Dans l'espace, personne ne vous voit déprimer.
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Post n°1
Auteur : Atreïs HelcarPrécédemment
Atréis n'avait même pas cherché à discuter les ordres de l'officier en charge du transfert. C'était d'ailleurs tout juste si celui-ci lui avait accordé un regard, autant dire qu'il ne comptait pas s'éterniser sur cette planète qui déjà, le mettait mal à l'aise. Alors ce fut sans un bruit qu'il remonta dans la navette avec le précieux colis et demande à son chauffeur de décoller. Lui non plus, ne semblait pas mécontent de s'envoler, il fallait le signaler, mais sans doute était-ce car il comptait retourner à sa pré-retraite, ses bières, et son lit.
Le Gurlanin, lui, se retrouvait avec encore plus de questions qu'au départ, et surtout, avec une bête dont il n'a jamais entendu parler, dans un cylindre en plexiglas, qui le regardait fixement, sans une once de peur, mais plutôt avec de la malice au fond de ses yeux noirs. Ou d'amusement. Ce qui était plus que probable, puisque la recrue confédérée affichait fièrement son uniforme trempé par la pluie battante de Myrkr, des cheveux complètements défaits par le vent, des bottes boueuses, et le ceinturon de travers. Piètre représentation d'une CSI qui se voulait intransigeante à tout points de vue, et surtout, pitoyable représentant d'une fière race. Sans décrocher ses yeux de l'animal étrange, la femme brune s'assit dans une banquette, coudes posés sur les genoux, mains croisées, dos voûté. Sa longue chevelure noire tombait en cascade, encadrant son visage. Il y avait eu une sorte de... révélation, d'épiphanie, lue dans les yeux de l'officier. Il le considérait comme un moins que rien, à raison. A cet instant, l'étrangeté du moment le frappa. Sans corps d'armées, sans grade, presque sans nom, qu'était-il réellement ? Pas grand chose, du point de vue de la CSI.
Pourtant, il y avait cet animal étrange dont on ne lui avait même pas donné le nom, qui le regardait comme une bête curieuse, comme Atréis le regardait. On lui avait parlé d'un colis précieux, et il doutait fort qu'on envoyât n'importe qui le récupérer. Cette bête devait avoir des propriétés remarquables. Ou alors, on se moquait ouvertement de lui, mais vu l'importance de l'escorte, à nouveau, il en doutait. Qu'était cette bête ? Il emporta ses questions sous une douche brûlante qui lui permis, pour une fois, de reprendre pendant quelques secondes sa forme. Sa réelle forme. Le loup noir à mèche blanche, parti des mois auparavant de Qiilura. Ces quelques moments lui permirent de se remémorer pourquoi il faisait ça. Ce serait long. Ce serait compliqué. Mais il servait un but bien plus noble.
Une fois son apparence reprise, et surtout, soignée, il retourna auprès Jayrar.
-T'es bien silencieuse, gamine. T'as un pet d'travers ou bien y t'ont arraché la langue ?
-Non. Je réalise juste que je ne sais pas pourquoi j'ai accepté cette mission.
-Parce que t'as pas l'choix.
-Pardon ?
-T'as pas l'choix. Globalement, t'es que dalle, t'as même pas l'autorité d'me commander alors que j'suis sans doute le pire rebut de la CSI. T'as rien sur ta tronche qui montre que t'as quoi qu'ce soit de spécial, et personne croirait que t'es militaire si tu t'baladais pas avec un fusil d'trois mètres de long dans le dos.
-Pourquoi accepter mes directives, alors ?
-J'pratique un truc bien à moi : Pas d'Initiatives, Pas d'Emmerdes. T'as des ordres, moi aussi, puis j'suis d'bonne composition quoi. T'fais pas de bile.
Pourtant « de la bile », il s'en faisait, dorénavant. Le vieux Géonosien avait raison, fut-ce dit avec la délicatesse d'un croiseur impérial. Ca lui donnait presque le cafard à nouveau. Aussi, il coupa court à la discussion et se retrouva à nouveau fixé par l'étrange bestiole. A peine une cinquantaine de centimètres, fermement installée sur son arbre, une peau écailleuse, et surtout, un flegme à toute épreuve. Et une question en suspens : personne ne lui avait dit où aller, APRES. -
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Post n°3
Auteur : Atreïs HelcarAtréis n'avait pas fini de se poser des questions sur son existence, ou plutôt, de se morfondre, lorsqu'il fut tiré de cette intense réflexion par son comlink personnel. Enfin, les choses allaient bouger ! Son cœur fit un bond dans sa poitrine au moment où il appuya sur le bouton de réception. Mais ses espoirs furent vite douchées par la froideur cruelle de la réalité. Ce n'était pas de la déception ou de la détermination qui l'animait dorénavant, non, c'était bien un puissant désarroi qui le laissait pantois. Cato Nemoidia ? La Dulcinée ? Le Prince Charmant ? Sa main passa à plusieurs reprises dans ses cheveux, se décoiffant encore un peu plus à chaque fois, alors qu'il se repassait la communication en boucle, cherchant non pas un message caché mais bien à se convaincre qu'il ne rêvait pas. Tout étrange soient-ils, ces quelques mots étaient donc ses nouveaux ordres. Une énigme ? Ce colis était-il donc si vital qu'il fallait à ses commanditaires une telle prudence ? Ou bien n'était-ce qu'une manière pour un officier peu scrupuleux et las de jouer ? Non, sûrement pas. Il aurait fallu savoir exactement où il était et ce qu'il faisait pour pouvoir le rouler dans la farine. C'était donc autre chose. Un test ? Un de plus, après tout ceux infligés par Gladmoore et King. Mais à la différence des autres, il n'avait aucune idée de ce pour quoi il était testé.
Ses yeux se reportèrent sur l'Ysalamir qui le regardait toujours d'un air curieux. La jeune fille brune eut un sourire. Fascinante créature, si elle avait le « pouvoir » de le faire se questionner ainsi. Cette petite bestiole devait avoir une sacrée importance aux yeux de la Confédération. Il se leva et se dirigea vers le cockpit, où attendait sagement le pilote, les pieds posés sur le tableau de bord, ronflant plus fort qu'un croiseur républicain. D'une simple tape sur l'épaule, il le réveilla.
-Hein, quoi, non, j'dormais pas !
-Du calme... J'ai notre destination.
-Sans rire, patronne ? Eh ben, l'était temps. Alors, où qu'on va ?
-Cato Neomidia. L'astroport principal.
-Sans déc' ! J'adore c'te planète, y'a des bars partout, et franchement, faut visiter, parce que tout le monde dit qu'c'est une poubelle dans l'espace, mais vraiment y'a des beaux coins. Par contre, les Neomidiens ils ont un sale caractère, quand même, donc fais gaffe où tu mets les pieds. D'ailleurs, tu dois faire quoi ?
Il ne répondit pas. Enfin si, d'un simple sourire. Finalement, il ressentait un certain soulagement à avoir cette mission et cette destination. A défaut de savoir où il allait réellement, il avait les mains libres, et c'était ce qu'il voulait. Restait à savoir ce qu'il allait en faire. Alors que devant ses yeux, les multiples étoiles commençaient à s'étirer dans la nuit stellaire, sous la distorsion du temps et de l'espace, il se prit à rêver, pour la première fois, d'un futur brillant au sein de la CSI.
