C'est bien ce que je craignais, un Mynock !
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Post n°14
Auteur : Ishiro ShinraJe suis entré en plein après-midi.
Pas d’un pas décidé, non. Un pas lent, traînant. Comme si j’avais trop bu, ou pas assez dormi. Les gens voient ce qu’ils veulent voir. Un manteau froissé, des cernes creusées, le mutisme d’un homme seul — et ils détournent les yeux. Parfait.
La cantina était presque vide. Pas encore saturée par les vapeurs de sueur et les cris des soûlards. Juste l’odeur d’alcool bon marché et de friture rance. Quelques ouvriers tassés au comptoir, des chaises renversées, une table bancale. Une serveuse lasse, un droïde de nettoyage bloqué contre un mur.
Je me suis laissé tomber sur une banquette dans le fond, dos au mur, angle mort apparent… mais pas réel.
En réalité, j’avais tout. Le comptoir sur ma gauche, l’escalier au fond sur ma droite. Une vision dégagée sur l’entrée principale, les alcôves du milieu, et même la scène en contre-plongée, où viendrait plus tard se trémousser un boys’band pathétique. De là, je pouvais surveiller les va-et-vient, capter les regards, observer les mains, les postures, les tics nerveux. Aucun angle mort. Chaque reflet, chaque ombre, chaque clignement de néon était à portée de ma rétine.
Le choix de cette place n’était pas un hasard. Rien ne l’est jamais avec moi.
Je me suis tassé dans mon siège. Épaules relâchées. Tête penchée. Le verre à moitié vidé, une odeur acide sur le col. Un ivrogne en fin de course. Personne ne regarde ces types-là. Ils puent l’échec. Et pourtant, derrière mes paupières entrouvertes, j’étais déjà en chasse.
Le Bith derrière le bar gardait un rythme trop mécanique. Pas d’émotion dans les gestes. J’ai noté sa main qui effleure parfois le bouton discret sous le zinc. Un autre garde du corps jouait aux dés. Trop musclé, trop sobre pour être crédible.
L’accès aux chambres louées se faisait par l’escalier en colimaçon, fermé à clef par une serrure à empreinte. Mais plus haut, dans l’ombre du plafond, une grille d’aération bringuebalante dessinait déjà mon échappatoire ou ma porte d’entrée.
Je n’ai pas bougé pendant des heures.
J’ai regardé la lumière décliner à travers les vitres sales. J’ai vu les techniciens du groupe arriver, monter la scène, se plaindre de la sono. Les clients se sont faits plus nombreux. Les voix ont monté, les verres se sont entrechoqués, les mains ont commencé à glisser sous les tables.
Mais moi, je suis resté là.
Silencieux. Invisible. Dans la seule position d’où l’on pouvait tout voir… sans jamais être vu.
La lumière du soir s’est faite plus lourde. On sentait que le moment approchait. La routine s’installait. L’odeur de viande grasse et de sueur avait atteint son point de saturation. Et c’est là que je l’ai senti.
Pas vu. Pas entendu.
Senti.
Un frisson sur l’échine. Une variation de la tension ambiante. Un courant d’air minuscule que mon instinct a capté avant même que la porte ne s’ouvre.
Mynock.
Le Togruta est entré comme un homme qui connaît parfaitement l’endroit — et sait qu’il pourrait en mourir. Mouvements courts. Précis. Il ne regarde personne, mais il voit tout. Ses sens sont en éveil. Il joue la routine, mais son souffle est trop maîtrisé pour un habitué. Il garde son blaster dans l’ombre de sa veste. Il ne le touche pas, mais il y pense à chaque seconde.
Il s’approche du bar.
Le Bith ne dit rien. Juste un hochement de tête. Le verre de Jujuma est posé. Geste répété mille fois. Mais là, je le vois. Une pression du majeur du barman sur un point du zinc. Un autre signal. Le Twi’lek complice quitte le mur et monte à l’étage. La chambre est prête.
Rien n’est improvisé.
Mynock boit à peine, juste quelques gorgées. Il fait semblant de s’installer dans la routine, mais ses yeux glissent vers l’entrée. Puis l’escalier. Puis le miroir derrière le bar. Il sait que l’étau se resserre.
Mais il croit encore pouvoir s’en sortir.
Derrière lui, un colosse reptilien entre à son tour. Trandoshan. L’œil vif, les narines humides, la posture basse. Ce n’est pas un simple garde. C’est un traqueur. Il n’est pas là pour dissuader. Il est là pour tuer vite. Et bien.
Ses yeux passent lentement sur la foule. Une pause d’une seconde trop longue sur les musiciens. Un balayage sans effort sur les clients seuls. Il ne me voit pas.
Je suis là, à moins de dix mètres, et il ne me voit pas.
La Cape de l’Ombre fait son travail. Et moi, je fais le mien.
Un souffle dans l’oreillette. R-186. La voix d’un soldat qui ne tremble pas.
« Top dans cinq. »
Je ne bouge pas.
Je ne respire pas.
Ma main glisse vers ma manche.
« Quatre. »
« Trois. »
« Deux. »
« Un. »
Tout s’éteint.
Les lumières claquent.
Les instruments grincent.
La cantina plonge dans un noir dense, lourd, oppressant.
Je suis déjà debout.
À quelques mètres à peine du Trandoshan.
À portée de Mynock.
Invisible.
Le noir se répand comme un liquide tiède.
Et moi, je m’enfonce dans la Force.
Pas comme eux.
Pas comme les Jedi ou les fanatiques aux sabres étincelants.
Moi, je traque.
Je ressens le mouvement du sang. L’effleurement des pensées.
Je chasse.
Ma main se referme sur le manche froid de ma pique de Force, repliée contre ma cuisse.
Elle vibre doucement. Une pulsation ancienne. Une bête prête à mordre.
Je m’avance dans son dos. Précis. Silencieux.
Mais soudain, un bruit.
Un cri étouffé.
Le Rodien.
Il m’a vu. Juste une silhouette dans les ténèbres. Une vibration de trop dans l’air.
Il hurle, le Trandoshan pivote.
Je bondis de côté, esquive le coup large. Une table explose dans le noir derrière moi.
Plus de discrétion. Trop tard.
Je déploie la pique d’un claquement sec. Les segments s’imbriquent dans un éclair bleuté.
L’arme chante presque.
Elle reconnaît l’instant.
Moi aussi.
J’attaque.
La hampe pare un coup brutal. Je riposte.
Un balayage. Il saute.
Je tourne, le touche à l’épaule.
Pas assez. Il encaisse.
Je frappe dans le genou. Il chancelle.
Je glisse, me baisse, frappe encore.
Il tombe.
Je sors la seringue. Un clic rapide dans son cou.
Il grogne. Lutte. Puis s’effondre.
Silence.
Je n’ai que quelques secondes.
Le Rodien.
Il a disparu entre les caisses.
Je me fonds dans l’ombre. Je respire lentement.
Ma main serre la pique.
Une pulsation dans l’air.
Un viseur s’allume. Trop tard.
Il tire. Je roule. La décharge frappe le mur.
Je me relève derrière lui. Il ne m’a pas entendu.
Un seul pas. Un souffle.
La pique fuse, frappe l’épaule.
Il hurle. Chute.
Je le suis.
Il sort un couteau. Je frappe la main. Il lâche.
Je plaque. Un genou sur le torse.
La seringue se plante. Un battement. Deux.
Il s’éteint.
Silence.
Je me redresse.
Le noir va bientôt céder.
« Deux gardes du corps neutralisés. Zone dégagée. » -
Post n°15
Auteur : Sorran Vos'kir« Top dans cinq », résonne soudain la voix de R-186 dans les oreillettes.
Sorran se raidit imperceptiblement, ses doigts se crispant autour de son verre de corellien whisky. Autour de lui, la cantina bruisse de conversations insouciantes. L'odeur de tabac juma et de viande grillée flotte dans l'air confiné. Personne ne soupçonne ce qui va suivre.
« Quatre... Trois... Deux... Un... »
Le noir absolu engloutit la cantina comme une gueule de sarlacc.
Cris de surprise fusent de toutes parts. Le brouhaha familier se mue instantanément en chaos primordial. Dans cette symphonie de panique, Sorran se lève de sa table. Ses yeux, déjà accoutumés à scruter les ombres de la pénombre enfumée, lui confèrent un avantage crucial sur la clientèle désemparée.
Il entend des bruits de lutte féroce vers le comptoir. Des coups sourds, comme des poings qui s'abattent sur la chair. Un grognement guttural de douleur. Ishiro est en action, efficace.
« Bear, Colder, Khan ! », chuchote-t-il dans son micro tout en progressant à pas de loup vers la dernière position connue de Mynock. Ses bottes effleurent le sol sans bruit. « Sécurisez vos secteurs. Personne ne sort ! Répète : personne ne sort ! »
Un éclair aveuglant de blaster illumine brièvement la salle d'une lueur rouge sang. Quelqu'un tire à l'aveugle dans la foule paniquée.
Sorran avance à tâtons, chaque pas calculé, utilisant sa mémoire photographique de la disposition des lieux. Là où était assis Mynock il y a quelques secondes à peine, il ne trouve que le vide et une chaise encore chaude. Le Togruta a bougé dès la première seconde de la coupure. Futé, ce salaud.
Un bruit métallique caractéristique résonne dans l'obscurité. Comme une lame vibro qui se déploie dans un chuintement mortel. Puis un claquement sec et violent. Un combat au corps à corps vient de s'engager. Ishiro aux prises avec les gardes du corps, sans doute.
« Mynock en mouvement ! », annonce Sorran dans le communicateur, sa voix tendue. « Je le cherche ! Position inconnue ! »
Il perçoit un déplacement furtif vers l'escalier des pas légers mais précipités qui tentent de se fondre dans le tumulte ambiant. Une silhouette indistincte qui se faufile entre les tables renversées et les corps recroquevillés de clients terrorisés. Sorran s'élance dans cette direction, sa main trouvant automatiquement la crosse familière de son blaster réglementaire.
« Halte ! », crie-t-il dans le noir.
Une décharge d'énergie bleue siffle près de son oreille gauche en réponse, assez proche pour lui roussir quelques poils. L'odeur âcre de cheveux brûlés lui emplit les narines. Mynock est armé et manifestement prêt à mourir en combattant plutôt que de se rendre.
Sorran sort son arme et règle rapidement le mode paralysant. Pas question de tuer la cible. Dans l'obscurité oppressante, il entend des pas précipités qui martèlent les marches de bois de l'escalier.
« Cible en fuite vers l'étage ! », signale-t-il en haletant légèrement. « Je le suis ! Demande assistance ! »
Un nouveau bruit sourd résonne près du bar, suivi d'un râle d'agonie qui s'éteint rapidement dans un gargouillis sinistre. Puis la voix froide et professionnelle d'Ishiro crépite dans l'oreillette : « Deux gardes du corps neutralisés. Zone dégagée. »
Sorran grimpe l'escalier. L'étage est plongé dans la même obscurité impénétrable, mais il perçoit distinctement une porte qui claque violemment. Une des chambres secrètes identifiées sur les plans architecturaux récupérés par R-186.
Il s'approche de la porte blindée, chaque muscle tendu, l'oreille aux aguets. Un silence inquiétant règne de l'autre côté de la cloison. Trop silencieux pour être naturel. Mynock prépare forcément quelque chose, une embuscade, un piège, ou pire.
Sorran teste doucement la poignée de duracier. Verrouillée, évidemment. Mais il entend quelque chose d'étrange de l'autre côté... comme une mélopée, des mots murmurés dans une langue qu'il ne reconnaît pas.
Soudain, la porte explose littéralement sous la force d'une décharge de blaster industriel puis une fumigène se propage. Sorran plonge sur le côté, mais pas assez vite. Une décharge d'énergie lui lacère l'épaule droite comme du papier. La douleur fulgurante lui arrache un cri.
« Lieutenant ! » Sorran s’empresse de parler dans son communicateur. « J'ai besoin de renforts ! » -
Post n°16
Auteur : HivernusL’agent Laena est lasse. Trois semaines. Trois foutues semaines passées à servir des clients beurrés du matin au soir, des abrutis finis dont les mains pleines de cambouis viennent régulièrement lui tripoter les fesses. Cinq ans qu’elle bosse au Bureau de la Sécurité Impériale. Cinq longues années de bons et loyaux services pour le compte de l’Impérium. Et pour quoi ? Finir serveuse dans un taudis ? Elle en a connu des missions difficiles, des opérations ennuyantes… Mais celle-ci est de loin la plus humiliante. Elle ronge son frein en silence parce qu’elle sait que son boulot est important, que ce n’est que temporaire. Et son air las lui donne une certaine authenticité. Servir des ouvriers fauchés qui noient leurs peines dans l’alcool et les réflexions salaces n’a rien d’une partie de plaisir mais elle a au moins la satisfaction de pouvoir surveiller de près ce bon vieux Mynock sans éveiller les soupçons.
Il avait été certes difficile d’obtenir sa confiance. Le bougre est méfiant, nerveux. Il semble presque paranoïaque, cache assurément quelque chose. Mais les semaines passant, le Togruta a fini par s'habituer à la présence de cette serveuse lasse qui fait son travail par dépit plutôt que par réelle envie. On avait raison de craindre les intentions de Mynock là-haut, de le faire surveiller. L’agent sous couverture n’est pas clair. Ses rapports se font attendre. Il passe beaucoup de temps à traîner avec des gens louches et lorsqu’il daigne communiquer des informations à sa hiérarchie, il semble tout de même se montrer avare en détails. Il prépare un mauvais coup, pour sûr.
Et c’est à l’agent Laena, du Département Infiltration et Manipulation du Bureau de la Sécurité Impériale, de veiller à ce qu’il ne fasse rien de stupide, qu’il ne compromette pas la sûreté de l’Impérium d’une manière ou d’une autre.
L’infiltrée joue son rôle de petite serveuse dépitée à la perfection. Elle sert les clients, ignore les commentaires stupides, fait fi des odeurs suspectes, essuie les verres… Le train-train quotidien d’une employée de cantina. Une journée normale. Ou presque. Plusieurs têtes nouvelles se présentent dans ce bouge. Ils ont l’air tendu, pas du coin. Ils entrent ensemble mais se séparent. Laena soupçonne quelque chose, guette leurs faits et gestes du coin de l'œil, essuyant un verre derrière le bar.
Mynock entre à son tour. Il commande sa boisson préférée au barman Bith. Une sorte de code caché. Après des semaines passées à l’observer de près, l’impériale connaît les habitudes du Togruta sur le bout des doigts. Ses acolytes, des figures atypiques, jouent et rejouent la même scène à chaque fois. L’agent suspecté par le BSI de corruption ou de trahison boit quelques gorgées pendant que l’un de ses complices déverrouille une salle secrète. Il paie son ardoise puis disparaît dans un escalier surveillé par deux hommes de main pour mener à l’étage ses petites affaires dont il garde précieusement le secret.
Sauf que cette fois, rien ne se passe comme prévu.
Les lumières s’éteignent subitement. Les tirs de blaster se mettent à pleuvoir. Plusieurs corps s’écroulent lourdement sur le sol de la cantina. Le chaos se propage rapidement. Dans la cohue, plusieurs clients se bousculent, en viennent aux mains. D’autres se mettent à l’abri ou détroussent les morts. Des mains sont écrasées. Des verres sont jetés d’un bout à l’autre de la pièce. Les tables sont renversées. Et dans cette obscurité oppressante, seuls les blasters viennent illuminer de leurs traits laser les murs de la cantina.
Planquée derrière le comptoir du bar, Laena cherche à identifier l’origine des tirs, tente de mettre des visages sur les silhouettes qui lui semblent suspectes. Des ombres se glissent dans l’escalier, se dirigent vers l’étage. Et l’impériale comprend plus ou moins ce qui se passe. Mynock fait l’objet d’une attaque ciblée. Services secrets républicains, contre-espionnage séparatiste, tueurs du cartel… L’agente du Département Infiltration et Manipulation ne sait pas qui en veut à ce point au Togruta, ni dans quel merdier il s’est enfoncé. Mais elle sait qu’il n’est plus fiable, qu’il s’est compromis. Cet abruti a trahi la confiance de l’Impérium et il en paiera le prix.
Elle glisse sa main sous un tiroir, ouvre un compartiment caché, se saisit d’un comlink.
- Ici Laena. Cible compromise. Je répète : Cible compromise. Plusieurs assaillants armés. Nombre et profil indéterminé. Objectif non connu mais possiblement lié à la cible.
L’infiltrée se laisse retomber le long du comptoir, cache son appareil de communication dans l’une des poches de sa tenue. Pour l’heure, elle n’est qu’une pauvre petite serveuse apeurée par une attaque aussi brutale que soudaine. Et elle compte bien tenir ce rôle à la perfection.
L’alerte a été donnée. Dix commandos des Opérations Spéciales Impériales rejoignent une unité d’agents de sécurité Kuati qui vient de se déployer sur la zone. Les impériaux, portant l’uniforme, les insignes et l’équipement traditionnel des forces de l’ordre locales, sont méconnaissables. Ils se fondent parfaitement dans le décor, ont l’air plus vrai que vrai parmi les différents agents Kuati. Le sergent Davilsh, à leur tête, s’entretient avec le commandant du peloton de sécurité des CNK, un vieux briscard grassement payé par les impériaux pour fermer les yeux sur leurs agissements.
- On est en train de boucler le secteur. Mes gars se chargent déjà de bloquer les accès. Si quelqu’un cherche à fuir la zone, on le pince. Et dans le cas contraire… On s’assurera qu’il ne nous échappe pas vivant. Annonce l’officier corrompu, les mains posées sur son plastron de combat.
- Gardez une fréquence ouverte. Et si jamais vous croisez Mynock…
- Nous ferons ce qu’il faut.
- Très bien.
Le sergent Davilsh se tourne vers ses hommes. Ils vérifient une dernière fois l’état de leur armement, les attaches de leurs éléments de protection, puis se déploient au signal de leur supérieur en deux colonnes d’assaut, chacune formée de cinq opérateurs. Ils progressent lentement le long de la rue, longeant les murs, guettant les fenêtres et vérifiant les angles morts.
Plusieurs clients fuient l’établissement, hébétés par le bruit des tirs, l'alcool et la panique. Un corps sans vie est traîné par un ouvrier qui demande de l’aide à qui veut bien l’entendre. En tête de formation, le sous-officier donne ses ordres.
- Escouade Aurek, sécurisez l’arrière du bâtiment. Escouade Besh, avec moi. On passe par l’avant.
Les deux colonnes d’assaut se séparent. La première fait le tour du bâtiment afin d’entrer par l’arrière tandis que la seconde se positionne devant l’entrée principale. Le sergent Davilsh arme une grenade flash, qu’il lance dans la cantina. Lorsque la détonation retentit, les opérateurs se ruent méthodiquement dans la grande pièce, la lampe tactique de leurs armes venant éclairer (ou aveugler) tout ce qui se trouve devant eux. Par comlink, l’escouade Aurek confirme également son entrée au sein du bâtiment. La traque est lancée. Les impériaux, déguisés en agents des forces de sécurité de Kuat, tueront tout ce qui se met en travers de leur route.
Mynock est leur seule priorité. Et il leur importe peu qu'il soit récupéré mort ou vif... Tant qu'il ne parle pas.
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Post n°17
Auteur : Super PNJService de Renseignements Républicains
Top dans cinq!
Et cinq secondes plus tard ,R_186 coupait le courant dans l'établissement en déconnectant le transformateur qui fournissait l'énergie à la cantina, plus de son , plus de lumière, le moment idéal pour les commandos Républicains de passer à l'action.
Des cris, du bruit de mobilier qu'on écarte ou qu'on écrase, R' avait réussi la première partie de l'opération, il entendit également le bruit caractéristique de détonation de blaster et ça s'était pas prévu tout devait se passer en douceur et discrètement. 186 hésitait, devait il remettre le courant au bout de 30 secondes comme prévu, ou devait il laisser un peu plus de temps à ses équipiers? il avait peu de temps pour réfléchir, d'instinct, il laissa trente secondes de plus aux opérateurs.« Deux gardes du corps neutralisés. Zone dégagée. »
Des gardes du corps? c'était une première, après analyse de ses nombreuses surveillances, l'espion en avait déduit que Mynock était un solitaire, pourquoi avait il changé ses plans? qu'est ce qui avait changé? peu importait le Garde s'était chargé de deux invités surprise;Puis un autre message se diffusa dans l'oreillette:Mynock en mouvement ! Je le cherche ! Position inconnue ! »
Rien ne se passait comme prévu décidemment: une détonation puis encore un message du Bothan.Cible en fuite vers l'étage ! Je le suis ! Demande assistance !
Heureusement le groupe Beta devait être à proximité pour renforcer Sorran, les deux agents du SRR devaient déja être en route, il s'agissait d' Ikki et Seiya , deux agents désavoués à cause de leur méthodes brutales, exactement le genre de crapules qu'il fallait pour ce genre d'opération. Ikki avait un lance flamme miniaturisé dans son poignet et Seya deux vibro-poings d'acier.
Cette fois ce fut le bruit d'une grenade qui explose qui retentit dans la cantina, ça allait de mal en pis! explosion suivi d'un nouveau message.Lieutenant ! J'ai besoin de renforts !
Que faisait Beta, bon sang?? cette fois R remit le courant et retourna en courant à son speeder, cette opération partait à volo et pour rien arranger voila que l'on entendait au loin les sirènes des forces de sécurité locale!
Il devait absolument prévenir les autres équipes, il cracha ses instructions dans son micro dissimulé dans sa manche.-Ici Luthel, à toute les équipes, les forces de sécurité arrivent, accélérez le mouvement!
186 observait la ruelle, au premier signe de la milice locale, il mettrait les gaz et laisserait les commandos se débrouiller par eux même.Spoiler
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Post n°18
Auteur : Ishiro ShinraJe reste accroupi une seconde de plus, le souffle coupé par l’odeur du sang. Celui du Rodien est plus âcre. Celui du Trandoshan est lourd, presque huileux. Ma pique de Force ruisselle encore. Je la fais pivoter lentement, le temps de laisser l’écho de la dernière frappe mourir en moi.
Puis j’essuie la lame contre le col poisseux du Trandoshan. D’un geste net. Sans détourner les yeux.
Mon oreillette grésille.
Sorran. Essoufflé. Il parle d’escaliers, de fuite. Il mentionne Mynock.
Je me redresse. Pas précipitamment.
Je lève la tête, scrutant la salle désormais éclairée par des halos d’urgence et les retours de courant sporadiques. Le blackout est terminé. Les gens crient encore, paniquent. Mais moi, je suis déjà ailleurs.
Je désactive la cape.
Plus besoin d’invisibilité. Pas ici. Pas maintenant.
Le chaos est une couverture en soi. Et j’ai un fumet à suivre.
Je glisse la pique sous mon bras, sécurisée, et me fonds dans la foule comme si j’en faisais partie. Je longe les piliers, les bords du comptoir, les ombres projetées par les panneaux à moitié réactivés. Personne ne me regarde. Ou plutôt : personne ne sait qu’il faut me regarder.
Je grimpe les escaliers sans bruit. Deux marches à la fois, en silence.
Sorran est quelque part là-haut. Blessé ou non, il garde les yeux ouverts. Je le sais.
Je sens encore l’empreinte du Trandoshan sur mes bras. L’impact. La force. La résistance.
Je me recentre. L’instinct me guide. La proie a de l’avance, mais elle ne sait pas que je suis déjà sur ses traces.
Le haut des escaliers me projette dans une obscurité trouble. Un halo gris flotte encore dans l’air : résidu de fumigène artisanal. Trop dense pour avoir été lancé seul. Il voulait couvrir ses traces. Ou tendre un piège.
L’air est plus lourd, vicié. Les néons d’urgence diffusent un clignotement instable, rougeâtre, comme un battement cardiaque malade. Chaque pas que je fais avale un peu plus de silence, comme si le bâtiment retenait sa respiration.
Je ne bouge pas tout de suite.
Je laisse mes yeux s’accoutumer.
Mes narines filtrent les relents. Gaz, sueur, sang, alcool.
Mais au milieu de tout ça… un reste. Une traînée. Quelque chose de plus fin, plus ténu.
« Il est encore là… » chuchoté entre mes dents.
Je m’accroupis lentement, la pique de Force maintenue contre ma hanche, pointe basse. Mon regard suit les variations de poussière au sol. Une trace de pas. Deux. Une glissade maladroite. Il a trébuché. Il s’est rattrapé contre ce mur. Il est blessé. Ou simplement nerveux.
À ma droite, un couloir part vers les chambres fermées.
À ma gauche, une porte de service entrebâillée. Mais aucun souffle. Aucune pulsation derrière. Je l’écarte de mon esprit.
Je poursuis vers le fond, chaque pas pesé, chaque appui ancré.
Un éclat métallique sous mon pied : capsule de fumigène. Franchement lancée. Pas de dispositif. Jeté à la main. Il a improvisé.
Un craquement. Léger. Loin devant.
Je m’arrête.
Un bourdonnement grave pulse doucement dans les murs, comme un écho résiduel du blackout. Des câbles pendent dans certains angles, créant des silhouettes trompeuses. L’étage est une carcasse. Tout ici suggère l’abandon, le piège, la fuite précipitée.
Deux présences approchent. Discrètes. Calculées. Leurs signatures sont codées dans mon oreillette. Groupe B. Ils descendent. Ils balaieront le flanc est. Je reste à l’ouest.
On resserre l’étau.
Je me glisse contre une cloison, effleure le mur du bout des doigts.
Froid. Rugueux.
J’y repère une légère trace de chaleur. Une paume, posée en vitesse. Il a hésité. S’est arrêté. Écouté. Puis repris sa fuite.
« Tu respires trop fort, Mynock… » murmuré dans un souffle.
J’avance encore. Une chambre au fond. Fermée. Verrou manuel. Mais le loquet est griffé. Ouvert. Reposé.
Je tends l’oreille. Pas un bruit. Trop calme.
Je ne frappe pas. Je ne hurle pas.
Je me colle au chambranle, en silence.
À l’intérieur, quelque chose a bougé.
Le rythme s’accélère.
Il est là.
Il pense avoir gagné un répit.
Il se trompe.
Derrière moi, une respiration plus profonde.
Je jette un œil rapide.
Sorran, blessé, mais encore debout. Il a repris ses appuis, malgré la plaie à l’épaule. Son regard croise le mien. Il sait.
Je ne dis rien. Je n’ai pas besoin de le faire.
Un pas de plus. Mon ombre s’étire le long du mur.
Mynock est au bout du couloir.
« Et cette fois… je ne suis pas seul. » susurré, dans un sourire invisible. -
Post n°19
Auteur : Sorran Vos'kirSorran serra les dents, sentant le sang tiède qui continuait de s'écouler de sa blessure à l'épaule à travers sa fourrure. Chaque petit mouvement qui solliciter son bras réveillait la douleur, mais il ne pouvait se permettre de faillir maintenant; pas quand ils étaient si près du but. Il observa Ishiro se déplaçait dans l'obscurité, le lieutenant était expérimenté pour ce genre de mission, aucun douter là dessus. Lorsqu'il arrive à hauteur de la porte, là où la déflagration de l'explosion propulsa le Bothan, il lança un regard à se dernier. Aucun mots n'était nécessaire, pendant un cours instant c'était comme si les deux êtres vivants pouvait se communiquer uniquement à l'aide des yeux.
La respiration de Sorran est plus lourde, sous l'effet de l'explosion, en retrouvant ses appuis il vient à l'arrière de l'officier de terrain. L'air de l'étage de la cantina est vicié, venant même lui brûlait les poumons, résultat du mélange chimique de la grenade à fumigène. Le bruit du chaos regnait mais pour nos deux intervenants, leur concentration était si ultime que pour eux, il n'y avait qu'un silence magistrale.
Le Bothan ajusta sa prise sur son blaster, vérifiant machinalement le niveau de charge. Ses doigts étaient légèrement tremblant, l'adrénaline, la perte de sang, ou peut-être les deux. Il inspira profondément, cherchant à retrouver son calme. Mynock était rusé, mais il était acculé, et tout être vivant dépourvu ou non d'intelligence répliquait comme des animaux blessés, pris au pièges ils étaient souvent les plus dangereux.
Un froissement métallique résonna quelque part devant eux. Mynock tentait-il de forcer une fenêtre ? Ou préparait-il une dernière surprise ? Sorran resserra son étreinte sur son arme, tous ses sens en alerte. L'oreillette grésilla doucement, l'équipe B confirmait sa position et l'étau se resserrait méthodiquement. Mynock n'avait plus beaucoup de cordes à son arc...
Sorran sentit une goutte de sueur perler sur son front malgré la fraîcheur ambiante. Dans quelques minutes, tout serait terminé d'une manière ou d'une autre, la question était de savoir pour qui, car nul doute qu'avec le rabuge causé la police kuati débarquerais et alors R sera-il toujours là pour couvrir la fuite ou non ?
Il suivit Ishiro vers la chambre fermée, chaque pas l'amenant plus près de la confrontation finale. Le silence qui régnait derrière la porte était trop parfait, trop calculé. Sorran le sentait aussi puis pris d'un élan de zèle la nouvelle recrue du SSR enfoncant la porte avec son pied.
Trois tirs de blaster dans la direction de l'Anzath et du Bothan.
Les deux se plancèrent, Ishiro semblait jurer dans ses lèvres, sans doute devait-il se demander pourquoi Sorran avait agit ainsi. Puis ce dernier fit un plongeons sur le côté et tira le tir de blaster le plus précis qu'il n'avait jamais fait jusqu'à présent...presque trop parfait.
crash
Un fracas métallique au sol, et le Bothan vit une ombre s'éffondrait.
- Je l'ai eu Lieutenant, Mynock est au sol.
Sans même laisser l'occasion à Ishiro de répondre il se précipita vers le corps qui était tombé face sur le sol, le retourna pour confirmer la cible et à sa plus grande surprise il s'agissait d'un Nikto...pas Mynock
Puis il entendit un blaster se chargé.
- Dommage, le bleu -
Post n°20
Auteur : HivernusIMPERIUM.
Le rez-de-chaussée de la cantina est rapidement sécurisé par les commandos impériaux. L’endroit a été presque entièrement vidé de ses occupants. Il ne reste désormais plus que les cadavres de quelques clients, les corps sans vie de plusieurs truands armés et une poignée d’ouvriers planqués derrière du mobilier, certains d’entre eux blessés lors des échanges de tir. De l’autre côté du comptoir, l’agent Laena fait discrètement signe à ses camarades que les assaillants se sont dirigés vers les niveaux supérieurs. Elle compte bien rester là en embuscade, prête à intercepter tout fuyard qui lui semblerait suspect après le passage des commandos, à informer ses collègues du moindre changement.
- Aurek. Évacuez les derniers civils puis revenez sur notre position. Commande le sergent Davilsh, dirigeant une main vers le comlink attaché à son plastron de combat. Unité d’intervention à Commandement de terrain. Rez-de-chaussée sécurisé. Plusieurs civils se dirigent vers vos patrouilleurs. Procédez à une vérification des identités.« Bien reçu Unité d’intervention. »
Une procédure en apparence anodine. S’assurer qu’aucun forcené ne se soit dissimulé parmi les victimes est en effet une formalité lorsque l’on travaille dans une unité dédiée aux opérations de contre-terrorisme. Mais dans le cas actuel, la brève communication entre le sous-officier et le commandant du peloton de sécurité des CNK dissimule une vérité plus sinistre. Il s’agit de faire en sorte qu’aucun complice de Mynock ou agresseur présumé de ce dernier ne puisse échapper à la fureur des Impériaux opérant sous couverture.
Au-dessus d’eux, des échanges de tir et plusieurs détonations. Les combats se poursuivent. Et les mystérieux assaillants ne sont toujours pas identifiés. Le sergent fait discrètement signe à ses hommes de se déployer de chaque côté des escaliers tandis qu’il porte sa main vers le comlink, partageant une nouvelle information comme le voudrait la procédure.
- Unité d’intervention à Commandement de terrain. Plusieurs détonations ont été confirmées. Assaillants non identifiés toujours sur zone.« Bien reçu Unité d’intervention. De nouvelles unités convergent vers le secteur. Avez-vous besoin de renforts tactiques ? »
L’hésitation dans la voix de l’officier corrompu est presque palpable. Il sait qu’il ne doit pas empiéter sur le terrain d’action des commandos de l’Impérium, sous peine de se faire réprimander. Mais il sait aussi qu’il se doit de leur porter assistance car s’il devait arriver quoi que ce soit aux Impériaux, on viendrait le lui faire payer… Et pas de la manière la plus sympathique qui soit.
- Négatif, Commandement. Nous avons la situation sous contrôle.
Le message sous-jacent est limpide. Il se suffit à lui-même. Pas d’intervention extérieure. La lumière revient brusquement dans l’établissement. Les soldats éteignent les lampes accrochées à leurs armes, par pur réflexe. Davilsh signale à ses hommes de se préparer à monter. Il se place derrière le porteur de bouclier, lui tapote l’épaule comme pour lui donner le feu vert pour s’engager dans les escaliers. La colonne d’assaut progresse donc tout doucement, vérifiant les angles morts, s’assurant qu’aucun piège ne soit posé. Ils finissent par rejoindre le premier étage, se déployant méthodiquement dans le couloir avec une fluidité acquise par des années de pratique. Trois silhouettes sortent d’une pièce, armes en main. Un blaster crache ses salves meurtrières en direction des Impériaux qui doivent se mettre à l'abri, donnant le temps aux mystérieux assaillants de se redéployer pour confronter la menace. Les premiers tirs s’écrasent sur le bouclier, passent au-dessus des têtes des commandos pour finir leur course dans le mur situé derrière eux. Les impacts de blaster crépitent doucement, menaçant.
La réplique des soldats de l’Impérium ne se fait pas attendre. Des traits laser se mettent à pleuvoir de part et d’autre du couloir. Protégés par le bouclier, une rangée de trois hommes progresse peu à peu. Deux autres commandos, se protégeant dans les renfoncements de porte, effectuent des tirs de suppression pour permettre à leurs camarades d’avancer. À couvert derrière le porteur de bouclier, le sergent Davilsh tire trois fois. Les deux premiers tirs ratent leur cible, finissent leur course dans un mur en crépitant, le troisième vient toucher un assaillant au bras. L’Impérial parvient à identifier le profil type des attaquants entre deux salves de blaster.
- Unité d’intervention à Commandement de terrain. Trois assaillants engagés au premier étage. Profil humain ou proche-humain. Ils sont vêtus de tenues d’ouvrier.
Le sous-officier serre la mâchoire. Des humains affublés de vêtements civils, ce n’est pas ce qui manque dans l’Anneau de Kuat. Les ouvriers qui travaillent au sein des chantiers navals se comptent par dizaines de milliers et les Kuati sont dans leur immense majorité humains. S’ils venaient à s’échapper, les retrouver parmi la population pourrait s’avérer plus compliqué que prévu. Il faut les éliminer ici et maintenant avant qu'ils ne causent plus d'ennuis.« C’est noté, Unité d’intervention. Nous procédons actuellement à l’arrestation des civils que vous avez rabattu vers nous. »
Nouvel échange de tirs. Un trait laser vient toucher le sergent à l’épaule. L’impact est si violent qu’il recule, percute le mur en grognant. Une douleur soudaine vient engourdir son bras droit. L’épaulière de son armure de combat a encaissé le plus gros des dommages, un cratère fumant déformant le plastoïde. Davilsh remue le bras, comme pour s’assurer qu’il demeure opérationnel à cent pourcent de ses capacités, puis reprend sa position au sein de la colonne, qui poursuit sa manœuvre d’approche.
- Aurek, déplacez vous vers le deuxième étage. Recherche et élimination de cibles hostiles. Indique le sous-officier dans son comlink.« Ici Aurek, affirmatif. On se redéploie. »
- Ces enfoirés sont des pro, sergent. Commente un commando devant lui. Ils ont une formation militaire, c’est certain.
- Raison de plus pour les neutraliser rapidement. Murmure le sergent en serrant les dents, la douleur se diffusant vers sa poitrine. Pas de pitié. Pas de prisonniers.
A son signal, la progression des impériaux se stoppe d’un coup. L’homme tire une grenade incapacitante de la ceinture utilitaire du soldat qui le précède, l’arme puis la jette dans la direction des assaillants. Il attend d’entendre la détonation avant de tapoter doucement l’épaule de son coéquipier qui, à son tour, donne le signal au porteur de bouclier. Les trois commandos progressent dangereusement le long du couloir tandis qu’à leur droite, deux autres impériaux maintiennent leur position, prêts à faire feu. Ils entendent bien éliminer la menace que représente ces foutus attaquants. Et lorsque leur compte sera réglé, viendra ensuite le tour de l’agent Mynock…
- HRP - Escouade Besh (5 commandos des Opérations Spéciales Impériales) engagée dans un combat contre le groupe Alpha qui s’est replié au premier étage. Escouade Aurek (5 commandos des Opérations Spéciales Impériales) progresse vers le deuxième étage. Je laisse volontairement de côté le groupe Bêta afin que vous puissiez le faire agir à votre convenance.
SEIGNEURAT DE BAJIC.
A lire avant.
- Azah Suutrar -
Première des lames d'Hivernus
Azah Suutrar et ses deux apprenties viennent de recevoir leurs ordres. Collaborer avec les forces loyalistes et capturer les assaillants, quels qu’ils soient. La régente de Kuat souhaite obtenir des réponses sur les raisons de cette attaque soudaine et il lui faut donc des prisonniers à interroger. L’Anzat fait la moue, déçue de ne pouvoir faire usage de ses multiples talents. Elle n’apprécie pas particulièrement l’idée de devoir se restreindre… Mais les désirs de son seigneur passent toujours avant tout le reste car s’il y a bien une chose qu’elle déteste par-dessus tout, c’est de décevoir son beau prince Chiss.
La tueuse en série vérifie nonchalamment l’état de son équipement. Deux dagues suspendues à sa ceinture, un blaster de poing glissé dans un holster de jambe, une vibrolame accrochée dans son dos… Tout y est. A ses côtés, Maurra et Jehena font de même, s’assurant que leur matos soit bien harnaché avant de partir au combat. Les trois lames d’Hivernus quittent ensuite leur poste d’observation pour se diriger vers le lieu des affrontements.
Autour du trio de femmes, l’agitation semble totale. Un couvre feu est imposé à la population et les forces de sécurité des chantiers navals de Kuat affluent en masse dans le secteur. Les véhicules de patrouille sont toujours plus nombreux à arriver dans les parages. Des barrages sont installés ici et là et plusieurs unités quadrillent déjà la zone, empêchant à quiconque d’entrer ou de partir. Dans un contexte de guerre civile où tout individu appartenant à la caste des ouvriers est considéré suspect par les autorités locales, la prudence est de mise et l’on préfère ne pas laisser fuir un potentiel sympathisant de la cause révolutionnaire. A l’heure actuelle, toute personne quittant le lieu de la fusillade ou se trouvant encore dans la rue malgré la mise en place du couvre feu est de fait mise aux arrêts.
Azah et ses deux acolytes arrivent à hauteur d’une unité dont les hommes apparaissent plus crispés que la moyenne. A leur approche, les agents de sécurité resserrent l’étreinte autour de leurs armes, tendent les muscles, guettent la réaction des donzelles du coin de l'œil. Leur officier, un vieux gars qui en a probablement vu des vertes et des pas mûres, siffle doucement, appréciant vraisemblablement la vue de belles femmes dans les parages.
- Désolé les mignonnes mais personne n’entre. Déclare le commandant avant de poser son regard sur le matériel militaire. Faites demi-tour…
Il se raidit, apparaît soudainement nerveux en voyant l'équipement que trimballent ces jolies dames. A son signal, les soudards des forces de sécurité forment un arc de cercle autour de l’Anzat et de ses comparses. Ils ont dans le regard quelque chose de sinistre… Un je ne sais quoi que la tueuse en série ne connaît que trop bien. Ces hommes là sont des ordures dépourvues de morale, des détrousseurs et des tueurs. Un sourire amusé vient étirer les lèvres de la première des lames d’Hivernus.
- Qu’est-ce qui te fais marrer ? Demande un type, perplexe. T’as envie de te faire exploser le crâne ? Circulez. Vous n’avez rien à faire là.
- Au contraire… Nous avons reçu l’ordre d’intervenir sur le lieu de l’incident, d’intercepter les assaillants et de les livrer à la régente de Kuat. Explique calmement Azah Suutrar, son regard passant d’agent en agent.
Elle penche doucement la tête sur le côté, son sourire s’étirant jusqu’à devenir dérangeant. Elle laisse ses sens envelopper les représentants des forces de l'ordre d’une chape invisible. Elle ressent la peur qui s’insinue peu à peu en eux, écoute les battements de cœur affolés dans leur poitrine, entend le souffle rapide de leur respiration. Elle s’en amuse. Ils cachent quelque chose, cherchent à dissimuler leurs véritables intentions. Ce ne sont pas des bourreaux… Mais des victimes, des proies. Du bétail.
- Qui vous a donné cet ordre ?
La question n’en est pas vraiment une. Le commandant du peloton de sécurité pose machinalement la main sur la poignée de son blaster, toujours attaché à sa ceinture. Il jauge la femme qui se tient face à lui, à la recherche d’une faiblesse exploitable.
- La régente Elisabeth Kuat elle-même… Mais vous le savez déjà, n’est-ce pas ?
- Mensonge. Nous n’avons reçu aucune notification de ce genre. Ce secteur vous est interdit. Dernier avertissement. Quittez la zone ou nous serons forcés de faire usage de la force.
L’homme dégaine son blaster, le canon pointé vers le sol, comme pour donner du crédit à sa parole. Il semble sérieux, prêt à tout. Mais l’Anzat lit désormais en lui comme dans un livre ouvert. Elle se met à rire à gorge déployée en comprenant les intérêts cachés de l’officier.
- Le seul mensonge que je perçois est le vôtre, commandant… Vous avez connaissance des directives de la régente mais vous refusez de les appliquer parce que vous avez vos propres consignes… Devine-t-elle. On vous a demandé de ne pas interférer, de refuser toute intervention directe. C’est à moi de vous poser la question à présent. Qui vous a donné cet ordre ?
Le vieux briscard ne répond pas. Il se contente de mâchouiller nonchalamment, comme pour calculer ses options. Puis d’un coup… Un léger frémissement. Le mouvement de son bras armé est rapide. Mais pas assez. Il est projeté par une force invisible en arrière, son corps venant se fracasser brutalement contre un mur. Le cadavre retombe lourdement, glissant contre la paroi en laissant une traînée de sang. Autour de lui, les agents de sécurité s’agitent mais ils n’ont pas le temps de réagir correctement. Une dague est dégainée et l’attaque qui suit est aussi violente que rapide. D’un mouvement aussi vif que précis, la tueuse en série tranche la main d’un premier agent lui faisant face. Le second mouvement vient égorger le soudard se trouvant sur sa droite. Le troisième vient sectionner la jugulaire du bougre se trouvant à sa gauche. Le quatrième coup vient frapper le malotru ayant perdu l’usage de sa main, la lame venant s’enfoncer dans sa poitrine dans un craquement sourd.
Telle une artiste danseuse qui a derrière elle des années d’expérience et de pratique, Azah Suutrar dépeint en quelques gestes précis et grâcieux une scène macabre. Tout se passe si vite que même ses jeunes apprenties n’ont pas le temps de se joindre au massacre.
Son attention se reporte alors sur le dernier membre du peloton de sécurité vivant qui, voyant ses camarades tomber comme des mouches autour de lui, lâche son arme et s’agenouille en joignant les mains devant lui.
- Pitié…
La belle et non pas moins dangereuse créature s’approche de lui doucement, une seconde dague venant quitter sa ceinture. Elle croise les deux lames contre la gorge de l’agent, qui se met à sangloter bêtement.
- J’ai une famille…
- Quel gâchis.
Le pauvre homme est décapité promptement lorsque les dagues de la tueuse en série viennent lacérer sa chair. Son corps tombe d’un coup, presque mollement, tandis que la tête roule sur plusieurs mètres en laissant sur son passage un sillon rouge.
- Les imbéciles. Maurra, contacte le seigneur Hivernus. Informe le qu’il avait raison, que les forces locales sont compromises. La loyauté du commandant de leur peloton d'intervention a été achetée.
- Oui, maîtresse.
Les appendices cachés de l’Anzat s’agitent doucement, venant essuyer le sang qui souille son visage pourtant si angélique en apparence. L’un d’entre eux vient porter à sa langue une goutte du précieux liquide pourpre qu’elle savoure délicatement. Les tueries ont toujours eu un certain impact sur son comportement. Elle a soif de carnage, en veut plus. Ses instincts de chasseuse impitoyable prennent le dessus. Ses sens sont à vif, excités par la vue du sang et la promesse d’une traque palpitante. On lui a demandé de retrouver ces assaillants et de les capturer vivants. Et c’est bien ce qu’elle compte faire… Sauf si sa nature sauvage prend le dessus sur tout le reste. -
Post n°21
Auteur : Super PNJA l'extérieur
Malheureusement pour les agents infiltrés un périmètre de sécurité avait d'ores et déja été établi tout autour de la cantina, les lumières des gyrophares des speeders de sécurité se reflétaient sur les murs des bâtiments avoisinants. R-186 serra les dents, il était trop tard pour fuir discrètement.
Les commandos n'avaient pas été assez rapides ou ils avaient été trahi, tout était possible après tout!-A tous, position compromise! le secteur est bouclé par les forces locales.
Evacuation et chacun pour soi!
Voila c'était fait, il avait donné ses dernières instructions, l'agent du SRR n'aimait pas abandonner une mission en cours mais il fallait savoir reconnaitre quand la situation était désespérée.
En soupirant, 186 abandonna son véhicule, laissant armes et comlink à l'intérieur, il prit tout de même soin d'actionner un minuteur, sur un engin explosif dissimulé sous son siège, le dispositif exploserait dans H+10, cela ferait une belle diversion et peut être que ça donnerait une chance de plus aux commandos pour échapper aux vigiles Kuati.
Ses faux papiers ID dans sa poche, il s'éloigna de la cantina alors que des colonnes d'assaut s'approchent du bâtiment, l'espion plisse les yeux en les observant dans l'ombre, ce protocole, ces armures, il ne s'agit pas de troupes Kuati clairement !
Qui donc pouvait être impliqué dans cette salle affaire? il finirait par le découvrir mais en attendant, il fallait qu'il rejoigne son appartement pour faire son rapport à ses supérieurs.
Ceux ci devaient savoir que Mynock n'avait pas été capturé, il espérait secrètement qu'un commando réussisse à le faire taire définitivement avant l'arrivée de ses mystérieux assaillants.
Des détonations se firent entendre dans la cantina, c'était une vraie fusillade maintenant, il accéléra le pas et au bout de quelques mètres en rasant les murs l'agent de terrain fut braqués par des policiers locaux, on illumina son visage à l'aide d'une lampe torche.
-Halte identifiez vous!
R' leva les mains en observant le canon du fusil blaster qu'on lui agitait sous le nez, il ne voulait pas être victime d'une bavure d'un policier trop zélé ou d'une jeune recrue. Il prit un air paniqué.-Vous tombez bien! j'étais dans la cantina quand ça a commencé à tirer!! vous devriez aller voir!!!
-Ferme la! et mets les mains dans le dos!
La suite logique était qu'on menotte l'agent et il le savait très bien, il observa les trois miliciens, peut être arriverait il à désarmer celui qui le braquait avec son fusil pour ensuite éliminer le trio, il suffisait d'être plus rapide. Non, c'était trop risqué, il devait surement y avoir d'autres patrouilleurs dans ce secteur, ses faux papiers étaient en règle, après tout il n'était qu'un simple ouvrier des chantiers Navals venu prendre du bon temps après une dure journée comme tant d'autres, personne ne pourrait prouver le contraire.
Il allait sans doute subir un interrogatoire musclé, mais il en avait vu d'autres au 123e régiment de Moridebo et sans preuve on finirait par le libérer. Ce serait du temps perdu certes mais valait mieux cela que de griller sa couverture dans un acte insensé.
Il se laissa donc interpeller criant à l'injustice et on le dirigea vers un transport ou d'autres prisonniers patientaient...
Pendant ce temps dans la cantina, ça continuait à tirer.Spoiler
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Post n°22
Auteur : Ishiro ShinraJe savais que ce ne serait pas si simple.
Le Nikto n’était qu’un leurre. Une distraction. Et il a failli fonctionner.
Une salve m’a frôlé l’abdomen. Elle a entaillé la céramique de mon armure, chauffé mes chairs. La douleur est un rappel.
Je pivote sur le flanc, roule derrière le meuble éventré par l’explosion. Déjà, mes capteurs analysent les trajectoires.
Un souffle. Une pulsation. Il n’a pas fui. Il est encore là.
Mynock.
Il surgit de l’angle opposé, comme une lame sortie de l’ombre. Un mouvement trop précis pour un civil. Trop fluide pour un simple bureaucrate.
Tonfa de choc dans une main. Blaster court dans l’autre. Pas d’hésitation.
Je pare le coup descendant avec la hampe de ma pique, l’impact grésille dans mes os. Le tonfa arc électrique s’écrase contre le manche, une gerbe bleue jaillit.
Il tire. À bout portant.
Je bascule mon corps en arrière, chute sur l’épaule, le tir frôle ma joue.
Je contre. Ma lame fuse.
Il bloque. Juste à temps. Sa parade est précise, calculée. Il n’improvise pas. Il sait.
— Tu n’es pas une victime. Tu es un professionnel.
Ses gestes ne sont pas propres. Ils sont efficaces. Il se bat comme quelqu’un qui n’a plus rien à perdre.
Nous tournons dans la pièce comme deux prédateurs blessés.
Lui : blessé à la cuisse, sanglant mais rapide.
Moi : flanc ouvert, concentration intacte.
Il veut gagner du temps. Il me parle. Je ne réponds pas.
Il jette un tabouret entre nous. Je l’évite. Il tente de fuir par la fenêtre.
Je bondis.
Je l’attrape au col, l’écrase contre le mur. Il contre, m’envoie un coup de coude dans la mâchoire.
Je vacille. Une seconde.
Il tire encore.
Le tir me frappe à l’épaule. L’armure absorbe, mais la chair se tord.
Je grogne.
Ma pique traverse l’espace entre nous.
Il esquive, presque. Presque.
La lame effleure son flanc gauche, ouvre le tissu, entaille la peau.
Il hurle. Silencieusement.
Il recule. Boite. Mais continue de se battre.
Un revers de tonfa heurte ma tempe. Des étoiles dansent dans mon champ visuel.
Je bloque à l’aveugle. La pique remonte, blesse encore.
Il halète. Moi aussi.
Nous ne sommes plus des agents. Nous sommes des bêtes.
Puis il glisse sur une flaque de sang. Son propre sang.
Et c’est fini.
Je m’élance.
Un bond, un impact.
Mon genou écrase sa cage thoracique, mes doigts se referment sur son col.
Il essaie encore. Même au sol. Ses bras battent, cherchent à m’aveugler. Il frappe mon masque. Je ne cille pas.
Il hurle en silence. Ses yeux disent tout. La peur. La haine. L’échec.
Ma main trouve sa gorge. L’autre serre la pique de Force. Sa lame est immobile. Elle n’a plus besoin de frapper.
Le contact est établi.
Et la soupe s’ouvre.
C’est brutal. Désordonné. Son esprit est un tunnel effondré, des pans entiers dissimulés, volontairement enterrés. Mais certains fragments passent.
Un symbole. Une silhouette encapuchonnée. Un code d’accès. Un datapad effacé. Le nom d’un port spatial. Un regard croisé dans un miroir, fendu par la culpabilité.
Et… moi.
Vu à travers ses yeux. Comme une silhouette dans les ombres, celle qu’on redoute dans chaque recoin. Une légende qui saigne pour de vrai.
Puis… le vide.
Je me relève. Mon souffle est rauque. La gorge sèche.
Mynock ne crie plus.
Je ne l’écoute plus.
Sorran est là, accroupi contre le mur, tenant toujours son blaster. Il attendait mon geste. Il a vu sans juger.
Je le fixe. Un instant seulement.
« On se sépare. »
Je scanne les environs. Les pas impériaux montent l’escalier. Les radios saturent.
Ils vont verrouiller l’étage. Piège parfait… pour ceux qui n'ont pas prévu d’en sortir.
Je repère un conduit technique. Derrière une cloison fendue. Il mène vers les étages inférieurs — peut-être les caves ou le local de maintenance. Ce genre de passage oublié, seul un habitué ou un traqueur le remarquerait.
Je m’approche. Soulève la trappe. L’obscurité me happe.
Avant de disparaître, je tourne une dernière fois la tête vers Sorran.
« Sors par les toits. Tu connais la procédure. On se retrouvera au point Mu. »
Pas d’échange. Pas de confirmation.
Je disparais dans le conduit.
Le métal résonne à peine sous mes appuis. Je respire lentement. Les ténèbres m’avalent. Je redeviens une ombre.
Je laisse derrière moi un cadavre refroidi. Et un partenaire vivant.
C’est tout ce qui compte. -
Post n°23
Auteur : Sorran Vos'kirLes rayons laser écarlates sifflent dans la cantina, visblement au premier étage c’est un vrai feu d’artifice qui prend lieu. Sorran sent l'odeur âcre de l'ozone brûlé envahir ses narines tandis qu'une rafale de tirs automatiques frôle dangereusement le lieutenant Ishiro, manquant de peu de carboniser l'officier du SSR. Les projectiles d'énergie viennent s'écraser contre le mur derrière eux, laissant des traces de fusion fumantes dans le métal. Le cœur battant, Sorran réalise qu'il a frôlé la catastrophe. Encore quelques centimètres et sa première affectation se serait soldée par un échec cuisant et probablement sa mort. Sans perdre une seconde, ses réflexes de Bothan prennent le dessus. Il effectue une roulade sur la gauche, ses bottes militaires glissant sur le sol jonché de débris de verre. C'est alors que le lieutenant Ishiro entre véritablement en action et le combat qui s'ensuit est d'une efficacité glaçante. En quelques mouvements fluides, l'officier neutralise leur assaillant. Mais ce qui suit est tout bonement horrifique l’Anzath se prepare à aspirer Mynock. Sorran détourne le regard, nauséeux, tandis que le processus de consummation commence et en moins d'une minute, Mynock git sur le sol, vidé de toute essence vitale. Ishiro se relève, son visage ayant retrouvé une apparence parfaitement humaine.
On se sépare. Sors par les toits. Tu connais la procédure. On se retrouvera au point Mu.
Sans même laisser à Sorran le temps de poser la moindre question ou de formuler une objection, l'Anzati s'évapore littéralement dans les ombres du corridor, ses pas silencieux résonnant brièvement avant de disparaître complètement. Le Bothan reprend lentement ses esprits, sa blessure à l'épaule continuant de l'élancer. Le tissu de son uniforme est imbibé de sang, et il sent la douleur pulser au rythme de son cœur qui bat encore à tout rompre.
Merde... c'est quoi ce point Mu ? On n'en a jamais parlé durant le briefing ! Comment je suis censé le retrouver maintenant ?
En quelques secondes, il fait le point sur la situation tactique. Au premier étage de la cantina, les gars des forces spéciales du groupe Alpha sont engagés dans un affrontement intense avec les autorités de Kuat. C'est triste à admettre, mais Sorran ne peut rien faire pour les aider. Il faut espérer qu'ils pourront s'en sortir par eux-mêmes...Les toits. Pour s'y rendre, il doit repasser par le couloir principal et se dépêcher d'atteindre l'accès de service. Si ses souvenirs du plan architectural sont exacts, une fois la porte ouverte, il lui suffit de sauter sur la droite pour atterrir dans le monte-charge à ordures du bâtiment adjacent. L'idée d'une échappatoire par les détritus n'a rien de glorieux, mais malheureusement, peu d'autres options s'offrent à lui dans l'immédiat. Sorran sort prudemment de la chambre, jetant un coup d'œil dans le couloir faiblement éclairé par les luminescents d'urgence. C'est alors qu'un tir de laser manque de peu de lui griller la fourrure du crâne, laissant une odeur de poil brûlé dans l'air. Sans réfléchir, il riposte de deux tirs précis de son blaster avant de se lancer dans une course effrénée vers les escaliers menant au toit. Ses bottes martèlent les marches tandis qu'il grimpe les étages quatre à quatre. Derrière lui, les ordres aboyés en Basic résonnent, accompagnés du bruit caractéristique des armures qui se rapprochent. Enfin, il atteint l'accès au toit. L'air nocturne de Kuat l'accueille, chargé des odeurs industrielles et des fumées des chantiers navals qui ne cessent jamais leur activité. Sorran repère rapidement sa cible, le monte-charge à ordures situé trois mètres plus bas sur le bâtiment adjacent. Il s'apprête à prendre son élan quand soudain, des faisceaux de projecteurs l'aveuglent.
HALTE ! Ne bougez plus ! Jetez votre arme et mettez vos mains derrière la tête !
L'escouade de sécurité a finalement atteint le toit. Tout leurs blasters sont tous braqués sur lui. Sorran tente désespérément d'attraper le sien, mais un tir précis l'atteint à l'épaule blessée.
La douleur fulgurante lui coupe le souffle. Déséquilibré, il bascule par-dessus le rebord du bâtiment. La chute semble durer une éternité, les lumières de la ville industrielle devenant floues tandis qu'il tombe vers le sol de duracier. L'impact est brutal. Sorran s'écrase lourdement mais miraculeusement sur des poubelles au sol qui ammortissent sa chute, sa vision se brouille progressivement. Alors que sa conscience s'efface peu à peu, la dernière image qu'il perçoit est celle de bottes militaires qui s'approchent lentement de lui. -
Post n°24
Auteur : HivernusIMPERIUM.
Un premier corps tombe lourdement, traversé par plusieurs traits laser. Voyant l’un des leurs à terre, inconscient ou mort, les deux autres assaillants mystérieux se replient en bon ordre afin de se retrancher dans la pièce du fond. Les commandos impériaux progressent silencieusement et lentement, tel un courant d’eau meurtrier que rien ne peut arrêter. Passant à côté du corps de l’attaquant abattu, Davilsh tire deux coups supplémentaires afin de s’assurer que le bougre ne se relèvera pas. Un tir dans la poitrine, un autre dans la tête. Autour de lui, les hommes de son escouade se déploient sans précipitation, les yeux rivés sur la porte de la salle où se sont retranchés les deux forcenés. Le sergent porte une main vers son comlink.
- Unité d’intervention à Commandement de terrain. Un assaillant abattu. Deux autres retranchés.
Pas de réponse sur la fréquence, qui se met à grésiller doucement. Voilà qui est bien étrange… Le sous-officier impérial répète une nouvelle fois son message alors que ses coéquipiers se positionnent méthodiquement de chaque côté du couloir. Toujours pas de réponse. Davilsh commence à s’inquiéter. Quelque chose ne va pas. Au-dessus d’eux, plusieurs échanges de tirs.
- Aurek, quel est votre statut ?« Ici Aurek, plusieurs morts confirmés au deuxième étage. La cible a été identifiée. Statut : Décédée. Au moins un assaillant en fuite. Profil de l’individu : Bothan, blessé à l’épaule. »
Mynock est mort… Voilà au moins un problème de réglé. Mais il faut encore s’assurer qu’il n’ait pas divulgué d’informations compromettantes. Ou qu’il ait laissé traîner des dossiers sensibles.
- Bien reçu Aurek. Sécurisez tout élément susceptible d'avoir une quelconque utilité. Détruisez le reste.« Affirmatif, Besh Leader. Ordre confirmé. »
- Unité d’intervention à Commandement de terrain, est-ce que vous me recevez ?
Silence radio, une fois de plus. Le manque de réponse n’est pas pour plaire au sergent, qui imagine le pire… Certains de ces mystérieux combattants auraient-ils pu passer au travers du filet et s’en prendre à leurs complices au sein des forces de sécurité de Kuat ? Possible mais peu probable. S’ils avaient eu le moindre souci, ils l’auraient signalé sur cette fréquence. L’homme passe sur un autre canal de communication.
- Agent Laena, nous avons perdu le contact avec nos associés Kuati. Essayez d’en savoir plus.« Ici Laena. Bien reçu. Je m’en occupe. »
Davilsh respire un grand coup. Tout semble sous contrôle… Ou presque. Il n’aime pas vraiment être dans le noir et ces divers incidents dont il ne peut pour l’heure pas expliquer les causes ou déterminer les origines viennent parasiter ses pensées. Il n’est pas tranquille… Mais notre homme reste avant tout un soldat. Et en tant que tel, il parvient à supprimer toute once de doute qui pourrait subsister en lui pour terminer sa mission quoi qu’il en coûte. Il fait signe à ses acolytes, distribuant ses ordres à l’aide de gestes aussi brefs que précis.
Les commandos de l’escouade Besh se préparent. Une grenade incapacitante est lancée dans la pièce où se sont retranchés les forcenés. Une explosion survient. Une lumière aveuglante se diffuse dans la salle et en quelques battements de cœur, les soldats impériaux entrent pour faire le ménage. Plusieurs échanges de tirs s’ensuivent puis les armes se taisent. Le sergent se penche au-dessus des corps des individus abattus, cherchant un quelconque indice qui pourraient permettre leur identification. Il fouille leurs poches, inspecte leur matériel, jette un coup d’oeil à leurs armes lorsque survient finalement une notification.« Unité d’intervention, ici Centre de contrôle. Plusieurs agents spécialement détachés par la régente se dirigent vers votre position. Veuillez ne pas interférer et vous soumettre à leurs ordres. »
Des agents spéciaux ? La belle affaire… Mais pour les Impériaux, il s’agit encore de faire profil bas et de jouer le jeu en se faisant passer pour de bons petits soldats Kuati. S’ils venaient à se faire démasquer, le sous-officier ne donne pas cher de sa peau…
- Bien reçu, Centre de contrôle. Nous avons neutralisé plusieurs assaillants. Un autre a pu prendre la fuite. Description du fuyard : Bothan, blessé à l’épaule, armé et dangereux. Contact avec le commandement de terrain rompu.« Noté, unité d’intervention. Description du fuyard enregistrée et transmise. Renforts mobilisés. Des unités supplémentaires se dirigent actuellement sur zone. »
Mynock mort, les commandos des Opérations Spéciales Impériales ont rempli leur mission. Mais Davilsh demeure prudent. Il ne sait pas si ce foutu traître a balancé des info’ ou remis des documents sensibles aux individus qui l’ont abattu. De fait, le sergent doit s’assurer que ces agresseurs, quels qu’ils soient, soient neutralisés avant qu’ils ne causent plus de problèmes.
SEIGNEURAT DE BAJIC.
Azah Suutrar écoute les messages qui viennent saturer le comlink du commandant de l’unité qu’elle vient de massacrer. Elle penche la tête, doucement, intriguée. Un assaillant a été abattu, deux autres sont sur le point de l’être… Si elle ne veut pas échouer dans sa quête, l’Anzat doit agir rapidement. La régente et le seigneur Hivernus veulent des prisonniers à interroger et ils en auront, elle s’en fait la promesse.
La tueuse en série s’empare donc du dispositif de communication du cadavre puis se dirige vers l’établissement où les combats se déroulent, escortée par ses deux disciples. De nouvelles annonces lui parviennent à l’oreille. Comme elle s’en doutait, les assaillants retranchés dans la cantina ont été neutralisés de manière définitive… Mais l’un d’entre eux est en fuite. Et blessé. Voilà une piste à suivre… Et un prisonnier à faire.
La première des lames d’Hivernus porte la main vers son comlink personnel, un sourire sinistre aux lèvres.
- Centre de contrôle, ici Unité Spéciale, quelle est la dernière position connue du fuyard ?« Ici Centre de contrôle, l’unité d’intervention nous a indiqué que le fuyard est tombé du toit de la cantina. Les hommes de l’unité d’intervention ont perdu sa trace mais il est possible qu’il soit toujours dans les parages. »
- Bien reçu, Centre de contrôle. Nous nous lançons à sa poursuite.« C’est noté, Unité Spéciale. Plusieurs patrouilles ont été mobilisées pour vous assister dans vos recherches. »
- Compris.
La communication s’interrompt sur ces derniers mots. Azah Suutrar se tourne vers ses deux apprenties, le regard pétillant d’excitation.
- Réglez vos blasters sur tir paralysant. Retrouvez ce Bothan et assurez vous qu’il soit capturé vivant.
Maurra et Jehena acquiescent en silence, blasters en main, et se dirigent vers le point de chute du fuyard au pas de course afin de ne pas perdre sa trace. L’Anzat s’enfonce pour sa part au cœur de la cantina afin de suivre une autre piste. Le caractère agressif des agents de sécurité Kuati l’intrigue au plus haut point et elle se demande bien ce qu’ils ont tenté de dissimuler avant de périr. De fait, suivre de près les progrès de l’unité d’intervention lui permettra probablement d’en apprendre plus.
Alors qu’elle foule le sol de la pièce centrale du rez-de-chaussée, les instincts primaires de la tueuse en série prennent le dessus. Le frisson de la chasse s’empare de chaque fibre de son être et elle s’en réjouit. La première des lames d’Hivernus respire doucement, ses narines captant d’abord l’odeur distinctive du gaz tibanna éjecté des armes blasters avant de se concentrer sur les effluves de sang et de sueur. Ses oreilles sont à l’affût du moindre bruit. Elle entend les respirations régulières des soldats qui s’agitent au-dessus d’elle, les pulsations excitées de leur cœur, les bottes qui martèlent doucement le sol, les ordres renvoyés d’un sens vers l’autre par oral ou via comlink. Puis elle ressent autre chose… Une présence… Une sorte de compagnie familière sans pour autant l’être réellement, qu’elle n’explique pas. Pas encore du moins.
Il y a quelqu’un ou quelque chose qui se cache ici. Quelque part. Une présence presque imperceptible, qui sait se déplacer sans bruit, comment se dissimuler dans son environnement. Un assassin peut-être. Non. Pas peut-être. C’est certain.
Azah Suutrar glousse doucement, ravie à l’idée de pouvoir chasser quelque chose qui en vaut la peine.
- Je sais que tu es là… Et je te trouverai.
- HRP - Groupe Alpha éliminé par les commandos impériaux opérant sous couverture, dont les deux escouades sont en train de sécuriser le bâtiment afin de récupérer toute trace/preuve (ou document) laissée par Mynock. Statut du groupe Bêta toujours incertain, libre à vous d'en faire ce que vous voulez.
Deux agents du Seigneurat de Bajic, opérant pour le compte de la régente de Kuat, se dirigent vers le lieu où Sorran s'est écrasé. Azah Suutrar est pour sa part sur la piste d'Ishiro. L'étau se resserre autour de l'endroit de la fusillade, les patrouilles étant de plus en plus nombreuses à quadriller le secteur et installer des barrages, certaines étant mêmes chargées de mener des recherches dans les rues désormais vidées de leurs occupants. -
Post n°25
Auteur : Ishiro ShinraJe ne retourne pas vers la cantina. Je m’arrache à son tumulte comme on se détache d’un rêve en chute libre — net, sans rémanence. La première règle est simple : cesser d’exister. Pas se cacher. Disparaître.
Je longe les façades jusqu’à un puits technique, plaque desserrée de longue date par des mains pressées. Je glisse dedans, deux niveaux en contrebas, entre un faisceau de conduites tièdes et un coude d’aération qui souffle une haleine métallique. Ici, personne ne regarde. Ici commence l’art des miens.
La discipline Anzati ne se résume pas à un capuchon ou à une ombre : c’est une négation. Je ralentis tout. Respiration en quatre temps, cœur en trois. Je brise le rythme de mes pas pour abolir la cadence que l’oreille humaine devine sans la comprendre. Je baisse ma température cutanée en collant mes avant-bras aux conduites de retour, pour confondre ma signature thermique avec celle du réseau. Je change ma géométrie : épaules rentrées, colonne brisée, centre de gravité déplacé vers l’avant. L’œil qui cherche un homme ne voit plus qu’un tuyau de plus, un relief de moins.
Le « Voile » Anzati, nos maîtres l’appelaient le Pli : glisser dans l’angle mort d’une perception, y tenir, puis avancer d’un demi-souffle. Je m’y coule. Les capteurs n’accrochent plus. Les caméras, si quelqu’un les regarde, ne retiennent qu’un tremblement de pixels.
Je fais disparaître mon sillage. Sous la grille suivante, une gorge d’évacuation goutte un mélange de lubrifiants, d’algues dissipées et de liquide de refroidissement. J’y trempe une bande de tissu, j’en passe deux traits sur mes bottes, mes manches, ma nuque. L’odeur est fauve et rance — assez pour clouer au sol les meilleurs molosses de patrouille. Puis je sème une poignée de grains de poudre dégraissante derrière moi : quiconque me suivra portera mon parfum dans le mauvais sens.
Je rejoins un corridor de maintenance, lumière jaune sale, signalétique effacée par les solvants. J’avance à contre-jour, dos aux hublots de service, pour devenir un rectangle dans un autre rectangle ; l’œil se lasse, passe. Une trappe latérale cède sur un couloir secondaire, « C-19 REFROIDISSEURS ». Parfait : l’air y est froid, les surfaces condensent. Je passe mes paumes sur les carters givrés, plaque ma veste contre l’alu, et la pellicule d’eau brouille davantage ma chaleur. Un drone passe au plafond, lent, balayant d’un laser indifférent ; je m’aplatis, j’épouse le caisson. Le drone hésite, zèbre le mur, poursuit. Rien vu.
Je laisse un leurre pour les chasseurs carrés : une capsule-émetteur fixée sur une canalisation de purge envoie, toutes les cinquante secondes, un battement de transpondeur civil falsifié. Ils suivront l’écho dans la cage D-12 ; ils y trouveront des écoulements et une odeur de vieux métal. Qu’ils y perdent cinq minutes. Cinq minutes, ce soir, c’est une éternité.
Un frisson remonte la gaine. Très léger. Pas une certitude. C’est l’ombre d’un prédateur qui sait écouter. Je m’arrête, un genou au sol, main à plat. La pulsation du ring me grimpe par le bras : pompes, relais, pas lourds… et trois ondes plus souples, plus disciplinées, qui tondent l’air par séquences. Patrouille. Pas CNK standard — ça manque de cliquetis — mais pas des miens non plus. Trois. Espacement correct, mauvaises habitudes de com : ça souffle, ça parle bas. Ils descendent par « C-19 ». Mauvais choix.
Je m’écarte dans une niche de purge, décroche la goupille de secours d’une cloison. Un glissement, un souffle, et me voilà figé dans l’ombre, tout près du coude. Je joue la scène en avance : le premier dépasse, le second suit l’épaule, le troisième ferme, regard en arrière. Trois erreurs possibles. Je leur en laisse deux.
Le premier surgit. Je sens l’odeur du tissu chauffé par la marche, la colle des gants. Je laisse son cou passer à portée, je crochette l’artère d’un tranchant du pouce et verrouille le menton dans l’étranglement. Pas un bruit. Trente-huit, trente-neuf, quarante… posé. Je l’allonge contre la cloison. Le second lève déjà son arme, bon réflexe. Je présente la hampe de ma pique de Force au ras de son poignet, un quart de tour — le levier claque, l’arme part au sol. J’avance d’un pas, le métal de la pique touche son sternum, une impulsion sèche. Le choc tétanise sans éclat. Il s’effondre, yeux ouverts, conscient, mais absent à lui-même. Le dernier recule, cherche la radio. Mauvais réflexe. Je suis déjà sur lui. Mes vibropoings calent ses coudes contre sa cage, une rotation du bassin fracasse l’équilibre, le couloir lui mange l’arrière de la tête. Il glisse au silence, un soupir, rien d’autre.
Je reste immobile. Écoute. Rien ne répond. Pas d’alarme, pas d’appel. J’ouvre la sangle du premier, retire la batterie du comlink, écrase la puce sur le seuil et passe ma paume sur la caméra torse du deuxième — empreinte de gant, rien de personnel. Je récupère un badge usé, sali par des années d’huile ; je l’essuie contre ma manche pour créer un faux reflet : s’ils scrutent une caméra lointaine, mon badge brillera une seconde, comme tous les autres. Je tire les corps — pas de traînées continues : trois petits déplacements, avec ruptures, pour casser la lecture — et les coince derrière la cloison d’inspection, entre deux colonnes de filtres. On les retrouvera à l’heure de la maintenance, pas avant.
« Dors. » murmuré à personne, pour garder mes mains calmes.
Je repars. Toujours en Pli. Je colle mes pas aux zones de turbulence des aérateurs : le bruit léger de l’air s’additionne à mes semelles, je disparais dans le souffle. Je compte mes respirations en parcourant la passerelle grillagée qui tangue au-dessus d’une fosse de condensateurs. Une vapeur froide remonte ; je la traverse lentement pour qu’elle dépose sur moi un manteau d’odeur neutre. Au bout, une porte battante donne sur un couloir civil. Je reprends une posture d’ouvrier : mains dans les poches, dos lourd, regard à deux mètres devant. Je marche comme quelqu’un qui rentre chez lui et sait qu’il est déjà en retard.
Aux carrefours, je sème des faux signaux. Dans un bac de collecte, je laisse une manche arrachée — même tissu que ma veste, huilée au même mélange — et une bande de pansement tachée d’un sang que j’ai récolté plus tôt dans la cantina sur un client ivre. Si quelqu’un piste à l’odeur, il pensera m’avoir effleuré. Je bifurquerai pendant qu’il se félicite.
Un autre frisson. Différent. Plus fin, plus aigu. Pas une patrouille. Un… écho. Quelqu’un qui sait plier l’air de la même manière que moi, mais pas tout à fait pareil. Une signature comme une lame glacée passée sous la peau. Je n’ai pas de nom à lui donner, seulement ce constat : s’il y a une chance que quelqu’un me retrouve, ce sera elle. Alors je double tous mes brouillages.
Au débouché d’un escalier hélicoïdal, j’emprunte le chemin le plus laid : les conduites d’eaux noires. La chaleur y masque tout, l’odeur y tue le reste. Je marche sur la lèvre sèche, mains contre la voûte, pour ne laisser ni trace, ni éclaboussure. Deux coude plus loin, je remonte par une échelle déformée, un capot cède sur une cour de service. Au mur, un distributeur de lessive industrielle. J’en pulvérise sur mes bottes, mes manches, ma nuque. La mousse dissout le film gras et m’offre une odeur clinique, découpée, artificielle — introuvable dans la rue, impossible à confondre avec ma note précédente. J’ai deux silhouettes à portée de vue ; elles passent sans me voir. Je suis un manutentionnaire qui a mal dormi.
Je file vers la zone des quais logistiques. Cycles réguliers, sirènes, balises vertes et rouges. Le chaos discipliné des anneaux de Kuat. J’attends la relève d’un groupe de débardeurs, je me glisse dans leur coulée, j’emprunte leur cadence. Un chef de ligne me jette un regard bref : il ne sait pas où me ranger, donc il me range dans ce qu’il voit — un retardataire. Je traverse. À mi-parcours, je détourne vers une cage grillagée portant l’étiquette « DÉCHETS TECHNIQUES ». Au fond, un chariot bâché. Je soulève la bâche, me glisse dessous, coupe avec mon couteau une route dans la toile, et ressors de l’autre côté, dans un angle mort choisi sur plan plus tôt. Deux pas, une porte coupe-feu, un escalier japonais, et je retombe dans les viscères du ring.
Ici, enfin, je peux me permettre un souffle plus long. Pas de caméras, pas de capteurs ; seulement la mécanique sourde des pompes et le sifflement des purgeurs. J’enlève ma veste, je retourne le col, j’enfouis le tout dans un renfoncement que je marque d’une griffe invisible — un signe que seuls les miens savent reconnaître. Si « elle » est de mon espèce, elle peut le lire… ou y perdre une seconde à se demander si je voulais qu’elle le lise.
Je termine le travail : je désosse un comlink de secours pour cannibaliser son module de ping, l’accroche sous un rail vibratoire. Il cliquette à intervalle irrégulier, imitant l’agonie d’un appareil cassé. Une patrouille qui s’obstine s’arrêtera dessus.
Je reprends la marche. Toujours en Pli. Je deviens la paroi, puis la marche, puis l’ombre entre deux bouches d’aération. Les bruits au-dessus se calment. Les sirènes s’éloignent. La ville reprend sa respiration ordinaire, lourde et indifférente. Je m’arrête dans une salle de vannes, m’adosse au carter. Je ferme les yeux — pas pour me reposer, pour mieux écouter.
Rien. Ou presque. Très loin, sur une fréquence que seuls les chasseurs entendent, un froissement. Une curiosité qui cherche. Une lame dans le brouillard.
« Tu n’auras que mon silence. » chuchoté au métal.
Je me détache, sans laisser de chaleur derrière moi. Je ne suis plus un homme dans les couloirs de Kuat. Je suis un défaut de lecture, une omission. Un soir sans témoin. Et, sauf miracle, personne ne recoupera jamais mon passage. -
Post n°26
Auteur : Sorran Vos'kirLa douleur, c'est la première sensation que le Bothan parvient à ressentir. Tout est noir, il a les yeux fermés, sa tête lui fait, ironiquement, un mal de chien. Un martèlement sourd résonne dans son crâne. Les premières minutes qui suivent sa prise de conscience sont floues, fragmentées comme un holofilm endommagé. Il se souvient de la course poursuite dans la cantina, le tir de blaster, sa chute… Il ouvre ses yeux avec peur ! Quelqu'un s'approchait de lui, c'est son dernier souvenir. Une silhouette sombre...
Il est allongé sur un canapé, autour de lui c'est silencieux. Le genre de silence qui met les nerfs à vif, qui fait tendre l'oreille au moindre bruit suspect. Il hoche la tête de droite à gauche, rien. Personne. Ses pupilles félines se dilatent instinctivement, s'adaptant à la pénombre de la pièce. Alors il visualise chaque détail de son environnement, puis commence à entendre les quelques bruit parasite de l’appartement.
Il s'agit visiblement d'un petit appartement d'ouvrier à première vue. Les murs sont d'un gris terne, légèrement écaillés aux angles, témoins d'années de négligence et d'un propriétaire peu soucieux d'entretien. Une unique fenêtre, dont les stores métalliques sont baissés, laisse filtrer les lueurs intermittentes des enseignes lumineuses du quartier industriel. L'ameublement est spartiate, le canapé râpé sur lequel il repose, une table basse griffée, quelques chaises dépareillées. Rien de personnel, rien qui pourrait trahir l'identité de celui qui vit ici.
L'holonet est en marche, projetant sa lumière bleutée tremblotante dans la pièce. Une présentatrice humaine au visage lisse et professionnel défile les nouvelles d'une voix monocorde :
...les autorités de Kuat ont étendu le couvre-feu à tous les secteurs industriels suite aux récents incidents. Les forces de sécurité sont autorisées à tirer à vue sur tout individu refusant d'obtempérer après les heures réglementaires. Le Conseil des Familles assure que ces mesures temporaires...
Le félin grince des dents, un grondement sourd montant de sa gorge. Une extraction dans ces conditions, c'est peine perdue. Les rues grouillent probablement de patrouilles, les checkpoints se multiplient comme des champignons après la pluie. Mais avant de réfléchir à comment s'échapper, il faudrait d'abord savoir où il se trouve. Et surtout, qui l'a amené ici.
Ses narines frémissent. Au loin, sur une plaque de gazinière alimentée par une bonbonne de tibanna, son odorat développé lui permet d'identifier les effluves d'une préparation contenant du Bantha en cours de cuisson. L'odeur est riche, épicée, presque réconfortante dans sa familiarité. Quelqu'un cuisine pour deux et l’'idée le dérange plus qu'elle ne devrait.
Puis, sur une table à manger disposant d'assez de place pour deux personnes, il remarque sa veste. Et posé par-dessus, négligemment, son blaster. L'arme repose là, à portée de main...
Ni une ni deux, Sorran tente de profiter de l'absence d'individu pour se lever rapidement et atteindre l'arme. Ses muscles se tendent, son corps réagit par instinct avant que sa raison n'ait le temps d'intervenir. Mais la réalité le rattrape avec une cruauté implacable. Une douleur fulgurante le lance dans l'épaule, si intense qu'elle lui coupe le souffle.
D'un coup d'œil, il remarque le bandage propre qui entoure son épaule, le tissu légèrement taché de sang séché à l'endroit de l'impact. La douleur est si forte qu'il se rassoit sur le canapé, haletant, ses griffes s'enfonçant dans le tissu usé du coussin. Le tir de blaster a bien impacté ses muscles, voire touché ses nerfs. Chaque mouvement envoie des décharges électriques le long de son bras, du bout des doigts jusqu'à la base de son cou.
Je ne bougerais pas trop si j'étais toi, la voix le fait sursauter, ses oreilles se dressant instantanément vers la source du son. Le tir a brûlé une bonne partie des tissus nerveux. Tu as eu de la chance, quelques centimètres à droite et c'était ton artère brachiale.
Sur l'holonet, la présentatrice continue son monologue aseptisé :
...le suspect recherché est décrit comme un Bothan mâle, portant une veste de travail en cuir sombre, il serait vraisemblablement bléssé. Toute information permettant sa localisation doit être immédiatement...
Sorran se fige, ils parlent de lui, ils diffusent sa description sur les chaînes publiques. La situation vient de passer de mauvaise à catastrophique. Il tourne lentement la tête vers la silhouette qui se détache maintenant du seuil d'une porte latérale, probablement menant à une chambre ou une salle de bain.
Tu regardes ton blaster, observes la voix, presque amusée. Tu te demandes si tu peux l'atteindre avant moi. Tu calcules les distances, les angles. C'est ce que j'aurais fait aussi.
L'individu s'avance dans la lumière fluctuante de l'holonet mais son visage toujours dans l’obscurité de la pièce.
Qui es-tu ? Pourquoi m'avoir amené ici ?
Un rire bref, presque amer.
Les bonnes questions, mais peut-être devrais-tu d'abord me demander pourquoi je ne t'ai pas laissé saigner dans cette ruelle. Ou pourquoi je n'ai pas appelé les autorités pour empocher la récompense qui vient d'être annoncée sur ta tête.
Sorran sent ses poils se hérisser le long de son échine. Une récompense, évidemment.
Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-il, sa main valide se déplaçant imperceptiblement vers le bord du canapé, prêt à bondir malgré la douleur.
Manger, répond simplement l'inconnu en se dirigeant vers la gazinière. Le ragoût est presque prêt.
Le Bothan observe son hôte, geôlier ? sauveur ? s'affairer avec les casseroles. L'absurdité de la situation n'échappe à personne. Dehors, des sirènes hurlent dans la nuit, se rapprochant puis s'éloignant. Sur l'holonet, son visage réapparaît, accompagné d'un numéro à contacter pour toute information.
Je ne te dois rien, siffle Sorran entre ses dents serrées.
Non, acquiesce l'autre sans se retourner. Mais tu me dois au moins le temps que je t'ai accordé. Le temps de te soigner, le temps de ne pas te livrer.
Le silence retombe, seulement troublé par le grésillement de la cuisson et le bourdonnement de l'holonet. Sorran évalue ses options. Elles sont maigres et son épaule le lance, chaque respiration est un rappel douloureux de sa vulnérabilité. Et quelque part dans cette zone en état de couvre feu, ceux qui lui ont tiré dessus continuent de le chercher.
D'accord, finit-il par dire, sa voix à peine audible. Mais je veux récupérer mon blaster et savoir ton nom avant de partager ce repas. -
Post n°27
Auteur : BlokkusLes Sebens, les gardes du corps du sénateur Blokkus avaient voyagé dans une navette de transport en direction de l' anneau, on leur avait collé un chaperon, en l'espèce un membre de la sécurité des Chantiers Navals de Kuat.
C'était le Hutt qui avait gentiment proposé à dame Elisabeth l'appui de sa garde rapprochée , après tout c'est tout ce qu'il avait sous la main et voila qu'il se trouvait sans protection dans un vaisseau du seigneurat de Bajic.
Mais le commodore Hannibal, responsable des opérations secrètes sur Mustafar, avait plus d'un as dans sa manche, il avait déjà recruté une nouvelle équipe de sécurité locale, des chasseurs de prime qui œuvraient justement dans le secteur.
Discrétion et efficacité, voila ce qu'on demandait aux cyborgs, Yoshio, le leader, avançait en tête suivi comme son ombre par le sous officier Kuati. le sergent se colla au mercenaire en chef.
-Je vous rappelle que vous devez collaborer avec nous, pas prendre d'initiative malheureuse!
Yoshio observa son second, Mifuné un solide Correlien barbu, il suffisait qu'il fasse un simple geste pour que celui ci le débarrasse de l'agent local, mais non ce n'était pas des manières. Il se contenta de soupirer avant de répondre.
-On nous a recruté pour appuyer vos troupes qui semblent justement débordés, alors assez lambiné , il faut que l'on rejoigne cette cantina!
Les Sebens accélèrent leur pas en direction du bruit des détonations, ils arrivèrent à un premier barrage de patrouilleurs du CNK; Le sergent eut enfin son utilité, exhibant son badge, les mercenaires furent finalement autorisés à pénétrer dans le périmètre de sécurité. Yoshio s'arrêta soudain, observant un transport fortement gardé, il le désigna du doigt.
-Qu'est ce que c'est?
Le sous officier Kuati regarda dans la direction indiquée.
-Des civils qui ont été ramassés dans le secteur, on les isole pour un interrogatoire.
Le natif de Burnin Koln dévoila ses dents ornés de bagues en duractier dans un sourire sadique.
-Exactement ce qu'il nous faut! Trouvez nous un endroit calme, nous allons interroger ces prisonniers nous même.
Le visage du Kuati s'empourpra, il n'aimait pas la tournure des évènements.
-Ces ouvriers du chantier ont des droits, on ne peut pas les interroger comme ça!
Keiko se colla au chaperon, enlevant ses lunettes de soleil, dévoilant ainsi ses deux photorécépteurs rouges qu'il s'était fait posé à la place de ses yeux bleus après l'explosion d'une grenade lors de son service au sein de la Confédération.
-On vous demande pas votre avis sergent...
Inaba était muet depuis qu'un trait de laser avait traversé sa gorge durant la guerre des clones, mais une simple pression de sa main sur l'épaule du milicien suffit à le convaincre d'accéder à leur demande, il répondit en bafouillant.
-Trè.. très bien, je vais vous trouver ça...
Et quelques minutes plus tard, un appartement avait été réquisitionné, Inaba serait chargé de monter la garde , tandis qu'on conduisait les prisonniers par groupe de six, dans chaque pièce, un Seben serait chargé d'interroger les prisonniers, et certaines méthodes étaient certainement contraire aux droits intergalactiques de l'humanoïde.
Mais la fin justifie les moyens disait on sur Mustafar..."Bienveillance, Honnêteté, Loyauté, Honneur, Valeureux, Respect, et La bonne décision" -
Post n°28
Auteur : HivernusLorsque Maurra et Jehena atteignent finalement le point de chute du Bothan, force est de constater qu’il a déjà disparu. Malgré cette déconvenue, les deux jeunes femmes n’en demeurent pas moins déterminées à accomplir la tâche qui leur a été confiée. Blaster en main, les deux apprenties d’Azah Suutrar fouillent les environs à la recherche d’indices quand arrivent finalement les renforts promis par le centre de contrôle. La zone est bientôt cernée de véhicules de patrouille et d’agents des forces de sécurité locales. Un lieutenant les approche, hésite un instant puis reconnaît le profil des agents envoyés spécialement par la régente pour appréhender les suspects qui semblent causer tant de remous dans le coin.
- Vous faites partie de l’Unité Spéciale ?
La question n’en est pas vraiment une. Mais l’officier demeure méfiant, probablement parce qu’il est trop habitué à redouter d’avoir face à lui un sympathisant des ouvriers rebelles qui ont plongé Kuat dans une guerre civile. De fait, confirmer l’identité des donzelles qui se présentent face à lui semble le rassurer.
- C’est exact. Le Bothan s’est échappé. Mais il n’a pas dû aller bien loin…
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
- Vous voyez ces poubelles ? Elles sont en désordre, ouvertes, écrasées par un impact brutal. Quelqu’un a chuté dessus.
L’homme hausse les épaules, sceptique.
- Cela pourrait être n’importe qui… Ce ne sont pas les alcooliques qui manquent dans le coin. Et on retrouve souvent des poivrots ou des clodo fourrés dans les détritus vous savez.
La remarque semble exaspérer Jehena, qui lève les yeux au ciel en soupirant. Les agents de sécurité de Kuat sont-ils tous des abrutis finis ou des imbéciles nonchalants, peu prompts à faire leur boulot correctement ? A ses côtés, Maurra reprend la main, craignant que sa comparse ne fasse une bêtise.
- Nous avons retrouvé un sac dans les poubelles… Avec du matériel militaire qu’un ouvrier des chantiers navals ne pourrait pas se payer. Le suspect l’aura probablement fait tomber dans sa chute. Ou aura cherché à s’en débarrasser volontairement pour ne pas attirer les soupçons.
La jeune femme s’accroupit, ses yeux se posant sur des tâches suspectes. Elle effleure du bout des doigts les gouttelettes qui viennent maculer le tissu d’un vieux torchon.
- Du sang. Et il est encore frais.
Du regard, elle balaie l’ensemble de la ruelle afin de chercher les traces d’un potentiel passage. N’ayant ni l’expérience de sa maîtresse, ni ses facultés, Maurra met du temps à trouver une piste à suivre. Après quelques minutes de recherche, l’apprentie de l’Anzat tombe finalement sur de précieux indices.
- Ici. Et là. Se contente de dire la jeune femme en pointant du doigt différentes tâches de sang sur le sol. Le Bothan est parti dans cette direction… Non. On l’a traîné. Regardez. Des traces de bottes qui frottent le duracier, laissant des marques au sol.
- Qui aurait intérêt à faire ça ? Demande le lieutenant, toujours aussi perplexe.
- Un complice. Ou un sympathisant quelconque. Répond la lame d’Hivernus. Peu importe. Ils n’ont pas pu aller bien loin. Faites quadriller le secteur par vos hommes, lieutenant. Occupez chaque rue, fouillez chaque bloc d’habitations, remuez ciel et terre s’il le faut. Ils sont là, quelque part. A se cacher. A attendre.
- Entendu, madame. Je vais faire parvenir vos directives aux troupes.
L’officier offre à l’apprentie tueuse un hochement de tête qui pourrait s’apparenter à une forme de salut militaire puis s’en va donner ses ordres aux chefs de section. Il n’a pas vraiment l’air ravi de devoir jouer au sous-fifre pour des étrangers dont il ne connait rien mais puisque la régente leur a donné carte blanche pour régler cette situation au plus vite, le lieutenant sait qu’il n’a pas vraiment son mot à dire. Il se contente donc d’exécuter les ordres, préférant éviter toute forme d’ennui avec sa hiérarchie.
Sous la supervision des agents personnels du seigneur Hivernus, le secteur grouille bientôt de patrouilles statiques, d’équipes de recherche et de droïdes de surveillance. Plusieurs colonnes d’agents des forces de l’ordre s’enfoncent dans les rues de quartiers complètement vidés de leurs habitants. Des véhicules de patrouille font le tour des immeubles, à la recherche de fugitifs correspondant à la description du Bothan ou de traînards qui refusent de se confiner chez eux alors que diverses unités d’assaut se déploient pour fouiller les appartements de chaque tour d’habitation, enfonçant portes et mobilier quand la situation l’exige.
Une véritable chasse à l’homme est lancée… Et en l’espace d’une mission, Sorran est devenu l’ennemi numéro un de Kuat, le monstre à appréhender à tout prix.
Le chasseur se doit d’être patient. C’est la première que l’on apprend lorsque l’on se lance dans une traque car il faut d’abord étudier sa proie avant d’envisager toute autre chose. Un chasseur impatient revient souvent bredouille… Ou disparaît à tout jamais. Azah Suutrar n’est pas de ceux-là. La tueuse a derrière elle des années d’expérience et des dizaines de victimes sur son tableau de chasse. Elle laisse ses sens explorer la pièce, son regard se perdre dans les détails les plus insignifiants… Et elle trouve finalement quelque chose.
Une première piste sur l’identité de cette mystérieuse présence.
Parmi les cadavres criblés d’impact de tirs, deux corps qui ne présentent aucune blessure par arme blaster. Un Trandoshan et un Rodien. L’Anzat remarque rapidement qu’ils ont été neutralisés de la même manière. Un coup dans l’épaule, probablement causé par une arme de mêlée à en juger la nature de la blessure, puis un autre dans le cou. La marque de cette deuxième attaque semble plus discrète, moins visible à l'œil nu. L’incision est légère. Pas de trace de sang. Une piqûre peut-être ?
Voilà une bien curieuse manière de venir à bout d'un ennemi…
Quoi qu’il en soit, la première des lames d’Hivernus tient une piste. Celui qui est passé par là a fait preuve d’une précision redoutable. Il a reçu un entraînement bien spécifique. Une formation d’assassin peut-être. Oui. C’est certain même. L’énigmatique présence n’est pas n’importe qui. Elle sait comment économiser ses mouvements pour frapper méthodiquement, profitant probablement de l’élément de surprise et du chaos ambiant pour fondre sur ses victimes. Azah Suutrar esquisse l’ombre d’un sourire, intriguée. Traquer un tueur professionnel lui semble bien plus alléchant que l’idée de poursuivre un simple malfaiteur.
L’Anzat monte les escaliers afin de suivre sa piste. Au premier étage, des traces de combat au blaster. Multiples impacts de tirs sur les murs. L’affrontement a été féroce. Plusieurs soldats portant l’uniforme et les insignes des forces de sécurité de Kuat se portent à sa rencontre, arme en main. Ils sont nerveux, prêts à faire usage de la force. Elle le voit, le ressent… Et s’en amuse. Presque.
- Je suis ici sur ordre de la régente Elisabeth de la Maison Kuat. Je suppose que vous faites partie du commando d’intervention…
- Ah. L’Unité Spéciale hein. Vous supposez bien, madame. Se contente de répondre l’autre. Mes hommes ont la situation en main. La cantina est sécurisée. Les assaillants ont été neutralisés.
La tueuse en série demeure silencieuse le temps de quelques secondes. Son esprit semble ailleurs, absorbé par des choses que les agents Kuati ne peuvent voir, entendre ou comprendre. Lorsque son regard se pose sur le sergent, ses yeux ont une lueur terrible. L’homme a un mouvement de recul incontrôlé. Ses camarades s’agitent doucement, perplexes face à l’attitude étrange de la donzelle et de leur supérieur.
- Il s’éloigne.
Le sous-officier fronce les sourcils, confus.
- Il… ?
- Oui… Un tueur qui a vraisemblablement échappé à votre vigilance.
- Je vous assure que nous avons ratissé de long en large ce bâtiment et qu’il n’y a plus personne…
Azah Suutrar n’écoute plus le sergent. Elle se moque bien de ses explications car il y a plus important en jeu. L’assassin qu’elle traque, ayant vraisemblablement achevé son œuvre, cherche désormais à s’éclipser. Elle ne le laissera pas s’échapper. Abandonnant le premier étage aux hommes de l’unité d’intervention, la tueuse en série rejoint le second niveau de la cantina. Curieux, le sous-officier la suit de près afin de voir ce qu’elle compte faire.
L’Anzat remarque d’abord les différents restes de piège qui traînent ici et là. Quelqu’un s’attendait à avoir de la visite. Mais le dispositif, ou ce qu’il en reste, apparaît improvisé. Il a été fabriqué en toute hâte. La donzelle poursuit son exploration des lieux, observée de près par le sergent et quelques-uns de ses hommes, quittant une pièce dans laquelle se trouve le cadavre d’un Togruta. Elle y pénètre sans demander d’autorisation à qui que ce soit, attirée par les effluves de sang tel un limier en chasse. La première lame d’Hivernus s’intéresse au corps sans vie, notant les blessures. Arme de mêlée. Frappes précises. Le Togruta a été tué par ce mystérieux assassin qu’elle traque désormais. Probablement sa proie, celle pour qui il est venu.
Elle s’agenouille, remarque des détails que d’autres ne pourraient voir ou comprendre. Elle garde pour elle ses découvertes, un sourire venant étirer ses lèvres. Le regard de la belle balaye la pièce à la recherche d’indices qui auraient pu échapper à sa vigilance. Des traces de combats contre les murs. Des marques… Du sang. Des éraflures. Et une grille derrière une cloison.
- Il est passé par les conduits.
Derrière elle, le sergent frémit doucement. L'Anzat se dirige vers la grille. Les doigts de la femme effleurent doucement les murs, puis l’acier de la trappe. Elle les porte ensuite à son nez, humant les odeurs.
- Où mènent ces conduits, sergent ?
- Je n’en sais rien, madame… Je peux toujours demander un plan du bâtiment.« A toutes les unités, une patrouille a cessé d’émettre dans le secteur C-19. Investigation en cours. Prudence recommandée pour tous les agents opérant sur zone et dans les secteurs environnants. »
- Que pouvez-vous me dire sur le secteur C-19 ?
- Hmm. C’est une zone dédiée à la maintenance. Enfin je crois. Pas très loin des quais logistiques.
La tueuse en série se tourne lentement vers le sous-officier. Son visage s’illumine, son regard s’assombrit. Nouveau sourire. L’homme déglutit péniblement, tente de garder son sang-froid. Ce qu’il parvient à faire… Tant bien que mal.
- Un plan du bâtiment ne sera pas nécessaire, sergent. Notre tueur a une longueur d’avance sur nous. Mais il ne m’échappera pas. Restez sur zone. Un officier viendra bientôt prélever les preuves que vous avez sécurisé.
- Euh… Très bien, madame.
Le sergent s’écarte pour laisser passer la donzelle, l’observe s’éloigner puis disparaître au détour d’un couloir. Elle a un je ne sais quoi qui ferait trembler n’importe qui, Sith y compris. D’une certaine façon, il s’estime bien heureux qu’elle ne soit pas là pour lui. Il se détend quelque peu, rassuré à l’idée de la savoir sur une piste qui l’emmène loin de lui et de ses petits secrets. Sa mission remplie, il pourra bientôt regagner ses pénates et se foutre les pieds sous la table. Tout roule comme sur des roulettes. Sauf peut-être pour ce pauvre Mynock, a qui eu son compte. Et pour ces abrutis qui lui ont fait la peau, traqués comme du bétail par la moitié des forces de Kuat.
Bah ! Pas son problème.