Académiquement correct
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Post n°16
Auteur : Super PNJ- Cela serait avec joie de vous recevoir, Madame Tel'Illma. Vous pouvez me retrouver à tout moment à la caserne de la préfecture, plus spécifiquement dans le bureau du commandant, que j'occupe à présent .
Telle était la réponse renvoyée par la Sergente King. Laconique, courte, minimaliste, même. Atanaé se demanda soudainement si elle faisait bien de contacter cette soldate dont elle ne connaissait rien, finalement, tout ça dans cet espoir fou de revoir quelqu’un d’autre qu’elle ne devait même pas connaître. Mais elle suivait les consignes qu’on lui donnait, et ce trait de caractère, elle le portait au plus profond de sa chair, finalement. Et puis, il lui fallait admettre que la réponse était intéressante. Pourquoi préciser de la retrouver au bureau du commandant ? Que signifiait « l’occuper à présent » ?
Pour Atanaé, il était évident désormais que la jeune femme avait dû entrer en collision avec le commandant Parker. Celui-ci, à l’époque, s’était déjà plaint des pratiques de la CSI, et en particulier de Vasburg. Si King était du même moule, alors il y avait fort à parier que la confrontation serait terrible entre les deux. Tout du moins verbalement. L’homme, même en tant qu’officier supérieur sur Raxus Secundus, n’avait pas une once d’autorité, et encore moins d’influence, celle-ci se limitant à peine à la caserne. L’armée raxienne était une blague courante dans la population, qui s’enorgueillait plutôt d’un passé certes belliqueux, mais glorieux et indépendant. Dorénavant, on avait plutôt tendance à plaisanter sur ce genre de sujets.
« Je dormais bien avant de rejoindre l'armée, parce que je savais qu'ils veillaient sur moi. Pendant mon service, je dormais mal parce que c'est moi qui montais la garde. Depuis la fin du service, je ne peux pas dormir du tout parce que je sais quel genre de « gardiens » veillent sur nous. » Cela plaçait le niveau d’estime des Raxiens pour leurs soldats. Mais cela ne concernerait sans doute pas Atanaé, qui n’avait rien à voir avec eux. Elle était une administrative, et étrangère qui plus est. Mais elle savait ce qu’elle faisait, contrairement à beaucoup qui se contentaient de se laisser porter par le courant. Vêtue de son meilleur tailleur, pantalon et veste noire qui faisaient ressortir le teint de sa peau et ses cheveux violine, elle était totalement parée. Elle se présenta à la caserne où le droïde protocolaire local lui indiqua le bureau proprement dit.
La caserne était un bazar immonde. Inutile de se demander plus longtemps pourquoi la sergente King avait décidé de prendre le commandement, surtout en venant de la part de la CSI. En même temps, absolument personne n’avait besoin d’eux. Une fois de plus, elle se demanda ce qu’elle faisait là, puis elle se ressaisit, et toqua à la porte du commandant. Ce fut sans réelle surprise qu’elle posa les yeux sur les deux soi disant officiers supérieurs avant de les reporter sur la Sergente. Elle inclina doucement la tête avec un léger sourire.
- Sergente King, c’est un honneur. Je vous remercie de m’avoir permis de vous rencontrer si tôt, et je remercie également votre collègue, le Lieutenant Vasburg, de m’avoir donné votre nom.
Elle savait très bien qu’elle mettait directement les pieds dans le plat. Mais après tout, si elle tenait vraiment les officiers, il ne devrait pas y avoir de problèmes...Atréïs -
Post n°17
Auteur : June KingLes jambes croisées l'une par-dessus l'autre sous le bureau ; le dos parfaitement droit ; le menton dominant l'horizon ; les yeux fixant le datapad tenu fermement dans la main droite : June était assise triomphalement sur le confortable fauteuil pivotant du commandant, tandis que ce dernier, visiblement déshonoré par la nouvelle venue, se retrouvait dorénavant obligé de rester derrière le bureau voisin. La sergente ne daignait même plus accorder la moindre attention à celui qu'elle avait destitué brutalement de ses fonctions lorsqu'il prit place derrière son nouveau bureau, se concentrant pleinement sur la recherche de formateurs séparatistes en faisant défiler avec son autre main les nombreux profils pour configurer son prochain groupe d'instructeurs. L'expression qu'elle affichait légèrement à cet instant démontrait un certain sadisme, un malin plaisir à profiter de la situation, surtout lorsqu'elle ressentait le regard du commandant la parcourir. Pour accentuer davantage sa domination et accroître son emprise sur ses collègues, June prit la télécommande du climatiseur et appuya avec autorité sur le bouton rouge, provoquant l'arrêt immédiat de l'air conditionné. Cette simple action de sa part devait faire comprendre au commandant, ainsi qu'au lieutenant, que la caserne allait connaître un changement drastique à partir de maintenant. Désormais, elle redeviendrait un véritable bastion militaire confédéré où l'on formait de fiers soldats Raxiens, de puissants soldats séparatistes, et qu'ils n'avaient pas le moindre mot à dire. La caserne n'était pas un lieu pour des jeux d'enfants avec du sable et des pelles. Non, c'était un endroit dédié à l'apprentissage de la discipline, de l'honneur, du respect, du courage et de la dignité. Toutes ces valeurs militaires que le commandant avait visiblement abandonnées depuis longtemps.
Alors que l'air frais du climatiseur s'arrêta soudainement de s'engouffrer entre les jambes de la jeune sergente - laissant s'installer une sensation de chaleur étouffante et lourde -, les portes coulissantes du bureau du commandant s'ouvrirent avec fracas, laissant entrer une tornade. Une femme, visiblement fière de ramener un sachet de pâtisserie, le brandissait face à elle tout en interpellant le commandant avec un irrespectable «chef». Elle fut bousculée par le reste du groupe, qui se composait de trois organiques et de deux B1 ! Pourquoi diable des B1 les accompagnaient ?! Et pourquoi étaient-ils les seuls à paraître professionnels ? June fronça légèrement des sourcils, laissant la confusion s'installer chez les autres personnes présentes dans la pièce, pensant certainement que son regard leur était destiné. Mais June devait faire bonne impression et ne pas se laisser distraire ou paraître méfiante ; elle devait rester à l'image qu'elle venait de donner depuis le début. Prenant une grande inspiration par le nez, elle expira doucement par la bouche, puis se concentra à nouveau sur son datapad au moment où le sergent qui accompagnait le groupe, et qui semblait être le seul vrai militaire et responsable, parvenait à relever le niveau en rendant un court rapport au commandant. Patientant sagement devant son supérieur pour qu'il prenne l'initiative de la présenter à sa nouvelle collègue, fraîchement débarquée sur Raxus, le sergent fut désappointé de voir le commandant plus occupé à fusiller d'un regard noir la sergente qu'à faire les présentations. Ne laissant pas cette situation le déstabiliser, le sergent se dirigea directement vers elle. Lorsqu'il se présenta, June releva légèrement les yeux avant de les reposer sur son datapad, qu'elle éteignit en le déposant sur son bureau. Elle regarda de nouveau le sergent en posant ses coudes sur le bureau tout en joignant ses mains et en entrelaçant ses doigts, tel qu'elle l'avait fait face à la sous-préfète, puis écouta attentivement ses mots, commençant, comme à son habitude, à analyser les gestes et les micro-expressions faciales, ainsi que les différentes intonations dans sa voix chez son interlocuteur.
« — Montrez un peu de retenue, sergent, commença-t-elle à dire d'un ton autoritaire mais indulgent. Il est inutile de vous extasier devant l'arrivée d'un nouvel élément. Faites preuve de professionnalisme, lui rappela-t-elle d'une manière amicale mais empreinte d'une supériorité assumée. Respectez votre grade et servez d'exemple à vos collègues, ordonna-t-elle fermement. Maintenant que cela est dit, je vous présentes à mon tour mes respects, sergent, dit-elle en ne changeant nullement de position ou de ton. »
June ne pouvait dorénavant plus faire marche arrière, et cela suscitait en elle quelques doutes quant à l'image qu'elle projetait aux autres. Faisait-elle le bon choix ? Intérieurement, elle s'excusait pleinement pour son comportement et sa façon de parler. Malheureusement, elle allait devoir endosser le rôle de la méchante à présent, celle qui instaurerait un règne de terreur et priverait les soldats de leur petit confort. Elle était consciente que les changements radicaux qu'elle s'apprêtait à mettre en place risquaient de ne pas être bien accueillis, surtout venant d'une simple sous-officière qui n'était pas originaire de Raxus et qui n'était là que depuis quelques heures à peine. Elle savait que désormais, il serait difficile de changer l'image qu'elle avait déjà laissée transparaître. Alors qu'elle allait reprendre la parole, l'écran de son datapad s'alluma et afficha une notification envoyée par le droïde protocolaire de la caserne. Celui-ci l'informait de la bonne réception physique de madame Atanaé Tel'Illma en lui indiquant le chemin à suivre jusqu'à son bureau. Comprenant qu'elle allait devoir abréger la petite réunion qui avait lieu dans le bureau du commandant, June reprit la parole avec l'assurance d'un véritable officier supérieur.
« — Vous me ferez de plus longues présentations une prochaine fois, sergent, s'excusa-t-elle en abrégeant la conversation. Je dois recevoir une personne importante, entamer la refonte totale des lieux et envoyer de nombreux holomessages, précisa-t-elle en se levant de son fauteuil. Toutefois, je profite de la présence de l'ensemble des membres de ce bastion pour vous informer que, à partir d'aujourd'hui, tout va changer, sans entrer dans les détails pour l'instant. Vous recevrez toutes les informations demain, ajouta-t-elle en se redressant davantage et en scrutant chacun d'entre eux. Comme je l'ai déjà dit au lieutenant et au commandant, je veux tout le monde dans la cour d'entraînement à cinq heures précises. Aucun retard ne sera toléré, ni aucune excuse, termina-t-elle sur un ton autoritaire, sans laisser place à une quelconque réplique. »
Reprenant place sur son fauteuil après avoir donné son premier ordre en tant que nouvelle directrice de la caserne de la préfecture, son regard se porta ensuite sur son datapad qui l'alerta une nouvelle fois. Le hasard faisant bien les choses, ce fut tout de suite après son monologue que le droïde protocolaire annonça l'arrivée imminente de la assistante Tel'Illma. Décrochant son regard du datapad pour le porter à nouveau sur les membres présents, elle put lire en eux comme dans un livre ouvert. C'était à la fois étrange et effrayant. Pourquoi ne cachaient-ils pas mieux leurs émotions ? N'avaient-ils jamais appris à rester impassibles devant une critique ou un ordre ? Pas besoin de lire les expressions faciales du sergent Staim, elle pouvait sentir d'ici la méfiance qu'il lui portait. Elle pouvait aussi apercevoir de la colère chez la soldate Dizer, son visage était facile à lire pour n'importe qui, par ailleurs. Le soldat Bid, quant à lui, semblait curieux et en même temps inquiet. Tandis que B1-11m et B1-43m restaient stoïques, à l'image même des B1. L'atmosphère dans la pièce était tendu, et June ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'agacement chez certains membres présents. Pour se protéger et imposer son un peu plus son pouvoir qu'elle détenait à ce moment, elle renvoya tout le monde.
« — Vous pouvez disposer. »
À peine avait-elle terminé son discours auprès des membres de la caserne, qu'Atanaé Tel'Illma pénétra dans la pièce. Se levant de nouveau de son fauteuil, elle invita chaleureusement l'ancienne assistante à prendre place sur l'un des fauteuils présents devant son bureau, tout en ordonnant au commandant et au lieutenant de quitter la pièce à leur tour. Ils n'avaient pas à être présents durant ce rendez-vous qui ne les concernait nullement.
« — Honneur partagé, madame Tel'Illma, répliqua June en prenant place sur son fauteuil. D'après votre message, vous souhaiteriez travailler plus étroitement avec la Confédération, et plus particulièrement avec le lieutenant Vasburg ? demanda-t-elle en marquant un instant de silence pour observer son invitée. Je peux facilement vous mettre en relation avec lui. Cependant, comprenez qu'il me faut davantage d'informations sur votre demande, expliqua-t-elle en laissant comprendre qu'elle ne pouvait pas déranger le lieutenant inutilement. » -
Post n°18
Auteur : Leiel Osso- Mais ça veut dire quoi ? Le Commandant est démis ? C'est elle qui prend sa place ? Elle est Sergente !
- Et ça veut dire quoi « tout va changer » ? Qu'est-ce qui va changer ?
- Le Commandant doit signer une autorisation pour...
- Taisez-vous !
Staim, assailli de questions et d'angoisses de toutes parts ne pouvait y répondre. Ils attendaient une sorte de consultant, qui resterait à la caserne pour une poignée d'heures dans la semaine et ils se retrouvaient avec une gradée qui s'était mis en tête de tout changer. Changer quoi, d'abord ? Ca fonctionnait très bien comme ça. Quelles conséquences pour eux ? Quels enjeux pour le Commandant ? Pour le Lieutenant ? Et pour lui et ses hommes ?
- Taisez-vous. Un peu de calme. Pour le moment, on n'en sait rien et on en saura plus demain. Entre temps, vous me briquez vos quartiers...
- Mais c'est déjà fait !
- Dizer ! Vous me briquez vos quartiers, vous me faites l'inventaire des stocks des cuisines et de l'armurerie...
- Mais ça va prendre des...
- Bid ! Bouclez-là ou ça va partir en consigne ! Où j'en étais... Les inventaires, le rangement. On va partir là-dessus, ça lui donnera des prises en moins pour nous tomber dessus.
Dizer croisait les bras, soufflant sur sa mèche rose avec exaspération.
- Elle va rester longtemps ?
- Je... j'en sais rien. On va faire avec. De toute façon, ils finissent tous par partir.
Sauf lui. Le Sergent Staim était entré dans la carrière par conviction. Natif de Gerenomon, il était passé par une demi-douzaine de casernes avant d'échouer définitivement ici, réalisant avec déception que ce serait sans doute ce qui pouvait lui arriver de mieux. Difficile de partir pour les étoiles quand on venait de Raxus. Difficile de s'illustrer au champ d'honneur quand l'essentiel de ses missions était de s'assurer que le Commandant récupérait bien un des bakchichs attendu de la journée. Il ne détestait pas son travail. Simplement, il en avait perdu le sens et s'accrochait à ce qu'il avait devant lui pour ne pas sombrer. Quelqu'un comme King remettait tout cela en question. Cela aurait pu être une bonne chose si des tentatives infructueuses n'avaient pas déjà eu lieu. Staim le savait comme tout le monde. L'inertie était irrésistible et même si une caserne fonctionnait plus efficacement qu'une autre, l'absence de véritable but faisait que chacun, à un moment ou à un autre, retombait dans ses travers.
- Mouais. Avec tout ça, on garde nos permissions quand même ?
- Je suppose, Dizer.
Le manque de certitudes et de confirmations faisait serrer les dents à la Dévaronienne. Qu'on lui dise quoi faire et ce serait fait, mais qu'on lui foute la paix ensuite. Plus jeune et à la dérive, elle avait trouvé dans sa courte carrière militaire à la fois une punition et un cadre nécessaire, puisqu'elle était arrivée là sur décision de justice. Ce qu'elle avait contesté et combattu au début s'était avéré bien plus positif que son milieu d'origine. Si elle s'opposait encore verbalement à l'autorité des uns et des autres, elle comprenait le sens de la hiérarchie, le cadre qu'elle représentait, l'organisation du monde autour d'elle. En plus, elle recevait une solde. Finalement, elle tenait à la Caserne, à ses membres, même au Commandant qui faisait partie de cette famille reconstituée.
- Heu, Sergent, quand elle a dit cinq heures, c'est de l'après-midi, hein ?
Bid était un peu plus problématique, puisque ce qui l'intéressait, c'était d'en faire le moins possible. Sur un champ de bataille, il n'aurait jamais tenu plus d'une journée. Mou et lent, jamais enthousiaste, il suivait le groupe parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. Le principe de conservation d'énergie lui tenant chaudement à cœur, il apparaissait en général en dernier et disparaissait en premier, trait que Staim tentait de combattre en se plaçant derrière le Twi'lek quand ils partaient en patrouille et en allant le chercher dans ses quartiers le matin avant tout le monde. Tod Bid ne s'en formalisait pas. Rien ne paraissait grave à ses yeux à part la seule calamité possible : qu'on lui demande plus que ce qu'il n'était préparé à faire. C'est-à-dire pas beaucoup, à part les quelques réparations que son statut de mécanicien lui permettait de faire sans se faire d'ampoules aux doigts.
- Non soldat. Cinq heures, ça veut dire le matin. Je vais voir Parker. Il aura peut-être plus de précisions.
Dans le courant de l'après-midi, toutes les chambres furent refaites, en gardant à l'esprit le confort des occupants plus que les consignes réglementaires. Les maigres provisions de cuisine furent passées en revue, certaines, périmées furent jetées au passage, mais comme l'essentiel venait de dehors cela ne posait aucun véritable souci. Staim revit le menu des deux semaines à venir, appelant les traiteurs, laissant entendre qu'il pourrait y avoir quelques changements mineurs. Mais sans confirmation du Commandant, il ne pouvait s'avancer davantage. Vint ensuite l'épineux souci du transport. Le leur, un Buirk'alor vétuste, flottait au-dessus du sol mais ne prenait plus les airs comme il aurait dû le faire. Les réparations traînaient depuis un bon moment, puisque pour les patrouilles, rien ne les obligeaient à voler et que leur présence devait se faire connaître surtout dans les rues. Dans l'impossibilité d'obéir aux consignes de la Préfecture qui étaient de fournir un transport correct à la Sergente King, Staim se décida à appeler l'administration pour qu'on leur envoie au moins de quoi effectuer les réparations sur place.
C'est à ce moment-là que Dizer, qui avait probablement fini ses tâches avant tout le monde, poussa le volume au maximum dans ses quartiers pour écouter, dans les conditions les plus proches du réel possibles, un libretto hutt particulièrement explosif.
- Première Caserne de la Préfecture, Sergent Staim, on m'a dit de contacter votre poste.
- C'est à quel sujet Sergent ?
- Notre transport est toujours immobilisé. Nous avons demandé un remplacement ou du matériel pour réparer le moteur auxiliaire, mais nous n'avons toujours rien reçu.
- Ouiii, je vois votre demande dans le dossier. C'est une question de temps, d'ici deux ou trois semaines...
- Semaines ! Non ! Attendez. Nous avons reçu l'assurance de pouvoir accueillir le Sergent June King dans les meilleurs conditions et nous avons ordre de mettre à sa disposition un transport. Si le transport ne fonctionne pas, on fait quoi !
- Veuillez patienter, je vous mets en relation avec le service concerné.
- Merci...
C'était bien le troisième service concerné avec lequel on le mettait en relation, et, inhabituellement, les choses semblèrent immédiatement prendre un tournant favorable.
- Sergent Staim, je suis Lanz Larp du Conseil à la Défense. Nous sommes au courant de votre mission, veuillez nous excuser du retard. Nous vous envoyons un nouveau véhicule et un mécanicien pour réparer celui qui vous est attribué.
- Dans combien de temps ?
- D'ici demain. Nous sommes désolés de ne pas pouvoir aller plus vite, les dossiers se sont croisés et...
- C'est formidable ! Je peux conserver votre comm' ?
- Absolument, mais a priori le Commandant Parker doit déjà l'...
La suite fuit noyée dans un torrent d'aigus assourdissants et de basses à faire vibrer les murs.
- Je vous rappelle !
- Pardon ? Je n'entends...
- JE VOUS RAPPELLE !
D'un pas aussi martial qu'outré, Staim alla tambouriner à la porte de Dizer, où Extar et Bid s'étaient déjà retrouvés.
- Faut qu'elle baisse, ça peut pas...
- QUOI ?
- FAUT QU'ELLE BAISSE LE SON !
- JE SAIS ! DIZER ! DI-ZER !
Brusquement, le vacarme disparut, le bref silence soudain incongru, et la porte glissa pour s'ouvrir.
- Quoi ?
Pas de salut, pas d'excuses. Dizer bidouillait quelque chose qui comportait plusieurs écrans, des composants internes éventrés et des fils qui se répandaient partout, un fer à souder à la main et des lunettes sur le front.
Devant le spectacle, Staim essaya de garder son calme et de lui rappeler posément où elle se trouvait, mais Extar prit les devants, lui hurla dessus qu'elle allait respecter le règlement et pas faire de vagues. La Dévaronnienne l'écouta sans broncher, répondit par un laconique « oui chef », et referma d'une pression du doigt le panneau de sa porte. Extar, satisfait du résultat, tirait un peu sur sa vareuse encore mouillée pour se donner un air plus respectable que de coutume.
- Voilà comment il faut faire, Sergent. Bien. Maintenant fichez-moi le camp et...
Et le deuxième mouvement du libretto reprit où il s'était arrêté.
A son bureau blanc, Osso attendait que le comm' fasse son œuvre et la mette enfin en relation avec le vaisseau. La situation ne lui plaisait pas particulièrement, la plaçant dans une position où elle pouvait difficilement gagner. Son but, pour le moment, était de ralentir la chute de Bergen, assez pour pouvoir en profiter politiquement tout du moins, sans s'attirer les foudres et de ses soutiens, et de l'administration militaire. Il eut été plus simple de le laisser apprécier les conséquences de ses actions, mais l'homme restait une institution, avec le poids que ce statut lui conférait.
- Sous-Préfète Osso. Je souhaite contacter la Commandante Irons au sujet du Conseiller... de l'ex-Conseiller Bergen.
Elle se tut, légèrement avancée sur son bureau, grossissant sa projection holographique, pensant déjà à l'acceptation, au refus, aux compromissions qui se profilaient dans la réponse à venir. Leiel cherchait clairement à courtcircuiter Vasburg, mais Irons ne lui avait pas paru très réceptive dans le bref moment où elle l'avait croisée et le parcours personnel de la Commandante ne lui avait rien révélé, si ce n'était qu'il était curieusement succinct. Mille raisons pouvaient expliquer ce vide relatif, mille sentiers pouvaient bifurquer devant elle. Et comme à chaque fois, elle devrait choisir le meilleur. Parallèlement, un autre enjeu saillait sous les faits : à qui revenait l'autorité, une Commandante de la CSI, aux pouvoirs encore mal définis, ou une dirigeante planétaire ?
- Mais ça veut dire quoi ? Le Commandant est démis ? C'est elle qui prend sa place ? Elle est Sergente !
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Post n°19
Auteur : Atreïs HelcarLe Prédateur était revenu à bon port, si l’on pouvait dire. L’escale de Raxus Prime avait été des plus intrigantes et intéressantes, et dorénavant, il était temps de replonger dans les affaires plus courantes, tout en composant avec cette nouvelle trame de fond qui se dessinait petit à petit. Tant de choses encore à découvrir et à comprendre, de plans à élaborer et à exécuter, de gens à recruter… Et tout cela devait être mis au placard sous l’injonction d’une sous-préfète arriviste qui lui demandait des comptes. Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir qu’Irons et Vasburg étaient une seule et même personne. Cela ne tombait absolument pas sous le sens, et malgré quelques coquetteries bien à lui, Atréïs avait fait en sorte de brouiller les pistes, et Valkoinen avait fait du bon travail également. Mais il ne pouvait pas ignorer plus longtemps la dirigeante raxienne. On finirait par le lui reprocher. Il avait simplement fait communiquer par l’un des droïdes de bord qu’il viendrait dès son retour.
Mais ce retour, hors de question de le faire seul. A ses côtés, l’imposant magna-garde IG-100 se tenait droit, parfaitement programmé pour assurer la sécurité de la commandante Irons. Acheminé directement depuis Raxus Prime suite à l’ordre communiqué par Atréïs, il avait été remis en état spécialement pour assurer l’escorte de l’espion, et ne répondre qu’à lui. Sa peinture noire lui donnait un côté menaçant et le distinguait des autres IG, qu’Atréïs ne pouvait plus encadrer suite à l’attentat sur Géonosis. Déjà, avoir celui-ci à ses côtés requérait une certaine force d’esprit.
- Tregar, Naavis. Prévenez June que je passerai la voir aussitôt que possible. Tenez moi au courant de sa situation.
Lorsque la commandante séparatiste posa le pied sur le sol raxien, il était déjà tard dans l’après-midi. Inconsciemment ou non, il avait choisi une heure tardive de manière à laisser le temps à sa subordonnée de se préparer, et sans doute aussi pour mener la vie dure à l’arriviste qui se permettait d’essayer de court-circuiter Vasburg. Bien sûr, beaucoup d’organiques auraient été ravis de rendre service à une politicienne contre service ultérieur, mais le fait qu’il représentait à la fois le juge et le parti rendait la situation inconfortable pour lui. Il contrôlait les pièces des deux côtés de l’échiquier, mais cela ne voulait pas dire qu’il devait faire n’importe quoi. Bergen était quantité négligeable pour lui, mais pour autant, si Osso se plaignait, il devrait se justifier devant Valkoinen. Alors il faudrait la jouer fine.
Atanaé s’était inclinée devant June. Elle avait croisé les regards dépités et les épaules voûtées des militaires, cachant un certain amusement. L’armée n’avait jamais été sa tasse de thé, malgré sa rigueur que l’on qualifiait de militaire, une sorte d’appréhension mêlée d’incompréhension à la vue des uniformes. En tout cas, jusqu’à ce qu’elle rencontre Vasburg. Elle était à l’opposé de tout ce qu’elle imaginait. Loin des paresseux raxiens ou des droïdes confédérés. Elle était animale, envoûtante, étrange… une aventure à elle seule.
- En effet, Sergent King. Le lieutenant Vasburg et moi nous sommes déjà rencontrées et… je dirai que sa manière d’être a changé ma façon de voir les choses et de voir mon rôle. J’ai souhaité quitter mon rôle d’assistante afin d’embrasser un chemin plus global, plus universel. Le Lieutenant me semblait pouvoir bénéficier d’une aide extérieure.
Elle sourit doucement à June, attendant sa réponse. La petite soldate semblait bien plus imposante que tous les autres militaires réunis, son œil froid et analytique lui rappelait le sien, qu’elle croisait tous les matins dans le miroir. Sa tenue droite et découpée retombait parfaitement sur son corps tendu qui la rendait d’autant plus impressionnante. Quelque part, elle se sentait ridicule.
Accompagné de son magna-garde, vêtu de son uniforme brun officiel, Irons dégageait un charisme froid et inspirait un certain respect. Son absence d’armes ne faisait que renforcer sa position de chasseuse, celle qui n’avait pas peur de rentrer tête la première. Ses cheveux roux lancés vers l’avant masquaient son front blanc mais laissaient ses yeux noirs paraître et transpercer l’âme et l’esprit des faibles qui la regardaient. Ici, elle était l’alpha, et elle le savait. Les raxiens n’étaient rien pour elle. Pas même des proies dignes d’un Gurlanin. A peine des Gdan.
En voyant l’Heptooinien Sapoj derrière son bureau, il eut un sourire. Le tourmenter une fois avait été un plaisir, une seconde serait un délice. Véritable paillasson pour la sous-préfète, il subirait fatalement l’inconséquence de la commandante. Pourtant, il n’avait rien à dire, c’était elle qui l’avait sollicité.
-Bonsoir. Je n’ai pas de rendez-vous, mais je compte sur vous. Je veux voir madame Osso, à sa demande. Je suis la Commandante Irons, du Prédateur. -
Post n°20
Auteur : June KingDéjà débordée par son nouvel agenda et les nombreuses responsabilités et autres problèmes qui allaient certainement les entourer pour les prochaines semaines : la sergente King, nouvellement autoproclamée directrice de la caserne militaire de la préfecture de Raxus Secundus - après avoir destitué violemment de ses fonctions l'ancien directeur, le commandant Parker -, venait d'annoncer d'un ton ferme son premier ordre à l'unique groupe militaire organique que composait la caserne avant d'inviter l'ancienne secrétaire, madame Atanaé Tel'Illma, à prendre la parole, après l'avoir aimablement accueillie dans son nouveau bureau. L'invitée semblait être quelqu'un de soigné et de poli. Souhaitant ne rien laisser échapper à sa vigilance ; ses yeux scrutaient les moindres petits détails présents autour d'elle - enregistrant toutes les informations utiles et utilisables. Le ton que prenait l'ancienne secrétaire face à la petite Lorrdienne impeccablement revêtue de l'uniforme confédéré, se voulait amical et surtout émotionnel. Il était vrai que ce genre de comportement pouvait facilement fonctionner sur June, elle qui était très réceptive émotionnellement. Mais totalement drapée dans son rôle de sergente autoritaire, prête à gravir les échelons et devenir rapidement lieutenante, June se maîtrisa et resta le plus stoïque possible face à son invitée.
« — Je peux parfaitement comprendre ce sentiment et ce besoin de changement ou d'évolution, acquiesça June en redressant légèrement son dos. Toutefois, comprenez qu'il vous faudra à nouveau servir sous les ordres d'un supérieur, si vous faites cela. Et plus particulièrement sous les ordres d'un militaire. Cela n'aura rien à voir avec votre précédent rôle, avertit la jeune sergente de la difficulté à venir tout en restant assise, jambes croisées et mains jointes sur le fauteuil. Bien sûr, si vous venez jusqu'à moi aujourd'hui, cela veut dire que votre détermination n'est plus à prouver, conclut June en sortant son datapad, prête à rédiger un message à l'attention du lieutenant Vasburg. »
Alors que June écrivait les premières lignes de son message à l'attention de son supérieur, le lieutenant Vasburg, tout prêtant une oreille attentive à la réponse de Tell'Illma ; June sursauta brusquement dans son siège en relevant vivement la tête de son datapad pour scruter avec affolement son environnement avec une pointe d'anxiété. Une musique assourdissante venait de se manifestait et était si forte que tous les murs tremblaient sous les basses qui décrochaient les quelques tableaux présents et de faire voler la poussière du plafond. Se demandant un instant ce qu'il se passait, June eut presque la réponse suite à l'attitude du lieutenant Extar qui cachait son visage entre ses mains en secouant la tête, tandis que le commandant arborait une grimace inquiétante qui voulant dire que cela n'allait pas arranger les affaires de la caserne. Mais presque aussi vite que cette musique était apparue, la musique cessa, laissant un silence pesant derrière elle et les oreilles bourdonnants avec la craindre de son retour imminent. Que venait-il de se passer ?
« — Lieutenant ?! Commandant ?! interrogeait tour à tour June d'un ton sec. »
Malheureusement, aucune réponse ne fut donnée après son interpellation, car la musique fit son retour aussi brutalement que la première fois. Cette fois-ci était celle de trop. June se leva de son fauteuil en s'excusant auprès de la secrétaire Tel'Illma tout en lui expliquant qu'elle allait revenir rapidement, puis franchit les portes du bureau, laissant le lieutenant et le commandant dans l'inquiétude la plus profonde et la pire des crainte. Dans les couloirs, il n'était pas difficile de repérer l'origine de la musique ; suivre le son qui devenait de plus en plus fort à chaque pas était la solution. Rapidement, June arriva devant la porte de la chambre du soldat Dizer, où se trouvait le reste du groupe. Ne prêtant aucune attention au sergent ni aux soldats, June frappa à plusieurs reprises avec son bras cybernétique gauche sans vraiment forcer, cabossant la porte par la même occasion. Il était hors de question qu'un tel comportement puisse continuer. Bien sûr, étant donné la force du bras cybernétique, il était impossible de ne pas avoir entendu le bruit de l'autre côté de la porte, et presque instantanément après, la musique s'arrêta et la porte s'ouvrit, laissant apparaître Dizer avec un fer à souder à la main et des lunettes sur le front. C'était une caserne militaire, pas un spatioport où l'on s'amusait à réparer des tas de ferraille inutiles ! Sans proférer un seul mot, la jeune sergente poussa violemment de l'épaule la soldate Dizer contre l'encadrement de la porte de ses quartiers avant de pénétrer dans la pièce. À l'intérieur, son regard scrutateur balayait chaque recoin avec une intensité glaciale. Les mains jointes derrière son dos et une posture d'une autorité incontestable, la sergente évoquait l'image même d'une supérieure terrifiante, prête à sévir impitoyablement au moindre indice susceptible d'entraîner un renvoi ou une terrible punition. S'arrêtant finalement devant l'objet qui avait perturbé l'ensemble de la caserne par sa nuisance sonore, June appela le sergent à ses côtés.
« — Les changements commencent dès à présent. Veuillez utiliser votre blaster et détruire cet objet, sergent, ordonna-t-elle d'un ton glacial et autoritaire, ne laissant aucune place à la réplique tout en sortant de la chambre. Vous pouvez féliciter votre amie, grâce à elle, vous perdez une heure, lança-t-elle en se retournant vers le reste du groupe. Demain, à quatre heures précises, dans la cour d'entraînement, aucun retard ni excuse, réitéra-t-elle avec la froideur d'un bourreau. À moins que la vie de civil ne vous manque, conclut-elle en esquissant un sourire aussi cruel que celui de Gladmoore. »
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Dans les couloirs, avançant péniblement avec ses jambes tremblantes et un palpitant qui menaçait de lâcher à tout instant, June essaya de se ressaisir après cette terrible expérience. Avait-elle poussé son rôle et sa punition trop loin ? Tout était nouveau pour elle, surtout cette attitude qu'elle venait de revêtir. Un goût amer et des remords la submergèrent, mais en même temps, une étrange satisfaction et un plaisir coupable l'envahirent.
Une fois de retour à son bureau, un silence de cathédrale avait envahi la pièce. Le lieutenant Eskar avait la tête contre son bureau, les mains posées sur l'arrière de son crâne, totalement dépité par toute cette journée ; le commandant Parker lisait religieusement sa paperasse, accoudé à son nouveau bureau, et Madame Tel'Illma patientait. Lorsque June reprit place sur son fauteuil, elle s'excusa de nouveau auprès de l'ancienne secrétaire, récupéra son datapad et relut le message qu'elle était en train de rédiger. Le message... message envoyé ? Pourquoi le message qui ne comprenait qu'un seul mot était envoyé ? Affichant un grimace d'inquiétude, June savait qu'elle venait une nouvelle fois de gaffer. Mais était-ce vraiment involontaire ? Après un bref moment de réflexion, elle comprit qu'elle avait dû appuyer sur le bouton "envoyer" en sursautant. Elle prit une profonde inspiration pour calmer ses nerfs, puis sourit à Atanaé et l'invita à reprendre là où elle s'était arrêtée avant d'être interrompue. Feignant l'innocence, June écouta attentivement Madame Tel'Illma, puis copia son texte précédent pour le compléter et termina le message qu'elle avait initialement voulu envoyer. Le premier message était une erreur, peu importe, le second ne le serait pas.
« — Je viens d'envoyer un message au lieutenant Vasburg, expliqua-t-elle à son invitée, sans mentionner son erreur dans son premier message. Je ne peux malheureusement pas vous promettre une rencontre rapide, mais vous pouvez séjourner à la caserne jusqu'à sa prochaine venue, sourit-elle pour la rassurer. »***Mes respects, Lieutenant Vasburg.
Madame Atanaé Tel'Illma, qui m'a certifié vous avoir déjà rencontré, souhaite mettre ses talents d'assistante à votre service et élargir ses compétences au sein de votre équipe. J'ai donc pris l'initiative de l'inviter à rester à la caserne militaire de la préfecture de Raxus Secundus jusqu'à votre prochaine visite. -
Post n°21
Auteur : Leiel OssoLes ruines fumantes de la sono empuantissaient l'air des modestes quartiers de Dora Dizer. Staim avait obéi à l'ordre donné sans hésiter et n'avait même pas réalisé que la Sergente King était repartie honorer par sa présence son invitée. Le blaster à la main, il fixait bêtement le défunt appareil, se demandant avec un effroi grandissant comment il allait gérer la suite.
- Ok. Je vais la tuer.
- Heu Sergent ?
- Je vais lui pulvériser les ovaires, lui défoncer les rotules. Je vais lui percer les dents. Et verser du métal en fusion dans ses orbites.
- Dizer...
- Je vais la noyer dans de l'acide, la refiler à poil à un rancor...
- Dizer.
- Sergent, pour demain ?
- Je vais lui ouvrir la gorge à la verticale, là, des deux côtés de sa trachée de merde...
- Dizer !
- Et je vais verser du sel dans la plaie. Je vais droguer son @£!&% de caf ou non...
- Pour demain, il faut vraiment...
- DIZER !
Le cri de Staim eut pour effet de réduire au silence tout le monde en même temps. Mais la Dévaronnienne n'avait pas fini son énumération.
- Je crois que je vais la bouffer.
- Dizer, ça suffit.
Elle souffla sur sa mèche rose avec colère, braqua ses yeux noirs sur le Sergent.
- @£!&% vous aussi, je devrais vous fumer...
- Bien. Parfait. Maintenant, calmez-vous bordel et écoutez-moi !
- Quand elle dit quatre heures, c'est de l'après-midi ?
- Bid, si vous êtes encore là dans trois secondes, je vous fous au trou.
Ils n'étaient plus que deux dans la chambre, Dizer tendue, sombre et rigide, bras croisés, et Staim qui cherchait ses mots en essayant de calmer ses propres nerfs.
- Ecoute. On a déjà vu ça. Tu te souviens, quand tu es arrivée ?
La grimace de Dora dévoila un instant ses canines.
- Ca n'a rien à voir, cette roulure a dézingué mon...
- Tu te souviens de combien tu as passé de semaines au mitard avant de savoir parler à tes supérieurs ?
- Mais je vais très bien lui parler, vous allez voir ! Ca va être clair comme ma main dans sa...
- Merde ! Dizer ! Tu as appris plus que ça ! Tu vaux plus que ça ! La puissance par la maîtrise !
Avec un geste exaspéré de la main, la Dévaronnienne tourna le dos à son Sergent, ruminant maintenant imperceptiblement la liste interminable de ses récriminations.
- Perception, conscience, intelligence, respect...
- Oui, ça va... le respect de la hiérarchie, la hiérarchie qui protège, la protection par l'honneur, l'honneur par la puissance, la puissance par la maîtrise...
Staim eut un petit rire désabusé.
- Tu vois que tu écoutes parfois.
- Elle a pété ma sono.
- Est-ce qu'elle a eu tort ?
- Et vous... vous auriez pu désobéir, merde.
- Bien sûr que non. Vous méritez une sacrée consigne, Soldate Dizer. Désobéissance, menaces, insultes envers un supérieur, non, deux supérieurs...
- Si Parker et Extar étaient là, ils en auraient aussi pris pour leur grade !
- Quatre supérieurs. Vous apprenez, Dizer. Mais qu'est-ce que vous apprenez lentement.
Toujours de dos, toujours raide de colère, elle tourna quand même la tête vers Staim, réprimant un léger sourire.
- Je veux une autre sono.
- Sur votre solde.
- Rhaaa... je ne m'excuserai pas.
- Vous vous excuserez si elle vous le demande. Vous fixerez un point au-dessus de sa tête et vous direz ce qu'elle veut entendre.
- Ha. Ca c'est pas dur, elle est minuscule.
Ce fut au tour du Tholothien d'étouffer un sourire.
- Vous savez ce que je pense de vous, Dizer. Vous êtes une plaie, mais vous avez de bons côtés. N'allez pas tout gâcher en fonçant tête baissée. Elle partira, ils partent tous.
Elle lui fit face alors, plus abattue qu'il ne l'aurait pensé.
- Je suis consignée ?
- Non. Je n'ai rien entendu de toute façon, votre boucan m'a rendu temporairement sourd.
Cette fois-ci, ils ne cherchèrent pas à masquer leurs sourires.***
Deux femmes fort occupées venaient de quitter le bureau de la Sous-Préfète quand M. Sapoj, avec autant de déférence que possible, invita la Commandante Irons à les remplacer.
Osso n'était pas derrière son bureau. Non loin de la porte imposante, son regard avait été retenu par une sculpture apparemment bénigne. Pas la plus grande, pas la plus épurée, pas la plus ornementée. Une sorte de grand ruban de pierre d'un gris doux et commun. Un nœud qui présentait sans cesse la même face aux yeux du spectateur. Un seul verso, aucun recto.
Cependant, à l'entrée d'Irons, la jeune femme ne s'attarda pas dans ses considérations. Elle marqua tout de même un temps d'arrêt devant le magna-garde, noir, menaçant, chargé de promesses désagréables, se pencha même vers lui, curieuse.
- Est-ce déjà le temps de la violence ?
La phrase n'était pas faite pour être entendue. Une remarque personnelle, tout au plus, une pensée sauvage et vite réprimée sous un vernis plus social. Elle s'était déjà redressée, pâle dans une robe blanche. Seuls ses lèvres et ses pupilles étaient violettes.
- Commandante Irons, je ne saurai assez vous remercier pour votre retour si prompt. A nouveau, laissez-moi vous présenter mes excuses si vous n'avez pas été accueillie ici comme votre rang l'exigeait. Je souhaite que votre présente visite se déroule cette fois sous de meilleurs auspices.
D'un geste, elle l'invita à l'accompagner jusqu'à son bureau et à prendre place dans un des larges fauteuils blancs qui lui faisaient face. Osso s'assit à son tour, un sourire poli sur les lèvres, avant de s'expliquer.
- Je suppose que vous préférez cibler directement le cœur du sujet. André Bergen a commis une faute et doit être puni. Nous savons tous deux laquelle, vous étiez là. Les circonstances de son explosion n'ont que peu d'intérêt.
La voix de l'ex-Conseiller retentit dans sa mémoire. Non, il n'avait pas été ni subtil ni inspiré. Ni chanceux. Mais revenir en arrière étant impossible, il assumerait.
- Si mes informations sont exactes, la Lieutenante Vasburg a demandé son assignation à résidence. Les choses ne peuvent en rester là. Enfin si, bien sûr, il peut rester chez lui indéfiniment à se ronger les sangs et préméditer des représailles potentielles. Mais ce n'est pas une sanction. C'est au mieux un état provisoire, pour mener à autre chose.
La capacité de nuisance de Bergen était connue. Homme politique incontournable sur la planète depuis quarante ans, sa disparition encore discrète ne le resterait plus longtemps. Révéler au public son dernier coup d'éclat forcerait les uns et les autres à choisir un camp. Personne ne gagnerait à un clivage, même théorique. Personne ne gagnerait à échanger une loyauté pour une autre.
- Restent donc la sanction et son application. Si j'ai voulu vous parler, c'est pour tenter de vous convaincre de laisser la Préfecture gérer cet... incident en interne. Je veux être parfaitement honnête avec vous : il ne sera pas humilié publiquement, personne ne saura ce qui s'est passé. Il recevra même des honneurs pour sa longue et fructueuse carrière. Mais monsieur Bergen n'aura plus de crocs. Les allégeances politiques coalescent autour d'intérêts communs. Si c'est... l'âge qui éloigne André Bergen des affaires, alors il n'y a rien à sauver. En revanche, si l'affaire est sue, certains pourraient considérer que sa maladresse est une cause à défendre. D'autres projets pourraient en être retardés. Comme celui de l'Académie militaire.
Sa main s'ouvrit, comme pour chasser une pensée.
- Pardonnez-moi. Je vous ai assuré d'aller au cœur du problème le plus vite possible. Alors voilà. Laissez-moi gérer la situation, s'il-vous-plaît. Bergen sera puni. Pas publiquement. Mais définitivement.
Le vieux Conseiller l'aurait emmerdée jusqu'à la fin. Bien sûr, si Irons décidait pour on ne sait quelle raison qu'intervenir dans les rouages cachés d'une administration planétaire relevait de ses compétences, la situation serait plus délicate. Cette idée intriguait Osso. De son point de vue, l'affaire était pliée. Depuis longtemps. Seulement Irons était là. Silencieuse mais attentive. Avec ses yeux noirs. Saad n'avait rien trouvé, ni drogue, ni substance ni espèce proche-humaine avec des pupilles si profondément sombres. Leiel les trouvait étrangement beaux. Froids, méthodiques. Prédateurs. Elle sourit poliment. -
Post n°22
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs avait pris la décision de laisser venir à lui la discussion. Osso était dans une position de demandeuse, et n’aurait donc pas d’autre choix que de dévoiler ses cartes. Un statut qui aurait été dangereux pour le Gurlanin, étranger à ce monde et désintéressé, surtout. Et puis, il avait compris que la sous-préfète, sans être une oratrice exceptionnelle, avait pour habitude de mener les débats à sa convenance. Il ne comptait donc pas lui retirer cet honneur, et s’était préparé en conséquence. Sans un regard pour Sapoj qui ne lui inspirait qu’un vague mépris qui tenait plus de son attitude dégoulinante d’hypocrisie que d’une xénophobie ordinaire, il pénétra le bureau déjà connu, prenant la peine de jeter un léger regard sur la décoration. Dans son dos, le magna-garde s’arrêta, surplombant largement la Commandante.
Ni l’un, ni l’autre ne s’offusquèrent de l’attention portée en premier lieu sur le droïde. C’était compréhensible, il devait être rare qu’une telle machine se retrouve sur le sol raxien, d’ordinaire paisible, pacifique, et profondément ennuyeux. Sans marquer la moindre offense, il accepta de suivre la gouvernante et de s’asseoir, ne froissant pas un pli de sa tenue. Seuls ses cheveux, légèrement en bataille, pouvaient être caractérisés de désordonnés. Le reste était à l’aune de l’armée séparatiste : droit et sans un défaut, prêt au combat et sans concession. Sans doute un mal pour un bien. S’enfonçant dans l’épais fauteuil, il écouta la plaidoirie de la femme blanche. Simple, sans équivoque, sans détour. En cela, elle se rapprochait de Valkoinen et de Katinsale, deux femmes qui trempaient dans la politique mais ne prenaient pas de pincettes avec lui. Lorsque enfin il put prendre la parole, ce fut sans esquisser de sourire ni de geste.
- Sous-préfète Osso, je comprends bien votre désir de préserver la fragile intégrité politique de votre planète. En cela, nous suivons la même voie, si l’on excepte l’échelle à laquelle nous agissons.
Libre à elle d’interpréter comme elle le désirait cette information. De notoriété publique, l’armée avait une autorité naturelle et, bien qu’illégale, parfaitement soutenue par les grandes corporations qui tenaient ainsi les planètes les plus mineures dont faisait partie Raxus Secundus… A l’inverse de Prime, ce qui expliquait aussi la différence de traitement.
- Je peux comprendre votre demande, sans pour autant la cautionner. Vous l’avez dit, j’étais là. Peu importent ses raisons ou son cheminement de pensée, une telle vindicte est inacceptable, encore plus venant d’un homme ayant tant compté dans la vie politique de sa planète. Que dirait-on si nous laissions les représentants cracher sur le système qui les met en place ?
Il marqua une pause, attendant que Leiel ne comprenne le sous-entendu, avant de reprendre.
- De plus, quand bien même le Lieutenant Vasburg soit une subalterne pour moi, je n’ai pas à la déjuger. C’est une officière compétente et capable de prendre ses décisions seule. Si elle a jugé de la nécessité de faire traduire en justice le conseiller Bergen, alors je n’irai pas contre sa décision.
Il s’accouda au siège, se délectant de la situation.
- Pour finir, vous outrepassez la voie officielle, sous-préfète, en me demandant d’annuler l’ordre d’un officier de la Confédération. Court-circuiter ainsi la hiérarchie est également passible de sanctions. Mais j’oublierai ce détail si tant est que cela ne se reproduise pas, en remerciement du fait que vous cherchiez à excuser votre planète de ma précédente… expérience.
La discussion aurait pu, aurait du s’arrêter là. Osso serait repartie la queue entre les jambes, et elle n’aurait sans doute plus jamais entendu parler de Vasburg ou d’Irons, Bergen aurait été jugé sur Géonosis et probablement simplement déchu publiquement de tout ses statuts. Mais une idée se distillait dans l’esprit d’Atréïs. La sous-préfète avait beau être une politicienne… Elle avait ses connexions et sans doute avait-elle également besoin d’alliés. Il se leva finalement, comme pour mettre fin à la discussion.
- Puisque vous parlez de l’Académie, madame Osso, je vous serais gré de m’accompagner jusqu’à votre caserne, où réside à présent le Sergent King, je crois. Concernant le Conseiller Bergen… Je parlerai au Lieutenant Vasburg de vive voix afin de relâcher votre homme. Je compte sur vous pour que la sanction soit à la hauteur de son acte. -
Post n°23
Auteur : June KingUne fois son rendez-vous avec l'ancienne assistante terminé, June put souffler quelques instants pour décompresser en s'enfonçant dans son nouveau fauteuil, tout en commençant à faire le point silencieusement sur tout ce qui venait de se passer, et ce, très rapidement. Son jeu de nouvelle directrice stricte et sévère était sans doute bluffant, tant elle copiait la façon de faire de sa mentor, mais cela la rendait nerveuse et mal à l'aise. Cette attitude nuançait drastiquement avec son véritable caractère empathique et émotionnel - bien qu'un plaisir malsain commençait à se développer, lui offrant même un léger rictus de satisfaction après chaque décision. Inspirant longuement et profondément, June se remotiva en se frappant les joues avec les paumes de ses mains et décida d'une nouvelle occupation. Se redressant sur son fauteuil, elle fit face à l'écran d'ordinateur présent sur le bureau du commandant Parker, qui était dorénavant le sien après l'avoir destitué de ses fonctions par la force. Elle se plongea dans une longue consultation des différents dossiers de la caserne militaire de la préfecture, tout en lisant les nombreux rapports sur divers incidents qui les accompagnaient. La caserne ne rayonnait absolument pas par sa réputation, et les faits d'armes des soldats étaient inexistants.
Ouvrant le premier rapport, celui-ci expliquait l'échec du soldat Bid dans une tentative d'arrestation d'un voleur. Après une course-poursuite à pied dans les rues de Raxulon, le suspect s'était échappé en empruntant une ruelle sombre et avait "mystérieusement" disparu. Le rapport, rédigé par le sergent Staim, semblait avoir omis certains détails pour ne pas entacher davantage l'image du soldat. Bien que cela ne surprît nullement June, un soupir s'échappa tout de même d'entre ses lèvres. Il faut dire que parmi tous les organiques qu'elle avait rencontrés jusqu'à maintenant, le soldat Bid ne se démarquait pas particulièrement. Le peu qu'elle avait pu voir de ce soldat laissait entrevoir quelqu'un de timide, réservé, restant en arrière et négligeant dramatiquement son physique, obéissant aveuglément et sans se poser de questions. Ce genre de soldat bon à être utilisé en patûre et en première ligne pour distraire l'ennemi. Ouvrant tout de même un second dossier, dans l'espoir de trouver quelque chose de positif parmi l'horreur qui s'annonçait en épluchant chaque dossier, son enthousiasme s'éffondra rapidement. Ce nouveau rapport faisait mention de l'état pitoyable des armes de la caserne. Rédigé par le lieutenant Extar, il détaillait longuement ce qui n'allait pas. Les armes énergétiques étaient jamais entretenues et abîmées, les munitions manquaient, les batteries des blasters à plasma n'étaient jamais chargées et certaines étaient mortes, les armes à projectiles étaient rouillées, les bâtons électromagnétiques étaient défaillants... la liste semblait interminable. Pourquoi ce rapport avait-il été mis de côté ? Et surtout, pourquoi le lieutenant, était à n'en pas douter, plus professionnel et sérieux que le commandant ?
Lisant d'autres rapports avant de comprendre qu'elle venait d'arriver dans une caserne pitoyable et à l'abandon, June voulait des réponses immédiatement. Relevant son regard, elle le dirigea naturellement vers le commandant Parker, qui... dormait ? Pourquoi diable dormait-il la tête sur le bureau en train de baver sur la paperasse qu'il devait traiter ? S'agaçant fortement de son attitude irresponsable et indigne de son rang, June frappa de colère et des deux poings sur son bureau en hurlant le grade de son supérieur, ce qui le réveilla d'un sursaut impressionnant. Ne maîtrisant pas sa force à cet instant, elle laissa même une marque sur le bureau à cause de son avant-bras cybernétique. Se levant de façon impulsive, elle foudroya du regard le commandant tout en s'avançant vers lui d'un air menaçant. Les personnes présentes dans la même pièce qu'elle à ce moment précis purent être témoins, durant une fraction de seconde, que les yeux de la jeune Lorrdienne avaient changé de couleur pour revêtir un rouge agressif, rempli de haine.
« — Soyez-en sûr, commença-t-elle à dire d'un ton brûlant en s'adressant au commandant sans le nommer. Avant que je ne m'en aille, vous ne serez plus rien, conclut-elle simplement en se retournant, plus calme, apaisée, vers le lieutenant. Lieutenant Extar, je vois que vous êtes le seul supérieur digne et respectable dans cette caserne lamentable. Les rapports que vous avez rédigés sont importants et affiche une lueur d'intelligence dans cet établissement composé de médiocres. Si cela ne vous dérange pas, j'aimerais visiter la salle d'armement. Votre rapport sur l'état pitoyable des armes est alarmant, précisa-t-elle en lui signifiant clairement qu'elle avait lu plusieurs de ses rapports, contrairement à cet incapable de commandant. »
S'avançant dans les couloirs, la tête haute et les mains jointes derrière le dos, la petite sergente suivit avec une élégance et un prestige calculés le lieutenant Extar jusqu'à la salle d'armement de la caserne pour la visiter et constater d'elle-même l'ampleur du désastre. Même si son autorité était impressionnant depuis qu'elle avait pris le contrôle de la caserne, June se sentait à la fois perdue et envahie d'un pouvoir qui la grisait. Elle avait des moments de doute, pensant parfois qu'elle allait trop loin dans ses choix ou ses mots, mais il n'y avait malheureusement personne pour tenter de l'arrêter dans sa folie grandissante et sa soif insatiable de pouvoir. Sans doute trop lâche ou trop faible pour lui tenir tête. En dépit de ses pensées secrètes souhaitant qu'on la stoppe avant qu'elle ne sombre définitivement dans un sadisme malsain, l'envie d'aller plus loin, d'être crainte et respectée, s'intensifiait de minutes en minutes.
Une fois à l'intérieur de la salle d'armement en compagnie du lieutenant ; June eut la désagréable surprise d'apercevoir deux droïdes B1, debout dans un coin de la pièce. Ils étaient là, silencieux et apparemment hors service, dans un état de veille pour recharger leurs batteries. Il s'agissait en réalité de Bim et Bam, dont elle avait lu plusieurs rapports vantant leur travail et mentionnant leur remarquable professionnalsime durant leurs missions - tout au moins, plus profesionnels que les pathétiques organiques que composaient cette caserne. Il semblait, du moins pour le moment, qu'ils ne poseraient aucun problème particulier à la jeune Lorrdienne puisqu'ils étaient éteint. Néanmoins, June gardait un œil vigilant sur eux, prête à réagir au moindre signe d'activité hostile ou inattendu. Bien qu'elle faisait de nombreux efforts sur elle-même pour apprendre à faire de nouveau confiance aux droïdes, la méfiance demeurait était encore présente. Elle préférait rester en alerte plutôt que d'être prise au piège. Regardant ensuite les fusils rangés et accrochés à la verticale, crosse vers le bas, contre un mur : June put constater l'état inquiétant des armes. L'Intérieur du canon des fusils à projectiles étaient encrassés par la poudre et d'autres complètement rouillés par leur non utilisation ; les armes énergétiques n'étaient pas nettoyées et aucune batterie n'étaient chargées et les armes de corps-à-corps trainaient un peu partout dans la salle et n'étaient pas rangé entre-elles, sans oublier l'état de propreté catastrophique de cette pièce. Heureusement que le lieutenant Extar l'entretenait du mieux qu'il pouvait, sinon, cette pièce dans laquelle les B1 se rechargeaient actuellement seraient digne d'un local pour poubelles. Tournant ensuite son attention vers les rangées de fusils accrochés à la verticale, crosses vers le bas, contre un mur : June put constater l'état inquiétant des armes. Les canons des fusils à projectiles étaient entièrement encrassé par de la poudre brûlée, et certains étaient complètement rouillés par leur manque d'utilisation. Les armes énergétiques n'étaient pas nettoyés et les batteries complètement déchargées. Les armes de corps-à-corps traînaient un peu partout dans la salle, sans être correctement rangées. De plus, la propreté de la pièce était loin d'être à la hauteur des normes attendues. Si le lieutenant Extar n'avait pas fait de son mieux pour l'entretenir un minimum cette salle, elle ressemblerait davantage à un dépotoir qu'à un endroit de stockage pour des armes de combat.
« — Lieutenant, vous n'avez pas à gérer tout ceci seul. Demain, toutes les unités de la caserne devront entièrement nettoyer leurs armes après leur entraînement matinal, expliqua-t-elle en se tournant vers l'officier. »
À peine avait-elle terminé sa phrase que les droïdes Bim et Bam se réveillèrent en émettant un bip strident, signalant que leur batterie était pleinement chargée. Se retournant brusquement vers les B1, June surveilla leurs mouvements avant de décider de les ignorer et de quitter la pièce avec le lieutenant. À l'extérieur de la salle d'armement, marchant dans les couloirs pour rejoindre de nouveau le bureau du commandant, qui était dorénavant le sien, June expliqua au lieutenant qu'il y aurait un couvre-feu à partir de vingt-deux heures dès ce soir. Toutes les chambres devraient être plongées dans noir. June ne parvenait plus à se contrôler, sa folie la dévorait, grignottant petit à petit sa raison, et elle laissait cette perversité grandir en elle sans chercher à lui résister. Elle savourait ce jeu dangereux en mettant à l'épreuve toutes les unités de la caserne, afin d'identifier qui craquerait en premier et qui oserait lui tenir tête. Mais visiblement, personne n'avait eu encore le courage de s'opposer à elle - si bien qu'elle put, visiblement, dormir paisiblement dans ses nouveaux quartiers...
Bien que la nuit, de son côté, ait été paisible et sans incident, June eut du mal à trouver tout de suite le sommeil. Blottie au fond de son nouveau lit, qui était étrangement confortable, elle fut assaillie par de nombreux regrets et une honte passagère. Elle se retrouva seule avec ses pensées dans le silence de sa chambre. Pourquoi avait-elle choisi d'adopter cette attitude et ce comportement autoritaire ? Elle n'avait rien d'une tortionnaire et encore moins d'une dictatrice sans cœur. En y réfléchissant plus profondément, quelques larmes s'échappèrent de ses yeux et décida de se cacher sous les draps, dans un réflèxe inutile, et pleura silencieusement avant de s'endormir lourdement, causé par la fatigue et les nombreux rendez-vous de la journée.***
Le lendemain, peu avant quatre heures du matin, June attendait de pied ferme que toutes les unités viennent dans la cour d'entraînement de la caserne. Elle s'était levée bien avant tout le monde, avait déjà fait son sport du matin, pris une douche après, et s'était habillée de façon protocolaire, comme elle avait désormais l'habitude de le faire depuis qu'elle était devenue instructrice sur Géonosis. Comptant les minutes et voyant l'heure du rendez-vous approcher, la petite Lorrdienne prit dans ses mains son datapad, prête à barrer les noms des retardataires et parfaitement déterminée à les priver de toute grâce matinée, sinon d'un retour à une vie de civil où ils pourront pleinement profiter de leur lit. Sans pitié, June était prête à anéantir la carrière de quiconque dans la caserne qui oserait défier son autorité et ses règles. -
Post n°24
Auteur : Leiel OssoDans le couloir, on pouvait déjà entendre, à trois heures vingt-cinq, le tapotement plus ou moins discret du Sergent Staim à la porte du Soldat Bid. Plus que l'intensité du son, ce fut l'intervalle entre le commencement de la séquence saccadée et son interruption lorsque la porte s'ouvrit enfin qui finit par faire sortir Dizer de ses quartiers.
- Parfait, Dizer, on se retrouve... c'est pas trop tôt Bid ! Et vous n'êtes pas prêt ?
- Juste, une fois que c'est fini, on peut se recoucher, Sergent ?
- Non mais qu'est-ce que vous imaginez...
La Dévaronienne s'éloigna de la scène familière pour se servir une tasse de caff, avant de réaliser qu'à cette heure-ci, rien ne serait prêt, évidemment. Les écouteurs vissés aux oreilles, elle pianotait sur les surfaces qu'elle rencontrait, s'arrêtait parfois pour marquer un rythme effréné avec deux doigts et chacun de ses mouvements semblait un pas de danse différent du précédent.
B1m et B4m se tenaient déjà au garde-à-vous dans la cours, vingt minutes avant le début de la revue. Le Lieutenant Extar arrivait à la même conclusion que Dizer : personne n'avait préparé de caff, surtout pas la Dévaronienne, évidemment, et lui non plus. Il s'éloigna en pestant, bientôt suivi par le Commandant Parker qui soupira lourdement devant l'absence de boisson énergisante.
A moins dix, il ne manquait que Staim et Bid. Ils arrivèrent à moins deux, Bid visiblement pas bien réveillé, à moins que ce ne soit son état normal. Le Twi'lek pris place aux côtés de Dizer, toujours enfermée dans son expérience musicale quoique individuelle pour une fois, et fit l'effort surhumain de se redresser lorsque le Lieutenant Extar ordonna un tonitruant : « Garde-à-vous ! »
Staim vit la silhouette menue et intimidante de la Sergente King s'avancer vers la ligne que formait la petite équipe de la Première Caserne du quartier de la Préfecture. Tout le monde était là à l'heure, en uniforme, en ligne, au garde-à-vous, à son immense soulagement. Dizer ne semblait plus aussi remontée que la veille, Bid se tenait à peu près correctement, Extar et Parker fulminaient dans les mesures du réglementaire. Tout était parfait, le test était, pour le moment, réussi et Staim laissa l'espoir que tout se passe bien dessiner un léger sourire sur ses lèvres. Jusqu'au moment où il réalisa que le doigt de Dizer tapotait imperceptiblement la couture de son pantalon d'uniforme. Et que ses écouteurs étaient toujours enfoncés dans ses oreilles.***
- A six heures ?
- Je ne fais que répondre aux exigences martiales de la Commandante Irons, monsieur Saad.
- J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'une invitation plus que d'un ordre, madame.
- Certaines invitations ne peuvent se refuser. Je suis curieuse, je dois vous avouer.
Le véhicule de la Préfecture conduisait Osso et son assistant à la Caserne. La Sous-Préfète réajustait les pans pourpres de son manteau sur son pantalon blanc.
- Quelque chose m'intrigue délicieusement. Irons hier a laissé entendre qu'elle envisageait de laisser le cas Bergen à nos bons soins, « sous condition ».
Saad laissa l'officielle poursuivre sa pensée qu'il ne suivait pas tout à fait.
- Un prêté pour un rendu. Une sorte de : « vous m'en devez bien une ». Un échange de bons procédés.
- Eh bien, madame ?
- Réfléchissez, Saad. Nous arrivons doucement à la définition de nos rapports hiérarchiques. Le postulat est simple : la situation relève du ressort d'Irons. Irons accepte d'infléchir sa décision. En l'échange de...
- Jusque là, rien ne me semble si curieux.
Osso se pencha un peu vers Saad qui lui faisait face, les coudes sur les cuisses, les mains jointes.
- N'êtes vous pas intrigué, monsieur Saad ? La perspective d'un rapport qui ne soit pas un rapport purement hiérarchique entre... une simple « Commandante » et un dirigeant planétaire ? Le fait qu'il existe d'autres possibilités que les voies réglementaires pour parvenir à un accord ? Et surtout, l'implication que je puisse... refuser ?
- Refuser ?
- Irons a avancé ses pions. C'est la nature du jeu. Son mouvement me dit : j'ai tout pouvoir sur vous, mais vous pouvez faire quelque chose pour moi.
- Je ne vois toujours pas, madame.
- Saad. Elle aurait pu ordonner. Elle aurait dû le faire, je m'attendais à cela. Et j'aurais dû obéir, sans doute. Ce n'est pas ce qui s'est passé.
Il ouvrit un peu plus les yeux, dans la lumière encore faible du petit matin.
- Elle n'a pas ordonné. Elle a proposé.
- Et ce qui est proposé peut être refusé. N'est-ce pas intrigant, monsieur Saad ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de retrouver la Commandante pour une inspection inutile et potentiellement désastreuse pour notre image ? Nous savons à peu près à quoi nous attendre, mais elle ? Et la Sergente King ?
La jeune femme se rabattit dans son siège, un sourire léger aux lèvres.
- La journée commence bien. J'ai hâte de savoir comment elle va se poursuivre. Que voulez-vous, j'ai toujours été curieuse.
- Je peux demander à monsieur Sapoj d'avancer tous vos rendez-vous à une heure plus matinale, si vous le souhaitez, reprit Saad avec un sérieux affecté.
- Ce malheureux secrétaire a besoin de sommeil et je ne suis pas si cruelle. Cela me fait penser...
La phrase en suspend s'étiola dans la descente du véhicule en approche de la caserne.
- Madame ?
- Quelqu'un m'a dit il y a longtemps : « Sois généreuse avec tes subalternes, méfie-toi de tes égaux. Exècre tes supérieurs ». J'ai toujours trouvé cela réducteur et potentiellement dangereux. Mais ce n'est pas si faux, étrangement. Comment dois-je me comporter avec Irons ? La haïr ? M'en méfier ?
- Des sentiments trop forts, si vous me permettez. Un paradigme fallacieux, comme tant d'autres.
Un sourire étira les lèvres violettes d'Osso.
- Vous voulez dire que vous ne me détestez pas ?
- Et pourtant, vous avez toujours été généreuse avec moi, madame.
La berline déposa ses passagers devant le portail de la caserne et déjà, la tension dans l'air trahissait le drame caché à l'intérieur du bâtiment. Ils étaient un peu en avance, Saad se permit d'ouvrir le portail et les deux officiels pénétrèrent le lieu qui semblait déserté. Les droïdes qu'ils rencontrèrent se mettaient immédiatement au garde-à-vous à leur passage dans un silence relatif. Du fond du bâtiment, de la cour, s'élevaient des voix au timbre cassant.
- Dizer ! C'est un ordre !
- Mais vous, je veux bien, vous êtes lieutenant, mais elle ? Elle ! Elle est SER-GENT.
- Dizer, taisez-vous, maintenant !
- Non ! D'où elle vous donne des ordres ? D'où elle vient ? Elle est là pour quoi ? Et vous, Commandant, vous laissez faire ? C'est quoi votre problème, le cran ? La fierté ? La rage de se battre ? Qu'est-ce qui vous manque ! Mais vous savez quoi ? Ben viens ! Viens, on va régler ça, montre-moi ce que tu sais faire !
Saad avait instantanément perdu le sourire moqueur éternellement peint sur son visage et fit mine de s'avancer pour être retenu silencieusement par la main blanche d'Osso. Non, le moment était précieux. Pour ses yeux mauves, encore dans l'ombre du couloir, la scène éclairée par la lumière du matin semblait tirée d'un triptyque religieux. Les protagonistes jouaient tous leur rôle : le Tolothien qui tentait de retenir la Dévaronienne, le Commandant blême, le Lieutenant qui hurlait dans le vide, le Twi'lek qui reculait discrètement, les deux B1 impassibles. Et au centre du tableau, la figure solennelle de June King.
Magnifique. -
Post n°25
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs avait quitté le palais préfectoral sans l’ombre d’un sourire, toujours accompagné de son magna-garde qui faisait s’écarter plus que de raison les divers conseillers et employés qui croisaient son chemin. Déjà que l’aura de l’uniforme avait une certaine influence sur les présents, que dire de la présence d’un tel droïde dont la plupart n’avaient qu’entendu parler. Quant à la Commandante, elle n’accordait pas un regard à quiconque. Perdue dans ses pensées, elle repensait à l’entrevue avec Leiel Osso. Il n’avait pas souhaité s’enfermer dans un débat qui se serait révélé au mieux stérile, au pire révélateur de ses propres faiblesses en matière de sémantique. Elle restait une politicienne, et sa langue était acérée. Mieux valait la laisser mariner dans son propre jus et qu’elle tire des conclusions par elle-même. Tout en se donnant du temps pour réfléchir, il comptait sur la réflexion d’Osso pour qu’il n’aie pas à apporter de lui-même les réponses.
Passer outre les ordres de Vasburg n’était pas vraiment un problème. Après tout, cela lui permettrait à la fois d’asseoir une certaine autorité, et également une relation avec une politicienne certes jeune et mineure, mais qui voulait faire bouger les choses. A l’inverse des conservateurs immobilistes, au moins, il pourrait comprendre rapidement d’où viendrait le vent, à l’avenir. Sous réserve que cette collaboration fonctionne, ce dont il ne doutait pas. Elle lui semblait trop ambitieuse pour se passer du potentiel soutien d’une Commandante de flotte.
Rapidement, elle se retrouva au Prédateur. Elle allait laisser la nuit se dérouler et se payer une visite au lendemain à June. Il était temps de rassembler la fine équipe.
- T’as l’air bien jouasse, Helcar.
- On le serait à moins. Rejoins moi avec Tregar au mess, on doit discuter.
La Zabrak qui venait de l’interpeller faisait toujours aussi peu cas des conventions militaires, mais ça faisait partie de leur relation, désormais. En privé, il n’y avait pas de grades spécifiques. Uniquement une unité composée de différents profils qui se respectaient les uns les autres. Attablés autour d’une table, Atréïs leur expliqua rapidement le court entretien qu’il avait eu avant de se taire.
- … Donc tu vas profiter de ton double-jeu pour faire ami-ami avec une politicienne, alors que tu détestes ça ?
- C’est ça. En plus de me délester du poids du jugement de Bergen, de me donner une figure d’autorité, et une autre plus sombre de terreur. Je suis gagnant sur tous les points. Quant à Osso, je la crois suffisamment intelligente pour comprendre l’intérêt d’une telle connivence.
- A part que ça va te coincer entre ton engagement initial et potentiellement une menace à l’ordre pré-établi. On est pas là pour faire joujou avec les préfets, Atréïs.
- Pour le moment, non, mais vu les implications de notre mission, justement, mieux vaut avoir le maximum de cartes en main. Je ne me lie pas à Osso pour le meilleur et pour le pire, j’ouvre simplement la voie à une collaboration ponctuelle. D’autant plus que June risque de rester sur place, suivant comment se passe le projet d’Académie.
- D’ailleurs, tu en fais quoi, de June ?
- Je vais la prévenir que je lui rendrai visite demain. Selon le programme du droïde d’accueil, les soldats sont dans la cour dès quatre heures du matin. Je compte bien voir comment elle se débrouille.
- Et nous ?
- Vous, vous surveillez les communications séparatistes, et vous me mettez la main sur le Consulat. Pour l’instant, le Prédateur reste sur Raxus Secundus, officiellement en inspection des défenses locales. Soutien à la flotte Yggdrasil.
- Et si on trouve ?
- Vous me prévenez et on voit. Je vous verrai demain.
La nuit serait courte, mais reposante. Pour une fois, Atréïs laissa son IA de côté, malgré ses protestations quant à lui partager quatorze dossiers supplémentaires d’une importance capitale. Pour une fois, il avait envie de se concentrer sereinement sur ce qu’il devait faire le lendemain, sans avoir à réfléchir à quatre ou cinq coups en avance. Pour une fois, il ne serait pas dans la peau du chef, le lendemain. C’était à June que cette responsabilité incomberait, et il ne comptait certainement pas empiéter sur son autorité naissante, sauf besoin impérieux.***
Ce fut à quatre heures du matin que la Commandante Irons prit place, non pas dans la cour, mais dans le bureau de June King. Tout le monde était dans la cour centrale, il pourrait voir ça de loin. Les soldats arrivaient, absolument pas prêts à servir, sous l’oeil acéré de la Sergente qui avait pris place et attendait. Ces bons à rien seraient broyés en quelques semaines par la Lorrdienne, il n’en doutait pas un seul instant. A moins que l’un ou l’autre ne se sente pousser un esprit rebelle, comme cette Dévaronienne. Il sourit. Ecouteurs vissés dans les oreilles, il était inutile de chercher plus loin la tête brûlée du groupe. Il serait amusant de voir ce que June lui réserverait.
Comme attendu, cela se passa fort mal, et même sans y faire attention, on pouvait entendre la Soldate hurler, répondant à la Sergente King sur un ton aussi odieux qu’inapproprié. Et ce petit manège dura deux bonnes heures. Deux heures pendant lesquelles un cirque total prenait place sous les yeux d’Irons, qui s’amusait du chaos. Mais trop, c’était trop. Flanquée de son droïde, elle se décida à intervenir. D’autant qu’elle avait aperçu l’arrivée de la sous-préfète. Le tableau était désormais complet.
- Non ! D'où elle vous donne des ordres ? D'où elle vient ? Elle est là pour quoi ? Et vous, Commandant, vous laissez faire ? C'est quoi votre problème, le cran ? La fierté ? La rage de se battre ? Qu'est-ce qui vous manque ! Mais vous savez quoi ? Ben viens ! Viens, on va régler ça, montre-moi ce que tu sais faire !
Lorsqu’elle pénétra sur le sable de la cour, personne ne fit attention à elle. En revanche, le droïde attira suffisamment l’attention pour que les regards se tournent vers elle. Mains croisées dans le dos, galons luisants, uniforme impeccable, elle fixa Dizer jusqu’à la mettre mal à l’aise, et la faire taire. C’était une honte.
- Sergent King. Vous avez ma délégation de pouvoir.
La Commandante tourna son regard vers la Lorrdienne. Le regard était glacial et déterminé. June savait déjà ce qu’elle devait faire, il en était convaincu.
- Quant à vous, soldat Dizer, puisque vous souhaitez vous opposer à votre supérieur hiérarchique, ce n’est pas au commandant Parker que vous aurez affaire.
Un simple regard vers June était suffisant. Elle avait carte blanche pour donner une vraie leçon à Dizer. Et si cela devait en passer par une humiliation physique, alors soit. -
Post n°26
Auteur : June KingPatientant au centre de la cour d'entraînement, les yeux rivés sur son datapad tout en examinant en diagonale les différents profils des unités organiques et mécaniques qui composaient l'effectif militaire de cette pitoyable caserne, June se rendit rapidement compte que certains ne méritaient pas leur poste, et encore moins leur grade... voire même d'avoir été acceptés pour rejoindre l'armée ! Mais avant de plonger totalement dans les différents profils, les droïdes B1m et B4m - deux unités mécaniques de modèle B1 - furent les premiers à arriver dans la cour en se positionnant au garde-à-vous. B1m et B4m étaient les seules unités militaires mécaniques de la caserne et certainement les seuls soldats dignes d'intérêt et de respect. Tout droit issus des nombreuses usines de production de la magnifique Géonosis, il n'y avait pas grands choses sur eux, si ce n'était qu'ils étaient là depuis plusieurs mois et parvenaient à redorer légèrement l'image de la caserne. En lisant de nombreux rapports sur le terminal du commandant dans son bureau, June avait pu apprendre qu'ils étaient actuellement la fierté de la caserne et que la population se sentait davantage en sécurité avec eux qu'avec les organiques. Paradoxalement, elle aussi serait prête à faire plus confiance à ces droïdes qu'aux autres unités. Par ailleurs, pour s'en assurer, elle s'approcha du plus proche et lui posa une question.
« — Quelle est la principale mission d'un soldat, droïde ? questionna sèchement la sergente. »
« — Protéger les citoyens ! répondit B4m. »
Curieusement, après la réponse du droïde, un silence assourdissant se fit ressentir dans toute la cour de la caserne. June attendait quelque chose et regardait le droïde B4m droit dans les boulons qui lui servaient de yeux, jusqu'à ce que le silence soit brisé lorsque B1m comprit ce qu'elle attendait.
« — Abruti ! rétorqua-t-il en cognant la tête de son collègue mécanique qui émit un cri de surprise. Tu as oublié d'ajouter "sergent" à la fin de ta phrase, ajouta-t-il tout en se replaçant correctement au garde-à-vous après son explication. »
« — J'allais le dire, mais tu m'as coupé avant, tenta-t-il de sauver son image. Sergent ! dit-il en se remettant au garde-à-vous correctement. »
Typique. Voilà ce que June pensait à cet instant. Typique des B1 et de leur humour si particulier. Curieusement, cela amusa la petite Lorrdienne qui pouffa silencieusement de rire après l'échange des unités. Elle eut même un petit moment de nostalgie en repensant à ses amis et collègues qui agissaient de la même manière lorsqu'ils étaient avec elle. D'ailleurs, que faisaient-ils en ce moment ? Puis, sans dire un mot, elle se dirigea vers son précédent emplacement et replongea la tête dans son datapad pour examiner cette fois-ci le profil du lieutenant Walter Extar - qui arrivait au même instant.
Le lieutenant Extar était certainement le seul officier supérieur responsable et sérieux de la caserne. Prêt à se charger des dossiers importants et des rendez-vous professionnels à la place de son supérieur ; il n'hésitait pas une seconde à prendre sa place pour le remplacer lorsqu'il était introuvable ou bien refusant de remplir son rôle. Le lieutenant était bien vu de la population et très apprécié de ses supérieurs ainsi que des politiciens de Raxus - sur qui ils étaient sûrs de pouvoir compter. Même s'il n'avait aucun fait d'armes à son actif ni aucune décoration militaire, il était tout de même investi cœur et âme dans son travail et ne semblait pas vouloir changer cette attitude qui lui était naturelle. Pour June, il était quasi plus que certain qu'il méritait davantage le grade de commandant à la place de celui qui le détenait actuellement. D'ailleurs, parlant de bon à rien, voilà que leur roi se manifesta à son tour.
Le commandant Ethan Parker. Celui-ci ne méritait absolument pas plus que le grade de sergent, d'après June. Et encore, ce grade lui aurait été offert uniquement de par son ancienneté et sa fidélité à l'armée Raxienne, car en continuant d'analyser son profil, la jeune Lorrdienne pouvait lire qu'il n'avait aucun fait d'armes à son actif ni n'avait reçu de mutation ou de décoration. Le commandant Parker avait passé toutes ses années de services dans la même caserne, sur la même planète et au même poste. Les yeux de June se remplirent de dégoût lorsqu'elle s'imagina revenir quelques jours en arrière et refuser la proposition d'Atreïs, finissant comme ce lamentable commandant : restant sur Géonosis, au même grade, sans évolution et continuant de maltraiter les recrues. Heureusement qu'elle avait accepté sa proposition et que l'appel de l'aventure et de l'inconnu étaient plus forts - remerciant sans réellement le vouloir son nouveau supérieur. Cette petite pensée lui redonna le sourire avant qu'il ne disparaisse rapidement lorsqu'elle lut la suite et qu'elle découvrit que le commandant était presque toujours absent lors d'importants rendez-vous et toujours en retard lorsqu'il était présent. Quel gâchis pour l'armée Raxienne d'avoir mis à la tête de la caserne un individu aussi médiocre et dénué de compétences... Mais était-il le seul déchet de cette caserne ?
Sortant sa tête de son datapad en le maintenant dans ses mains, dorénavant jointes dans son dos, June s'avança avant de se redresser correctement en collant ses pieds l'un contre l'autre, surplombant de par son charisme et son parfait uniforme séparatiste les derniers soldats organiques qui arrivèrent ensemble : le sergent Staim, le soldat Bid et visiblement l'élément perturbateur du moment, la soldate Dizer. Sans faire aucune remarque pour le moment sur tout ce qui n'allait pas, June resta silencieuse, statique et observa toutes les unités par le seul mouvement de ses yeux hétérochromes. Même si cela pouvait impressionner certains, la petite Lorrdienne criait de peur intérieurement et se demandait ce qu'elle allait faire. Avait-elle seulement préparé quoi que ce soit ? Durant quelques instants, un silence d'église régna dans la cour. Jusqu'à ce qu'une faible musique se fasse entendre. Bingo ! June allait pouvoir faire comme si tout était calculé et surtout planifié. Dirigeant tout de suite son regard sur la soldate Dizer, qui était manifestement trop absorbée par la musique sortant de ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles pour se rendre compte que tous les regards étaient braqués sur elle, June se déplaça pour se positionner face à la soldate, patientant sagement, la tête relevée, pour lui faire face, jusqu'à qu'elle remarque sa présence.
Sans émettre aucun bruit, la petite sergente continuait d'observer la soldate qui était totalement dans son monde et semblait ne pas se rendre compte de son environnement, et ce, durant plusieurs minutes. Malheureusement, la patience avait ses limites, et chez June, elle allait bientôt l'atteindre. Sans bouger, le monde autour d'elle donnait l'impression qu'il se contractait, se déformait, devenant étouffant et surtout lourd, comme si la gravité avait changé spontanément. Ce fut à ce moment que la soldate Dizer ouvrit les yeux, alors qu'elle commençait à se sentir mal et à relever le col de son uniforme mal repassé à l'aide d'un de ses doigts dans un réflexe inutile pour mieux respirer, tout en apercevant sa supérieure postée en face d'elle, les mains dans le dos et le regard empli de haine. Comment June parvenait-elle à faire tout cela ? Par quelle magie réussissait-elle à avoir un impact aussi intense grâce à sa seule présence et son regard hostile ? Était-ce seulement de l'intimidation ou une forme subtile de manipulation mentale ? Ou bien parvenait-elle à utiliser quelque chose de façon inconsciente pour créer une atmosphère oppressante autour d'elle et de la soldate pour provoquer une sensation d'éffroi ? Et surtout, était-ce réellement involontaire de sa part ? Ce fut lorsque la soldate Dizer s'écroula sur ses genoux, tentant désespérément de retrouver une respiration normale, que la sergente June eut comme un sursaut, comme un réveil. Elle regarda autour d'elle, un peu perdue et affolée à la fois, croisant tous les regards qui la dévisageaient. Que venait-elle de faire ? S'efforçant de retrouver ses esprits et essayant de reprendre le contrôle de la situation, elle ordonna à la soldate Dizer de se remettre debout le plus rapidement possible en adoptant un ton autoritaire, avant de se tourner vers le sergent Staim.
« — Tss ! claqua-t-elle des dents avant de prendre la parole. Veillez à mieux dresser vos subalternes, sergent, Expliqua-t-elle sans ménagement. Les déchets dans la galaxie sont légions et prennent souvent la place des véritables joyaux, ajouta-t-elle en se tournant vers la soldate Dizer, tout en adressant un oeil sévère vers le commandant Parker, avant de tourner le dos à tout le monde et de poser une main sur son torse pour essayer de reprendre le contrôle de son souffle. »
L'heure qui suivit l'incident se déroula sans accrocs. Tout le monde resta silencieux, obéïssant. Il valait mieux suivre les ordres que de subir la colère de la jeune Lorrdienne qui pouvait devenir si instable qu'elle pouvait tuer sans s'en rendre compte. Durant l'heure : multiples mouvements et renforcements musculaires ; courir et faire le tour de la cour de la caserne plusieurs fois sur un rythme que la sergente King menait en restant en tête du peloton ; exercices physiques ; et pour finir séance de tir. Malheureusement, le calme et l'obéissance disparurent lorsque la soldate Dizer craqua et refusa de prendre part au dernier entraînement, martelant que c'était une perte de temps et que tout ceci n'était qu'une vaste fumisterie ! Sans se retourner et continuant d'observer l'entraînement au tir du droïde B1m ; June ordonna au lieutenant, qui était le plus proche, de forcer la soldate Dizer à prendre part à l'entraînement sous peine de renvoi pur et simple de la caserne et du monde militaire. La sergent King, exaspérée par cet élément perturbateur, n'avait plus la patience et voulait se débarasser des inutiles. Mais, même le lieutenant ne put calmer la soldate et elle se mit à hurler à travers toute la cour. Se retournant pour lui donner une bonne correction : June fut stoppée dans son élan en apercevant en face des portes de la cour la sous-préfète Leiel Osso, accompagnée de son assistant personnel Sief Saad. La surprise n'était pas finie, car la commandante Irons entra à son tour dans la cour et calma la soldate Dizer d'un seul coup de regard, tout en offrant, avant de partir, les pleins pouvoirs à la sergente King.
Un simple regard avait suffi. June savait qu'à partir de maintenant, elle avait la lourde charge de renvoyer tout élément qui ne voudrait pas se soumettre à la Confédération et à son autorité. Prenant une longue bouffée d'air tout en soufflant le plus doucement et calmement possible, June se dirigea vers la soldate Dizer. Il était temps de lui faire comprendre une chose essentielle et importante : l'obéissance et la discipline militaire. Et si cette dernière n'acceptait pas cette dure réalité, seule la vie civile pourrait lui convenir, perdant tout le confort de vie qu'elle possédait actuellement. Ramassant un blaster qui servait pour l'entraînement au tir et s'avançant en hésitant qu'elle punition elle pourrait appliquer, June se souvint de la fois où elle se trouvait à la place de Dizer. Sur Felucia, où elle avait dû prendre place dans un peloton d'exécution. Heureusement, le sergent OOM-6 avait réglé les fusils sur le mode paralysant et non sur le mode létal. Peut-être qu'elle pourrait réutiliser cette punition et lui faire comprendre ce qu'elle pourrait réellement subir si elle continuait ainsi ? Après tout, cela avait fonctionné pour June. Sans dire un seul mot tout en continuant de s'approcher et surtout sans prévenir, June tira à bout portant sur Dizer. Cette dernière s'éffondra au sol, totalement paralysée. Il était clair qu'elle devait frapper fort, tout de suite !
« — B1m, B4m, veuillez attacher la soldate Dizer sur ce poteau, ordonna-t-elle en pointant le premier poteau de la cour qu'elle trouva. »
Elle avait naturellement désigné les droïdes pour cette tâche. Elle savait qu'ils n'allaient pas être sentimentalistes et surtout poser des questions inutiles. Alors que les droïdes attachaient la soldate au poteau, sous les yeux impuissants du reste du groupe, June ne leur adressa nullement la parole ni un regard, trop concentrée à prier pour que quelqu'un vienne immédiatement l'arrêter dans sa folie de vouloir reproduire ce cauchemar. Mais, malheureusement, encore aujourd'hui, aucun héros ne se manifesta pour terrasser la méchante. Une fois installée au poteau d'exécution, June fit mine de changer le mode du blaster pour alerter le reste du groupe et tenter de les réveiller. Mais là encore, aucune réaction. Elle tenta même de les narguer en tournant la tête vers eux avec un large sourire sadique et les yeux brillant d'amusement à l'idée de tuer. Mais tous restaient immobiles, attendant la sentence. Alors que Dizer se réveilla de sa paralysie, June pointa de nouveau le blaster vers elle en lui ordonnant de s'excuser et d'obéir aveuglément à partir de maintenant sous peine de perdre la vie immédiatement. Mais rien à faire. Dizer, tout comme June à l'époque, continuait d'être arrogante et de cracher son venin. Avant d'en finir une fois pour toute, June s'avança vers Dizer, avec un regard larmoyant et désolé. Elle la regarda dans les yeux et gifla le visage de la soldate avec sa main organique, pour ne pas décrocher sa mâchoire avec son autre main cybernétique.
« — Idiote ! lui cracha-t-elle avec une voix tremblante d'émotion. Lorsque je suis allée dans tes quartiers, j'ai vu ce que tu étais capable de faire avec l'électronique. Tu as toute ta place dans l'armée en tant qu'ingénieur ou mécano, mais tu es trop tête brûlée pour t'en rendre compte, lui expliqua-t-elle en se retenant de pleurer et parlant à voix basse pour qu'il n'y ait qu'elle qui puisse entendre. »
Séchant les larmes qui avaient coulé sur ses joues avant de se retourner vers le groupe pour s'éloigner de la soldate et de pointer de nouveau son blaster sur elle : June ne prononça aucun mot et tira qu'une seule fois.
« — B1m, B4m, accompagnez la soldate à l'infirmerie. Le mode paralysant était le plus puissant, elle mettra certainement une ou deux journées avant de se réveiller, ordonna-t-elle aux droïdes qui obéirent tout de suite, avant de se retourner vers le reste du groupe. Tout se décidera à son réveil, si elle continue de ne pas obéir, elle sera renvoyée de l'armée, expliqua-t-elle sèchement. L'entraînement est terminé, retournez à vos postes. Vous m'avez tous déçue ! conclut-elle. »
Une fois que tout le monde était parti pour reprendre leur poste, June resta dans la cour, tournant le dos à toutes les unités. Immobile et sans émettre le moindre son. En réalité, elle se retenait de pleurer en se mordant la lèvre inférieur et se pincait la main pour éviter un maximum de trembler et qu'on s'aperçoive qu'elle n'arrivait pas à contrôler ses émotions. Après tout, June restait fidèle à elle même et la froide instructrice n'était en réalité qu'une simple jeune fille encore capricieuse et terrifier à l'idée de devoir appliquer son autorité qui devenait hors de contrôle par moment. -
Post n°27
Auteur : Leiel OssoSaad interrogea du regard la Sous-Préfète. Il comprenait les joues rougies de la jeune femme comme l'expression d'un malaise ou d'une gêne devant le spectacle de plus en plus violent qui se déroulait sous leurs yeux. Saad se trompait. Osso n'en perdait pas une miette parce que la mise en scène de l'autorité, les rapports de dominance, l'exercice du pouvoir, quel qu'il soit, faisait battre son cœur plus fort, colorait son visage blême. Rien n'était plus beau dans les yeux violets de la dirigeante planétaire.
L'assistant personnel se retint d'intervenir. Leiel ne manquerait pas de lui faire connaître ses volontés et décisions, l'initiative ne lui revenait que dans certains cas précis. Mais il était prêt. La soldate dévaronienne était traînée à un poteau, visiblement destinée à finir sous un nouveau coup de blaster. Ancien militaire, Saad se demanda avec un effroi grandissant si King irait jusqu'au bout de son mouvement. Une exécution sommaire laissait des traces, surtout au sein d'un groupe stable et formé depuis un moment. Et si la notion ne lui était pas étrangère, il n'y avait jamais assisté en personne. Le tableau manquait de la gravité qu'il imaginait nécessaire à la punition définitive.
Sief Saad se dit subitement qu'il n'aurait jamais fait une chose pareille dans les circonstances, pour réaliser qu'il ne serait jamais dans cette situation, que la décision ne lui revenait pas, qu'il n'était que spectateur. Il redressa le menton, solennel et mal à l'aise, mais solide aux côtés de la Sous-Préfète.
Son attention à elle se concentrait sur la Sergente. La victime de la leçon ne l'intéressait absolument pas, mais l'effet de la sanction sur les personnes présentes s'inscrivait irrésistiblement dans sa rétine. King la surprenait. Radicale. Tranchante. Raide, aussi. Un peu trop. Comme si elle devait prouver plus que ce que l'on attendait d'elle. Sa position n'était sans doute pas confortable, mais Osso approuvait cette micro-révolution au sein d'une institution qui n'était plus vieillissante depuis longtemps, mais totalement décrépie. L'Académie serait d'une autre trempe, mais l'initiative de la Sergente lui semblait de bon augure. L'ampleur de la mise en scène était étonnante, mais après tout pourquoi pas. La suite méritait d'être suivie, l'évolution des personnages promettait d'éclairer la trajectoire de June King. Réussite ou échec ? Décidément, elle avait bien fait de se lever tôt.
Mais alors que la Soldate Dizer était évacuée par les deux droïdes, ce fut King qui fut entraînée plus loin par la Commandante Irons. Le geste ne laissait pas de place à l'ambiguïté : elle n'avait pas de place dans cette discussion là et un bref élan scandalisé lui fit serrer les dents. Elle plissa les yeux en avançant vers sa prochaine victime.
- Parker.
- Madame... je... vous avez bien reçu mon message ?
- Absolument. Je viens moi-même me rendre compte de la situation.
Le Commandant se redressait autant que possible, tordant son corps amolli de manière presque comique pour sembler le plus respectable possible.
- C'est... c'est un scandale, madame. Une honte !
- Oh j'ai bien vu, Parker. Lieutenant Extar.
- Madame la Sous-Préfète.
Le Lieutenant était encore blême, de la mise en scène d'exécution, de la réalisation que la débâcle avait été suivie en direct par la dirigeante planétaire, mais il parvenait à faire meilleure figure que son supérieur. Il s'inclina brièvement devant la silhouette blanche et la silhouette sombre de l'assistant.
- Je m'interroge, Lieutenant. Pensiez-vous que votre recrue allait mourir ? La sanction correspondait-elle à l'offense ?
La questions suivante : « Auriez-vous tiré ? » flotta dans l'air, potentielle, plausible.
- La Sergente King sait ce qu'elle fait. Il serait présomptueux de ma part de remettre en cause ses décisions. Elle aura fait ce qu'elle estime nécessaire et utile.
- C'est un scandale ! Une honte, madame, vous avez bien vu le...
- Taisez-vous Parker.
Alors que le Commandant manquait de s'étouffer d'indignation, Osso conserva toute son attention sur Extar, à peine plus à l'aise que son supérieur quand il réalisa que botter en touche ne suffirait probablement pas pour échapper à la situation.
- Le comportement de la Soldate Dizer était tout à fait condamnable. Notre institution est fière de ses valeurs et ses devoirs et Dizer a manqué aux deux.
Osso s'amusait immensément. Comme elle ne répondait pas et qu'elle fixait toujours le pauvre Lieutenant, celui-ci s'imaginait devoir en dire toujours plus, et il commençait à manquer de platitudes appropriées à servir.
- Nous avons toujours visé l'excellence, madame, et cette malheureuse situation ne doit pas...
- Merci Lieutenant. Je vous aurais bien écouté encore un moment, mais la Commandante et la Sergente sont de retour. Avez-vous pensé à la politique ?
- Madame ?
- Ecoutez-moi bien tous les deux. Je n'oublierai pas cette humiliation. Vous avez été en dessous de tout. Attendez vous à des conséquences.
Elle leur tournait le dos pour faire face aux officiers qui revenaient dans la cour. Tout aussi amusante que soit la situation, Osso se demandait comment les choses allaient tourner. Elle s'arma d'un sourire. Discret. Il n'y avait pas de quoi crier victoire.***
Dans l'infirmerie, Dizer revenait à elle, encore sonnée mais vivante, douloureuse, et parfaitement humiliée. Inhabituellement muette, elle évitait soigneusement de regarder le Sergent Staim dont la peau foncée avait terriblement pâli et qui ne la regardait pas davantage.
- J'aurais dû intervenir, Dizer. J'aurais dû dire quelque chose. Faire quelque chose. Ca n'aurait jamais dû...
La Dévaronienne ne pipait mot. L'énervement accélérait sa respiration et la rendait plus pénible et certainement inconfortable.
- Je ne pensais pas que ça en arriverait là. Je suis désolé, Dizer. Vraiment désolé. C'est ma fau...
- Oui.
Il s'interrompit, leva les yeux sur elle, interdit.
- Oui, c'est votre faute.
Pris par la culpabilité, Staim n'eut même pas l'idée de lui reprocher son insubordination épouvantable ni même les écouteurs dans ses oreilles.
- C'est votre faute. Je... je n'ai aucune idée de ce qu'elle attend de moi. Juste la boucler ? Non, c'est ce que Parker attend, ça. Faire mon boulot dans les temps, c'est pour Extar. Mais pour vous ? Vous... vous deviez... nous former. Nous donner... la direction ?
Elle tourna vers lui un regard troublé.
- On n'est pas un corps d'armée. Je ne sais même pas pourquoi on est là.
Le Sergent ouvrit la bouche, pour se justifier, la rassurer, faire du sens de ce qu'elle disait.
- Non. King a des raisons de se battre. De se comporter comme elle le fait. De porter l'uniforme.
- Dizer.
- Ce qui arrive là, c'est votre faute. C'est King qui a raison. -
Post n°28
Auteur : Atreïs HelcarAtréïs n’avait pas perdu une miette de la scène pour le moins troublante qui venait de se dérouler, sous les yeux ébahis d’à peu près tout le monde. Personne n’avait su trouver le courage de s’opposer à la petite Sergente, et lui-même n’avait pas souhaité le faire. Peut-être eut-ce été préférable, mais il avait donné les pouvoirs à June, ce n’était pas pour les lui reprendre à peine une poignée de minutes plus tard, ce serait faire exploser son autorité naissante. Cependant, il ne pouvait pas nier ce qu’il avait vu. Ni l’attitude de sa subordonnée, ni le désespoir de la Dévaronienne torturée, ni les méthodes étranges appliquées par la Lorrdienne.
June s’était perdue dans un piège qu’elle avait elle-même creusé. Espérant jusqu’au bout que quelqu’un ne l’arrête, elle n’avait pas su trouver la porte de sortie qu’elle escomptait. Au contraire, elle avait fini de reboucher le trou au dessus de sa tête, ou presque. Et cela n’avait pas du échapper à la sous-préfète Osso qui n’avait pas manqué une miette de ce spectacle lamentable. Alors, faisant fi de son statut de commandante froide et inflexible, Atréïs se dirigea lentement vers la cour, où June se tenait, seule et désemparée.
- Sergent. Venez, marchons.
La main d’Irons se voulait à la fois douce et ferme, rassurante et presque complice. En tout cas, pas celle d’une supérieure hiérarchique froide. Lorsque June releva la tête vers elle, la commandante fit un signe de tête pour lui indiquer de la suivre. Elles n’étaient plus sur Géonosis, elles n’étaient plus dans une garnison composée de milliers de soldats. Ici, elles étaient presque libres, dirigeant la caserne par défaut. Et l’extérieur était bien plus accueillant que les déserts de sable rouge de la planète capitale, composé de verdure et d’air frais, et non de sable et de vent brûlant.
Au départ, il ne dit rien. Bien entendu, il voulait être éloigné de la caserne, afin que leur discussion reste privée. Son IA n’avait pas activé sa fonction d’enregistrement, et lui-même n’avait prévu aucune trace de ce qui se dirait ici. Pour l’heure, il se contentait de laisser June reprendre ses esprits. Elle devait prendre le temps de comprendre le sens de ses actions, et leurs conséquences, qu’elle devrait sans doute, à terme, subir. Mais pas seule, certainement pas. Et cela, il était là pour lui faire comprendre. Alors, d’une voix nettement moins froide qu’à l’accoutumée, il prit la parole.
- Vous avez entériné votre manière de commander. Même si celle-ci est peu orthodoxe.
Il la regarda du coin de l’oeil. De minute en minute, elle reprenait contenance. Heureusement. Il eut été malheureux qu’une soldate de Marine se laisse ainsi aller après une simple crise contre l’autorité qu’elle cherchait à instaurer.
- Notez que je ne la juge pas. Tout au plus je vous suggérerais d’adapter votre vocabulaire, mais c’est tout. J’imagine que votre colère est plus due au potentiel gâché par cette Dévaronienne que par son insubordination ? Si c’est le cas, je vous comprends. Cette jeune femme serait un atout indéniable pour Raxus si elle voulait bien se discipliner un peu.
Si June désirait répondre, crier, pleurer ou quoi que ce soit d’autre, elle avait le champ libre. Atréïs n’était pas dans l’optique d’imposer ses vues. Au contraire. Plus il voyait la Sergente, plus il comprenait qu’elle avait un potentiel bien plus grand qu’il ne l’avait imaginé au départ. De plus, quelque chose avait changé en elle. Elle n’était pas, ou plus, seulement l’irresponsable gaffeuse qu’elle avait été et qu’on devinait au travers des rapports des uns et des autres. Sa prise de pouvoir dans la caserne lui prouvait qu’elle était la fois idoine pour l’accompagner, et gravir les échelons à sa suite. L’Académie et la caserne raxienne n’étaient qu’un début. Un test qu’elle passerait allègrement et sans même réellement y penser.
- Mais ce n’est pas que de cela dont je voulais te parler.
Le tutoiement était venu naturellement. Il avait besoin de renouer une relation de confiance avec celle qui était officiellement sa subordonnée, officieusement… autre chose. Cette zone grise était étrange, mais sortir du carcan de l’armée lui permettait de ne pas se sentir déshumanisé non plus.
- Malheureusement, depuis notre… accrochage sur le Prédateur, nous n’avons pas réellement eu l’occasion de parler. J’en suis navré.
Il s’arrêta un instant. Devant eux, une plaine verdoyante s’étirait sous leurs yeux. Un magnifique terreau pour les cultures ou futures plantations raxiennes, qui ne manqueraient pas, un jour, de venir exploiter cette terre. Comme le faisait à présent la CSI en implantant divers organismes. Finalement, comme pour le reste, il s’en détourna, reprenant le chemin de la caserne.
- J’avais mal jaugé la situation. Ta situation. J’aurais pu, du, être plus diplomate, au vu de ce que je te demande d’accomplir avec moi et les autres. Sans doute m’y suis-je mal pris, mais eut égard des circonstances et de ce statut, peut-être pourras-tu comprendre la difficulté à tout mettre en ordre. Néanmoins, cela ne change pas ce que j’ai pu te dire sur la corvette, sur tes qualités. Et ce que tu tentes d’accomplir ici, dans cette caserne, contre vents et marées, le prouve.
Il avait fini son petit discours en arrivant proche de la caserne. Maladroit, sans doute. Sincère, bien entendu. Sans son IA pour guider ses mots, il était plus hésitant, plus vague, mais sa voix ne trahissait pas de mensonge. Là, sur le pas de l’entrée, il eut un sourire et tendit une main à June.
- Permettez moi de vous présenter mes excuses, Lieutenant King. J’espère que nous pourrons repartir d’un meilleur pied.
Elle avait insisté sur le grade. Son demi-sourire montrait son sérieux. Peut-être n’était ce pas la conclusion idoine, mais c’était celle qu’il choisissait. Et de toute façon, il n’aurait pas le temps d’en dire plus, puisque plus loin, il pouvait apercevoir Leiel Osso qui houspillait ses collègues. La scène aurait pu prêter à sourire, mais ils restaient des soldats de la CSI, et il aurait fallu qu’il les protège… Malheureusement, ceux-ci n’étaient absolument pas dignes d’un tel soutien, au contraire de June. Il faudrait jouer un tant soit peu serré. D’un signe de tête, il indiqua à June de le suivre, et se rapprocha de la sous-préfete et de son conseiller, réactivant son IA. Profil intéressant que celui de Sief Saad.. A ne pas négliger, en tous les cas.
- Madame la Sous-préfète Osso. Veuillez excuser mes manières cavalières ce matin. Je dois admettre que je ne m’attendais pas à ce que le Lieutenant King ait à faire preuve d’autant d’autorité. Je suis surprise, et en même temps confortée dans mon choix.
Elle eut un regard pour Parker et Extar qui repartaient la queue entre les jambes jouer les inutilités ailleurs.
- Lieutenant, trouvez-nous un endroit où nous pourrons discuter en paix, tous les trois.
Aussitôt dit, aussitôt fait, et ce fut dans la salle de briefing que tous s’installèrent. Atréïs ne siégeait pas, laissant cet honneur à June. Sief Saad, lui, n’avait pas été convié, pas plus que le commandant officiel de la caserne ou ne serait-ce quel autre conseiller.
June.
Leiel.
Atréis.
Chacun à sa façon influençait désormais l’échiquier politique de Raxus Secundus de par leurs positions. Et le Gurlanin était parfaitement bien placé pour comprendre que, comme lui, ses deux interlocuteurs seraient bientôt à même d’influencer le jeu galactique. Il lui fallait déjà poser ses pions, faire ce qu’il fallait pour essayer de s’assurer leur soutien. Ce serait compliqué… Mais pas impossible. June restait sa subordonnée, en revanche, la relation avec les politiciens serait inévitablement tendue…
- Bien, sous-préfète, je serais heureuse d’entendre votre…
Clic.
Clic ? Qu’est ce que c’était que ça ? Ce genre de bruit ne pouvait signifier qu’une seule chose. D’un seul coup, il passa la tête sous la table pour se rendre compte de la présence d’un détonateur. Immédiatement, il se releva et sauta de l’autre côté, attrapant Leiel, tout en criant à June de se mettre à couvert. Il eut à peine le temps de placer la sous-préfète derrière le bureau que le souffle de l’explosion emporta tout. L’action n’avait duré que quelques secondes, qui avait suffit à l’être artificiellement augmenté pour agir. Autour d’eux, la pièce était réduite en lambeaux, des murs avaient volé en éclats, de même qu’une bonne partie du bureau qui faisait office de bouclier pour elles.
- Osso, restez à l’abri pour l’instant. Lieutenant, avec moi.
Son IA travaillait déjà à plein régime, appelant son magna-garde à la rescousse pour veiller sur l’élue locale qui ne devait pas en mener large. Au moins espérait-il que June s’en sortirait mieux, mais il n’eut pas l’occasion de se poser la question plus longtemps, puisque sur ses rétines s’imprimèrent directement les nouvelles de Raxulon. La ville, en ce doux matin, était en flammes, et de nombreux et violents insurgés répandaient le chaos. Et il ne fallait pas compter sur cette fichue caserne pour les aider… Mais ils n’avaient pas le choix. Il fut très vite tiré de ses réflexions par l’IG-100, qui se présenta au rapport.
- Tu vas veiller sur la sous-préfète. Rien ne doit la blesser, c’est bien compris ? Madame Osso, je suis désolée, je dois absolument prendre des dispositions. Votre ville, votre planète est sous le coup d’une insurrection. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais c’est un fait. Permettez moi juste de prévenir mes subordonnés et nous nous organiserons.
Et sans attendre de réponse, il la planta là. Il avait besoin de son armure de combat, de son fusil, de ses deux acolytes… Et d’un troisième. Il porta la main à son oreillette.
- Sergent Venkhor, je sais que vous êtes sur Raxus Secundus. Je pense que vous savez comme moi que nous sommes en grand danger. J’ai besoin de vous, à la caserne.Spoiler : Spoiler
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Post n°29
Auteur : June KingSeule.
Voilà l'horrible réalité qui revenait hanter June une nouvelle fois. La réalité de devoir affronter seule la vie et son chemin couvert d'obstacles, sans aucune lumière pour la guider, ni de main pour la soutenir, ou d'épaule pour se reposer. Depuis la terrible perte de ses amis sur Hoth, June avait forgé une bulle, une carapace sentimentale dans laquelle personne ne pouvait entrer ou sortir... pas même elle. Cette même bulle qui s'était renforcée après la perte d'un frère d'arme sur Felucia, avec qui elle avait passé ses années de formation sur Geonosis. Cette bulle l'empêchait de faire confiance ou d'offrir pleinement son amitié, ou de se rapprocher de ceux qu'elle aimait pour ne pas leur faire du mal involontairement avec, ce qu'elle pensait être, sa malédiction. Non. Rien ne pourrait la faire sortir de cette carapace impénétrable. D'ailleurs, c'était certainement par la faute de cette bulle qu'elle avait agi de cette manière avec la pauvre soldate Dizer. Pensant bien faire et que cela allait avoir une chance de la réveiller ou de lui faire prendre conscience de ce qu'elle avait à offrir pour l'armée - comme cela avait fait pour elle. Mais, faire subir la punition de la potence, cette même punition qu'elle-même avait subie, n'était pas forcément la meilleure des solutions. Non pas pour la soldate, mais pour sa propre santé mentale. Se retrouver attachée au poteau, les canons des fusils braqués sur elle, June venait de revivre ce cauchemar... mais cette fois-ci, c'était elle le bourreau. Restant au centre de la cour, sans bouger ni même parler, June se retenait du mieux qu'elle pouvait pour ne pas craquer et s'effondrer sur ses genoux qui devenaient de plus en plus lourds à chaque seconde. Pinçant sa main organique avec sa cybernétique pour retenir son corps de trembler d'émotion sous les yeux de tous les autres qui étaient en train de s'en aller de la cour - et pour aussi se punir inconsciemment -, June se mordit la lèvre inférieure pour retenir les larmes qui remplissaient ses yeux rougis.
Pourquoi avoir utilisé une telle méthode ? À cette question, les remords la submergèrent et une tristesse profonde s'afficha sur son visage. Elle avait sans doute voulu faire de Dizer un exemple, un avertissement pour tous. Mais elle aurait voulu revenir en arrière et changer son approche afin d'éviter d'infliger une telle punition. Elle ne voulait pas devenir un monstre mais un phare éclairant la nuit. Malheureusement, il était trop tard. Son cœur se serra à cette dure réalité et se chargea d'un poids insupportable qui le brisa une nouvelle fois. Baissant la tête, comme lors d'une défaite après une bataille qu'elle pensait gagner, June semblait plus que jamais avoir perdu une part d'elle-même dans cette cruelle démonstration d'autorité grossière et lamentable.
Qu'aurait pensée Val ? Qu'aurait pensée la lieutenante ?
Mais comme la nuit, l'aube finit toujours par émerger. Lorsqu'une main vint la surprendre en la faisant sortir de ses pensées, elle regarda par-dessus son épaule et vit la commandante Irons, qui l'invitait chaleureusement à la suivre d'un simple signe de tête. Elle... ou plutôt lui ne semblait pas être la même personne que lors de leur dernier échange qui avait créé des étincelles, ou de ce commandant froid qui l'avait présentée à la sous-préfète. Non, il dégageait quelque chose de différent. Se voulait-il amical ? Allait-il prendre June par pitié et jouer sur la corde sensible pour profiter d'elle et gagner sur le plan psychologique ? Bien que June ne ressentait pas d'intention hostile dans son comportement et ne détectait aucune malice dans son regard, elle était quand même méfiante. Après tout, il pouvait changer de forme et de visage comme il voulait.
Lorsqu'ils étaient suffisamment éloignés du reste du groupe qui était resté dans la cour, les premiers mots de la commandante furent tranchants et soulignèrent ce que June redoutait pour le reste de son commandement de la caserne. Son image sera gravée à jamais comme une supérieure autoritaire et sévère n'hésitant pas à faire preuve de cruauté en appliquant une discipline stricte. À ces mots, June baissa les yeux par réflexe - ce qui ne lui arrivait que rarement de par son arrogance naturelle. Atreïs avait raison. Mais aurait-elle pu faire autrement avec la soldate ? Redressant la tête petit à petit en réfléchissant bien à la situation, elle écouta la suite des mots de la commandante. Et curieusement, ses mots se révélaient être parfaitement justes ! Si Dizer avait été moins tête brûlée et surtout plus à l'écoute des ordres durant l'entraînement, June aurait pu sincèrement développer par la suite son potentiel et ses connaissances pour l'électronique et la technologie en lui fournissant du matériel et des composants, ce qui aurait pu apporter un intérêt majeur pour la future académie militaire de Raxus et servir parfaitement la caserne de la préfecture. D'ailleurs, juste en ayant regardé l'intérieur de la chambre de la jeune soldate ; la sergente avait remarqué que la plupart des objets étaient ses créations. Tout comme cette sono qui avait fait tant trembler les murs. Elle gâchait ses talents à vouloir jouer les rebelles et défier l'autorité. Tout comme June. Souriant et pouffant de rire à cette dernière réflexion, la jeune Lorrdienne comprit qu'elle lui ressemblait énormément et qu'avec un peu de patience, elle serait sûrement la fierté de la caserne - et peut-être une bonne collègue.
« — Il est évident que ce sera un atout majeur pour la caserne, expliqua-t-elle en séchant ses dernières larmes et reprenant complètement ses esprits. Elle gâche son talent non pas parce qu'elle est indisciplinée, mais parce que cette caserne est dirigée depuis bien trop longtemps par des incapables, dit-elle en haussant progressivement le ton, comme pour vouloir se faire entendre, agacée par la situation. Pardon, s'excusa-t-elle tout de suite après, essayant de retenir son énervement. Cette caserne sera une fierté pour la Confédération, j'en suis sûre ! affirma-t-elle avec assurance et détermination. »
La petite sergente en était dorénavant convaincue. Il n'allait pas seulement être question de former de simples recrues et de bâtir une académie militaire sur Raxus. Non, il s'agissait bien de construire et d'instaurer l'idéologie et la grandeur séparatiste. June avait rejoint les rangs de la Confédération après avoir été sauvée par elle et avait désormais une dette immense envers elle. Alors, quoi de mieux que de lui offrir une planète entièrement dévouée à sa cause comme remerciement et comme premier cadeau pour rembourser une infime partie de son immense dette ? D'ailleurs, le faisait-elle réellement pour rembourser sa dette, ou bien avait-elle pleinement embrassé la cause séparatiste ? Mais elle fut soudainement extirpée de sa nouvelle et profonde réflexion par la commandante qui semblait... étrangement proche ! Venait-elle de la tutoyer et de s'excuser en demandant une nouvelle chance, en effaçant ce qu'il s'était passé précédemment sur la Prédateur ? June resta un instant bouche bée face à sa supérieure qui venait d'utiliser des mots qu'elle n'aurait, sans doute, jamais pu penser capable de prononcer. Affichant par la même un discret rictus en tendant à présent sa main, comme elle l'avait fait auparavant. Restant hésitante quelques instants face à cette main qui était profondément amicale, June savait que les mots que la commandante avait choisis n'étaient pas que de simples mots, mais bien des mots réfléchis et sincères.
« — Je pense qu'il est également de mon devoir de vous présenter mes excuses, commandante, commença-t-elle en lui parlant directement, sans éviter de prononcer son grade cette fois-ci. La façon dont je vous ai parlé à bord du Prédateur n'est pas plus excusable que le comportement de Dizer, je m'en rends bien compte. Vous vouliez simplement m'aider et me faire comprendre que je gaspillais mes compétences de la même manière. Que vous cherchiez à voir la formatrice reprendre le dessus, et non la recrue que j'ai pu paraître sur la corvette, expliqua-t-elle en comprenant son insolence et son manque de discernement. Tout comme j'ai pu le faire à l'instant avec cette punition, j'aurais dû être plus diplomate, admit-elle à haute voix en prenant conscience de son erreur. Je serais ravie de repartir de zéro avec vous, entonna-t-elle en lui prenant la main. »
Avant d'afficher un air interrogatif tout en penchant la tête sur le côté gauche, dans un réflexe inutile lorsqu'elle réalisa quelque chose.
« — Lieutenant ? répèta-t-elle en exprimant un doute. Comment ça lieutenant ? Pourquoi vous... s'arrêta-t-elle en ouvrant grand les yeux et en rougissant. »
Mais aucune réponse à son interrogation ne fut donnée. Uniquement un signe de tête pour qu'elle comprenne qu'elle devait suivre Atréïs afin de retrouver la sous-préfète et son conseiller qui semblaient impatients de discuter de la suite du projet.
Marchant aux côtés de son supérieur, June ne savait toujours pas comment réagir ou quoi répondre. La commandante s'était-elle projetée dans le futur en l'appelant ainsi ? S'était-elle trompée ? Une promotion aussi soudaine pouvait-elle vraiment être autorisée ? Partagée entre l'excitation et la surprise, June afficha sans s'en rendre compte un léger sourire, mais ses yeux, quant à eux, exprimaient de la peur et de l'incertitude. Son corps était tout chaud, son visage, et plus particulièrement ses oreilles étaient entièrement rouge et elle n'arrêtait pas de gigoter ses doigts, comme à la recherche de quelque chose, et ne parvenait pas à marcher sans trembler des jambes. Tout ceci était trop rapide, et elle ne savait pas comment gérer ses émotions. Si bien qu'elle fit un léger bond lorsqu'elle entendit Atréïs lui demander de trouver un endroit où tous pourraient discuter au calme, répondant d'un sec "oui" avec une voix qui monta dans les aigües sans parvenir à se contrôler, la fraîchement promue guida le petit monde jusqu'à la salle de briefing.
Dans la salle de briefing, alors que tous prirent place pour débuter l'échange, la commandante hurla à tous de se mettre à l'abri en se couchant derrière le bureau après avoir attrapé la sous-préfète pour la protéger. Obéissant en réagissant à son comportement plus qu'alarmant, June se mit à couvert en renversant une table dans la précipitation pour s'y cacher derrière, sans vraiment savoir ce qu'il allait se passer. Mais lorsque l'explosion souffla la pièce, les meubles et les murs, elle comprit qu'elle avait échappé à une mort certaine ! Lorsque l'explosion était passée, ses oreilles sifflaient à en faire mal au crâne. Reprenant doucement ses esprits après avoir été sonnée par le souffle tout en dégageant les morceaux de bois qui l'avaient recouverte, elle releva la tête et aperçut, difficilement à cause de la fumée, la pièce entièrement vaporisée. Toussant pour se dégager les bronches en se nettoyant les yeux qui brûlaient par la poussière, June entendit sa supérieure la vouloir à ses côtés. Une fois debout, elle se retira de sa couverture en enjambant les débris devant elle et retrouva la commandante au côté d'un magna-garde ! Lorsque le droïde de combat était face à elle, June eut un réflexe de protection et fit un pas en arrière en fronçant les sourcils. Même si elle faisait beaucoup de progrès sur sa crainte des droïdes, en voir un apparaître soudainement était toujours difficile. Mais pas le temps pour sa peur, elle le savait, il fallait qu'elle aille dans sa chambre afin de récupérer ses affaires et surtout son KiSteer 1284. Par chance, ses quartiers étaient proche de l'entrée de la caserne. -
Post n°30
Auteur : Leiel Osso- Et toi, laisse-moi te montrer l'étendue de ma générosité, a dit Ravell. Il tient mon menton dans ses doigts et si je dois mourir, je sais que le temps qui me sépare de ma fin sera horrible, comme a été horrible la punition de Jayce et je ne peux rien faire, rien dire, je ne dois pas résister, surtout pas, rien ne changera jamais, je serai toujours aussi impuissante que...
Osso clignait des yeux, son audition encore largement dominée par un sifflement suraigu, incapable de comprendre ce que disait Irons. Elle regardait, éberluée, un flocon de cendre se déposer délicatement dans la braise de ses cheveux roux. Mais déjà la Commandante se redressait, donnait des ordres, et c'est cette mise en mouvement qui libéra la Sous-Préfète de sa sidération.
Les autres étaient en partance ou déjà partis quand elle se leva enfin. Le magna-garde faisait bouclier de son corps mécanique entre elle et les débris du mur qui ouvraient une brèche sur la cours partiellement dévastée de la caserne.
- Restez assise !
La voix venait de dehors. Elle l'avait nettement entendue, mais il lui fallut un temps pour réaliser qu'il s'agissait de Saad et qu'il s'adressait à elle. Osso retrouva la sécurité relative du bureau éventré. Un attentat. Contre elle ? Ici ? Pourquoi dans cette salle-ci ? Il y en avait d'autres. Qui savait qu'elle devait se rendre si tôt le matin dans la Première Caserne du quartier de la Préfecture ?
Et puis soudain, l'ampleur de ce qu'elle venait de vivre l'écrasa d'un coup. Un morceau de plâtre finit de s'écrouler et la fit sursauter. La pièce était un champ de ruine, dans lequel elle aurait dû finir pulvérisée si Irons n'avait pas réagi. La Commandante lui avait sauvé la vie. Osso, soudain inquiète, chercha sur elle-même une blessure, un membre cassé. Avait-elle ses deux yeux ? Tous ses doigts ? Lui manquait-il une jambe ? Elle rit. Pas une seule égratignure. Pas une goutte de sang, pas une tâche carmine sur la blancheur relative de sa robe.
Vivante, entière. En possession au moins partielle de ses capacités. Un attentat. Que disait Irons ? Elle avait vu bouger ses lèvres, mais quel était le message ? Qu'elle partait à la poursuite de l'assaillant ? Non. Non, parce que ce n'était pas l'oeuvre d'un sniper. Ce n'était pas une bombe dans son véhicule officiel. C'était...
C'était le chaos, dans la rue. Comment ne l'avait-elle pas réalisé ? A point nommé, une nouvelle explosion fit tomber les débris de plast encore retenus par une fibre. Où ? Comment était-ce possible ? Ils étaient au pied de la Préfecture !
Les voix les plus audibles venaient de la cour. Apparemment, Saad donnait des ordres aux membres ébahis de la caserne. Extar distribuait des armes. Staim tentait de mobiliser ses maigres troupes mais l'assistant personnel l'avait absolument supplanté et le Sergent suivait le rythme avec un tempo aussi décalé que celui de Bid. Leur première mission était visiblement de déblayer la cour et de se servir des débris les plus gros pour réaliser une barricade contre le portail d'accès. De là où elle était, Osso crut voir King courir, mais ne put réaliser vers qui ou quoi.
Le magna-garde se mit en mouvement et surprit Leiel qui plaqua son dos contre le morceau de mur qui tenait encore derrière elle. Une ombre se fit dans la pièce. Le droïde s'interposa devant l'intrus, mais baissa son arme et laissa passer Saad.
- Une navette arrive. J'ai pris sur moi de convoquer la cellule d'urgence, la salle est vérifiée en ce moment-même, mais nous ne nous y rendrons pas, évidemment. Ni celle du Conseil. Ce sera celle des Commensaux. L'aile Ouest a été touchée. Deux explosions. Rien ailleurs, les services de sécurité passent les étages au crible, mais c'est la panique.
- Saad, attendez. Des explosions dans la Préfecture même ?
- Oui madame. Dans plusieurs villes aussi. Marida, Stellane, Victoria, Ourbadis. Raxulon, évidemment.
- Une insurrection planétaire. Des revendications ? On sait combien ? Qui ?
- Trop tôt pour le savoir, madame. Non, ne vous levez pas.
- Qu'est-ce qui est ciblé ? Les institutions publiques ? Les transports ? Les communications ?
- Trop tôt. Restez assise.
- Je n'ai pas le temps de...
- Madame. La zone n'est pas sécurisée. Restez à l'intérieur du bâtiment et derrière le bureau.
Le ton était sans appel et l'élan de colère qui la submergea lui rappela la maxime qui lui était revenue à l'aller. Qui devait-elle haïr ? Qui osait remettre en cause son pouvoir ? Véral l'avait prévenue. « Légion ». Elle avait cru avoir un peu de temps pour préparer... quoi ? Ce qui venait de se produire ? Non... une attaque conjointe dans plusieurs villes, au sein même de la Préfecture... elle n'y aurait pas cru, elle n'y avait pas cru, et cette faute-là devait être portée.
- Saad, vous avez vu Irons ? Les autres ?
- Ils viennent de passer. La Commandante réunit une petite force d'intervention, mais ses objectifs ne me sont pas connus.
- Elle m'a sauvé la vie.
- Le contraire m'aurait profondément déçu de sa part, madame.
« Déçu » ?
- De mauvaises langues ont dit de moi que j'étais susceptible et que j'avais la gâchette facile. Il m'aurait chagriné de leur donner raison.
L'humour pince-sans-rire de Saad amusait d'ordinaire la Sous-Préfète, mais elle se demanda quand même s'il aurait tiré sur la Commandante en apprenant sa mort. Probablement pas, se dit-elle en imaginant le contraire. L'image ne la fit pas sourire. Rien de tout cela n'était drôle. Surtout pas l'attente, l'impuissance, la soumission forcée face aux événements alors qu'il y avait tant à faire.
- Je dois voir la Commandante, madame. Je vous ordonne de ne pas bouger. Ne vous montrez pas, ne vous levez pas, gardez toujours le droïde près de vous.
Et il s'éloigna à nouveau, la laissant seule dans les ruines de la caserne, les ruines de sa planète, les ruines de son mandat.
- Et toi, laisse-moi te montrer l'étendue de ma générosité, a dit Ravell. Il tient mon menton dans ses doigts et si je dois mourir, je sais que le temps qui me sépare de ma fin sera horrible, comme a été horrible la punition de Jayce et je ne peux rien faire, rien dire, je ne dois pas résister, surtout pas, rien ne changera jamais, je serai toujours aussi impuissante que...