MandalMotors
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Post n°16
Auteur : Wyrim OshindaraScène 1 – Arrivée du Kar'ta Beskar au chantier naval
Le croiseur lourd *Kar'ta Beskar* émergea lentement de l'hyperespace, escorté par deux chasseurs Davaab en formation de proue. Son blindage sombre portait encore les marques des engagements précédents, mais son allure demeurait imposante. Lourd, menaçant, il s'approchait avec autorité des docks de MandalMotors en orbite basse de Mandalore.
Dans le centre de commandement orbital, Lemreel était déjà en poste, entouré de ses ingénieurs et officiers logistiques. Sur les écrans tactiques, la trajectoire du croiseur était suivie en temps réel.
— Autorisation d’amarrage confirmée. Qu’on prépare les baies 4 et 5. Le Kar’ta Beskar va subir une refonte partielle, il nous faut le meilleur personnel sur place.
Autour de lui, les spécialistes se mirent en mouvement. À la demande expresse de Wyrim Oshindara, le croiseur allait bénéficier d'une modernisation stratégique :- Renforcement de ses turbolasers lourds (deux variantes proposées : cadence variable pour la souplesse, haute densité énergétique pour la perforation),
- Ajout de batteries ioniques secondaires pour la saturation anti-énergie.
— L’intégration ne posera pas de souci sur les modules ventraux, mais les dissipateurs d’énergie devront être remplacés. On frôle la surcharge avec les canons à haute densité., fit remarquer Zhamsi Elara, responsable R&D.
— On installera un double réseau de régulation. Et je veux un rapport comparatif entre les deux versions des turbolasers dès que les tests seront enclenchés.
— Reçu. Nous lancerons les essais simulés dès demain. La version à cadence variable devrait mieux répondre aux escarmouches prolongées. Mais la version haute densité est brutale. Elle peut percer un destroyer moyen si bien calibrée.
— Wyrim veut des armes adaptables, pas des jouets théoriques. Testez les deux. Il décidera après analyse.
Le Kar’ta Beskar se posa lentement dans l’enclos orbital. Des remorqueurs gravitationnels alignèrent sa coque dans les docks. La rénovation pouvait commencer. MandalMotors était prêt à honorer sa promesse faite au chef du clan Oshindara : transformer le Kar’ta Beskar en un fer de lance technologique.
Dans l’ombre d’une passerelle secondaire, un individu observait les opérations, silencieux. Il n’avait pas annoncé son nom, ni montré son visage. Sa présence était validée par un document diplomatique signé d’un sceau ovale, aux reflets métalliques indistincts sur fond bleu nuit. Aucun commentaire ne fut fait à ce sujet — mais Lemreel, lui, savait.
Sans un mot, l’observateur intégra la salle de supervision secondaire, croisant les bras, sans jamais interférer. Les tests à venir étaient attendus... bien au-delà de Mandalore.Scène 2 – Tests des systèmes d’armement du Kar’ta Beskar
Le hangar orbital résonnait des vibrations graves des générateurs lourds alors que les techniciens de MandalMotors terminaient les connexions finales. Le *Kar’ta Beskar*, amarré à la plate-forme d’essai 7, allait subir ses premiers tests réels depuis l’intégration des nouvelles batteries d’armement.
Zhamsi Elara était en tête du comité de test, casque audio vissé sur les oreilles, regard fixé sur les données s’affichant en temps réel sur les panneaux transparents. Autour d’elle, une dizaine de spécialistes synchronisaient les modules de tir, calibrant les valeurs pour éviter tout incident.
— Équipe Arak, vous êtes sur la ligne secondaire. Cibles virtuelles chargées. Turbolasers lourds à cadence variable, préparation… feu !
Les batteries rugirent. Les salves jaillirent en traits d’énergie concentrée sur les cibles holographiques ancrées à plusieurs kilomètres du croiseur. Les tirs, plus rapides que prévu, montrèrent une étonnante stabilité thermique.
— Impressionnant. Dégagement de chaleur contenu, dispersion minimale. On peut maintenir le feu continu plus de 11 secondes avant saturation. C’est supérieur de 23 % au précédent standard.
Mais tout ne se passa pas sans accrocs.
— Surcharge sur le convertisseur n°3 ! On perd la synchronisation ionique ! hurla un ingénieur depuis le poste 2.
Lemreel entra alors dans la salle de supervision, calme mais concentré.
— Qu’est-ce qui a sauté ?
— Les batteries à haute densité. Trop d’énergie canalisée trop vite. Il nous faut un triple régulateur ou la cadence va détruire la tourelle au cinquième tir.
— Retirez-les temporairement. Remettez les modules à cadence variable sur l’axe ventral. Et testez les batteries ioniques dès que le courant est stabilisé. Je veux un feu groupé sur trois cibles actives avec variation de boucliers.
Dans un coin de la salle, l’observateur silencieux assistait à l’échange sans dire un mot. Son datapad personnel, connecté uniquement en lecture aux registres tactiques, clignotait par intervalles réguliers. Les techniciens l’ignoraient. Lemreel gardait un œil sur lui.
Moins d’une heure plus tard, le *Kar’ta Beskar* déclenchait une salve ionique à saturation sur trois plateformes simulant des vaisseaux lourds. Les boucliers furent instantanément mis à genoux, les circuits internes surchargés avec une précision redoutable.
— Cibles neutralisées. Impact énergétique optimal. Les batteries secondaires ont bien répondu à l’amplification cyclique. On tient notre solution anti-boucliers.
Un silence respectueux s’installa dans la salle de test. L’émissaire, sans commenter, fit défiler les résultats sur son écran privé, puis quitta la pièce comme il était venu.
— On stabilise la version à cadence variable. On repousse l’intégration haute densité à plus tard. Ce vaisseau doit pouvoir tenir une ligne, pas juste frapper fort une fois.
Une copie du rapport fut cryptée et transmise à Wyrim Oshindara. Un double fut discrètement archivé dans un canal externe dont l’origine n’était pas précisée.
Le *Kar’ta Beskar* était prêt à être confronté à une situation réelle. Et certains attendaient ce test avec une attention plus stratégique que militaire.Scène 3 – Déploiement tactique du Kar’ta Beskar
À peine les essais validés, le *Kar’ta Beskar* fut détaché du quai orbital de Mandalore pour une mission discrète de sécurisation dans la Bordure Extérieure. À son bord : une garnison de 200 soldats, deux escadrons de chasseurs *Davaab*, et l’équipe technique restreinte ayant participé aux améliorations. Lemreel supervisait personnellement la manœuvre depuis la passerelle, aux côtés du capitaine de vaisseau, un vétéran du nom de Tarn Delesh.
— Objectif : zone de transit minier sectoriel S-9. Rumeurs de bâtiments corsaires. Test en conditions réelles. Propulsion tactique à 60 %, et étalonnage des senseurs toutes les vingt minutes.
— L’armement est en veille active. Batteries ioniques prêtes à l’impulsion. Nous évitons l’escalade, sauf si nécessaire.
La mission, officiellement enregistrée comme une patrouille de routine, était en réalité une opération d’observation sous évaluation. Aucun détail n’avait fuité, mais l’un des membres de l’équipage – un passager silencieux vêtu d’un uniforme d’officier civil sans insigne – observait chaque étape depuis une loge sécurisée.
À mi-parcours, un convoi de transports civils affrétés par une colonie indépendante émit un signal de détresse. Un destroyer léger, visiblement d’origine pirate, harcelait l’un des cargos en queue de formation. Son transpondeur renvoyait une ancienne signature liée au Soleil Noir, mais largement modifiée.
— Cible en visuel. Elle verrouille un transport. Ordres ?
— Activez les batteries ioniques. Ciblage moteur uniquement. Pas de réacteur. On veut que leur mémoire fonctionne encore, même si leur navire ne suit plus.
En sept secondes, deux salves synchronisées partirent des flancs du *Kar’ta Beskar*. L’énergie bleutée des canons ioniques perça les défenses, neutralisant instantanément les propulseurs du destroyer. Aucun tir de riposte. Aucun dommage collatéral.
— Cible désactivée. Réduction énergétique mesurée. Les réacteurs sont hors-ligne, boucliers effondrés, commandes principales figées. C’est un tir de démonstration propre.
— Préparez l’équipe d’interception. Contactez les autorités locales pour transfert de juridiction. On ne garde pas de trophées ici.
Une navette blindée fut lancée depuis le flanc bâbord du croiseur. À son bord, une escouade mandalorienne, armée et disciplinée. Les corsaires, paralysés et pris de court, furent extraits sans incident et confinés en cellules magnétiques pour identification biométrique.
Lors de leur transfert vers une base avancée républicaine, Lemreel fit transmettre un rapport complet au QG de MandalMotors. Un duplicata fut également envoyé sur une fréquence réservée.
Le passager anonyme, observant toujours depuis la passerelle secondaire, ne fit aucun commentaire. Mais il rangea son dispositif d’analyse avec un soin particulier, puis quitta la salle avant que l’équipage ne remarque son absence.
— Faites savoir aux autorités que l’opération a été menée sans pertes. Joignez le rapport sur les performances ioniques. MandalMotors valide le modèle pour production tactique étendue.
Le *Kar’ta Beskar* reprit sa route, lentement. Sa mission n’était pas seulement militaire : c’était un message. Un avertissement silencieux. Et un test passé sous l’œil attentif de plus d’un commandement. - Renforcement de ses turbolasers lourds (deux variantes proposées : cadence variable pour la souplesse, haute densité énergétique pour la perforation),
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Post n°17
Auteur : Wyrim OshindaraLe message arrive sans emphase.
Wyrim Oshindara
Pas de salutations.
Pas de rhétorique.
Un paquet de données compressées, estampillé Oshindara, prioritaire absolu.
Dans le noyau de commandement de MandalMotors, le silence se fait presque immédiatement. Les ingénieurs cessent de parler. Les projections holographiques changent de teinte. Les opérateurs cessent toute tâche secondaire.
Deux silhouettes apparaissent au centre de la salle tactique :
le Léviathan et le Nebula.
Même abîmés, même défigurés par la bataille, ils restent reconnaissables. Massifs. Denses. Chargés de potentiel… et de risques.
Dok’Ing ne s’assoit pas.
Il ne le fait jamais quand une décision engage plus que de l’acier.
— « Deux prises de guerre. Capturées en zone active. »
Sa voix est calme, presque basse. Pas une once d’excitation. Chez MandalMotors, une victoire n’est jamais une promesse, seulement un problème à résoudre.
— « Ordres clairs : remise en état minimale. Aucune modification. Aucune extraction de technologie sensible sans validation. »
Un technicien lève les yeux.
— « Pas de coopération locale ? »
— « Négatif. »
Dok’Ing fait glisser les données du doigt. Les schémas se déploient :
réacteurs confinés, coques blessées, systèmes secondaires encore instables.
— « MandalMotors intervient seule. Les Chevins sont hors périmètre. »
Cela suffit à fixer le cadre.
Pas de pédagogie.
Pas de diplomatie.
Uniquement de l’ingénierie de survie.
Analyse technique — pas des trophées, des bombes potentielles
Les équipes se divisent naturellement.
Pas par hiérarchie, mais par réflexe.
Le Nebula attire d’abord les regards.
Plus petit.
Plus instable.
— « Salle des machines surchargée. »
— « Confinement tenu par miracle. »
— « Si on relâche trop vite, on perd la coque. »
Le Léviathan, lui, est une autre bête.
Un croiseur lourd qui a encaissé trop de coups sans avoir eu le temps de respirer.
— « Ce vaisseau a survécu par inertie. »
— « Oui… et il peut mourir par réveil. »
Un ingénieur sourit brièvement. Pas par humour. Par reconnaissance du danger.
Chez MandalMotors, on ne sous-estime jamais un vaisseau blessé.
Décision — déployer un chantier, pas une flotte
Dok’Ing tranche.
— « On ne déplace pas ces vaisseaux comme des cargos. »
Les écrans changent à nouveau.
Apparaissent des silhouettes familières : modules de chantier orbitaux, remorqueurs lourds, ateliers pressurisés.
— « On déploie un chantier mobile en orbite de Vinsoth. »
Un murmure d’approbation.
C’est risqué.
Mais c’est la seule solution.
— « Objectif unique : autonomie minimale. »
— « Propulsion stable. Navigation fiable. Réacteurs sous seuil critique. »
Il insiste.
— « Rien de plus. Pas de modernisation. Pas d’optimisation. »
Quelqu’un demande, presque par réflexe :
— « Et après ? »
Dok’Ing ne répond pas immédiatement.
— « Après, ce sera une décision de clan. Pas la nôtre. »
Déploiement — la mécanique avant la gloire
Les ordres partent.
Des équipes sont désignées.
Pas les plus jeunes.
Pas les plus brillants.
Les plus calmes.
Ceux qui savent travailler dans un vaisseau qui peut exploser à chaque erreur.
— « Équipe K-7 sur le Nebula. Priorité confinement énergétique. »
— « Équipe H-3 sur le Léviathan. Diagnostic coque et inertie structurelle. »
— « Aucun démontage sans redondance en place. »
Un dernier rappel, presque rituel :
— « On ne répare pas pour briller. On répare pour survivre. »
Les modules de chantier se détachent lentement des docks mandaloriens.
Ils ne sont pas beaux.
Ils ne sont pas armés.
Mais ils sont robustes.
Et surtout, ils sont conçus pour travailler pendant que d’autres se battent.
En route vers Vinsoth — compréhension tacite
Pendant le transit, Dok’Ing consulte à nouveau le message d’Oshindara.
Il n’y a rien de superflu.
Rien d’émotif.
Mais une phrase, presque anodine, retient son attention :
« Vous rendez ces vaisseaux capables de rentrer. Rien de plus. »
Dok’Ing comprend parfaitement.
Ces vaisseaux ne sont pas des prix à exhiber.
Ils sont des pièces sur un plateau encore en mouvement.
Les réparer trop bien serait une erreur.
Les réparer trop peu serait une faute.
La ligne est étroite.
MandalMotors est précisément faite pour ça.
Arrivée en orbite de Vinsoth — première vision
La planète apparaît, encore marquée.
Des cicatrices visibles depuis l’espace.
Des signatures énergétiques irrégulières.
Et, plus près, les deux vaisseaux capturés.
Le Nebula est entouré de balises de sécurité.
Le Léviathan est immobile, massif, presque silencieux.
— « On dirait qu’ils attendent. »
— « Ils attendent qu’on fasse une erreur. »
Les équipes s’arriment lentement.
Aucun geste brusque.
Les premiers techniciens entrent dans des coursives encore tièdes, encore imprégnées de combat.
— « Odeur de suie. »
— « Traces de tirs récents. »
Ce n’est pas un chantier classique.
C’est une extension du champ de bataille.
Dok’Ing observe les flux de données.
Tout est en place.
Les équipes travaillent.
Les risques sont contenus.
Il sait que personne ne chantera leurs noms.
Que personne ne verra ces réparations.
Mais il sait aussi ceci :
Si ces vaisseaux rentrent sur Mandalore,
ce ne sera pas grâce à la victoire.
Ce sera grâce à la discipline.
Il active un dernier canal, bref.
— « MandalMotors est engagée. »
Puis il coupe.
La guerre est finie pour d’autres.
Pour eux, elle vient de changer de forme.