Le Techno-Syndicat entre en scène
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Post n°1
Auteur : Asavar PhocasMygeeto. Depuis quelques jours ce nom m'obsédait. Je le murmurais dans mon sommeil, il résonnait dans mon esprit et hantait mes songes. À mes oreilles, ce nom évoquait une promesse, une promesse de gloire, de fortune et de puissance, mais pas seulement. Je n'aurais su dire exactement pourquoi, mais j'avais l'intime conviction que mon destin était lié à celui du monde cristallin.
J'étais profondément endormi dans la navette devant me conduire vers ma nouvelle affectation, rêvant de montagnes brumeuse et de gemmes scintillantes, contemplant les paysages resplendissants de la planète minérale. Dans mes rêves, ces montagnes étaient miennes, et je comptais bien faire en sorte que ces rêves deviennent réalité. Je voulais ce monde, je le voulais désespérément. Le pouvoir que procurait le contrôle de la planète était bien sûr une raison à cela, mais il y avait autre chose. Peut-être que les vestiges d'humanité qui demeuraient en moi s'émerveillaient à l'idée de vivre sur ce monde. J'écartais vite cette idée de mon esprit: il fallait à tout prix que je laisse mes sentiments de côté. Rester impassible, écraser impitoyablement mes adversaires, rester concentré sur mes objectifs et ne jamais baisser ma garde, telles étaient les conditions nécessaires pour obtenir la puissance que je convoitais. J'avais fait tellement d'efforts, tellement de sacrifices pour en arriver là. Le moindre faux pas aurait été inacceptable. J'étais un skakoan du Techno-Syndicat, le pouvoir était ma raison d'être et l'échec était exclu.
Je fus brusquement réveillé par le bruit du coulissement de la porte de ma cabine. Même endormi je restais attentif au moindre bruit environnant, prêt à m'échapper au cas où un assassin engagé par un de mes nombreux rivaux aurait fait irruption. J'eus un soupir de soulagement en constatant qu'il s'agissait simplement d'un droïde de protocole s'apprêtant probablement à m'annoncer l'arrivée imminente de la navette sur Mygeeto. Le nouvel arrivant était un droïde 3PO assez banal, comme on en produisait chaque jour par milliers.
-Monsieur Phocas, demanda le droïde?
-Lui-même, lui répondis-je en activant mon synthétiseur vocal.
-Je ne sais comment vous l'annoncer monsieur... Le ton de sa voix était hésitant. Pendant un instant, je souris à l'idée que la technologie était si perfectionnée que des comportements humains pouvaient être reproduits par de simples machines. L'enthousiasme disparut rapidement, laissant place à une légère anxiété. Qu'est-ce que ce droïde pouvait avoir de si embarrassant à me dire? Je lui ordonnai donc, d'un ton légèrement agacé, de s'exprimer sans détours en allant droit au but.
-Monsieur, marmonna-t-il gêné, il semblerait que la navette ne puisse pas atterrir sur Mygeeto...
Malédiction... Décidément rien ne se passait comme prévu. Je reconnaît qu'après un voyage aussi long, je trouvais cette nouvelle... déplaisante.
-Je crois t'avoir dit de ne pas tourner autour du pot, alors sois plus clair. Pourquoi ne pourrions nous pas atterrir?
-Un blocus est en cours sur Mygeeto. Par ordre des dirigeants de la CSI, il est strictement interdit à tout vaisseau civil de rejoindre ou quitter la planète.
-Pour quels motifs?
-Il semblerait qu'une attaque menée par des terroristes Sith soit en cours monsieur.
L'état d'urgence a été décrété sur toute la planète.Les Sith... Évidemment. Qui d'autre aurait pu avoir une idée aussi ridicule, un tel besoin d'attention? Pour moi, les Sith étaient comme des enfants caractériels et gâtés. On m'avait conté à maintes reprises les exploits que l'usage de la Force leur permettait d'accomplir, mais à chaque fois qu'on me racontait de tels récits, j'imaginais la Force comme un jouet que les Sith étaient trop stupides et immatures pour utiliser raisonnablement et avec sagesse. D'un geste de la main, je congédiai le droïde, qui s'en alla promptement. Bien sûr, cette histoire de Sith était gênante, mais elle n'était au final qu'un léger contretemps. Bientôt Mygeeto et ses richesses seraient à moi et personne ne pouvait l'empêcher, pas même les Sith. Je respirais profondément, écoutant le grésillement produit par ma respiration à travers le synthétiseur vocal. Tout allait très bien se passer. Ces crétins n'allaient tout de même pas réussir à gâcher mon plaisir! Après mure réflexion, je me dis que le cours délai que m'offrait ce blocus me permettrait finalement de régler quelques petites affaires avec mes supérieurs. Oui, ce n'était qu'un contretemps. Les Sith seraient bientôt mis hors d'état de nuire et les affaires sérieuses pourraient enfin commencer. Mygeeto n'avait rien à craindre des Sith mais elle avait raison de trembler, car il était l'heure pour le Techno-Syndicat d'entrer en scène... -
Post n°2
Auteur : Asavar PhocasEstimant avoir suffisamment dormi, je me rendis sur le pont. Là, je contemplai Mygeeto à travers la grande baie vitrée pendant quelques minutes, perdu dans mes pensées. Enveloppée de brumes, la planète avait une beauté indéniable. Mygeeto était un diamant brut qui ne demandait que les efforts d'un homme aussi ambitieux que moi pour devenir l'un des joyaux les plus étincelants de cette galaxie. Cette planète m'appartiendrait à un moment ou un autre, c'était inévitable, mais pour l'heure, je devais réfléchir à un moyen d'en prendre le contrôle. Le poste de sous-préfet était bien sûr une étape incontournable de toutes les machinations que j'imaginais, mais l'obtenir ne serait pas chose aisée. Le Clan Bancaire tenant à ses possessions, il aurait du mal à accepter que le Techno-Syndicat vienne marcher sur ses plates-bandes. J'en arrivai à la conclusion qu'il faudrait inévitablement collaborer avec les Muuns, ou du moins les amadouer. Dans cette perspective, l'attaque des Sith m'apparut finalement comme un avantage: je savais bien que les Sith ne faisaient pas dans la demi-mesure, et il y avait fort à parier que les dégâts occasionnés par ce petit incident seraient plutôt conséquents. Une telle pagaille avait probablement affaibli la position du Clan Bancaire, et peut-être qu'un soutien du Techno-Syndicat les rendraient plus enclins à laisser la fonction de sous-préfet à un skakoan tel que moi. Je notai cette idée tout en gardant la tête froide. La crise de Mygeeto n'était pas encore finie et il faudrait attendre encore quelques temps pour mettre ce plan à exécution. De plus, ma promotion n'avait pas encore été rendue officielle et seul le poste de haut prospecteur pouvait me conférer l'autorité nécessaire pour agir de la sorte.
Je me détournai de la baie vitrée et pris la direction d'une petite salle de communication située un peu plus loin dans les entrailles du vaisseau. Je déambulais à travers les longs couloirs vides tout en restant, bien entendu, sur mes gardes. Après tout, aucun lieu n'était complètement sûr. J'entrai finalement dans une pièce circulaire de taille assez réduite. Au centre de la pièce se trouvait un dispositif de communication ressemblant à une petite table. Sur un des côtés de ce dispositif se situait un écran de commande diffusant une lumière bleutée. J'entrai des coordonnées sur celui-ci. Ces coordonnées étaient celles de Vallas Wanbor, éminent skakoan, secrétaire général de la Baktoïd Combat Automata, une entreprise pour laquelle j'avais travaillé pendant plusieurs années, et membre du conseil d'administration du Techno-Syndicat. Il avait été autrefois un ami proche de mon père, mais tout comme moi, il privilégiait le pouvoir aux relations sociales. Aussi, l'amitié ne le retint pas lorsqu'il planifia la ruine de mon père et le rachat de l'entreprise familiale. Je devais admettre que j'éprouvais une certaine admiration pour cet homme: il obtenait toujours ce qu'il voulait et rien ni personne ne pouvait se mettre sur son chemin. Néanmoins, il faisait preuve de négligence en matière de sécurité, et j'étais convaincu qu'un jour ou l'autre, il finirait assassiné. Malgré tout, il était ce que j'avais de plus proche d'un allié, bien que je ne me sois jamais réellement fié à lui. Au bout de quelques instants, un grésillement se fit entendre et l'image holographique de mon supérieur apparut au-dessus du dispositif de communication. Contrairement à moi, le secrétaire général était confortablement installé dans son bureau sur Skako, et il ne portait pas la fameuse combinaison pressurisée faisant la notoriété de notre race.
-Asavar, s'exclama-t-il! Je suis content de vous voir. J'espère que votre voyage vers Mygeeto s'est agréablement déroulé.
-J'apprécie que vous vous préoccupiez de mon confort monsieur Wanbor, mais je crois que vous savez aussi bien que moi à quel point ces navettes sont désagréables. Pour ce qui est du déroulement de mon voyage, je n'aurais rien à en redire si on me laissait atterrir.
-Ah! C'est sûr que cette petite escarmouche des Sith nous a tous un peu pris de court. Navré de ne pas vous en avoir informé d'ailleurs. J'ai pensé que vous préféreriez découvrir la situation par vous-même. Ne vous en faites surtout pas, cette crise est temporaire.
-Je l'espère bien monsieur Wanbor.
-Combien de fois vous ai-je dit de m'appeler Vallas, répliqua-t-il en souriant.L'enflure... Si cet hypocrite croyait qu'il réussirait à me faire baisser ma garde simplement avec des familiarités il se trompait. Décidément, cet homme était indéniablement brillant et fourbe, mais il me sous-estimait. Je décidai néanmoins de jouer le jeu et pris un ton tout aussi amical que lui. Je savais qu'un jour je pourrais lui montrer ce que je valais, et que ce jour serait probablement son dernier. Mais pour l'heure, j'avais besoin de cet homme. Tant qu'il m'accorderait son soutien, il resterait mon meilleur atout.
-Comme vous voulez... Vallas.
-Voilà qui est mieux! Mais revenons à nos affaires. Mygeeto traverse actuellement une période difficile. Je dois par conséquent vous avertir que dans de telles conditions, la tâche qu'on vous réserve là-bas sera ardue. J'imagine que vous savez déjà quel poste vous attend, n'est-ce pas Asavar?
-Je l'ignore totalement, répondis-je d'un air candide.
-Allons Asavar! Je sais très bien que les rumeurs ont circulé. Même si vous ne devriez pas être au courant vous savez tout aussi bien que moi pourquoi le Syndicat vous a envoyé sur Mygeeto.
-Le poste de haut prospecteur...
-Exactement! Ainsi, bien que cette conversation soit assez informelle, il est grand temps d'officialiser la chose. Asavar Phocas, au nom du conseil d'administration du Techno-Syndicat, je vous nomme officiellement haut prospecteur de Mygeeto. Je vous souhaite bonne chance dans votre nouvelle fonction.
-Merci Vallas.Wanbor coupa la transmission. Je me retrouvai seul, dans l'obscurité de la navette. Je demeurai immobile et inexpressif, mais intérieurement, je jubilais. Enfin! J'étais enfin haut prospecteur! Ce poste était certes prestigieux, mais plus que le prestige qu'il apportait, c'était l'opportunité qu'il représentait qui m'intéressait. A mes yeux, cette promotion était en effet le début d'une longue ascension vers les plus hautes sphères du pouvoir. Je me détournai finalement de l'appareil de communication pour rejoindre ma cabine. Malgré l'immense satisfaction que je ressentais, je n'avais pas le temps de me reposer sur mes lauriers. Beaucoup de travail m'attendait, mais pour arriver à mes fins, je ne laisserais rien me ralentir. -
Post n°3
Auteur : Asavar PhocasCela faisait très précisément neuf heures que ma promotion avait été officialisée, et j'avais passé l'intégralité de ces neuf heures enfermé dans ma cabine, occupé à étudier mes fichiers pour réunir toutes les informations que j'avais sur les transactions de minerais en provenance de Mygeeto. Offre, demande, chiffre d'affaires: j'étudiais le marché dans ses moindres détails. Je savais bien qu'en raison du désordre causé par les Sith, ces données n'étaient plus vraiment d'actualité. Malgré tout, il fallait bien que je commence mon travail de haut prospecteur quelque part. Le Techno-Syndicat possédait alors très peu de filons, les richesses de Mygeeto étant jalousement gardées par le Clan Bancaire. Ainsi, ma mission comprenait plusieurs objectifs: non seulement il me faudrait trouver un moyen d'acquérir des mines sur Mygeeto et d'organiser les vente des minéraux, mais, pour y parvenir, je devrais également empêcher les Muuns d'interférer. Dans l'accomplissement de cet objectif, la confusion provoquée par les terroristes serait mon meilleur atout. Le chaos était mon élément et je comptais bien exploiter cet avantage.Je décidai alors d'examiner l'organisation politique de Mygeeto afin de déterminer quelle fonction je pouvais espérer atteindre par la manigance. L'obtention d'un poste administratif au sein du gouvernement de Mygeeto me semblait en effet être le meilleur moyen d'arriver à mes fins. Je ne pus alors m'empêcher de rêver du poste de sous-préfet. Des images de discours enflammés, d'imposantes assemblées et d'obscures conspirations me traversèrent l'esprit. Cependant, je les chassai vite: je savais bien que même en jouant très bien mon jeu, il me serait très difficile voire quasiment impossible d'obtenir un tel pouvoir tant que les Muuns me mettraient des bâtons dans les roues. A moins que... Une de mes anciennes idées me revint spontanément à l'esprit. Le Clan Bancaire était affaibli par les attaques. Sa crédibilité avait été sérieusement affectée par l'aisance avec laquelle les Sith avait orchestré leur frappe et celle-ci avait dû lui faire perdre une fortune étant donné que les exportations, vitales au Clan Bancaire, avaient été suspendues en raison du blocus. L'escarmouche Sith avait dû leur coûter d'autant plus cher que plusieurs installations devaient avoir été détruites durant l'attaque. Le Clan Bancaire perdait totalement le contrôle de la situation et, par la même occasion, celui de la planète. Un sourire machiavélique se dessina derrière mon masque et je ne pus retenir un léger tremblement d'excitation. La position des Muuns sur Mygeeto était fragilisée et ils auraient besoin d'un important soutien politique et financier pour se maintenir en place. Or, il se trouvait que je représentais une organisation ayant la possibilité de lui fournir les deux. Ce serait un investissement assez important pour le Syndicat, mais je savais que je n'aurais aucun mal à convaincre Vallas Wanbor de sa rentabilité. Avec sa bénédiction, je pourrais parler au nom du conseil d'administration du Techno-syndicat et me retrouver ainsi avec les moyens de faire plier l'un des plus importants groupes de la CSI. Une telle idée me donna le vertige.Je me précipitai vers la salle de communication et ré-entrai les coordonnées du secrétaire général Wanbor dans l'appareil. Malheureusement, Vallas semblait indisponible. Je décidai donc de lui envoyer une transmission dans laquelle je lui présentais mon idée dans les moindres détails et lui demandais son feu vert. Une fois l'enregistrement terminé, je me retirai, suppliant le destin de m'offrir une réponse affirmative. Je patientai donc devant la baie vitrée de la navette, fixant tantôt mon reflet sur le verre blindé, tantôt la planète cristalline à la beauté glaciale. Déjà, je réfléchissais à l'étape suivante de mon plan. Une fois les outils me permettant d'influencer les Muuns en main, il me faudrait les rencontrer, blocus ou pas. Je réfléchis alors sur le meilleur moyen d'organiser cette petite réunion. Je pensai d'abord à une transmission holographique, mais je me ravisai, songeant au fait qu'une confrontation physique me permettrait d'imposer ma présence et ainsi de prendre l'avantage psychologique au cours des négociations. J'ignorais néanmoins ce qu'il était advenu des dirigeants Muuns et, par conséquent, il fallait que je me tienne informé sur les événements se déroulant sur Mygeeto pour organiser la réunion. Peut-être qu'avec un peu de chance, le Clan Bancaire s'était fait totalement balayé, me laissant ainsi le champ libre. Bien que cela était peu crédible, l'idée me fit ricaner.L'arrivée d'un droïde de protocole coupa le fil de mes pensées. Il s'agissait du même droïde que celui qui m'avait annoncé l'arrivée de la navette dans le système de Mygeeto un peu plus tôt.
-Quoi encore, lançai-je d'un air contrarié?
-Il semblerait qu'un certain Vallas Wanbor cherche à prendre contact avec vous monsieur. Apparemment c'est urgent.Après avoir lancé un dernier regard vers Mygeeto, je me détournai de la baie vitrée et me rendis à nouveau dans la salle de communication. La pièce sombre n'était éclairée que par l'éclat bleuté de l'hologramme et des écrans. Visiblement, Vallas m'attendait. Une scène similaire au dialogue s'étant déroulé plus tôt eut alors lieu. Néanmoins, un détail différait de ma précédente conversation avec le secrétaire général. Ce détail pouvait sembler mineur, mais il était en réalité lourd de sens: le sourire factice de Vallas avait disparu. Commençait-il à prendre conscience de mon ambition?
-Asavar, lança-t-il. J'ai bien reçu votre message. J'ai pris la liberté de communiquer son contenu aux autres membres du conseil d'administration.
-Vous avez bien fait Vallas. Mais dites-moi: qu'en ont-ils pensé?
-Et bien, il y avait un point sur lequel nous sommes tous tombés d'accord. Si jamais le Clan Bancaire se montre un tant soit peu... vexé par votre tentative de corruption, cela pourrait avoir de lourdes conséquences.
-Je n'ai pas parlé de corruption. J'ai simplement envisagé d'apporter au Clan Bancaire le soutien dont il a besoin afin de mettre les Muuns dans de meilleures conditions.
-Arrêtez de jouer à ce petit jeu Asavar. Présenté comme vous le faites, votre petit coup de pouce au Clan Bancaire pourrait presque sembler altruiste, mais ce n'est rien d'autre qu'un pot de vin!
Il se prit la tête entre les mains et ajouta en soupirant:
-Est-ce que vous imaginez les conséquences d'un conflit entre le Techno-Syndicat et le Clan Bancaire? Quelle garantie ai-je que vous parviendrez à convaincre les Muuns de nous laisser le champ libre?
-Aucune Vallas. Mais dans l'histoire d'une corporation comme la nôtre, il vient toujours un moment où l'on doit faire un choix. Prendrons-nous la voie la plus sûre en sachant que celle-ci ne nous amènera à rien, ou prendrons-nous celle, plus périlleuse, qui nous garantira fortune et influence pendant les prochaines années? Je suis conscient des dangers Vallas, mais le jeu en vaut clairement la chandelle: avec Mygeeto entre ses mains, le Techno-Syndicat aurait accès à des richesses qui pourraient faire de lui le groupe le plus riche et le plus puissant de la galaxie.
Vallas resta silencieux pendant quelques instants. Son visage demeurait impassible, mais même à travers une simple transmission holographique je pouvais sentir son angoisse. Peut-être se sentait-il menacé.
-Je vais être franc avec vous Asavar. Ce plan est extrêmement risqué... Mail il est audacieux, et si jamais il s'avérait qu'il puisse se dérouler comme vous l'aviez prévu, il garantirait effectivement un butin de premier choix. Cela a plu aux membres du conseil, moi inclus.
-Vous voulez dire que...?
-Oui Asavar, vous avez carte blanche. Tâchez de ne pas trop tarder à rencontrer les Muuns. La situation sur Mygeeto pourrait vite changer et il faut agir tant qu'ils subissent encore la pression exercée par les Sith.
-Ce sera fait.
-Bonne chance Asavar.Me sentant empli d'un sentiment de victoire, je coupai la transmission. Décidément, cette journée était pour l'instant pleine d'excellentes nouvelles! Il était désormais grand temps que le petit délai que m'accordait le blocus prenne fin. Je devais trouver un moyen de quitter cette navette afin de me confronter directement au prochain obstacle sur ma route vers le pouvoir absolu: le Clan Bancaire Intergalactique. -
Post n°4
Auteur : Tericarax
Président Sin Hall
La navette neimoidienne était en orbite de Mygeeto depuis plusieurs minutes déjà. À bord, Sin Hall se tenait devant la vitre, immobile, les mains croisées dans le dos. Le plasto-verre reflétait son visage allongé, une expression grave hantait chaque ride de sa peau. Bloqué en orbite basse sur ordre des troupes séparatistes en intervention, le vaisseau voguait dans une couche nuageuse grise. Les pilotes droïdes peinaient à le maintenir stable, mais Sin Hall avait été intransigeant. Il voulait être au plus près de la scène. De l'autre côté de la vitre, des gouttes s'écrasaient contre le verre, dégoulinant lentement jusqu'à passer hors de sa vision.
Être au plus près n'était peut-être pas rationnel, indigne de son statut, mais le Muun à cet instant précis n'avait que faire des rangs. Il était immobile, droit comme un i à contempler les éléments au-dehors depuis la chaleur et la sécurité de sa navette, mais son esprit était en pleine tempête.
Dans chaque plis de son épiderme s'étiraient les ombres de la préoccupation. Toutes ses pensées se heurtaient aux limites de son intelligence, une cage trop étroite où se débattaient ses émotions qui enrageaient contre son impuissance, se déchiraient face à son incapacité à agir.
Ses yeux étaient rivés sur les nuages, d'où il distinguait – ou imaginait – parfois la lointaine surface de Mygeeto. Mygeeto...De la glace...Des pics abrupts...Et du froid. Et surtout des ressources immenses en pierres précieuses qui en faisaient l'une des planètes les plus riches de la bordure extérieure – derrière bien évidemment Géonosis. C'était la planète où se tenait le siège du Clan Bancaire, dont Sin Hall était le fondateur.
Quelques heures plus tôt, Sin Hall était sur Raxus Secundus, finalisant au nom du Clan Bancaire Intergalactique des accords pour aider la planète confédérée à revenir dans les affaires...Moyennant quelques garanties, bien évidemment. L'accord passé, il avait reçu un alarmant message en provenance de Géonosis : Mygeeto était attaquée par des Sith ! Des Sith, c'en était si tragique qu'il aurait presque voulu en rire. Des Sith, la Confédération en avait attrapés par dizaines sur Cathar. La flotte séparatiste avait fait plier le genoux aux Vestiges de l'Empire, les avait balayé d'un revers de la main comme on chasse une nuée d'insectes agaçants... Et maintenant des Sith attaquaient Mygeeto.
C'était une situation bien cruelle. La première action du muun avait été de contacter la commandante Delia, de lui demander si elle était sauve et les installations avec. Il était un personnage très influent, mais la CSI supportait très mal l'incompétence, et la perte de pareil projet lui aurait sans doute coûté cher, terriblement cher. Mais les usines de production étaient loin des lieux de l'attaque, la commandante était sur place et aucun dommage n'était à déplorer. Cette épée de Damoclès écartée, le président du CBI avait ordonné à ses pilotes de le mener à la planète au plus vite.
Sitôt arrivé en haute orbite, on avait informé par communication Sin Hall d'un blocus. La Confédération était en pleine intervention pour appréhender les terroristes, et avait bloqué la planète pour endiguer toute fuite. Partagé entre soulagement et frustration, le dirigeant du CBI avait pris son mal en patience. D'un côté, la CSI elle même intervenait plutôt que de laisser l'affaire aux forces de sécurité présentes sur Mygeeto. L'opération ne pouvait alors qu'être couronnée de succès. De l'autre, cela l'empêchait de faire quelque chose. Ordonner aux forces de sécurité, aux gardes, aux droïdes, à n'importe qui sur la planète, en un mot comme en cent : d'agir.
Il se laissa aller à un morne soupir. Ses mains tremblaient. Combien de ses collègues étaient morts dans cet attentat ? Combien de ses amis tués par des Sith ? Sin Hall avait vécu pendant la Guerre des Clones. Il avait déjà perdu des collaborateurs, tués par des bombardements sur des planètes reculées où ils espéraient trouver un nouveau soutien pour la CSI, mais où les guerres avaient été plus promptes et impartiales. Le chagrin ne l'affectait plus que d'une façon : la souffrance se muait en lassitude. Sin Hall parfois fatiguait. Comme une mystique malédiction, il lui semblait que pour chaque vie du CBI ôtée sur Mygeeto lui-même était un peu plus écrasé par sa survie, accablé par toutes ses années, vieilli par ses pertes.
Sin Hall tournait en rond au fond de son esprit. Ses pensées se heurtaient mais n'aboutissaient à rien de concluant. La situation était peut-être sous contrôle, mais pas sous le sien, et cette perspective n'arrangeait pas les choses. Désireux de se changer les idées, il se tourna vers les deux pilotes droïdes, et d'une voix neutre :
- Le vaisseau capital de l'opération est toujours inaccessible ?
- /Affirmatif monsieur./ Fréquences surchargées./
- Et la commandante Delia a indiqué qu'elle était mobilisée sur une opération sans vouloir m'en dire plus...Hmmm...Voilà qui est bien étrange...
- /D'autres fréquences sont disponibles monsieur./
Faute d'une autre alternative pour se distraire, le Muun fit un geste de la main, indiquant au B1 de détailler.
-/Fréquence du haut prospecteur des finances du Techno-Syndicat disponible./
Le Techno-Syndicat ? Il y avait bien une branche présente sur Mygeeto de l'entreprise...Qu'est-ce qu'un responsable du Techno-Syndicat pouvait bien avoir à lui offr...
- Mais c'est bien sûr...murmura Sin Hall pour lui-même. Il baissa les yeux, assemblant les pièces du puzzle une à une dans son esprit de brillant businessman, s'abîmant pendant quelques secondes dans une intense réflexion. Il releva enfin les yeux vers le B1. Entamez la communication. -
Post n°5
Auteur : Asavar PhocasL'euphorie finit vite par retomber. Ce que Vallas venait de m'annoncer impliquait certes que je disposais dorénavant de ressources hors du commun, mais cela ne signifiait pas une victoire totale pour autant. Je devais faire preuve de beaucoup de prudence. Au cours de ma longue carrière au sein du Techno-Syndicat j'avais mis hors d'état de nuire des hommes rusés, ambitieux et prêts à tout pour satisfaire leur soif de pouvoir. Aucun de ces hommes ne m'était arrivé à la cheville. Néanmoins, le prochain défi qui m'attendait était de taille, et malgré mon plan et son approbation par le conseil d'administration du Techno-Syndicat, je ressentais pour la première fois de ma vie une réelle peur de l'échec. Je repris mon souffle et tentai de garder mes esprits. Du calme. J'avais besoin de calme. Il fallait à tout prix que je reste maître de moi-même durant les négociations avec le Clan Bancaire. Oui, j'avais mis beaucoup de rapaces hors compétition, mais mon prochain adversaire était d'une toute autre envergure. Les Muuns étaient par essence fourbes et manipulateurs, mais tous les récits les concernant s'accordaient à dire que ceux du Clan Bancaire étaient les pires. Face à des hommes de cet acabit, la moindre erreur, la moindre faute me coûterait très cher et pourrait me faire passer du statut de prédateur à celui de proie...Je pris mon courage à deux mains et lançai la recherche de fréquences appartenant au Clan Bancaire. N'importe quel membre du groupe aurait fait l'affaire, il fallait simplement que j'établisse le contact. Après tout, n'importe quel Muun aurait pu relayer mon message à ses supérieurs. Je ne m'attendais pas à trouver la crème de la crème... Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'identifiai les coordonnées de la navette du président Sin Hall en personne! Je n'aurais su dire à ce moment-là si le destin était avec moi ou si au contraire il s'acharnait... D'un côté, un entretien direct avec le président du Clan Bancaire en personne me garantissait d'être entendu, mais de l'autre... Tout au long de ma vie j'avais fréquenté Vallas Wanbor, et je l'avais toujours considéré comme un homme d'affaires et un politicien exceptionnel. Pourtant à cet instant précis, je doutais que Vallas lui-même n'ait été à la hauteur face à un comploteur de la trempe de Sin Hall. Ce Muun était la fourberie à l'état pur, et de nombreuses histoires circulant à son sujet me donnaient plus d'une raison de le craindre. Néanmoins, une bravoure inattendue s'éveilla en moi. J'étais prêt. Au fond de moi j'en avais la conviction. Ce n'était pas le moment de commencer à avoir peur. J'allais faire face. J'allais montrer à cet individu issu d'une race inférieure que les Skakoans du Techno-Syndicat étaient les seuls vrais maîtres de l'intrigue. J'augmentai au maximum l'effet de mon synthétiseur vocal et pris bien soin d'allumer les éclairages de mes optiques. Dans une situation de ce type, mon apparence, ma voix et ma démarche étaient des armes au même titre que mon éloquence. Parfait! J'étais tout simplement parfait! Un charognard affamé animé par une ambition sans limite, un élu parmi la race élue: voilà ce que j'étais! Je m'étais battu toute ma vie et ce ne serait pas ce misérable Muun qui m'arrêterait.Une fois bien préparé à l'entretien, je sélectionnai la fréquence de la navette de Sin Hall sur l'écran du transmetteur. S'en suivit un long silence au bout duquel apparut l'image holographique du président Sin Hall en personne. Pendant un instant je dus réprimer un fou rire: j'avais oublié à quel point la morphologie des Muuns était grotesque. Je conservai néanmoins ma façade imperturbable et pris la parole:
-Au nom du Techno-Syndicat de Skako, je vous présente mes respects monsieur le Président. Permettez-moi de me présenter: je suis...Une de mes anciennes répliques, adressée autrefois à un de mes rivaux sur Skako, me revint alors à l'esprit et je mourus d'envie de la prononcer haut et fort. Cette réplique était la suivante: "je suis celui qui détruira vos rêves, qui prendra tout ce que vous avez pu convoiter et qui vous effacera des tablettes de l'Histoire, et tout cela, bien sûr, au nom du bien commun". Mon bon sens me retint néanmoins de dire une telle chose et je poursuivis ma présentation.
-Je suis Asavar Phocas, haut prospecteur du Techno-Syndicat récemment affecté à votre planète.
Je m'inclinai légèrement lorsque ces mots sortirent de ma bouche.
-Je vous informe que je m'adresse à vous au nom du conseil d'administration du Techno-Syndicat et de son dirigeant, Vardek Bortan. Mes supérieurs sont désireux d'organiser une rencontre entre nos deux groupes et, en tant que représentant du Techno-Syndicat sur Mygeeto, je serais honoré de pouvoir m'entretenir avec vous au sujet de l'avenir de la planète. Vous n'êtes bien sûr pas sans savoir que des terroristes Sith mènent actuellement une attaque sur votre monde. Le Techno-Syndicat tient à vous informer que vous avez toute sa sympathie ainsi que son soutien indéfectible durant cette crise. Mais je m'égare... Veuillez m'excuser.
Je modulai légèrement ma voix, afin de lui donner le même ton apaisant et mielleux que celle avec laquelle Vallas s'était adressé à moi un peu plus tôt.
-Sachez simplement que même en ces heures sombres, il vous reste des amis, et que le Techno-Syndicat est prêt à vous tendre la main pour bâtir un avenir meilleur pour le Clan Bancaire et pour Mygeeto. C'est pourquoi je propose que l'on se rencontre au plus vite. Du moins, si cela vous convient bien sûr. Loin de moi l'idée de vous forcer la main votre éminence.J'avais joué mon jeu à la perfection. L'idée de me retrouver physiquement face à Sin Hall me mit légèrement mal à l'aise mais, exceptionnellement, il fallait laisser la prudence de côté et faire taire mon instinct de survie. De toute façon, les Muuns n'étaient pas des assassins. Il ne me restait qu'à découvrir comment le président du Clan Bancaire allait réagir à ma petite intervention. -
Post n°6
Auteur : Tericarax
Président Sin Hall
Le droïde s'apprêtait à passer l'appel quand une sonnerie retentit sur sa console. Surpris, il se figea, relevant sa tête inexpressive vers le président Hall.
- / Monsieur, appel entrant de.../
- Du haut prospecteur des finances du Techno-Syndicat, interrompit d'un ton amusé Sin Hall.
Son futur interlocuteur était du genre à prendre les devants ? Ceux qui prenaient l'initiative étaient aussi bien souvent les plus redoutables en affaires. Sin Hall avait fait le bon choix en jetant son dévolu sur ce responsable du Techno-Syndicat. Non seulement il allait un peu le distraire dans cette morne journée, mais en plus il allait peut-être lui fournir du grain à moudre. Sin Hall se tourna vers la baie vitrée, y observant quelques gouttes qui y glissaient, mélancoliques, ses mains toujours liées dans son dos.
- Décrochez donc, dit-il courtoisement à son pilote.
Il entendit derrière lui le son de l'holoprojecteur s'allumant. Les lumières dans le vaisseau diminuèrent pour que l'image soit plus nette, mais Hall, le dos tourné à son interlocuteur, se contentait d'observer les volutes brumeuses qui entouraient sa navette. Il ne voulait entendre que la voix de son interlocuteur d'abord, ne pas s'armer d'une trompeuse première impression. Une voix métallisée, voici ce qui parvint aux oreilles de Sin Hall. Non pas métallisée comme l'aurait été celle d'un droïde ou d'un cyborg, non, c'était un timbre de voix qu'il n'avait déjà que trop entendu...Un Skakoan. Le Muun resta silencieux pendant la – longue – tirade de cet Asavar Phocas.
Il laissa s'écouler quelques longues minutes, tournant toujours le dos à son interlocuteur. Il affectait le rôle du Muun qui venait de tout perdre. Il ressentait la douleur, oui, Sin Hall avait un cœur après tout, mais ses nerfs étaient solides. La perte de ses chers confrères était une épreuve terrible, mais il l'avait déjà traversée tant de fois dans la Guerre des Clones...Des cicatrices qui n'avaient de cesse de se ré-ouvrir, mais ces blessures à force étaient devenues...Habituelles.
Aussi, il feignait de souffrir bien plus qu'il n'avait en réalité mal. Suite aux paroles qui tenaient plus du discours que du dialogue de cet envoyé du Techno-Syndicat, Sin Hall laissa donc s'installer un long silence. Il resta patiemment immobile, toujours devant la baie vitrée, comme perdu dans un rêve. Seul restait le vrombissement de la navette, les petits bips de la console, assurant que l'holo-communication était toujours active, les sons cybernétiques produits par ses pilotes robotiques et la respiration artificielle de l'autre au bout du fil, dans son scaphandre de fer.
Lorsque enfin le silence devenait gênant, Sin se retourna vers l'hologramme. Son visage était déformé, fendu en un sourire diplomatique qui semblait faire plisser toutes les rides de son visage pâle et étiré. La sinistre expression était accompagnée d'un ton non moins complaisant, tout aussi avenant et en même temps à vous en faire frissonner. Tout en amenant cette expression, il scruta l'image. Il avait vu juste. Un Skakoan.
- Le Clan Bancaire apprécie votre soutien. Rejoignez moi dans ma navette, nous pourrons y discuter plus confortablement...J'ai hâte de faire votre connaissance, monsieur Phocas.
Puis il fit signe au pilote B1, et la communication fut coupée – en laissant naturellement le temps à son interlocuteur de se retirer avec un tant soit peu de dignité et de politesse. Alors que l'hologramme s'éteignait, Sin Hall se tourna à nouveau vers la baie vitrée, observant entre les nuages le sol gelé de Mygeeto. De la glace...Des pics abrupts...Et du froid.
*Tout ce qui est bon pour les affaires* conclut Sin Hall. Il resta immobile, alors qu'un éclair zébrait les nuages en-dessous de lui, peignant l'entièreté du décor d'une vive lumière. Il était à nouveau plongé dans ses pensées.Spoiler
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Post n°7
Auteur : Asavar PhocasLe Muun m'avait tourné le dos durant l'intégralité de mon petit laïus. Il semblait faire face à la vitre de sa navette en contemplant les éléments, comme je l'avais moi-même fait un peu plus tôt. Quelque chose me dérangeait: malgré tout le savoir-faire oratoire dont j'essayais de faire preuve dans mon discours, je ne parvenais pas à obtenir la moindre réaction de la part de Sin Hall. M'y prenais-je mal? Soupçonnait-il mes intentions? Je l'ignorais totalement et cela me pesait. Au terme de mon monologue, lorsque le silence plana, une légère goutte de sueur coula sur mon front, et je fus momentanément frustré de ne pas pouvoir l'essuyer. Je réfléchis pendant un instant à la situation. Les événements se déroulant sur Mygeeto devaient avoir coûté cher à Sin Hall, et probablement beaucoup trop cher à son goût. N'importe qui serait désespéré face à une telle perte et au sentiment de ne pas pouvoir intervenir. Peut-être le rencontrais-je dans un de ses moments de faiblesse? Non... C'était hautement improbable. N'importe qui souffrirait le martyr en contemplant son œuvre être détruite. Cette même souffrance avait autrefois poussé mon propre père au suicide... Mais Sin Hall ne faisait pas partie du commun des mortels. Dans le monde des affaires, cet homme était un dieu parmi les larves. Le salopard... Il avait presque réussi à me faire rentrer dans son jeu, mais je réalisai vite la supercherie en remarquant enfin la tension dramatique que Sin Hall faisait peser. Un homme d'affaires accompli se doit d'avoir plusieurs qualités: il doit être audacieux, visionnaire, implacable et surtout, il doit être un excellent acteur. Cette dernière qualité est essentielle, car elle permet à l'homme d'affaires de manipuler ses interlocuteurs à sa guise et d'obtenir d'eux tout ce qu'il désire. A ce jeu là, Sin Hall excellait: la mise en scène était parfaite. Après des années d'intrigue, je trouvai enfin mon égal, voire pire: mon maître...Le président du Clan Bancaire mit finalement fin à sa petite mascarade et m'invita à converser avec lui sur sa navette. Il affichait le même sourire diplomate que Vallas, ce qui ne manqua pas de m'agacer. Cet hypocrite déclarait même avoir "hâte de faire ma connaissance". Enfin... Comment pouvais-je le blâmer? Après tout, je jouais exactement le même rôle.
-Il en va de même pour moi votre éminence, répondis-je finalement avec un enthousiasme volontairement exagéré. Je vous remercie de m'avoir écouté et vous laisse à votre méditation. En ces heures difficiles, vous en avez plus que besoin.La transmission pris fin, me plongeant à nouveau dans l'obscurité de la salle de communication. Globalement, cette conversation annonçait des affaires fructueuses avec le Clan Bancaire et était de bonne augure pour mes projets. Néanmoins, elle m'avait également révélé que Sin Hall était un homme d'affaires rusé, un diplomate habile et un adversaire redoutable. Je devais à tout prix faire très attention face à lui. Cet entretien à venir n'allait décidément pas être une partie de plaisir, mais je ferais de mon mieux.Je pris tranquillement la direction du pont principal de la navette. Là, un droïde mécanicien s'affairait, fouillant dans une boîte à outils désordonnée.
-Veuillez m'excuser, lui dis-je pour attirer son attention.Il releva ses optiques vers moi, et cessa son activité.
-Que puis-je faire pour vous monsieur?
-Je cherche à emprunter une nacelle d'évacuation afin de quitter la navette.
-Monsieur, les ordres sont clairs: il est formellement interdit de se rendre sur la surface de Mygeeto.
-Oh mais je ne vais pas sur Mygeeto...
-Si je puis me permettre, où comptez-vous vous rendre exactement?Je le dominai de toute ma taille et le saisis par l'articulation lui tenant lieu de cou. Il fallait remettre les choses au clair.
-Reste à ta place droïde... Ma destination ne te regarde en aucun cas. J'ai des affaires urgentes à régler et je ne laisserai pas un insecte dans ton genre se dresser sur ma route.Je mis fin à mon entrave. Le message avait été suffisamment limpide. Le droïde resta muet pendant quelques instants avant de m'inviter à le suivre vers les nacelles. Il était grand temps pour moi de me confronter au président du Clan Bancaire en personne.
J'entrai finalement dans le véhicule. Il était minuscule, mais pour un trajet aussi court il ferait très bien l'affaire. J'actionnai les moteurs de l'engin et entrai les coordonnées de la navette de Sin Hall dans le système de pilotage automatique. Je pris également mes précautions en diffusant la fréquence du Techno-Syndicat depuis le vaisseau miniature: il aurait été fâcheux qu'un des croiseurs du blocus me prenne pour cible. Les réacteurs démarrèrent enfin et je pus ainsi quitter la navette de transport. Les étoiles lointaines et la flotte de guerre de la CSI défilaient à travers le hublot. La vue avait une majesté à couper le souffle. Elle m'évoquait les récits de guerres antiques que me racontait mon père durant mon enfance. Ces histoires de seigneurs de guerre déterminés et avides de puissance étaient d'ailleurs ce qui m'avait donné dès mon plus jeune âge ma fascination pour le pouvoir.Après quelques minutes, la nacelle pénétra dans la navette neimoidienne du Clan Bancaire. Je sortis tant bien que mal de la cabine ridiculement petite et fus directement accueilli par un majordome Muun.
-Monsieur Phocas je présume, demanda-t-il? Le président vous attend. Veuillez me suivre s'il vous plaît. -
Post n°8
Auteur : Tericarax
Président Sin Hall
Celui qui avait accueilli Asavar était tout à fait poli, et quoi que réservé, il tenait la conversation avec le politicien afin que ce dernier ne s'ennuyât pas.
- Monsieur Hall a été profondément affecté par les événements récents, disait-il maintenant. Plusieurs de ses plus proches collaborateurs sont morts dans ce regrettable attentat. Le Muun secoua la tête en signe de désapprobation. Des massacres de cette envergure...C'est à n'y rien comprendre. M Hall lui-même ne l'aurait sans doute pas prédit! Mais comme le disent si bien les hommes d'affaire "Les coups les plus durs sont ceux qu'on ne voit pas arriver". Vous connaissez cela sans doute, M. Phocas. Enfin...Ne soyez pas trop dur avec M. Hall, je crains qu'il ne soit encore sous le choc...
Il s'arrêta devant une porte à double-battants, et adressa un clin d'oeil complice à l'aspirant politicien.
- Mais ne lui dites pas que je vous ai dit ça.
Puis enfin, il ouvrit les deux portes.
C'était une pièce large, ornementée dans le style en colonnes antique typique des Muuns. La pièce à n'en pas douter un aménagement personnel que le président Sin Hall avait fait réclamer pour sa navette, et qu'on lui avait accordé moyennant un paiement à la hauteur de son extravagante demande ; si les appartements dans les vaisseaux de plus lourd tonnage étaient monnaie courante, une telle ordonnance pour une navette neimoidienne tenait de l'ordre de l'anecdotique : il ne faisait aucun doute que le vaisseau fut une pièce unique, ou bien achetée à un prix exorbitant comme un article de collection, ou bien conçu entièrement sur mesure pour répondre aux idéaux de confort du président Hall. Un tapis et des teintures servaient d'habit au sol dallé et à des vitres qui avaient été travaillées pour reproduire à merveille le raffinement du meilleur transparacier. Si la pièce se paraît de rouge brodé d'or, le mobilier n'était pas en reste : au milieu de la salle trônait une grande table rectangulaire qui occupait la majorité de l'espace. L'on devinait à la couleur du bois qu'il s'agissait d'une écorce là-aussi précieuse, sans doute en provenance d'un monde forêt encore verdoyant, vieilli pendant des années. L'on imaginait sans peine l'artisan suant, s'échinant de longues heures au milieu des copeaux à façonner cette pièce maîtresse de ses grosses mains bourrues – mais emplies de délicatesse et d'un savoir-faire sans pareil. Sans doute une attention toute particulière Sin Hall portait-il à ce meuble, car son bois verni était parfaitement conservé – une senteur d'écorce et de résine flottait en une brumeuse flagrance (par des encens savamment dispersés aux coins de la pièce sans doute), comme si l'on avait tout juste façonné le meuble à partir d'un arbre fraîchement coupé.
Sur cette table, une nappe fine était disposée, nombre de dossiers éparpillés. Debout, derrière un fauteuil qui semblait aussi confortable que hors de prix, les yeux plongés dans la contemplation de la pluie qui s'acharnait contre les carreaux...Sin Hall. Les Muun n'étaient naturellement pas une espèce très gracieuse, mais le leader du Clan Bancaire avait dans son regard, dans sa posture, dans sa tenue noire qui alliait la simplicité d'une toge avec la complexité du plus fin manteau de couturier quelque chose d'imposant. Un charisme qui ne naissait pas par son apparence elle-même, mais par la lumière d'intelligence aiguisée et habile qui brillait dans ses yeux, par sa posture droite et assurée – un roc de volonté même en cet instant tragique. Abîmé dans quelque réflexion que ce fût, il observait par le verre. Le majordome avait fait entrer Asavar, et sa bruyante respiration vint troubler la paix apparente de la pièce comme un éléphant entré dans un magasin de porcelaine.
Le président porta son regard sur le nouvel arrivant. C'était donc lui, ce jeune envoyé du Techno-Syndicat, si plein d'ambition qu'il en était à prendre l'initiative, les doutes absents de son esprit ? Il l'observa pendant quelques secondes, comme si par ses yeux seuls il allait réussir à déceler jusqu'à ses pensées les plus secrètes, avant de s'avancer vers son interlocuteur enfin, d'un pas lent mais ample.
- M. Phocas. Un plaisir de vous rencontrer. C'était un mensonge naturellement, ou ce n'était pas la vérité en tout cas. Le ton de Sin Hall était une fausse gaieté, aisément démasquée par sa gravité sous-jacente. Il se reprit, réalisant sa froideur, et ajouta : Vous avez sans doute bien des projets à me proposer, et je dois être sur Mygeeto dans quelques heures tout au plus. Ne perdons pas de temps si vous le voulez bien. Prenez donc place, asseyez vous à votre aise ! Dit-il en désignant l'une des chaises autour de la table.
Il marcha jusqu'à son propre fauteuil – le dossier était plus élevé que celui des autres chaises, un trône pour un roi entouré de sa cour – et y prit place en prenant soin de s'asseoir en même temps que Asavar. Son majordome s'excusa pour aller préparer des rafraîchissements, mais le regard de Sin Hall tout entier était porté sur le Skakoan.
- Je vous écoute. N'omettez aucun détail, dit cordialement le Muun. -
Post n°9
Auteur : Asavar PhocasLe majordome parlait trop. Ce fut la première chose que je constatai lorsque le Muun me conduisit à son employeur. Non seulement il parlait trop, mais tout comme Sin Hall, il jouait un rôle bien précis, contribuant à la théâtralisation planifiée par le président du Clan Bancaire Intergalactique. Je le soupçonnais d'ailleurs de suivre à la lettre des instructions laissées par Sin Hall. Le Muun pensait certainement que si je le croyais en état de choc, je baisserais ma garde et deviendrais ainsi une proie facile pour son brillant esprit calculateur. Ce banquier arrogant me sous-estimait... Néanmoins, il avait raison sur un point: à l'heure actuelle, j'étais la proie et il était le chasseur. Cependant je ne comptais pas occuper ce rôle définitivement et le but même de cette rencontre était de prendre l'ascendant sur Sin Hall. En arrivant vers la lourde porte à double-battants, le majordome se permit même de m'adresser un clin d'œil complice. Un clin d'œil complice... Cet immonde ver de terre croyait donc sérieusement pouvoir se permettre des familiarités de ce genre avec moi? Je devais me rendre à l'évidence: les Muuns se moquaient de moi, ils me prenaient pour un bouffon venu pour les distraire... Je pris une profonde inspiration et tentai de garder mon calme malgré le manque de respect évident de ces êtres inférieurs envers moi. La porte s'ouvrit enfin, dévoilant une vaste salle à la décoration... intéressante. Il m'arrivait parfois de porter des toges de tissu précieux aux couleurs éclatantes. Cela permettait à mes interlocuteurs de savoir directement qu'ils ne s'adressaient pas un simple membre de la plèbe, et par la même occasion, cela les intimidait. Très sincèrement, j'ignorais si Sin Hall cherchait à obtenir un effet similaire en décorant sa navette de la sorte ou s'il avait un réel manque de goût. L'environnement tout entier dégageait la désagréable odeur de l'argent mal acquis. Comme je l'avais remarqué plus tôt, Sin Hall adorait la mise en scène et il ne négligeait décidément aucun détail: j'avais devant moi le stéréotype parfait du bureau d'un riche chef d'entreprise. Sin Hall se tenait à l'autre bout de la pièce derrière la vaste table rectangulaire. Je dois admettre que je lui trouvais un charisme indéniable. Il y avait en effet dans sa tenue et dans sa démarche une certaine élégance doublée d'une sobriété qui déteignait avec l'allure extravagante de la salle. Même s'il n'était pas un Skakoan, j'avais une certaine admiration pour cet homme. Son talent et sa vivacité d'esprit faisaient honneur aux natifs de Muunilinst.
Le dignitaire Muun s'adressa enfin à moi en ces mots:
-M. Phocas. Un plaisir de vous rencontrer.
-Plaisir partagé votre éminence , lui répondis-je amicalement.Le président m'invita à m'assoir et à présenter mes différents projets pour Mygeeto. Apparemment, il souhaitait se rendre sur la planète quelques heures plus tard et souhaitait donc régler l'affaire au plus vite. Je soupirai en songeant au fait que jamais les officiers séparatistes ne laisseraient un aussi éminent personnage mettre sa vie en danger en atterrissant sur la planète... Enfin bref, il n'avait aucune raison d'être si pressé... Mais cela n'avait finalement aucune importance. Seules deux choses importaient réellement: Sin Hall ne voulait pas perdre de temps et je ne voulais pas contrarier Sin Hall. Je m'installai donc dans l'un des amples fauteuils et commençai la présentation de mes différents projets.
-Je ne vous apprends rien en vous disant que Mygeeto est une planète essentielle. Pas seulement pour le Clan Bancaire, mais pour la Confédération des Systèmes Indépendants dans son ensemble. Les terroristes Sith ont frappé fort à travers tout les territoires séparatistes, mais l'attaque sur Mygeeto pourrait bien faire partie de celles ayant les conséquences les plus catastrophiques. Le sol de Mygeeto est fabuleusement riche - ce n'est un secret pour personne - et le commerce de minerais est probablement l'une des activités les plus lucratives de la Confédération. Je parle de revenus, mais il ne s'agit pas seulement de ça: nous avons besoin des ces minerais sur nos chantiers et dans nos usines. En tant que membre du Techno-Syndicat je sais de quoi je parle. Si l'exportation des ressources minières de Mygeeto est coupée, c'est la quasi-totalité de l'industrie de l'armement séparatiste qui est paralysée.
Je marquais une légère pause tout en faisant bien attention à ne pas faire perdre patience à Sin Hall.
-Vous l'aurez compris, le Clan Bancaire est loin d'être le seul à avoir des intérêts sur Mygeeto et le Techno-Syndicat tient à faire en sorte que les choses reviennent à l'ordre sur la planète. C'est pourquoi je viens vous présenter une offre. Le Techno-Syndicat s'engage à financer la rénovation de toute infrastructure ayant subi des dégâts vous permettant ainsi de reprendre les exportations de minerais au plus vite. Le Syndicat tient également à vous fournir de nouveaux régiments de droïdes de combat B1 et B2 pour compenser vos pertes et assurer une meilleure défense de la planète. Enfin, le Clan Bancaire aura l'appui politique du Techno-Syndicat pour se maintenir en place sur Mygeeto. Néanmoins, nous ne sommes pas prêts à vous offrir gracieusement nos services. En tant qu'homme d'affaires, j'imagine que vous pouvez comprendre cela. J'irai droit au but. En échange de ses services, le Techno-Syndicat désire obtenir une mine sur Mygeeto ainsi que l'autorisation d'ouvrir une usine de la Baktoïd Combat Automata à proximité de celle-ci. Je tiens à souligner que la mise en place d'une usine de production de droïdes de combat sur Mygeeto serait bénéfique à nos deux compagnies: en temps de menace, l'intégralité des unités produites par l'usine rejoindrait gratuitement les forces de défense planétaire. Je tiens également à préciser que mes supérieurs ne se contenteront pas de filons épuisés. Cela peut sembler évident, mais la précision s'imposait. Enfin, il y a un dernier point que je souhaite aborder. Afin de s'assurer que ses intérêts sur Mygeeto sont préservés, le Techno-Syndicat souhaiterait que l'un de ses membres occupe le poste de sous-préfet de Mygeeto. Aussi souhaiterait-il obtenir votre aide dans ce projet. Les hauts dignitaires du Clan Bancaire - y compris vous votre éminence - seront bien entendu tous admis au sein du gouvernement.Cette dernière revendication était sans doute possible la plus audacieuse...et la plus risquée. Malgré son sourire apparent, je savais que Sin Hall n'appréciait pas spécialement la tournure des événements, mais je savais aussi qu'une telle offre pouvait difficilement être refusée. Après tout, le Techno-Syndicat était prêt à investir une somme colossale d'argent pour soutenir le Clan Bancaire et sans notre soutien, les Muuns mettraient peut-être des années à se relever de cette crise. Néanmoins, l'anxiété me prit tout à coup et une nouvelle goutte de sueur perla derrière mon masque lorsque mon exposé prit fin. Une fois de plus, je pestais intérieurement contre cette maudite combinaison qui m'empêchait de l'essuyer.
-Bien. Je crois avoir fait le tour du sujet. Si vous le souhaitez je peux vous laisser seul le temps nécessaire pour réfléchir à la question. Sachez que le Techno-Syndicat ne souhaite pas une réponse trop tardive mais qu'il n'exige pas non plus que vous preniez immédiatement une décision. Prenez le temps de peser le pour et le contre votre éminence. -
Post n°10
Auteur : Tericarax
Président Sin Hall
Sin Hall resta silencieux pendant la longue tirade du Skakoan. Il parlait, parlait, certes fort bien, certes les engrenages de sa rhétorique étaient bien huilés, certes ils étaient impeccables. Il était bien un individu intelligent, son talent ne venait peut-être pas que de sa langue si bien pendue et si habile...Mais il souffrait du vice du politicien. Le président Hall était un banquier, un homme d'affaires qui calculait autour de lui, pensait en terme de revenus de façon constante, connaissait sur le bout des doigts la moindre des transactions qu'il avait à effectuer...Les longs discours pouvaient tromper les masses en les noyant dans un torrent d'arguments en apparence bien ficelés, mais pareil écran de fumée était égal à une verrière pour le Muun : il voyait au travers avec aisance. Bien qu'ayant depuis longtemps percé à jour la supercherie par son esprit plus affûté qu'une lame, Hall conservait toutefois le silence, par respect pour le jeune prospecteur, par respect pour l'effort qu'il fournissait en ce long discours.
Il soupira toutefois intérieurement à ses demandes. Tout avait si bien commencé. Il était prêt à donner dans cette mascarade et en retirer sa part du gâteau sans que l'autre s'en fut aperçu. Tout le monde aurait pu vivre dans un apparent équilibre, le Techno-Syndicat et cet Asavar Phocas satisfaits d'avoir dupés Sin Hall, sans s'apercevoir qu'ils étaient les dindons de la farce, le Clan Bancaire bénéficiaire secret de cet accord...Mais il ne pouvait pas laisser passer un tel marché. Si les négociations débutaient sous les meilleures auspices, le Skakoan venait de tout mettre à l'eau. Il avait eu les yeux plus gros que le ventre, une erreur fatale dans le milieu des affaires.
Le majordome de Sin Hall entra, et disposa devant d'abord le président puis le Skakoan une tasse de thé. Il réalisa son erreur devant le scaphandre de leur hôte, qui n'aurait sans doute pas pu boire en pareille circonstance et s'étala en plates excuses, à voix toujours gardée basse – on ne voulait pas agacer M. le président par une agitation quand il traversait des instants difficiles. Sitôt le soucis résolu, le serviteur s'éclipsa une nouvelle fois, discret comme une ombre. Alors, le président prit une gorgée de thé, s'humecta les lèvres tout en goûtant le breuvage – légèrement sucré pour correspondre à son goût. Alors, il posa la délicate porcelaine, qui se mit à trembler, sous le ronronnement du moteur de la navette.
- Vous n'avez pas correctement fait vos devoirs, M. Phocas du Techno-Syndicat. Certes, vous avez raison, Mygeeto est un important centre financier pour la Confédération, et son blocus est problématique. Toutefois, on m'a assuré que les opérations ne dureraient pas plus de 48h. Et voyez-vous, le Clan Bancaire ne vend pas le minerai sitôt qu'il est extrait. Vous êtes homme d'affaires, vous connaissez sans doute cette stratégie des plus basiques : ne jamais livrer tout ce que l'on possède, même dans un échange. Nous avons des réserves de cristaux, extraits à l'avance dans le cas notamment où des filons viendraient à manquer soudainement, pour pourvoir à la demande aussi bien séparatiste qu'à celle des particuliers. Vous vous trompez aussi en supposant que pareille broutille paralyserait la Confédération toute entière. Les sources de richesses sont multiples, oublieriez vous que des centaines de systèmes embrassent la cause séparatiste ? Le Clan Bancaire aussi bien que la C.S.I, nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier. Vous traitez Mygeeto comme la pire action des Sith, mais ne pensez vous pas l'attentat sur Muunilinst d'une gravité plus extrême encore ?
Voyons quoi qu'il en soit votre marché. Vous demandez à obtenir une mine sur Mygeeto – virtuellement vous désirez donc que nous vous donnions des fonds gratuitement, fonds avec lesquels vous projetez de défendre notre planète en mettant à disposition des droïdes qui devraient normalement aller à la C.S.I., et fonds avec lesquels vous allez reconstruire les dommages engendrés par les Sith sur notre planète. Vous désirez par ailleurs prendre le contrôle du gouvernement, mais nous y laisser une place de figurant.
Sin Hall sourit – l'ironie était absente de ses traits. Il était véritablement amusé, comme on se serait amusé d'un enfant racontant des inepties, parlant sans savoir d'un domaine dont il ignorait tout.
- Bien entendu, vous désirez reconstruire nos bâtiments à vos frais. Ce n'est là qu'une broutille à côté de l'acquisition d'un filon, et le droit de construire une fabrique de droïdes, car le filon sera dix fois, cent fois plus lucratif que toutes les réparations que vous pourriez effectuer, et la fabrique serait votre pied posé sur Mygeeto, et votre influence s'étendant contre la nôtre. Il ne suffirait que de récupérer au fur et à mesure quelques filons de plus, prétextant le remboursement de notre dette, et pour finir vous pourriez bien avoir le contrôle de la planète. Avec après tout un haut prospecteur à la tête du gouvernement, pareils scandales pourraient être aisément passés sous silence, et la CSI n'interviendrait pas pour trancher entre deux de ses cerbères commerciaux pour pareil désaccord, surtout quand les deux sont à la sous-préfecture. Ah ah ! Vraiment, votre plan est astucieux, digne d'un Skakoan de votre qualité.
Mais vous oubliez la règle d'or des affaires : pour que votre interlocuteur accepte, il faut qu'il ait quelque chose à gagner dans le marché que vous lui proposez. Et de ce marché, je n'ai rien à gagner M. Phocas, rien si ce ne sont quelques promesses brumeuses et la garantie qu'une fois votre influence assez étendue sur Mygeeto vous tenterez de la prendre pour vous-même.
Vous êtes un individu d'une intelligence remarquable, mais vous manquez encore de finesse. Si vous étiez venu en homme d'affaires indépendant, en politicien qui ne sert que ses propres ambitions, j'aurais considéré à vous pousser au moins vers la direction de la sous-préfecture ; car avec mon expérience et mes conseils, vous auriez pu réussir à merveille dans cet emploi, j'en suis convaincu. Hélas, vous mangez Techno-Syndicat, vous parlez Techno-Syndicat, vous respirez Techno-Syndicat. À vous comme à eux, je n'accorderai ni ma confiance, ni mes engagements sur des termes qui ne me sont que trop défavorables.
Il s'arrêta, but une gorgée de son thé pour rafraîchir son œsophage – asséché par pareil discours dont la longueur lui était peu familière.
- J'espère vous revoir avec une réflexion plus mûre, M. Phocas. Vous êtes un esprit pensant, pas un pion du Techno-Syndicat. (Il soupira). Avez-vous besoin que l'on vous fasse raccompagner jusqu'à votre navette ?
Les négociations avaient commencées sous les meilleures auspices, mais ne se terminaient hélas pas sur une note positive. La gourmandise était un vilain défaut. Et Asavar avait été bien trop gourmand. -
Post n°11
Auteur : Asavar PhocasAvec le recul, je me rendis compte à quel point ma proposition était audacieuse. Trop audacieuse. Oui, j'étais allé trop loin et je m'étais jeté sur l'opportunité d'obtenir le poste ô combien convoité de sous-préfet comme un addict se jette sur sa dose de drogue. J'avais été maladroit, pathétique même... J'avais fait la première faute de ma carrière, et ce au pire moment imaginable... Je m'attendais à subir la colère de Sin Hall. J'étais loin de me douter quelle serait sa réaction... Au lieu de se courroucer, le Muun me fit remarquer mes nombreuses erreurs comme un instituteur corrige son élève tout en conservant son calme à toute épreuve. J'en restais bouche bée. Derrière mon masque, mes yeux étaient écarquillés et mon souffle était coupé par la surprise. Lorsque la longue tirade de Sin Hall prit fin et qu'il m'invita à rejoindre ma navette, je demeurai immobile durant quelques instants... avant d'éclater de rire. Je ne saurais donner la raison de cette hilarité. Peut-être étais-je nerveux. Peut-être était-ce l'ironie de la situation. Peut-être était-ce un peu des deux. Je finis enfin par reprendre mon calme et reprit la parole avec le sourire. Le premier sourire sincère que j'adressais au président depuis le début de cette rencontre.
-Je dois admettre que je ne m'attendais pas à une telle réaction de votre part M. Hall. Les Muun sont décidément une espèce étonnante! Vous êtes habile votre éminence. C'est une qualité de plus en plus rare malheureusement. Si rare que je ne sais même plus comment m'adresser à un homme de votre trempe. La majorité des hommes d'affaires que j'ai eu l'occasion d'affronter étaient tous des imbéciles aisément manipulables.
Je me levai de mon siège en ajoutant:
-A cela s'ajoute un fait simple: vous êtes bien mieux renseigné que moi et comme dit le proverbe, "le savoir c'est le pouvoir". Je vous avoue que j'ignorais totalement que les Sith avaient également frappé Muunilinst avant que vous ne me le disiez. Je n'aurais de plus jamais imaginé que le Clan Bancaire disposais encore de réserves de minerais. Une stratégie simple mais astucieuse je dois l'admettre. Je croyais que vous me sous-estimiez mais cette rencontre m'a permis de réaliser que vous êtes bien plus talentueux que je ne le suis.
Je soupirai. Quel était donc cet enthousiasme qui me transportait?
-Si seulement nous avions pu nous nous rencontrer dans d'autres circonstances. J'aurais eu tant à apprendre de vous... Enfin... Maintenant que je vous ai bien jaugé je pense que les choses sérieuses peuvent commencer. Plus de coup bas, plus de manipulation, seulement deux hommes d'affaires jouant franc-jeu. J'espère que vous me pardonnerez ce petit excès de zèle. Vous savez ce qu'on dit: le monde des affaires est un bassin rempli de requins affamés. Bien! Je pense pouvoir retrouver le chemin de ma navette par moi-même.
Je me détournai de mon hôte et pris la direction de la porte.
-Je reviendrai donc avec une offre plus avantageuse pour nos deux groupes. J'espère sincèrement que nous parviendrons à faire affaire entre hommes de bonne éducation M. Hall. Sur ce, je vous laisse votre éminence. Et encore une fois bravo pour cette extraordinaire démonstration de sang-froid et d'esprit.
Je m'inclinai pour saluer mon hôte comme il se devait avant de rejoindre ma navette. De nouveaux projets commençaient à germer dans mon esprit, des projets qui exigeaient que je fasse temporairement une croix sur mes principes. Plutôt que de doubler le Clan Bancaire, je comptais dorénavant collaborer avec lui. Après tout, l'alliance de deux firmes aussi influentes ne pouvaient qu'accomplir de grandes choses, des choses bien plus ambitieuses que ce que j'aurai pu accomplir seul.
Dans le couloir de la navette neimoidienne le majordome me fit remarquer à quel point l'entrevue avait été courte.
-Très courte, lui répondis-je. Mais également pleine de promesses contrairement aux apparences. Je pense que nous serons amenés à nous revoir très vite mon cher.Je m'installai une fois de plus dans la minuscule cabine de la nacelle d'évacuation. Mon esprit était encore accaparé par mes planifications et je ricanais en imaginant le monstre bicéphale que serait l'alliance du Techno-Syndicat et du Clan Bancaire Intergalactique, ignorant totalement les destroyers du blocus, défilant à travers mon hublot lors du trajet de retour. Sin Hall ne partageait probablement pas mon excitation, mais je comptais bien lui faire une offre suffisamment alléchante pour le convaincre de collaborer avec moi.---Skako, bureau du secrétaire général WanborVallas Wanbor était confortablement installé dans son bureau. Assis dans un ample fauteuil, il savourait un whisky de grande qualité en admirant avec fierté les nombreux dossiers rangés sur l'étagère accrochée au mur lui faisant face. Le support papier avait beau être un procédé archaïque, la CSI n'avait jamais totalement abandonné son usage. Pour le premier péon venu, ces classeurs empilés ne représentaient probablement qu'un tas de déchets ennuyeux, mais pour Vallas Wanbor, ils étaient la source d'un pouvoir incommensurable. Tous les comptes, les registres et les projets de la prestigieuse Baktoïd Combat Automata étaient en effet soigneusement classés et conservés dans cette étagère. Tout ce qui faisait de Vallas l'un des hommes d'affaires les plus influents de la CSI.Quelques minutes auparavant, le secrétaire général avait reçu une transmission de son jeune protégé, le haut prospecteur Asavar Phocas. Apparemment les négociations avec le Clan Bancaire ne s'étaient pas déroulées comme le jeune Skakoan l'avais prévu. C'était prévisible face à Sin Hall, et Vallas était heureux qu'après cette malheureuse tentative, le Clan Bancaire ne se soit pas totalement fermé aux négociations. L'éminent homme d'affaires souriait en savourant son verre d'alcool. Cette interaction ne pouvait que faire gagner Asavar en maturité et en expérience. Le garçon - car c'est ainsi que Vallas le voyait - était doué, c'était indéniable, mais ces deux qualités lui faisaient cruellement défaut. *Bientôt, se disait l'éminent homme d'affaires. Bientôt il sera prêt à être le fer de lance de notre politique d'expansion. Mais pour l'heure, il dois se former au près des Muun et gagner en finesse.*
Le dignitaire Skakoan réalisa brusquement qu'il n'était pas seul. Une ombre tapie dans l'obscurité l'observai depuis déjà un moment.
-Je commençais presque à m'impatienter, marmonna Vallas au nouvel arrivant en savourant une nouvelle gorgée du divin nectar.
-Que voulez-vous mon vieil ami? C'est dans ma nature de me faire attendre.
On aurait pu se demander comment le mystérieux individu avait pu s'introduire silencieusement dans la pièce. Il portait en effet une lourde armure métallique ainsi que le scaphandre caractéristique des Skakoan - une chose étonnante sur Skako.
-Si je vous ai convoqué mon ami, c'est parce que j'aimerais que vous veillez sur l'un des espoirs du Techno-Syndicat. Il est actuellement entouré d'ennemis potentiels et connaissant sa paranoïa il doit perpétuellement raser les murs...
-Où dois-je me rendre exactement?
-Sur Mygeeto. Le nom de l'homme dont vous devrez assurer la sécurité est Asavar Phocas. -
Post n°12
Auteur : Asavar PhocasUne fois de plus je m'étais confiné dans ma cabine à bord de la navette de transport. Une fois de plus j'y travaillais avec acharnement. Mais cette fois-ci, je n'avais pas la moindre idée de ce que serait mon prochain coup. Jusqu'à présent, toutes mes réflexions visaient à établir un plan pour doubler le Clan Bancaire sur Mygeeto. Ce plan aurait d'ailleurs pu fonctionner si Sin Hall ne s'en était pas mêlé... et si j'avais été moins avide de pouvoir... Il y avait au moins un avantage à cette fâcheuse déconvenue: elle m'avait appris à ne plus sous-estimer mes adversaires. De plus, elle m'avait permis d'entrevoir ce qu'une union entre le Techno-Syndicat et le Clan Bancaire donnerait: un tandem monstrueux au potentiel quasiment illimité. Avec des hommes comme Vallas, Sin Hall et moi-même à la tête d'une telle alliance, le monde des affaires et de la finance tout entier tremblerait. Des ambitions nouvelles commençaient à germer en moi. Je visais toujours plus loin, c'était dans ma nature, et je savais qu'un traité de coopération entre Muunilinst et Skako me donnerait les moyens d'atteindre mes objectifs, aussi fous soient-ils. Après avoir tenté de dominer les Muun, j'œuvrais donc à rédiger les termes de ma future alliance avec eux. J'envisageais de leur offrir tout d'abord une coquette somme d'argent ainsi que les régiments de droïdes de combat que je leur avais promis. Non pas pour les amadouer et les poignarder dans le dos par la suite comme je l'avais d'abord imaginé, mais uniquement en gage de bonne volonté. Je me doutais en effet que ma maladroite tentative de manipulation devait avoir laissé à Sin Hall un goût amer et je comptais bien reprendre les négociations sur des bases plus saines. Le cadeau diplomatique était un bon début. Maintenant il me fallait trouver les termes du traité et les faire approuver par Vallas et le reste du conseil d'administration. J'avais eu carte blanche pour mon plan initial, mais cela ne signifiait que je pouvais me permettre de parler en permanence au nom des dirigeants. D'autant plus que le conseil souhaiterait probablement participer un peu plus activement aux pourparlers.
Un droïde de protocole entra soudainement dans ma cabine, me faisant légèrement sursauter. Ce n'était pas celui que j'avais rencontré plus tôt. Celui-ci était un modèle plus basique et il parlait avec une voix totalement aseptisée.
-Il semblerait qu'on vous attende en salle de transmission monsieur Phocas. Nous avons reçu un appel en provenance de Skako.
Je soupirai légèrement et esquissai un sourire en coin.
-Un appel du secrétaire général Vallas Wanbor je suppose?
-Non monsieur. Apparemment il s'agirait du président Vardek Bortan.Mon sourire disparut instantanément et je blêmis derrière mon masque. Vardek Bortan? Qu'est-ce que le Président Directeur Général du Techno-Syndicat pouvait bien me vouloir? Je restais de marbre durant de longues secondes avant de me précipiter vers la salle de transmission. On ne faisait pas attendre le président Bortan. J'arrivai enfin dans la minuscule pièce. Devant moi se tenait l'homme le plus puissant de Skako - ou du moins un hologramme à son effigie. Immédiatement, je remarquai des similitudes entre lui et Sin Hall. Tous deux dégageaient cette présence charismatique, cette puissance, et le président Skakoan n'avait rien à envier à son homologue Muun en matière d'élégance. Je m'inclinai avec hésitation, sentant l'anxiété monter en moi. Un transmission direct du Président ne me disait rien qui vaille...
-Monsieur le Président, dis-je avec humilité pour saluer mon interlocuteur.
-Haut prospecteur Phocas. J'ai été mis au courant de l'échec de votre machination. Face à Sin Hall il fallait certes s'y attendre, mais vous auriez tout de même pu calmer vos ardeurs.
-Je suis vraiment désolé pour ce malencontreux incident monsieur le Président...
-Ne le soyez pas. Sin Hall est plutôt avisé pour un Muun, et il s'est montré suffisamment raisonnable pour ne pas mettre définitivement fin aux négociations. Vous avez eu de la chance monsieur Phocas. N'importe qui n'aurait pas réagi de cette façon. Nous avons évité le pire... Heureusement pour vous. En temps normal, je ne prendrai pas le risque de vous laisser représenter le Techno-Syndicat à nouveau, mais Vallas Wanbor me dit le plus grand bien de vous et j'ai confiance en son jugement. Mettons donc votre lamentable échec sur le compte de la pression. Après tout vous n'aviez jamais eu de telles responsabilités auparavant.Le Président Bortan marqua une pause lorsque son secrétaire lui tendit un lourd classeur. Le dirigeant l'ouvrit et le consulta brièvement avant de le rendre à son assistant en acquiesçant je ne sais quelle mention d'un signe de tête. Un homme si haut placé n'avait pas une seconde à perdre et tout en s'entretenant avec moi, le dirigeant du Techno-Syndicat continuait de s'affairer.
-Veuillez m'excuser pour cette interruption, reprit-il. Je disais donc que malgré votre échec, je suis prêt à vous laisser une seconde chance. D'autant plus que vous devenez plus raisonnable. Une tentative d'alliance avec le Clan Bancaire est en effet bien moins risquée et pourrait bien être tout aussi lucrative que votre plan initial.
-Je vous remercie de votre confiance monsieur.
-Remerciez plutôt votre ami Vallas Wanbor monsieur Phocas. J'ignore ce que le secrétaire général a perçu en vous, mais s'il n'avait pas parlé en votre faveur après votre échec initial le ton de cette conversation serait beaucoup moins... agréable.
A ses mots on aurait pu croire que Vardek Bortan m'aurait simplement sermonné sans l'intervention de Vallas. Au fond de moi je savais très bien qu'il m'aurait détruit voire tué...
-Je vais passer quelques jours sur Géonosis pour affaires. Je veux que vous m'y rejoignez. Cela permettra de vous faire oublier auprès des Muun. Vous m'y assisterez dans mon travail et nous y discuterons ensemble des termes de notre futur traité avec le Clan Bancaire.
-Si je puis me permettre monsieur, vous m'avez vous-même nommé au poste de haut prospecteur de Mygeeto. Mes responsabilités exigent que je demeure ici.
Le Président ricana d'un air sarcastique.
-Vos responsabilités... Sur le papier, votre poste est extrêmement prestigieux monsieur Phocas. Dans les faits, il n'y a pas grand nombre de filons à administrer sur Mygeeto. A cela s'ajoute le fait qu'avec la petite attaque des Sith sur la planète vous êtes totalement paralysé. Croyez-moi, vous serez beaucoup plus utile à la compagnie sur Géonosis. Vous reviendrez sur Mygeeto ensuite.
-Très bien monsieur le Président.
-Encore une chose monsieur Phocas. Quand nous aurons réglé nos affaires sur Géonosis je vous raccompagnerai sur Mygeeto. Je négocierai avec Sin Hall à vos côtés. Une objection?
-Bien évidemment que non monsieur.
-Et bien c'est parfait alors. Nous nous retrouverons donc sur Géonosis monsieur Phocas. Vous pouvez disposez.La communication fut coupée. Géonosis? Cela retardait mes plans mais l'appui du Président Bortan en personne me serait extrêmement précieux. Moi qui m'attendait à payer très cher mon échec, cet entretien s'était finalement avéré de bonne augure. Après m'être fait ridiculisé par Sin Hall, je trouvais cela assez satisfaisant. J'avais gagné en maturité et j'avais reçu le soutien du numéro un du Techno-Syndicat. La journée n'était finalement pas si mauvaise.