Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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C'est bien ce que je craignais, un Mynock !

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    #22

    Post n°22
    Auteur : Ishiro Shinra

    Je savais que ce ne serait pas si simple.

    Le Nikto n’était qu’un leurre. Une distraction. Et il a failli fonctionner.

    Une salve m’a frôlé l’abdomen. Elle a entaillé la céramique de mon armure, chauffé mes chairs. La douleur est un rappel.
    Je pivote sur le flanc, roule derrière le meuble éventré par l’explosion. Déjà, mes capteurs analysent les trajectoires.
    Un souffle. Une pulsation. Il n’a pas fui. Il est encore là.

    Mynock.

    Il surgit de l’angle opposé, comme une lame sortie de l’ombre. Un mouvement trop précis pour un civil. Trop fluide pour un simple bureaucrate.
    Tonfa de choc dans une main. Blaster court dans l’autre. Pas d’hésitation.

    Je pare le coup descendant avec la hampe de ma pique, l’impact grésille dans mes os. Le tonfa arc électrique s’écrase contre le manche, une gerbe bleue jaillit.
    Il tire. À bout portant.
    Je bascule mon corps en arrière, chute sur l’épaule, le tir frôle ma joue.
    Je contre. Ma lame fuse.
    Il bloque. Juste à temps. Sa parade est précise, calculée. Il n’improvise pas. Il sait.

    — Tu n’es pas une victime. Tu es un professionnel.

    Ses gestes ne sont pas propres. Ils sont efficaces. Il se bat comme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre.
    Nous tournons dans la pièce comme deux prédateurs blessés.

    Lui : blessé à la cuisse, sanglant mais rapide.
    Moi : flanc ouvert, concentration intacte.

    Il veut gagner du temps. Il me parle. Je ne réponds pas.
    Il jette un tabouret entre nous. Je l’évite. Il tente de fuir par la fenêtre.

    Je bondis.
    Je l’attrape au col, l’écrase contre le mur. Il contre, m’envoie un coup de coude dans la mâchoire.
    Je vacille. Une seconde.
    Il tire encore.
    Le tir me frappe à l’épaule. L’armure absorbe, mais la chair se tord.
    Je grogne.

    Ma pique traverse l’espace entre nous.
    Il esquive, presque. Presque.
    La lame effleure son flanc gauche, ouvre le tissu, entaille la peau.
    Il hurle. Silencieusement.
    Il recule. Boite. Mais continue de se battre.
    Un revers de tonfa heurte ma tempe. Des étoiles dansent dans mon champ visuel.
    Je bloque à l’aveugle. La pique remonte, blesse encore.
    Il halète. Moi aussi.
    Nous ne sommes plus des agents. Nous sommes des bêtes.

    Puis il glisse sur une flaque de sang. Son propre sang.
    Et c’est fini.

    Je m’élance.
    Un bond, un impact.
    Mon genou écrase sa cage thoracique, mes doigts se referment sur son col.
    Il essaie encore. Même au sol. Ses bras battent, cherchent à m’aveugler. Il frappe mon masque. Je ne cille pas.
    Il hurle en silence. Ses yeux disent tout. La peur. La haine. L’échec.
    Ma main trouve sa gorge. L’autre serre la pique de Force. Sa lame est immobile. Elle n’a plus besoin de frapper.

    Le contact est établi.
    Et la soupe s’ouvre.

    C’est brutal. Désordonné. Son esprit est un tunnel effondré, des pans entiers dissimulés, volontairement enterrés. Mais certains fragments passent.
    Un symbole. Une silhouette encapuchonnée. Un code d’accès. Un datapad effacé. Le nom d’un port spatial. Un regard croisé dans un miroir, fendu par la culpabilité.
    Et… moi.
    Vu à travers ses yeux. Comme une silhouette dans les ombres, celle qu’on redoute dans chaque recoin. Une légende qui saigne pour de vrai.
    Puis… le vide.

    Je me relève. Mon souffle est rauque. La gorge sèche.
    Mynock ne crie plus.
    Je ne l’écoute plus.
    Sorran est là, accroupi contre le mur, tenant toujours son blaster. Il attendait mon geste. Il a vu sans juger.
    Je le fixe. Un instant seulement.

    « On se sépare. »

    Je scanne les environs. Les pas impériaux montent l’escalier. Les radios saturent.
    Ils vont verrouiller l’étage. Piège parfait… pour ceux qui n'ont pas prévu d’en sortir.

    Je repère un conduit technique. Derrière une cloison fendue. Il mène vers les étages inférieurs — peut-être les caves ou le local de maintenance. Ce genre de passage oublié, seul un habitué ou un traqueur le remarquerait.
    Je m’approche. Soulève la trappe. L’obscurité me happe.
    Avant de disparaître, je tourne une dernière fois la tête vers Sorran.

    « Sors par les toits. Tu connais la procédure. On se retrouvera au point Mu. »

    Pas d’échange. Pas de confirmation.
    Je disparais dans le conduit.
    Le métal résonne à peine sous mes appuis. Je respire lentement. Les ténèbres m’avalent. Je redeviens une ombre.
    Je laisse derrière moi un cadavre refroidi. Et un partenaire vivant.
    C’est tout ce qui compte.

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      #23

      Post n°23
      Auteur : Sorran Vos'kir

      Les rayons laser écarlates sifflent dans la cantina, visblement au premier étage c’est un vrai feu d’artifice qui prend lieu. Sorran sent l'odeur âcre de l'ozone brûlé envahir ses narines tandis qu'une rafale de tirs automatiques frôle dangereusement le lieutenant Ishiro, manquant de peu de carboniser l'officier du SSR. Les projectiles d'énergie viennent s'écraser contre le mur derrière eux, laissant des traces de fusion fumantes dans le métal. Le cœur battant, Sorran réalise qu'il a frôlé la catastrophe. Encore quelques centimètres et sa première affectation se serait soldée par un échec cuisant  et probablement sa mort. Sans perdre une seconde, ses réflexes de Bothan prennent le dessus. Il effectue une roulade sur la gauche, ses bottes militaires glissant sur le sol jonché de débris de verre. C'est alors que le lieutenant Ishiro entre véritablement en action et le combat qui s'ensuit est d'une efficacité glaçante. En quelques mouvements fluides, l'officier neutralise leur assaillant. Mais ce qui suit est tout bonement horrifique l’Anzath se prepare à aspirer Mynock. Sorran détourne le regard, nauséeux, tandis que le processus de consummation commence et en moins d'une minute, Mynock git sur le sol, vidé de toute essence vitale. Ishiro se relève, son visage ayant retrouvé une apparence parfaitement humaine.

      On se sépare. Sors par les toits. Tu connais la procédure. On se retrouvera au point Mu.

      Sans même laisser à Sorran le temps de poser la moindre question ou de formuler une objection, l'Anzati s'évapore littéralement dans les ombres du corridor, ses pas silencieux résonnant brièvement avant de disparaître complètement. Le Bothan reprend lentement ses esprits, sa blessure à l'épaule continuant de l'élancer. Le tissu de son uniforme est imbibé de sang, et il sent la douleur pulser au rythme de son cœur qui bat encore à tout rompre.

      Merde... c'est quoi ce point Mu ? On n'en a jamais parlé durant le briefing ! Comment je suis censé le retrouver maintenant ? 

      En quelques secondes, il fait le point sur la situation tactique. Au premier étage de la cantina, les gars des forces spéciales du groupe Alpha sont engagés dans un affrontement intense avec les autorités de Kuat. C'est triste à admettre, mais Sorran ne peut rien faire pour les aider. Il faut espérer qu'ils pourront s'en sortir par eux-mêmes...Les toits. Pour s'y rendre, il doit repasser par le couloir principal et se dépêcher d'atteindre l'accès de service. Si ses souvenirs du plan architectural sont exacts, une fois la porte ouverte, il lui suffit de sauter sur la droite pour atterrir dans le monte-charge à ordures du bâtiment adjacent. L'idée d'une échappatoire par les détritus n'a rien de glorieux, mais malheureusement, peu d'autres options s'offrent à lui dans l'immédiat. Sorran sort prudemment de la chambre, jetant un coup d'œil dans le couloir faiblement éclairé par les luminescents d'urgence. C'est alors qu'un tir de laser manque de peu de lui griller la fourrure du crâne, laissant une odeur de poil brûlé dans l'air. Sans réfléchir, il riposte de deux tirs précis de son blaster avant de se lancer dans une course effrénée vers les escaliers menant au toit. Ses bottes martèlent les marches tandis qu'il grimpe les étages quatre à quatre. Derrière lui, les ordres aboyés en Basic résonnent, accompagnés du bruit caractéristique des armures qui se rapprochent. Enfin, il atteint l'accès au toit. L'air nocturne de Kuat l'accueille, chargé des odeurs industrielles et des fumées des chantiers navals qui ne cessent jamais leur activité. Sorran repère rapidement sa cible, le monte-charge à ordures situé trois mètres plus bas sur le bâtiment adjacent. Il s'apprête à prendre son élan quand soudain, des faisceaux de projecteurs l'aveuglent.

      HALTE ! Ne bougez plus ! Jetez votre arme et mettez vos mains derrière la tête !

      L'escouade de sécurité a finalement atteint le toit. Tout leurs blasters sont tous braqués sur lui. Sorran tente désespérément d'attraper le sien, mais un tir précis l'atteint à l'épaule blessée.

      La douleur fulgurante lui coupe le souffle. Déséquilibré, il bascule par-dessus le rebord du bâtiment. La chute semble durer une éternité, les lumières de la ville industrielle devenant floues tandis qu'il tombe vers le sol de duracier. L'impact est brutal. Sorran s'écrase lourdement mais miraculeusement sur des poubelles au sol qui ammortissent sa chute, sa vision se brouille progressivement. Alors que sa conscience s'efface peu à peu, la dernière image qu'il perçoit est celle de bottes militaires qui s'approchent lentement de lui.

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        #24

        Post n°24
        Auteur : Hivernus

        IMPERIUM.


        Un premier corps tombe lourdement, traversé par plusieurs traits laser. Voyant l’un des leurs à terre, inconscient ou mort, les deux autres assaillants mystérieux se replient en bon ordre afin de se retrancher dans la pièce du fond. Les commandos impériaux progressent silencieusement et lentement, tel un courant d’eau meurtrier que rien ne peut arrêter. Passant à côté du corps de l’attaquant abattu, Davilsh tire deux coups supplémentaires afin de s’assurer que le bougre ne se relèvera pas. Un tir dans la poitrine, un autre dans la tête. Autour de lui, les hommes de son escouade se déploient sans précipitation, les yeux rivés sur la porte de la salle où se sont retranchés les deux forcenés. Le sergent porte une main vers son comlink.

        - Unité d’intervention à Commandement de terrain. Un assaillant abattu. Deux autres retranchés.

        Pas de réponse sur la fréquence, qui se met à grésiller doucement. Voilà qui est bien étrange… Le sous-officier impérial répète une nouvelle fois son message alors que ses coéquipiers se positionnent méthodiquement de chaque côté du couloir. Toujours pas de réponse. Davilsh commence à s’inquiéter. Quelque chose ne va pas. Au-dessus d’eux, plusieurs échanges de tirs.

        - Aurek, quel est votre statut ?

        « Ici Aurek, plusieurs morts confirmés au deuxième étage. La cible a été identifiée. Statut : Décédée. Au moins un assaillant en fuite. Profil de l’individu : Bothan, blessé à l’épaule. »


        Mynock est mort… Voilà au moins un problème de réglé. Mais il faut encore s’assurer qu’il n’ait pas divulgué d’informations compromettantes. Ou qu’il ait laissé traîner des dossiers sensibles.

        - Bien reçu Aurek. Sécurisez tout élément susceptible d'avoir une quelconque utilité. Détruisez le reste.

        « Affirmatif, Besh Leader. Ordre confirmé. »


        - Unité d’intervention à Commandement de terrain, est-ce que vous me recevez ?

        Silence radio, une fois de plus. Le manque de réponse n’est pas pour plaire au sergent, qui imagine le pire… Certains de ces mystérieux combattants auraient-ils pu passer au travers du filet et s’en prendre à leurs complices au sein des forces de sécurité de Kuat ? Possible mais peu probable. S’ils avaient eu le moindre souci, ils l’auraient signalé sur cette fréquence. L’homme passe sur un autre canal de communication.

        - Agent Laena, nous avons perdu le contact avec nos associés Kuati. Essayez d’en savoir plus.

        « Ici Laena. Bien reçu. Je m’en occupe. »


        Davilsh respire un grand coup. Tout semble sous contrôle… Ou presque. Il n’aime pas vraiment être dans le noir et ces divers incidents dont il ne peut pour l’heure pas expliquer les causes ou déterminer les origines viennent parasiter ses pensées. Il n’est pas tranquille… Mais notre homme reste avant tout un soldat. Et en tant que tel, il parvient à supprimer toute once de doute qui pourrait subsister en lui pour terminer sa mission quoi qu’il en coûte. Il fait signe à ses acolytes, distribuant ses ordres à l’aide de gestes aussi brefs que précis. 

        Les commandos de l’escouade Besh se préparent. Une grenade incapacitante est lancée dans la pièce où se sont retranchés les forcenés. Une explosion survient. Une lumière aveuglante se diffuse dans la salle et en quelques battements de cœur, les soldats impériaux entrent pour faire le ménage. Plusieurs échanges de tirs s’ensuivent puis les armes se taisent. Le sergent se penche au-dessus des corps des individus abattus, cherchant un quelconque indice qui pourraient permettre leur identification. Il fouille leurs poches, inspecte leur matériel, jette un coup d’oeil à leurs armes lorsque survient finalement une notification.


        « Unité d’intervention, ici Centre de contrôle. Plusieurs agents spécialement détachés par la régente se dirigent vers votre position. Veuillez ne pas interférer et vous soumettre à leurs ordres. »


        Des agents spéciaux ? La belle affaire… Mais pour les Impériaux, il s’agit encore de faire profil bas et de jouer le jeu en se faisant passer pour de bons petits soldats Kuati. S’ils venaient à se faire démasquer, le sous-officier ne donne pas cher de sa peau…

        - Bien reçu, Centre de contrôle. Nous avons neutralisé plusieurs assaillants. Un autre a pu prendre la fuite. Description du fuyard : Bothan, blessé à l’épaule, armé et dangereux. Contact avec le commandement de terrain rompu. 

        « Noté, unité d’intervention. Description du fuyard enregistrée et transmise. Renforts mobilisés. Des unités supplémentaires se dirigent actuellement sur zone. »


        Mynock mort, les commandos des Opérations Spéciales Impériales ont rempli leur mission. Mais Davilsh demeure prudent. Il ne sait pas si ce foutu traître a balancé des info’ ou remis des documents sensibles aux individus qui l’ont abattu. De fait, le sergent doit s’assurer que ces agresseurs, quels qu’ils soient, soient neutralisés avant qu’ils ne causent plus de problèmes.







        SEIGNEURAT DE BAJIC.


        Azah Suutrar écoute les messages qui viennent saturer le comlink du commandant de l’unité qu’elle vient de massacrer. Elle penche la tête, doucement, intriguée. Un assaillant a été abattu, deux autres sont sur le point de l’être… Si elle ne veut pas échouer dans sa quête, l’Anzat doit agir rapidement. La régente et le seigneur Hivernus veulent des prisonniers à interroger et ils en auront, elle s’en fait la promesse. 

        La tueuse en série s’empare donc du dispositif de communication du cadavre puis se dirige vers l’établissement où les combats se déroulent, escortée par ses deux disciples. De nouvelles annonces lui parviennent à l’oreille. Comme elle s’en doutait, les assaillants retranchés dans la cantina ont été neutralisés de manière définitive… Mais l’un d’entre eux est en fuite. Et blessé. Voilà une piste à suivre… Et un prisonnier à faire.

        La première des lames d’Hivernus porte la main vers son comlink personnel, un sourire sinistre aux lèvres.


        - Centre de contrôle, ici Unité Spéciale, quelle est la dernière position connue du fuyard ?

        « Ici Centre de contrôle, l’unité d’intervention nous a indiqué que le fuyard est tombé du toit de la cantina. Les hommes de l’unité d’intervention ont perdu sa trace mais il est possible qu’il soit toujours dans les parages. »


        - Bien reçu, Centre de contrôle. Nous nous lançons à sa poursuite.

        « C’est noté, Unité Spéciale. Plusieurs patrouilles ont été mobilisées pour vous assister dans vos recherches. »


        - Compris.

        La communication s’interrompt sur ces derniers mots. Azah Suutrar se tourne vers ses deux apprenties, le regard pétillant d’excitation.

        - Réglez vos blasters sur tir paralysant. Retrouvez ce Bothan et assurez vous qu’il soit capturé vivant.

        Maurra et Jehena acquiescent en silence, blasters en main, et se dirigent vers le point de chute du fuyard au pas de course afin de ne pas perdre sa trace. L’Anzat s’enfonce pour sa part au cœur de la cantina afin de suivre une autre piste. Le caractère agressif des agents de sécurité Kuati l’intrigue au plus haut point et elle se demande bien ce qu’ils ont tenté de dissimuler avant de périr. De fait, suivre de près les progrès de l’unité d’intervention lui permettra probablement d’en apprendre plus. 

        Alors qu’elle foule le sol de la pièce centrale du rez-de-chaussée, les instincts primaires de la tueuse en série prennent le dessus. Le frisson de la chasse s’empare de chaque fibre de son être et elle s’en réjouit. La première des lames d’Hivernus respire doucement, ses narines captant d’abord l’odeur distinctive du gaz tibanna éjecté des armes blasters avant de se concentrer sur les effluves de sang et de sueur. Ses oreilles sont à l’affût du moindre bruit. Elle entend les respirations régulières des soldats qui s’agitent au-dessus d’elle, les pulsations excitées de leur cœur, les bottes qui martèlent doucement le sol, les ordres renvoyés d’un sens vers l’autre par oral ou via comlink. Puis elle ressent autre chose… Une présence…  Une sorte de compagnie familière sans pour autant l’être réellement, qu’elle n’explique pas. Pas encore du moins.

        Il y a quelqu’un ou quelque chose qui se cache ici. Quelque part. Une présence presque imperceptible, qui sait se déplacer sans bruit, comment se dissimuler dans son environnement. Un assassin peut-être. Non. Pas peut-être. C’est certain. 

        Azah Suutrar glousse doucement, ravie à l’idée de pouvoir chasser quelque chose qui en vaut la peine.


        - Je sais que tu es là… Et je te trouverai.



        - HRP - Groupe Alpha éliminé par les commandos impériaux opérant sous couverture, dont les deux escouades sont en train de sécuriser le bâtiment afin de récupérer toute trace/preuve (ou document) laissée par Mynock. Statut du groupe Bêta toujours incertain, libre à vous d'en faire ce que vous voulez. 

        Deux agents du Seigneurat de Bajic, opérant pour le compte de la régente de Kuat, se dirigent vers le lieu où Sorran s'est écrasé. Azah Suutrar est pour sa part sur la piste d'Ishiro. L'étau se resserre autour de l'endroit de la fusillade, les patrouilles étant de plus en plus nombreuses à quadriller le secteur et installer des barrages, certaines étant mêmes chargées de mener des recherches dans les rues désormais vidées de leurs occupants.

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          #25

          Post n°25
          Auteur : Ishiro Shinra

          Je ne retourne pas vers la cantina. Je m’arrache à son tumulte comme on se détache d’un rêve en chute libre — net, sans rémanence. La première règle est simple : cesser d’exister. Pas se cacher. Disparaître.

          Je longe les façades jusqu’à un puits technique, plaque desserrée de longue date par des mains pressées. Je glisse dedans, deux niveaux en contrebas, entre un faisceau de conduites tièdes et un coude d’aération qui souffle une haleine métallique. Ici, personne ne regarde. Ici commence l’art des miens.

          La discipline Anzati ne se résume pas à un capuchon ou à une ombre : c’est une négation. Je ralentis tout. Respiration en quatre temps, cœur en trois. Je brise le rythme de mes pas pour abolir la cadence que l’oreille humaine devine sans la comprendre. Je baisse ma température cutanée en collant mes avant-bras aux conduites de retour, pour confondre ma signature thermique avec celle du réseau. Je change ma géométrie : épaules rentrées, colonne brisée, centre de gravité déplacé vers l’avant. L’œil qui cherche un homme ne voit plus qu’un tuyau de plus, un relief de moins.

          Le « Voile » Anzati, nos maîtres l’appelaient le Pli : glisser dans l’angle mort d’une perception, y tenir, puis avancer d’un demi-souffle. Je m’y coule. Les capteurs n’accrochent plus. Les caméras, si quelqu’un les regarde, ne retiennent qu’un tremblement de pixels.

          Je fais disparaître mon sillage. Sous la grille suivante, une gorge d’évacuation goutte un mélange de lubrifiants, d’algues dissipées et de liquide de refroidissement. J’y trempe une bande de tissu, j’en passe deux traits sur mes bottes, mes manches, ma nuque. L’odeur est fauve et rance — assez pour clouer au sol les meilleurs molosses de patrouille. Puis je sème une poignée de grains de poudre dégraissante derrière moi : quiconque me suivra portera mon parfum dans le mauvais sens.

          Je rejoins un corridor de maintenance, lumière jaune sale, signalétique effacée par les solvants. J’avance à contre-jour, dos aux hublots de service, pour devenir un rectangle dans un autre rectangle ; l’œil se lasse, passe. Une trappe latérale cède sur un couloir secondaire, « C-19 REFROIDISSEURS ». Parfait : l’air y est froid, les surfaces condensent. Je passe mes paumes sur les carters givrés, plaque ma veste contre l’alu, et la pellicule d’eau brouille davantage ma chaleur. Un drone passe au plafond, lent, balayant d’un laser indifférent ; je m’aplatis, j’épouse le caisson. Le drone hésite, zèbre le mur, poursuit. Rien vu.

          Je laisse un leurre pour les chasseurs carrés : une capsule-émetteur fixée sur une canalisation de purge envoie, toutes les cinquante secondes, un battement de transpondeur civil falsifié. Ils suivront l’écho dans la cage D-12 ; ils y trouveront des écoulements et une odeur de vieux métal. Qu’ils y perdent cinq minutes. Cinq minutes, ce soir, c’est une éternité.

          Un frisson remonte la gaine. Très léger. Pas une certitude. C’est l’ombre d’un prédateur qui sait écouter. Je m’arrête, un genou au sol, main à plat. La pulsation du ring me grimpe par le bras : pompes, relais, pas lourds… et trois ondes plus souples, plus disciplinées, qui tondent l’air par séquences. Patrouille. Pas CNK standard — ça manque de cliquetis — mais pas des miens non plus. Trois. Espacement correct, mauvaises habitudes de com : ça souffle, ça parle bas. Ils descendent par « C-19 ». Mauvais choix.

          Je m’écarte dans une niche de purge, décroche la goupille de secours d’une cloison. Un glissement, un souffle, et me voilà figé dans l’ombre, tout près du coude. Je joue la scène en avance : le premier dépasse, le second suit l’épaule, le troisième ferme, regard en arrière. Trois erreurs possibles. Je leur en laisse deux.

          Le premier surgit. Je sens l’odeur du tissu chauffé par la marche, la colle des gants. Je laisse son cou passer à portée, je crochette l’artère d’un tranchant du pouce et verrouille le menton dans l’étranglement. Pas un bruit. Trente-huit, trente-neuf, quarante… posé. Je l’allonge contre la cloison. Le second lève déjà son arme, bon réflexe. Je présente la hampe de ma pique de Force au ras de son poignet, un quart de tour — le levier claque, l’arme part au sol. J’avance d’un pas, le métal de la pique touche son sternum, une impulsion sèche. Le choc tétanise sans éclat. Il s’effondre, yeux ouverts, conscient, mais absent à lui-même. Le dernier recule, cherche la radio. Mauvais réflexe. Je suis déjà sur lui. Mes vibropoings calent ses coudes contre sa cage, une rotation du bassin fracasse l’équilibre, le couloir lui mange l’arrière de la tête. Il glisse au silence, un soupir, rien d’autre.

          Je reste immobile. Écoute. Rien ne répond. Pas d’alarme, pas d’appel. J’ouvre la sangle du premier, retire la batterie du comlink, écrase la puce sur le seuil et passe ma paume sur la caméra torse du deuxième — empreinte de gant, rien de personnel. Je récupère un badge usé, sali par des années d’huile ; je l’essuie contre ma manche pour créer un faux reflet : s’ils scrutent une caméra lointaine, mon badge brillera une seconde, comme tous les autres. Je tire les corps — pas de traînées continues : trois petits déplacements, avec ruptures, pour casser la lecture — et les coince derrière la cloison d’inspection, entre deux colonnes de filtres. On les retrouvera à l’heure de la maintenance, pas avant.

          « Dors. » murmuré à personne, pour garder mes mains calmes.

          Je repars. Toujours en Pli. Je colle mes pas aux zones de turbulence des aérateurs : le bruit léger de l’air s’additionne à mes semelles, je disparais dans le souffle. Je compte mes respirations en parcourant la passerelle grillagée qui tangue au-dessus d’une fosse de condensateurs. Une vapeur froide remonte ; je la traverse lentement pour qu’elle dépose sur moi un manteau d’odeur neutre. Au bout, une porte battante donne sur un couloir civil. Je reprends une posture d’ouvrier : mains dans les poches, dos lourd, regard à deux mètres devant. Je marche comme quelqu’un qui rentre chez lui et sait qu’il est déjà en retard.

          Aux carrefours, je sème des faux signaux. Dans un bac de collecte, je laisse une manche arrachée — même tissu que ma veste, huilée au même mélange — et une bande de pansement tachée d’un sang que j’ai récolté plus tôt dans la cantina sur un client ivre. Si quelqu’un piste à l’odeur, il pensera m’avoir effleuré. Je bifurquerai pendant qu’il se félicite.

          Un autre frisson. Différent. Plus fin, plus aigu. Pas une patrouille. Un… écho. Quelqu’un qui sait plier l’air de la même manière que moi, mais pas tout à fait pareil. Une signature comme une lame glacée passée sous la peau. Je n’ai pas de nom à lui donner, seulement ce constat : s’il y a une chance que quelqu’un me retrouve, ce sera elle. Alors je double tous mes brouillages.

          Au débouché d’un escalier hélicoïdal, j’emprunte le chemin le plus laid : les conduites d’eaux noires. La chaleur y masque tout, l’odeur y tue le reste. Je marche sur la lèvre sèche, mains contre la voûte, pour ne laisser ni trace, ni éclaboussure. Deux coude plus loin, je remonte par une échelle déformée, un capot cède sur une cour de service. Au mur, un distributeur de lessive industrielle. J’en pulvérise sur mes bottes, mes manches, ma nuque. La mousse dissout le film gras et m’offre une odeur clinique, découpée, artificielle — introuvable dans la rue, impossible à confondre avec ma note précédente. J’ai deux silhouettes à portée de vue ; elles passent sans me voir. Je suis un manutentionnaire qui a mal dormi.

          Je file vers la zone des quais logistiques. Cycles réguliers, sirènes, balises vertes et rouges. Le chaos discipliné des anneaux de Kuat. J’attends la relève d’un groupe de débardeurs, je me glisse dans leur coulée, j’emprunte leur cadence. Un chef de ligne me jette un regard bref : il ne sait pas où me ranger, donc il me range dans ce qu’il voit — un retardataire. Je traverse. À mi-parcours, je détourne vers une cage grillagée portant l’étiquette « DÉCHETS TECHNIQUES ». Au fond, un chariot bâché. Je soulève la bâche, me glisse dessous, coupe avec mon couteau une route dans la toile, et ressors de l’autre côté, dans un angle mort choisi sur plan plus tôt. Deux pas, une porte coupe-feu, un escalier japonais, et je retombe dans les viscères du ring.

          Ici, enfin, je peux me permettre un souffle plus long. Pas de caméras, pas de capteurs ; seulement la mécanique sourde des pompes et le sifflement des purgeurs. J’enlève ma veste, je retourne le col, j’enfouis le tout dans un renfoncement que je marque d’une griffe invisible — un signe que seuls les miens savent reconnaître. Si « elle » est de mon espèce, elle peut le lire… ou y perdre une seconde à se demander si je voulais qu’elle le lise.

          Je termine le travail : je désosse un comlink de secours pour cannibaliser son module de ping, l’accroche sous un rail vibratoire. Il cliquette à intervalle irrégulier, imitant l’agonie d’un appareil cassé. Une patrouille qui s’obstine s’arrêtera dessus.

          Je reprends la marche. Toujours en Pli. Je deviens la paroi, puis la marche, puis l’ombre entre deux bouches d’aération. Les bruits au-dessus se calment. Les sirènes s’éloignent. La ville reprend sa respiration ordinaire, lourde et indifférente. Je m’arrête dans une salle de vannes, m’adosse au carter. Je ferme les yeux — pas pour me reposer, pour mieux écouter.

          Rien. Ou presque. Très loin, sur une fréquence que seuls les chasseurs entendent, un froissement. Une curiosité qui cherche. Une lame dans le brouillard.

          « Tu n’auras que mon silence. » chuchoté au métal.

          Je me détache, sans laisser de chaleur derrière moi. Je ne suis plus un homme dans les couloirs de Kuat. Je suis un défaut de lecture, une omission. Un soir sans témoin. Et, sauf miracle, personne ne recoupera jamais mon passage.

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            #26

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            Auteur : Sorran Vos'kir

            La douleur, c'est la première sensation que le Bothan parvient à ressentir. Tout est noir, il a les yeux fermés, sa tête lui fait, ironiquement, un mal de chien. Un martèlement sourd résonne dans son crâne. Les premières minutes qui suivent sa prise de conscience sont floues, fragmentées comme un holofilm endommagé. Il se souvient de la course poursuite dans la cantina, le tir de blaster, sa chute… Il ouvre ses yeux avec peur ! Quelqu'un s'approchait de lui, c'est son dernier souvenir. Une silhouette sombre...
             
            Il est allongé sur un canapé, autour de lui c'est silencieux. Le genre de silence qui met les nerfs à vif, qui fait tendre l'oreille au moindre bruit suspect. Il hoche la tête de droite à gauche, rien. Personne. Ses pupilles félines se dilatent instinctivement, s'adaptant à la pénombre de la pièce. Alors il visualise chaque détail de son environnement, puis commence à entendre les quelques bruit parasite de l’appartement.
             
            Il s'agit visiblement d'un petit appartement d'ouvrier à première vue. Les murs sont d'un gris terne, légèrement écaillés aux angles, témoins d'années de négligence et d'un propriétaire peu soucieux d'entretien. Une unique fenêtre, dont les stores métalliques sont baissés, laisse filtrer les lueurs intermittentes des enseignes lumineuses du quartier industriel. L'ameublement est spartiate, le canapé râpé sur lequel il repose, une table basse griffée, quelques chaises dépareillées. Rien de personnel, rien qui pourrait trahir l'identité de celui qui vit ici.
             
            L'holonet est en marche, projetant sa lumière bleutée tremblotante dans la pièce. Une présentatrice humaine au visage lisse et professionnel défile les nouvelles d'une voix monocorde :
             
            ...les autorités de Kuat ont étendu le couvre-feu à tous les secteurs industriels suite aux récents incidents. Les forces de sécurité sont autorisées à tirer à vue sur tout individu refusant d'obtempérer après les heures réglementaires. Le Conseil des Familles assure que ces mesures temporaires...
             
            Le félin grince des dents, un grondement sourd montant de sa gorge. Une extraction dans ces conditions, c'est peine perdue. Les rues grouillent probablement de patrouilles, les checkpoints se multiplient comme des champignons après la pluie. Mais avant de réfléchir à comment s'échapper, il faudrait d'abord savoir où il se trouve. Et surtout, qui l'a amené ici.
             
            Ses narines frémissent. Au loin, sur une plaque de gazinière alimentée par une bonbonne de tibanna, son odorat développé lui permet d'identifier les effluves d'une préparation contenant du Bantha en cours de cuisson. L'odeur est riche, épicée, presque réconfortante dans sa familiarité. Quelqu'un cuisine pour deux et l’'idée le dérange plus qu'elle ne devrait.
             
            Puis, sur une table à manger disposant d'assez de place pour deux personnes, il remarque sa veste. Et posé par-dessus, négligemment, son blaster. L'arme repose là, à portée de main...

            Ni une ni deux, Sorran tente de profiter de l'absence d'individu pour se lever rapidement et atteindre l'arme. Ses muscles se tendent, son corps réagit par instinct avant que sa raison n'ait le temps d'intervenir. Mais la réalité le rattrape avec une cruauté implacable. Une douleur fulgurante le lance dans l'épaule, si intense qu'elle lui coupe le souffle.
             
            D'un coup d'œil, il remarque le bandage propre qui entoure son épaule, le tissu légèrement taché de sang séché à l'endroit de l'impact. La douleur est si forte qu'il se rassoit sur le canapé, haletant, ses griffes s'enfonçant dans le tissu usé du coussin. Le tir de blaster a bien impacté ses muscles, voire touché ses nerfs. Chaque mouvement envoie des décharges électriques le long de son bras, du bout des doigts jusqu'à la base de son cou.
             
            Je ne bougerais pas trop si j'étais toi, la voix le fait sursauter, ses oreilles se dressant instantanément vers la source du son. Le tir a brûlé une bonne partie des tissus nerveux. Tu as eu de la chance, quelques centimètres à droite et c'était ton artère brachiale.
             
            Sur l'holonet, la présentatrice continue son monologue aseptisé :
             
            ...le suspect recherché est décrit comme un Bothan mâle, portant une veste de travail en cuir sombre, il serait vraisemblablement bléssé. Toute information permettant sa localisation doit être immédiatement...
             
            Sorran se fige, ils parlent de lui, ils diffusent sa description sur les chaînes publiques. La situation vient de passer de mauvaise à catastrophique. Il tourne lentement la tête vers la silhouette qui se détache maintenant du seuil d'une porte latérale, probablement menant à une chambre ou une salle de bain.
             
            Tu regardes ton blaster, observes la voix, presque amusée. Tu te demandes si tu peux l'atteindre avant moi. Tu calcules les distances, les angles. C'est ce que j'aurais fait aussi.
             
            L'individu s'avance dans la lumière fluctuante de l'holonet mais son visage toujours dans l’obscurité de la pièce.
             
            Qui es-tu ? Pourquoi m'avoir amené ici ?
             
            Un rire bref, presque amer.
             

            Les bonnes questions, mais peut-être devrais-tu d'abord me demander pourquoi je ne t'ai pas laissé saigner dans cette ruelle. Ou pourquoi je n'ai pas appelé les autorités pour empocher la récompense qui vient d'être annoncée sur ta tête.
             
            Sorran sent ses poils se hérisser le long de son échine. Une récompense, évidemment.
             
            Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-il, sa main valide se déplaçant imperceptiblement vers le bord du canapé, prêt à bondir malgré la douleur.
             
            Manger, répond simplement l'inconnu en se dirigeant vers la gazinière. Le ragoût est presque prêt.
             
            Le Bothan observe son hôte, geôlier ? sauveur ?  s'affairer avec les casseroles. L'absurdité de la situation n'échappe à personne. Dehors, des sirènes hurlent dans la nuit, se rapprochant puis s'éloignant. Sur l'holonet, son visage réapparaît, accompagné d'un numéro à contacter pour toute information.
             
            Je ne te dois rien, siffle Sorran entre ses dents serrées.
             
            Non, acquiesce l'autre sans se retourner. Mais tu me dois au moins le temps que je t'ai accordé. Le temps de te soigner, le temps de ne pas te livrer.
             
            Le silence retombe, seulement troublé par le grésillement de la cuisson et le bourdonnement de l'holonet. Sorran évalue ses options. Elles sont maigres et son épaule le lance, chaque respiration est un rappel douloureux de sa vulnérabilité. Et quelque part dans cette zone en état de couvre feu, ceux qui lui ont tiré dessus continuent de le chercher.
             
            D'accord, finit-il par dire, sa voix à peine audible. Mais je veux récupérer mon blaster et savoir ton nom avant de partager ce repas.

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              #27

              Post n°27
              Auteur : Blokkus

              Les Sebens, les gardes du corps du sénateur Blokkus avaient voyagé dans une navette de transport en direction de l' anneau, on leur avait collé un chaperon, en l'espèce un membre de la sécurité des Chantiers Navals de Kuat.
              C'était le Hutt qui avait gentiment proposé à dame Elisabeth l'appui de sa garde rapprochée , après tout c'est tout ce qu'il avait sous la main et voila qu'il se trouvait sans protection dans un vaisseau du seigneurat de Bajic.
              Mais le commodore Hannibal, responsable des opérations secrètes sur Mustafar, avait plus d'un as dans sa manche, il avait déjà recruté une nouvelle équipe de sécurité locale, des chasseurs de prime qui œuvraient justement dans le secteur.
              Discrétion et efficacité, voila ce qu'on demandait aux cyborgs, Yoshio, le leader, avançait en tête suivi comme son ombre par le sous officier Kuati. le sergent se colla au mercenaire en chef.

              -Je vous rappelle que vous devez collaborer avec nous, pas prendre d'initiative malheureuse!

              Yoshio observa son second, Mifuné un solide Correlien barbu, il suffisait qu'il fasse un simple geste pour que celui ci le débarrasse de l'agent local, mais non ce n'était pas des manières. Il se contenta de soupirer avant de répondre.

              -On nous a recruté pour appuyer vos troupes qui semblent justement débordés, alors assez lambiné , il faut que l'on rejoigne cette cantina!

              Les Sebens accélèrent leur pas en direction du bruit des détonations, ils arrivèrent à un premier barrage de patrouilleurs du CNK; Le sergent eut enfin son utilité, exhibant son badge, les mercenaires furent finalement autorisés à pénétrer dans le périmètre de sécurité. Yoshio s'arrêta soudain, observant un transport fortement gardé, il le désigna du doigt.

              -Qu'est ce que c'est?

              Le sous officier Kuati regarda dans la direction indiquée.

              -Des civils qui ont été ramassés dans le secteur, on les isole pour un interrogatoire.

              Le natif de Burnin Koln dévoila ses dents ornés de bagues en duractier dans un sourire sadique.

              -Exactement ce qu'il nous faut! Trouvez nous un endroit calme, nous allons interroger ces prisonniers nous même.

              Le visage du Kuati s'empourpra, il n'aimait pas la tournure des évènements.

              -Ces ouvriers du chantier ont des droits, on ne peut pas les interroger comme ça!

              Keiko se colla au chaperon, enlevant ses lunettes de soleil, dévoilant ainsi ses deux photorécépteurs rouges qu'il s'était fait posé à la place de ses yeux bleus après l'explosion d'une grenade lors de son service au sein de la Confédération.

              -On vous demande pas votre avis sergent...

              Inaba était muet depuis qu'un trait de laser avait traversé sa gorge durant la guerre des clones, mais une simple pression de sa main sur l'épaule du milicien suffit à le convaincre d'accéder à leur demande, il répondit en bafouillant.

              -Trè.. très bien, je vais vous trouver ça...

              Et quelques minutes plus tard, un appartement avait été réquisitionné, Inaba serait chargé de monter la garde , tandis qu'on conduisait les prisonniers par groupe de six, dans chaque pièce, un Seben serait chargé d'interroger les prisonniers, et certaines méthodes étaient certainement contraire aux droits intergalactiques de l'humanoïde.
              Mais la fin justifie les moyens disait on sur Mustafar...


              "Bienveillance, Honnêteté,  Loyauté,  Honneur,  Valeureux, Respect, et La bonne décision"

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                #28

                Post n°28
                Auteur : Hivernus

                Lorsque Maurra et Jehena atteignent finalement le point de chute du Bothan, force est de constater qu’il a déjà disparu. Malgré cette déconvenue, les deux jeunes femmes n’en demeurent pas moins déterminées à accomplir la tâche qui leur a été confiée. Blaster en main, les deux apprenties d’Azah Suutrar fouillent les environs à la recherche d’indices quand arrivent finalement les renforts promis par le centre de contrôle. La zone est bientôt cernée de véhicules de patrouille et d’agents des forces de sécurité locales. Un lieutenant les approche, hésite un instant puis reconnaît le profil des agents envoyés spécialement par la régente pour appréhender les suspects qui semblent causer tant de remous dans le coin.

                - Vous faites partie de l’Unité Spéciale ?

                La question n’en est pas vraiment une. Mais l’officier demeure méfiant, probablement parce qu’il est trop habitué à redouter d’avoir face à lui un sympathisant des ouvriers rebelles qui ont plongé Kuat dans une guerre civile. De fait, confirmer l’identité des donzelles qui se présentent face à lui semble le rassurer.

                - C’est exact. Le Bothan s’est échappé. Mais il n’a pas dû aller bien loin… 

                - Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? 

                - Vous voyez ces poubelles ? Elles sont en désordre, ouvertes, écrasées par un impact brutal. Quelqu’un a chuté dessus.

                L’homme hausse les épaules, sceptique.

                - Cela pourrait être n’importe qui… Ce ne sont pas les alcooliques qui manquent dans le coin. Et on retrouve souvent des poivrots ou des clodo fourrés dans les détritus vous savez.

                La remarque semble exaspérer Jehena, qui lève les yeux au ciel en soupirant. Les agents de sécurité de Kuat sont-ils tous des abrutis finis ou des imbéciles nonchalants, peu prompts à faire leur boulot correctement ? A ses côtés, Maurra reprend la main, craignant que sa comparse ne fasse une bêtise.

                - Nous avons retrouvé un sac dans les poubelles… Avec du matériel militaire qu’un ouvrier des chantiers navals ne pourrait pas se payer. Le suspect l’aura probablement fait tomber dans sa chute. Ou aura cherché à s’en débarrasser volontairement pour ne pas attirer les soupçons.

                La jeune femme s’accroupit, ses yeux se posant sur des tâches suspectes. Elle effleure du bout des doigts les gouttelettes qui viennent maculer le tissu d’un vieux torchon.

                - Du sang. Et il est encore frais. 

                Du regard, elle balaie l’ensemble de la ruelle afin de chercher les traces d’un potentiel passage. N’ayant ni l’expérience de sa maîtresse, ni ses facultés, Maurra met du temps à trouver une piste à suivre. Après quelques minutes de recherche, l’apprentie de l’Anzat tombe finalement sur de précieux indices.

                - Ici. Et là. Se contente de dire la jeune femme en pointant du doigt différentes tâches de sang sur le sol. Le Bothan est parti dans cette direction… Non. On l’a traîné. Regardez. Des traces de bottes qui frottent le duracier, laissant des marques au sol.

                - Qui aurait intérêt à faire ça ? Demande le lieutenant, toujours aussi perplexe.

                - Un complice. Ou un sympathisant quelconque. Répond la lame d’Hivernus. Peu importe. Ils n’ont pas pu aller bien loin. Faites quadriller le secteur par vos hommes, lieutenant. Occupez chaque rue, fouillez chaque bloc d’habitations, remuez ciel et terre s’il le faut. Ils sont là, quelque part. A se cacher. A attendre.

                - Entendu, madame. Je vais faire parvenir vos directives aux troupes.

                L’officier offre à l’apprentie tueuse un hochement de tête qui pourrait s’apparenter à une forme de salut militaire puis s’en va donner ses ordres aux chefs de section. Il n’a pas vraiment l’air ravi de devoir jouer au sous-fifre pour des étrangers dont il ne connait rien mais puisque la régente leur a donné carte blanche pour régler cette situation au plus vite, le lieutenant sait qu’il n’a pas vraiment son mot à dire. Il se contente donc d’exécuter les ordres, préférant éviter toute forme d’ennui avec sa hiérarchie.

                Sous la supervision des agents personnels du seigneur Hivernus, le secteur grouille bientôt de patrouilles statiques, d’équipes de recherche et de droïdes de surveillance. Plusieurs colonnes d’agents des forces de l’ordre s’enfoncent dans les rues de quartiers complètement vidés de leurs habitants. Des véhicules de patrouille font le tour des immeubles, à la recherche de fugitifs correspondant à la description du Bothan ou de traînards qui refusent de se confiner chez eux alors que diverses unités d’assaut se déploient pour fouiller les appartements de chaque tour d’habitation, enfonçant portes et mobilier quand la situation l’exige.

                Une véritable chasse à l’homme est lancée… Et en l’espace d’une mission, Sorran est devenu l’ennemi numéro un de Kuat, le monstre à appréhender à tout prix.









                Le chasseur se doit d’être patient. C’est la première que l’on apprend lorsque l’on se lance dans une traque car il faut d’abord étudier sa proie avant d’envisager toute autre chose. Un chasseur impatient revient souvent bredouille… Ou disparaît à tout jamais. Azah Suutrar n’est pas de ceux-là. La tueuse a derrière elle des années d’expérience et des dizaines de victimes sur son tableau de chasse. Elle laisse ses sens explorer la pièce, son regard se perdre dans les détails les plus insignifiants… Et elle trouve finalement quelque chose.

                Une première piste sur l’identité de cette mystérieuse présence.

                Parmi les cadavres criblés d’impact de tirs, deux corps qui ne présentent aucune blessure par arme blaster. Un Trandoshan et un Rodien. L’Anzat remarque rapidement qu’ils ont été neutralisés de la même manière. Un coup dans l’épaule, probablement causé par une arme de mêlée à en juger la nature de la blessure, puis un autre dans le cou. La marque de cette deuxième attaque semble plus discrète, moins visible à l'œil nu. L’incision est légère. Pas de trace de sang. Une piqûre peut-être ? 

                Voilà une bien curieuse manière de venir à bout d'un ennemi… 

                Quoi qu’il en soit, la première des lames d’Hivernus tient une piste. Celui qui est passé par là a fait preuve d’une précision redoutable. Il a reçu un entraînement bien spécifique. Une formation d’assassin peut-être. Oui. C’est certain même. L’énigmatique présence n’est pas n’importe qui. Elle sait comment économiser ses mouvements pour frapper méthodiquement, profitant probablement de l’élément de surprise et du chaos ambiant pour fondre sur ses victimes. Azah Suutrar esquisse l’ombre d’un sourire, intriguée. Traquer un tueur professionnel lui semble bien plus alléchant que l’idée de poursuivre un simple malfaiteur.

                L’Anzat monte les escaliers afin de suivre sa piste. Au premier étage, des traces de combat au blaster. Multiples impacts de tirs sur les murs. L’affrontement a été féroce. Plusieurs soldats portant l’uniforme et les insignes des forces de sécurité de Kuat se portent à sa rencontre, arme en main. Ils sont nerveux, prêts à faire usage de la force. Elle le voit, le ressent… Et s’en amuse. Presque.


                - Je suis ici sur ordre de la régente Elisabeth de la Maison Kuat. Je suppose que vous faites partie du commando d’intervention… 

                - Ah. L’Unité Spéciale hein. Vous supposez bien, madame. Se contente de répondre l’autre. Mes hommes ont la situation en main. La cantina est sécurisée. Les assaillants ont été neutralisés.

                La tueuse en série demeure silencieuse le temps de quelques secondes. Son esprit semble ailleurs, absorbé par des choses que les agents Kuati ne peuvent voir, entendre ou comprendre. Lorsque son regard se pose sur le sergent, ses yeux ont une lueur terrible. L’homme a un mouvement de recul incontrôlé. Ses camarades s’agitent doucement, perplexes face à l’attitude étrange de la donzelle et de leur supérieur.

                - Il s’éloigne. 

                Le sous-officier fronce les sourcils, confus.

                - Il… ? 

                - Oui… Un tueur qui a vraisemblablement échappé à votre vigilance.

                - Je vous assure que nous avons ratissé de long en large ce bâtiment et qu’il n’y a plus personne… 

                Azah Suutrar n’écoute plus le sergent. Elle se moque bien de ses explications car il y a plus important en jeu. L’assassin qu’elle traque, ayant vraisemblablement achevé son œuvre, cherche désormais à s’éclipser. Elle ne le laissera pas s’échapper. Abandonnant le premier étage aux hommes de l’unité d’intervention, la tueuse en série rejoint le second niveau de la cantina. Curieux, le sous-officier la suit de près afin de voir ce qu’elle compte faire. 

                L’Anzat remarque d’abord les différents restes de piège qui traînent ici et là. Quelqu’un s’attendait à avoir de la visite. Mais le dispositif, ou ce qu’il en reste, apparaît improvisé. Il a été fabriqué en toute hâte. La donzelle poursuit son exploration des lieux, observée de près par le sergent et quelques-uns de ses hommes, quittant une pièce dans laquelle se trouve le cadavre d’un Togruta. Elle y pénètre sans demander d’autorisation à qui que ce soit, attirée par les effluves de sang tel un limier en chasse. La première lame d’Hivernus s’intéresse au corps sans vie, notant les blessures. Arme de mêlée. Frappes précises. Le Togruta a été tué par ce mystérieux assassin qu’elle traque désormais. Probablement sa proie, celle pour qui il est venu. 

                Elle s’agenouille, remarque des détails que d’autres ne pourraient voir ou comprendre. Elle garde pour elle ses découvertes, un sourire venant étirer ses lèvres. Le regard de la belle balaye la pièce à  la recherche d’indices qui auraient pu échapper à sa vigilance. Des traces de combats contre les murs. Des marques… Du sang. Des éraflures. Et une grille derrière une cloison.


                - Il est passé par les conduits.

                Derrière elle, le sergent frémit doucement. L'Anzat se dirige vers la grille. Les doigts de la femme effleurent doucement les murs, puis l’acier de la trappe. Elle les porte ensuite à son nez, humant les odeurs.

                - Où mènent ces conduits, sergent ?

                - Je n’en sais rien, madame… Je peux toujours demander un plan du bâtiment.

                « A toutes les unités, une patrouille a cessé d’émettre dans le secteur C-19. Investigation en cours. Prudence recommandée pour tous les agents opérant sur zone et dans les secteurs environnants. »


                - Que pouvez-vous me dire sur le secteur C-19 ?

                - Hmm. C’est une zone dédiée à la maintenance. Enfin je crois. Pas très loin des quais logistiques. 

                La tueuse en série se tourne lentement vers le sous-officier. Son visage s’illumine, son regard s’assombrit. Nouveau sourire. L’homme déglutit péniblement, tente de garder son sang-froid. Ce qu’il parvient à faire… Tant bien que mal.

                - Un plan du bâtiment ne sera pas nécessaire, sergent. Notre tueur a une longueur d’avance sur nous. Mais il ne m’échappera pas. Restez sur zone. Un officier viendra bientôt prélever les preuves que vous avez sécurisé.

                - Euh… Très bien, madame. 

                Le sergent s’écarte pour laisser passer la donzelle, l’observe s’éloigner puis disparaître au détour d’un couloir. Elle a un je ne sais quoi qui ferait trembler n’importe qui, Sith y compris. D’une certaine façon, il s’estime bien heureux qu’elle ne soit pas là pour lui. Il se détend quelque peu, rassuré à l’idée de la savoir sur une piste qui l’emmène loin de lui et de ses petits secrets. Sa mission remplie, il pourra bientôt regagner ses pénates et se foutre les pieds sous la table. Tout roule comme sur des roulettes. Sauf peut-être pour ce pauvre Mynock, a qui eu son compte. Et pour ces abrutis qui lui ont fait la peau, traqués comme du bétail par la moitié des forces de Kuat. 

                Bah ! Pas son problème.

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                  Auteur : Ishiro Shinra

                  L’Anneau de Kuat a des zones où personne ne regarde vraiment : couloirs de maintenance au vernis buriné, sas d’égalisation où le métal respire, passerelles de service qui sentent la graisse froide et le tibanna. Je m’y enfonce comme un noyé dans la vase, et j’éteins tout ce qui me trahit : pas de rythme, pas de but, pas de chaleur apparente. Le Pli anzati. On n’avance plus vers un endroit, on cesse d’exister entre deux points.

                  Pourtant, il y a « l’autre ». Pas un pas, pas une silhouette. Une pression ténue, élastique, qui glisse dans le métal à deux couloirs de distance, puis s’absorbe, puis revient. Pas un genre, pas un souffle marqué : rien que l’intention propre d’un prédateur qui sait ce qu’il / elle fait. Ce n’est ni homme, ni femme, ni troupeau. C’est mieux. C’est intéressant.

                  Je souris — à l’intérieur. J’aime quand la chasse devient réciproque.

                  D’abord, il me faut deux pistes : une qui mène « ailleurs » et une qui n’existe pas.

                  Dans une salle de lavage de filtres, les cuves exhalent des solvants lourds, des algues mortes macèrent dans des paniers d’acier. Parfait pour pourrir un nez bien dressé. Je déchire la doublure de ma veste, trempe le tissu dans le bain décapant, ajoute deux gouttes du sang épaissi du Trandoshan que j’ai laissé derrière moi (notes ferreuses et reptiles), puis je noue la bande à l’intérieur d’une gaine d’aération dont le ventilateur pulse la rumeur toutes les huit secondes. À chaque cycle : une bouffée d’odeur, un soupçon de chaleur, une fréquence qui imite une respiration. Une présence fantôme pour qui « lit » l’air.

                  Sur ce couloir que je veux qu’il / elle prenne, je taille dans le vernis du montant une égratignure oblique courte, puis deux mètres plus loin, sa jumelle inversée. Code vieux comme Anzat : « saut de ligne ». Les nôtres plongent dedans sans réfléchir. Qu’il / elle plonge.

                  Le premier piège « local » doit parler langage industriel, pas assassin. Je soulève le capot d’un pupitre de scrubbing atmosphérique et je simule une anomalie halon : compartiment en test, 90 secondes, volets coupe-feu qui claquent, diffusion à 30 %. Pas létal. Suffisamment brutal pour faire piquer la gorge, alourdir les muscles, instiller la hâte qui ruine la belle technique. Je colle en façade une pseudo-consigne fabriquée avec deux lettres déplacées : « Déverrouillage manuel requis ». Pour couper, il faudra entrer. Sans masque.

                  À l’entrée, je répands au sol un voile luisant de solvant — rien qu’un film — et j’accroche au plafond un tronçon de conduite morte maintenu par un fil monomoléculaire. Le moindre déséquilibre déclenche la chute du cylindre, un bruit plein qui couvre le souffle qu’on vole. Dans l’angle, je bricole une charge sourde : ressort, condensateur de lampe, batterie de comlink ; un flash muet qui lave les capteurs d’un masque nocturne. Au centre, sur dalle sèche, je pose un écrou poli par des années de doigts. Objet banal. Marqueur nerveux. Cinq mètres plus loin, dans la pénombre, un casque CNK frappé au bord. L’odeur de fer. Le souvenir d’un coup.

                  Je referme les volets, laisse une empreinte de paume volontaire sur la barre (qu’il / elle lise, qu’il / elle doute), et je me retire par une trappe de câble — non signalée.

                  Mon vrai chemin est une couture de l’Anneau que seuls les gens de ma sorte voient au premier coup d’œil : échelle d’inspection écaillée, goulotte à palettes bâchées, catwalk au garde-corps desserré. Je descends l’échelle en épousant le montant de ma joue, pour que l’acier boive mon souffle. Je m’accroche à une lanière du convoyeur et me laisse tracter couché ventre au métal. Les galets battent un tempo qui me convient. Je deviens rythme aussi.

                  Je n’ai pas besoin de la Cape de l’Ombre ici. Le chaos du blackout a recollé la foule à elle-même ; l’alerte CNK a retourné des dizaines d’yeux vers la cantina. Dans les entrailles, personne ne cherche « un homme ». On cherche « un motif ». Je m’assure que je n’en suis pas un.

                  Un dépôt de pièces usagées me recrache : droïdes débité·e·s, actionneurs en tas, bacs de graisse à l’odeur rance. Je vole un transducteur optique sur un baliseur de quai — petit miroir parabolique parfait pour « renvoyer » une ligne de visée —, puis je passe une porte « Personnel autorisé ». Le badge volé bégaye, mais s’ouvre. Les néons vibrent. Je casse mes angles dans leur lumière verte.

                  Le fil derrière moi ne rompt pas. L’autre a survécu au halon ? Ou n’a pas mordu ? C’est sans importance. Je ne parie pas sur une erreur ; j’empile des marges.

                  Deuxième étage de la toile : altérer la confiance, pas la vitesse. Je gagne une chambre d’égalisation de pression. Sur le pupitre, je tends une ficelle monomoléculaire depuis le bouton de relance jusqu’à un percuteur bricolé contre une ampoule au sol. Si l’ombre coupe « proprement » par réflexe, verre brisé, flash blanc, bruit sec, et pendant un clignement, le corps réagit au lieu d’analyser. Au plafond, je visse un micro-pulvérisateur et j’y verse une lessive diluée : buée aqueuse qui colle aux cils, aux commissures, aux narines. Goût métallique. Suspicion sensoril / ellele. On perd des secondes à « nettoyer » ses sens. Je les prends.

                  Je sors par l’autre porte, laisse un scellé « QC-12 » mal apposé, comme si un tech pressé l’avait mal fixé. Les yeux humains adorent croire à l’autorité des étiquettes.

                  Ils sont là. Trois CNK. Deux parlent à voix basse, le troisième bâille. Leur posture dit l’habitude, pas l’urgence. Mauvais timing pour eux. Je n’ai pas d’état d’âme ; j’ai des protocoles.

                  Je compte. Cinq pas. Deux colonnes. Une baie. Un caillebotis. Gauche bouchée, droite ouverte, arrière vide.

                  Le premier n’a pas le temps de devenir un problème. Ma main lui couvre la bouche en lui tirant la nuque ; ma pique de Force, repliée, heurte d’un à-coup sec le ganglion sous-mandibulaire. Syncope blanche, chute molle. Il me sert de bouclier.

                  Le deuxième tourne déjà son blaster. Je le prends derrière le premier, avance d’un demi-pas, pique en estoc dans l’interstice de l’épaulière. La vibration me dit « os », mon poignet corrige « nerf ». Il lâche, convulse. Je casse son poignet du talon — réflexe éteint.

                  Le troisième recule d’un demi-pas, hanche qui cherche l’appui. Mauvais réflexe. Je jette au sol mon transducteur ; son viseur renvoyé l’éblouit un battement. J’entre dans sa garde en marche basse. La pique frappe horizontalement la trachée. Le souffle est confisqué. Je l’accompagne au sol, doigts sur la carotide. Trop vite. Puis trop lent. Puis rien.

                  Je les range. Deux sous une passerelle, un dans un casier à vannes. Une bruine de dissolvant sur la zone pour que les capteurs lisent « maintenance ». Aux semelles, j’écrase la mousse de leurs bottes dans la grille jusqu’à ce qu’elle n’existe plus.

                  Je ne ressens pas « l’autre » proche. Pas de joie visible, juste cette suture intérieure qui se resserre proprement. J’avance.

                  Le grand motif

                  Une traque se gagne rarement par un coup. Elle se gagne par une architecture. Mon piège global n’est pas une « trappe ». C’est un rythme imposé.

                  Pousser l’ombre à croire à des bifurcations « logiques » : odeur respirable, trace de paume, casque fêlé, consigne « manuelle ». On suit ce qu’on reconnaît.

                  L’amener sur une spire du ring où le trafic humain et machine se superposent juste assez pour fausser les échos — conduites d’air secondaire, égalisation, catwalk sous turbines.

                  Forcer un choix en apparence neutre : couloir A (panneaux « sortie de secours » clignotants), couloir B (lisse, froid, sans balisage). Les gens entraînés évitent les « sorties balisées » lors d’une traque. Je veux qu’il / elle évite. Couloir B mène à la gorge du système de quarantaine.

                  Déclencher un cycle de test automatique au moment exact où « l’autre » s’y engage : fermeture des coupe-feu, inversion de pression, brume antiseptique. Rien de mortel. Tout ce qu’il faut pour réécrire son timing et sa proprioception.

                  Synchroniser le tout avec une fausse balise com que je lâche dans les ondes de sécu locale, juste assez sale pour que les CNK la captent « par accident » : patrouilles décalées, couloirs barrés, priorités déplacées. Je laisse eux aussi tirer le lierre dans la direction que j’ai choisie.

                  Je n’ai pas besoin de tout « voir ». Je dois seulement être l’absence qui ordonne.

                  Le frisson utile

                  Je m’accorde le luxe rare d’une seconde pour goûter à ce que je fabrique. Les meilleurs chasseur·euse·s ne sont pas ceux qui courent le plus vite. Ce sont ceux qui imposent aux autres leur respiration. Là, dans la gorge de Kuat, tous mes fils sont tendus : solvants, halon, flash, buée, miroirs, consignes, sécu, portes. Si l’autre n’est pas des nôtres, il / elle trébuchera. S’il / elle l’est, il / elle ralentira. Dans les deux cas, j’ai gagné ce qui n’a pas de prix quand on disparaît : du temps.

                  Un murmure pour la tôle — indulgence puérile, peut-être, mais je l’aime.bée

                  « Là-bas. »

                  La chambre froide

                  Je rejoins la spire que j’ai choisie pour le cœur de ma toile : la section de quarantaine « 07-S ». Le plafonnier couine ; le couloir fait un angle mou et le sol est trop propre. Les gens « normaux » ne passent pas ici. Bien.

                  Je ôte du mur un panneau « Test ajourné ». Je le remets à l’envers. C’est insignifiant. C’est pour moi.

                  La console du local technique est verrouillée par un code obsolète de tech paresseux. Je le casse au deuxième essai. Je n’y inscris pas mon nom. Je me contente d’outrepasser le cycle de test qui devrait être hebdomadaire, je force la pré-dépression à +15 % et je « grille » le capteur d’état des coupes-feu gauche/droite pour la régulation croit qu’elles sont ouvertes, alors qu’elles claqueront à l’ordre du test. Trois secondes de différence à la fermeture. Trois secondes où les pieds hésitent et l’air repart en arrière. C’est là qu’on dépense les tendons.

                  Je règle la brume antiseptique en diffusion courte et morcelée — saccades, pas nuage —, pour mimer des « pas » dans l’air. Je déclenche par minuterie avec une latence d’un couloir, celle que j’ai calibrée en descendant. Et j’ajoute une sonnerie de « défaut mineur » sur la section d’avant, pour attirer une patrouille CNK à contretemps. Qu’ils arrivent trop tôt, qu’ils repartent trop vite, qu’ils bousculent l’ombre s’il / elle s’y trouve.

                  Je n’ai pas besoin d’être là quand ça se ferme. Je veux juste que ça se ferme quand il / elle y est.

                  Sortir — sans existences

                  J’emprunte l’échelle noyée derrière un capot « interdiction de manœuvre ». Les doigts sentent le métal froid, l’épaule entaille, mais le bras tient. En bas, un collecteur de palettes avale des caisses de connectique. Je glisse dedans une seconde, me laisse porter jusqu’au hub de distribution « HZ-12 ».

                  Dans le hub, je me rhabille d’un autre moi. J’arrache une veste beige à un portemanteau, pique une casquette graisseuse « sous-traitant », glisse un badge magnétique dans ma manche pour faire croire à un bip. Je change de marche, de cadence, de hauteur d’épaule. Je n’ai pas « hâte ». J’ai « une tâche ».

                  Un agent CNK me croise. Il cherche une « course ». Je lui offre un « trajet ». Son cerveau ne s’arrête pas.

                  Je laisserai encore derrière moi deux miettes, presque invisibles : un tournevis oublié sous une console — pas le mien ; la trace franche d’un gant sur une barre — pas à ma taille ; une odeur d’algue qui colle dans la gaine — pas mon sang. Tout ce qui dit « quelqu’un » sans dire « moi ».

                  Il me reste une chose à déposer : un silence. Dans une petite trémie à déchets secs, j’installe un respirateur d’appoint, un sac de patchs de chaleur, une cape de service noire — peau d’ombre prête, si jamais la toile cédait. Trois voies de fuite y convergent qui n’existent pas sur les plans : ventilation secondaire, catwalk d’inspection, gouttière à câbles. Non pas parce que j’en aurai besoin. Parce qu’un assassin heureux n’est pas celui qui gagne. C’est celui qui garde toujours un étage en plus sous ses pieds.

                  Je laisse au métal un dernier mot, chuchoté comme un secret de gosse :

                  « Cherche encore. »

                  Je n’ai pas « semé » l’autre. Je l’ai forcé·e à danser au tempo de Kuat, pas au mien. La différence est fondamentale. il / elle peut être déjà en train de glisser entre mes volets, de cracher la buée de lessive, de rire dans son masque de ma halon timide. Ou il / elle peut être là, couché·e, muscles lourds, oreilles qui bourdonnent, en train de se promettre de me faire payer l’affront.

                  Je ne saurai pas laquelle des deux est vraie aujourd’hui. Cela m’amuse. Parce que tout ce que j’ai réellement voulu, je l’ai obtenu : le droit d’être le premier à choisir le prochain terrain.

                  Je prends le couloir qui sent la poussière sèche et la colle de caoutchouc. Une porte vibrante, un quai secondaire, des holos test qui clignotent. Je me fonds dans le chuintement des chariots et le raclement des bottes rincées. Le badge pique, le portique baille, je passe.

                  Ce n’est pas une fuite. C’est une omission.

                  Au loin, presque perçu par les os, une vague onde de pression — quelque chose a claqué, plus haut, plus tôt. Peut-être mes coupes-feu. Peut-être autre chose. Je n’ai pas besoin de savoir. Je garde pour moi un fragment de plaisir net, propre : la sensation du fil que j’ai tendu, qui vibre au lointain.

                  Une dernière fois, à peine un souffle :

                  « À toi de jouer, ombre. »

                  Je deviens le bruit de fond du ring, l’erreur de mesure dans un relevé d’ingénieur, la fuite statistique qu’on met sur le compte de l’usure. Une absence, en marche. Une toile abandonnée qui continue de chasser toute seule. Et, quelque part, quelqu’un — ni homme ni femme, juste « l’autre » — qui vient d’apprendre mon nom sans l’entendre.

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                    Post n°30
                    Auteur : Hivernus

                    Des colonnes entières de policiers arpentent désormais les rues du quartier. Les blocs d’habitations se remplissent peu à peu de bruits de bottes, de tambourinements sur les portes, de consignes et d’injonctions à suivre. Ceux qui résistent sont appréhendés ou neutralisés par la force. Les fouilles permettent de découvrir des caches d’armes, des pamphlets révolutionnaires, de la drogue ou des objets de contrebandes. Ici et là, quelques véhicules viennent ramasser délinquants, suspects et réfractaires à l’ordre. On en vient à maudire les forces de sécurité et ce fichu Bothan qui est la cause de tout ce merdier. 

                    Pour l’heure, aucune trace du fugitif. Mais cela ne saurait tarder… 

                    L'étau se resserre à chaque instant. La promesse d’une récompense semble délier les langues et plusieurs dénonciateurs attirés par l’appât du gain dirigent les équipes de recherche vers de nombreuses pistes crédibles. Le Bothan se serait réfugié dans un vieux bloc d’habitation occupé par la classe ouvrière ou planqué dans un vieux bâtiment désaffecté de la zone. On l’aurait vu en compagnie d’une crapule ou d’un anarchiste. Certains évoquent le profil du sympathisant. Vieux ou jeune, profil humain, type à l’apparence négligée, tenue d’ouvrier. Divers informateurs sont mis à contribution. On leur demande de fouiner ici et là, de mettre à profit leur réseau de contacts pour savoir ce qui peut en ressortir. 

                    Maurra et Jehena coordonnent leurs efforts avec les chefs d’équipes des forces de sécurité locales. Leur expertise semble précieuse. Elles savent comment trouver des indices, où chercher, quoi faire. Le secteur est désormais entièrement bouclé. Nul ne peut entrer ou sortir de la zone sans passer devant une patrouille de police ou un point de contrôle temporaire. Les deux jeunes femmes s’apprêtent à entrer dans un énième appartement en compagnie d’une unité de sécurité lorsque leur comlink se met à biper. Maurra fait signe à sa comparse qu’elle compte prendre l’appel, lui laissant la supervision des opérations.


                    - Ici Maurra, j’écoute.

                    - Maurra, je suis en train de suivre une piste et il me faut quelqu’un pour sécuriser les preuves au sein de la cantina. Je doute que l’on puisse faire confiance aux types de l’unité d’intervention déjà sur place. Ils pourraient faire disparaître des éléments ou les remplacer pour orienter l’enquête dans un sens ou l’autre.

                    - Je comprends, maîtresse. Je me dirige vers la cantina pour surveiller les agents de l’unité d’intervention et récupérer les preuves.

                    - Très bien. Sois prudente, Maurra. Nous ne pouvons faire confiance à personne.

                    - Bien évidemment, maîtresse… 

                    La communication se termine sur ces derniers mots. La jeune femme sait ce qu’elle doit faire. Il lui faut juste prévenir sa comparse de sa nouvelle tâche… Et s’assurer désormais que rien n’échappe à son attention.






                    Azah Suutrar remonte la piste dans les couloirs de maintenance. Elle progresse rapidement, tel un limier excité par la promesse d’une chasse fructueuse. La tueuse s’intéresse aux bruits, aux odeurs, aux vibrations. Ici et là, quelques leurres qui doivent tromper sa vigilance, la mener sur de fausses voies. D’abord un émetteur planqué dans une canalisation puis une bande de pansement tâchée de sang et un morceau de manche jetés dans un bac de collecte. Les odeurs changent peu à peu alors que l’Anzat poursuit son investigation. Le métal et l’huile laissent leur place aux solvants industriels, aux produits chimiques. Ces changements brusques dans l’environnement olfactif pourraient sans aucun doute perturber le flair des chiens de traque, des molosses dressés à la recherche de fugitifs.

                    La première des lames d’Hivernus esquisse l’ombre d’un sourire, amusée. Celui qu’elle traque sait comment s’y prendre pour semer ses poursuivants. Il dissimule ses odeurs corporelles, laisse de faux indices, passe en des endroits peu fréquentés voire difficilement accessibles et camoufle sa présence par le silence de ses actes. C’est un professionnel, un habitué de ces missions.

                    Tant mieux. La récompense et le plaisir de le capturer n’en seront que plus grands.

                    Azah Suutrar n’est pas le commun des mortels. Elle a derrière elle des décennies de pratique et a été instruite par les meilleurs professeurs en la matière : des maîtres assassins Anzati qui ont à leur palmarès des centaines de victimes. Et elle a eu son lot d'expériences en traquant des dizaines de proies à travers la galaxie. La tueuse en série sait donc comment lire les indices invisibles, respirer les fluides presque inodores et prendre conscience des perturbations dans l’air. Elle passe par de vieux systèmes de canalisation et diverses conduites d’aération, suivant une piste que seuls ceux de son espèce peuvent voir. Le secteur de la maintenance laisse place à celui de la logistique. Le monde silencieux des égouts et des salles techniques s’efface au profit de l’univers bruyant des quais de déchargement et des entrepôts bondés de droïdes et d’ouvriers. L’assassin espère désormais se dissimuler au milieu de la foule… 

                    L’odeur de lessive industrielle mène l’Anzat vers un nouvel indice : une veste abandonnée au sol. La lame d’Hivernus y remarque un signe très intéressant. Là, sur le col, se trouve la marque d’une griffe. Un symbole que la belle reconnaît rapidement. Le tueur est donc l’un des siens, comme elle s’en doutait déjà. Voilà qui rend les choses plus complexes mais également bien plus distrayantes à ses yeux. Elle en vient à se demander pourquoi laisser une telle marque. Est-ce là une preuve d’assurance, un signe d’arrogance ou une trace destinée à de potentiels congénères ? Azah Suutrar se pose de nombreuses questions. Elle cherche à cerner ce mystérieux tueur afin de mieux le comprendre, d’anticiper ses prochaines actions. Elle porte doucement la main vers son comlink, son regard filtrant l’espace environnant à la recherche de traces.


                    - Centre de contrôle, ici Unité Spéciale. Je poursuis actuellement un fugitif dans le secteur de la logistique. Description de l’individu non déterminée. Profil dangereux et professionnel confirmé. Il cherche probablement à fuir l’Anneau en empruntant une navette. Je recommande la prudence aux unités d’intervention. Faites boucler la zone et confiner le personnel des quais dans des endroits faciles à contrôler.

                    « Ici centre de contrôle, bien reçu Unité d’Intervention. Votre requête a été transmise aux unités de terrain. Les patrouilles locales ont été alertées. D’autres équipes sont actuellement mobilisées et devraient se diriger sur zone d’ici peu. »


                    Alors qu’elle poursuit son observation des lieux, une odeur de lessive industrielle familière vient bientôt saisir son attention. L’assassin a laissé une trace… Une piste. Erreur bête ou volontaire ? Cela reste encore à voir. Azah Suutrar s’empare à nouveau de son comlink, réglant son appareil sur la fréquence de l’équipe de protection du sénateur Blokkus. Peut-être que les gardes du corps du Hutt peuvent avoir une utilité après tout… S’ils daignent vouloir bouger leurs fesses.

                    - Unité Spéciale à Équipe Sebens, j’ai suivi la piste d’un assassin qui a échappé à la vigilance des forces de sécurité locales et qui se trouve actuellement dans le secteur des quais logistiques. Le suspect est un Anzat armé et dangereux, un professionnel qui aime semer des leurres et emprunter des chemins inhabituels. Faites preuve de prudence car il nous vous accordera aucune pitié s’il vous tombe dessus.

                    Elle marque un léger instant de pause avant de poursuivre.

                    - Je vous tiendrai au courant si j’en apprends plus sur notre assassin.

                    L’Anzat reprend sa traque, suivant son congénère à l’odeur tout en faisant attention aux indices visuels qu’il peut laisser ici et là. Elle est sur sa piste. Une piste qui la conduit d’abord dans une salle de lavage de filtres. L’air est vicié par les résidus chimiques, perturbant son odorat. Malin. Son nez remarque toutefois une note singulière dans ce mélange de solvants industriels… Du sang. L’odeur l’amène vers une gaine d’aération et elle s’y infiltre sans se poser de question, sondant les environs en utilisant tous ses sens pour se prémunir du moindre danger. 

                    La belle tombe sur de nouveaux indices. De nouvelles marques qui lui sont destinées. La tueuse en série comprend alors que l’assassin qu’elle traque cherche à la conduire exactement là où il veut. Mais la première des lames ne tombe pas dans le piège. Elle préfère contourner ce qui lui semble évident, emprunter un autre passage, utiliser son flair pour pister l’autre sans s’exposer inutilement.

                    Et c’est ce qu’elle fait, en silence, sans un bruit. Elle est une ombre invisible, une silhouette sans contour, une vague forme qui glisse dans l’obscurité.

                    La traque se poursuit, quelques corps portant les marques de l'assassin Anzat sont découverts, les pièges sont de plus en plus nombreux et la piste se resserre. Le tueur se sent acculé. Il cherche à rythmer le jeu, à fatiguer le chasseur afin qu’il devienne proie. Mais on ne fatigue pas Azah Suutrar. La donzelle marque des arrêts, analyse la qualité des engins improvisés et des systèmes bricolés par son congénère. Il tisse une toile, se construit un réseau dont les moindres ramifications sont interconnectées. L’assassin sait ce qu’il fait, ce qui démontre qu’il a une certaine expérience derrière lui. A chaque pause, la donzelle en profite pour relayer sa position aux forces de sécurité et aux Sebens du Hutt afin qu’ils puissent suivre sa piste. 

                    L’autre souhaite la duper. Mais l’Anzat au service du seigneur Hivernus compte bien développer un piège de son propre cru. 

                    Une nouvelle dynamique commence. Chacun cherche à débusquer l’autre sans se faire prendre à son propre jeu. Il n’y a plus de chat et de souris… Uniquement deux chasseurs qui s’observent sans se voir, qui se testent discrètement afin de mieux se comprendre. La tueuse en série préfère pour l’heure rester en retrait, privilégiant une position surélevée pour surveiller de loin ce qu’il se fait dans le coin. 

                    Quelques patrouilles commencent à affluer dans le secteur. Les agents des forces de sécurité sont méthodiques dans leurs mouvements mais bruyants, peu discrets. Bruits de bottes, respirations régulières, ouvertures de portes, transmissions via comlinks. Azah Suutrar peut les entendre à des lieues à la ronde. Une distraction idéale… Et un appât de choix. La belle doute que l’autre soit assez stupide pour engager le combat cependant. Il préférera sûrement se dérober, tendre des pièges afin de retarder l’inévitable… Mais lorsqu’il sera acculé, encerclé de toute part, il lui faudra alors s’exposer et prendre des risques. 

                    Et à ce moment-là, la première des lames sera prête à frapper.

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                      Post n°31
                      Auteur : Ishiro Shinra

                      Je choisis un lieu qui ment bien.

                      Un segment oublié entre deux veines vivantes de l’Anneau : à l’est, la logistique, son vacarme de chariots et ses alarmes muettes ; à l’ouest, la maintenance lourde, ses cathédrales de tuyauteries et ses coupoles où l’air change de peau. Entre les deux, un couloir de service que personne ne revendique, qu’aucun plan ne répare, dont l’éclairage se contente de mourir par intermittences. C’est là que je décide d’exister pour quelqu’un d’autre. Juste assez. Pas davantage.

                      Le sol est un palimpseste de passages : frottis d’huile sèche, griffures d’échelles grimpées trop vite, transferts de poussière au ras des plinthes. J’efface, puis je réécris. Avec parcimonie. À hauteur de hanche, je laisse un frottement coude-métal, mat, elliptique, qui dit la précipitation contenue. Au sol, je dépose une fatigue : la trace inégale d’un talon « qui s’alourdit » — non pas le mien, mais une empreinte moulée, que je brise aussitôt d’une micro-glissade volontaire. L’œil qui sait lira « blessure ». L’œil qui sait davantage hésitera. Je veux précisément cet entre-deux : qu’elle entre en confiance en luttant contre sa propre méfiance.

                      La lumière ici ne « fonctionne » pas : elle propose. Un néon long comme une rumeur palpite à intervalles réguliers, mais irrégulièrement espacés. Je synchronise ma scène sur sa respiration. Quand il meurt, je déplace. Quand il revient, je fige. Je laisse même, au mur, la silhouette d’une main passée au chiffon — claire, trop claire. Une main qui aurait récuré une suée. Une main coupable. Cette main-là n’est pas la mienne. Elle existe « pour être vue ».
                      Je compose l’air.

                      En amont, j’ouvre discrètement un by-pass de circulation, dérive un filet d’atmosphère des étuves vers ce goulot. Mélange simple : tièdeur de linge industriel, solvants édulcorés, soupçon de tibanna résiduel. Trois couches qui n’appartiennent pas à la même histoire, mais racontées ensemble, elles semblent « vivre ». Ça suffit à nourrir un nez entraîné sans l’assouvir. Et dans cette soupe, j’infuse deux phrases supplémentaires : une note d’ozone (un relais électrique qu’on fait crépiter sans alerter), et plus rare, plus intime, une poussière de peau chauffée — à peine. Assez pour réveiller la mémoire d’une poursuite réussie. Assez pour qu’elle pense « je le tiens ».

                      Je ne suis pas là.

                      Je suis plus loin, à la courbe, là où le couloir épouse la coque et se transforme en gorge acoustique. J’y ai placé ma voix, ou ce qui peut passer pour elle : un minuscule haut-parleur passif, sans alimentation, greffé contre une conduite tiède. Il ne « parle » que si l’on respire fort à proximité — la colonne d’air de la chasseuse devient l’amplificateur du piège. Alors, parfois, l’écho de ma respiration « revient », faible, cassé par le métal. Parfois pas. Deux déclencheurs — la fréquence et le débit — que nul ne soupçonne. C’est son souffle qui décidera d’entendre le mien.

                      Je trace la géométrie.

                      La gorge mène à une porte coupe-feu latérale, type « L-22 » : lourde, mais capricieuse, avec ce retard d’embrayage que j’ai déjà exploité. Derrière, une chicane d’inspection, puis un réduit — demi-lune nue, mur brut, deux armoires électriques et un œil de bœuf grillagé qui donne sur rien de romantique, seulement un puits de ventilation où le bruit tombe comme une pluie oubliée. Sur le papier, c’est un cul-de-sac. Dans l’imaginaire de celles et ceux qui n’aiment pas « les culs-de-sac », c’est une cage. J’organise tout pour que cela en ait l’odeur et le goût.

                      Sur le seuil de la L-22, je laisse un fil rompu — cuivre millimétrique — et, juste à côté, une goutte de sang. Pas rouge vif. Terre brûlée dans l’ombre. Trop peu pour crier. Trop présent pour être ignoré. À trente centimètres, je scotche, sous le retour de tôle, un pansement frangé de fibres qui n’appartiennent à aucun uniforme standard. Qu’elle le voie. Qu’elle croie l’avoir « découvert ». Qu’elle goûte, une seconde, la chaleur d’un récit qui l’adoube.

                      Je règle le temps.

                      Les coupes-feu sont esclaves de la pression. J’ai truqué le capteur. Quand la porte s’ouvrira, l’algorithme croira à une sur-pression lente, anodine, qui engendrera un cycle de compensation… en trois étapes. Trois soupirs qui, dans l’oreille, ressemblent à une présence qui se déplace. D’abord à droite, puis derrière, puis tout près. On n’écoute pas « une porte ». On écoute « un prédateur ». C’est là toute la manœuvre.
                      Dans le réduit, j’ai posé la scène comme un décor de théâtre discret. À gauche, je laisse une armoire entrouverte, ses relais dormants à la vue, ses rubans câblés comme des tripes sages. Au sol, j’ai disposé un tapis de poussière « réglée » : striée de lignes perpendiculaires, à peine droites, juste assez fausses pour que la vraie ligne — la mienne — se fonde parmi elles. Tout autour, j’inscris des micro-événements contradictoires : une semelle « entre », mais la poussière retombe « contre » le sens attendu ; un frottis de tissu « sort », mais sur la tranche du montant « intérieur » ; un cheveux court, luisant, capturé dans une vis cruciforme — humain, oui, mais pas le mien, pas ici, pas cette heure. Qu’elle sente l’évidence. Qu’elle trébuche sur l’excès d’évidence.
                      Au mur du fond, j’ai laissé une marque. Subtile. La griffe. Pas le signe entier — une seule incision, invisible au non-initié, placée là où la main caresse quand elle doute. Une ligne qui ne dit rien et dit tout à celles qui connaissent la langue. Elle peut signifier « je saigne », « je suis passé », « je te vois », « tu es tard ». Les nôtres choisissent. Je veux qu’elle choisisse mal.

                      J’offre une issue.

                      À l’angle de l’œil de bœuf, je n’ai pas desserré les boulons. J’ai seulement « vécu » avec le métal plusieurs minutes, pour qu’il garde la mémoire de doigts insistants, pour que la chasseuse « sente » que cède là où je n’ai jamais voulu passer. À deux pas, en revanche, sous une marche impossible — la troisième, toujours elle —, le seuil abat-jour cache une trappe de test, minuscule, qui donne, par le ventre, sur un anneau d’équilibrage. C’est mon couloir. Mes pieds n’y marqueront rien. L’air y parlera pour moi.

                      Je prête des voix.

                      Un faux comlink — récupéré et re-sculpté — repose sur le bord d’une armoire, recouvert d’un chiffon qui ne recouvre rien. Il ne capte pas, il émet un faux « presque-signal » quand on le manipule, assez pour engendrer, dans une oreille habituée, ces micro-ajustements d’attention qui avalent une seconde, deux, trois. Une chasseuse qui prend, qui soupèse, qui compare ce bruit à ceux de sa mémoire… perd du temps. Et dans cette seconde, la L-22 s’ébrouera une fois encore, soupirera à l’arrière. Qui surveille l’arrière quand le trophée pèse dans la main ?
                      Je fais semblant de me planter.
                      En amont de la gorge, dans l’ombre de la courbe, j’abandonne une « carte » textile — badge RFID textile d’un sous-traitant — percée d’une agrafe mal repliée. L’agrafe a laissé une griffure brève sur le plastoïde adjacent, tournant « vers » la gorge. Ce sont des petites choses, mais les petites choses que nos yeux aiment aligner en flèche. Qu’elle la suive. Qu’elle se félicite de sa froideur pour avoir résisté à trois autres invitations avant d’accepter celle-ci. Qu’elle pense « ça, c’est moi qui l’ai choisi ».

                      Je remplis le silence.

                      La gorge est un instrument. Je la règle sur un souffle qui ne peut pas être le mien — trop lent, trop plat —, puis je la dérègle d’un rien, pour que quelque chose d’organique en sorte. Entre deux battements de ventilation, j’invite de minces feuilles d’aluminium à tinter presque comme une chaîne. Le cerveau finit les sons qu’on lui propose. Qu’elle entende ses fantômes. Qu’elle les combatte et s’y attarde. Chaque combat est un pas qu’on ne fait pas.
                      Je fabrique une promesse.
                      Avant la gorge, sur la paroi froide, je colle un patch thermique défectueux — volontairement — qui s’allume quand on le frôle. Il réchauffe le métal d’un degré, deux. Pas assez pour être visible à la caméra, mais suffisamment pour que la main qui « connaît » la conduite se dise qu’un corps est passé. À hauteur d’épaule, je laisse, piégé dans le joint, un cheveu très sombre, torsadé. Pas le mien. Une offrande. Un clou dans la bouche d’un sanctuaire. Les chasseurs ont leurs cultes.

                      Je glisse ma voix — la vraie, cette fois — comme on signe un billet qu’on n’enverra pas. Sous ma langue, un souffle posé sur un fil, à peine plus qu’une intention.
                      « Tu es proche. »
                      Rien d’autre. Le reste, l’Anneau l’inventera.

                      Je m’éloigne alors, sans m’éloigner. Je me replie dans le ventre des structures, sens sous mes paumes la chaleur que la coque emmagasine. À portée de vue, la scène respire déjà sans moi. Elle vit. Les coupes-feu soupirent sur commande. L’air se met à avoir de la mémoire. Les poussières redeviennent des écritures. Les traces se contredisent avec douceur — jamais assez fort pour créer la méfiance, juste assez pour flatter la compétence de la chasseuse : elle pensera « je l’ai corrigé ». Personne ne résiste longtemps au plaisir d’avoir raison.
                      Je prévois l’erreur qu’elle ne commettra pas, et la remplace par une erreur qu’elle acceptera. À l’entrée du réduit, d’un côté, j’ai laissé un morceau de manche — découpé, fil tiré, avec un micro-rimbus de solvant. Le classique. Trop classique. Une Anzat mordue sourira et soufflera dessus avec mépris. C’est ce que je veux. En se privant de ce leurre-là, elle avalera l’autre sans le voir.
                      L’autre est partout.

                      Dans la gorge, j’ai réglé le délai si fin que la respiration de qui s’avance déterminera la chorégraphie du son. Si elle avance vite, « je fuis » ; si elle avance lentement, « je m’embusque ». Dans les deux cas, la porte au fond du réduit, elle, aura le bon réflexe : une seconde de sur-fermeture qui grogne — bruit d’une bête qui refuse —, assez pour que la chasseuse sente la cage, trop peu pour qu’elle s’arrête. On s’arrête devant la preuve, pas devant la vraisemblance.
                      Les patrouilles ruissellent déjà dans les travées voisines. Je les veux. Elles sont le décor sonore de la promesse : ce petit bruit d’urgence qu’une professionnelle aime dompter. Elles donnent à l’air une densité qui conforte les certitudes : « je suis là où ça se joue ». En réalité, ça se joue un mètre à côté, sous la troisième marche. Là où la poussière est neuve parce que personne ne s’y couche jamais. Là où mes doigts ont déjà appris la poignée invisible par cœur.

                      Je sème deux phrases finales, à double fond.

                      Sous le faux comlink, j’ai glissé un micro-papier hydrophile imbibé de brume antiseptique séchée. Si l’on soulève l’appareil avec la hâte de l’appropriation, la paume se mouille à peine, juste assez pour transmettre une odeur « vivante » au papier qui suivra. Ce papier, c’est l’étiquette d’un vieux disjoncteur « DÉRIVATION A-13 ». Elle retiendra l’effluve, la donnera au nez, qui la redonnera au cerveau. Qui validera. Qui descendra.
                      Et sur la cornière du seuil, j’ai posé — posé, pas abandonné — un écrou poli. Trop propre pour avoir roulé. Trop net pour avoir été oublié. Celle qui connaît nos façons lira « défi ». Celle qui croit nous connaître lira « suffisance ». Dans les deux lectures, on s’engage. On s’engage en croyant choisir.

                      Je laisse, enfin, la salle apprendre son rôle en mon absence. Elle sait déjà quand respirer, où briller, quoi dire. Elle sait où conduire. Elle sait aussi que je ne reviendrai pas tout de suite. Il n’y aura pas de face-à-face ici. Ce n’est pas un théâtre pour couteaux. C’est un théâtre pour certitudes.
                      Au loin, l’Anneau claque une gouttière. Des voix montent, se répercutent, s’aplatissent. Mon piège global n’est pas « un endroit », c’est une somme de petites promesses tenues à demi. J’ai tendu des fils dont chacun, pris seul, pèse moins qu’un soupir. Ensemble, ils tiennent un monde.
                      Si l’ombre qui me suit a la qualité que je crois, elle entrera dans cette pièce avec la grâce des nôtres. Elle soupèsera, corrigera, contournera même l’évidence que j’ai grossie à dessein. Elle pensera, peut-être, qu’elle s’est autorisée à ignorer le mensonge banal pour épouser la vérité fine. Alors la gorge lui rendra mon souffle qui n’est pas le mien. La porte louvoiera. Le métal aura le goût exact de la peau chaude qu’elle souhaitait. Et sous ses pieds, la poussière striée lui dira que je me suis acculé — tout en l’amenant à une marche qu’on ne regarde jamais.

                      Quand elle comprendra — car elle comprendra —, il n’y aura encore rien à prendre. Pas de silhouette qui s’arrache à l’ombre. Pas de vibro-lame qui appelle la lumière. Juste un après. Juste la sensation infime d’avoir traversé une présence qui n’était qu’un programme d’air et de poussière. Juste assez de frustration pour pousser plus loin. Juste assez d’orgueil pour revenir. Juste assez de goût pour croire, la prochaine fois, qu’elle choisira mieux.
                      Je ne veux pas sa chute. Pas encore.

                      Je veux sa certitude.

                      Je me retire alors d’un cran supplémentaire, coulé dans un autre couloir, où d’autres respirations me servent d’écran. Je passe devant des vies qui n’ont pas mon nom, emprunte la banalité comme on enfile un vêtement sec. Ma main frôle une balustrade et s’en souvient, au cas où. Mes yeux se posent sur un plan d’évacuation et ne le lisent pas : ils l’absorbent.

                      Je m’éloigne, et la scène, derrière moi, se ferme — doucement, exactement au moment où l’on se croit « plus dedans que dehors ». C’est là que les bonnes chasses commencent.

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                        Post n°32
                        Auteur : Blokkus

                        Dans le bâtiment réquisitionné, tandis qu'Inaba montait la garde, ses vibrolames à la main tout en maintenant à distance l'officier Kuati, les Sebens menaient les interrogatoires, chacun à sa façon, Yoshio lui usait de psychologie pour briser son prisonnier lui promettant un long séjour au bagne de Kessel, Mifuné, lui préférait laisser parler ses poings sa victime encaissait les coups mais n'avouait pas, peut être tout simplement parce qu'il n'avait rien à avouer. Keiko utilisait une vieille méthode, il avait réussi à capturer un rat mutant dans la rue , il l'avait coincé dans un seau en duracier et avait collé le fond contre l'abdomen de sa victime, il allumait un zippo contre le fond et la créature creusait à même la chair pour s'échapper mais encore une fois point d'aveu. Peut être qu'a coté, Seiji et sa matraque électrique aurait plus de réussite ,  visiblement pas.
                        Minoru lui plongeait régulièrement le visage de son prisonnier dans une barrique remplie d'eau, simulant une noyade mais aucun renseignement utile ne sortait de la bouche de l'interrogé.
                        Enfin, Daisuké, plus technique, avait relié une batterie à la peau de son prisonnier grâce à des pinces en acier et malgré les décharges électriques , il ne crachait pas le morceau, à croire que toutes ses crapules n'avaient rien à voir dans cette histoire.
                        Le sous officier resté à l'extérieur entendait les hurlements de douleur et autres supplications, il avait menacé d'appeler ses supérieurs si cela ne cessait pas immédiatement.
                        C'est à ce moment que sortit le leader cyborg tout en s'essuyant négligemment les mains  avec un chiffon;

                        -On n'obtient pas de résultat, il faut passer au plan B!

                        Les autres mercenaires sortirent à leur tour du bâtiment, certains avaient des traces de sang sur leurs vêtements, le Kuati alla vomir dans un coin, faisait sourire certains Sebens, ils comprenaient maintenant pourquoi on avait fait appel à eux, les forces locales étaient trop tendres.
                        C'est à ce moment que Minoru reçu un message prioritaire sur son comlink crypté;


                        Code
                        - Unité Spéciale à Équipe Sebens, j’ai suivi la piste d’un assassin qui a échappé à la vigilance des forces de sécurité locales et qui se trouve actuellement dans le secteur des quais logistiques. Le suspect est un Anzat armé et dangereux, un professionnel qui aime semer des leurres et emprunter des chemins inhabituels. Faites preuve de prudence car il nous vous accordera aucune pitié s’il vous tombe dessus.



                        Yoshio ne savait pas qui était cette unité spéciale, mais ce qu'il savait c'est qu'elle sous estimait les Sebens, ils n'avaient pas traversé nombre de champs de bataille pendant les guerres cloniques pour se faire ridiculiser par un vulgaire assassin. Il ordonna à ses hommes:

                        -La chasse reprends les enfants! cap sur les quais logistiques!

                        Certains sourirent tandis que d'autres vérifiaient leur armes, ils laissaient les prisonniers, enfin ce qu'il en restait au sous officier, à lui de se débrouiller pour les transporter à l'hôpital le plus proche, mais il ne fallait pas qu'il tergiverse, certains étaient bien amochés.
                        Les Sebens eux s'étaient déja mis en route...


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                          #33

                          Post n°33
                          Auteur : Super PNJ

                          Bureau Fédéral d'investigation
                          Section E



                          La République Fédérale était enfin la officiellement... la navette du Bureau Fédéral d'investigation en provenance de coruscant venait d'apparaitre dans l'espace réel, après avoir contacté le vaisseau du Seigneurat de Bajic, ils avaient escorté le sénateur Blokkus à l'intérieure de la navette modifiée. Le Hutt avait semblé être déçu, sans doute s'attendait il à une démonstration de force avec l'arrivée d'une flotte de combat, mais ce n'est pas ce qu'avaient convenu le colonel Furax, chef du SRR et le directeur Gohmhen du BFI,  c'était la Section E chargée des opérations spéciales qui avait été chargée de venir enquêter sur Kuat après la découverte d'un étrange groupe terroriste hérité de l'empire passé.
                          Le Hutt, escorté par sa bande de criminels, avait donc débriefé rapidement le chef de section Mat Graver, il lui avait surtout recommandé de faire preuve de discrétion dans cette affaire.
                          Graver n'était pas un enfant de chœur, ancien commando il avait combattu lors de la bataille de la Forge Stellaire, son équipe était constituée de vétérans qui ne reculaient devant aucune méthode pour arriver à leurs fins.

                          Après avoir obtenu l'autorisation des autorités locales, les membres de la section arrivèrent sur l'anneau dans le secteur ou s'était déroulé l'assaut de la cantina.
                          Selon les rapports que Mat avait pu consulter, il y avait eu des morts, des prisonniers et des terroristes en fuite.
                          Graver décida de se concentrer sur les fuyards, il doutait que les prisonniers fassent vraiment partie du complot, sans doute des seconds couteaux ou des individus au mauvais endroit au mauvais moment.
                          Sa prothèse oculaire droite se mit à briller avant qu'il ordonne à ses hommes:

                          -On a plusieurs cible en fuite! 
                          Certaines ont été repérés par les holocam de surveillance! on bouge!

                          Les commandos vérifièrent leur arme, pour cette mission, ils voyageaient léger , armure dissimulée sous les vêtements et pistolets ou fusils blaster à canon court, de la discrétion, c'est bien que leur avait demandé le Hutt...

                          Spoiler
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                            #34

                            Post n°34
                            Auteur : Hivernus

                            Les patrouilles se lancent à la poursuite du suspect dans les méandres de l’Anneau, quadrillant méthodiquement la zone de recherche. Azah Suutrar suit la progression des unités de terrain à distance, écoutant les échanges que les agents transmettent par comlink. Les hommes sont visiblement sous tension. Quelques-uns d’entre eux tombent dans des pièges tantôt inoffensifs, tantôt dangereux. Chutes, brûlures, impasses… On en vient même à trouver les corps d’un trio de soldats, probablement victimes d’une embuscade. L’assassin joue avec leurs nerfs, cherchent à les essouffler, à leur faire perdre la raison. Et cela semble en partie marcher. 

                            Diverses transmissions font état de bruits de pas, de respirations bruyantes, de chuchotements étranges, de tintements suspects et d’indices trompeurs. Les agents des forces de sécurité se sentent encerclés de toute part par des sons dont ils ne peuvent pas définir la provenance. Ils ne savent plus où donner de la tête, perdent patience. Le tueur cherche à tromper leurs sens afin de conserver l’avantage. Il veut gagner du temps, les attirer vers un lieu de son choix de manière à garder une avance sur eux. Mais la première lame d’Hivernus n’est pas dupe. Et elle compte bien l’empêcher de mener cette chasse comme il l’entend en imposant ses propres règles.


                            - Unité Spéciale à Centre de contrôle. Ordonnez à toutes les unités de cesser leurs recherches et de maintenir leurs positions actuelles.

                            « Bien reçu, Unité Spéciale. Les agents maintiennent leurs positions jusqu’à nouvel ordre. »


                            - Le fugitif est actuellement coincé entre une section de maintenance et une section logistique. Il se sert probablement des conduites de ventilation et du réseau de canalisations pour circuler librement. Verrouillez tous les accès, déployez des droïdes de surveillance dans les couloirs et envoyez des unités aux endroits les plus sensibles.

                            « Bien reçu. Directives en cours de transmission, Unité Spéciale. »


                            - Très bien…

                            La donzelle esquisse l’ombre d’un sourire. Elle compte bien mettre la main sur ce sale petit Anzat qui s’amuse à semer ici et là des messages qui lui sont destinés… Et elle sait comment s’y prendre pour y parvenir.

                            - Centre de contrôle, est-ce que vous avez en votre possession des gaz incapacitants ?

                            « Affirmatif, Unité Spéciale. Ainsi qu’une variante létale. »


                            - Compris. Veuillez demander à vos agents de mettre des protections adéquates puis faites répandre une version non létale dans la zone des recherches. Nous allons forcer notre fugitif à se livrer lui-même. Il est impératif que vos hommes restent en position et qu’ils n’en bougent sous aucun prétexte. Laissez les droïdes traqueurs rabattre le fugitif vers eux ou transmettre en temps réel des informations sur son actuelle position.

                            « Entendu. Directives distribuées aux unités de terrain. »


                            Azah Suutrar repose doucement son comlink. D’ici peu, le mystérieux tueur sera appréhendé, c’est certain. Accès entièrement verrouillés, système de ventilation et réseau de circulation des eaux en circuits fermés, gaz incapacitant dispersé et unités stratégiquement positionnées… Si son congénère parvient à passer au travers de tout cela, alors il aura largement mérité son estime.

                            Non. S’il est assez malin, il se livrera de lui-même. Et demandera à ce qu’il soit mis en contact avec elle. Et peut-être alors aura-t-il une chance de s’en sortir. 

                            Peut-être.

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                              #35

                              Post n°35
                              Auteur : Ishiro Shinra

                              Je comprends ce qui se passe avant même que les mots ne s’assemblent complètement.
                              Le comlink que j’ai récupéré sur le cadavre d’un agent encore tiède pulse doucement contre ma paume, diffusant ses transmissions à travers la coque métallique comme une vibration intime, presque osseuse, qui remonte le long de mon bras pour se déposer contre ma tempe, là où les signaux deviennent sensations avant de devenir pensée, et il n’y a pas besoin d’une voix claire pour comprendre qu’un changement vient de se produire, qu’un centre décisionnel vient de s’installer au sommet de la pyramide, qu’une volonté unique a remplacé la cacophonie nerveuse des unités dispersées.
                              Les patrouilles cessent d’avancer.

                              Les transmissions deviennent plus nettes.
                              Plus ordonnées, plus froides.

                              Je reste immobile dans le couloir de maintenance, étroit, poussiéreux, bordé de tuyauteries anciennes qui suintent encore l’huile chaude des systèmes de recyclage thermique, et je sens dans l’air quelque chose qui ne relève pas encore de l’odeur mais déjà de la texture, une lourdeur infime, un glissement invisible dans la densité ambiante, comme si l’espace lui-même avait décidé de peser davantage.

                              Du gaz, probablement non létal.

                              Je n’ai pas besoin d’en entendre davantage.
                              Ils ne veulent pas me tuer, cela signifie qu’elle me veut vivant.

                              Je ne sais pas encore qui elle est, mais je reconnais l’intelligence dans la décision, la précision du geste stratégique, l’absence totale d’émotion dans la manière d’écraser un périmètre plutôt que de le fouiller, de verrouiller les accès plutôt que de les sonder, d’imposer l’immobilité plutôt que de poursuivre.

                              Elle ne chasse plus.
                              Elle serre.

                              Je laisse le respirateur pendre contre ma poitrine, son métal froid pressé contre la peau encore chaude de l’effort précédent, et je n’active rien tout de suite, parce que la panique est toujours l’erreur que l’adversaire espère, le réflexe précipité, la recherche immédiate d’une sortie évidente, la fuite vers une zone plus claire, plus respirable, plus visible.

                              Je fais l’inverse ; je m’avance ; pas vers une issue ; vers le cœur.

                              Le gaz commence à s’infiltrer comme une brume subtile qui ne pique pas encore mais qui modifie déjà la façon dont l’air glisse dans la gorge, qui épaissit les respirations, qui ralentit les réflexes sans les briser, et je sens les néons vaciller derrière le voile translucide qui envahit le couloir, transformant les lignes nettes des structures en silhouettes floues, presque liquides.

                              Je ne fuis pas la saturation, je la cherche.

                              Je m’adosse contre la paroi métallique et j’active enfin le respirateur de Naboo, scellant autour de ma bouche et de mon nez une bulle autonome, silencieuse, étanche, conçue pour des marais toxiques et des atmosphères saturées d’algues venimeuses, que j'ai utilisé pour descendre dans les profondeurs noire d'un lac. Le monde extérieur se transforme immédiatement en une réalité plus lointaine, plus sourde, comme si j’étais déjà à moitié ailleurs.

                              Mon rythme cardiaque ralentit ; je le commande.
                              Technique ancienne, respiration fractionnée, consommation minimale.
                              Chaleur réduite, je deviens moins.

                              Moins visible.
                              Moins vivant.

                              Les transmissions continuent. Unités en position et accès verrouillés.
                              Ventilation fermée puis droïdes déployés.

                              Elle impose ses règles avec une rigueur presque élégante, et je perçois dans cette architecture décisionnelle une forme de satisfaction froide, la certitude de contrôler un espace tridimensionnel en le comprimant jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un point central, qu’un noyau contraint d’émerger pour respirer.

                              Je ne bougerai pas, je laisse le gaz s’accumuler.

                              Je sens la pression monter, non seulement dans mes oreilles mais dans les parois elles-mêmes, dans les conduites qui vibrent légèrement sous la surcharge, dans les joints qui gémissent sous la densité accrue d’un système qui n’a pas été conçu pour supporter une concentration prolongée sans compensation, et je pose ma paume contre l’acier pour sentir la variation, pour écouter la structure plutôt que les voix humaines.

                              Les humains attendent que je suffoque. tandis que la structure, elle, ne ment pas.
                              La pression augmente encore. Un seuil approche.

                              Je repère la grille secondaire d’expulsion, à peine visible sous la couche de poussière accumulée, conçue comme une soupape d’urgence en cas de surcharge interne, et je me positionne sous elle avec une lenteur qui n’est pas une hésitation mais une décision assumée, mes muscles relâchés, mon centre de gravité abaissé, mon esprit déjà dans le flux.

                              Les droïdes passent, rapides, méthodiques.
                              Ils ne s’attardent pas dans la zone saturée ils balayent, mesurent, repartent.

                              Ils ne savent pas qu’ils viennent de confirmer ce que je voulais savoir : la saturation est devenue un angle mort opérationnel.
                              La vibration change. Un sifflement aigu se propage le long des conduites.
                              La soupape s’arme.

                              Je ne souris pas, je me prépare.

                              La purge explose dans un souffle brutal qui arrache la grille de son logement avec une violence sourde, aspirant le gaz vers l’extérieur avec une force presque animale, et je me laisse entraîner sans lutter, mon corps s’inscrivant dans le flux comme une particule parmi d’autres, dissimulé dans la turbulence thermique, invisible au milieu du chaos qu’ils ont eux-mêmes provoqué.

                              La conduite est étroite. Brutale.
                              Le métal râpe contre mes épaules. Je me contracte, me roule et me laisse le flux me porter.

                              La trappe se referme derrière moi dans un claquement sec qui scelle la scène comme si rien ne s’était produit.

                              Je suis ailleurs.

                              Dans un conduit secondaire non surveillé, non quadrillé, non pensé comme une issue viable parce qu’il ne correspond pas à la logique humaine de la fuite.

                              Je retire le respirateur, l’air est plus froid ici.
                              Je reste immobile quelques secondes, écoutant les transmissions lointaines qui cherchent encore une signature thermique dans un périmètre intact, qui parlent de quadrillage maintenu, d’absence de brèche, d’un fugitif qui aurait dû se manifester.

                              Elle doit écouter aussi.
                              Elle doit sentir l’incohérence.
                              Elle doit comprendre qu’elle a créé la pression et que j’ai utilisé la soupape.

                              Je ne ressens pas de triomphe.
                              Seulement une curiosité plus profonde.

                              Elle est méthodique.
                              Elle est patiente.
                              Elle impose un cadre.

                              Je me redresse lentement et je m’enfonce dans le réseau inférieur, loin des axes logistiques évidents, loin des zones que les unités considèrent comme sensibles, vers les niveaux techniques que personne ne verrouille parce qu’ils ne correspondent pas à la cartographie instinctive de la fuite humaine.
                              Je disparais.
                              Non pas parce que je me cache, mais parce que je ne suis plus dans leur schéma. Et tandis que je progresse dans l’Anneau, silencieux, je sais qu’elle ne cessera pas de réfléchir à ce moment précis, à cette absence inexplicable, à cette signature perdue dans la saturation, et que la prochaine fois, elle cherchera la soupape avant moi.

                              Cela ne m’inquiète pas.
                              Cela m’intéresse.

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                                #36

                                Les Sebens avançaient l'arme au poing lentement vérifiant tous les angles morts, le fait de savoir que leur cible était un Anzat les incitaient à la plus grande prudence, ils connaissaient cette race de réputation , ils savaient très bien qu'ils se nourrissaient de chair humaine et ils n'avaient pas envie de finir en casse croute. Inaba était en tête progressant silencieusement tandis que Keiko, son rat mutant sur son épaule fermait la marche.
                                Soudain un nouveau message resonna dans l'oreillette de Minoru, le centre de contrôle leur demandait de garder leur position, le cyborg sourit, la cible avait du être repérée et l'étau se refermait sur lui.
                                -On se poste!

                                Aussitôt, les mercenaires se positionnèrent veillant à viser avec leurs blasters toutes les directions, la cible ne devait pas leur échapper.
                                Un deuxième message, qui élargit encore plus le sourire du leader, l'Anzat était coincé entre une section de maintenance et une section logistique utilisant les conduites de ventilation ou canalisation pour se déplacer.
                                -On le tient, les droids vont le rabattre!

                                Enfin un dernier message , l'unité spéciale allait utiliser des gaz pour le débusquer et le faire sortir de son trou.
                                -A vos respirateurs!

                                Comme un seul homme , les Sebens fouillèrent leur besaces et autres sacs à dos pour sortir leur respirateur A99 et le fixer sur leur visage. Ainsi avec cet appareil, ils pouvaient tenir plus de deux heures avant que leurs réservoirs ne soient vides.
                                Les armes étaient prêtes, les doigts sur les gâchettes, les Sebens n'attendaient plus qu'une cible...

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