impression de gueule de bois terrible, mais je suis quasiment sûre de ne rien avoir bu. Et en plus, je suis dans mon lit, les couvertures dans tous les sens et un coussin dans les bras. Attendez… Non, je n’ai pas mes fringues non plus. Par contre, j’ai les yeux qui collent et la pâteuse, c’est affreux. Je mets un temps infini à sortir du lit pour me diriger vers la salle de bains. Mes jambes tirent comme si j’avais couru pendant des heures, mes pieds me font mal pire que si j’avais gardé mon uniforme… Et bordel, j’aurais mieux fait de ne pas regarder le miroir. Une chevelure digne des chanteurs les plus extravagants… Boarf, je me peignerais plus tard. C’est alors que j’entends du mouvement derrière moi.
-Erys… Déjà debout ?
La voix endormie est tout à fait reconnaissable en plus d’être du miel à mes oreilles. Vous savez quoi ? Je crois que vous pourrez passer la matinée sans moi. Sans attendre, je retourne me coucher près de la Twi’Lek violette. Le reste ? On verra tout à l’heure. Ou demain.
Et demain est arrivé, bien trop vite à mon goût. Je suis sur mon petit nuage, mais cette fois, il n’y a pas de brouillard. Je me rappelle ce que je suis revenue faire ici, et ce que je dois faire maintenant. Mettre en place la suite des événements, puis Jakku. Je rassemble les quelques personnes qui ont l’air de s’occuper d’Arkinnea. Aster, Nyméia et Shayn’a me regardent tous en attendant que je m’exprime.
-Je vais être brève. La menace du Leader est écartée, au moins provisoirement. Shayn’a, ça veut dire que la résistance sur Arkinnea doit absolument se calmer.
-Ca a déjà commencé. Le message diffusé il y a quelques jours a eu un effet… détonnant, je ne m’y attendais pas. Ca a calmé tout le monde, et on a eu plusieurs nuits sans émeutes, ça faisait longtemps. Mais je vais continuer de travailler auprès des cellules.
-Rappelle-leur que cette planète est aussi la leur, et qu’ils sont attendus dans l’effort collectif. A ce sujet, j’ai pu m’entretenir avec un représentant de la République, nous allons demander leur aide. Ca nous permettra de ne pas vivre sur des denrées ou du matériel inexistant, ce qui est un bon début. Aster, c’est vous qui vous occuperez d’organiser les distributions. Dans le calme. Tickets de rationnement si il faut, annonces, livraisons à domicile, peu importe.
-Je dirige… !
-Rien du tout. Vous êtes un milicien qui a choisi de se planquer pendant que les émeutes sévissaient. Et maintenant que je suis là, si vous préférez rester planqué, je vous renvoie à la vie civile. Vous préférez ne rien faire, ou participer et regagner des lettres de noblesse ?
Je vois à sa tronche qu’il trouve ça injuste, et je ne peux pas vraiment lui donner tort, et en même temps, sa tête m’énerve. Mais il se tait et finit par hocher de la tête. Ca c’est de l’autorité ou je ne m’y connais pas.
-Bien. Je vais rédiger moi-même le plan d’action à l’intention du Sénat et de leur commission des comptes. Je vous communiquerai les résultats dès que possible. Dans l’intervalle, Nyméia et moi allons devoir nous absenter, nous avons à faire. Rompez.
La suite est forcément moins réjouissante. Un long plan d’action, détaillé, que je ne peux pas vraiment dévoiler à qui que ce soit hormis Nyméia. Ce sera sans doute long, mais à terme, je l’espère vraiment fructueux, pour tout le monde.
Etape 1 : Fournir à Arkinnea le strict nécessaire. Nourriture, vêtements, matériel de soins. Eviter la dépendance. Dans le même temps, Arkinnea se développera pour compenser ses manques.
Etape 2 : Permettre à Arkinnea d’accueillir des réfugiés républicains. Mondes en guerre, dévastés, nécessité de trouver du personnel compétent.
Etape 3 : Développer l’agronomie et les cultures. Arkinnea reste un monde vaste et grandement inexploité. Le but n’est pas d’en faire un monde industriel, mais un monde-refuge, capable d’évoluer seul et en marge de la République au départ.
Etape 4 : A l’auto-suffisance, demander l’intégration au giron républicain. Tout d’abord par un protectorat, puis l’intégration d’un Sénateur. -
Post n°10
Auteur : Erys TalmarkLa réponse était arrivée bien plus vite que je ne l’avais envisagée. Je dois dire que j’en ai été particulièrement surprise, je pensais que ça traînerait des mois sur un bureau quelconque, mais il faut croire que pour certaines affaires, la République était capable de se bouger sacrément l’arrière-train. Le message était bref et émanait d’une Générale inconnue à mes yeux, mais en même temps, qui suis-je pour vous parler politique et hiérarchie alors que j’ai déjà du mal avec les miennes ? Et puis, entre nous, je m’en contrefous complètement. En tout cas, je m’en contrefoutais. Parce qu’après, mes yeux se sont posés sur la réponse. Des tonnes de rations, des combinaisons recyclées et des droïdes utilitaires ?
Je crois que le datapad est tombé de mes mains et s’est fendu sur le sol à ce moment-là, c’est un peu trouble. Heureusement que j’étais toute seule, parce que je crois qu’on m’aurait prise pour une timbrée. Enfin, un peu plus qu’avant, quoi. Si c’est possible, j’en sais rien. C’est tellement plus que ce que j’espérais, moi qui m’attendait à un premier refus et ensuite à devoir aller négocier. Mais non, les commissions républicaines m’accordaient une aide nettement supérieure à ce que j’escomptais. Et au final, j’avais largement plus que nécessaire pour commencer. C’était absolument parfait. Ca allait donner le top départ pour cette première étape.
Je fais venir Nyméia qui, comme toujours, débaroule en quatrième vitesse, et je lui tends le datapad. Je la vois froncer les sourcils, montrer son étonnement, puis laisser échapper un petit rire avant de me rendre la tablette.
-Tu as du être sacrément convaincante avec ton plan, Erys. C’est exactement ce qu’il nous fallait.
-Je ne m’attendais pas à un soutien mécanisé immédiat, c’est une révolution pour Arkinnea. Mais ça veut aussi dire qu’il faudra que nous marchions sur des œufs, la population n’est pas encore prête à entendre parler de République. Laissons les curieux se poser des questions, et grimons ça sous l’aide humanitaire galactique.
-C’est toi le chef, chef. Comment on s’organise ?
-Commence à faire créer des équipes. Il faut des gens de confiance et des encadrants pour s’assurer que ça ne parte pas directement dans les poches du premier venu. Quadrille le terrain des camps et des maisons de réfugiés, recense la population, et affecte la nourriture en conséquence. Ca nous donnera l’occasion de commencer à rassembler les différents corps de métier.
-Et toi ?
-Moi, j’ai du travail ailleurs. Je compte sur toi pour mener ça à bien. Je reste disponible par holo, au besoin.
Elle me salue et repart. Je n’ai pas menti, j’ai pas mal de travail. Sauf que je ne sais pas lequel. A part que c’est sur une planète-décharge nommée Jakku… Bah, je verrai bien quand j’y serai. -
Post n°11
Auteur : Erys TalmarkAvant-propos.
Quand je me réveille, le soleil est déjà haut. Pas chaud, puisque c’est la fin de l’hiver sur Arkinnea, mais haut. Ca veut dire que j’ai loupé le réveil et pas qu’un peu. Mais j’aurais été inutile de toute façon, je sens que j’ai la tête dans un bocal, et les yeux qui collent. Pourtant, cette fois, j’ai rien picolé, ce qui est normalement ce qui me donne tout ces symptômes-là. Bref, je suis dans le pâté, et même la couverture pèse une tonne dans ce plumard qui m’a l’air bien trop vaste pour que j’envisage un jour d’en sortir. J’essaye de me rappeler ce que j’ai fait la veille : rien ne me vient. Donc soit je suis atteinte d’une amnésie partielle, soit ma vie en dehors de la gouvernance et de la Garde est des plus déprimantes. Et malheureusement, je penche pour la deuxième option. Nyméia n’est pas revenue, Shayn’a non plus, elles ont du boulot, faut dire.
Alors que je laisse tranquillement mon esprit émerger, des pensées me viennent, succinctement. La mission de Jakku. Pas un franc succès, mais pas un échec non plus. Je ne suis pas sûre d’entendre quoi que ce soit revenir à mes oreilles que ce soit maintenant ou plus tard. Le SSR doit être sur les dents avec l’arrivée de l’Eglise de Force, et vu la piètre opinion qu’ils ont de la Garde, ils ne vont pas la solliciter dans l’immédiat. Enfin, ça, c’est dans mon esprit. Froome non plus ne m’a pas encore contactée. Ca viendra quand ça viendra, mais de ce que j’ai compris, va falloir que je me débrouille. Et Arkinnea. V’la qu’un Amiral s’est pointé pour donner des conseils. Tout ce que j’ai retenu, là encore, c’est que je devais me démerder avec ce que la République me donne. Rien de gagné. Il faudra que j’aille voir par moi-même.
Quand je me redresse, j’ai perdu le fil du temps. Je ne l’avais déjà pas beaucoup, mais c’est pire. Voilà le mal de crâne qui s’installe, le même qui me faisait grincer des dents et plaquer mes poings sur mes tempes. Le même qui était si douloureux, et que je ne comprenais pas à l’époque. Il aurait fallu comprendre, à l’époque, que j’étais sujette à une dissociation d’identité. Personne n’aurait pu comprendre, puisqu’il aurait fallu me connaître, en fait. Et personne ne l’a jamais voulu. Même maintenant. Nyméia, Shayn’a, Aster, tous obéissent parce qu’ils ont peur, ou parce que j’ai le grade. Rien d’autre. Pas de barrières autre que mon imagination, pas de garde-fous. Est-ce que c’est pour ça que j’ai tué Todé ? Je ne sais pas. C’était sous le coup de l’impulsion. J’ai eu… envie de le tuer.
De l’eau. Fraîche. C’est de ça dont j’ai besoin. Je me traîne lentement jusqu’à la salle de bains et je me penche sur la vasque pour m’asperger le visage avant de le relever sur le miroir. Toujours la même tête. Toujours belle, toujours fatiguée, comme si la misère du monde s’écrasait sur mes épaules. Ce qui, techniquement, n’est pas si faux, sur Arkinnea. Mais on verra plus tard. Pour l’instant… J’aimerais bien comprendre comment gérer ma propre tête. Je sais qui je suis. Je suis l’alter dominante. La nouvelle alter dominante, celle qui a du gérer les traumatismes, les agressions et les saloperies de Chandrila. Au fond de mon cerveau, il y a l’autre. L’autre Erys. L’Enfant. Celle qui a peur, celle qui se débat comme elle peut, celle que j’accompagne et que je protège. Celle à qui je dois apprendre à se défendre. Quelque part, dans mes affaires, il y a les pièces pour un nouveau sabre, mais elle n’a pas encore eu l’envie de s’y mettre. Pourtant, il faudra bien. Celui qui bat à ma ceinture, c’est le mien. Créé pour moi, par moi. Pour mon style. Mais elle ne s’est pas manifestée depuis que j’ai repris les commandes. Pas de demande. Pas de bizarrerie. Pas de reprise de contrôle. La cohabitation est de plus en plus simple. Parce qu’il y en a de moins en moins. Même là, alors que je pense à elle, rien ne vient.
Je me détourne de ce @£!&% de miroir qui me renvoie à la @£!&% de vacuité de ma @£!&% d’existence pour retourner m’asseoir sur mon @£!&% de lit. @£!&%. Techniquement, je l’ai été, @£!&%. Sacré trajet hein ? Ouais. Même moi j’ai du mal à tout remettre en ordre. Des bas-fonds de Coruscant jusqu’à la Garde. A trouver des pouvoirs. A essayer de piger qui je suis. Et je crois que ça, je suis pas prête de le trouver. Parce que c’est pas si important. Alors que piger ce que je peux être, ça m’intéresse déjà un peu plus. Garde, gouverneur, et après ? Et après, bah… Je sais pas. Faudra que je me pose. Que je pense. Ca a jamais trop été mon fort, de penser, mais maintenant, je n’ai plus le choix. Et c’est pas facile avec cette migraine qui me scie le crâne.
En me rasseyant, je relance mon diffuseur d’hologrammes. Je prends les quelques nouvelles qui viennent, et j’en enregistre la majeure partie. Rien de neuf sous le soleil. Les distributions continuent et les gens ont l’air contents. Parfait. Enfin, parfait, bon début, quoi. Première phase, en cours. Rendre les gens capables de travailler. Quant à se battre pour cette planète… On verra quand on y sera. Depuis mon lit, je me demande ce que j’aurais fait dans cette situation, si on m’avait filé à manger à boire alors que je crevais la gueule ouverte. Me connaissant, j’aurais sûrement voulu avoir plus, alors pourquoi ils seraient différents ? Ils le sont pas. Pour certains, ils sont même pires. Il va falloir se pencher sur le sujet. Créer une milice, un bureau de surveillance. S’assurer que personne ne manque de rien. Que personne n’ait à voler à nouveau. Drôle d’idéal, même pour moi. Mais si on veut être tranquilles, c’est le prix à payer. Je me note sur un papier d’en parler. Il va falloir que je réunisse un genre de Conseil. J’adore m’écouter parler… Mais pas dit qu’ils soient tous d’accord avec moi, du coup. -
Post n°12
Auteur : Erys TalmarkJe tambourine des doigts sur la vaste table autour de laquelle j’ai rassemblé les quelques personnes que je connais sur Arkinnea. Une belle idée de merde, tiens, j’aurais mieux fait de me casser une jambe, plutôt que de l’ouvrir. Je me déteste déjà. A ma droite, Nyméia est plutôt silencieuse, elle m’a juste fait passer un datapad contenant toutes les données rassemblées… Flemme. A ma gauche, Shayn’a est là, mais elle n’a pas prononcé un mot non plus. Faudrait pouvoir. Et surtout, un peu plus loin à gauche, le bon vieux lieutenant Aster qui tient le crachoir depuis qu’on est assis.
-… et il important de noter que la milice avait tout de même réussi à ramener un peu de calme et d’ordre avant que d’autres…
-Oh, la ferme.
Je me passe une main sur le visage et je cale ma joue dans l’autre en soupirant à fendre l’âme. Qui aurait cru que ce serait aussi chiant, ce genre de choses ? Je fusille du regard le lieutenant qui n’en a que le nom et je tape du poing sur la table.
-Votre fameuse milice qui mettait le feu aux poudres et n’était pas capable de maintenir un semblant d’ordre, je l’ai balayée d’un geste de la main, et je suis littérale. Une bande d’escrocs et d’incapables à peine à même de différencier un canon d’une crosse. J’en ai assez de vous entendre gesticuler, « lieutenant ». Ce que vous allez faire, c’est me dresser une liste complète de vos effectifs.
-Mais je…
-PAS DE MAIS !
Cette fois, je me suis levée de ma chaise en frappant des deux poings sur la table, j’ai haussé le ton sans doute plus que je ne l’aurais voulu. Derrière moi, mon fauteuil a valdingué, je crois que j’ai utilisé la Force, vu comment il a fracassé le mur et est maintenant en morceaux. Tant pis, j’assume. Je reste debout et je garde mes yeux dans les siens.
-Depuis que je suis là, je vous ai entendu chouiner, pleurer, pigner, vous plaindre constamment, mais j’attends encore le moindre bénéfice à votre présence. Donc, « lieutenant »…
Je sais qu’il a entendu la variation de ma voix. Je vois dans ses yeux la terreur. Je n’ai pas hésité à lui prendre un doigt, je lui prendrai la main si il ose encore me contredire en ne servant à rien. Il a entendu la manière dont j’ai évoqué son foutu grade. Il sait.
-Donc, disais-je… Vous allez me dresser une liste de votre milice. Les moutons noirs, dehors. Gare à vous si j’en trouve. Le reste passera entre les mains d’instructeurs. Et vous aussi. Vous avez intérêt à mériter votre grade. Suis-je claire ?
Il hoche à peine de la tête, manifestement terrorisé. Bien, mais pas encore assez. Je reprends d’une voix plus légère, mais pas moins menaçante.
-Suis. Je. Claire ?
-Oui… Madame.
Parfait. Au moins, il comprend la violence et le rapport de force. Aaah, ça fait du bien de se libérer un bon coup, là, de se sentir un peu vivante et libre de gueuler. Je sens bien les regards de la Twi’lek et de la Togruta, mais je m’en fous.
-La milice sera transformée en force de sécurité locale. Shayn’a, Nyméia, qu’en est-il de la population ?
-Pour l’instant, les gens ne savent pas où ils vont. Ce n’est pas le premier convoi humanitaire qui arrive, ils en sont reconnaissants mais ils savent que ça pourrait ne pas durer. Ils sont encore dans le brouillard, perdus. La sidération n’est pas encore partie…
-Dans ce cas, il faut les mettre au travail. Nyméia, tu étais censée me trouver des spécialistes.
-Je les ai. Mais je me suis dit que tu ne voudrais pas t’en occuper, alors j’ai commencé à compiler des données, je te ferai un résumé à la fin.
Je regarde la Twi’lek. Je n’aurais pas pu rêver meilleure aide de camp, c’est une certitude. Je crois qu’elle a compris que je n’avais pas la tête à tout ça, ni les compétences… Elle me laisse driver et prend en charge les emmerdes. J’adore. Puis mon regard se tourne vers la Togruta.
-Shayn’a, qu’en est-il de la résistance ?
-Calme, pour l’heure. La fin du Leader les a un peu laissés sans raison d’être. Le pardon que vous avez initié les incite à ranger les armes.
-Il nous en faudra de la Résistance aussi parmi la milice. Et quelques chefs à mon bureau. Ce sont les plus extrêmes, il faut entendre ce qu’ils ont à dire. Occupe-t’en, et donne leur à s’occuper les mains.
-Oui… Et vous ?
-Je vais continuer les tractations avec la République, voir ce qu’on peut faire. Chercher des experts, des industriels. Oh, et ne me cherchez pas dans les prochains jours. J’ai besoin de prendre l’air.
