Académiquement correct
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Post n°46
Auteur : Atreïs HelcarLa mâchoire serrée, Atréïs, sous sa forme désormais habituelle de la Commandante Irons, se tenait bien droit devant l’holocommunicateur qui d’un moment à l’autre le mettrait en relation directe avec la Générale Suprême Valkoinen. Il redoutait la confrontation plus que n’importe quelle autre tâche. Non pas par peur -il avait déjà bien trop frôlé la mort et la chute pour ça-, mais par dégoût de ce qui se tramait. L’injustice régnait dans ces discussions, où il n’était qu’avili, réduit à un simple rôle d’exécutant dont la parole n’avait aucune valeur. Il ne parlait pas à la Générale comme à une égale, mais bien comme un subordonné s’adresse à son supérieur. Et cette laisse, ce collier à son cou le rendait hargneux, aigri. Pourtant, lui aussi en profitait avec ses propres subordonnés. Mais il ne se faisait pas encore à l’idée. C’était trop récent. Quelques mois, années, ne suffisaient pas à effacer une vie de liberté.
Seulement, il devait aussi composer avec la voix de la raison. Il avait perdu sa raison première de rejoindre la CSI, protéger Qiilura, et devait donc composer avec ce qui lui restait. Pire, il devait désormais sa carrière et sa vie à la Générale Suprême. Son honneur lui dictait d’être reconnaissant. Son instinct de survie l’instruisait d’être déférent. Sa tête lui hurlait de rester à sa place, pour qu’elle même restât à la sienne. Finalement, il entra dans le générateur d’hologramme. La Générale pourrait le voir. Pour une fois, il n’était pas dans un état lamentable. Il était soigné, il était digne et, malgré la fatigue. Au moins avait-il cela pour lui. Rapidement, la voix froide de la Générale retentit dans ses oreilles.
-Commandante Irons. J’espère que vous venez, vous, avec de bonnes nouvelles.
Ca partait mal. Les réseaux d’informations tournaient en boucle sur les attentats de Raxus Secundus, ceux de Cato Neimoidia, malgré la censure usuelle. On ne pouvait pas ignorer des bâtiments effondrés ou en flammes dans les différents systèmes de la Confédération. Ca ne durerait pas, mais c’était déjà suffisant pour mettre Valkoinen sur les dents.
-Une seule, Générale Suprême. L’insurrection a été matée, sans intervention de la flotte en orbite. Nous avons circonscrit le problème à la capitale, heureusement. Les pertes sont acceptables pour une attaque de la sorte.
-Vous savez ce que l’on dit, Commandante. Tout ce qui vient avant le « mais » n’a pas d’importance. Je vous écoute.
-Générale, nous n’avons pas l’absolue certitude, mais nous avons trouvé un corps de rebelle endommagé que nous avons identifié comme un citoyen Impérial du nom de Konrad Echtner, originaire de Yaga Minor. Ce qui nous amène à la première conclusion que l’Imperium est impliqué. Cependant, et je vous envoie l’image, nous avons également retrouvé sur lui un étrange tatouage.
La Générale se mordit la lèvre en voyant l’image du tatouage arriver. Cela confirmait ses craintes, à savoir que Cinder avait raison. Et cela, c’était intolérable. Le colonel cyborg l’avait devancée. D’un geste de la main, elle arrêta la Commandante.
-Cela confirme certaines craintes, Commandante. Nous avons récemment appris qu’un groupe criminel se faisant appeler l’Oiseau de Feu, opérant en territoire impérial, avait également des rancoeurs contre la CSI. En voici une preuve formelle.
La femme porta deux doigts à l’arête de son nez, réfléchissant quelques instants. Cela changeait beaucoup de choses, et en même temps… En même temps, elle pourrait tourner cela à son avantage. Il était temps que les choses bougent, elle le savait.
-Vous m’avez apporté ce dont j’avais besoin, Commandante. Félicitations pour votre réussite. Je vais vous faire transmettre les coordonnées d’un aide de camp du Grand Amiral Konstantine de l’Imperium. Il est temps que les exactions de ces groupes de sauvages cessent, et pour cela, nous devons travailler de concert. Faites le nécessaire avec eux. Vous avez ma confiance pour cela. J’ai échangé récemment avec le Grand Amiral sur Borosk. C’est un homme raisonnable, il saura vous faire orienter. Quant à moi, j’ai du travail. J’attends votre rapport au plus vite, Commandante.