Ord Trasi
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Post n°15
Auteur : Lysandre SyllaLysandre était encore plongé dans la relecture de son discours. Malgré les conseils de ses droïdes rédacteurs, il continuait à penser qu’il manquait quelque chose à ce texte qui serait à la hauteur de l’événement. Mais les minutes passaient, et il allait bien falloir se contenter de cela. D’autant plus que son assistant Agis lui fit un signe discret.
A l’entrée de la salle, les discussions avaient cédé le pas à des murmures, alors qu’un nouveau groupe venait d’arriver. Sylla consulta son datapad qui lui confirmait qu’il s’agissait du capitaine Onov et de sa garde personnelle. Même de loin, le gouverneur pouvait reconnaître l’équipement haut de gamme des quatre personnes entourant un humain. La Grande Moff avait donc décidé d’envoyer à nouveau sa garde d’honneur pour accompagner son représentant.
Pour autant, le plénipotentiaire ne disait rien au Cunctator. Serré dans son uniforme militaire, dont l’était impeccable contrastait avec l’usure de ceux de Sylla, sa tête, recouverte du traditionnel couvre-chef de l’armée impériale, se tournait déjà dans la direction du gouverneur.
Ce dernier serra les dents. Connaissant les membres du Conseil d’Ord Trasi, il les voyait déjà pester sur le fait d’envoyer un simple militaire au lieu d’un dignitaire de haut rang appartenant aux élites politiques de l’Imperium. Mais l’heure n’était pas aux récriminations.
Mais le temps qu’il se mette en marche, les vautours fondaient déjà sur leur proie. Le conseiller Eschine vint se placer rapidement en bombant son torse avec sa décoration militaire, devant le capitaine et lui fit un salut militaire, ainsi qu’à sa garde, avant de prendre la parole, son sourire allant d’une oreille à l’autre.
Permettez-moi au nom d’Ord Trasi d’être le premier à souhaiter la bienvenue à l’Imperium. Je suis le conseiller Eschine, ancien capitaine de vaisseau à bord du…
Mais avant qu’il puisse terminer, Andocide s’était déjà faufilé comme une anguille entre lui et le Capitaine, défiant la notion traditionnelle d’espace disponible. il se lança dans un discours tambour battant, tout en cherchant à serrer frénétiquement la main du délégué.
Ne l’écoutez pas Capitaine, il va encore radoter sur ses « dangereuses » patrouilles dans les mondes du Noyau et encore ne penser qu’à lui. Puis-je m’enquérir plutôt de savoir si vous avez prévu de passer quelques jours sur la planète ? Bien entendu c’est le cas, et je serai ravi de vous faire bénéficier du plus luxueux de mes palaces. Nous pourrions alors nous entretenir…
Après avoir observé un instant la scène, et repérant le regard inquisiteur d’Hypéride posé sur lui, Lysandre se décida à intervenir.
Excusez moi conseillers, mais le capitaine a sans doute fait un long voyage, et l’heure de la retransmission ne va pas tarder. Ce serait mieux que vous regagniez vos places si vous souhaitez être visible lors du direct.
Sans attendre leur réponse, il fit signe à son invité de le suivre, et le guida à la table vers laquelle était tournée les projecteurs. Il l’invita à s’asseoir à ses côtés, tout en lui détaillant le déroulement de la cérémonie.
Le Conseiller Isée prendre d’abord la parole pour l’ouverture, puis je procéderai à l’annonce. Ensuite auront lieu les signatures par les membres du conseil, vous et moi-même sous la supervision du juge Hypéride, et enfin je conclurais la séance par une dernière déclaration. Je pensais que le représentant de l’Imperium pourrait prendre la parole juste après l’annonce et avant la signature. Avez-vous des remarques ou des questions ?
Sylla allait droit au but. La cérémonie devait être une réussite, et ce n’était pas le moment de l’alourdir par des chichis. -
Post n°16
Auteur : HivernusLe capitaine est intercepté par plusieurs individus avant même de pouvoir rejoindre le Moff d’Ord Trasi. Le premier d’entre eux, qui semble accorder beaucoup d’importance à son apparence, se présente à lui en arborant une décoration militaire sur sa poitrine. L’homme effectue un salut militaire que le représentant de la Grande Moff lui rend avec peu d’enthousiasme. L’individu en question, qui se nomme Eschine, annonce être conseiller d’Ord Trasi et ancien capitaine de vaisseau. Onov, qui n’a pas pour habitude de mettre en avant son parcours militaire ou de s’exhiber en public avec ses décorations militaires, considère donc que l’homme cherche à l’impressionner ou tout du moins à s’attirer sa sympathie en se présentant comme un ancien militaire de carrière. L’officier se demande silencieusement si le conseiller s’est servi de ce statut pour se hisser à une position privilégiée…
Le commandant des Manteaux de Nuit n’a cependant pas le temps d’aller plus loin dans ses réflexions. Un second individu interrompt le conseiller Eschine dans sa présentation, considérant que ce dernier ne pense qu’à sa petite personne en mettant en avant son “dangereux service militaire” au sein des mondes Noyau. Au moins, le Boroskais ne semble pas vraiment s’être trompé sur l’énergumène. Il y a fort à parier que le prétendu “capitaine” exagère quelque peu les faits dans le but de se faire remarquer. Nombre de militaires peuvent en effet affirmer que les patrouilles au sein des mondes du Noyau sont de loin les plus tranquilles qu’on puisse avoir… En tant que siège politique et culturel historique de la galaxie, le Noyau a toujours été largement favorisé en termes de sécurité et de protection. C’est d’autant plus vrai maintenant… Les deux batailles de Coruscant marquent encore les esprits. C'est un traumatisme qui ne sera pas effacé de sitôt.
Néanmoins, le capitaine n’est pas au bout de ses surprises. Le deuxième larron de la bande, qui ne prend même pas le temps de se présenter, l’invite à profiter de l’un des nombreux établissements de luxe qu’il possède le temps de son séjour sur la planète. Il émet même la possibilité d’un entretien privilégié… Tout ceci sent les magouilles à plein nez. Ce type là est probablement plus mauvais encore que le premier. Une sensation de gêne commence à tirailler le commandant des Manteaux de Nuit. Il n’a jamais apprécié les politiciens et le simple fait de se retrouver avec une bande entière de ceux qu’il juge responsables de la chute de l’Empire l’incommode au plus haut point. Seule l’intervention du Moff Sylla permet de sauver l’officier de cette situation pour le moins inconfortable.
Le Boroskais suit le colosse sans se poser de questions, trop heureux de pouvoir fuir les conseillers cherchant à tout prix à mettre la main sur lui. Le gouverneur d’Ord Trasi résume brièvement le programme. Discours, signature… Jusque là, rien de compliqué. Cependant, lorsque Lysandre Sylla lui demande s’il peut adresser quelques mots avant la signature du traité, le capitaine sent son cœur s’emballer. Que va t-il bien pouvoir dire à la population de la planète ? Après tout, il est loin d’être bon orateur… S’il avait su qu’on lui demanderait de parler au public, il aurait tout de suite refusé la mission que la Grande Moff lui a confiée. Mais maintenant qu’il est impliqué, il se doit de représenter au mieux l’Impérium. Prenant alors son courage à deux mains, le commandant des Manteaux de Nuit donne enfin sa réponse.
- Aucune question Monsieur le Gouverneur. On peut se lancer quand vous voulez.
Fidèle à lui-même, Onov s’est contenté d’une réplique courte. Dans l’armée, les grands discours sont l’apanage des officiers politisés ou carriéristes. Les hommes d’action préfèrent des phrases brèves qui se concentrent sur l’essentiel. Armé de son seul courage, le Boroskais s’installe à côté du Moff Sylla et se concentre sur sa respiration. S’il veut être opérationnel à cent pourcent de ses capacités, il doit faire le vide. Alors qu’une maquilleuse se charge de le présenter sous son meilleur jour, le capitaine ferme les yeux et prend une grande inspiration. D’ici peu, il sera sous le feu des projecteurs… -
Post n°17
Auteur : Lysandre SyllaAprès une énième correction de caméra et un dernier test qui sembla durer plus de trois ans, la cérémonie allait enfin débuter, en présence du gouverneur Sylla, du représentant de l’Imperium le capitaine Onov, et une partie des membres du conseil. Ces derniers, malgré la déposition nécessaire de leur signature à venir, n’étaient en effet pas tous présent. Demosthenes boudait ouvertement la cérémonie, et son confrère Lysias s’était fait excuser, sans doute encore trop mal à l’aise à l’idée de donner sa caution à un traité qui allait à l’encontre de ses convictions. Mais le reste du conseil était présent, et avoir une majorité de signature serait suffisant du point de vue du droit planétaire pour garantir la validité du traité.
Un à un, chacun gagna sa place à la table devant les holocaméras. Au centre Lysandre Sylla et le capitaine Onov encadraient le conseiller Isée, maître des lieux et chargé d’ouvrir le protocole. Le Conseiller n’aurait pas laissé passer une occasion pareille d’être au cœur de l’événement, et avait harcelé le gouverneur, invoquant de multiples problèmes techniques de retransmission susceptibles de se produire s’il n’était pas au milieu de la table pour les prévenir. Sylla avait préféré céder. Après tout, ce qui comptait aujourd’hui était moins les personnes présentes que les décisions qui seraient prises.
A la droite de Lysandre se trouvait le conseiller Lycurgue qui, malgré son hostilité au traité, respectait le choix final et faisait donc son devoir de présence. Et à la gauche du représentant de l’Imperium se trouvait le conseiller Hypéride, à la tête du système judiciaire de la planète qui sera chargé de valider le traité une fois celui-ci signé. Les autres conseillers s’égrenaient ensuite le long de la table. Lysandre retint un sourire en voyant Andocide tout au bord. Le placement avait fait l’objet d’âpres négociations entre les personnels, mais son secrétaire Agis avait quand même réussi à le renvoyer aussi loin que possible.
En parlant de son secrétaire, ce dernier, comme les assistants des conseillers, se trouvait assis sur une chaise un mètre derrière le gouverneur. Il restait dans l’ombre de l’éclairage, mais était assez près pour intervenir si le besoin s’en faisait sentir.
Le signal bascula au vert, et Isée se leva pour prendre la parole. Officiellement, le discours était retransmis à destination d’abord de la population d’Ord Trasi, et il était probable vu l’intérêt que les mondes du Noyau portaient à la planète, que le direct reste à cette échelle. Mais il y avait peu de doute que les images, une fois la nouvelle connue, seraient revues bien au-delà du secteur de Relgim.
Mes chers concitoyens. Nous sommes aujourd’hui réunis ici présents dans le cadre des lois fondamentales d’Ord Trasi, sous le regard de nos prédécesseurs, pour procéder selon nos textes à une évolution décisive dans la destinée de notre planète. Vous avez sans doute entendu les rumeurs ces derniers jours sur la possibilité d’un vent nouveau dans notre rapport aux grandes puissances de la galaxie.
Vous avez depuis longtemps senti pesé sur vos épaules le poids de l’abandon de la République malgré ses textes fondateurs qui l’oblige à vous traiter, à nous traiter, avec la même équité que les mondes du Noyau. Rappelez-vous, lors…
Le discours du conseiller, comme convenu, avait bien débuté, pour partir ensuite dans une liste d’événements et de lois amenées à justifier le propos. Le conseiller avait toujours fonctionné comme cela, alignant les faits et les textes jusqu’à en constituer une montagne pour écraser son interlocuteur par le poids de son argumentation, qu’elle soit fallacieuse ou non. Sylla avait cependant eu assez de discussions avec Isée pour que désormais, l’essentiel du discours entre par une oreille et sorte par l’autre sans pénaliser son flux nerveux.
… Et c’est en raison de cette énième infraction, que le gouvernement d’Ord Trasi ne se sent plus lié par des consignes visant à séparer les bons des mauvais, alors que le pire se cache parmi les bons. C’est pour cela que le Conseil et le Gouverneur ont œuvré de concert et ont décidé d’écouter de nouveaux interlocuteurs plus respectueux pour permettre à notre monde de redevenir le joyau de la Bordure extérieur, le laboratoire de l’avenir qu’il mérite d’être. Mais cela, je laisse la parole à notre très estimé gouverneur pour nous l’expliquer.
Le Conseiller se tourna et s’inclina vers Lysandre Sylla avant de se rasseoir. Le vieux renard était toujours aussi rusé. Non seulement il s’était arrangé pour se donner se donner un rôle moteur dans les événements, mais en plus il s’était réservé la partie critique de la situation, avant de laisser le gouverneur porter sur ses épaules propres le poids d’annoncer les solutions, consensuelles ou non, que se proposait d’adopter le gouvernement.
Le Cunctator se racla la gorge et fixa la caméra.
Trasies, Trasis. Vous savez depuis longtemps que je ne me satisfais pas pour moi comme pour vous d’une situation médiocre, et que j’aspire toujours à atteindre la perfection. Or cette quête ne pouvait plus s’accomplir sous la protection d’une République fédérale distante. C’est pour cela que j’ai soutenu une alliance, un partenariat et peut-être même une symbiose, avec le seul régime capable de répondre à nos souhaits. Ni un régime trop éloigné et trop corrompu, ni un régime qui nous aurait dépecer et vendus à ses méga corporations, ne faisant de notre monde qu’une filiale, un entrepôt secondaire.
Oui le régime dont je vous parle nous a traité d’égal à égal et nous offre de quoi prendre notre avenir en main. Il nous offre des commandes de vaisseaux pour nos chantiers sans chercher à se les approprier. Il nous finance une flotte pour nous protéger sans chercher à nous commander. Il nous apporte son savoir dans le domaine éducatif, culturel et militaire sans chercher à nous endoctriner. Et il nous laisse décider de notre propre sort sans nous dicter nos choix. Ce régime est l’Imperium, et aujourd’hui nous signons un traité de coopération avec lui.
Il était difficile de dire dans quelle mesure Sylla croyait à l’altruisme des dirigeants de Cathar et Borosk. Nul doute que la Grande Moff semblait pour le moment jouer carte sur table. Mais rien ne l’empêchait de modifier ensuite sa mise. Et au vu de certaines personnalités croisées lors de son voyage, le Cunctator pensait qu’il devrait redoubler de vigilance pour s’assurer qu’Ord Trasi n’accueille pas les vices du régime.
Aujourd’hui, Ord Trasi considère l’Imperium comme un régime ami. Aujourd’hui Ord Trasi considère que les revendications de l’Imperium sur la scène galactique sont aussi, si ce n’est plus, respectables que celles des autres régimes. Aujourd’hui Ord Trasi se tient prête à aider l’Imperium tout comme celui-ci l’aide. Je veux voir dans ce traité le premier pas commun d’Ord Trasi et de l’Imperium vers un Etat commun qui fera preuve du même altruisme, de la même protection, pour l’ensemble de la galaxie.
C’est pour cela qu’au-delà de ce traité, pour témoigner de notre volonté d’avancer en commun, j’ai également accepté le titre de Moff au sein de l’Imperium. Je peux vous assurer que je continuerai à porter la voix d’Ord Trasi, et que ce traité ne marque pas la fin d’une ère, mais le début d’une nouvelle. L’Imperium n’est plus le monstre guidé par les Sith, mais un régime qui élève et protège chacun, permettant à tous de réussir, comme en témoigne à mes côtés la présence du représentant de l’Imperium, ni un Sith tyrannique, ni un milliardaire véreux, ni un politicien corrompu, mais un soldat qui a montré sa valeur par son travail personnel, comme chaque ouvrier de cette planète. Messieurs, je vous présente le Capitaine Onov.
Lysandre Sylla se tourna vers le militaire à ses côtés. L’effort lui avait coûté, mais il avait réussi à tenir à peu près un discours cohérent sans se lancer dans des considérations techniques. Ne restait plus qu’à Onov à prendre la parole, même brièvement, pour montrer aux Trasi que l’Imperium, loin d’être un nid à Sith, était guidé par des gens comme eux. nul besoin de long discours, que le capitaine semblait autant apprécié que le nouveau Moff. Simplement parler aux Trasi sans mystique génocidaire de la Force, ni volonté ultracapitaliste. -
Post n°18
Auteur : HivernusDerniers réglages. Dernières vérifications. Le feu vert est donné. Et puis tout se met en marche. Le conseiller Isée, en sa qualité de maître de cérémonie, se met debout et lance le début des célébrations à l’aide d’un discours bien rôdé. L’homme est un expert de la communication, on peut bien lui reconnaître ça. Il sait comment prêcher pour sa paroisse et ne s’en cache pas. C’est d’ailleurs peut être du fait de ces prédispositions pour les belles plaidoiries qu’il a été choisi pour ouvrir cette cérémonie… A moins qu’il ne s’agisse là d’une manœuvre politique… Avec ces foutus politiciens, on ne sait jamais à quoi s’attendre.
Enfoncé dans son siège, le dos bien droit, Onov n’en demeure pas moins concentré sur la suite des événements. S’il a du mal à tout suivre, notamment à cause d’une terrible crise d’angoisse qui commence à lui enserrer la gorge, le capitaine garde la tête haute et demeure de marbre. « Inspire. Expire. Inspire. Expire. » L’officier impérial, imperturbable (ou presque), se concentre silencieusement sur sa respiration pour ne pas penser au pire. Cette cérémonie n’est qu’un champ de bataille parmi tant d’autres… Une mission de terrain de plus à accomplir. Oui. Voilà. Ressaisis toi, soldat. Cette simple pensée semble un instant faire redescendre le stress.
Se concentrant donc sur sa respiration, Onov écoute sans fléchir les palabres du maître de cérémonie. Le capitaine des Manteaux de Nuit garde son regard fixé droit devant lui, afin de ne pas se laisser distraire par un quelconque élément. Fort heureusement pour lui, la lumière éblouissante des projecteurs l’empêche de voir quoi que ce soit au-delà du plateau. Il lui aurait probablement suffi d’un seul échange de regards avec l’un des nombreux assistants ou techniciens présents derrière les caméras pour qu’il perde toute contenance.
Le conseiller Isée termine son discours afin de laisser la parole au gouverneur d’Ord Trasi. Le Boroskais sent la pression monter d’un cran. Ce sera bientôt son tour… Lysandre Sylla est un bon orateur. Ou bien il sait comment raconter de belles histoires, ou bien il a d’excellents assistants pour le faire à sa place. Quoi qu’il en soit, il est évident que le capitaine fera bien piètre impression à ses côtés. L’officier impérial n’a rien d’un beau parleur. S’il sait comment haranguer les troupes, leur donner du courage, il n’en sera probablement pas de même avec les nombreux ouvriers, ingénieurs et fonctionnaires qui peuplent Ord Trasi. Après tout, on ne s’adresse pas à des civils comme on s’adresse à des soldats.
On lui avait bel et bien remis tout un tas de documents concernant la population de la planète, son histoire, sa culture, ses grandes lignes politiques… Et ce afin qu’il puisse remplir son rôle au mieux. Il avait lu chaque ligne de chaque rapport d’enquête avec beaucoup d’assiduité, espérant être à la hauteur de la tâche. Cependant, peut-il réellement se fier aux informations qu’on lui a communiqué ? Par le passé, nombre de missions militaires ont échoué à cause de mauvais renseignements. C’est un fait avéré. Et il ne souhaite pas réitérer la chose parce que deux ou trois officiers de bureau ont oublié de faire confirmer la véracité de ces informations.
Bon sang…
Il pourrait se contenter d’un « Trasies, Trasis, je vous ai compris ! » mais il doute que cela ait l’effet escompté… Et il n’est pas tout à fait convaincu que cela suffise à les amadouer. Onov écoute donc distraitement le gouverneur afin de voir sur quels points il pourrait rebondir sans pour autant être redondant. Le colosse évoque les Sith, les républicains, les politiciens et n’en brosse pas un portrait des plus flatteurs. Au moins, l’officier impérial le rejoint là-dessus. Les Sith sont une sale engeance qu’il convient d’éradiquer. Les sénateurs sont de sales petits enfoirés issus de riches familles aristocratiques, qui n’ont jamais foutu un seul pied dans la Bordure Extérieure et qui ne s’intéressent guère à ce qu’il s’y passe. Et les républicains… Que dire ? Ce ne sont que les toutous des précédents. Les remplaçants des impériaux à ce poste. Et ils ont l’air d’apprécier leur statut d’esclaves si l’on se fie aux dires de certains. Grand bien leur fasse !
Le gouverneur d’Ord Trasi met par ailleurs en évidence les avantages à rejoindre l’Impérium et loue volontiers le mérite du capitaine lui-même, qui accepte l’éloge en le gratifiant d’un simple signe de tête. L’homme agit probablement par opportunisme politique. Mais peu importe. Onov est là pour jouer le jeu. Le moment de vérité est venu. Lysandre Sylla s’en remet maintenant à lui pour adresser quelques mots à la population. L’officier impérial ne peut plus faire marche arrière désormais. Le capitaine des Manteaux de Nuit déglutit doucement. Que peut-il bien leur dire ? Quelles conneries peut-il balancer devant les caméras ? Diable… Il va devoir improviser, comme il sait si bien le faire… Le Boroskais inspire un bon coup puis se lance, battant frénétiquement de la jambe sous la table pour calmer ses angoisses.
- Je vous remercie de me laisser la parole, gouverneur. Débute-t-il doucement en adressant à ce dernier un hochement de tête approbateur. Il dirige ensuite son regard vers la caméra qui se tient en face de lui, dont il devine la silhouette dans l’ombre des projecteurs. Trasies, Trasis. Sachez tout d’abord que c’est un immense privilège, pour moi, de me tenir ici en votre présence. Comme a pu le préciser le gouverneur Sylla, l’Impérium n’est pas l’Empire. Il n’a ni ses Sith sanguinaires, ni ses politiciens corrompus à sa tête. Représenter l’Impérium en ces terres est pour moi un honneur…
Le capitaine marque un temps de pause afin de trouver l’inspiration. Il cherche à assembler des mots qui pourront former des phrases cohérentes. Il tente d’organiser ses idées en remarques pertinentes. Mais la tâche n’est pas aisée. S’improviser orateur n’est pas une mince affaire.
- Représenter le régime impérial est en effet un illustre honneur car l’Impérium n’est pas l’empire d’une caste de sorciers illuminés, ni l’empire d’une élite aristocratique méprisante. L’Impérium est l’empire des travailleurs. Un empire au sein duquel tout le monde a le droit d’être représenté. Un empire au sein duquel chaque planète, avec ses espèces et ses cultures, ses richesses et ses histoires, a sa place. Poursuit alors l’officier impérial. L’Impérium n’a en aucune manière la volonté d’écraser Ord Trasi ou l’idée de la soumettre de quelque sorte qui soit. Le régime impérial se porte en effet garant de la souveraineté d’Ord Trasi et veillera à ce que les attentes de ses citoyens soient prises en considération.
L’homme marque un nouveau temps de pause. Il parle trop. Assurément… Il faut donc trouver un moyen d’achever ce discours médiocre au plus vite. Mais comment peut-il conclure sans passer pour un profond idiot devant des milliers de gens ?
- L’Impérium reconnaît la qualité du travail des Trasis, notamment dans le domaine de l’industrie lourde, et tout particulièrement de la construction spatiale. Au nom du régime impérial, je peux donc d’ores et déjà affirmer qu’il nous tarde de nouer des liens forts avec Ord Trasi et d’échanger nos techniques de travail avec ses ouvriers. Continue le capitaine sur sa lancée, avant de conclure. J’aimerai également remercier le gouverneur Lysandre Sylla et le conseil d’Ord Trasi pour la confiance qu’ils accordent à l’Impérium. Nous saurons nous montrer à la hauteur de cette confiance. Merci à tous.
Onov adresse un hochement de tête aux conseillers afin d’appuyer ses dires. Une partie de l’angoisse s’envole d’un coup alors qu’il termine sa brève mais intense prise de parole. Il ne reste désormais plus qu’à savoir si son intervention a été du goût de l’imposant Lysandre Sylla… Ou s’il s’est complètement ridiculisé. -
Post n°19
Auteur : Lysandre SyllaPendant le discours du capitaine Onov, Sylla avait vu certains conseillers hausser légèrement les sourcils. Sans doute auraient-ils souhaité que ce fut un véritable représentant politique et non pas un simple officier. Peut-être même avaient-ils imaginé pouvoir attirer un Moff, voire même Valiant. Mais en ce qui concernait le Cunctator, les actes et les paroles du capitaine étaient tout à fait suffisants. Terre-à-terre, simple, directs et pragmatiques.
Lorsque l’impérial eut terminé son discours, Lysandre Sylla le remercia de la tête alors que des applaudissements polis raisonnaient dans la pièce. Le Conseiller Hypéride ouvrit alors le dossier contenant le traité situé au centre de la table et prit la parole.
En vertu des lois trasi, j’invite, en tant que juge supérieur, chaque représentant à venir signer le traité pour témoigner de son accord à la mise en place des nouvelles relations entre Ord Trasi et l’Imperium.
Andocide et Eschine se levèrent précipitamment, cherchant sans doute à être celui dont la signature serait en tête. Les autres conseillers présents suivirent derrière. Malgré les absents, le quorum était suffisant pour la décision soit valide. Lysandre apposa après eux sa propre signature, puis invita le capitaine à en faire autant. Lorsque ce fut fait, Hypéride signa en dernier en tant garant de la loi pour sceller l’accord.
Le Gouverneur et désormais officiellement Moff de l’Imperium se saisit du dossier qu’il présenta ouvert aux holocaméras, tout en se tenant debout et en incitant entre ses dents Onov à en faire de même, alors que les conseillers se resserraient pour entrer dans le cadrage.
« Souriez, ce n’est qu’un court moment à passer ».
Les flashs crépitèrent ensuite, de même lorsque Sylla, de profil, serra la main au capitaine. Ce dernier n’en n’avait pas pour autant fini puisque chaque conseiller se pressa ensuite pour également être immortalisé avec lui dans les archives. Lorsque ce fut fait et que chacun regagnait sa place, Lysandre reprit la parole pour conclure la cérémonie.
L’accord est donc officiellement scellé et entrera en vigueur ce soir à minuit, heure d’Ord Trasi. Je tiens encore à remercier le capitaine Onov et à travers lui l’Imperium, et suis sûr que nous avancerons vers un avenir positif. Pour célébrer l’événement, une prime sera distribuée demain à tous les habitants de la planète. Trasis, merci de votre confiance.
La prime permettrait d’associer le traité, sans doute trop obscur pour l’ouvrier moyen, à quelque chose de positif, concret immédiatement perçu. Cela faciliterait son acceptation par la population. Il ne fallait jamais oublier de veiller au bien-être de ses travailleurs pour s’assurer leur concours.
Alors que les caméras se débranchèrent, les portes s’ouvrirent et les secrétaires se levèrent pour guider les têtes d’affiches vers les speeders qui les transporteraient vers la salle de réception où aurait lieu un banquet pour commémorer l’événement. Sylla s’était assurer que Onov voyagerait dans un speeder pouvant accueillir seulement huit personnes, soit le capitaine, sa garde d’honneur, Lysandre Sylla, son secrétaire Agis, et le pilote, un droïde automatisé. Ainsi ils ne seraient pas importunés pour discuter de choses superflues comme d’affaires de première importance.
Guidant son hôte, Lysandre s’assit, et le speeder prit son envol.
Une bonne chose de faite. Je pense que le buffet ne durera que quelques heures. Les Conseillers devraient vous alpaguer sur les quinze premières minutes, mais vous serez ensuite libre de vous reposer, de vous restaurer, puis de regagner l’espace impérial. A moins que vous ne souhaitiez passez la nuit sur Ord Trasi. Des arrangements sont pris le cas échéant. -
Post n°20
Auteur : HivernusAu vu de l’intonation des applaudissements, Onov comprend qu’il n’a pas totalement convaincu les conseillers. Guettant leur réaction du coin de l'œil, le capitaine observe rapidement qu’ils sont, pour la plupart, déçus ou perplexes. Pas étonnant. Ces individus-là, qui ont l’art du mensonge dans la peau, savent toujours comment tourner les choses de manière élogieuse. Ils auront probablement trouvé la prise de parole de l’officier impérial maladroite, peu inspirée. Le gouverneur d’Ord Trasi, cependant, se montre visiblement satisfait de son discours. Pour le Boroskais, c’est la seule chose qui semble réellement compter. Le reste est superflu.
Vient ensuite le moment de la signature du traité, puis celui des poignées de main et des photos. Devant les caméras, chacun s’efforce de présenter son meilleur profil, son sourire de façade, ses bonnes manières. Cet univers fait de faux semblants n’est pas du goût du capitaine… S’il s’efforce de garder son sang froid, il n’en demeure pas moins mal à l’aise au milieu de tous ces vautours. Lysandre Sylla le remarque aussitôt et prend plusieurs dispositions afin de donner au représentant de l’Impérium un bref instant de répit… Onov accepte volontiers le coup de main et remercie silencieusement le colosse pour cette marque d’attention.
Dans le transport qui doit les conduire à leur nouvelle destination, le gouverneur d’Ord Trasi en profite pour faire part à son invité de la suite du programme. L’officier impérial ne peut s’empêcher de se maudire en silence. Il aurait dû prendre avec lui un ou plusieurs assistants afin de s’en servir comme première ligne de défense face aux rapaces que sont les conseillers et leurs petits copains… Le capitaine des Manteaux de Nuit ne doute pas un instant que les riches industriels, hauts fonctionnaires et autres personnalités de première importance d’Ord Trasi sont aussi méprisables que ceux qu’il a déjà pu rencontrer par le passé… Et l’idée d’avoir à passer une soirée entière en leur compagnie ne l’enchante guère.
Mais il a connu pire… Il peut bien survivre à un dîner mondain. Du moins, il l’espère…
Alors que le véhicule se dirige vers le lieu de la réception, le Boroskais en profite pour observer avec une attention toute particulière l’environnement qui l’entoure. L’agencement urbain de la ville semble plus ou moins similaire à ce que l’on pourrait voir sur Borosk ou Cathar. On trouve au milieu de gratte-ciels somptueux de nombreux bâtiments plus austères, dont l’aspect brut évoque à première vue un usage militaire. Il s’agit probablement de casernements ou d’abris contre les bombardements. De manière plus générale, il y a fort à parier que la plupart des infrastructures locales sont conçues pour résister aux assauts d’une force d’invasion. On reconnaît bien là le travail minutieux de quelques architectes militaires… Il n’y a rien d’étonnant à cela. S’il se fie à ce qu’il a lu dans les rapports, Ord Trasi a servi de dépôt régional pour les forces armées de la République pendant des millénaires. Afin d’assurer la protection des armes et des munitions entreposées ici, les gouvernements qui se sont succédés à la tête de ce monde ont probablement mis un point d’honneur à entretenir les forteresses planétaires.
C’est du moins ce qu’il faut espérer…
On peut en effet douter de la bonne santé des forces locales et de l’entretien minutieux des infrastructures militaires. Onov a soudain un éclair de lucidité. L’idée d’aller jeter un coup d'œil du côté des places fortes d’Ord Trasi n’est pas pour lui déplaire… Cela lui permettrait en effet d’évaluer les avantages et les faiblesses des systèmes de défense de la planète… Et il pourrait ainsi faire remonter à sa hiérarchie, ainsi qu’au gouvernement local, tout ce qu’il faut changer pour assurer à Ord Trasi la meilleure défense possible. Oui. L’idée est assurément pertinente. Il en touchera deux mots au gouverneur après la réception afin d’avoir son avis.
Mais pour l’heure, il lui reste encore à rencontrer l’élite dirigeante de la planète.
Le speeder se dirige à belle allure vers un immense gratte-ciel, dont la silhouette majestueuse intimide autant qu’elle impressionne. Le véhicule se pose doucement sur une grande plateforme jouxtant une terrasse superbement décorée et débarque son flot de passagers avant de redécoller. De nombreux convives sont déjà présents pour les recevoir et applaudissent leur arrivée avec entrain. Onov y voit là une façon à la fois polie et hypocrite de saluer la signature d’un accord entre Ord Trasi et l’Impérium. Les sourires de façade des invités ne le trompent guère.
Cette petite mise en scène se poursuit ainsi pendant des minutes, à chaque arrivée d’une personnalité ayant pris part à la signature du traité. Puis les convives se rassemblent dans une salle de réception afin de prendre part à un toast porté à l’honneur d’Ord Trasi et du régime impérial. Les applaudissements reprennent de plus belle puis se fondent dans la masse des voix criardes de quelques femmes trop maquillées, des rires gras d’hommes d’affaires richissimes et de la musique entraînante qu’entame un orchestre.
Pour l’officier impérial, c’est le début d’une longue soirée d’angoisse. Repérable à des lieues à la ronde du fait de son escorte particulièrement visible, le Boroskais devient rapidement la cible d’un bon nombre de convives. Les conseillers sont les premiers à s’afficher en sa compagnie, y retirant probablement un quelconque prestige. D’autres leur emboîtent le pas. Grands patrons industriels, personnalités politiques, magistrats et autres fonctionnaires de haut rang se pressent autour de lui afin de lui poser tout un tas de questions auquel il essaie tant bien que mal de répondre. Bien qu’ayant été auparavant briefé sur les réponses à donner, le capitaine se retrouve parfois en mauvaise posture.
L’alcool aidant probablement à délier les langues, des interrogations plus surprenantes ou personnelles lui sont parfois adressées. Finalement, ce n’est qu’en compagnie de quelques militaires présents pour l’occasion que le commandant des Manteaux de Nuit se sent à sa place, dans une position plus confortable. Bien qu’étant mal à l’aise face à tant de faste, Onov profite de l’instant présent pour faire ce qu’il sait faire de mieux : Observer, analyser, évaluer.
Riches figures industrielles, grandes personnalités politiques et autres individus investis de puissantes fonctions forment le plus gros des convives. Il s’agit là de l’élite planétaire. L’officier impérial remarque cependant la présence de personnages plus atypiques. Plusieurs non-humains, revêtus de leurs plus beaux atours, se fondent dans la masse des invités mais ne manquent pas d’attirer l’attention du Boroskais. Après avoir glané quelques informations ici et là auprès d’individus bien renseignés, l’homme a obtenu la confirmation de la présence de plusieurs investisseurs étrangers au sein de la réception.
Le capitaine n’est pas vraiment surpris. Le rapprochement entre Ord Trasi et l’Impérium ouvre la voie à de nouveaux accords commerciaux. Les vautours les plus expérimentés se pressent déjà sur place pour jauger la situation et s’emparer des contrats les plus juteux. D’ici peu, de puissants conglomérats passeront probablement par l’intermédiaire d’Ord Trasi pour passer des accords avec le régime impérial. Du moins, c’est là le ressenti du commandant des Manteaux de Nuit.
Les minutes défilent. Le temps passe. Et la soirée semble ne pas vouloir finir… Onov est assailli de toute part, disputé par différents individus qui, semble-t-il, cherchent déjà à s’attirer les faveurs de l’Impérium. L’homme pourrait se retirer afin de se reposer loin de toute cette agitation. Le gouverneur ne lui en voudrait pas, puisqu’il a été le premier à lui suggérer l’idée. Cependant, l’officier impérial représente actuellement la Grande Moff Ashe et, de manière plus générale, le régime impérial. En tant que tel, il se doit de préserver les apparences, de faire honneur à sa position et à son empire.
Durant des heures, le capitaine s'acquitte donc de sa charge avec beaucoup de déférence et autant de rigueur que requis, et ce malgré les difficultés qu’il peut avoir à communiquer avec des gens issus d’un milieu bien différent du sien…