Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #15

    Post n°15
    Auteur : Atreïs Helcar

    Les trois compères regardèrent June se lever, saluer et partir. Aucun d’eux ne fit de commentaire jusqu’à sa sortie de la salle, notamment Atréïs qui revint à son plateau-repas comme si l’événement n’avait absolument aucune importance. Contrairement aux rations de l’armée, les mets, quoique simples, étaient plutôt bons et bien travaillés, un réconfort lorsqu’on passait tant de temps dans l’espace et entre deux missions. De leur côté, Naavis et Tregar se regardèrent, confus malgré tout. La proposition était restée lettre morte, et le Gurlanin ne semblait pas s’en émouvoir plus que cela. Au contraire, il en était parfaitement détaché. Bluffant. Ou bien était-ce une façade ? En réalité, il se revoyait simplement plusieurs mois en arrière, à devoir répondre au même type de proposition avancée par la Générale Suprême Valkoinen. Il n’avait pas été plus loquace à cet instant, ni plus efficace, se contentant de bégayer bêtement alors que sa supérieure n’attendait qu’un accord, ou un refus.

    -Commandante ?

    -Caporale ?

    -Vous… vous n’allez rien faire par rapport à la Sergente ? Elle avait l’air sacrément déboussolée.

    Le Gurlanin sourit en mangeant à la remarque de la Zabrak. Il était vrai que elle et Tregar n’avaient pas eu ce genre de remords ni de réflexions à la proposition. Il était vrai aussi que leur situation n’était pas comparable à celle de June, qui était aussi perdue qu’avait pu l’être Atréïs. Loin des siens, de ses attaches… C’était compréhensible de se retrouver dans cet état psychologique.

    -Mettez-vous à sa place. Elle est à bord d’un vaisseau qu’elle ne supporte que difficilement, quitte un confort à peine établi sur Géonosis pour une planète à l’autre bout de la Galaxie, et il est même probable qu’elle se sente épiée de toutes parts. Donc non, je ne vais rien faire. Libre à elle d’accepter ou non.

    -C’était le plan depuis le début ?

    -Non. C’est quand je l’ai vue passer une heure, immobile, dans le simulateur, que l’idée a fait son chemin. Ajoutez à ça que je la connais en tant que formatrice, que c’est une Lorrdienne et que Gladmoore la tient en haute estime, et vous obtenez un profil efficace et appréciable.

    La Zabrak hocha de la tête, revenant à son repas, de la même manière que ses supérieurs. L’attitude de June semblait avoir jeté un froid sur le trio qui ne savait plus vraiment comment prendre la situation, en particulier les deux sous-officiers qui malgré l’explication, restaient abasourdis par la réaction, ou l’absence de réaction, de leur commandant. Sans doute qu’à ses débuts, il aurait vociféré, râlé après la jeune femme pour son impudence et son incapacité à se conduire en sous-officier de l’armée séparatiste, mais ces mois au SIS avaient forgé un Atréïs nouveau, nettement plus calme, et encore plus depuis qu’il avait subi l’attaque. Son cerveau ne s’affolait plus, désormais, recoupant tout ce qui était à disposition.

    -Je vous laisse quartier libre, tous les deux. Demain, sur le pont, sept heures, heure géonosienne.

    Le Besalisk et la Zabrak saluèrent le Gurlanin qui se leva de table. Lui aussi avait besoin d’un peu d’action, et il se dirigea vers le simulateur. La mission de Péragus déjà configurée lui laissait cette possibilité, et il comptait bien l’exploiter. Il configura deux blasters pour lui ainsi que sa tenue de combat habituelle et se lança immédiatement dans le feu de l’action. Celle-ci commençait alors que toutes les alarmes de la base sonnaient. Lancé seul dans le bain, le commandant n’avait pas d’alliés et une myriade de pirates à affronter. Immédiatement, il se lança sur les différents ordinateurs pour prendre connaissance de la situation. Tourelles externes désactivées, il faudrait aller jusqu’aux panneaux de sécurité pour les relancer. Illusoire, dans sa situation. Le hangar principal était déjà accosté, et c’était un suicide que de se lancer au milieu de la mêlée ainsi. Pour ne rien arranger, un groupe semblait bien parti pour ouvrir une porte extérieure et se lancer à l’assaut de la base. Il commencerait par là.

    Téléchargeant les plans de la simulation dans son IA, celle-ci lui transmit le chemin le plus court jusqu’à son objectif, une lourde porte blindée qui finissait un long couloir légèrement descendant. Les derniers loquets étaient déjà sur le point de céder sous l’effet des fers à souder, alors que la voix automatisée dans la base hurlait que les systèmes de survie étaient sur le point de tomber. C’était parfait, ça rajouterait de la confusion. C’était ainsi qu’il se plaisait, dans le chaos du combat. Plus c’était désorganisé, mieux il s’en sortait. Instinctivement, il ordonna à son IA de passer outre les sécurités de la base pour se donner les accès aux commandes primaires. Mais en attendant…

    La porte céda, sous les cris de gloire des pirates qui s’engouffrèrent immédiatement dans la brèche, pour être reçus par une pluie de balles issue des blasters du Gurlanin qui ne se privait pas d’arroser, se sachant seul dans la simulation. C’était une bénédiction pour lui de pouvoir user de cette simulation à des fins cathartiques, écoutant les cris des pirates qui ne pouvaient finalement pas faire grand-chose, obligés de se mettre en file pour progresser. Rapidement, le calme revint sur la situation, alors que la première menace, la moins présente, était repoussée. Il eut à peine le temps de souffler que son IA lui indiqua qu’elle avait le contrôle sur la station. C’était ce qu’il attendait. Immédiatement, il coupa les lumières de la station, ses yeux lupins prenant le pas, alors qu’il se fondait dans sa forme primale pour se jeter à nouveau à l’assaut.

    Le chaos était total parmi les pirates. C’était sans doute tricher, mais si Atréïs avait appris une chose, c’était qu’il était bien meilleur lorsqu’il pliait les règles à sa volonté. Se dirigeant droit vers le hangar, ce fut dans le noir complet, à plat ventre, presque littéralement, se jetant à l’assaut des pirates. Peu lui importait le résultat, à cet instant, il avait besoin de se délier les membres, de se défouler, et il ne fut pas déçu lorsque la simulation s’arrêta en lui indiquant son échec. Il s’en doutait, et il n’y accordait que peu d’importance. Tout ce qui lui importait était qu’il était ruisselant de transpiration lorsqu’il revient à la réalité, fourbu et épuisé. Exactement ce qu’il lui fallait pour passer une nuit reposante, sans rêves, comme il l’entendait. Reprenant sa forme de commandante, il retourna à ses quartiers pour se plonger sous une douche brûlante qui lui réchauffa à la fois le corps et l’esprit.

    Bien entendu, ce fut à cet instant que l’on vint sonner à ses quartiers. Son IA l’informa que la Sergente revenait à la charge. Un sourire s’esquissa sur les lèvres du Gurlanin. Cela ne voulait dire qu’une seule chose. S’entourant à peine d’une serviette, il la rejoignit et s’aperçut rapidement qu’elle était troublée, ailleurs, puisqu’elle ne bafouilla à aucun moment, pas plus qu’elle ne chercha ses mots, ne posant ses yeux sur lui qu’à la fin de sa tirade. Encore ruisselant de l’eau de sa douche, la serviette posée sur ses épaules masquait sa maigre poitrine, mais pas le reste de son corps. Ses cheveux roux tirés en arrière et mouillés lui donnaient un air jeune et rebelle qui tranchait fortement avec ses yeux noirs.


    -Je vois. Excuses acceptées, Sergente. Quant à la proposition, elle tient toujours, je ne suis pas du genre à changer d’avis.

    Il prit la serviette autour de ses épaules et la noua à sa taille, regardant June droit dans les yeux.

    -Cependant, il est nécessaire que vous sachiez quelques détails avant que nous nous lancions dans une pleine collaboration. Je pense que vous en avez compris une partie, déjà.

    Il sourit et changea d’apparence, Atréïs Helcar revenant sur le devant de la scène, cette brune aux cheveux longs et à la mèche blanche qui avait posé tant de soucis à June lors de sa formation était de retour. La seule chose qui ne changea pas fut son regard, toujours le même, impénétrable.

    -Je ne suis pas la Commandante Aureliana Irons. Ou plutôt, je le suis, et je suis en même temps Elfriede Vasburg, Lieutenant de Marine, Atréïs Helcar, agent du SIS, et surtout, je ne suis pas humain. Je ne suis même pas une femme.

    A nouveau, il se fondit dans sa forme primaire, celle du grand loup noir, celle qu’il n’avait pas arboré depuis Utapau. Il semblait que ses yeux riaient désormais, pas moqueurs, juste joyeux.

    -Je suis un Gurlanin. Un métamorphe. Je suis capable de revêtir quantité d’apparences et de personnalités, au gré de mes envies. Mais pour vous, Sergente, à bord de ce vaisseau, je resterai la Commandante Irons, votre supérieure hiérarchique. En dehors de l’espace public, j’attends de vous que vous restiez celle que vous êtes réellement. Je compte sur vos capacités d’observation, sur votre talent fusil au poing et sur votre esprit critique. Je compte sur vous pour pallier mes faiblesses.

    Il redevint Irons à nouveau, se dirigeant vers sa penderie pour en sortir des vêtements simples qu’il passa pour masquer sa nudité. La commandante était loin d’être désagréable à regarder, encore fallait-il aimer les peaux pâles et abîmées par quelques combats. Puis, il se retourna à nouveau vers June.

    -Si vous vous sentez capable de composer avec cette donnée, je vous explique ce pour quoi j’ai besoin de vous. J’ai été missionné par la Générale Suprême Valkoinen pour lever le voile sur ce qu’il s’est réellement passé sur Utapau voici quelques temps, et ce qui a mené à l’assassinat de l’administrateur Blaum. Evidemment, tout ce qui a trait à cette mission est strictement confidentiel, et je serai impitoyable avec celui qui me trahira, suis-je clair ?

    Il plongea ses yeux noirs dans ceux de la Lorrdienne. Il ne souriait plus désormais, il était devenu extrêmement sérieux. La situation de la CSI était gravissime, et June s’apprêtait à le découvrir.

    -Il se trouve que j’ai découvert que derrière cet assassinat se cache l’ombre d’un Consul désormais décédé, et si je n’ai aucune preuve de cela, j’ai de bonnes raisons de penser que mon informateur ne m’a pas menti. C’est pourquoi je me rends sur Prime. Récupérer des informations pour cette mission, qui est simple dans son énoncé : sauvegarder la CSI et faire s’abattre la justice sur ceux qui la menacent. Sommes-nous toujours d’accord, June ?

    Il se dirigea vers elle et lui tendit une main.

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      #16

      Post n°16
      Auteur : June King

      Alors qu'elle venait de terminer de donner sa réponse en répondant favorablement à la proposition de la commandante pour rejoindre son équipage et devenir la troisième membre officielle de son escouade, June fut confrontée à quelque chose qu'elle n'aurait jamais pu prévoir ou imaginer. La scène était simplement surréaliste et sa surprise fut immense - il était impossible de rester de marbre face à cela. La commandante Irons s'approcha de June pour l'accueillir comme il se devait, mais cette dernière resta bouche bée et les yeux grands ouverts en découvrant que sa supérieure était nue de la tête au pieds et seulement recouverte d'une simple serviette de bain. Elle venait visiblement de sortir de sa douche - ou d'y être interrompue. Face à une telle situation, la petite lorrdienne devint rouge comme une tomate et ses pupilles s'illuminèrent de surprise en reflétant la lumière, tout en continuant de fixer le corps qui se présentait face à elle,. Incapable de bouger le moindre petit doit, elle était comme hypnotisée par ce qu'elle voyait et avait du mal à écouter ce qu'elle lui répondait. Pourquoi la commandante n'avait-elle pas pris le temps de s'habiller ou même de mettre quelque chose comme un peignoir ? Bien sûr, la commandante était dans ses quartiers et pouvait faire ce qu'elle voulait, quand elle le voulait, même si cela signifiait de ne pas s'habiller de son uniforme. Mais pourquoi n'avait-elle pas au moins enfilé un vêtement avant d'accueillir la sergente ? D'autant plus qu'elle était connectée à tous les droïdes et à l'intégralité du vaisseau, elle savait donc que seuls les organiques devaient se rendre ici pour lui parler, sans passer par un comlink. N'avait-elle pas été prévenue de l'arrivée de June ?

      Réussissant finalement à détourner le regard pour cesser de fixer avec insistance sa supérieure en s'excusant timidement pour son manque de réactivité et son observation prolongée sur son corps aux formes parfaites, la commandante disparut soudainement, se transformant en une toute autre personne. June n'en croyait pas ses yeux - une fois de plus - et ne parvenait pas à définir précisément ce qu'elle ressentait face à cela. Était-ce surprenant ? Incroyable ? Terrifiant ? Menaçant ? Tant de qualificatifs sans parvenir à en choisir un seul, tant sa stupéfaction était grande. Bouche bée une fois de plus, June changea rapidement d'attitude et fit un pas en arrière en réalisant quelque chose : pourquoi la commandante venait-elle de se transformer en Atréïs Helcar, l'une de ses anciennes recrues ? Sa méfiance envers cette copie la mettait en alerte, ses mouvements et sa posture se plaçaient automatiquement en position défensive. À chaque geste et à chaque parole, les nerfs de la jeune lorrdienne se tendaient et ses sourcils se fronçaient. Ce n'était ni la commandante, ni Atréïs, et encore moins cette lieutenante dont elle n'avait jamais entendu parler. Alors qui était-ce ?

      Ses questions allaient bientôt trouver une réponse, et concrète. Alors que les traits d'Atréïs disparaissaient à leur tour, un animal imposant prit sa place : une sorte de grand loup noir impressionnant et aux yeux... ses yeux. Mais oui ! Ses yeux noirs n'avaient jamais changé. Que cela soit chez la commandante ou chez Atréïs, ils étaient restés inchangés ! Pourquoi ne l'avait-elle pas remarqué tout de suite, elle qui observait habituellement tout avant de juger ou de prendre des initiatives ? Comprenant son erreur et se souvenant de cette impression de déjà-vu pendant la réunion plus tôt, June June ne put s'empêcher de pouffer légèrement de rire, ses joues rosissant d'amusement et de gêne. Tout s'expliquait maintenant, tout prenait sens. Même lorsqu'elle était sous sa responsabilité durant sa formation, ses yeux étaient les mêmes. Elle comprenait maintenant cette étrange sensation qu'elle ressentait en observant son regard. Même en copiant parfaitement le corps d'une personne, certaines choses ne pouvaient être altérées, comme les micro-expressions propres chez un individu ou le reflet de l'âme dans les yeux. La sensation étrange était que June observait la commandante à travers les yeux d'Atréïs, et vice versa, ce qui expliquait pourquoi elle était si pensante et distraite. Elle sourit en réalisant cela et se dit qu'elle avait encore beaucoup à apprendre. Mais une nouvelle information vint troubler la jeune sergente. Reflétant une nouvelle fois la lumière à travers ses pupilles, June eut la surprise d'apprendre l'espèce de la... ou plutôt du commandant. Gurlanin. Voilà bien un nom qu'elle entendait pour la première fois. Même durant ses années de contrebandière, elle n'en avait jamais entendu parler d'une espèce polymorphe.

      Reprenant l'apparence de la commandante Irons, le gurlanin expliqua qu'il avait été missionné par la générale suprême Valkoinen, elle-même. Encore un nom qui ne lui était pas inconnu, mais qui ne possédait pas de visage. Détaillant l'ordre de mission, il expliqua qu'il devait découvrir la vérité sur ce qui s'était réellement passé sur Utapau et enquêter sur l'assassinat de l'administrateur Blaum : le commandant prit un air sérieux et son ton changea. Plongeant son regard dans celui de June, la lorrdienne comprit qu'elle venait d'être mise au courant de quelque chose de grave et placée sous secret d'État. Comment faisait-elle pour toujours parvenir à se retrouver dans ce genre de situation, passant d'une simple journée, à un voyage pour se rendre à une nouvelle académie, pour finalement atterrir dans une mission top secrète ? Terminant de détailler la situation catastrophique de la Confédération, le polymorphe tendit sa main vers la petite sergente. Devait-elle accepter ? Pouvait-elle refuser ? Bien qu'elle venait de prendre connaissance de tous ces détails et de toutes les informations secrètes, June ne parvenait pas à - ou plus -, faire confiance au commandant... ou bien à Atréïs ? Comment devait-elle lui parler et l'appeler ? Alors que l'expression amusée qu'elle affichait disparut au moment du ton et du regard sérieux de son supérieur, une sensation étrangement amère commença à se faire sentir au fond de sa gorge. Était-ce de la méfiance ? Ou peut-être de la peur ? Réfléchissant en posant son regard sur la main tendue de la commandante, June hésita un instant avant de décider de la saisir. Fixant le commandant dans les yeux d'un air sérieux et adoptant une posture dominante, à la manière de Gladmoore ; June prit la parole tout en serrant fermement la main de la commandante.

      « — Permettez-moi d'être franche, commença-t-elle d'un ton ferme. Il me faudra du temps pour développer une confiance totale envers l'équipage et assimiler les informations que je viens d'apprendre, expliqua-t-elle en évitant de s'adresser directement à la commandante en utilisant le vouvoiement ou autre. Cependant, si la Confédération a besoin de mon aide pour éliminer ses ennemis et rendre justice à nos héros, je suis des vôtres, conclut-elle en regardant la commandante droit dans les yeux tout en continuant de l'observer attentivement. »

      Relâchant sa main, June redressa immédiatement sa posture avec le menton levé, frappa des talons et salua militairement sa supérieure, mais malheureusement de la mauvaise main, avant de s'éloigner pour franchir les portes de ses quartiers afin de la laisser seule.

      ***

      Alors qu'elle venait de rentrer dans ses appartements, une atmosphère nouvelle semblait s'en dégager, quelque chose d'agréable. C'était comme retrouver la chaleur du foyer après un long voyage. Curieuse, elle n'était pourtant pas restée assez longtemps pour ressentir ce sentiment. Quoi qu'il en soit, le doux parfum qui flottait dans l'air et les lumières tamisées ajoutaient une petite touche spéciale que ses quartiers à Géonosis n'avaient pas, offrant une détente totale. Jetant sa veste sur le lit avant de s'asseoir dessus, elle retira ses bottes avec un soupir de soulagement, libérant ses pieds compressés à l'intérieur. Puis, elle se laissa tomber en arrière sur le lit, les bras écartés, regardant le plafond avec un sourire niais. La sensation d'un matelas moelleux et de draps doux lui donnait envie de s'y plonger immédiatement. Mais avant, elle se redressa et alluma l'holo-télévision. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait en profiter. En zappant au hasard avec la télécommande, elle finit par tomber sur un reportage parlant d'un arbre dangereux situé sur les rives d'une planète très éloignée. Cet arbre était extrêmement toxique : tout contact direct ou indirect avec son bois, son pollen, sa sève, son latex ou ses feuilles pouvait provoquer de violentes brûlures ou des conjonctivites, et il pouvait gravement attaquer les muqueuses. Quant à son fruit, il offrait un chemin direct et douloureux vers la mort en détruisant l'intérieur du corps de celui qui le consommait.

      Éteignant immédiatement l'holo-télévision après avoir entendu cela, June ouvrit grand les yeux tout en riant nerveusement, remerciant le destin de ne pas l'avoir fait naître sur cette planète lointaine. Bien que cela lui offrit un instant de nostalgie. Elle se revit courir pieds nus dans les régions enneigées de Lorrd, en riant, tandis que sa mère la poursuivait pour lui mettre ses chaussures afin qu'elle n'attrape pas froid. Riant de nouveau en repensant à cela, elle s'allongea sur le lit et cacha son visage rougi dans ses bras. Soudain, elle se redressa brusquement son dos pour s'asseoir de nouveau, le regard paniqué, et resta là un moment, fixant le vide... quelque chose n'allait pas. Quelque chose manquait. Pourquoi cette impression bizarre ? Secouant la tête pour chasser ses pensées, elle se dirigea vers sa propre salle de bain, située dans ses quartiers. Prendre une douche lui ferait du bien et la rafraîchirait. Après tout, elle avait encore du sable de Géonosis dans les cheveux et elle avait vécu des moments physiquement éprouvants et stressants depuis son arrivée à bord du Prédateur. Une bonne douche avant une nuit de sommeil ne pouvait qu'être bénéfique. Après s'être rafraîchit sous une bonne douche, elle partit s'envelopper dans les draps d'une douceur incroyable en s'enfonçant dans le matelas comme dans un nuage de coton blanc sous un ciel bleu. Fermant finalement les yeux, June s'endormit paisiblement. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti cette sensation ?

      ...

      Une odeur de plat en train de mijoter ? Elle reconnaissait cette fragrance, elle savait ce que cela signifiait, mais pourquoi ne pouvait-elle pas s'en souvenir ? C'était pourtant son plat préféré, celui qui lui procurait le plus de réconfort. Et ce crépitement ? Il provenait indubitablement d'une cheminée brûlant du bois, quelque part à proximité, émettant un parfum envoûtant et une chaleur apaisante. Quelle était donc cette sensation étrange d'être en sécurité ? À qui appartenait cette main qui caressait tendrement ses cheveux ? Et cette voix qui chuchotait un chant mélodieux ? Encore somnolente, June ouvrit les yeux et se retrouva dans la maison de son enfance. Chez elle, sur Lorrd. Une atmosphère chaleureuse, empreinte de souvenirs heureux planait dans les airs, bien que ses contours lui échappaient. Allongée près de la cheminée, les flammes dansantes réchauffaient toute la pièce par leur chorégraphie majestueuse. Relevant faiblement la tête qui reposait sur des genoux, elle aperçut sa mère, chantonnant tout en lui caressant les cheveux avec tendresse, tandis que son père, absorbé par la lecture d'un datapad, se tenait à leurs côtés. C'était une scène plus qu'agréable et paisible, une image qu'elle aurait aimé figer pour l'éternité.

      Cependant, quelque chose clochait. Un sentiment nauséeux envahit son estomac et ses cheveux se dressèrent en observant ses parents. Qui étaient-ils réellement ? Pourquoi leurs visages n'étaient-ils qu'ombres, comme un voile obscur et flou dissimulant leurs traits ? Soudain, les ombres s'étirèrent de façon anormale, englobant la pièce d'une obscurité étouffante, froide et pesante. Les meubles se mirent à trembler, les murs se liquéfièrent et le sol s'effondra sous ses pieds, laissant échapper des bruits étranges et terrifiants - elle était devenue une proie impuissante et à la merci de tous ! Elle tenta désespérément de se raccrocher à ses parents pour échapper à la chute vertigineuse, mais à son grand effroi, ils n'étaient plus que des silhouettes sans contours distinctifs... sans âmes. Alors qu'elle s'efforçait de se rappeler leurs visages, de retenir leurs traits pour ne jamais les oublier, plus elle essayait, plus les souvenirs s'effaçaient, jusqu'à ce que les sourires bienveillants semblaient n'avoir jamais existé... et la chute devint inévitable lorsque la brume épaisse commença à les séparer. Le rêve paisible se métamorphosa en un cauchemar glaçant, et la chute dans l'abîme sans fin lui offrit des visions d'horreur. Des sourires carnassiers se dessinèrent, des rires moqueurs résonnèrent et un rire, qui réveilla ses plus douleurs souvenirs se manifesta tel un écho sinistre.

      ...

      June se réveilla en sursaut, poussant un cri épouvantable ! Son hurlement résonnait encore dans l'air lorsque revint à la réalité. Son souffle était court ; son corps épuisé ; ses yeux reflétant la terreur du cauchemar ; son cœur battant la chamade et ses joues encore humides de larmes récentes. Désemparée, elle ne savait plus où elle se trouvait et ressentait une douleur lancinante dans chaque fibre de son corps, atteignant son âme. S'asseyant brusquement, elle prit sa tête entre ses mains, tremblante de frayeur. Mais ce qui était le plus effrayant, était qu'elle ne parvenait plus à se souvenir des visages de ses parents. Une angoisse grandissante l'envahit à ce moment et fut amplifiée par un rire qui résonna dans son esprit, tel un écho sinistre - ce même rire qui lui avait tout pris. Comprenant que ses souvenirs s'effaçaient silencieusement, et qu'elle ne pouvait rien y faire, elle se mit à pleurer en enfouissant son visage entre ses mains. Ce n'était pas qu'un simple rêve. À travers cette expérience, elle réalisa que son passé commençait à s'effacer peu à peu. Souvenirs, visages, odeurs, sensations, sons... Tout son enfance se dissipait progressivement et lentement. Elle refusait d'oublier. Mais plus elle lutta pour se souvenir, plus tout semblait lui échapper... Son estomac se tordit violemment à cet instant et une nausée intense la conduisit rapidement aux toilettes de ses quartiers. Relevant la tête après s'être rincé la bouche, elle rencontra son propre regard dans le miroir au-dessus du lavabo. Ses traits étaient tirés, sa peau plus pâle que d'habitude, ses cheveux en désordre et ses yeux gonflés par les pleurs témoignaient de ses émotions. Habituellement, elle aurait ri de cette apparence. Mais là, les larmes recommencèrent à couler, et les sanglots la firent chanceler et chuter sur les genoux. La pauvre lorrdienne semblait inconsolable.

      Dans un état de désarroi profond, June resta longuement agenouillée dans sa petite salle de bain, tenant son visage entre ses mains. Elle se sentait submergée par la tristesse, la confusion et la colère, sans parvenir à comprendre pourquoi les visages de ses parents s'évanouissaient de sa mémoire si brusquement. Recroquevillée sur elle-même, elle refusait de faire face au monde réel en ne voulant plus parler ou ouvrir les yeux, préférant se laisser envelopper par le silence et l'obscurité.

      Allongée au sol, immobile depuis de longues minutes sans pleurer ou émettre le moindre bruit par une fatigue trop importante, June sombra dans un état semi-conscient - celui proche de la méditation. Dans cet état, elle entraperçut une lueur réconfortante, chaude et douce, à qui elle pouvait offrir sa confiance en un instant et qui semblait l'inviter à se confier et à accepter son aide. Une émotion étrange s'empara de tout son être et elle put la voir, ou bien la ressentir. Ouvrant les yeux en se redressant sèchement, elle hurla un "NON !" empli de haine accompagné d'une curieuse couleur qui envhissa ses yeux durant une fraction de seconde. Réalisant alors que ce qu'elle détestait le plus dans cet univers semblait vouloir lui venir en aide, cherchant à être accepté et aimé en retour, après avoir perdu ce qui lui était cher, cette chose qu'elle avait vouée à la haine semblait maintenant vouloir la secourir et la sortir de son état de détresse. Triste ironie et cruelle destin qui la fit osciller entre méfiance et espoir...

      Réunissant enfin la force nécessaire pour se redresser après cette explosion de haine qui l'avait tirée de son état de désespoir, June se traîna jusqu'à son lit. Elle s'assit sur le rebord, alluma l'holo-télévision dans l'espoir de chasser les pensées sombres qui l'assaillaient. Mais son regard vide se perdit dans le néant de l'écran, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. La nuit avançait, et elle passa des heures à fouiller le gouffre de ses souvenirs, tentant désespérément de reconstituer les visages de ses parents...

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        #17

        Post n°17
        Auteur : Atreïs Helcar

        La main d’Irons enveloppa celle de June avec fermeté. Une détermination nouvelle avait succédé à la peur qui se lisait dans ses yeux, elle-même s’étant installée après la surprise de voir la commandante entièrement nue. C’était tellement plus simple de montrer un corps qui n’appartenait plus à personne… Atréïs se rendait compte, avec le temps, que ses multiples physiques n’avaient aucune importance, seuls importaient leurs actes. Les enveloppes changeraient avec le temps, viendrait un jour où Atréïs Helcar, Elfriede Vasburg, Aureliana Irons et d’autres seraient mis au rebut, déclarés morts, et qui sait quelle forme il prendrait ensuite… Ce n’étaient que des outils. Des moyens d’arriver à ses fins, d’accomplir ses objectifs, comme pouvaient l’être les droïdes ou ses subordonnées, qui étaient là pour obéir aux ordres, rien d’autre. C’était étrange. Il n’avait jamais eu ce genre de pensées auparavant, mais celle-ci s’imposait à lui.

        Il revint à la réalité au moment où les mains se séparaient et où la petite Lorrdienne le saluait, non sans émettre une évidence qui avait valeur d’avertissement. Ni lui, ni elle n’étaient tombés de la dernière pluie, il était même probablement plus vieux qu’elle, aussi ne doutait-il pas que la confiance s’installerait avec le temps. Et d’ici là, la méfiance n’empêchait pas d’exécuter les ordres. Il avait été clair dès le début sur la corvette, rien ne changerait juste parce qu’elle avait accepté. June aurait ses propres missions, ses propres affectations, à elle d’en tirer le meilleur, le plus utile pour elle-même, pour le commando et ultimement, pour la CSI. Ce qui était le point le plus délicat. Sous toutes ses facettes, toutes ses itérations, la Confédération se présentait sous un jour nouveau, chaque fois différent, dans ses idéaux et ses pratiques. June avait-elle compris qu’à partir de cet instant, elle servirait l’organe supérieur qu’était la CSI, et non un Général ou un Préfet ?

        Il se détourna de la porte qui venait de se refermer à cette pensée, ses yeux se posant sur son reflet, dans le hublot de sa cabine. Ses yeux noirs lui renvoyaient cette image qu’il n’adopterait jamais totalement, comme il n’avait jamais réellement accepté Elfriede, comme il n’avait jamais pu totalement rendre hommage à Hélise sous sa forme. Il se fondit dans sa part animale, son apparence lupine. Mais même celle-ci lui semblait étrangère dorénavant. Même sa forme réelle n’était qu’un outil dont il se servait pour égorger ceux qui se dressaient sur son chemin. Même sa véritable nature, celle d’un Gurlanin, lui échappait. Que devenait-il ? A peine deux ans en arrière, il n’était qu’une recrue, et voilà qu’il obtenait une promotion de commandant de Marine, en sus de tout ses autres titres… Agent. Lieutenant. Soldat. Lequel de ces qualificatifs le représentait le mieux ? Aucun, sans doute. Car il était un peu de chaque, et donc rien dans sa totalité.

        Naturellement, ses pensées dérivèrent vers Qiilura, laissée à l’abandon, loin d’ici, loin de tout, loin de lui. L’astre qu’il avait quitté pour préserver son anonymat, par goût de la découverte égoïstement, laissant derrière famille potentielle, avenir… Et pourtant, il ne regrettait pas. Ou plutôt, il se surprenait à se demander pourquoi il devrait regretter ce potentiel futur qui de toute façon, dès les prémisses de son existence, ne l’intéressait pas. Il avait saisi la première occasion de fuir ses responsabilités et les siens, et si il avait regardé en arrière, c’était plus par nostalgie intrinsèque que par réel manque. Qiilura n’avait plus à exister dans son esprit. Seul l’avenir comptait, un futur dans lequel il était impliqué dans une enquête d’ampleur pour la CSI. Un futur dans lequel il voulait compter. A sa manière. Depuis son arrivée, tout ses succès s’étaient précédés de tours de passe-passe dans le chaos, profitant de ses capacités polymorphiques pour semer le doute dans l’esprit de chacun, et tous avaient fini par céder. Oui, c’était finalement cela qu’il était. Un doute. Une ombre.

        C’était ce qu’il devait embrasser. Ne jamais laisser une trace évidente de ses attentes, de ses envies. Et dans cette Galaxie chaotique, il n’aurait guère de mal à y parvenir, tant les informations comme les esprits étaient malléables au possible. D’autant plus maintenant qu’il avait à ses côtés de réels atouts comme il n’en avait jamais eu. Tregar, sous ses airs patauds et goguenards était un fin limier, un tacticien de terrain efficace, capable de répandre la mort quand il le fallait. Un Sergent qui avait la valeur d’un major, aisément. Et Naavis n’était pas en reste, avec son bagout et son attirance pour l’art de la parole, elle paraissait ingérable, mais c’était oublier son esprit acéré et en dehors des convenances. Et finalement, June…

        Se détournant du hublot, il se dirigea vers son holotransmetteur, demandant à son IA d’y afficher le dossier de la jeune femme, sans mettre ses haut-faits de formatrice. Elle n’avait clairement pas eu une carrière aussi linéaire que la sienne, entre malchance, maladresse et blessures. Elle serait, du trio, la moins simple à diriger selon son bon vouloir. Son parcours était jonché de désobéissances utiles, de prises d’initiative risquées mais salvatrices. Des missions qui, dans d’autres circonstances, sous d’autres commandements, auraient pu valoir des promotions nettement plus intéressantes que sa situation actuelle. Elle se méfiait de lui, c’était normal, c’était évident. L’inverse l’aurait largement surpris. Elle aurait le temps de changer. Raxus Secundus serait un point crucial pour June, qui aurait de très nombreuses compétences à faire valoir. Expertise. Diplomatie. Finesse. Autorité. Elle n’en manquait pas. Elle ne manquait que de confiance en elle.

        Il mit finalement ses pensées de côté et désactiva son IA avant de se rasseoir sur son lit. Il avait quitté la forme de Gurlanin et repris celle d’Irons. La fraîcheur du vaisseau lui était salutaire après la douche brûlante et la discussion irréelle avec June qui n’avait finalement que peu parlé… Subi… Peut-être aurait-il du la laisser parler avant de lui envoyer toutes ces informations à la figure. Peut-être aurait-il du s’enquérir de son état, aussi, elle qui semblait sujette aux crises de colère. A nouveau, il se vit dans le hublot. Il revit ses yeux noirs, ses cheveux roux. June n’était pas si éloignée de lui, finalement. Il avait simplement… un peu d’avance. Il se laissa retomber en arrière à cette pensée. Il ne la plaignait pas. L’enviait-il ? Peut-être un peu. Malgré son manque de confiance, elle connaissait ses capacités. Ses facultés. Etrange… Ce fut sur cette ultime pensée qu’il sombra dans le sommeil, bercé par le vrombissements des moteurs du Prédateur.


        ***


        Son sommeil ne dura pas. Quelques heures, tout au plus, jusqu’à ce que son IA se réactive d’elle-même pour le prévenir d’un problème d’importance. Les cas pour que cela n’arrive étaient limités : un danger imminent, une avarie notoire, ou un membre de son commando en mauvaise posture. Puisqu’il dormait dans son propre vaisseau filant en vitesse superluminique, il se doutait du cas restant. Il interrogea immédiatement la part robotique de son esprit. Se connectant au vaisseau, il sentit toutes ses terminaisons nerveuses se réveiller elles aussi, d’un coup, lui tirant une grimace de douleur. Ironiquement, comme pour se donner une contenance, il s’habilla, se cachant de sa propre douleur. L’heure était encore bien peu avancée, que se passait-il ?


        -Commandante. Les relevés indiquent que le rythme cardiaque du Sergent June King ainsi que son activité encéphale sont des plus alarmants.

        -Définis « alarmants ».

        -Le sujet est soumis à de fortes tensions incompréhensibles. Je recommande une interaction sociale amicale afin de l’aider à retrouver un rythme normal.

        Il était fasciné par les possibilités de cette mécanique qui habitait désormais son cerveau. Moins par ses capacités de conversation, mais malgré tout, elle était une facilitatrice extraordinaire. Reliée en temps réel au vaisseau, capable de voir et d’analyser la moindre des réactions des passagers, de retenir tout ce dont il avait besoin, c’était un support d’exception dont il peinait encore à voir les limites, si limites il y avait en elle… Sortant de sa cabine, il se dirigea d’un pas décidé vers les quartiers de June. Porte fermée, évidemment. Son IA ne tarda pas à faire sauter les verrous électromagnétiques, ouvrant le sas sur une scène des plus étranges. June était là, assise sur le bord de son lit, devant un holofilm quelconque, le regard dans le vide, les yeux rouges et le visage ravagé par ce qui devait être des larmes. Ses cheveux en bataille ne l’honoraient pas.

        -Referme la porte.

        Il se retrouva seul avec elle dans la pénombre. Gardant l’apparence de la Commandante, il tira un siège à lui et s’assit dedans, regardant la Lorrdienne qui ne le voyait sans doute pas pour l’heure. Elle était ailleurs, dans ses pensées, peut-être dans un rêve ou un quelconque cauchemar. Mais on ne l’aurait pas réveillé pour un mauvais rêve. Il s’apprêta à ouvrir la bouche puis la referma, et désactiva l’IA. Il avait besoin d’organiser ses pensées de lui-même, même si c’était plus long, plus difficile, plus escarpé. Alors finalement, il se pencha en avant, croisant les mains devant lui.

        -June. Voulez-vous me dire ce qui se passe ?

        Ce n’était pas un ordre. Pour la première fois sans doute depuis qu’ils se connaissaient, elle et lui, ils pouvaient faire tomber le masque qu’ils arboraient en permanence. Il lui tendait une main, libre à elle de la prendre ou non. Sa voix était douce, apaisée, profonde. La nuit renforçait encore un peu plus cette mystique étrange qui s’était installée entre eux et pouvait pousser à prendre la parole, comme si le fait de ne pas voir le visage en face, ou ne pas être vu, pouvait permettre de se laisser aller à des exubérances inhabituelles.

        -Vous pouvez parler librement.

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          Post n°18
          Auteur : June King

          Le regard vide et l'âme en peine, June était plongée dans un abîme de désespoir en réalisant qu'elle perdait peu à peu ce qu'elle chérissait le plus dans cet univers. Pour la première fois, un sentiment d'impuissance l'envahissait, car elle ne savait pas comment faire face à cette perte. Elle était consciente que les souvenirs n'étaient pas éternels, que le temps les effacerait inéluctablement. Mais pourquoi fallait-il que les visages de ses parents soient les premiers à s'évanouir de son esprit ? Aucune réponse ne venait apaiser son tourment, et June se mit à fixer intensément les paumes de ses mains, cherchant désespérément des réponses, des indices. La peur la consumait, la faisait douter d'elle-même et de tout ce qu'elle connaissait.

          Plongeant son visage dans ses paumes, sans y verser une larme, June se remémorait avec précision certains moments à travers le voile épais qui obscurcissait ses souvenirs d'autrefois. Comme cette scène traumatique de son enfance, lorsqu'elle se tenait à genoux dans la neige, les yeux baignés de larmes, face au corps inerte de sa mère allongée devant elle. Son cœur avait été remplacé par un vide béant dans son abdomen. Elle avait tenté désespérément de la réveiller, secouant son corps en l'appelant d'une voix faible et tremblante, ignorant le danger qui planait au-dessus d'elle : une lame rougeoyante, vibrante, émettant une chaleur et un bruit étrange, menaçant à tout instant de lui infliger le même funeste sort. Revivant cette scène dans son esprit, son corps se mit à trembler violemment et les larmes coulèrent à nouveau lorsque la réalité la frappa : même avec cette scène horrible gravée dans sa mémoire, le visage de sa mère n'était plus qu'un sombre voile, une silhouette floue. Pourquoi ? Pourquoi n'avait-elle pas remarqué cette dégradation ? Pourquoi les personnes qu'elle avait connues et aimées se transformaient-elles en de sombres silhouettes, effaçant peu à peu les détails et traits de leur visage ? Elle prit conscience que ses souvenirs n'étaient plus que des fragments de moments confus, mélangeant les uns aux autres, effaçant les détails précieux ainsi que les voix, les odeurs, les sensations et la chaleur qui les accompagnaient.

          Heureusement, elle se souvint de ses sauveurs, de ses défunts amis, de sa seconde famille : Jeff, Waafful et Val. Leurs visages étaient encore nettement gravés dans son esprit et figés sur la photo qu'elle gardait précieusement dans le pendentif, qu'elle avait sorti de son sac plus tôt et qui reposait maintenant dans l'une des poches de sa veste. Dans un geste automatique, elle fouilla sa veste pour récupérer son pendentif porte-photo et l'ouvrit. Un sourire mêlé de tristesse illumina son visage à cet instant. Ils étaient toujours là, à ses côtés, présents en toutes circonstances. Refermant le pendentif qu'elle serra fermement entre ses mains, son regard se perdit à nouveau dans le vide, avant que son visage ne se crispe. Il y avait encore quelque chose de troublant, quelque chose qu'elle redoutait. Elle la haïssait, la maudissait. Mais plus elle cherchait à l'éviter, plus cette chose semblait la poursuivre, prête à l'accueillir et à lui offrir son aide. Elle refusait de prononcer son nom, de lui accorder une pensée. Pourtant, elle était là, omniprésente et insaisissable à la fois.

          Mais rapidement, son visage se figea, dépourvu de toute expression ou émotion, absorbée de nouveau par l'écran de l'holo-télévision sans prêter la moindre attention à ce qui y était diffusé. Pourtant, elle sentait instinctivement que quelque chose se préparait. Comment le savait-elle ? Comment pouvait-elle ressentir cela ? À peine avait-elle formulé cette question dans son esprit que les portes de son appartement s'ouvrirent, laissant pénétrer la commandante qui ordonna d'un ton sec la fermeture des portes. Pourquoi était-elle venue ici, et surtout, pourquoi maintenant ? Lorsque sa supérieure la questionna afin de se renseigner sur son état et de savoir si elle voulait lui parler, June ne put réprimer un spasme nerveux qui déplaça sa tête de quelques millimètres dans sa direction, fixant du regard la commandante. Les yeux de la pauvre lorrdienne étaient gonflés par les pleurs, affichant une haine, une tristesse et une détresse à retourner le cœur et l'âme. Perdue dans le regard de la commandante, celle-ci lui assura qu'elle pouvait parler librement. Mais était-ce de bonne volonté ou était-ce simplement une formalité ? June se méfiait, elle n'avait pas confiance en cette personne aux multiples facettes. Et puis, pouvait-elle réellement comprendre ce que June ressentait en ce moment ? Pouvait-elle seulement imaginer sa souffrance ? Le temps semblait s'écouler différemment pour tous. Pour June, les minutes ne représentaient qu'une fraction de seconde, mais pour les autres, elles semblaient s'étirer en de longues et inquiétantes minutes. Lorsque la jeune sergente prit finalement la parole, ses mots résonnèrent comme des énigmes.

          « — Il y a des choses qui nous dépassent dans cet univers, murmura-t-elle en fixant de nouveau le vide. Des choses incompréhensibles, voire inaccessibles, ajouta-t-elle en entrelaçant ses mains et en faisant glisser ses doigts les uns sur les autres. L'une d'entre elles m'a tout pris, tout enlevé, poursuivit-elle en marquant de longues pauses entre ses phrases. Et maintenant, elle semble vouloir m'aider, acheva-t-elle en mordillant légèrement sa lèvre inférieure. »

          Terminant son explication, June se leva lentement pour se diriger vers le hublot de sa chambre où elle contempla les stries blues et blanches qui défilaient sans fin, Son regard perdu, elle semblait plongée dans une profonde réflexion, comme si elle venait de prendre conscience d'une chose capitale.

          « — Je le savais depuis longtemps, murmura-t-elle d'une voix empreinte de douleur, en ponctuant chacun de ses mots d'une longue pause. Je savais ce qui m'arrivait, mais je ne voulais pas le croire. Pourtant, elle est là, elle me hante ! haussa-t-elle soudainement sa voix emplie d'une colère bouillonnante, tandis qu'elle se retournait brusquement vers la commandante. »

          June ne montrait aucune intention de révéler clairement ce qui se passait en ce moment. Cependant, ses yeux qui changèrent brièvement de couleur laissaient entrevoir - pour les plus observateurs et talentueux - ce qui la tourmentait, du moins d'après ses propres dires. Elle était catégorique : jamais elle ne se tournerait vers cette entité, jamais elle ne voudrait l'embrasser et se soumettre à son contrôle. Mais devoir coexister avec elle était un supplice et une véritable malédiction.

          « — Malheureusement, c'est sans doute le seul chemin capable de me faire revoir et sentir ce que je désire le plus. conclut-elle en ne voulant plus s'adresser directement à la commandante depuis la révélation sur ses origines. »

          June était submergée par le désespoir, mais elle refusait de laisser paraître sa faiblesse. D'un geste brusque, elle essuya ses larmes avec le simple t-shirt qu'elle portait pour dormir, se redressa avec détermination et ajusta son vêtement d'un mouvement sec et rapide. Elle croisa ensuite ses mains derrière son dos et se tourna vers le hublot, voulant être laissée seule et demandant aux droïdes qui attendaient derrière la porte de partir. Elle n'avait pas sollicité d'aide en particulier, ni de réconfort, et encore moins de la piéger avec des droïdes menaçant d'intervenir à tout moment. Elle croyait que seul le temps et une concentration spirituelle lui permettraient de se souvenir des visages qu'elle chérissait tant. Mais malgré ses efforts pour donner l'apparence de contrôler parfaitement la situation, son corps et son esprit refusaient de lui obéir. Son corps se mit à trembler comme une feuille et son esprit sombra dans d'obscures pensées, tentant désespérément de retrouver les visages perdus.

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            Post n°19
            Auteur : Atreïs Helcar

            Le spectacle qu’offrait la Lorrdienne aux yeux d’Atréïs était dramatiquement pathétique. Tout son être exprimait la frustration, la peur, la colère même, et pourtant, fidèle à elle-même, elle s’acharnait à vouloir garder le contrôle, même face à une âme secourable. Rien ne forçait le Gurlanin à être là, à cette heure indue, si ce n’était sa bonne volonté face à un membre de son équipage en peine. Il lui apparut rapidement que sa douceur, certes relative, n’amènerait rien de bon. C’était logique, en soi, puisqu’il venait purement et simplement de s’introduire dans ses quartiers, même si c’était en toute franchise. Peut-être avait-il fauté en agissant de la sorte ? Lui aussi débutait dans son rapport à la hiérarchie et doutait parfois de ce qu’il avait à faire. En l’occurrence, June ne voulait aucunement de son aide.

            Cet état de fait porta un léger coup au coeur d’Atréïs. Tout commandant qu’il était, June était sans doute ce qui se rapprochait le plus d’une réelle connaissance dans la Confédération, eut égard aux moments qu’ils avaient du passer ensemble. Peut-être fantasmait-il un peu cette relation ? C’était même une quasi certitude. Sa surprise de le voir prendre sa forme brune était révélatrice, sans doute ne se rappelait-elle que vaguement de lui. Elle devait voir passer des centaines de recrues tous les ans, et il n’avait pas brillé spécialement, quittant même rapidement l’entraînement habituel pour évoluer ailleurs. Il pouvait comprendre la distance qu’elle mettait.

            Il était son commandant. Pas son ami. Pas son proche. Il se redressa, réactiva son IA pour passer l’ordre aux droïdes d’éviter au maximum d’approcher la cabine de June. Ses réponses sibyllines ne l’encourageaient pas à creuser outre mesure, pas plus que son attitude désinvolte, voire insubordonnée. Lorsqu’il éleva la voix, toute douceur avait disparu. Aureliana Irons était de retour.


            -Peu importent vos états d’âme, Sergent, j’attends de vous que vous me parliez de manière audible et respectueuse. Vous êtes un soldat de l’armée confédérée, comportez-vous comme telle.

            Il réajusta son col avant de se diriger vers la porte qui s’ouvrit pour lui.

            -Je demande aux droïdes d’éviter votre passage, si ce désagrément vous est trop insupportable. J’attends de vous que vous agissiez comme la formatrice que j’ai connu, non comme l’enfant que vous étiez. Oubliez le passé, cela ne vous apportera rien. L’avenir, lui, est encore à écrire, et nous avons fort à faire. N’oubliez pas ce que vous devez à la CSI.

            Et à ces mots, il quitta la chambre. Rappeler à chacun quelle était sa place, c’était sa mission, finalement. Personne n’était au dessus de l’intérêt suprême de la Confédération, et ses soldats se devaient de le servir, rien d’autre n’importait. June devrait à un moment ou l’autre composer avec ses sentiments et ses troubles, mais il était hors de question que ceux-ci n’interviennent et ne mettent à mal leur mission. Il mit de côté sa frustration qui ne lui apporterait rien de bon, se dirigeant vers le pont de commandement. Maintenant qu’il était réveillé, autant passer inspecter les droïdes, peu importait sa tenue. Tous le saluèrent sur son passage, alors qu’il les ignorait, braquant ses yeux sur l’espace qui défilait à toute allure devant les hublots du cockpit. Ce spectacle était toujours aussi fascinant et lui fit perdre un instant pied dans la réalité.

            June n’était plus la formatrice qu’il avait un temps admiré pour ses remarquables performances fusil à la main, cette roublarde qui lui avait donné un choc électrique au détour d’un exercice malsain. Elle lui avait donné les clés pour survivre, elle-même les ayant reçues de quelqu’un d’autre. Cela n’en faisait pas un modèle. Ni un exemple. C’était un bon soldat, rien de plus. Un soldat qu’il exploiterait à sa main. Comme il était exploité par d’autres. Par Valkoinen, par le DCRS, le SIS. Ils étaient tous des rouages. Finalement, il se détourna, retournant à ses quartiers.


            ***


            Ce fut quelques heures plus tard qu’on annonça aux passagers organiques que le Prédateur entamait sa descente vers Raxus Secundus. Le passage laissé libre à la corvette vers l’astroport se dessina sur les cartes holographiques, alors qu’Aureliana réapparut dans son uniforme brun, pantalon et bottes noires aux pieds.


            -Pilotes, faites le plein de carburant sur Raxus, et mettez au point le trajet vers Raxus Prime. Sergent Tregar, vous restez à bord pour définir les priorités. Caporale Naavis, vous vous chargerez des démarches auprès des autorités locales, je ne veux pas de ralentissement. Sergente King, vous êtes à destination. Sachez qu’une dénommée Atanae Tel’Illma vous contactera pour prendre ses quartiers à bord du Prédateur à mon retour de Raxus Prime. Rompez.

            Spoiler : Spoiler
            HRP
            Tu peux soit poster directement dans un nouveau topic sur Raxus avec Leiel, soit répondre une dernière fois ici. Dans tous les cas, je te laisse la main avec elle à présent et j'interviendrai plus tard avec Atanae.

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              Post n°20
              Auteur : June King

              Contemplant à travers le hublot de sa chambre les étoiles qui défilaient et s'étiraient rapidement les unes après les autres, June prit conscience de sa terrible erreur en répondant froidement et de façon autoritaire. Après tout, la personne derrière elle était sa supérieure et sa nouvelle responsable, puisqu'elle avait accepté de rejoindre son équipage et de rester à bord du Prédateur. D'ailleurs, ne s'était-elle pas précipitée en acceptant rapidement sa proposition ? June était une âme solitaire, un électron libre, habituée à agir à sa guise lors de ses missions tout en respectant les ordres principaux. Elle avait du mal à s'ouvrir aux autres et avait toujours eu l'impression que quiconque se lierait d'amitié avec elle serait condamné à périr dans d'atroces souffrances, comme bon nombre de ses amis par le passé. Avait-elle commis une erreur en acceptant aussi rapidement son offre ? Était-ce vraiment l'endroit où elle devait rester, à bord d'un vaisseau sous les ordres de la commandante Irons ? Ou bien sous les ordres d'un Gurlanin dont elle ignorait tout, changeant d'apparence comme de chemises ? Toujours dos à sa supérieure, June réussissait néanmoins à reprendre un certain contrôle sur elle-même et à se souvenir de quelque chose d'important en voyant son reflet dans le hublot. Un détail qui illumina son visage. Ses yeux !

              Cachant une partie de son visage avec sa main gauche, June ne voyait plus que son œil droit d'un gris clair. Puis, cachant l'autre partie de son visage avec la même main, elle ne voyait plus que son œil vert étincelant. Un sourire majestueux se dessina sur ses lèvres alors qu'elle redécouvrait quelque chose qu'elle avait oublié : les yeux de ses parents. Elle les possédait tous les deux, l'œil gris de son père et l'œil vert de sa mère. Enfin, un souvenir accompagné d'une douce mélodie résonna dans sa tête. Ou d'ailleurs ? C'était la berceuse que sa mère lui chantait souvent, une mélodie nostalgique et réconfortante. Se concentrant en fermant les yeux pour retrouver les paroles et la suite de cette mélodie, elle fut interrompue par la commandante Irons qui prit la parole d'un ton sec, ramenant June à la réalité - était-elle en train de méditer sans s'en rendre compte ? Pourquoi la commandante avait choisi ce moment précis pour s'exprimer ? Pourquoi ne l'avait-elle pas fait plus tôt ou plus tard ? Sans écouter un mot de sa supérieur ; June tenta de retrouver la mélodie qui s'échappait telle un écho qui diminuait, après l'intervention de sa supérieure. Une frustration grandissante s'empara d'elle, alimentant sa colère. Se retournant vivement pour fixer la commandante ; June sentit que cette dernière avait prononcé le mot de trop, lui demandant quelque chose qu'elle ne pouvait pas faire : oublier son passé ! Ces mots électrisèrent les cheveux de la petite lorrdienne et son regard devint plus perçant que jamais. Elle en était sûre maintenant. Elle ne l'aimait pas et ne lui ferait jamais confiance. Devenant sérieuse, à la fin de la petite leçon de morale de la commandante, en se redressant pour dominer l'horizon tout en prenant une posture digne de son rang : elle répondit d'un ton froid, sans émotions ni bégaiement

              « — C'est noté. Parler librement et donner une réponse qui ne plaît pas peut entraîner un retour sur parole en utilisant son statut comme assurance, après avoir donné son autorisation. Je serais en tirer les leçons, risqua-t-elle de répondre, sachant bien ce qui pourrait se passer. Mais que cela plaise ou non, Confédération ou pas, mon passé fait de moi ce que je suis, l'oublier serait trahir ceux que j'ai connus et aimés. Est-ce si difficile à comprendre ou à concevoir ? interrogea-t-elle d'un ton méprisant et arrogant, accentuant chaque mot prononcé sans s'adressait à elle directement. »

              Sans attendre de réponse, June se tourna à nouveau vers le hublot et observa les étoiles déformaient par la vitesse lumière. Son visage était tendu par la colère et la fatigue, trahissant sans équivoque son état actuel. Mais elle le savait, c'était trop tard maintenant. Cet endroit n'était pas fait pour elle, et elle avait sûrement commis une erreur en acceptant cette proposition. Mais si c'était le seul moyen de gravir les échelons, de se surpasser et de surmonter les obstacles, alors elle le ferait ! Elle supporterait cet endroit et cette soi-disant commandante qui n'était rien de plus qu'une entrave pour elle, un vulgaire obstacle. En observant le reflet de sa supérieure traverser les portes de sa chambre depuis le hublot, June fit le serment qu'elle ne se laisserait pas contrôler, contrairement à ce que cette chose avait tenté de faire depuis son arrivée à bord du vaisseau. Non, c'était elle qui utiliserait cette commandante à ses propres fins, pour grimper les échelons et atteindre le sommet. Et puisque la commandante ne voulait pas qu'elle se souvienne de son passé et qu'elle abandonne tout pour se concentrer uniquement sur l'avenir, il était grand temps pour la petite lorrdienne de rendre hommage à ce qu'elle était, à ses origines et à son passé. Prononçant en langage cinétique "elle n'aura que ce qu'elle mérite", June se promit de ne plus jamais oublier quoi que ce soit... quitte à utiliser ce qu'elle détestait le plus dans cet univers : la Force.

              ***

              Les heures s'écoulèrent lentement, et June s'était déjà préparée en prenant du repos pour apaiser son esprit et son corps. Raxus Secundus se rapprochait rapidement, et l'annonce qu'elle reçut confirma cette impression. Revêtant l'uniforme traditionnel des séparatistes, arborant son insigne de grade au-dessus de sa plaque d'identification affichant son nom et son matricule, June se dirigea vers sa salle de bain pour se rafraîchir le visage, se tapotant les joues et se donnant du courage devant le miroir au-dessus du lavabo. Elle se mit ensuite en chemin pour retrouver la commandante et le reste de l'équipage. Le regard de June avait changé alors qu'elle traversait les nombreux couloirs du vaisseau. Elle observait tout avec un regard neuf, comme si quelque chose en elle s'était éveillé, accompagné d'une étrange pression autour d'elle. Une sensation qui n'était ni dérangeante ni menaçante, simplement étrange. Arrivée face à l'équipage organique du vaisseau, June salua respectueusement - de la mauvaise main - et de manière protocolaire ses coéquipiers ainsi que sa commandante, sans prononcer un seul mot. Alors que la commandante commençait à donner ses ordres, vraisemblablement dans l'ordre d'arrivée, elle expliqua que la mission de June se résumait à attendre l'arrivée d'une personne... Cela ressemblait plus à l'exclure qu'autre chose, pensa June intérieurement. Redressant la tête pour saluer, toujours de la mauvaise main, de nouveau sa supérieure, son regard fixant la commandante semblait vouloir percer son regard et atteindre son âme. June fit quelques pas avant de se tourner vers la première fenêtre du vaisseau, observant la nouvelle planète sur laquelle elle allait séjourner...


              → Suite ici

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                #21

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                Auteur : Atreïs Helcar

                Précédemment...

                A peine le pied posé sur la corvette que l’apparence d’Atréïs redevenait la Commandante Irons. Ses vêtements désormais trop petits s’éparpillèrent rapidement sur le sol de sa chambre, et son fusil rejoignit ses effets personnels, sa plaque de Lieutenant de Marine, et tout le reste. A l’inverse, il endossa à nouveau son uniforme d’officier supérieur du Prédateur. C’était un sentiment étrange que de passer d’une identité à l’autre, comme si les actions de l’une n’avaient aucune influence sur les autres, comme si tout se dissociait parfaitement. L’Agent se terrait sous terre alors que la militaire refaisait surface, à son poste de commandement, où elle attendit son second.

                -Sergent, nous appareillons.

                -Oui, commandante. Laissons nous un message à la Sergente King ?

                -Je m’en chargerai personnellement le moment voulu. Pour l’heure, nous avons notre propre mission à remplir. Faisons cap sur Prime rapidement, et esquivons les radars si possible.

                -Reçu.

                A la manœuvre, le Besalisk oubliait son bagout habituel et sa gouaille, sans doute motivé par le regard noir de son supérieur qui fixait chacun, prêt à le transpercer. Il avait changé en quelques temps, se faisant très rapidement à ses nouvelles fonctions, à un point qui en était presque inquiétant pour la suite des événements. Intérieurement et sans trahir ses pensées, l’humanoïde aux quatre bras se demandait ce qu’il se passerait si un jour Atréïs perdait le contrôle de toute son histoire. Cette réflexion le fit frémir. Leur mission dépassait le simple cadre de la sécurité politique et de l’intérieur de la CSI, c’était aux fondations même du système qu’ils s’attaquaient, et il y aurait des dangers mortels sur le chemin. Qu’ils les surpassent ou non, les conséquences seraient titanesques. Quelque part, il y avait quelque chose de plaisant à faire partie de l’histoire…

                Naavis, elle, ne se faisait pas autant de mouron et ne se posait pas tant de questions. Sourire aux lèvres, la Zabrak recensait tranquillement les différents individus qui avaient pu croiser la route de la Commandante, enregistrant toutes les données qu’elle pouvait trouver sur le serveur privé du Prédateur. Tout y passait, y compris elle-même, et tant pis pour la confidentialité. Lorsqu’il fallait outrepasser certaines autorisations, la caporale ne se privait pas d’user et d’abuser du pouvoir de sa nouvelle responsable, avec un plaisir non dissimulé, et absolument pas coupable. Avachie dans son fauteuil, veste d’uniforme ouverte sur sa poitrine, comme souvent, elle travaillait en mâchant des pâtes de fruits, tranquillement, sans se rendre compte que comme à chaque fois, elle allait engloutir une boîte entière. Mais ce n’était pas anodin, le sucre l’électrisait et la rendait plus efficace, au moins autant que l’ivresse liée à ses nouvelles responsabilités. Pourtant, elle n’avait jamais couru après, mais le simple fait d’être en dehors du système… C’était excitant.

                Elle ne fit même pas mine de sursauter lorsque la porte de sa cabine s’ouvrit sur Irons. Comme d’habitude, elle était impeccablement mise, et comme d’habitude, ça n’impressionnait pas Naavis qui lui sourit sans se lever.


                -Commandante ? Je n’ai pas fini de compiler les infos que vous avez demandé, mais ça avance bien. Un souci ?

                -J’ai besoin que vous fassiez quelque chose pour moi, Caporale. Comme vous le savez, la sous-préfète Beckinsale a été victime d’un attentat, tout comme le fut le préfet Dae’mid il y a peu. D’après les rapports auxquels j’ai pu avoir accès, on fait état de groupuscules non revendiqués, hormis un, qui se fait appeler Légion.

                -J’ai lu ça dans le rapport de Venkhor, oui… Mais quel rapport avec notre problème ?

                -Il est double. Plus j’y réfléchis, et plus je me rends compte que la coïncidence et l’incidence robotique est trop grosse pour être ignorée, de même que le danger. Nous avons vécu des années sans ce genre d’incidents, et voilà qu’il se produit à deux reprises. Nous allons nous en servir.

                -Et comment comptez-vous accomplir un tel exploit, chef ? Personne ne sait qui est derrière tout ça, les interrogatoires donnent des résultats nuls et on a pas un début de piste.

                -Programmez-moi un IG-100. Protection unique de ma personne. Il me servira de garde du corps et de partenaire d’entraînement. Si, comme je le pense, nos noms sont amenés à être découverts et que nos ennemis trempent dans la robotique de pointe, il n’est pas impossible qu’ils veuillent se servir d’une telle opportunité. Dans le pire des cas, il me servira.

                -Ou ils se serviront de votre IA…

                Le regard noir du Gurlanin fit déglutir Naavis qui sentit qu’elle avait été trop loin, trop vite. Elle se redressa et s’apprêta à bredouiller une excuse lorsque la voix doucereuse de sa supérieure lui parvint.

                -Si tel est le cas, c’est que ce petit secret a été trahi. Il me semble que nous avions convenu que vous étiez en charge de circonscrire l’information, je me trompe ? Et si il advenait que cette information fut rendue publique et utilisée, soyez certaine, Caporale, que je veillerai à ce que l’insubordination soit traitée comme il se doit. Sommes-nous clairs ?

                -… Oui, Commandante. Très bien… A ce sujet…

                -J’écoute.

                -Il se pourrait que j’aie mis la main sur votre agresseur, Commandante. Il s’agirait d’un haut gradé de Géonosis. Je suis en train de faire confirmer l’information par recoupements. Je vous informerai des avancements dès que je le pourrais.

                Il acquiesça avant de laisser là la Zabrak, sans rajouter un mot. Il savait, intimement, que la Caporale ne le trahirait pas à moins d’une bonne raison. Malgré ses états de service discutables, elle restait fidèle à la CSI. Mais il apprenait, lui aussi, ce que devait être sa place. C’était de lui dont on devait avoir peur, et non l’inverse. Pour renforcer cet aspect, il communiqua de nouvelles instructions : le magne-garde devait être peint de noir et d’or, à la fois sinistre et visible, menace perpétuelle aux yeux d’autrui. Oui, ce serait parfait.

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                  Auteur : Atreïs Helcar

                  Précédemment.

                  Les mots de Beckinsale résonnaient dans l’esprit du Gurlanin alors qu’il arpentait les couloirs du Prédateur jusqu’à sa cabine. Enfin il avait le contour du puzzle qui se dessinait, mais le plus dur était à venir, remettre toutes les pièces en ordre pour le résoudre. L’image globale lui était venue en visitant les chantiers navals de Raxus Prime, au milieu des droïdes et des rares organiques. Soudainement, même si il s’était senti minuscule au milieu des carcasses de Providence, il se rendit compte qu’il n’était pas juste un rouage de la machine séparatiste. A cet instant précis, il en était le grain de sable, et c’était pour cela que le Consulat avait tenté de le faire éliminer. Désormais, il ne faisait plus réellement partie du système, en électron libre, et chacun pouvait retourner à sa place initiale. Notamment les Consuls, qui pouvaient reprendre le cours de leurs opérations et leur tyrannique main-mise sur la CSI et l’Assemblée des Préfets.

                  - Tregar, Naavis. Nous retournons sur Raxus Secundus. Prévenez June que nous arrivons.

                  Les dés étaient jetés, et il attendrait d’être avec la totalité de son équipe pour leur expliquer les tenants et aboutissants de leur mission. De sa mission. Dans l’idéal, il aurait préféré ne pas les impliquer d’avantage, leur déléguant les tâches plus publiques, moins dangereuses. Mais chacun à leur manière, ils avaient fait la promesse de servir la CSI. La plus difficile à convaincre du bien-fondé de cette mission serait June, quoique ses récents traumatismes faisaient d’elle un soldat plus endurci, plus à même de comprendre tous les enjeux. Même si cela impliquait de s’occuper des éléments les plus problématiques de la Confédération.

                  Il s’assit devant son ordinateur et ordonna à son IA de faire le point sur le Consulat, sa cible prioritaire. Il en restait, officiellement, trois membres. Hutch Dickinson, Dofineasse Hathey et Gareth Hughes. Le Neimoidien était le plus simple des trois à atteindre, sa position était connue. Actuellement, il était sur Borosk en compagnie de la Générale Suprême Valkoinen. Au milieu de l’Imperium, il était inatteignable, mais au moins avait-il un premier objectif. En fonction de ses prochaines actions, il serait nettement plus aisé de mettre sur pied un plan d’action, puis de mettre la main sur ses deux confrères. Cependant, une image s’imposa à tout le reste : le Colonel Lem Cinder, évoqué par Katinsale, était sans doute le danger numéro 1. Si il lisait bien entre les lignes, c’était de lui que viendrait la plus grande menace. Militaire d’expérience, voilé de mystère, constamment sur la brèche, son itinéraire était difficilement retraçable dans les affres de la bureaucratie confédérée. Et si sa directrice disait vrai, c’était à lui qu’il devait sa quasi-mort. Ce qui le reliait immédiatement à Alan Mason.

                  Il se laissa aller en arrière, passant une main dans ses cheveux, faisant le point sur la situation. Il avait deux angles d’attaque. Le premier consistait à mettre la main sur Dofineasse Hathey en profitant de sa présence sur Borosk et s’assurer de son silence, tout en prenant potentiellement sa place au Consulat. Une fois infiltré, il serait nettement plus simple de s’occuper des cas des deux autres. Les écueils résidaient dans la présence de l’APS qui ne manquerait pas de s’engouffrer dans la brèche ainsi créée, et dans la présence de Cinder, qui avait sans doute des pouvoirs élargis émanant d’un Consulat qui ne le tiendrait plus, en faisant de facto un adversaire encore plus dangereux. L’autre possibilité était de remonter la voie diplomatique incarnée par Mason, soit en s’attirant à nouveau les foudres du Consulat, soit son amitié. Dans un cas comme dans l’autre, il fallait remonter la piste de Dickinson et Hughes…

                  Bien sûr, l’Assemblée serait également à réduire. Plus prosaïquement, les civils avaient pris beaucoup trop d’importance dans une Confédération qui ne ressemblait plus à la junte militaire qu’elle aurait dû être. C’était grâce aux droïdes de combat que la CSI permettait à la population de vivre sereinement. Leur intervention dans la vie militaire réduisait la portée d’action de l’armée. Il était temps de rééquilibrer la balance. Leur apport se limiterait aux finances et aux usines, et ce serait suffisant. Quant aux préfets, il était temps de leur faire comprendre que leur rôle n’était que d’être des pantins animés de bonnes intentions. Les plus puissants d’entre eux étaient à garder, ainsi que certains encore frêles ou faibles. Osso, par exemple. Il serait plus simple de la garder à l’oeil si elle était un peu moins entourée. Mais son cas viendrait plus tard.

                  Ses recherches lui prirent encore un bon moment pendant lequel le Prédateur s’arracha de sa plate-forme d’atterrissage pour foncer vers Raxus Secundus. Il lui tardait presque de voir comment June s’en sortait. D’autant qu’il en profiterait pour se renseigner sur cette nouvelle menace interne qui semblait vouloir déstabiliser la CSI, un groupuscule du nom de Légion qui était intervenu sur Cato Neimoidia. Etrange...

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                    Post n°23
                    Auteur : Atreïs Helcar

                    Avant-propos.

                    Le retour du Prédateur dans l’espace avec son commandant à son bord s’était fait dans un silence de mort. Silence relatif du fait de l’agitation droïde naturelle, mais un silence de la part des organiques. Personne n’avait dit un mot, que ce soit entre eux, ou à Atréïs lui-même. Pourtant, pour une fois, il ne s’était pas enfermé. Il était bien là, sur le pont, mais avait laissé aux navigateurs le soin de mettre en branle la machinerie et de leur faire quitter Borosk. C’était comme si la planète forteresse avait aspiré toute envie de vie sociale à l’équipage. Le Gurlanin en était un exemple parfait. Visage fermé, lèvres serrées, œil noir et dans le vague, rien de bon à présager de son attitude.
                     
                    Pourtant, il n’y avait pas de colère en lui, pas plus que de déception. Au contraire. C’était un profond questionnement qui l’habitait. L’envoyer ici, sans aucun filet, démontrait beaucoup de choses. Primo, la prise de contrôle de l’armée sur les affaires politiques. Deuxio, une volonté concrète et claire de se rapprocher de la Grande Moff Ashe aux dépends du Grand Moff Valiant. Et tertio, l’envie de prendre les choses en main, définitivement. L’heure n’était plus aux questions, ni aux assemblées.



                    Et sa place, actuellement, celle du messager, il se devait de l’embrasser… Mais revenir auprès de Valkoinen, avec une vague promesse de la part des autorités de l’espionnage Boroskais, c’était la certitude d’être vilipendé par sa supérieure. Et en même temps, il n’avait rien d’autre à proposer. Il faudrait donc prendre son mal en patience, attendre et réfléchir… La menace intérieure attendrait donc le retour de l’Imperium et de cet étrange agent inconnu. D’ici là, il était temps que le SIS s’occupe de réunir le plus d’informations possibles. Il était temps que des mesures soient prises, pour contrer cette nouvelle menace.


                    Et, qui sait, cela pourrait bien faire sortir de leurs trous ses cibles prioritaires…


                    « Message à l’attention du SIS et du SCP. Vous trouverez joint à cet hologramme tout les dossiers liés à la menace nommée « Oiseau de Feu ». L’accord de principe de la collaboration avec l’Imperium ayant été donné, charge à nos services de désormais faire le ménage dans nos administrations et nos officiels. »



                    Simple et direct. Le message était directement adressé à sa supérieure, qui jugerait si il était bon ou non de transmettre. Une preuve de plus de la lenteur confédérée, alors même qu’ils étaient censés passer par dessus les institutions. Mais il était pieds et poings liés, comme toujours, coincé dans son double statut de soldat et d’agent du SIS. Un statut qu’il lui faudrait changer un jour, sans doute avec la bénédiction de sa protectrice et bourreau, qui ne manquerait pas de lui reprocher son manque de résultats.


                    Son regard coula vers l’IG-100 qui se tenait proche de lui. Ce genre de situations lui montrait tout l’intérêt de telles mécaniques pour la CSI. Pas de réflexion, uniquement de l’action. Quelques organiques pour donner la marche à suivre, et c’était suffisant. Avec seulement quelques uns de ces droïdes en plus et des moyens plus importants, il pourrait très bien passer de cellule en cellule et plumer cet oiseau de malheur qui les ridiculisait devant la population et devant l’Imperium. Quelle perte de temps, quelle déception. Sa main passa dans ses cheveux roux alors que son IA transmettait en superposition de son regard différents rapports qu’il regardait à peine.


                    Il était temps d’agir.

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