A bord du Prédateur
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Post n°5
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs observa la jeune fille et sa manière de saluer. Dos droit, talons claqués, posture militaire… Mais elle saluait de la main gauche. Etrange, venant d’une formatrice qui avait une certaine réputation. Réputation que lui-même avait pu constater à l’époque où il n’était qu’une recrue. De l’eau avait coulé sous les ponts, depuis, et le rapport de force et d’autorité s’était largement renversé, quand bien même June n’avait aucun moyen de le savoir, à moins d’une intuition soudaine. La seule chose qui pouvait potentiellement relier Aureliana Irons et Helcar, c’était ces yeux si noirs que l’on confondait la pupille et l’iris, posés dans ceux du Sergent. Après un temps qui pouvait paraître infini, il prononça les mots magiques.
-Repos, Sergent. Soyez la bienvenue sur le Prédateur.
La voix de la commandante avait une douceur particulière, de celles qui laissent entendre à une certaine souplesse, mais capable de la plus grande fermeté au besoin. Lui-même s’étonnait de ce timbre de voix si étrange, qui contrastait avec sa propre personnalité, bien plus impulsive parfois. Mais il allait bien devoir s’y faire, surtout qu’il devrait revêtir cette apparence plusieurs jours consécutifs.
-La caporale Naavis vous a transmis ce que vous deviez déjà savoir sur la hiérarchie et le fonctionnement de cette corvette. Par ailleurs, je vous prierai de ne pas frapper les B1, comme vous ne frapperiez pas un frère d’armes en mission, Sergent.
L’incident avec le droïde était parvenu immédiatement aux oreilles et aux yeux d’Atréïs. C’était un avantage indéniable procuré par l’IA dans sa tête, que de savoir immédiatement tout ce qui se passait dans les zones d’enregistrement du vaisseau, même si la surcharge cognitive était toute aussi impressionnante. Ses yeux dérivèrent un instant sur la tenue de la Sergente, qui respectait les us et coutumes séparatistes. En cela, la petite Lorrdienne n’avait pas beaucoup changé, ni même physiquement… C’était au niveau de l’attitude qu’elle avait le plus évolué, se muant en un sous-officier nettement plus sûre d’elle, loin de la sniper douée mais hésitante. Cette maturité soudaine, alliée à son sens de la pédagogie forgé par Gladmoore, irait à merveille dans cette mission qui l’attendait.
D’un signe de main, Aureliana invita Tregar et June à la suivre, les guidant à travers les couloirs blancs. Sur leur chemin, de nombreux B1 saluaient le trio organique, ne récoltant du Besalisk et du Gurlanin aucune réaction. Ceux-ci étaient bien plus habitués désormais aux présences mécaniques, et n’avaient pas les traumatismes liés à certaines missions. Conscient de la nature de sa passagère, il avait fait en sorte de récupérer les compte-rendus de mission, qui dataient même d’avant son intégration à la CSI. Si June s’en était tirée, ça n’avait pas été sans dommages, corporels et mentaux. Ce qui expliquait aussi sans doute sa position de formatrice d’organiques. Leurs pas finirent par les mener jusqu’à une salle de briefing, où Atréïs n’hésita pas pour s’asseoir dans le fauteuil central, celui lié aux holoprojecteurs, Tregar à sa droite. Naavis ne serait pas là, June était donc libre de s’asseoir où elle le désirait. Lorsque ce fut fait, il n’attendit pas.
-Afin que vous ne soyez pas circonspecte sur la raison de votre présence ici, Sergent, je vais immédiatement vous donner votre ordre de mission.
Pianotant sur l’ordinateur, il plongea la salle dans la pénombre et afficha une planète luxuriante, qui semblait faire partie d’un système de trois. Peut-être que June aurait entendu parler de ce système lointain, mais l’inverse ne serait pas étonnant : peu de monde s’en souciait.
-Voici le système Raxus, et votre objectif, la planète Raxus Secundus. En orbite de cette planète agricole se trouve la flotte Yggdrasil, commandée par l’amirale Zan’nta. Celle-ci a eu quelques contacts avec la sous-préfète locale, prénommée Leiel Osso, et eu vent de ses projets de création d’académie militaire sur sa planète, afin de former des Raxiens aux méthodes séparatistes.
La planète s’afficha en gros sur l’hologramme, avec en rouge les points importants situés sur la planète : Raxulon, les différents continents, l’ancien sénat séparatiste, la préfecture… De même, Tregar tendit à June un petit datapad avec les données utiles sur Raxus Secundus.
-C’est là que vous intervenez, Sergent. Dans un rôle à la fois de conseillère et de formatrice. Vous êtes chargée de poser les premières bases d’une telle académie, en soutien de la sous-préfecture, et avec l’aide de la flotte en orbite.
Il se tut, regardant June. La petite soldate aurait sûrement quantité de questions. -
Post n°6
Auteur : June KingEn plein voyage supraluminique, alors que les vrombissements des moteurs résonnèrent dans tout le bâtiment militaire, et ce jusqu'au cockpit où toutes les unités mécaniques qui étaient présentes pianotaient sur les nombreux panneaux de contrôles pour s'assurer du bon déroulement du trajet : au même instant se tenait une rencontre qui allait certainement changer beaucoup de choses pour la jeune formatrice au tir à distance. La rencontre tant redoutée avec la commandante Irons n'allait certainement pas laisser de marbre la jeune sergente, qui se mit à crisper légèrement sa lèvre supérieure lorsqu'elle entendit la commandante lui faire un reproche sur son attaque contre l'une de ses unités mécaniques dans le couloir. Comment avait-elle eu vent de cet incident, alors qu'il venait à peine d'avoir eu lieu ? L'avait-elle vu sur les caméras, ou lui avait-on rapporté par communication ? Voilà que son premier échange avec elle était déjà un avertissement ! Comment June faisait-elle pour se mettre dans de pareilles situations, alors que cela ne faisait qu'à peine dix minutes qu'elle se trouvait sur le vaisseau ? N'osant pas répondre de peur d'aggraver sa situation en donnant une explication tarabiscotée qui n'allait assurément et aucunement l'aider : June se contenta simplement d'un réhaussement d'épaule en disant simplement : "oui commandante", afin de ne pas laisser un froid s'installer.
Bien qu'après sa courte réponse, June se mit à observer le visage de la commandante pendant quelques secondes, un défaut lorrdien qui refaisait surface à chaque fois qu'elle rencontrait une nouvelle personne. Observant les lèvres, le menton, le nez, les sourcils, les yeux ainsi que les oreilles, June était en train d'enregistrer les moindres expressions faciales afin d'en apprendre plus sur cette commandante qui lui était totalement inconnue. Mais son décryptage prit vite fin lorsqu'elle dut suivre sa supérieure à travers les longs couloirs du vaisseau, sans véritablement connaître la destination. Marchant en compagnie de la commandante Irons et du sergent Tregar - qui s'était joint ; June se rendit compte qu'il y avait moins de droïdes que précédemment. Avaient-ils été alertés de la dangerosité de la petite sergente à frapper sans retenue les B1, ou cette partie du vaisseau était-elle tout simplement moins fréquentée ? Quoi qu'il en soit, même si les quelques droïdes présents s'arrêtèrent en se mettant sur le côté du mur tout en saluant les organiques et que June dut éviter de justesse de marcher sur un petit droïde utilitaire sur roues, cela n'était pas si désagréable et lui convenait parfaitement.
Finissant de traverser les couloirs du vaisseau en affrontant les regards sans âmes des droïdes : June pénétra dans ce qui semblait être une salle de réunion, ou d'holoprojection. La salle était ronde et éclairée uniquement par des lumières blanches se trouvant en haut des murs. Au centre de la pièce se tenait une grande table ronde avec de nombreuses chaises à roulettes qui l'entouraient et des petites consoles qui leur faisaient face. Ce lieu était certainement important et souvent visité d'après le nombre de rayures qu'il y avait sur la table et au vu de l'état du rembourrage de certains sièges. Prenant place sur l'un d'eux, non loin de ses collègues militaires pour éviter de crier afin d'être entendu si elle devait prendre la parole ; la commandante n'attendit pas une seule seconde et commença à expliquer ce qu'allait être la mission de la jeune sergente. Tapotant quelque chose sur la console qui lui faisait face : la commandante plongea la salle dans l'obscurité et une holoprojection d'une planète se dessina au centre de la table. Observant la planète en écoutant la commandante Irons tout en prenant le datapad que le sergent Tregar lui tendit ; June fronça les sourcils quelques instants après avoir entendu le nom de la planète. Raxus. Cela ne lui était pas forcément inconnu. Mais où avait-elle entendu ce nom ? Sans doute durant l'une de ses nombreuses aventures à bord du White Phoenix ? Mais oubliant rapidement ceci, la jeune lorrdienne se mit à observer une nouvelle fois la commandante - qui expliquait l'objectif de la mission en agrandissant un point précis sur la projection. Une chose avait retenu son attention. Une chose qui n'était pas comme d'habitude... Pourquoi avait-elle l'impression d'avoir déjà enregistré certaines expressions faciales de cette personne ? Avait-elle déjà rencontré la commandante sans forcément y faire attention ? Quelqu'un avait-il les mêmes expressions ? Elle s'en serait pourtant souvenue ? Une fois les explications de la commandante terminaient, un silence assourdissant sifflait dorénavant dans les oreilles des personnes présentes dans la salle et attendant une réaction de June - qui contemplait toujours avec sérieux le visage de sa supérieure. Regardant finalement ailleurs après être sortit de ses pensées : June se rendit compte qu'elle n'avait pas plus écouté que ça durant la réunion, retenant seulement le plus important - étant trop absorbé par la commandante. Combien de temps s'était-il écoulé avant de percuter qu'on l'attendait ? Commençant à rougir légèrement en réfléchissant une drôle de lueur depuis ses yeux, June se racla la gorge en tentant de sauver ce qui ne l'était plus.
« — Je vois, commençait-elle à dire en formant de petites perles de sueur sur le front, je vais donc devoir former les nouvelles recrues sur Raxus dorénavant, concluait-elle en faisant mine d'avoir écouté avec attention. »
June n'était définitivement pas une bonne menteuse et gaffait constamment, surtout durant les moments où il le fallait le moins. Se redressant légèrement sur son siège en tirant sa veste vers le bas pour la remettre droite, elle joua un coup de poker risqué, mais qui pourrait assurément la sauver de cette mauvaise passe.
« — Mon rôle de formatrice n'est qu'une simple façade ? demandait-elle en sous-entendant qu'il y avait autre chose. Dois-je rendre des rapports quotidiens sur les faits et gestes des Raxiens et de la sous-préfète ? questionnait-elle la commandante. Y a-t-il des suspicions de trahisons ? terminait-elle de demander en devenant sérieuse. »
Même si June n'était pas forcement dés plus adroite lorsqu'il fallait être concentré durant les réunions - surtout quand quelque chose retenait ardument son attention -, elle n'en était pas moins sérieuse et prudente lorsqu'elle prenait la parole. Ses commentaires ou questions pouvaient paraîtres stupides à la première écoute, mais cela n'était pas forcement dénué de bon sens. Que serait un bon soldat sans une once de méfiance ? Mais maintenant qu'elle venait de jouer ses cartes pour tenter de se rattraper après ce long silence religieux et de son inattention aux explications de la commandante ; June n'avait plus qu'à croiser les doigts. -
Post n°7
Auteur : Atreïs HelcarAlors que la lumière revint doucement dans la salle de réunion, June pouvait sentir sur sa personne le regard noir de la capitaine du vaisseau. Elle ne s’y trompait pas, et Tregar lui soufflait dans l’oreillette sa remarque : la Sergente était bien loin des considérations de la mission qui lui était affectée. Heureusement qu’Atréïs n’avait pas à la gérer une fois qu’elle l’aurait déposée sur le vaisseau amirale de Zan’nta, il aurait bien eu du mal à composer avec ces absences et ces bégaiements. Néanmoins, à sa grande surprise, June retomba habilement sur ses pieds avec une pirouette qui ne laissa pas le Gurlanin de marbre. Persuadé qu’il était qu’il lui faudrait tout réexpliquer, il s’étonna de sa faculté à rebondir. Un bon point. Très bon, même.
La question de la soldate ne manquait pas de culot, ni de pertinence. Leiel Osso, la sous-préfète, était une nouvelle venue à la fois dans la CSI et à la préfecture. Un OVNI improbable qui avait bénéficié d’un mélange d’accointances, de coïncidences et de chance inouï pour accéder à la place suprême sur cette planète d’où elle n’était même pas originaire. Depuis, elle avait entamé des réformes, et même commencé à lancer un vaste projet de mise en relation des planètes les plus mineures de la Confédération. En somme, elle était un leader, une meneuse d’hommes. En tout cas s’en donnait-elle l’apparence, et Atréïs, à l’époque, l’avait déjà plus ou moins noté. Il lui fallait faire attention à ses mots désormais, pour ne pas se dévoiler outre mesure. Ses yeux ne lâchaient pas June et lentement, il reprit la parole.
-Ce n’est pas un rôle de façade. Vous serez en première ligne, vous serez la Confédération sur place, Sergent. Bien sûr, l’amirale Zan’nta restera votre supérieure et la hiérarchie se devra d’être respectée. Mais vous devrez avoir à coeur les intérêts suprêmes de la CSI dans votre tâche. Il se trouve que madame Osso tient à donner à Raxus Secundus une place plus importante que celle qu’elle occupe précédemment. Vous n’êtes pas sans savoir qu’elle fut le centre du Sénat Séparatiste en son temps et que son influence dans notre système s’est réduite avec le temps.
Il prit le temps de laisser un silence s’installer. Preuve en était que June était focalisée ailleurs pendant ses explications, puisqu’il devait reprendre son histoire. Non qu’il en soit horripilé, mais il se demandait ce qui pouvait bien se cacher dans la tête de la Lorrdienne pour ne pas écouter les instructions de sa supérieure.
-Comme je le disais. L’académie raxienne vise à former des officiers raxiens selon les méthodes séparatistes. C’est à vous de faire en sorte que cette transmission se passe selon nos règles, et non les siennes. Analysez le terrain, comprenez la culture raxienne et adaptez. Puis, quand ce sera clair dans votre tête, il vous appartiendra de créer les programmes et de demander les affectations nécessaires. Sachez également que ce poste a été créé par l’état major et que votre nom a été retenu parmi de nombreux candidats.
Cette dernière remarque était loin d’être innocente. La sueur sur le front de la sergente ne pouvait pas juste être du fait de la chaleur du vaisseau qui était plutôt glaçant à cet instant. Elle était en pleine montée de stress, et l’Agent voulait voir sa réaction face à une pression supplémentaire. C’était également pour ça qu’il la fixait… Comme Tregar, d’ailleurs, qui affichait un très léger sourire, presque imperceptible, ayant bien vite compris le petit jeu de son supérieur. Ce qui ne faisait que rajouter au potentiel de tension de la situation, puisqu’il pianotait en continu sur son datapad. Et June venait purement et simplement de s’en rajouter une couche, seule. La Commandante croisa les mains devant elle et se pencha légèrement vers l’avant.
-Inutile de me rendre des rapports quotidiens. Mais oui. Transmettez-moi ce que vous estimez nécessaire. Sur ce que vous voyez, constatez, comprenez ou suspectez. Vous aurez accès à ma ligne directe pour cela. En espérant que vous saurez être attentive à tout cela à la fois.
La remarque était à peine masquée, et c’était la seconde qu’il avait à lui faire sur son bâtiment. Cette collaboration ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices, ni pour l’un, ni pour l’autre. Pourtant, Atréïs avait confiance en la Lorrdienne pour s’acquitter de sa tâche avec habileté. Après tout, c’était elle qui lui avait donné le goût du fusil sniper, et elle ne pouvait que l’estimer. Quasiment immobile, la commandante Irons laissait sa simple présence faire le travail pour lui. Le grade à sa poitrine et son corps étaient largement suffisants pour en imposer.
-Personne n’a parlé de tendances rebelles au sein de la communauté raxienne. Mais nous nous devons de surveiller les initiatives multi-planaires, j’imagine que vous le comprenez, Sergent. Si il devait advenir quelque chose, il est de votre devoir de prévenir les autorités compétentes. Mais vous ne pourrez pas mener cela à bien seule. Entourez vous quand vous en aurez besoin.
Il reporta son regard sur le globe holographique qui flottait toujours, nettement moins visible en pleine lumière. Puis il revint à June.
-Ai-je répondu à vos interrogations, Sergent ? Si oui, je vous laisse vous rapprocher du Sergent Tregar et de la Caporale Naavis pour la suite des opérations. Et si vous le souhaitez, nous dînerons ensemble ce soir. -
Post n°8
Auteur : June KingLes explications de la mission venaient d'être données et étaient on ne peut plus claires. Même si June n'était pas totalement concentrée durant cette réunion - par la faute de sa mystérieuse impression de déjà-vu dans les expressions faciales de la commandante ; - la petite lorrdienne avait enregistré toutes les informations nécessaires pour le bon déroulement de ses obligations. Ce fut d'ailleurs lorsque sa supérieure lui communiqua son ordre de mission principal que June fit une grimace très expressive. Ce genre de grimace qui laissait apercevoir tout le dégoût et la déception en même temps. Un air qui laissait entendre qu'elle s'attendait à quelque chose d'autre, et ce, même plongé dans ses plus profondes pensées. Elle allait tout simplement et seulement devoir rester sur Raxus pour former les futurs recrues ! Ce n'était pas qu'une façade, mais bien la réalité. Partir de Géonosis pour exécuter la même chose sur une autre planète, voilà la dure évidence de ce qu'elle venait d'entendre. Pas de mission dangereuse. Pas d'aventure avec des monstres étranges et bizarres. Pas d'ennemi à abattre. Rien de tout cela. Uniquement des novices qui, à coup sûr, ne savaient pas tenir une arme correctement. Aussi, après cet évènement, elle sortit de ses interrogations et répondit présente pour la suite - même si son regard semblait toujours essayer de pénétrer l'intérieur des yeux de sa supérieure pour parvenir jusqu'à son âme afin de se remémorer où l'avait-elle vu.
Mais tout s'écourta lorsque la réunion semblait se terminer au moment où la commandante Irons invita la jeune sergente à prendre part à sa table pour le repas de ce soir. Pourquoi pensait-elle déjà à manger, alors qu'en heure géonosienne ce n'était que le matin ? L'espace était si différent que ça ? June avait-elle réellement perdu le sens du temps dans l'espace ? Y-en avait-il un par ailleurs ? Curieux pour une ancienne contrebandière qui vivait constamment dans un vaisseau et n'allait sur des planètes que pour les livraisons de marchandises interdites - le petit confort personnel qu'elle avait sur Géonosis avait sûrement ramolli pitoyablement la petite sniper. Se raclant la gorge doucement pour ne pas broyer les oreilles de ses hôtes : June répondit amicalement et accepta l'invitation avec joie. Après tout, il valait mieux faire bonne figure et essayer par tous les moyens de se rattraper de cette mauvaise première image qu'elle venait sans doute laissée dans les esprits. Se levant de son siège - en se cognant le genou on se savait comment et en laissant un hoquet de douleur étouffé s'échapper entre ses dents serrés - June frappa des talons protocolairement avec le dos correctement droit tout en saluant sa supérieure (toujours de la mauvaise main) avant de se retirer en la remerciant, elle, ainsi que le sergent Tregar.
La pauvre lorrdienne ne parvenait décidément pas à passer inaperçue ou ne pas faire de gaffe dans un moment sérieux. Bien que cela pouvait amuser ses collègues formateurs ou bien les recrues, ceci pouvait aussi agacer certains et même énerver particulièrement d'autres. Mais que serait l'univers sans la sergente June ?
De l'autre côté des portes de la salle de réunion se présentait un long couloir aux couleurs claires et à l'atmosphère rassurante... si seulement les droïdes ne le parcouraient pas. Avançant en marchant au centre pour ne pas se rapprocher trop des B1 qui longeaient les murs en s'arrêtant sans cesse pour saluer la sergente avec leur voix insupportable ; June tenta par tous les moyens de ne pas leur prêter attention en se concentrant sur autre chose - comme le bruit sourd des moteurs, pour éviter d'apercevoir les droïdes qui composaient pratiquement la seule forme de "vie" sur le bâtiment militaire. Qui pourrait savoir ce qu'il allait se passer si un nouveau contact avait lieu ? Et puis, il serait judicieux de ne pas s'attirer à nouveau la colère de la commandante, qui ne tolérait pas qu'on abîme ses unités mécaniques. Marchant durant un petit moment en se perdant légèrement dans les couloirs par faute de repère et de connaissance du vaisseau, elle finit tout de même par retrouver son chemin ainsi que les quartiers qui lui avaient été attribués pour l'entièreté du voyage.
Ouvrant les portes de sa chambre, elle les frappa par habitude lorsqu'elles étaient en train de s'ouvrir correctement - le réflexe qu'elle avait pris pour débloquer les portes de ses appartements sur Géonosis avait visiblement laissé des traces. Rouge de honte et de gêne par ce qu'elle venait de faire : elle regarda autour d'elle espérant que personne ne l'avait prise sur le fait... mais bien sûr, il fallait qu'un B1 au garde à vous et aux yeux boulonnés et sans âme soit juste à côté. Pourquoi ces boîtes de conserve étaient toujours présentes au mauvais endroit au mauvais moment ? Fixant le droïde avec méfiance et prête à agir en cas de mouvement brusque ; le B1 ne bougea pas et ne fit, étrangement, aucune remarque. Était-il muet ? La petite lorrdienne savait que même si ces corps sans âme ne disaient rien, elles communiquaient entre-elles. D'ailleurs, venait-il d'informer la commandante ? June avait compris qu'il existait une communication directe entre elle et les unités mécaniques du vaisseau. Sinon, par quel autre biais avait-elle été au courant aussi rapidement de son altercation avec le B1, avant la réunion ? Par ailleurs, cette méthode semblait dangereuse d'après June. Être relier par des implants ou par d'autres systèmes aux machines et aux droïdes ne pouvait que finir mal. Même si elle n'en avait aucune preuve, l'idée était très claire pour elle sur ça : c'était mettre sa vie en jeu. Pour s'assurer de la chose, June serra les poings en inspirant longuement par le nez et s'avança vers le droïde. S'arrêtant devant lui ; la jeune sniper partit dans une explication abracadabrante - comme elle en avait le secret - en essayant de convaincre l'unité mécanique qu'elle ne connaissait pas la vitesse d'ouverture des portes et qu'elle s'était avancée trop tôt. En expliquant ça, elle se mit à jouer la comédie en frottant son pied contre son molet pour laisser paraître un semblant de douleur. Mais avait-elle oublié que les bottes qu'elle portait avaient des coquilles de protection ? Voyant que le B1 ne réagissait toujours pas, elle lui tourna le dos en marmonnant une insulte incompréhensible et pénétra dans ses quartiers. Cela pouvait paraître ridicule aux premiers abords, mais June s'exerçait quotidiennement en repoussant ses limites pour parvenir à ne plus être méfiante et agressive envers les cybernétiques.
À l'intérieur de ses appartements et une fois les portes refermées : June se mit à expirer fortement en se tenant lourdement sur les genoux, comme si elle avait retenu sa respiration pendant un long moment. Les évènements précédents avaient été compliqués et surtout pesants pour les nerfs et le moral. Comprendre qu'il ne s'agissait définitivement pas d'une mission, mais d'une mutation sur une autre planète pour former des recrues - de la même manière que sur la planète rouge - avait sans doute été la chose la plus décevante à écouter durant la réunion. Mais le plus énervant n'était pas de se rendre ailleurs ou d'exercer la même chose, mais bien qu'elle n'aurait pas d'opportunité à pouvoir s'améliorer. La petite lorrdienne n'était pas folle, elle voyait bien qu'elle stagnait et ne parvenait pas à évoluer dans ce qu'elle aimait faire. Entraîner des recrues et répéter les mêmes choses et les mêmes gestes constamment l'empêchaient d'aller de l'avant. Était-elle toujours capable d'atteindre une cible en mouvement à plus d'un kilomètre quatre, le record qu'elle avait réalisé sur Félucia ? Crispant son visage de colère en réfléchissant à tout ça, son sang bouillit de rage durant quelques instants et elle ne put s'empêcher de frapper violemment le mur le plus proche avec son poing cybernétique, qui laissa une trace dans celui-ci - une chance que les murs du vaisseau étaient résistants, sinon elle serait facilement passée de l'autre côté. Voyant ce qu'elle venait de faire dans un moment de foudre passager, elle se mit à paniquer légèrement en tentant de boucher la profonde trace de son poing avec ses mains tout en jurant le même mot d'oiseau à répétition tout en regardant autour d'elle pour s'assurer qu'il n'y avait pas de caméra, mais ce qu'elle vit, lorsqu'elle se retourna, fut pire qu'une caméra... Derrière elle, au même instant se trouvait un petit droïde utilitaire sur quatre petites roues qui ne bougeait pas et semblait la regarder. June en était sûre, c'était le même petit droïde que plus tôt, celui sur lequel elle avait failli marcher dessus avant la réunion avec la commandante. Que faisait-il dans la chambre et surtout pourquoi ne bougeait-il pas ? Il était trop tard, June savait qu'il venait de tout cafter et que son geste de colère avait fait le tour du bâtiment militaire. Son sang ne fit qu'un tour et la petite lorrdienne partit au quart de tour ! Elle se jeta de tout son long sur le petit droïde pour l'attraper avec ses bras, mais ce dernier partit en trombe et June frappa le sol avec son visage en premier, les bras écartés et les fesses en l'air à l'arrivée.
La défaite était totale.
Apercevant le petit droïde s'enfuir à l'envers et proférant un juron peu discret à son égard en jurant vengeance à la prochaine rencontre, June se redressa en s'asseyant sur le sol sur ses genoux en se massant le front - qui était rougi par le choc et la colère. De petites larmes se formaient sur le coin de ses yeux et un goût amer se manifestait en arrière-bouche. Et comme si tout n'était pas suffisamment compliqué comme ça, durant son assaut sur le pauvre droïde ; la jeune lorrdienne avait déchiré la couture de sa veste en dessous de l'aisselle gauche. Heureusement, dans son malheur, le trou n'était pas suffisamment grand pour être visible ni même pour y glisser un doigt. Se relevant finalement de sa défaite, June se dirigea sans hésiter vers le lit et plongea sa tête dans l'oreiller pour se mettre à crier aussi fortement qu'elle le pouvait afin d'évacuer toute sa rage et sa frustration. Les murs de la chambre étaient visiblement insonorisés, puisque personne ne s'était précipité la voir pour s'assurer qu'il ne se passait rien. Une fois son hurlement étouffé terminé, elle ne bougea pas et resta dans la même position quelques secondes. Elle ne voulait indubitablement pas regarder autour d'elle et apercevoir un autre droïde. S'en était trop, la charge émotionnelle était trop forte à cet instant et elle se mit à pleurer, toujours la tête plongée dans son oreiller juste après sa colère. Plusieurs minutes passèrent sans qu'elle ne fît le moindre mouvement ni le moindre petit bruit - toujours plongé dans son oreiller. La colère avait laissé place aux pleurs et les pleurs avaient laissé place au calme. Mais hors de question de s'endormir durant ce moment paisible, surtout qu'elle n'était pas spécialement fatiguée. Tournant légèrement la tête pour tenter une première motivation, elle rencontra son reflet dans la fenêtre, qui donnait une vue magistrale sur l'infini. Son visage était bouffi par les pleurs, ses yeux étaient totalement rouges ainsi que le bout de son nez, le peu de maquillage qu'elle avait autour de ses yeux s'était étalé et sa coiffure ne ressemblait plus à rien. Une vision typique de la vraie June. Se regardant dans la fenêtre, elle partit dans un rire en se moquant d'elle-même. Se mettant sur le dos pour regarder le plafond après avoir bien rigolé, elle soupira et se dit que tout ceci pourrait être pire.
Se relevant pour aller se nettoyer le visage dans la petite salle de bain personnelle présent dans ses quartiers et pour se refaire une petite beauté et se recoiffer afin d'éviter toute remarque ou soupçon : June sortit ensuite de sa chambre pour visiter le vaisseau - en évitant au maximum les unités mécaniques. Après quelques instants à marcher au hasard des couloirs du bâtiment militaire sans avoir de réel objectif à atteindre, elle rencontra de nouveau le petit droïde utilitaire d'un peu plus tôt. La surprise fut immense et l'opportunité de se venger trop grande pour la laisser passer ! Courant après cette petite boîte métallique sur roues, June traversa de nombreux couloirs en bousculant plusieurs B1 et autres droïdes dans leur fonction. Insultant sa proie à répétition en lui balançant différents objets qui lui tombaient sous la main, June manqua maintes et maintes fois de chuter au sol. Mais tout s'arrêta lorsqu'elle percuta violemment, non pas un droïde, mais bien un organique. La chance de June ne durait jamais bien longtemps. Se retrouvant les fesses au sol en se massant une nouvelle fois la tête dans un réflexe pour faire passer la douleur, June releva son visage en fusillant du regard son obstacle - si elle avait pu le tuer à ce moment elle l'aurait fait -, mais en apercevant ce qu'elle avait frapper de plein fouet, elle se releva rapidement et s'excusa plusieurs fois en courbant l'échine. June venait de heurter directement le sergent Tregar. Quel malheur ! Dépoussiérant son uniforme en redressant ses extrémités, June s'excusa une nouvelle fois auprès du sergent.
« — Veuillez m'excuser sergent, dit-elle en le saluant de la mauvaise main. Je... j'étais, cherchait-elle ses mots en déglutissant. J'étais en pleine découverte du vaisseau et je dois avouer que vous tombez à pique, s'essayait-elle à un jeu de mots par rapport à la situation. Je cherchais justement une personne pouvant me renseigner sur les différentes tâches à effectuer avant le repas de ce soir, expliqua-t-elle en essayant de sauver les meubles. Rester dans mes quartiers à ne rien faire n'est pas vraiment ce que j'apprécie le plus, finissait-elle en souriant avec tout son charme pour donner une bonne image d'elle. » -
Post n°9
Auteur : Atreïs HelcarLe temps s’était en effet dilaté dans leur concentration, rien que les manœuvres de décollage avaient pris un moment, de même que les explications de la Commandante, même si il était encore loin de l’heure du souper. Il voulait être certain de mettre un peu plus à l’aise la Lorrdienne qui semblait totalement perdue. Et il voulait également s’assurer de pouvoir échanger avec elle. Comprendre ce qu’elle faisait exactement ici, comment elle avait pu être choisie parmi les candidats non déclarés. Et surtout, cela lui changerait de son IA qui lui envoyait en permanence des notifications, des vidéos, des rapports, triant tout pour lui pour n’en tirer que la quintessence, mais qui lui donnait constamment l’air d’être ailleurs. C’était un second travail à temps plein qu’elle lui imposait, et il avait besoin d’un peu plus de repos à cet instant. Il évita de secouer la tête de dépit lorsque la Sergente se fracassa le genou et le salua de la mauvaise main de nouveau. Ce fut après son départ, et le regard pensif et dans le vide qu’il glissa à son subordonné.
-Fais en sorte qu’elle ne manque de rien, Tregar. Je ne sais pas ce qu’elle a en tête, mais ça ne me dit rien qui vaille.
-Rien qui vaille comment ?
-Pour la mission, pour le vaisseau, pour tout ce qui l’entoure.
Le Besalisk salua à son tour, de la bonne main de son côté, et s’en retourna vaquer à ses occupations. Atréïs fut enfin laissé seul dans la salle de réunion, et il en profita pour se masser les yeux, se laissant s’avachir lentement dans son siège. Il eut beau demander à son IA de se calmer sur les transferts de données, elle ne put s’empêcher de lui transmettre la vidéo-surveillance de June qui envoyait un coup de botte dans la porte de sa cabine… Irrécupérable… Pourquoi donc devait-il avoir pareil énergumène sur son bâtiment, pour sa première sortie dans l’espace en tant que Commandante ? Non contente de frapper les B1 qui n’avaient, au demeurant, rien demandé, voilà qu’elle les insultait et qu’elle tapait sur les parois du vaisseau ? C’était aussi pour cette raison, qu’il avait demandé à Tregar de garder un œil sur la jeune femme. Son instabilité semblait chronique. Peut-être que la rigueur toute relative du Besalisk l’aiderait…
Se relevant, il se retira vers ses quartiers. Là où il serait certain que rien ni personne ne viendrait le déranger, sauf en cas de problème extrême. Là, il désactiva totalement son IA, accédant enfin au calme, avant de se laisser tomber sur son lit. Veste d’uniforme ouverte sur le ventre, bottes encore chaussées et à peine délacées, bras croisés devant le visage, cheveux défaits, il souffla enfin pour la première fois depuis un certain temps. Un instant, il songea à reprendre sa réelle apparence, mais il n’en fit finalement rien. Trop dangereux, trop évident à cet instant, même si les deux tiers des organiques connaissaient la vérité. Et puis, il avait autre chose à faire, finalement… Notamment se demander quelle partie de son cerveau avait bien pu disparaître du jour au lendemain. Manifestement, il était toujours capable d’un minimum d’empathie, de réflexion… Alors quoi d’autre ? La mémoire ? C’était difficile à envisager, puisqu’il savait qui il était encore…
C’était sur ces questions qu’il voulait s’endormir, au moins une heure. Il n’en fut rien. Son comlink du DCRS sonna, abruptement. C’était inattendu, inhabituel, peu de gens l’appelaient, encore moins via ce procédé. Peu de gens connaissaient même l’existence de cet intercom… Il le saisit paresseusement, le portant à son oreille.
-L… Lieutenant Vasburg ? Je… Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi… Je suis Atanae Tel’Illma, la…
-Secrétaire de la sous-préfète Leiel Osso, de Raxus Secundus. Que puis-je pour vous, mademoiselle Tel’Illma ?
La voix se suspendit de l’autre côté de la communication. Elle était déjà chevrotante et hésitante, elle semblait désormais au bord des larmes, ce qui aurait pu être touchant si Atréïs l’avait eue en face d’elle, ce qui n’était pas le cas. Et la Wroonienne n’était pas exactement un spécimen pour lequel on éprouvait de l’empathie, au contraire. Effacée et presque recluse, il avait fallu au Gurlanin ds trésors d’inventivité pour récupérer les informations qu’il désirait auprès d’elle. Etonnamment, il ne s’en sentait même pas coupable.
-Je… Je me tourne vers vous en désespoir de cause. Je… n’ai plus d’utilité ici et je ne sais que faire d’autre que… trier les informations, les dossiers, je n’ai jamais rien fait d’autre, je…
-Vous cherchez une porte de sortie à une situation embarrassante et potentiellement compromettante.
-Je…
-Vous n’étiez pourtant pas en reste devant madame Osso.
-Les choses ont ch…
-Et je ne vois pas ce que je pourrais faire pour aller contre l’autorité d’une sous-préfète, mademoiselle. Bonne journée.
-Attendez !
Le désespoir qui émanait de la voix de la Wroonienne poussa Atréïs à garder la communication. Il était piqué, ça y est. Alors que d’habitude, c’était lui qui maniait la canne à pêche et l’appât, voilà qu’il était hameçonné, qu’il avait mordu. Cette jeune femme avait autre chose dans sa manche, il le sentait, sans savoir quoi exactement et si ça lui serait utile.
-Mon temps est précieux.
-Je le sais. Mais… Vous êtes la seule qui… Depuis l’arrivée de madame Osso… Vous avez changé mon quotidien.
-Démissionnez dans ce cas. Et vous rencontrerez sous peu le Sergent June King. Faites lui part de ceci.
Puis il coupa la conversation, rejetant au loin son comlink sans se douter qu’à des parsecs de là, une Wroonienne fondait en larmes, de tristesse pour beaucoup, mais également un peu d’espoir… Lentement, le Gurlanin put enfin fermer les yeux et sombrer dans un sommeil léger qui ne lui laissait que peu d’espoir de repos.
Tregar avait à peine été bousculé par la Lorrdienne. Massif et trapu, solidement perché sur ses deux jambes, il était occupé à donner quelques consignes à des B1 au moment où un minuscule droïde fila entre ses jambes, suivi d’abord par des invectives imagées, puis par un tournevis qui roula au sol, et enfin par la Sergente King qui lui rentra directement dedans, le déstabilisant à peine. Il renvoya les droïdes d’un geste, les yeux ébahis, avant de se tourner vers le bolide humanoïde qui la regardait d’un œil noir qu’il aurait pu croire chargé de menaces. Heureusement qu’il était bon vivant et bon camarade, sans quoi, elle aurait sans doute eu droit à son pied au derrière et à une corvée repas. Mais le Besalisk était plus de ces sous-officiers tranquilles qui imposaient une faible autorité sur les troupes et espéraient plutôt la camaraderie, bien plus efficace sur le terrain, laissant l’automatisme aux droïdes… Il n’eut même pas le temps de lui tendre l’une de ses énormes mains qu’elle se redressa, s’épousseta, et lui offrit l’une des pires justifications possibles pour ce qu’elle venait de faire. Et le pire dans l’histoire était que la commandante serait forcément au courant de ce qu’elle faisait, le bâtiment étant truffé de caméras. Mais tant pis. Il gérerait cela plus tard.
-L’avantage d’un vaisseau confédéré, c’est que la grande majorité du boulot est fait par les droïdes, June. J’t’appelle June, hein, on va pas s’embarrasser avec des grades, garde ça pour la chef. Du coup, à part les consignes de vol à enregistrer qui sont pas de ton ressort, y’a pas grand-chose d’autre à faire que te concentrer sur ta mission, et t’as l’air d’en avoir sacrément besoin.
Il croisa ses quatre bras en la jaugeant du regard. La jeune soldate semblait à bout nerveusement et psychologiquement alors qu’ils avaient à peine quitté le sol. En cela, elle ressemblait à Atréïs. Même manière de masquer leurs émotions sous un masque maladroit. Même façon de cacher leurs pensées. Et probablement le même fonctionnement à bien des égards, même si il ne les connaissait que peu, ça se voyait.
-Tu connais un peu Raxus Secundus ? Ou faut qu’on te trouve des informations à ce sujet ? C’est sûr que c’est plutôt calme comme coin, mais ça te donnera l’occasion de faire tes armes. De ce que je sais, t’es une édile de Gladmoore, elle m’a eu comme recrue à l’époque, elle est toujours aussi dure ? Ca remonte un peu maintenant, elle a du oublier, la pauvre.
Il eut un rire franc en pensant à son passé en tant que pauvre recrue dans la base géonosienne, comme tant d’autres organiques. Et comme tant d’autres, il gardait un souvenir aussi douloureux qu’affectueux envers cette officière aussi dure que juste…
-Te fais pas tant de mouron pour le boulot dans le vaisseau. Mais si tu t’ennuies, on a fait grimper à bord un simulateur de combat. Si ça te tente de l’essayer, je te montre où il est, j’ai cru comprendre que t’étais pas bien mauvaise au tir ?
Le petit manège de la Sergente King n’était effectivement pas passé inaperçue. Son attitude face aux droïdes, le coup de poing dans le mur, la course-poursuite avec le droïde souris, tout était enregistré et retransmis à la Commandant Irons qui soupira de plus belle. Intenable. Lentement, le Gurlanin se redressa et remit sa tenue en place, chemise plissée et bottes parfaitement lacées. Un coup d’oeil dans le miroir lui fit remarquer qu’il s’accommodait de mieux en mieux de cette apparence. Ce qui était aussi inquiétant que rassurant pour lui.
-Naavis ? Je vais jeter un œil au centre de commandement. Passe voir Tregar, s’il te plaît.
-Bien, commandante ! -
Post n°10
Auteur : June KingPathétique.
Voilà bien un mot plus qu'approprié pour résumer les situations dans laquelle June, avec une aisance arrogante, réussissait toujours à se mettre lorsqu'il ne fallait surtout pas. Bien que son assiduité au travail se trouvait être irréprochable et que son professionnalisme pouvait faire bon nombre de jaloux, son comportement, quant à lui, en dehors des missions ou du travail, n'était jamais au rendez-vous et désespérait constamment ses supérieurs - les migraines n'étaient jamais bien loin quand la petite proche-humaine se trouvait dans les parages. Ce fut malheureusement le pauvre sergent Tregar qui dut faire face à cet tornade : une lorrdienne émotionnellement instable. Alors qu'elle essayait de sauver son image avec une excuse des plus lamentable tout en bégayant sur les premiers mots de ses phrases, elle fut rapidement surprise par la réaction de son confrère qui prit tout ceci à la légère et sans s'énerver : il était même bienveillant ! Était-il de bonne humeur à cet instant, ou son naturel était de tout prendre du bon côté ? Tout ceci perturba la jeune sniper, de par le fait de la vitesse dont l'action s'était passée et de la réaction de celui qu'elle venait de... bousculer ?
« — Hé bien-, essayait-elle de répondre à la première question. C'est-à-dire que-, ne put-elle finir sa phrase par les questions qui s'enchaînaient les unes après les autres. »
Le sergent semblait réellement s'intéresser à la petite invitée et voulait l'aider de bien des manières : qu'elle aille se reposer parce qu'il trouvait qu'elle était fatiguée ; lui donner des renseignements sur Raxus Secundus ; avoir des nouvelles de la lieutenante Gladmoore et même l'inviter pour aller s'entraîner au tir grâce à un simulateur présent à bord - s'il elle le souhaitait. Tant de questions et propositions posées à la suite sans qu'elle ne parvînt à lui répondre commençait à agacer fortement June qui rougissait de colère en regardant le sergent avec une paupière qui sautillait à chaque pulsion de sang qui devenait de plus en plus rapide. Serrant les poings dans un réflexe nerveux en grimaçant de la lèvre supérieure et en tapant d'impatience sur le sol avec le talon de sa botte : June prenait énormément sur elle pour ne pas lui hurler dessus afin qu'il arrête immédiatement de poser toutes ses questions. Mais voyant qu'elle avait fauté déjà plusieurs fois depuis sa venue sur le Prédateur, elle se força à sourire en essayant de paraître... normale, et sans faire de dégât tout en répondant d'un simple "oui" lorsque le sergent venait de terminer de parler. Mais sa réponse était stupide et n'avait aucun sens, ce qui laissa place à un petit silence de gêne de quelques secondes avant de réaliser qu'elle venait une nouvelle fois de paraître étrange dans sa façon d'être et de faire. Ouvrant en grand les yeux en réalisant ça : elle s'éclaircit la voix avant d'inspirer délicatement - afin que son interlocuteur ne s'en aperçoive pas - pour se détendre et répondit en se mettant droite, mains jointes dans le dos et accompagnées d'un grand et charmant sourire :
« — La lieutenante Gladmoore oublie rarement les recrues qu'elle forme sergent, je suis sûre qu'elle serait se souvenir de vous si elle vous voyait à nouveau, expliqua-t-elle amicalement et en ne voulait pas le tutoyer ou l'appeler par son prénom pour marquer une forme de distance. Mais, oui, la lieutenante est toujours aussi... dure... dans sa façon de procéder, finissait-elle sa phrase en ayant un court ricanement. »
Était-ce réellement la sergente King à cet instant, tant elle ne semblait plus elle-même ? La façon de parler et son comportement n'avaient plus rien à voir avec ce qu'elle avait laissée transparaître depuis son arrivée. Son attitude et ses gestuelles dévoilaient une tout autre personne... comme plus mature et sûre d'elle - presque à l'image même de Gladmoore (ou bien de Val). Ce changement soudain de personnalité pouvait en surprendre plus d'un s'il n'avait pas l'habitude. Sans doute que le fait de discuter de la lieutenante avait fait ressortir le côté instructrice de June. Depuis son retour de l'avant-poste de police sur Géonosis dans lequel elle avait effectué sa punition et les progrès acquis au fil des années en tant que formatrice avaient certainement eu un impact sur son allure et ses manières.
« — Quant à Raxus Secundus, je n'ai jamais visité cette planète, dit-elle en réfléchissant dans un moment de doute passager, ou alors, je ne m'en souviens plus, dans tous les cas des informations me seront toujours utile, terminait-elle en laissant échapper un sourire charmeur. »
Malheureusement, June restait définitivement June, et il ne fallut que d'une seule porte et que d'un seul B1 pour que tout ce qu'elle venait de laisser paraître ne s'écroule tel un château de cartes. Alors que la lorrdienne venait de finir de répondre en étant presque méconnaissable, un B1 ouvrit une porte et surprit la sergente qui sursauta en laissant échapper un abominable et horrible hurlement de peur en voyant un droïde apparaître sauvagement à côté d'elle. Son cri fut si fort qu'il résonna dans pratiquement tout le vaisseau et effraya à son tour le B1 qui se mit à hurler aussi fortement qu'il pouvait en réponse, tout de suite après le cri de June. Posant sa main cybernétique sur son palpitant en essayant de reprendre son souffle : June était toute tremblante, les yeux exorbitants et suait à grosses goûtes depuis son front. Avalant sa salive - comme un signe de reprise du contrôle -, elle tourna violemment la tête vers le B1 qui l'avait surprise avec un regard noir. S'imaginant le frapper directement à la tête pour exploser cette cafetière sur pattes, June n'en fit rien et éclata de rire à la place ! Son sérieux qui avait été remplacé par une peur sans pareille disparût et laissa place à rire franc et presque amusé. Pourquoi ne l'avait-elle pas frappé comme le voulait son habitude ? Sans doute parce qu'elle venait de réaliser qu'un simple droïde était parvenu à la faire redevenir elle-même et non pas la formatrice sérieuse qui pouvait être d'un ennui terrible. Rigolant en pleurant légèrement, June semblait rayonnante : un autre aspect d'elle-même venait d'être dévoilé. S'essuyant les yeux après avoir fini de rire, elle frappa amicalement l'épaule du B1 comme pour le remercier.
« — Maintenant casse-toi ! répondit-elle sèchement en refermant son sourire et en menaçant presque le droïde. Sergent, si cela ne vous dérange pas, j'aimerais essayer votre simulateur, je crois en avoir besoin et sur le chemin vous pourrez me donner quelques détails sur Raxus, en même temps, expliquait-elle en étant moins formelle et plus détendue. » -
Post n°11
Auteur : Atreïs Helcar
L’intelligence artificielle elle-même devait se demander ce qu’il se passait alors que June se fit à nouveau remarquer pour son comportement belliqueux envers un droïde. Dans son fauteuil de commandement, Atréïs se passa une main sur les yeux une fois de plus. C’était une vraie catastrophe ambulante, et dire qu’il lui devait sa formation en tir… Et aussi des tortures interminables. Au moment où sa main quittait son front, un B1 l’informa que sa communication était ouverte. La commandante Irons se leva et salua son interlocutrice.
-Amirale Zan’nta. Commandante Aureliana Irons du Prédateur.
-Commandante. J’ai appris que votre vaisseau faisait route vers le système Raxus. Que nous vaut cette visite ?
-Je suis attendue sur Raxus Prime, Amirale, et on m’a demandé de déposer à votre bord la Sergente June King, instructrice et bientôt en charge de l’établissement d’une académie militaire sur Raxus Secundus.
-Intéressant projet que j’ai pu effectivement évoquer avec madame la sous-préfete et son Conseiller. Vous dites que l’instructrice est Sergente ? Il est peu commun que l’on mette à ce genre de charges des sous-officiers.
-Vous constaterez de vous-même son efficacité, Amirale, je n’en doute pas. Nous vous contacterons une fois en orbite.
-Zan’nta, terminé.
Il était resté volontairement vague sur l’efficacité de June… La pauvre Sergente passait d’un extrême à l’autre sans même donner l’impression de fatiguer, et il devenait difficile de la cadrer. Mais peut-être était-ce là une qualité… Cette versatilité, cette imprévisibilité lui donnait la sensation qu’elle pouvait rapidement faire tourner la tête de n’importe quelle administration, n’importe quel organisme, s’y infiltrer sans aucun souci. C’était une piste à envisager. Après tout, le Prédateur disposait de quantité de chambres qui ne demandaient qu’à être occupées. Et sa mission requérait des talents différents, issus de tous horizons. Il ne pouvait pas nier que si on occultait son côté socialement étrange, June était efficace et douée, même si elle stagnait à ce poste de Sergent sans réelle explication autre que son incapacité à s’exprimer clairement.
Il en aurait le coeur net de lui-même. Il verrait bien ce dont elle était capable réellement dans le simulateur. Si elle n’avait pas conscience de sa présence, elle pourrait donner la pleine mesure de ses talents. Se relevant, il se demande si il ne devrait pas mettre sa tenue d’opération, au cas où. Mais il chassa vite cette idée. Il se devait de rester Aureliana Irons.***
Le Sergent Tregar s’esclaffa en entendant les réponses de sa collègue. Elle n’avait pas du tout mis la discussion sur le même pied que lui, mais il s’en fichait comme de son premier uniforme. C’était amusant de la voir évoquer Gladmoore à demi-mot. Comme beaucoup, elle devait éprouver de l’admiration pour elle, et il y avait de quoi. De toute façon, l’influence de la Lieutenante se voyait dans toutes les recrues qu’elle formait. C’était du genre expéditif, efficace, et ça restait fermement ancré dans les têtes et les muscles… Sauf que la belle apparence de June s’effilocha alors qu’elle poussa un cri de terreur devant un B1 qui venait d’apparaître dans son champ de vision. La scène aurait été amusante si elle n’avait pas été déplorable ou pathétique…
Néanmoins, il s’abstint de tout commentaire. L’instabilité de June l’aurait sans doute mal perçu et il ne voulait pas la mettre de travers, qui sait ce qu’elle aurait fait au premier B1 qu’elle croiserait ensuite ? Il lui fit un simple geste de la main pour l’inciter à le suivre, la guidant à travers quelques coursives vers les entrailles du vaisseau en lui détaillant rapidement quelques fonctions primaires du vaisseau. Là l’holocom général, ici la baie médicale, là-bas encore les salles de communication, bref, il lui faisait une partie de la visite.
-Raxus Secundus, pour te décrire… C’est une planète agricole, pas bien habitée, avec une géographie assez banale. Quelques îles principales, un climat tempéré et une sorte de respect de la nature ancré dans leur quotidien. Quand la sécession a eu lieu, c’est là-bas que le Sénat confédéré s’est établi, disparu depuis. Globalement, c’est plutôt un coin paumé en dehors du système politique principal, mais ça a changé depuis qu’Osso est au pouvoir.
Il passa une carte magnétique dans une porte et laissa June entrer.
-La nouvelle sous-préfète a succédé à un vieux Gossam du nom de Dae’mid, et elle a pris plein front les Xeri Viginti, la noblesse locale, ainsi que les Conseillers, quand elle a commencé à changer des choses et à ouvrir le monde à l’extérieur. Faut comprendre qu’être dans l’ombre de Raxus Prime, ça leur allait bien, et que là, a priori, elle veut faire de sa planète un axe majeur de la CSI. C’est pour ça qu’on t’y envoie, selon toute vraisemblance. Pour garder un pied sur le coin, un œil sur l’activité, et les orienter vers quelque chose qui est bénéfique pour la Confédération.
Il se positionna devant une impressionnante console qui était encadrée de quatre plate-formes qui semblaient servir de réceptacle pour un sujet.
-Voilà le simulateur. Sans rentrer dans les détails, je t’équipe de deux brassards et d’une casque de réalité virtuelle qui te permettront de simuler l’arme, les conditions, les missions, tout ce que tu veux. Dis-moi juste ce dont t’as envie, et je te paramètre ça. -
Post n°12
Auteur : June KingReprenant le contrôle de ses émotions après les différents évènements précédents et la terrible frayeur qu'elle venait de subir il y a peu - par la faute d'un droïde B1 sortant de nulle part en la surprenant effroyablement - : June suivit le sergent Tregar, qui semblait avoir accepté la demande de la petite lorrdienne afin qu'elle puisse essayer le simulateur d'entraînement qui était à bord du Prédateur. Emboîtant le pas en marchant de façon protocolaire à ses côtés, il lui fit par la même occasion, la visite presque complète et totale de la corvette corellienne en expliquant avec détails ce que donnaient les diverses portes qu'ils rencontrèrent durant leur parcours. Écoutant avec attention ce que disait son confrère ; June enregistra les nombreux lieux dans un coin de sa tête. Cela pouvait sans doute lui être utile par la suite et ne plus se perdre en recherchant ses appartements. Avançant en découvrant petit à petit la complexité du vaisseau, l'excursion prit fin lorsqu'ils arrivèrent devant l'entrée de la salle de simulation. Les portes imposantes ne pouvaient s'ouvrir qu'à l'aide d'une carte magnétique à faire glisser dans une fente se trouvant sur l'une d'elles. Aucun code, aucune clef, aucun mot de passe, seulement une carte que seuls les membres autorisés possédaient, du moins, ce qu'en conclut rapidement June en voyant le sergent en utiliser une pour les ouvrir. En insérant la carte : le sergent Tregar expliqua rapidement la situation politique de Raxus Secundus, une ancienne guerre, son climat, une coutume bien étrange qui se voulait être respectueuse de la nature ainsi que la nouvelle personnalité politique en place actuellement, une dénommée Leiel Osso. Bien évidemment June avait déjà entendu ce nom et savait qu'elle était sous-préfète, sans oublier le pourquoi de sa venue, mais l'entendre de nouveau faisait bizarre.
Ne faisait aucune remarque ou commentaire à ses explications en se contenant uniquement d'écouter avec sérieux : June pénétra dans la salle de simulation au moment où les portes s'ouvrirent. La pièce était impressionnante, elle semblait presque plus grande que l'intégralité du vaisseau. Plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur, voilà bien une curieuse impression. Réceptionnant correctement le casque et les deux brassards que lui tendait le sergent qui terminait son explication sur Raxus ; la petite lorrdienne regarda un instant l'objet principal de cette : le casque. Il ressemblait comme deux goûts d'eau à celui qu'elle avait utilisé durant sa formation sur Géonosis, lorsqu'elle dut subir le terrible entraînement de la lieutenante Gladmoore. Rien que d'y repenser, cela lui provoqua un immense frisson qui lui parcourut tout le corps. Même les brèves explications sur le fonctionnement de la simulation donnaient par le sergent ressemblaient, à s'y méprendre, à la technologie qu'elle avait utilisée auparavant. Mais trop curieuse et surtout excité à l'idée de changer de paysage, même virtuel, June mit le casque sans attendre et le sergent Tregar lui équipa les brassards.
"Bienvenue"
Voilà le court message qui s'affichait quand le casque et la simulation venaient de s'allumer. Tournant la tête pour regarder autour d'elle après le petit son de démarrage lorsque le message apparut, elle ne vit que du noir et le message ne bougeait pas de son emplacement - devant revenir en face et du bon côté pour le revoir.
« — Je- douta-t-elle un instant. Je ne sais pas trop, hésita-t-elle, ne sachant pas vraiment quoi vouloir. Y a-t-il une mission préprogrammée pour tireur d'élite ? questionna-t-elle ensuite. »
...
Aussitôt demandé aussitôt fait ! Alors qu'elle venait de questionner le sergent afin de savoir si une mission pour tireur d'élite était déjà préprogrammée : voilà qu'elle se retrouvait soudainement en pleine nuit, perchée sur un toit d'un haut building d'une mégapole lumineuse aux nombreux néons couvrant les surfaces des rues surpeuplées... Coruscant, ou bien une planète identique ? La pluie frappait son visage, elle était vêtue d'une combinaison tactique noire. Elle tenait un fusil sniper MK dans les mains et avec un blaster A-180 accroché à la ceinture. La simulation était tout bonnement incroyable, toutes les matières n'avaient pas le même touché, les odeurs étaient nombreuses et provenaient de divers recoins, la température était plus chaude que celle à bord du vaisseau et les bruits environnants donnaient l'illusion parfaite d'être ailleurs. Le casque de simulation était puissant et projetait de fausses informations au cerveau qui croyait être réelles. Si bien que si l'utilisateur venait à être blessé, le cerveau pouvait reproduire la blessure via une douleur à l'identique... voire même la mort. Mais ce mode avait-il été activé ? Dans tous les cas, il valait mieux éviter de retirer brusquement le casque lorsque la simulation était en cours, car le choc pouvait entraîner une perte de conscience.
Sous la pluie, June entendit une petite voix qui lui parlait depuis son oreille droite, sans doute possédait-elle une oreillette pour faciliter la mission. Les informations divulguées étaient de tuer un préfet séparatiste se trouvant chez un puissant sénateur républicain. Un dîner professionnel aux premiers regards, mais il fallait assuré la protection de la Confédération en éliminant se préfet qui avait, d'après des informations confidentiels, trahi son camp. La petite voix expliqua ensuite qu'elle pouvait identifier sa cible via l'holocom, qu'elle avait en sa possession, et qu'il devait se trouvait dans l'un des appartements luxueux du building lui faisant face. Sortant l'holocom de sa poche, ce dernier projeta le portrait du préfet ainsi que diverses informations écrites en Basic en dessous. Un humain d'apparence normal à ceci prêt qu'il avait une cicatrice sous l'oeil gauche. Enregistrant le visage de sa cible dans un coin de sa tête, elle se positionna correctement pour entrer en action. Ventre au sol ; jambes légèrement écartées pour plus de stabilité ; fusil installé en face d'elle et sa crosse collée à son épaule gauche. Ne relevant pas les caches de la lunette du fusil, elle regarda par ses propres yeux les nombreux étages. Il y avait énormément de fenêtres et de balcons, mais si le préfet se trouvait chez un sénateur, l'appartement devait forcément se trouvait des les derniers en haut. Et c'était le cas - heureusement que le toit sur lequel elle se trouvait offrait un visuel parfait sur l'appartement du sénateur. June positionna son oeil gauche dans la lunette du sniper et releva le clapet de l'autre côté. La chasse venait d'être ouverte. Observant l'appartement de gauche à droite, June repéra rapidement le sénateur républicain et le traître en train de dîner, comme deux vieux amis le feraient. Mais une chose interpella tout de suite la petite lorrdienne : le préfet, bien que d'apparences joyeuses, semblait mal à l'aise dans ses micro-expressions faciales - quasi impossible à lire pour un humain normal -, laissant comprendre qu'il était plus là par obligation que par volonté. Était-il sous menace ? Devait-elle l'abattre maintenant qu'elle avait vu ça ? La simulation était particulièrement bien programmée : les micro-expressions sur le visage du préfet ne pouvaient être l'oeuvre que d'un proche-humain lorrdien, ou d'une autre espèce capable de reconnaître et de lire ces choses qui étaient quasi invisibles pour la plupart.
L'objectif était d'éliminer le préfet qui avait trahi la Confédération, mais cela paraissait bien trop facile de par la cible qui était statique et semblait attendre gentillement la mort, mais surtout par ses micro-expressions qui relevaient d'une nervosité masquée. Non, la cible savait qu'elle allait mourir, mais elle ne savait pas quand, ni où, ni comment, mais elle connaissait son avenir. Était-ce là, la première option ? Mais s'il y avait d'autres options cachées, June ne les connaissait pas et le choix avait été pris. Collant parfaitement la crosse du fusil contre son épaule gauche ; plaçant l'index de sa main droite sur la queue de détente ; le souffle se faisait lent et l'expiration long ; les plus infimes tremblements s'estompèrent et bientôt le bruit si spécifique du fusil à lunette allait résonner en écho à travers les rues... Mais elle dut annuler son élimination lorsqu'une garde républicaine fit interruption dans l'appartement en prenant en joug le préfet et le sénateur. Que venaient-ils faire là ?
De l'autre côté du casque, dans la salle de simulation, le temps pouvait paraître long pour ceux qui attendaient. June ne bougeait absolument pas de sa place depuis le début et aucun bruit ne s'échappait d'elle, contrastant avec la catastrophe qu'elle était en dehors du travail ou des missions. Comme-ci elle se fondait dans le décor alors même qu'il n'y avait rien autour.
Dans la simulation, un militaire à l'uniforme sombre avait pris place à la table du sénateur et semblait imposer une pression monstre au préfet - qui ne savait plus où poser son regard. Jonglant entre les différents protagonistes, la sniper porta finalement sa mire sur la cible initiale, mais... avant même qu'elle ne puisse abattre sa cible, elle repéra le nouvel invité qui sortit discrètement une arme de sous la table pour éliminer le préfet. La mission stipulait que seule elle devait le tuer. Comprenant ce qu'il allait se passer si elle ne faisait rien, June porta sa mire sur l'arrière de la tête du militaire à l'uniforme sombre ; prit une inspiration rapide ; bloqua cette dernière et appuya sur le chien du fusil. Le militaire venait d'être tué sur le coup et plongea sans aucune retenue sa tête sur la table avec violence à cause du tir. Les nerfs du militaire se contractèrent à ce même instant et un coup de blaster toucha la jambe du préfet - qui s'écroula au sol sous la douleur. Après cette scène qui se passa en seulement deux ou trois secondes, les deux gardes républicains paniquèrent en croyant à une trahison de la part du sénateur et ils l'éliminèrent en tirant chacun leur tour dessus avant de se mettre à couvert... laissant le corps du sénateur sur la chaise se vider de son sang, les bras pendants dans le vide et la tête penchée en arrière. Mais il fallait faire vite, le préfet séparatiste était toujours vivant et les gardes allaient finir le travail à sa place. Ne se déconcentrant pas, elle reprit une longue inspiration, bloqua son souffle et élimina les deux gardes en leur tirant dans la tête, avant d'expirer doucement - et ce dans un calme à toute épreuve.
"Félicitation !"
...
« — Tss, claqua-t-elle, c'était nul, commenta-t-elle en exprimant sa déception. »
Alors que la jeune sergente pensait que la mission n'était pas finie et qu'elle devait encore éliminer le préfet, la simulation venait de se terminer brusquement en la replongeant dans le noir absolu avec un immense message la félicitant, accompagné d'un petit texte expliquant que grâce à ses agissements le préfet put être capturé au lieu d'être tuer. Sa décision avait assuré la pérennité de la Confédération. Retirant le casque seulement après que la simulation se soit éteinte pour éviter tout choc ou dommage cérébral, June resta perplexe sur ce qu'elle venait de faire. La mission, si elle pouvait l'appeler comme ça, n'était pas ce qu'elle imaginait et encore moins ce qu'elle espérait. La déception était immense malgré un succès parfait et une précision record. Mais elle reconnut tout de même que la simulation s'était grandement améliorée, depuis la dernière fois qu'elle l'avait utilisé. S'approchant du sergent Tregar en lui remettant le casque et les brassards, June se dépoussiéra avant de redresser ses vêtements en tirant d'un geste vif sur leurs extrémités. Se retrouver au sol alors que son uniforme était neuf et propre ne lui plaisait guère. Se raclant la gorge en adoptant une posture dominante en joignant ses mains derrière le dos - correctement redressé -, elle remercia le sergent :
« — Merci pour cet- marqua-t-elle un rapide arrêt avant de reprendre, cet entraînement qui eu le mérite de me faire oublier quelques instants l'enfer dans lequel je me trouv- s'arrêta-t-elle brusquement en ayant un hoquet de surprise en regardant avec de gros yeux le sergent. Je voulais dire ce long voyage, tenta-t-elle de se reprendre en rougissant comme une tomate. »
Sa véritable personnalité et sa façon de parler avaient repris le dessus un court instant et elle laissa échapper, de par ses mots, ce qu'elle pensait réellement de tout ce qui l'entourait. Un enfer, un cauchemar éveillé. Se savoir au milieu d'une armée de droïde dans un vaisseau en plein milieu de l'espace n'était pas la chose qu'elle désirait le plus. Allait-il s'énerve par ce qu'elle venait de dire ? Pour limiter la case, elle reprit la parole :
« — Si cela ne vous dérange pas j'aimerais continuer la visite, dit-elle sans vraiment réfléchir, toujours honteuse et en souhaitant qu'il oublie tout ce qu'il venait de se passer en marchant vers la sortie. » -
Post n°13
Auteur : Atreïs HelcarLa porte s’ouvrit sur le visage impassible d’Aureliana Irons qui laissa June lui rentrer dedans si elle ne faisait pas attention. Campée sur ses appuis, bras croisés dans le dos, muscles tendus, elle ne s’attendait certes pas à un boulet de canon lorrdien, mais ses réflexes restaient affûtés, même dans l’espace et à bord d’un vaisseau à gravité artificielle. Ses cheveux roux peignés vers l’avant étaient impeccables, de même que sa peau blanche qui trahissait malgré tout quelques cicatrices anciennes. Son uniforme, à l’aune de sa coiffure, était sans pli, montrant là son niveau de privilège en plus du reste. Pour la commandante, point de décorations ni d’ornements, simplement cette tenue d’un brun sombre qui rappelait qu’elle était en mission, et non en représentation. Son regard noir se posa sur la Sergente pendant de longues secondes. Elle semblait toujours aussi pressée, et était suivie de loin par Tregar qui était goguenard et se retenait manifestement de rire, datapad à la main.
-Les résultats, Sergent ?
-Trois tirs, trois coups au but, Commandante. Sous la pluie, avec des bourrasques et dans la nuit, dans la simulation correllienne. Conformément aux instructions, j’avais réglé la difficulté sur maximale.
Le Gurlanin tendit la main pour récupérer le datapad, sans montrer d’émotions. Son IA lui indiquait que la probabilité de réussite de June à cette épreuve était élevée, il ne fut donc pas surpris de constater le résultat s’afficher. Si la simulation affichait un taux d’échec aussi important, c’était car il fallait faire usage de psychologie pour comprendre qu’il ne fallait pas tuer le préfet. Une considération que les jeunes agents oubliaient trop souvent, et que les anciens ne prenaient parfois pas en compte. C’était le défaut de ces simulations : elles ne remplaceraient jamais un réel briefing qui permettrait de poser les questions nécessaires à la compréhension d’une mission aussi importante. Atréïs reporta son regard sur la jeune sniper et l’observa un instant. Ses capacités étaient innées et faisaient d’elle un atout très précieux pour la CSI… Et pour le vaisseau.
-Pouvez-vous m’expliquer ce qui vous a poussée à ne pas appuyer sur la détente, Sergent ? C’est une erreur commune dans ce scénario.
Il attendit sa réponse, tranquillement, tout en rendant l’ordinateur de poche à son subordonné, remettant les mains dans le dos. Il était curieux de voir quelle partie de June l’emporterait : la professionnelle ou la jeune fille ?
-Sergent Tregar, configurez le simulateur sur Péragus, je vous prie. Puis, nous nous retrouverons au mess. Sergent King, suivez-moi.
Péragus était sans doute la mission la plus compliquée du simulateur, il s’agissait de défendre une raffinerie de carburant seul face à une horde de pirates de l’espace, armés jusqu’aux dents et disposant d’un large avantage numérique et tactique, poussant le soldat jusque dans ses retranchements. Atréïs ne l’avait encore jamais essayée, mais il comptait bien triompher de cette épreuve-ci, comme il le ferait des autres. Seulement, il n’aurait pas le loisir de le faire quand il le voudrait, puisqu’il devait composer avec June, ses humeurs et son étrange comportement. Sans attendre de réponse de la part de sa formatrice et subordonnée, il prit la route à nouveau, la guidant dans les coursives.
-Vos résultats au simulateur m’ont prouvé ce que je pensais depuis le départ, Sergent. Vous n’avez absolument pas l’étoffe d’un simple soldat de l’armée régulière. Vous pensez différemment, vous agissez selon des préceptes que vous semblez seule à maîtriser, et vous vous engoncez dans un rôle qui n’est pas le vôtre.
Il finit par se stopper et par toiser June. Son regard noir pouvait le trahir, désormais, car si son apparence toute entière était différente, ses yeux étaient le reflet de son âme et affichaient à la fois une profonde confiance et une farouche détermination. Les mêmes qu’il affichait en tant que recrue, les mêmes qu’il avait eu face à la sous-préfète, à son assistante, face à tout le monde. Mais pour s’en rendre compte, il faudrait le connaître parfaitement, ou être un maître de la description des visages. Il reprit la parole après quelques secondes.
-Vous pouvez rester formatrice, formatrice en chef si vous le désirez. Ce serait à mes yeux la perte d’un talent considérable qui serait bien plus utile entre les mains de ceux qui s’en rendent compte. Le Lieutenant Gladmoore ne tarit pas d’éloges à votre égard, et je sais de source sûre que sa dureté n’a d’égale que sa détermination à voir la personne visée progresser.
Il se détourna sans attendre de réponse pour la guider vers le mess. Celui-ci était d’une taille respectable, mais vide, puisque les organiques n’étaient que quatre à bord. Cela n’empêcha pas Atréïs de prendre la table du milieu et d’inviter la Lorrdienne à s’asseoir en face de lui, alors que Naavis et Tregar les rejoignaient.
-Pour être parfaitement claire, Sergent, je n’ai pas l’intention de m’attarder sur Raxus Secundus, pas plus que sur Raxus Prime. En revanche, je sais que j’ai besoin d’hommes et de femmes de confiance, différents et pensant différemment, pour m’aider à la fois dans ma mission et dans mes tâches. Je sais que la proposition est soudaine, mais je fonctionne à l’instinct pour ce genre de choses. Acceptez-vous d’être le troisième membre de cette escouade d’élite ? -
Post n°14
Auteur : June KingHonteuse, c'était ainsi que June se sentait à cet instant précis, après avoir parlé de manière décontractée et presque trop familière au sergent. Pourquoi venait-elle de se trahir si facilement alors qu'elle ne le connaissait pas ? Malgré la bonne aura émanant de ce Besalisk, une immense gêne l'envahissait, comme si elle s'était laissée piéger dans sa toile en soie amicale. Fuyant à toute vitesse, elle s'échappa rapidement de la salle de simulation, incapable de masquer son rougissement de honte et se précipitant tête baissée en direction des portes de sortie, où elle évita de justesse la commandante Irons qui se tenait devant elle. Heureusement, elle parvint à l'esquiver à la dernière seconde - comment aurait-elle réagi si le contraire s'était passé ? Mais une question la tarauda : depuis quand était-elle là ? Surprise par sa présence qu'elle n'avait pas détectée, June se mit à saluer de la bonne main, avant rectifier cela à mi-chemin en relevant la mauvaise lorsqu'elle s'était rendu compte de son erreur... qui n'en était pas un. Au garde-à-vous, droit comme un i face à sa supérieure qui la dévisageait d'un regard noir ; la petite sergente commença à se demander si elle avait commis une erreur pendant la simulation, ou peut-être avant... ou si la commandante était au courant de ce qu'elle avait dit au sergent en critiquant le vaisseau et l'enfer dans lequel elle se trouvait ? Rien ne lui échappait, car la commandante était connectée à tout sur le vaisseau. Les implants pouvaient être fascinants, mais terriblement dangereux pour ceux qui les abusaient. Et pour couronner le tout, le sergent Tregar était suspicieux, ce dernier semblait amusé par la situation dans laquelle la pauvre lorrdienne était.
Mais les deux coéquipiers étaient passés à autre chose et la commandante réclamait les résultats de la simulation. Était-ce un piège dans lequel elle était tombée ? La simulation était-elle une sorte d'épreuve pour pouvoir rester à bord du vaisseau, ou peut-être une sorte de punition pour avoir frappé l'un des droïdes B1 plus tôt ? Tout ceci était étrange et June ne savait pas comment réagir. Elle se contentait simplement de rester debout, droite, les mains jointes dans le dos à attendre un ordre ou une quelconque libération. Alors que le sergent expliquait à sa supérieure que la simulation était réglée sur la difficulté maximale, un silence pesant s'installa lorsque la commandante examina attentivement le rapport détaillé affiché sur le datapad. Curieusement, bien que la commandante fût impressionnante à cet instant, June ressentait une étrange sensation de déjà-vu et de sympathie envers elle. Plissant légèrement ses yeux, elle scruta les moindres petits détails et indices qui pourraient révéler la véritable identité qui se cachait derrière cette enveloppe organique. Les lorrdiens, bien avant d'enregistrer l'extérieur d'une personne, scannaient en priorité leur âme, leur être profond. C'était pour cela qu'ils étaient silencieux dans ces moments - et semblant fusionner avec la Force qui les accompagnait dans l'ombre.
Mais la séance d'analyse prit vite fin quand la commandante posa une question absurde, pour ne pas dire ridicule, et laissa bouche bée la sergente.
« — Commandante, cela relève de la logique pure, souligna-t-elle. Le rôle principal d'un sniper et d'observer et d'analyser la situation avant de tirer pour tuer, pour moi tout était louche dans ce scénario. La cible était chez un sénateur républicain, certainement sur une planète républicaine, sur le papier un simple rendez-vous et diner professionnel. Mais la chose importante était que le préfet affichait des expressions de peur et avait le regard fuyant, , expliqua la jeune lorrdienne en regardant la commandante d'un air interrogatif. Il était plus que sûr que cela était un piège tendu par le sénateur pour tuer le préfet. Et certainement que le sénateur avait payé des soldats pour faire le sale boulot à sa place et un gradé pour assurer sa protection ou témoigner de son innocence, dit-elle en étant décontractée et sûre de ses propos. Dans la simulation, je ne remets pas en cause sa trahison, mais il était clair qu'il fallait capturer le préfet pour en tirer un maximum d'information et savoir ce qu'il avait vendu à la République ou pour contrer une possible attaque ou sabotage, conclut-elle sans le moindre doute. »
Apparemment, la commandante avait d'autres plans en tête que de répondre à la petite lorrdienne. Elle demanda au sergent Tregar de configurer le simulateur pour Péragus, une mission qu'elle prévoyait probablement de réaliser lors de sa prochaine séance d'entraînement dans cette salle. Cependant, ce n'était pas l'heure pour s'amuser ou de s'entraîner. Ordonnant à la jeune instructrice de la suivre, elles se dirigèrent ensemble vers la cantine du vaisseau, où un repas allait être servi. Le temps avait filé à toute vitesse et en heure géonosienne, il était déjà le soir et l'heure de dîner. Mais à travers les couloirs de la corvette corellienne, la commandante semblait vouloir annoncer quelque chose sous une forme de métaphore, ou d'encouragement déguisés. Elle ne voulait pas avouer totalement sa déception de voir la petite lorrdienne stagner au même rang et rester dans un rôle qui n'était pas faite pour son talent.
Se retournant brusquement à la suite de sa petite explication et plongeant ses yeux dans ceux de la sergente-instructrice, elle semblait vouloir annoncer autre chose... ou sans doute attendait-elle une réaction de sa part ? Pour June, il était clair qu'elle attendait une réponse, une réaction, un réveil. Ses yeux noirs semblaient essayer de percer son âme pour toucher la sienne. Le reflet des lumières dans ses yeux révélait toute la détermination et la colère qui émanaient d'elle. Il était évident qu'elle lui laissait une immense ouverture pour lire en elle. La petite lorrdienne fut surprise par le comportement de la commande dans un premier temps, puis commença à froncer des sourcils. C'était sûr maintenant, elle connaissait cette commandante. Elle connaissait ses yeux. Elle connaissait se regard. Elle connaissait cette détermination. Mais qui ? Où l'avait-elle rencontrée ? Pourquoi cette impression de la connaître ? Difficile d'associer un nom ou un visage sur une personne qui était oubliable, puisque impossible de s'en souvenir. Manifestement, même les lorrdiens pouvaient oublier certaines choses. Ainsi, après cet ultime détail qui mettait en évidence la fierté avec laquelle sa protectrice vantait ses talents, elles se dirigèrent vers la cantine et prirent place à l'une des tables. June ressentait une étrange impression qu'il y avait quelque chose de suspect derrière toutes ses belles paroles. Pourquoi tout semblait s'accélérer soudainement ? Alors que le sergent Tregar et la caporale Naavis se joignirent à la table, la commandante fit une proposition qui laissa June sans voix et qui provoqua chez elle un hoquet de surprise !
« — Je... que... enfin... le... ne parvenait-elle à trouver ses mots. »
Regardant dans tous les sens et posant ses yeux successivement sur la caporale et le sergent avant de les ramener vers la commandante, June était totalement désemparée. Les pupilles de ses yeux se mirent à briller, telles celles d'un oiseau illuminé dans l'obscurité - révélant ce trait caractéristique si visible pour tous. Que devait-elle répondre à cette proposition ? Alors que les droïdes apportaient les plateaux de nourriture et les déposaient devant chaque personne, June n'y prêta aucunement attention, trop surprise par cette demande soudaine. Devait-elle abandonner sa mission principale ? Que dirait-elle à la lieutenante si elle acceptait cette proposition et quittait l'équipe de formateurs ? En regardant son assiette remplie d'aliments délicieusement cuisinés, June ne ressentit nullement la faim devant ces parfums appétissantes. Non, le doute et l'incertitude l'envahissaient trop. S'excusant en se levant et en se dirigeant vers ses appartements sans prêter la moindre attention aux nombreux droïdes B1 présents, June commença à faire les cent pas devant le lit. S'asseyant finalement sur le lit, posant ses coudes sur ses genoux et plongeant sa tête dans ses mains, June était prise au dépourvu. C'était une situation inattendue. Avait-elle encore échoué en tant que formatrice et devait-elle subir une nouvelle punition en étant entourée de droïdes B1 cette fois-ci ? Fouillant son petit sac personnel pour en sortir son holocommunicateur, elle appela instinctivement la lieutenante en lui exposant ce qu'il venait de ce passer et de se dire.
« — Soldate King ! s'exclama la lieutenant d'un ton sec et froid qui réveilla la sergente. Vous me décevez énormément. Combien de temps allez-vous rester dans mes jambes ? demanda-t-elle en reprenant le ton qu'elle utilisait quand elle était encore une simple recrue. Il est évident que vous devez remplir à bien votre mission, mais je ne vous vois pas progresser et rester au même rang indéfiniment. Vous possédez des qualités rares parmi les soldats et vous méritez amplement de gravir les échelons, voire de me surpasser, expliqua-t-elle en soupirant légèrement. Cependant, vous ne semblez pas vous en rendre compte et vous vous complaisez dans votre confort personnel et votre petite routine habituelle, poursuit-elle en faisant allusion à sa carrière de formatrice. J'aurais dû vous libérer plus tôt, vous vous êtes ramollie, regretta-t-elle. Il est évident que je ne vous ais pas envoyé sur le Prédateur pour y faire qu'un simple voyage, saisissez les opportunités qui se présentent à vous et allez de l'avant. Regardez la commandante, elle a su évoluer bien plus que vous, bien qu'elle soit arrivée après vous, dit-elle en regardant sa protégée dans les yeux. La prochaine fois que je vous verrai, j'exige que vous déteniez le plus haut grade militaire de l'armée confédérée. En attendant, je vous interdis de me contacter ou de revenir me voir, conclut-elle en mettant fin à la communication. »
Avant que l'hologramme ne s'éteigne, June ressentit la colère et la tristesse de la lieutenante. Voir un membre de son groupe de formateurs partir était déchirant, mais c'était nécessaire pour permettre à sa protégée de progresser et d'avancer en grade. Il était évident que June venait de se faire réprimander pour ne pas avoir saisi l'opportunité que la commandante lui avait offerte et pour avoir fui par peur du changement. Elle en était maintenant consciente. Un sourire se dessina sur son visage en repensant à la dernière phrase de la lieutenante, l'interdisant de la contacter avant d'atteindre le grade de général. June éclata de rire. Elle avait visé haut, peut-être trop haut. Mais cela pouvait être une source de motivation et un objectif intéressant. Finissant de rire, ses yeux étaient pétillants et une nouvelle motivation se lisait dans son regard. Elle se releva presque d'un bond du lit, se tapant les joues pour se ressaisir, puis quitta sa chambre en se dirigeant vers la cantine. Cependant, elle constata qu'il n'y avait plus personne. Elle comprit que les autres avaient déjà fini de manger et décida de se rendre dans ses quartiers. Elle salua joyeusement les droïdes B1 qu'elle croisa en chemin, ainsi que la caporale Naavis. Arrivant devant les portes des appartements de la commandante, June sonna à la porte qui, curieusement, s'ouvrit rapidement. Entrant en saluant de la mauvaise main sa supérieure, June prit la parole sans regarder ou analyser les quartiers :
« — commandante, je tiens à vous présenter mes excuses pour tout à l'heure, la surprise de vos mots ne m'a pas laisser indifférente, dit-elle en se tenant bien droite. Aussi, je viens personnellement à votre rencontre pour vous répondre favorablement. Si l'offre tient toujours... répondit-elle en regardant la commandante. » -
Post n°15
Auteur : Atreïs HelcarLes trois compères regardèrent June se lever, saluer et partir. Aucun d’eux ne fit de commentaire jusqu’à sa sortie de la salle, notamment Atréïs qui revint à son plateau-repas comme si l’événement n’avait absolument aucune importance. Contrairement aux rations de l’armée, les mets, quoique simples, étaient plutôt bons et bien travaillés, un réconfort lorsqu’on passait tant de temps dans l’espace et entre deux missions. De leur côté, Naavis et Tregar se regardèrent, confus malgré tout. La proposition était restée lettre morte, et le Gurlanin ne semblait pas s’en émouvoir plus que cela. Au contraire, il en était parfaitement détaché. Bluffant. Ou bien était-ce une façade ? En réalité, il se revoyait simplement plusieurs mois en arrière, à devoir répondre au même type de proposition avancée par la Générale Suprême Valkoinen. Il n’avait pas été plus loquace à cet instant, ni plus efficace, se contentant de bégayer bêtement alors que sa supérieure n’attendait qu’un accord, ou un refus.
-Commandante ?
-Caporale ?
-Vous… vous n’allez rien faire par rapport à la Sergente ? Elle avait l’air sacrément déboussolée.
Le Gurlanin sourit en mangeant à la remarque de la Zabrak. Il était vrai que elle et Tregar n’avaient pas eu ce genre de remords ni de réflexions à la proposition. Il était vrai aussi que leur situation n’était pas comparable à celle de June, qui était aussi perdue qu’avait pu l’être Atréïs. Loin des siens, de ses attaches… C’était compréhensible de se retrouver dans cet état psychologique.
-Mettez-vous à sa place. Elle est à bord d’un vaisseau qu’elle ne supporte que difficilement, quitte un confort à peine établi sur Géonosis pour une planète à l’autre bout de la Galaxie, et il est même probable qu’elle se sente épiée de toutes parts. Donc non, je ne vais rien faire. Libre à elle d’accepter ou non.
-C’était le plan depuis le début ?
-Non. C’est quand je l’ai vue passer une heure, immobile, dans le simulateur, que l’idée a fait son chemin. Ajoutez à ça que je la connais en tant que formatrice, que c’est une Lorrdienne et que Gladmoore la tient en haute estime, et vous obtenez un profil efficace et appréciable.
La Zabrak hocha de la tête, revenant à son repas, de la même manière que ses supérieurs. L’attitude de June semblait avoir jeté un froid sur le trio qui ne savait plus vraiment comment prendre la situation, en particulier les deux sous-officiers qui malgré l’explication, restaient abasourdis par la réaction, ou l’absence de réaction, de leur commandant. Sans doute qu’à ses débuts, il aurait vociféré, râlé après la jeune femme pour son impudence et son incapacité à se conduire en sous-officier de l’armée séparatiste, mais ces mois au SIS avaient forgé un Atréïs nouveau, nettement plus calme, et encore plus depuis qu’il avait subi l’attaque. Son cerveau ne s’affolait plus, désormais, recoupant tout ce qui était à disposition.
-Je vous laisse quartier libre, tous les deux. Demain, sur le pont, sept heures, heure géonosienne.
Le Besalisk et la Zabrak saluèrent le Gurlanin qui se leva de table. Lui aussi avait besoin d’un peu d’action, et il se dirigea vers le simulateur. La mission de Péragus déjà configurée lui laissait cette possibilité, et il comptait bien l’exploiter. Il configura deux blasters pour lui ainsi que sa tenue de combat habituelle et se lança immédiatement dans le feu de l’action. Celle-ci commençait alors que toutes les alarmes de la base sonnaient. Lancé seul dans le bain, le commandant n’avait pas d’alliés et une myriade de pirates à affronter. Immédiatement, il se lança sur les différents ordinateurs pour prendre connaissance de la situation. Tourelles externes désactivées, il faudrait aller jusqu’aux panneaux de sécurité pour les relancer. Illusoire, dans sa situation. Le hangar principal était déjà accosté, et c’était un suicide que de se lancer au milieu de la mêlée ainsi. Pour ne rien arranger, un groupe semblait bien parti pour ouvrir une porte extérieure et se lancer à l’assaut de la base. Il commencerait par là.
Téléchargeant les plans de la simulation dans son IA, celle-ci lui transmit le chemin le plus court jusqu’à son objectif, une lourde porte blindée qui finissait un long couloir légèrement descendant. Les derniers loquets étaient déjà sur le point de céder sous l’effet des fers à souder, alors que la voix automatisée dans la base hurlait que les systèmes de survie étaient sur le point de tomber. C’était parfait, ça rajouterait de la confusion. C’était ainsi qu’il se plaisait, dans le chaos du combat. Plus c’était désorganisé, mieux il s’en sortait. Instinctivement, il ordonna à son IA de passer outre les sécurités de la base pour se donner les accès aux commandes primaires. Mais en attendant…
La porte céda, sous les cris de gloire des pirates qui s’engouffrèrent immédiatement dans la brèche, pour être reçus par une pluie de balles issue des blasters du Gurlanin qui ne se privait pas d’arroser, se sachant seul dans la simulation. C’était une bénédiction pour lui de pouvoir user de cette simulation à des fins cathartiques, écoutant les cris des pirates qui ne pouvaient finalement pas faire grand-chose, obligés de se mettre en file pour progresser. Rapidement, le calme revint sur la situation, alors que la première menace, la moins présente, était repoussée. Il eut à peine le temps de souffler que son IA lui indiqua qu’elle avait le contrôle sur la station. C’était ce qu’il attendait. Immédiatement, il coupa les lumières de la station, ses yeux lupins prenant le pas, alors qu’il se fondait dans sa forme primale pour se jeter à nouveau à l’assaut.
Le chaos était total parmi les pirates. C’était sans doute tricher, mais si Atréïs avait appris une chose, c’était qu’il était bien meilleur lorsqu’il pliait les règles à sa volonté. Se dirigeant droit vers le hangar, ce fut dans le noir complet, à plat ventre, presque littéralement, se jetant à l’assaut des pirates. Peu lui importait le résultat, à cet instant, il avait besoin de se délier les membres, de se défouler, et il ne fut pas déçu lorsque la simulation s’arrêta en lui indiquant son échec. Il s’en doutait, et il n’y accordait que peu d’importance. Tout ce qui lui importait était qu’il était ruisselant de transpiration lorsqu’il revient à la réalité, fourbu et épuisé. Exactement ce qu’il lui fallait pour passer une nuit reposante, sans rêves, comme il l’entendait. Reprenant sa forme de commandante, il retourna à ses quartiers pour se plonger sous une douche brûlante qui lui réchauffa à la fois le corps et l’esprit.
Bien entendu, ce fut à cet instant que l’on vint sonner à ses quartiers. Son IA l’informa que la Sergente revenait à la charge. Un sourire s’esquissa sur les lèvres du Gurlanin. Cela ne voulait dire qu’une seule chose. S’entourant à peine d’une serviette, il la rejoignit et s’aperçut rapidement qu’elle était troublée, ailleurs, puisqu’elle ne bafouilla à aucun moment, pas plus qu’elle ne chercha ses mots, ne posant ses yeux sur lui qu’à la fin de sa tirade. Encore ruisselant de l’eau de sa douche, la serviette posée sur ses épaules masquait sa maigre poitrine, mais pas le reste de son corps. Ses cheveux roux tirés en arrière et mouillés lui donnaient un air jeune et rebelle qui tranchait fortement avec ses yeux noirs.
-Je vois. Excuses acceptées, Sergente. Quant à la proposition, elle tient toujours, je ne suis pas du genre à changer d’avis.
Il prit la serviette autour de ses épaules et la noua à sa taille, regardant June droit dans les yeux.
-Cependant, il est nécessaire que vous sachiez quelques détails avant que nous nous lancions dans une pleine collaboration. Je pense que vous en avez compris une partie, déjà.
Il sourit et changea d’apparence, Atréïs Helcar revenant sur le devant de la scène, cette brune aux cheveux longs et à la mèche blanche qui avait posé tant de soucis à June lors de sa formation était de retour. La seule chose qui ne changea pas fut son regard, toujours le même, impénétrable.
-Je ne suis pas la Commandante Aureliana Irons. Ou plutôt, je le suis, et je suis en même temps Elfriede Vasburg, Lieutenant de Marine, Atréïs Helcar, agent du SIS, et surtout, je ne suis pas humain. Je ne suis même pas une femme.
A nouveau, il se fondit dans sa forme primaire, celle du grand loup noir, celle qu’il n’avait pas arboré depuis Utapau. Il semblait que ses yeux riaient désormais, pas moqueurs, juste joyeux.
-Je suis un Gurlanin. Un métamorphe. Je suis capable de revêtir quantité d’apparences et de personnalités, au gré de mes envies. Mais pour vous, Sergente, à bord de ce vaisseau, je resterai la Commandante Irons, votre supérieure hiérarchique. En dehors de l’espace public, j’attends de vous que vous restiez celle que vous êtes réellement. Je compte sur vos capacités d’observation, sur votre talent fusil au poing et sur votre esprit critique. Je compte sur vous pour pallier mes faiblesses.
Il redevint Irons à nouveau, se dirigeant vers sa penderie pour en sortir des vêtements simples qu’il passa pour masquer sa nudité. La commandante était loin d’être désagréable à regarder, encore fallait-il aimer les peaux pâles et abîmées par quelques combats. Puis, il se retourna à nouveau vers June.
-Si vous vous sentez capable de composer avec cette donnée, je vous explique ce pour quoi j’ai besoin de vous. J’ai été missionné par la Générale Suprême Valkoinen pour lever le voile sur ce qu’il s’est réellement passé sur Utapau voici quelques temps, et ce qui a mené à l’assassinat de l’administrateur Blaum. Evidemment, tout ce qui a trait à cette mission est strictement confidentiel, et je serai impitoyable avec celui qui me trahira, suis-je clair ?
Il plongea ses yeux noirs dans ceux de la Lorrdienne. Il ne souriait plus désormais, il était devenu extrêmement sérieux. La situation de la CSI était gravissime, et June s’apprêtait à le découvrir.
-Il se trouve que j’ai découvert que derrière cet assassinat se cache l’ombre d’un Consul désormais décédé, et si je n’ai aucune preuve de cela, j’ai de bonnes raisons de penser que mon informateur ne m’a pas menti. C’est pourquoi je me rends sur Prime. Récupérer des informations pour cette mission, qui est simple dans son énoncé : sauvegarder la CSI et faire s’abattre la justice sur ceux qui la menacent. Sommes-nous toujours d’accord, June ?
Il se dirigea vers elle et lui tendit une main. -
Post n°16
Auteur : June KingAlors qu'elle venait de terminer de donner sa réponse en répondant favorablement à la proposition de la commandante pour rejoindre son équipage et devenir la troisième membre officielle de son escouade, June fut confrontée à quelque chose qu'elle n'aurait jamais pu prévoir ou imaginer. La scène était simplement surréaliste et sa surprise fut immense - il était impossible de rester de marbre face à cela. La commandante Irons s'approcha de June pour l'accueillir comme il se devait, mais cette dernière resta bouche bée et les yeux grands ouverts en découvrant que sa supérieure était nue de la tête au pieds et seulement recouverte d'une simple serviette de bain. Elle venait visiblement de sortir de sa douche - ou d'y être interrompue. Face à une telle situation, la petite lorrdienne devint rouge comme une tomate et ses pupilles s'illuminèrent de surprise en reflétant la lumière, tout en continuant de fixer le corps qui se présentait face à elle,. Incapable de bouger le moindre petit doit, elle était comme hypnotisée par ce qu'elle voyait et avait du mal à écouter ce qu'elle lui répondait. Pourquoi la commandante n'avait-elle pas pris le temps de s'habiller ou même de mettre quelque chose comme un peignoir ? Bien sûr, la commandante était dans ses quartiers et pouvait faire ce qu'elle voulait, quand elle le voulait, même si cela signifiait de ne pas s'habiller de son uniforme. Mais pourquoi n'avait-elle pas au moins enfilé un vêtement avant d'accueillir la sergente ? D'autant plus qu'elle était connectée à tous les droïdes et à l'intégralité du vaisseau, elle savait donc que seuls les organiques devaient se rendre ici pour lui parler, sans passer par un comlink. N'avait-elle pas été prévenue de l'arrivée de June ?
Réussissant finalement à détourner le regard pour cesser de fixer avec insistance sa supérieure en s'excusant timidement pour son manque de réactivité et son observation prolongée sur son corps aux formes parfaites, la commandante disparut soudainement, se transformant en une toute autre personne. June n'en croyait pas ses yeux - une fois de plus - et ne parvenait pas à définir précisément ce qu'elle ressentait face à cela. Était-ce surprenant ? Incroyable ? Terrifiant ? Menaçant ? Tant de qualificatifs sans parvenir à en choisir un seul, tant sa stupéfaction était grande. Bouche bée une fois de plus, June changea rapidement d'attitude et fit un pas en arrière en réalisant quelque chose : pourquoi la commandante venait-elle de se transformer en Atréïs Helcar, l'une de ses anciennes recrues ? Sa méfiance envers cette copie la mettait en alerte, ses mouvements et sa posture se plaçaient automatiquement en position défensive. À chaque geste et à chaque parole, les nerfs de la jeune lorrdienne se tendaient et ses sourcils se fronçaient. Ce n'était ni la commandante, ni Atréïs, et encore moins cette lieutenante dont elle n'avait jamais entendu parler. Alors qui était-ce ?
Ses questions allaient bientôt trouver une réponse, et concrète. Alors que les traits d'Atréïs disparaissaient à leur tour, un animal imposant prit sa place : une sorte de grand loup noir impressionnant et aux yeux... ses yeux. Mais oui ! Ses yeux noirs n'avaient jamais changé. Que cela soit chez la commandante ou chez Atréïs, ils étaient restés inchangés ! Pourquoi ne l'avait-elle pas remarqué tout de suite, elle qui observait habituellement tout avant de juger ou de prendre des initiatives ? Comprenant son erreur et se souvenant de cette impression de déjà-vu pendant la réunion plus tôt, June June ne put s'empêcher de pouffer légèrement de rire, ses joues rosissant d'amusement et de gêne. Tout s'expliquait maintenant, tout prenait sens. Même lorsqu'elle était sous sa responsabilité durant sa formation, ses yeux étaient les mêmes. Elle comprenait maintenant cette étrange sensation qu'elle ressentait en observant son regard. Même en copiant parfaitement le corps d'une personne, certaines choses ne pouvaient être altérées, comme les micro-expressions propres chez un individu ou le reflet de l'âme dans les yeux. La sensation étrange était que June observait la commandante à travers les yeux d'Atréïs, et vice versa, ce qui expliquait pourquoi elle était si pensante et distraite. Elle sourit en réalisant cela et se dit qu'elle avait encore beaucoup à apprendre. Mais une nouvelle information vint troubler la jeune sergente. Reflétant une nouvelle fois la lumière à travers ses pupilles, June eut la surprise d'apprendre l'espèce de la... ou plutôt du commandant. Gurlanin. Voilà bien un nom qu'elle entendait pour la première fois. Même durant ses années de contrebandière, elle n'en avait jamais entendu parler d'une espèce polymorphe.
Reprenant l'apparence de la commandante Irons, le gurlanin expliqua qu'il avait été missionné par la générale suprême Valkoinen, elle-même. Encore un nom qui ne lui était pas inconnu, mais qui ne possédait pas de visage. Détaillant l'ordre de mission, il expliqua qu'il devait découvrir la vérité sur ce qui s'était réellement passé sur Utapau et enquêter sur l'assassinat de l'administrateur Blaum : le commandant prit un air sérieux et son ton changea. Plongeant son regard dans celui de June, la lorrdienne comprit qu'elle venait d'être mise au courant de quelque chose de grave et placée sous secret d'État. Comment faisait-elle pour toujours parvenir à se retrouver dans ce genre de situation, passant d'une simple journée, à un voyage pour se rendre à une nouvelle académie, pour finalement atterrir dans une mission top secrète ? Terminant de détailler la situation catastrophique de la Confédération, le polymorphe tendit sa main vers la petite sergente. Devait-elle accepter ? Pouvait-elle refuser ? Bien qu'elle venait de prendre connaissance de tous ces détails et de toutes les informations secrètes, June ne parvenait pas à - ou plus -, faire confiance au commandant... ou bien à Atréïs ? Comment devait-elle lui parler et l'appeler ? Alors que l'expression amusée qu'elle affichait disparut au moment du ton et du regard sérieux de son supérieur, une sensation étrangement amère commença à se faire sentir au fond de sa gorge. Était-ce de la méfiance ? Ou peut-être de la peur ? Réfléchissant en posant son regard sur la main tendue de la commandante, June hésita un instant avant de décider de la saisir. Fixant le commandant dans les yeux d'un air sérieux et adoptant une posture dominante, à la manière de Gladmoore ; June prit la parole tout en serrant fermement la main de la commandante.
« — Permettez-moi d'être franche, commença-t-elle d'un ton ferme. Il me faudra du temps pour développer une confiance totale envers l'équipage et assimiler les informations que je viens d'apprendre, expliqua-t-elle en évitant de s'adresser directement à la commandante en utilisant le vouvoiement ou autre. Cependant, si la Confédération a besoin de mon aide pour éliminer ses ennemis et rendre justice à nos héros, je suis des vôtres, conclut-elle en regardant la commandante droit dans les yeux tout en continuant de l'observer attentivement. »
Relâchant sa main, June redressa immédiatement sa posture avec le menton levé, frappa des talons et salua militairement sa supérieure, mais malheureusement de la mauvaise main, avant de s'éloigner pour franchir les portes de ses quartiers afin de la laisser seule.
***
Alors qu'elle venait de rentrer dans ses appartements, une atmosphère nouvelle semblait s'en dégager, quelque chose d'agréable. C'était comme retrouver la chaleur du foyer après un long voyage. Curieuse, elle n'était pourtant pas restée assez longtemps pour ressentir ce sentiment. Quoi qu'il en soit, le doux parfum qui flottait dans l'air et les lumières tamisées ajoutaient une petite touche spéciale que ses quartiers à Géonosis n'avaient pas, offrant une détente totale. Jetant sa veste sur le lit avant de s'asseoir dessus, elle retira ses bottes avec un soupir de soulagement, libérant ses pieds compressés à l'intérieur. Puis, elle se laissa tomber en arrière sur le lit, les bras écartés, regardant le plafond avec un sourire niais. La sensation d'un matelas moelleux et de draps doux lui donnait envie de s'y plonger immédiatement. Mais avant, elle se redressa et alluma l'holo-télévision. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait en profiter. En zappant au hasard avec la télécommande, elle finit par tomber sur un reportage parlant d'un arbre dangereux situé sur les rives d'une planète très éloignée. Cet arbre était extrêmement toxique : tout contact direct ou indirect avec son bois, son pollen, sa sève, son latex ou ses feuilles pouvait provoquer de violentes brûlures ou des conjonctivites, et il pouvait gravement attaquer les muqueuses. Quant à son fruit, il offrait un chemin direct et douloureux vers la mort en détruisant l'intérieur du corps de celui qui le consommait.
Éteignant immédiatement l'holo-télévision après avoir entendu cela, June ouvrit grand les yeux tout en riant nerveusement, remerciant le destin de ne pas l'avoir fait naître sur cette planète lointaine. Bien que cela lui offrit un instant de nostalgie. Elle se revit courir pieds nus dans les régions enneigées de Lorrd, en riant, tandis que sa mère la poursuivait pour lui mettre ses chaussures afin qu'elle n'attrape pas froid. Riant de nouveau en repensant à cela, elle s'allongea sur le lit et cacha son visage rougi dans ses bras. Soudain, elle se redressa brusquement son dos pour s'asseoir de nouveau, le regard paniqué, et resta là un moment, fixant le vide... quelque chose n'allait pas. Quelque chose manquait. Pourquoi cette impression bizarre ? Secouant la tête pour chasser ses pensées, elle se dirigea vers sa propre salle de bain, située dans ses quartiers. Prendre une douche lui ferait du bien et la rafraîchirait. Après tout, elle avait encore du sable de Géonosis dans les cheveux et elle avait vécu des moments physiquement éprouvants et stressants depuis son arrivée à bord du Prédateur. Une bonne douche avant une nuit de sommeil ne pouvait qu'être bénéfique. Après s'être rafraîchit sous une bonne douche, elle partit s'envelopper dans les draps d'une douceur incroyable en s'enfonçant dans le matelas comme dans un nuage de coton blanc sous un ciel bleu. Fermant finalement les yeux, June s'endormit paisiblement. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti cette sensation ?
...
Une odeur de plat en train de mijoter ? Elle reconnaissait cette fragrance, elle savait ce que cela signifiait, mais pourquoi ne pouvait-elle pas s'en souvenir ? C'était pourtant son plat préféré, celui qui lui procurait le plus de réconfort. Et ce crépitement ? Il provenait indubitablement d'une cheminée brûlant du bois, quelque part à proximité, émettant un parfum envoûtant et une chaleur apaisante. Quelle était donc cette sensation étrange d'être en sécurité ? À qui appartenait cette main qui caressait tendrement ses cheveux ? Et cette voix qui chuchotait un chant mélodieux ? Encore somnolente, June ouvrit les yeux et se retrouva dans la maison de son enfance. Chez elle, sur Lorrd. Une atmosphère chaleureuse, empreinte de souvenirs heureux planait dans les airs, bien que ses contours lui échappaient. Allongée près de la cheminée, les flammes dansantes réchauffaient toute la pièce par leur chorégraphie majestueuse. Relevant faiblement la tête qui reposait sur des genoux, elle aperçut sa mère, chantonnant tout en lui caressant les cheveux avec tendresse, tandis que son père, absorbé par la lecture d'un datapad, se tenait à leurs côtés. C'était une scène plus qu'agréable et paisible, une image qu'elle aurait aimé figer pour l'éternité.
Cependant, quelque chose clochait. Un sentiment nauséeux envahit son estomac et ses cheveux se dressèrent en observant ses parents. Qui étaient-ils réellement ? Pourquoi leurs visages n'étaient-ils qu'ombres, comme un voile obscur et flou dissimulant leurs traits ? Soudain, les ombres s'étirèrent de façon anormale, englobant la pièce d'une obscurité étouffante, froide et pesante. Les meubles se mirent à trembler, les murs se liquéfièrent et le sol s'effondra sous ses pieds, laissant échapper des bruits étranges et terrifiants - elle était devenue une proie impuissante et à la merci de tous ! Elle tenta désespérément de se raccrocher à ses parents pour échapper à la chute vertigineuse, mais à son grand effroi, ils n'étaient plus que des silhouettes sans contours distinctifs... sans âmes. Alors qu'elle s'efforçait de se rappeler leurs visages, de retenir leurs traits pour ne jamais les oublier, plus elle essayait, plus les souvenirs s'effaçaient, jusqu'à ce que les sourires bienveillants semblaient n'avoir jamais existé... et la chute devint inévitable lorsque la brume épaisse commença à les séparer. Le rêve paisible se métamorphosa en un cauchemar glaçant, et la chute dans l'abîme sans fin lui offrit des visions d'horreur. Des sourires carnassiers se dessinèrent, des rires moqueurs résonnèrent et un rire, qui réveilla ses plus douleurs souvenirs se manifesta tel un écho sinistre.
...
June se réveilla en sursaut, poussant un cri épouvantable ! Son hurlement résonnait encore dans l'air lorsque revint à la réalité. Son souffle était court ; son corps épuisé ; ses yeux reflétant la terreur du cauchemar ; son cœur battant la chamade et ses joues encore humides de larmes récentes. Désemparée, elle ne savait plus où elle se trouvait et ressentait une douleur lancinante dans chaque fibre de son corps, atteignant son âme. S'asseyant brusquement, elle prit sa tête entre ses mains, tremblante de frayeur. Mais ce qui était le plus effrayant, était qu'elle ne parvenait plus à se souvenir des visages de ses parents. Une angoisse grandissante l'envahit à ce moment et fut amplifiée par un rire qui résonna dans son esprit, tel un écho sinistre - ce même rire qui lui avait tout pris. Comprenant que ses souvenirs s'effaçaient silencieusement, et qu'elle ne pouvait rien y faire, elle se mit à pleurer en enfouissant son visage entre ses mains. Ce n'était pas qu'un simple rêve. À travers cette expérience, elle réalisa que son passé commençait à s'effacer peu à peu. Souvenirs, visages, odeurs, sensations, sons... Tout son enfance se dissipait progressivement et lentement. Elle refusait d'oublier. Mais plus elle lutta pour se souvenir, plus tout semblait lui échapper... Son estomac se tordit violemment à cet instant et une nausée intense la conduisit rapidement aux toilettes de ses quartiers. Relevant la tête après s'être rincé la bouche, elle rencontra son propre regard dans le miroir au-dessus du lavabo. Ses traits étaient tirés, sa peau plus pâle que d'habitude, ses cheveux en désordre et ses yeux gonflés par les pleurs témoignaient de ses émotions. Habituellement, elle aurait ri de cette apparence. Mais là, les larmes recommencèrent à couler, et les sanglots la firent chanceler et chuter sur les genoux. La pauvre lorrdienne semblait inconsolable.
Dans un état de désarroi profond, June resta longuement agenouillée dans sa petite salle de bain, tenant son visage entre ses mains. Elle se sentait submergée par la tristesse, la confusion et la colère, sans parvenir à comprendre pourquoi les visages de ses parents s'évanouissaient de sa mémoire si brusquement. Recroquevillée sur elle-même, elle refusait de faire face au monde réel en ne voulant plus parler ou ouvrir les yeux, préférant se laisser envelopper par le silence et l'obscurité.
Allongée au sol, immobile depuis de longues minutes sans pleurer ou émettre le moindre bruit par une fatigue trop importante, June sombra dans un état semi-conscient - celui proche de la méditation. Dans cet état, elle entraperçut une lueur réconfortante, chaude et douce, à qui elle pouvait offrir sa confiance en un instant et qui semblait l'inviter à se confier et à accepter son aide. Une émotion étrange s'empara de tout son être et elle put la voir, ou bien la ressentir. Ouvrant les yeux en se redressant sèchement, elle hurla un "NON !" empli de haine accompagné d'une curieuse couleur qui envhissa ses yeux durant une fraction de seconde. Réalisant alors que ce qu'elle détestait le plus dans cet univers semblait vouloir lui venir en aide, cherchant à être accepté et aimé en retour, après avoir perdu ce qui lui était cher, cette chose qu'elle avait vouée à la haine semblait maintenant vouloir la secourir et la sortir de son état de détresse. Triste ironie et cruelle destin qui la fit osciller entre méfiance et espoir...
Réunissant enfin la force nécessaire pour se redresser après cette explosion de haine qui l'avait tirée de son état de désespoir, June se traîna jusqu'à son lit. Elle s'assit sur le rebord, alluma l'holo-télévision dans l'espoir de chasser les pensées sombres qui l'assaillaient. Mais son regard vide se perdit dans le néant de l'écran, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. La nuit avançait, et elle passa des heures à fouiller le gouffre de ses souvenirs, tentant désespérément de reconstituer les visages de ses parents... -
Post n°17
Auteur : Atreïs HelcarLa main d’Irons enveloppa celle de June avec fermeté. Une détermination nouvelle avait succédé à la peur qui se lisait dans ses yeux, elle-même s’étant installée après la surprise de voir la commandante entièrement nue. C’était tellement plus simple de montrer un corps qui n’appartenait plus à personne… Atréïs se rendait compte, avec le temps, que ses multiples physiques n’avaient aucune importance, seuls importaient leurs actes. Les enveloppes changeraient avec le temps, viendrait un jour où Atréïs Helcar, Elfriede Vasburg, Aureliana Irons et d’autres seraient mis au rebut, déclarés morts, et qui sait quelle forme il prendrait ensuite… Ce n’étaient que des outils. Des moyens d’arriver à ses fins, d’accomplir ses objectifs, comme pouvaient l’être les droïdes ou ses subordonnées, qui étaient là pour obéir aux ordres, rien d’autre. C’était étrange. Il n’avait jamais eu ce genre de pensées auparavant, mais celle-ci s’imposait à lui.
Il revint à la réalité au moment où les mains se séparaient et où la petite Lorrdienne le saluait, non sans émettre une évidence qui avait valeur d’avertissement. Ni lui, ni elle n’étaient tombés de la dernière pluie, il était même probablement plus vieux qu’elle, aussi ne doutait-il pas que la confiance s’installerait avec le temps. Et d’ici là, la méfiance n’empêchait pas d’exécuter les ordres. Il avait été clair dès le début sur la corvette, rien ne changerait juste parce qu’elle avait accepté. June aurait ses propres missions, ses propres affectations, à elle d’en tirer le meilleur, le plus utile pour elle-même, pour le commando et ultimement, pour la CSI. Ce qui était le point le plus délicat. Sous toutes ses facettes, toutes ses itérations, la Confédération se présentait sous un jour nouveau, chaque fois différent, dans ses idéaux et ses pratiques. June avait-elle compris qu’à partir de cet instant, elle servirait l’organe supérieur qu’était la CSI, et non un Général ou un Préfet ?
Il se détourna de la porte qui venait de se refermer à cette pensée, ses yeux se posant sur son reflet, dans le hublot de sa cabine. Ses yeux noirs lui renvoyaient cette image qu’il n’adopterait jamais totalement, comme il n’avait jamais réellement accepté Elfriede, comme il n’avait jamais pu totalement rendre hommage à Hélise sous sa forme. Il se fondit dans sa part animale, son apparence lupine. Mais même celle-ci lui semblait étrangère dorénavant. Même sa forme réelle n’était qu’un outil dont il se servait pour égorger ceux qui se dressaient sur son chemin. Même sa véritable nature, celle d’un Gurlanin, lui échappait. Que devenait-il ? A peine deux ans en arrière, il n’était qu’une recrue, et voilà qu’il obtenait une promotion de commandant de Marine, en sus de tout ses autres titres… Agent. Lieutenant. Soldat. Lequel de ces qualificatifs le représentait le mieux ? Aucun, sans doute. Car il était un peu de chaque, et donc rien dans sa totalité.
Naturellement, ses pensées dérivèrent vers Qiilura, laissée à l’abandon, loin d’ici, loin de tout, loin de lui. L’astre qu’il avait quitté pour préserver son anonymat, par goût de la découverte égoïstement, laissant derrière famille potentielle, avenir… Et pourtant, il ne regrettait pas. Ou plutôt, il se surprenait à se demander pourquoi il devrait regretter ce potentiel futur qui de toute façon, dès les prémisses de son existence, ne l’intéressait pas. Il avait saisi la première occasion de fuir ses responsabilités et les siens, et si il avait regardé en arrière, c’était plus par nostalgie intrinsèque que par réel manque. Qiilura n’avait plus à exister dans son esprit. Seul l’avenir comptait, un futur dans lequel il était impliqué dans une enquête d’ampleur pour la CSI. Un futur dans lequel il voulait compter. A sa manière. Depuis son arrivée, tout ses succès s’étaient précédés de tours de passe-passe dans le chaos, profitant de ses capacités polymorphiques pour semer le doute dans l’esprit de chacun, et tous avaient fini par céder. Oui, c’était finalement cela qu’il était. Un doute. Une ombre.
C’était ce qu’il devait embrasser. Ne jamais laisser une trace évidente de ses attentes, de ses envies. Et dans cette Galaxie chaotique, il n’aurait guère de mal à y parvenir, tant les informations comme les esprits étaient malléables au possible. D’autant plus maintenant qu’il avait à ses côtés de réels atouts comme il n’en avait jamais eu. Tregar, sous ses airs patauds et goguenards était un fin limier, un tacticien de terrain efficace, capable de répandre la mort quand il le fallait. Un Sergent qui avait la valeur d’un major, aisément. Et Naavis n’était pas en reste, avec son bagout et son attirance pour l’art de la parole, elle paraissait ingérable, mais c’était oublier son esprit acéré et en dehors des convenances. Et finalement, June…
Se détournant du hublot, il se dirigea vers son holotransmetteur, demandant à son IA d’y afficher le dossier de la jeune femme, sans mettre ses haut-faits de formatrice. Elle n’avait clairement pas eu une carrière aussi linéaire que la sienne, entre malchance, maladresse et blessures. Elle serait, du trio, la moins simple à diriger selon son bon vouloir. Son parcours était jonché de désobéissances utiles, de prises d’initiative risquées mais salvatrices. Des missions qui, dans d’autres circonstances, sous d’autres commandements, auraient pu valoir des promotions nettement plus intéressantes que sa situation actuelle. Elle se méfiait de lui, c’était normal, c’était évident. L’inverse l’aurait largement surpris. Elle aurait le temps de changer. Raxus Secundus serait un point crucial pour June, qui aurait de très nombreuses compétences à faire valoir. Expertise. Diplomatie. Finesse. Autorité. Elle n’en manquait pas. Elle ne manquait que de confiance en elle.
Il mit finalement ses pensées de côté et désactiva son IA avant de se rasseoir sur son lit. Il avait quitté la forme de Gurlanin et repris celle d’Irons. La fraîcheur du vaisseau lui était salutaire après la douche brûlante et la discussion irréelle avec June qui n’avait finalement que peu parlé… Subi… Peut-être aurait-il du la laisser parler avant de lui envoyer toutes ces informations à la figure. Peut-être aurait-il du s’enquérir de son état, aussi, elle qui semblait sujette aux crises de colère. A nouveau, il se vit dans le hublot. Il revit ses yeux noirs, ses cheveux roux. June n’était pas si éloignée de lui, finalement. Il avait simplement… un peu d’avance. Il se laissa retomber en arrière à cette pensée. Il ne la plaignait pas. L’enviait-il ? Peut-être un peu. Malgré son manque de confiance, elle connaissait ses capacités. Ses facultés. Etrange… Ce fut sur cette ultime pensée qu’il sombra dans le sommeil, bercé par le vrombissements des moteurs du Prédateur.***
Son sommeil ne dura pas. Quelques heures, tout au plus, jusqu’à ce que son IA se réactive d’elle-même pour le prévenir d’un problème d’importance. Les cas pour que cela n’arrive étaient limités : un danger imminent, une avarie notoire, ou un membre de son commando en mauvaise posture. Puisqu’il dormait dans son propre vaisseau filant en vitesse superluminique, il se doutait du cas restant. Il interrogea immédiatement la part robotique de son esprit. Se connectant au vaisseau, il sentit toutes ses terminaisons nerveuses se réveiller elles aussi, d’un coup, lui tirant une grimace de douleur. Ironiquement, comme pour se donner une contenance, il s’habilla, se cachant de sa propre douleur. L’heure était encore bien peu avancée, que se passait-il ?
-Commandante. Les relevés indiquent que le rythme cardiaque du Sergent June King ainsi que son activité encéphale sont des plus alarmants.
-Définis « alarmants ».
-Le sujet est soumis à de fortes tensions incompréhensibles. Je recommande une interaction sociale amicale afin de l’aider à retrouver un rythme normal.
Il était fasciné par les possibilités de cette mécanique qui habitait désormais son cerveau. Moins par ses capacités de conversation, mais malgré tout, elle était une facilitatrice extraordinaire. Reliée en temps réel au vaisseau, capable de voir et d’analyser la moindre des réactions des passagers, de retenir tout ce dont il avait besoin, c’était un support d’exception dont il peinait encore à voir les limites, si limites il y avait en elle… Sortant de sa cabine, il se dirigea d’un pas décidé vers les quartiers de June. Porte fermée, évidemment. Son IA ne tarda pas à faire sauter les verrous électromagnétiques, ouvrant le sas sur une scène des plus étranges. June était là, assise sur le bord de son lit, devant un holofilm quelconque, le regard dans le vide, les yeux rouges et le visage ravagé par ce qui devait être des larmes. Ses cheveux en bataille ne l’honoraient pas.
-Referme la porte.
Il se retrouva seul avec elle dans la pénombre. Gardant l’apparence de la Commandante, il tira un siège à lui et s’assit dedans, regardant la Lorrdienne qui ne le voyait sans doute pas pour l’heure. Elle était ailleurs, dans ses pensées, peut-être dans un rêve ou un quelconque cauchemar. Mais on ne l’aurait pas réveillé pour un mauvais rêve. Il s’apprêta à ouvrir la bouche puis la referma, et désactiva l’IA. Il avait besoin d’organiser ses pensées de lui-même, même si c’était plus long, plus difficile, plus escarpé. Alors finalement, il se pencha en avant, croisant les mains devant lui.
-June. Voulez-vous me dire ce qui se passe ?
Ce n’était pas un ordre. Pour la première fois sans doute depuis qu’ils se connaissaient, elle et lui, ils pouvaient faire tomber le masque qu’ils arboraient en permanence. Il lui tendait une main, libre à elle de la prendre ou non. Sa voix était douce, apaisée, profonde. La nuit renforçait encore un peu plus cette mystique étrange qui s’était installée entre eux et pouvait pousser à prendre la parole, comme si le fait de ne pas voir le visage en face, ou ne pas être vu, pouvait permettre de se laisser aller à des exubérances inhabituelles.
-Vous pouvez parler librement. -
Post n°18
Auteur : June KingLe regard vide et l'âme en peine, June était plongée dans un abîme de désespoir en réalisant qu'elle perdait peu à peu ce qu'elle chérissait le plus dans cet univers. Pour la première fois, un sentiment d'impuissance l'envahissait, car elle ne savait pas comment faire face à cette perte. Elle était consciente que les souvenirs n'étaient pas éternels, que le temps les effacerait inéluctablement. Mais pourquoi fallait-il que les visages de ses parents soient les premiers à s'évanouir de son esprit ? Aucune réponse ne venait apaiser son tourment, et June se mit à fixer intensément les paumes de ses mains, cherchant désespérément des réponses, des indices. La peur la consumait, la faisait douter d'elle-même et de tout ce qu'elle connaissait.
Plongeant son visage dans ses paumes, sans y verser une larme, June se remémorait avec précision certains moments à travers le voile épais qui obscurcissait ses souvenirs d'autrefois. Comme cette scène traumatique de son enfance, lorsqu'elle se tenait à genoux dans la neige, les yeux baignés de larmes, face au corps inerte de sa mère allongée devant elle. Son cœur avait été remplacé par un vide béant dans son abdomen. Elle avait tenté désespérément de la réveiller, secouant son corps en l'appelant d'une voix faible et tremblante, ignorant le danger qui planait au-dessus d'elle : une lame rougeoyante, vibrante, émettant une chaleur et un bruit étrange, menaçant à tout instant de lui infliger le même funeste sort. Revivant cette scène dans son esprit, son corps se mit à trembler violemment et les larmes coulèrent à nouveau lorsque la réalité la frappa : même avec cette scène horrible gravée dans sa mémoire, le visage de sa mère n'était plus qu'un sombre voile, une silhouette floue. Pourquoi ? Pourquoi n'avait-elle pas remarqué cette dégradation ? Pourquoi les personnes qu'elle avait connues et aimées se transformaient-elles en de sombres silhouettes, effaçant peu à peu les détails et traits de leur visage ? Elle prit conscience que ses souvenirs n'étaient plus que des fragments de moments confus, mélangeant les uns aux autres, effaçant les détails précieux ainsi que les voix, les odeurs, les sensations et la chaleur qui les accompagnaient.
Heureusement, elle se souvint de ses sauveurs, de ses défunts amis, de sa seconde famille : Jeff, Waafful et Val. Leurs visages étaient encore nettement gravés dans son esprit et figés sur la photo qu'elle gardait précieusement dans le pendentif, qu'elle avait sorti de son sac plus tôt et qui reposait maintenant dans l'une des poches de sa veste. Dans un geste automatique, elle fouilla sa veste pour récupérer son pendentif porte-photo et l'ouvrit. Un sourire mêlé de tristesse illumina son visage à cet instant. Ils étaient toujours là, à ses côtés, présents en toutes circonstances. Refermant le pendentif qu'elle serra fermement entre ses mains, son regard se perdit à nouveau dans le vide, avant que son visage ne se crispe. Il y avait encore quelque chose de troublant, quelque chose qu'elle redoutait. Elle la haïssait, la maudissait. Mais plus elle cherchait à l'éviter, plus cette chose semblait la poursuivre, prête à l'accueillir et à lui offrir son aide. Elle refusait de prononcer son nom, de lui accorder une pensée. Pourtant, elle était là, omniprésente et insaisissable à la fois.
Mais rapidement, son visage se figea, dépourvu de toute expression ou émotion, absorbée de nouveau par l'écran de l'holo-télévision sans prêter la moindre attention à ce qui y était diffusé. Pourtant, elle sentait instinctivement que quelque chose se préparait. Comment le savait-elle ? Comment pouvait-elle ressentir cela ? À peine avait-elle formulé cette question dans son esprit que les portes de son appartement s'ouvrirent, laissant pénétrer la commandante qui ordonna d'un ton sec la fermeture des portes. Pourquoi était-elle venue ici, et surtout, pourquoi maintenant ? Lorsque sa supérieure la questionna afin de se renseigner sur son état et de savoir si elle voulait lui parler, June ne put réprimer un spasme nerveux qui déplaça sa tête de quelques millimètres dans sa direction, fixant du regard la commandante. Les yeux de la pauvre lorrdienne étaient gonflés par les pleurs, affichant une haine, une tristesse et une détresse à retourner le cœur et l'âme. Perdue dans le regard de la commandante, celle-ci lui assura qu'elle pouvait parler librement. Mais était-ce de bonne volonté ou était-ce simplement une formalité ? June se méfiait, elle n'avait pas confiance en cette personne aux multiples facettes. Et puis, pouvait-elle réellement comprendre ce que June ressentait en ce moment ? Pouvait-elle seulement imaginer sa souffrance ? Le temps semblait s'écouler différemment pour tous. Pour June, les minutes ne représentaient qu'une fraction de seconde, mais pour les autres, elles semblaient s'étirer en de longues et inquiétantes minutes. Lorsque la jeune sergente prit finalement la parole, ses mots résonnèrent comme des énigmes.
« — Il y a des choses qui nous dépassent dans cet univers, murmura-t-elle en fixant de nouveau le vide. Des choses incompréhensibles, voire inaccessibles, ajouta-t-elle en entrelaçant ses mains et en faisant glisser ses doigts les uns sur les autres. L'une d'entre elles m'a tout pris, tout enlevé, poursuivit-elle en marquant de longues pauses entre ses phrases. Et maintenant, elle semble vouloir m'aider, acheva-t-elle en mordillant légèrement sa lèvre inférieure. »
Terminant son explication, June se leva lentement pour se diriger vers le hublot de sa chambre où elle contempla les stries blues et blanches qui défilaient sans fin, Son regard perdu, elle semblait plongée dans une profonde réflexion, comme si elle venait de prendre conscience d'une chose capitale.
« — Je le savais depuis longtemps, murmura-t-elle d'une voix empreinte de douleur, en ponctuant chacun de ses mots d'une longue pause. Je savais ce qui m'arrivait, mais je ne voulais pas le croire. Pourtant, elle est là, elle me hante ! haussa-t-elle soudainement sa voix emplie d'une colère bouillonnante, tandis qu'elle se retournait brusquement vers la commandante. »
June ne montrait aucune intention de révéler clairement ce qui se passait en ce moment. Cependant, ses yeux qui changèrent brièvement de couleur laissaient entrevoir - pour les plus observateurs et talentueux - ce qui la tourmentait, du moins d'après ses propres dires. Elle était catégorique : jamais elle ne se tournerait vers cette entité, jamais elle ne voudrait l'embrasser et se soumettre à son contrôle. Mais devoir coexister avec elle était un supplice et une véritable malédiction.
« — Malheureusement, c'est sans doute le seul chemin capable de me faire revoir et sentir ce que je désire le plus. conclut-elle en ne voulant plus s'adresser directement à la commandante depuis la révélation sur ses origines. »
June était submergée par le désespoir, mais elle refusait de laisser paraître sa faiblesse. D'un geste brusque, elle essuya ses larmes avec le simple t-shirt qu'elle portait pour dormir, se redressa avec détermination et ajusta son vêtement d'un mouvement sec et rapide. Elle croisa ensuite ses mains derrière son dos et se tourna vers le hublot, voulant être laissée seule et demandant aux droïdes qui attendaient derrière la porte de partir. Elle n'avait pas sollicité d'aide en particulier, ni de réconfort, et encore moins de la piéger avec des droïdes menaçant d'intervenir à tout moment. Elle croyait que seul le temps et une concentration spirituelle lui permettraient de se souvenir des visages qu'elle chérissait tant. Mais malgré ses efforts pour donner l'apparence de contrôler parfaitement la situation, son corps et son esprit refusaient de lui obéir. Son corps se mit à trembler comme une feuille et son esprit sombra dans d'obscures pensées, tentant désespérément de retrouver les visages perdus. -
Post n°19
Auteur : Atreïs HelcarLe spectacle qu’offrait la Lorrdienne aux yeux d’Atréïs était dramatiquement pathétique. Tout son être exprimait la frustration, la peur, la colère même, et pourtant, fidèle à elle-même, elle s’acharnait à vouloir garder le contrôle, même face à une âme secourable. Rien ne forçait le Gurlanin à être là, à cette heure indue, si ce n’était sa bonne volonté face à un membre de son équipage en peine. Il lui apparut rapidement que sa douceur, certes relative, n’amènerait rien de bon. C’était logique, en soi, puisqu’il venait purement et simplement de s’introduire dans ses quartiers, même si c’était en toute franchise. Peut-être avait-il fauté en agissant de la sorte ? Lui aussi débutait dans son rapport à la hiérarchie et doutait parfois de ce qu’il avait à faire. En l’occurrence, June ne voulait aucunement de son aide.
Cet état de fait porta un léger coup au coeur d’Atréïs. Tout commandant qu’il était, June était sans doute ce qui se rapprochait le plus d’une réelle connaissance dans la Confédération, eut égard aux moments qu’ils avaient du passer ensemble. Peut-être fantasmait-il un peu cette relation ? C’était même une quasi certitude. Sa surprise de le voir prendre sa forme brune était révélatrice, sans doute ne se rappelait-elle que vaguement de lui. Elle devait voir passer des centaines de recrues tous les ans, et il n’avait pas brillé spécialement, quittant même rapidement l’entraînement habituel pour évoluer ailleurs. Il pouvait comprendre la distance qu’elle mettait.
Il était son commandant. Pas son ami. Pas son proche. Il se redressa, réactiva son IA pour passer l’ordre aux droïdes d’éviter au maximum d’approcher la cabine de June. Ses réponses sibyllines ne l’encourageaient pas à creuser outre mesure, pas plus que son attitude désinvolte, voire insubordonnée. Lorsqu’il éleva la voix, toute douceur avait disparu. Aureliana Irons était de retour.
-Peu importent vos états d’âme, Sergent, j’attends de vous que vous me parliez de manière audible et respectueuse. Vous êtes un soldat de l’armée confédérée, comportez-vous comme telle.
Il réajusta son col avant de se diriger vers la porte qui s’ouvrit pour lui.
-Je demande aux droïdes d’éviter votre passage, si ce désagrément vous est trop insupportable. J’attends de vous que vous agissiez comme la formatrice que j’ai connu, non comme l’enfant que vous étiez. Oubliez le passé, cela ne vous apportera rien. L’avenir, lui, est encore à écrire, et nous avons fort à faire. N’oubliez pas ce que vous devez à la CSI.
Et à ces mots, il quitta la chambre. Rappeler à chacun quelle était sa place, c’était sa mission, finalement. Personne n’était au dessus de l’intérêt suprême de la Confédération, et ses soldats se devaient de le servir, rien d’autre n’importait. June devrait à un moment ou l’autre composer avec ses sentiments et ses troubles, mais il était hors de question que ceux-ci n’interviennent et ne mettent à mal leur mission. Il mit de côté sa frustration qui ne lui apporterait rien de bon, se dirigeant vers le pont de commandement. Maintenant qu’il était réveillé, autant passer inspecter les droïdes, peu importait sa tenue. Tous le saluèrent sur son passage, alors qu’il les ignorait, braquant ses yeux sur l’espace qui défilait à toute allure devant les hublots du cockpit. Ce spectacle était toujours aussi fascinant et lui fit perdre un instant pied dans la réalité.
June n’était plus la formatrice qu’il avait un temps admiré pour ses remarquables performances fusil à la main, cette roublarde qui lui avait donné un choc électrique au détour d’un exercice malsain. Elle lui avait donné les clés pour survivre, elle-même les ayant reçues de quelqu’un d’autre. Cela n’en faisait pas un modèle. Ni un exemple. C’était un bon soldat, rien de plus. Un soldat qu’il exploiterait à sa main. Comme il était exploité par d’autres. Par Valkoinen, par le DCRS, le SIS. Ils étaient tous des rouages. Finalement, il se détourna, retournant à ses quartiers.***
Ce fut quelques heures plus tard qu’on annonça aux passagers organiques que le Prédateur entamait sa descente vers Raxus Secundus. Le passage laissé libre à la corvette vers l’astroport se dessina sur les cartes holographiques, alors qu’Aureliana réapparut dans son uniforme brun, pantalon et bottes noires aux pieds.
-Pilotes, faites le plein de carburant sur Raxus, et mettez au point le trajet vers Raxus Prime. Sergent Tregar, vous restez à bord pour définir les priorités. Caporale Naavis, vous vous chargerez des démarches auprès des autorités locales, je ne veux pas de ralentissement. Sergente King, vous êtes à destination. Sachez qu’une dénommée Atanae Tel’Illma vous contactera pour prendre ses quartiers à bord du Prédateur à mon retour de Raxus Prime. Rompez.Spoiler : Spoiler
